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compte-rendu…

…de la dégustation du samedi 13 juin

Samedi matin tôt. Même très tôt si l’on considère qu’il s’agit de goûter 15 vins. Bref, 08h30 au cadran de l’horloge et le tire-bouchon attaque son labeur saturnien. Je ressens l’impatience avant d’entamer la dégustation, le questionnement sur la pertinence de ma sélection, la crainte du flacon bouchonné et/ou flingué et la curiosité pour l’impact de l’effet de séquence. Axiome: notre perception du vin précédent influence toujours notre perception du vin suivant. Exemple: vous goûtez un vin qui vous paraît très vif, avec une acidité marquée. Si le vin suivant est légèrement moins vif, il se pourrait qu’il vous semble plat, sans vivacité. Or non.

Première impression globale à 09h45 ? Les rouges se goûtent vraiment très bien, ils sont conformes à mes attentes, voire mieux que ça. Pour les blancs, c’est plus mitigé: les uns éclaboussent mon palais de leurs multiples qualités (…), d’autres se montrent renfrognés, assoupis, pas folichons. Cela arrive, cela fait partie de l’aventure: ces vins ont besoin d’un peu de temps, d’oxygène et de quelques degrés supplémentaires. La température du frigo, c’est vraiment trop froid: à 5°, les arômes sont cassés et la structure est déséquilibrée vers trop d’acidité.

Concrètement, vos commandes sont attendues au plus tard ce mardi soir (16 juin) avant minuit, le cachet de la poste faisant foi… Les commandes via le magasin en ligne sont plus faciles à gérer, mais si vous préférez me transmettre un e-mail, c’est très bien aussi !

Le résumé ci-dessous constitue la synthèse de mon ressenti et des commentaires émis par les dégustateurs. Les vins sont commentés dans l’ordre de leur dégustation, les sept blancs avant les huit rouges. Je ne répète pas ce qui figure dans les fiches individuelles de chaque vin: celles-ci peuvent être facilement consultées via ce lien vers le magasin. Vous ferez le meilleur choix en combinant la lecture de cet article avec celle des fiches.

  1. Ce chardonnay allemand fait le boulot, exactement ce que j’attends de lui: le vin est ouvert et joyeux, sans chichis. Le type de bouteille que l’on ouvre sans réfléchir juste pour le plaisir du partage. Typiquement le vin qui ne déplaira à personne, même pas à la tante Sidonie qui est pourtant très difficile… Pas de bois: le cépage, tout le cépage et rien que le cépage. Allemagne, Huff, Chardonnay 2024, € 11
  2. Autant le premier vin est immédiat et souriant, autant cette Folle Blanche requiert un peu plus d’attention: ni fruit, ni fleur, mais du caillou, souligné par une franche vivacité. Un vin de structure, pas d’arômes. Le compagnon idéal pour ce qui sort de la Grande Bleue. La tante Sidonie risque de ne pas s’en remettre. Par contre, si vous avez apprécié les millésimes précédents, vous ne serez pas déçus par celui-ci. France, Luneau-Papin, Folle Blanche 2025, € 14
  3. Voici le vin qui a le plus souffert de l’effet de séquence: moins vif que le précédent (et d’ailleurs également moins vif que le suivant), il a semblé manquer d’un chouïa d’énergie. Pourtant: de jolis agrumes (orange, ni citron, ni pamplemousse), de la minéralité et de la consistance, un élevage « transparent ». Un beau Bourgogne pour maintenant et les deux années à venir. France, Guerrin, Mâcon-Vergisson 2024, € 16
  4. Quel joli nez ! Précis et frais, quelque chose qui le rend irrésistible. La part de tressallier déclenche un petit choc électrique qui réveille tout qui serait tenté par la sieste ! Original et équilibré. Le peintre qui a dessiné ce vin voit clair et sait dans quelle direction il veut aller. Une belle démonstration du potentiel d’une région un peu oubliée. France, Les Bérioles, St-Pourçain, Aurence 2025, € 17
  5. Voilà une bouteille qui n’avait pas vraiment envie de converser avec moi en tout début de journée. C’est un bel exemple de vin réducteur (élaboré sans la moindre présence d’oxygène) qui doit être agité dans le verre et qui gagne beaucoup à passer en carafe. En l’absence de carafe, je conseille de l’ouvrir quelques heures avant dégustation. Il a commencé à donner le meilleur de lui-même pendant l’après-midi. Mais alors quelle classe ! Ces vieilles vignes (75 ans) de riesling ont une histoire à raconter, celle d’un terroir trop longtemps oublié. Vif, mais sans excès, ce n’est pas un citron de l’extrême. Allemagne, Geil, Nineteen Fifty 2025, € 21,50
  6. Ah ! Oh oui, encore ! Je rédige en la présence à mes côtés d’un (petit) verre de ce Chablis qui incarne à mes yeux ce qui fait la célébrité de cette appellation: vif, tendu, droit, salin, long, concentré et susceptible d’être gardé plusieurs années en cave. Encore une confirmation de la qualité des 2024 en Bourgogne blanche (à ce stade, je n’ai pas encore d’opinion pour ce qui concerne la Bourgogne rouge). France, Christian Moreau, Chablis 2024, € 23
  7. Et pour clôturer la dégustation des vins blancs, ce très grand vin du Mâconnais. Il a tout pour lui: la densité, le gras, la rondeur sans sacrifier en quoi que ce soit l’énergie. Un Bourgogne complet, à un tarif raisonnable (les Pouilly-Fuissé 1er cru du même Domaine sont magnifiques, mais ils franchissent allègrement la barre des 40 euros). France, Saumaize-Michelin, Pouilly-Fuissé Les Courtelongs 2024, € 33,50
  8. Premier rouge, cet assemblage de grenache et de syrah conjugue les qualités des deux cépages, avec un fruit très mûr mais sans que l’alcool ne vienne jouer au trouble-fête. C’est un vrai vin du sud, direct, assez puissant, gorgé de soleil. Je crois que la tante Sidonie (tiens, elle est de retour celle-là ?) … que la tante Sidonie disais-je, vous adressera son plus plus sourire. France, Les Halos de Jupiter, Costières de Nîmes 2023, € 11
  9. Voilà un vigneron qui m’épate de plus en plus: ce Beaujolais de Frédéric Berne commence comme un Morgon de chez Lapierre, avec beaucoup d’arômes floraux et fruités, puis évolue vers une franche minéralité qui rend le nez complexe et fascinant. La bouche coule tout seule jusqu’à quelques petits tannins qui la structurent. Vin délié, salivant. Je rajouterais même « naturel » si je ne craignais pas une confusion (sans objet) avec les fameux vins « nature ». France, F. Berne, Beaujolais, Pierre Bleue 2023, € 15
  10. Un Madiran moderne. Des tannins oui, mais civilisés, maîtrisés, sculptés. De la chair savoureuse, virile et tonique. Hier soir (= samedi soir), avec un filet pur (bœuf), absolument délicieux ! Pas évident de trouver aussi bien à ce prix-là à Bordeaux. France, Laougué, Madiran Camy 2022, € 14
  11. Le fruité de ce nez est …addictif. Et vient ensuite une bouche délicate qui commence aussi suave que fraîche (le gant de velours) et se conclut avec une fermeté élégante (la main de fer). On pourrait dire que le grenache cède progressivement sa place au mourvèdre. On pourrait dire que le grenache sur sable, c’est décidément magique (… Rayas à ChNdP…). France, Cébène, Faugères, Ex Arena 2024, € 17
  12. Les blancs de Nicolas Maillet sont exceptionnels, mais voici la preuve qu’il se débrouille très bien avec les rouges ! Le fruit est radieux: il n’y a aucune raison de ne pas se jeter dessus dès maintenant. L’assemblage en parts égales de pinot noir et de gamay génère de la complexité et de la singularité: le dégustateur se demande vraiment s’il a atterri en Bourgogne ou en Beaujolais. De fait, ce vin est à la fois bourguignon et beaujolais ! France, N. Maillet, Mâcon Rouge 2024, € 24
  13. Cette robe si pâle qu’elle paraît fragile, ce nez si parfumé et si charmeur, cette bouche, légèrement fumée, d’une extrême délicatesse: Rosumarinu 2025 est à la hauteur des millésimes précédents, ce qui n’est pas peu dire. Tout cela est tellement bon aujourd’hui qu’il ne faut sans doute pas parier sur une très longue garde: trois ans oui, au-delà un point d’interrogation. France, Sant Armettu, Corse Sartène, Rosumarinu 2025, € 24,50
  14. Le vainqueur à l’applaudimètre: je n’ai entendu que des commentaires élogieux qui soulignaient en particulier une rare combinaison de puissance et de buvabilité. Un vin méridional et septentrional. Une énergie et une intensité d’anthologie. Exceptionnel. Je m’arrête là avant de me noyer dans les superlatifs. France, Cébène, Faugères, Belle Lurette 2023, € 27
  15. Quel très beau Pinot noir de Bourgogne ! Comment ? Il n’est pas bourguignon, mais allemand ? Je ne peux le croire. C’est du Volnay 1er cru. Ou du Beaune 1er cru. Ce toucher de bouche, ce boisé élégant, ce fruit concentré, ces tannins précis et si bien dosés. Chapeau. Très très difficile de trouver un vin semblable en Bourgogne à ce prix-là. Allemagne, Jülg, Schweigen, pinot noir 2023, € 37,50

