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Alors, et cette dégustation ?

Dégustation du 23 novembre: le compte-rendu

Paires, duels et binômes, ce thème avait pour objectif de proposer une série de comparaisons: deux cuvées d’un même Domaine, deux cuvées d’une appellation identique, deux vins originaires de la même région, deux vins partageant le même cépage, etc…

15 vins sur le bar …et une surprise pour clore la fête (j’y reviens en fin d’article).

Je prends vos commandes jusqu’à ce mardi soir, 25 novembre. Accès direct aux vins de cette dégustation. Les bouteilles seront mises à votre disposition pendant la première quinzaine de décembre.

Ci-dessous ce qui m’a particulièrement frappé pendant la dégustation: les fiches individuelles consacrées à chaque vin fournissent encore beaucoup plus d’information.

On y va:

Vins blancs: domaine Barbadillo, Andalousie, deux vins du cépage palomino (mais ce ne sont pas des sherries !).

Sabalo est la version épurée, sans trace d’élevage, tout en délicatesse de ce cépage méconnu (c’est avec le palomino que l’on élabore la plupart des sherries, mais qui le sait ?). C’est original mais civilisé. Aucune trace oxydative (ce n’est vraiment pas un sherry !). Prix très sympathique.

On compare avec Patinegro, une version plus concentrée et plus profonde de ce cépage, avec cette fois un élevage en tonneaux ayant contenu précédemment un sherry de type manzanilla. Cela contribue à rendre ce vin plus complexe, très légèrement marqué par cet élevage spécial. Comme si on avait ajouté trois gouttes de sherry dans votre verre.

L’Andalousie connaît un renouveau de son offre grâce au dynamisme de ses vignerons qui continuent à élaborer de magnifiques sherries (Jerez en espagnol), mais qui proposent maintenait des vins rouges secs et des vins blancs secs comme les deux exemples ci-dessus.

Vins blancs: le sauvignon, la version autrichienne et la version sancerroise

Le sauvignon autrichien vient de Styrie, au sud du pays, tout près de la frontière slovène. Le Domaine, c’est Wohlmuth, ce qui se fait de mieux dans la région. On l’ignore allègrement, mais cette Styrie est le deuxième paradis du sauvignon: ici ce cépage est roi ! La cuvée s’appelle Phyllit (c’est un petit nom géologique). C’est un magnifique exemple des caractéristiques du cépage. C’est un archétype pour apprendre et comprendre ce cépage.

En face de lui, la cuvée Tradition du Domaine Gérard Boulay à Chavignol, un grand nom du Sancerre. Le vin est jeune, encore sur la réserve, moins marqué par le cépage, comme toujours chez Boulay. Néanmoins, ça se goûte déjà fort bien, avec de l’élégance et de la profondeur. Idéalement, donnez-lui deux ans avant tire-bouchonnage, votre patience sera récompensée !

Vins blancs: l’Espagne atlantique, albariño de Galice en deux versions

Comparaison très intéressante entre deux Domaines de haute réputation: Forjas del Salnès (Leirana) et Pazo Señorans. Il doit y avoir 5 ou 10 kilomètres entre les deux Domaines et les deux vins sont élaborés avec 100% d’albarino. Les sucres du jus de raisin se fermentent en alcool, mais une autre transformation peut influencer fortement le résultat: la conversion malolactique, autrement la dégradation de l’acide malique (c’est celui de la pomme) en acide lactique, plus faible. Cette conversion est réalisée (Pazo Señorans) ou pas (Leirana). Conséquence: Leirana propose un profil vertical, minéral et acidulé; Pazo Señorans propose par contre de la rondeur, du gras et une acidité plus discrète. A vous de choisir !

Vin blanc: du volcan en bouteille, première étape

Direction les Îles Canaries pour se frotter à un vin qui ne peut cacher son origine, océanique et profondément volcanique: Ce Benje créé par le quatuor Envinate est typique, il sent la mer, il goûte la mer. Une expérience ! C’est évidemment un vin hors sentiers battus, mais il conserve un côté relativement civilisé: je connais des vins canariens plus extrêmes…

Vins rouges: deux profils originaux à petit prix

Bon, d’accord, le duo est un peu tiré par les cheveux. Le Ermita de San Lorenzo est une curiosité en provenance de l’Aragon, province espagnole coincée entre Navarre, Catalogne, Castille et Pyrénées. Très long élevage en tonneaux (c’est un millésime 2020) qui adoucit les tannins jusqu’à leur donner une expression soyeuse. On se rapproche du style « à l’ancienne » pratiqué par exemple en appellation Rioja (Lopez de Heredia). Assemblage peu fréquent: grenache et cabernet sauvignon.

