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4. Festival des vins d’Italie: impressions, soleil levant

Maintenant que la sélection est (quasi) définitive, voici quelques éléments, au gré de mes souvenirs et de mes émotions. Pas la volonté d’objectiver, plutôt de partager quelques impressions, par petites touches de couleur sur la toile.

Je me souviens du temps où les vins blancs italiens manquaient d’intérêt, certainement observés par le prisme des chardonnays toscans, lourds, maladroitement boisés et manquant d’énergie. Je ne me suis pas réconcilié avec ces chardonnays toscans, mais le choix est devenu beaucoup plus vaste. Les vins issus du verdicchio (Bucci, Umani Ronchi) prouvent qu’il ne faut pas importer le chardonnay pour élaborer des vins qui ressemblent aux meilleurs blancs bourguignons, du moins comparés à prix similaires.

Le garganega vénitien (Suavia) et le cortese piémontais (Coppo) peuvent également procurer beaucoup de satisfactions, à la condition qu’ils soient plantés dans les terroirs qui les révèlent. Le pecorino d’Italie centrale (Lunaria) affiche un profil bien à lui, minéral, végétal, citronné. Enfin, le vermentino sarde (Argiolas), bien connu des amateurs de vins corses, met en évidence de fins amers de fin de bouche.

Sur ce même thème, j’ai ouvert très récemment une bouteille du millésime 2010 de la cuvée Hérzu du vigneron piémontais Ettore Germano: c’est un 100% riesling qui a vaillamment traversé le temps. Très sec, plus proche du profil allemand que du profil alsacien, plein de citron vert, savoureux, tendu et encore jeune: ça ne pétrole pas. Belle surprise !

Beaucoup de flacons sont bouchés par du liège technologique, comparable au DIAM ou par des matériaux synthétiques, imitant le liège. Le bouchon classique est passé de mode; ni la capsule (une exception: le Soave de Suavia), ni le bouchage sous verre n’ont trouvé leur place. Gurrieri a choisi un bouchon très particulier, le même modèle que celui utilisé par Matthieu Barret (Cornas etc…).

Ma sélection de vins rouges met en évidence de plus en plus de produits relativement peu colorés, vraiment rouges et non noirs-violacés. C’est en particulier le cas pour les siciliens (Gurrieri, Firriato) et pour les toscans (Riecine, Istine, Canalicchio di Sopra). Cela tient forcément à un goût personnel pour les extractions modérées, mais aussi à la progression de ces vins plus infusés qu’extraits. Less is more. Quel paradoxe malgré tout d’avoir nommé mon projet ANTHOCYANE, alors que j’apprécie tant les anthocyanes modérées…

J’ai privilégié des vins de haute buvabilité, terminologie certes dans l’air du temps, mais qui me semble également se référer à un principe éternel: la recherche de l’équilibre (les funambules savent que ce n’est pas si simple à gérer) avant la recherche du « maximum » (la poussée brutale sur l’accélérateur exige moins de talent que la maîtrise du fil). Botonero, Valpolicella Speri, Torrazzo, Gricos, Casal di Serra…ont, chacun à sa façon, le talent de se rendre faciles à boire. Attention, cet adjectif qui, lorsqu’il est accolé à une fille, peut éveiller le soupçon, souligne ici la qualité de vins dont sont absentes crispations et disharmonies diverses.

Même conditionné par la lecture de bien des commentaires dithyrambiques sur la qualité exceptionnelle du millésime 2016 à Barolo et dans les limites de ma modeste expérience de ce type de vins, je constate avoir été soufflé par le Castiglione du Domaine Vietti. C’est bien sûr destiné à la garde, mais c’est déjà irrésistible ! Les 30 euros de supplément par rapport à Perbacco sont-ils justifiés ? Je crains qu’il n’y ait pas de réponse à cette question. Perbacco est en tous cas un brillant second vin !

Très content d’avoir découvert ce montepulciano de Valle Reale, présentant les Abruzzes sous un jour nouveau. Vin très personnel, belle expression du lieu dont il est issu. Impact, pour une fois favorable, du bouleversement climatique. Et la fraîcheur des Pouilles (si, si…) via Fatalone et Rivera: les appellations Gioia del Colle et Castel del Monte contrebalancent avec brio le puissant soleil local.

Je me suis vraiment bien amusé à préparer cette large sélection. J’espère avoir maintenant le plaisir de la partager avec vous !

Tous les vins sont commentés directement dans le magasin: sélectionnez « les dégustations », puis « 14 novembre 2020 ». Ou cliquez ici. Commandes jusqu’au mardi 17 novembre inclus.

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Mes doutes, ma décision

Le désarroi, l’absence de perspectives, l’imprévisibilité. Le déni ou le catastrophisme, faites vos jeux, faites votre choix. Les média qui hésitent entre rapporter les faits et s’ériger en donneurs de leçons. Les nombres qui perdent toute signification: 1.000, 10.000 et alors ? Les témoignages qui interpellent. La monopolisation de nos conversations par un et un seul sujet. Le vocabulaire pour dire sans avoir dit. Les comparaisons incessantes avec ailleurs ou avec avant. Les émotions légitimes qui finissent par obscurcir la perception du réel. Les classements de pays et de régions, comme un palmarès sportif. Les règlements de compte entre spécialistes. La tentation du repli sur soi, pour oublier. Les soignants fragilisés et stressés: la même chose en pire. Les systèmes, procédures, méthodes, baromètres, thermomètres en état de chaos. L’embrouillamini. Le doute, mes doutes.

Mes doutes. Dois-je mettre Anthocyane en hibernation précoce, considérant que mes petites tentatives pour vendre quelques bouteilles sont à la fois désespérées et pathétiques ? Dois-je renoncer parce que certains importateurs baissent pavillon et qu’ils postposent leurs dégustations ?

