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A la vida s’han de tenir somnis, i s’hi ha de creure

Traduction depuis le catalan: Dans la vie, il faut avoir des rêves et y croire. C’est la devise du Mas d’En Gil, Domaine-phare en Priorat.

Allez, on commence avec un peu de nostalgie. Il y a 20 ans, voire un peu plus, je découvrais avec stupéfaction les vins issus du Priorat, petite région catalane isolée, battue par les vents et dominée géologiquement par un schiste local appelé llicorella. Une dégustation en mars 2001 me donnait l’occasion de partager les millésimes 1996, 1997 et 1998 de Cims de Porrera. Des vins extrêmement puissants, concentrés, portés par le souffle du Priorat mais aussi par un boisé qui ne se cachait pas. Les notes attribuées à ces trois vins furent dithyrambiques, respectivement 17,9 17,3 et 17,8.

Les choses ont bien changé depuis. Enfin, le Priorat a changé et mon goût a changé. Les vins qui tentent de s’imposer en jouant des coudes à coup d’extraction, de boisé, d’alcool, non merci. Cette performance me paraît vaine. C’est une course vers toujours plus qui ne débouche sur pas grand-chose parce que demain, un autre vin sera encore plus extrait, encore plus boisé et encore plus en riche en alcool.

Vall del Bellmunt

L’équilibre parfait. Voilà qui est plus difficile à atteindre, plus subtil et sans doute plus subjectif. L’équilibre parfait est par nature très fragile: le funambule en sait quelque chose. C’est le reflet d’un instant magique. Les mots ne suffisent pas. Parfois, une petite larme s’invite et le temps s’arrête. L’agitation et le vacarme s’estompent, on perd légèrement le nord. Cela n’arrive pas souvent.

Mais cela m’est incontestablement arrivé pendant une dégustation des vins du Mas d’En Gil début octobre. A commencer par deux blancs atypiques: Bellmunt 2021 et Coma Alta 2017: les deux vins sont construits sur la verticalité et un usage anecdotique de la puissance alcoolique. Bellmunt pousse sur du buntsandstein et Coma Alta sur du calcaire. Non, pas de schiste ici. Le style des vins pourrait évoquer Le Roc des Anges de Marjorie Gallet (je connais la polémique, mais c’est une autre histoire). Cela commence donc fort avec deux blancs qui rompent complètement avec la tradition locale. La minéralité de Coma Alta est magnifique et rare dans un vin élaboré avec 100% de grenache blanc.

Voici venu le temps de la gamme des vins rouges. Bellmunt 2018 (grenache 65%, carignan 30%, cabernet sauvignon), vignes de 25 ans sur llicorella est irrésistible. Oui, cela pèse 14,5% d’alcool; oui, c’est élevé sous bois pendant 10 mois (contenants de 1.500 litres et de 3.000 litres). Et pourtant, c’est frais et très peu marqué par l’élevage. Succulent, structuré, superbe.

Marta Rovira

On passe ensuite à Coma Vella 2016, qui pourrait être le premier cru du Domaine: grenache 70%, carignan 20%, syrah, sur llicorella. Elevage sous bois (1.500 litres et 225 litres), avec 20% de neuf. Deux ans d’élevage en bouteilles. Vignes d’âge variable entre 25 et 60 ans. Il est probable que la syrah finisse par disparaître de l’assemblage, le processus est en cours pour se concentrer exclusivement sur le duo grenache/carignan. Ce vin m’a ébouriffé, ému, étonné. Fruit et minéralité. Passionnant de le déguster en compagnie de Marta Rovira (la vigneronne) et d’Olivier Fonteyne, sommelier belge, mari de Marta. La conversation se déroule dans un mélange inédit de langues, entre néerlandais et catalan, entre français et anglais.

On finit par Clos Fontà 2016, qui pourrait être le grand cru du Domaine. Grenache et carignan. Vignes d’âge variable entre 45 et 85 ans, sur llicorella. Elevage en barriques de 225 litres (30% bois neuf). On pourrait craindre la grande cuvée qui cumule toutes les ambitions de faire encore et encore plus. Remember Cims de Porrera. Eh bien non. Le boisé ne joue aromatiquement aucun rôle. Le liquide est d’une grande fluidité, d’un naturel confondant. C’est très concentré et pourtant très élégant. Quelle qualité de tannins ! Ô toi lecteur qui connaît un peu mes goûts, on arrive au paradis, le paradis où l’intensité rejoint la délicatesse. le paradis où le lieu transcende les cépages. L’équilibre parfait, le funambule.

PS: 15% d’alcool pour Coma Vella comme pour Clos Fontà. Je ne retire rien à mes commentaires mettant en exergue élégance et délicatesse.

Coma Vella 2016 est en dégustation le samedi 03 décembre.

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Le Clos Galerne, le chenin et la spilite

Parfois les choses peuvent être simples; du moins elles se laissent simplifier. Chenin sur sol noir, chenin sur sol blanc. Noir ou blanc. Schiste ou calcaire. En Anjou noir, c’est le schiste. Plus on se dirige vers l’est, plus c’est le calcaire (Vouvray, Montlouis).

La famille Bourez, au pied du moulin brûlé

Le schiste plaide pour un rapide exercice de vulgarisation que les experts en géologie me pardonneront: il y a toutes sortes de variantes et autant de termes pour les désigner: ardoise, slate (en anglais), schiefer (en allemand). Le gneiss en Muscadet est en quelque sorte le stade ultime du schiste. Le schiste, c’est par exemple la Moselle allemande et le Priorat espagnol.

L’Anjou noir a historiquement basé sa réputation sur un trio magique: chenin, schiste et botrytis. Traduction: Coteaux du Layon, Bonnezeaux, Quarts de Chaume. Des vins moelleux, voire liquoreux. Mais, au XXIème siècle, la douceur se vend mal, très mal. Loi fondamentale de l’économie: lorsque le vin se vend mal, la valeur du vignoble chute. Paradoxe: cette situation attire de jeunes vignerons ambitieux, à la recherche d’hectares mis sur le marché à un tarif abordable. Changement de paradigme. Acheter du vignoble destiné de tous temps à produire des vins moelleux et décider de le convertir en un vignoble pour élaborer des vins secs. Couper le cordon ombilical avec le passé doux. Assumer et chercher un nouveau chemin pour le chenin angevin.

Cette aventure-là est jalonnée de pièges: expliquer le changement de paradigme et surtout convaincre experts, journalistes, importateurs, restaurants et cavistes; vivre avec une météo capricieuse qui peut réduire à presque rien les efforts de toute une année. Quand on vient de commencer et que la banque n’attend pas, un mental d’acier s’impose. Deux années de gel successives et c’est la catastrophe.

Je tire mon chapeau à Cédric Bourez, monsieur Clos Galerne. Œnologue dans un domaine provençal, il souhaite devenir vigneron. Calculette à la main, il arpente l’Hexagone et se dit que l’Anjou noir est la destination que l’épaisseur de son portefeuille rend plus ou moins raisonnable. Coup d’oeil précis pour mettre la main sur des parcelles principalement situées dans le hameau de Pierre Bise, village de Beaulieu-sur-Layon, à quelques kilomètres au sud d’Angers. Pierre Bise, lieu exceptionnel. Flore méditerranéenne, vent pour rafraîchir et ventiler, sous-sol très particulier: schiste, mais aussi spilite, roche d’origine volcanique. La minéralité du schiste et la minéralité du volcan. Le vent du nord-ouest est appelé …Galerne. Combinaison gagnante, dans l’ordre ou le désordre.

La plupart des parcelles du Clos Galerne se nourrissent de spilite. Exception notable: une parcelle en Savennières (mais c’est une autre histoire). Chenin sur spilite et cabernets sur spilite. Un tel matériau mérite les mains de l’artiste: Cédric Bourez se charge des petits rendements, d’une vinification et d’un élevage sous bois bien dosé (peu de bois neuf) et d’une fermentation malolactique complète. La conversion en bio est engagée.

L’entrée de gamme, Balade en chenin, permet d’apprivoiser le style du Domaine. S’attaquer à Exspecto et à Moulin Brûlé sans gants …à vos risques et périls ! Ce sont deux chenins secs de grande puissance, traversés par un souffle intense et dominateur. Exspecto trace en verticalité, Moulin Brûlé équilibre rondeur et fraîcheur.

Exspecto 2020 (100% chenin), Moulin Brûlé 2020 (100% chenin) et Anjou Noir issu de la vendange 2019 (cabernet franc 80%, cabernet sauvignon) sont en dégustation le samedi 03 décembre 2022.

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Du terroir à l’homme en passant par le climat

Une verticale Ostertag : Grand Cru Muenchberg 1996-2019

Article rédigé par Bernard Arnould, client chez Anthocyane et journaliste-vin depuis 1992.

Alsace superbe, Alsace décevante… Alsace si diverse, Alsace si contradictoire. Bref, Alsace si passionnante., surtout pour qui s’intéresse aux vins exprimant avec clarté leur lieu de naissance, à savoir leur terroir. Lequel se définit de triple façon : le lieu-avec ses sols et sous-sols, son exposition, son altitude, son horizon -, le climat de l’année et le vigneron avec ses multiples décisions. Cette verticale illustre bien leur interdépendance.

