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Visite chez Eric Janin

la maison familiale, à Romanèche-Thorins

11 septembre. J’arrive à 10 heures. Eric finit de donner un coup de balai dans le chai. Je suis très flatté ! « Vous seriez arrivé avec cinq minutes de retard, vous aviez droit au tapis rouge !« , plaisante Eric.

Plus sérieusement, Eric m’explique qu’il est en pleine préparation de la mise en bouteilles du Moulin-à-Vent 2012. L’assemblage a été réalisé hier, les bouteilles (vides) arrivent aujourd’hui. On nettoie les cuves, les tuyaux, la pompe et demain, l’embouteilleuse tournera à plein régime.

Bientôt les vendanges, une excellente raison pour faire de la place dans les cuves. A propos, déjà une idée de la date des vendanges 2013 ? « Vers le 01 octobre, une dizaine de jours plus tard qu’en 2012. Le soleil n’a vraiment commencé à briller qu’au 15 juillet. On a rattrapé un peu du retard accumulé pendant le printemps, mais certainement pas tout. Et puis, depuis une semaine, le temps est à nouveau variable et assez frais« , explique Eric.

En ce moment, il faut beaucoup de lumière (indispensable pour la photosynthèse) et de la chaleur (25°). Cette chaleur s’emmagasine dans le sol pendant la journée et est restituée à la plante la nuit.

Et les rendements en 2013 ? « Normaux sur les les Villages, autour des 50 hectolitres/hectare. Ce sera plus compliqué pour les Moulin, certaines parcelles de vieilles vignes ayant souffert de millerandage« . Il y aura en tous cas bien plus de raisins qu’en 2012 et c’est une excellente nouvelle.

[parenthèse technique, le millerandage est un phénomène lié à des conditions climatiques défavorables au moment de la floraison. Plus tard dans la saison, cela conduit les grappes à porter à la fois des grains bien formés et d’autres particulièrement petits, sans pépins. Baisse de la quantité, d’autant plus forte que la proportion de petits grains est importante. Par contre, la qualité est affectée positivement, en particulier parce que la proportion entre pellicule et pulpe est en faveur de la pellicule, laquelle contient la plupart des éléments essentiels à l’élaboration d’un vin de garde.]

Nous goûtons le Beaujolais-Villages 2012 (Vignes des Jumeaux), mis en bouteilles fin mai. La couleur est moins soutenue que sur 2011. Le vignoble a été partiellement touché par la grêle, les maturités n’ont pas été optimales. Je souligne l’honnêteté du discours d’Eric, qui présente son bébé sans affirmer que, puisque c’est le sien, c’est forcément le plus beau bébé du monde.

Autant 2009 était un millésime où le gamay s’accoquinait avec le Rhône Nord, autant 2011 était concentré, autant ce 2012 serait plutôt un millésime de type bourguignon. Bel équilibre, fraîcheur, matière soyeuse. Evidemment, ne pas escompter la puissance. Cela se goûte en tous cas très bien maintenant et pendant les 3 ans qui viennent. Elevage en cuves (pas de bois).

la gamme 2012
la gamme 2012

Nous passons au Moulin-à-Vent 2012, goûté à la cuve. A ce stade, le vin contient pas mal de gaz carbonique, ce qui se perçoit par un perlant sur la langue. Juste avant la mise en bouteilles, de l’azote alimentaire (gaz inerte) est injecté pour chasser le gaz carbonique excédentaire.

[parenthèse technique: lorsque le vin est longuement élevé en fûts, petits contenants de 228 litres, le dégazage s’effectue progressivement, grâce à la porosité du bois. Par contre, le dégazage naturel est limité lorsque le vin est élevé, comme chez Eric Janin, en foudres, grands contenants de 3.500 litres ou plus.]

Un seul Moulin-à-Vent en 2012. Ni Clos du Tremblay, ni Greneriers cette année, en raison des faibles quantités récoltées (145 hectolitres, alors que 2011 en avait produit 290 !). Les raisins issus du Clos et ceux provenant de la parcelle des Greneriers ont été vinifiés ensemble. Ensuite, Eric a estimé que le potentiel pour élaborer une cuvée de prestige (Clos+Greneriers) n’était pas au rendez-vous. Tous les vins d’appellation Moulin-à-Vent ont été assemblés dans la cuvée classique Domaine des Vignes du Tremblay.