Comment savoir si vous êtes en recherche d’un commerçant en vins (qui se croit) un peu plus malin que le virus ou si vous estimez que, franchement, ce n’est pas l’heure d’acheter du jus de raisin, d’autant plus que cave, grenier et placards sont bourrés jusqu’à la gueule de bouteilles ?

Décision: je ne me résigne pas. A suivre. Molto presto.
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Plaidoyer pour l’assemblage

Voici un article « in extenso » publié ce jour par David Cobbold sur le blog « Les 5 du vin« . L’illustration ci-dessus provient également de cet article. Le titre de l’article a été modifié par mes soins.

Une opinion rafraîchissante et qui pose de bonnes questions !

Je constate depuis quelques temps une tendance assez sensible, particulièrement chez certains producteurs de vins hauts-de-gamme, à la multiplication de petites cuvées souvent dites « parcellaires » qui fragmentent leur production en produisant une série qui s’étend de plus en plus. J’ai aussi parfois l’impression que cette quête de l’individualité singulière de chaque parcelle, cuve ou barrique relève d’une recherche d’une certaine idée de « pureté » qui serait quasi-métaphysique. L’idée qui guide les producteurs dans cette démarche est que chaque parcelle, voire chaque cépage, produirait un vin au caractère différent et qui mérite d’être présenté à part. Si le constat est, dans le fond, indiscutable (et on pourrait probablement aller plus loin et faire des micro-cuvées avec chaque pied de vigne car chaque individu est différent), je me demande si une telle approche est une si bonne idée. 

Deux raisons motivent ma perplexité et doute devant cette approche : l’une est commerciale, l’autre est organoleptique.

Sur le plan des ventes et de la communication, plus une gamme est large, plus cela devient compliqué de l’expliquer à sa clientèle. Les documents, les discours et les dégustations s’allongent, et les ruptures de stock deviennent plus difficiles à gérer, sans parler de toute la logistique de la production. Il est vrai aussi qu’une gamme large avec plein de noms permet de donner certaines exclusivités par type de clientèle, mais alors on perd aussi l’essentiel du message qui est, pour le consommateur, de pouvoir comparer les nuances entre ces cuvées censées être si intéressantes et différentes.

Mais ma principale objection est gustative. Les vins ainsi fragmentés en de multiples petites cuvées ne sont pas meilleurs, bien au contraire ! Cela relève du syndrome du « déshabiller Pierre pour habiller Paul ». Plusieurs expériences, plus ou moins récentes, nourrissent mon opinion. Une des plus récentes s’est produite cet été, lors de deux journées passées dans le vignoble de Cahors avec Marie-Louise Banyols et Florent Leclercq. La plupart des producteurs visités (ils étaient 6) ont multiplié le nombre de leurs cuvées, généralement avec un accent parcellaire. Même si certaines de ces cuvées nous semblaient réussies, dans beaucoup de cas nous leur avons préféré les vins d’assemblage.

Autre région : la Bourgogne. Il y a quelques années, je dégustais des vins de Chablis dans le chai de Michel Laroche, avec celui qui était alors le propriétaire de la maison éponyme. Après avoir essayé une série issue de parcelles des grands crus, il me disait être convaincu de pouvoir faire un meilleur vin en les assemblant, mais que le marché aurait du mal à accepter cela. Avec une pipette, nous avons donc opéré un essai qui fut, pour nous deux, concluant. Le caractère « crayeux » de Blanchots a allégé la force un peu brute du Clos, puis les autres parcelles apportaient leur lot de fruit, de rondeur, etc.

Il y a deux semaines, j’ai conduit une dégustation « découverte » pour un client avec des vins de différents pays et cépages. La série des vins rouges, tous très bons, comportait un Chianti Classico, un Zinfandel de Sonoma, un Cabernet Sauvignon de Napa et un SGM (Syrah, Grenache, Mourvèdre) de Barossa. Comme il restait un verre ou deux dans chaque bouteille après la dégustation, j’ai tout assemblé pour avoir moins de flacons à emporter et j’ai dégusté le résultat le soir-même. Ce vin, issu de trois continents et de six cépages était un des meilleurs vins rouges que j’ai dégustés cette année ! L’acidité du Sangiovese a apporté son allégresse à la densité fruité du Zinfandel, comme aux tannins serrés du Cabernet, puis le fruité souple et raffiné du vin de Barossa à rajouté une patine soyeuse à l’ensemble.

Un autre souvenir concerne le vin rosé. Au moment où les Provençaux faisaient tout un battage protectionniste pour imposer l’interdiction d’assembler vins rouges et vins blancs pour faire du rosé (alors que les deux couleurs de raisins peuvent très bien se côtoyer dans le pressoir), j’ai tenu une classe sur les vins rosés pour un des mes groupes d’étudiants. A côté de bons rosés de différentes régions, dont un Bandol de Pibarnon, j’ai inséré un joker, servi à l’aveugle. J’avais assemblé ce vin dans ma cuisine le jour-même, à partir de différents vins, rouges et blancs, mais en faisant attention à l’équilibre de l’assemblage. Les élèves l’ont élu meilleur rosé de la soirée !

Je sais que cela va choquer les puristes, mais je pratique souvent des assemblages « sauvages » entre des flacons d’échantillons que je reçois, après les avoir dégustés et afin de réduire le gaspillage, et parfois aussi d’obtenir des vins agréables à boire dans des bouteilles pleines en limitant l’oxydation. Comme pour faire une bonne sauce, je réserve évidemment ce traitement aux sujets sans défauts et, si possible, ayant des caractères complémentaires. Très souvent le vin qui en résulte est meilleur que les ingrédients y ayant contribué. 

Je ne suis pas en train de dire qu’il faut tout assembler et faire un vin unique pour tout le monde. Cela serait contre plein de principes fondamentaux : l’individualité du goût, la variabilité du goût dans le temps et l’espace, et la joie de la diversité. Mais simplement qu’il faut bien réfléchir avant de subdiviser à l’infini sa production dans de multiples cuvées. La somme est parfois bien plus intéressante que le simple cumul mathématique des ingrédients.