Le Grand Cru Muenchberg

Grand Cru Muenchberg

Situé à Nothalten dans le Bas Rhin, ce lieu est magique : » « la partie terrestre y rééquilibre magnifiquement la partie céleste », comme me l’avait dit un jour André Ostertag.  Côté céleste, il s’agit d’une enclave nichée dans un vallon en retrait de la route du vin et du village.  Ses pentes ondulent dans une sorte de cirque abrité des pluies et des vents d’ouest par le “mont des Hongrois” (Ungersberg), une butte de grès vosgien atteignant 910 m. Installé de part et d’autre de ce vallon orienté au sud, le Muenchberg retient la chaleur sur ses pentes et bénéficie sur ses 17,70 ha d’un microclimat unique. Côté terrestre, le sol et le sous-sol sont formés de sédiments vieux de 250 millions d’années.

Ces terrains caillouteux et sableux où affleure régulièrement le grès rose sont constitués de poudingues avec dépôts vulcano-détritiques, parfois riches en tufs et cendres volcaniques. Il s’agit donc d’un sol pauvre où le drainage est excellent et le réchauffement rapide. Le riesling est le cépage de prédilection du Muenchberg. Celui-ci doit son nom aux moines cisterciens de l’abbaye de Baumgarten, toute proche, qui y cultivaient la vigne dès le 12è siècle.

L’impact du climat de l’année

La diversité des conditions climatiques d’une année ne manque pas d’influer sur les profils des vins. Cette verticale en témoigne par l’opposition de style entre par exemple les vins de millésimes plus frais tels 1996, 1999, 2004, 2008, 2010, 2014 d’une part, de millésimes plus chauds, voire caniculaires tels 2009, 2015, 2019 d’autre part. Les seconds offrent plus de volume, une plénitude solaire alors que les premiers sont plus élancés, d’une fraîcheur très énergique, tout en race et noblesse de Grand Cru.

2003 lui est marqué par une étroitesse que l’on n’attendrait pas d’une année très chaude, sauf que trop c’est trop : chaleur et précipitations quasi inexistantes ont provoqué du stress hydrique et des blocages de maturité, avec au final une matière à la minéralité un peu austère, voire asséchante. Autre cas, le millésime 2010 au climat chaotique : voilà bien une année tardive, avec dans les raisins une acidité malique élevée. Conséquence il a fallu vendanger à très haut potentiel alcool pour obtenir la maturité phénolique. Les vignerons peu ambitieux, qui travaillent mal dans les vignes et/ou ont vendangé trop tôt, proposent des vins au brutal tranchant acide. Aussi 90% des producteurs, « victimes du tabou alsacien contre la fermentation malolactique » comme le formulait André ont-ils choisi de désacidifier leurs vins.  Par contre les meilleurs vignerons ont réussi sur les grands terroirs à équilibrer des sucres importants liés au haut degré potentiel requis pour une maturité des pépins grâce à la solide acidité de la matière 2010. Son Muenchberg 2010 dégusté 12 ans plus tard se goûte harmonieux, élégant, délicat, avec de jolis amers minéraux.

Le fil rouge de la dégustation

André Ostertag et son fils, Arthur

Cela posé, le terroir du Muenchberg avec ses sols cristallins est tellement fort qu’il impose au-delà des différents profils une trame reconnaissable d’un millésime à l’autre : verticalité, vibration de la matière, fraîcheur qui passe par une minéralité saline. Ainsi en est-il face au caractère opulent du 2009, un riesling dont l’équilibre inhabituel  e 14°6 et 2,7 g. de sucre se fait moins par une tension acide que par les amers  salins de la minéralité : « la partie terrestre a rééquilibré la partie céleste ».

A l’opposé, le 2008 reflète bien les caractéristiques d’un millésime difficile, sauvé à partir de la mi-septembre par le beau temps. Les vignerons peu ambitieux ont vendangé trop tôt en sous maturité. Les meilleurs ont attendu et ont réussi des vins équilibrés, de belle fraîcheur. Le Muenchberg dégusté ici possède une incroyable énergie 14 ans plus tard : comme l’a écrit un participant, » le fruit laisse la place à une expression intense de la géologie: formidable colonne vertébrale acide »,  de l’éclat, de l’énergie et une longue persistance minérale.

Les deux derniers millésimes

…dégustés dans cette verticale, certes plus jeunes n’en furent pas moins éblouissants :

2015 : chaleur, sécheresse, voire canicule en début juillet, et donc le stress hydrique auraient pu durcir les vins. Fort heureusement les pluies de la mi-août ont permis une reprise de la maturation des raisins. Au final ce 2015 présente une acidité malique plus basse que 2008, 2010 ou 2014. La matière offre une plénitude solaire en bouche avec une chair pulpeuse. Pourtant l’équilibre impressionne grâce à une fraîcheur liée à la fois à la concentration en acide tartrique et à une trame minérale saline qui se prolonge en finale sur de fins amers minéraux.

2019 : un scénario climatique comparable au précédent avec un temps sec et très chaud d’une part, des pluies salutaires au mois d’août. Un bébé encore, avec un énorme potentiel, encore brut de terroir d’une certaine façon. La bouche est riche et veloutée,  d’une grande intensité,  profonde et tendue par une impressionnante minéralité qui verticalise la richesse. La finale est très persistante sur des notes minérales salines et fumées.

Bernard Arnould

Anthocyane ne commercialise pas les vins du Domaine Ostertag. Anthocyane prête volontiers sa plume à celui/celle qui voudrait partager sa passion pour le monde du vin.

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Allemagne – riesling – cinq vignerons

Une dégustation que j’ai eu le plaisir de proposer aux membres éminents du « groupe du mercredi », lequel s’est réuni, avec une pointe de surréalisme, lors de ce premier …vendredi du mois de novembre.

Un thème qui me tient à cœur: sortir des sentiers battus franco-français et explorer comment s’expriment d’autres cultures du vin. C’est particulièrement délicat lorsque l’on quitte l’univers latin pour rejoindre les rives du Rhin et de ses affluents, la germanité étant souvent perçue comme particulièrement complexe et résolument différente. Une sorte de zone d’inconfort du dégustateur francophone.

Or, les vingt dernières années marquent l’émergence progressive de vins allemands qui reprennent à leur compte le « modèle bourguignon » à quatre niveaux: vin régional, vin de village, premier cru, grand cru. Le modèle allemand traditionnel basé sur la richesse en sucres des raisins perd du terrain, année après année, en tous cas pour ce qui concerne les vins secs ou d’esprit sec.

Les vins secs sont dits « trocken » (ce mot figure toujours sur l’étiquette: pratique !): ils peuvent contenir jusqu’à 9 grammes/litre de sucre résiduel (à la condition de présenter une acidité élevée). Autrement dit, les vins allemands « trocken » ne sont pas si compliqués à comprendre pour un amateur habitué aux vins français. Et ça, c’est une bonne nouvelle !

Pour mettre en pratique, j’ai choisi cinq vignerons très réputés, chacun représentant sa région: Knipser pour le Palatinat (Pfalz), Dönnhoff pour la Nahe, Wittmann pour le Rheinhessen, Georg Breuer pour le Rheingau et Peter Lauer pour la Moselle.

Les vins sont servis par paire, une paire par vigneron.

Précision: la double majuscule GG sur une étiquette -ou gravée dans le verre de la bouteille- signifie Grosses Gewächs, c’est-à-dire grand cru: raisins provenant d’une parcelle précisément délimitée qui a démontré sur le long terme sa capacité à produire des vins complexes, originaux et susceptibles de s’améliorer en bouteille, après une garde de plusieurs années.

GG s’applique exclusivement à des vins « trocken ». Elle est attribuée par une association privée: VDP. En savoir plus ? C’est ici.

*****

Mise en bouche: Eva Fricke (Rheingau), Rheingau 2016

On commence par une mise en bouche, destinée à permettre l’identification du thème: à l’aveugle, mes excellents compagnons ont vite reconnu le cépage riesling et l’origine allemande. Bien joué !

Nez citronné intense, très pur: c’est en effet un riesling typique. Peu de complexité. Bouche franchement fruitée, dominée par une grande fraîcheur. Vin jeune, ne présentant pas de notes d’évolution. Equilibre magistral et jolie persistance. Il y a sans doute un petit peu de sucre résiduel, qui arrondit sans sucrer. Très réussi pour un vin simple ! Ma note: 15/20, note moyenne du groupe: 15,6/20.

Cette jeune vigneronne était déjà très au point lors de la vinification du millésime 2016. Depuis, elle est passée au stade « culte ». De plus en plus difficile de mettre la main sur quelques flacons.

Le palais est étalonné. Nous voici à présent équipés pour entamer avec détermination une ascension du Mont Germania par la face nord. Dix étapes, cinq paires de vins.

1. Knipser (Pfalz), GG Steinbuckel 2016

Nez plus discret que celui de la mise en bouche. Un peu de citron et quelques épices. Introverti mais intéressant. Progressivement vient le caillou. En bouche, minéralité un peu terreuse, plutôt austère. Zeste de citron vert. Belle longueur. Vin cérébral, avec du potentiel de garde. Racé, mais pas pour toutes les bouches. Ma note: 16,5/20, note moyenne du groupe: 15,1/20.

2. Knipser (Pfalz), GG Steinbuckel 2017

Nez plus ouvert, agrumes, un peu de floral. Assez joyeux, avec quelques morceaux de soleil dedans. Bouche superbement équilibrée ! Ce vin conjugue plaisir et cérébralité. La minéralité est en retrait par rapport au millésime 2016. Classique. La version plus affable de ce cru. Ma note: 16/20, note moyenne du groupe: 16,1/20.

