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Jus de Málaga

Alors, pour cette fois, un vin improbable qui se révèle assez amusant ! Le genre de surprise que j’adore. On croit qu’on sait …et rien ne se passe comme prévu. La gauche est à droite, le sud est au nord. Rationnel ou irrationnel ?

Commençons par le commencement: ce vin s’appelle La Ola del Melillero et il est aussi blanc qu’andalou.

« La Ola » on connaît bien depuis la Coupe du Monde de football au Mexique en 1986: les spectateurs se lèvent et s’assoient en rythme. Ensemble ils forment une vague. Donc, la vague.

« Melillero » est dérivé du nom d’une enclave espagnole sur le côte africaine: Melilla (on connaît mieux l’autre enclave, Ceuta, pour des raisons migratoires). « El Melillero » est le surnom donné au bateau TGV qui relie quotidiennement Melilla à Málaga: à 19h30, le bateau freine et provoque une vague bien connue de ceux et celles qui bronzent sur les plages locales. L’étiquette du vin représente la scène, sous une forme carrément vintage.

Baigneuse vintage, légèrement apeurée, confrontée à la vague créée par le bateau…

Voilà pour la couleur locale. Et dans le flacon ? Un instant, donnons-nous encore quelques secondes pour observer l’étiquette: cépage = pedro ximenez; alcool = 11%. Cocktail surprenant, sachant que le pedro ximenez est connu pour être à l’origine du Sherry (très) doux, vin de couleur (très) sombre, muté, avec un taux d’alcool (très) élevé. On y revient plus bas.

Victoria Ordoñez (et ses fils) prennent le parti de faire les choses différemment: La Ola del Melillero 2018 est un blanc pâle, sec et léger.

Le nom de l’appellation « Sierras de Málaga » rappelle que, malgré la présence massive de la mer, le relief est escarpé, avec des altitudes grimpant jusqu’à 1.000 mètres et avec des pentes vertigineuses jusqu’à 75%. Les six parcelles de pedro ximenez qui sont à l’origine de ce vin, sont âgées de 30 à 150 (sic) ans. C’est une viticulture de montagne qui impose beaucoup de travail manuel et l’aide précieuse de mules.

En dégustation, le nez est aromatique, sur la poire. Des épices apparaissent progressivement. On se dit que le vin pourrait être moelleux. Erreur ! La bouche est sèche, fluide et fraîche. Cette fraîcheur est mystérieuse parce que l’acidité est plutôt basse et qu’il n’y a aucune amertume. Peut-être une nuance mentholée ? L’alcool est discret (11% …en effet), cela confère une grande légèreté à ce vin surprenant, quelque chose d’aérien. J’intellectualise sans doute, mais cet Ola m’évoque subrepticement un Sherry Fino non muté (je sais, ce n’est pourtant ni le même cépage, ni le même élevage).

Aucun boisé n’est perceptible (pour le style crianza, l’appellation Sierras de Málaga impose néanmoins un passage sous bois de 6 mois, lequel a donc été bien géré).

La Ola del Melillero 2018 est un vin différent, spécial, gentil. Il ne tente pas de s’imposer par la force, il joue une petite musique douce non-dénuée de charme.

Victoria Ordoñez, Sierras de Málaga, La Ola del Melillero 2018 est disponible dans le magasin.

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La Colombière est en pleine forme !

Un vin proposé par Anthocyane au printemps 2013. A l’époque où j’importais directement les vins de France, en l’occurrence de Fronton, appellation proche de Toulouse, spécialisée dans le cépage négrette.

Quelques bouteilles de ce Coste Rouge 2010 avaient pris le chemin de ma cave personnelle et la dernière d’entre elles a été bue hier soir. Cela se vendait € 13 et je confirme que ça les valait bien !

Le vin a évolué avec grâce, conservant une chair goûtue et un équilibre impeccable. Très savoureux et d’une finesse que l’on n’associe pas forcément aux vins du Sud-Ouest. C’était -déjà- un vin issu de raisins de l’agriculture biologique et c’était signé par les vignerons amoureux, Philippe et Diane Cauvin.

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Marcel Lapierre, millésime 2020

Lyon est une ville arrosée par trois grands fleuves: le Rhône, la Saône et le Beaujolais.

D’abord, les Raisins Gaulois: que le temps passe vite: je me rends compte que je ne vous ai plus proposé cette cuvée de jeunes vignes depuis le millésime … 2015. Bon, on rattrape le temps perdu là, maintenant, tout de suite: voici 2020 et glou et glou et glou !

Il y a des vins pour analyser, converser, débattre. C’est très bien, je ne pourrais d’ailleurs pas m’en passer. Et il y a des vins pour faire la fête, rire et trouver que ce monde a, malgré tout, des côtés attachants. En fait, de novembre à Pâques, on picole le Beaujolais Nouveau (attention, le bon Beaujolais Nouveau !) et à partir de Pâques, on passe aux Raisins Gaulois. C’est croquant, fruité et tellement souriant.

Ne stockez pas en perspective de l’été 2022, c’est fait pour avoir été bu avant que 2021 ne nous quitte.

Moyenne d’âge des vignes: 15 ans. Géologie granitique, vendanges manuelles. Elevage bref, en cuves inox (pas de bois). Légèrement sulfité uniquement à la mise en bouteilles.

Ensuite, le Morgon: que de violettes, que de cerises ! Ce Morgon incarne une certaine idée du vin et cela depuis bien longtemps: ici, le bio est une évidence, au point de ne pas le mentionner sur l’étiquette. La vinification sans soufre a été testée par le Domaine dès 1981: 40 ans d’une précieuse expérience vous contemplent depuis les collines du Beaujolais !

Mais pas d’intégrisme: le Domaine donne le choix à ses clients entre une cuvée 100% sans soufre ajouté (en insistant que ces vins sont fragiles et qu’ils doivent être conservés dans des conditions idéales) et une cuvée « S », légèrement sulfitée à la mise en bouteilles, de façon à protéger le vin contre les variations de température. Pour savoir quelle cuvée vous dégustez, repérez la présence du « S » sur la contre-étiquette, en bas et à gauche. Ou son absence.

Dès 2004, Marcel est rejoint sur l’exploitation par son fils Mathieu. Sa fille Camille s’y met à son tour en 2013. Marcel s’est éteint il y a une dizaine d’années, mais il a eu le temps de la transmission.

Certaines années, le Domaine propose une cuvée haut-de-gamme, avec le millésime en chiffres romains. C’était par exemple le cas en 2019. Mais pas en 2020, ce qui signifie que la cuvée classique est enrichie par les raisins qui auraient été utilisés pour la cuvée haut-de-gamme.

En dégustation, le vin se révèle, comme d’habitude, d’un fruit considérable et d’une grande densité de matière. La finale est légèrement plus tannique qu’en 2018, mais pas au point de désorienter qui que ce soit. J’apprécie aussi beaucoup la finale de ce 2020 qui laisse apercevoir que, au-delà du grand fruit, il y a une vraie minéralité. C’est très bon maintenant, mais quelques années de cave peuvent s’avérer très sympathiques pour redécouvrir ce vin sous un autre angle. Cela dit, cachez bien les bouteilles destinées à la garde, parce que la tentation du tire-bouchon vous guettera en permanence ! Chacun ses goûts et ses couleurs, mais je ne connais PERSONNE qui n’aime pas ce vin.