Voilà. J’ai fait ma part du travail ! A vous de jouer maintenant, via ce lien vers le magasin. Vous ferez le meilleur choix en combinant la lecture de l’article ci-dessus avec celle des fiches individuelles de chaque vin. Vos commandes sont attendues au plus tard ce mardi 16 juin avant minuit. Les vins commandés seront mis à votre disposition fin juin.

Avant que je n’oublie: c’est un bon moment pour commander vos rosés ! Les voici.

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A la frontière franco-allemande…

Curiosité peu courante: les vignes du Domaine Jülg se situent de part et d’autre de la frontière franco-allemande, entre Wissembourg (extrême nord de l’Alsace) et Schweigen (extrême sud du Palatinat/Pfalz).

Il s’agit donc de vins vinifiés en Allemagne, par une famille allemande, mais élaborés en majorité avec des raisins vendangés en France. La carte ci-dessous le visualise assez bien: la frontière est indiquée par la ligne rouge. Au nord de cette ligne, c’est l’Allemagne; au sud, la France.

Le Domaine s’étend sur 25 hectares: 60% pinots (blanc, gris et noir), 20% riesling, 10% chardonnay, 10% autres cépages. Il y a quelques années, Jülg a rejoint VDP, l’association privée qui regroupe une bonne partie de l’élite des vignerons allemands, ce qui a fait évoluer la gamme du Domaine: le modèle promu par VDP passe entre autres par une hiérarchie à trois niveaux, inspirée par la Bourgogne: les vins régionaux (Gutswein), les vins de village (Ortswein) et les crus (erstes Gewächs et grosses Gewächs). Astuce: on reconnait les Domaines membres de VDP à la présence sur la collerette de l’aigle-grappe ci-dessous. Toutes choses égales, c’est un label crédible qui peut faciliter le choix de l’amateur au sein d’une offre touffue.

Je raconte aujourd’hui un Ortswein, puisque tous les raisins proviennent du même village, à savoir Schweigen, ce qui est mis en avant par l’étiquette. Conséquence de cette origine précise: toutes les parcelles sont calcaires, ce qui est tout aussi mis en avant sur l’étiquette. Le vin allemand serait compliqué ? Eh bien non, pas forcément !

Clin d’œil à la géographie: le Domaine choisit de nomer ce vin « Calcaire Blanc » et non pas weißer Kalkstein.

La même étiquette se montre plutôt discrète quand il s’agit de cépages. Oui, cépages au pluriel, puisque ce Calcaire Blanc est un assemblage de chardonnay, de pinot blanc et de pinot gris. J’ignore les proportions respectives.

