Curiosité peu courante: les vignes du Domaine Jülg se situent de part et d’autre de la frontière franco-allemande, entre Wissembourg (extrême nord de l’Alsace) et Schweigen (extrême sud du Palatinat/Pfalz).
Il s’agit donc de vins vinifiés en Allemagne, par une famille allemande, mais élaborés en majorité avec des raisins vendangés en France. La carte ci-dessous le visualise assez bien: la frontière est indiquée par la ligne rouge. Au nord de cette ligne, c’est l’Allemagne; au sud, la France.
Le Domaine s’étend sur 25 hectares: 60% pinots (blanc, gris et noir), 20% riesling, 10% chardonnay, 10% autres cépages. Il y a quelques années, Jülg a rejoint VDP, l’association privée qui regroupe une bonne partie de l’élite des vignerons allemands, ce qui a fait évoluer la gamme du Domaine: le modèle promu par VDP passe entre autres par une hiérarchie à trois niveaux, inspirée par la Bourgogne: les vins régionaux (Gutswein), les vins de village (Ortswein) et les crus (erstes Gewächs et grosses Gewächs). Astuce: on reconnait les Domaines membres de VDP à la présence sur la collerette de l’aigle-grappe ci-dessous. Toutes choses égales, c’est un label crédible qui peut faciliter le choix de l’amateur au sein d’une offre touffue.
Je raconte aujourd’hui un Ortswein, puisque tous les raisins proviennent du même village, à savoir Schweigen, ce qui est mis en avant par l’étiquette. Conséquence de cette origine précise: toutes les parcelles sont calcaires, ce qui est tout aussi mis en avant sur l’étiquette. Le vin allemand serait compliqué ? Eh bien non, pas forcément !
Clin d’œil à la géographie: le Domaine choisit de nomer ce vin « Calcaire Blanc » et non pas weißer Kalkstein.
La même étiquette se montre plutôt discrète quand il s’agit de cépages. Oui, cépages au pluriel, puisque ce Calcaire Blanc est un assemblage de chardonnay, de pinot blanc et de pinot gris. J’ignore les proportions respectives.
Le modèle pour penser et créer ce vin se situe clairement en Bourgogne. Le dégustateur aveugle peut facilement se faire rouler dans la farine et situer son origine quelque part entre Côte de Beaune et Mâconnais. L’élevage est long: d’abord 12 mois en barriques, ensuite 18 mois en cuve inox, enfin quelques mois en bouteilles avant commercialisation.
En dégustation, le boisé apparaît, mais c’est en finesse, une présence plus suggérée qu’affirmée. Bouche cristalline avec une acidité traçante, élevage précis, du volume en bouche, avec -à ce stade de sa vie- une forte présence du chardonnay. Si la présence du pinot gris vous fait immanquablement penser à certains mollassons alsaciens et/ou à certains insipides pinot grigio du nord de l’Italie, celui-ci va vous faire changer d’avis. Je prends les paris !
Tant qu’à faire, la région est très accueillante avec des villages d’autant plus beaux qu’il n’y a quasi pas de monde et en conséquence pas de boutiques à l’assortiment douteux, y compris les terribles cartons de trois flûtes alsaciennes qui terrorisent les touristes naïfs. Je recommande en particulier le village de Hunspach. Et Wissembourg sous le soleil, c’est pas mal non plus !
Du côté allemand, suivez la Route des Vins du Sud-Palatinat à partie de la spectaculaire porte du vignoble, au centre du village de Schweigen. Le Domaine Jülg, c’est aussi un restaurant de belle réputation: Die Weinstube. What else ?
Il m’arrive de plonger dans ma cave personnelle et d’y pêcher un flacon dont la date de péremption est largement dépassée. Enfin, du moins selon la théorie du vieillissement en cave qui affirme que point trop n’en faut, en particulier pour les « petites » appellations.
Voici deux contre-exemples qui m’ont enchanté. D’abord un Irancy 2006 du Domaine Colinot. Plus précisément la cuvée issue du lieu-dit Palotte. Irancy, vous voyez ? Une petite tache de vin rouge au milieu de l’océan des vins blancs du Chablisien. Village-rue entouré par des coteaux de vignes « en fer à cheval » (pas de vignes au sud-ouest). Le village se situe au sud-ouest de Chablis et au sud-est d’Auxerre. L’Yonne y coule. On est en Bourgogne.
A propos de l’Yonne, le lieu-dit Palotte est le seul dont les coteaux descendent vers la rivière, en exposition sud. Terroir de type calcaire kimméridgien, comme à Chablis. Assemblage de 95+% pinot noir et d’une pincée de césar, le cépage hyper-local, en complantation.
On recommande en général de boire les meilleurs Irancy avant qu’ils n’aient atteint l’âge vénérable de 10 ans. Et la plupart des Irancy sont en fait destinés à une consommation rapide, sur leur fruit.