En face, c’est la Calabre, dans le sud de la botte italienne. L’appellation Ciro et le cépage gaglioppo sont emblématiques de la région. Ce Liber Pater du Domaine Ippolito affiche peu de couleur et un nez friand de cerise. Si vous craignez un alcool dominant, …c’est que vous ne me connaissez pas bien ! Ce vin est construit sur son fruit, sa fraîcheur et ses tannins.

Vins rouges: Raul Perez, le magicien de Bierzo (et de la mencia)

Nous avons goûté la cuvée d’entrée de gamme (El Castro de Valtuille) ainsi que la cuvée « village » (Valtuille) du même Domaine, chez Raul Perez, œnologue à forte notoriété (et à longue barbe). Nous avons négligé les cuvées parcellaires, certes célèbres mais facturées allègrement au-delà des € 100 par bouteille de 75 cl. Gloups. El Castro est un vin robuste, puissant, fruité que l’on pourrait résumer en le qualifiant de « deuxième vin » de Valtuille. Le tri se fait à la vendange entre ce qui va aller dans Valtuille et ce qui se retrouve dans ce El Castro, proposé à un prix qui défie toute concurrence !

On se dit peut-être que la cuvée « village » sera encore plus puissante, …mais pas du tout ! Cette cuvée se caractérise par son raffinement, son velouté et sa finesse. Valtuille est un très bel exemple de ce que le cépage mencia peut donner. La différence de prix avec El Castro me semble tout-à-fait justifiée.

Vins rouges: le Rhône Sud, de Cairanne jusqu’à Lirac

Deux nouveaux Domaines dans la gamme d’Anthocyane: Brusset à Gigondas et Marcoux à Châteauneuf-du-Pape. J’ai retenu le Cairanne Vieilles Vignes de Brusset pour sa capacité à conjuguer la volupté de la matière et l’absence d’un alcool excessif. C’est un vin souple, riche, avec une finale qui se tient très bien et des tannins fondus. On est en plein dans le Sud mais sans la fatigue qui peut caractériser les vins avec un alcool important.

Le Lirac de Marcoux propose un tout autre regard sur la même région: ici tout est élégance et concentration. Moins voluptueux et plus concentré. Moins riche et plus tannique. Je suggère soit l’usage de la carafe soit de faire preuve de deux ans de patience. A l’aveugle, m’aurait on annoncé qu’il s’agit d’un Châteauneuf du Pape, je l’aurais cru. Vin noble, sérieux, qui vole très haut.

Vin rouge: Le sourire de la barbera de chez Rinaldi

Tout qui suit les activités d’Anthocyane connait la Barbera d’Alba de Francesco Rinaldi (aujourd’hui remplacé par ses filles). Franchement, je ne connais personne qui n’aime pas ce vin, millésime après millésime. Beaucoup de fruit, une belle fraîcheur « à l’italienne », peu de tannins et un alcool très bien maîtrisé. Potion quasi magique qui garantit le sourire sur le visage du dégustateur, l’expert comme le profane.

Vin rouge: du volcan en bouteille, seconde étape

La paire enfin constituée: nous avons goûté le blanc, voici le rouge. Peu de couleur (c’est absolument normal), nez ouvert et affriolant, notes fumées et minérales. Avant de goûter, on se dit que la bouche sera riche et puissante. Or non: élégance, intensité, salinité salivante. Peu de tannins, ce vin passe en subtilité.

Comme annoncé, une surprise …

J’étais intéressé de connaître l’opinion des dégustateurs par rapport à un Porto de la Quinta Romaneira. Arômes de framboise, douceur joyeuse, pas de lourdeur alcoolique (malgré le mutage à 19,50%). C’est un Porto fruité, direct, destiné à une dégustation maintenant et dans l’année qui vient. Bien sûr, c’est un vin doux. La bouteille ouverte, si elle est refermée avec son bouchon et conservée au réfrigérateur, peut tenir pendant une ou deux semaines. Peut se servir à l’apéro (ce que je déconseille en général avec le Porto), très bien adapté aux desserts aux fruits rouges et noirs. Ou un dessert en soi. Prix très intéressant.