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Bien utiliser le magasin

De plus en plus souvent -et en particulier pour les nouveaux vins- le magasin est le lieu privilégié pour retrouver facilement toute l’information relative à un vin précis. C’est de type « entrée libre »: entrer dans le magasin ne vous oblige pas à y acheter !

Voici par exemple la fiche d’un nouveau Châteauneuf-du-Pape:

La fiche du vin comporte toujours les informations de base (le millésime, les cépages, l’appellation, le degré, etc..) mais aussi des informations complémentaires, certes subjectives, mais qui ont l’ambition d’intéresser le lecteur et de faciliter le choix fatidique: achat ou pas achat ?

Pour la facilité, je reprends ci-dessous le texte qui illustre la fiche de ce Châteauneuf-du-Pape:

Voici un vin aussi peu connu que mystérieux.

Le terroir ? Surtout …du sable. La localisation ? Lieux-dits Pignan et La Guigasse. Cépages ? 100% grenache. Le type de vinification ? En vendanges entières.

Si quelque chose vous évoque le mythique Château Rayas, vous avez gagné, nous sommes chez ses voisins.

Il y a deux cuvées parcellaires: La Guigasse et Le Grand Pin. C’est cher: respectivement € 65 et € 85.

Il y a aussi une cuvée de jeunes vignes, essentiellement des vignes replantées en 2011 dans la parcelle du Grand Pin (0,24 hectare, soit un rectangle de 100 mètres sur 24). Ce n’est pas donné, mais c’est d’une très très grande finesse.

Le nez des Sablons évoque le pinot noir, c’est léger et aérien. Bouche en dentelles, très délicate, fraîche et florale. La présence de l’alcool est diffuse, en arrière-plan, sans pesanteur. C’est bien du Châteauneuf-du-Pape, mais d’une catégorie que l’on a vraiment peu d’occasions de goûter. L’antithèse absolue des vins en puissance que l’on associe souvent au goût parkérien.

Chapelle Saint-Théodoric est un projet mené par un vigneron (Baptiste Grangeon) et par un importateur américain (Peter Weygandt). La quasi-totalité des bouteilles prend le chemin des Etats-Unis. D’où un déficit de notoriété de ce côté de l’Atlantique et l’absence de mention dans la presse française du vin.

A Châteauneuf-du-Pape, le millésime 2016 est considéré comme étant d’une qualité exceptionnelle.

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ARTE: Des vignes et des hommes

vignoble Stettener Stein

Une intéressante série de documentaires consacrés au vin et ceux qui le font, partout sur la planète. Les images sont belles, la qualité de l’information plutôt élevée. Parfois une bourde sans doute causée par une traduction imprécise, mais cela ne gâche pas le plaisir.

Accès via Arte.tv, puis rechercher « Des vignes et des hommes ».

Je viens de regarder le documentaire consacré à la Franconie (Franken, en allemand), région que j’apprécie beaucoup. De très beaux souvenirs de vacances ! C’est à 5 heures en voiture, depuis Bruxelles. En somme, un peu moins loin que Beaune…

Les personnages principaux de cet épisode sont Ludwig et Sandra Knoll, propriétaires du Domaine Am Stein, à Würzburg. Anthocyane peut vous proposer différentes cuvées de ce Domaine réputé, parmi lesquelles le silvaner Stettener Stein dont il est question ici.

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Pouilly-Fuissé tient ses premiers crus

Est-ce la fin de la saga ? Cela fait bien longtemps que les vignerons de Pouilly-Fuissé se demandent pourquoi leur appellation n’aurait pas droit à ses premiers crus, comme en Côtes de Nuits et en Côtes de Beaune, comme à Chablis et en Côte chalonnaise. Ces vignerons ont donc rempli le dossier, persévéré, participé à moult réunions, persévéré encore pour que le Prestige descende enfin sur le Mâconnais.

En jargon administratif, cela donne: Le comité national des appellations d’origine relatives aux vins et aux boissons alcoolisées, et des boissons spiritueuses, réuni en séance le 3 septembre 2020, a approuvé la reconnaissance de 22 climats accompagnés de la mention « premier cru » qui pourront être adjoints à l’AOP « Pouilly-Fuissé ».

Normalement, ce sera d’application à partir du millésime 2020 sauf si un nouvel obstacle se dresse sur la route qui mène à la Valorisation (c’est le terme pudique utilisé pour indiquer que les prix-consommateur vont augmenter: c’est du moins le but de la manœuvre).
24% du vignoble passent en appellation premier cru: cela représente une superficie totale de 194 hectares.

J’espère que le boulot de délimitation a été effectué en prenant en compte le potentiel réel des parcelles et que la part dévolue aux inévitables compromis politico-économiques a été réduite à la portion congrue. Pour les éventuels sceptiques, je dois bien concéder que la surface initialement prévue a été récemment augmentée d’une douzaine d’hectares: on est passé subrepticement de 182 à 194 hectares…

Le nord se situe à droite: Vergisson est au nord, Chaintré au sud

Voici donc les 22 premiers crus de l’appellation Pouilly-Fuissé, classés par village :

CHAINTRÉ
Aux Quarts
Le Clos de Monsieur Noly
Le Clos Reyssier
Les Chevrières

FUISSÉ
Le Clos
Les Brulés
Les Ménétrières
Les Perrières
Les Reisses
Les Vignes Blanches
Vers Cras

SOLUTRÉ-POUILLY
Au Vignerais
Aux Chailloux
En Servy
La Frérie
Le Clos de Solutré
Pouilly
Vers Cras
Aux Bouthières

VERGISSON
En France
La Maréchaude
Les Crays
Sur La Roche

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Pierre Citerne, dégustateur

Pour qui ambitionne d’aimer le vin, la dégustation à l’aveugle offre la possibilité d’un dialogue intime avec lui, mais aussi avec soi-même, une introspection. C’est une indispensable école d’humilité, un antidote précieux au magistère pédant de certains « professionnels » de l’hôtellerie ou de la critique, qui dispensent leur science d’en haut, sans jamais se prêter à ce difficile jeu de l’aveugle où ils auraient tant à perdre et si peu à gagner.

