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Mestizaje: comment ressusciter un cépage moribond

Notre sujet: le merseguera. Cépage plutôt rare (on ne le trouve que dans la région du Levant espagnol, autour de Valence) et plutôt anonyme.

La grande encyclopédie des cépages Wine Grapes le qualifie de « uninspiring variety » et peine à lui associer la moindre qualité. Il serait terne, avec quelques arômes herbacés et des notes d’amande amère. Cela s’appelle un enterrement de première classe. Pire, il n’est pas facile à cultiver en raison d’une grande sensibilité au vent, qui arrache les fleurs de la vigne. Pas de fleur, pas de fruit.

Il faut bien une personnalité comme celle de Toni Sarrión du Domaine Mustiguillo, pour se dire qu’il y a là une opportunité. Il possède un vignoble d’altitude (900 mètres), la Calvestra, entouré de pins, de chênes et d’oliviers, planté du cépage bobal. Celui-ci mûrit difficilement en raison du froid. Cela dit, le lieu est un amphithéâtre, protégé du vent…

Toni Sarrión décide alors de surgreffer ses vignes de bobal en merseguera avec l’ambition de prouver que ce cépage autochtone mérite bien mieux que sa mauvaise réputation. La technique du surgreffage permet de conserver la qualité des vieilles vignes de bobal (plus de trente ans).

La vendange est fermentée à part et ensuite assemblée à du viognier et à de la malvoisie. L’élevage s’effectue en cuves inox (pas de bois). Pas d’appellation, c’est un simple « Vino de España », avec 65% de merseguera, 25% de viognier et 10% de malvoisie. Alcool: 13,5%. Bio.

Le résultat ? Mestizaje 2018 avec un très joli floral et un profil plutôt élancé, pas si méditerranéen que cela. Incontestablement, de la personnalité !

Le Guia Peñin 2020, guide de référence pour les vins d’Espagne, accorde 92/100 à ce Mestizaje et 5 étoiles, à savoir le maximum possible pour le rapport qualité/prix.

En dégustation le samedi 08 février 2020.

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Silvaner Huff: sec, net, rafraîchissant

En mai 2019, je vous ai présenté un riesling du Domaine Georg Gustav Huff, propriété familiale sise dans le Rheinhessen.

Ce Rheinhessen est la plus vaste région viticole d’Allemagne, au sud-ouest de Francfort, longée tant à l’est qu’au nord par le Rhin.

Au 4ème rang des cépages les plus plantés dans cette région, le silvaner. Contrairement à ce qui se passe avec le sylvaner alsacien, habitué à jouer le rôle de cinquième roue de la carriole, en Rheinhessen, le silvaner a la cote. Il ne viendrait à personne l’idée de l’arracher pour faire place à un cépage considéré comme plus noble.

Le grüner silvaner 2018 du Domaine Huff est un vin d’entrée de gamme, absolument sec, vinifié avec compétence, net et rafraîchissant. Le prototype du vin de tous les jours, sans cérébralisation excessive, positivement passe-partout, plus dynamique et fruité que la plupart des sylvaners alsaciens. Alcool : 12,5%

Très bon rapport qualité prix. La bouteille est un bel objet, ce qui ne gâche rien. À mettre au frais, pour toutes sortes de plats et d’occasions.

En dégustation le samedi 08 février 2020.

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Màquina & Tabla: déroutant, séduisant, énergique

Je me revois en décembre, dégustant une série de vins espagnols en prenant des notes pour déterminer progressivement ma sélection.

Soudain, devant moi, une table un peu isolée derrière laquelle un jeune homme semble se sentir un peu seul. Il représente Màquina & Tabla, propriété de moi jusqu’alors inconnue.

Une fois la conversation entamée, il se révèle volubile et enthousiaste : il titille ma curiosité ! Convenons, pour la facilité, que ce jeune homme s’appelle Pedro.

Nous sommes dans le nord de la Castille. Le projet a démarré en 2013. Les géniteurs de Màquina & Tabla, Oriol et Susana, sont catalans et, à première vue, sains d’esprit. Quoique. Oriol aurait l’habitude de se décrire comme un oenopathe. Curiosité à nouveau titillée.

Je me rends compte que les différents vignobles cultivés par le duo se trouvent fort loin les uns des autres : Toro, Bierzo, Rueda et Sierra de Gredos. Les parcelles sont en fait louées à leurs propriétaires respectifs.

Avec Pedro, nous évoquons, dans le désordre, vignobles complantés, vignes franches de pied et/ou centenaires, élevage sous flor, rendements minuscules, faible dosage du soufre, vinifications nature, appellations ou pas d’appellation du tout, géographie liquide, étiquettes déconcertantes et un goût certain pour les coups de pied dans la fourmilière.

…Pedro, il faut goûter maintenant !

Le blanc Laderas de Leonila 2018 est en appellation Bierzo. Laderas se traduit par « coteaux » et Leonila est un vieux prénom espagnol, inusité aujourd’hui, mais porté par une grand-mère du propriétaire de la parcelle.

Ces « coteaux de mémé » sont issus de palomino (cépage habituellement associé au sherry et à l’Andalousie), de doña blanca (cépage d’origine portugaise) et de godello (que l’on croise surtout en Galice).

C’est la production d’un petit vignoble (2 hectares), complanté de vignes âgées de 20 à 80 ans. La récolte est manuelle, la fermentation et l’élevage se font en barriques françaises. Alcool : 12,5%

Salinité, finesse, délicatesse, nuances oxydatives, j’avoue être aussi dérouté que séduit. J’ai peu de repères, je quitte ma zone de confort, mais il y a une originalité telle que ce serait dommage de passer à côté. Et beaucoup d’énergie, de vitalité.

