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Mestizaje: comment ressusciter un cépage moribond

Notre sujet: le merseguera. Cépage plutôt rare (on ne le trouve que dans la région du Levant espagnol, autour de Valence) et plutôt anonyme.

La grande encyclopédie des cépages Wine Grapes le qualifie de « uninspiring variety » et peine à lui associer la moindre qualité. Il serait terne, avec quelques arômes herbacés et des notes d’amande amère. Cela s’appelle un enterrement de première classe. Pire, il n’est pas facile à cultiver en raison d’une grande sensibilité au vent, qui arrache les fleurs de la vigne. Pas de fleur, pas de fruit.

Il faut bien une personnalité comme celle de Toni Sarrión du Domaine Mustiguillo, pour se dire qu’il y a là une opportunité. Il possède un vignoble d’altitude (900 mètres), la Calvestra, entouré de pins, de chênes et d’oliviers, planté du cépage bobal. Celui-ci mûrit difficilement en raison du froid. Cela dit, le lieu est un amphithéâtre, protégé du vent…

Toni Sarrión décide alors de surgreffer ses vignes de bobal en merseguera avec l’ambition de prouver que ce cépage autochtone mérite bien mieux que sa mauvaise réputation. La technique du surgreffage permet de conserver la qualité des vieilles vignes de bobal (plus de trente ans).

La vendange est fermentée à part et ensuite assemblée à du viognier et à de la malvoisie. L’élevage s’effectue en cuves inox (pas de bois). Pas d’appellation, c’est un simple « Vino de España », avec 65% de merseguera, 25% de viognier et 10% de malvoisie. Alcool: 13,5%. Bio.

Le résultat ? Mestizaje 2018 avec un très joli floral et un profil plutôt élancé, pas si méditerranéen que cela. Incontestablement, de la personnalité !

Le Guia Peñin 2020, guide de référence pour les vins d’Espagne, accorde 92/100 à ce Mestizaje et 5 étoiles, à savoir le maximum possible pour le rapport qualité/prix.

En dégustation le samedi 08 février 2020.

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Silvaner Huff: sec, net, rafraîchissant

En mai 2019, je vous ai présenté un riesling du Domaine Georg Gustav Huff, propriété familiale sise dans le Rheinhessen.

Ce Rheinhessen est la plus vaste région viticole d’Allemagne, au sud-ouest de Francfort, longée tant à l’est qu’au nord par le Rhin.

Au 4ème rang des cépages les plus plantés dans cette région, le silvaner. Contrairement à ce qui se passe avec le sylvaner alsacien, habitué à jouer le rôle de cinquième roue de la carriole, en Rheinhessen, le silvaner a la cote. Il ne viendrait à personne l’idée de l’arracher pour faire place à un cépage considéré comme plus noble.

Le grüner silvaner 2018 du Domaine Huff est un vin d’entrée de gamme, absolument sec, vinifié avec compétence, net et rafraîchissant. Le prototype du vin de tous les jours, sans cérébralisation excessive, positivement passe-partout, plus dynamique et fruité que la plupart des sylvaners alsaciens. Alcool : 12,5%

Très bon rapport qualité prix. La bouteille est un bel objet, ce qui ne gâche rien. À mettre au frais, pour toutes sortes de plats et d’occasions.

En dégustation le samedi 08 février 2020.

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Màquina & Tabla: déroutant, séduisant, énergique

Je me revois en décembre, dégustant une série de vins espagnols en prenant des notes pour déterminer progressivement ma sélection.

Soudain, devant moi, une table un peu isolée derrière laquelle un jeune homme semble se sentir un peu seul. Il représente Màquina & Tabla, propriété de moi jusqu’alors inconnue.

Une fois la conversation entamée, il se révèle volubile et enthousiaste : il titille ma curiosité ! Convenons, pour la facilité, que ce jeune homme s’appelle Pedro.

Nous sommes dans le nord de la Castille. Le projet a démarré en 2013. Les géniteurs de Màquina & Tabla, Oriol et Susana, sont catalans et, à première vue, sains d’esprit. Quoique. Oriol aurait l’habitude de se décrire comme un oenopathe. Curiosité à nouveau titillée.

Je me rends compte que les différents vignobles cultivés par le duo se trouvent fort loin les uns des autres : Toro, Bierzo, Rueda et Sierra de Gredos. Les parcelles sont en fait louées à leurs propriétaires respectifs.

Avec Pedro, nous évoquons, dans le désordre, vignobles complantés, vignes franches de pied et/ou centenaires, élevage sous flor, rendements minuscules, faible dosage du soufre, vinifications nature, appellations ou pas d’appellation du tout, géographie liquide, étiquettes déconcertantes et un goût certain pour les coups de pied dans la fourmilière.

…Pedro, il faut goûter maintenant !

Le blanc Laderas de Leonila 2018 est en appellation Bierzo. Laderas se traduit par « coteaux » et Leonila est un vieux prénom espagnol, inusité aujourd’hui, mais porté par une grand-mère du propriétaire de la parcelle.

Ces « coteaux de mémé » sont issus de palomino (cépage habituellement associé au sherry et à l’Andalousie), de doña blanca (cépage d’origine portugaise) et de godello (que l’on croise surtout en Galice).

C’est la production d’un petit vignoble (2 hectares), complanté de vignes âgées de 20 à 80 ans. La récolte est manuelle, la fermentation et l’élevage se font en barriques françaises. Alcool : 12,5%

Salinité, finesse, délicatesse, nuances oxydatives, j’avoue être aussi dérouté que séduit. J’ai peu de repères, je quitte ma zone de confort, mais il y a une originalité telle que ce serait dommage de passer à côté. Et beaucoup d’énergie, de vitalité.

L’autre blanc, c’est Pàramos de Nicosia, non-millésimé mais provenant néanmoins à 100% de la récolte 2018. Pàramos se traduit par friche ou plateau stérile. Quant à Nicosia, c’est un vieux prénom espagnol etc…voir plus haut.

