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dégustation

Méditerranée !

Voilà. Je pense qu’il n’est pas déraisonnable de proposer cette dégustation « à l’ancienne », ce samedi 19 juin, entre 10 et 18 heures, sans recours à la technologie parapharmaceutique. Les petits flacons ont montré leur utilité, mais j’aspire à en revenir à quelque chose de plus classique et de plus convivial.

Notre paquebot longera les côtes de la Méditerranée, de l’Andalousie jusqu’au Liban, en passant par la région de Valencia, par la Catalogne, les îles Baléares, le Roussillon, le Languedoc, le Rhône-sud, la Provence, la Corse, la Sicile, les Pouilles, le Basilicate et l’île de Santorin. Le programme peut être consulté ici.

Pour effectuer vos choix, jetez donc un œil au magasin, chaque vin étant commenté.

Vous préférez me donner carte blanche ? Je vous ai concocté deux colis 100% Méditerranée: en version 6 bouteilles différentes ou en version 12 bouteilles différentes.

Que vous participiez à la dégustation ou non, vos commandes de bouteilles et de colis doivent me parvenir au plus tard le mardi 22 juin. Les vins pourront être mis à votre disposition à partir du samedi 26 juin (après-midi) ou sur rendez-vous, fin juin/début juillet.

J’invite les participants à la dégustation à jeter un œil à cette page pour tenir compte des travaux routiers qui s’obstinent à perturber l’accès à la rue des Chats. Il vous faudra sans doute choisir un chemin alternatif pour arriver, mais le départ sera tout aussi facile que d’habitude. Dans le même ordre d’idée, n’oubliez pas de placer votre disque de stationnement, notre rue se situant à présent en zone bleue.

J’invite ces mêmes participants à m’informer de leur venue ce samedi, via un bref e-mail: cela me permettra assurément de mieux les recevoir.

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dégustation information

Dégustation en petits flacons: FAQ

De quoi s’agit-il ? Troisième édition de la dégustation en « take-away » via petits flacons ce samedi 01 mai. Chaque participant vient chercher chez moi une boîte contenant 15 petits flacons. Les petits flacons contiennent chacun 3 cl d’un très bon vin.

Que faut-il faire pour participer ? Réserver en me transmettant un e-mail. Si le stock de boîtes disponibles est épuisé, je vous place sur une liste d’attente (au cas où il y aurait un désistement de dernière minute).

Qu’est ce que ça coûte ? Rien, la boîte des petits flacons est offerte. Par contre, je tiens ardemment à récupérer les petits flacons vides, rincés. Je soupçonne en effet que l’on ne peut exclure une quatrième édition.

Quand puis-je venir chercher ma boîte de petits flacons ? Uniquement ce samedi 01 mai, entre 10 et 18 heures. Si vous avez une idée approximative de l’heure à laquelle vous passerez, communiquez-la moi, ça me facilité beaucoup l’organisation du remplissage des petits flacons.

Comment commander les vins que j’ai appréciés ? Quelle bonne question … Soit directement dans le magasin, soit via e-mail. En tous cas, au plus tard le mardi 04 mai. Je passe les commandes chez les importateurs de façon à pouvoir mettre les vins commandés à disposition dès le samedi 08 mai.

Je déguste avec mon épouse, puis-je recevoir deux boîtes ? Non, désolé. Une boîte par client. Comme il y a 15 petits flacons dans la boîte, il y a facilement moyen de se partager le travail, par exemple moi les rouges, toi les blancs…

Où puis-je trouver l’information relative aux vins qui participent à la dégustation ? La plupart des vins participants ont fait l’objet d’un article sur ce site Internet. Les 15 vins participants sont également regroupés dans le magasin: les petits flacons portent un numéro qui figure également dans cette rubrique du site.

En alternative, on peut télécharger la liste des vins participants, avec les numéros:

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blanc dégustation

Lave

Un vin 100% volcan: les Açores, c’est d’abord l’Océan Atlantique et c’est surtout le Vulcão do Pico, 2351 mètres de basalte et de magma. Cela en fait le point culminant du Portugal.

Dernière éruption: décembre 1720. Le volcan est donc endormi. Où est-ce une longue sieste ?

Les sols d’origine volcanique ont la réputation de donner naissance à des vins de grande intensité et de grande complexité. Les vignes plantées au plus près de l’océan ont la réputation d’absorber les embruns et de traduire cette proximité par des notes salines, voire iodées. Ce Terras de Lava 2019 cumule donc le volcan et l’océan.

Les cépages sont locaux et donc peu connus dans nos contrées: arinto, fernão pires, verdejo. Celui qui se dit maintenant, « le verdejo, je connais, c’est le cépage de Rueda, en Espagne » a malheureusement perdu. Celui-ci est un synonyme, génétiquement différent de son faux-frère castillan. A rapprocher plutôt du verdelho de Madère. Et encore, ce n’est pas certain.

Voici un donc un vin blanc sec, avec peu d’alcool (12,5%), une pincée de sucre résiduel (un peu plus de 2 grammes) et une acidité analytiquement fort élevée (cela gomme totalement le sucre dans l’équilibre perçu).

En dégustation, c’est un OVNI: il commence dans la rondeur et finit « en pointe ». Aromatiquement, il pourrait évoquer le viognier, avec des notes de pêche et de fleurs. Sauf que la grande fraîcheur de ce vin est aux antipodes de bien des viogniers ! La salinité finale est majeure, comme dans une manzanilla de Jerez. Il me semble percevoir une légère note oxydative, qui confirmerait une parenté aromatique avec la manzanilla. Par contre, je n’ai pas repéré de note iodée.

Je souligne volontiers que le prix de ce vin le rend encore plus attractif: les vins des Açores sont généralement bien plus chers.

Ilha do Pico Terras de Lava 2019 est disponible dans le magasin.

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Haut-Brissan: je me sens devenir lyrique !

Elisabeth et Marie-Laurence conduisent le Domaine Saladin, rive droite du Rhône, entre Montélimar et Orange. Ce Haut-Brissan est proposé en appellation Vin de France, parce que c’est un 100% grenache et que l’appellation Côtes-du-Rhône-Villages requiert au moins 20% de syrah et/ou de mourvèdre dans l’assemblage. De toutes façons, l’objectif des deux sœurs n’est pas de produire un Côtes-du-Rhône-Villages « classique », mais plutôt un vin à forte personnalité, qui ne se plie pas aux contraintes et aux habitudes de l’appellation.

Parcelle historique de la famille, le lieu-dit Haut Brissan est situé sur le plus haut plateau du village de Saint Marcel d’Ardèche. Ces terres caillouteuses ont été longtemps délaissées au profit des plaines en bord du Rhône, bien plus faciles à travailler.

La parcelle est abritée par des clapas (tas de pierres amassés par les paysans), des chênes et des châtaigniers. Au sol, des galets roulés qui captent la chaleur le jour et la restituent à la vigne la nuit.
Les vignes sont âgées de 50 ans. Le rendement est de +/- 30 hectolitres par hectare. Aucune utilisation de pesticide, herbicide ou insecticide depuis toujours. Certifié « Agriculture Biologique » par Ecocert.

Vendanges entièrement manuelles. Macération semi-carbonique en grappes entières et levures indigènes. Le soufre est ajouté en dose minimale. Elevage et vinification en cuve béton (pas de bois).

Concours de circonstances, j’ai dégusté ce millésime 2019 à deux reprises, en moins d’un mois, avec les notes suivantes: « fraise et fraise des bois, floral, subtil et puissant, très bonne surprise » puis « nez appétissant, parfumé, floral; bons tannins sans sécheresse; quelle longueur, quel charme !« . Aucune perception d’un éventuel alcool excessif, malgré 14,5% affiché.

On me rétorquera que c’est cher pour un Côtes-du-Rhône. Certes, mais cette comparaison est, à mon avis, sans objet. Cherchez plutôt à le situer entre des Châteauneuf-du-Pape, du type construit sur la finesse. Outre qu’il faut bien chercher pour les trouver, ceux-là sont commercialisés à un tarif largement supérieur à celui pratiqué pour Haut-Brissan.

Saladin Vin de France Haut-Brissan 2019 (100% grenache noir) est disponible dans le magasin.