3. Dönnhoff (Nahe), Tonschiefer 2013

Nez bien ouvert, typique du cépage. Citron épicé. Très léger pétrole. Bouche confortable, d’accès facile, comme une version apaisée de la mise en bouche. Bonbon violette. Pas très long. A boire dans les deux ans. Ma note: 15/20, note moyenne du groupe: 15,9/20.

4. Dönnhoff (Nahe), GG Hermannshöhle 2013

Surprenant: le premier nez m’amène chez Guffens-Heynen (chardonnay bourguignon)! Des notes de cognac. Puis vient le citron confit. L’ananas. La poire qui évoque le …chenin. Un peu de miel également. Le terroir domine le cépage. Difficile de reconnaître le cépage. Grande complexité. Bouche puissante, volumineuse et salivante: ce n’est pas de l’alcool, c’est de la matière (extrait sec). Pas pour qui recherche un vin aérien et délicat. Vin prêt à boire, pour les dix ans qui viennent. Ma note: 17/20, note moyenne du groupe: 15,4/20.

5. Wittmann (Rheinhessen), GG Aulerde 2011

Nez sur l’orange et la mandarine. Arrière-plan en forme de poire. En bouche, formidable colonne acide ! Belle verticalité, la structure domine l’aromatique. Puis vient l’abricot et l’amande. Notes d’évolution. Un profil tel que l’on peut s’y attendre. Ma note: 16,5/20, note moyenne du groupe: 16,3/20.

6. Wittmann (Rheinhessen), GG Morstein 2011

Couleur intense, presque dorée. Nez de poire Williams, avec une note oxydative. Quelque chose de sudiste. Un nez pour accompagner un dessert. Ici encore, le terroir invisibilise le cépage. La bouche est parfaitement sèche (ce qui surprend), salivante, pomme et poire, la note oxydative finit par disparaître ! Vin évolué, très original. Beaucoup de personnalité. Ma note: 17,5/20, note moyenne du groupe: 16,4/20.

7. Georg Breuer (Rheingau), Berg Rottland 2016

Nez fermé, puis vient un citron vert salé très dominateur. Une touche de romarin. Bouche qui communique tant le cépage que le terroir. Formidable tension acide. Grande longueur. Aucune concession. Difficile pour tout qui n’est pas amoureux de l’acidité. Finale très nette, tranchante et saline. Ma note: 17/20, note moyenne du groupe: 16,2/20.

8. Georg Breuer (Rheingau), Nonnenberg 2017

Nez intensément caillouteux; le citron se cache en coulisses. Ce vin pourrait être volcanique (ce n’est géologiquement pas le cas). Nez impérieux, dominateur et sans concessions. Bouche monstrueuse, parce que tous les éléments y sont présents au maximum ! Pamplemousse d’anthologie. Finale exceptionnelle, avec tension et salinité. Infanticide, potentiel considérable. Attendre au moins cinq ans. Peut-on faire meilleur que Berg Rottland, oui, c’est Nonnenberg ! Ma note: 18/20, note moyenne du groupe: 16,5/20.

9. Peter Lauer (Mosel), Neuenberg 2014

Nez qui combine la pierre (silex) et le citron, avec des notes fumées et miellées. Progressivement, toute la gamme des fruits: abricot, poire, ananas, agrumes, etc… Enfin, la cire. Quelle complexité ! Bien sûr, il y a un peu de sucre en bouche, mais l’équilibre est parfait grâce à une acidité très élevée. Vin cristallin qui finit absolument sec. Ma note: 17/20, note moyenne du groupe: 16,9/20.

10. Peter Lauer (Mosel), Neuenberg 2015

Un petit soleil atténue légèrement l’emprise caillouteuse. En bouche, le sucre est plus présent que sur le 2014. Néanmoins, la finale reste parfaitement sèche. Beaucoup de tension. La fameuse intensité légère qui signe les meilleurs vins de Moselle. Le plaisir à l’attaque et la droiture dans la finale. Très grand vin. Ma note: 18/20, note moyenne du groupe: 17,1/20.

*****

Ce que je retiens ? Les grands rieslings allemands ont une personnalité profonde, marquée par le terroir. Le cépage joue son rôle soit à l’avant-plan, soit à l’arrière-plan. Certains vins camouflent le cépage derrière un terroir dominateur. Celui qui craindrait de goûter dix fois la même chose est rassuré: les expressions sont pour le moins variées et diverses.

La colonne vertébrale acide est l’élément qui structure la plupart des vins. Ce n’est certes pas une surprise, mais un rappel utile: pour les vins secs, les acidités peuvent monter jusqu’à 8 voire 9 grammes/litre. Quelques grammes de sucre résiduel se chargent d’arrondir les angles de façon à proposer un équilibre du type: assez peu d’alcool (12% ou 13%), beaucoup d’acidité, un peu de sucre. Les finales sont sèches. Autrement dit, le sucre, lorsqu’il est perceptible, marque l’attaque du vin, pas sa finale. Cela facilite les accords gastronomiques.

Pour l’anecdote, les six derniers vins servis se retrouvent aux six premières places du classement. Il n’y avait pourtant aucune volonté de crescendo. L’ordre de présentation des paires était aléatoire. Disons que l’enthousiasme est venu progressivement.

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Anthocyane, 10 ans déjà !

Anthocyane, 10 ans déjà: une dégustation, c’est bien mais deux dégustations, c’est encore mieux !

Dégustations le samedi 19 novembre et le samedi 03 décembre, entre 10 et 18 heures. A chaque fois, une quinzaine de vins sur le bar, sélectionnés avec passion et discernement.

Les vins présentés le 03 décembre sont 100% différents de ceux présentés le 19 novembre: rien n’empêche de venir goûter deux fois !

Tous les vins commandés au plus tard le mardi 06 décembre seront mis à disposition avant les fêtes de fin d’année.

Pour vos cadeaux Champagne: sachet individuel (en papier kraft, avec cordelette) offert.

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Ostertag, Muenchberg: les années fastes

Remontée dans le temps jusqu’en 1996

Dégustation à l’aveugle passionnante, pour un groupe d’une douzaine d’amateurs. Vous avez lu le titre de cet article, mais nous, pauvres dégustateurs privés de l’étiquette, nous ne savions rien. Rien de rien.

Voici la première carafe. Bien sûr, ce sont donc les tâtonnements habituels. Je vous épargne certains parmi mes commentaires, j’ai déjà assez de mal à les gérer moi-même…

Mais ce premier vin a en tous cas beaucoup de choses à raconter: il y a du caillou, une touche de sucre résiduel, de la finesse, de la complexité aromatique (tilleul, miel) et ce je ne sais quoi qui évoque le volcan. 16/20. Millésime 2005. Démarrage en trombe donc. Le deuxième vin évoque avant tout l’automne: les feuilles mortes et le champignon. Vin évolué, avec des notes lactiques, sec, salin. Il porte son âge avec charme, mais me paraît un peu monotone. 15/20. Millésime 1996.

Le troisième est un vin patiné, avec du miel et de la cire, intense, délicat, avec une touche d’alcool et une légère oxydation (comme un sherry fruité), des épices également. 15/20. Millésime 1999. Le quatrième vin est important parce que celui-ci va me permettre de mettre un nom sur le cépage: autant les trois premiers ont été cachottiers, autant celui-ci crie: riesling ! Le citron confit joue le premier rôle. Vin puissant, encore un peu massif, léger tannin, touche de sucre, de la jeunesse. Un classique. 16/20. Millésime 2000.

Bon, à partir d’ici, on commence à se dire que l’on tient le bon bout: riesling, Alsace, avec des vins d’un certain âge, voire d’un âge certain. Voici la cinquième carafe: jus de citron parfumé, abricot voire pêche. Par contre, la bouche part vers une minéralité un peu austère. Progressivement la verticalité, l’élégance, la pureté, la longueur. Un vin spirituel. 16,5/20. Millésime 2003. Sixième carafe: attention, jeu de mots facile. Autant le précédent était spirituel, autant celui-ci me paraît …spiritueux ! Je m’explique: une aromatique en forme de Cointreau ou de Grand Marnier. Le nez légèrement écrasé, solaire voire sudiste. Comme un moelleux qui aurait mangé ses sucres. C’est riche et gras, mais manque d’énergie. 14,5/20. Millésime 2004.

Carafe sept. Ici on touche au sublime. Total respect. Le fruit laisse la place à une expression intense de la géologie: formidable colonne vertébrale acide, longueur impressionnante. Du souffle, de l’énergie, de la densité. On pourrait se rapprocher d’un riesling que l’on trouve plus facilement outre-Rhin. Sommes-nous bien en Alsace ? 17,5/20. Millésime 2008. Voici déjà une huitième carafe qui révèle un nez presque pâtissier, avec de l’orange et de la cannelle, du miel, de la fumée. Vin que l’on pourrait qualifier de baroque. Puissance maîtrisée, belle fraîcheur. Est-ce bien du riesling ? Pinot gris ou complantation ? 16,5/20. Millésime 2009

Changement d’étiquette

Retour vers le riesling alsacien avec ce neuvième vin: agrumes, épices, orange et clou de girofle, bouche harmonieuse avec de jolis amers, fraîcheur énergique. Vin sec et plutôt délicat, belle réussite qui tranche avec le vin précédent en termes de style. 16,5/20. Millésime 2010.