L’autre blanc, c’est Pàramos de Nicosia, non-millésimé mais provenant néanmoins à 100% de la récolte 2018. Pàramos se traduit par friche ou plateau stérile. Quant à Nicosia, c’est un vieux prénom espagnol etc…voir plus haut.

Après les « coteaux de mémé », voici le « plateau stérile de l’autre mémé ». Mazette.

Ce blanc est un assemblage de verdejo et de malvasia, issu de la parcelle dénommée El Pinar (ça ne s’invente pas !), à 700 mètres d’altitude. On est sur le territoire qui correspond à l’appellation Rueda, mais le vin est commercialisé comme un simple vino de mesa (vin de table).

Vignes de 50 à 60 ans. 12 heures de macération avant fermentation, évoquant le vin orange. Alcool : 13%

Enfin, le rouge Pàramios de Nicosia 2017 est un assemblage de grenache et de tinta del pais (nom local du tempranillo), en appellation vino de la tierra de Castilla y Leon. Il provient du territoire qui correspond à l’appellation Toro, sans ressembler le moins du monde au Toro comme on le connait habituellement (très sombre, très boisé, très puissant, très parkérisé). Alcool : 14,5%

Ce n’est pas un vin nature, mais on s’en rapproche beaucoup ! Vin non-filtré, avec une forte acidité pour équilibrer la puissance alcoolique.

Remarque importante : à dire vrai, je ne suis certain d’à peu près rien de ce qui précède. Entre l’information glanée auprès de Pedro, les étiquettes des différents flacons et les éléments contradictoires que l’on trouve sur le web, … bonne chance !

Si vous aimez les surprises, allez-y les yeux fermés, cela ne laissera personne indifférent. Dans le cas contraire, je conseille vivement la dégustation avant un éventuel achat.

Les étiquettes vous intriguent ? N’hésitez pas à parcourir le site Internet de leur créateur, en cliquant ici.

Deux vins en dégustation le samedi 08 février 2020.

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Solstice: la cosmoculture signée Viret

On peut se poser des questions sur les bases scientifiques de la biodynamie.

La cosmoculture: plus ésotérique que la biodynamie ?

Cette méthode est née dans les années 90, elle est issue de la pensée d’Alain et de Philippe Viret qui ont appliqué des principes ancestraux et énergétiques sur leur domaine.
Elle rejoint les principes fondamentaux des cultures biologiques et biodynamiques. Elle ouvre des horizons nouveaux sur les principes bioénergétiques.

La Cosmoculture® a pour objectif principal d’apporter des solutions aux agriculteurs pour rééquilibrer, reénergétiser et sauvegarder les équilibres vivants et les écosystèmes.

L’eau est le support fondamental de la vie cellulaire, elle est l’élément principal et organisateur de la vie et de ce mode de culture.

Sur un lieu magique et chargé d’Histoire « des collines du paradis » (ère romaine), notre vignoble est travaillé en cosmoculture® (certifié biologique) depuis 1990.

Nous élaborons depuis 1999 des grands vins dans une véritable cathédrale édifiée en pierres du Pont du Gard selon les règles de l’architecture des grands bâtisseurs.

Nous partons du principe que le vin est un produit vivant qui suit les cycles naturels et ses influences.

Nous avons construit cette cave dans la continuité de notre philosophie de travail du vignoble pour mettre le vin dans des conditions optimales.

la cathédrale du vin

Je ne peux pas cacher une dose de scepticisme par rapport à la prose de la famille Viret, mais le vin est digne de louanges: ce Solstice 2017, assemblage de cépages océaniques (cabernet sauvignon, merlot), de cépages méditerranéens (mourvèdre, carignan) et d’une invention de laboratoire (le caladoc, croisement obtenu en 1958 entre grenache et malbec) évolue dans un registre épicé, marqué par le cuir et une touche d’animalité. Il y a du poivre en pagaille et de la garrigue en majesté. Alcool: 14,5%.

Les tannins sont fins, la persistance longue et l’équilibre …équilibré.

En dégustation le samedi 08 février 2020.

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Matthieu Barret – le trio d'enfer: No Wine's Land, Petit Ours et Brise Cailloux

Ceci n’est pas un Cornas. Ceci n’est pas un St-Joseph. C’est un Côtes du Rhône (nord), issu d’un petit plateau situé entre Cornas et St-Joseph, sur le secteur des Arlettes. On m’a suggéré de le baptiser « Saint-Cornas »: je ne peux pas, mais c’est quand même drôle !

Je viens de consulter 3 atlas du vin sans trouver la moindre allusion à cette zone particulière. Pour les auteurs-géographes, Cornas et St-Joseph se touchent : on quitte une appellation, on entre dans l’autre. On sort de St-Joseph pour entrer à Cornas. Eh bien non. No Wine’s Land. Le cadastre est impitoyable. Une parcelle particulière. La géologie souligne la différence: pas de granit comme à Cornas, mais une roche argilo-calcaire.

Mathieu Barret, vigneron biodynamique et propriétaire du Domaine du Coulet, élabore cette pure syrah à partir de vignes plantées vers 1978. Les rendements sont incroyablement bas, à 18 hectolitres/hectare. Vendanges manuelles et levures indigènes. Sulfitage minimal, à la mise en bouteilles. Elevage en cuves pendant 13 mois (pas de bois). Alcool : 13%.

