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Macédoine de fruits

Ô le joli titre ! A condition de se souvenir que l’appellation Naoussa se situe en Grèce septentrionale, plus précisément en …Macédoine.

Naoussa, c’est le terrain de prédilection du cépage xinomavro (littéralement acide-noir). Par goût assumé de la contradiction, je vous présente donc un 100% xinomavro qui ne distingue ni par sa couleur très sombre, ni par une acidité féroce. Le xinomavro est régulièrement comparé au nebbiolo (Barolo et Barbaresco en Piémont), même s’il n’y a aucune proximité génétique entre les deux cépages.

Couleur lumineuse, mais plutôt claire. Le nez est épicé, sur la cerise, avec beaucoup de précision. Quelques notes terreuses. La bouche est vraiment fruitée (…ça justifie mon titre…) et assez tannique. Facile à boire, comme il convient pour un vin issu de jeunes vignes. Très bon rapport QP ! Déguster légèrement rafraîchi. J’insiste « légèrement », sans quoi les petites tannins pourraient jouer les trouble-fête.

Le vin est élaboré avec des raisins en provenance de deux vignobles en altitude (200 à 500 mètres): Fytia et Trilofos. Géologie complexe: schiste, granite et calcaire. Climat continental chaud, rafraîchi par le vent en provenance du Mont Vermion (2.065 mètres). Vendanges manuelles, éraflage à 75%, macération et fermentation en acier inoxydable, élevage de 8 mois en cuve béton.

Thymiopoulos est un Domaine **** pour Hugh Johnson, avec une gamme entièrement dédiée au xinomavro: rosé (Rosé de Xinomavro, en français sur l’étiquette), vieilles vignes (γη και ουρανός Terre et Ciel), Aftorizo (vignes non-greffées), cuvées parcellaires (Vrana Petra, Kayafas), cuvée sans soufre ajouté, etc…

Le Domaine s’étend sur 38 hectares, mais il travaille en collaboration avec d’autres viticulteurs sur 60 hectares supplémentaires. C’est du bio, même si les étiquettes ne le mentionnent pas.

Apostolos Thymiopoulos, en version peu barbu

Decanter a consacré un long article au Domaine en juin 2020. Apostolos Thymiopoulos y est décrit comme l’un des vignerons qui tire les vins grecs vers un futur innovatif et une reconnaissance mondiale (ça sent la traduction automatique …et pourtant non). C’est un membre éminent de la nouvelle génération: Yiannis Economou (Crète), Kostis Dalamaras (Naoussa), Panagiotis Papagiannopoulos (Patras), Evriviadis Sclavos (Céphalonie), …voilà des noms intéressants pour l’amateur. A noter qu’Apostolos a appris le métier avec Haridimos Hatzidakis, le grand maître des vins de Santorin, décédé beaucoup trop tôt en 2017.

Tant qu’à faire grec, si vous passez par un Cora, essayez de trouver l’une ou l’autre bouteille du Domaine Lyrarakis (Crète): l’assyrtiko m’a enthousiasmé, en particulier par son prix inférieur à € 10.

Thymiopoulos, Xinomavro Young Vines 2018: disponible dans le magasin.

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L’enfer

Puis-je, pour une fois, vous emmener dans l’enfer des vins que je ne sélectionne pas ? Vous indiquer ce qui condamne un vin à ne pas apparaître dans le magasin ? Vous expliquer les invariants qui forment ma grille de lecture ?

Je suis un terroir. C’est-à-dire que je suis unique, typique, spécifique, subjectif, défini par mes gènes et mes croyances, par les limites de mes papilles, par mon goût immodéré pour le fromage qui pue et le chocolat noir et, enfin, par ma relation distante avec la salade: quand elle et moi nous croisons, on ne s’engueule pas, mais on n’a rien à se raconter; et ce n’est pas ce salaud de vinaigre qui va arranger les bidons.

L’alcool ne me plait guère. Il y en a beaucoup dans le cointreau et cela ne m’a pas toujours réussi. J’ai renoncé à comprendre quoi que ce soit au whisky. Le gin me donne la nausée. L’alcool me fatigue et il insiste systématiquement pour me refiler ses nombreuses calories, alors que je suis déjà si bien servi. Bien sûr, sans alcool, le vin n’est plus vin. Une part du subtil équilibre est retirée et tout le mikado s’effondre. Le meilleur alcool est celui qui ne se perçoit pas comme tel. J’aime la rondeur qui adoucit, l’onctuosité qui ensorcelle, la chaleur qui réconforte, le gras qui enrobe. J’aime également l’eau ferrugineuse.

Ce n’est d’ailleurs pas forcément une question de degré. J’avoue être favorablement disposé lorsqu’une étiquette annonce 12,5% et dubitatif lorsque c’est 15%. Une manzanilla andalouse titre à tous les coups 15% et fait pourtant preuve d’une insoutenable légèreté. Comme quoi.

Le boisé ne me plait guère. Je n’arrive toujours pas à comprendre l’intérêt qu’il y aurait à ingurgiter de la tisane de chêne. Celui qui a inventé les copeaux à faire macérer dans le jus doit être écartelé.

Le pire crime est d’élever les cuvées d’entrée de gamme sans passage par la barrique et de matraquer les plus beaux raisins, ceux qui sont vendangés sur les plus belles parcelles, avec un emballage en forme de tonneau plus ou moins brûlé.

