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Dégustation = 13 juin

La prochaine dégustation est fixée au samedi 13 juin. Il y aura 15 très bons vins sur le bar. Le programme est finalisé. Beaucoup de vins français (Bourgogne, Corse, Loire, Languedoc, Beaujolais, Rhône, …) et quelques vins allemands.

On commence dès 10 heures pour les plus courageux, on continue jusqu’à 18 heures (c’est-à-dire jusqu’à l’extrême limite de ma voix, de mes pieds et de mon dos…). Entrée libre, inscription inutile. Parking facile mais payant (zone verte): info.

Les vins participants peuvent être commandés dès maintenant et jusqu’au mardi 16 juin inclus, de préférence via le magasin.

Mise à disposition des vins commandés: fin juin.

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Compte-rendu

Samedi à 13 heures: 15 compétiteurs sur la ligne de départ pour décrocher la timbale. Ou décrocher la lune. Ou brandir un lourd pavé sur le podium dressé dans un célèbre vélodrome nordiste. Des émotions et quelques larmes de bonheur ? Oui et encore oui !

Mais cette compétition-ci est pacifique, on peut gagner sans défaire les autres participants. Le vainqueur pour l’un est différent du vainqueur pour l’autre. La dégustation du vin est un art qui combine éléments objectifs et subjectifs, le dosage entre eux étant chaque fois différent.

J’ai entendu moult commentaires positifs. C’est la récompense d’un long processus de sélection, pimenté par quelques secteurs pavés (la logistique, les quantités disponibles, la gestion de l’effet de séquence, …).

Voici l’heure de proposer la synthèse et de rappeler que vos commandes sont attendues au plus tard ce mardi soir avant minuit, le cachet de la poste faisant foi… Le mardi dont question est bien ce 14 avril.

Les vins sont commentés dans l’ordre de leur dégustation, les six blancs avant les neuf rouges. Je ne répète pas ce qui figure dans les fiches individuelles de chaque vin: celles-ci peuvent être facilement consultées via ce lien vers le magasin. Vous ferez le meilleur choix en combinant la lecture de cet article avec celle des fiches.

  1. Le sauvignon Morogues du Domaine Pellé se montre à la hauteur de sa réputation: un vin qui convainc par sa vivacité et son énergie. Ce n’est ni un sauvignon de Touraine, ni un Sancerre. Il se situe entre eux deux en combinant les arômes du cépage avec l’impact d’un terroir calcaire (le « kimméridgien » comme à Sancerre). Ce millésime 2024 renoue avec l’excellence et me semble supérieur au 2023 (que je n’avais pas retenu).
  2. Le rhodanien Cour de Récré du Domaine François Villard joue sur autre terrain, avec d’autres règles. Il y a du volume de bouche, avec de la complexité (bière blanche, amande, zeste d’orange, …) et une fraîcheur appréciable: ce Crozes-Hermitage maîtrise habilement son alcool (12,50%). Il trouvera facilement sa place à table.
  3. L’Alsace comme je l’aime avec ce riesling vraiment sec de chez Agathe Bursin. Le terroir Dirstelberg est un bon candidat pour le futur titre de premier cru. Le nez citronne progressivement, le vin se présente salin et droit, en demi-corps, plus précis qu’exubérant. Je parie que ceux et celles qui sont rebutés par des rieslings plus extrêmes trouveront ici chaussure à leur pied. Essayez-le avec des asperges !
  4. Un voyage en Sicile sur le flanc nord de l’Etna. Le Domaine Cottanera propose un vin floral, avec des nuances qui peuvent rappeler le sauvignon. La bouche met en évidence l’origine volcanique de ce vin: intensité vibrante, saveurs caillouteuses, profondeur, réel potentiel de garde. Ce vin mérite d’être débouché plusieurs heures avant dégustation ou d’être passé par la carafe.
  5. D’un volcan à l’autre, de l’Etna vers le Teide à Tenerife (Îles Canaries). Influences océaniques marquées: nez salin, voire salé. Epices et touche muscatée. Beaucoup de bon caillou, un léger perlant en bouche (ce n’est pas un défaut, juste un peu de CO² dissous qui s’enfuit par simple agitation du verre). Le Domaine Viñatigo propose un vin ouvert, original mais pas extrême, prêt pour tire-bouchonnage.
  6. On reste sur les côtes de l’Atlantique, mais on quitte le volcan pour rejoindre les Rias Baixas au nord-ouest de l’Espagne. Cies est à présent un classique chez Anthocyane, c’est la quatrième millésime que je propose, avec toujours la même satisfaction. Une comparaison ? Le « top » des Muscadets. La bouche est fraîche et racée. Un exemple d’élégance. Le profil est bien plus proche de celui d’un vin blanc de Loire que de l’image que l’on se fait parfois des vins blancs espagnol. Le Domaine Forjas del Salnes et le cépage albariño à la conquête des palais…
  7. Avec ce Rioja atypique commence la dégustation des rouges. Atypique parce que vinifié « comme en Beaujolais » (macération carbonique). Robe à reflets violacés, trahissant la jeunesse de l’animal (c’est un 2025). Style fruité accessible, sans la moindre trace d’élevage (pas de bois). Artuke est souple mais pas sans structure: quelques petits tannins lui donnent du punch ! Le prix sympathique le rend encore plus intéressant.
  8. Toujours l’Espagne, toujours un prix sympathique, mais cette fois dans la région de Valence, à peu de distance de la Méditerranée. Robe intense et lumineuse. Cépages locaux sauvés de la disparition (mando et arcos), élevage en amphores (plus précisément dans de très anciennes jarres en terre cuite), texture soyeuse, délicate et affable. très petits tannins, en arrière-plan. Encore un espagnol atypique qui évite avec justesse les élevages démonstratifs. Le Celler del Roure est en pleine forme !
  9. Tout pourrait faire penser au Bordelais: les cépages merlot, cabernet et malbec, la localisation géographique aux portes de la Gironde, l’histoire du Domaine. Mais non, le Château Tour des Gendres joue une carte plus moderne en renonçant à l’élevage sous bois pour mettre au premier plan un fruit classique. La bouche est équilibrée, avec quelques petits tannins civilisés. Je suggère un passage par la carafe pour lui fournir une lampée d’oxygène. Ah oui, cela s’appelle La Gloire de mon Père et c’est un Côtes de Bergerac.
  10. Robe légère (comme il sied au printemps…), nez appétissant, fleuri et épicé. Bouche pleine d’arômes, de jus et de fruits, ce Beaujolais-Lantignié a vraiment tout pour plaire. D’autant plus que, sous la couche fruitée, s’affirme une longueur salivante qui signe un terroir qualitatif. On comprend la démarche de Frédéric Berne qui oeuvre à faire de Lantignié le onzième cru du Beaujolais. Ici le gamay joue dans la cour des grands !
  11. Impossible de passer à côté de ce magnifique vin du Sud: couleur pâle, quintessence de grenache, parfum envoûtant, bouche suave et concentrée. Le Château du Donjon propose cette Pujade élaborée avec le fruit de vignes centenaires et sans doute préphylloxériques. Oui, c’est chaleureux, mais sans le moindre excès. Vous connaissez ma sévérité avec l’alcool excédentaire: ce 14,5% évite les pièges de la sucrosité (du vin) et de la fatigue (du dégustateur).
  12. Je suis Botonero du Domaine Mamete Prevostini depuis longtemps parce que ce vin combine toutes les qualités du cépage nebbiolo sans ses caractéristiques plus polarisantes, en particulier du côté des tannins. Couleur très pâle (un clairet dirait-on à Bordeaux), nez sur le zeste d’orange et les épices, attaque souple, fraîcheur salivante et petit retour tannique. Un vin de montagne: on est en Valtellina, dans le nord de la Lombardie, près de la frontière suisse.
  13. Oui, j’assume: je suis un fan du cépage mencia, en tous cas quand il est traité avec le talent requis. Nous sommes chez Raul Perez, vigneron et œnologue de grande réputation. Il propose ce vin de Bierzo, en Castille, élaboré avec les vignes de la propriété familiale, Castro Ventosa. Couleur dense, nez vigoureux. Beau volume de bouche, vin solide qui doit s’arrondir un peu ou faire un tour dans une carafe. Ce millésime 2023 se situe dans la lignée du 2022 (dégusté en 2025).
  14. Qu’il est loin le temps où Richeaume avait la main lourde sur l’élevage sous bois ! Les vins d’aujourd’hui incarnent le renouveau provençal, avec l’expression typique des vieilles vignes de carignan. Nez de fruits noirs, qui ne cache pas sa méridionalité. Bouche puissante avec des tannins énergiques. Démonstration probante que le cépage carignan n’est pas condamné à la rusticité.
  15. On conclut sur un Bourgogne issu du pinot noir. Nous sommes à Givry sur un terroir « premier cru« . Nous connaissons les prix dans la région: on ne peut évaluer le prix de celui-ci que par comparaison avec ses pairs issus de la même région. Le Domaine François Lumpp est un spécialiste des nez parfumés et aériens, des bouches fraîches et peu tanniques, des équilibres de haute volée. Ce « A Vigne Rouge » est un séducteur, charmant mais doté de solides épaules qui en font un bon candidat pour quelques années de garde. Mais il se goûte déjà très bien !

Voilà. J’ai fait ma part du travail ! A vous de jouer maintenant, via ce lien vers le magasin. Vous ferez le meilleur choix en combinant la lecture de cet article avec celle des fiches individuelles de chaque vin. Vos commandes sont attendues au plus tard ce mardi soir avant minuit.

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Il est l’heure …

…de publier le compte-rendu de la dégustation de ce samedi 07 février. Objectif de cet article: vous donner des pistes pour choisir.
Je prends vos commandes jusqu’au mardi 10 février à 23h59.

Le bouton ci-dessous vous emmène directement vers les fiches individuelles des 14 vins qui ont participé à la dégustation.

Un commentaire général pour commencer : à plusieurs reprises (Grünhäuser, Noms d’Oiseaux, Madiran vieilles vignes, chardonnay non-ouillé du Jura), nous avons pu apprécier l’impact positif de quelques années de vieillissement, pour les blancs comme pour les rouges. Deux fois le millésime 2019, deux fois 2020: des vins plus ouverts aromatiquement, des tannins fondus, une harmonie générale: un hommage au temps qui passe.

Voici les blancs:

Château Tour des Gendres, Périgord, Cantalouette 2024 (€ 13,50)

Avant de goûter, on jauge. On se dit: étiquette au graphisme attrayant, trois cépages que l’on n’associe jamais, Périgord sur le territoire de l’appellation Bergerac … bon, ça doit être un petit vin, vite bu et vite pissé.

Non.

D’abord, le savagnin, le chenin et le sauvignon sont génétiquement apparentés. L’ampélographie (= science des cépages) nous apprend que le savagnin est l’ancêtre, que le chenin (sans être un rejeton du savagnin) est un proche parent et que le sauvignon est un cousin plus éloigné. Ceci explique le texte sur la contre-étiquette: réunion de famille insolite (voir photo dans la galerie).

Ensuite, je me dis que nous sommes confrontés ici à un bel exemple d’élasticité inversée. En général, plus le prix est élevé, moins le produit se vend: logique. Mais Cantalouette, c’est l’inverse: je parie que si ce vin était vendu un peu plus cher (mettons € 15), j’en vendrais plus ! Pourquoi ? Parce que ce prix serait perçu comme cohérent avec le contenu de la bouteille, ce qui est rassurant. On se sent moins rassuré avec le prix réel: c’est trop bon pour être aussi peu cher. Donc, c’est bizarre et donc je n’achète pas. En version concise: le rapport qualité/prix est excellent !

Elevage en cuves inox (pas de bois).

Vin plutôt concentré, vif, original. Zéro exubérance fatigante. Le premier verre appelle le deuxième. Aromatiquement, le sauvignon domine les deux autres cépages. On se risquera à proposer une hypothèse: le chenin apporte la vivacité et le savagnin le volume de bouche.

Maximin Grünhaus, Mosel, Grünhäuser 2020 (€ 25,00)

Deux umlauts (= tréma) ? En effet, nous en Allemagne.

Plus précisément dans l’antre de la famille von Schubert, un lieu magique où s’élaborent quelques uns des plus beaux rieslings allemands. J’ai eu le plaisir de m’y rendre en juillet de cette année.