Vu l’enthousiasme du public présent, c’est décidé, ce vin rejoint la gamme ! Il est disponible ici.

Je prends vos commandes jusqu’à ce mardi soir, 25 novembre. Accès direct aux vins de cette dégustation. Les bouteilles seront mises à votre disposition pendant la première quinzaine de décembre.

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Spicilège

Spicilège: nom masculin. Recueil de morceaux choisis, de documents variés, d’observations.

Spicilège: mot compliqué et désuet dont j’ignorais l’existence jusqu’à ce matin. Utilisation en titre de cet article pour faire mon intéressant et promouvoir ainsi le taux de lecture du susnommé article.

Le phylloxéra s’attaque aux Îles Canaries

Vous connaissez le phylloxéra, ce puceron d’origine américaine qui s’attaque avec férocité aux vignes européennes et les tue ? Il a ravagé le vignoble pendant la deuxième moitié du XIXème siècle. On a fini par le contrer en greffant les vignes européennes sur des vignes américaines, résistantes. Le porte-greffe constitue la partie racinaire de la vigne, tandis que le greffon est le cépage européen souhaité qui conserve les qualités organoleptiques du vin.

Quelques rares lieux ont échappé à l’animal, en particulier les terroirs sableux (exemple: Camargue, Listel gris) parce qu’il n’arrive pas à s’y mouvoir. Des lieux isolés également, comme Chypre: La majorité des vignes chypriotes sont donc « franches de pieds » (pas de greffe sur vigne américaine). Idem pour Madère et pour Santorin.

Idem pour les Îles Canaries. Sauf que … le phylloxéra vient d’y être observé pour la première fois, sur Tenerife (en particulier à Valle de Guerra et La Matanza de Acentejo). Toute l’île est en effervescence, les vignerons se préparent au combat, des mesures drastiques ont été prises pour contrôler la propagation.

Les Îles Canaries sont un précieux conservatoire de cépages qui n’existent qu’ici. Si le phylloxéra s’installe, le vignoble canarien en sortira profondément modifié. Et les conséquences économiques seront très importantes. Chef d’oeuvre en péril ?

Madère Bual 1966: la perfection

En conclusion d’une dégustation qui avait très bien commencé, j’ai vu apparaître avec stupéfaction un flacon de Madère Bual 1966 élaboré par la Maison Blandy’s. Pour être précis il s’agissait de la bouteille n°616, sur un total produit de 708 bouteilles. La mise en bouteilles a eu lieu en 2015, ce qui signifie que ce 1966 a d’abord passé 49 ans en fûts (chêne américain). Ce très long élevage commence dans le Sotão de Amendoa (le Grenier aux Amandiers, le lieu le plus chaud de la propriété) où les fûts restent pendant dix ans. Puis vingt ans au deuxième étage et enfin dix-neuf ans au premier étage (plus frais). C’est la responsabilité du chef de cave de déterminer à quel moment exact les fûts déménagent.

Analytiquement: alcool 20%, acidité: 8,8 grammes/litre, sucre résiduel: 115 grammes/litre.

Gustativement: un chef d’oeuvre qui coche toutes les cases: complexité, persistance, intensité, équilibre, spécificité. Extraordinaire. 19/20 ou 98/100 comme vous préférez. Et franchement, je me demande pourquoi j’hésite à le noter 20/20. Un moment rare, en lévitation, pendant lequel les émotions sont très intenses.

NB: si vous souhaitez en savoir plus sur ma méthode d’évaluation, rendez-vous ici: Evaluer un vin (au bas de l’article).

Condrieu DePoncins 2023 (François Villard): 97/100

Tant qu’on en est aux très grands vins, en voici un que je suis en mesure de vous proposer. Ce Condrieu (100% viognier, forcément) m’a fait une très forte impression parce qu’il outrepasse tout ce que l’on peut en attendre. Densité et finesse, vibration intense, minéralité dominatrice. Un concentré de la parcelle Poncins.

Rendement: 13 hectolitres/hectare (sic), sol: granite, âge des vignes: 25 ans, élevage de 18 mois: 12 mois en fûtes et 6 mois en cuve inox. Mise en bouteilles: mars 2025. Potentiel de garde: 15 ans. Je parie qu’il sera assez rapidement à son apogée, dès 2027.

