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Allemagne, Franconie, Escherndorf, jour 5

Aujourd’hui c’est Escherndorf, village situé entre le Main et le célèbre vignoble du Lump. Il y a la place pour une rue et une église. La rue, c’est la Bocksbeutelstrasse, laquelle peut concourir pour le titre de rue la plus vigneronne d’Allemagne: sur quelques dizaines de mètres se succèdent les Domaines Michaël Fröhlich, Egon Schäffer, Horst Sauer et Reiner Sauer (sans lien de parenté).

caveau chez Rainer Sauer

Après avoir beaucoup lu, je me décide à rendre visite au Domaine Rainer Sauer. Magnifique caveau moderne et accueil sympathique. 15 hectares dont 65% de silvaner. On commence avec la catégorie Gutswein qui correspond à peu près à la notion de vin de cépage: on recherche un fruit de qualité simple, sans l’intensité offerte par les meilleurs terroirs. Silvaner, riesling, müller-thurgau, tout cela est bien fait et tarifé agréablement: € 8.

Puis vient un Ortswein à savoir un vin de village: le silvaner Muschelkalk 2021 vaut très largement ses € 11, style parfaitement sec et 12% d’alcool, le saut qualitatif est évident, le fruit étant complété par une bonne dose de caillou.

On grimpe encore pour déguster un premier cru, à savoir le susmentionné Escherndorfer Lump dont la pente vertigineuse surplombe le caveau. Ce cru fait partie des meilleurs lieux-dits de Franconie, son histoire remonte au moins jusqu’au 17ème siècle. C’est un amphithéâtre, une pente convexe et brutale qui épouse un méandre du Main.

Ce cru de 37 hectares forme un demi-cercle orienté sud-est. L’altitude s’échelonne entre 190 et 270 mètres. Difficile de ne pas succomber au charme puissant d’un lieu aussi particulier. Tout en haut de la paroi, c’est le Vogelsburg. De là, on se rend bien compte de la majesté de ce vignoble.

Escherndorfer Lump, vu d’en haut

Et donc nous goûtons deux millésimes successifs, 2020 et 2021 du silvaner Escherndorfer Lump Erste Lage: deux très bons vins, marqués par une franche salinité et par une colonne vertébrale acide de toute beauté. Léger avantage au 2021, plus énergique que le 2020 (du moins aujourd’hui).

Également en premier cru, une spécialité: Altfränkischer Satz 2020. Il s’agit d’un vin de type complantation (les anglophones diront field blend): trois cépages plantés ensemble sur la même parcelle et vendangés ensemble. En l’occurrence, riesling, silvaner et traminer (chacun un tiers). En dégustation et à ma surprise le côté très aromatique du traminer est masqué par un riesling dominant.

On termine par le grand cru Am Lumpen 1655, en cépage silvaner et en millésime 2019. Très sec, fermé sur lui-même, ce vin implore la patience de l’amateur. C’est trop tôt. Cette fois, il faut accepter de réfléchir en termes de potentiel. Aujourd’hui, les premiers crus donnent plus de satisfaction; dans quelques années, j’accepte volontiers de parier sur le grand cru !

Am Lumpen 1655 est une parcelle située au centre du Lump.

le grand cru
le village d’Escherndorf

Promenade du jour au château de Hallburg: lieu idyllique voire paradisiaque. Vignes, prairies, châtaigniers en fleur, vaches brunes, silence à peine troublé par un merle et un coucou. Un lièvre sur un chemin. Par contre, balisage inexistant. Rien n’est décidément parfait…

Hallburg, Domaine Graf von Schönborn
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Allemagne, Franconie, Volkach, jour 4

Voici deux vins de la gamme du Domaine Juliusspital. Ce très grand domaine (182 hectares) possède des vignes un peu partout en Franconie: à Iphofen, à Bürgstadt et surtout à Würzbourg, capitale de la Franconie du vin. Ils sont spécialisés dans la production de vins blancs, silvaner et riesling.

Par goût inné pour la contradiction, j’ai donc goûté un pinot noir et un pinot gris. Ce dernier provient du village de Thüngersheim, au nord et en aval de Würzbourg. Je peux garantir que c’est la première fois que j’entends parler de ce village. Le vin m’apparaît conforme à ce à quoi on s’attend: un peu de sucre et pas trop de fraîcheur. Heureusement alcool modéré (12,5%), fruit franc et prix domaine très correct (€ 11). À consommer bien frais.

C’est typiquement un ortswein, c’est-à-dire un vin de village, troisième niveau dans la pyramide de la qualité, après les grosse Lage (grand cru) et les erste Lage (premier cru).

le pinot gris…

Revenons-en au pinot noir qui s’avère plus intéressant pour l’amateur (en sachant que c’est € 25 prix domaine). Pfaffenberg est une parcelle premier cru qui se situe au nord de la ville de Würzbourg, pas bien loin du célèbre Stein. Vin énergique et relativement tannique avec une expression un tantinet rustique du cépage. Il y a du fruit, du bois et de la matière. Légèrement démonstratif mais on a du plaisir à dialoguer avec le flacon !

…et le pinot noir.

La promenade du jour nous a emmené au nord de Volkach, en passant par une jolie église construite en plein cœur du vignoble (grand cru Ratsherr) et par un endroit aussi curieux que majestueux: Konstitutionsäule est une colonne en pierre d’une trentaine de mètres de haut, entourée par de beaux cerisiers, puis par un vignoble de 12 hectares (Gaibacher Schlosspark), puis par un gigantesque champ de …petits pois (je dirais approximativement 80 hectares). Le tout protégé par un bois. Pas un être humain dans les parages…

Maria im Weingarten
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Allemagne, Franconie, Iphofen, jour 3

Petite dégustation chez un grand spécialiste du silvaner, j’ai nommé le Domaine Hans Wirsching à Iphofen, en Franconie orientale (Steigerwald). Ici, le Main brille par son absence. Les vins rouges aussi. Silvaner, riesling, scheurebe en dégustation. Les Silvaner se goûtent très bien, avec du fruit mûr et une touche végétale très agréable, en forme de pomme verte.

chez Hans Wirsching

Rieslings irrésistibles et scheurebe étonnant: le nez sauvignonne franchement (fruits exotiques à la pelle), la bouche est construite sur la fraîcheur et une finale impeccable. Je n’ai pas le souvenir d’avoir jamais goûté un scheurebe de cette qualité ! Ce cépage « de laboratoire » est un croisement du riesling avec un cépage …indéterminé !

arrivée au Domaine

Nous avons enchaîné avec une promenade dans le vignoble, en croisant notamment le grand cru Julius-Echterberg, fleuron de la gamme de Wirsching. Temps orageux, nous avons dix fois cru nous faire arroser, mais la pluie a courtoisement attendu que nous soyons installés dans la voiture.