Palotte 2006 devrait donc glisser sur la pente (vachement) descendante et ne réserver que tristesse et déception à l’amateur qui a « oublié » cette bouteille dans sa cave. Erreur ! Grossière Erreur !
Ce vin est en pleine forme: un pinot traditionnel avec un fruit succulent et un équilibre d’anthologie. Une robe légère, avec un peu d’évolution. Je craignais une possible amertume excessive, mais celle-ci brille par son absence. Il y a de l’énergie et de la précision. De la cerise et de la fumée. Un régal ! A noter que ce vin n’est PAS passé par le fût. Comme la plupart des pinots noirs, ce vin est meilleur endéans les 24 heures qui suivent l’ouverture du flacon. Après, cela se dégrade, avec un peu de rusticité et une petite crispation sur les tannins.
Bouteille achetée en 2008 au Domaine au prix de € 14.
Anthocyane a vendu les millésimes 2011 et 2012 du Domaine Colinot, en importation directe. Cuvées Palotte, Les Mazelots, Côte de Moutier, Très Vieilles Vignes, etc… Le Domaine vend aujourd’hui € 30 les millésimes récents.
Enchantement, chapitre 2. Cette fois-ci, c’est l’Alsace qui s’y colle, avec un vin « hors piste » à savoir Trovium 2010 du Domaine F. Mochel. L’Alsace s’organise autour de mono-cépages, riesling, pinot gris, gewürztraminer, etc… Celui-ci fait exception. L’Alsace n’utilise en général pas de contenants en bois. Celui-ci fait exception.
Le Domaine Mochel se situe à Traenheim, pas bien loin de Strasbourg. Il est entre les mains de Guillaume depuis une quinzaine d’années. Trovium, c’est le nom latin du village.
J’ai goûté ce vin et ce millésime en décembre 2013. Voici ce que j’avais noté à l’époque: pinot blanc 50%, pinot gris 50%, fermentation et élevage en barriques. Nez boisé, presque bourguignon. Aromatique de pinot gris beurré, avec de l’orange. Bouche de chardonnay boisé, pas de sensation alcooleuse. Sec et gras.
Dans la foulée, Anthocyane a vendu cette cuvée avec un succès qui s’est limité à l’estime (€ 19,90). Sans doute trop déstabilisant par rapport à l’image que l’on se fait de l’Alsace.
Je craignais que, 15 ans plus tard, ce vin ait conservé l’impact du bois et perdu son fruit. Erreur ! Grossière Erreur ! Après avoir été subjugué par une robe dorée lumineuse et intense (qui pourrait annoncer un vin liquoreux ou un vin oxydé ou un vin fortement boisé), le nez m’affriole: beaucoup de fruit (zeste d’orange). Une évolution vers les parfums de la forêt en automne trahit son âge. Il y a de la joie dans cette bouteille ! La bouche est parfaitement sèche et elle a absorbé le boisé. Riche sans la moindre mollesse. Très belle finale, nette, ciselée. Et il y a de la fraîcheur ! Grand vin de gastronomie.
A ma connaissance, cette cuvée a cessé d’exister: pas de millésimes jeunes.
Comme quoi, ne pas attendre grand-chose d’une bouteille ancienne que l’on tire-bouchonne lorsqu’il est, soi-disant, trop tard offre une vraie carte blanche aux bonnes surprises. Le repas s’éclaire, la conversation gagne en esprit, le temps est remonté et on se souvient…
Quelques extraits de la Revue du Vin de France de ce mois de juillet 2024.
Enfin une autrice francophone pour affirmer les qualités du pinot noir allemand. Oui, l’Allemagne est le pays du riesling, mais les meilleurs vignerons maîtrisent également le capricieux et subtil pinot noir.
Anthocyane propose les Chablis du Domaine Pommier.
Anthocyane propose régulièrement des vins du Domaine Meyer-Fonné.
D’abord un regard en profondeur sur le 1er cru (officieux) Gruenspiel du Domaine Marcel Deiss. En blanc, nous goûtons 2015, 2016, 2018, 2022. Les deux premiers vins ont été vinifiés par le père (Jean-Michel), les deux vins les plus récents sont de la main du fils (Mathieu). Il ne manque que le Saint-Esprit: d’une certaine façon, il planait au-dessus de nos têtes pendant la dégustation…
On commence par une mise en bouche: La Vigne en Rose du Domaine du Rêveur (qui est la création de Mathieu Deiss et de son épouse, grâce aux vignes maternelles): issu d’une complantation avec 85% de gewürztraminer et 15% de riesling, il présente un nez assez complexe: fruits jaunes, menthe, puis agrumes, puis …rose. La bouche est intense, avec un profil presque sec, une concentration moyenne, de la suavité et une finale très légèrement tannique. Ce dernier mot mérite notre attention, nous y reviendrons.