On est en Moselle, plus précisément sur un affluent de la Moselle, la Ruwer. Une colline et trois vignobles de très haut niveau (grand cru = Grosses Gewächs): Bruderberg, Herrenberg et le très célèbre Abtsberg. La « Montagne de l’Abbé » est considérée comme l’un des vignobles les plus prestigieux d’Allemagne. Mais il est relativement peu connu, parce qu’il s’agit d’un monopole: toutes les parcelles de l’Abtsberg appartiennent au Domaine Maximin Grünhaus !

Je vous propose un vin qui assemble des raisins en provenance des trois vignobles grand cru cités ci-dessus. Bien sûr, ce sont les jeunes vignes qui sont utilisées. Ce n’est pas un inconvénient, parce que cela génère un vin accessible: l’acidité n’est pas extrême, l’équilibre est parfaitement sec, la minéralité bien présente. Cela plaira en particulier à ceux et celles qui sont rebutés par les acidités kolossales des grands crus élaborés avec les vieilles vignes. Ce vin est aussi une excellente introduction à l’univers fascinant des rieslings allemands.

Autre avantage non-négligeable: c’est un 2020 qui a reçu le temps nécessaire pour fondre dans la bouteille tous les éléments qui le composent. Autrement dit: c’est prêt à boire là, maintenant, tout de suite !

NB: le prix de vente n’a pas été réévalué. Le 2022 est plus cher que ce 2020.

Camin Larredya, Jurançon sec, La Part Davant 2024 (€ 26,00)

Introduction: à Jurançon, en portant le regard vers le sud, vue magnifique sur les Pyrénées. Paysage enchanteur.

Âge des vignes: de 10 à 80 ans. Altitude: 250 à 325 mètres. Géologie argilo-siliceuse. Exposition sud-est. La Part Davant peut se traduire par « la partie orientale » (du vignoble).

Elevage 8 mois sur lies : en fûts de 225 litres, foudres de 2 500 litres et jarres de terre cuite (un tiers, un tiers, un tiers).
Une déclinaison sur le zeste de l’orange, une vivacité d’anthologie. A ce stade, plaira à ceux et celles qui recherchent les vins verticaux et précis, dessinés au scalpel. Si vous préférez les vins ronds, avec de la chair, mieux vaut passer votre tour ou lui donner du temps en cave.

Peut se garder au moins10 ans: ne pas être surpris par les arômes de truffe qui apparaissent au vieillissement.

Jean-Marc Grussaute, vigneron de l’année 2023 pour la Revue du vin de France. Unique vigneron du Sud-Ouest récompensé par 3 étoiles dans le Guide de la RVF. Humm … ce n’est pas tout à fait vrai, mais l’autre Domaine récompensé par 3 étoiles produit en tout et pour tout 2.000 bouteilles par an sur 1,5 hectare de vignes. Camin Larredya c’est 12,5 hectares et 45.000 bouteilles par an.

Le Bouchot, Pouilly-Fumé, Terres Blanches 2023 (€ 29,00)

Pour un vin élaboré avec 100% de sauvignon, le nez évoque d’abord …le chardonnay ! On est (très) loin de l’exubérance aromatique de la plupart des Pouilly-Fumé qui « sauvignonnent » jusqu’à plus soif. C’est pour cette raison d’ailleurs que je propose volontiers Sancerre et que je voue Pouilly-Fumé aux oubliettes.

Les préjugés n’existent que pour être combattus. Ce Pouilly-Fumé me réconcilie avec l’appellation parce que c’est un vrai vin de terroir. Ces « Terres Blanches » calcaires sont bien connues à Sancerre …comme à Chablis, en Bourgogne. D’où la possible confusion avec le chardonnay. Comme quoi, il y a une logique. Je suis enchanté par la texture élégante et soyeuse, par la finale légèrement saline, par la précision et par l’impeccable équilibre de ce blanc sec vachement réussi.

Le vigneron, Antoine Gouffier, est installé à Pouilly depuis 2008. Il a racheté un domaine déjà cultivé en bio et est aujourd’hui propriétaire de 10 hectares en biodynamie, doublement certifiée (Demeter ET Biodyvin). Les vignes se situent sur le flanc sud-ouest de la butte de Saint-Andelain. Les vinifications se font sans soufre, mais une juste dose de soufre est ajoutée lors de la mise en bouteille.

La Revue du Vin de France a décerné au Bouchot le prix de la découverte de l’année dans son numéro de février 2022, sous le titre « Une voix qui dénote à Pouilly-Fumé ».

Pouilly-Fumé, c’est la Loire du vin, un peu au sud de Sancerre, sur l’autre rive. Sancerre, c’est toujours la rive gauche du fleuve; Pouilly-Fumé, c’est toujours la rive droite (dans le département …bourguignon de la Nièvre). Le village s’appelle Pouilly-sur-Loire (quel à-propos !) où le sauvignon est omniprésent. Sauf que, en cherchant bien, on trouve encore un peu de chasselas, sous l’appellation Pouilly-sur-Loire (à nouveau, quel à-propos !). Les vignerons du cru n’utilisent pas volontiers le terme « sauvignon », ils lui préfèrent le synonyme local « blanc fumé ». Les vins de Pouilly rencontrent un grand succès en Belgique, deuxième importateur mondial, juste derrière le Royaume-Uni, mais devant tous les autres.

A noter que ce vin est vendu à € 35 au Domaine. L’importateur -et moi- bénéficions d’une promotion que je m’empresse de transmettre aux clients d’Anthocyane.

Voici les rouges:

Aupilhac, Languedoc, Lou Maset 2023 (€ 15,00)

Voici donc le retour très attendu de Lou Maset, en millésime 2023 ! Assemblage de cinsault, mourvèdre, carignan et syrah (il n’y a pas de grenache : les informations sur le site Internet du Domaine n’ont pas été mises à jour).

Ce sont certes de jeunes vignes, mais le résultat est bluffant. Un vin plutôt puissant, complet, dense, frais et fruité. Alcool modéré à 13,50%. La démonstration qu’il est possible, même dans un village languedocien très impacté par un grand soleil, d’élaborer des vins qui conservent de la fraicheur et de la buvabilité. Bien sûr, cela reste un vin sudiste: aucun risque de le confondre avec un pinot noir bourguignon…

Origine : terrasses argilo-calcaires à Montpeyroux. Elevage : cuve béton.

Sérol, Côte Roannaise, Eclat de Granite 2024 (€ 15,00)

J’ai rencontré pour la première fois Stéphane et Carine Sérol sur un salon, je pense que c’était lors de Millésime Bio à Montpellier, vers 2014. J’avais déjà été touché par leurs vins, en particulier la cohérence de la gamme -sans point faible- était impressionnante. Entretemps, le Domaine a progressé en notoriété et est aujourd’hui considéré comme le meilleur ambassadeur du gamay « St-Romain », une variante du gamay classique « beaujolais » qui se distingue en particulier par des notes fumées. Cela conduit parfois les vins à se déguiser en syrah…

La cuvée « Eclat de Granite » constitue une entrée de gamme ambitieuse, élaborée avec les raisins de vignes plantées en altitude (+/- 500 mètres). Il s’agit d’un assemblage de 17 parcelles différentes, sur terroir granitique. Elevage de 11 mois en cuve béton.

Notes de viande fumée. La bouche est souple (tannins presqu’absents), fraîche et de moyenne concentration. Fluidité fruitée bien dans l’air du temps. Léger en alcool (12%).

Un gamay qui ne ressemble pas à un Beaujolais.

La Chevalerie, Bourgueil, Noms d’Oiseaux 2020 (€ 15,00)

Le Domaine de La Chevalerie à Bourgueil est réputé pour le vieillissement harmonieux de ses différentes cuvées (y compris les cuvées d’entrée de gamme: Diptyque 2013 est toujours en pleine forme). Il est toujours intéressant de garder quelques flacons pour plus tard: déception exclue !

Au-delà des cuvées parcellaires (Galichets, Bretèche, Busardières, Grand-Mont…), le Domaine a développé ces dernières années de nouvelles cuvées dites « d’inspiration »: sensibilité du moment, opportunité ou envie, le reflet d’instants particuliers pour des moments privilégiés. Ces « Noms d’Oiseaux » en font partie. A ma connaissance, ce 2020 est le millésime le plus récent. Belle occasion de goûter maintenant un vin qui a déjà eu le temps de se fondre en bouteilles. Très belle harmonie parce que tous les composants de ce vin ont reçu du temps pour donner le meilleur d’eux-mêmes. Bien sûr, 100% cabernet franc.

Vous apprécierez le slogan qui figure sur l’étiquette: les oiseaux ne sont pas des cons. Humour absurde typique du Domaine !

Le Domaine est certifié bio depuis 2008 et en biodynamie depuis 2012 (DEMETER).

Oscars 2025: médaille d’argent pour le millésime 2019.

Damianitza, Uniqato Rubin 2023 (€ 15,00)

Un vin bulgare ? Eh oui ! C’est en effet une première chez Anthocyane. Nous nous rendons dans l’extrême sud-ouest de la Bulgarie, sur le chemin qui relie Sofia à Thessalonique, en Grèce.

On y découvre une « winery » qui se concentre sur les vins rouges élaborés pour la plupart avec des cépages bien connus: merlot, cabernets sauvignon et franc. Beaucoup moins connu (voire totalement inconnu): le cépage rubin, croisement -obtenu en labo- du nebbiolo et de la syrah. Cela pourrait partir en sucette, mais en l’occurrence, le vin est aussi charmant qu’original.

En général, la couleur des vins élaborés avec le rubin est dense et profonde, ce qui s’explique par un très haut niveau …d’anthocyanes dans ce cépage. Cet Uniqato est un vin énergique, fruité, épicé et construit sur un bon paquet de tannins qui rappellent en effet ceux du nebbiolo en configuration Barolo. Ces tannins sont très originaux: à l’ouverture, ils peuvent sembler excessifs et envahissants, mais une heure après l’ouverture du flacon, ils s’intègrent dans la matière du vin. Donc conseil: carafer ! Et tire-bouchonner lorsque la viande rouge est au menu.

Petite production de +/- 4.000 bouteilles. Bio certifié mais aucune mention sur l’étiquette.

Le Clos des Fées, Côtes du Roussillon, Les Sorcières 2024 (€ 14,50)

Pareil à lui-même, millésime après millésime. Plait à 99% des amateurs. Nez confortable sur la cerise. Juteux et accessible. Bons petits tannins. Fraîcheur tonique. Syrah très fruitée, un modèle pour les vins du sud profond. Vin classique. Alcool plus que raisonnable (13,50%). Très bon rapport qualité/prix et prix stable depuis plusieurs années. Que demander de plus ?

Dominante de terroirs argilo-calcaires d’altitude dans les villages de Vingrau, Tautavel, Opoul, et quelques parcelles sur schistes noirs (mourvèdre). Altitudes comprises entre 200 et 350 mètres.
Vendange manuelle triée à la vigne. Macération pré-fermentaire à basse température. Fermentations malolactiques suivies d’un soutirage à l’air.
Élevage en cuve inox, sur lies fines, pendant 8 mois.

NB: Le Clos des Fées n’est pas présent dans le Guide de la RVF, parce qu’il y a une grosse fâcherie entre le vigneron, Hervé Bizeul, et certains membres du jury de la RVF. Incompatibilité d’humeur. Par contre, relation au beau fixe avec Michel Bettane, le coauteur d’un autre guide consacré aux vins français. De l’importance des relations humaines.

Château Thivin, Côte de Brouilly, Les Sept Vignes 2023 (€ 21,00)

Ce vin a participé fin novembre à une dégustation entièrement consacrée au Beaujolais en millésime 2023. Je l’ai décrit ce jour-là de la façon suivante: « nez sur la réserve, avec des fruits noirs; bouche jeune, tannique, concentrée et longue. Forte personnalité« . Je lui ai attribué un 17/20, soit ma médaille d’argent (12 vins dégustés ce soir-là).

N’est excessif en rien. Une incarnation du vin rouge classique et équilibré qui convient à bien des circonstances. Les crus du Beaujolais sont encore sous-estimés (c’est le prix payé pour avoir inventé le Beaujolais nouveau) et méritent pourtant toute notre attention.