Juste sous la forêt, le Julius-Echterberg
fleurs de printemps et vignes: coexistence pacifique

Pentes vertigineuses, forêt protectrice en haut de colline, vues plongeantes sur Iphofen, balisage décent, mais la carte s’est avérée utile à l’une ou l’autre reprise…

PS: ce soir, dîner satisfaisant dans un restaurant à Volkach. Carte des vins limitée à la gamme d’un unique vigneron local. La dégustation permet de se rendre compte de l’écart de qualité avec la gamme de Wirsching. Inutile de recourir à la photo-finish pour départager les vignerons…

notre promenade s’appelle i2
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Italie et Espagne, c’est… maintenant !

les vins blancs qui participent…

Ce samedi 23 avril, dès 10 heures du matin, je vous attends pour partager une quinzaine d’aventures italo-espagnoles. Vous pouvez jeter un œil au programme, à présent définitif.

Lanzarote et la Vénétie, la Rioja et la Galice, le Piémont et la Catalogne, le Trentin et la Castille, …

Commandes à me transmettre au plus tard le mardi 26 avril, mise à disposition des vins pendant la première quinzaine du mois de mai.

…une première volée de rouges…

Quelques angles pour approcher cette dégustation

-découvrir un nouveau Domaine du Trentin-HautAdige: De Vigili, remarquable tant en blanc (chardonnay) qu’en rouge (teroldego).

-arbitrer le combat des volcans entre Monte Carbonare et Puro Rofe.

-faire son marché en Piémont en comparant nebbiolo et barbera, deux cépages passionnants mais radicalement différents

-faire connaissance avec Abel Mendoza, vigneron emblématique de la Rioja.

-fourrer son nez dans des cépages aussi rares qu’italiens: pecorino, gaglioppo, teroldego, garganega.

…et une deuxième volée de rouges.

Voici le duo des rosés 2021: Umathum Rosa (Autriche) et le classique Lafage Miraflors (Roussillon)

…et il y a encore des nouveautés à découvrir dans le magasin !

Lafage Cadireta 2021: vin particulièrement amusant et astucieux, c’est un chardonnay élevé sur des lies de viognier, ce qui lui confère fraîcheur et aromatique très fruitée. Chacun y retrouvera d’ailleurs son fruit préféré: qui la poire, qui la pêche/l’abricot, qui des fruits plus exotiques. C’est un très joli vin d’été, fait pour le jardin et pour l’apéritif. D’autant plus que le degré alcoolique est sous contrôle (13%).

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Vega Sicilia: le mythe dégusté

Voilà ce qui s’appelle une opportunité difficile à refuser: une dégustation des vins de Vega Sicilia, organisée par l’importateur. Nous sommes sept autour de la table et je suis le seul francophone. Un monsieur -bien plus corpulent que moi- adore s’entendre parler. Soit. Pour donner encore un peu plus de cachet à l’événement, cela se passe dans une église, certes désacralisée. Notre table est installée dans le chœur.

J’écris Vega Sicilia, mais à vrai dire il serait plus correct d’écrire Tempos Vega Sicilia, puisqu’il s’agit de la réunion de cinq domaines distincts: Bodegas Vega Sicilia, Bodegas y Viñedos Alión, Bodegas y Viñedos Pintia, Benjamin de Rothschild & Vega Sicilia et Tokaj-Oremus.

Sicilia est dérivé d’une Sainte-Cecilia castillane et non d’une île italo-méditerranéenne. Nous sommes bien dans le centre de l’Espagne, en appellations Ribera del Duero, Toro et Rioja, mais nous irons également déguster …en Hongrie.

Tempos Vega Sicilia pourrait appartenir à je ne sais quel fonds de pension américain ou, qui sait, à un oligarque sans scrupules. Mais non, pas du tout, Vega-Sicilia est entre les mains de la famille Álvarez-Mezquíriz depuis 1982. Progressivement, la famille a acquis de nouveaux vignobles, en Espagne et dans le nord-est de la Hongrie, dans une région à la fois proche de la Slovaquie, de la Roumanie et de …l’Ukraine. Слава Україні.

La volonté existe de s’étendre également en direction du Bordelais: Clos Fourtet, Montrose et Lascombes ont failli tomber dans l’escarcelle de la famille Álvarez-Mezquíriz, mais aucune transaction n’a réussi. Par contre, il y aura bientôt du nouveau en Espagne avec le rachat d’un grand nombre de parcelles d’albariño en Galice (appellation Rias Baixas): les premières bouteilles devraient être commercialisées en 2025.

Mandolas 2015

On commence avec un blanc sec hongrois élaboré avec le cépage furmint (appellation Tokaji). Je me souviens avoir goûté les millésimes 2017 et 2018 au moment de leur arrivée sur le marché: le vin m’avait semblé proche d’un Chablis plutôt austère, marqué par l’acidité et par le boisé. Certes du potentiel, mais pas évident à apprécier tel quel. Ceci est une première occasion de déguster Mandolas à meilleure maturité. Quelques infos techniques: 13% d’alcool, 3 grammes de sucre résiduel et 7 grammes d’acidité. Vendanges précoces (29 août). Âge moyen des vignes: 25 ans. Elevage en fûts typiques de 136 litres, appelés gönc. Mandolas est un vin-pionnier: le premier sec élaboré à Tokaj !

Nez d’une belle élégance, avec des notes d’amande et de boisé. Une certaine réserve. En bouche, fraîcheur marquée à l’attaque, boisé encore présent. Ensuite vient le gras, la richesse. J’ai l’impression d’évoluer dans le monde du chardonnay et plus particulièrement du Chablisien. De mon point de vue, une garde supplémentaire devrait harmoniser les différents éléments. Ce n’est pas un vin charmeur, il joue plutôt sur la cérébralité.

Le millésime 2018 est disponible chez l’importateur au prix de € 23. A déguster à partir de 2025 (pas plus tôt).

Petracs 2017

On enchaîne avec un deuxième blanc sec hongrois. Toujours 100% furmint. C’est une sélection parcellaire dans le village de Tolcsva. Vieilles vignes (60 ans) sur coteaux pentus. Ce 2017 est le premier millésime produit.

Robe de laiton pâle. Nez fermé. La bouche: choc ! Finesse soyeuse, texture douce, équilibre et longueur ! Ce vin me semble paradoxalement plus prêt à boire que le précédent, avec un boisé plus discret et beaucoup d’harmonie. On est encore dans un style qui ne surprendra pas les amateurs des blancs de Bourgogne. L’écart qualitatif avec Mandolas me semble important.

Ce millésime 2017 n’est pas disponible, sauf dans un colis (6 bouteilles de Mandolas + 1 bouteille de Petracs) à € 208. Il devrait y avoir un peu plus de volume disponible à partir du millésime 2018.

Macan Clasico 2009

Le projet Macan est une association entre Vega-Sicilia et Benjamin de Rothschild (propriétaire du Château Clarke à Bordeaux, décédé en 2021). Les deux protagonistes ont acquis entre 2001 et 2009, discrètement et patiemment, quelques 190 parcelles de vignes pour constituer un vignoble de +/- 100 hectares en Rioja. Ce 2009 est le premier millésime produit par le Domaine. Macan Clasico est le deuxième vin du Domaine (le grand vin s’appelle simplement Macan).