Gruenspiel, terroir et complantation
Amphithéâtre exposé sud, surplombant les grands crus de Ribeauvillé, ce terroir se situe sur la commune de Bergheim. Je laisse le vigneron exprimer la géologie: nature hétérogène du sol superficiel constitué de dépôts torrentiels gréseux, granitiques parfois gneissiques, posés sur une matrice profonde de marnes lacustres du Keuper. Le vignoble est complanté en riesling, gewürztraminer et pinot. Pas d’information fiable quant aux proportions respectives. J’ignore de quel pinot il s’agit.
Gruenspiel 2015
Vinification classique par Jean-Michel, millésime riche et solaire. Le nez est plutôt lourd, avec des agrumes et de la pâtisserie. Le vin est construit en rondeur. La présence du riesling est loin d’être évidente, mais la famille Deiss insiste depuis longtemps sur le rôle mineur joué par les cépages: tout ici tourne autour du terroir, le cépage étant un simple accessoire (j’exagère à peine). Il y a du sucre, je me sens dans l’univers des vins moelleux. La finale est légèrement collante. Mais (et c’est l’un des enseignements de cette dégustation), le vin ne cesse d’évoluer dans les verres, il s’affine progressivement, joue sur le fondu de sa structure et quitte sa gangue sucrée. Si nous l’avions goûté vite fait, mal fait, nous l’aurions méjugé. Rappel de circonstance: évaluer un vin artisanal en quelques instants relève de la sottise. Goûter, regoûter après 15 minutes, après 2 heures, après 24 heures. Eh oui, il faut y mettre une bonne dose d’huile de coude !
Alcool: 14%
NB: jetez un coup d’œil à la photo: on peut y lire discrètement « Le jeu des verts« , une traduction presque littérale de Gruenspiel. On y reviendra. On y lit également « Cru d’Alsace », une façon légale de faire passer le message: Gruenspiel est un premier cru et n’attend qu’une confirmation officielle pour le faire savoir.
Gruenspiel 2016
Vinification classique par Jean-Michel, millésime plus frais. La robe est moins dense que celle du 2015, le nez est léger, pierreux, une pointe de citron apparaît. Le profil est une antithèse du 2015: la bouche est fine, racée, intense, scintillante. Verticalité, minéralité, énergie. La finale est magnifique, très peu marquée par le sucre, nette et presque tranchante. C’est un grand vin qui, lui aussi, évolue dans le verre jusqu’à se présenter comme un 100% riesling (qu’il n’est pourtant pas). Ce qui me frappe lorsque l’on compare 2015 et 2016, c’est le fort impact du …millésime. On a le sentiment que le terroir accueille les caractéristiques de chaque millésime et les restitue pendant la dégustation. Difficile alors de percevoir les caractéristiques du terroir lui-même.
Gruenspiel 2018
Vinification géorgienne par Mathieu. Géorgienne, parce que le vin est légèrement macéré (contact entre peaux et jus): 10% du volume total de vin, pendant 6 jours. On sent une approche prudente, pas-à-pas. Néanmoins, l’impact de cette macération limitée est très visible: la couleur dans le verre est franchement orangée. Le nez est intense et minéral, avec du zeste d’orange. En bouche …
attention, ceci est un moment-clé
Donc, en bouche, je suis frappé par la présence d’un peu de sucre résiduel et d’une note oxydative. Finale tannique. Le profil est plus proche du 2015 que du 2016. Où sommes-nous ? En Alsace ? Euh…Nous sommes sur le Gruenspiel et nulle part ailleurs: les cépages ne comptent pas, la région Alsace ne compte pas.
On remarquera la cure de jouvence dont bénéficie l’étiquette. Le « jeu des verts » se situe à présent juste au-dessous de Gruenspiel.
Gruenspiel 2022
Mathieu va jusqu’au bout de ses idées: 100% du volume est macéré, pendant plusieurs mois. Vin nature, sans soufre ajouté. Le vigneron suggère d’ouvrir la bouteille la veille (ce que nous n’avons pas fait, mais qui le fera ?). Couleur de clairet, rose foncé ou rouge clair, au choix du dégustateur. Mais en tous cas la couleur orange est absente. Le nez m’évoque la cerise (influence sournoise de la robe ?), puis la rose. Un petit air guilleret et sympathique. La bouche est tendue sur son acidité. Le vin est sec, fin et aérien. Il n’y a aucune déviation aromatique. On est plus proche du profil du 2016 que de celui du 2015. Je trouve le vin agréable et j’ose (sous le regard ébahi et courroucé du Saint-Esprit) me risquer à une comparaison avec un grolleau de la Loire. Bon, je reconnais une part de provocation dans ce commentaire, mais le vin me paraît assez simple, trop simple. Le problème est-il dans la bouteille ou faut-il plutôt le chercher dans le nez, la bouche et le cerveau du dégustateur ?