Des noms de vignerons et de Domaines fusent. Parmi les Deiss et les Zind-Humbrecht, on entend l’un ou l’autre Ostertag. Quel vin « colle » avec quel vigneron ? Des avis en pagaille. Dixième carafe: j’adore (tout le monde ne partage pas mon enthousiasme). Citron intense, floral. Bouche jeune, serrée, salivante, longue. Equilibre parfait. Un vin dominateur comme un mâle alpha. 17/20. Millésime 2014

Encore un petit effort de concentration: voici le onzième vin. Archétype d’un grand nez de riesling, bouche jeune, massive, fraîche, plus solaire que le vin précédent. Finale un peu en retrait. 16/20. Millésime 2015.

Et enfin, voici le douzième: citron vert épicé, bouche encore fermée, comme repliée sur elle-même. Nous évaluerons son potentiel plus que le vin tel qu’il se présente aujourd’hui. Quelqu’un dit: brut de terroir. Joli résumé tout en concision. La verticalité est impressionnante. 17/20. Millésime 2019.

Nouvelle livrée

Voici la révélation, avec un grand sourire sur le visage de l’organisateur: nous avons goûté 12 millésimes de la même cuvée. A l’exception du dernier, tous ces vins ont été élaborés par André Ostertag. Son fils Arthur prend maintenant la relève. Est-ce j’ai pensé qu’il pourrait s’agir d’une verticale ? Non, douze fois non. Sur base du deuxième et du troisième vin, je voyageais du côté de la Loire. Le huitième m’a emmené vers le pinot gris et le septième aurait pu être allemand (Pfalz). Quel leçon sur l’importance du millésime !

Le Grand Cru Muenchberg, entre les mains d’un expert, est capable de distiller des expressions extrêmement diverses, en fonction de l’ensoleillement, du volume pluviométrique, de la date des vendanges, de subtiles décisions de l’homme pour guider, orienter le résultat final.

Nous avons goûté les vins du plus ancien vers le plus récent, avec une exception déroutante pour commencer.

En relisant mes notes, je me dis que mes commentaires relatifs aux millésimes 2003 et 2004 sont étranges: à priori, j’aurais inversé l’un et l’autre. Mais non, 2003 se révèle bien plus intéressant que prévu. J’ai d’ailleurs eu en son temps une expérience similaire avec l’Altenberg de Bergbieten de Mochel.

Un grand merci à la générosité de l’organisateur. He made my day !

L’esprit du vin circule inlassablement et se répand en flux circulaire, coule de haut en bas, du ciel vers la terre, de la lumière à l’ombre, de la vigne à la cave, va de jus en vin, de cuve en bouteille, d’ici à ailleurs, d’orient en occident, au bout des mers, de l’autre côté des nuits, là où les saisons se confondent, au cœur de villes sans arbres, au cœur des hommes déracinés, entre mur et poussière.
Il est le caillou du rire, le renouveau du soleil, l’ivre livre, le verre libre, le rêve retrouvé.
Il est le vin, le chant de l’univers.
Site Internet du Domaine.

En savoir plus ? https://viamo.fr/vignerons/domaine-ostertag/

Anthocyane ne commercialise pas les vins de ce Domaine.

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Le caprice des deux

« Mais, Philippe, quel thème original et pertinent et joli et appétissant pour ta dégustation de septembre ! Comment résister à l’appel de ton caprice des deux ? »

Merci, merci, c’est trop d’honneur. Ce sont juste quelques bouteilles de vin, proposées par paires: deux fois le même vigneron ou deux fois le même village ou deux fois le même cépage. On ira du sud de la Bourgogne jusqu’au nord de l’Italie, en passant par une vallée d’Autriche, par le Jura, le Beaujolais et le Rhône. Sept étapes. Syrah, riesling, barbera, gamay, nebbiolo, chardonnay, aligoté et un intriguant assemblage …inédit !

La dégustation a lieu le samedi 24 septembre, entre 10 et 18 heures, à l’adresse habituelle. S’il fait beau, la terrasse sera prête à vous accueillir.

Vos commandes doivent me parvenir, de préférence via le magasin, au plus tard le mardi 27 septembre. Les vins seront mis à votre disposition pendant la première quinzaine d’octobre.

Nicolas Maillet: deux vins du millésime 2020

L’aligoté a longtemps été vilipendé: trop acide, trop fluet, un cépage qui gagnerait à être amélioré par une larme de crème de cassis. Les choses ont bien changé. La Bourgogne compte aujourd’hui une appellation entièrement dédiée à ce cépage (Bouzeron, en Côte chalonnaise). Plusieurs vignerons de la Côte d’Or proposent différents aligotés, parfois parcellaires (exemple: Sylvain Pataille à Marsannay). Ce cépage connait un renouveau assez spectaculaire.

Rendez-vous avec Nicolas Maillet, un vigneron qui a décidé de se passer de bois pour ses vins blancs. En Bourgogne, voilà une décision aussi rare que courageuse. C’est une façon de remettre en cause les habitudes et les évidences qui conduit à élaborer des vins au profil marqué: tension, verticalité et minéralité, sans l’arrondissement apporté par le fût.

Autriche: deux rieslings du Kamptal

650 mètres. Voilà la distance qui sépare le Domaine Hiedler du Domaine Jurtschitsch. Une promenade de 9 minutes pour passer d’un riesling 2021 Langenlois à …un autre riesling 2021 Langenlois. Ces deux vins sont élaborés avec des raisins provenant de diverses parcelles, toutes situées dans le village de Langenlois. Ce village constitue le cœur de la région nommée Kamptal (« vallée du Kamp »): le Kamp est un affluent du Danube dans lequel il se jette en amont de Vienne. Le Kamptal est devenu célèbre grâce à Willi Bründlmayer, vigneron iconique (…ça y est, j’emploie du vocabulaire pour Instagram…) et spécialiste tant du riesling que du grüner veltliner.

Une comparaison fascinante entre citron, pamplemousse, pêche et abricot.

Pignier: deux Côtes du Jura « ouillés »

Pour éviter tout éventuel malentendu: ces deux vins sont profondément jurassiens, mais pas de style oxydatif: il s’agit de vinifications classiques, à la bourguignonne. Les vins sont décrits par le qualificatif « ouillé » (le vinificateur protège le vin de l’action de l’oxygène pendant son élevage). Donc, ni curry, ni noix.

Par coïncidence, j’ai ouvert très récemment une bouteille de la cuvée « A la Percenette » en millésime 2012 (NB: cette cuvée a cessé d’exister avec le millésime 2018: les raisins font aujourd’hui partie de La Reculée). Eh bien, ce 2012 était en pleine forme ! Et il était encore franchement meilleur 24 heures après avoir été ouvert.

La cuvée GPS est habituellement un assemblage de trois cépages. Cette fois, un quatrième cépage participe à la fête: du trousseau, vinifié en blanc. Ce vin est 100% sans sulfites ajoutés, ce qui le qualifie pour faire partie de la catégorie des vins dit nature. En dégustation, il est impossible de se rendre compte de cette caractéristique …et c’est très bien comme ça !

Deux Crus du Beaujolais: Fleurie face à Morgon

Lorsqu’on quitte le village de Fleurie par le sud, on arrive rapidement sur le territoire du Morgon (directement ou via Chiroubles): cinq kilomètres pour passer du Clos de la Roilette au Domaine Marcel Lapierre. Les crus du Beaujolais, c’est gamay, gamay et encore gamay. Voici pourtant deux expressions très différentes de ce cépage: structure et densité à La Roilette, fruit et sensualité chez Lapierre. La comparaison est franche puisqu’il s’agit du même millésime.

Prevostini: deux nebbiolo des Alpes

La Valtellina: paysage alpin et enchanteur, entre le lac de Côme et la frontière suisse. C’est la Lombardie d’altitude, la deuxième patrie du cépage nebbiolo. Je vous propose de comparer la cuvée d’entrée de gamme Botonero (assemblages de diverses parcelles) avec un cru, à savoir le cru Grumello.

Comme nous sommes en terrain peu connu, précisons le vocabulaire: Grumello est donc un lieu-dit, comme le cru Inferno et le cru Sassella. Plusieurs vignerons proposent des vins issus de ces différents crus. Par contre, Garof est le nom de la cuvée proposée uniquement par le vigneron Mamete Prevostini, élaborée avec des raisins en provenance du cru Grumello.

Mamete Prevostini: la nouvelle cave de vinification et d’élevage

Beaucoup d’attention est portée aux aspects environnementaux: la nouvelle cave de vinification (construite en 2014) est certifiée en tant que bâtiment extrêmement peu consommateur d’énergie. Les raisins vendangés arrivent par le haut, la vinification se fait au premier étage et l’élevage au rez-de-chaussée: aucun pompage, tout se passe par gravitation.

Piémont: deux barbera sensuelles

On voyage entre appellations, de Barbera del Monferrato jusqu’en Barbera d’Alba. Balade en Piémont, sans passer par la case Turin.

Le meilleur trajet ? Via Asti et Alba. Nous sommes gâtés.

D’une certaine façon, le cépage barbera pourrait jouer le rôle de l’antithèse du cépage nebbiolo. Place ici à la volupté, à la sensualité et au réconfort. Attention, on ne tombe pas dans la décadence rococo, ni dans la débauche alcoolique ! A côté d’un fruit rond, joufflu, charnu, savoureux, nos amis vignerons ont conservé une acidité rafraîchissante et tonique qui assure l’équilibre de ces deux vins.