Bouteille goûtée ce 15 janvier. C’est irrésistible, avec un magnifique fruité. Un magnifique fruité, vraiment, croquant et élégant. C’est si « glouglou » que cela coule tout seul. Un verre en appelle un autre. Les tannins sont d’une très grande délicatesse, en arrière-plan. Concentré, souple et gourmand. C’est un vin de parfum, un parfum de vin. Inutile de mettre en cave, c’est si bon maintenant.

J’oserais bien une comparaison audacieuse avec l’esprit d’un Morgon du Domaine Lapierre …comme une syrah beaujolaise qui conjuguerait le meilleur des deux mondes.

Le Domaine du Coulet, en biodynamie certifiée par Biodyvin, a reçu sa deuxième étoile dans l’édition 2020 du guide vert de la Revue des Vins de France.

Venons-en à la cuvée de négoce: Petit Ours. Les raisins sont achetés à un ami vigneron en bio à Visan. Visan, c’est en quelque sorte le nord du Rhône sud. Matthieu Barret l’appelle volontiers sa syrah du milieu.

Peu de soufre, un élevage en cuve béton (pas de bois). Séduisant, juteux et frais. Millésime 2017. Alcool: 13,5%.

Enfin, le Cornas Brise Cailloux 2017: vinifié avec la volonté de le rendre accessible assez rapidement. Matthieu Barret mise sur un équilibre intéressant entre la complexité et l’intensité que l’on attend d’un terroir d’exception et une vinification qui ne cherche à extraire ni toute la couleur, ni tous les tannins.

Rendements très bas: 25 hectolitres/hectare. Elevage en cuves béton ovoïdes. Si dégustation en 2020, carafe vivement conseillée. A point pour dégustation à partir de 2022.

arrivée au Domaine des « oeufs en béton ».

Ah oui: le bouchon. Ni liège, ni verre. Une capsule à vis alors ? Nenni. Vous découvrirez un bouchon en matériau synthétique qui garantit la totale absence du TCA, la molécule chimique à l’origine de l’horrible désillusion du vin bouchonné. Cela se retire au tire-bouchon comme un bouchon classique. L’objet est assez joli. Il semblerait que ce bouchon technique permette également à chaque bouteille d’une cuvée de ressembler fidèlement à toutes ses sœurs. Vous pouvez en apprendre plus en cliquant ici.

Deux vins en dégustation le samedi 08 février 2020.

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Botonero

Valtellina 2La Valtellina (Valtolina in lombardo, Vuclina in romancio) è una regione alpina, corrispondente al bacino idrico del fiume Adda a monte del lago di Como. Si trova nella regione Lombardia.

Rouge goûté récemment chez un collègue-importateur, approuvé immédiatement et sans réserves.

Petit cours de géo transalpine : on atterrit à Milan et on prend la direction du nord, vers Côme et Bergame. On poursuit vers le frontière suisse. Stop. On vient d’arriver en Valtellina, l’autre pays du cépage nebbiolo.

Botonero: couleur pâle, grande finesse, vinification traditionnelle, petits tannins doux, prêt à boire.

Rarement goûté un 100% nebbiolo de cette qualité à ce prix ! Le nebbiolo est aussi le cépage du Barolo dont la notoriété mondiale pousse les prix à la hausse.

Commandes jusqu’au jeudi 07 mai inclus. Vins disponibles samedi 09 mai, jour de dégustation.

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Côté cour: Luneau-Papin, côté jardin: Aupilhac

Viennent d’arriver, presqu’en même temps, les nouveaux millésimes de deux Domaines de grande réputation.

Côté cour: le Domaine Pierre Luneau-Papin, spécialiste des Muscadets de haut vol. Premier Domaine du Pays Nantais à avoir obtenu deux étoiles dans le guide des meilleurs Vins de France. La reconnaissance de longues années de travail qui ont mis en lumière la capacité des Muscadets à se hisser au diapason des plus grands vins.

La cuvée emblématique du Domaine
La cuvée emblématique du Domaine

Granite sur la commune de Vallet (Le L d’Or), gneiss à La Chapelle-Heulin (Les Pierres Blanches), serpentinite sur la Butte de la Roche (Terre de Pierre) et schistes dans la vallée de la Goulaine (Excelsior). Quatre terroirs différents, quatre cuvées pour en révéler les spécificités. Sans oublier le clin d’œil à la réputation du Français outre-Manche…Froggy Wine.

Les vins se goûtent fort bien durant leur jeunesse, mais possèdent également une grande capacité de vieillissement harmonieux. Avec le temps, leur profil se rapproche de celui d’un très bon Chablis: vivacité enrobée, salinité, éclat, complexité. Vous demandez à être convaincus ? N’hésitez pas à piocher dans ma collection de vieux millésimes: le Domaine commercialise encore des 2005, des 2007 et des 2009 tout-à-fait somptueux. Quantités extrêmement limitées.

Cerise sur le gâteau: les flacons sont magnifiques, grâce à une réflexion très aboutie sur le design de la verrerie et de l’étiquette. Ce n’est sans doute pas essentiel, mais cela contribue au plaisir de déposer un Luneau-Papin sur la table d’un beau repas.

A propos de repas, ne limitez surtout pas ces grands Muscadets à l’accompagnement des huîtres et autres fruits de mer: ils se marient à merveille avec volailles et viandes blanches. Et avec certains fromages.

Pour les huîtres, donnez la préférence à La Folle Blanche: prix angélique, accord paradisiaque.

Côté jardin: Le Domaine d’Aupilhac, la qualité en Languedoc depuis plus de 20 ans. Je me souviens fort bien de ma fascination pour la cuvée de pur carignan, millésime 1998. C’était sauvage, violacé, tannique et hyper-expressif. Proposer un vin de carignan à cette époque était d’ailleurs une sorte d’hérésie, puisque l’œnologie triomphante avait décidé d’arracher ce cépage rustique et décidément trop local.