Moyenne d’âge des vignes: 70 ans. Géologie granitique, vendanges manuelles (parfois en deux passages successifs, pour récolter à la maturité optimale de chaque grappe), macération semi-carbonique, sans levurage ni SO². Elevage bref, en pièces de 216 litres.

Marcel Lapierre, Raisins Gaulois, Vin de France 2020 et Morgon 2020 sont disponibles dans le magasin.

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Pinot noir de l’extrême

C’est une histoire un peu compliquée qui mêle géographie germanique et romantisme en terres de raisin.

Benedikt Baltes est un jeune homme, fils d’une famille vigneronne et originaire de la vallée de l’Ahr, un haut-lieu du pinot noir en Allemagne. Sa famille possède un Domaine qui lui reviendra un jour. Entretemps, une irrésistible envie d’aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte le conduit, après divers détours, en Franconie, sur les rives du Main. En 2010, il y rachète un Domaine (Weingut Stadt Klingenberg) un peu tombé dans l’oubli et le marque de son empreinte en le rebaptisant à son nom dès que les vins traduisent sa vision. Il produit 90% de pinot noir, aussi un petit peu de riesling et de müller-thurgau pour faire joli. Le vignoble est fantastique pour qui a l’envie et la force de travailler sur des pentes vertigineuses.

La notoriété et le succès sont très vite au rendez-vous. La « patte » de Benedikt change radicalement le niveau des vins. Je découvre ces vins avec le millésime 2014: bien et mieux que bien, mais pas totalement convaincant. Et puis voici venir le millésime 2015: c’est un triomphe ! Des pinots noirs d’exception qui offrent à peu près tout ce que l’on peut espérer recevoir. La presse spécialisée s’enthousiasme, à raison.

Mais voilà que Benedikt et Julia (Bertram), vigneronne dans la vallée de l’Ahr, décident d’unir leurs destinées. La tentation est alors forte de réunir le vignoble familial Bertram et le vignoble familial Baltes et de créer ainsi un grand Domaine en vallée de l’Ahr.

Dégât collatéral: Benedikt peut difficilement en même temps gérer son Domaine en Franconie et cogérer un Domaine dans la vallée de l’Ahr: près de 250 kilomètres séparent en effet les vignobles. Donc, Benedikt revend le Domaine qu’il a à peine eu le temps de reprendre. Aujourd’hui, ce Domaine en Franconie a été rebaptisé par ses nouveaux propriétaires en Weingut Steintal. Benedikt est consultant auprès de son ex-Domaine.

En 2017, j’avais choisi de proposer à la vente la cuvée Grossheubach Alte Reben, issue du millésime 2015. Mais j’avais déjà repéré une autre cuvée de très haut niveau: Klingenberg Alte Reben R (avec « R » pour « Réserve »): celui-ci était fabuleux, mais sa dégustation ressemblait alors à un infanticide auquel je refuse habituellement de me livrer. Bref, il fallait attendre, faire preuve de patience, donner au vin le temps qu’il faut.

Et donc, je viens de goûter à nouveau, 4 ans après ma dégustation initiale. Très heureux de constater que le bébé s’est transformé en un jeune adulte en pleine possession de ses moyens: nez subtil, poivré et épicé; bouche de haut vol, pleine et aromatique, tannique mais peu boisée, minérale à souhait. C’est plus Gevrey que Chambolle. Du caractère et de l’expressivité.

Je reconnais qu’il faut un peu d’audace pour acheter un pinot noir de Franconie, élaboré par un Domaine qui n’a eu que quelques années d’existence. Mais je suis prêt à parier que les audacieux seront aussi convaincus que je le suis.

Quantités super-limitées, l’importateur doit en avoir encore une douzaine de flacons.

Terrasses escarpées dans le village de Klingenberg. Klingenberg se situe sur la rivière Main, en aval de Würzburg et en amont de Frankfurt (là où le Main se jette dans le Rhin). On est dans l’extrême ouest de la Franconie viticole. Administrativement, c’est la Bavière, mais on s’en fiche.

Terroir de roche sableuse rouge (« Buntsandstein »), en exposition sud. Vignes de 50 ans et plus. Rendements limités à 30 hectolitres par hectare.

Vendanges manuelles, égrappage à 100%, levures indigènes. Elevage de 15 mois en fûts (20% de fût neuf).

Benedikt Baltes, Franken (Allemagne) Klingenberg Alte Reben R 2015 est disponible dans le magasin.

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Corse, épisode 2: Antoine-Marie Arena

Sur la table du dîner, deux bouteilles se toisent. Elles se jaugent. Elles se connaissent bien pourtant, vu qu’elles sont nées dans la même cave, celle de la famille Arena à Patrimonio (nord de la Corse, entre Bastia et le golfe de St-Florent).

Les étiquettes de ces deux vins blancs sont sœurs, San Giovanni 2019 à gauche, Hauts de Carco 2019 à droite. Même vigneron, Antoine-Marie Arena fils d’Antoine Arena, même millésime, même appellation et même cépage, le vermentinu. Et deux vins au profil radicalement différent. On y reviendra.

Depuis 2014, le Domaine d’Antoine Arena s’est multiplié: le papa et son épouse ont conservé les vignes qui sont à l’origine de Morta Maïo, de Carco et du Muscat du Cap Corse. Leur fils aîné, Jean-Baptiste, est en charge du terroir de Grotte di Sole et leur fils cadet, Antoine-Marie donc, élabore entre autres les vins issus des Hauts de Carco et de San Giovanni.

Antoine-Marie Arena

On sait que certains restaurants étoilés essaiment et reçoivent des étoiles gastronomiques pour plusieurs lieux. Risquons alors une comparaison, puisque la famille Arena cumule 5 étoiles dans l’édition la plus récente du Guide vert de la RVF: ** pour Antoine, * pour Jean-Baptiste et ** pour Antoine-Marie. Jolie performance familiale, on se croirait chez les Borlée !

Le Domaine est certifié en bio, mais il choisit de ne pas le mentionner sur les étiquettes. Les doses de sulfites sont faibles, voire très faibles.

En dégustation, San Giovanni est un vin élancé, vif, au nez bien ouvert sur les agrumes et les herbes aromatiques. A l’aveugle, on pourrait penser à un albariño de Galice ou à un sauvignon de Styrie. Difficile de reconnaître un vin du sud, vu l’équilibre basé sur 12% d’alcool; difficile de reconnaître le vermentinu, en l’absence quasi complète des petits amers qui signent habituellement ce cépage. De fait, un très beau vin du sud pour ceux et celles qui préfèrent les vins du nord. Jeunes vignes, plantées par Antoine-Marie en 2013, élevage en cuves inox (pas de bois).

Le lendemain: le nez tangue entre minéralité et citron confit. Un instant, je pense à un riesling tendance Germanie. C’est énergique et appétissant ! Quelques petits amers apparaissent et contribuent au punch de cette cuvée.

Hauts de Carco est incontestablement plus riche, plus charnu, plus bourguignon en somme. L’aromatique est sur les agrumes (mandarine), la structure est aussi riche que fraîche. Grande concentration et texture qui fait penser à un élevage sous bois.