Le modèle pour penser et créer ce vin se situe clairement en Bourgogne. Le dégustateur aveugle peut facilement se faire rouler dans la farine et situer son origine quelque part entre Côte de Beaune et Mâconnais. L’élevage est long: d’abord 12 mois en barriques, ensuite 18 mois en cuve inox, enfin quelques mois en bouteilles avant commercialisation.

En dégustation, le boisé apparaît, mais c’est en finesse, une présence plus suggérée qu’affirmée. Bouche cristalline avec une acidité traçante, élevage précis, du volume en bouche, avec -à ce stade de sa vie- une forte présence du chardonnay. Si la présence du pinot gris vous fait immanquablement penser à certains mollassons alsaciens et/ou à certains insipides pinot grigio du nord de l’Italie, celui-ci va vous faire changer d’avis. Je prends les paris !

Tant qu’à faire, la région est très accueillante avec des villages d’autant plus beaux qu’il n’y a quasi pas de monde et en conséquence pas de boutiques à l’assortiment douteux, y compris les terribles cartons de trois flûtes alsaciennes qui terrorisent les touristes naïfs. Je recommande en particulier le village de Hunspach. Et Wissembourg sous le soleil, c’est pas mal non plus !

Du côté allemand, suivez la Route des Vins du Sud-Palatinat à partie de la spectaculaire porte du vignoble, au centre du village de Schweigen. Le Domaine Jülg, c’est aussi un restaurant de belle réputation: Die Weinstube. What else ?

Weingut Jülg, Pfalz, Calcaire Blanc 2022: € 24,00

Je prends vos commandes jusqu’au mardi 24 mars inclus. Disponibilité des vins commandés: avril.

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Oscars 2024

C’est le moment pour jeter un coup d’œil dans le rétroviseur et procéder dans la foulée à la nomination des Oscars 2024: 71 vins ont été dégustés, en 5 dégustations (mars, mai, août, octobre et novembre). 38 vins en bio et biodynamie, soit 54% du total, pourcentage en forte croissance par rapport à 2023.

Au-delà des 71 vins en dégustation, 136 vins ont trouvé leur place dans la gamme, soit un total de 207 vins dont 75 vins français (36%), 50 vins espagnols (24%), 34 vins allemands (16%), 28 vins italiens (14%). Quelques vins autrichiens, grecs et portugais complètent ce tableau. Et même un vin américain, plus précisément un zinfandel californien.

Ont eu beaucoup de succès: le Mâcon-Verzé Le Chemin Blanc 2022 de Nicolas Maillet, le Valpolicella Classico 2022 de Speri, le Chablis Croix-aux-Moines 2022 de Denis Pommier, le Rias Baixas Cies 2022 de Forjas del Salnès, le Rosso di Valtellina Vesper 2021 du Convento San Lorenzo et le Côtes-du-Rhône rouge 2022 du Domaine des Bosquets.

NB: le succès est mesuré par le nombre de bouteilles vendues, mais aussi par le nombre de clients qui en ont acheté au moins une bouteille.

Et donc les Oscars 2024. Comme pour les Oscars 2023, j’ai relu mes notes, j’ai interrogé mes souvenirs, j’ai comparé, j’ai douté. Bien entendu, d’autres vins auraient pu décrocher une médaille. Comme aux Jeux Olympiques, cela tient parfois à un centimètre ou à une minuscule fraction de seconde. Bien entendu, c’est subjectif et plein d’émotions toutes personnelles.

Monte sur la troisième marche du podium, médaille de bronze, avec les félicitations du Jury (c’est-à-dire moi), prix spécial pour le meilleur vin blanc, représentant la Bourgogne: Le Chemin Blanc 2022, Mâcon-Verzé, Domaine Nicolas Maillet (100% chardonnay). Vous l’avez plébiscité, je partage votre enthousiasme ! La précision, l’éclat, la profondeur, la longueur, tout y est ! A mon avis, certains Puligny-Montrachet seraient bien ennuyés d’affronter ce vin du Mâconnais lors d’une dégustation à l’aveugle. Du même Domaine, du même millésime, le Bourgogne Aligoté vaut également son pesant de noisettes !

Grimpe sur la deuxième marche, médaille d’argent, avec les félicitations emplumées du même Jury, représentant la Loire: Saumur 2022 du Clos de l’Ecotard (100% cabernet franc). Raffiné, élégant, précis. L’habituelle robustesse du cabernet franc disparaît pour faire place à des tannins d’un grain exceptionnel, à une fluidité harmonieuse. Ce vin peut se passer du bœuf, mais s’en accommode avec brio.

Bondit sur la première marche, médaille d’or, avec les félicitations du Jury, la couronne de laurier, les tambours trompettes et vuvuzela, représentant la Lombardie: De Le Mur 2020 du Convento San Lorenzo en appellation Valtellina Superiore Sassella (100% nebbiolo). Cet italien qui se cache tout près de la frontière suisse est un vin de garde, mais la qualité de ses tannins permet de le goûter dès à présent, à l’aide de la carafe idoine. C’est parfumé, subtil, comme la bouteille de fer dans la chaussette de velours. Longueur salivante, fruit d’une grande noblesse, sérénité du sourire de celui qui déguste…

Voilà. Je vous souhaite à tous et à toutes d’excellentes fêtes de fin d’année et un millésime 2025 en tous points conforme à vos désirs et souhaits les plus fous.

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Compte-rendu

Samedi, c’était dégustation. Voici quelques commentaires personnels sur ce qui a été goûté, à l’attention particulière de ceux et celles qui avaient piscine et/ou poney.

Programme de la dégustation

Deux duos d’exception :

Deux cabernets francs de Loire que tout oppose : le style traditionnel de La Chevalerie et le style moderne de l’Ecotard.

La Chevalerie (Bourgueil) a besoin de temps pour fondre ses tannins, c’est d’ailleurs pour cette raison que le Domaine commercialise ses belles cuvées après quelques années passées en bouteilles dans leurs gigantesques caves en tuffeau. Ce 2018 est un vin puissant, terrien, un vin paysan dans le plus noble sens du mot. Il prend toute sa valeur à table : un beau morceau de bœuf et la fête commence !