Depuis lors, les choses ont bien changé: les vieux ceps ont été bichonnés et les jus de carignan se retrouvent dans maints assemblages languedociens.

Lou Maset rouge n’a jamais été aussi bon qu’en 2013, profitant à fond des qualités du millésime: équilibre souverain entre fruité méridional, bons petits tannins et fraîcheur. Pas l’ombre du soupçon d’une trace de lourdeur alcolico-solaire.

Terroir d'altitudeLes Cocalières, en rouge comme en blanc, progressent d’année en année, dans un style très frais, aérien, délicat, à l’antithèse des ‘haltérophiles sévèrement musclés’ qui se répandent sans vergogne, entre Narbonne et Montpellier. Le vignoble d’altitude, recréé par Sylvain Fadat il y a une quinzaine d’années, est une splendeur, parfaite union entre la nature et la main du vigneron.

Et que dire des Servières, pur cinsault issu de vignes centenaires…un naturel confondant, intensité et légèreté.

Le Domaine est en pleine forme !

Tous les vins sont disponibles dès à présent dans le magasin en-ligne. Ils sont proposés à la dégustation le samedi 09 mai (acte I) et le samedi 30 mai (acte II).

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Tiens, Anthocyane vend du Bordeaux…et du 2005 encore bien !

A sa sortie en primeur, le millésime 2005 avait impressionné. Dix ans plus tard, l’émotion est intacte et la réussite est incontestable tant tous les crus, même les plus modestes, éblouissent’.

Voilà comment la Revue du Vin de France (novembre 2014) introduit son article consacré aux Bordeaux 2005.

Une rubrique de ce long article est consacré aux vins à boire durant les dix prochaines années : on y retrouve entre autres Léoville-Barton (18/20 et € 96), Lynch-Bages (18/20 et € 108), Pichon-Comtesse (17/20 et € 104), Sociando-Mallet (17/20 et € 41), Beau-Séjour Bécot (16/20 et € 66), La Chapelle d’Ausone (16/20 et …€ 177).

Dans cette même rubrique, un ‘petit’ Bordeaux, 60% merlot pour 40% cabernet franc. 16/20 et …€ 12.

Tire-Pé La CôteTiens, il s’agit du Château Tire-Pé, dont j’ai le plaisir d’importer les vins. Tiens, David Barrault, le vigneron, m’informe qu’il en a encore en cave. Voici son message:

‘Tout vient à point à qui sait attendre…..’
Dans le dernier numéro de la Revue du Vin de France, un dossier s’intitule ‘les Bordeaux 2005, la légende au rendez-vous’, …vaste programme !
Eh bien figurez-vous que j’y ai trouvé notre « Côte de Tire-Pé 2005 », noté 16/20, au milieu de crus bien plus prestigieux – et quelque peu plus onéreux …
Ça fait toujours plaisir, l’égo (de la bouteille !) est regonflé à bloc, on peut narguer nos voisins, etc…
Mais ce qui me semble aujourd’hui bien plus réjouissant, c’est d’en avoir mis de côté en me disant ‘un jour ça devrait être bon’
Grâce à la RVF, nous nous sommes ouvert une bouteille de ce 2005 ‘oublié’ et effectivement, ce vin (qui a encore du potentiel) s’est bien ouvert et nous a régalés !
Une très belle bouteille pour ces fêtes de fin d’année, d’un rapport/qualité prix détonnant !!
Nous sommes sincèrement très heureux d ‘être en mesure de vous proposer ce très beau millésime , patiemment attendu..
Nous restons à votre disposition.

Amicalement
Hélène et David Barrault

Je reprends la plume pour conclure: c’est ici que ça se passe !

Ce vin est en dégustation le samedi 13 décembre.

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Miraflors 2013

miraflorsJ’ai goûté ce matin un chouette rosé, sec, aromatique, fruité, épicé et léger (12,5%).

70% mourvèdre et 30% grenache gris. Pressurage direct.

Un Côtes du Roussillon du Domaine Lafage.

Les vignes sont plantées sur la côte maritime de Perpignan. Les raisins sont récoltés assez tôt de façon à privilégier la fraîcheur: inutile d’attendre la maturité des tannins, on les extrait de toute façon pas.

La couleur est pâle, l’élevage en cuve, la bouteille élégante, le bouchon en verre et le prix sympathique.

A servir (10°) avec pâtes, pizza, ratatouille, paëlla, salades, …mais évitez le barbecue.

C’est déjà en vente dans le magasin en-ligne.

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Le Domaine de Brin, chez Damien et Cathy Bonnet

En route pour Gaillac et plus précisément pour le village de Castanet, à quelques kilomètres d’Albi.

Des nouveautés plein les cartons au Domaine de Brin: la cuvée Petit Brin 2012, merlot, braucol et duras.

La cuvée BRauCOL 2012…à savoir une sélection des meilleurs raisins de ce cépage local.

En blanc, les Pierres Blanches 2013, assemblage de mauzac et de len de l’el (si, si, c’est un cépage…dont le nom en occitan toulousain signifie « loin de l’œil »; ce n’est pas l’œil du vigneron, c’est celui de la botanique: le raisin est « loin » du bourgeon). Sol argilo-calcaire très caillouteux. Rendements de 30 hl/ha. Vendanges manuelles. Conversion à l’agriculture biologique en cours. Mis en bouteilles à la fin du mois de mai.

Et voici également les nouveaux millésimes des cuvées déjà proposées en 2013: les rouges Anthocyanes 2012 (braucol et 20% de syrah) et Brin de Temps 2012 (duras et braucol). Autant Anthocyanes plaira à tous les amateurs de vins intensément fruités, autant Brin de Temps est un animal sauvage, oserais-je risquer un lion indomptable.