Après les « coteaux de mémé », voici le « plateau stérile de l’autre mémé ». Mazette.

Ce blanc est un assemblage de verdejo et de malvasia, issu de la parcelle dénommée El Pinar (ça ne s’invente pas !), à 700 mètres d’altitude. On est sur le territoire qui correspond à l’appellation Rueda, mais le vin est commercialisé comme un simple vino de mesa (vin de table).

Vignes de 50 à 60 ans. 12 heures de macération avant fermentation, évoquant le vin orange. Alcool : 13%

Enfin, le rouge Pàramios de Nicosia 2017 est un assemblage de grenache et de tinta del pais (nom local du tempranillo), en appellation vino de la tierra de Castilla y Leon. Il provient du territoire qui correspond à l’appellation Toro, sans ressembler le moins du monde au Toro comme on le connait habituellement (très sombre, très boisé, très puissant, très parkérisé). Alcool : 14,5%

Ce n’est pas un vin nature, mais on s’en rapproche beaucoup ! Vin non-filtré, avec une forte acidité pour équilibrer la puissance alcoolique.

Remarque importante : à dire vrai, je ne suis certain d’à peu près rien de ce qui précède. Entre l’information glanée auprès de Pedro, les étiquettes des différents flacons et les éléments contradictoires que l’on trouve sur le web, … bonne chance !

Si vous aimez les surprises, allez-y les yeux fermés, cela ne laissera personne indifférent. Dans le cas contraire, je conseille vivement la dégustation avant un éventuel achat.

Les étiquettes vous intriguent ? N’hésitez pas à parcourir le site Internet de leur créateur, en cliquant ici.

Deux vins en dégustation le samedi 08 février 2020.

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La Cabotte Colline blanc 2018

J’ai découvert en son temps le Domaine de La Cabotte par l’intermédiaire de ses Côtes-du-Rhône rouges, Colline et Garance. De très bons vins du Rhône sud, en biodynamie, préservant habilement ce qu’il faut de fraîcheur pour équilibrer la richesse solaire.

Cette fois, j’ai été particulièrement touché par Colline blanc 2018, un assemblage de clairette, de grenache blanc et de viognier. Ceux parmi vous qui connaissent bien mes goûts savent que les blancs du Rhône sud ne font pas partie de mes chouchous. Je leur trouve souvent un équilibre quelque peu mollasson qui ne donne guère envie de s’en resservir un verre.

Je salue donc la performance de ce vin sec, fruité (poire, pêche) et épicé. Conjuguer vin blanc, chaud millésime 2018 et Vaucluse pour en faire un vin frais et plutôt tendu est une belle démonstration de compétence, à la vigne comme à la cave.

Biodynamie certifiée Demeter, élevage en cuves inox. Alcool 13,5%

En dégustation le samedi 08 février 2020

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Algueira: diaboliques coteaux galiciens

Ribeira Sacra. C’est l’Espagne, c’est la Galice, c’est déjà presque le Portugal, c’est atlantique et pentu en diable. La mer à gauche, la montagne à droite.

Ribeira Sacra, la rive sacrée, une appellation dont la renommée est récente, mais qui fait couler beaucoup d’encre, en particulier dans la presse anglophone, dans la foulée de l’appellation Bierzo, sa quasi voisine.

En tous cas, un paradis pour amateurs de cépages autochtones : brancellao, souson, caiño, merenzao (sisi, celui-ci vous le connaissez : c’est le trousseau du Jura). Et je ne cite ici que les cépages noirs.

Et puis la mencia, connue au Portugal sous le nom de jaen (voir le Dão de Niepoort, également en dégustation ce 08 février). Cépage presqu’inconnu au vingtième siècle, elle fait à présent partie des valeurs sures en péninsule ibérique. On l’a comparée au pinot noir et au cabernet franc. Le grenache a été cité comme un possible parent éloigné. Rien de tout ceci n’est démontré via la génétique. Finalement, il se pourrait bien que la mencia ne soit pas apparentée à un cépage plus célèbre.

Le Domaine Algueira est la création d’un ex-banquier devenu vigneron, Fernando Gonzalez. Il propose une large gamme de rouges élaborés avec les cépages susmentionnés, dont une mencia joven, c’est-à-dire sans élevage. C’est la carte de visite du Domaine, un vin pur fruit, pur cuve inox, de grande buvabilité.

Autant les mencia en provenance de l’appellation Bierzo peuvent se révéler rugueuses dans leur jeunesse, autant celle-ci mise sur la carte de l’accessibilité. Un 2016 juteux, précis et direct. Sans surprise, c’est plein de fruits rouges. Mais il y a plus : un joli floral, une minéralité bien tournée (yes ! j’ai réussi à la placer) et de bons petits tannins. Alcool : 12,5%

On peut en apprendre plus via un article dans la revue In Vino Veritas (décembre 2015) en cliquant ici.

En dégustation le samedi 08 février 2020.

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Solstice: la cosmoculture signée Viret

On peut se poser des questions sur les bases scientifiques de la biodynamie.

La cosmoculture: plus ésotérique que la biodynamie ?

Cette méthode est née dans les années 90, elle est issue de la pensée d’Alain et de Philippe Viret qui ont appliqué des principes ancestraux et énergétiques sur leur domaine.
Elle rejoint les principes fondamentaux des cultures biologiques et biodynamiques. Elle ouvre des horizons nouveaux sur les principes bioénergétiques.

La Cosmoculture® a pour objectif principal d’apporter des solutions aux agriculteurs pour rééquilibrer, reénergétiser et sauvegarder les équilibres vivants et les écosystèmes.

L’eau est le support fondamental de la vie cellulaire, elle est l’élément principal et organisateur de la vie et de ce mode de culture.

Sur un lieu magique et chargé d’Histoire « des collines du paradis » (ère romaine), notre vignoble est travaillé en cosmoculture® (certifié biologique) depuis 1990.