Serait-ce en fait le goût supposé du luxe ? Comme une obligation pour justifier un prix élevé ? Si le vigneron utilise une barrique de 225 litres pour élever 3 millésimes successifs, l’impact sur ses coûts est de l’ordre de 90 centimes par bouteille. Pas de quoi justifier grand-chose. On me dira que c’est une tradition séculaire et que cela se fond au vieillissement. Ouais. Parfois.

Le meilleur boisé est celui qui ne se perçoit pas comme tel. J’aime les aromatiques complexes qui ont bénéficié de la micro-oxygénation au travers des douelles du susmentionné tonneau. J’aime les élevages longs qui créent des vins qui n’existeraient pas sans eux.

La banalité ne me plait guère. Qu’ai-je fait de mal pour mériter un triste jus de fruit vaguement fermenté, prévisible, ennuyeux et incapable de susciter la moindre conversation ? Ce vin, anonyme et silencieux, dont on ne saura jamais rien. Donnez-moi plutôt un chouette petit défaut. Une imperfection, une différence, une audace, une intention.

L’exubérance ne me plait guère. A la cour de récréation, des gamins couraient dans tous les sens, hurlaient à faire trembler les vitres de l’école et avaient manifestement un besoin viscéral d’attirer l’attention de tous. On fabrique des vins qui leur ressemblent, des vins si parfumés qu’ils ont forcément quelque chose à cacher, si extravertis qu’ils en deviennent envahissants, si chimico-superficiels qu’ils ne passent pas le test du deuxième verre. Je préfère découvrir petit à petit, en prenant le temps qu’il faut, en cherchant. Je suis un dégustateur lent.

Il m’arrive régulièrement de déguster des vins issus d’appellations prestigieuses, bien notés par la presse spécialisée, rendus accessibles par des importateurs compétents et mis en valeur par des flacons au design impeccable. Et, patatras, pour l’une ou l’autre des raisons citées ci-dessus, ils finissent vite fait au crachoir et se voient affublés d’un NON majuscule sur ce qui me tient lieu de fiche de dégustation.

Ai-je raison d’agir ainsi ? Eh bien, je suis un terroir. Voir ci-dessus.

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Quel talent !

En passant, deux vins qui m’ont charmé, étonné, ébouriffé.

D’abord une Etoile jurassienne du Domaine de Montbourgeau, Savagnin, en millésime 2008. Bouteille achetée au Domaine en avril 2013 (€ 15). Enorme intensité, complexité de haut vol, équilibre parfait.

Il y a bien sûr un prérequis: apprécier le style oxydatif. Moi qui craignais que le vin puisse se révéler un peu brutal…Mazette, c’est tout le contraire: c’est un savagnin délicat et joliment apaisé. Décidément, un domaine remarquable avec lequel je ne partage que de très bons souvenirs: voir par exemple cet article.

Ensuite un Vin de France Le Grand Tertre (Domaine de la Ramaye), en millésime 2011. Origine: Gaillac (Sud-Ouest). Cépages: prunelard et braucol. Bouteille offerte par le Domaine en février 2013. Je me souviens très bien de ma visite au Domaine (j’y avais consacré cet article).

Le floral d’une belle syrah (ou, pour la couleur locale, d’une belle négrette), tannins joliment fondus sans le moindre soupçon de sécheresse, alcool certes présent mais se contentant d’apporter de la douceur à l’équilibre du vin. Intensité des saveurs fruitées.

Merci à Madame Nicole Deriaux et à Monsieur Michel Issaly ! Deux vins qui ne bénéficient pas de la notoriété d’une appellation prestigieuse et qui offrent pourtant des plaisirs d’un grand raffinement !

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Plaidoyer pour l’assemblage

Voici un article « in extenso » publié ce jour par David Cobbold sur le blog « Les 5 du vin« . L’illustration ci-dessus provient également de cet article. Le titre de l’article a été modifié par mes soins.

Une opinion rafraîchissante et qui pose de bonnes questions !

Je constate depuis quelques temps une tendance assez sensible, particulièrement chez certains producteurs de vins hauts-de-gamme, à la multiplication de petites cuvées souvent dites « parcellaires » qui fragmentent leur production en produisant une série qui s’étend de plus en plus. J’ai aussi parfois l’impression que cette quête de l’individualité singulière de chaque parcelle, cuve ou barrique relève d’une recherche d’une certaine idée de « pureté » qui serait quasi-métaphysique. L’idée qui guide les producteurs dans cette démarche est que chaque parcelle, voire chaque cépage, produirait un vin au caractère différent et qui mérite d’être présenté à part. Si le constat est, dans le fond, indiscutable (et on pourrait probablement aller plus loin et faire des micro-cuvées avec chaque pied de vigne car chaque individu est différent), je me demande si une telle approche est une si bonne idée. 

Deux raisons motivent ma perplexité et doute devant cette approche : l’une est commerciale, l’autre est organoleptique.

Sur le plan des ventes et de la communication, plus une gamme est large, plus cela devient compliqué de l’expliquer à sa clientèle. Les documents, les discours et les dégustations s’allongent, et les ruptures de stock deviennent plus difficiles à gérer, sans parler de toute la logistique de la production. Il est vrai aussi qu’une gamme large avec plein de noms permet de donner certaines exclusivités par type de clientèle, mais alors on perd aussi l’essentiel du message qui est, pour le consommateur, de pouvoir comparer les nuances entre ces cuvées censées être si intéressantes et différentes.