La richesse du vin n’est pas celle conférée par l’alcool (12,5%): c’est l’extrait sec qui mène la danse ! Quelle densité, quelle profondeur et quelle longueur ! Ce vin évoque, plus fort que San Giovanni, le lieu dont il est issu. Vignes âgées d’une bonne quinzaine d’années, élevage de 8 mois en demi-muids (contenance: entre 500 et 600 litres). Cette dernière précision m’a été fournie par Sandra Arena, que j’ai contactée parce que l’information disponible sur Internet ne me paraissait pas fiable.

Le lendemain: toujours bourguignon, dans le meilleur sens du terme. Au-delà des agrumes, de la pêche. C’est un vin majeur, le fameux « équilibre haut » qui combine beaucoup de tension minérale et beaucoup de matière.

En déposant les deux verres vides, j’ai philosophé un peu… Il me semble que la personnalité du vigneron et la vision du vin qu’il veut faire imprègnent profondément ces deux cuvées. Une comparaison me vient à l’esprit: Marjorie Gallet au Roc des Anges (Roussillon). Intuitivement, je pense que ces deux-là s’entendraient bien.

Antoine-Marie Arena, Patrimonio, San Giovanni 2019 et Hauts de Carco 2019 sont disponibles dans le magasin.

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Bourgogne, Domaine François Raquillet

Celui qui est à la recherche d’un très bon Bourgogne blanc d’un prix raisonnable se dirige naturellement vers le Nord, dans le Chablisien ou vers le sud, dans le Mâconnais. Mais la recherche d’un très bon Bourgogne rouge, de prix raisonnable, tout ce qu’il y a de pinot noir, requiert une autre boussole. Mettons le cap sur Mercurey, en Côte chalonnaise. On n’est pas si loin de Puligny-Montrachet et de Santenay, mais ce n’est plus la Côte d’Or. La ville, c’est Chalon-sur-Saône, pas Beaune.

Mercurey, dans la zone colorée en vert, à la latitude de Chalon-sur-Saône

Le Domaine François Raquillet est solidement planté dans le vignoble de Mercurey, puisque François incarne la 11ème génération. Lui et son épouse Emmanuelle dirigent le Domaine depuis 1990. Leur fille Jeanne les a rejoints récemment. Ils sont à la tête de 14 hectares de vignes dont un peu plus de 3 hectares en premier cru. Un peu de chardonnay pour le Mercurey blanc, beaucoup de pinot noir pour le Mercurey rouge. 8 vins rouges et 4 vins blancs, tous en appellation Mercurey.

Le Domaine est réputé constant (on tire le meilleur de chaque millésime) et cohérent (on tire le meilleur de chaque parcelle). On vendange tout à la main et les raisins ainsi récoltés sont égrappés à 100% (pas de rafle dans la cuve). Pas de levurage, on fait confiance au talent des levures indigènes, naturellement présentes sur la peau des raisins et dans la cave de vinification.

Passage en bois pour tous les vins, roulement en 3 ans: un tiers de fûts neufs, un tiers de fûts d’un an et un tiers de fûts de 2 ans. Chaque vin bénéficie de la proportion de fûts neufs qui convient à son tempérament.

Je crois pouvoir affirmer que nous sommes ici au pays de la tradition assumée: il ne s’agit pas d’attirer la lumière sur soi par le coup médiatique ou par l’utilisation de je ne sais quelle amphore révolutionnaire. Les étiquettes sont minimalistes, même si elles prennent un léger coup de jeune à partir du millésime 2019.

Le Domaine se pare d’une * dans le guide vert de la Revue du Vin de France, édition 2021. Il fait ainsi partie des 3 ou 4 meilleurs domaines sur l’appellation Mercurey.

Deux vins rouges issus du millésime 2018 pour vous mettre en appétit: le Mercurey Vieilles Vignes et le Mercurey 1er cru Les Vasées. L’un et l’autre partagent un profil avenant, d’approche plutôt aisée: d’autres crus se présentent plus sérieux et plus austères.

Vieilles Vignes est en effet issu de vignes âgées en moyenne de 60 ans. On vise le fruité, la suavité et la gourmandise. Impact du bois limité au strict nécessaire: 20% de fûts neufs, pendant 12 mois. D’expérience, le vin atteint son apogée en 5 ans. On peut le garder 8 ans, plus longtemps me paraît sans grand intérêt.

Les Vasées sont également issues d’une vigne de 60 ans, en exposition sud. C’est, année après année, une parcelle précoce, vendangée avant les autres. C’est le 1er cru le plus souple dans la gamme: densité, éclat et profondeur. 30% de fûts neufs, pendant 12 mois.

Domaine François Raquillet, Mercurey Vieilles Vignes 2018 et Mercurey 1er cru Les Vasées 2018 sont disponibles dès à présent dans le magasin.

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Corse, épisode 1: Abbatucci

C’est fait, je prends le maquis. A moi la myrte, l’arbousier et l’immortelle.

Les meilleurs vins corses sont décidément fascinants, en particulier via leur capacité à conjuguer le sud et le nord en une seule bouteille.

Prenez par exemple le millésime 2019 de la cuvée Faustine du Domaine Comte Abbatucci: ce blanc issu du cépage vermentinu commence dans le sud: le premier nez, plutôt floral, évoque la pêche et l’anis. La première gorgée est terriblement minérale, « nordiste », comme si Chablis et Sancerre avaient migré vers la Méditerranée. Le vin est d’abord délicat et réservé, avec des amers d’une grande élégance. Progressivement, il y a complexité à tous les étages, avec du pamplemousse et du caillou qui jouent au ping-pong et la bouche qui prend du poids, de l’intensité, de la richesse même. Plus tu le goûtes, plus il te goûte ! Ce vin commence timide mais assume graduellement avec autorité. Comme souvent, une première gorgée rapide ne permet pas de percevoir tout le potentiel de la bête. La patience est plus que recommandée, elle est grandement récompensée.

Complexe, long, équilibré, original, d’une belle intensité, que nous faut-il de plus ? Seul possible bémol: si vous êtes vraiment en froid avec l’amertume, il se pourrait que cela nuise à votre plaisir.

Pour l’anecdote, je déguste alors que, dehors, en ce début avril, les giboulées, la grêle et la neige s’en donnent à cœur joie. M’étonnerait pas de voir passer un renne dans le jardin…Moi qui m’attendais plutôt à un cochon noir…

Le Domaine Comte Abbatucci est classé *** par le guide de la Revue du Vin de France, privilège partagé en Corse uniquement avec le Clos Canarelli. Le Domaine se situe à Casalabriva, au sud-est d’Ajaccio, en pleine pampa. Euh … en pleine vallée du Taravo. Les vins sont commercialisés en Vin de France et élaborés en biodynamie (depuis le millésime 2000), certifiée par Biodyvin et par Demeter.

Les cépages sont classiquement corses: vermentinu en blanc, sciacarello et nielluccio en rouge. En complément, le domaine abrite un conservatoire de 18 vieux cépages corses, aux noms poétiques: barbarossa, biancone, morescola, carcajolo, …

Les grandes cuvées du Domaine, produites en fort petites quantités, sont nommées en fonction des titres que portaient les ancêtres du vigneron, Jean-Charles Abbatucci: le Ministre Impérial, le Diplomate d’Empire, le Général de la Révolution. Allusions à l’épopée napoléonienne assumées et absolument non fortuites !