L’Ecotard (Saumur) incarne un autre regard sur le cépage : le vin est raffiné, élégant, précis. L’habituelle robustesse du cabernet franc disparaît pour faire place à des tannins d’un grain exceptionnel, à une fluidité harmonieuse. Ce vin peut se passer du bœuf, mais s’en accommode avec brio.

PS : les fonds de bouteilles ont été redégustés dimanche soir, … avec une belle viande.

Deux assemblages catalans :

Deux assemblages espagnols de grenache et de carignan qui racontent le sud de la Catalogne et l’évolution spectaculaire des vins de cette région pendant les 25 dernières années. Planella (Domaine Joan d’Anguera) assume pleinement sa robe de couleur claire. Le grenache infusé offre parfums et finesse, le vieux carignan se charge de donner de la structure et de l’énergie. Ah oui, cela titre 14,5% mais ce n’est pas ce que votre palais va vous conter : vin du sud, puissant, harmonieux, sans la chaleur fatigante qui démolit tant de vins méditerranéens. Si c’est pour être débouché pendant les prochains mois, c’est Planella qu’il faut s’offrir.

Coma Vella (Mas d’En Gil) est un grand Priorat qui conjugue le respect des anciennes traditions (c’est-à-dire l’absence dans l’assemblage du cabernet, de la syrah et du merlot) et l’expression de la modernité (c’est-à-dire la primauté donnée à la finesse et la précision). Il fut un temps pas si lointain où Priorat pouvait se traduire par « beaucoup (trop) de tout » : beaucoup de couleur, beaucoup de bois, beaucoup d’alcool. C’est impressionnant, cela peut séduire les œnophiles débutants. Mais, franchement, Coma Vella en donne tellement plus : beaucoup d’équilibre, beaucoup d’intensité, beaucoup de longueur. Se goûte fort bien aujourd’hui, mais sera à son apogée d’ici trois à cinq ans.

Les vins qui remettent en cause certains préjugés :

Ah les vins blancs du sud qui déçoivent par leur lourdeur (un relatif déficit de fraîcheur), par leur pointe d’amertume (ce n’est pas un défaut, mais il se fait que beaucoup d’œnophiles ont une relation difficile avec cette saveur), par la chaleur dégagée par les bouches à 15% et plus. Heureusement, il y a de belles alternatives. En Languedoc, pensez à des vignes plantées en altitude et en exposition nord, pensez à une vinification précise par un orfèvre en la matière et vous arrivez directement au Domaine d’Aupilhac, cuvée Cocalières. Alcool complètement maîtrisé (13%), texture soyeuse conférant une douceur émouvante à cet assemblage de cinq cépages (vermentino, roussanne, clairette, …).

Cahors. Si on dessine un portrait chinois de cette appellation parmi les amateurs, on entendra : poussiéreux, noir, vieux jeu, boisé sec, absence de fruit. Evidemment une telle liste de caractéristiques constitue un enterrement de première classe, la Mort de Cahors. Eh bien, oubliez tout cela, Cahors est alive and kicking grâce à une série de Domaines qui remettent le fruit au cœur du vin. Mas del Périé, Clos Troteligotte, Les Croisille. Château Les Croisille est un domaine dynamique, en bio et en biodynamie. Le malbec est juteux, éclatant, punchy, les tannins de cette cuvée Silice sont fins et fondus dans la matière. En vocabulaire contemporain, c’est d’une grande buvabilité.

Les classiques polyvalents :

Vous recherchez des vins qui ne déplaisent à personne, qui ne puisent pas profondément dans votre portefeuille, qui peuvent être débouchés sans prise de tête, qui offrent un fruit savoureux et direct, qui s’accommodent de toutes les circonstances ? En blanc, Mâcon-Vergisson du Domaine Guerrin ; en rouge, Les Sorcières du Domaine Le Clos des Fées.

L’Espagne moderne :

La Rioja déborde d’énergie, l’Andalousie se réinvente, la région de Madrid montre le bout de son nez, partout l’Espagne vibre, renouvelle, expérimente.

Le Domaine Maquina & Tabla (Castille y Leon) propose un verdejo profond, qui dépasse de loin les expressions superficielles et acidulées que l’on trouve régulièrement en appellation Rueda. On se rapproche fortement du vin nature : la petite dose de sulfites, ajoutée uniquement à la mise en bouteilles est suffisante pour protéger ce vin de toutes les déviations malvenues. Vin tonique, qui se révèle progressivement dans le verre (complexité).

En Galice, on élabore aussi des rouges. Et quels rouges ! Leur équilibre est typique de cette région verte, atlantique et moins torride que la plupart des autres. Envinate propose une cuvée Lousas à 12,5% (sic), marquée par la fraîcheur et la finesse. Attention si vous avez quelques difficultés avec les vins rouges d’acidité plus élevée que la moyenne : c’est délicieux, verre après verre, mais la première gorgée peut décontenancer. Le cépage mencia est vinifié sur l’élégance (qualité des petits tannins) ce qui lui confère comme un p’tit air de pinot noir…

Je note vos commandes jusqu’à ce mardi soir 15 octobre (les commandes globales sont transmises aux importateurs le mercredi matin) : Magasin.

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Chablis – Denis Pommier*

Agréable surprise à la lecture de l’édition 2025 (digitale) du Guide Vert de la Revue du Vin de France: le Domaine Pommier reçoit sa première étoile *.

Celle-ci s’explique en particulier par la réussite exceptionnelle du millésime 2022, une année solaire magistralement gérée par le couple Denis et Isabelle Pommier. Les notes obtenues par les différentes cuvées varient entre 90 et 94. Plus de précisions dans le magasin.

Anthocyane propose pas moins de cinq cuvées: le Petit-Chablis Hautérivien, le Chablis Croix aux Moines et 3 premiers crus: Côte de Léchet, Fourchaume et Troesmes.

Vous les retrouvez toutes les cinq dans le magasin.

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Madame chardonnay et ses trois copines

Pourquoi Madame chardonnay ? Parce que chardonnay c’est féminin, comme la millésime, la cépage et la syrah.