Nous élaborons depuis 1999 des grands vins dans une véritable cathédrale édifiée en pierres du Pont du Gard selon les règles de l’architecture des grands bâtisseurs.

Nous partons du principe que le vin est un produit vivant qui suit les cycles naturels et ses influences.

Nous avons construit cette cave dans la continuité de notre philosophie de travail du vignoble pour mettre le vin dans des conditions optimales.

la cathédrale du vin

Je ne peux pas cacher une dose de scepticisme par rapport à la prose de la famille Viret, mais le vin est digne de louanges: ce Solstice 2017, assemblage de cépages océaniques (cabernet sauvignon, merlot), de cépages méditerranéens (mourvèdre, carignan) et d’une invention de laboratoire (le caladoc, croisement obtenu en 1958 entre grenache et malbec) évolue dans un registre épicé, marqué par le cuir et une touche d’animalité. Il y a du poivre en pagaille et de la garrigue en majesté. Alcool: 14,5%.

Les tannins sont fins, la persistance longue et l’équilibre …équilibré.

En dégustation le samedi 08 février 2020.

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Les Ardoisières Argile blanc: le grand vin des Alpes

Donc, le vin des Alpes. Domaine des Ardoisières **

Me voici recopiant lâchement ce qu’écrit le guide vert de la RVF dans son édition 2020 : « Le Domaine est né de la replantation, en 1998, du coteau de Cevins, 6 hectares de micaschistes en terrasses entre Albertville et Moutiers, entreprise par Michel Grisard.

Arrivé en 2003 pour seconder ce dernier, Brice Omont, ingénieur agricole champenois, s’est investi sans compter dans le projet et se retrouve depuis 2008 à la tête d’un domaine qui compte désormais 16 hectares. La viticulture en biodynamie est ici héroïque (la pente peut atteindre 70%), les rendements sont très faibles, les vins majoritairement issus de cépages complantés et assemblés.

Les résultats s’avèrent admirables : les vins sont éclatants, originaux et creusent encore l’écart au vieillissement. (…)

S’il existe aujourd’hui un domaine à découvrir en priorité dans la région, emblématique du renouveau qualitatif savoyard, c’est bien celui-ci ».

Je vous propose la cuvée Argile 2018, issue du coteau de Saint-Pierre-de-Soucy, en face de Montmélian, dans la vallée de l’Isère. C’est donc un assemblage de 40% jacquère, 40% chardonnay et 20% de (rare) mondeuse blanche.

Il est tentant de voir dans la mondeuse blanche une mutation de la mondeuse, cépage noir, mais il semble (profilage de l’ADN) que ce ne soit pas le cas. D’autres études rapprochent ce cépage de la syrah, du viognier et de la …mondeuse noire. Tout cela ne va pas nous empêcher de dormir.

La parcelle a été rachetée par Brice Omont à son précédent propriétaire en 2009. Ce sont des vignes âgées aujourd’hui de 30 à 35 ans. Une couche superficielle d’argile explique le nom de la cuvée.

Vin des Allobroges et non Savoie : le coteau de Saint-Pierre-de-Soucy se situe en effet légèrement en dehors de la zone d’appellation Savoie.

Elevage pour 70% en cuve et pour 30% en barriques de plusieurs vins. Alcool : 12%. Le nez est citronné, réservé, précis. La bouche est tendue, saline, dense et fraîche. Tout est en place pour une belle harmonie.

En dégustation le samedi 08 février 2020.

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Dirk Niepoort: le serial-vigneron

Une fois n’est pas coutume, voici deux vins lusophones. Donnons la parole au premier : « moi, Rotulo 2015, je suis un assemblage de trois cépages locaux, le touriga nacional, le jaen et l’alfrocheiro. En fait, comme je proviens de vieilles vignes complantées, il est vraisemblable que d’autres cépages entrent aussi dans ma composition.

Mon père spirituel s’appelle Dirk Niepoort, personnage ubiquiste, qui crée de nouveaux vins partout où il passe. Au Portugal, bien sûr, mais aussi en Espagne, en Autriche et jusqu’en Afrique du Sud.

Qui jette un œil à mon étiquette, verra s’y afficher d’abord et avant tout le nom de l’appellation dont je proviens : Dão, au centre du Portugal. Chez moi, c’est du granit et cela me distingue nettement de mes confrères Douro (schiste) et Bairrada (calcaire).

Je suis un vin sans prétention, traditionnel, frais, élevé 12 mois dans des cuves en ciment (pas de passage par le bois). Je suis copain avec tout le monde, de l’amateur exigeant comme du profane. Je me contente de 12,5% d’alcool, ce qui me distingue de la plupart de mes compatriotes.

Je suis tonique, énergique, juteux et bien pourvu en bons tannins. Je suis à point, mais il n’y a pas urgence à me tire-bouchonner.

Ah oui …on me dit que je suis vendu à un prix très agréable ».

Notre deuxième vin portugais est un autre rejeton de la grande famille de Dirk Niepoort, commercialisé sous le nom du Domaine dont il est issu, la Quinta de Baixo, en appellation Bairrada.

Cette appellation se situe à l’ouest du Dão, en direction de l’océan Atlantique, entre Coïmbra et Aveiro. Elle est sortie d’un relatif anonymat grâce à Luis Pato et à ses cuvées Vinha Formal, Vinha Pan et Vinha Barrosa dont les étiquettes sont illustrées par diverses sortes de canard (en portugais, canard se prononce pato).

Ce Lagar de Baixo 2015 sort de l’ordinaire et de tout ce que l’on croit savoir au sujet du vin portugais. Dirk Niepoort mise ici sur les caractéristiques du cépage baga : peu de couleur, peu d’alcool, beaucoup de fraîcheur, une solide volée de tannins un peu terreux. Et une grande capacité de vieillissement.