Le Faustine blanc 2019 provient d’un terroir complexe (granit, sable, limon) et de parcelles en exposition nord. Vignes d’un âge moyen de 40 ans. Vendanges manuelles, levures indigènes, élevage en cuve inox (pas de bois).

Comte Abbatucci, Vin de France Faustine 2019 (vermentinu) est disponible dans le magasin.

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Vinha Grande: classique et chic

Avez-vous entendu parler d’un vin mythique nommé Barca Velha ? Créé en 1952, il est souvent considéré comme l’égal du Vega Sicilia espagnol. Le sommet de ce que le Portugal propose en vin rouge sec.

Ce Barca Velha n’est commercialisé que dans les meilleurs millésimes: sauf erreur, le millésime le plus récent est 2011. Le 2008 et le 2004 ont également été élaborés. A mon grand regret, je n’ai jamais eu l’occasion de vérifier si le mythe est à la hauteur des attentes. Vu le prix demandé pour les rares bouteilles disponibles (plusieurs centaines d’euros), ce n’est pas vraiment surprenant.

Le Domaine qui se cache derrière Barca Velha, c’est la Casa Ferreirinha dans le Douro. Gamme large, dans toutes les catégories de prix, du petit vin sans prétention à la cuvée de luxe. Mettre la main sur le meilleur rapport qualité/prix est un exercice amusant. A ce petit jeu, c’est la cuvée Vinha Grande qui tire le grolleau *.

*: Jeu de mots de type ampélographique, qui tente de faire sourire le lecteur en mélangeant allègrement le gros lot et le cépage ligérien homophone. Bon, pouf-pouf, revenons-en à notre Vinha Grande.

Vinha Grande 2018 est un vin classique, dans le meilleur sens du terme. Il évoque tant St-Emilion que la Rioja. Robe dense, avec des reflets violacés. Il y a du café, des épices et du jambon fumé qui complètent le grand fruit (prune). Le style est plein, rond et savoureux. Tant l’alcool (14%) que le boisé (barriques usagées pendant 12 mois) sont gérés avec maestria. Belle finale, longue et harmonieuse. Vin en demi-puissance, qui trouve le bon équilibre entre concentration et buvabilité. Si dégusté jeune, je suggère un passage par la case « carafe ».

Cépages ? Un classique de la région assemblant tinta roriz, touriga franca, tinta barocca et touriga nacional. Je me souviens d’une époque où le Douro a tenté de se faire une place sur le marché des vins mono-cépages, mais ce n’était vraiment pas en ligne avec la tradition locale.

Je pense que ce vin, un peu cachotier, est capable de se faire passer pour un membre de la famille des liquides prestigieux qui se négocient à un prix bien plus élevé. Autrement dit, Vinha Grande vous en donne pour votre argent.

Pour l’anecdote, le Domaine fournit une information, habituelle voire obligatoire dans l’alimentaire mais plus que rare dans le monde du vin: un verre de 10 centilitres contient 85 kilocalories. Oubliez rapidement ce que vous venez de lire…

Casa Ferreirinha Vinha Grande 2018 est disponible dans le magasin.

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Domaine de l’Hortus

Nostalgie. Le Domaine de l’Hortus (Languedoc, Pic-St-Loup) incarne ma découverte des vins du Languedoc. Je veux dire: 1995. Il y avait Mas Jullien, L’Aiguelière et Le Mas de Daumas Gassac. Aupilhac pointait le bout de son nez. Et il y avait donc le Domaine de l’Hortus, en rouge d’abord (syrah, mourvèdre et grenache), en blanc ensuite (chardonnay, viognier et … sauvignon).

Avec le temps, de très nombreux nouveaux domaines intéressants ont fait leur apparition: le Languedoc est aujourd’hui une région « noble », au même titre que la Loire ou l’Alsace. Personne n’aurait imaginé cela pendant les années ’80 du siècle dernier.

L’Hortus est progressivement passé sous mon radar, au point qu’Anthocyane ne l’a que fort peu proposé: quelques cuvées du millésime 2014 et puis c’est tout. Je me souviens avoir estimé que Grande Cuvée -en blanc- était trop ostentatoire, trop riche et trop boisée. Je l’ai moins souvent goûtée, parce que ce préjugé me poussait à goûter autre chose.

Yves et Martin, les fils de Jean Orliac

Remerciements donc à l’importateur qui a insisté pour me faire déguster Grande Cuvée en millésime 2019: le vin est certes à l’image de son assemblage (chardonnay 70%, viognier 30%) et de son élevage (chardonnay en fûts), mais la fraîcheur équilibre à présent la volupté. Le viognier est élevé dans l’inox et c’est une bonne idée. L’impact du bois a été réajusté: les nuances beurrées sont certes présentes, mais elles participent à présent à un tout cohérent, fruité, très aromatique et plein de saveurs. Selon certaines sources, quelques grappes de petit manseng auraient même pu se fondre dans l’assemblage…

Domaine de l’Hortus, Grande cuvée 2019 (blanc) est disponible dans le magasin.

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Le Pas de l’Escalette: nouveau millésime

J’ai eu l’occasion de participer la semaine dernière à une dégustation des vins du Pas de l’Escalette (Languedoc, Terrasses du Larzac) en blanc, rosé et rouge.

Le Domaine de Julien Zernott et Delphine Rousseau est à présent solidement installé dans le -très- haut du panier des vins du sud de la France : ** dans l’édition la plus récente du guide vert de la Revue du Vin de France. Le Domaine est en bio et en biodynamie, certifiée par Biodyvin.

6 vins ont été goûtés et évalués. Une seule petite déception, la cuvée Les Clapas en rouge, que je trouve un peu dure, peut-être marquée à l’excès par la vendange entière (à revoir lorsque le temps aura arrondi les angles). Les 5 autres flacons m’ont beaucoup plu !

La dégustation:

Ze Rozé 2020: grenache-cinsault-carignan, élaboré en pressurage direct, comme un vin blanc, d’où une couleur très pâle. Le vin est raffiné, précis et délicat. Jolies nuances de pamplemousse, minéralité/salinité de haut vol. C’est trop subtil pour le barbecue, mais ouvre plein de perspectives pour accompagner un repas plus sophistiqué. Le nom donné à la cuvée ne m’a jamais convaincu, mais c’est bien mon unique bémol. Ce rosé est un excellent vin avant d’être un excellent rosé.

Les Clapas (blanc) 2019: grenache blanc-carignan blanc, grenache gris-terret bourret, typiquement le vin qui fait la synthèse entre le nord et le sud. La fraîcheur est magistrale, pas d’amers pour suppléer à un éventuel déficit en acidité. Le nez est sur la réserve. Le vin plaira d’abord à ceux et celles qui apprécient les vins plutôt « intériorisés », comme par exemple les vins du Domaine Huet (Loire, Vouvray). Révèle progressivement sa complexité dans le verre: le dégustateur pressé va passer à côté ! Pas de flirt dangereux aux limites de la maturité. Oui, vraiment, une belle synthèse nord/sud !

Les Petits Pas 2020: grenache-syrah-carignan, intéressante comparaison avec 2019. Autant le millésime précédent était construit sur la finesse et la fraicheur, autant ce 2020 joue la carte de la rondeur (13,5% … pas plus), explose de fruité (fruits noirs) et assume pleinement sa capacité de plaire à un large public. C’est irrésistible, comme il se doit pour une cuvée d’entrée de gamme. Attention, le vin n’est pas encore à la vente (mais des bouteilles du millésime 2019 sont encore disponibles).