Voici les sept vignes: Clos Bertrand, La Chapelle, Les Griottes, Godefroy, L’Héronde, Henri et Les Fournelles. Toutes en appellation Côte de Brouilly. Sous-sol magmatique, donc d’origine volcanique.

Château Thivin, c’est 28 hectares de raisins rouges (gamay) et 2 hectares de raisins bancs (2%). Essentiellement en appellation Côtes-de-Brouilly. Château Thivin, c’est la famille Geoffray … depuis 1877. Aujourd’hui ce sont Claude-Edouard et Sonja qui sont aux commandes.

On peut trouver l’étiquette laide. Elle est en tous cas spécifique, différente, traditionnelle, ancrée dans l’histoire du Domaine. Et tellement reconnaissable, même à plusieurs mètres de distance.

Côtes de Brouilly est un terroir très particulier: c’est un « mont » d’origine volcanique qui culmine à 484 mètres d’altitude. Le vignoble s’étale sur un peu plus de 300 hectares de pentes fortement inclinées. Quatre communes se partagent ce cru: Saint-Lager, Odenas, Quincié-en-Beaujolais et Cercié. Du gamay et rien que du gamay.

Labranche-Laffont, Madiran, Vieilles Vignes 2019 (€ 19,50)

Pourquoi ? Pourquoi ?? Est-ce qu’un sorcier piquerait chaque soir dans les fesses d’une poupée vaudou à l’effigie de la Sainte Vierge, patronnesse du village de Madiran ? L’appellation devrait-elle expier des crimes horribles commis quelque part dans la nuit des temps par les ancêtres des vignerons d’aujourd’hui ?

Je plaisante, mais force est de constater que le Madiran ne se vend pas particulièrement bien (c’est un euphémisme). Sa réputation (forte tannicité, rusticité) lui joue de bien vilains tours. Là où Cahors a été capable de changer radicalement son image poussiéreuse en celle de vins modernes élaborés avec un cépage qui a retrouvé ses lettres de noblesse (le malbec/côt), il semble que Madiran n’y arrive pas.

Il ne s’agit pas de prétendre que les vins de Madiran seraient d’une grande délicatesse, mais plutôt de souligner que, en des mains expertes comme celles de Christine Dupuy, il s’agit de vins authentiques, avec la gueule de leur terroir et pleins de fougue.

En dégustation: couleur sombre et dense, nez d’encre et de mûres, très profond. Bien sûr, la bouche est puissante et tannique. Mais quels tannins ! Aucune trace ni de sécheresse ni de verdeur. Quelques années en tonneaux puis en bouteilles ont permis à la matière et aux tannins de fusionner en harmonie. Chapeau !

Mon tempérament légèrement rebelle m’oblige donc à partager cette cuvée Vieilles Vignes du Domaine Labranche-Laffont.

Vin de repas au bouquet ardemment parfumé de fruits noirs et d’épices sous une touche de graphite et une pointe de menthe. Il a fallu trois ans d’élevage pour venir à bout du tannat qui se révèle fondu mais puissant, frais mais profond, d’une richesse exquise sur une chair fondante et savoureuse. La masse tannique domptée rend au vin toute sa noblesse et au raisin son heure de gloire. Le Guide de la RVF au sujet du millésime 2019. Je ne peux mieux dire !

Les Bosquets, Gigondas, Hauts Lieux 2023 (€ 33,00)

Autant être clair dès la première phrase: je suis profondément touché par le style de ce Domaine. C’est un chouchou majeur. Mieux encore, il me semble que chaque nouveau millésime surpasse le précédent. « Petit Vin des Bosquets » est un modèle d’entrée de gamme, au prix très sympathique. Ces Hauts Lieux sont la parfaite introduction aux cuvées parcellaires élaborées par le Domaine.

Âge des vignes: 50 ans. 14 parcelles différentes, chacune vinifiée et élevée séparément. Géologie argilo-calcaire. Altitude: entre 175 et 350 mètres. 30% en vendange entière, non-éraflée, levures indigènes. Elevage de 24 mois en demi-muids, foudres et fûts. Grenache, syrah, mourvèdre, cinsault et clairette.

Conjugue avec talent un fort tempérament sudiste et un équilibre qui pousse à ne rien laisser au fond de la bouteille. C’est un vin corsé, sans doute plus chaleureux que ceux que je propose habituellement.

Un extrait du site Internet:

Le Grenache c’est bon quand c’est mûr. C’est comme ça. Inutile de faire l’inverse, ça ne marche pas. Il peut être équilibré seul sur de grands terroirs qui lui confèrent de la fraîcheur. Il est équilibré aussi quand d’autres cépages viennent le compléter dans une logique d’assemblage. Enfin, nos dernières investigations prouvent la valeur de la rafle en vinification, à condition qu’elle soit mûre.

Nez fascinant qui en évoquerait même le Rhône Nord (syrah 20%), fruits noirs, fumée, violette. Bouche de Châteauneuf-du-Pape, pleine de feu et d’arômes. Assume pleinement sa condition de vin du Sud. Plus destiné à l’hiver et au gibier qu’à l’été au jardin.

La cuvée Hauts Lieux s’appelait auparavant Réserve, sauf que Hauts Lieux est à 100% issue de parcelles calcaires (il y avait aussi quelques parcelles sur sable dans Réserve).

Laurent Combier, Crozes-Hermitage, Le Clos des Grives 2023 (€ 49,90)

Ce Clos des Grives fait décidément partie des incontournables de Crozes et du Rhône nord. Chaque année, c’est rebelote… ça, c’est un très grand nez de syrah ! La fumée et le laurier, le végétal noble d’une grande précision. Bouche parfumée, magnifique. Pur et classieux. Irrésistible. Ce vin serait capable de faire apprécier la syrah à un anosmique désespéré. Déjà prêt à boire, mais capable de vieillir harmonieusement pendant de longues années. Et cela se contente de 13% d’alcool !

Ce vin puissant est plus typé « cépage/élevage » que la cuvée Cap Nord qui présente quant à elle un profil plus « terroir ». On reconnaît la syrah. De la viande fumée, du fruit noir, bouche très savoureuse qui donne instantanément le sourire ! Au-dessus du nez plane un arôme de violette. Vin suave se concluant néanmoins sur une finale serrée, fraîche et énergique. On comprend sans difficulté la note très élevée (95/100) donnée par la Revue du Vin de France.

Passage par le bois très habilement négocié (malgré l’utilisation du bois neuf). Vignes de +/- 60 ans (4 hectares ont été plantés en 1952). Rendements limités à 30 hectolitres par hectare. Vieillissement en bouteilles au Domaine, avant commercialisation. En bio depuis…1969.

Terroir argilo-calcaire de plaine, avec quelques galets roulés, au sud de l’appellation. Pas très loin de chez Graillot (Pont de l’Isère).

Le nom « Clos des Grives » apparaît pour la première fois sur une étiquette en 1990. La parcelle est close par une haie naturelle d’arbustes.

NB: le numéro de mars 2026 (plus récent = pas possible) de la Revue du Vin de France consacre un article à l’appellation Crozes-Hermitage. Devinez quoi ? Ce Clos des Grives rafle la première place des cuvées de garde.

Voici le blanc oxydatif:

Montbourgeau, L’Etoile, Cuvée Spéciale 2019 (€ 30,00)

Voici la Cuvée Spéciale 2019, vin non-ouillé*, 100% chardonnay (peut-être un tout petit peu de savagnin, en complantation) que j’ai goûté récemment, à table. Techniquement, ce 2019 a été élevé pendant 56 mois, sous voile de levures, dans des fûts de 228 litres. 4.600 bouteilles produites. Assemblage de différentes parcelles calcaires.

Le plat ? Poulet au Vin Jaune, crème, morilles et pâtes fraîches. Un accord parfait, classique, qui met le vin en valeur et lui permet d’exprimer toutes ses qualités. Nous avons donc « sacrifié » quelques centilitres de cette Cuvée Spéciale pour parfumer la sauce.

Et ? C’était magique ! Le nez est intense, direct et nuancé. Impossible de lui échapper, il est omniprésent sans tomber dans un éventuel excès d’arômes. La bouche évoque un excellent sherry amontillado. Très concentrée et pourtant légère, très élégante malgré 15%. La fraîcheur lui confère une grand « buvabilité ». Vin à très forte personnalité mais qui respecte néanmoins le plat. Une expérience gustative exceptionnelle. J’y ai retrouvé les arômes habituellement associés aux vins de voile, comme le curry et la noix, mais aussi des agrumes (zeste d’orange).

Le Jura ce sont d’abord les vins blancs secs et non-ouillés*. Ils ont fait la célébrité du vignoble, mais il faut bien constater qu’ils sont polarisants voire clivants: on adore ou on déteste, il n’y a de place ni pour l’indifférence ni pour le chèvre-choutisme.

A ce stade, vous aurez compris que je fais partie des enthousiastes, parce qu’à mon avis ces vins non-ouillés peuvent se révéler à la fois intenses, persistants, complexes, équilibrés et originaux/spécifiques. En résumé: le Graal.

*: le vin est dit « non-ouillé » lorsque le vinificateur s’abstient de compenser la Part des Anges: dans les tonneaux, il y a évaporation et donc de la place pour de l’air entre la surface du vin et la bonde du tonneau. Cet air contient de l’oxygène qui s’attaque au vin en …l’oxydant. Solution pour éviter ce problème: rajouter du vin à ras bord de façon à ce que l’air ne puisse pas trouver de la place dans le tonneau. Cette technique s’appelle « ouillage ». Les vins non-ouillés se reconnaissent facilement par leur aromatique de fruits secs et parfois de curry. Ce qui est un défaut ailleurs est magnifié dans le Jura grâce à une oxydation douce et à la présence d’un voile de levures à la surface du vin.

Je prends vos commandes jusqu’au mardi 10 février à 23h59.

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Samedi 07 février: dégustation

Beaucoup de nouveaux Domaines au programme de la première dégustation de 2026: Montbourgeau (Jura), Labranche-Laffont (Sud-Ouest), Camin Larredya (Sud-Ouest), Château Thivin (Beaujolais), Le Bouchot (Loire). Il y aura au moins 13 vins sur le bar.

Ne pas rater le riesling sec (Moselle allemande) de Weingut Maximin Grünhaus en millésime 2020: après quelques années de bouteille, le vin est prêt, expressif et harmonieux.

Nous goûterons également le Clos des Grives 2023 du Domaine Combier (Rhône – Crozes-Hermitage – 100% syrah). Guide de la RVF: 95/100.

Voici le lien vers le programme.

Je prends vos commandes jusqu’au mardi 10 février inclus. Le stock disponible pour certaines cuvées est limité.

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Dégustation festive

Attention, horaires spéciaux !

La dégustation festive aura lieu le samedi 06 décembre de 14 à 18 heures ainsi que le lendemain dimanche 07 décembre également de 14 à 18 heures. Pas de dégustation en matinée.

Programme complet de la dégustation. Quinze vins sur le bar.

Outre les vins en dégustation, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil aux vins de fête et d’exception et aux formats spéciaux (magnum – 150 cl).

Je prends vos commandes jusqu’au mardi 09 décembre inclus. Les vins seront mis à votre disposition avant le 24 décembre.

Dégustation gratuite, ambiance informelle, entrée libre : un coup de sonnette suffit !

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Alors, et cette dégustation ?

Dégustation du 23 novembre: le compte-rendu

Paires, duels et binômes, ce thème avait pour objectif de proposer une série de comparaisons: deux cuvées d’un même Domaine, deux cuvées d’une appellation identique, deux vins originaires de la même région, deux vins partageant le même cépage, etc…

15 vins sur le bar …et une surprise pour clore la fête (j’y reviens en fin d’article).

Je prends vos commandes jusqu’à ce mardi soir, 25 novembre. Accès direct aux vins de cette dégustation. Les bouteilles seront mises à votre disposition pendant la première quinzaine de décembre.

Ci-dessous ce qui m’a particulièrement frappé pendant la dégustation: les fiches individuelles consacrées à chaque vin fournissent encore beaucoup plus d’information.

On y va:

Vins blancs: domaine Barbadillo, Andalousie, deux vins du cépage palomino (mais ce ne sont pas des sherries !).