Je me suis progressivement construit un dictionnaire et une approche qui fonctionne de façon satisfaisante avec les vins classiques. Mais ce Gruenspiel 2022 est tout sauf un vin classique ! Ma grille d’analyse repose sur cinq axes: équilibre, complexité, intensité, persistance, spécificité. J’ai l’impression de me confronter à un vin qui refuse d’entrer dans ce cadre. Et qui m’oblige donc à réfléchir autrement, quitte à arriver aux mêmes conclusions, qui sait ? En fait, ce vin ne veut pas de moi: en marketing, on dira que je ne fais pas partie de sa cible. Trop vieux.
A la réflexion, je ne me sens pas capable de définir ce qui ferait la spécificité du terroir Gruenspiel, au travers de quatre vins très différents les uns des autres. Mais autant le 2016 est lisible, autant le 2022 est illisible: le 2016 est écrit en français du vingtième siècle et le 2022 en hongrois (ou en bulgare ou en japonais, selon votre bon plaisir): je ne pratique malheureusement pas ces langues exotiques. Je souhaite converser mais il y a de la friture sur la ligne. J’écoute la voix du Saint-Esprit mais je n’entends pas son message.
NB: la métamorphose esthétique est arrivée à son terme: Gruenspiel a disparu, le « jeu des verts » prend toute la place. Cela colle sans doute mieux à l’univers des vins nature, c’est une communication dépoussiérée, plus jeune. Mais, ô paradoxe, Jean-Michel Deiss se bat avec énergie et détermination pour imposer le Gruenspiel comme un lieu d’exception et on finit par le supprimer de l’étiquette au profit d’une traduction sans charme et sans mémoire.
La contre-étiquette indique un taux d’alcool de 14,5% et affiche le texte suivant: « Vin de macération sur terroir de marne. Vin sec, sans soufre ajouté et sans filtration ».
Gruenspiel 2017 (rouge de pinot noir)
Ce n’est pas fini ! On fait du rouge sur le Gruenspiel. La question de la macération ne se pose évidemment pas, puisque tous les vins rouges passent par cette étape pour extraire la couleur, les tannins, etc…
A ma relative surprise, c’est un vin classique, j’oserais dire bourguignon, avec un nez légèrement sauvage et une bouche mûre, tendue, avec pas mal de matière. Vin juteux se terminant par une finale pleine de bons tannins. L’alcool joue son rôle à l’arrière-plan, l’élevage itou.
Cela me plaît beaucoup ! C’est ma médaille d’argent, après le blanc 2016. Mais j’ignore sur quelle base faire le lien avec le terroir Gruenspiel.
Bilan: j’ai passé un excellent moment (malgré le courroux du Saint-Esprit) et le sujet mérite assurément de s’y intéresser de près. Je reconnais volontiers manquer d’expérience pour évaluer les vins blancs de macération à leur juste valeur. Mais je ne peux cacher une profonde perplexité: pourquoi cette radicalité qui consiste à faire table rase du passé et de l’histoire ? Pourquoi glorifier Gruenspiel (au détriment de la région Alsace et des cépages) avant de le supprimer de l’étiquette: Gruenspiel, le grand perdant de la communication moderne ?
En Alsace certes, mais à Bruxelles – deuxième acte
En soirée, dégustation à l’aveugle qui commence par nous balader en terrain inconnu: l’un de nous risque silvaner, l’autre muscat. On note des amertumes non négligeables. Ensuite, une paire de vins nous déconcerte: cela pourrait être du pinot gris, mais qui fait aussi sec ? Ostertag ? Trimbach ? Et voici une paire largement aussi étonnante: il y a l’aromatique du gewürztraminer, mais pas la structure à laquelle on s’attend: en particulier le premier vin (nous saurons plus tard que c’est un 2016) est d’une grande finesse et d’une aromatique noble.
C’est compliqué. Les visages sont livides, les respirations haletantes. Certains d’entre nous font silence. C’est compliqué. Heureusement, le septième vin éclaire notre lanterne: c’est du riesling ! Au vu de tout ce qui précède, nous sommes bien en Alsace (après les 6 premiers vins, je n’aurais pas mis ma main au feu). A partir d’ici, le feu d’artifice est déclenché: les notes très élevées vont pleuvoir sur les rieslings secs qui s’enchaînent. J’évoque le Rheingau et les vins de Georg Breuer (c’est un compliment).
Et puis, la vérité nous fend les oreilles: tous les vins proviennent du même domaine: André Kientzler à Ribeauvillé. De mon point de vue, Kirchberg 2017 et Geisberg 2016 se partagent la médaille d’or. Une mention spéciale pour l’Osterberg (gewürztraminer) 2016.
Nous concluons avec François-Alphonse 2008, une cuvée rarement produite qui assemble, je crois, des raisins qui proviennent de différents grands crus. C’est un 2008, mais il paraît notablement plus âgé, avec ses notes terreuses, champignons, ail, humus, … Note oxydative également. C’est le vieux vin qui finit par rapprocher un grand Sancerre, un grand Chablis et un grand riesling. Mon 17/20 est sans goute généreux d’un point de vue analytique, mais c’était si bon !