Le rosé La Vie en Rosé 2013 (gamay, duras, merlot) et le délicieux mais déroutant Brin de Folie 2012: un rosé doux à 10% d’alcool, pur cabernet sauvignon. Rendements de 15 hl/ha. Une gourmandise hors de commun, destinée par exemple à un dessert aux fruits rouges, voire au chocolat.

J’ai eu la chance de rencontrer Damien Bonnet d’abord chez lui à Castanet et puis, plus récemment, à Paris pendant le salon organisé par le magazine Le Rouge & Le Blanc. J’ai été frappé par son énergie communicative, sa saine ambition et son sens de l’humour. je parie qu’on entendra beaucoup parler de lui dans un futur proche !

Plusieurs vins sont en dégustation pendant la Fête du Vin. Les sept cuvées peuvent être commandées via le magasin en-ligne.

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Visite au Domaine Pellé (Menetou-Salon)

Vignes de Ratier, Morogues & Les Blanchais
Vignes de Ratier, Morogues & Les Blanchais

Imaginons. Vous êtes à Sancerre, par exemple à l’esplanade Porte César. Le paysage de vignes qui vous envahit les yeux est à la fois impressionnant et apaisant. Prenez un quart d’heure pour vous asseoir et laisser vos idées vagabonder. Reposez-vous. Posez-vous. Respirez.

C’est en tous cas ce que j’ai fait le 11 mars, juste avant de reprendre la Tiguan pour franchir les quelques kilomètres qui me séparent de Menetou-Salon. Manitou-quoi ? OK, pas l’appellation la plus célèbre de France et pas aussi simple à mémoriser que Sancerre, Chablis ou Cahors.

Bon, petit précis de géographie (que les plus informés peuvent allègrement lire en diagonale). Menetou-Salon est une appellation ligérienne qui rassemble deux villages voisins, à savoir Menetou et Salon. Pouf-pouf. C’est faux. L’appellation regroupe dix villages, dont Menetou-Salon et Morogues. En quittant Sancerre, c’est cap vers le sud-ouest, en direction de Bourges. Le paysage évolue vers le céréalier, avant qu’un panneau discret en bord de D955 ne vous invite à entrer dans le vif du sujet.

A dire vrai, l’appellation aurait mérité de s’appeler Morogues. D’abord, cela se retient mieux et ensuite c’est dans ce village que l’on élabore les vins les plus intéressants: coteaux pentus, sols caillouteux pour des vins complexes et aptes à la garde: les arômes d’agrumes évoluent progressivement vers des notes de truffe.

En pratique, les étiquettes peuvent mentionner « Menetou-Salon Morogues ». Tout le monde est content.

Les blancs sont toujours issus de sauvignon et les rouges toujours de pinot noir. Un air de ressemblance avec Sancerre.

J’ai rendez-vous au Domaine Pellé, dans la cave semi-enterrée qui se situe sous la parcelle « Les Cris », au cœur du petit village. Ce bâtiment a été construit en 1970, complété par une annexe en 1998.

Henry Pellé, fils d’Ernest, est le véritable fondateur du Domaine. Né en 1930, il vit toujours à Morogues. Son fils Eric reprend le Domaine, mais décède accidentellement en 1995. L’épouse d’Eric, Anne, reprend le Domaine, avec la complicité efficace de Julien Zernott, œnologue.

Aujourd’hui, Julien est vigneron en Languedoc, propriétaire de l’excellent Domaine du Pas de l’Escalette.

Anne & Paul-Henry Pellé (NB: la photo date de 2008 et provient de l’excellent blog Jim’s Loire)

Depuis 2007, Paul-Henry Pellé, le fils d’Eric et de Anne, arrivé à l’âge adulte, poursuit la tradition familiale.

Je suis reçu par Anne. Nous commençons par une visite de la cuverie. Un peu rapide, parce que j’ai un autre rendez-vous en fin d’après-midi et que je préfère prendre le temps pour déguster.

Parenthèse. Certains vins blancs du Domaine sont disponibles sous capsule à vis. De mon point de vue, un bouchage absolument efficace sans aucun impact négatif sur le vin. Du moins pour des gardes courtes. Pour les gardes plus longues, je n’ai pas d’avis, par manque d’expérience.

J’aime la petite musique du tire-bouchons qui se fraye un chemin dans le liège. J’aime le pop bien sonore poussé par le bouchon extrait. Mais…la capsule s’ouvre plus vite (et se referme plus facilement), elle ne nécessite pas d’outil en queue de cochon et elle supprime la mauvaise surprise du vin bouchonné. Et tant de bouchons en liège sont malheureusement d’une qualité lamentable…trop courts, trop laids, trop friables. Fin de la parenthèse.

Le Domaine s’étend sur 40 hectares de vignes, dont quelques-unes sur le territoire de la commune de Menetou-Salon: ce sont les cuvées « Les Bornés », en blanc comme en rouge. L’essentiel des parcelles se situe à Morogues, dans un rayon de 3 kilomètres autour de la cave. Un petit peu de Sancerre, sous le nom « La Croix au Garde » est également proposé.

La dégustation commence par les rouges: on goûte Les Bornés 2012, un vin élaboré avec une partie de raisins achetés (activité de négoce). Belle couleur assez dense, témoignage visuel de rendements bien maîtrisés. L’appellation autorise 59 hectolitres/hectare, le Domaine vise sur cette cuvée d’entrée de gamme les 45 à 48 hectolitres/hectare. Moins encore sur les cuvées produites à Morogues. Anne considère qu’au-delà de 50 hectolitres/hectare, il est très difficile de proposer un pinot noir de qualité. Le vin est servi un peu frais, ce qui renforce la perception des tannins.