Sabalo est la version épurée, sans trace d’élevage, tout en délicatesse de ce cépage méconnu (c’est avec le palomino que l’on élabore la plupart des sherries, mais qui le sait ?). C’est original mais civilisé. Aucune trace oxydative (ce n’est vraiment pas un sherry !). Prix très sympathique.

On compare avec Patinegro, une version plus concentrée et plus profonde de ce cépage, avec cette fois un élevage en tonneaux ayant contenu précédemment un sherry de type manzanilla. Cela contribue à rendre ce vin plus complexe, très légèrement marqué par cet élevage spécial. Comme si on avait ajouté trois gouttes de sherry dans votre verre.

L’Andalousie connaît un renouveau de son offre grâce au dynamisme de ses vignerons qui continuent à élaborer de magnifiques sherries (Jerez en espagnol), mais qui proposent maintenait des vins rouges secs et des vins blancs secs comme les deux exemples ci-dessus.

Vins blancs: le sauvignon, la version autrichienne et la version sancerroise

Le sauvignon autrichien vient de Styrie, au sud du pays, tout près de la frontière slovène. Le Domaine, c’est Wohlmuth, ce qui se fait de mieux dans la région. On l’ignore allègrement, mais cette Styrie est le deuxième paradis du sauvignon: ici ce cépage est roi ! La cuvée s’appelle Phyllit (c’est un petit nom géologique). C’est un magnifique exemple des caractéristiques du cépage. C’est un archétype pour apprendre et comprendre ce cépage.

En face de lui, la cuvée Tradition du Domaine Gérard Boulay à Chavignol, un grand nom du Sancerre. Le vin est jeune, encore sur la réserve, moins marqué par le cépage, comme toujours chez Boulay. Néanmoins, ça se goûte déjà fort bien, avec de l’élégance et de la profondeur. Idéalement, donnez-lui deux ans avant tire-bouchonnage, votre patience sera récompensée !

Vins blancs: l’Espagne atlantique, albariño de Galice en deux versions

Comparaison très intéressante entre deux Domaines de haute réputation: Forjas del Salnès (Leirana) et Pazo Señorans. Il doit y avoir 5 ou 10 kilomètres entre les deux Domaines et les deux vins sont élaborés avec 100% d’albarino. Les sucres du jus de raisin se fermentent en alcool, mais une autre transformation peut influencer fortement le résultat: la conversion malolactique, autrement la dégradation de l’acide malique (c’est celui de la pomme) en acide lactique, plus faible. Cette conversion est réalisée (Pazo Señorans) ou pas (Leirana). Conséquence: Leirana propose un profil vertical, minéral et acidulé; Pazo Señorans propose par contre de la rondeur, du gras et une acidité plus discrète. A vous de choisir !

Vin blanc: du volcan en bouteille, première étape

Direction les Îles Canaries pour se frotter à un vin qui ne peut cacher son origine, océanique et profondément volcanique: Ce Benje créé par le quatuor Envinate est typique, il sent la mer, il goûte la mer. Une expérience ! C’est évidemment un vin hors sentiers battus, mais il conserve un côté relativement civilisé: je connais des vins canariens plus extrêmes…

Vins rouges: deux profils originaux à petit prix

Bon, d’accord, le duo est un peu tiré par les cheveux. Le Ermita de San Lorenzo est une curiosité en provenance de l’Aragon, province espagnole coincée entre Navarre, Catalogne, Castille et Pyrénées. Très long élevage en tonneaux (c’est un millésime 2020) qui adoucit les tannins jusqu’à leur donner une expression soyeuse. On se rapproche du style « à l’ancienne » pratiqué par exemple en appellation Rioja (Lopez de Heredia). Assemblage peu fréquent: grenache et cabernet sauvignon.

En face, c’est la Calabre, dans le sud de la botte italienne. L’appellation Ciro et le cépage gaglioppo sont emblématiques de la région. Ce Liber Pater du Domaine Ippolito affiche peu de couleur et un nez friand de cerise. Si vous craignez un alcool dominant, …c’est que vous ne me connaissez pas bien ! Ce vin est construit sur son fruit, sa fraîcheur et ses tannins.

Vins rouges: Raul Perez, le magicien de Bierzo (et de la mencia)

Nous avons goûté la cuvée d’entrée de gamme (El Castro de Valtuille) ainsi que la cuvée « village » (Valtuille) du même Domaine, chez Raul Perez, œnologue à forte notoriété (et à longue barbe). Nous avons négligé les cuvées parcellaires, certes célèbres mais facturées allègrement au-delà des € 100 par bouteille de 75 cl. Gloups. El Castro est un vin robuste, puissant, fruité que l’on pourrait résumer en le qualifiant de « deuxième vin » de Valtuille. Le tri se fait à la vendange entre ce qui va aller dans Valtuille et ce qui se retrouve dans ce El Castro, proposé à un prix qui défie toute concurrence !

On se dit peut-être que la cuvée « village » sera encore plus puissante, …mais pas du tout ! Cette cuvée se caractérise par son raffinement, son velouté et sa finesse. Valtuille est un très bel exemple de ce que le cépage mencia peut donner. La différence de prix avec El Castro me semble tout-à-fait justifiée.

Vins rouges: le Rhône Sud, de Cairanne jusqu’à Lirac

Deux nouveaux Domaines dans la gamme d’Anthocyane: Brusset à Gigondas et Marcoux à Châteauneuf-du-Pape. J’ai retenu le Cairanne Vieilles Vignes de Brusset pour sa capacité à conjuguer la volupté de la matière et l’absence d’un alcool excessif. C’est un vin souple, riche, avec une finale qui se tient très bien et des tannins fondus. On est en plein dans le Sud mais sans la fatigue qui peut caractériser les vins avec un alcool important.

Le Lirac de Marcoux propose un tout autre regard sur la même région: ici tout est élégance et concentration. Moins voluptueux et plus concentré. Moins riche et plus tannique. Je suggère soit l’usage de la carafe soit de faire preuve de deux ans de patience. A l’aveugle, m’aurait on annoncé qu’il s’agit d’un Châteauneuf du Pape, je l’aurais cru. Vin noble, sérieux, qui vole très haut.

Vin rouge: Le sourire de la barbera de chez Rinaldi

Tout qui suit les activités d’Anthocyane connait la Barbera d’Alba de Francesco Rinaldi (aujourd’hui remplacé par ses filles). Franchement, je ne connais personne qui n’aime pas ce vin, millésime après millésime. Beaucoup de fruit, une belle fraîcheur « à l’italienne », peu de tannins et un alcool très bien maîtrisé. Potion quasi magique qui garantit le sourire sur le visage du dégustateur, l’expert comme le profane.

Vin rouge: du volcan en bouteille, seconde étape

La paire enfin constituée: nous avons goûté le blanc, voici le rouge. Peu de couleur (c’est absolument normal), nez ouvert et affriolant, notes fumées et minérales. Avant de goûter, on se dit que la bouche sera riche et puissante. Or non: élégance, intensité, salinité salivante. Peu de tannins, ce vin passe en subtilité.

Comme annoncé, une surprise …

J’étais intéressé de connaître l’opinion des dégustateurs par rapport à un Porto de la Quinta Romaneira. Arômes de framboise, douceur joyeuse, pas de lourdeur alcoolique (malgré le mutage à 19,50%). C’est un Porto fruité, direct, destiné à une dégustation maintenant et dans l’année qui vient. Bien sûr, c’est un vin doux. La bouteille ouverte, si elle est refermée avec son bouchon et conservée au réfrigérateur, peut tenir pendant une ou deux semaines. Peut se servir à l’apéro (ce que je déconseille en général avec le Porto), très bien adapté aux desserts aux fruits rouges et noirs. Ou un dessert en soi. Prix très intéressant.

Vu l’enthousiasme du public présent, c’est décidé, ce vin rejoint la gamme ! Il est disponible ici.

Je prends vos commandes jusqu’à ce mardi soir, 25 novembre. Accès direct aux vins de cette dégustation. Les bouteilles seront mises à votre disposition pendant la première quinzaine de décembre.

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La dégustation du 26 juillet: que retenir

15 vins plus tard, voici ce que j’ai retenu de cette dégustation. J’ai marqué d’une étoile (*) les 6 vins qui m’ont fait la meilleure impression, dans leur catégories de prix respectives.
Vins mis à votre disposition pendant la première quinzaine du mois d’août.
Vous pouvez également consulter les fiches détaillées des vins sélectionnés via cette page. Je recommande chaudement de parcourir ces fiches, elles regorgent d’informations supplémentaires: pour faire un choix éclairé.

Les sept premiers vins sont blancs, les six derniers sont rouges. Et les deux rosé sont au milieu.

Ce ne fut pas un grand succès populaire, la date -choisie avec une témérité certaine- s’avérant peu porteuse. J’affirme néanmoins que les participants ne se sont pas ennuyés, ayant goûté des vins singuliers, étonnants, (a)typiques, charmants et charmeurs.

Et une surprise pour clore la dégustation: voir en fin d’article le vin en supplément.

Lafage, Côtes Catalanes, Centenaire 2024 (€ 13,00):

Aromatique et frais, Centenaire a fait honneur à ses vignes -qui l’eût cru-, centenaires: un vin souriant, exubérant, sur le fruit bien mûr. Vin de tous les jours qui ne déplaira à personne, grâce à un parfait équilibre entre rondeur et vivacité. Le vin sympathique par excellence.

(*) La Janasse, Côtes du Rhône 2024 (€ 14,00):

Domaine bénéficiant d’une grande réputation pour ses Châteauneufs-du-Pape. A noter le passage en bio (après trois années de conversion) et le degré alcoolique particulièrement léger (12,50%). Comparaison instructive avec le vin précédent: sud de la France, millésime 2024 et assemblage basé sur le grenache blanc/la roussanne. Celui-ci est moins exubérant, moins extraverti, plus en finesse et en élégance.

(*) Albet i Noya, Penedès, 3 Macabeus 2022 (€ 14,50):

Le Domaine est un -voire le- pionnier du bio et de la biodynamie en Espagne. Etonnant de déguster un vin citronné sous cette latitude ! C’est punchy en diable ! Une expression spécifique du cépage en macabeu de vieilles vignes. A l’aveugle, personne ne mentionnera ni la Catalogne, ni l’Espagne. Se goûte très bien maintenant (le millésime 2022 a eu le temps requis pour se fondre harmonieusement).

(*) Forjas del Salnes, Rias Baixas, Cies 2023 (€ 21,00):

Voici le premier membre d’une comparaison galicienne: un vin océanique (le vignoble est planté en face de l’île de Cies), 100% albariño. Et océanique, il l’est ! Verticalité saline, minéralité, demi-puissance mais précision diabolique. Il faut oublier l’ananas qui caractérise souvent le cépage: la structure domine l’aromatique. Cies m’évoque parfois le riesling, cette fois-ci, je l’ai trouvé chablisien.

Rafael Palacios, Valdeorras, Louro 2023 (€ 25,00):

Voici le deuxième membre de la comparaison galicienne: un vin montagnard (comptez 3 heures de route pour rejoindre l’océan), 100% godello. Style radicalement différent du précédent: ils n’ont vraiment que la région et le millésime en commun. Le nez commence sur un léger boisé fumé très élégant. Le vin est dense, crémeux et m’évoque plus l’automne que l’été. Chaque fois que je le déguste, ce vin m’épate: on croit l’avoir compris à la première gorgée, puis l’on se compte qu’il y a des couches de goût l’une par-dessous l’autre. A boire sans hâte ni frénésie.

Nicolas Maillet, Bourgogne Aligoté 2023 (€ 24,00):

Un peu comme le Muscadet, l’aligoté a été négligé pendant une longue période sous prétexte qu’il serait d’une acidité rédhibitoire et d’une maigreur déprimante. Aujourd’hui, chez les meilleurs vignerons, les choses ont radicalement changé. Pensons à l’appellation Bouzeron (toujours 100% aligoté), aux aligotés parcellaires de Sylvain Pataille et à la mise en avant du cépage en période de bouleversement climatique. Nicolas Maillet répète en 2023 le magnifique 2022: bien sûr le vin est vif, mais il présente aussi beaucoup de gras et une pureté d’anthologie. C’est absolument délicieux ! A l’aveugle, qui mentionnera le cépage ?