Couleur dense, jeune. Au nez, de la cerise, du menthol, du chocolat, un boisé un peu sucré. En bouche, c’est sudiste, boisé, savoureux. Je dirais plus merlot que cabernet (c’est une image: le vin est 100% tempranillo), St-Emilion n’est pas loin. Vin apaisé, chaleureux (mais l’alcool ne me semble pas excessif) avec des tannins fondus. C’est bien fait et je suis certain que cela plairait à un large public d’amateurs parkérisants. Le millésime solaire joue dans ce sens. Pour mon goût, cela manque d’énergie.

Macan Clasico 2018 est disponible chez l’importateur au prix de € 44.

Pintia 2008

Pintia, c’est le domaine en appellation Toro. Cette appellation a bâti sa réputation sur des vins hénaurmes. Méfiance donc. Premier millésime de ce vin en 2001 (j’en avais acheté 3 bouteilles en 2004 pour ma cave personnelle).

Couleur dense. Le nez est plus discret que celui du vin précédent, plus introverti. La bouche me fait voyager vers le Rhône, entre grenache et syrah. La texture, c’est le grenache; la couleur et les notes fumées, c’est la syrah. Ici aussi, ce n’est qu’une image, pour ce 100% tinta de Toro, le nom local porté par le tempranillo. Le boisé me semble assez peu appuyé (quel bonheur). De mon point de vue, supérieur au précédent: on gagne en précision, en définition et en complexité. 15% d’alcool néanmoins.

Pintia 2017 est disponible chez l’importateur au prix de € 56.

Alion 2011

On écrit parfois qu’Alion serait le deuxième vin de Vega-Sicilia. Non, vraiment pas. Le Domaine Alion se situe bien en appellation Ribera del Duero, mais à une quinzaine de kilomètres du Domaine Vega-Sicilia. C’est un vin indépendant, vinifié et élevé séparément. Premier millésime en 1994. L’idée de base était d’élaborer un vin moderne, comprenez, avec plus de couleur, plus de fruit, plus d’extraversion que les classiques Unico et Valbuena 5°. La famille n’a pas voulu modifier le style de ces derniers, mais a choisi d’ajouter un autre style à la gamme. A noter que 2011 est considéré comme un très grand millésime.

Le nez est épicé, avec de la cerise et du café. La bouche me semble de type « merlot », jusqu’à glisser vers une décadence sensuelle. C’est onctueux, chaleureux et se rapproche d’un vin du Nouveau Monde. C’est concentré, techniquement irréprochable et on en met plein la vue. Si j’oublie mon goût personnel, je ne peux être que fasciné. Si je respecte mon goût personnel, cela ne me touche pas.

Pour l’anecdote: si vous tombez sur une bouteille d’Alion 2010, vendue à un prix attractif …fuyez, c’est une imitation produite par un faussaire mal informé. Alion n’a pas été produit en millésime 2010 !

Alion 2011 est disponible chez l’importateur au prix de € 77.

Valbuena 5° 2016

Voici donc le véritable deuxième vin de Vega-Sicilia. Son nom (5°) lui vient d’un élevage de 5 ans (barrique et bouteille) avant commercialisation. Ce millésime 2016 est donc le plus récent. 95% tempranillo et 5% merlot. Alcool: 14,5%. Âge moyen des vignes: 35 ans.

Plus de couleur que ce à quoi je m’attendais. Au nez, quelques notes d’évolution et un boisé discret. En bouche, nous changeons de planète. Finesse, qualité des tannins, finale salivante et précise. Rien pour évoquer la décadence, beaucoup de fraîcheur, c’est un vin serré et long. L’alcool joue un rôle plutôt modeste. Grand vin, plein de vie et d’énergie.

Valbuena 5° 2016 est disponible chez l’importateur au prix de € 143.

Unico 2011

Et donc, nous y voici. Le mythe. Le plus grand vin rouge espagnol ?

95% tempranillo, 5% cabernet sauvignon. 10 ans d’élevage (barrique, foudre et bouteille) avant commercialisation Mise en bouteilles en juin 2017. Âge moyen des vignes: 35 ans. Alcool: 14%. Production: 88.000 bouteilles et 3.500 magnums.

Déguster un mythe est plus difficile que déguster un vin. Il faut gérer ses attentes et ses émotions. Il faut trouver l’équilibre entre jouir du moment et évaluer sereinement le contenu du verre. Il faut oublier un instant la notion de rapport qualité/prix. Il faut assumer ses papilles déjà mises à rude épreuve par les vins précédents (dont j’avais conservé de petites quantités aux fins de comparaison).

Beaucoup de couleur et de jeunesse, équilibre construit sur la paire fraîcheur/tannins, l’alcool bien maîtrisé et certainement pas dominant, beaucoup d’énergie, presque tranchante. On bénéficie à la fois d’une texture soyeuse et d’un punch redoutable. Vin qui évoque mes meilleurs souvenirs bordelais, c’est-à-dire Rive gauche/Médoc, avant le millésime 2000. Furtivement, j’ai aussi pensé à Barolo.

En relisant mes notes pour écrire cet article, je découvre avec intérêt ma conclusion: finalement, tous les grands vins se ressemblent. Voilà une phrase qui mériterait un long développement sur le mode contradictoire: est-ce vrai ou est-ce faux ? Et si c’est vrai, que fait-on avec cette affirmation ?

Coïncidence: la Revue du Vin de France consacre un article à Vega-Sicilia dans son numéro d’avril 2022. J’y ai pêché quelques informations pour cet article. La dégustation de la RVF est remontée jusqu’à Unico …1953. Bon p’tit millésime, noté 99/100.

Unico 2011 est disponible chez l’importateur au prix de € 348.

Oremus Tokaji 3 Puttonyos 2015

raisins de plus en plus touchés par le botrytis

On termine par le dessert, une sucrerie hongroise, un Tokaji de type « 3 puttonyos ». Voici le CV de la bête: 11,5% d’alcool – 7,9 grammes d’acidité – 138 grammes de sucre résiduel. Cépages (accrochez-vous): furmint, hárslevelü, zéta et sárgamuskotály.

« 3 puttonyos », cela correspond à l’ajout de 3 paniers de 23 kg de raisins botrytisés au moût en fermentation dans des tonneaux de 136 litres. Les raisins botrytisés macèrent pendant 48 heures, ce qui fait du Tokaji une sorte de vin …orange !

Quel nez ! Ananas, fruits de la passion, puis pêche/abricot et un floral miellé. La bouche est huileuse, avec une finale très fraîche sur l’ananas. Rien de sirupeux, ce qui s’explique par son acidité très élevée. A déguster dès maintenant. Il est recommandé de le boire vraiment frais (8°). Garde prévisible: 30 ans et plus.

Oremus 3 puttonyos 2015 est disponible chez l’importateur au prix de € 44 (bouteille de 50cl). Oremus 5 puttonyos 2014 au prix de € 74 (bouteille de 50cl).

Conclusion

Excellente organisation et commentaires avisés/pertinents pour encadrer la dégustation. J’ai été positivement surpris par Petracs et par Pintia. Valbuena et Unico sont exceptionnels, mais ce n’est pas une surprise.