Décision courageuse, parce que les conséquences économiques à court terme sont importantes. Sur le long terme, je pense qu’Eric a raison de suivre son jugement et son intuition.

Est-ce bon ? Ah oui !! Le vin est intense, précis et donne beaucoup de plaisir dès aujourd’hui. La finale est néanmoins serrée, presque sérieuse. C’est un vin qui traduit avec beaucoup d’intégrité les caractéristiques du millésime. « Aujourd’hui, je suis très satisfait » dixit Eric. Et ceux qui le connaissent savent qu’il se laisse rarement aller à ce type de confidence.

Ce Moulin permettra d’attendre que les Greneriers 2011 soient prêts. A boire dans les 5 ou 6 ans.

On conclut avec le Beaujolais-Villages (Vignes des Jumeaux) en blanc. Blanc signifie chardonnay. J’avais dégusté le millésime 2011 lors de ma précédente visite fin janvier et il m’avait laissé quelque peu sur ma faim, en raison d’un boisé qui m’avait semblé assez présent. Changement de décor avec ce 2012, mis en bouteilles vers le 15 août: arômes d’abricot, boisé très délicat, notes de fumée et d’encaustique. Vignes plantées en 2006 et 2009. Un vin plus que sympathique, sans la tension acide qu’engendrerait un terroir argilo-calcaire.

Eric Janin (photo prise en janvier)
Eric Janin (photo prise en janvier)

Passer un moment avec Eric a quelque chose d’apaisant et de profond. Même les silences sont chargés de sens. Aucune esbroufe, juste le témoignage d’un vigneron expérimenté (nous avons brièvement évoqué les vendanges 1991), profondément attaché à ses vignes et respectueux de sa clientèle.

Je suis revenu le lendemain. Pour assister à la mise en bouteilles du Moulin-à-Vent 2012 et pour emmener les toutes les premières bouteilles qui ont quitté la cave. L’une de ces bouteilles sera sur le bar, ce samedi 19 et dimanche 20 octobre.

Tarif & bon de commande

compte-rendu de ma visite de janvier 2013

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Aventures en Beaujolais ou « ceci n’est pas une banane »

Merci à Lilian Bauchet à qui j’emprunte une étiquette – j’ai bien ri !

Donc, non et encore non, le Beaujolais ne goûte pas la banane. Cela dit, il est facile pour le vinificateur d’acheter de la poudre de perlimpinpin, type 71B. Comptez € 20 le paquet de 500 grammes et hop! quelques milliers de bouteilles ‘délicatement’ aromatisées…et tellement banales.

Nous sommes aux antipodes de cet univers chimico-commercial avec les vins de Lilian Bauchet, de Paul-Henri Thillardon et d’Eric Janin. Je suis fier de vous présenter leur millésime 2011, décliné en huit cuvées, remplies à ras bord de plaisir et de saveurs.

100% gamay, bien entendu. Mais les caractéristiques du cépage passent au second plan, au profit de l’expression des terroirs, des vieilles vignes et du talent des vignerons.

Leurs démarches sont fortement inspirées par les principes de l’agriculture biologique et par une volonté d’élaborer des vins digestes, d’un alcool modéré (12% à 13%), susceptibles de s’améliorer avec le temps qui passe. Plus tu le goûtes, plus tu le goûtes.

Certaines cuvées sont magnifiques de finesse (les Blémonts, le Clos du Tremblay, le Clos des Bachelards), d’autres offrent une virilité plus affirmée (les Greneriers, les Vaches/Jolie Fleur, Les Carrières), aucune ne vous laissera indifférents. Ce serait dommage de ne pas goûter…

Mon offre est valable du 12 au 18 février 2013 inclus.

 

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Offre n°4: les crus du Beaujolais

vin (prix par bouteille, TVA comprise)

L’offre a été envoyée ce mardi 12 février, tous les vins sont en dégustation le samedi 16 février. Egalement le dimanche 17 février, entre 14 et 18h.

Il est possible de commander les vins jusqu’au lundi 18 février inclus.

Le bon de commande est accessible ici. Si vous ne retrouvez pas votre code personnel, demandez-le moi.

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Crus et Beaujolais

Beaujolais carteLe Beaujolais, c’est environ 130 millions de bouteilles par an et un peu plus de 20.000 hectares de vignes, entre Mâcon et Lyon, plantées à 98% en cépage gamay. Les 2% restants, c’est du chardonnay qui sert à élaborer le rare Beaujolais blanc.