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« Le meilleur de la terre et de la science »

Je ne recule décidément devant aucun sacrifice. Ayant été titillé par une page de publicité dans le numéro de février-mars du magazine du distributeur D., connu également sous le nom d’artiste Le Lion, je me suis rendu dans le susmentionné supermarché pour y faire l’acquisition d’un flacon de vin …sans alcool. Je reconnais humblement que c’est une attitude discutable, mais sollicite malgré tout d’être jugé avec mansuétude, ayant été soumis récemment à de fortes pressions des types « dry january » et « tournée minérale« .

La publicité, c’est merveilleux. Voici un florilège: « Sans alcool, riche en antioxydants et plein de saveur « , suivi par un appétissant « Savourez pleinement le goût d’un vin supérieur, mais sans l’alcool: trinquons à ça ! « 

Illustrons notre propos:

Au sein de cette large gamme, j’ai sélectionné le shiraz pour l’épreuve pratique. Etiquette sobre, à la limite du minimalisme, qu’illumine néanmoins le slogan « best of earth and science « . La contre-étiquette est très anglo-saxonne: beaucoup d’information …en caractères minuscules. Après bien des efforts, mes yeux fatigués distinguent en particulier une date best before 15/10/2022, une allusion à la présence éventuelle de traces de lait et la mention de 3,9 grammes de sucre par verre de 10 centilitres. Dans le texte en français, je lis « aromatisé à la cerise noire « ; le texte néerlandais affiche quant à lui « arômes de cerise noire « , ce qui n’est pas vraiment la même chose. Pas de millésime apparent.

Allez, je tords la capsule à vis et m’en sers une franche rasade. Premier constat: c’est d’une couleur peu dense, un rouge presque brique, plus orangé que violacé. Une odeur jaillit du verre, c’est violent: du bois pourri ? Un ersatz de vin de fruit, fabriqué en laboratoire ? En bouche, c’est pire: fort sucré et sans la moindre acidité, le liquide est terriblement plat. Il n’y a ni structure, ni tannins, ni matière. Par contre -et malheureusement- une vraie longueur sur la cerise chimique.

J’espérais tomber sur un produit d’une grande banalité, susceptible de se substituer à un petit vin lorsque les circonstances l’exigent. Eh bien non, c’est absolument répugnant. C’est du terrorisme en bouteille. N’importe quel jus de raisins est largement meilleur. La présence du mot « vin » dans la publicité et sur l’étiquette est incompréhensible. Cette mauvaise plaisanterie m’a coûté € 5,99. Quel pourrait bien être le public-cible ?

J’ai collé la bouteille au frigo, pour regoûter -si le cœur m’en dit- quand ce sera froid. Qui sait…

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« take-away »: c’est prêt !

Bouteilles CHECK, petits flacons et capsules CHECK, tire-bouchons CHECK, mesure 3 cl CHECK…c’est prêt !

Bienvenue ce samedi 06 février à tous les participants et participantes qui viennent chercher leur boîte !

Pas de désistements, donc pas de possibilité de faire appel à la liste d’attente.

Toutes les informations sont dans le magasin.

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La dégustation est clandestine

On se croirait revenu au temps de la prohibition: déguster chez l’importateur est soit impossible, soit contraint les participants à se réfugier dans des arrière-cuisines sans fenêtres, loin des clients qui pourraient apercevoir des humains qui goûtent ensemble, sans masque (forcément) et donnant l’impression de passer un moment agréable. Une délation est si vite arrivée…

Les circonstances difficiles ont le chic pour donner encore plus de valeur aux moments fugaces pendant lesquels la pandémie nous fout la paix. La dégustation est clandestine et, d’une certaine façon, cela contribue à la rendre précieuse. Voici quelques traces.

Marc Hébrart (Mareuil-sur-Ay), Coteaux Champenois, raisins principalement issus du millésime 2016, chardonnay 100%: le nez évoque clairement le Champagne. En bouche, la malolactique non-effectuée a sans doute pour objectif de faire oublier l’absence de bulles. C’est un vin délicat, introverti, doté d’une jolie persistance. Néanmoins, cela me semble manquer un peu de fraîcheur et de minéralité. Comme c’est vendu à un prix supérieur à celui d’un bon Chablis 1er cru, je préfère réserver mes sous à ce dernier.

André Bonhomme, Bourgogne, Viré-Clessé Les Brenillons 2019, chardonnay 100%: issu d’une petite récolte, le vin est conforme au style de l’appellation et du producteur, combinant de la rondeur et du gras (13,5%) avec une tension de bon aloi. Le boisé est très bien intégré (foudres). C’est un vin joyeux, avec une salinité appétissante. Bon candidat, le jour venu, pour se trouver une belle petite place sur le tarif d’Anthocyane. € 18.

André Bonhomme, Bourgogne, Viré-Clessé Hommage à Gisèle Bonhomme 2018, chardonnay 100%: la cuvée « haut de gamme du Domaine, produite grâce à des vignes quasi centenaires, sur les meilleurs terroirs de Viré-Clessé. Le boisé est ici sensiblement plus présent, le vin est gras, structuré …et fermé à double tour. Aujourd’hui, c’est un infanticide dans toute sa splendeur. Attendre 2 ou 3 ans me semble fort opportun. Difficile à vendre en l’état, parce que beaucoup dépend de la confiance que l’on fait au potentiel de la bête. € 45.

Jürgen Leiner, Allemagne (Pfalz), Chardonnay 2014: très bel exemple d’un vin qui, sur papier, n’a rien pour me plaire: 100% fûts neufs (600 litres) et alcool à 14,5%. Et pourtant, le résultat est bluffant: un nez complexe sur le beurre, les agrumes et le cognac; une bouche, confortable et sensuelle, qui « truffe » avec classe. C’est aromatiquement extraverti, sans verser dans l’exhibitionnisme. Je ne conseille pas ceci aux amateurs de Chablis cisterciens, les amateurs de chardonnays baroques seront quant à eux comblés. Biodynamie certifiée par DEMETER. C’est prêt à boire et le prix est intéressant: € 23. Je le place sur le tarif d’Anthocyane dès à présent. Attention, quantités vraiment très limitées.

Domaine La Falize, Belgique (Namurois) 2018, chardonnay 100%: vin élaboré par Peter Colemont, le vinificateur du Clos d’Opleeuw. On est clairement au sommet de la qualité telle qu’élaborée en Belgique. Seul bémol: ce sont de très jeunes vignes (plantées en 2012 et 2015). Grande finesse, aérienne et/ou évanescente. Le boisé marque la finale en durcissant celle-ci, ce qui conduit le vin à paraître légèrement tannique. On dira qu’il faut lui accorder un peu de temps pour s’harmoniser. Le prix est élevé et la production confidentielle.

Brendan Stater-West, Saumur Blanc, Les Chapaudaises 2017, chenin 100%: un Américain qui a travaillé (travaille encore ?) avec Romain Guiberteau, un chef de file pour les blancs à Saumur. Le nez est boisé, beurré, avec de fines nuances végétales (fougère, romarin, …). Bouche marquée par le bois, beaucoup de fraîcheur et d’élégance. Vin sérieux, chic, avec beaucoup d’extrait sec. On n’est pas ici pour rigoler. Je me demande si ce vin pourrait « sécher » au vieillissement. Compter € 36,50 en Belgique.

Huet, Vouvray, Le Mont demi-sec 2019, chenin 100%: commençons par dédramatiser le qualificatif qui tue: « demi-sec« . Non, ce n’est pas une insulte et non, cela ne condamne pas le vin à rester éternellement dans nos caves parce que l’on ignore avec quoi le servir. Analytiquement, ce vin est construit sur un alcool à 13,5% avec 16 grammes de sucre résiduel (par litre). Les acidités étant très élevées, ce sucre est peu, vraiment peu, perceptible. Il anime et complexifie la bouche, avec une finale nette, précise et sèche. Dans 10 ans, ce vin sera sans doute perçu comme totalement sec. Cette cuvée est particulièrement ouverte et accessible, ce qui nous change de millésimes antérieurs du Mont. Cela n’engage évidemment que moi, mais cela me semble assez supérieur au Saumur décrit ci-dessus. C’est un joyau, un chef d’œuvre de pureté et de délicatesse. Pas moins. Je constate a posteriori que La Revue du Vin de France le note à 96 (équivalent à 18/20). Vignoble conduit en agriculture biodynamique. Je le mets au tarif d’Anthocyane dès que possible. Prix à confirmer, comptez +/- € 40.