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Autour du bar, comme avant…

Donc voilà, c’est pour ce samedi 12 mars, entre 10 et 18 heures: quinze vins autour du bar. Pas de masque, pas de CST, pas de petits flacons, etc…

Juste une opportunité de goûter, de partager, de raconter, de rire aussi, bref de passer un bon moment. Le programme est quasi définitif: on le consulte ici. On voyage entre Loire, Bourgogne et Rhône, avec l’une ou l’autre escapade hors hexagone. Je me tâte encore: rajouterais-je le Pétillant Originel du Rocher des Violettes au programme de la dégustation ?

Le Rocher des Violettes, Montlouis-sur-Loire, Pétillant Originel 2019

Une bulle certes, mais certainement pas champenoise. C’est une méthode ancestrale: la vinification est bloquée lorsqu’il reste +/ 14 grammes de sucre par litre de moût. Et hop …on met en bouteilles avec les levures. Ces petites bestioles continuent alors à fermenter le sucre en alcool et à produire du gaz carbonique: c’est ce gaz qui fait la bulle. La pression dans la bouteille est plus basse que dans un Crémant ou un Champagne … et c’est parfaitement volontaire !

Les raisins proviennent du Grand Poirier, au sud-est, en couleur orange.

Tant qu’à comparer avec le Champagne, allons-y gaiement. Ce Pétillant Originel est un triple zéro: zéro sucre lors de la fermentation initiale (autrement dit, pas de chaptalisation), zéro sucre pour lancer la deuxième fermentation (puisqu’il n’y a pas de deuxième fermentation) et zéro sucre en fin de processus puisque c’est un brut zéro (autrement, pas de liqueur de dosage). Ce que vous goûtez, c’est le raisin, rien que le raisin !

Quelques mots au sujet des vins qui participent ?

Volontiers. Merci de m’avoir posé la question. Ce sera presque une horizontale du millésime 2020, sauf pour La Madone qui vient d’embouteiller ses 2021 et de les expédier dans la foulée. On goûte le Gamay sur Volcan et Mémoire de Madone, les classiques.

Il y aura de quoi comparer entre les vertus respectives de Pouilly-Fuissé et de Viré-Classé (le match du Mâconnais), de St-Joseph et de Crozes-Hermitage (le match du Rhône nord), de Savennières et du Muscadet Sèvre-et-Maine (le match de La Loire, côté atlantique).

Il fallait pimenter et je le fais via Le Petit Vin des Bosquets (je pense que je vais lancer une pétition pour que le vigneron change le nom de la cuvée…), une perle juste sous la barre des € 10. Détour toscan avec le Chianti Classico de Riecine, au mieux de sa forme avec ce millésime 2020, construit sur un équilibre frais, à 13%.

Commandes jusqu’au mardi 15 mars inclus: tous les vins participants sont rassemblés ici.

D’autres histoires à raconter ?

Oui, oui et oui. D’abord une proposition 100% Pouilly-Fuissé, sous forme d’un colis promotionnel. 3 bouteilles de l’excellent Deux Versants et 1 bouteille de chaque premier cru du Domaine Guerrin: Les Maréchaudes 2020, Sur la Roche 2020, Les Crays 2020. Ouvrez les bouteilles de Deux Versants en 2022 et attendez le bon moment en 2023 -ou plus tard- pour vérifier à quel point les trois terroirs -pourtant très proches les uns des autres- confèrent des expressions différentes au chardonnay.

colis promotionnel 6 bouteilles: 100% Pouilly-Fuissé

Un autre colis promotionnel est disponible: 6 bouteilles et 6 pays différents, avec une attention particulière pour le rapport qualité/prix des cuvées sélectionnées. Il s’agit du nouveau millésime de vins dont vous avez apprécié les millésimes précédents: mauvaise surprise exclue ! Ces bouteilles sont idéales pour tire-bouchonnage en 2022.

colis promo 6 bouteilles: France, Portugal, Italie, Grèce, Autriche, Allemagne

En conclusion: plein de nouveautés talentueuses, d’un peu partout en Europe, avec une attention particulière pour l’Allemagne. Ce pays grouille de talents encore trop peu connus en Grande Francophonie. Oui, des rieslings et des pinots noirs. Oui aussi, des cépages plus inattendus comme le sauvignon et le silvaner (avec « i » en Allemagne) qui se débrouille très bien en Franconie, loin d’une certaine banalité alsacienne.

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A table !

Vendredi 25 février. Le soir tombe. Il fait calme dans les rues de Berchem-Ste-Agathe. Une maison résiste malgré tout à l’assoupissement: quelques vaillants dégustateurs, verres à la main et papilles en éveil, arrivent et s’apprêtent à participer à une première.

Une dégustation différente: les huit participants s’installent à table, au premier étage. Ils ne savent pas grand-chose, sauf que nous goûtons 12 vins allemands, nouveaux, jamais présents au tarif d’Anthocyane. Ils sont conscients que leur avis va compter.

Le maître des cérémonies (pour faire simple, moi) présente, explique et paraphrase. J’ai tenté de maîtriser ma potentielle logorrhée en diffusant quelques jours auparavant un document résumant ce que je sais du vin allemand, millésime 2022. Cela évoque les régions, les cépages, les mentions sur l’étiquette, l’association VDP. Des clés pour comprendre Ortswein, trocken, Grosse Lage, Pfalz, spätburgunder, Alte Reben et autres subtilités germaniques.

Ambiance légèrement mystérieuse lorsque le maître des cérémonies annonce que les vins seront présentés étiquette visible, par paires et dans un ordre aléatoire, sans crescendo volontaire. On cherche à classer les 12 vins, du meilleur au moins bon, en ignorant leur prix. Mon âme étant pure et bienveillante, j’ai malgré tout consenti à révéler que les bouteilles sont commercialisées en Belgique dans une fourchette comprise entre € 10 et € 29.

Les blancs

Il est temps que j’aille chercher les deux premiers flacons: un sauvignon du Palatinat et un chardonnay du Rheinhessen font leur entrée en scène. Tambours et trompettes, concentration studieuse, crayons fraîchement taillés, le liquide brillant s’écoule dans les verres cristallins. Go !

Autrement dit, je présélectionne 12 vins et me fais ensuite aider par une belle brochette d’amateurs éclairés pour mettre au tarif d’Anthocyane les flacons les plus intéressants. C’est en quelque sorte le triple tri: par l’importateur, par moi et par les dégustateurs présents ce vendredi soir. Tout cela avec l’ambition assumée de vous proposer la crème de la crème.

Cette nouvelle formule a fort bien fonctionné et sera sans doute proposée à nouveau, au printemps, moyennant quelques menus aménagements pratiques. Il est d’ailleurs autorisé de me faire connaître dès à présent un éventuel intérêt à participer à la deuxième session. Je souligne qu’il ne s’agit en aucun cas de remplacer les dégustations du samedi autour du bar, mais de compléter mon offre.

Les rouges, précédés par une bulle 100% pinot noir

Voici le classement des 9 vins sélectionnés. Tous sont disponibles dans le magasin. Pour votre facilité ils ont été regroupés dans un rayon du magasin.