Ze Cinsault 2019: cinsault 100%, précis, épicé et fin. Goûté après Les Clapas (rouge), il surclasse celui-ci: plus d’élégance, belle longueur, grande qualité des tannins. Style plus proche de 2017 que de 2018. Démonstration très convaincante du potentiel d’un cépage un peu négligé et parfois cantonné à la production de vins rosés. Toujours cette fraîcheur qui signe les vins du Domaine: les bienfaits de l’altitude, le Languedoc aux confins du Larzac.

Le Pas de D. 2019: carignan-grenache-cinsault, ma cuvée préférée du Domaine cette année encore. Chez les personnes sensibles, le raffinement des nuances florales peut faire couler une larme de bonheur. La texture est suave et soyeuse, sans concéder quoi que ce soit sur le terrain de la fraîcheur. Le jus est énergique et dense. J’irais jusqu’à affirmer que le jus énergique …danse ! S’il ne fallait en choisir qu’un seul (au Grand Architecte ne plaise), ce serait ce Pas de D. Le vin porte l’initiale de sa créatrice Delphine avec fougue et brio.

Les vins du Pas de l’Escalette sont disponibles dans le magasin

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La Madone: volcan !

Le Domaine de La Madone se situe dans l’aire d’appellation Côtes du Forez. D’un point de vue viticole, cette appellation appartient à la Loire. Les sources de la Loire jaillissent à proximité et nous sommes dans le département de la Loire (préfecture: St-Etienne). Cela dit, on a souvent pris le raccourci de limiter la Loire du vin à ce qui se passe entre Muscadet et Sancerre/Pouilly-Fumé, via Anjou, Saumurois et Touraine.

Une fois parvenus à Sancerre, pour rejoindre le Domaine de La Madone, il faut reprendre la route plein sud et rouler pendant …250 kilomètres avant de rejoindre le village de Champdieu, là où est installé Gilles Bonnefoy, le vigneron. Disons qu’il s’agit d’une autre Loire, géographiquement proche du Massif Central. Un autre rapprochement fait du sens: le Beaujolais avec lequel les Côtes du Forez partagent l’usage du cépage gamay.

des pentes vertigineuses…

Poursuivons encore dans notre approfondissement du folklore local: l’appellation Côtes du Forez ne s’applique qu’aux vins rouges et rosés. Pour les blancs, c’est Urfé qui prend le relais. Je ne suis pas sûr que cela facilite la tâche du consommateur.

C’est avec le millésime 2012 qu’Anthocyane a entamé la vente des vins du Domaine de la Madone. Depuis, je n’ai fait l’impasse que sur le seul millésime 2016, non parce qu’il aurait été décevant, mais parce que je n’avais pas trop la tête dans le vin lorsque ce millésime a été commercialisé.

Gilles Bonnefoy, vigneron sur volcan

Gilles Bonnefoy est un type sérieux et très déterminé: il savait que convaincre la presse spécialisée serait une entreprise de longue haleine. Le Forez c’est un Far-West au-delà duquel il n’y a plus rien si ce n’est un gros paquet de volcans éteints. Il a fallu être patient, mais, dans son édition 2020, le guide vert de la Revue du Vin de France présente enfin le Domaine, avec des commentaires très positifs. Un an plus tard (édition 2021), c’est la consécration, via une première étoile.

Le choix du bio a été effectué dès 2001 et la biodynamie est d’application depuis 2008.

Les mises en bouteilles se font de manière précoce, avec un très léger sulfitage, l’élevage des rouges s’effectue exclusivement en cuve inox, les vins du millésime 2020 sont déjà disponibles et c’est donc le moment de les présenter.

En blanc, la Roussanne de Madone 2020. On associe généralement le cépage roussanne à la vallée du Rhône (où elle est souvent assemblée avec la marsanne) ou à la vallée de l’Isère (en appellation Savoie Chignin-Bergeron). Voici la version forézienne: vignes plantées en 2001 dans 100% de roches volcaniques sur le flanc du volcan de Purchon, exposition sud, pente de 45%. Au sommet, la statue de la madone veille sur le village de Champdieu depuis 1875.

En dégustation, le vin ne peut cacher une mise en bouteilles récente: la fougue de la jeunesse l’emporte sur l’harmonie de la maturité. Il me semble qu’il faut lui donner un peu de temps pour se mettre en place. Mais c’est déjà délicieux ! Nez complexe, floral et légèrement miellé, puis fumé comme un pinot gris (agrumes). La bouche commence sur un beau volume en rondeur joyeuse avec de la pêche; progressivement, le vin s’étire vers une finale minérale assez stricte. Quelques amers. contribuent à la tension. Forte personnalité. Pour dompter cet animal, une certaine expérience des vins hors normes sera précieuse.

En rouge, la Mémoire de Madone vieilles vignes 2020. Vignes de 50 ans, 100% gamay, plantées dans 100% de sol volcanique. Rendements limités à 25 hectolitres par hectare. Vendanges manuelles, mise en bouteilles fin janvier 2021.

En dégustation, le vin se montre d’abord réservé puis de plus en plus intense sur des notes fumées et de la cendre. L’équilibre est parfait, la qualité des tannins magistrale, la longueur …persistante. Alcool limité à 12,5%: ce n’est pas de la puissance, c’est de la concentration ! En relisant mes notes, je constate avoir conclu: « C’est un grand vin. Point. » Je me souviens aussi avoir échangé un clin d’œil avec l’importateur. Les mêmes mots, au même moment, nous sont venus aux lèvres: ce 2020 est la meilleure Mémoire de Madone jamais produite. Pratiquement, il n’est pas exclu que ce vin se referme un peu: je recommande soit la carafe, soit deux ans de patience.

Pour l’anecdote, j’ai découvert une autre cuvée élaborée par le Domaine: Les Rougeots du Clos « GamayS sur Granite » 2020. Ce sont de très jeunes vignes (plantées en 2015) de trois cépages différents, tous apparentés au gamay: le gamay de Bouze, le gamay de Chaudenay et le gamaret. Deux cépages semi-teinturiers et un cousin suisse, lui-même obtenu par croisement entre le gamay et le reichensteiner.

En dégustation, c’est du pas banal. La couleur est noire, intense, ourlée d’une écume rouge-violacée. Le nez évoque certains vins du Sud-Ouest: métal, sang et orange amère. Je pense à Madiran. En bouche, c’est dense, mûr et cela goûte puissamment le jus de …mûres ! Charnu, rond avec la fraîcheur qui se dépose sur un fruit puissant. Touche d’animalité. A ce stade, c’est très original (…je me suis demandé si c’était bien du vin…), mais possiblement fatiguant. Suis-je fou de ça ? Non. Néanmoins, ravi d’avoir goûté et touché par la démarche du vigneron. L’intention me charme plus que le résultat dans le verre. Qui sait quand les vignes auront pris un peu de bouteille. NB: ce vin n’est pas importé.

Les vins du Domaine de La Madone sont disponibles dans le magasin.

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Calcaire

Après schiste (Luis Seabra), granit (Soalheiro) et lave (Ilha di Pico), nous continuons notre exploration géologique du Portugal via la région de la Bairrada, qui se caractérise par un sous-sol à dominante calcaire.