En dégustation, il m’a paru fascinant, à la fois tannique et léger, plutôt facile à boire et pourtant d’une personnalité bien trempée. Le bouquet est original, cerise et épices, avec des nuances végétales et de la cendre ainsi qu’une forte minéralité.

Sol calcaire, altitude au niveau de la mer, vignes de 20 ans, vendanges manuelles, élevage de 18 mois en foudres de 2.500 litres. Alcool : 11,5%.

Pour avoir ensuite goûté Poeirinho (la version vieilles vignes du baga, sauce Niepoort), il m’a semblé que Lagar de Baixo constituait un meilleur rapport qualité/prix, la différence de qualité entre ces deux superbes baga ne sautant pas au …nez.

En dégustation le samedi 08 février 2020.

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Gilles Bonnefoy: volcanique !

2020, année du volcan dans le calendrier forézien. C’est surtout l’année de la consécration pour Gilles Bonnefoy, vigneron biodynamique et propriétaire du Domaine de la Madone, en appellation Côtes du Forez, aux sources de la Loire.

Il a fallu un temps certain pour que la presse professionnelle fasse le voyage jusqu’aux confins du Massif Central et y découvre les grands mérites des vignes sur volcan, tant en rouge (gamay) qu’en blanc (roussanne). Accrochez-vous, les fleurs vont gicler !

Guide vert de la RVF, édition 2020 : « Nous sommes éblouis par l’éclat que dégage chacune des cuvées » … « Ce domaine devrait rapidement accéder à la première étoile » … « Mémoire de Madone … après une aération de quelques minutes, le vin prend une envergure digne des plus grands gamays. 16,5/20 ».

La Revue du Vin de France, février 2020 : « Peu de roussannes dans le monde offrent une telle fraîcheur éclatante, un bouquet si nuancé et cet élan vivifiant, presque salin en bouche »… « La roussanne biodynamique de Gilles Bonnefoy impressionne par son identité volcanique élégante. 16,5/20».

Le rouge Mémoire de Madone 2018 est un pur gamay, issu de vignes largement quadragénaires, plantées dans le basalte roche -ô combien- volcanique. Vendanges manuelles, levures indigènes et très peu de soufre.

Je suis cette cuvée haut de gamme depuis pas mal d’années et elle ne me déçoit jamais. 2018, millésime chaud, conduit à un équilibre plein, avec une belle matière mûre. Alcool : 13%.

Le blanc Roussanne de Madone 2018 est une pure …roussanne, issue de vignes plantées en 2001, plantées elles aussi dans le susmentionné basalte. Vendanges manuelles, levures indigènes et très peu de soufre. Alcool : 13,5%.

Le vin est commercialisé en indication géographique protégée (igp) Urfé, parce que l’appellation d’origine protégée (aop) Côtes du Forez n’accepte que les vins rouges.

La roussanne est un cépage très intéressant (gras et finesse), planté en particulier en Savoie et dans la vallée du Rhône. Elle est fort sensible aux maladies et mûrit tard, ce qui explique que bien des vignerons s’en détournent au bénéfice de cépages plus faciles.

Attention, quantités disponibles fort limitées, tant pour le rouge que pour le blanc. Je suggère de réserver pour éviter une éventuelle déception.

Mémoire de Madone est en dégustation le samedi 08 février 2020.

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Luneau-Papin: une brise de mer un peu fofolle…

Le Domaine Pierre Luneau-Papin est LE spécialiste du Muscadet, décliné sous toutes ses formes (j’y reviens un peu plus bas), mais un autre vin blanc sec est élaboré ici, suscitant l’indifférence de la plupart des amateurs-buveurs.

Eh oui, il s’agit bien de l’abominable Gros-Plant du Pays Nantais, un vin dont la maigreur, l’acidité agressive et le nom ridicule forment ensemble une boisson infâme que je ne destine qu’à mes pires ennemis.

Et pourtant, ne le répétez à personne, lorsque le raisin est artiste et le millésime favorable, cette cuvée Folle Blanche est un régal avec plein d’agrumes partout, en particulier du pamplemousse rose et souriant. C’est frais, crispy, joyeux, léger.

En 2018, cela réveille le palais, il y a du volume, c’est bien mûr et la finale claque joliment. Comme une brise de mer un peu fofolle. Que demander de plus ? Alcool : 11%

Pour obtenir un tel résultat, il n’y a pas de secret : vieilles vignes, agriculture bio, vendanges manuelles, tri à la parcelle et (surtout) rendements raisonnables. Plus le talent d’une famille qui transforme tout ce qu’elle touche en or.

Si vous cherchez un compagnon sympathique pour escorter crustacés et mollusques, vous venez de le trouver.

A noter un très léger perlant qui disparaît aussi vite que le verre est agité.

Parmi les nombreux Muscadets élaborés par le Domaine Luneau-Papin, j’ai souvent exprimé mon goût pour la cuvée Terre de Pierre, un jus de caillou, expression d’un terroir très particulier, la Butte de la Roche.

J’ai goûté le millésime 2018 une première fois à l’automne, une deuxième fois en janvier. Parfois, il faut avoir le courage de renoncer. Le vin n’est pas mauvais, loin de là. Mais le millésime l’emporte sur le terroir. Le soleil a maté la serpentinite. La bouche est ronde, douce, un peu lâche et finit sur un petit sucre résiduel. Donc, pas de Terre de Pierre 2018 chez Anthocyane.

Mais -car il y a un mais-, à mauvaise nouvelle succède bonne nouvelle. La famille Luneau-Papin a commencé récemment à isoler une partie de la récolte vendangée sur la Butte de la Roche et à lui donner un élevage sur lies beaucoup plus long (22 mois en cuve). C’est la cuvée Gula Ana dont je vous propose le millésime 2016. En quelque sorte, une quintessence de Terre de Pierre.