Laurent Combier, Crozes-Hermitage, cuvée « Laurent Combier » (a.k.a. la cuvée L, avec l’étiquette violette) 2019, syrah 100%: cette cuvée de jeunes vignes (avec quelques achats de raisins, vu la forte demande) a l’ambition affichée d’être dans le plaisir, l’accessibilité, le fruité et la gourmandise. Elevage 70% œuf béton et 30% bois ancien. Je suis perplexe. La bouche est généreuse, voire chaleureuse (14%), avec pas mal de tannins, comme si on avait rajouté du carignan ou du mourvèdre dans les cuves. A mon palais, ce n’est pas très « syrah ». Une touche de chocolat pour compléter mon désarroi. Est-ce vraiment l’entrée de gamme de Combier ? L’ai-je mal dégusté ? Un effet de séquence ? A revoir.

Le Pas de l’Escalette, Languedoc, Les Petits Pas 2019, assemblage de grenache, de syrah et de carignan: ce vin figure sur le tarif d’Anthocyane depuis un bon moment. Le regoûter me rappelle pourquoi je l’ai sélectionné: frais, précis, nuancé, délicieux. Si vous cherchez un bon rouge, capable de se sortir de situations très diverses et qui ne décevra personne, vous avez trouvé ! Pour aujourd’hui et aussi pour demain. Au tarif d’Anthocyane au prix de € 14.

Riecine, Italie (Toscane), Chianti Classico 2019, sangiovese 100%: le style est plus proche de celui de 2017 que de celui de 2018 et c’est une bonne nouvelle. Pas que 2018 fût décevant, mais il était atypique et aurait sans doute dérouté les amateurs des vins du domaine. Ce 2019 a beaucoup de tout (richesse, maturité, arômes, sensualité, fraîcheur) et arrive avec maestria à équilibrer et harmoniser tous ces éléments. Se goûte comme une évidence. On repose le verre et on sait instantanément que tout est OK. Bravo ! Sera au tarif d’Anthocyane dès que possible, au prix de € 19,50.

Riecine, Italie (Toscane), La Gioia, Rosso Toscana 2017, sangiovese 100%: changement de catégorie, pour ce « supertoscan » élevé 30 mois en fûts. Vignes de 40 ans, sur parcelles à 450/500 mètres d’altitude. La bouche est soyeuse, luxueuse, irrésistible, avec de la fraîcheur et un faible impact du bois. C’est incontestablement très bien réalisé. On ressent les 14% d’alcool. Prix aux alentours des € 50.

Riecine, Italie (Toscane), Riecine di Riecine, Rosso Toscana 2017, sangiovese 100%: comparaison extrêmement intéressante avec le précédent. LA différence entre eux ? Elevage de 3 ans en œuf béton. Donc, pas de bois. Vignes de 45 ans, sur parcelles à 450/500 mètres d’altitude. Le nez est subtil, intense et délicat, avec une pointe de tomate. La bouche est concentrée, assez tannique, juteuse et ne laisse pas ses 14% d’alcool jouer les trouble-fêtes. C’est incontestablement très bien réalisé, avec une âme supplémentaire par rapport au précédent. Il y a un public pour l’un et pour l’autre vin, mais je pense que rares seront ceux et celles qui les trouveront d’intérêt égal: je me range sans le moindre doute dans le camp « Riecine di Riecine ». Prix légèrement supérieur à € 50.

Canalicchio di Sopra, Brunello di Montalcino, La Casaccia 2015, sangiovese 100%: en simplifiant un peu, le monde anglo-saxon considère que l’appellation Brunello di Montalcino se situe un cran au-dessus du Chianti Classico. Ce qui me paraît à peu près certain, c’est que les Brunello sont, toutes choses étant égales, plus riches, plus puissants, plus énormes, plus tanniques. Mais ni plus subtils, ni plus équilibrés, ni plus spirituels. On peut bien entendu adorer ça. A condition d’avoir le portefeuille bien accroché. Cette cuvée parcellaire, élevée 3 ans en botti (foudres) est un digne représentant de ce que Brunello produit de meilleur. Le nez donne envie, l’énorme bouche n’est heureusement ni alcooleuse, ni trop élevée. Cela dit, cela coûte la bagatelle de € 115. J’échange volontiers une bouteille de La Casaccia contre deux bouteilles de Riecine di Riecine.

L’Inconnu de Saint-Emilion Grand Cru 2014: inutile de citer le nom du Domaine: ce vin n’est pas -et ne sera pas- sur le tarif d’Anthocyane. C’est dur, sec, rachitique, probablement à l’agonie. Le fruit s’est sauvé, l’aromatique résiduelle me paraît un peu impure. Aïe.

Domaines Lupier, Espagne (Navarra), El Terroir 2014, grenache 100%: ce vin est adulé par la presse spécialisée dans son pays d’origine. Il ne bénéficie malheureusement pas de la même notoriété sous nos latitudes. C’est bien dommage, parce que ce vin pyrénéen est un produit d’exception, élaboré avec de très vieilles vignes (les plus anciennes ont été plantées en 1903), en altitude (700 mètres !). Malgré l’absence de label sur l’étiquette, c’est de la biodynamie. Anthocyane a vendu le millésime 2015 avec un certain succès, mais je me demande si je ne préfère pas encore ce 2014. La pureté du fruit est magnifique, le fondu est magistral, la fraîcheur évidente et la longueur convaincante. L’esprit du pinot noir en arrière-plan. Servez ce pur grenache au milieu d’une cohorte de Châteauneuf-du-Pape -tous bien plus chers- et on verra le résultat. Je suggère de le servir légèrement rafraîchi, pour placer le curseur de l’alcool (14,5%) au bon endroit. 94 pour le Wine Advocate ex-Robert Parker. 94 également pour le Guia Peñin. Sera rapidement au tarif d’Anthocyane, au prix de € 19,50. Attention, quantités limitées.

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blanc dégustation rouge

Petits flacons – 2ème acte

La dégustation en mode pandémie. Parce que, non, je ne me résigne toujours pas à attendre que ça passe…

chaque petit flacon contient 3 cl de vin

Impossible de se rassembler autour du bar. Circonstances obligent, les petits flacons reprennent donc du service. Cela se passera le samedi 06 février.

Formule similaire à celle proposée lors de la dégustation de novembre 2020:
inscription par e-mail envoyé à anthocyane@skynet.be (le nombre de boîtes contenant les petits flacons est limité)
• enlèvement de la boîte contenant les petits flacons chez moi, le 06 février, entre 10 et 18 heures (m’indiquer si possible une heure approximative de passage)
• lors de la livraison ou de l’enlèvement de votre commande, je récupère les petits flacons rincés.

Le programme de la dégustation n’est pas encore défini, mais ce sera conforme à ce que vous connaissez: des vins européens, d’un prix compris entre € 8 et € 25. Ni bulles, ni rosés. Les vins apparaissent progressivement dans le magasin sur le site Internet. Je prévois une bonne douzaine de vins et donc autant de petits flacons par boîte.