Cette phrase forme la conclusion d’un article signé par Pierre Citerne (PC) dans La Revue du Vin de France de ce mois de septembre 2020. Cet article relate de façon très ouverte comment PC a vécu sa participation au concours « Cata por Parejas » organisé à Barcelone au début du mois de mars (juste avant le moment fatidique après lequel plus rien ne fût possible).

Dégustation par paires, donc. PC fait la paire avec Brunnhilde Claux, vigneronne en Minervois. Une phase éliminatoire en 7 vins. Une phase finale, accessible aux dix meilleures paires, en 7 vins.

14 obstacles à franchir entre l’importance de participer au concours et le triomphe pour la paire victorieuse.

PC et Brunnhilde vont se qualifier brillamment pour la finale en se frayant un chemin entre Champagne et Jerez, Condrieu du Domaine Vernay et riesling spätlese de la Moselle, Priorat catalan et Ribera del Duero castillan pour finir par un Montilla-Moriles andalou (millésime 1929). Six fois sur sept, ils goûtent juste ! Du moins pour reconnaître l’appellation. Chapeau !

Autant les vins sélectionnés pour la phase éliminatoire sont susceptibles d’être reconnus, autant ceux proposés en finale condamnent même les meilleurs à se fracasser sur les limites de leur talent et de leur mémoire.

Jugez-en par vous-même: Franciacorta de style champenois, mais malgré tout lombard. Puis s’enchaînent un Cava, un muscat espagnol de la région d’Alicante, un vin de cépage listan en provenance des Îles Canaries, un Corton-Bressandes, un Rioja en macération carbonique et un vin …chinois (produit par LVMH).

On regrettera que les vins proposés avantagent manifestement les dégustateurs espagnols, dont on peut supposer qu’ils connaissent bien les vins élaborés dans leur propre pays. 8 vins espagnols sur un total de 14, ça fait désordre. Autant savoir que l’organisateur est un acteur commercial de premier plan, basé à Barcelone. Le concours est un outil de marketing comme un autre.

La paire victorieuse est -qui l’eût cru- de nationalité espagnole.

les Açores: la pierre volcanique, l’océan et la vigne

Tout cela me replonge en hier soir, lorsque nous dégustâmes à l’aveugle 12 vins dont il finit par s’avérer qu’ils étaient tous originaires …des Açores. Une très belle sélection, en particulier les blancs secs: toniques, digestes et concentrés. Un Portugal de l’extrême ouest, encore très peu connu.

Je conserve en particulier le souvenir d’un 2018 issu du cépage terrantez do pico, salin, précis, caillouteux, très long et m’évoquant irrésistiblement le Chablis (Grand Cru).

1.667 bouteilles produites. Alcool: 12,5%. Grand vin. Anthocyane ne le vend pas.

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La Belgique existe !

Pourquoi une si laide jaquette ?

Publication aujourd’hui de l’édition 2021 du Hugh Johnson’s Pocket Wine Book. Un rendez-vous annuel avec ce qui bouge, ce qui frétille, ce qui explose dans le monde du vin. Il faut comprendre « monde du vin » de façon littérale puisque, au-delà des pays classiques, y sont abordés la Slovaquie, le Kosovo, le Mexique, l’Uruguay et tant d’autres. Une vision certes anglo-saxonne mais assez universelle: Hugh Johnson est anglais, pas américain, ce qui me semble faciliter la lecture de ce côté de l’Atlantique. Bien sûr, c’est le travail d’une équipe comptant une trentaine de membres.

Il se disait depuis un certain temps que la Belgique finirait bien par figurer dans ce guide. C’est fait. Hallelujah. Sonnez trompettes et hautbois. Faites péter les bouchons de Crémant de Wallonie. L’entrée se fait néanmoins par la petite porte, en simple et brève annexe au chapitre consacré au Grand-Duché.

Le texte commence par rappeler que notre petit royaume est avant tout réputé pour ses bières et son chocolat, mais que de plus en plus de vins intéressants sont produits par nos 500 hectares de vignes. On indique que 80% des vins sont blancs ou effervescents. On chiffre à une douzaine les Domaines qui cultivent plus de 10 hectares. On fait savoir que chardonnay et pinots (blanc, gris, noir, auxerrois) dominent la scène des cépages, accompagnés par quelques « résistants » (johanniter, regent, solaris).

Pour conclure (…déjà…), une liste des meilleurs producteurs que je vous livre « in extenso »: Aldeneyck, Bon Baron, Chant d’Eole, Clos d’Opleeuw, Crutzberg, Entre-Deux-Monts, Genoels-Elderen, Gloire de Duras, Hoenshof, Kitsberg, Kluisberg, Meerdael, Pietershof, Schorpion, Vandeurzen, Vignoble des Agaises, Vin de Liège, Waes.

18 fois bravo à ces Domaines dont le travail, le courage et les vins sont ainsi récompensés. Il se trouvera bientôt un groupe d’amateurs brésiliens ou finlandais qui voudront absolument goûter le jus de la treille, façon Belgique. Evidemment, cela rendra les meilleures cuvées plus rares et plus chères. A chaque médaille son revers…

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Frédéric Mabileau

Bourgueil Racines 2013, ouvert hier soir, en modeste hommage

Frédéric Mabileau, viticulteur de Saint-Nicolas-de-Bourgueil, est décédé lundi 31 août, suite à un accident d’ULM sur le site de l’aérodrome de Saumur. Il avait 53 ans.