(*) Nicolas Maillet, Mâcon-Verzé, Le Chemin Blanc 2023 (€ 29,00):

Le 2022 constituait une réussite majeure, sans doute difficile à égaler. A ma modeste échelle, j’en ai vendu beaucoup. C’est un vin important pour Anthocyane. Il y a quelques semaines, en m’apprêtant à déguster le millésime 2023, Je ressentais un certain stress: serait-il à la hauteur de son prédécesseur ? Pourrais-je le recommander à ceux et celles qui ne l’auront pas goûté ? Ouf, la réponse est un oui majuscule. Samedi, il a été éblouissant. Le Chemin Blanc est décidément un grand vin, à la perfection technique impressionnante. Certains diront qu’il lui manque un grain de folie. M’ouais …: quelle pureté, quelle intensité, quelle persistance !

Shelter Winery, Baden, Rosé de Noir 2024 (€ 14,00):

Un rosé de pinot noir d’une grande délicatesse: le profil est presque celui d’un vin blanc. Ne pas servir au jardin en accompagnement de viandes grillées, il n’y résisterait pas. Son destin est de s’accorder avec des salades ou d’autres plats légers. Rosé aérien et subtil, ce qui me semble plutôt rare dans cette catégorie de prix.

Yves Leccia, Île de Beauté, YL (rosé) 2024 (€ 18,00):

Rien à voir avec le vin précédent, si ce n’est la couleur et le millésime. Voici un rosé gourmand, frais et assez puissant, prêt pour toutes les batailles, de l’apéro jusqu’au poisson grillé. Quelques petits tannins qui contribuent à l’énergie dégagée par ce niellucciu. S’il n’est pas bu en 2025, il sera tout aussi bon en 2026.

Gilles Bonnefoy (La Madone), Côtes du Forez, Diorite 2024 (€ 14,00):

Nouvelle cuvée de jeunes vignes, sur granit (ce n’est donc pas un terroir volcanique). Ne pas confondre avec Dacite. Rouge léger, à boire frais. Substitut intéressant pour celles et ceux qui fuient le rosé ou qui souhaitent se donner le choix des armes. Très léger en alcool, couleur assez pâle. Poivré et fruité. Pas de tannins. Certes gamay, mais pas Beaujolais.

Envinate, Albahra 2023 (€ 16,50):

L’étiquette ne permet pas de percer le mystère de ce vin d’altitude (800 mètres !), élaboré dans l’arrière-pays de Valence (en Espagne, pas en France). Je suis frappé par la matière voluptueuse et soyeuse, avant le retour de bons tannins. C’est fruité et épicé, avec passage par le bois pour le rare cépage moravia.

(*) Gilles Bonnefoy (La Madone), Urfé, Mi-Noir Mi-Bouze 2024 (€ 17,50):

Une curiosité, à savoir l’assemblage du gamay « classique » avec un gamay « pas classique du tout »: le gamay de Bouze (avec un « z », j’insiste). La signature est celle du millésime 2024 au Domaine (léger en alcool, pimpant), mais avec beaucoup de concentration. Fruits noire et intensité. Profil un peu sauvage, mais moins qu’en 2023. Terroir volcanique. Vin nature (0% de soufre), à boire de préférence en une unique journée. Et vous avez ma parole: ce vin est loyal et marchand. Pas de compromis !

Alegre Valgañon, Rioja, Tinto 2021 (€ 18,00):

Vin qui a bénéficié de quelques années de vieillissement en cave. Puisque l’importateur le propose encore, autant profiter de ce grand millésime en Rioja. Vinification classique, avec une volonté de reconnecter avec les méthodes ancestrales. On se situe beaucoup plus près du style « Lopez de Heredia » que du style « Roda ». Vin fondu, assez puissant, prêt à boire.

(*) Viticola Mentridana, Mentrida, El Mentridano 2022 (€ 19,50):

Sans doute le vin le plus surprenant proposé pendant cette dégustation. Un 100% grenache comme on n’en boit jamais. Provenance: Sierra de Gredos (au sud-ouest de Madrid), le nouvel Eldorado des « grenachophiles ». Couleur très pâle, nez parfumé, bouche pleine de jus et de matière. Certes 14,50% d’alcool, mais sans impact négatif sur la dégustation. Je suis plus que séduit. Selon l’adage, cela ne plaira pas à tout le monde mais j’assume ! Vin qui plonge ses racines (sic) dans un passé presqu’oublié.

Vietti, Langhe, Perbacco 2022 (€ 25,00):

Après un 2020 d’anthologie, ce Perbacco 2022 fait presqu’aussi bien, ce qui n’est pas peu dire. Assemblage de jeunes vignes, en partie à Barolo et en partie à Barbaresco. J’essaye d’éviter ce type de comparaison mais dans le cas qui nous occupe, je fais exception: petit Barolo me semble tout-à-fait pertinent ! Un nebbiolo jeune et pourtant accessible ? Perbacco est la réponse. Bien sûr, il y a du tannin, le cépage ne se prêtant pas à l’absence de tannins. Mais c’est équilibré, fruité, épicé et ne demande qu’à escorter une viande rouge. Maintenant ou dans cinq ans.

Et en supplément au programme : La Madre, Vermouth, White Dry (€ 16,00):

Donc un vermouth, à savoir des plantes et des herbes aromatiques macérées dans l’alcool qui extrait les arômes, puis filtration de ce liquide et mélange à un vin blanc, en l’occurrence catalan (grenache blanc et macabeu). On ajoute du sucre et on mute jusqu’à obtenir un degré d’alcool de +/- 17%. On termine par un élevage en tonneaux.

J’ai profité de la présence des participants à la dégustation pour tester ce produit étonnant. Cela a manifestement plu, certains dégustateurs souhaitant en acheter.

Le vermouth peut se boire nature, additionné de glaçons et de tonic ou comme base de nombreux cocktails. Il permet d’abaisser le titre d’alcool du mélange lorsqu’il est ajouté à un alcool à 40%. La présence de sucre dans le vermouth va adoucir le mélange tout en apportant des notes aromatiques, d’où un cocktail plus complexe. On le retrouve ainsi notamment dans le Negroni, l’Americano et le Manhattan.

Une fois la bouteille ouverte, peut se conserver au réfrigérateur pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Peut également être utilisé -en petite quantité- pour aromatiser une sauce.

J’ai marqué d’une étoile (*) les 6 vins qui m’ont fait la meilleure impression, dans leur catégories de prix respectives.
Vins mis à votre disposition pendant la première quinzaine du mois d’août.
Vous pouvez également consulter les fiches détaillées des vins sélectionnés via cette page. Je recommande chaudement de parcourir ces fiches, elles regorgent d’informations supplémentaires: pour faire un choix éclairé.

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Miscellanées

Un weekend pas trop loin de Bruxelles et un vignoble réputé ? Vous me répondrez sans doute via quelques bulles champenoises, entre Reims et Epernay. Voici néanmoins une alternative plus originale, voire légèrement exotique pour nous les francophones: Trier, capitale de la Moselle allemande, terroir d’excellence pour le riesling. Trois heures de route pour se plonger dans une autre culture du grand vin.

Un peu de vocabulaire, à titre de trousse de premier secours: « alte Reben » = vieilles vignes; « feinherb » = demi-sec; « grosse Lage » = terroir grand cru; « edelsüß » = moelleux/liquoreux; « Sekt » = bulle élaborée en méthode traditionnelle; « Ortswein » = vin de village (sur le modèle bourguignon); « Ruwer » = affluent de la Moselle et sous-région particulièrement recommandable; « Spätburgunder » = pinot noir., …

Prévoir une pause pendant votre visite du centre (très) ancien de Trier: Das Weinhaus. Caviste très bien achalandé et wine bar typique, avec petite restauration.

Une idée de ce que vaudra le futur millésime 2025 ? Non, bien sûr que non. C’est déjà difficile quand les raisins ont été vendangés, alors faire des prévisions en juillet, décidément non. Malgré tout, sans aucune prétention scientifique, je surveille chaque été notre mûrier.

Les participants aux dégustations du samedi le connaissent bien, il se trouve juste à côté de la porte d’entrée. Exposition nord-est. Planté il y a plus de vingt ans. Ce murier bénéficie de la chaleur que lui rend le mur contre lequel il s’appuie. Il subit périodiquement une taille vigoureuse.

Bilan 2025: plusieurs récoltes en juillet de fruits bien mûrs, présentant un équilibre idéal entre sucrosité et acidité. Couleur violacée qui révèle la présence massive d’anthocyanes. Très peu de fruits pourris. Une excellente année précoce ! Le temps où il fallait attendre le mois d’août pour déguster les mûres semble révolu.

La Bourgogne est un mystère. La Bourgogne est insondable et impossible à résumer. Elle génère émerveillements et frustrations. Elle ne garantit jamais rien. Une réflexion qui mérite le partage: Achetez les vins des meilleurs vignobles et des meilleurs producteurs lors des pires millésimes. En grand millésime, achetez les simples bourgognes et les villages de presque n’importe qui …et économisez de l’argent.

Méfiez-vous du vigneron qui tente de transformer un petit millésime en grand millésime en faisant appel à des artifices (dont il ne vous dira rien). Un petit millésime peut être charmant et équilibré. Un petit millésime maquillé ne sera ni l’un ni l’autre.

Je vous invite à participer à la dégustation de ce samedi 26 juillet, entre 10 et 18 heures. Le programme est finalisé. Ce sera majoritairement franco-espagnol. 15 vins sur le bar. Un rosé corse et un rosé allemand. Deux cuvées du Domaine de la Madone dont l’étonnante Mi-Noir Mi-Bouze (tout un programme). Catalogne, Rioja, Galice et d’autres régions espagnoles. La cuvée Centenaire de Lafage, particulièrement réussie en 2024. Deux fois l’incontournable Nicolas Maillet en millésime 2023. Et le nouveau millésime de la cuvée Perbacco de Vietti (Piémont).

Je prends vos commandes dès à présent et jusqu’au mardi 29 juillet inclus. Mise à disposition des vins pendant la première quinzaine du mois d’août.

Il n’est pas rare d’entendre un dégustateur commenter un vin moelleux en affirmant qu’il a mangé ses sucres. C’est un phénomène moult fois observé: après un (long) vieillissement en cave, certains vins moelleux se goûtent presque secs. Comme si les sucres avaient fait leurs valises pour disparaître … en douce.

Or, analytiquement, il n’en est rien. Les sucres sont toujours présents. Je cite la Revue du Vin de France de juillet/août 2025: le Château d’Yquem cofinance une thèse visant à lever le voile du mystère qui entoure ce prodige sensoriel.

Comme quoi, les sucres ont la faculté de se faire discrets, avec la complicité du temps qui passe…

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Compte-rendu de la dégustation

15 vins plus tard, voici ce que j’ai retenu de cette dégustation. J’ai marqué d’une étoile (*) les 6 vins qui m’ont fait la meilleure impression, dans leur catégories de prix respectives.
Vins mis à votre disposition pendant la première quinzaine de juin.
Vous pouvez également consulter les fiches détaillées des vins sélectionnés via cette page.

Les six premiers vins sont blancs, les huit derniers sont rouges. Et le rosé est au milieu.

Sous une météo pluvieuse et venteuse qui condamnait la terrasse et le jardin à n’être que des éléments du décor, nous avons dégusté avec vaillance et détermination les vins que voici, que voilà:

Les Bosquets, Le Petit Vin 2024 (€ 11,50):

Aromatique et frais, un Rhône méridional surprenant qui combine la vivacité du vermentino et la rondeur d’un chardonnay bien mûr. C’est le sud, sans les pépins méridionaux.

Carl Loewen, Varidor 2024 (€ 13,00):

Seul vin non-français de la sélection, ce riesling de la Moselle réussit à combiner trois éléments essentiels: un degré très raisonnable (12%), une pleine maturité du fruit et une absence de sucres résiduels perceptibles (vin sec). Excellent rapport qualité-prix, difficile de trouver un équivalent en Alsace.

(*) La Pépière, Briords 2023 (€ 14,50):

Un vrai Muscadet avec la vivacité et la salinité qui en font le vin idéal pour accompagner tout ce qui nage et circule sous les flots bleus; la parcelle offre un supplément de gras et de rondeur qui contribue à l’équilibre: les vieilles vignes ont encore frappé !