La Bairrada est sortie d’un relatif anonymat par la grâce de Luis Pato, vigneron visionnaire, qui en a fait tant et plus pour faire connaître et reconnaître le cépage local (noir) baga. Ce cépage pourrait être rapproché du nebbiolo piémontais et du xinomavro grec: tannique et acide, avec un sens de l’humour limité. Une sorte d’antithèse du merlot. Si vous adulez le St-Emilion à 15% enrobé par la sucrosité de la barrique, je vous recommande une extrême prudence face à un verre de baga: un incident dramatique ne peut être exclu.

Trêve de plaisanterie, Luis Pato a eu une autre bonne idée, celle d’engendrer une fille à qui il a transmis sa passion. Filipa Pato incarne à son tour la Bairrada en rendant également leur noblesse aux cépages blancs de la région, en particulier bical et arinto.

William & Filipa

Poursuivons dans les aventures familiales pour indiquer que Filipa Pato a épousé William Wouters, lui-même connu des plus anciens d’entre nous en tant qu’ex-patron du restaurant à vins anversois, le Pazzo. Le restaurant existe toujours et mérite assurément une visite, du moins lorsque les circonstances le permettent.

Géographiquement, la Bairrada c’est le centre du Portugal, entre Porto et Lisbonne, pas loin de la ville universitaire de Coïmbra et surtout pas loin de l’Océan Atlantique. Entre l’océan et les collines où pousse la vigne, une plaine, ce qui maximise l’influence atlantique, en l’absence d’obstacles. C’est donc une zone modérément chaude, la latitude étant en quelque sorte compensée par la brise marine.

La gamme proposée par Filipa et William est large et audacieuse, qualité et notoriété se chargeant de pousser le tarif vers le haut, jusqu’à la stratosphère lorsqu’il s’agit de Missao, vin élaboré avec les très très petits rendements d’une vigne aussi ancienne que préphylloxérique. Heureusement, il y a moyen de se familiariser avec le style du Domaine à des conditions plus aimables. Je présente donc avec plaisir ce DNMC 2019, blanc sec issu à 80% du bical, complété par 20% d’arinto. Le nom de la cuvée peut sembler obscur, mais rajoutez les voyelles et vous formez Dinamica, ce qui est franchement plus digeste.

J’entends au loin l’une ou l’autre langue de vipère qui souligne qu’il ne s’agirait que d’un vin de négoce, les raisins étant achetés par Filipa à des vignerons habitués à fournir la coopérative. C’est exact. Mais voici ma botte secrète: Filipa est particulièrement reconnue pour sa capacité à flairer les meilleurs parcelles de la région: elle contacte les propriétaires et leur propose un contrat: elle paie les raisins plus chers que la coopérative, mais décide à 100% ce qui se fait à la vigne. Et toc.

En dégustation, ce vin est rusé. J’en connais beaucoup des jus qui racontent ce qu’ils ont à dire en quelques instants et deux gorgées. C’est d’ailleurs le principe de la dégustation. Mais il arrive que le vin se cache, se camoufle, joue avec le goûteur et le mène en bateau. Il ne se donne que petit à petit. Dans ce cas, il faut bien admettre qu’une rapide dégustation ne conduit nulle part, si ce n’est dans les marais brumeux de l’ignorance et de la confusion. Or, j’ai goûté Dinamica en trois fois et je compte bien, dès l’apéro de ce soir, lui donner une quatrième opportunité de me révéler d’éventuelles nouvelles facettes.

Je m’égare. Ma première perception m’emmène sur le terrain de la bière blanche et du pamplemousse, avec beaucoup de fraîcheur, des arômes fermentaires et une désaltérante pointe d’amertume. Quelque chose me dit que c’est fort peu sulfité (exact: 22 mg/litre). C’est énergique, plutôt direct, un peu fermé, avec un facteur « glouglou » plus élevé que la moyenne. C’est déjà une bonne note. MAIS, cela s’ouvre progressivement vers des arômes complexes (abricot/pêche, banane, zeste d’orange) et vers une vraie salinité, salivante, salutaire et si …saline.

Le lendemain midi, l’équilibre est plus classique, avec des arômes de poire et une très belle tenue à l’air (ce n’est donc pas un vin dont la « nature » obligerait l’amateur à le finir au plus vite, avant que l’oxygène ne le ravage).

Bref, coup de cœur. Et 12% d’alcool comme cerise sur le gâteau. C’est plus un vin pour le printemps et l’été que pour l’hiver. On peut le garder quelques années, mais ça ne me parait pas indispensable.

Filipa Pato & William Wouters, Bairrada Dinamica 2019 (bical, arinto) est disponible pour commande dans le magasin.

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A. Bonhomme à Viré-Clessé

Compte-rendu de dégustation du 26 février: les vins d’André Bonhomme (Bourgogne, Mâconnais, Viré-Clessé ). 100% chardonnay, millésimes 2018 et 2019.

Viré et Clessé sont deux villages du nord du Mâconnais, réunis par une appellation commune depuis 1999.

Le Domaine André Bonhomme se signale par un style riche, savoureux et succulent sans que ce soit au détriment de la fraîcheur. Le boisé, quand il est présent, est utilisé avec mesure et précision. Le millésime 2019 a donné lieu à une petite récolte.

Cuvée Spéciale 2019: le vin emblématique du Domaine. Aromatique (fruits, pointe de truffe, pointe de miel), joyeux, facile à boire. Le prototype du blanc polyvalent qui ne déplaît à personne. Aussi vif que rond. Aussi mûr que parfaitement sec.

Les Forétilles 2018: cuvée « secrète » du Domaine, puisqu’elle n’apparaît même pas sur le site Internet, Les Forétilles sont un lieu-dit (il n’y a pas de premiers crus à Viré-Clessé). Elevage 100% inox. Profil plus tendu, citronné, chablisien, caillouteux. Je n’avais encore jamais eu l’occasion de goûter cette cuvée: très belle découverte !

Vieilles Vignes 2019: aromatique proche de celle de la Cuvée Spéciale, en plus réservée. Un peu d’ananas. Bouche concentrée et longue, combinant avec bonheur la richesse et la fraîcheur. Autant Les Forétilles peut évoquer Chablis, autant ce Vieilles Vignes penche du côté de Meursault ! Vignes de 70 à 95 ans. Elevage sous bois de 20 mois. Garde en cave jusque 2029, voire au-delà.

Trois valeurs sûres dans une Bourgogne où il est de plus en plus difficile de trouver du très bon à un tarif aimable. La notoriété du Domaine n’est pas encore au niveau de la qualité de ses vins, ce qui explique les prix encore abordables.

Les trois vins sont disponibles dès à présent dans le magasin.

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Respect !

No comment. Ce vin se suffit à lui-même.
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Granit

Vraiment l’extrême nord du Portugal: jetez ici un caillou de l’autre côté de la rivière Minho …et il retombe en Espagne !

Le Domaine Soalheiro est en quelque sorte l’inventeur du Vinho Verde moderne, puisque il a planté le premier vignoble d’alvarinho en 1974. Alvarinho & albariño, même combat, même cépage: l’extrême nord du Portugal, c’est presque la Galice.