Le guide vert de la RVF accorde 16,5/20 à ce millésime en l’affublant néanmoins d’un profil exotique que je ne lui ai pas retrouvé. Au contraire, j’ai goûté un vin au nez profond, au profil crémeux et serein. Un vin qui navigue dans un univers bourguignon dont serait absente la marque du bois. La finale rappelle néanmoins une proximité atlantique et iodée. Alcool : 12,5%

Muscadet de luxe sans doute, cru Goulaine certainement, avant tout grand vin de garde qui mérite assurément la carafe si la dégustation a lieu dès cette année.

La Folle Blanche est en dégustation ce samedi 08 février 2020.

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Maximin Grünhaus Alte Reben: l'acier et le citron vert

Les plus grands vins blancs du monde naissent à quelques kilomètres de la frontière belge. Personne n’est obligé de partager ce point de vue. De toute façon, c’est d’une évidente subjectivité. Et qui sait ce que j’écrirai demain.

Ce qui est par contre certain :

  • deux affluents de la Moselle, la Saar et la Ruwer, creusent des vallées qui donnent naissance à de magnifiques vignobles en coteaux, entièrement dédiés au riesling
  • 265 km séparent la rue des Chats de la ville de Trèves
  • Hugh Johnson affirme que: « Saar and Ruwer make leaner wines than Mosel, but surpass the whole world for elegance and thrilling, steely breed ».

L’acier et le citron vert. L’ardoise et la plume. Le torrent et le cristal.

Egon Müller zu Scharzhof, Forstmeister Geltz-Zilliken, Peter Lauer, Maximin Grünhaus, Van Volxem, Karthäuserhof, von Hövel, ces domaines peuvent sonner exotiques aux oreilles francophones, ils n’en sont pas moins prestigieux dès que l’on franchit la frontière allemande. Ou dès que l’on observe le monde du vin d’ailleurs que de Paris.

Venez, je vous emmène chez Maximin Grünhaus, en bord de Ruwer, dans le village de Mertesdorf. Hugh Johnson écrit que : « Supreme Ruwer estate led by Carl von Schubert … Very traditional winemaking shapes herb-scented, delicate, long-lived rieslings » et il accorde sa meilleure note au Domaine: ****.

Le Domaine ne possède des vignobles qu’en grand cru : un peu de Bruderberg (1 hectare), du Herrenberg (19 hectares) et du Abstberg (14 hectares).

Le grand cru n’est néanmoins pas toujours revendiqué, le Domaine ne souhaitant pas étiqueter ses jeunes vignes sous le nom prestigieux du grand cru. Le Domaine effectue aussi des assemblages entre grands crus, ce qui lui retire le droit de les revendiquer.

La cuvée d’entrée de gamme, Monopol, est vendue comme un « gutswein » (vin régional) et pourtant les raisins proviennent bien exclusivement de parcelles classées en grand cru.

La cuvée Alte Reben (vieilles vignes) 2018 est un petit miracle qui combine absolue pureté et grande densité. Ce « ortswein » (vin de village) est élaboré avec des vignes de 35 ans et plus, uniquement sur le Herrenberg et l’Abstberg.

En perception, le vin est sec, les quelques grammes de sucre résiduel étant masqués par une vive acidité. Le plus frappant, c’est la salinité. Alcool : 12,5%. C’est très bon dès aujourd’hui et peut vieillir en cave pendant au moins 10 ans.

2018 est souvent décrit comme une excellent millésime en Allemagne. Je suis quant à moi plus prudent : il y a de grands vins comme cet Alte Reben, mais il y aussi des vins qui ont moins bien digéré le caractère solaire de ce millésime, au détriment de l’équilibre magique entre maturité et fraîcheur. Des vins légèrement alcooleux en Allemagne, on aura donc tout vu. Le bouleversement climatique n’épargne décidément rien ni personne.

En dégustation le samedi 08 février 2020.

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Oremus Mandolas: un sec au pays des terriblement doux

C’est lors d’une dégustation de vins espagnols que mes papilles ont croisé un vin hongrois. Logique bancale sauf à considérer que le propriétaire du vignoble hongrois serait un Domaine espagnol. Ainsi soit-il, voici l’histoire.

Vega-Sicilia est une institution de majeure magnitude. De fait, c’est sans doute LE Domaine hispanique qui domine tous les autres en termes de notoriété. C’est un mythe. Donc on en boit peu et on fantasme beaucoup.

Leur gamme actuelle est assez large: Alion, Valbuena, Pintia, Macan, Vega Sicilia Unico et, au sommet de la pyramide, Vega Sicilia Unico Reserva Especial, assemblage de trois millésimes, commercialisé lorsque le millésime le plus récent a passé le cap des dix ans. Ainsi, l’édition 2019 de la Reserva Especial assemble les millésimes 2006, 2007 et 2009: si vous en voulez une bouteille, il n’y a qu’à demander …et à préparer € 430. Rassurez-vous, c’est TVA comprise…

Revenons à nos moutons magyars. En 1993, peu de temps après la chute du communisme, la famille Alvarez, propriétaire de Vega-Sicilia, se dit qu’il y a une formidable opportunité à saisir: les vins doux de la région volcanique de Tokaj (nord-est de la Hongrie, dans le cercle rouge sur la carte) sont célèbres depuis des siècles et les vignobles, ex-propriétés de l’état hongrois, sont à vendre.

Une centaine d’hectares sont acquis, situés sur une douzaine de lieux-dits qualitatifs parmi lesquels Deák, Henye, Cziróka, Gyopáros, Mandulás, Szentvér, Kútpatka et Oremus qui donne son nom au projet hongrois de Vega-Sicilia.

La tradition locale se fonde presque exclusivement sur les vins doux, voire terriblement doux : l’Eszencia est une boisson de l’extrême, avec 3% d’alcool et (beaucoup) plus de 500 grammes de sucre résiduel par litre. L’équilibre fonctionne grâce à une acidité très élevée qui contre l’archi-richesse en sucre. A mon grand regret, je n’y ai jamais goûté, le prix étant dissuasif.

Vega-Sicilia-Oremus va faire croître et embellir la gamme des vins doux, puis y ajouter un premier blanc sec : Mandolas.