Demain matin, cap sur l’Italie pour d’autres aventures !
Les petits sucres mollassons qui trainent dans un riesling alsacien que l’on voudrait sec: un thème récurrent dont voici une concrétisation.
Le vignoble alsacien entrerait en ébullition parce que le Journal Officiel (l’équivalent de notre Moniteur) publie en date du 1er août, une modification du cahier des charges de l’appellation d’origine contrôlée « Alsace » ou « Vin d’Alsace ». Vous pouvez lire le texte ci-dessus. C’est à la page 14 du cahier des charges.
Pierre Gassmann (Domaine Rolly-Gassmann) s’insurge et demande à tous (vignerons et « grand public ») de signer une pétition pour s’opposer au changement. Car le nouveau décret doit encore être validé par l’INAO, (Institut national de l’origine et de la qualité), pour être effectif. Les opposants ont deux mois pour se faire entendre.
« Nous appelons à l’aide pour défendre notre Histoire et notre culture plurielle du Riesling alsacien. En effet, le 1er août 2023, a été publié au Journal Officiel un nouveau décret interdisant le droit d’utiliser le mot Riesling dès lors qu’il contient plus de 4 grammes de sucre. »
Querelle stérile aux relents purement économiques, goût pervers pour les subtilités administratives ou défense légitime de la spécificité des vins artisanaux ? Pas facile pour le profane de s’y retrouver.
Néanmoins, je constate à la lecture du texte paru dans le Journal Officiel que:
la mesure n’est pas nouvelle: il s’agit d’une adaptation pour passer d’une limite de 6 grammes par litre à une limite de 4 grammes par litre.
cette limite est fixée à 9 grammes pour autant que le vin soit suffisamment bien doté d’acidité qui « cache » tout ou partie du sucre résiduel.
les vendanges tardives et les sélections de grains nobles ne sont pas concernées.
A noter qu’en Allemagne, un vin de riesling est considéré comme « trocken » (sec) s’il contient au maximum 9 grammes de sucre.
Je comprends la volonté du législateur de faciliter la vie du consommateur qui souhaite acheter un riesling sec et qui hésite, hésite, hésite encore parce qu’il ne sait pas si la bouteille qu’il s’apprête à acheter contient un vin sec ou un vin demi-sec. Cela dit, bien des vignerons proposent déjà sur la contre-étiquette une information, souvent sous la forme d’une échelle allant de sec à moelleux, avec des étapes intermédiaires. Mais chaque vigneron crée son propre système …
Il me semble que Pierre Gassmann, par volonté sans doute de simplifier ce qui peut l’être, manque de précision et cela risque de se retourner contre lui. Je lis aussi sous sa plume une impossibilité à produire des vins secs que je me permets (humblement) de mettre en doute.
Il y a par ailleurs quelque chose de profondément rigolo à l’idée d’interdire la mention du cépage riesling sur certaines bouteilles quand c’est l’inverse qui règne dans le vignoble français: hors de question de mentionner le pinot noir sur une bouteille de Nuits-St-Georges. Hors de question d’indiquer merlot sur Petrus. Comme quoi…
Une verticale Ostertag : Grand Cru Muenchberg 1996-2019
Article rédigé par Bernard Arnould, client chez Anthocyane et journaliste-vin depuis 1992.
Alsace superbe, Alsace décevante… Alsace si diverse, Alsace si contradictoire. Bref, Alsace si passionnante., surtout pour qui s’intéresse aux vins exprimant avec clarté leur lieu de naissance, à savoir leur terroir. Lequel se définit de triple façon : le lieu-avec ses sols et sous-sols, son exposition, son altitude, son horizon -, le climat de l’année et le vigneron avec ses multiples décisions. Cette verticale illustre bien leur interdépendance.
Le Grand Cru Muenchberg
Grand Cru Muenchberg
Situé à Nothalten dans le Bas Rhin, ce lieu est magique : » « la partie terrestre y rééquilibre magnifiquement la partie céleste », comme me l’avait dit un jour André Ostertag. Côté céleste, il s’agit d’une enclave nichée dans un vallon en retrait de la route du vin et du village. Ses pentes ondulent dans une sorte de cirque abrité des pluies et des vents d’ouest par le “mont des Hongrois” (Ungersberg), une butte de grès vosgien atteignant 910 m. Installé de part et d’autre de ce vallon orienté au sud, le Muenchberg retient la chaleur sur ses pentes et bénéficie sur ses 17,70 ha d’un microclimat unique. Côté terrestre, le sol et le sous-sol sont formés de sédiments vieux de 250 millions d’années.