Matthieu Barret: deux expressions du millésime 2020

Nous comparons l’étonnant Côtes du Rhône No Wine’s Land au prestigieux Cornas. Ce No Wine’s Land porte bien son nom puisqu’il provient d’une parcelle en appellation Côtes du Rhône, coincée entre Cornas et St-Joseph. Ni Cornas, ni St-Joseph, cette parcelle est d’autant plus spéciale que sa géologie est inhabituelle: calcaire et non granitique, comme c’est l’habitude à peu près partout en Rhône nord.

le village de Cornas

Matthieu fait partie d’un petit groupe de vignerons qui ont dépoussiéré l’appellation Cornas. La version de Matthieu est beaucoup plus fruitée, susceptible d’être appréciée assez jeune et dénuée de toute forme de rusticité. C’est un Cornas souriant et enjôleur ! Cette bonne humeur communicative ne remet en cause ni sa capacité à vieillir avec grâce, ni l’intensité de sa matière.

Conclusion subjective: ce caprice des deux me semble de nature à réjouir l’amateur. Je l’ai en tous cas conçu comme cela.

La plupart d’entre nous aiment comparer. On compare -consciemment ou inconsciemment-, avec un vin goûté autrefois. Avec le souvenir idéalisé d’un vin d’autrefois. Avec notre mémoire qui s’amuse comme une folle à nous faire croire qu’elle est fidèle.

Venez comparer, échanger, partager.

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Le caprice des cieux

Le singe asiatique et la variole du frelon, le variant mexicain de la Corona, les cybervirus et les cyberbactéries, le tunnel Trône sur une seule bande de circulation, la fonte de mon portefeuille et celle des glaces, Éden Hazard sur sa banquise madrilène, l’inflation qui nous les gonfle, la grêle et la fournaise, Donald qui trompe ses concitoyens, Mussolinette qui s’agite de Venise à Palerme, les algues bleues, les gilets jaunes, les Gilles de Binche, l’essence interdite à Bruxelles, les sauterelles, les réseaux sociaux, la centrale électrique de Zapo et celle de Tihange, Francis Lalanne, la cocaïne anversoise et le gaz moutarde qui me montent au nez, le gazouillis du gazoduc, le gazon brûlé, le Rhin qui ne coule plus malgré son étymologie, la facture de la canicule, les armes à feu de forêt, le Bordeaux à € 1,99 chez Aldi.

Pour la semaine prochaine, je vois dans ma boule de cristal … une féroce attaque de méchants Martiens ! Alléluia, c’est l’Apocalypse, le caprice des cieux nous tombe sur la tête, c’est la fin du monde en direct et en trois dimensions, rien que pour nous, nous les pitoyables humains du 21ième et dernier siècle. Amen.

Remède: boire du bon vin. Maintenant.

PS: dégustation d’une quinzaine de vins, le samedi 24 septembre, entre 10 et 18 heures. Le programme est en phase de finalisation, il peut être consulté ICI.

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Samedi 18 juin: dégustation !

Notez la date, le programme est alléchant ! Nous explorons ensemble quelques domaines français de haut niveau.

A Cahors, c’est Clos Troteligotte, spécialiste des cuvées au fruit très pur, avec peu ou pas de sulfites ajoutés. Nature ou presque nature, mais les vins sont nets, sans arômes …dégoûtants. En Provence, Clos de l’Ours, domaine de création récente à la réputation déjà bien établie: un blanc, un (superbe) rosé et un rouge prennent place sur le bar.

En Languedoc, le Domaine de Cébène: les plus anciens se souviendront peut-être qu’Anthocyane a déjà proposé la cuvée Belle Lurette en millésimes 2012 et 2013, …voici 2020 ! Ainsi qu’une nouvelle cuvée intitulée « A la Venvole ».

En Loire, c’est Montlouis et Saumur: plusieurs cuvées du Rocher des Violettes (dont un rouge élaboré avec du malbec, matière à comparaison avec les Cahors) et Clos de l’Ecotard, domaine créé récemment, mais qui s’impose déjà parmi les meilleurs à Saumur.

En Roussillon, c’est Le Clos des Fées qui nous propose sa cuvée Les Sorcières, en millésime 2021. Et Lafage suggère de goûter un amusant assemblage de chardonnay et de viognier.

En supplément au copieux programme gaulois, quelques cuvées allemandes: un excellent rouge de lemberger (ce cépage s’appelle blaufränkisch en Autriche) du Domaine Aldinger ainsi que plusieurs rieslings secs du célèbre domaine Schäfer-Frölich.

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Allemagne, Franconie, Escherndorf, jour 5

Aujourd’hui c’est Escherndorf, village situé entre le Main et le célèbre vignoble du Lump. Il y a la place pour une rue et une église. La rue, c’est la Bocksbeutelstrasse, laquelle peut concourir pour le titre de rue la plus vigneronne d’Allemagne: sur quelques dizaines de mètres se succèdent les Domaines Michaël Fröhlich, Egon Schäffer, Horst Sauer et Reiner Sauer (sans lien de parenté).

caveau chez Rainer Sauer

Après avoir beaucoup lu, je me décide à rendre visite au Domaine Rainer Sauer. Magnifique caveau moderne et accueil sympathique. 15 hectares dont 65% de silvaner. On commence avec la catégorie Gutswein qui correspond à peu près à la notion de vin de cépage: on recherche un fruit de qualité simple, sans l’intensité offerte par les meilleurs terroirs. Silvaner, riesling, müller-thurgau, tout cela est bien fait et tarifé agréablement: € 8.

Puis vient un Ortswein à savoir un vin de village: le silvaner Muschelkalk 2021 vaut très largement ses € 11, style parfaitement sec et 12% d’alcool, le saut qualitatif est évident, le fruit étant complété par une bonne dose de caillou.

On grimpe encore pour déguster un premier cru, à savoir le susmentionné Escherndorfer Lump dont la pente vertigineuse surplombe le caveau. Ce cru fait partie des meilleurs lieux-dits de Franconie, son histoire remonte au moins jusqu’au 17ème siècle. C’est un amphithéâtre, une pente convexe et brutale qui épouse un méandre du Main.

Ce cru de 37 hectares forme un demi-cercle orienté sud-est. L’altitude s’échelonne entre 190 et 270 mètres. Difficile de ne pas succomber au charme puissant d’un lieu aussi particulier. Tout en haut de la paroi, c’est le Vogelsburg. De là, on se rend bien compte de la majesté de ce vignoble.

Escherndorfer Lump, vu d’en haut

Et donc nous goûtons deux millésimes successifs, 2020 et 2021 du silvaner Escherndorfer Lump Erste Lage: deux très bons vins, marqués par une franche salinité et par une colonne vertébrale acide de toute beauté. Léger avantage au 2021, plus énergique que le 2020 (du moins aujourd’hui).

Également en premier cru, une spécialité: Altfränkischer Satz 2020. Il s’agit d’un vin de type complantation (les anglophones diront field blend): trois cépages plantés ensemble sur la même parcelle et vendangés ensemble. En l’occurrence, riesling, silvaner et traminer (chacun un tiers). En dégustation et à ma surprise le côté très aromatique du traminer est masqué par un riesling dominant.

On termine par le grand cru Am Lumpen 1655, en cépage silvaner et en millésime 2019. Très sec, fermé sur lui-même, ce vin implore la patience de l’amateur. C’est trop tôt. Cette fois, il faut accepter de réfléchir en termes de potentiel. Aujourd’hui, les premiers crus donnent plus de satisfaction; dans quelques années, j’accepte volontiers de parier sur le grand cru !

Am Lumpen 1655 est une parcelle située au centre du Lump.

le grand cru
le village d’Escherndorf

Promenade du jour au château de Hallburg: lieu idyllique voire paradisiaque. Vignes, prairies, châtaigniers en fleur, vaches brunes, silence à peine troublé par un merle et un coucou. Un lièvre sur un chemin. Par contre, balisage inexistant. Rien n’est décidément parfait…

Hallburg, Domaine Graf von Schönborn
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Allemagne, Franconie, Volkach, jour 4

Voici deux vins de la gamme du Domaine Juliusspital. Ce très grand domaine (182 hectares) possède des vignes un peu partout en Franconie: à Iphofen, à Bürgstadt et surtout à Würzbourg, capitale de la Franconie du vin. Ils sont spécialisés dans la production de vins blancs, silvaner et riesling.

Par goût inné pour la contradiction, j’ai donc goûté un pinot noir et un pinot gris. Ce dernier provient du village de Thüngersheim, au nord et en aval de Würzbourg. Je peux garantir que c’est la première fois que j’entends parler de ce village. Le vin m’apparaît conforme à ce à quoi on s’attend: un peu de sucre et pas trop de fraîcheur. Heureusement alcool modéré (12,5%), fruit franc et prix domaine très correct (€ 11). À consommer bien frais.

C’est typiquement un ortswein, c’est-à-dire un vin de village, troisième niveau dans la pyramide de la qualité, après les grosse Lage (grand cru) et les erste Lage (premier cru).

le pinot gris…

Revenons-en au pinot noir qui s’avère plus intéressant pour l’amateur (en sachant que c’est € 25 prix domaine). Pfaffenberg est une parcelle premier cru qui se situe au nord de la ville de Würzbourg, pas bien loin du célèbre Stein. Vin énergique et relativement tannique avec une expression un tantinet rustique du cépage. Il y a du fruit, du bois et de la matière. Légèrement démonstratif mais on a du plaisir à dialoguer avec le flacon !

…et le pinot noir.