Mais ma principale objection est gustative. Les vins ainsi fragmentés en de multiples petites cuvées ne sont pas meilleurs, bien au contraire ! Cela relève du syndrome du « déshabiller Pierre pour habiller Paul ». Plusieurs expériences, plus ou moins récentes, nourrissent mon opinion. Une des plus récentes s’est produite cet été, lors de deux journées passées dans le vignoble de Cahors avec Marie-Louise Banyols et Florent Leclercq. La plupart des producteurs visités (ils étaient 6) ont multiplié le nombre de leurs cuvées, généralement avec un accent parcellaire. Même si certaines de ces cuvées nous semblaient réussies, dans beaucoup de cas nous leur avons préféré les vins d’assemblage.

Autre région : la Bourgogne. Il y a quelques années, je dégustais des vins de Chablis dans le chai de Michel Laroche, avec celui qui était alors le propriétaire de la maison éponyme. Après avoir essayé une série issue de parcelles des grands crus, il me disait être convaincu de pouvoir faire un meilleur vin en les assemblant, mais que le marché aurait du mal à accepter cela. Avec une pipette, nous avons donc opéré un essai qui fut, pour nous deux, concluant. Le caractère « crayeux » de Blanchots a allégé la force un peu brute du Clos, puis les autres parcelles apportaient leur lot de fruit, de rondeur, etc.

Il y a deux semaines, j’ai conduit une dégustation « découverte » pour un client avec des vins de différents pays et cépages. La série des vins rouges, tous très bons, comportait un Chianti Classico, un Zinfandel de Sonoma, un Cabernet Sauvignon de Napa et un SGM (Syrah, Grenache, Mourvèdre) de Barossa. Comme il restait un verre ou deux dans chaque bouteille après la dégustation, j’ai tout assemblé pour avoir moins de flacons à emporter et j’ai dégusté le résultat le soir-même. Ce vin, issu de trois continents et de six cépages était un des meilleurs vins rouges que j’ai dégustés cette année ! L’acidité du Sangiovese a apporté son allégresse à la densité fruité du Zinfandel, comme aux tannins serrés du Cabernet, puis le fruité souple et raffiné du vin de Barossa à rajouté une patine soyeuse à l’ensemble.

Un autre souvenir concerne le vin rosé. Au moment où les Provençaux faisaient tout un battage protectionniste pour imposer l’interdiction d’assembler vins rouges et vins blancs pour faire du rosé (alors que les deux couleurs de raisins peuvent très bien se côtoyer dans le pressoir), j’ai tenu une classe sur les vins rosés pour un des mes groupes d’étudiants. A côté de bons rosés de différentes régions, dont un Bandol de Pibarnon, j’ai inséré un joker, servi à l’aveugle. J’avais assemblé ce vin dans ma cuisine le jour-même, à partir de différents vins, rouges et blancs, mais en faisant attention à l’équilibre de l’assemblage. Les élèves l’ont élu meilleur rosé de la soirée !

Je sais que cela va choquer les puristes, mais je pratique souvent des assemblages « sauvages » entre des flacons d’échantillons que je reçois, après les avoir dégustés et afin de réduire le gaspillage, et parfois aussi d’obtenir des vins agréables à boire dans des bouteilles pleines en limitant l’oxydation. Comme pour faire une bonne sauce, je réserve évidemment ce traitement aux sujets sans défauts et, si possible, ayant des caractères complémentaires. Très souvent le vin qui en résulte est meilleur que les ingrédients y ayant contribué. 

Je ne suis pas en train de dire qu’il faut tout assembler et faire un vin unique pour tout le monde. Cela serait contre plein de principes fondamentaux : l’individualité du goût, la variabilité du goût dans le temps et l’espace, et la joie de la diversité. Mais simplement qu’il faut bien réfléchir avant de subdiviser à l’infini sa production dans de multiples cuvées. La somme est parfois bien plus intéressante que le simple cumul mathématique des ingrédients.

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Bien utiliser le magasin

De plus en plus souvent -et en particulier pour les nouveaux vins- le magasin est le lieu privilégié pour retrouver facilement toute l’information relative à un vin précis. C’est de type « entrée libre »: entrer dans le magasin ne vous oblige pas à y acheter !

Voici par exemple la fiche d’un nouveau Châteauneuf-du-Pape:

La fiche du vin comporte toujours les informations de base (le millésime, les cépages, l’appellation, le degré, etc..) mais aussi des informations complémentaires, certes subjectives, mais qui ont l’ambition d’intéresser le lecteur et de faciliter le choix fatidique: achat ou pas achat ?

Pour la facilité, je reprends ci-dessous le texte qui illustre la fiche de ce Châteauneuf-du-Pape:

Voici un vin aussi peu connu que mystérieux.

Le terroir ? Surtout …du sable. La localisation ? Lieux-dits Pignan et La Guigasse. Cépages ? 100% grenache. Le type de vinification ? En vendanges entières.

Si quelque chose vous évoque le mythique Château Rayas, vous avez gagné, nous sommes chez ses voisins.

Il y a deux cuvées parcellaires: La Guigasse et Le Grand Pin. C’est cher: respectivement € 65 et € 85.

Il y a aussi une cuvée de jeunes vignes, essentiellement des vignes replantées en 2011 dans la parcelle du Grand Pin (0,24 hectare, soit un rectangle de 100 mètres sur 24). Ce n’est pas donné, mais c’est d’une très très grande finesse.

Le nez des Sablons évoque le pinot noir, c’est léger et aérien. Bouche en dentelles, très délicate, fraîche et florale. La présence de l’alcool est diffuse, en arrière-plan, sans pesanteur. C’est bien du Châteauneuf-du-Pape, mais d’une catégorie que l’on a vraiment peu d’occasions de goûter. L’antithèse absolue des vins en puissance que l’on associe souvent au goût parkérien.