Anthocyane a eu le plaisir d’importer ses vins entre 2013 et début 2015: Bourgueil Racines, St-Nicolas-de-Bourgueil Coutures, St-Nicolas-de-Bourgueil Les Rouillères, St-Nicolas-de-Bourgueil Petits Grains, Saumur Le Chenin du Puy, …

Les Rouillères 2011

Ô grand Saint-Nicolas

Site Internet du vigneron

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« Le Champagne affronte une crise historique »

Le Soir publie, dans son édition de ce weekend, un papier du Figaro consacré au Champagne. Pas mal d’information sur les mécanismes qui expliquent le fonctionnement de ce marché peu banal. Et un rappel utile: le vin, c’est aussi du business

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L’Espagne, c’est maintenant !

Il reste de la place pour participer à la dégustation de ce samedi 22 août, pendant l’après-midi.

Programme

Aspects pratiques

Inscription via https://doodle.com/poll/6sm2esksy2z4b7cd.

Vous pouvez vous inscrire jusqu’à samedi, juste avant de venir.

Les commandes doivent me parvenir au plus tard le mardi 25 août.

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Dégustation: aspects pratiques

Vu la situation sanitaire, la dégustation se déroule selon une formule « sur inscription » et je limite les présences simultanées à deux « bulles ».

Si la météo le permet, la terrasse est accessible.

La dégustation de juin m’a appris que 45 minutes, c’est trop court : j’ai prévu cette fois des périodes d’une heure, à partir de 10h et jusqu’à 18h.

Il y a donc 16 plages horaires pour participer. Si vous venez à deux (monsieur et madame, père et fils), ne réservez qu’une seule plage horaire puisque vous faites partie de la même « bulle ».

Voici le lien vers le formulaire d’inscription : https://doodle.com/poll/6sm2esksy2z4b7cd

Si les plages horaires qui vous conviennent ne sont plus disponibles, faites-moi signe et je vous inscris sur une liste d’attente.

Quelques précisions :

  • Venez s’il vous plaît à l’heure précise, au début de votre plage horaire
  • Lors de votre arrivée, passage par le lavabo, où eau et savon vous attendent
  • Vous disposez de 55 minutes sur place « all in » : je prends 5 minutes pour préparer l’arrivée des deux « bulles » suivantes
  • Emmenez avec vous votre verre pour déguster, un stylo-bille et -si possible- un crachoir (je disposerai de crachoirs de fortune, sous format bouteille d’eau minérale coupée en deux par le milieu)
  • Je me charge d’ouvrir les portes, de les fermer et du service du vin
  • Cela va de soi, mais c’est encore mieux quand c’est explicite : bas les masques ! Déguster masqué …impossible.
  • Vous pouvez bien entendu faire usage du lavabo au moment de repartir.
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Le musée virtuel du vin

Pour tout qui s’intéresse au vin de façon …multidimensionnelle, voici une initiative passionnante qui, certes, ne se boit pas, mais offre une autre façon de goûter et d’apprécier: le musée virtuel du vin.

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Poids lourd

Je me suis récemment régalé des tentatives audacieuses de Frugalpac et de Garçon Wines pour mieux gérer le poids et la forme du contenant-du-vin. La bouteille en papier, la bouteille carrée, pourquoi pas ? Ce n’est pas gagné, mais le sujet est -et sera- de plus en plus incontournable.

Contre-exemple ahurissant: attendu que la dégustation est un art fort subjectif, attendu que la perception du contenant fait inconsciemment partie intégrante de l’évaluation du contenu, attendu que le poids du flacon lui confère un certain prestige, attendu que le prix dudit flacon est proportionnel à son prestige, attendu que le Champagne est prestigieux et qu’il est -pour des raisons techniques liées à la pression- conditionné dans une bouteille lourde…

…un sympathique domaine, sis en Roussillon, propose une nouvelle cuvée haut de gamme au poids de 1,9 kg, vin compris. Pour chaque centilitre de vin, 15 grammes de verre coloré offerts.

Franchement, j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un magnum. Mais non, juste un flacon monstrueux. Une tératobouteille. Un objet obèse qui affirme haut et fort qu’il contient forcément un excellent vin. Plus tu as du mal à soulever la bouteille, plus le vin est meilleur.

Je suppose que cela fait partie d’un plan marketing bien étudié pour parler à la clientèle qui en veut plein les yeux. Mon dos se refuse néanmoins à participer à cette farce.

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Le Soir goûte le vin wallon

Raymond Leroy, Vignoble des Agaises à Haulchin (au sud-est de Mons)

Intéressante initiative du quotidien Le Soir: faire le point sur l’évolution du vignoble wallon. 5 pages, publiées consécutivement pendant la semaine qui commence le 06 juillet.

On y aborde les plus célèbres (en tous cas de ce côté-ci du Quiévrain) et quelques plus obscurs. Une bonne lecture pour percevoir à quel point le vin belge n’est plus une note en bas de page, mais un véritable chapitre. D’autant plus un jour de Fête Nationale !

Un jour, un deuxième volet, pour aborder le vignoble flamand ? Qui sait…

Ci-dessous, téléchargement des 5 articles en un seul fichier .pdf.

Le succès grandissant des vins belges

Dans une Belgique réputée pour ses bières, le vin est en train de trouver sa place. Le boom viticole est palpable : les surfaces et la production ont quintuplé ces dix dernières années. Mais ça reste pour l’heure un produit de niche.
Disciples de Bacchus et du roi Gambrinus, les Belges cultivent aujourd’hui davantage la vigne que le houblon. Sans pouvoir parler de tradition, l’histoire viticole belge s’est surtout écrite ces dernières années.
Elle ne date pourtant pas d’hier. Au Moyen Age, chaque grande ville ou quasi possédait son vignoble. Le petit âge glaciaire à partir du XVème siècle mais aussi la succession de guerres et de conquêtes de notre territoire ont petit à petit mis fin à l’aventure viticole. Publié en 1850, le premier recensement agricole faisait état de 166 hectares de vignes. Aujourd’hui, la Belgique en compte près de trois fois plus. Certains évoquent à terme une capacité de 10.000 hectares.
Si des petits vignobles amateurs ont refait surface du côté de Huy dans les années 1970, le renouveau s’est amorcé au tournant du siècle, réchauffement climatique aidant. Parmi les pionniers, l’homme d’affaires Pierre Rion (…)

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Frugalpac

Me coltinant plus que régulièrement des cartons de 12 bouteilles et étant équipé de série d’un dos fragile (cela me rappelle d’ailleurs mon rendez-vous chez le kiné), je suis sensible à tout ce qui pourrait réduire le poids du vin. Les idées fusent, l’une encore plus créative que l’autre.