Ce Tokaji Mandolas 2017 (la région, c’est Tokaj ; le vin, c’est Tokaji) est issu pour l’essentiel de la parcelle éponyme et se compose exclusivement de raisins du cépage furmint. La fermentation et l’élevage se font en fûts. Le bois utilisé est local : il provient de la forêt de Zemplen, à la frontière slovaque. Les fûts ont une capacité de 136 litres, selon la tradition toute aussi locale.

Robe pâle, avec de petits reflets verts. Le nez est intense et traduit l’élevage en fûts avec subtilité. Il y a quelque de chose de chablisien dans l’équilibre, entre fraîcheur et minéralité. Le vin est réservé, pas exubérant, plutôt délicat, clairement à l’aube de son évolution. Alcool : 13%. Agriculture biologique (non revendiquée).

Ce vin a la réputation d’évoluer progressivement vers des arômes miellés et de vieillir magnifiquement. Une dégustation en 2020 appelle, avec force, le passage en carafe.

La revue belge In Vino Veritas a consacré un bel article à Oremus et Mandolas, que vous pouvez consulter ici.

En dégustation la samedi 08 février 2020

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Matthieu Barret – le trio d'enfer: No Wine's Land, Petit Ours et Brise Cailloux

Ceci n’est pas un Cornas. Ceci n’est pas un St-Joseph. C’est un Côtes du Rhône (nord), issu d’un petit plateau situé entre Cornas et St-Joseph, sur le secteur des Arlettes. On m’a suggéré de le baptiser « Saint-Cornas »: je ne peux pas, mais c’est quand même drôle !

Je viens de consulter 3 atlas du vin sans trouver la moindre allusion à cette zone particulière. Pour les auteurs-géographes, Cornas et St-Joseph se touchent : on quitte une appellation, on entre dans l’autre. On sort de St-Joseph pour entrer à Cornas. Eh bien non. No Wine’s Land. Le cadastre est impitoyable. Une parcelle particulière. La géologie souligne la différence: pas de granit comme à Cornas, mais une roche argilo-calcaire.

Mathieu Barret, vigneron biodynamique et propriétaire du Domaine du Coulet, élabore cette pure syrah à partir de vignes plantées vers 1978. Les rendements sont incroyablement bas, à 18 hectolitres/hectare. Vendanges manuelles et levures indigènes. Sulfitage minimal, à la mise en bouteilles. Elevage en cuves pendant 13 mois (pas de bois). Alcool : 13%.

Bouteille goûtée ce 15 janvier. C’est irrésistible, avec un magnifique fruité. Un magnifique fruité, vraiment, croquant et élégant. C’est si « glouglou » que cela coule tout seul. Un verre en appelle un autre. Les tannins sont d’une très grande délicatesse, en arrière-plan. Concentré, souple et gourmand. C’est un vin de parfum, un parfum de vin. Inutile de mettre en cave, c’est si bon maintenant.

J’oserais bien une comparaison audacieuse avec l’esprit d’un Morgon du Domaine Lapierre …comme une syrah beaujolaise qui conjuguerait le meilleur des deux mondes.

Le Domaine du Coulet, en biodynamie certifiée par Biodyvin, a reçu sa deuxième étoile dans l’édition 2020 du guide vert de la Revue des Vins de France.

Venons-en à la cuvée de négoce: Petit Ours. Les raisins sont achetés à un ami vigneron en bio à Visan. Visan, c’est en quelque sorte le nord du Rhône sud. Matthieu Barret l’appelle volontiers sa syrah du milieu.

Peu de soufre, un élevage en cuve béton (pas de bois). Séduisant, juteux et frais. Millésime 2017. Alcool: 13,5%.

Enfin, le Cornas Brise Cailloux 2017: vinifié avec la volonté de le rendre accessible assez rapidement. Matthieu Barret mise sur un équilibre intéressant entre la complexité et l’intensité que l’on attend d’un terroir d’exception et une vinification qui ne cherche à extraire ni toute la couleur, ni tous les tannins.

Rendements très bas: 25 hectolitres/hectare. Elevage en cuves béton ovoïdes. Si dégustation en 2020, carafe vivement conseillée. A point pour dégustation à partir de 2022.

arrivée au Domaine des « oeufs en béton ».

Ah oui: le bouchon. Ni liège, ni verre. Une capsule à vis alors ? Nenni. Vous découvrirez un bouchon en matériau synthétique qui garantit la totale absence du TCA, la molécule chimique à l’origine de l’horrible désillusion du vin bouchonné. Cela se retire au tire-bouchon comme un bouchon classique. L’objet est assez joli. Il semblerait que ce bouchon technique permette également à chaque bouteille d’une cuvée de ressembler fidèlement à toutes ses sœurs. Vous pouvez en apprendre plus en cliquant ici.

Deux vins en dégustation le samedi 08 février 2020.

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Fête estivale le samedi 22 août: vins du Sud-Ouest

A vos agendas ! Samedi 22 août: dégustation d’une dizaine de vins du Sud-Ouest.

Ce sera, les circonstances étant spéciales, une dégustation…spéciale. La Der des Der. Attendez-vous à l’inattendu.

Jurançon vignoble

La Der des Der:

Quoique je puisse comprendre votre décision, c’est bien dommage que vous mettiez un terme aux activités d’Anthocyane.
J’ai eu chez vous de très belles dégustations, présentées avec compétence et enthousiasme. Votre site web était bien conçu, renouvelé et original. J’espère que vous resterez dans le domaine du vin et que nous aurons encore l’occasion de vous rencontrer et de déguster ensemble. (H.B.)

Je suis triste, vos choix étaient judicieux, bien que je n’étais pas client fidèle, saleté de conjoncture économique…(C.C.)