Chapelle Saint-Théodoric est un projet mené par un vigneron (Baptiste Grangeon) et par un importateur américain (Peter Weygandt). La quasi-totalité des bouteilles prend le chemin des Etats-Unis. D’où un déficit de notoriété de ce côté de l’Atlantique et l’absence de mention dans la presse française du vin.

A Châteauneuf-du-Pape, le millésime 2016 est considéré comme étant d’une qualité exceptionnelle.

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ARTE: Des vignes et des hommes

vignoble Stettener Stein

Une intéressante série de documentaires consacrés au vin et ceux qui le font, partout sur la planète. Les images sont belles, la qualité de l’information plutôt élevée. Parfois une bourde sans doute causée par une traduction imprécise, mais cela ne gâche pas le plaisir.

Accès via Arte.tv, puis rechercher « Des vignes et des hommes ».

Je viens de regarder le documentaire consacré à la Franconie (Franken, en allemand), région que j’apprécie beaucoup. De très beaux souvenirs de vacances ! C’est à 5 heures en voiture, depuis Bruxelles. En somme, un peu moins loin que Beaune…

Les personnages principaux de cet épisode sont Ludwig et Sandra Knoll, propriétaires du Domaine Am Stein, à Würzburg. Anthocyane peut vous proposer différentes cuvées de ce Domaine réputé, parmi lesquelles le silvaner Stettener Stein dont il est question ici.

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Pouilly-Fuissé tient ses premiers crus

Est-ce la fin de la saga ? Cela fait bien longtemps que les vignerons de Pouilly-Fuissé se demandent pourquoi leur appellation n’aurait pas droit à ses premiers crus, comme en Côtes de Nuits et en Côtes de Beaune, comme à Chablis et en Côte chalonnaise. Ces vignerons ont donc rempli le dossier, persévéré, participé à moult réunions, persévéré encore pour que le Prestige descende enfin sur le Mâconnais.

En jargon administratif, cela donne: Le comité national des appellations d’origine relatives aux vins et aux boissons alcoolisées, et des boissons spiritueuses, réuni en séance le 3 septembre 2020, a approuvé la reconnaissance de 22 climats accompagnés de la mention « premier cru » qui pourront être adjoints à l’AOP « Pouilly-Fuissé ».

Normalement, ce sera d’application à partir du millésime 2020 sauf si un nouvel obstacle se dresse sur la route qui mène à la Valorisation (c’est le terme pudique utilisé pour indiquer que les prix-consommateur vont augmenter: c’est du moins le but de la manœuvre).
24% du vignoble passent en appellation premier cru: cela représente une superficie totale de 194 hectares.

J’espère que le boulot de délimitation a été effectué en prenant en compte le potentiel réel des parcelles et que la part dévolue aux inévitables compromis politico-économiques a été réduite à la portion congrue. Pour les éventuels sceptiques, je dois bien concéder que la surface initialement prévue a été récemment augmentée d’une douzaine d’hectares: on est passé subrepticement de 182 à 194 hectares…

Le nord se situe à droite: Vergisson est au nord, Chaintré au sud

Voici donc les 22 premiers crus de l’appellation Pouilly-Fuissé, classés par village :

CHAINTRÉ
Aux Quarts
Le Clos de Monsieur Noly
Le Clos Reyssier
Les Chevrières

FUISSÉ
Le Clos
Les Brulés
Les Ménétrières
Les Perrières
Les Reisses
Les Vignes Blanches
Vers Cras

SOLUTRÉ-POUILLY
Au Vignerais
Aux Chailloux
En Servy
La Frérie
Le Clos de Solutré
Pouilly
Vers Cras
Aux Bouthières

VERGISSON
En France
La Maréchaude
Les Crays
Sur La Roche

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Pierre Citerne, dégustateur

Pour qui ambitionne d’aimer le vin, la dégustation à l’aveugle offre la possibilité d’un dialogue intime avec lui, mais aussi avec soi-même, une introspection. C’est une indispensable école d’humilité, un antidote précieux au magistère pédant de certains « professionnels » de l’hôtellerie ou de la critique, qui dispensent leur science d’en haut, sans jamais se prêter à ce difficile jeu de l’aveugle où ils auraient tant à perdre et si peu à gagner.

Cette phrase forme la conclusion d’un article signé par Pierre Citerne (PC) dans La Revue du Vin de France de ce mois de septembre 2020. Cet article relate de façon très ouverte comment PC a vécu sa participation au concours « Cata por Parejas » organisé à Barcelone au début du mois de mars (juste avant le moment fatidique après lequel plus rien ne fût possible).

Dégustation par paires, donc. PC fait la paire avec Brunnhilde Claux, vigneronne en Minervois. Une phase éliminatoire en 7 vins. Une phase finale, accessible aux dix meilleures paires, en 7 vins.

14 obstacles à franchir entre l’importance de participer au concours et le triomphe pour la paire victorieuse.

PC et Brunnhilde vont se qualifier brillamment pour la finale en se frayant un chemin entre Champagne et Jerez, Condrieu du Domaine Vernay et riesling spätlese de la Moselle, Priorat catalan et Ribera del Duero castillan pour finir par un Montilla-Moriles andalou (millésime 1929). Six fois sur sept, ils goûtent juste ! Du moins pour reconnaître l’appellation. Chapeau !

Autant les vins sélectionnés pour la phase éliminatoire sont susceptibles d’être reconnus, autant ceux proposés en finale condamnent même les meilleurs à se fracasser sur les limites de leur talent et de leur mémoire.