Officiellement rattaché à la Bourgogne viticole et administrativement à cheval entre les départements du Rhône (si, si) et de la Saône-et-Loire, le Beaujolais est célèbre jusqu’au Japon pour le ‘nouveau’, encore appelé ‘primeur’. Pour le meilleur et pour le pire. Surtout pour le pire.

Au sud, ce sont les paysages magnifiques des ‘pierres dorées‘. Au nord, les meilleurs terroirs qui produisent le Beaujolais-Villages.

Au coeur du Beaujolais-Villages, les dix crus. Pour les amateurs de jeux de société consacrés au vin et par ordre alphabétique: Brouilly, Chénas, Chiroubles, Côte de Brouilly, Fleurie, Juliénas, Morgon, Moulin-à-Vent, Régnié, Saint-Amour. L’élite du Beaujolais.

Il n’est pas autorisé de produire un cru sous la forme ‘nouveau’: déguster un cru du millésime 2012 n’est réglementairement possible qu’à partir de mars 2013. Les bons vignerons élèvent leurs cuvées bien plus longtemps que le minimum règlementaire.

Attention, exception pour le cru de la St-Valentin qui peut être commercialisé dès mi-janvier. Vous devinez pourquoi ?

Les crus les plus réputés, en particulier pour leur capacité à vieillir harmonieusement, sont le Moulin-à-Vent, le Morgon et le Côte-de-Brouilly. Les terroirs d’altitude de Chénas sont très proches, géographiquement et stylistiquement, des terroirs de Moulin-à-Vent. Fleurie est souvent présenté comme le plus féminin des crus du Beaujolais.

vignes à Chénas (lieu-dit Les Brureaux)
25 janvier 2013: vignes à Chénas (lieu-dit Les Brureaux)
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Visite au Domaine Paul-Henri Thillardon

Paul-Henri et Charles Thillardon
Paul-Henri et Charles Thillardon

Vendredi matin:  je prends cette fois la route du village et de l’appellation Chénas.  Une grande partie des vignobles de la commune de Chénas sont en appellation…Moulin-à-Vent, mais quelques vignes situées dans le village de La-Chapelle-Guichay sont en appellation Chénas. Vous suivez toujours ?

En résumé, Chénas, c’est petit (240 hectares), le plus petit des 10 crus du Beaujolais.

J’arrive donc au hameau des Brureaux. Un coup de téléphone plus tard, me voici reçu par Paul-Henri Thillardon. Nous sommes dans les bâtiments, récemment acquis, de l’ancien Domaine de Chassignol, du nom de la magnifique parcelle en coteau qui surplombe le site.

Chassignol, granit lardé (source: vin-terre-net.com)
Chassignol, granit lardé (source: vin-terre-net.com)

Promenade dans les vignes de Chassignol: attention à ne pas trébucher sur les ‘granits roses lardés de quartz’ qui signent ce terroir particulier. En voiture ensuite pour aller respirer l’air des autres parcelles du Domaine: Les Boccards, Les Blémonts et les Carrières. Le nom de cette dernière parcelle est d’une logique impitoyable, nous sommes en effet le nez sur une ancienne carrière qui protège les flancs du vignoble. Heureusement, chaque parcelle est d’un seul tenant. Cela facilite grandement les travaux de la vigne et cela réduit très sensiblement l’influence des traitements chimiques que des collègues-vignerons moins respectueux pourraient utiliser.

Câline
Câline

Sur le chemin du retour, un petit coucou à Câline, la jument que Paul-Henri et un collègue-vigneron ont acquise pour remplacer, chaque fois que possible, le tracteur.

Nous entrons dans le chai à barriques pour déguster: les 2012 d’abord, encours d’élevage. Les 2011 ensuite. Charles nous rejoints. Si j’ai correctement compris, dans peu de temps, Paul-Henri et Charles seront officiellement associés à la gestion du Domaine. Pour travailler 12 hectares, sans compter une petite parcelle de Chiroubles, ce n’est pas du luxe !

J’ai été très touché par Les Blémonts 2011, vin d’une magnifique allonge et d’une belle densité: les vieilles vignes s’expriment !