Comme un regard de biais, comme une intimité entre sœurs et cousines, comme une façon de créer du lien (c’est très à la mode) entre vins qui ne se seraient jamais décidés à entamer la conversation si je ne les avais pas gentiment poussés à le faire. Comment faire dialoguer le Mâconnais et le Chablisien ? Comment convaincre le Palatinat de bavarder avec le Massif Central ? Plus fort encore, comment convaincre Madame chardonnay de consentir à partager sa bouteille avec des copines, elle qui préfère depuis toujours la solitude hautaine et mono-cépagesque (sauf qu’en Champagne, la chardonnay fait plutôt dans le plan à trois, mais soit je m’égare).

Donc, cette introduction étant écrite, il s’agit de vous proposer un colis « chardonnay » en 6 bouteilles toutes issues du millésime 2022, pour apprécier la diversité des expressions et le charme de belles découvertes. Prix: € 130.

Et que trouve-t-on dans la boîte ?

Il y a donc un Chablis de belle facture, la Croix-aux-Moines du Domaine Isabelle et Denis Pommier, une nouveauté chez Anthocyane. Vignes de 50 ans sur calcaire argileux, 70% inox et 30% fûts. Boisé perceptible et bien proportionné. De la minéralité pour un vin salivant et droit.

En Mâconnais, c’est Nicolas Maillet qui se présente à nous, avec un somptueux Mâcon-Verzé Le Chemin Blanc: sans aucun doute, ce 2022 est exceptionnel (la presse spécialisée l’encense), avec son nez de fleurs et d’abricot et une bouche concentrée qui réussit (on se demande comment) à combiner rondeur et verticalité. Et quelle longueur ! 0% de bois. Âge moyen des parcelles: 87 ans. Récolté le 31 août, mis en bouteilles le 10 juillet. Le vigneron a la modestie d’annoncer une garde de 3 à 4 ans, mais il me paraît évident que ce vin dispose de toutes les qualités requises pour conserver son apogée jusqu’en 2030.

Tant qu’à faire, profitons-en pour inviter une copine de Madame chardonnay à rejoindre le colis, à savoir le Bourgogne-Aligoté de ce même Nicolas Maillet: assemblage du fruit de deux vignes, l’une à Verzé (ceps de 80 ans), l’autre à Igé (jeunes vignes). L’acidité naturelle du cépage est présente, mais elle participe en douceur à l’équilibre d’un vin joliment gras. Comme toujours chez Maillet, 0% de bois.

En Allemagne, précisément dans le Palatinat (Pfalz), le chardonnay n’est officiellement autorisé que depuis les années ’90 du siècle précédent. Officieusement, il se chuchote que des vignerons curieux ont court-circuité la loi depuis longtemps en « confondant » des ceps de chardonnay avec des ceps de pinot blanc. Aujourd’hui, l’Allemagne est un grand pays de chardonnay. Voici d’abord la version 100% chardonnay avec ce Chardonnay Royale du Domaine von Winning qui démontre avec talent que l’on peut produire en Allemagne des vins de style bourguignon à un prix qui a mystérieusement disparu quelque part entre Dijon et Mercurey. Fermentation et élevage sous bois. De la poire, des épices et un boisé élégant.

Mais il y a également la version « copine », c’est-à-dire un assemblage de 70% de chardonnay avec 30% de pinot blanc dans ce bien nommé Chardonnay & Weißburgunder du Domaine Rings. Le modèle ici est également à chercher en Bourgogne: nez entre agrumes et fin boisé, bouche classique, prix très attractif. Elevage en fûts de 500 litres (75%) et en cuve inox (25%). Comme le von Winning ci-dessus, le vin est parfaitement sec.

Enfin voici notre troisième copine, puisque 30% de tressallier complètent 70% de chardonnay dans la cuvée Aurence du Domaine des Bérioles, en appellation Saint-Pourçain (versant nord du Massif Central). Ceux et celles qui ont participé à la dégustation du 1er juillet connaissent déjà ce vin issu d’un terroir calcaire. Elevage sans bois, léger en alcool (12,5%). Vin bio. Le nez est citronné, la bouche dense, salivante et précise.

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Le cidre, la bière blanche et le vin désalcoolisé

19h30. Ixelles. Rue Washington. Il fait un froid de dinde (c’est comme un froid de canard, mais plus gros). Je pousse la porte d’un wine-bar à la mode. C’est plein à craquer de jeunes gens comme il faut, ça caquète dans toutes les langues. Je rejoins deux amis qui ont réussi à dégoter un tabouret. Une bouteille de vin blanc est déjà ouverte et entamée. Un bon moment en perspective.

Je suis resté debout parce qu’il n’y avait pas vraiment moyen de faire autrement. Je constituais un obstacle -un peu massif- qui empêchait le personnel du lieu de se mouvoir entre les tables à la vitesse souhaitée. C’est tendance. C’est charmant, c’est informel, c’est cool.

Je ne compte pas faire l’innocent, je sais où je suis: ici, c’est nature. Donc, mes préjugés sont dans les starting blocks. Ce vin blanc n’est ni déviant, ni vinaigré, ni oxydé, ni marqué par d’infâmes remugles. Cela ne sent, ni ne goûte le zoo. Pas de souris, pas d’écurie en plein été, pas de ferme mal entretenue. Bien. Mais est-ce du vin, tel que je le pratique depuis une bonne trentaine d’années ? Avec la meilleure volonté du monde, non. C’est un autre univers pour lequel je ne dispose pas des outils. Je me suis d’abord demandé s’il pouvait s’agir de très jeunes vignes et/ou d’un cépage interspécifique. Puis viennent le cidre, la bière blanche et le vin désalcoolisé. Il n’y a pas de colonne vertébrale, l’acidité se résume à une aromatique acidulée, c’est léger comme une plume sans rachis. C’est inoffensif et impossible à placer sur une carte géographique. Ni vice, ni vertu. Je me demande si je ne préfère pas l’eau pétillante.

Le vigneron n’est pas un bleu. Il élabore sous le nom du Domaine des Vignes du Maynes des vins qui bénéficient d’une bonne réputation. Sur cette bouteille-ci, le nom du Domaine n’est pas visible. C’est un Mâcon-Cruzille 2019, 100% chardonnay. Surprenant: sur le site Internet du Domaine, ce vin brille par son absence. Des raisins achetés ?