  • 1 Aldinger (rouge) Württemberg  Fellbacher Reserve (pinot noir) 2019: € 28,50
  • 2 Georg Gustav Huff (blanc sec) Rheinhessen  Niersteiner Pettenthal (riesling) 2020: € 16,50
  • 3 Knab (rouge) Baden  Alte Reben (pinot noir) 2019: € 18,50
  • 4 Aldinger (blanc sec) Württemberg  Rebhuhn (riesling) 2020: € 10,50
  • 5 Shelter Winery (bulle) Baden  Sparkling Brut (pinot noir) 2014: € 25,50
  • 6 Aldinger (rouge) Württemberg  Lemberger (lemberger) 2019: € 12,50
  • 7 Am Stein (blanc sec) Franken  Würzburger Innere Leiste (silvaner) 2019: € 19,50
  • 8 von Winning (blanc sec) Pfalz  Sauvignon II (sauvignon) 2020: € 14,00
  • 9 J. Neus (blanc sec) Rheinhessen  Muschelkalk (chardonnay) 2020: € 12,50

Lorsque le douzième vin fût tiré et qu’il fût dûment goûté, Catherine se chargea, avec talent, de nourrir les convives légèrement affamés. Choucroute et pavlova-citron. Malgré la présence ostensible de trois grands crachoirs sur la table, l’ambiance était alors beaucoup moins studieuse qu’en début de dégustation: décibels, rires et retrouvailles en mode post-COVID.

Et, à la grande joie du maître des cérémonies, une impression générale que le vin allemand a décidément beaucoup de choses à raconter ! Bien sûr, la victoire est revenue au duo attendu: riesling et pinot noir. Mais silvaner, sauvignon et lemberger n’ont certainement pas démérité !

Ah oui, avant que je n’oublie: un classement des vins, c’est utile, mais on peut aussi classer par la quantité commandée. Médaille d’or: Knab Alte Reben. Complètent le podium: Aldinger Rebhuhn et Huff Pettenthal. Ont raté de très peu une médaille de bronze: Am Stein Innere Leiste et von Winning Sauvignon II.

Commandes jusqu’au mardi 08 mars inclus.

Mon ambition (légèrement audacieuse) est de mettre les commandes à disposition à partir du samedi 12 mars. Tous les vins sont disponibles dans le magasin. Pour votre facilité ils ont été regroupés dans un rayon du magasin.

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Cairanne, Domaine Roche, cuvée Marcel Roche

Je m’étonne moi-même. Serais-je en train de retourner ma veste ? Moi, le chantre reconnu des vins préservant notre foie grâce à un taux d’alcool mesuré. Moi, le guerrier déterminé à vaincre le syndrome du sud: 100% soleil et 100% (trop) chaleureux. Moi, l’oracle de Berchem-Ste-Agathe qui voue un culte aux soi-disant petits millésimes où tout se joue sur le fil de la juste maturité. Que se passe-t-il ?

Je vous présente donc un Cairanne, bien sud-sudiste, 100% grenache et 15% alcool. Voilà. C’est un vin chaleureux. On ne pourra pas dire que je cache quoi que ce soit.

MAIS…

Cette cuvée Marcel Roche 2020 du Domaine Roche, en appellation Cairanne mérite le détour et propose surtout à l’amateur de ne pas s’arrêter après une première gorgée qui ne peut nier son poids alcooleux.

Ceci est un Châteauneuf-du-Pape camouflé en Cairanne. La bouche est autant velours que soie. Le fruit est intense, avec une complexité entre chocolat, cendres, tomate et fruits compotés. Vin sec, mais d’une grande douceur, laquelle est équilibrée par de la fraîcheur et par une noble amertume (j’écris noble amertume pour rappeler que, oui, l’amertume fait décidément partie de l’équilibre du vin et que ce n’est en aucun cas une façon de dénigrer ce breuvage). Peu de tannins, c’est un grenache 100%, issu de très vieilles vignes (majoritairement plus de 70 ans), plantées dans les galets roulés (tiens, Châteauneuf-du-Pape). Matière dense, concentrée: il y a de l’extrait en quantité dans cet animal sud-rhodanien !

Cairanne, au centre de la carte, en couleur turquoise

Pendant la dégustation, j’ai qualifié ce vin de joyeux, puis d’austère. A la réflexion, je pense qu’il est autant l’un que l’autre. Mon imagination m’a emmené du côté d’une belle flambée dans l’âtre de la maison de campagne, du côté de Porto (mais sans le sucre) et je me suis même demandé si un volcan se terrait sous certains secteurs de Cairanne (la réponse est non).

Après ces égarements para-poétiques, voici deux choses qui me paraissent essentielles: primo, servir frais pour dompter l’alcool; secundo, c’est fait pour accompagner une cuisine généreuse, moins pour glaner des notes pharamineuses pendant une dégustation à l’aveugle. Autant savoir.

Enfin, le rapport qualité-prix est convainquant.

Je vous invite à faire preuve de curiosité et à vous faire votre propre idée quant aux qualités de ce Cairanne 2020, Domaine Roche, cuvée Marcel Roche.

Digression: jusqu’en 2014, c’était Côtes-du-Rhône-Villages Cairanne. Depuis, comme Vinsobres, Rasteau, Châteauneuf-du-Pape, Vacqueyras, Gigondas, Beaumes de Venise, Tavel et Lirac, Cairanne est devenu un cru, ce qui lui donne l’immense privilège de ne plus accoler Côtes-du-Rhône à Cairanne. C’est une façon d’affirmer une différence et une hiérarchie.

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Chianti Classico: le nouveau sangiovese est arrivé !

La nouvelle organisation du Chianti Classico en 11 zones

C’est une tendance de fond. Les vignerons souhaitent préciser le lieu où naissent leurs vins. Une tentative pour se différencier et pour capitaliser sur la notoriété d’un quelque-part. Quand on prononce le mot Nuits-Saint-Georges, la magie opère. Ce n’est plus un pinot noir bourguignon, c’est un Nuits-Saint-Georges ! Pour le meilleur et pour le pire. Ajoutons-y la mention du premier cru Les Damodes, qui jouxte Vosne-Romanée, et c’est l’orgasme du là-et-pas-ailleurs. Les Damodes, ce sont 8 hectares de géographie sacrée.

A dire vrai, ce n’est qu’exemple parmi tant d’autres. Mais il faut reconnaître que le modèle bourguignon (vins régionaux, vins communaux, vins issus d’une parcelle premier cru, vins issus d’une parcelle grand cru) s’impose progressivement dans toute l’Europe. C’est assurément vrai en Allemagne où les étiquettes des vins secs de noble extraction mentionnent de plus en souvent un nom de commune suivi par un nom de parcelle. La notoriété de ces lieux germaniques n’est aujourd’hui pas bien grande, en tous cas dans nos contrées latino-francophones. Mais le train est lancé et viendra le moment où nous prononcerons avec délectation Bockenauer Felseneck pour désigner un riesling sec du village de Bockenau (en région Nahe) et de la parcelle grand cru Felseneck.