Puis Morogues 2012, vin issu d’une grande parcelle de 8 hectares, plantée en 1970. Vendanges manuelles, parce que les rangs de pinot noir ne sont pas mûrs au même moment, vu la complexité géologique du lieu. Ce vin est commercialisé sur allocation.

Enfin, les Cris 2011 a de la mâche, de la structure et de la puissance. Excellent. Mérite un peu de repos avant tire-bouchonnage. Les Cris, c’est LA parcelle idéale pour le pinot noir.

La nouvelle cuvée Le Carroir 2012 est épuisée…c’est une production de 800 bouteilles…

Pour les blancs, on se met en bouche avec le Sancerre…eh oui, ici le Sancerre fait plutôt office d’entrée de gamme. Puis, la cuvée grâce laquelle j’ai appris à connaître le Domaine Pellé, le Morogues. En millésime 2012. Délicieux sauvignon, élevage en cuves, finale nette, tranchante et énergique.

Voici les Vignes de Ratier 2012. Vignes plantées au début des années ’90, exposition très solaire, de la lumière du matin au soir. Un vin puissant et assez sauvage, avec des notes fumées.

Les Blanchais 2012 est vif, caillouteux et précis. Moins de puissance, mais une superbe colonne vertébrale. Sols calcaires, avec du silex. Il y a une certaine austérité. Vin qui s’adresse à l’intellect. Une sorte de « super-Morogues ». L’antithèse parfaite du style des Vignes de Ratier, plus sensuel.

On enchaîne avec Les Blanchais 2008. Ce n’est évidemment plus commercialisé. Délicieux, joli fondu, apprivoisé, une belle preuve de la capacité à vieillir de ces vins. A l’aveugle, on pourrait penser à Chablis, voire à un chenin.

Cette cuvée parcellaire a été pionnière dans l’appellation, puisqu’elle a été créée dès 1981, à une époque où les vignerons du coin proposaient un rouge, un blanc, point-barre. Les nouvelles étiquettes incluent une représentation du périmètre cadastral.

Trois vins blancs du Domaine sont en dégustation pendant la Fête du Vin. Ils peuvent être commandés via le magasin en-ligne.

PS: coïncidence, j’ouvre ma boîte aux lettres et y trouve le numéro de juillet de la Revue du Vin de France, avec un article consacré à Menetou-Salon. Parmi les vins sélectionnés, 3 cuvées du Domaine Pellé !

L'église de Morogues
L’église de Morogues

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L’abeille aime le merlot de Tire-Pé !

David Barrault me transmet cette photo…que je m’empresse de partager !

Les abeilles ont l’air d’apprécier le merlot du Château Tire-Pé !

Entre temps, l’essaim a rejoint les ruches d’un apiculteur du coin.

 

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Samedi 10 mai: les effrontés du Sud-Ouest

Diane Cauvin, La Colombière
Diane Cauvin, La Colombière

Fronton. Entre Montauban et Toulouse. En plein Sud-Ouest. Sans doute pas les paysages les plus sexy du vignoble français. On ne peut pas tout avoir. Alors, dans sa grande mansuétude, le Gentil Organisateur y a planté la négrette. Cépage étonnant et quasiment impossible à trouver ailleurs (quelques traces en Vendée).

D’aucuns préfèrent affubler cette vigne du doux nom de folle noire. Tout un programme. En dégustation, de jolies notes florales, des tannins plutôt souples (malgré une parenté ampélographique avec le côt de Cahors et le tannat de Madiran) et une aromatique qui peut évoquer la syrah. Poivre et violette.

L’appellation Fronton exige au moins 50% de négrette et accepte les cuvées en mono-cépage (100% négrette). Quand il y a assemblage, on y retrouve de la syrah, du cabernet franc, du cabernet sauvignon, du gamay et quelques autres. Un tiers du volume est vinifié en rosé.

Je vous propose samedi de venir goûter ce qui se fait de mieux dans le coin, à savoir le Domaine Le Roc et le Château La Colombière. Le Roc, c’est la valeur sûre, depuis de longues années; La Colombière, résolument engagée dans la biodynamie.

Deux rosés bien différents: négrette + gamay pour le Vin Gris 2013 de La Colombière (pressurage), négrette + syrah + cabernet pour La Saignée 2013 du Roc (…saignée).

En rouge, exploration approfondie du millésime 2011, avec Le Classique (exceptionnel rapport plaisir/prix), Don Quichotte (beaucoup de punch, 5 ans de cave ne lui font pas peur), Vinum (le plaisir de la pure négrette, tout de suite), Coste Rouge (le millésime 2010 avait énormément plu lors de la dégustation du printemps 2013) et Bellouguet (un assemblage de négrette et de cabernet, manifestement construit pour durer).

…et, oui, il y aura du prunelard blanc (Vin de France), cette fois sous une étiquette Le Grand B 2012, en attendant que toutes les démarches administratives visant à faire reconnaître le cépage aient abouti. Ce vieux cépage local avait disparu: le voici ressuscité par sur-greffage de vieux plants de négrette. A ma connaissance, La Colombière est le seul Domaine au monde à proposer un vin issu du prunelard blanc ! A la dégustation…qui a dit « chenin » ?