La promenade du jour nous a emmené au nord de Volkach, en passant par une jolie église construite en plein cœur du vignoble (grand cru Ratsherr) et par un endroit aussi curieux que majestueux: Konstitutionsäule est une colonne en pierre d’une trentaine de mètres de haut, entourée par de beaux cerisiers, puis par un vignoble de 12 hectares (Gaibacher Schlosspark), puis par un gigantesque champ de …petits pois (je dirais approximativement 80 hectares). Le tout protégé par un bois. Pas un être humain dans les parages…

Maria im Weingarten
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Allemagne, Franconie, Iphofen, jour 3

Petite dégustation chez un grand spécialiste du silvaner, j’ai nommé le Domaine Hans Wirsching à Iphofen, en Franconie orientale (Steigerwald). Ici, le Main brille par son absence. Les vins rouges aussi. Silvaner, riesling, scheurebe en dégustation. Les Silvaner se goûtent très bien, avec du fruit mûr et une touche végétale très agréable, en forme de pomme verte.

chez Hans Wirsching

Rieslings irrésistibles et scheurebe étonnant: le nez sauvignonne franchement (fruits exotiques à la pelle), la bouche est construite sur la fraîcheur et une finale impeccable. Je n’ai pas le souvenir d’avoir jamais goûté un scheurebe de cette qualité ! Ce cépage « de laboratoire » est un croisement du riesling avec un cépage …indéterminé !

arrivée au Domaine

Nous avons enchaîné avec une promenade dans le vignoble, en croisant notamment le grand cru Julius-Echterberg, fleuron de la gamme de Wirsching. Temps orageux, nous avons dix fois cru nous faire arroser, mais la pluie a courtoisement attendu que nous soyons installés dans la voiture.

Juste sous la forêt, le Julius-Echterberg
fleurs de printemps et vignes: coexistence pacifique

Pentes vertigineuses, forêt protectrice en haut de colline, vues plongeantes sur Iphofen, balisage décent, mais la carte s’est avérée utile à l’une ou l’autre reprise…

PS: ce soir, dîner satisfaisant dans un restaurant à Volkach. Carte des vins limitée à la gamme d’un unique vigneron local. La dégustation permet de se rendre compte de l’écart de qualité avec la gamme de Wirsching. Inutile de recourir à la photo-finish pour départager les vignerons…

notre promenade s’appelle i2
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Italie et Espagne, c’est… maintenant !

les vins blancs qui participent…

Ce samedi 23 avril, dès 10 heures du matin, je vous attends pour partager une quinzaine d’aventures italo-espagnoles. Vous pouvez jeter un œil au programme, à présent définitif.

Lanzarote et la Vénétie, la Rioja et la Galice, le Piémont et la Catalogne, le Trentin et la Castille, …

Commandes à me transmettre au plus tard le mardi 26 avril, mise à disposition des vins pendant la première quinzaine du mois de mai.

…une première volée de rouges…

Quelques angles pour approcher cette dégustation

-découvrir un nouveau Domaine du Trentin-HautAdige: De Vigili, remarquable tant en blanc (chardonnay) qu’en rouge (teroldego).

-arbitrer le combat des volcans entre Monte Carbonare et Puro Rofe.

-faire son marché en Piémont en comparant nebbiolo et barbera, deux cépages passionnants mais radicalement différents

-faire connaissance avec Abel Mendoza, vigneron emblématique de la Rioja.

-fourrer son nez dans des cépages aussi rares qu’italiens: pecorino, gaglioppo, teroldego, garganega.

…et une deuxième volée de rouges.

Voici le duo des rosés 2021: Umathum Rosa (Autriche) et le classique Lafage Miraflors (Roussillon)

…et il y a encore des nouveautés à découvrir dans le magasin !

Lafage Cadireta 2021: vin particulièrement amusant et astucieux, c’est un chardonnay élevé sur des lies de viognier, ce qui lui confère fraîcheur et aromatique très fruitée. Chacun y retrouvera d’ailleurs son fruit préféré: qui la poire, qui la pêche/l’abricot, qui des fruits plus exotiques. C’est un très joli vin d’été, fait pour le jardin et pour l’apéritif. D’autant plus que le degré alcoolique est sous contrôle (13%).

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Vega Sicilia: le mythe dégusté

Voilà ce qui s’appelle une opportunité difficile à refuser: une dégustation des vins de Vega Sicilia, organisée par l’importateur. Nous sommes sept autour de la table et je suis le seul francophone. Un monsieur -bien plus corpulent que moi- adore s’entendre parler. Soit. Pour donner encore un peu plus de cachet à l’événement, cela se passe dans une église, certes désacralisée. Notre table est installée dans le chœur.

J’écris Vega Sicilia, mais à vrai dire il serait plus correct d’écrire Tempos Vega Sicilia, puisqu’il s’agit de la réunion de cinq domaines distincts: Bodegas Vega Sicilia, Bodegas y Viñedos Alión, Bodegas y Viñedos Pintia, Benjamin de Rothschild & Vega Sicilia et Tokaj-Oremus.

Sicilia est dérivé d’une Sainte-Cecilia castillane et non d’une île italo-méditerranéenne. Nous sommes bien dans le centre de l’Espagne, en appellations Ribera del Duero, Toro et Rioja, mais nous irons également déguster …en Hongrie.

Tempos Vega Sicilia pourrait appartenir à je ne sais quel fonds de pension américain ou, qui sait, à un oligarque sans scrupules. Mais non, pas du tout, Vega-Sicilia est entre les mains de la famille Álvarez-Mezquíriz depuis 1982. Progressivement, la famille a acquis de nouveaux vignobles, en Espagne et dans le nord-est de la Hongrie, dans une région à la fois proche de la Slovaquie, de la Roumanie et de …l’Ukraine. Слава Україні.

La volonté existe de s’étendre également en direction du Bordelais: Clos Fourtet, Montrose et Lascombes ont failli tomber dans l’escarcelle de la famille Álvarez-Mezquíriz, mais aucune transaction n’a réussi. Par contre, il y aura bientôt du nouveau en Espagne avec le rachat d’un grand nombre de parcelles d’albariño en Galice (appellation Rias Baixas): les premières bouteilles devraient être commercialisées en 2025.

Mandolas 2015

On commence avec un blanc sec hongrois élaboré avec le cépage furmint (appellation Tokaji). Je me souviens avoir goûté les millésimes 2017 et 2018 au moment de leur arrivée sur le marché: le vin m’avait semblé proche d’un Chablis plutôt austère, marqué par l’acidité et par le boisé. Certes du potentiel, mais pas évident à apprécier tel quel. Ceci est une première occasion de déguster Mandolas à meilleure maturité. Quelques infos techniques: 13% d’alcool, 3 grammes de sucre résiduel et 7 grammes d’acidité. Vendanges précoces (29 août). Âge moyen des vignes: 25 ans. Elevage en fûts typiques de 136 litres, appelés gönc. Mandolas est un vin-pionnier: le premier sec élaboré à Tokaj !

Nez d’une belle élégance, avec des notes d’amande et de boisé. Une certaine réserve. En bouche, fraîcheur marquée à l’attaque, boisé encore présent. Ensuite vient le gras, la richesse. J’ai l’impression d’évoluer dans le monde du chardonnay et plus particulièrement du Chablisien. De mon point de vue, une garde supplémentaire devrait harmoniser les différents éléments. Ce n’est pas un vin charmeur, il joue plutôt sur la cérébralité.

Le millésime 2018 est disponible chez l’importateur au prix de € 23. A déguster à partir de 2025 (pas plus tôt).

Petracs 2017

On enchaîne avec un deuxième blanc sec hongrois. Toujours 100% furmint. C’est une sélection parcellaire dans le village de Tolcsva. Vieilles vignes (60 ans) sur coteaux pentus. Ce 2017 est le premier millésime produit.

Robe de laiton pâle. Nez fermé. La bouche: choc ! Finesse soyeuse, texture douce, équilibre et longueur ! Ce vin me semble paradoxalement plus prêt à boire que le précédent, avec un boisé plus discret et beaucoup d’harmonie. On est encore dans un style qui ne surprendra pas les amateurs des blancs de Bourgogne. L’écart qualitatif avec Mandolas me semble important.

Ce millésime 2017 n’est pas disponible, sauf dans un colis (6 bouteilles de Mandolas + 1 bouteille de Petracs) à € 208. Il devrait y avoir un peu plus de volume disponible à partir du millésime 2018.

Macan Clasico 2009

Le projet Macan est une association entre Vega-Sicilia et Benjamin de Rothschild (propriétaire du Château Clarke à Bordeaux, décédé en 2021). Les deux protagonistes ont acquis entre 2001 et 2009, discrètement et patiemment, quelques 190 parcelles de vignes pour constituer un vignoble de +/- 100 hectares en Rioja. Ce 2009 est le premier millésime produit par le Domaine. Macan Clasico est le deuxième vin du Domaine (le grand vin s’appelle simplement Macan).

Couleur dense, jeune. Au nez, de la cerise, du menthol, du chocolat, un boisé un peu sucré. En bouche, c’est sudiste, boisé, savoureux. Je dirais plus merlot que cabernet (c’est une image: le vin est 100% tempranillo), St-Emilion n’est pas loin. Vin apaisé, chaleureux (mais l’alcool ne me semble pas excessif) avec des tannins fondus. C’est bien fait et je suis certain que cela plairait à un large public d’amateurs parkérisants. Le millésime solaire joue dans ce sens. Pour mon goût, cela manque d’énergie.

Macan Clasico 2018 est disponible chez l’importateur au prix de € 44.