Jugez-en par vous-même: Franciacorta de style champenois, mais malgré tout lombard. Puis s’enchaînent un Cava, un muscat espagnol de la région d’Alicante, un vin de cépage listan en provenance des Îles Canaries, un Corton-Bressandes, un Rioja en macération carbonique et un vin …chinois (produit par LVMH).

On regrettera que les vins proposés avantagent manifestement les dégustateurs espagnols, dont on peut supposer qu’ils connaissent bien les vins élaborés dans leur propre pays. 8 vins espagnols sur un total de 14, ça fait désordre. Autant savoir que l’organisateur est un acteur commercial de premier plan, basé à Barcelone. Le concours est un outil de marketing comme un autre.

La paire victorieuse est -qui l’eût cru- de nationalité espagnole.

les Açores: la pierre volcanique, l’océan et la vigne

Tout cela me replonge en hier soir, lorsque nous dégustâmes à l’aveugle 12 vins dont il finit par s’avérer qu’ils étaient tous originaires …des Açores. Une très belle sélection, en particulier les blancs secs: toniques, digestes et concentrés. Un Portugal de l’extrême ouest, encore très peu connu.

Je conserve en particulier le souvenir d’un 2018 issu du cépage terrantez do pico, salin, précis, caillouteux, très long et m’évoquant irrésistiblement le Chablis (Grand Cru).

1.667 bouteilles produites. Alcool: 12,5%. Grand vin. Anthocyane ne le vend pas.

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La Belgique existe !

Pourquoi une si laide jaquette ?

Publication aujourd’hui de l’édition 2021 du Hugh Johnson’s Pocket Wine Book. Un rendez-vous annuel avec ce qui bouge, ce qui frétille, ce qui explose dans le monde du vin. Il faut comprendre « monde du vin » de façon littérale puisque, au-delà des pays classiques, y sont abordés la Slovaquie, le Kosovo, le Mexique, l’Uruguay et tant d’autres. Une vision certes anglo-saxonne mais assez universelle: Hugh Johnson est anglais, pas américain, ce qui me semble faciliter la lecture de ce côté de l’Atlantique. Bien sûr, c’est le travail d’une équipe comptant une trentaine de membres.

Il se disait depuis un certain temps que la Belgique finirait bien par figurer dans ce guide. C’est fait. Hallelujah. Sonnez trompettes et hautbois. Faites péter les bouchons de Crémant de Wallonie. L’entrée se fait néanmoins par la petite porte, en simple et brève annexe au chapitre consacré au Grand-Duché.

Le texte commence par rappeler que notre petit royaume est avant tout réputé pour ses bières et son chocolat, mais que de plus en plus de vins intéressants sont produits par nos 500 hectares de vignes. On indique que 80% des vins sont blancs ou effervescents. On chiffre à une douzaine les Domaines qui cultivent plus de 10 hectares. On fait savoir que chardonnay et pinots (blanc, gris, noir, auxerrois) dominent la scène des cépages, accompagnés par quelques « résistants » (johanniter, regent, solaris).

Pour conclure (…déjà…), une liste des meilleurs producteurs que je vous livre « in extenso »: Aldeneyck, Bon Baron, Chant d’Eole, Clos d’Opleeuw, Crutzberg, Entre-Deux-Monts, Genoels-Elderen, Gloire de Duras, Hoenshof, Kitsberg, Kluisberg, Meerdael, Pietershof, Schorpion, Vandeurzen, Vignoble des Agaises, Vin de Liège, Waes.

18 fois bravo à ces Domaines dont le travail, le courage et les vins sont ainsi récompensés. Il se trouvera bientôt un groupe d’amateurs brésiliens ou finlandais qui voudront absolument goûter le jus de la treille, façon Belgique. Evidemment, cela rendra les meilleures cuvées plus rares et plus chères. A chaque médaille son revers…

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Frédéric Mabileau

Bourgueil Racines 2013, ouvert hier soir, en modeste hommage

Frédéric Mabileau, viticulteur de Saint-Nicolas-de-Bourgueil, est décédé lundi 31 août, suite à un accident d’ULM sur le site de l’aérodrome de Saumur. Il avait 53 ans.

Anthocyane a eu le plaisir d’importer ses vins entre 2013 et début 2015: Bourgueil Racines, St-Nicolas-de-Bourgueil Coutures, St-Nicolas-de-Bourgueil Les Rouillères, St-Nicolas-de-Bourgueil Petits Grains, Saumur Le Chenin du Puy, …

Les Rouillères 2011

Ô grand Saint-Nicolas

Site Internet du vigneron

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Le chenin des violettes

Xavier Weisskopf, le vigneron

J’ai découvert les vins du Rocher des Violettes il y a bien longtemps, grâce à un caviste hennuyer fort bien achalandé. J’y ai par exemple acheté quelques flacons du Montlouis La Négrette en millésime 2006, en un temps où le Domaine n’avait pas encore acquis la réputation qu’il a incontestablement aujourd’hui.

Depuis beaucoup d’eau a coulé sous les ponts de la Loire et du Cher. D’ailleurs si Montlouis s’appelle officiellement Montlouis-sur-Loire, le vignoble lui regarde plutôt l’affluent, le Cher: question de bénéficier d’une exposition sud que la Loire réserve à Vouvray.