Disponible chez Anthocyane au prix de € 55. Commande par e-mail (le vin n’est pas disponible dans le magasin).

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Islas Canarias

Le volcan, le vent et l’océan, découverte en 6 bouteilles

Les Canaries ? Sept îles principales, aussi volcaniques les unes que les autres, d’une superficie totale de 7.500 km², en plein océan Atlantique, à la latitude du sud marocain.

Le tourisme de masse a un talent certain pour produire des vins de masse en quantité suffisante pour arroser les palais peu exigeants. Donc prudence et discernement ! Heureusement, ces îles sont aussi le berceau de vins à fort tempérament, de vins à la personnalité marquée par le lieu où ils naissent. Comptez également sur la présence de cépages archi-locaux et sur une volonté des meilleurs vignerons de traduire avec précision la spécificité d’un climat et d’un (sous)-sol: en somme, l’expression d’un terroir particulier.

Il y a 9 appellations d’origine contrôlée (dont 5 pour la seule île de Tenerife), mais leur notoriété est inversement proportionnelle à la complexité de leur petit nom: par exemple, que pensez-vous de Ycoden-Daute-Isora ? ou de Tacoronte-Acentejo ? Bon, inutile de s’appesantir sur ces termes peu usités, retenons plutôt le nom de quelques Domaines qui font du bon, du très bon et du meilleur: Suertes del Marqués, Envinate, Puro Rofe, El Grifo, Bimbache, Borja Pérez et Viñatigo.

Allons droit au but: cet article a l’ambition de vous proposer un colis de 6 blancs secs des Canaries, tous issus du millésime 2022. Le colis est proposé à € 190. Chaque colis se compose de:

  • Viñatigo, Tenerife, Gual 2022
  • Viñatigo, Tenerife, Vijariego Blanco 2022
  • Viñatigo, Tenerife, Ensamblaje 2022
  • Viñatigo, Tenerife, Ancestrales 2022
  • Puro Rofe, Lanzarote, Rofe 2022
  • Bimbache, El Hierro, Bimbache Blanco 2022

L’honnêteté m’oblige à reconnaître que ces vins ne plairont sans doute pas à tout le monde. Mais les amateurs d’expériences fortes et originales vont s’en donner à cœur joie ! Et quel thème amusant pour organiser avec quelques amis curieux une dégustation mémorable ! Vous voyagerez entre salinité et notes oxydatives, entre coquille d’huître et notes fumées, avec toute la gamme des sensations caillouteuses.

Les ceps sont francs de pied, vu l’absence du phylloxéra: la bestiole n’a jamais atteint l’archipel. La peur du volcan ?

J’ai eu le plaisir de goûter en deux fois, d’abord en mars 2023, puis en mars 2024. En 2023, j’avais conclu pour synthétiser mes notes: quelle série extraordinaire ! En 2024, j’ai noté: en route pour l’extrême ! Donc, oui, je suis enthousiaste !

Si vous souhaitez compléter la dégustation avec un septième voire un huitième vin volcanique, je peux vous proposer d’autres vins de chez Viñatigo, en millésime 2020 ou 2021. Ou pourquoi ne rajouteriez-vous pas un pirate dans la dégustation, en provenance des Açores (Portugal) ou de Santorin (Grèce) ?

Voyons en détail ce que je propose:

Viñatigo, Tenerife, Gual 2022

Il commence fruité et finit rocailleux. En 2023, il m’avait semblé gras, fumé, légèrement oxydatif, comme un pinot gris très sec, avec une finale nette et une longueur saline. En 2024, j’ai également noté la profondeur du nez, la verticalité du profil.

Il s’écrit que le cépage gual serait un synonyme du boal que l’on connaît à Madère. Mais je refuse de mettre ma main au feu ! 13,0%

Viñatigo, Tenerife, Vijariego Blanco 2022

Nez dont la minéralité se développe progressivement dans le verre. Grande délicatesse, salinité, précision et longueur; à l’aveugle, on peut penser à un riesling ou à un assyrtiko de Santorin.