Mon œil n’en croit pas ses yeux, voici un fabricant britannique qui met sur le marché la bouteille en …papier. Poids annoncé: 83 grammes. Bien sûr, le papier est doublé à l’intérieur par une couche de matériau plastique de qualité alimentaire.

Au-delà d’une longue série d’arguments de type écologique, le site Internet de Frugalpac souligne également que la bouteille se transforme ainsi en étiquette géante, ce qui permet d’envisager la création de bouteilles au design audacieux: la photo ci-dessus l’illustre.

On ne peut s’empêcher de se poser quelques questions sur le transport, sur la résistance au temps qui passe et sur la méthode de bouchage. On me dira que cela ressemble furieusement au bag-in-box et que le supermarché est le canal de distribution naturel pour un tel objet.

N’empêche. J’applaudis l’initiative.

La Cantina Goccia (Ombrie) met un premier vin sur le marché.

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Styrie: l’Autriche versant sud

les 15 régions DAC

L’Autriche du vin, c’est incontestablement l’Autriche orientale, aux frontières de la République Tchèque, de la Slovaquie, de la Hongrie et de la Slovénie. Non, pas de vin dans le Tyrol, à moins de s’être perdu en Italie, dans le Südtirol a.k.a. Alto Adige.

L’austro-vignoble est organisé en 17 régions, dont 15 ont le droit d’adjoindre à leur nom l’acronyme DAC (Districtus Austriae Controllatus). Il n’est pas exclu que les deux régions restantes (Thermenregion au centre, Wagram au nord) finissent par rejoindre ce système.

Dans le contexte d’une dégustation privée, je m’intéresse aujourd’hui à deux régions austro-méridionales: Südsteirmark DAC et Vulkanland Steirmark DAC. Pour la commodité, je me permets (…non peut-être…) de résumer ces deux régions en Styrie.

le klapotetz, une spécialité locale pour effrayer les oiseaux, amateurs de raisin mûr: le bruit est audible de loin !

La Styrie, c’est +/- 4.300 hectares de vignes, soit +/- 10% du vignoble autrichien. Elle est connue essentiellement pour ses vins blancs secs, en particulier ceux élaborés avec le cépage sauvignon. Ce cépage est présent en Styrie depuis plusieurs siècles.

Le riesling et le grüner veltliner, qui incarnent la notoriété des DAC danubiennes (Wachau, Kremstal, Kamptal) sont quasi inexistants ici et cèdent leur place au chardonnay, au pinot blanc (weissburgunder), au welschriesling (sans lien de parenté avec le « vrai » riesling) et au gelber muskateller (sec). On lira souvent morillon sur les étiquettes: il s’agit d’un simple synonyme local du chardonnay.

le vignoble Zieregg, depuis la terrasse du Domaine Tement (fin août 2018)

Une douzaine de vignerons de talent ont créé l’association STK (Steirische Terroir & Klassik Weingüter) pour promouvoir ensemble leur région et ses vins. Leurs bouteilles portent l’acronyme STK sur la collerette. Les membres sont internationalement reconnus et joliment couverts d’éloges par la presse du vin.

Par exemple, le Falstaff, guide faisant référence en Autriche, accorde 5 étoiles (c’est-à-dire le maximum) à Weingut Tement (à Berghausen-Ehrenhausen) et à Weingut Sattlerhof (à Gamlitz).

Ce même guide accorde 4 étoiles (…ça fait encore un très beau général…) à Weingut Wohlmuth (à Kitzeck-Sausal), à Weingut Polz (à Spielfeld-Ehrenhausen), à Weingut Erwin Sabathi (à Leutschach), à Weingut Lackner-Tinnacher (à Gamlitz), à Weingut Gross (à Ehrenhausen) et à Weingut Neumeister (à Straden, dans le Vulkanland Steiermark).

Parmi une vingtaine d’autres domaines, Weingut Hannes Sabathi (Gamlitz) et Weingut Maitz (Ehrenhausen) sont crédités de 3 étoiles.

Les domaines ci-dessus sont pour la plupart situés à un jet de javelot de Nafi (quand son coude est de bonne humeur) de la Slovénie, au point que certains domaines possèdent des vignes de l’autre côté de la frontière. C’est par exemple le cas pour Tement et Gross.

Les paysages sont absolument magnifiques, rappelant parfois la Toscane. Les promenades ne sont pas de tout repos, elles stimulent vigoureusement le muscle cardiaque et les mollets.

Méfiance du côté de votre GPS, lequel pourrait bien ignorer totalement l’existence de routes en Slovénie: selon l’animal installé dans ma Tiguan, au-delà de la frontière, il n’y aurait …rien.

à gauche de la ligne noire, c’est la Slovénie…le néant !

La latitude du vignoble est similaire à celle du Mâconnais et du Sancerrois. Pour des spécialistes du chardonnay et du sauvignon, c’est bien joué !

Sur les étiquettes, le terme ried peut se traduire par cru ou parcelle spéciale: c’est le sommet de la gamme. Un vin qui provient d’un ried est un riedenwein.

Ortswein désigne le vin élaboré avec des parcelles situées dans un même village (par exemple: Gamlitz, Ehrenhausen, Eichberg, …). Enfin, gebietswein désigne les vins de type régional.

Pour plus d’information au sujet du sauvignon en Styrie, rendez-vous sur le blog « Les 5 du Vin« , pour une série de 3 articles publiés en 2015, sous la plume avisée de David Cobbold. La plupart de l’information est encore pertinente aujourd’hui.