Première bouteille du millésime 2019 à tomber entre mes mains, une cuvée de jeunes vignes de chenin, plantées sur Montlouis, mais néanmoins déclassées en Vin de France pour cause de jeunesse rédhibitoire. Cette cuvée Chenin se signale par un nez précis, une belle fraîcheur et une très correcte longueur: idéale pour comprendre et apprécier le cépage, sans que celui-ci ne soit marqué par le moindre élevage sophistiqué. C’est vif -le contraire serait étonnant- mais d’une vivacité aimable, abordable dès à présent.

Bien entendu, pour plus de complexité et de potentiel de garde, il faudra patienter jusqu’à l’arrivée de Touche-Mitaine et de La Négrette…

Le Rocher des Violettes, Vin de France, Chenin 2019: disponible dans le magasin.

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« Le Champagne affronte une crise historique »

Le Soir publie, dans son édition de ce weekend, un papier du Figaro consacré au Champagne. Pas mal d’information sur les mécanismes qui expliquent le fonctionnement de ce marché peu banal. Et un rappel utile: le vin, c’est aussi du business

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Luneau-Papin en biodynamie

Pierre-Marie Luneau et Marie Chartrier

Je ne peux pas prétendre être surpris. Le Domaine Luneau-Papin a entamé il y a plus de 10 ans une réflexion sur ses pratiques de viticulture. Passage en bio d’abord, en biodynamie avec le millésime 2019. Cela peut sembler relativement banal, mais le Muscadet n’est pas forcément la région la plus commode pour renoncer aux facilités de l’agriculture conventionnelle.

Voici une anecdote que je vous ai sans doute déjà narrée: en 2013, j’ai eu le plaisir de me rendre au Domaine et de rencontrer Pierre-Marie et Marie. L’accueil fut absolument délicieux. Pierre-Marie m’a emmené en voiture vers la Butte de la Roche, le lieu privilégié dont sont issus Terre de Pierre et Gula Ana. Pendant le trajet, la conversation s’aventure sur le terrain de Demeter. Pierre-Marie Luneau: « La biodynamie, scientifique ou magique ? Je n’en sais rien, mais ce dont je suis absolument sûr, c’est que les vignerons-biodynamistes sont amoureux de leurs vignes et qu’ils y travaillent beaucoup. Cet amour et ce travail conduisent forcément à faire de meilleurs vins« .

On commence par Les Pierres Blanches 2019, une cuvée qui fait partie du patrimoine amené par la branche « Papin ». Vieilles vignes plantées en 1954, gneiss et exposition sud-ouest. Petite récolte. En dégustation, commencez par lui donner un peu d’air et un peu de temps. Profitez ensuite d’un grand vin, salin et concentré, intense et long. Prenez le temps de découvrir progressivement des notes fumées et caillouteuses. Beaucoup de vivacité, de présence …et ce n’est pas l’alcool qui s’exprime (12,5%). Le fruit et la fleur s’effacent au profit de la terre et de la roche. Très beau vin. Un compagnon pour les meilleurs fruits de mer. Longue garde assurée: je compte d’ailleurs bien en enterrer quelques flacons dans ma cave …et les oublier.

On poursuivra bientôt avec la Folle Blanche 2019

Domaine Luneau-Papin, Muscadet Sèvre-&-Maine, Les Pierres Blanches 2019: disponible dans le magasin

Domaine Luneau-Papin, Gros Plant du pays nantais, Folle Blanche 2019: disponible dans le magasin

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L’Espagne, c’est maintenant !

Il reste de la place pour participer à la dégustation de ce samedi 22 août, pendant l’après-midi.

Programme

Aspects pratiques

Inscription via https://doodle.com/poll/6sm2esksy2z4b7cd.

Vous pouvez vous inscrire jusqu’à samedi, juste avant de venir.

Les commandes doivent me parvenir au plus tard le mardi 25 août.

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1 dîner, 4 services, 17 vins (première partie)

Gloups.

Cher Monsieur, que lis-je dans ce titre ? Ne serait-ce point exagéré, voire excessif ? Est-ce bien raisonnable ? Plaidez-vous coupable ?

C’est-à-dire, Votre Honneur, que, comment dire, ça s’est passé à l’insu de notre plein gré. C’était un piège et nous sommes tombés dedans, par la faute de notre naïveté. Gambadant par le plus grand hasard dans la belle ville de Saint-Trond, nous avons été comme qui dirait sauvagement happés par un estaminet local. Lequel estaminet s’est avéré extrêmement bien achalandé en victuailles savoureuses et en boissons propres à susciter une douce ivresse. Faisant alors fi d’une modération qui, de temps à autre, commence d’ailleurs à me les briser menu, nous fûmes les victimes, à peine consentantes, d’un dîner-dégustation sobrement titré 4*4, puisque chaque plat s’est avéré accompagné par non moins de 4 vins. En n’oubliant pas l’apéro, le compte est bon: 4 services, 17 vins.

Nous étions donc ce lundi soir chez Paul, Andrea et Aurélie au Gastrobar 3 Sense, à 3803 Wilderen.

Nous avons demandé et obtenu un crachoir. Cela peut paraître incongru, voire peu compatible avec la notion de dîner-dégustation, mais goûter 17 fois de suite impose des mesures fortes, sous peine de ne plus distinguer un Beaujolais nouveau d’un Madiran pur tannat. Pour paraphraser le jargon administratif fédéral, il est fortement recommandé de faire preuve de bon sens.