Venons-en à l’Italie et plus précisément à la Toscane puisque c’est le thème de cet article. Chianti Classico. Une zone créée par les dieux du terroir il y a bien longtemps déjà (un Grand-Duc Médicis est passé par là au XVIIIème siécle). Classico c’est le cœur historique du Chianti par opposition à tous les autres Chianti que je qualifierais volontiers de non-Classico. Ce n’est pas que ceux-là sont toujours moins intéressants, mais on y trouve de tout et en particuliers des tonnes d’ersatz qui n’ont de Chianti que le nom. Que voulez-vous, chère Madame, c’est dans la nature humaine de jouer la carte de l’opportunisme et, en quelque sorte, celle du plagiat.

Jusqu’il y a peu, les vins du Chianti Classico se racontaient en particulier par leur élevage: les meilleurs fruits cueillis sur les vignes les plus anciennes se destinaient naturellement, après un long passage en tonneaux à la durée règlementée, à la prestigieuse cuvée Riserva. Fort créatifs, nos vignerons toscans y ont ajouté en 2013 la notion de Gran Selezione. Mieux que Riserva, encore plus prestigieux, comprenez encore plus cher. Une segmentation par le prix, une hiérarchie, le vin dans le sens vertical.

Le sens vertical ? Mais ne pourrait-on pas réfléchir au sens …horizontal ? Alors oui, à l’été 2021, nos vignerons toscans se sont décidés à subdiviser le Chianti Classico en 11 zones de type communal. Elles sont illustrées sur une carte, plus haut, encore plus haut, ça y est vous êtes arrivés.

Pour être précis, la commune de Greve a subi l’ablation de Panzano, Lamole et Montefioralle, chacun de ces hameaux souhaitant sa propre dénomination. Idem pour Vagliagli dont le territoire appartient à la commune de Castelnuovo Berardenga. Dans le même ordre d’idées, San Donato in Poggio n’est pas une commune, mais une partie de la commune de Barberino Tavarnelle. Je m’arrête là avant de me noyer dans les subtilités de la géographie toscane.

Il me semble que la mention Gaiole ou Panzano sur une étiquette va toucher une corde sensible chez l’amateur, va déclencher une petite lueur d’envie. Pour Vagliagli ou San Casciano, les vignerons locaux vont devoir s’armer de patience et investir dans ce qui fait la spécificité et l’intérêt du lieu-de-chez-eux. Je suppose que certains vignerons préfèreront ne pas mentionner ces nouvelles dénominations complémentaires pour éviter d’égarer le consommateur.

Riecine, c’est 100% commune de Gaiole. Sur l’étiquette du millésime actuel, rien ne le revendique avec vigueur et fierté. Nous verrons bien comment se présenteront les étiquettes futures. Mettre l’accent exclusivement sur le nom du Domaine ou compléter le message en affirmant son origine communale ?

A propos, ce Riecine Chianti Classico 2020, en provenance de la commune de Gaiole, se goûte vraiment très bien. C’est un vin subtil, équilibré et expressif. Le fruit est pur et intense. Fine acidité salivante. Ce 100% sangiovese se contente d’un très pertinent 13% d’alcool (le millésime 2019 trouvait son équilibre à 14%). Vin d’altitude (450-500 mètres) issu de vignes qui peuvent commencer à se décrire comme vieilles (25 ans). 14 mois d’élevage en tonneaux usagés et en foudres. La mise en bouteilles est donc très récente.

Je vous invite à en acquérir quelques flacons dans le magasin. Le risque de déception me paraît négligeable, voire minusculissime.

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La dégustation est en cours …

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Moments magiques

J’ai goûté à quelques minutes d’intervalle les deux doublettes ci-dessous. Le Piémont d’abord, la Corse ensuite.

Moments magiques.

Vietti est un célèbre producteur de Barolo (100% nebbiolo), mais il se débrouille aussi bien avec l’autre grand cépage rouge du Piémont, la barbera. Les 2019 volent vraiment très haut. La version classique de Vigna Scarrone (c’est-à-dire jeunes vignes, enfin, tout est relatif, elles ont été plantées il y a 30 ans) donne instantanément le sourire, la bouche est charmeuse, aussi pleine que précise, équipée de gentils petits tannins. Pas la moindre sensation d’un alcool excessivement chaleureux (malgré 15%). La parfaite incarnation du cépage.

Le village de Castiglione Falletto: c’est chez Vietti.

La version issue des vignes âgées de 90 ans, Vigna Vecchia Scarrone, est extraordinaire. Nez ensorcelant, floral et encens. Enorme finesse (ce n’est ni plus riche, ni plus puissant que la version classique), tannins plus présents. On a quitté le cépage pour arriver dans le terroir de Barolo. Les vieilles vignes transmettent le sol. Fermons les yeux, est-ce vraiment de la barbera ou serait-ce plutôt du nebbiolo camouflé ?

Fascinant !

Vaccelli est un domaine de l’ouest de la Corse qui brûle les étapes: créé en 1961, encore peu connu il y a dix ans, il porte aujourd’hui vaillamment ses deux étoiles dans le guide de la RVF. Pour ce millésime 2018, les vins sont vendus sous appellation Ajaccio.

La cuvée Unu, considérée comme une entrée de gamme, est néanmoins impressionnante par sa capacité à conjuguer puissance et finesse, typicité sudiste et fraîcheur. Très peu de couleur (sans doute 100% sciaccarellu, mais je n’en suis pas certain), très peu de tannins, finale serrée et tendue. Quelque chose d’aérien.

Cognocoli-Monticchi: c’est chez Vaccelli.

Que dire alors de la cuvée Granit ? Couleur très pâle (vraiment très pâle), nez d’un autre monde, hors du champ habituel du vin rouge. Extrême finesse et grande longueur, épicé, pas fruité. Intense et aérien (en néerlandais, je dirais gewichtloos). Fines nuances oxydatives qui pourraient évoquer le Porto Tawny (mais où va-t-il le chercher ?).

Fascinant !

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Comment déguster un bon Barolo sans casser sa tirelire

Vous aimez le Barolo « à l’ancienne », mais le prix de la bouteille vous crispe, vous repousse ? Une bonne solution pourrait être de se tourner vers ce que j’appellerais les seconds vins de Barolo, commercialisés sous le nom Langhe Nebbiolo. Comme d’habitude, ce conseil n’a de sens que si le vigneron est de qualité. Un Langhe Nebbiolo élaboré avec de piètres raisins et vinifié par un maladroit sera toujours trop cher, même si le prix affiché est attirant.

Autre qualité du Langhe Nebbiolo: il est accessible au moment de sa mise sur le marché, inutile de passer par 10 ans de cave avant de déboucher.

Rivetto est un Domaine basé dans le village de Serralunga (c’est l’est du Barolo) qui combine une approche « à l’ancienne » avec la modernité du bio. Ne pas s’étonner de la couleur du vin, assez pâle et légèrement tuilée, c’est une conséquence prévisible du raisin nebbiolo en combinaison avec une vinification qui extrait modérément.

Le nez est subtil, épicé, « oxygéné » par un séjour en botti (foudres en bois). La bouche est dense, puissante et nette. A l’aveugle, ce Langhe se ferait facilement passer pour un Barolo, toujours bien plus cher.