A toutes fins utiles:

  • depuis leur première utilisation, tous les petits flacons ont été soigneusement nettoyés à 60°
  • vos petits flacons seront remplis le plus tard possible, en fonction de votre heure de passage, de façon à minimiser les risques d’altération du vin
  • je suggère de déguster au plus tard 24 heures après votre passage chez moi; dégustez de préférence samedi
  • lors de votre passage, je peux déposer la boîte directement dans le coffre de votre voiture; distanciation physique ? OK !
  • les petits flacons sont numérotés, les commentaires sont disponibles sur ce site Internet
  • chaque petit flacon contient 3 centilitres de vin: c’est largement assez pour goûter « en solo », mais c’est peu pour goûter à deux
  • n’oubliez pas qu’une température de service inadéquate et/ou un mauvais verre peuvent ruiner le meilleur vin
  • méfiez-vous d’une dégustation accompagnée de petits cubes de fromage, de noix et autres perturbateurs du goût
  • l’ordre dans lequel les vins sont dégustés peut influencer votre perception (« effet de séquence »)
  • la formule « petits flacons » n’est pas top-conviviale, mais elle présente néanmoins quelques avantages: vous dégustez au moment qui vous convient, au rythme qui vous convient, dans l’ordre qui vous convient; et vous n’êtes pas obligés de subir mon baratin…
  • autre avantage de la formule: vous pouvez choisir de déguster « à l’aveugle », sans être perturbé par une appellation, un prix, un millésime…
  • enfin, il y a un côté ludique à ne pas sous-estimer !
  • si un contre-temps vous empêche de participer, faites-moi signe rapidement de façon à ce que je puisse contacter quelqu’un sur liste d’attente
  • la boîte de petits flacons est gratuite: elle contient l’équivalent d’une demi-bouteille de (très) bon vin
  • les commandes doivent me parvenir au plus tard le mardi 09 février, directement dans le magasin (c’est le plus commode pour moi) ou par e-mail
  • pour se replonger dans l’ambiance de la dégustation « petits flacons » du mois de novembre, rien ne vaut la lecture des commentaires émis par les participants
  • questions et suggestions toujours bienvenues !
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Le partage …autrement

Samedi 14 novembre. Levé fort tôt pour goûter les 20 bouteilles. Ouf, pas de vin à problème, juste un petit doute sur le n°6. En avant pour le remplissage des 460 petits flacons. Heureusement, il y a ce petit accessoire pour doser correctement 3 centilitres (voir photo ci-dessus).

Quelques images pour partager cette expérience improbable: la dégustation en « take-away », via petits flacons. Et ci-dessous un florilège de commentaires. Merci pour votre enthousiasme et pour les différentes suggestions: on ne peut exclure qu’il faille recommencer.

Comme je suis parti à la mer pas moyen de retrouver la liste des vins. Si tu pouvais me renvoyer ton e-mail ce serait super. Pas urgent, je déguste vers 17:00. PS: je suis très impatient de déguster 👍

Ma dégustation des 20 échantillons étant uniquement axée sur l’éventuel acte d’achat (oui/non), je n’ai pas cherché à commenter en détails les vins.
Je te dirai donc simplement que ta sélection m’a plu dans la mesure où elle était une belle promenade dans plusieurs régions de la botte et leurs cépages autochtones … agréable surprise que ce pecorino !
Cependant, aucun vin n’a constitué pour moi un grand coup de cœur et donc j’ai choisi d’étaler mes achats sur de petites quantités de 4 cuvées.

Tout d’abord merci pour cette belle dégustation et pour ta créativité grâce à laquelle elle a pu avoir lieu. Bart et moi avons passé un très beau moment et avons découvert de très beaux vins. Pourrais-tu nous envoyer la liste des prix des 20 vins avec le numérotage des flacons (pour éviter toute erreur dans la commande).

J’avais de sérieux doutes sur la formule et, en ce qui me concerne, cela a été une totale réussite. J’ai dégusté comme je voulais, quand je voulais, au rythme que je voulais. Avant de commander, mon épouse est venu trancher (tu ne l’auras pas à une dégustation chez toi un samedi pour goûter 20 vins😊). Aucun problème logistique. Quantité très bonne. Un seul manque: le partage des impressions… En conclusion: à refaire. Encore merci pour cette initiative et bonne fin de weekend.

Merci pour le colis, c’est très intéressant et je trouve que les vins n’ont pas pâti du transvasement, sauf peut-être le Soave que je trouvais éteint et le Nero di Troia que je trouvais amer et asséchant. Mes préférés: le Verdicchio Umani Ronchi en blanc et le Montepulciano (et je n’avais pas vu qu’il était Tre Bicchieri 😉) en rouge . Le Barolo est remarquable de finesse (j’ai craqué pour 1 bouteille…) . Il représente +/- le prix de 1/6 de ma commande 😊. Tu trouveras ci-joint ma commande et quelques photos. J’ai goûté les 12 premiers le samedi et les 8 derniers le dimanche. PS: j’ai nettoyé toutes tes petites fioles à la main, les étiquettes sont parties.

J’ai relu tes commentaires en regardant les miens et je nous trouve assez alignés sur l’ensemble sauf pour le Chianti Istine et le Botonero…
Tu es comme toujours impressionnant dans ta façon d’organiser les choses, tu penses au plus petit détail et tout est clair : tu devrais te lancer dans l’évènementiel quand la petite bête nous foutra la paix.

Encore merci pour cette dégustation originale mais qui fait très bien le job avec les fioles, la liste des noms et le site web pour la description. J’ai trouvé mon bonheur dans 2 vins ou plutôt 1 coup de cœur pour moi et 1 coup de cœur pour ma femme. Le mien : Rivera Violante (n°10). Celui de Madame : Mamete Prevostini Botonero. Je vais donc te prendre 2 caisses de Rivera Violante et 1 caisse de Mamete. Quand voudrais-tu que je passe chez toi ? Pas d’urgence de mon côté. J’ai nettoyé les fioles et tout remis en place dans le carton que je te ramènerai quand je prendrai ma commande.

Super soirée dégustation hier soir. Nous l’avons faite à 2. Notre erreur de débutants a sans doute été de faire la dégustation en mangeant un plateau repas avec beaucoup de goûts différents…Notre avis: logistique super, peut-être prévoir la possibilité (quantité) de faire la dégustation à 2. Eventuellement même avec 2 fois moins de vins différents ou en demandant une participation financière. Super sélection de vin aussi. En tout cas les flacons sont nettoyés et prêt pour la prochaine fois !

Et bien, j’ai trouvé l’expérience intéressante. Le format a sans doute desservi certains vins (je songe en particulier aux 2 Vietti, qui étaient assez décevants). Mais dans l’ensemble, les vins goûtaient pas mal, je trouve.
Rien à dire sur l’information sur le site : c’est très complet. J’ai tout dégusté à l’aveugle … il y a donc eu des surprises, tant négatives (Vietti comme je l’ai dit, mais aussi Bucci dont j’attendais plus) que positives … En revanche, certains vins dont j’attendais beaucoup n’ont pas déçu (Istine, Valle Reale, Grifalco).

Ce genre de dégustation n’a pas que des inconvénients. En comparant tes notes avec la dégustation, j’ai pu constater que certains vins étaient plus à leur avantage que la description. Je suppose que le reconditionnement en petit flacon leur a donné le petit coup d’oxygénation qu’il fallait.
Merci en tout cas pour tout le mal que tu t’es donné. Ça nous a permis de sortir de cette torpeur vivifiante.

J’ai apprécié la navigation sur le site avec une prise de commande très claire. Alors, le coffret était très bien présenté. J’ai mis les vins blancs au frigo pour pouvoir déguster l’après-midi. La taille des flacons est un peu juste : seulement 2 bonnes gorgées mais cela suffit ; j’aurais pu laisser un peu de vin dans quelques verres mais cela en faisait beaucoup. Autrement dit, 20 verres, c’est copieux ! Tout compris (avec recherches sur le site, prise de notes), la dégustation m’a pris 2 heures, alors que je m’attendais à 1 heure. Mais au total, 2 heures agréables dans cette formule originale même si un peu tristounette, mais c’est une autre histoire. En tout cas, bravo pour ton imagination et tes bons soins !

C’était sympa comme concept. 20 étaient peut-être un peu beaucoup pour moi, et ma capacité de concentration (j’ai néanmoins beaucoup craché), mais c’était très agréable de déguster et de jouer aux échecs en même temps. Bien que je manque de blanc dans la cave, je m’oriente vers quelques rouges. Les blancs italiens ne parviennent décidément pas à me convaincre… A part là-bas, au soleil, pour l’apéro ou quelques pasta alle vongole…Voici ma commande avec mes quelques commentaires de dégustateur non spécialiste. J’ai lavé les petits flacons (à l’eau chaude, sans détergent). Mais ai oublié de décoller les pastilles. Je m’en charge si tu préfères les récupérer sans.

Félicitations pour cette initiative ainsi que pour l’organisation. Parce que c’est pas tout d’avoir l’idée mais il faut que ça suive derrière … Et tout était au rendez-vous! Packaging impeccable, les détails des vins sur le site, avec la tablette à côté des fioles, très bien. On a fait la dégustation avec Arnaud, mon fils. Avec beaucoup d’impertinence, heureusement que tu n’était pas là parce que 20 vins + ton bagout, la demi-journée n’aurait pas suffit. Ceci dit tu nous a manqué tout de même. Alors la prochaine pourquoi pas une visioconférence ? Mais il faudra trouver le bon média. Très bon choix de vins en ce qui me concerne. Il y avait suffisamment de diversité que pour y trouver son goût. Donc bravo encore.