Ce n’est par ailleurs pas gratuit, on le trouve sur différents sites commerciaux à +/- € 28. Je n’ai pas noté le prix pratiqué par le wine-bar.

Lorsque nous sommes sortis, l’âge moyen de la clientèle a sévèrement chuté. Nous dénotions, nous, les dinosaures du Crétacé.

Nous avons été manger une pizza. J’ai eu l’idée lumineuse de combiner une pizza blanche aux anchois avec un rouge toscan. C’était très très mauvais. Un archétype de l’accord qui ne fonctionne pas. La pizza était fort bonne et le vin conforme à son étiquette. Mais la combinaison des deux était affreuse. Avec les anchois ? Sherry Fino !

22h30. Nous sortons de la pizzeria. J’apprécie la qualité et la profondeur du silence nocturne. Il fait un froid d’autruche.

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Champagne !

Anthocyane n’a plus proposé le moindre Champagne depuis 2016. L’un d’entre vous m’a rappelé récemment que la période des fêtes de fin d’année est pourtant fort propice aux bulles champenoises. Et que je ferais bien d’y remettre le nez. Et que le plus vite serait le mieux. Et que je devrais arrêter de dire « oui, mais… ». Et que c’est le 10ème anniversaire d’Anthocyane !

Donc, sous cette amicale pression, j’ai agi: huit Champagnes viennent enrichir la gamme.

Cette sélection se veut une ode à la diversité: des Champagnes de l’ouest (Vallée de la Marne), du sud (Côte des Bar) et du centre (Côte des Blancs); des blancs et un rosé; des vins à dominante de pinot, d’autres à dominante de chardonnay; de l’Extra-Brut (donc peu dosé) et du dosage zéro (donc pas dosé du tout).

En rouge, les vignobles; en orange, les villages où l’on peut élaborer le Champagne.

J’ai privilégié les Champagnes « de vigneron », avec une personnalité marquée et une capacité à traduire le millésime dont ils sont issus. Respect pour les grandes marques dont le but est de proposer, année après année, le même goût (« zéro surprise »), mais ce n’est pas le terrain de jeux d’Anthocyane.

Pour vos cadeaux: sachet individuel (en papier kraft brun) offert.

Les huit Champagnes sont ici !

Tant qu’à écrire sur le et la Champagne, voici quelques définitions qui peuvent faciliter la lecture d’une étiquette:

Grand Cru

L’étiquette d’un Champagne peut porter la mention « Grand Cru » ou la mention « Premier Cru ». Bon à savoir, le système champenois attribue ces deux mentions à un village dans son ensemble. C’est commode, en particulier pour calculer le prix du kilo de raisins, mais ce n’est pas très précis: jusqu’à preuve du contraire, toutes les parcelles situées sur le territoire du village de Puligny-Montrachet ne se valent pas. Les Champenois rétorqueront que le système bordelais est encore moins précis (et ils ont plutôt raison, mais c’est un autre sujet).

Voici les 17 villages classés « Grand Cru » :

Tours-sur-Marne , Verzenay , Verzy , Ambonnay , Aÿ , Bouzy , Louvois , Beaumont-sur-Vesle , Mailly-Champagne , Puisieulx , Sillery (dans La Montagne de Reims)

Avize , Chouilly , Cramant , Le Mesnil-sur-Oger , Oger , Oiry (dans la Côtes des Blancs).

Il y a par ailleurs une bonne quarantaine de villages classés « Premiers Crus ».

Deux fermentations alcooliques successives

Le Champagne commence sa vie comme un vin tranquille: une première fermentation alcoolique des sucres naturellement présents dans les raisins. Cela se passe dans une cuve-inox ou dans un contenant-bois. Au moment opportun, le vigneron va embouteiller le vin tranquille en y rajoutant une liqueur de tirage: sucres de canne sous forme liquide et levures. Ainsi commence la deuxième fermentation alcoolique, dans la bouteille. Cette deuxième fermentation est appelée prise de mousse.

Dégorgement

Le dégorgement consiste à expulser du flacon les levures mortes (appelées « lies ») et autres turbidités. Ces levures, avant leur décès, se sont chargées de la prise de mousse: transformer le sucre de canne en alcool et en CO². Ce CO², c’est la bulle qui signe le Champagne !

Pour dégorger, on procède en général par congélation. On en profite pour rajouter la liqueur de dosage.

Une fois ces opérations exécutées, le Champagne commence sa vie d’adulte. La date de dégorgement vous indique quand cette manœuvre technique a eu lieu. Qui apprécient les vins récemment dégorgés et qui leur préfèrent des vins évolués, il n’y a pas de règle absolue. NB: néanmoins, si vous tombez sur une bouteille dégorgée il y a 10 ans voire plus, le contenu du flacon pourrait décevoir. Le Champagne n’est pas éternel.

Certaines grandes marques de Champagne sont réticentes à indiquer la date de dégorgement sur leurs étiquettes parce que celle-ci pourrait être confondue avec une date de péremption. Considérant que l’essentiel du volume de ces grandes marques est commercialisé par la grande distribution, je peux comprendre leur prudence.

J’imagine déjà la scène: le client ramène sa bouteille dans son supermarché préféré parce qu’elle serait …périmée.

Liqueur de dosage (synonyme: liqueur d’expédition)

Il s’agit de rajouter un liquide sucré au Champagne au moment du dégorgement. La quantité de sucre détermine le type du Champagne: Extra-Brut, Brut, Sec, etc… Pour le plaisir de faire compliqué, un Champagne Sec est un vin assez doux (entre 17 et 32 grammes de sucre par litre). On élaborait au XVIIIe et au XIXe siècle des Champagnes vraiment doux, avec plus de 50 grammes de sucre/litre.

Les Champagnes « zéro dosage » ne rajoutent pas de liqueur de dosage. C’est une tendance contemporaine qui fait sens lorsque le vin est capable de supporter cette absence de dosage. Beaucoup de Champagnes gagnent à bénéficier d’un léger dosage. Il ne s’agit en aucun cas d’en faire des vins doucereux, mais d’arrondir quelques angles.