Les Corbillières, Fabel Barbou 2023 (€ 16,00):

Un sauvignon qui s’exprime pleinement sur des notes de fruits exotiques: fruit de la passion, litchi, mangue…Mais tomber dans une exubérance de mauvais aloi: c’est élégant et salivant.

Goûté à nouveau ce dimanche soir: l’élégance et la pureté prennent le pas sur l’aromatique. C’est meilleur aujourd’hui qu’hier. Mériterait une étoile.

Les Gandines, Climat Les Gandines 2022 (€ 24,50):

Bourgogne blanc de facture classique: élevage sous bois dosé avec maestria, belle longueur. Peut remplacer bien des chardonnays prestigieux de la Côte de Beaune, mais à un prix très différent de ce qui se pratique aujourd’hui du côté de Puligny et autres Meursaults.

Goûté à nouveau ce dimanche soir: 36 heures après avoir été ouverte, la bouteille affiche une grande harmonie, comme si tous les éléments avaient reçu le temps requis pour se fondre les uns dans les autres. Ma comparaison avec la Côte de Beaune est absolument valide. Mériterait une étoile.

PS: je reçois aujourd’hui le numéro de juin de La Revue du Vin de France. En page 89, je lis: « Fruit gourmand et mûr, plein de fraîcheur un peu acidulée en finale: un vin friand, délié et accessible, nuancé et joyeux, lumineux en finale. 93/100« 

Le Clos Galerne, Savennières 2023 (€ 29,90):

Très pur à l’ouverture, vers 09h30, le vin a ensuite divergé, présentant progressivement des arômes légèrement oxydatifs et/ou marqués par l’amertume de la bière. En l’état, je ne peux pas vous recommander un achat. Je suppose que ce problème ne concerne que la bouteille dégustée samedi, mais il faut que je vérifie. Dommage.

Pour en avoir le cœur net, je goûte à nouveau ce dimanche soir ce qui restait dans le flacon. Cela a encore évolué ! La touche oxydative est imperceptible, l’amertume très légère. Bref, c’est nettement mieux qu’hier sans être tout-à-fait au niveau souhaité. Cela reste un vin atypique pour son appellation, construit sur une « maturité précoce » (11,5%). Une forme de fragilité touchante, intéressante, créatrice de débats, mais aussi un point d’interrogation. Pour amateurs audacieux.

(*) Pellé, Morogues rosé 2023 (€ 14,50):

La recherche d’un rosé qui échappe à la banalité m’occupe dès que le printemps montre le bout de son nez. Après avoir entendu les commentaires des participants à la dégustation, je suis encore plus content d’avoir découvert ce rosé de pinot noir qui fera merveille à l’apéro et qui passera à table avec bonheur. La finale est digne de celle d’un grand vin blanc.

La Pépière, La Pépie 2023 (€ 11,50):

Au-delà d’un prix fort sympathique, ce côt (ou malbec) ligérien montre le potentiel de la région du Muscadet pour élaborer des rouges friands et directs. Peut se servir légèrement rafraîchi.

Valensac, Entre nous 2023 (€ 11,50):

Un rare 100% petit verdot. Ce cépage historique dans le Bordelais a trouvé refuge en Languedoc où il atteint sa pleine maturité. C’est tonique, fruité et original. Etiquette esthétique, peu de soufre et superbe rapport qualité/prix: qu’est-ce qu’on attend ?

Sant’Armettu, Mino 2024 (€ 15,50):

Ce domaine du sud-ouest de la Corse ne cesse de m’impressionner, y compris avec ce Mino, assemblage issu des deux cépages rouges emblématiques de l’île de Beauté: niellucio (synonyme du sangiovese toscan) et sciaccarellu. Epicé, concentré et juteux. Elevage en cuve inox (pas de bois).

(*) La Madone, Gamay sur volcan 2024 (€ 17,00):

Quel plaisir de retrouver ce gamay volcanique dans le millésime 2024 -après un 2023 atypique par sa richesse en alcool (14%)- qui en revient aux 12% habituels, ce qui garantit son côté pimpant, primesautier, gouleyant, glouglou-esque à souhait, …

(*) La Cabotte, Gabriel 2023 (€ 17,50):

Autour du bar, j’ai entendu plusieurs fois « Châteauneuf-du-Pape ». Oui, il y a bien de ça, avec deux nuances importantes: la parfaite maîtrise du degré (14,5%) qui ne génère aucune chaleur alcooleuse et le prix qui n’a rien de castelpapal. Elevage en jarres de terre cuite (« amphores »). Un assemblage syrah-grenache puissant comme j’aimerais en goûter plus souvent !

(*) Sant’Armettu, Rosumarinu 2024 (€ 23,50):

Quelle finesse, quelle abondance de parfums, quelle légèreté combinée avec beaucoup de matière ! J’avais été conquis par 2022, ce millésime 2024 se hisse au moins au niveau de son prédécesseur. La couleur est pâle comme il sied à un 100% sciaccarellu.

François Villard, Poivre et Sol 2023 (€ 25,00):

L’incarnation de la syrah « Rhône nord » en mode viril et sauvage. Arômes puissants de lard, de jambon fumé, de caoutchouc brûlé (ne fuyez pas, c’est beaucoup plus intéressant dans le nez que dans cet article). Vin très expressif que je recommande de faire passer par la carafe.

(*) Bernard Baudry, Le Clos Guillot 2022 (€ 27,00):

Ce vin -qui peut se bonifier en cave pendant de longues années- a le grand mérite de très bien se goûter dès son enfance: l’équilibre entre la matière et les tanins de ce millésime 2022 donne déjà beaucoup de plaisir. La maturité de ce cabernet franc est parfaite, en évitant avec talent les pièges d’une année aussi solaire.

J’ai marqué d’une étoile (*) les 6 vins qui m’ont fait la meilleure impression, dans leur catégories de prix respectives.
Vins mis à votre disposition pendant la première quinzaine de juin.
Vous pouvez également consulter les fiches détaillées des vins sélectionnés via cette page.

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Dégustation

Samedi 24 mai. De 10 à 18 heures. A l’adresse habituelle. Une quinzaine de vins sur le bar. Voici le programme.

Thème ? Quel thème ? You talkin’ to me ? You talkin’ to me ?

Plus concrètement, le thème sera la recherche obstinée et persévérante des vins les plus intéressants dans leur catégorie, au meilleur prix. Avec humilité parce que le processus qui mène au choix est profondément subjectif. Avec conviction parce que je peux choisir librement vu que je n’ai ni engagement vis-à-vis de mes fournisseurs ni stock à écouler.

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Le Coq se rebiffe (2)

Compte-rendu de dégustation

Exceptionnellement et parce qu’un importateur prend congé à partir du mercredi 29, je demande de me transmettre les commandes au plus tard ce lundi 27.

Voici ce que j’ai retenu des commentaires entendus pendant la dégustation de ce samedi. Vous pouvez vous faire une image plus complète de chaque vin en cliquant sur le programme de la dégustation.

Les six vins blancs

Nous avons commencé par le Corbières Blanc de l’Œuf du Mas des Caprices. € 17,00

2% de muscat dans l’assemblage suffisent à lui donner du « peps »: un nez parfumé et appétissant. La bouche est dense, sans aucune mollesse alcooleuse (dans la région, ce n’est pas si courant), avec un équilibre construit sur la vivacité (idem, dans la région, ce n’est pas si courant).

Voici ensuite le Jurançon sec Quatre Temps du Domaine Cauhapé. € 19,00

Content ! Enfin trouvé un Jurançon qui combine le caractère sec et l’aromatique du vin moelleux. Avant de faire tourner le vin dans le verre, on pourrait penser à un sauvignon. Cet arôme disparait rapidement pour faire au fruit de la passion et à l’ananas. Sans surprise, la bouche est vive, avec un fin boisé bien intégré. Ce millésime 2020 est prêt à boire.

Nous passons au Mâcon-Igé du Domaine Nicolas Maillet. € 23,00

Voilà une belle démonstration d’un point de vue que je défends avec obstination: les bons vins blancs gagnent toujours à reposer deux ou trois ans avant « tire-bouchonnage ». Ce vin a pris de l’ampleur et de la rondeur depuis ma première dégustation en 2022. Un beau chardonnay sans passage par la barrique (une caractéristique de tous les blancs du Domaine Maillet).

Voici ensuite le Pouilly-Fuissé Les Deux Versants du Domaine Guerrin. € 23,00

Comparaison amusante avec le vin précédent: deux chardonnays du Mâconnais mais des profils plutôt différents: le Mâcon-Igé construit sur la vivacité et l’éclat, le Pouilly-Fuissé sur la densité et la rondeur, avec un boisé discret.

Enfin, pour conclure le chapitre des blancs, une passionnante comparaison entre le Muscadet Sèvre-et-Maine du Domaine de la Pépière (Cru Clisson) et le Muscadet Sèvre-et-Maine du Domaine Luneau Papin (L d’Or Granite). La Pépière: € 19,90; Luneau-Papin: € 22,00.

Les participants à la dégustation se sont manifestement bien amusés: nous avons parfois dégusté en parallèle, nous avons parfois goûté le Clisson avant le Granite …avant d’en revenir au Clisson, nous avons parfois goûté à l’aveugle pour éviter d’être influencé par un éventuel préjugé.

Lequel est le meilleur ? Franchement, difficile de répondre vu l’abondance de commentaires en sens divers. J’ai tenté de résumer en affirmant que le Clisson de La Pépière est le meilleur Muscadet et que le Granite de Luneau-Papin est le meilleur vin blanc.

Je m’explique: le Clisson est plus proche de l’image classique d’un Muscadet « haut de gamme »: vertical, caillouteux, iodé, avec un poil d’austérité et un grand potentiel de garde. Le Granite s’ouvre sur des arômes d’agrumes, avec de la puissance et de la rondeur. Très équilibré, il s’éloigne du type Muscadet pour se rapprocher avec talent d’un (très) beau Bourgogne.

Les huit vins rouges

Nous avons commencé par le Côtes du Roussillon-Villages Jean Pull du Domaine des Soulanes. € 10,50

Le meilleur résumé: ce vin boxe au-dessus de sa catégorie. Il pourrait facilement être proposé à € 14, c’est un très beau rapport qualité/prix. Nez complexe, avec de la mûre, du chocolat et une pointe de menthol. Bouche suave sans excès d’alcool, petits tannins bienvenus. A boire maintenant et pendant les deux années à venir, pour le plaisir.

Voici ensuite le Beaujolais Cœur de Vendanges de la Famille Chermette. € 14,50

Attention à ne pas tomber dans le piège tendu par ce vin déconcertant: portant la simple appellation Beaujolais, on s’attend à un vin plutôt léger, sur le fruit et la fleur, un p’tit gamay sympa. Bardaf, c’est l’embardée ! Ce vin est le produit de deux vignes centenaires qui se caractérisent par de très faibles rendements et génèrent un vin de grande concentration, susceptible d’être gardé plusieurs années.

Si vous avez des copains qui considèrent que le Beaujolais est forcément un vin de comptoir et/ou de terrasse, aidez-les à remettre en cause leurs préjugés avec un verre de celui-ci.

Idéalement, lui donner un peu d’oxygène en le carafant.

Nous passons au Chinon Le Domaine du Domaine Bernard Baudry. € 15,50

Cabernet franc civilisé, d’une belle harmonie. Nez d’une belle pureté sans arômes terreux ni poivron vert de mauvais aloi. Bouche fraîche, soulignée par de bons petits tannins. Une cuvée d’entrée de gamme qui honore le vigneron ! Bien sûr, Baudry, c’est ce qui se fait de mieux à Chinon.

Voici ensuite le Cahors Calcaire du Château Les Croisilles. € 18,00

Ne vous laissez pas décontenancer par un premier nez légèrement réduit (cela se traduit par un arôme qui évoque le chou). Cela signifie que le vin a besoin de respirer, de prendre un grand bol d’air. Secouer le verre et le chou s’enfuit ! Ensuite, bel arôme entre frais et fraise des bois. Bouche typiquement calcaire, dense, tannique, concentrée et précise. Un beau jus qui s’exprime à ce stade à table, en la compagnie d’une belle pièce de bœuf. Un passage par la carafe est une bonne idée.