Tout d’abord , même si le charme de la dégustation est un peu égratigné , il n’en reste pas moins que c’est une initiative chaleureuse , imaginative et qui nous a bien plu. Acheter un « pool » de bouteilles n’était pas tentant dans le sens où si un vin ne te plait pas, c’est dommage et de plus, pour les comparer ..à nous deux , cela fait trop de vin !! Les flacons sont une bonne idée. Pour deux, c’est un peu « short » mais jouable. Je me suis demandée si le nez n’en souffrait pas un peu … pas certain non plus. Bref, j’ai fait la dégustation en deux étapes car 20, c’était trop. Samedi soir, les blancs et quelques rouges . Le dimanche midi, le reste des rouges. J’ai fait mon max pour me concentrer et finalement déguster la première partie sans indication du tout. Tant qu’à faire !! Chouette, j’ai aimé les vins que j’avais déjà acheté chez toi, ouf !!  Le blanc Umani Ronchi verdicchio et le rouge Rinaldi barbera. Tu nous a grandement manqué quand même !! Les commentaires, les anecdotes , le partage , c’est tellement mieux avec ….mais année 2020 oblige, on s’adapte. J’ai rédigé ma commande il y a quelques minutes. Si par bonheur tu passes dans le coin , je suis toujours dispo pour t’offrir un verre d’eau fraîche. Sinon, nous passerons. J’ai nettoyé les flacons qui sont prêts. J’espère que tu auras un bon retour de cette expérience hors du commun.

Nous avons bu…Voici quelques commentaires et une commande ! Je trouve que l’idée des fioles, tenant compte de la situation actuelle, est très créative et a un côté sympa. Je te remettrai les fioles mais la boîte a été jetée par inadvertance…En ce qui concerne la dégustation, je ne dirais pas que l’expérience a été concluante. Nous ne savions pas si nous avions le covid (absence/faible d’odeur et de goût) ou si les fioles avaient eu un effet négatif mais cela n’a pas été concluant pour nous. Le lien avec les infos sur ton site est très bien (c’est beaucoup mieux quand tu mets les chiffres du vin concerné 😊). Peut-être que pour certains vins, tu pourrais être plus étendu sur tes perceptions olfactives et gustatives.

La dégustation était vraiment intéressante, des cépages connus et d’autres pas du tout et certains très surprenants ! Dans les préférences, je suis restée dans les cépages et goûts plus classiques, tandis que Thierry a bien apprécié les saveurs nouvelles (pecorino, gropello & marzenino). Nous avons bien aimé la formule car cela permet de gouter à son aise, assis, tout en mangeant entre différentes dégustations. L’information sur le site est complète et bien faite. Un seul petit conseil pour faciliter les recherches: mettre le numéro qui est indiqué dans le tableau Excel à côté des vins ? Je te joins notre commande de 12 bouteilles (voir tableau Excel). En tous cas, bravo pour cette chouette formule ! Nous ramènerons les petits flacons quand nous viendrons chercher la commande.

Grand merci Philippe pour tous tes efforts. Certainement à refaire.
Il faut simplement raccourcir le délai entre l’enlèvement du colis et la dégustation, car dans mon cas la plupart des vins étaient éventés déjà le soir…Ceci dit j’ai bien aimé les numéros 3, 8 , 9 , 11, et 14.

La dégustation fut éminemment intéressante surtout que j’ai fait mon choix sans regarder les étiquettes et les prix . Comme tu le sais j’ai fait cela avec ma personne de contact et étonnamment nos préférences se rejoignaient.
Très bonne formule mais qui demande de se préparer un peu à l’avance pour la logistique. En tous cas, tu devais être le seul au monde à faire goûter tes vins à autant de personnes en même temps, bravo. Merci encore pour ce moment qui brise la morosité de la vie sous covid.

Chouette initiative en tout cas. Et j’espère qu’avec mes petites commandes, je t’aide un peu dans ses temps moins évidents. Je préfère dépenser chez toi que chez Rob. 

Un peu tard mais je viens de rentrer de l’hôpital….Merci pour le bon moment que tu nous as proposé !!!! Le concept est assez original et très adapté à la situation actuelle, il manque certes d’un peu de convivialité …. et de partage. Si tu comptes re-proposer une dégustation de ce type afin qu’il y ai plus de partage entre les convives tu pourrais imaginer une dégustation en virtuel: chacun bloque 2h de son temps (certes c’est contraignant, il faut être dispo aux heures indiquées, tu partages un lien soit via zoom, soit via teams ou autre plateforme d’échange chacun à sa box de dégustation et chacun se connecte). Autre solution c’est faire une sorte de podcast (vidéo de dégustation mais ici on ne bénéficie que de ton expérience et ton analyse, elle est toujours enrichissante et pertinente mais il n’y a qu’un avis ……Concernant les vins proposés, comme tu sais j’ai un grand faible pour les vins blancs : j’ai été très agréablement surpris par le vin 3 et le 5 j’en prendrai volontiers 6 bouteilles de chaque. Concernant les vins rouges j’ai beaucoup aimé le 16 et le 18, j’en prendrai donc 3 bouteilles de chaque. Et encore mille fois merci à toi et ton épouse pour avoir rendu tout cela possible.

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4. Festival des vins d’Italie: impressions, soleil levant

Maintenant que la sélection est (quasi) définitive, voici quelques éléments, au gré de mes souvenirs et de mes émotions. Pas la volonté d’objectiver, plutôt de partager quelques impressions, par petites touches de couleur sur la toile.

Je me souviens du temps où les vins blancs italiens manquaient d’intérêt, certainement observés par le prisme des chardonnays toscans, lourds, maladroitement boisés et manquant d’énergie. Je ne me suis pas réconcilié avec ces chardonnays toscans, mais le choix est devenu beaucoup plus vaste. Les vins issus du verdicchio (Bucci, Umani Ronchi) prouvent qu’il ne faut pas importer le chardonnay pour élaborer des vins qui ressemblent aux meilleurs blancs bourguignons, du moins comparés à prix similaires.

Le garganega vénitien (Suavia) et le cortese piémontais (Coppo) peuvent également procurer beaucoup de satisfactions, à la condition qu’ils soient plantés dans les terroirs qui les révèlent. Le pecorino d’Italie centrale (Lunaria) affiche un profil bien à lui, minéral, végétal, citronné. Enfin, le vermentino sarde (Argiolas), bien connu des amateurs de vins corses, met en évidence de fins amers de fin de bouche.

Sur ce même thème, j’ai ouvert très récemment une bouteille du millésime 2010 de la cuvée Hérzu du vigneron piémontais Ettore Germano: c’est un 100% riesling qui a vaillamment traversé le temps. Très sec, plus proche du profil allemand que du profil alsacien, plein de citron vert, savoureux, tendu et encore jeune: ça ne pétrole pas. Belle surprise !

Beaucoup de flacons sont bouchés par du liège technologique, comparable au DIAM ou par des matériaux synthétiques, imitant le liège. Le bouchon classique est passé de mode; ni la capsule (une exception: le Soave de Suavia), ni le bouchage sous verre n’ont trouvé leur place. Gurrieri a choisi un bouchon très particulier, le même modèle que celui utilisé par Matthieu Barret (Cornas etc…).

Ma sélection de vins rouges met en évidence de plus en plus de produits relativement peu colorés, vraiment rouges et non noirs-violacés. C’est en particulier le cas pour les siciliens (Gurrieri, Firriato) et pour les toscans (Riecine, Istine, Canalicchio di Sopra). Cela tient forcément à un goût personnel pour les extractions modérées, mais aussi à la progression de ces vins plus infusés qu’extraits. Less is more. Quel paradoxe malgré tout d’avoir nommé mon projet ANTHOCYANE, alors que j’apprécie tant les anthocyanes modérées…

J’ai privilégié des vins de haute buvabilité, terminologie certes dans l’air du temps, mais qui me semble également se référer à un principe éternel: la recherche de l’équilibre (les funambules savent que ce n’est pas si simple à gérer) avant la recherche du « maximum » (la poussée brutale sur l’accélérateur exige moins de talent que la maîtrise du fil). Botonero, Valpolicella Speri, Torrazzo, Gricos, Casal di Serra…ont, chacun à sa façon, le talent de se rendre faciles à boire. Attention, cet adjectif qui, lorsqu’il est accolé à une fille, peut éveiller le soupçon, souligne ici la qualité de vins dont sont absentes crispations et disharmonies diverses.