Que voilà une mauvaise nouvelle, aussi triste que surprenante. Tu n’avais effectivement rien laisser transparaître lors de ta dernière dégustation et tu semblais encore animé par de nombreux projets pour Anthocyane.
Quoiqu’il en soit, je te remercie pour les nombreux vins et, à travers eux, les viticulteurs que tu m’as fait connaître. J’ai beaucoup apprécié ton approche – oserais-je l’écrire – sans concession du monde du vin. Je crois que tu es resté fidèle à des nobles idées qui, malheureusement sans doute, ne vont pas toujours de pair avec certaines réalités économiques. Tu peux en tout cas être fier de ton aventure. (A.S.)

En voilà une triste nouvelle !! Je ne suis devenu client chez vous que sur le tard …et je regrette désormais de ne pas l’avoir fait plus tôt ! (F.D.V.)

Je n’aime pas ce genre de mail car pour moi il s’agit de la fin d’un rêve que tu as tenu à bout de bras pendant plus de 2 ans et ½…..Tu m’as impressionné par tes découvertes de vignerons, ton professionnalisme (site Anthocyane, suivi des clients, facturation,…) et surtout par des dégustations de haute volée et ta générosité. (M.C.)

C’est avec énormément de tristesse que j’apprends cette nouvelle : je sais que je n’étais pas vraiment un gros acheteur ni très régulier, mais je ne manquais jamais de parler de toi à mes amis et ta gamme était parfaitement dans mes goûts. (E.F.)

Je suis désolé de cette fin abrupte des activités d’Anthocyane. Je suis aussi étonné au vu de l’excellente réputation dont tu jouis parmi les amateurs que je connais. Bien sûr, la réputation, aussi bonne soit-elle, ne suffit pas à rémunérer son homme. Quoi qu’il en soit, sache que, à mes yeux, ton approche était tout à fait pertinente, le contact agréable, tes sélections particulièrement séduisantes – à preuve les quelques achats ‘à l’insu de mon plein gré’ dans la mesure où je m’impose de limiter mes achats vu ma cave déjà ‘pléthorique’. Je suis d’autant plus désolé que nous commencions à peine à nous connaître et que les trois dégustations auxquelles j’ai participé m’ont convaincu de la qualité et du bien-fondé de tes choix. (Ph. N.)

Je suis certain que c’est pour mieux repartir ! Il faut avoir le courage de stopper quelque chose qui ne fonctionne pas comme on le souhaiterait pour se rendre disponible pour d’autres challenges. Bon, ceci dit, chez qui allons-nous nous approvisionner à présent 😬😓😂? (Th. C.)

Quelle déception pour moi qui venais de vous rencontrer et qui appréciais déjà votre personnalité, vos connaissances et en particulier votre sélection de quilles notamment dans le Languedoc Roussillon. (A.L.)

Nous nous souviendrons certainement des belles découvertes que nous avons pu faire grâce à toi et du nombre de fois que nous avons, toujours grâce à ces délicieux vins, eu une pensée pour cet ami passionné. (Fr. S.)

Ton annonce m’a surpris et peiné. Comme tu le sais, je n’ai pas été un fan de la première heure et puis, je suis venu un peu par devoir – un ami de ton ami est caviste, qu’est-ce que tu attends? – et surtout par curiosité. Bien m’en a pris car j’ai tout de suite apprécié ta convivialité et ta recherche gourmande de vins équilibrés. Dieu du marketing seul sait ce qu’il t’a manqué pour continuer, peut-être un peu de pub? Mais ta formule était unique et festive. Je te souhaite de bonnes vacances et une bonne reconversion, fort de cette belle expérience que tu as eu la chance et le courage de mener. En tous cas, si tu voulais recommencer, tu pourrais à nouveau compter sur moi. Hé oui, en plus de bons vins, j’ai gagné un ami et c’est en effet précieux. (Y.D.)

Personnellement, je n’ai jamais été déçu par un seul des vins de mes petites commandes. Bien sûr, j’en ai moins aimé certains, les goûts et les couleurs…, mais jamais je n’ai pensé qu’ils n’en valaient pas la peine. (H.P.)

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Festival du Languedoc et du Roussillon !

Dès aujourd’hui:

Dimanche 14 juin:

Cerise sur le gâteauRivesaltes Ambré 1969, sélection Stéphane Gallet

Le Rivesaltes Ambré est un vin doux naturel (VDN), oxydatif, produit dans le Roussillon, à partir essentiellement des cépages grenache blanc, grenache gris et maccabeu. Il pourrait être comparé à un Porto Colheita, à deux nuances près : un taux d’alcool légèrement inférieur (18%) et un prix, à millésime égal, moins élevé.

Certains Rivesaltes sont élevés en contenants bois pendant de longues années. Après ce très long élevage, l’exceptionnel côtoie le quelconque. Tout l’art consiste à savoir ‘trier le bon vin de l’ivresse’…

Stéphane Gallet est la personne rêvée pour procéder à une sélection de vieux Rivesaltes et pour les mettre en bouteilles. Il est en effet l’ancien vinificateur du Mas Amiel et le créateur des Terres de Fagayra où il élabore de très beaux Maury, en rouge et en blanc.

La presse spécialisée ne s’y est pas trompée : 19/20 pour le guide vert de la Revue des Vins de France (‘enthousiasmant dans sa fraîcheur et complexité aromatique -lavande, agrumes- le glorieux 1969 s’inscrit au panthéon des grands Rivesaltes’).

Attendez-vous à un vin d’une rare intensité. A un point tel qu’il est illusoire de tenter de boire quoi que ce soit d’autre après une gorgée de ce nectar. Il peut remplacer avantageusement le dessert ou être consommé pour lui-même : selon l’expression consacrée …en ‘vin de méditation’. La littérature recommande parfois des accords avec le chocolat ou avec le fromage bleu (Stilton).

Couleur brun orangé, légèrement trouble (le vin n’est ni filtré, ni collé). Saveurs d’amandes (massepain), d’agrumes, de miel, de caramel, de noix, d’herbes aromatiques, d’épices. Persistance exceptionnelle. Le mutage à l’alcool a été réalisé avec maestria, conférant au vin un équilibre magistral entre sensations douces (110 grammes de sucre/litre) et sensations vives.

