Mes goûts et mes couleurs

Autant savoir à qui vous avez à faire. Une chose est sûre: je ne commercialise pas ce que je n’aime pas. Par contre, je propose volontiers des vins qui ne correspondent pas à mes goûts personnels. Disons que je tente de marier mes envies et vos attentes.

Ce que j’aime:

  • la finesse, l’élégance, la précision, l’énergie
  • l’équilibre entre les goûts sucrés, acides, amers et salés (si, si, salés)
  • la personnalité (du vin, du vigneron, du millésime, du lieu, …)
  • la dernière goutte, au fond de la bouteille
  • la musique du bouchon tiré, du vin qui coule et des verres qui se heurtent
  • le partage à deux, à trois, à beaucoup
  • le riesling tranchant comme une lame
  • les chouettes restaurants où le chef s’amuse à accorder les mets et les vins
  • les moments de grâce, quand la dégustation fait monter les larmes aux yeux, tellement c’est bon
  • la rencontre avec le vigneron, à l’instant précis où la glace se rompt et où l’aventure commence
  • les vins vieux qui racontent le temps qui passe; les vins jeunes qui se débattent comme des enfants rebelles
  • les beaux verres qui mettent en valeur le vin qu’on y verse
  • les paysages vallonnés, vivants, couverts de vignes, parcourus de vieux murets de pierre et d’arbres fruitiers
  • un morceau de comté, un verre de Vin Jaune et le temps pour les savourer doucement
  • le long chemin de l’apprentissage qui serpente et musarde, de surprise en émerveillement
  • le rire…

Ce que j’aime (beaucoup) moins:

  • le goût du bois, surtout quand il sert à camoufler la médiocrité du raisin
  • l’alcool en excès, qui brûle mon palais, mon oesophage et mon foie
  • le ‘vin du patron’ qui, trop souvent, ne donne aucune envie de rencontrer le patron
  • le ‘flying winemaker’ qui, comme son nom l’indique, vinifie aux quatre coins de la planète en reproduisant une recette standardisée
  • l’ostentation et les certitudes
  • les malhonnêtes qui essayent de me vendre du Bordeaux par téléphone
  • le vin en solitaire
  • les rayons-vins de la grande distribution où se mélangent allègrement bouteilles plutôt sympa et liquides déprimants
  • le spéculateur qui « investit » et ignore la saveur de ce qu’il achète
  • la belle bouteille, amoureusement conservée en cave, qui se révèle au jour J …archi-bouchonnée
  • les restaurants qui ne conçoivent leur carte des vins qu’en fonction d’un coefficient multiplicateur
  • le jargon qui tente maladroitement de se substituer à l’absence de message
  • les jugements instantanés, définitifs, péremptoires, à l’emporte-pièce
  • les œno-religions qui ne tolèrent ni la contradiction, ni la différence.

2 réponses sur « Mes goûts et mes couleurs »

Ah le Riesling tranchant comme une lame, et le vieux Comté et son Vin jaune (et non pas le vieux comte et son chien jaune). Je peux presque palper le souvenir tellement il est vivace. 🙂

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