Même conditionné par la lecture de bien des commentaires dithyrambiques sur la qualité exceptionnelle du millésime 2016 à Barolo et dans les limites de ma modeste expérience de ce type de vins, je constate avoir été soufflé par le Castiglione du Domaine Vietti. C’est bien sûr destiné à la garde, mais c’est déjà irrésistible ! Les 30 euros de supplément par rapport à Perbacco sont-ils justifiés ? Je crains qu’il n’y ait pas de réponse à cette question. Perbacco est en tous cas un brillant second vin !

Très content d’avoir découvert ce montepulciano de Valle Reale, présentant les Abruzzes sous un jour nouveau. Vin très personnel, belle expression du lieu dont il est issu. Impact, pour une fois favorable, du bouleversement climatique. Et la fraîcheur des Pouilles (si, si…) via Fatalone et Rivera: les appellations Gioia del Colle et Castel del Monte contrebalancent avec brio le puissant soleil local.

Je me suis vraiment bien amusé à préparer cette large sélection. J’espère avoir maintenant le plaisir de la partager avec vous !

Tous les vins sont commentés directement dans le magasin: sélectionnez « les dégustations », puis « 14 novembre 2020 ». Ou cliquez ici. Commandes jusqu’au mardi 17 novembre inclus.

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blanc dégustation rouge

3. Festival des vins d’Italie: « à la carte »

Le principe « à la carte » est simple: vous m’indiquez un nombre de bouteilles, un budget et ce que vous ne souhaitez pas. Un e-mail avec ces quelques infos et je me charge de la concrétisation. Cette commande peut être retirée le 14 novembre.

Quelques exemples d’éléments qui peuvent m’aider à vous concocter la meilleure proposition: « pas de blancs, ma cave en est pleine »; « pas de vins qui coûtent plus de €15″; « pas de toscans, je les connais bien »; « pas de vins à boire dans les deux ans, j’ai ce qu’il me faut dans cette catégorie-là »; « pas de vins avec une acidité marquée »; etc…

J’insiste: communiquez-moi surtout ce que vous ne souhaitez pas. C’est en général plus facile à exprimer de façon précise et cela ouvre le chemin vers la découverte, vers le vin auquel personne ne pense spontanément et qui se révèle à l’usage être un vrai coup dans le mille !

Les vins qui participent au Festival des vins d’Italie sont ici. Les commandes doivent me parvenir au plus tard le mardi 17 novembre.

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blanc dégustation rouge

2. Festival des vins d’Italie: le colis-découverte

Une bouteille de chaque vin, une façon maline pour déguster chez soi, avant de choisir ce que l’on a préféré.

Voici 8 rouges et 4 blancs pour faire un large et beau tour de la Botte, sous la forme d’un colis-découverte. J’ai privilégié tant la diversité des régions que celle des cépages. Equilibre entre des vins que je connais plutôt bien (le même vin, le nouveau millésime) et des nouveautés, découvertes récemment.

Il s’agit de bouteilles dont le prix à l’unité varie entre € 11 et € 19. Ces bouteilles sont disponibles individuellement dans le magasin.

  • Sicile: Domaine Gurrieri, Frappato 2019 (cépage: frappato) Rg
  • Toscane: Domaine Istine, Chianti Classico 2018 (cépages: sangiovese 90%, canaiolo, colorino) Rg
  • Basilicate: Domaine Grifalco, Gricos 2018 (cépage: aglianico) Rg
  • Vénétie: Domaine Speri, Valpolicella Classico 2019 (cépages: corvina 60%, rondinella 30%, molinara) Rg
  • Piémont: Domaine Francesco Rinaldi, Barbera d’Alba 2018 (cépage: barbera) Rg
  • Lombardie: Domaine Mamete Prevostini, Botonero 2018 (cépage: nebbiolo) Rg
  • Pouilles: Domaine Rivera, Violante 2017 (cépage: Nero di Troia) Rg
  • Abruzzes: Domaine Valle Reale, Vigneto Sant’Eusanio 2017 (cépage: montepulciano) Rg
  • Abruzzes: Domaine Lunaria, Civitas 2019 (cépage: pecorino) Bl
  • Sardaigne: Domaine Argiolas, Meri 2019 (cépage: vermentino) Bl
  • Marches: Domaine Umani Ronchi, Casal di Serra 2019 (cépage: verdicchio) Bl
  • Vénétie: Domaine Suavia, Soave Classico 2019 (cépage: garganega) Bl

Colis de 12 bouteilles, disponible dans le magasin pour commande dès à présent et jusqu’au mardi 17 novembre inclus (sauf rupture de stock) au prix de € 169. Ce colis peut être livré gratuitement (Bruxelles et les deux Brabants). Il n’est bien sûr pas interdit de venir l’enlever chez moi si vous en avez la possibilité.

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1. Festival des vins d’Italie: dégustation en « take-away »

Je m’adapte aux circonstances, voici la dégustation en take-away: vous passez chez moi le samedi 14 novembre, entre 10 et 18 heures, vous vous garez devant la maison et je dépose une boîte avec 20 petits flacons numérotés dans le coffre de votre voiture. Sitôt arrivés, sitôt repartis !

Dans chaque petit flacon: 3 centilitres d’un très bon vin italien. Remplissage artisanal par mes soins ! Vous goûtez chez vous, vous me passez commande de ce qui vous a plu, au plus tard le mardi 17 novembre.

Je livre gratuitement votre commande (minimum 12 bouteilles panachées) à l’adresse de votre choix (Bruxelles et les deux Brabants). Vous pouvez bien entendu ajouter d’autres vins à cette commande: voir magasin.

Indispensable réservation de votre boîte avec 20 petits flacons, par e-mail: anthocyane@skynet.be Les réservations sont prises en compte dans l’ordre dans lequel elles me parviennent. Ne tardez pas, le nombre de boîtes est limité.

Mise à jour: toutes les boîtes ont été attribuées.

Vous pouvez ainsi déguster à votre rythme, au moment de la journée qui vous convient le mieux, avec le verre dont vous avez l’habitude, « à l’aveugle » ou en sachant ce que vous goûtez. Mes commentaires sont joints à la boîte et se trouvent également sur le site Internet d’Anthocyane. Goûter le jour même est fortement recommandé: le vin contenu dans le petit flacon a une durée de vie limitée.

Les vins participants font partie de la liste affichée ici. Le fantastique Barolo Castiglione de Vietti fait de toute façon partie de la sélection pour les 20 petits flacons.

En résumé: dégustation « take-away », samedi 14 novembre, entre 10 et 18 heures. Sur indispensable réservation préalable. 20 petits flacons dans une boîte. Chaque flacon contient 3 centilitres d’un très bon vin italien. Les commandes doivent me parvenir au plus tard le mardi 17 novembre.

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Pierre Citerne, dégustateur

Pour qui ambitionne d’aimer le vin, la dégustation à l’aveugle offre la possibilité d’un dialogue intime avec lui, mais aussi avec soi-même, une introspection. C’est une indispensable école d’humilité, un antidote précieux au magistère pédant de certains « professionnels » de l’hôtellerie ou de la critique, qui dispensent leur science d’en haut, sans jamais se prêter à ce difficile jeu de l’aveugle où ils auraient tant à perdre et si peu à gagner.

Cette phrase forme la conclusion d’un article signé par Pierre Citerne (PC) dans La Revue du Vin de France de ce mois de septembre 2020. Cet article relate de façon très ouverte comment PC a vécu sa participation au concours « Cata por Parejas » organisé à Barcelone au début du mois de mars (juste avant le moment fatidique après lequel plus rien ne fût possible).

Dégustation par paires, donc. PC fait la paire avec Brunnhilde Claux, vigneronne en Minervois. Une phase éliminatoire en 7 vins. Une phase finale, accessible aux dix meilleures paires, en 7 vins.