En fait, ce Cahors ressemble à un Bordeaux classique, sans la chaleur molle du merlot. Et c’est un compliment ! Vive le malbec !

Nous continuons avec le Côtes du Rhône No Wine’s Land de Matthieu Barret (Domaine du Coulet). € 23,00

Mamma mia, ce nez, ce nez, ce nez ! Trouvez moi quelqu’un qui ne serait pas séduit. Le vin, c’est subjectif, mais dans ce cas-ci, si un ami vous annonce, de façon péremptoire, que ce vin n’est pas terrible, …changez d’ami !

Bouche aérienne, de grande finesse, sans tannins notables. Grand vin, prêt à boire dès maintenant. Un monument érigé à la gloire de la syrah.

Et voici le Fleurie Les Garants de la Famille Chermette. € 19,50

Deuxième vin de Chermette dans cette dégustation, après Cœur de Vendanges. Cette fois, nous sommes dans le nord du Beaujolais, la région des crus. Ce Fleurie confirme être un digne représentant de la famille des vins de garde, typé comme un Moulin-à-Vent: tannique, juteux, puissant. De mon point de vue, l’harmonie entre les différents composants n’est pas encore au top. Pas grave, donnez-lui deux ans de cave.

Nous passons au Côtes du Roussillon-Villages Tautavel Caune d’En Joffre du Domaine des Schistes. € 19,90

Quel vin ! Nez magistral dominé par une intense minéralité. Le fruit ? Euh, non, ce n’est pas vraiment son rayon. Progressivement, des notes qui m’évoquent le pamplemousse (pas courant dans un vin rouge). Bouche majestueuse, très concentrée, tannique. Beaucoup de tout …sauf que l’alcool ne marque absolument pas la dégustation. Plus je le goûte, plus il m’évoque le Priorat catalan. Ce n’est pas surprenant, vu que Caune d’en Joffre = vieux carignan sur schistes et Priorat = vieux carignan (et grenache) sur schistes ! Grosse différence avec les meilleurs Priorat: le prix très doux de ce Tautavel.

Je souligne la qualité des tannins, lesquels implorent le dégustateur pressé de prévoir un passage par la carafe.

Enfin, pour conclure le chapitre des rouges, le Crozes-Hermitage de Laurent Combier. € 25,00

Comment mieux conclure ? Un classique parmi les classiques, toujours très bon quelles que soient les caractéristiques du millésime. Ce 2023 ne fait pas exception. Arômes puissants de jambon fumé, un marqueur de la syrah, en particulier à Côte Rôtie. Suavité et fraîcheur, tannins discrets (vous pouvez ranger la carafe). Déjà prêt à boire. Sera tout aussi délicieux dans trois ou cinq ans. Laurent Combier est un grand vinificateur, même sur un terroir sans génie particulier.

Voilà. Je pense pouvoir affirmer que les nombreux participants à cette dégustation franco-française ont passé un bon moment. Il y avait de l’ambiance, des rires et des sourires, de bonnes surprises et d’agréables confirmations. J’ai raconté quelques histoires et me suis de temps à autre pris les pieds dans le tapis.

Et, oui, je continue obstinément à verser du vin à côté des verres. Le bar s’en fout, il en a déjà vu d’autres !

Le Coq s’est rebiffé !!!

Cela me permet d’aller chercher les vins dès le mardi 28. Merci !

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dégustation

Samedi 23 novembre

Dégustation d’une quinzaine de vins le 23 novembre, entre 10 et 18 heures. Notez ça dans l’agenda. Le programme est complet: vins italiens et français. Tous les vins sont disponibles dans le magasin.

En particulier, nous ferons une comparaison entre plusieurs millésimes du Chianti Classico Riserva du Domaine Riecine.

Commandes jusqu’au mardi 26 novembre inclus. Les vins commandés seront mis à disposition pendant la première quinzaine de décembre.

Rue des Chats, 171 à 1082 Berchem-Ste-Agathe. GoogleMap

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histoire humeur

Tutti bene

Ce qui frappe en entrant, c’est le grondement, le bourdonnement, la foule.

La densité au mètre carré des êtres humains serait suffocante si le bâtiment avait été bas de plafond. Mais c’est une énorme centrale électrique, construite en 1924. Architecture industrielle en briques rouges, comme un vaisseau posé sur la plaine du Limbourg minier.

L’œil peine à se concentrer tant il est stimulé de toutes parts. Bref échange avec la jeune femme qui encaisse mon dû. Chercher la table où déposer mon sac à dos, en extraire la matériel requis. Se préparer mentalement pour ne pas dévier, ne pas être submergé, ne pas me perdre.

Faire selon le plan. Un jeune papa avec un bébé dans ses bras. Se diriger vers une première table. Une jeune femme en jupe léopard. Se frayer un chemin. Repérer le numéro de la table. Longchamp, Delvaux, Dior. Tendre le bras, capter le regard. Anglais, italien, flamand, français ? Des bribes de conversations. Une jeune femme en chemisier léopard. Le liquide coule enfin. Sourire et remercier. Reculer. Me retirer. M’extraire. Coup d’œil panoramique. Enfin une table à portée. Faire ce pourquoi je suis là. Prendre note. Chercher le mot qui fait sens. Me méfier de moi-même. Prendre le temps et aller le plus vite possible. Et gérer la contradiction. Une jeune femme en chaussures léopard.

Trouver le rythme, recommencer et recommencer encore. Connaître les limites de l’exercice. Confirmations et surprises. Soudain, une émotion, l’intuition d’être en face d’une perle, la sensation pour laquelle …

Le brouhaha, le vacarme. Faire selon le plan. Croiser un visage connu. Bref échange. Adapter le plan en fonction. Un enfant de 3 ans qui court entre les tables, sous les tables, autour des tables. La bouche pleine, chercher un crachoir, accessoire indispensable plus que tout autre. Sentir la première fatigue. La bouche pleine, ne pas trouver de crachoir à portée. Se résoudre à cracher dans un verre vide qui semble abandonné. Sentir le regard ébahi -aïe- de l’utilisateur du verre en question. Se confondre en excuses, les joues rougissantes. Reprendre le fil. Faire selon le plan.

J’ai goûté une trentaine de vins. Quelques déceptions, quelques bonnes surprises et quelques moments magiques entre Sicile et Piémont. Vernaccia, nerello, verdicchio, nebbiolo, carignano, sangiovese et beaucoup d’autres.

La centrale électrique a cessé ses activités quand les mines ont fermé. Aujourd’hui c’est un lieu événementiel, dans un style « Tour & Taxis« . Cela s’appelle Watt 17.

Reprendre le chemin du parking. Le soir tombe, faire 90 kilomètres. Tutti bene.

Voici le Ring de la capitale. Moins bien.

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dégustation

Compte-rendu

Samedi, c’était dégustation. Voici quelques commentaires personnels sur ce qui a été goûté, à l’attention particulière de ceux et celles qui avaient piscine et/ou poney.

Programme de la dégustation

Deux duos d’exception :

Deux cabernets francs de Loire que tout oppose : le style traditionnel de La Chevalerie et le style moderne de l’Ecotard.

La Chevalerie (Bourgueil) a besoin de temps pour fondre ses tannins, c’est d’ailleurs pour cette raison que le Domaine commercialise ses belles cuvées après quelques années passées en bouteilles dans leurs gigantesques caves en tuffeau. Ce 2018 est un vin puissant, terrien, un vin paysan dans le plus noble sens du mot. Il prend toute sa valeur à table : un beau morceau de bœuf et la fête commence !

L’Ecotard (Saumur) incarne un autre regard sur le cépage : le vin est raffiné, élégant, précis. L’habituelle robustesse du cabernet franc disparaît pour faire place à des tannins d’un grain exceptionnel, à une fluidité harmonieuse. Ce vin peut se passer du bœuf, mais s’en accommode avec brio.

PS : les fonds de bouteilles ont été redégustés dimanche soir, … avec une belle viande.

Deux assemblages catalans :

Deux assemblages espagnols de grenache et de carignan qui racontent le sud de la Catalogne et l’évolution spectaculaire des vins de cette région pendant les 25 dernières années. Planella (Domaine Joan d’Anguera) assume pleinement sa robe de couleur claire. Le grenache infusé offre parfums et finesse, le vieux carignan se charge de donner de la structure et de l’énergie. Ah oui, cela titre 14,5% mais ce n’est pas ce que votre palais va vous conter : vin du sud, puissant, harmonieux, sans la chaleur fatigante qui démolit tant de vins méditerranéens. Si c’est pour être débouché pendant les prochains mois, c’est Planella qu’il faut s’offrir.

Coma Vella (Mas d’En Gil) est un grand Priorat qui conjugue le respect des anciennes traditions (c’est-à-dire l’absence dans l’assemblage du cabernet, de la syrah et du merlot) et l’expression de la modernité (c’est-à-dire la primauté donnée à la finesse et la précision). Il fut un temps pas si lointain où Priorat pouvait se traduire par « beaucoup (trop) de tout » : beaucoup de couleur, beaucoup de bois, beaucoup d’alcool. C’est impressionnant, cela peut séduire les œnophiles débutants. Mais, franchement, Coma Vella en donne tellement plus : beaucoup d’équilibre, beaucoup d’intensité, beaucoup de longueur. Se goûte fort bien aujourd’hui, mais sera à son apogée d’ici trois à cinq ans.

Les vins qui remettent en cause certains préjugés :

Ah les vins blancs du sud qui déçoivent par leur lourdeur (un relatif déficit de fraîcheur), par leur pointe d’amertume (ce n’est pas un défaut, mais il se fait que beaucoup d’œnophiles ont une relation difficile avec cette saveur), par la chaleur dégagée par les bouches à 15% et plus. Heureusement, il y a de belles alternatives. En Languedoc, pensez à des vignes plantées en altitude et en exposition nord, pensez à une vinification précise par un orfèvre en la matière et vous arrivez directement au Domaine d’Aupilhac, cuvée Cocalières. Alcool complètement maîtrisé (13%), texture soyeuse conférant une douceur émouvante à cet assemblage de cinq cépages (vermentino, roussanne, clairette, …).

Cahors. Si on dessine un portrait chinois de cette appellation parmi les amateurs, on entendra : poussiéreux, noir, vieux jeu, boisé sec, absence de fruit. Evidemment une telle liste de caractéristiques constitue un enterrement de première classe, la Mort de Cahors. Eh bien, oubliez tout cela, Cahors est alive and kicking grâce à une série de Domaines qui remettent le fruit au cœur du vin. Mas del Périé, Clos Troteligotte, Les Croisille. Château Les Croisille est un domaine dynamique, en bio et en biodynamie. Le malbec est juteux, éclatant, punchy, les tannins de cette cuvée Silice sont fins et fondus dans la matière. En vocabulaire contemporain, c’est d’une grande buvabilité.

Les classiques polyvalents :

Vous recherchez des vins qui ne déplaisent à personne, qui ne puisent pas profondément dans votre portefeuille, qui peuvent être débouchés sans prise de tête, qui offrent un fruit savoureux et direct, qui s’accommodent de toutes les circonstances ? En blanc, Mâcon-Vergisson du Domaine Guerrin ; en rouge, Les Sorcières du Domaine Le Clos des Fées.

L’Espagne moderne :

La Rioja déborde d’énergie, l’Andalousie se réinvente, la région de Madrid montre le bout de son nez, partout l’Espagne vibre, renouvelle, expérimente.

Le Domaine Maquina & Tabla (Castille y Leon) propose un verdejo profond, qui dépasse de loin les expressions superficielles et acidulées que l’on trouve régulièrement en appellation Rueda. On se rapproche fortement du vin nature : la petite dose de sulfites, ajoutée uniquement à la mise en bouteilles est suffisante pour protéger ce vin de toutes les déviations malvenues. Vin tonique, qui se révèle progressivement dans le verre (complexité).

En Galice, on élabore aussi des rouges. Et quels rouges ! Leur équilibre est typique de cette région verte, atlantique et moins torride que la plupart des autres. Envinate propose une cuvée Lousas à 12,5% (sic), marquée par la fraîcheur et la finesse. Attention si vous avez quelques difficultés avec les vins rouges d’acidité plus élevée que la moyenne : c’est délicieux, verre après verre, mais la première gorgée peut décontenancer. Le cépage mencia est vinifié sur l’élégance (qualité des petits tannins) ce qui lui confère comme un p’tit air de pinot noir…

Je note vos commandes jusqu’à ce mardi soir 15 octobre (les commandes globales sont transmises aux importateurs le mercredi matin) : Magasin.