A noter que, dans le respect de la législation, le vigneron a choisi d’assembler 97% de nebbiolo avec 3% de barbera. Les raisins proviennent d’un vignoble situé à quelques pas à l’extérieur de la zone du Barolo, ce qui fait toute la différence dans le prix et finalement assez peu de différence dans le verre. Altitude: 340 à 400 mètres.

La biodynamie, certifiée par Demeter, est revendiquée sur le site Internet du vigneron, mais n’est pas affichée sur l’étiquette.

Enrico, en version champêtre…

Je vous parie que le vigneron, Enrico Rivetto, va faire parler de lui, de plus en plus fort. Il est déjà suffisamment reconnu aujourd’hui pour être en mesure de vendre son Barolo cru Briccolina à …€ 135. Gloups !

Rivetto Langhe Nebbiolo 2019 est disponible dans le magasin. En dégustation ce samedi 23 octobre.

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Dégustation ce 23 octobre: la crème de la crème !

Ce samedi 23 octobre, entre 10 et 18 heures, à l’adresse habituelle. Jetez un œil à la page Contact pour choisir le meilleur chemin pour rejoindre la rue des Chats.

16 vins en dégustation, avec un focus sur la Galice (nord-ouest de l’Espagne), en blanc comme en rouge. Mais aussi Pouilly-Fuissé, Jura, Chianti Classico, Priorat, Îles Baléares, Piémont, Sicile, Rioja, Allemagne et Autriche. Le programme complet peut être consulté dans le magasin.

Jetez également un œil aux nouveautés: il y a bien plus de nouveaux vins en magasin que ceux qui sont proposés à la dégustation. Par exemple, le millésime 2020 du Domaine Wohlmuth (riesling du village de Kitzeck-Sausal), un pinot grigio italien à un prix très attractif, deux vins volcaniques des Îles Canaries, la version Riserva du Chianti Classico du Domaine Castell’in Villa, un riesling mosellan du Domaine Peter Lauer, le Rioja « macération carbonique » du Domaine Artuke, etc…

Les commandes doivent me parvenir au plus tard le mardi 26 octobre pour mise à disposition des vins en novembre.

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Des rouges d’exceptionnelle finesse

Vous avez aimé Leirana, albariño de Galice ? Alors permettez-moi de vous présenter le projet Castro Candaz, créé en 2014 par le même duo que Leirana: Raul Perez et Rodri Mendez. Nous sommes toujours en Galice, mais à l’intérieur des terres, bien loin de l’océan. Et la spécialité ici, ce sont les vins rouges, élaborés avec le cépage mencia.

Quelques mots au sujet du nom du Domaine. Candaz Castro, ce sont d’abord les vestiges d’une ville celtique, romaine puis médiévale. C’est d’autant plus spectaculaire que les ruines se situent sur un promontoire dans la rivière Miño, à un endroit où cette rivière ressemble plutôt à un lac allongé. Il est bien possible que les pierres utilisées pour construire les terrasses dans le vignoble tout proche aient été prélevées dans le château ruiné.

L’appellation, c’est Ribeira Sacra. Rivage sacré en français (en violet sur la carte ci-dessous). Pensez au Rhône entre Vienne et Valence, au Douro jusqu’à Porto ou à la Moselle allemande: des vignobles qui doivent beaucoup à la rivière qui les traverse. Ici, nous avons droit à deux rivières: l’affluent Rio Sil au sud et le fleuve Rio Miño …au nord. Ce Rio Miño finira par se jeter dans l’Atlantique après avoir formé la frontière naturelle entre l’Espagne et le Portugal.

La mencia domine l’encépagement. Ce cépage, encore peu connu en dehors de la Galice et de la Castille toute proche il y a vingt ans, incarne aujourd’hui un type de vin rouge original, bien différent de ce qui se produit dans la Rioja, en Catalogne et dans toutes les régions sous l’influence de la Méditerranée. Ici, c’est la fraîcheur et l’énergie qui signent les vins, du moins ceux élaborés par les meilleurs vignerons.

En Castille (appellation Bierzo), la mencia peut se montrer difficile à déguster jeune en raison de tannins assez massifs. Les vins ont besoin de temps pour se fondre. En Galice (appellation Ribeira Sacra), ces tannins sont moins présents, alors que la finesse des meilleurs vins est évidente. Très difficile de « traduire » la mencia en un cépage mieux connu dans nos contrées francocentrées: la littérature évoque la syrah, le cabernet franc et le pinot noir. Et je me permets d’y rajouter le grenache…

Raul Perez et Rodri Mendez, jamais à court d’idées, ont cherché des vignes de mencia du côté de Chantada pour vérifier ce qu’ils pouvaient en faire. Le projet Castro Candaz se décline sous la forme de trois vins rouges et d’un vin blanc (cépage Godello). Concentrons-nous sur les rouges: il y a d’abord un vin de type « joven » -en 100% mencia- avec très peu d’élevage, ensuite une cuvée qui assemble les raisins en provenance de 5 parcelles de vieilles vignes, avec un élevage sous bois (grands contenants, pas de bois neuf) et enfin une cuvée parcellaire, avec le même élevage.

En dégustation, le « joven » (NB: ce terme ne figure pas sur l’étiquette, je l’utilise pour faciliter la communication) commence par un nez terreux et minéral avant que le fruit ne prenne le relais. La bouche est superbe, énergique, assez concentrée, avec de bons petits tannins. Il y a de la matière, mais assez peu de puissance alcoolique (13%). Ma comparaison préférée et subjective: un Loire de cabernet franc, bien mûr et enjôleur.

La cuvée d’assemblage s’appelle Finca El Curvado. C’est à la fois un assemblage de cinq parcelles, mais également un assemblage de plusieurs cépages (les vieilles parcelles sont très souvent complantées): mencia en très large majorité, avec merenzao (mieux connu sous d’autres noms: bastardo et trousseau) et alicante bouschet (oui, oui, c’est bien le cépage teinturier que l’on trouve encore dans quelques coins obscurs du Languedoc). Le nez est profond, avec un joli floral. A l’aveugle, on sera tenté parfois d’évoquer le pinot noir, parfois la syrah. La bouche est fraîche et épicée, précise et énergique. Malgré quelques tannins d’excellente facture, j’ai envie d’utiliser le terme « aérien » que je réserve en général aux meilleurs rieslings allemands. Grand vin.

La cuvée parcellaire s’appelle A Boca do Demo. Une unique parcelle, en grande majorité mencia, avec un peu de merenzao. Une expérience étonnante. Le nez évoque pour moi quelque chose entre pinot noir et grenache. La bouche est très délicate, difficile de reconnaître le cépage. Vin à la fois très intense et très léger. Finesse exceptionnelle, grand vin.

Castro Candaz « joven » et Finca El Curvado sont disponibles dans le magasin. En dégustation ce samedi 23 octobre.

A Boca do Demo sur demande uniquement et sans aucune garantie de disponibilité.

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dégustation

La Loire en dégustation

Dégustation d’une dizaine de vins de Loire ce samedi 21 août, entre 10 et 18 heures. Je sais, je m’y prends tard, ça m’est venu hier en début d’après-midi, en bavardant avec un importateur.