Ces terrains caillouteux et sableux où affleure régulièrement le grès rose sont constitués de poudingues avec dépôts vulcano-détritiques, parfois riches en tufs et cendres volcaniques. Il s’agit donc d’un sol pauvre où le drainage est excellent et le réchauffement rapide. Le riesling est le cépage de prédilection du Muenchberg. Celui-ci doit son nom aux moines cisterciens de l’abbaye de Baumgarten, toute proche, qui y cultivaient la vigne dès le 12è siècle.
L’impact du climat de l’année
La diversité des conditions climatiques d’une année ne manque pas d’influer sur les profils des vins. Cette verticale en témoigne par l’opposition de style entre par exemple les vins de millésimes plus frais tels 1996, 1999, 2004, 2008, 2010, 2014 d’une part, de millésimes plus chauds, voire caniculaires tels 2009, 2015, 2019 d’autre part. Les seconds offrent plus de volume, une plénitude solaire alors que les premiers sont plus élancés, d’une fraîcheur très énergique, tout en race et noblesse de Grand Cru.
2003 lui est marqué par une étroitesse que l’on n’attendrait pas d’une année très chaude, sauf que trop c’est trop : chaleur et précipitations quasi inexistantes ont provoqué du stress hydrique et des blocages de maturité, avec au final une matière à la minéralité un peu austère, voire asséchante. Autre cas, le millésime 2010 au climat chaotique : voilà bien une année tardive, avec dans les raisins une acidité malique élevée. Conséquence il a fallu vendanger à très haut potentiel alcool pour obtenir la maturité phénolique. Les vignerons peu ambitieux, qui travaillent mal dans les vignes et/ou ont vendangé trop tôt, proposent des vins au brutal tranchant acide. Aussi 90% des producteurs, « victimes du tabou alsacien contre la fermentation malolactique » comme le formulait André ont-ils choisi de désacidifier leurs vins. Par contre les meilleurs vignerons ont réussi sur les grands terroirs à équilibrer des sucres importants liés au haut degré potentiel requis pour une maturité des pépins grâce à la solide acidité de la matière 2010. Son Muenchberg 2010 dégusté 12 ans plus tard se goûte harmonieux, élégant, délicat, avec de jolis amers minéraux.
Le fil rouge de la dégustation
André Ostertag et son fils, Arthur
Cela posé, le terroir du Muenchberg avec ses sols cristallins est tellement fort qu’il impose au-delà des différents profils une trame reconnaissable d’un millésime à l’autre : verticalité, vibration de la matière, fraîcheur qui passe par une minéralité saline. Ainsi en est-il face au caractère opulent du 2009, un riesling dont l’équilibre inhabituel e 14°6 et 2,7 g. de sucre se fait moins par une tension acide que par les amers salins de la minéralité : « la partie terrestre a rééquilibré la partie céleste ».
A l’opposé, le 2008 reflète bien les caractéristiques d’un millésime difficile, sauvé à partir de la mi-septembre par le beau temps. Les vignerons peu ambitieux ont vendangé trop tôt en sous maturité. Les meilleurs ont attendu et ont réussi des vins équilibrés, de belle fraîcheur. Le Muenchberg dégusté ici possède une incroyable énergie 14 ans plus tard : comme l’a écrit un participant, » le fruit laisse la place à une expression intense de la géologie: formidable colonne vertébrale acide », de l’éclat, de l’énergie et une longue persistance minérale.
Les deux derniers millésimes …
…dégustés dans cette verticale, certes plus jeunes n’en furent pas moins éblouissants :
2015 : chaleur, sécheresse, voire canicule en début juillet, et donc le stress hydrique auraient pu durcir les vins. Fort heureusement les pluies de la mi-août ont permis une reprise de la maturation des raisins. Au final ce 2015 présente une acidité malique plus basse que 2008, 2010 ou 2014. La matière offre une plénitude solaire en bouche avec une chair pulpeuse. Pourtant l’équilibre impressionne grâce à une fraîcheur liée à la fois à la concentration en acide tartrique et à une trame minérale saline qui se prolonge en finale sur de fins amers minéraux.
2019 : un scénario climatique comparable au précédent avec un temps sec et très chaud d’une part, des pluies salutaires au mois d’août. Un bébé encore, avec un énorme potentiel, encore brut de terroir d’une certaine façon. La bouche est riche et veloutée, d’une grande intensité, profonde et tendue par une impressionnante minéralité qui verticalise la richesse. La finale est très persistante sur des notes minérales salines et fumées.
Bernard Arnould
Anthocyane ne commercialise pas les vins du Domaine Ostertag. Anthocyane prête volontiers sa plume à celui/celle qui voudrait partager sa passion pour le monde du vin.
Dégustation à l’aveugle passionnante, pour un groupe d’une douzaine d’amateurs. Vous avez lu le titre de cet article, mais nous, pauvres dégustateurs privés de l’étiquette, nous ne savions rien. Rien de rien.