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Dégustation du 12 octobre

C’est franco-espagnol !

Samedi 12 octobre, de 10 à 18 heures, quinze vins français et espagnols sur le bar. Le programme complet est visible dans le magasin. Bourgueil, Cahors, Saumur, Roussillon, Provence, Mâconnais, Catalogne, Languedoc, Castille …

Dégustation gratuite et sans inscription préalable.

Je prends les commandes jusqu’au mardi 15 octobre inclus.

Mise à disposition des vins commandés pendant la première quinzaine de novembre.

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Compte-rendu

Très content d’avoir reçu ce samedi 24 août une belle brochette d’amateurs pour une dégustation germanique, moins évidente a priori qu’une dégustation franco-italienne. Du riesling évidemment, mais aussi du chardonnay, du sauvignon, du grüner veltliner, du pinot noir, du zweigelt et du blaufränkisch. Et une pincée de syrah.

Je suis pleinement satisfait de l’impact des deux blancs « vin de tous les jours, sans prise de tête », tant le chardonnay de Huff (€ 10,50) que le riesling de Wittmann (€ 11,00) ont parfaitement joué leur rôle. Le charme enjôleur du chardonnay et la pureté citronnée du riesling. Ces deux vins sont destinés à une consommation endéans l’année et conviennent très bien à l’apéro ou à un repas simple. Ne pas servir sur un turbot beurre blanc…

Le grüner veltliner de Fritsch (€ 13,00) constitue, millésime après millésime, une très belle approche de ce cépage typiquement autrichien. La cuvée Ried Steinberg conjugue avec brio les arômes du cépage et une belle dose de minéralité. En Autriche, le terme Ried correspond au français (premier) cru.

Le sauvignon de Wohlmuth (€ 15,50) prouve qu’il y a bien deux régions capables de tenir le meilleur de ce cépage : la Loire (Sancerre/Pouilly Fumé) et la Styrie (Autriche méridionale, tout près de la frontière slovène). On reçoit l’aromatique extravertie du cépage sauvignon et une vraie structure, équilibrée entre fraîcheur et volume.

Surprenant riesling du Domaine Am Stein (€ 14,50) en Franconie (centre de l’Allemagne), élevé longuement sur lies fines. Autrement, le vin est resté longtemps en cuve en présence des levures qui ont transformé le sucre en alcool. Ces levures continuent à nourrir le vin avant sa mise en bouteilles. On bénéficie à la fois de la vivacité du cépage riesling, mais aussi d’une rondeur qui enrobe et donne du confort de bouche. Excellent rapport Q/P.

Et puis … les deux rieslings d’Eva Fricke (€ 31,00). On change clairement de catégorie : intensité des saveurs, longueur en bouche, complexité naissante des arômes. Je suis heureux d’avoir enfin pu proposer cette comparaison entre deux terroirs : rien ne change (même région du Rheingau, même vigneronne, même cépage et même millésime) et pourtant tout change. Autant le Kiedrich joue la carte du fruit et de la fleur, autant le Lorch joue la carte de la géologie caillouteuse (schiste/ardoise). Fascinant. J’ai goûté à nouveau ce dimanche midi et c’est encore meilleur. Je conseille d’ouvrir les bouteilles à partir de 2025. Ces deux vins sont susceptibles d’une longue garde en cave. Quantités disponibles très limitées.

Nous avons clôturé les blancs avec une bulle : 100% riesling, brut nature (aucun dosage en sucre) et bio. Les raisins sont cueillis chez Madame (Eva Clüsserath), la vinification a lieu chez Monsieur (Philipp Wittmann). Ce couple élabore en Moselle et en Hesse Rhénane une série de magnifiques vins tranquilles, mais s’amusent énormément avec un effervescent à la forte personnalité. C’est vif et fruité, comme il sied à un riesling. Ne ressemble en rien ni à un Champagne, ni à un Crémant. Exclusivement pour amateurs de riesling qui pétille (€ 22,50).

Comment mieux faire le passage entre blancs et rouges qu’avec un rosé de pinot noir du Domaine Shelter (€ 14,00) ? 2024 ne sera pas l’année du rosé, alors autant choisir un rosé qui est d’abord un bon vin qui présente la caractéristique secondaire d’être de couleur rosée. Un peu de fumée, du fruit rouge et des nuances minérales : pas mal, non ?

En rouge, je fais déguster un 2019 du Domaine Umathum (Autriche orientale ; € 13,00) avec plus de quatre ans de bouteille et un 2020 du Domaine Dorli Muhr (Autriche orientale itou ; € 16,00) avec plus de trois ans de bouteille. Ces vins ont eu le temps de fondre leurs différents composants : fruit, tannins, acidité. Résultat ? des rouges originaux, à parfaite maturité. Avec 20% de syrah dans le blaufränkisch de Dorli (c’est un prénom féminin et c’est donc une vigneronne).

Et puis la série des pinots noirs allemands : tout qui connaît mes goûts personnels ne peut ignorer mon appétit vorace pour ces pinots noirs qui m’ont réconcilié avec le cépage, après quelques désillusions bourguignonnes. J’affirme, qu’à qualité égale, le pinot noir allemand est meilleur marché que le pinot noir bourguignon. Présenté autrement, cela revient à affirmer que € 25 apportent plus de joie en Baden ou en Palatinat qu’en Côte d’Or. Vous pouvez ne pas être d’accord, mais il faut goûter avant de parler !

On commence avec deux vins du Domaine Holger Koch, situé sur le Kaiserstuhl : ce trône de l’empereur est un volcan éteint. C’est aussi la zone la plus chaude d’Allemagne, à quelques kilomètres de Colmar. La cuvée gT (€ 18,00) est toute en fruit, avec des tannins très discrets et une belle fluidité (« glou-glou »). La cuvée Herrenstück (€ 23,00), issue de la parcelle éponyme, a tout un peu plus : plus de concentration, plus d’intensité, plus de tannins (ceux-ci sont d’une exemplaire finesse).

On se déplace de quelques kilomètres vers l’est pour déguster la cuvée Biene und Hase du Domaine Shelter (€ 25,00). La région bénéficie d’un climat plus frais, en particulier la nuit, ce qui préserve la fraîcheur des vins. Il y a tout ce que j’aime dans les meilleurs pinots noirs allemands : finesse, bouquet, concentration élégante, bois totalement maîtrisé.

Et on finit avec tout autre chose : un pinot noir du Palatinat élaboré par le Domaine Rings (€ 23,00), bien installé parmi l’élite des domaines allemands. Si on était en France et dans le guide de la RVF, ce serait un domaine ***. Son « simple » spätburgunder est une merveille. Le style est plus puissant que celui des vins précédents. Une pointe de réduction, un nez de viande fumée, du jus et une forte concentration. Si je le goûtais à l’aveugle, je pense que je l’aurais sans doute placé en Rhône nord, 100% syrah, tendance Côte Rôtie. Eh oui. En tous cas, une très belle façon de terminer cette dégustation !

Commandes au plus tard ce mardi 27 août, de préférence via le magasin ou par réponse à cet-email.

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Allemagne et Autriche

Le samedi 24 août, de 10 à 18 heures, dégustation autour du bar d’une quinzaine de vins allemands et autrichiens. Adresse habituelle, rue des Chats 171 à 1082 Berchem-Ste-Agathe. Commandes à me transmettre au plus tard le mardi 27 août.

Le programme est finalisé et peut être consulté ici.

Du riesling évidemment, mais aussi du chardonnay, du sauvignon, du grüner veltliner, du pinot noir, du zweigelt et du blaufränkisch. Et une pincée de syrah.

Plus d’information au sujet du pinot noir allemand ? Voici !

Six régions d’Allemagne sont représentées ainsi que quatre régions autrichiennes. Prix à partir de € 10,50. Vins secs, légers en alcool (maximum 13%).

Des domaines prestigieux: Wittmann, Rings, Am Stein et des domaines d’un excellent rapport qualité/prix: Holger Koch, Fritsch, Georg Gustav Huff.

Note complémentaire pour ceux et celles qui ne sont jamais venus à une dégustation d’Anthocyane (ou qui ont oublié comment ça se passe).

La dégustation a lieu au rez-de-chaussée, chez moi. Le parking est facile, très proche de la maison. Il faut juste penser à placer son disque de stationnement.

De l’extérieur, rien ne permet d’anticiper ce qui se passe à l’intérieur: ni vitrine, ni logo, ni tonneau vide. Vous sonnez au 171: je vous ouvre (et si ce n’est moi, c’est Catherine, mon épouse). Il est inutile de s’inscrire au préalable et vous pouvez passer à n’importe quel moment entre 10 et 18 heures.

Vous recevez un verre, une liste des vins en dégustation qui sert de bon de commande et de quoi écrire.

On goûte autour du bar, comme on le souhaite: en silence et concentré, en échangeant avec les autres personnes présentes, en sélectionnant avec précision ce que l’on souhaite goûter ou en dégustant la série complète (il y a des crachoirs sur le bar).

Les vins que je propose correspondent à mes goûts et s’inscrivent dans mon expérience personnelle. Ces vins racontent une histoire: certains crient, d’autres murmurent et c’est très bien comme ça. Sur ce site, vous trouverez un onglet « concept » où tout ça est expliqué en détail. Vos goûts sont forcément différents des miens. Personne n’a tort, personne n’a raison. Chacun traduit la langue du vin à sa façon. Nous nous confrontons ensemble à la petite musique qui s’échappe du verre et nous profitons de l’instant.

Quand la météo le permet, on peut déguster assis, en terrasse. Samedi, on verra si la pluie est allée jouer ailleurs…

Vous passez commande à l’issue de la dégustation ou vous prenez votre temps pour décider et me transmettre votre commande (par e-mail ou via magasin en ligne), au plus tard le mardi qui suit la dégustation (en l’occurrence: le mardi 27 août).

Il n’est pas possible de repartir directement avec les vins commandés puisque j’achète chez les importateurs en fonction des achats de mes clients. Je travaille donc (quasiment) sans stock.

Je livre moi-même les belles commandes à Bruxelles et périphérie. Je livre moi-même les autres commandes lorsqu’elles s’inscrivent dans une tournée logistique qui fait sens. En général, cela se passe le samedi. Il m’arrive de livrer à Court-St-Etienne, à Jodoigne, à Limal, etc… C’est gratuit, parce que je n’ai aucune idée du prix que je devrais demander.

Toutes les commandes donnent lieu à une facture en bonne et due forme, il suffit de me communiquer vos desiderata ainsi que les coordonnées de facturation complètes.

S’il vous manque une réponse, posez-moi votre question par e-mail ou par WhatsApp (voir page « Contact »).

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Cépages bordelais

Les cépages bordelais ne sont pas à la mode: tout ce qui évoque Bordeaux paraît suranné, poussiéreux, trop boisé. Et pourtant, les cabernets (franc et sauvignon), le merlot, le malbec et autre petit verdot sont plantés avec succès dans le monde entier. Inutile d’ailleurs de quitter la France, il suffit de passer par la Loire et/ou par le Sud-Ouest.
Quand on confronte un Californien chic et cher, un cru classé du Médoc avec plus de 30 ans au compteur, un Cahors de style traditionnel, des Ligériens de bonne origine et quelques outsiders, qui c’est qui gagne à la fin ? Hmmm ?

Eh bien, pour le plus grand plaisir de l’auteur de ces lignes, le vainqueur s’appelle Le Clos Galerne, plus précisément la cuvée Anjou Noir. Ce vin s’est distingué par son profil vertical et son fruit pur. Cet assemblage de 80% de cabernet franc et de 20% de cabernet sauvignon évolue bien en prenant un peu d’âge (millésime 2019). Ce n’est pas un grand rigolo, d’aucuns diraient qu’il fait même preuve de cérébralité. Mais quelle intensité, soulignée par des tannins précis. Vin de garde assurément, mais qui réussit dès à présent à faire la quasi-unanimité des dégustateurs.