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rosé rouge

Au jardin, Fatalone ou La Janasse ?

Voici deux vins rouges que je suggère de servir rafraîchis (pas frigorifiés) lorsque retentit l’appel du jardin ou de la terrasse. Pour différencier ces appels l’un de l’autre, sachez que le premier est plus floral et le second plus minéral.

La cuvée Teres 2019 du Domaine Fatalone est une originalité, une curiosité italienne qui ne sait pas très bien si elle est plutôt rouge ou plutôt rosée. A Bordeaux, cela s’appelle un clairet. En tous cas, il y a de la belle couleur, ce n’est pas un je-ne-sais-quantième rejeton de la famille des transparents-provençaux (NB: « transparent » ne signifie pas que papa soit devenu maman …soyez attentifs, merci).

On classera donc ce vin en rouge clair ou en rosé foncé, en fonction de l’humeur du dégustateur, de l’incidence de la lumière et de l’âge du vigneron.

En dégustation, c’est plein d’esprit, festif, bien sec et sans tannins. L’alcool est là (14,5%), mais -c’est une caractéristique de tous les vins du Domaine- parfaitement équilibré par une bonne acidité. Attention quand même, cela se boit sans soif…

Vignes de 30 ans, plantées à 350 mètres d’altitude, là où commence le talon de la botte. 100% primitivo. Rendements très faibles (10 hl/ha). Vin bio. J’en ai en stock en ce moment à € 12 les 75 cl.

Le Domaine de La Janasse est un grand nom du Rhône Sud, solidement campé sur ses deux étoiles en le Guide des Meilleurs Vins de France, édition 2020, page 658. Le Domaine se compose de parcelles en appellation Châteauneuf-du-Pape et de parcelles contiguës à Châteauneuf-du-Pape, en appellation Côtes-du-Rhône.

Je partage l’opinion du Guide ci-devant cité lorsque celui-ci indique que:

les vins sont d’un style opulent, parfois un peu trop chaleureux lors des millésimes solaires.

De plus, les cuvées haut-de-gamme sont tarifées à la hauteur de leur prestige et de l’appétit vorace d’une clientèle internationale à la recherche des notes P..ker les plus maximalissimes.

Quelle n’est donc pas ma joie -et ma surprise- lorsque je goûte le « petit » Côtes-du-Rhône en millésime 2018: celui-ci, goûtu et intense comme prévu, se révèle aussi frais, énergique, précis et agréablement poivré. Chouettes petits tannins. C’est un vrai compagnon méditerranéen (il n’essaye pas de se faire passer pour un espion venu du froid), mais sans les excès du cagnard.

S’apprécie tant sur la viande blanche que sur la viande rouge. Et la ratatouille, très bien ! Servir un peu frais, de façon à ce qu’il monte progressivement en température au cours du repas.

Multi-assemblage (grenache, syrah, carignan, mourvèdre, cinsault) dans lequel la syrah apporte vraiment un plus. Ce n’est pas certifié bio, mais il n’est fait usage ni de pesticide, ni d’insecticide, ni de désherbant. Jeunes vignes, sauf le carignan (60 ans). 20% de la vendange n’est pas éraflée. Élevage en foudres.

J’en ai en stock en ce moment à € 10 les 75 cl. Cela vaut largement son prix.

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dégustation information

Anecdotes: T° et O²

Castel del Monte, dans les Pouilles: le rouge italien vient de là

Je remonte un rouge italien de la cave. Littéralement deux minutes plus tard, la bouteille est débouchée et les verres sont servis. On goûte. C’est l’envie du plaisir. C’est la récompense de l’attente. Joli nez ! Et puis…

…c’est intéressant (terme classique quand quelque chose cloche).

Deuxième gorgée: il va falloir s’y faire, ce vin n’est pas un chef d’œuvre.

Les tannins sont fort présents, durs et surtout installés à côté de la bouche du vin, empêchant celle-ci de faire preuve d’harmonie. Ces tannins-là, c’est l’invité dont on aurait préférer se passer, l’intrus, le vilain petit canard. On se surprend à se focaliser sur ces foutus tannins et à en oublier tout le reste. Fasciné par le défaut, je suis.

Le temps passe. On pense à autre chose, on mange et on bavarde. La bouteille entamée nous nargue et je la regarde de travers. Le temps continue de passer. Allez, sans rancune, j’en reprends un p’tit verre.

C’est un autre vin ! Les tannins se sont adoucis, ils se sont déplacés. Ce rouge italien est un cygne ! Les pièces du puzzle s’emboîtent comme par magie. Tous les éléments trouvent leur place et se fondent l’un dans l’autre. Il n’y a plus qu’une unique bouche et elle est plus qu’agréable !

L’explication n’a rien de bien sorcier: la température de service. Trop froid ou trop chaud ? On risque de passer radicalement à côté du vin. Le cépage nero di Troia est ce qu’il est: à 14°, ses tannins agressent le palais. A 17°, ses tannins structurent, équilibrent et énergisent.