Voici la première carafe. Bien sûr, ce sont donc les tâtonnements habituels. Je vous épargne certains parmi mes commentaires, j’ai déjà assez de mal à les gérer moi-même…
Mais ce premier vin a en tous cas beaucoup de choses à raconter: il y a du caillou, une touche de sucre résiduel, de la finesse, de la complexité aromatique (tilleul, miel) et ce je ne sais quoi qui évoque le volcan. 16/20. Millésime 2005. Démarrage en trombe donc. Le deuxième vin évoque avant tout l’automne: les feuilles mortes et le champignon. Vin évolué, avec des notes lactiques, sec, salin. Il porte son âge avec charme, mais me paraît un peu monotone. 15/20. Millésime 1996.
Le troisième est un vin patiné, avec du miel et de la cire, intense, délicat, avec une touche d’alcool et une légère oxydation (comme un sherry fruité), des épices également. 15/20. Millésime 1999. Le quatrième vin est important parce que celui-ci va me permettre de mettre un nom sur le cépage: autant les trois premiers ont été cachottiers, autant celui-ci crie: riesling ! Le citron confit joue le premier rôle. Vin puissant, encore un peu massif, léger tannin, touche de sucre, de la jeunesse. Un classique. 16/20. Millésime 2000.
Bon, à partir d’ici, on commence à se dire que l’on tient le bon bout: riesling, Alsace, avec des vins d’un certain âge, voire d’un âge certain. Voici la cinquième carafe: jus de citron parfumé, abricot voire pêche. Par contre, la bouche part vers une minéralité un peu austère. Progressivement la verticalité, l’élégance, la pureté, la longueur. Un vin spirituel. 16,5/20. Millésime 2003. Sixième carafe: attention, jeu de mots facile. Autant le précédent était spirituel, autant celui-ci me paraît …spiritueux ! Je m’explique: une aromatique en forme de Cointreau ou de Grand Marnier. Le nez légèrement écrasé, solaire voire sudiste. Comme un moelleux qui aurait mangé ses sucres. C’est riche et gras, mais manque d’énergie. 14,5/20. Millésime 2004.
Carafe sept. Ici on touche au sublime. Total respect. Le fruit laisse la place à une expression intense de la géologie: formidable colonne vertébrale acide, longueur impressionnante. Du souffle, de l’énergie, de la densité. On pourrait se rapprocher d’un riesling que l’on trouve plus facilement outre-Rhin. Sommes-nous bien en Alsace ? 17,5/20. Millésime 2008. Voici déjà une huitième carafe qui révèle un nez presque pâtissier, avec de l’orange et de la cannelle, du miel, de la fumée. Vin que l’on pourrait qualifier de baroque. Puissance maîtrisée, belle fraîcheur. Est-ce bien du riesling ? Pinot gris ou complantation ? 16,5/20. Millésime 2009
Changement d’étiquette
Retour vers le riesling alsacien avec ce neuvième vin: agrumes, épices, orange et clou de girofle, bouche harmonieuse avec de jolis amers, fraîcheur énergique. Vin sec et plutôt délicat, belle réussite qui tranche avec le vin précédent en termes de style. 16,5/20. Millésime 2010.
Des noms de vignerons et de Domaines fusent. Parmi les Deiss et les Zind-Humbrecht, on entend l’un ou l’autre Ostertag. Quel vin « colle » avec quel vigneron ? Des avis en pagaille. Dixième carafe: j’adore (tout le monde ne partage pas mon enthousiasme). Citron intense, floral. Bouche jeune, serrée, salivante, longue. Equilibre parfait. Un vin dominateur comme un mâle alpha. 17/20. Millésime 2014
Encore un petit effort de concentration: voici le onzième vin. Archétype d’un grand nez de riesling, bouche jeune, massive, fraîche, plus solaire que le vin précédent. Finale un peu en retrait. 16/20. Millésime 2015.
Et enfin, voici le douzième: citron vert épicé, bouche encore fermée, comme repliée sur elle-même. Nous évaluerons son potentiel plus que le vin tel qu’il se présente aujourd’hui. Quelqu’un dit: brut de terroir. Joli résumé tout en concision. La verticalité est impressionnante. 17/20. Millésime 2019.
Nouvelle livrée
Voici la révélation, avec un grand sourire sur le visage de l’organisateur: nous avons goûté 12 millésimes de la même cuvée. A l’exception du dernier, tous ces vins ont été élaborés par André Ostertag. Son fils Arthur prend maintenant la relève. Est-ce j’ai pensé qu’il pourrait s’agir d’une verticale ? Non, douze fois non. Sur base du deuxième et du troisième vin, je voyageais du côté de la Loire. Le huitième m’a emmené vers le pinot gris et le septième aurait pu être allemand (Pfalz). Quel leçon sur l’importance du millésime !
Le Grand Cru Muenchberg, entre les mains d’un expert, est capable de distiller des expressions extrêmement diverses, en fonction de l’ensoleillement, du volume pluviométrique, de la date des vendanges, de subtiles décisions de l’homme pour guider, orienter le résultat final.