L’apéro et les deux premiers accords

Apéro: Corpinnat Gramona Brut Impérial Gran Reserva 2014 (Catalogne). D’aucuns seraient tentés d’affubler ce vin du titre guère flatteur de Cava. Que non, puisqu’il s’agit ici de privilégier des raisins de haute maturité et un long élevage sur lattes (48 mois). Corpinnat, c’est en quelque sorte ce que Cava devrait être. Le style du vin est riche, crémeux et légèrement fermentaire. La bulle est élégante, douce et fondante. Belle longueur. C’est classique et plutôt consensuel. Dosage: 8 grammes. Alcool: 12%. Biodynamie. Assemblage classique: chardonnay, xarel.lo, parellada et macabeu. Il me manque néanmoins la tension minérale et le « punch ». Servir bien frais. C’était accompagné d’un petit gaspacho à l’huile de chorizo et d’une bouchée pommes de terre, anguille fumée, pomme verte.

1er service: albariño 2019 (Galice), en 4 interprétations presque’aussi magistrales l’une que l’autre. Leirana, du Domaine Forjas del Salnès, confirme qu’il est une entrée de gamme d’un très haut niveau: le nez peut sembler un peu discret, mais la bouche est d’une remarquable fraîcheur, d’une énergique tonicité. Pazo de Señorans a pour lui la notoriété et un nez explosif. La bouche m’a semblé par contre un peu en retrait: au milieu des franches acidités de ses trois concurrents, celui-ci paraît moins « éveillé ». Disons qu’il veut être copain avec tout le monde et que cela peut nuire à l’expression d’une personnalité bien à lui.

Cies est un riesling du Palatinat. Meuh non, c’est une cuvée 100% albariño de Forjas del Salnès, mais le tranchant et l’aromatique évoquent irrésistiblement la tension teutonique. Minéral, sans la petite touche exotique (ananas) caractéristique du cépage. Extrême et donc sans doute susceptible de dérouter. L’antithèse du blanc méditerranéen, un vrai vin atlantique. Quand on a appris à apprécier Leirana, il est temps de s’attaquer à Cies. Ne tentez pas le chemin inverse; enfin, vous faites comme il vous plaît. On finit avec Finca Genoveva, le haut-de-gamme de Forjas del Salnès, sous la forme d’un échantillon non-filtré, avant mise en bouteilles. C’est difficile à évaluer, mais deux qualités semblent évidentes: la concentration et la fraîcheur. Vigne pré-phylloxérique, âgée de +/- 160 ans. Production limitée à 1.800 bouteilles.

Votre serviteur, quelques albariño et toute la concentration dont je suis capable…

Le plat: gravad lax, betterave, raifort. Le gras du poisson coupé net par l’acidité des albariño: beau plat, bel accord !

Bilan: +++

Leirana 2019 (€ 16,50) participe à la dégustation du samedi 22 août. Il peut être commandé dans le magasin dès à présent. Cies 2019 (€ 19) est disponible sur demande, commande à recevoir au plus tard le mardi 25 août.

2ème service: La Vizcaina, Bierzo, mencia 2017 (Castille, aux frontières de la Galice). Une opportunité de goûter en parallèle 4 vins issus de la même appellation, élaborés avec le même cépage, issus du même millésime et vinifiés par le même vigneron, le redoutable Raùl Perez. Un pas plus loin encore: le vigneron traite les 4 récoltes de la même façon: vendange entière, vinification en foudres, élevage d’un an en barriques. Seule différence: la parcelle, pardi ! L’approche est très inspirée par la Bourgogne: le lieu-dit, sa géologie et son orientation. Une ode à la subtilité. Allons-y.

Las Gundiñas est en orientation ouest. C’est le vin qui devrait être le plus accessible dans sa jeunesse. Je repère du cacao et de la cerise, une structure tannique assez ferme, une pointe d’amertume qui ne sera peut-être pas appréciée par tous. Ensuite, voici La Poulosa, en orientation sud. Il me paraît franchement plus accessible que le précédent. Nez terreux et métallique. La bouche est juteuse, plus aimable, avec des tannins plus discrets. Pas tout-à-fait mon goût personnel, mais assez séduisant. El Rapolao est en orientation nord et ouest. Très majoritairement mencia, mais également d’autres cépages locaux: tintorera, souson, bastardo, le tout en complantation. C’est un monument à prendre avec quelques pincettes. Vin complexe, sérieux, très intense, avec ce que l’on pourrait qualifier de « végétal noble ». Sincèrement, ce n’est pas pour tout le monde. Si votre goût vous porte vers la rondeur joyeuse, vous pourriez être décontenancé. Vin de garde, à ouvrir dans 5 ans ou plus. La théorie affirme que la mencia évoque une combinaison entre pinot noir et syrah, mais je persiste à y trouver du cabernet franc. Enfin, La Vitoriana est une parcelle en orientation nord. Les plus vieilles vignes. C’est lactique, un peu animal, avec de la cerise, de l’encre, de l’encens, …Structure tannique exceptionnelle, comme si l’on mordait dans la Grande Muraille de Chine. Gros potentiel. Infanticide patenté. Doit absolument être caché au fond de la cave pour n’en ressortir que dans 10 ans.

Le plat: risotto, espadon, asperge verte. Excellent poisson, assaisonnement un peu fade. L’accord est une tentative courageuse, mais je crains que les vins n’ont même pas remarqué la présence du plat.

Bilan: +++

El Rapolao 2017 (€ 24) peut être commandé dans le magasin dès à présent. Les trois autres cuvées sont disponibles sur demande, commande à recevoir au plus tard le mardi 25 août. Le prix des 4 vins est identique.

La deuxième partie s’attachera, ô surprise, aux 3ème et 4ème services. On y abordera Priorat et Rioja, par la face sud.