14 obstacles à franchir entre l’importance de participer au concours et le triomphe pour la paire victorieuse.

PC et Brunnhilde vont se qualifier brillamment pour la finale en se frayant un chemin entre Champagne et Jerez, Condrieu du Domaine Vernay et riesling spätlese de la Moselle, Priorat catalan et Ribera del Duero castillan pour finir par un Montilla-Moriles andalou (millésime 1929). Six fois sur sept, ils goûtent juste ! Du moins pour reconnaître l’appellation. Chapeau !

Autant les vins sélectionnés pour la phase éliminatoire sont susceptibles d’être reconnus, autant ceux proposés en finale condamnent même les meilleurs à se fracasser sur les limites de leur talent et de leur mémoire.

Jugez-en par vous-même: Franciacorta de style champenois, mais malgré tout lombard. Puis s’enchaînent un Cava, un muscat espagnol de la région d’Alicante, un vin de cépage listan en provenance des Îles Canaries, un Corton-Bressandes, un Rioja en macération carbonique et un vin …chinois (produit par LVMH).

On regrettera que les vins proposés avantagent manifestement les dégustateurs espagnols, dont on peut supposer qu’ils connaissent bien les vins élaborés dans leur propre pays. 8 vins espagnols sur un total de 14, ça fait désordre. Autant savoir que l’organisateur est un acteur commercial de premier plan, basé à Barcelone. Le concours est un outil de marketing comme un autre.

La paire victorieuse est -qui l’eût cru- de nationalité espagnole.

les Açores: la pierre volcanique, l’océan et la vigne

Tout cela me replonge en hier soir, lorsque nous dégustâmes à l’aveugle 12 vins dont il finit par s’avérer qu’ils étaient tous originaires …des Açores. Une très belle sélection, en particulier les blancs secs: toniques, digestes et concentrés. Un Portugal de l’extrême ouest, encore très peu connu.

Je conserve en particulier le souvenir d’un 2018 issu du cépage terrantez do pico, salin, précis, caillouteux, très long et m’évoquant irrésistiblement le Chablis (Grand Cru).

1.667 bouteilles produites. Alcool: 12,5%. Grand vin. Anthocyane ne le vend pas.

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L’Espagne, c’est maintenant !

Il reste de la place pour participer à la dégustation de ce samedi 22 août, pendant l’après-midi.

Programme

Aspects pratiques

Inscription via https://doodle.com/poll/6sm2esksy2z4b7cd.

Vous pouvez vous inscrire jusqu’à samedi, juste avant de venir.

Les commandes doivent me parvenir au plus tard le mardi 25 août.

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accord mets & vins dégustation restaurants

1 dîner, 4 services, 17 vins (première partie)

Gloups.

Cher Monsieur, que lis-je dans ce titre ? Ne serait-ce point exagéré, voire excessif ? Est-ce bien raisonnable ? Plaidez-vous coupable ?

C’est-à-dire, Votre Honneur, que, comment dire, ça s’est passé à l’insu de notre plein gré. C’était un piège et nous sommes tombés dedans, par la faute de notre naïveté. Gambadant par le plus grand hasard dans la belle ville de Saint-Trond, nous avons été comme qui dirait sauvagement happés par un estaminet local. Lequel estaminet s’est avéré extrêmement bien achalandé en victuailles savoureuses et en boissons propres à susciter une douce ivresse. Faisant alors fi d’une modération qui, de temps à autre, commence d’ailleurs à me les briser menu, nous fûmes les victimes, à peine consentantes, d’un dîner-dégustation sobrement titré 4*4, puisque chaque plat s’est avéré accompagné par non moins de 4 vins. En n’oubliant pas l’apéro, le compte est bon: 4 services, 17 vins.

Nous étions donc ce lundi soir chez Paul, Andrea et Aurélie au Gastrobar 3 Sense, à 3803 Wilderen.

Nous avons demandé et obtenu un crachoir. Cela peut paraître incongru, voire peu compatible avec la notion de dîner-dégustation, mais goûter 17 fois de suite impose des mesures fortes, sous peine de ne plus distinguer un Beaujolais nouveau d’un Madiran pur tannat. Pour paraphraser le jargon administratif fédéral, il est fortement recommandé de faire preuve de bon sens.

L’apéro et les deux premiers accords

Apéro: Corpinnat Gramona Brut Impérial Gran Reserva 2014 (Catalogne). D’aucuns seraient tentés d’affubler ce vin du titre guère flatteur de Cava. Que non, puisqu’il s’agit ici de privilégier des raisins de haute maturité et un long élevage sur lattes (48 mois). Corpinnat, c’est en quelque sorte ce que Cava devrait être. Le style du vin est riche, crémeux et légèrement fermentaire. La bulle est élégante, douce et fondante. Belle longueur. C’est classique et plutôt consensuel. Dosage: 8 grammes. Alcool: 12%. Biodynamie. Assemblage classique: chardonnay, xarel.lo, parellada et macabeu. Il me manque néanmoins la tension minérale et le « punch ». Servir bien frais. C’était accompagné d’un petit gaspacho à l’huile de chorizo et d’une bouchée pommes de terre, anguille fumée, pomme verte.

1er service: albariño 2019 (Galice), en 4 interprétations presque’aussi magistrales l’une que l’autre. Leirana, du Domaine Forjas del Salnès, confirme qu’il est une entrée de gamme d’un très haut niveau: le nez peut sembler un peu discret, mais la bouche est d’une remarquable fraîcheur, d’une énergique tonicité. Pazo de Señorans a pour lui la notoriété et un nez explosif. La bouche m’a semblé par contre un peu en retrait: au milieu des franches acidités de ses trois concurrents, celui-ci paraît moins « éveillé ». Disons qu’il veut être copain avec tout le monde et que cela peut nuire à l’expression d’une personnalité bien à lui.

Cies est un riesling du Palatinat. Meuh non, c’est une cuvée 100% albariño de Forjas del Salnès, mais le tranchant et l’aromatique évoquent irrésistiblement la tension teutonique. Minéral, sans la petite touche exotique (ananas) caractéristique du cépage. Extrême et donc sans doute susceptible de dérouter. L’antithèse du blanc méditerranéen, un vrai vin atlantique. Quand on a appris à apprécier Leirana, il est temps de s’attaquer à Cies. Ne tentez pas le chemin inverse; enfin, vous faites comme il vous plaît. On finit avec Finca Genoveva, le haut-de-gamme de Forjas del Salnès, sous la forme d’un échantillon non-filtré, avant mise en bouteilles. C’est difficile à évaluer, mais deux qualités semblent évidentes: la concentration et la fraîcheur. Vigne pré-phylloxérique, âgée de +/- 160 ans. Production limitée à 1.800 bouteilles.

Votre serviteur, quelques albariño et toute la concentration dont je suis capable…

Le plat: gravad lax, betterave, raifort. Le gras du poisson coupé net par l’acidité des albariño: beau plat, bel accord !

Bilan: +++

Leirana 2019 (€ 16,50) participe à la dégustation du samedi 22 août. Il peut être commandé dans le magasin dès à présent. Cies 2019 (€ 19) est disponible sur demande, commande à recevoir au plus tard le mardi 25 août.

2ème service: La Vizcaina, Bierzo, mencia 2017 (Castille, aux frontières de la Galice). Une opportunité de goûter en parallèle 4 vins issus de la même appellation, élaborés avec le même cépage, issus du même millésime et vinifiés par le même vigneron, le redoutable Raùl Perez. Un pas plus loin encore: le vigneron traite les 4 récoltes de la même façon: vendange entière, vinification en foudres, élevage d’un an en barriques. Seule différence: la parcelle, pardi ! L’approche est très inspirée par la Bourgogne: le lieu-dit, sa géologie et son orientation. Une ode à la subtilité. Allons-y.