Voir aussi le site Internet officiel du vin autrichien, remarquablement bien fait, ainsi que le site Wein/Steiermark.

Nous goûtons 11 vins, entre cépages et vignerons, sur les millésimes 2015, 2016 et 2017. Tous les vins ont été achetés sur place, lors d’un voyage effectué fin août 2018. Ils sont goûtés dans l’ordre suivant:

Hannes Sabathi Gamlitz (sauvignon) 2017 19,00 €
Tement « Morillon Muschelkalk » (chardonnay) 2016 13,00 €
Maitz Ehrenhausen (sauvignon) 2017 21,00 €
Lackner-Tinnacher « Franz Lackner » (welschriesling) 2016 24,00 €
Tement Ciringa Fosilni Breg Reserve (sauvignon) 2015 (SLO) 15,00 €
Sattlerhof Gamlitz (weissburgunder) 2017 17,00 €
Gross Ried Perz (gelber muskateller) 2017 29,00 €
Wohlmuth Ried Sausaler Schlössl (chardonnay) 2016 25,00 €
Neumeister Ried Klausen (sauvignon) 2016 25,00 €
Polz Ried Graßnitzberg (chardonnay) 2015 22,00 €
Tement Ried Graßnitzberg (sauvignon) 2016 21,00 €

les 11 de Styrie

Tous les vignerons dont nous dégustons les vins font partie de l’association STK. Wohlmuth n’a rejoint l’association que récemment, ce qui explique l’absence du logo STK sur la collerette de sa bouteille, issue du millésime 2016.

Le liège n’a plus vraiment la cote en Styrie: 5 bouchons en verre, 3 capsules à vis et seulement 3 bouchons en liège parmi ces 11 bouteilles.

Commentaires de dégustation

Globalement, une dégustation, à l’aveugle jusqu’au cinquième vin, surprenante, avec une belle série de vins à forte personnalité. Aucun vin décevant. Beaucoup de salinité et de fraîcheur.

Mes compagnons, malgré leur incontestable talent, n’ont pas découvert la région. Ce qui tendrait à prouver que la Styrie manque d’une image forte: STK a encore du boulot !

Chaque vin a été noté sur 20 par les huit participants. Je reprends pour chaque vin ma note, puis la note moyenne du groupe.

Hannes Sabathi Gamlitz (sauvignon) 2017: ortswein du village de Gamlitz. Alcool: 13%. Robe très claire. Nez de sauvignon « musqué », vin très aromatique, pamplemousse, soufre/allumette. Bouche aromatique et vive. Finale sur quelques amers, belle longueur saline. 15/20 & 15,1/20

Tement « Muschelkalk » (chardonnay) 2016: gebietswein issu de plusieurs parcelles sur calcaire coquillier. Alcool: 12,5%. Nez plutôt discret. La bouche commence assez aimable, mais voici que pointe un citron, joliment vif, au point d’évoquer un riesling 15/20 & 15,1/20

Maitz Ehrenhausen (sauvignon) 2017: ortswein du village d’Ehrenhausen. Sous-sol calcaire. Fort potentiel de vieillissement. Alcool: 12,5%. Ce vin m’avait un peu laissé sur ma faim lors d’une pré-dégustation à l’ouverture du flacon. Nez minéral, difficile de penser au sauvignon. Bouche dense, salinité, une vraie personnalité, pourrait faire penser à un albariño de Galice. 15,5/20 & 15,9/20

Lackner-Tinnacher « Franz Lackner » (welschriesling) 2016. Alcool: 13%. Nez de chardonnay, des fruits blancs, de la pêche. Bouche « chablisienne », assez extrême, longueur sur le caillou. 15/20 & 15,1/20

Tement Ciringa Fosilni Breg Reserve (sauvignon) 2015: vin slovène issu de parcelles dans le prolongement du Zieregg. En langue slovène, fosilni breg signifie approximativement « fossile marin ». Alcool: 13%. Nez volcanique, bouche très dense, serrée, précise, en devenir, concentrée et longue. Un premier coup de cœur. 16/20 & 16,1/20

Sattlerhof Gamlitz (weissburgunder) 2017: ortswein du village de Gamlitz. Le Domaine est en bio. Vignoble situé à 350/450 mètres d’altitude. Alcool: 12,5%. Ce vin est assez dense, mais un peu simple, moins vif et plus consensuel que les précédents. C’est néanmoins équilibré et agréable. Beau pinot blanc, net et bien sec. On en profite pour évoquer les difficultés du pinot blanc en Alsace. 15/20 & 14,7/20

Gross Ried Perz (gelber muskateller) 2017. Altitude: 470 mètres. Alcool: 12%. Nez nettement sur le basilic. Bouche parfaitement sèche, une certaine rondeur, une amertume végétale typique du cépage. Grande maîtrise d’un cépage compliqué. Une vraie bonne surprise ! 15,5/20 & 15,7/20

Wohlmuth Ried Sausaler Schlössl (chardonnay) 2016. Coteaux de schiste/ardoise à forte pente, jusqu’à une altitude de 600 mètres. Alcool: 13%. Serait-on à Chablis ? Acidité majeure, vin de garde, précision, aucune perception d’élevage, plein d’agrumes, impressionnant jusqu’à faire un peu peur. Infanticide. 16,5/20 & 15,6/20

Neumeister Ried Klausen (sauvignon) 2016. Le seul vin originaire de Vulkanland Steirmark DAC. Alcool: 13%. Franchement difficile de reconnaître le cépage, vin très dense, avec des notes lactiques/beurrées. Comparable au type Mellot, civilisé, chic et plutôt accessible. 16,5/20 & 16/20

Polz Ried Graßnitzberg (chardonnay) 2015. 12 mois sous bois. Alcool: 13%. Le premier vin dans la série à assumer un élevage (bien dosé). Nez boisé, vanillé. Bouche assez large, mais précise. Un peu luxueux, mais vraiment énergique 16/20 & 16,4/20