Bref, j’aurais dû remonter la bouteille une heure avant le repas.

J’ai envie d’un chardonnay pour accompagner une sole meunière. Tiens, voici un vin du Jura, 100% chardonnay ouillé. C’est à dire élevé de façon classique, « à la bourguignonne », sans nuances oxydatives.

C’est un 2010. En le versant dans les verres, sa couleur intensément jaune interpelle. D’autant plus que cette cuvée n’a pas été boisée.

La dégustation confirme que ce qui a été conçu et élaboré comme un vin classique, réducteur, s’est transformé avec le temps en un vin …oxydé. Comme s’il ne lui était pas possible d’échapper à son destin jurassien. Comme si le temps s’était chargé de réveiller quelque chose de profondément enfoui sous le classicisme.

Cela dit, le vin était intense, débordant d’arômes. C’était long et très équilibré. Les nuances de curry et de noix participaient pleinement à sa complexité. L’accord avec la sole était surprenant mais très réussi. Une faute œnologique qui se transforme en bonne surprise !

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blanc domaine

Coppo La Rocca, Gavi, 2018

Le texte ci-dessous est intégralement pompé d’un e-mail rédigé il y a quelques mois par un commerçant en vin. Circonstance atténuante, le commerçant dont question, c’est moi.

Coppo est un domaine familial créé à la fin du XIXème siècle. Il se situe à Canelli, dans le Piémont, entre Alba et Asti. Il propose une large gamme de vins effervescents, de vins rouges en appellation Barbera d’Asti et un Moscato d’Asti.

Leur cuvée haut de gamme Pomorosso est une habituée des Tre Bicchieri, la récompense suprême délivrée par le guide Gambero Rosso.

La cuvée L’Avvocata les a obtenus pour son millésime 2017. Malheureusement, lors de la dégustation chez l’importateur, L’Avvocata 2018 ne se goûtait pas très bien. Je serai attentif à 2019.

Par ailleurs, Coppo gère depuis fort longtemps, en appellation Gavi, une propriété du nom de Tenuta La Rocca. Gavi est une DOCG (dénomination d’origine contrôlée et garantie …mamma mia !) qui se situe plus à l’est. C’est toujours le Piémont, mais la Ligurie et Gênes font plus que pointer leur nez. Le cépage cortese est ici sur son terrain de prédilection: Gavi et cortese font manifestement très bon ménage. Ailleurs, ce cortese a la réputation d’être à l’origine de vins un peu simples.

La Rocca, ce sont des vignes en altitude (320 mètres), en exposition sud et sud-est, sur terroir marno-calcaire. Vendanges manuelles, pratiques dans l’esprit du bio et de la biodynamie (sans certification), fermentation malolactique non-effectuée pour conserver la fraîcheur, élevage en cuves inox (pas de bois). 13%.

Le vin est floral et minéral. Une p’tite touche de citron et de miel. Souriant et aérien. Délicat, équilibré et tonique. Parfaitement sec. Un très bel apéro !

J’en ai en stock en ce moment. € 13 les 750 grammes. Livré dans une bouteille en verre, avec un bouchon et une collerette.

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domaine rouge

Cavallotto, Barbera d’Alba, 2008

Contre-étiquette d’une rare précision, la traduction étant de mon cru:

Elaboré avec le cépage barbera, provenant à 100% du vignoble Cuculo, propriété de la famille Cavallotto, situé dans la commune de Castiglione Falletto, au lieu-dit Bricco Boschis. Vignoble d’une superficie de 1,86 hectare, 8.928 ceps, les vignes étant en moyenne âgées de 45 ans. Coteaux d’exposition Ouest et Sud-Ouest. Altitude comprise entre 250 et 310 mètres. Production de 12.400 bouteilles, en moyenne annuelle.

J’ai servi ce Barbera d’Alba 2008 légèrement rafraîchi pour prendre en compte un degré d’alcool de 14%. Quel beau vin ! La robe est jeune, sans nuances orangées. Au nez, je perçois en particulier des parfums qui évoquent le jambon fumé: à l’aveugle, j’aurais peut-être parié sur une syrah. Les différents éléments constitutifs de ce vin sont en harmonie, fondus, intégrés les uns aux autres. Difficile alors d’analyser séparément les tannins, la fraîcheur acide, la douceur de l’alcool. Ce qui me frappe, c’est une « union qui fait la force ».

L’élevage de ce vin a été effectué, pendant +/- 24 mois, en « botti di rovere », foudres de grande contenance: pas de barriques !

Le site Internet du Domaine affiche une carte du vignoble: le vignoble del Cuculo s’y colore de vert prairie. Cette carte me rappelle le voyage pendant lequel cette bouteille a été achetée. Je me souviens en particulier de la vue extraordinaire, depuis la terrasse de la cantina, sur le vignoble du Domaine Cavallotto: un magnifique amphithéâtre de vignes, à l’esthétique émouvante.

village de Castiglione Falletto

Bouteille achetée au Domaine, au printemps 2012, pour € 16. Cela vaut largement son prix.