Las Gundiñas est en orientation ouest. C’est le vin qui devrait être le plus accessible dans sa jeunesse. Je repère du cacao et de la cerise, une structure tannique assez ferme, une pointe d’amertume qui ne sera peut-être pas appréciée par tous. Ensuite, voici La Poulosa, en orientation sud. Il me paraît franchement plus accessible que le précédent. Nez terreux et métallique. La bouche est juteuse, plus aimable, avec des tannins plus discrets. Pas tout-à-fait mon goût personnel, mais assez séduisant. El Rapolao est en orientation nord et ouest. Très majoritairement mencia, mais également d’autres cépages locaux: tintorera, souson, bastardo, le tout en complantation. C’est un monument à prendre avec quelques pincettes. Vin complexe, sérieux, très intense, avec ce que l’on pourrait qualifier de « végétal noble ». Sincèrement, ce n’est pas pour tout le monde. Si votre goût vous porte vers la rondeur joyeuse, vous pourriez être décontenancé. Vin de garde, à ouvrir dans 5 ans ou plus. La théorie affirme que la mencia évoque une combinaison entre pinot noir et syrah, mais je persiste à y trouver du cabernet franc. Enfin, La Vitoriana est une parcelle en orientation nord. Les plus vieilles vignes. C’est lactique, un peu animal, avec de la cerise, de l’encre, de l’encens, …Structure tannique exceptionnelle, comme si l’on mordait dans la Grande Muraille de Chine. Gros potentiel. Infanticide patenté. Doit absolument être caché au fond de la cave pour n’en ressortir que dans 10 ans.

Le plat: risotto, espadon, asperge verte. Excellent poisson, assaisonnement un peu fade. L’accord est une tentative courageuse, mais je crains que les vins n’ont même pas remarqué la présence du plat.

Bilan: +++

El Rapolao 2017 (€ 24) peut être commandé dans le magasin dès à présent. Les trois autres cuvées sont disponibles sur demande, commande à recevoir au plus tard le mardi 25 août. Le prix des 4 vins est identique.

La deuxième partie s’attachera, ô surprise, aux 3ème et 4ème services. On y abordera Priorat et Rioja, par la face sud.

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Espagne: les yeux plus grands que le ventre ?

J’ai manifestement eu du mal à choisir. Docteur, est-ce pathologique ?

J’aurais pu me contenter de la dizaine de vins qui participent à la dégustation du samedi 22 août. Mais non.

Comment résister à ce que proposent les meilleurs vignerons de Galice, de Catalogne, de Castille et d’ailleurs ? La diversité des styles est fascinante ! Il y a du franchement « sud » et du franchement « nord »: le nord-ouest de l’Espagne ressemble d’ailleurs bien plus à l’Irlande qu’à une costa méditerranéenne !

Il y a bien sûr du rouge, mais les vins blancs sont aujourd’hui du même niveau: en Catalogne, en Galice, en Andalousie, du côté de Valence les vins blancs de grande qualité pullulent. A vrai dire, je ne sais pas si un vin est susceptible de pulluler, mais vous voyez ce que je veux dire…

Vous recherchez un rouge qui puisse se comparer positivement avec bien des Châteauneuf-du-Pape ? Tentez Bellmunt, un Priorat abordable et diantrement réussi. Un blanc de la nouvelle génération, élevage en amphores et macération ? Essayez Cullerot: ce n’est pas un vin orange, mais on s’en rapproche. Des blancs dont la fraîcheur septentrionale vous esbaudirait ? Sans hésitation, Leirana (cépage albariño) et Louro (cépage godello), belle comparaison sur le millésime 2019.

Un rosé ? Oh oui, même si c’est plutôt un clarete, entre rosé et rouge: Paramos de Nicosia.

Vous aimez le sauvignon et découvrir de nouveaux cépages ? Je suggère le verdejo de José Pariente. Un Rioja moderne ? Jetez-vous sur Sela !

Des prix bien serrés, sans concession sur la qualité ? Salbide et l’andalou Dos Claveles sont proposés à € 10. Ou encore Vermell, un « rouge de rouge », puisque élaboré avec l’alicante bouschet, l’un des seuls raisins à jus rouge.

Un cépage rouge local qui ferait l’unanimité (du moins quand il est confié à des vignerons de talent) ? La mencia de Maquina & Tabla Laderas de Leonila, celle de Raul Perez: Ultreia Saint-Jacques et celle de la Vizcaina (autre projet du serial vigneron Raul Perez): El Rapolao.

Un grenache comme on en fait peu en France ? Vieilles vignes, haute altitude, bas rendements, maturité et finesse de El Terroir, chez Lupier en Navarre. Vin multi-récompensé par la presse spécialisée.

Des vins bio de la région de Valence, zone naguère peu portée sur la qualité: les choses changent grâce au Celler del Roure mais aussi grâce au Domaine Mustiguillo qui propose Mestizaje rouge et Mestizaje blanc.

Un blanc catalan, issu de vignes quinqua- et sexagénaires, d’excellent rapport Q/P ? Jetez un œil sur 3 Macabeus, du Domaine Albet i Noya, un des pionniers du bio en Europe.

Une originalité castillane, pas loin de chez Don Quichotte, élaboré par un quatuor d’œnologues volants, dans l’esprit du vin nature ? Albahra ne porte pas la moindre appellation, pas vraiment un millésime, mais cela ne le rend pas moins bon !

Enfin, un liquide élaboré dans le même esprit que le vin de qualité, mais où le raisin fait place à …l’olive. Le Domaine Roda produit dans les Îles Baléares une huile d’olive d’exception, 100% « cépage » arbequina, issue de la récolte 2019. Acidité très faible. C’est Aubocassa.

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dégustation domaine rouge

Haro Roda Sela

Je vous rassure, le titre de cet article n’est pas une incantation de magie noire. C’est juste pour faire de l’impact. Clarification suit.

La petite ville de Haro est un endroit assez étonnant, entre Castille et Pays Basque, nichée sur les rives de l’Ebre et traversée par une voie de chemin de fer. Le quartier où je vous emmène s’appelle d’ailleurs Barrio de la Estacion.

Trois Domaines de grand prestige sont installés l’un à côté de l’autre, comme s’ils souhaitaient faciliter les comparaisons entre eux: Lopez de Heredia, La Rioja Alta et Roda portent, chacun à sa façon, un large pan de l’histoire et de l’avenir des vins de la Rioja.

Plus fort, en marchant cinq bonnes minutes, on peut encore rejoindre CVNE, Muga, Gomez Crusado et Bilbainas, autres Domaines à forte notoriété. Imaginez le cruel dilemme que doit résoudre l’amateur qui sait qu’il ne pourra pas tout goûter…

Haro, Capital del Rioja …on ne peut mieux résumer !

Une telle concentration de Domaines est rare, pour ne pas dire unique. Il fût un temps phylloxérique (à partir de 1877) pendant lequel le chemin de fer a joué un rôle essentiel dans le transport des vins de la Rioja vers Bordeaux. Les vignes bordelaises ravagées par la bestiole, la solution a été d’importer des vins d’un type relativement comparable, d’une belle qualité et capables de voyager facilement: voilà comment la gare et le chemin de fer vers la France ont indéniablement contribué à la prospérité de Haro.

Une preuve ? Haro a été la première municipalité espagnole à se doter de l’éclairage public électrique, à la fin du XIXème siècle. Un luxe à cette époque. Transformer le vin en lumière, je trouve ça assez poétique !

Roda est, contrairement à ses confrères cités plus haut, un Domaine plutôt jeune, puisqu’il a été créé de toutes pièces en 1987. Il s’est rendu rapidement célèbre en secouant une certaine indolence, voire un sommeil certain: du sang neuf dans la région !

Roda a été un modernisateur de la Rioja, à l’instar des modernistes en Barolo (Elio Altare, Renato Ratti, …). Cette vision est complémentaire à celle des meilleurs traditionalistes, comme Lopez de Heredia et La Rioja Alta.

La cuvée Sela est récente: le premier millésime a été élaboré en 2008. Sela, c’est en quelque sorte le P’tit Roda, celui qui peut se boire dès sa sortie sur le marché et sans avoir dû plonger profondément dans son portefeuille.

Vignes plutôt jeunes (tout est relatif: de 15 à 30 ans), utilisation proportionnelle de la barrique. Moins d’élevage que ses grands frères Roda Reserva et Roda I Reserva. Cela dit, le millésime 2017 n’est sorti que récemment, le vin repose longuement en bouteilles dans les caves de Roda, après passage de 12 mois en barriques de différents âges.

Roda, Rioja, Sela 2017: magasin