Bernard Baudry, Le Rocher des Violettes, La Madone, Les Corbillières, Luneau-Papin, Pellé: on goûte mes classiques.

Chenin, melon et sauvignon. Cabernet franc. Et une bulle, aussi originale qu’originelle, qu’il faut vraiment goûter. Des sources du fleuve (Côtes du Forez) jusqu’à son embouchure (Muscadet Sèvre & Maine), en passant par Sancerre et la Touraine. Surtout du millésime 2020, avec une incursion vers un millésime à maturité (2015, 2018).

Pour le plaisir, par nostalgie et sur le bar: une cuvée du Château de Bois-Brinçon (Anjou). Bois-Brinçon a été en son temps (mars 2015) le dernier domaine importé en direct par Anthocyane. On goûtera donc un millésime ancien, en rouge ou en moelleux, en fonction de mon humeur du jour.

Scene on the Loire, J.M.W. Turner (1775-1851)

Comme j’avais trop peu de rouges dans cette dégustation, je me suis permis de rajouter un Beaujolais glouglou de chez Lapierre et Les Petits Pas du Pas de l’Escalette en millésime 2020.

Pour arriver sans encombres jusque chez moi, jetez un œil à cette page.

Commandes jusqu’au mardi 24 août inclus, de préférence via le magasin en ligne.

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dégustation

Méditerranée !

Voilà. Je pense qu’il n’est pas déraisonnable de proposer cette dégustation « à l’ancienne », ce samedi 19 juin, entre 10 et 18 heures, sans recours à la technologie parapharmaceutique. Les petits flacons ont montré leur utilité, mais j’aspire à en revenir à quelque chose de plus classique et de plus convivial.

Notre paquebot longera les côtes de la Méditerranée, de l’Andalousie jusqu’au Liban, en passant par la région de Valencia, par la Catalogne, les îles Baléares, le Roussillon, le Languedoc, le Rhône-sud, la Provence, la Corse, la Sicile, les Pouilles, le Basilicate et l’île de Santorin. Le programme peut être consulté ici.

Pour effectuer vos choix, jetez donc un œil au magasin, chaque vin étant commenté.

Vous préférez me donner carte blanche ? Je vous ai concocté deux colis 100% Méditerranée: en version 6 bouteilles différentes ou en version 12 bouteilles différentes.

Que vous participiez à la dégustation ou non, vos commandes de bouteilles et de colis doivent me parvenir au plus tard le mardi 22 juin. Les vins pourront être mis à votre disposition à partir du samedi 26 juin (après-midi) ou sur rendez-vous, fin juin/début juillet.

J’invite les participants à la dégustation à jeter un œil à cette page pour tenir compte des travaux routiers qui s’obstinent à perturber l’accès à la rue des Chats. Il vous faudra sans doute choisir un chemin alternatif pour arriver, mais le départ sera tout aussi facile que d’habitude. Dans le même ordre d’idée, n’oubliez pas de placer votre disque de stationnement, notre rue se situant à présent en zone bleue.

J’invite ces mêmes participants à m’informer de leur venue ce samedi, via un bref e-mail: cela me permettra assurément de mieux les recevoir.

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dégustation information

Dégustation en petits flacons: FAQ

De quoi s’agit-il ? Troisième édition de la dégustation en « take-away » via petits flacons ce samedi 01 mai. Chaque participant vient chercher chez moi une boîte contenant 15 petits flacons. Les petits flacons contiennent chacun 3 cl d’un très bon vin.

Que faut-il faire pour participer ? Réserver en me transmettant un e-mail. Si le stock de boîtes disponibles est épuisé, je vous place sur une liste d’attente (au cas où il y aurait un désistement de dernière minute).

Qu’est ce que ça coûte ? Rien, la boîte des petits flacons est offerte. Par contre, je tiens ardemment à récupérer les petits flacons vides, rincés. Je soupçonne en effet que l’on ne peut exclure une quatrième édition.

Quand puis-je venir chercher ma boîte de petits flacons ? Uniquement ce samedi 01 mai, entre 10 et 18 heures. Si vous avez une idée approximative de l’heure à laquelle vous passerez, communiquez-la moi, ça me facilité beaucoup l’organisation du remplissage des petits flacons.

Comment commander les vins que j’ai appréciés ? Quelle bonne question … Soit directement dans le magasin, soit via e-mail. En tous cas, au plus tard le mardi 04 mai. Je passe les commandes chez les importateurs de façon à pouvoir mettre les vins commandés à disposition dès le samedi 08 mai.

Je déguste avec mon épouse, puis-je recevoir deux boîtes ? Non, désolé. Une boîte par client. Comme il y a 15 petits flacons dans la boîte, il y a facilement moyen de se partager le travail, par exemple moi les rouges, toi les blancs…

Où puis-je trouver l’information relative aux vins qui participent à la dégustation ? La plupart des vins participants ont fait l’objet d’un article sur ce site Internet. Les 15 vins participants sont également regroupés dans le magasin: les petits flacons portent un numéro qui figure également dans cette rubrique du site.

En alternative, on peut télécharger la liste des vins participants, avec les numéros:

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blanc dégustation

Lave

Un vin 100% volcan: les Açores, c’est d’abord l’Océan Atlantique et c’est surtout le Vulcão do Pico, 2351 mètres de basalte et de magma. Cela en fait le point culminant du Portugal.

Dernière éruption: décembre 1720. Le volcan est donc endormi. Où est-ce une longue sieste ?

Les sols d’origine volcanique ont la réputation de donner naissance à des vins de grande intensité et de grande complexité. Les vignes plantées au plus près de l’océan ont la réputation d’absorber les embruns et de traduire cette proximité par des notes salines, voire iodées. Ce Terras de Lava 2019 cumule donc le volcan et l’océan.

Les cépages sont locaux et donc peu connus dans nos contrées: arinto, fernão pires, verdejo. Celui qui se dit maintenant, « le verdejo, je connais, c’est le cépage de Rueda, en Espagne » a malheureusement perdu. Celui-ci est un synonyme, génétiquement différent de son faux-frère castillan. A rapprocher plutôt du verdelho de Madère. Et encore, ce n’est pas certain.

Voici un donc un vin blanc sec, avec peu d’alcool (12,5%), une pincée de sucre résiduel (un peu plus de 2 grammes) et une acidité analytiquement fort élevée (cela gomme totalement le sucre dans l’équilibre perçu).

En dégustation, c’est un OVNI: il commence dans la rondeur et finit « en pointe ». Aromatiquement, il pourrait évoquer le viognier, avec des notes de pêche et de fleurs. Sauf que la grande fraîcheur de ce vin est aux antipodes de bien des viogniers ! La salinité finale est majeure, comme dans une manzanilla de Jerez. Il me semble percevoir une légère note oxydative, qui confirmerait une parenté aromatique avec la manzanilla. Par contre, je n’ai pas repéré de note iodée.

Je souligne volontiers que le prix de ce vin le rend encore plus attractif: les vins des Açores sont généralement bien plus chers.

Ilha do Pico Terras de Lava 2019 est disponible dans le magasin.