Franck Pascal, Jonc-Blanc
Franck Pascal, Jonc-Blanc

Nous quittons Fronton pour Bergerac, soit 200 kilomètres vers le nord-ouest, via Castelsarrasin, Agen et Marmande. Nous sommes toujours dans le Sud-Ouest, mais plutôt sous influence bordelaise. J’ai le plaisir d’importer les vins du Château Jonc-Blanc. Nous goûtons le rouge Coeur de Foudre (un pur merlot) et, en invité-surprise, le blanc Les Sens du Fruit, assemblage de sauvignon et de sémillon.

Les vins peuvent être commandés via le magasin en-ligne.

 

 

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« last minute » aus Deutschland !

AdeneuerUn 24ème vin s’est invité, en dernière minute, pour participer à la dégustation qui commence dans quelques heures.

C’est un pinot noir, de nationalité franchement allemande.

Il est né dans la vallée de l’Ahr, au sein de la famille Adeneuer.

Vieilles vignes et élevage en foudres (pas de barriques).

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Visite au Domaine Colinot (Irancy)

Chablis possède une telle notoriété que le nord de la Bourgogne est assimilé à vin blanc et à chardonnay. Ce n’est pas faux, loin de là.

Néanmoins, un village peuplé d’irréductibles vignerons résiste encore et toujours à l’envahisseur « chardonnay » : j’ai nommé Irancy. Ici, c’est pinot noir et noir pinot.

Avec malgré tout une touche locale qui nous ramène aux irréductibles vignerons ci-dessus: le cépage césar.

César, les Gaulois, Goscinny, …

Pouf-pouf.

Le cépage césar, c’est un peu de brutalité dans un monde de douceur. Autrement dit, un cépage qui produirait des vins un poil rustiques, structurés et colorés. En petite quantité dans un assemblage, le complément idéal pour le pinot noir. Je dis « produirait » au conditionnel, parce que l’appellation Irancy ne tolère que 10% de césar. A ma connaissance, pas de cuvées 100% césar, même pas en Vin de France.

D’ailleurs, comme pinot noir et césar sont souvent plantés ensemble sur une même parcelle, impossible d’isoler le jus de césar du jus de pinot (cherchez bien, il y a peut-être une contre-pétrie amusante).

Flash-back, c’est la mi-mars 2014. Mars…les Ides de Mars…l’assassinat de César par Brutus.

Re-pouf-pouf.

Donc, mi-mars, j’arrive à Irancy, par la route qui vient de Chitry, laquelle aborde l’amphithéâtre par le haut: le village se niche tout au fond de cet amphithéâtre, en forme de fer à cheval, ouvert au sud-ouest.

En simplifiant un petit peu, le village, c’est la rue Soufflot, le long de laquelle s’alignent les maisons vigneronnes. La maison de la famille Colinot ne fait pas exception.

J’ai rendez-vous avec Stéphanie Colinot, en charge des vinifications depuis déjà quelques années. Le lieu n’a pas changé depuis une visite précédente, en 2007 ou 2008: une sorte de bric-à-brac plutôt charmant où quelques cuves, une installation d’étiquetage, du stock en bouteilles et une longue table s’amoncellent gaiement.

004Les bouteilles de dégustation m’attendent: il y a de quoi travailler, avec une horizontale des cuvées parcellaires du millésime 2011. En fonction du lieu-dit, la proportion de césar dans l’assemblage varie de 3% à plus ou moins 10%. Tous les vins sont élevés en cuve: pas de fûts !

Les Cailles 2011 est un vin plutôt léger (la légèreté, c’est un constat, pas une critique !), agréablement fruité. Palotte 2011 et Les Mazelots 2011 sont plus intenses et plus longs.

Très Vieilles Vignes 2011 et Côte de Moutier 2011 sont mes préférés: belle concentration, qualité des tannins.

On termine sur une cuvée exceptionnelle, dans le double sens du terme: il s’agit d’une exception, puisque Les Mazelots « fûts de chêne » est la seule cuvée du Domaine à passer dans le bois et que c’est un millésime 2010 (élevage plus long). Bouteille d’exception: équilibre, fondu harmonieux, suavité savoureuse.

les différents lieux-dits d’Irancy

Je me souviens d’une époque, pas si lointaine, où les tannins des vins d’Irancy pouvaient être marqués par une amertume peu engageante. Aujourd’hui, l’extraction des tannins est beaucoup plus précise. Ce sont de vrais vins « nordistes », délicats, un peu stricts, très nets, avec un taux d’alcool maîtrisé. Ils peuvent s’apprécier dès maintenant et pendant les 5 prochaines années.

A vérifier ce vendredi 25 et samedi 26 avril. Ces vins peuvent être commandés via le magasin en-ligne.

 

 

 

 

 

 

 

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Le Muscadet se déguste le samedi 15 mars

Comme nous le savons tous, le Muscadet n’est qu’un vilain vin de comptoir, vaguement acide et plutôt dilué. Un p’tit blanc dispensable dont le seul mérite est de n’être pas cher. A la simple évocation de son nom, les sourcils se froncent et les nez se pincent…

STOP ! Je vous invite avec grand plaisir à tordre le cou à ce préjugé périmé, à venir goûter et à exercer votre jugement personnel, n’en déplaise aux snobs, au Chat (« Roger, un … ») et aux psychorigides engoncés dans leurs tristes certitudes anti-muscadetsques.

9 Muscadets en dégustation ce samedi 15 mars. Entre 10 et 18 heures. 

Le programme complet est ici.

PS: aucune excuse du type « oh, tu sais, moi, le Muscadet… » ne sera acceptée. Et, pour le plaisir de la comparaison, un vin de Savoie complète la dégustation.