Depuis, une deuxième génération a pris les rennes du Domaine et propose pas moins de 12 cuvées élaborées à partir d’alvarinho, y compris des versions sans soufre ajouté, avec élevage en bois de châtaignier, en assemblage avec du pinot noir et en version effervescente ! J’allais oublier la version distillée…

Beaucoup de respect pour cette créativité débridée, mais j’ai préféré me focaliser sur la cuvée Granit, issue de vignobles en altitude (+/- 300 mètres). Vinho Verde ne veut en effet pas dire « bord de mer »: comptez une heure de route avant de voir l’Atlantique. Le climat fait alterner journées chaudes et nuits froides, ce qui est bénéfique pour conserver une belle fraîcheur dans les vins.

Cette cuvée affiche clairement une volonté de mettre en évidence le terroir granitique, sans en rajouter via un élevage sophistiqué: pas de bois, 100% cuve inox. Le Domaine insiste sur la possibilité de garder ce vin en cave pendant de très longues années: jusqu’en 2035 pour ce millésime 2019 ! J’ai été un peu plus prudent en affichant une fenêtre de dégustation optimale entre 2021 et 2029. Je compte bien en enterrer quelques unes pour vérifier.

En dégustation, le nez est intense, ouvert et appétissant, sur l’ananas. La bouche est élégante, fruitée, fraîche mais pas vive: il y a une certaine richesse, avec de la concentration. Pour rester dans l’albariño, c’est plus proche du style Pazo de Señorans que du style Leirana. Le vin est éclatant et aromatique. Je perçois des similitudes avec un Jurançon sec. La finale est sèche, tranchante, citronnée et pierreuse, avec une belle longueur …granitique !

Soalheiro Vinho Verde Granit 2019 (100% alvarinho) est disponible dans le magasin.

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Schiste

« 9 mois d’hiver, 3 mois d’enfer » est un dicton qui résume la météo de la vallée du Douro, dans le nord du Portugal. C’est une terre extrême, bien connue pour être créatrice du Porto. Le style des rouges « non-Porto » de cette région est habituellement marqué par une certaine chaleur qui se mesure au travers de pourcentages alcooliques élevés, entre 14 et 15%, voire plus. Lorsque le vin est boisé et fortement extrait, le dégustateur peut se retrouver en face d’un véritable Porto sec, à l’équilibre fatigant. La première gorgée est énorme, impressionnante, mais la bouteille a bien du mal à se vider.

Lorsque l’objectif est d’élaborer un vin sec, le vinificateur est confronté à une équation simple: le degré alcoolique du vin est un équivalent du sucre contenu dans le raisin au moment de la vendange. Pour le dire autrement, chaque pourcent d’alcool est la résultante de +/- 17 grammes de sucre par litre de jus. Par exemple, un vin sec qui titre 13% est le fruit (sic) d’un jus de raisin contenant approximativement 221 grammes de sucre par litre.

La quantité de sucre présente dans un raisin lors de la vendange dépend de nombreux facteurs: l’ensoleillement, le cépage, la surface foliaire (plus il y a de feuilles, plus il y a de photosynthèse, plus il y a du sucre), etc…La date à laquelle une parcelle est vendangée dépend d’équilibres complexes: maturité du fruit, maturité des pépins et des peaux, niveau des acides, météo, etc… Cette date est fonction de décisions prises par le vigneron, sur base de mesures et d’une solide dose d’intuition. Au pire, on vendange parce qu’ici on a toujours vendangé vers le 20 septembre: c’est évidemment plus facile à organiser, mais le résultat peut se révéler insatisfaisant.

Luis Seabra est assurément un homme de décisions: il sait ce qu’il veut et surtout ce qu’il ne veut pas. Pour éviter les alcools élevés, il va choisir les parcelles, les dates de vendanges et les techniques de vinification à sa façon. Pour résumer l’affaire crûment, ce Xisto Illimitado titre 12%. C’est vraiment -très- peu dans le Douro.

Ce Xisto Ilimitado ne ressemble donc pas beaucoup à ses cousins: le fruit se soumet à la minéralité. Un tel vin peut surprendre, voire décontenancer. On est sur le terrain de la haute-couture, qui ne s’embarrasse pas d’études de marché, lesquelles sont bien utiles pour le prêt-à-porter.

En dégustation, le vin présente un profil assez sévère. Le nez combine habilement des notes pierreuses et torréfiées (pourtant il ne s’agit pas de bois neuf: l’élevage est réalisé partiellement en fûts de chêne usagés et partiellement en inox), la bouche fait preuve de beaucoup de finesse, dans un univers qui me fait penser au cabernet franc de Loire ou à la mencia espagnole. L’acidité est plutôt élevée. Il y a de la terre, de la pierre et de la fumée. Tannins élégants. Le végétal joue un rôle non négligeable, en particulier à cause d’une vinification en vendange entière, c’est-à-dire conservant tout ou partie des rafles du raisin. Ces rafles macèrent dans le jus, en compagnie des peaux et des pépins et contribuent ainsi à la structure et à l’aromatique du vin.

La longueur du vin, sa persistance aromatique, est absolument remarquable et signe la qualité des terroirs de schiste (xisto = schiste) traduits dans cette bouteille. Ce vin parle certes à voix basse, mais qui l’écoute avec attention vit un moment de grande intensité.

Je n’ai pas encore évoqué les cépages, mais la liste est longue: touriga franca, tinta roriz (tempranillo en Espagne) et tinta amarela jouent les premiers rôles: ensemble, ils représentent 70% de l’assemblage. Celui-ci est complété par rufete, tinta barroca, malvasia preta et donzelinho tinto. Les vignes sont relativement jeunes et proviennent essentiellement des communes de Covas do Douro, juste en aval du village de Pinhão et de Ervedosa do Douro, en amont de Pinhão.

Le vin est très peu sulfité, mais ne présente absolument aucune déviation aromatique: c’est du travail de précision.

Le schiste est partout…

Si vous êtes à la recherche d’un vin à forte personnalité, qui ne laissera personne indifférent, Ce Xisto Ilimitado est un très bon candidat. Je pense que le vin suscitera beaucoup de sympathie …et quelques détracteurs. En tous cas, la conversation sera animée ! Je recommande vivement un passage par la carafe. Ne pas servir trop frais, sans quoi le vin pourrait se durcir.

Ah oui, Luis Seabra ne vient pas de sortir de l’anonymat: il a créé son Domaine en 2012, après avoir été le vinificateur de Dirk Niepoort pendant une dizaine d’années: un sacré diplôme !

Luis Seabra, Douro, Xisto Ilimitado 2018 est disponible dans le magasin.

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Haut-Brissan: je me sens devenir lyrique !

Elisabeth et Marie-Laurence conduisent le Domaine Saladin, rive droite du Rhône, entre Montélimar et Orange. Ce Haut-Brissan est proposé en appellation Vin de France, parce que c’est un 100% grenache et que l’appellation Côtes-du-Rhône-Villages requiert au moins 20% de syrah et/ou de mourvèdre dans l’assemblage. De toutes façons, l’objectif des deux sœurs n’est pas de produire un Côtes-du-Rhône-Villages « classique », mais plutôt un vin à forte personnalité, qui ne se plie pas aux contraintes et aux habitudes de l’appellation.

Parcelle historique de la famille, le lieu-dit Haut Brissan est situé sur le plus haut plateau du village de Saint Marcel d’Ardèche. Ces terres caillouteuses ont été longtemps délaissées au profit des plaines en bord du Rhône, bien plus faciles à travailler.