Il est 13 heures…une petite faim ? Nous voici dans un sympathique resto local (bondé !) devant une entrecôte qui met bien en valeur un Chénas 2010 d’un certain Thillardon. Soudain, coup d’oeil à la montre: mon rendez-vous suivant m’attend très bientôt ! J’oblige mes deux acolytes à vider leur café ‘cul sec’, je les pousse dans la Twingo, je bondis dans ma voiture dès que nous sommes revenus au Domaine. Oui, d’accord, ‘bondir’ n’est sans doute pas tout-à-fait exact, c’est une image…

Les vins du Domaine Thillardon sont en vente dans le magasin en-ligne.

 

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Une pause charmante

Si vous cherchiez à faire une pause entre Nord-Beaujolais et Sud-Mâconnais, à quelques minutes de l’A6, de la Roche de Solutré et des vignobles…

Si vous souhaitiez être accueilli de façon particulièrement sympathique et dormir dans un lit plus qu’original…

Si la présence de vieux murs, de vues magnifiques, de deux juments et d’un âne illumine votre visage d’un sourire…

…permettez-moi de recommander la chambre d’hôtes du Vieux Château de Leynes. Cet ancien prieuré appartenant aux moines de l’Abbaye de Tournus a un charme fou et surplombe le centre du joli village de Leynes. Martine Chabot vous y recevra de très agréable façon.

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visite au Château des Bachelards

Le lieu-dit ‘Les Bachelards’ est à l’entrée du village de Fleurie, quand on arrive de Romanèche par la D32. Facile. Merci GPS, je ne peux pas me tromper. Quoique.

Point de trace d’un écriteau vineux. Demi-tour. Pas mieux. Je me gare sur une petite place. Balade. Putain de vent du nord. Mais que voici une voie au nom sympathique: rue de l’Abbaye d’Arpaye. Et un bâtiment qui aurait parfaitement le droit de revendiquer le titre de château.

J’y suis ! 14h30 tapantes. Décidément, je ne me refais pas…

Je suis accueilli par Lilian Bauchet, le nouveau ‘châtelain’. Alors qu’il dirigeait une entreprise d’informatique en région parisienne, il a dû faire quelques ‘mauvaises rencontres’. Et ne voilà-t-il pas qu’il revend sa société et qu’il rachète bâtiment et vignes en plein coeur du Beaujolais ! Depuis 2009, il y fait du vin. Comme il le sent et comme il en a envie. Vachement bio.

Comme le ‘châtelain’ est surtout à la vigne pour tailler, bichonner et vendanger, la population locale s’interroge: propriétaire ou exploitant ? Les deux ?!

Lilian me fait patienter quelques instants dans sa -superbe- cave. Lorsqu’il revient, c’est le bac, rouge, plastique et coca-colaïque à la main: est-ce bien raisonnable ? Bon, le bac, héritage du précédent propriétaire, fait office de transporte-Fleurie. Je n’ai pas pris de photo compromettante…051

On attaque avec le Fleurie Clos des Bachelards 2010, puis le même en 2011. Je proclame 2011 vainqueur aux points: l’effet du millésime, mais aussi un an d’expérience de plus dans le chef du vigneron. Puis la cuvée ‘dont-le-nom-varie’ autour d’un thème bovin. Autrement dit, la parcelle n’a pas toujours porté la vigne. Parfois, l’étiquette mentionne ‘Les Vaches’ (c’est clair et à ma portée), parfois elle mentionne ‘Jolie Fleur’ (c’est plus poétique, mais Lilian a dû rafraîchir mon Brassens pour que je comprenne…).

Nous goûtons ensuite un somptueux Moulin-à-Vent, puis une cuvée 2010, déclarée en vin de France sous le nom des ‘Chemins de Traverse’: entrée dans un monde sauvage, voire légèrement bestial; ça secoue, mais qu’est-ce que je m’amuse !

Après, c’est au tour des foudres et des cuves. Exercice périlleux pour le profane. La discussion bat son plein, sur le thème de l’acidité volatile et sur celui de la réduction. To sulphur or not to sulphur, that’s the question.

En tous cas, il y aura de beaux 2012. Mais pas beaucoup (rengaine connue), vu les aléas météo-illogiques…

 

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visite au Domaine Paul & Eric Janin

Eric Janin
Eric Janin

10h30. Jeudi 24 janvier. Il gèle et le vent du nord n’arrange rien. Nous sommes à La Chanillière, sur la commune de Romanèche-Thorins.

