Hier samedi dégustation de 14 vins autour du bar. Beaucoup de monde l’après-midi : mon dos, mes pieds et ma voix ont légèrement trinqué ! La soirée a été calme…
Des commentaires positifs en pagaille ce qui fait toujours plaisir, le public était manifestement content d’être là ! A ma grande satisfaction parce que la sélection était sans concession. Autrement dit, je privilégie ce qui me semble particulièrement intéressant sans chercher forcément à plaire à tous. Après deux blancs que j’ai qualifié de « gentils » (ce n’est pas péjoratif, c’est descriptif), les quatre blancs suivants étaient disons …exigeants. Des vins à forte personnalité qui racontent des histoires intenses, sophistiquées et multi-facettes. Quatre vins qui résument bien le pourquoi de ma passion et mon envie de la partager !
Plus précisément, le premier gentil s’appelle Touraine Sauvignon des Corbillières (3108) : aromatique, harmonieux, direct ; apéritif qui ne déplaira à personne ; fonctionnera fort bien avec les asperges qui pointent déjà leur nez printanier. Le deuxième gentil s’appelle Win Win (3209) et se prénomme riesling en provenance du Palatinat (Pfalz en langue locale) : aromatique, légèrement arrondi par un passage en bois, parfaitement sec ; c’est le riesling idéal pour ceux/celles qui se méfient du tranchant et de la forte vivacité de bien des rieslings allemands.
La personnalité d’Argile des Ardoisières (3222) s’exprime tout en délicatesse mais avec la vitalité du torrent. Cela fait sens considérant que les vignes sont plantées dans les coteaux pentus de la Savoie. Le Domaine des Ardoisières fait partie de l’élite savoyarde depuis plus de 10 ans.
Grand saut géographique vers le nord-ouest de l’Espagne, avec Cies Rias Baixas (3201), un vin de Galice vraiment étonnant : nez minéral et iodé (les vignes voient l’océan Atlantique), la bouche d’abord stricte et caillouteuse prend progressivement du gras et du fruit ; sans conteste un grand vin du cépage albariño.
Toujours l’Espagne avec Alegre Valgañon Rioja (3025) en bouteille transparente qui souligne sa belle couleur dorée. Vin sec, de style traditionnel, avec une pointe tannique en finale ; un bel exemple du bouillonnement stylistique qui agite la région depuis quelques années ; une comparaison audacieuse ? Eh bien cherchons du côté des vins blancs du célèbre domaine Lopez de Heredia (Viña Gravonia).
Enfin Derthona Vietti (3226), un italien de haute volée qui mérite son surnom en forme de clin d’œil : le Barolo blanc. N’hésitez pas à lire la belle histoire d’un cépage disparu et ressuscité sur le site d’Anthocyane.
On entame les rouges par un rosé foncé ou rouge clair, selon le bon plaisir du dégustateur : Teres Fatalone (3227) conjugue la richesse d’un vin des Pouilles avec une délicieuse fraîcheur ; on est très loin des primitivo lourds et fatigants ; vin gastronomique et polymorphe : il se sentira bien en compagnie d’une large série de plats.
Un pinot noir allemand et énergique Adeneuer Ahr (3210) dont le style peut évoquer certains bourguignons du côté d’Irancy, la finesse des tannins en plus. Bien sûr peu de couleur comme il sied à un pinot noir extrait avec doigté.
Je suis parfois perplexe face à la richesse en alcool des rouges du Rhône Sud ; d’où la très belle surprise La Janasse Terre d’Argile (3143), un assemblage de grenache, syrah, mourvèdre et carignan. Ce dernier cépage apporte de la fraîcheur bienvenue et donne de l’esprit à ce vin au caractère réconfortant.
Ensuite, direction Piémont pour découvrir le cépage barbera de chez Vietti Trevigne (3225) dans un profil énergique et frais, différent de celui (plus en rondeur) des vins de Rinaldi, habitués de mes dégustations. J’ai entendu quelques « oh ! » et « ah ! » qui en disent long.
Retour en France chez « le classique des classiques » en Crozes-Hermitage : Combier (3188) égal à lui-même, presqu’un archétype de la syrah aromatique et charmante, délicieuse combinaison de notes fumées, d’une vivacité qui réveille le palais et de tannins d’excellente facture.
En Espagne, je propose un autre classique : Mas d’en Gil Bellmunt (3196), magnifique Priorat grenache et carignan qui offre la typicité de cette célèbre appellation, mais aussi -et surtout- un profil construit sur la finesse (alors que bien des Priorat privilégient une extrême puissance qui me paraît inopportune).
On finit par un duo jurassien : d’abord Pignier Trousseau (3223) que j’ai le plaisir de proposer pour la première fois ; certains pouvaient craindre un effet de séquence négatif après le Priorat, mais il n’en fût rien : l’exceptionnelle finesse du fruit de ce rouge de couleur assez claire. C’est savoureux, frais, précis, floral et d’une grande élégance.
Pour finir en beauté, on enchaîne sur un autre Pignier Cellier des Chartreux (3224), 100% chardonnay élevé sous voile pendant trois ans ; style comparable à celui du Vin Jaune, en moins extrême. Ici encore, c’est la finesse qui emporte la marché, c’est bien plus qu’un vin de type oxydatif ! Très difficile de goûter autre chose après ce monument. J’espère vous donner envie ! En tous cas, je suis fier de la sélection et très heureux d’être en mesure de proposer de tels vins !
Pour des raisons logistiques, je prends les commandes jusqu’à ce mardi 12 mars inclus: dégustation de 14 vins