Pintia 2008

Pintia, c’est le domaine en appellation Toro. Cette appellation a bâti sa réputation sur des vins hénaurmes. Méfiance donc. Premier millésime de ce vin en 2001 (j’en avais acheté 3 bouteilles en 2004 pour ma cave personnelle).

Couleur dense. Le nez est plus discret que celui du vin précédent, plus introverti. La bouche me fait voyager vers le Rhône, entre grenache et syrah. La texture, c’est le grenache; la couleur et les notes fumées, c’est la syrah. Ici aussi, ce n’est qu’une image, pour ce 100% tinta de Toro, le nom local porté par le tempranillo. Le boisé me semble assez peu appuyé (quel bonheur). De mon point de vue, supérieur au précédent: on gagne en précision, en définition et en complexité. 15% d’alcool néanmoins.

Pintia 2017 est disponible chez l’importateur au prix de € 56.

Alion 2011

On écrit parfois qu’Alion serait le deuxième vin de Vega-Sicilia. Non, vraiment pas. Le Domaine Alion se situe bien en appellation Ribera del Duero, mais à une quinzaine de kilomètres du Domaine Vega-Sicilia. C’est un vin indépendant, vinifié et élevé séparément. Premier millésime en 1994. L’idée de base était d’élaborer un vin moderne, comprenez, avec plus de couleur, plus de fruit, plus d’extraversion que les classiques Unico et Valbuena 5°. La famille n’a pas voulu modifier le style de ces derniers, mais a choisi d’ajouter un autre style à la gamme. A noter que 2011 est considéré comme un très grand millésime.

Le nez est épicé, avec de la cerise et du café. La bouche me semble de type « merlot », jusqu’à glisser vers une décadence sensuelle. C’est onctueux, chaleureux et se rapproche d’un vin du Nouveau Monde. C’est concentré, techniquement irréprochable et on en met plein la vue. Si j’oublie mon goût personnel, je ne peux être que fasciné. Si je respecte mon goût personnel, cela ne me touche pas.

Pour l’anecdote: si vous tombez sur une bouteille d’Alion 2010, vendue à un prix attractif …fuyez, c’est une imitation produite par un faussaire mal informé. Alion n’a pas été produit en millésime 2010 !

Alion 2011 est disponible chez l’importateur au prix de € 77.

Valbuena 5° 2016

Voici donc le véritable deuxième vin de Vega-Sicilia. Son nom (5°) lui vient d’un élevage de 5 ans (barrique et bouteille) avant commercialisation. Ce millésime 2016 est donc le plus récent. 95% tempranillo et 5% merlot. Alcool: 14,5%. Âge moyen des vignes: 35 ans.

Plus de couleur que ce à quoi je m’attendais. Au nez, quelques notes d’évolution et un boisé discret. En bouche, nous changeons de planète. Finesse, qualité des tannins, finale salivante et précise. Rien pour évoquer la décadence, beaucoup de fraîcheur, c’est un vin serré et long. L’alcool joue un rôle plutôt modeste. Grand vin, plein de vie et d’énergie.

Valbuena 5° 2016 est disponible chez l’importateur au prix de € 143.

Unico 2011

Et donc, nous y voici. Le mythe. Le plus grand vin rouge espagnol ?

95% tempranillo, 5% cabernet sauvignon. 10 ans d’élevage (barrique, foudre et bouteille) avant commercialisation Mise en bouteilles en juin 2017. Âge moyen des vignes: 35 ans. Alcool: 14%. Production: 88.000 bouteilles et 3.500 magnums.

Déguster un mythe est plus difficile que déguster un vin. Il faut gérer ses attentes et ses émotions. Il faut trouver l’équilibre entre jouir du moment et évaluer sereinement le contenu du verre. Il faut oublier un instant la notion de rapport qualité/prix. Il faut assumer ses papilles déjà mises à rude épreuve par les vins précédents (dont j’avais conservé de petites quantités aux fins de comparaison).

Beaucoup de couleur et de jeunesse, équilibre construit sur la paire fraîcheur/tannins, l’alcool bien maîtrisé et certainement pas dominant, beaucoup d’énergie, presque tranchante. On bénéficie à la fois d’une texture soyeuse et d’un punch redoutable. Vin qui évoque mes meilleurs souvenirs bordelais, c’est-à-dire Rive gauche/Médoc, avant le millésime 2000. Furtivement, j’ai aussi pensé à Barolo.

En relisant mes notes pour écrire cet article, je découvre avec intérêt ma conclusion: finalement, tous les grands vins se ressemblent. Voilà une phrase qui mériterait un long développement sur le mode contradictoire: est-ce vrai ou est-ce faux ? Et si c’est vrai, que fait-on avec cette affirmation ?

Coïncidence: la Revue du Vin de France consacre un article à Vega-Sicilia dans son numéro d’avril 2022. J’y ai pêché quelques informations pour cet article. La dégustation de la RVF est remontée jusqu’à Unico …1953. Bon p’tit millésime, noté 99/100.

Unico 2011 est disponible chez l’importateur au prix de € 348.

Oremus Tokaji 3 Puttonyos 2015

raisins de plus en plus touchés par le botrytis

On termine par le dessert, une sucrerie hongroise, un Tokaji de type « 3 puttonyos ». Voici le CV de la bête: 11,5% d’alcool – 7,9 grammes d’acidité – 138 grammes de sucre résiduel. Cépages (accrochez-vous): furmint, hárslevelü, zéta et sárgamuskotály.

« 3 puttonyos », cela correspond à l’ajout de 3 paniers de 23 kg de raisins botrytisés au moût en fermentation dans des tonneaux de 136 litres. Les raisins botrytisés macèrent pendant 48 heures, ce qui fait du Tokaji une sorte de vin …orange !

Quel nez ! Ananas, fruits de la passion, puis pêche/abricot et un floral miellé. La bouche est huileuse, avec une finale très fraîche sur l’ananas. Rien de sirupeux, ce qui s’explique par son acidité très élevée. A déguster dès maintenant. Il est recommandé de le boire vraiment frais (8°). Garde prévisible: 30 ans et plus.

Oremus 3 puttonyos 2015 est disponible chez l’importateur au prix de € 44 (bouteille de 50cl). Oremus 5 puttonyos 2014 au prix de € 74 (bouteille de 50cl).

Conclusion

Excellente organisation et commentaires avisés/pertinents pour encadrer la dégustation. J’ai été positivement surpris par Petracs et par Pintia. Valbuena et Unico sont exceptionnels, mais ce n’est pas une surprise.

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dégustation promotion

Autour du bar, comme avant…

Donc voilà, c’est pour ce samedi 12 mars, entre 10 et 18 heures: quinze vins autour du bar. Pas de masque, pas de CST, pas de petits flacons, etc…

Juste une opportunité de goûter, de partager, de raconter, de rire aussi, bref de passer un bon moment. Le programme est quasi définitif: on le consulte ici. On voyage entre Loire, Bourgogne et Rhône, avec l’une ou l’autre escapade hors hexagone. Je me tâte encore: rajouterais-je le Pétillant Originel du Rocher des Violettes au programme de la dégustation ?

Le Rocher des Violettes, Montlouis-sur-Loire, Pétillant Originel 2019

Une bulle certes, mais certainement pas champenoise. C’est une méthode ancestrale: la vinification est bloquée lorsqu’il reste +/ 14 grammes de sucre par litre de moût. Et hop …on met en bouteilles avec les levures. Ces petites bestioles continuent alors à fermenter le sucre en alcool et à produire du gaz carbonique: c’est ce gaz qui fait la bulle. La pression dans la bouteille est plus basse que dans un Crémant ou un Champagne … et c’est parfaitement volontaire !

Les raisins proviennent du Grand Poirier, au sud-est, en couleur orange.

Tant qu’à comparer avec le Champagne, allons-y gaiement. Ce Pétillant Originel est un triple zéro: zéro sucre lors de la fermentation initiale (autrement dit, pas de chaptalisation), zéro sucre pour lancer la deuxième fermentation (puisqu’il n’y a pas de deuxième fermentation) et zéro sucre en fin de processus puisque c’est un brut zéro (autrement, pas de liqueur de dosage). Ce que vous goûtez, c’est le raisin, rien que le raisin !

Quelques mots au sujet des vins qui participent ?

Volontiers. Merci de m’avoir posé la question. Ce sera presque une horizontale du millésime 2020, sauf pour La Madone qui vient d’embouteiller ses 2021 et de les expédier dans la foulée. On goûte le Gamay sur Volcan et Mémoire de Madone, les classiques.

Il y aura de quoi comparer entre les vertus respectives de Pouilly-Fuissé et de Viré-Classé (le match du Mâconnais), de St-Joseph et de Crozes-Hermitage (le match du Rhône nord), de Savennières et du Muscadet Sèvre-et-Maine (le match de La Loire, côté atlantique).

Il fallait pimenter et je le fais via Le Petit Vin des Bosquets (je pense que je vais lancer une pétition pour que le vigneron change le nom de la cuvée…), une perle juste sous la barre des € 10. Détour toscan avec le Chianti Classico de Riecine, au mieux de sa forme avec ce millésime 2020, construit sur un équilibre frais, à 13%.

Commandes jusqu’au mardi 15 mars inclus: tous les vins participants sont rassemblés ici.

D’autres histoires à raconter ?