Le dégorgement tardif consiste à élever le vin longtemps sur ses lies. Les champagnes du type « dégorgement tardif » sont très prisés des amateurs et par conséquent très chers. Ou serait-ce l’inverse ? Vaste débat…

Placomusophilie

Celui qui collectionne les capsules de Champagne est un placomusophile. Je crains de faire partie de cette confrérie un peu bizarre…

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Allemagne, Württemberg, Stuttgart bis, jour 7

Ce soir, direction la Weinhaus Stetter pour une cuisine de type bistrot très bien tournée. Service efficace et sympathique, carte des vins qui donne envie et fait pétiller instantanément l’oeil de l’amateur.

vaut ses trois étoiles !

J’ai fait une infidélité à la région du Württemberg pour me ruer (calmement) sur un chardonnay du Domaine Knab, en pays de Bade, dans le coin du Kaiserstuhl. Ce vigneron est encore assez peu reconnu, mais chaque vin goûté tape en plein dans le mille !

Eckkinzig *** n’est pas à proprement parler un terroir mais une sélection de vieilles vignes plantées dans le sud du terroir Endinger Engelsberg. À partir d’ici, rien n’est simple, accrochez-vous ! Ce terroir n’est pas reconnu, ni comme premier cru, ni comme grand cru, parce qu’aucun vigneron membre de l’association privée VDP n’y est propriétaire de vignes. De plus, le cépage chardonnay n’est pas accepté dans le cahier des charges.

Une injustice …et une opportunité: le flacon coûte € 20 au Domaine et c’est franchement bon marché par rapport à la bouteille dégustée (et vidée dans les règles de l’art). C’est crémeux (élevage bois très précis) et doté d’une colonne vertébrale acide d’anthologie. Ouvert, causant et plein de goût !

Weinhaus Stetter de l’intérieur et …
…de l’extérieur
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Du changement chez Pignier, en Jura

La famille Pignier: Marie-Florence, Antoine et Jean-Etienne

Le bouleversement climatique n’est plus la vision d’un avenir compromis, c’est une histoire de chaque jour et de chaque millésime. Les vignerons peuvent faire le gros dos en espérant que ça passe, mais ils seront déçus. Ne pas agir maintenant condamne les vins de demain. Le degré alcoolique monte, monte …et cela conduit à élaborer des vins plus puissants qu’élégants, possiblement lourds, sans colonne vertébrale ni énergie.

Je me souviens d’avoir goûté la cuvée « A la Percenette » en millésime 2018. J’ai tout tenté pour lui trouver plein de qualités et, en conséquence, pour vous le proposer. J’ai renoncé. 15,23% d’alcool. Trop is te veel. Je n’aurais pas été capable de défendre ce vin.

Donc, inquiétude pour les millésimes ultérieurs et en particulier pour le 2019.

Eh bien, le Domaine Pignier a réfléchi et agi. Les raisins du lieu-dit « A la Percenette » (plein sud) sont maintenant assemblés avec d’autres raisins (toujours du chardonnay, sous un nom local: melon à queue rouge) qui proviennent de parcelles plus froides, moins exposées au soleil ardent. Ce changement implique de renoncer au nom de la cuvée. Donc bye-bye « A la Percenette » et bienvenue à la nouvelle cuvée « Chardonnay de La Reculée« . En géologie jurassienne, une reculée est une vallée.

Le bénéfice est immédiat: 13,5% d’alcool pour ce millésime 2019 avec un équilibre qui n’est pas sans rappeler le très réussi « A la Percenette » en millésime 2015. Le nez est très pur, la bouche splendidement équilibrée. Vin floral, intense qui me donne terriblement envie d’utiliser l’expression « eau de roche« , quelque chose qui évoque le cristal. J’ai conclu ma note de dégustation pour « bravo !« .

Fermenté et élevé en fûts de chêne de type 228 litres, mais le boisé est à peine perceptible (dosage intelligent du bois: assez pour oxygéner le vin, trop peu pour le marquer aromatiquement).

Pour éviter tout éventuel malentendu, ce « Chardonnay de La Reculée » est un vin ouillé, classique, comme en Bourgogne: rien à voir avec un Vin Jaune ou avec un vin sous voile. Ce n’est donc pas un vin oxydatif.

Utilisation du soufre très limitée, à 50 mg/litre.

Rien n’oblige à le confier longuement à votre cave, il se déguste déjà très bien. Néanmoins, imaginons qu’une bouteille se planque dans un coin sombre et que vous ne retombiez dessus que dans 10 ou 12 ans. Très très jolie surprise en vue !

***

Domaine Pignier, Côtes du Jura, Chardonnay de La Reculée 2019 est disponible dans le magasin. En dégustation ce samedi 23 octobre.

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La Bourgogne chic et pas chère

Ici, comme dans bien d’autres Domaines, l’arrivée aux affaires de la nouvelle génération, incarnée par Bastien Guerrin, change la donne. Précédemment, une bonne partie des raisins était vendue au négoce.

Ce Mâcon-Vergisson 100% chardonnay assemble des raisins en provenance du célèbre terroir calcaire « Sur la Roche » et du terroir argileux « En Bille Folland ». Le calcaire apporte minéralité et précision, l’argile apporte rondeur et souplesse.

C’était très bon en 2018, meilleur en 2019 et ce 2020 complète le podium avec talent. Degré alcoolique à 13,5% plutôt que les 14% du millésime 2019, ce qui se traduit dans le verre par une fraîcheur supplémentaire et un petit peu moins de rondeur. Joli nez fleuri. Un vin pas compliqué et qui donne envie. Prêt à boire. Toujours un excellent rapport Q/P.

Le millésime 2019 a été sacré meilleure vente d’Anthocyane pendant l’année 2020 (vin blanc).

Domaine Guerrin, Mâcon-Vergisson Les Rochers 2020 est disponible dans le magasin.