Le cépage vijariego est originaire d’Andalousie mais est présent aux Canaries depuis le 16ième siècle. A Lanzarote, on le nomme diego. 13,0%

Juan Jesus Mendez, Viñatigo

Viñatigo, Tenerife, Ensamblaje 2022

Fruité de pêche et d’abricot, beaucoup de gras et de la fumée. Très concentré, avec une finale d’une exceptionnelle qualité. Combinaison réussie de rondeur et de fraîcheur. Cet assemblage se compose des cépages gual, listán blanco, malvasia, marmajuelo, vijariego. Certaines parcelles sont au niveau de la mer, d’autres à une altitude de +/- 1.000 mètres. 13,0%

Viñatigo, Tenerife, Ancestrales 2022

Vu que l’on retire l’échelle, il est impératif de se tenir au pinceau ! Autrement dit, un vin qui ne peut laisser personne indifférent. Tannicité et grande longueur, macération des peaux pendant 5 mois (couleur légèrement vin orange), des notes végétales. Finale en forme de rocher, avec de la cendre. Ce vin élaboré à l’ancienne est un 100% gual. 12,5%

Puro Rofe, Lanzarote, Rofe 2022

Nous changeons de producteur et d’île. Et cela nous entraîne vers un profil encore plus extrême: le volcanissime ! Caillou et citron. Bouche intense et dominatrice, finale très sèche, grande persistance. Assemblage de diégo, listán blanco et malvasia volcànica. Levures indigènes. Ni collé, ni filtré. 12,5%. Parker: 92/100.

Bimbache, El Hierro, Bimbache Blanco 2022

Hop, on passe du nord-est de l’archipel au sud-ouest de celui-ci. C’est du caillou mouillé (NB: quand je me laisse aller j’écris plutôt caillou pourri, mais ça n’est pas politiquement correct). Bouche explosive, avec une forte acidité. On se rapproche du territoire du vin nature, faiblement sulfité, terriblement salin, à cheval sur la frontière entre génie et bizarrerie: que chacun se fasse son opinion ! Pour Parker, c’est 93+.

Assemblage de baboso blanco, gual, listán blanco, pedro ximenez, verijadiego. 13,0%

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C’est du brutal…

Méfiez-vous des cornes de l’animal. Si votre tante Josiane aime beaucoup son chardonnay chilien de chez Delfour (ou de chez Carhaize), si votre oncle Marcel ne jure que par Meursault *, NE PAS LEUR SERVIR CECI, sous peine d’être déshérité dans l’heure qui suit.

Nous sommes aux Îles Canaries, donc en Espagne africaine. El Hierro est l’île la plus occidentale. Les paysages sont puissants, énormes, violents. Pendant l’hiver 2011-2012, le volcan s’est réveillé, avec émission sous-marine de lave au sud-ouest de l’île. 10.000 habitants, peu de tourisme, des ananas, des bananes, des lézards géants et des vignes, de très vieilles vignes. C’est Jurassic Park…

El Hierro: volcan et océan

Une équipe de zinzins qui se lancent dans l’aventure du vin en 2018. Ils rassemblent l’argent « en trompant les banques, les amis et la famille » (la traduction est mienne, mais l’humour est local). Ils décident de nommer le Domaine « Bimbache », en l’honneur de la population autochtone de l’île. Ils chouchoutent des vignes complantées où dominent les cépages verijadiego et listan blanco. Ils rassemblent différentes parcelles, au nord de l’île, sur des sols de lave noire. En cave, la philosophie est non-interventionniste. 

C’est du brutal. De la quintessence de volcan océanique. Une expérience de l’ordre de l’extra-terrestre. Extrême minéralité se révélant entre le pétrole et la coquille d’huître. Acidité relativement basse. Je n’ai jamais rien goûté de similaire. A prendre avec de solides pincettes: cela pourrait évoquer la manzanilla de Jerez, en version pasada.

Et qu’est-ce que je viens d’apprendre, en farfouillant dans ma documentation ? Le cépage listan blanco ne fait qu’un avec le palomino, LE cépage de Jerez. Comme quoi, la comparaison ci-dessus pourrait être moins farfelue que je ne l’imaginais.

* Marcel Meursault … Marcel Marceau. Jeu de mots, jeux de mime. Je vous présente mes excuses …

Le carnaval de El Hierro: vous allez comprendre pourquoi le logo du Domaine est une bête à cornes. Attention, ça décoiffe solidement.

Bimbache Blanco, El Hierro 2020 est disponible dans le magasin.