La parcelle est abritée par des clapas (tas de pierres amassés par les paysans), des chênes et des châtaigniers. Au sol, des galets roulés qui captent la chaleur le jour et la restituent à la vigne la nuit.
Les vignes sont âgées de 50 ans. Le rendement est de +/- 30 hectolitres par hectare. Aucune utilisation de pesticide, herbicide ou insecticide depuis toujours. Certifié « Agriculture Biologique » par Ecocert.

Vendanges entièrement manuelles. Macération semi-carbonique en grappes entières et levures indigènes. Le soufre est ajouté en dose minimale. Elevage et vinification en cuve béton (pas de bois).

Concours de circonstances, j’ai dégusté ce millésime 2019 à deux reprises, en moins d’un mois, avec les notes suivantes: « fraise et fraise des bois, floral, subtil et puissant, très bonne surprise » puis « nez appétissant, parfumé, floral; bons tannins sans sécheresse; quelle longueur, quel charme !« . Aucune perception d’un éventuel alcool excessif, malgré 14,5% affiché.

On me rétorquera que c’est cher pour un Côtes-du-Rhône. Certes, mais cette comparaison est, à mon avis, sans objet. Cherchez plutôt à le situer entre des Châteauneuf-du-Pape, du type construit sur la finesse. Outre qu’il faut bien chercher pour les trouver, ceux-là sont commercialisés à un tarif largement supérieur à celui pratiqué pour Haut-Brissan.

Saladin Vin de France Haut-Brissan 2019 (100% grenache noir) est disponible dans le magasin.

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X

Un titre en forme de concision. La réponse à un jeu-concours et la désignation du vainqueur. Une brève réflexion sur les périls de la dégustation à l’aveugle. Tout ça dans l’article qui suit.

Une bonne vingtaine de participants à la dégustation « take-away » de ce samedi ont reçu 13 petits flacons numérotés et 1 petit flacon supplémentaire marqué, sournoisement, d’un simple « X ».

Le jeu consistait à découvrir qui se cachait derrière ce « X »: une région ? Un cépage ? Qui sait…une appellation ? Un millésime ? Le Graal: le Domaine, avec l’indication du nom de la cuvée et de l’âge du chien du vigneron.

Bon. La dégustation à l’aveugle est décidément un art difficile. Certaines nuances sont subtiles, l’effet de séquence peut perturber l’analyse, un vin spécifique peut être atypique par rapport aux caractéristiques habituelles des vins de la région dont il est issu. Inconsciemment, on intellectualise aussi: « sachant que c’est Philippe qui propose ce jeu, il se pourrait bien que ce soit…« .

Je revendique de ne pas avoir de talent particulier pour reconnaître les vins qui me sont soumis à l’aveugle. Parfois, rarement, un souvenir récent et une bonne dose de chance peuvent me rapprocher du but. Il m’est arrivé, goûtant deux vins en parallèle, de reconnaître l’un de ceux-ci. Dans le verre A, c’est un vin hongrois, issu du cépage furmint. Mon triomphe fût de très courte durée, puisque ce furmint avait été versé dans le verre B…

Je me suis fait une raison. Se tromper très souvent n’empêche en rien d’avoir envie de jouer, encore et encore.

Ce vin « X » était donc italien et toscan. Un Chianti Classico 100% cépage sangiovese, en millésime 2019: Riecine. Anthocyane a déjà vendu ce vin dans différents millésimes, parmi lesquels 2014 et 2017.

J’ai reçu des réponses audacieuses, futées et originales. J’en copie quelques unes ci-dessous, en version anonymisée:

Pour le vin mystère, je vais dire: un Teroldego du Trentin, Foradori, 2017 (Italie).

On peut dire que les 3 cl nous auront bien fait voyager, ma femme et moi. Premier constat, une robe framboise léger; cela a éliminé un grand nombre de cépages et mis en route plusieurs possibles: pinot noir, mencia, nebbiolo, nerello mascalese, frappato, voire grenache de sable plus une kyrielle de cépages autochtones inconnus type listan negro. Ensuite une acidité assez tranchante  qui peut évoquer un lieu d’origine en altitude et/ ou de type maritime, insulaire ou pas. Des fruits rouges bien mûrs évoquent le soleil du sud…ou alors un millésime chaud plus septentrional. La bouche en 1/2 corps avec malgré tout une perception tannique, une certaine salinité et une énorme vivacité. ENFER ET DAMNATION, d’où vient ce vin ? Nous passons en revue, l’Etna, les Iles Canaries, la Galice, la Castille, l’altitude de la Navarre, le Piémont, le pinot de Savoie, le pinot autrichien, j’en passe et des moins bonnes…!!! Sans aucune évidence. MAIS BON, IL FAUT DONNER UNE SEULE REPONSE, donc « in at the deep end’: cela ne me dérangerait  pas que ce soit une cuvée-sœur de  7 Fuentes, SUERTES DEL MARQUES à Tenerife. Amen….

Pour le vin mystère, je mets mes commentaires de dégustation pour étayer mon, très certainement, plantage sur l’AOC et autres précisions. Robe pâle, nez très fermé mais d’obédience nordiste…La bouche est fraîche, belle acidité, léger côté poivré, tanins fins mais présents peut attendre 3-4 ans. Ma conclusion…j’hésite entre 2: je penche pour un Pineau d’Aunis et puisqu’il faut donner un nom, Bellivière, Rouge Gorge 2018 en Coteaux du Loir…Ou un pinot noir allemand frais. Donc dans ton magasin, je trouve Holger Koch Kaiserstuhl Spätburgunder 2019 qui n’en est pas loin. J’opte pour le Pineau puisqu’il faut choisir.

Ha oui, le vin mystère. Belle attaque, petits fruits noirs, légère tension, un bel équilibre, pas de chaleur, évolue sur un côté terreux, cela me fait penser à un pinot noir de chez Colinot (Irancy), 2018.

Voici la réponse de B. pour le flacon X. Robe: fuchsia foncée, automnale. Nez: cerise, terreux, poivré, légèrement boisé. A. y a même senti de l’ananas et de la cardamome. Bouche: agréablement long en bouche, on retrouve les arômes légèrement boisés/fumés. Pas le fruit au premier plan, pas trop de soleil. On se lance: alcool > 12°, année < 2018, cépages: merlot, syrah, …lieu: dans le coin Autriche, Slovénie, Croatie. En tous cas, on lui a accordé 2 étoiles (sur un maximum de 3) dans notre rating personnel.

En ce qui concerne le vin mystère : J‘ai été frappé  par une aromatique volatile aigre qui disparaît dans sa grande majorité. La robe et le côté frais piquant me font penser un à un Italien à base de nebbiolo. Mais je suis incapable d’être plus précis.

Choisir un vainqueur consiste à décevoir les autres participants: dans quel piège me suis-je encore fourré ? J’ai cherché si « Toscane » ou « sangiovese » avaient été cités. C’eût été trop facile. Je rappelle que les décisions du jury sont sans appel et que le jury, c’est moi. Je n’ai jamais affirmé que la décision serait d’une objectivité foudroyante. Roulement de tambours. Je récompense la contribution la plus brève, la plus rapide (samedi à 19 heures) qui a le mérite d’évoquer l’Italie et un cépage intéressant, dont le nom méritait bien une mise en valeur.

Donc, bravo François ! Je joins une bouteille de Riecine à ta commande.