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Domaine de l’Hortus

Nostalgie. Le Domaine de l’Hortus (Languedoc, Pic-St-Loup) incarne ma découverte des vins du Languedoc. Je veux dire: 1995. Il y avait Mas Jullien, L’Aiguelière et Le Mas de Daumas Gassac. Aupilhac pointait le bout de son nez. Et il y avait donc le Domaine de l’Hortus, en rouge d’abord (syrah, mourvèdre et grenache), en blanc ensuite (chardonnay, viognier et … sauvignon).

Avec le temps, de très nombreux nouveaux domaines intéressants ont fait leur apparition: le Languedoc est aujourd’hui une région « noble », au même titre que la Loire ou l’Alsace. Personne n’aurait imaginé cela pendant les années ’80 du siècle dernier.

L’Hortus est progressivement passé sous mon radar, au point qu’Anthocyane ne l’a que fort peu proposé: quelques cuvées du millésime 2014 et puis c’est tout. Je me souviens avoir estimé que Grande Cuvée -en blanc- était trop ostentatoire, trop riche et trop boisée. Je l’ai moins souvent goûtée, parce que ce préjugé me poussait à goûter autre chose.

Yves et Martin, les fils de Jean Orliac

Remerciements donc à l’importateur qui a insisté pour me faire déguster Grande Cuvée en millésime 2019: le vin est certes à l’image de son assemblage (chardonnay 70%, viognier 30%) et de son élevage (chardonnay en fûts), mais la fraîcheur équilibre à présent la volupté. Le viognier est élevé dans l’inox et c’est une bonne idée. L’impact du bois a été réajusté: les nuances beurrées sont certes présentes, mais elles participent à présent à un tout cohérent, fruité, très aromatique et plein de saveurs. Selon certaines sources, quelques grappes de petit manseng auraient même pu se fondre dans l’assemblage…

Domaine de l’Hortus, Grande cuvée 2019 (blanc) est disponible dans le magasin.

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A. Bonhomme à Viré-Clessé

Compte-rendu de dégustation du 26 février: les vins d’André Bonhomme (Bourgogne, Mâconnais, Viré-Clessé ). 100% chardonnay, millésimes 2018 et 2019.

Viré et Clessé sont deux villages du nord du Mâconnais, réunis par une appellation commune depuis 1999.

Le Domaine André Bonhomme se signale par un style riche, savoureux et succulent sans que ce soit au détriment de la fraîcheur. Le boisé, quand il est présent, est utilisé avec mesure et précision. Le millésime 2019 a donné lieu à une petite récolte.

Cuvée Spéciale 2019: le vin emblématique du Domaine. Aromatique (fruits, pointe de truffe, pointe de miel), joyeux, facile à boire. Le prototype du blanc polyvalent qui ne déplaît à personne. Aussi vif que rond. Aussi mûr que parfaitement sec.

Les Forétilles 2018: cuvée « secrète » du Domaine, puisqu’elle n’apparaît même pas sur le site Internet, Les Forétilles sont un lieu-dit (il n’y a pas de premiers crus à Viré-Clessé). Elevage 100% inox. Profil plus tendu, citronné, chablisien, caillouteux. Je n’avais encore jamais eu l’occasion de goûter cette cuvée: très belle découverte !

Vieilles Vignes 2019: aromatique proche de celle de la Cuvée Spéciale, en plus réservée. Un peu d’ananas. Bouche concentrée et longue, combinant avec bonheur la richesse et la fraîcheur. Autant Les Forétilles peut évoquer Chablis, autant ce Vieilles Vignes penche du côté de Meursault ! Vignes de 70 à 95 ans. Elevage sous bois de 20 mois. Garde en cave jusque 2029, voire au-delà.

Trois valeurs sûres dans une Bourgogne où il est de plus en plus difficile de trouver du très bon à un tarif aimable. La notoriété du Domaine n’est pas encore au niveau de la qualité de ses vins, ce qui explique les prix encore abordables.

Les trois vins sont disponibles dès à présent dans le magasin.

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D’une pierre deux coups: Viré-Clessé

Nous sommes dans le sud de la Bourgogne, dans le département de Saône-et-Loire, dans le Mâconnais, à califourchon entre les villages de Viré et de Clessé. Depuis 1999, ces deux villages, ainsi que les villages voisins de Montbellet et de Laizé, forment ensemble l’appellation Viré-Clessé, sur 400 hectares de vignes. Le chardonnay est le seul cépage admis par l’appellation.

Quand le millésime s’y prête, certains vignerons proposent des vins demi-secs et moelleux, en vendanges tardives, parfois marqués par la pourriture noble (botrytis). Ces derniers sont connus sous le nom de vins levroutés. La teneur en sucres résiduels se situe entre 8 et 18 grammes par litre. Le degré alcoolique est supérieur ou égal à 14%. Unique en Bourgogne !

Bien entendu, l’appellation produit une majorité de vins secs, souvent caractérisés par une confortable rondeur et une aromatique de fruits exotiques. Le pari à gagner par les meilleurs vignerons est d’équilibrer cette richesse par une fraîcheur de bon aloi.

J’ai goûté ce vendredi un vin du Domaine André Bonhomme. Ce domaine, sis à Viré, a été créé en 1956 par le vigneron éponyme. Aujourd’hui, ce sont les petits-fils Aurélien et Johan qui sont aux manettes d’un vignoble de 11 hectares. Ils élaborent un Mâcon-Villages avec les raisins issus des parcelles hors appellation Viré-Clessé, un Mâcon rouge (gamay) et une assez longue séries de cuvées en appellation.

Le vin goûté est le Viré-Clessé Cuvée Spéciale 2017: assemblage de plusieurs parcelles âgées de 45 à 75 ans. Cette Cuvée Spéciale est accessible et polyvalente: rien d’extrême, rien qui soit destiné à surprendre. L’équilibre est excellent entre rondeur (13,5%) et fraîcheur. C’est diantrement gourmand !

L’aromatique est plutôt ensoleillée et fruitée, avec quelques nuances tropicales. Le vin est sec, rien à voir avec une version levroutée ! La finale est longue et nette, une acidité citronnée jouant le rôle du point d’orgue. L’élevage, effectué partiellement en cuve inox et partiellement sous bois, est joliment intégré, au sens où il ne se met pas en avant.

Il y en a en stock en ce moment, au prix de € 15.