Oui, oui et oui. D’abord une proposition 100% Pouilly-Fuissé, sous forme d’un colis promotionnel. 3 bouteilles de l’excellent Deux Versants et 1 bouteille de chaque premier cru du Domaine Guerrin: Les Maréchaudes 2020, Sur la Roche 2020, Les Crays 2020. Ouvrez les bouteilles de Deux Versants en 2022 et attendez le bon moment en 2023 -ou plus tard- pour vérifier à quel point les trois terroirs -pourtant très proches les uns des autres- confèrent des expressions différentes au chardonnay.

colis promotionnel 6 bouteilles: 100% Pouilly-Fuissé

Un autre colis promotionnel est disponible: 6 bouteilles et 6 pays différents, avec une attention particulière pour le rapport qualité/prix des cuvées sélectionnées. Il s’agit du nouveau millésime de vins dont vous avez apprécié les millésimes précédents: mauvaise surprise exclue ! Ces bouteilles sont idéales pour tire-bouchonnage en 2022.

colis promo 6 bouteilles: France, Portugal, Italie, Grèce, Autriche, Allemagne

En conclusion: plein de nouveautés talentueuses, d’un peu partout en Europe, avec une attention particulière pour l’Allemagne. Ce pays grouille de talents encore trop peu connus en Grande Francophonie. Oui, des rieslings et des pinots noirs. Oui aussi, des cépages plus inattendus comme le sauvignon et le silvaner (avec « i » en Allemagne) qui se débrouille très bien en Franconie, loin d’une certaine banalité alsacienne.

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dégustation offre

A table !

Vendredi 25 février. Le soir tombe. Il fait calme dans les rues de Berchem-Ste-Agathe. Une maison résiste malgré tout à l’assoupissement: quelques vaillants dégustateurs, verres à la main et papilles en éveil, arrivent et s’apprêtent à participer à une première.

Une dégustation différente: les huit participants s’installent à table, au premier étage. Ils ne savent pas grand-chose, sauf que nous goûtons 12 vins allemands, nouveaux, jamais présents au tarif d’Anthocyane. Ils sont conscients que leur avis va compter.

Le maître des cérémonies (pour faire simple, moi) présente, explique et paraphrase. J’ai tenté de maîtriser ma potentielle logorrhée en diffusant quelques jours auparavant un document résumant ce que je sais du vin allemand, millésime 2022. Cela évoque les régions, les cépages, les mentions sur l’étiquette, l’association VDP. Des clés pour comprendre Ortswein, trocken, Grosse Lage, Pfalz, spätburgunder, Alte Reben et autres subtilités germaniques.

Ambiance légèrement mystérieuse lorsque le maître des cérémonies annonce que les vins seront présentés étiquette visible, par paires et dans un ordre aléatoire, sans crescendo volontaire. On cherche à classer les 12 vins, du meilleur au moins bon, en ignorant leur prix. Mon âme étant pure et bienveillante, j’ai malgré tout consenti à révéler que les bouteilles sont commercialisées en Belgique dans une fourchette comprise entre € 10 et € 29.

Les blancs

Il est temps que j’aille chercher les deux premiers flacons: un sauvignon du Palatinat et un chardonnay du Rheinhessen font leur entrée en scène. Tambours et trompettes, concentration studieuse, crayons fraîchement taillés, le liquide brillant s’écoule dans les verres cristallins. Go !

Autrement dit, je présélectionne 12 vins et me fais ensuite aider par une belle brochette d’amateurs éclairés pour mettre au tarif d’Anthocyane les flacons les plus intéressants. C’est en quelque sorte le triple tri: par l’importateur, par moi et par les dégustateurs présents ce vendredi soir. Tout cela avec l’ambition assumée de vous proposer la crème de la crème.

Cette nouvelle formule a fort bien fonctionné et sera sans doute proposée à nouveau, au printemps, moyennant quelques menus aménagements pratiques. Il est d’ailleurs autorisé de me faire connaître dès à présent un éventuel intérêt à participer à la deuxième session. Je souligne qu’il ne s’agit en aucun cas de remplacer les dégustations du samedi autour du bar, mais de compléter mon offre.

Les rouges, précédés par une bulle 100% pinot noir

Voici le classement des 9 vins sélectionnés. Tous sont disponibles dans le magasin. Pour votre facilité ils ont été regroupés dans un rayon du magasin.

  • 1 Aldinger (rouge) Württemberg  Fellbacher Reserve (pinot noir) 2019: € 28,50
  • 2 Georg Gustav Huff (blanc sec) Rheinhessen  Niersteiner Pettenthal (riesling) 2020: € 16,50
  • 3 Knab (rouge) Baden  Alte Reben (pinot noir) 2019: € 18,50
  • 4 Aldinger (blanc sec) Württemberg  Rebhuhn (riesling) 2020: € 10,50
  • 5 Shelter Winery (bulle) Baden  Sparkling Brut (pinot noir) 2014: € 25,50
  • 6 Aldinger (rouge) Württemberg  Lemberger (lemberger) 2019: € 12,50
  • 7 Am Stein (blanc sec) Franken  Würzburger Innere Leiste (silvaner) 2019: € 19,50
  • 8 von Winning (blanc sec) Pfalz  Sauvignon II (sauvignon) 2020: € 14,00
  • 9 J. Neus (blanc sec) Rheinhessen  Muschelkalk (chardonnay) 2020: € 12,50

Lorsque le douzième vin fût tiré et qu’il fût dûment goûté, Catherine se chargea, avec talent, de nourrir les convives légèrement affamés. Choucroute et pavlova-citron. Malgré la présence ostensible de trois grands crachoirs sur la table, l’ambiance était alors beaucoup moins studieuse qu’en début de dégustation: décibels, rires et retrouvailles en mode post-COVID.

Et, à la grande joie du maître des cérémonies, une impression générale que le vin allemand a décidément beaucoup de choses à raconter ! Bien sûr, la victoire est revenue au duo attendu: riesling et pinot noir. Mais silvaner, sauvignon et lemberger n’ont certainement pas démérité !

Ah oui, avant que je n’oublie: un classement des vins, c’est utile, mais on peut aussi classer par la quantité commandée. Médaille d’or: Knab Alte Reben. Complètent le podium: Aldinger Rebhuhn et Huff Pettenthal. Ont raté de très peu une médaille de bronze: Am Stein Innere Leiste et von Winning Sauvignon II.

Commandes jusqu’au mardi 08 mars inclus.

Mon ambition (légèrement audacieuse) est de mettre les commandes à disposition à partir du samedi 12 mars. Tous les vins sont disponibles dans le magasin. Pour votre facilité ils ont été regroupés dans un rayon du magasin.

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dégustation domaine rouge

Cairanne, Domaine Roche, cuvée Marcel Roche

Je m’étonne moi-même. Serais-je en train de retourner ma veste ? Moi, le chantre reconnu des vins préservant notre foie grâce à un taux d’alcool mesuré. Moi, le guerrier déterminé à vaincre le syndrome du sud: 100% soleil et 100% (trop) chaleureux. Moi, l’oracle de Berchem-Ste-Agathe qui voue un culte aux soi-disant petits millésimes où tout se joue sur le fil de la juste maturité. Que se passe-t-il ?

Je vous présente donc un Cairanne, bien sud-sudiste, 100% grenache et 15% alcool. Voilà. C’est un vin chaleureux. On ne pourra pas dire que je cache quoi que ce soit.

MAIS…

Cette cuvée Marcel Roche 2020 du Domaine Roche, en appellation Cairanne mérite le détour et propose surtout à l’amateur de ne pas s’arrêter après une première gorgée qui ne peut nier son poids alcooleux.

Ceci est un Châteauneuf-du-Pape camouflé en Cairanne. La bouche est autant velours que soie. Le fruit est intense, avec une complexité entre chocolat, cendres, tomate et fruits compotés. Vin sec, mais d’une grande douceur, laquelle est équilibrée par de la fraîcheur et par une noble amertume (j’écris noble amertume pour rappeler que, oui, l’amertume fait décidément partie de l’équilibre du vin et que ce n’est en aucun cas une façon de dénigrer ce breuvage). Peu de tannins, c’est un grenache 100%, issu de très vieilles vignes (majoritairement plus de 70 ans), plantées dans les galets roulés (tiens, Châteauneuf-du-Pape). Matière dense, concentrée: il y a de l’extrait en quantité dans cet animal sud-rhodanien !

Cairanne, au centre de la carte, en couleur turquoise

Pendant la dégustation, j’ai qualifié ce vin de joyeux, puis d’austère. A la réflexion, je pense qu’il est autant l’un que l’autre. Mon imagination m’a emmené du côté d’une belle flambée dans l’âtre de la maison de campagne, du côté de Porto (mais sans le sucre) et je me suis même demandé si un volcan se terrait sous certains secteurs de Cairanne (la réponse est non).

Après ces égarements para-poétiques, voici deux choses qui me paraissent essentielles: primo, servir frais pour dompter l’alcool; secundo, c’est fait pour accompagner une cuisine généreuse, moins pour glaner des notes pharamineuses pendant une dégustation à l’aveugle. Autant savoir.

Enfin, le rapport qualité-prix est convainquant.

Je vous invite à faire preuve de curiosité et à vous faire votre propre idée quant aux qualités de ce Cairanne 2020, Domaine Roche, cuvée Marcel Roche.

Digression: jusqu’en 2014, c’était Côtes-du-Rhône-Villages Cairanne. Depuis, comme Vinsobres, Rasteau, Châteauneuf-du-Pape, Vacqueyras, Gigondas, Beaumes de Venise, Tavel et Lirac, Cairanne est devenu un cru, ce qui lui donne l’immense privilège de ne plus accoler Côtes-du-Rhône à Cairanne. C’est une façon d’affirmer une différence et une hiérarchie.