Tement Ried Graßnitzberg (sauvignon) 2016. Alcool: 12,5%. Nez complexe, étonnant, plutôt introverti. Grande élégance, léger variétal, équilibre parfait, l’élevage est imperceptible en tant que tel, longueur phénoménale/exceptionnelle sur le caillou, infanticide. 17,5/20 & 16,5/20

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dégustation information

compte-rendu de dégustation

Ce fût une belle dégustation…

Il faisait beau, les vins se goûtaient bien. Nous avons tenté de respecter au mieux les recommandations C-19, mais n’y sommes pas toujours parvenus. Merci en tous cas à chaque valeureux participant, pour sa ponctualité, sa patience et son enthousiasme. 45 minutes ne suffisaient manifestement pas pour faire le tour complet de la douzaine de vins présentés.

Ne m’étant pas interrompu une seule minute entre 10h30 et 18h30, mon dos, mes pieds et ma gorge se sont chargés de me faire passer une soirée très tranquille et globalement horizontale. Ne me demandez pas de commenter ce que j’ai regardé à la télévision samedi soir …je somnolais déjà.

Les Rochers 2019, Mâcon-Vergisson, Guerrin: Très beau succès commercial. Excellent rapport plaisir/prix. Nez floral, délicat mais pas introverti. Attaque très nette, sur la fraîcheur. En milieu de bouche, du gras et de l’intensité. Jolie persistance, les sensations fraîches et rondes se répondent l’une l’autre.

Vignes de Ratier 2017, Menetou-Salon, Pellé: Nez fin et discret: le sauvignon ne saute pas à la figure du dégustateur. Plus proche d’un Sancerre sur marnes kimméridgiennes que d’un Sauvignon de Touraine, si bon soit-il. Progressivement, arômes d’orange. Bouche souriante, arrondie. Finale sur la caillou chaud. Une dégustation du millésime 2014 montre tout le potentiel de ce vin !

Kallstadt 2017, riesling, Rings: Nez franchement minéral, au sens d’une promenade sur le gravier, en été, juste après l’orage. Pamplemousse, un peu de citron, tension marquée. Parfaitement sec, mérite un peu de garde. Quelques participants ont évoqué des notes de pétrole, classiques sur les rieslings évolués.

GPS 2018, Côtes du Jura, Pignier: A pleinement confirmé son statut d’OVNI. Très forte personnalité, en puissance. Arômes de fraise, du fumé, un peu de rose. Beaucoup de matière, encore sauvage. Mérite un repos en cave pour harmoniser et fondre toutes ses composantes. 0% de soufre parfaitement maîtrisé, sans la moindre déviance aromatique.

Valpolicella 2019, Speri: Toutes les qualités que l’on souhaite trouver dans un vin de ce prix: beau fruit, équilibre impeccable, alcool modéré (12.5%), capacité à s’associer avec une multitude de plats, capacité à ne déplaire à personne. NB: ce vin est en recommande chez le fournisseur et ne sera disponible qu’en juillet.

Les Grézeaux 2018, Chinon, Bernard Baudry. Couleur violacée, nez complexe avec du fruit noir (mûre), de l’encre, de l’encens. Attaque solaire, mais milieu de bouche rigoureux. Superbe jus, plein de pulpe et d’énergie. Très bons tannins. Pas l’ombre de l’ombre d’un arôme de type poivron vert: ce cabernet franc est MÛR !

Emilien 2015, Bordeaux Côtes de Francs, Château Le Puy: confirme sa réputation de « différence ». Malgré la proximité géographique avec St-Emilion et 85% de merlot, ce vin n’évoque en rien les Bordeaux Rive Droite contemporains. Couleur évoluée, épices, tabac, comme un Rioja « à l’ancienne ». Vin apaisé, prêt à boire et susceptible d’une longue, voire très longue, garde. Tannins fondus, beaucoup d’élégance. Pour dégustateurs aventureux.

Reliefs 2015, Côtes Catalanes, Le Roc des Anges: Nez sur la cerise, le cassis. Une pointe de viande fumée. Ouvert et intense. Bouche d’une texture soyeuse, comme un doux jus de cerise. 100% carignan, cépage qui confirme sa capacité à enfanter de grands vins, du moins quand les vignes sont âgées (entre 60 ans et un siècle dans ce cas-ci). Vin extraverti et prêt à boire.

Le Pas de D. 2018, Languedoc Terrasses du Larzac, Le Pas de l’Escalette: Couleur plutôt légère (grenache 30%). Premier nez raffiné, avec du laurier et de la garrigue, très pur. Waouw ! Bouche encore fort jeune qui a besoin de temps pour s’harmoniser. A ce stade, plus puissant que fin. Très belle qualité des tannins, longueur fruitée et épicée.

Réserve 2018, Gigondas, Les Bosquets: Nez fascinant qui évoque plutôt le Rhône Nord (syrah 35%), fruits noirs, fumé, violette. Bouche évoquant Châteauneuf-du-Pape, pleine de feu et d’arômes. Assume pleinement sa condition de vin du Sud. Plus destiné à l’hiver et au gibier qu’à l’été au jardin.

Pommard Les Noizons 2018, Domaine Lafouge: Nez d’un fruit magnifique, très pur. Cette délicatesse est si intense qu’elle « passe au-dessus » des trois vins puissants qui l’ont précédée ! Bouche en finesse et en précision.

Nous sommes dans le secteur de l’appellation Pommard qui déroge complètement à l’image classique: Pommard = vin puissant, tannique, boisé, nécessitant une très longue garde. Le style est comparable à ce qui se fait de mieux en 1er cru Pézerolles et en Beaune Clos des Mouches, tous deux proches voisins.

Les vins sont disponibles dans le magasin en-ligne, sous la catégorie « les dégustations ». Commande via le magasin ou via e-mail, selon votre bon plaisir.