Cela ne vous dit rien ? Un indice: le vignoble est dominé (altitude: 258 mètres) par un moulin. Un moulin-à-vent…

…Moulin-à-Vent, l’un des 10 crus du Beaujolais et sans doute le plus célèbre.

Eric Janin me reçoit dans un petit caveau sympathique, juste à côté des fûts où le beaujolais blanc finit tranquillement sa seconde fermentation, dite ‘malo-lactique’: des bactéries transforment petit-à-petit l’acide malique, naturellement présent dans le jus de raisin, en acide lactique, plus faible que l’acide malique. Ainsi, l’acidité du vin diminue.

Pour ceux qui souhaiteraient rafraîchir leurs connaissances en chimie organique: COOH-CHOH-CH2-COOH ⇒ COOH-CHOH-CH3 + CO2 + énergie. Cette réaction se déroule plus facilement lorsque la température se monte à +/- 20 degrés, d’où le petit radiateur électrique qui réchauffe la pièce…et qui nous fait bénéficier de la chaleur qu’il produit pendant notre dégustation !

Dégustation ? Nous commençons par le Beaujolais-Villages rouge ‘Les Jumeaux’ 2011. Parfaitement bien en place, harmonieux, équilibré. Quelle belle ‘entrée de gamme’ ! Petite parcelle, avec la conséquence que le vin est épuisé à la vente. Dommage.

Un amateur savoyard nous rejoint. Nous passons à la cuvée emblématique du domaine: le Moulin-à-Vent ‘Les Vignes du Tremblay’. Puis les deux cuvées parcellaires: le Clos du Tremblay et la nouvelle cuvée Les Greneriers (premier millésime en 2009, vignes centenaires).

Le Clos du Tremblay
Le Clos du Tremblay

Sur ce millésime 2011, Greneriers paraît déjà prêt, alors que Le Clos mérite incontestablement de passer quelques années dans une bonne cave. J’ai le souvenir de l’inverse sur le millésime 2010. Comme quoi, deux terroirs différents et deux météo’s différentes produisent des vins…différents !

Nous finissons par la cuvée de blanc: Beaujolais-Villages Les Jumeaux (100% chardonnay). De jeunes vignes, avec un élevage qui le rend consensuel et accessible. Bon et produit en petites quantités. Donc, épuisé à la vente.

Eric Janin n’est pas un ‘obsédé du tout bio’: il ne cache pas l’utilisation de levures sélectionnées (non-aromatiques) pour donner un coup de main aux levures indigènes. Cela dit, vendanges manuelles, très peu de soufre, composts agréés bio, etc…

Les pratiques et les vinifications sont traditionnelles, inspirées par le père et le grand-père d’Eric. Evolution, pas révolution. Un style serein et classique.

Le millésime 2012, comme pour tant d’autres domaines, est avant tout caractérisé par de très faibles rendements. Peu de vin donc. Ne laissons pas passer les 2011…

Domaine Paul & Eric Janin

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Aïe: le Beaujolais nouveau est de retour dans votre supermarché

Troisième jeudi de novembre, arrivée du Beaujolais nouveau. Ce midi, pub radio d’un grand distributeur : la bouteille est à € 3,49.

Question : combien de vin dans cette bouteille ?

  • Transport et dédouanement : € 0,30
  • TVA : € 0,60
  • Accises et écotaxe : € 0,43
  • Marge du distributeur : € 0,36 (aucun distributeur ne peut vivre avec une marge aussi faible, mais considérons qu’il s’agit d’un ‘produit d’appel’)

Donc, le vigneron reçoit  +/- € 1,80. Ou moins si le distributeur prend une marge sensée.

Soustrayez maintenant le coût de la bouteille, du bouchon, de l’étiquette, du carton d’emballage et de la couverture des frais indirects.

Faites-vous une opinion.

Je suis mal à l’aise avec les vins dits ‘de prestige’ (cela  sonne mieux que ‘vins chers’), mais je le suis tout autant avec ce type d’opération.

« Oui, mais c’est une exception ».

Non. Désolé. Le prix moyen d’une bouteille de vin vendue en Belgique est de +/- € 4,00.

PS: j’aime beaucoup le Beaujolais !! Y compris le Primeur. Par exemple, la délicieuse ‘cuvée vieilles vignes’ de Pierre-Marie Chermette (Domaine du Vissoux).