Nous avons goûté les vins du plus ancien vers le plus récent, avec une exception déroutante pour commencer.
En relisant mes notes, je me dis que mes commentaires relatifs aux millésimes 2003 et 2004 sont étranges: à priori, j’aurais inversé l’un et l’autre. Mais non, 2003 se révèle bien plus intéressant que prévu. J’ai d’ailleurs eu en son temps une expérience similaire avec l’Altenberg de Bergbieten de Mochel.
Un grand merci à la générosité de l’organisateur. He made my day !
L’esprit du vin circule inlassablement et se répand en flux circulaire, coule de haut en bas, du ciel vers la terre, de la lumière à l’ombre, de la vigne à la cave, va de jus en vin, de cuve en bouteille, d’ici à ailleurs, d’orient en occident, au bout des mers, de l’autre côté des nuits, là où les saisons se confondent, au cœur de villes sans arbres, au cœur des hommes déracinés, entre mur et poussière. Il est le caillou du rire, le renouveau du soleil, l’ivre livre, le verre libre, le rêve retrouvé. Il est le vin, le chant de l’univers. Site Internet du Domaine.
souvenir des vendanges 2013: Engelberg, 13 novembre, 09h30 du matin.
souvenir des vendanges 2013: Engelberg, 13 novembre, 09h30 du matin.
Merci à tous ceux et celles dont la présence a permis le succès de cette dégustation !
J’ai donc eu l’opportunité de goûter ces vins une première fois avec les vignerons, Mélanie Pfister et Guillaume Mochel (mercredi) et une seconde fois avec les participants à la dégustation de ce samedi.
Voici quelques commentaires pour faciliter votre choix:
Première série : les vins secs, cépage par cépage
Le pinot blanc 2012 de Pfister est parfumé, vif, joyeux et parfaitement sec. Il plaira au novice curieux comme à l’amateur éclairé.
Le riesling Tradition 2012 de Pfister est destiné aux amateurs de vins très vifs et frais. Citronné et intense. Si vous le dégustez aujourd’hui, je recommande de le passer en carafe. Longue garde en cave possible.
Le muscat « Les 3 Demoiselles » 2012 de Pfister est un apéritif original et raffiné. Délicatement parfumé, sec et élégant.
Le sylvaner « Peau Rouge » 2012 de Josmeyer se montre discret au nez, mais concentré, minéral et énergique en bouche.
Deuxième série : les vins secs d’assemblage
Le Traenheim 2012 est une création récente (premier millésime) de Guillaume Mochel. Vin très original: assemblage de deux pinots, élevage en demi-muids (tonneaux de 600 litres), pas de fermentation malo-lactique.
Traenheim est un village, c’est un vin mais c’est aussi un projet, présenté à la presse et aux autorités jeudi passé. Voici le dossier de presse: Traenheim
La « Cuvée 8 » 2011 représente parfaitement la vision de Mélanie Pfister: assemblage de quatre cépages, il combine la vivacité du riesling, la puissance du pinot gris et les parfums du gewürztraminer et du muscat. Toute l’Alsace dans votre verre !
Troisième série : les vins tendres
Le Klevner 2012 de Mochel est un pinot original, intense, très légèrement marqué par une pointe de douceur qui lui confère un bel équilibre.
Le gewürztraminer 2011 de Mochel est pur, frais et digeste. Les arômes typiques du cépage sont bien présents, agréablement soutenus par une touche de douceur.
Quatrième série : les vins liquoreux
Le riesling Sélection de Grains Nobles 2007 de Mochel offre exactement ce que l’on peut en attendre : très alsacien, très équilibré, très net, d’une grande complexité aromatique. A boire pour lui-même, après un bon repas. Ou en la compagnie d’un bon livre…
Le riesling Sélection de Grains Nobles 2007 de Pfister est profondément original. Malgré des sucres résiduels très importants, l’équilibre est dominé par la fraîcheur. Une exceptionnelle finesse, d’une distinction cristalline.
Les vins d’Alsace peuvent être commandés, jusqu’à ce mardi 19 novembre inclus, via le tarif & bon de commande. Les commandes seront disponibles à partir du 07 décembre.
En plus de ce qui a été dégusté ce samedi, sont également proposés: Grand Cru Engelberg, Grand Cru Altenberg de Bergbieten, Crémant d’Alsace, plusieurs pinots noirs, …
Voici une bonne carte géographique du vignoble alsacien, histoire de mieux situer les différents villages. En orange, l’emplacements des 51 grands crus: Vignoble d’Alsace.
Mon voyage de mars me permettra en particulier d’explorer en profondeur trois parmi ces grands crus: l’Altenberg de Bergbieten, l’Engelberg et l’Altenberg de Wolxheim.
Le samedi, je terminerai un peu plus au sud, du côté du Zotzenberg et du Wiebelsberg.