Dégustez-le à 12°. Une fois la bouteille ouverte, le vin conservera toutes ses qualités pendant plusieurs semaines.

Rivesaltes Ambré 1969, sélection de Stéphane Gallet : € 49 la bouteille de 75cl. Commandes possibles jusqu’au 14 juin. Les bouteilles seront disponibles en septembre ou en octobre.

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Côté cour: Luneau-Papin, côté jardin: Aupilhac

Viennent d’arriver, presqu’en même temps, les nouveaux millésimes de deux Domaines de grande réputation.

Côté cour: le Domaine Pierre Luneau-Papin, spécialiste des Muscadets de haut vol. Premier Domaine du Pays Nantais à avoir obtenu deux étoiles dans le guide des meilleurs Vins de France. La reconnaissance de longues années de travail qui ont mis en lumière la capacité des Muscadets à se hisser au diapason des plus grands vins.

La cuvée emblématique du Domaine
La cuvée emblématique du Domaine

Granite sur la commune de Vallet (Le L d’Or), gneiss à La Chapelle-Heulin (Les Pierres Blanches), serpentinite sur la Butte de la Roche (Terre de Pierre) et schistes dans la vallée de la Goulaine (Excelsior). Quatre terroirs différents, quatre cuvées pour en révéler les spécificités. Sans oublier le clin d’œil à la réputation du Français outre-Manche…Froggy Wine.

Les vins se goûtent fort bien durant leur jeunesse, mais possèdent également une grande capacité de vieillissement harmonieux. Avec le temps, leur profil se rapproche de celui d’un très bon Chablis: vivacité enrobée, salinité, éclat, complexité. Vous demandez à être convaincus ? N’hésitez pas à piocher dans ma collection de vieux millésimes: le Domaine commercialise encore des 2005, des 2007 et des 2009 tout-à-fait somptueux. Quantités extrêmement limitées.

Cerise sur le gâteau: les flacons sont magnifiques, grâce à une réflexion très aboutie sur le design de la verrerie et de l’étiquette. Ce n’est sans doute pas essentiel, mais cela contribue au plaisir de déposer un Luneau-Papin sur la table d’un beau repas.

A propos de repas, ne limitez surtout pas ces grands Muscadets à l’accompagnement des huîtres et autres fruits de mer: ils se marient à merveille avec volailles et viandes blanches. Et avec certains fromages.

Pour les huîtres, donnez la préférence à La Folle Blanche: prix angélique, accord paradisiaque.

Côté jardin: Le Domaine d’Aupilhac, la qualité en Languedoc depuis plus de 20 ans. Je me souviens fort bien de ma fascination pour la cuvée de pur carignan, millésime 1998. C’était sauvage, violacé, tannique et hyper-expressif. Proposer un vin de carignan à cette époque était d’ailleurs une sorte d’hérésie, puisque l’œnologie triomphante avait décidé d’arracher ce cépage rustique et décidément trop local.

Depuis lors, les choses ont bien changé: les vieux ceps ont été bichonnés et les jus de carignan se retrouvent dans maints assemblages languedociens.

Lou Maset rouge n’a jamais été aussi bon qu’en 2013, profitant à fond des qualités du millésime: équilibre souverain entre fruité méridional, bons petits tannins et fraîcheur. Pas l’ombre du soupçon d’une trace de lourdeur alcolico-solaire.

Terroir d'altitudeLes Cocalières, en rouge comme en blanc, progressent d’année en année, dans un style très frais, aérien, délicat, à l’antithèse des ‘haltérophiles sévèrement musclés’ qui se répandent sans vergogne, entre Narbonne et Montpellier. Le vignoble d’altitude, recréé par Sylvain Fadat il y a une quinzaine d’années, est une splendeur, parfaite union entre la nature et la main du vigneron.

Et que dire des Servières, pur cinsault issu de vignes centenaires…un naturel confondant, intensité et légèreté.

Le Domaine est en pleine forme !

Tous les vins sont disponibles dès à présent dans le magasin en-ligne. Ils sont proposés à la dégustation le samedi 09 mai (acte I) et le samedi 30 mai (acte II).

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2004

Ce mercredi soir, nous fîmes un sort à douze flacons, tous nés en 2004.

Joli podium avec la Côte-Rôtie de Stéphane Ogier, le Sancerre Génération XIX d’Alphonse Mellot et le Sancerre Les Monts Damnés de Pascal Cotat.

Déception du côté de St-Emilion, puisque Beauséjour-Bécot finit bon dernier.

Mention pour le 100% chenin du Domaine Viguier, appellation Entraygues-Le-Fel (Aveyron), acheté € 4,95 chez un caviste local.

Mention également pour la cuvée Schiste de JF. Ganevat en Côtes du Jura qui finit à un souffle de la médaille de bronze.

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Montpellier, jour 4: Millésime Bio (encore)

Aujourd’hui Nathalie Mabileau à St-Nicolas-de-Bourgueil, Philippe Mur (Clos Basté à Madiran), Sylvain Pataille à Marsannay et Stéphanie Caslot (La Chevalerie à Bourgueil). Et une découverte dont on reparlera au printemps…

Après cela, le petit Philippe a constaté qu’il était au bout de son rouleau, que le Palais des Expositions de Montpellier lui sortait par les trous de nez, que sa capacité à évaluer sereinement quelques dizaines de vins supplémentaires était inexistante, que ça sentait l’écurie, qu’il était vachement déshydraté et dorsalement défoncé, qu’il lui fallait garder un soupçon d’énergie pour ses différentes haltes bourguignonnes sur le chemin du retour, que ‘qui trop embrasse, mal étreint’ (ou l’inverse) et, raisin sur le gâteau, qu’il n’était décidément pas payé aux pièces…