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« On avance à partir d’une passion créatrice »

Carpe Diem, Marguerite, Taurus
Carpe Diem, Marguerite, Taurus

Le titre est une citation du philosophe Edgar Morin. Elle figure sur la contre-étiquette de la cuvée Carpe Diem du Domaine de L’Ecu.

Le moins que l’on puisse dire est que Fred Niger Van Herck ne manque ni de passion, ni de créativité !

Voici donc les nouvelles cuvées du Domaine:

Taurus 2011 en est à son deuxième millésime. C’est un Muscadet Sèvre & Maine élevé comme un Bourgogne.

Agriculture Biologique depuis 1975; biodynamie certifiée Demeter depuis 1998.
Vendange manuelle.
Réception des vendanges par gravité, aucun usage de pompes.
Pressurage pneumatique.
Aucun débourbage.
Fermentation via les levures indigènes.
Elevage sur lies en cuve souterraine pendant 10 mois, ensuite élevage sur lies fines en fûts de chêne bourguignons de 4 vins pendant 6 mois.
Ni collage, ni filtration.

Production limitée à 3.000 bouteilles. 12% d’alcool.

Pour le goûter jeune, un carafage de plusieurs heures est indispensable. Garde de plus de 10 ans.

Marguerite est un vin de France non-millésimé. Il s’agit néanmoins d’une vendange 2012 (« cuvée MMXII »). Vin « nature », sans sulfites ajoutés. Production limitée à 1.600 bouteilles. 11% d’alcool.

Carpe Diem est un vin de France non-millésimé. Il s’agit néanmoins d’une vendange 2012 (« cuvée MMXII »). Elevage en amphores, pendant 14 mois. Production limitée à 2.300 bouteilles. 12% d’alcool.

Mes notes de dégustation en racontent plus.

Tarif & bon de commande. Attention, quantités très limitées ! 3 bouteilles max par commande.

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Visite au Domaine Serge Laloue

Ce voyage dans le Sancerrois commence par une promenade à Chavignol, histoire de coller mon nez au Cul de Beaujeu (mais non…ce n’est pas grossier) et à la Côte des Monts Damnés. Ces deux lieux-dits célèbres (en Bourgogne, on parlerait de « cru », qu’il soit premier ou grand) sont impressionnants par leur pente et par leur masse qui écrasent carrément le village en contrebas. La météo est (très) ensoleillée, le village est pentu, Philippe se sent bien.

Tout en haut, l’église et le Domaine Henri Bourgeois. De là, vue magnifique sur Sancerre, perché au sommet d’une colline.

Il est bientôt 14h30, temps pour prendre la route vers Thauvenay, village situé au bord du canal latéral à la Loire.

Je suis accueilli par Christine Laloue, pendant que son frère Franck est aux vignes. Un passage par le caveau où sont élevés les vins « sous bois », exclusivement en tonneaux de 600 litres. Vaste cuverie inox, à la mesure d’un domaine de 22 hectares. Les vignes sont situées pour l’essentiel à Thauvenay, avec l’une ou l’autre exception.

On commence par goûter un Pouilly-Fumé 2012. Pardon ? Eh oui…une petite cuvée de négoce, élaborée au départ à la demande d’un agent parisien qui trouvait pratique de pouvoir proposer Sancerre et Pouilly-Fumé d’un seul jet ! Malgré cette naissance un peu particulière, le vin est sympathique, net, droit et « sauvignonne » joliment.

Le Sancerre blanc 2013 (mis en bouteilles fin février) est très sauvignon à l’attaque et déjà Sancerre en finale. A ce stade, le cépage prend néanmoins le dessus sur l’appellation. Mais je suis prêt à parier que ce sera l’inverse dans quelques mois. Equilibre sur l’élégance, pas sur la puissance de l’alcool. Pas de bois et assemblage des trois types de terroirs de Sancerre: des caillottes, des terres blanches et des silex. Je reviendrai sur ce sujet, mais pas ce soir !

A propos de silex, voici la cuvée Silex 2012 (malheureusement déjà épuisée). Profil sérieux et énergique. L’alcool est parfaitement dompté. Le cépage s’efface devant le caillou. Pas de bois. Le 2013 sera probablement mis en bouteilles en juin prochain.

Cul de Beaujeu 2011 a tout d’un grand. On est à Chavignol. C’est concentré et très long. Puissance de l’extrait sec, avec beaucoup d’élégance. Et toujours pas de bois – quelle bonne idée ! Production fort limitée, parcelle en métayage.

1166 2012 n’est pas le code secret de ma carte VISA, mais une cuvée produite sur une micro-parcelle du village de Sancerre, plantée de …1166 ceps. Terroir de silex et de calcaire. Elevage sous bois pendant 11 mois. Le vin est ample, gras mais conserve une belle fraîcheur. Quantités infimes.

Le Sancerre rouge 2012 commence sur une note de réduction qui s’évacue heureusement très vite. Bonjour pinot noir ! Elevage pour moitié en cuve et pour moitié sous bois. Il y a de la densité et de bons tannins.

Enfin, une nouveauté (le vin n’est pas encore commercialisé), à savoir un rouge « Les Rôties » 2012, une sélection de ce que le Domaine peut faire de mieux avec ses pinots noirs. Un bel équilibre entre suavité et tension.

Le fil conducteur est à chercher dans l’élégance et la légèreté des vins. Entendons-nous, « léger » ne signifie en aucune façon « creux » ou « faible ». La légèreté, c’est le contraire de la pesanteur. C’est une jolie dentelle, un souffle aérien. 

Il me reste beaucoup à partager au sujet de cette visite, mais je ressens comme une irrésistible envie d’aller me coucher. Demain (mardi, quoi), beaucoup de travail (sic) et un trajet vers Chablis en toute fin de journée.