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blanc dégustation offre rouge

Espagne: les yeux plus grands que le ventre ?

J’ai manifestement eu du mal à choisir. Docteur, est-ce pathologique ?

J’aurais pu me contenter de la dizaine de vins qui participent à la dégustation du samedi 22 août. Mais non.

Comment résister à ce que proposent les meilleurs vignerons de Galice, de Catalogne, de Castille et d’ailleurs ? La diversité des styles est fascinante ! Il y a du franchement « sud » et du franchement « nord »: le nord-ouest de l’Espagne ressemble d’ailleurs bien plus à l’Irlande qu’à une costa méditerranéenne !

Il y a bien sûr du rouge, mais les vins blancs sont aujourd’hui du même niveau: en Catalogne, en Galice, en Andalousie, du côté de Valence les vins blancs de grande qualité pullulent. A vrai dire, je ne sais pas si un vin est susceptible de pulluler, mais vous voyez ce que je veux dire…

Vous recherchez un rouge qui puisse se comparer positivement avec bien des Châteauneuf-du-Pape ? Tentez Bellmunt, un Priorat abordable et diantrement réussi. Un blanc de la nouvelle génération, élevage en amphores et macération ? Essayez Cullerot: ce n’est pas un vin orange, mais on s’en rapproche. Des blancs dont la fraîcheur septentrionale vous esbaudirait ? Sans hésitation, Leirana (cépage albariño) et Louro (cépage godello), belle comparaison sur le millésime 2019.

Un rosé ? Oh oui, même si c’est plutôt un clarete, entre rosé et rouge: Paramos de Nicosia.

Vous aimez le sauvignon et découvrir de nouveaux cépages ? Je suggère le verdejo de José Pariente. Un Rioja moderne ? Jetez-vous sur Sela !

Des prix bien serrés, sans concession sur la qualité ? Salbide et l’andalou Dos Claveles sont proposés à € 10. Ou encore Vermell, un « rouge de rouge », puisque élaboré avec l’alicante bouschet, l’un des seuls raisins à jus rouge.

Un cépage rouge local qui ferait l’unanimité (du moins quand il est confié à des vignerons de talent) ? La mencia de Maquina & Tabla Laderas de Leonila, celle de Raul Perez: Ultreia Saint-Jacques et celle de la Vizcaina (autre projet du serial vigneron Raul Perez): El Rapolao.

Un grenache comme on en fait peu en France ? Vieilles vignes, haute altitude, bas rendements, maturité et finesse de El Terroir, chez Lupier en Navarre. Vin multi-récompensé par la presse spécialisée.

Des vins bio de la région de Valence, zone naguère peu portée sur la qualité: les choses changent grâce au Celler del Roure mais aussi grâce au Domaine Mustiguillo qui propose Mestizaje rouge et Mestizaje blanc.

Un blanc catalan, issu de vignes quinqua- et sexagénaires, d’excellent rapport Q/P ? Jetez un œil sur 3 Macabeus, du Domaine Albet i Noya, un des pionniers du bio en Europe.

Une originalité castillane, pas loin de chez Don Quichotte, élaboré par un quatuor d’œnologues volants, dans l’esprit du vin nature ? Albahra ne porte pas la moindre appellation, pas vraiment un millésime, mais cela ne le rend pas moins bon !

Enfin, un liquide élaboré dans le même esprit que le vin de qualité, mais où le raisin fait place à …l’olive. Le Domaine Roda produit dans les Îles Baléares une huile d’olive d’exception, 100% « cépage » arbequina, issue de la récolte 2019. Acidité très faible. C’est Aubocassa.

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Dégustation: aspects pratiques

Vu la situation sanitaire, la dégustation se déroule selon une formule « sur inscription » et je limite les présences simultanées à deux « bulles ».

Si la météo le permet, la terrasse est accessible.

La dégustation de juin m’a appris que 45 minutes, c’est trop court : j’ai prévu cette fois des périodes d’une heure, à partir de 10h et jusqu’à 18h.

Il y a donc 16 plages horaires pour participer. Si vous venez à deux (monsieur et madame, père et fils), ne réservez qu’une seule plage horaire puisque vous faites partie de la même « bulle ».

Voici le lien vers le formulaire d’inscription : https://doodle.com/poll/6sm2esksy2z4b7cd

Si les plages horaires qui vous conviennent ne sont plus disponibles, faites-moi signe et je vous inscris sur une liste d’attente.

Quelques précisions :

  • Venez s’il vous plaît à l’heure précise, au début de votre plage horaire
  • Lors de votre arrivée, passage par le lavabo, où eau et savon vous attendent
  • Vous disposez de 55 minutes sur place « all in » : je prends 5 minutes pour préparer l’arrivée des deux « bulles » suivantes
  • Emmenez avec vous votre verre pour déguster, un stylo-bille et -si possible- un crachoir (je disposerai de crachoirs de fortune, sous format bouteille d’eau minérale coupée en deux par le milieu)
  • Je me charge d’ouvrir les portes, de les fermer et du service du vin
  • Cela va de soi, mais c’est encore mieux quand c’est explicite : bas les masques ! Déguster masqué …impossible.
  • Vous pouvez bien entendu faire usage du lavabo au moment de repartir.
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Le musée virtuel du vin

Pour tout qui s’intéresse au vin de façon …multidimensionnelle, voici une initiative passionnante qui, certes, ne se boit pas, mais offre une autre façon de goûter et d’apprécier: le musée virtuel du vin.