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Comment je m’y prends: le mystère enfin percé

en Allemagne et en mai 2022

Ce n’est pas sorcier, il y a deux phases cruciales: sélectionner les meilleurs importateurs, puis repérer les vins les plus intéressants au sein de leurs gammes respectives.
J’achète chez les importateurs ce que j’ai d’abord vendu à mes clients. Je n’ai donc, en théorie, aucun stock.

La pratique est un peu différente, quelques centaines de bouteilles sont disponibles immédiatement. Mais il est fort possible que les flacons que vous souhaitez acquérir soient encore sagement alignés dans l’entrepôt de l’importateur…Donnez-moi quelques jours pour les faire atterrir chez moi et les mettre à votre disposition.

Parfois, un millésime est épuisé chez l’importateur sans que je le sache. Je propose ce millésime de bonne foi, mais ne serai pas en mesure de vous le fournir. C’est malheureusement inévitable. Je sais que cela peut être frustrant puisque je crée de la déception. Mais c’est inhérent à la formule Anthocyane.

Dans le magasin, il est possible de naviguer par domaine. Chaque image carrée correspond à un Domaine:

  • dont Anthocyane a vendu les vins
  • dont Anthocyane vend les vins en ce moment
  • dont Anthocyane s’apprête à vendre les vins.

Concrètement, lorsque vous cliquez sur une image et que vous ne voyez apparaître aucun vin, cela signifie qu’il n’y a pas de vin de ce Domaine disponible en ce moment. Je laisse les images visibles parce qu’il est fort possible que des vins soient à nouveau proposés dans un futur plus ou moins proche.

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Vin allemand: comment s’y retrouver ?

vignoble Aldinger dans le Württemberg

Le monde du vin allemand est complexe et il est en ébullition. Tout change depuis une bonne vingtaine d’années, en opposition avec la tradition germanique qui classe les vins en fonction de la quantité de sucre présente dans les raisins lors de la vendange. C’est cette richesse en sucre qui est à la base du classement traditionnel des vins : kabinett, spätlese, auslese, beerenauslese, trockenbeerenauslese.[1]

Avec des raisins de type kabinett et spätlese, il est possible d’élaborer soit des vins secs ou du moins d’esprit sec (la législation allemande affirme qu’un vin est sec trocken s’il contient moins de 9 grammes de sucre résiduel[2]), soit des vins demi-secs, voire moelleux. Le type auslese correspond le plus souvent à des vins moelleux, mais il n’est pas exclu de trouver un auslese trocken avec 14% d’alcool, voire un peu plus.

Les types beerenauslese et trockenbeerenauslese sont toujours moelleux ou liquoreux. Ces vins botrytisés sont rares et chers, voire extrêmement chers. On peut se risquer à comparer beerenauslese à la Sélection de Grains Nobles alsacienne. Et trockenbeerenauslese à l’Eszencia hongroise (Tokaji). Ils sont très peu alcoolisés (6%), avec plusieurs centaines de grammes de sucre résiduel par litre et une acidité incroyablement élevée, qui équilibre le sucre.

Si le mot trocken ne figure pas sur l’étiquette, vous pouvez être certain qu’il s’agit d’un vin avec une certaine douceur.

Ce qui précède, c’est déjà le passé. Le regard des meilleurs vignerons allemands s’est aujourd’hui tourné vers l’ouest, en direction de l’Alsace et de la Bourgogne. C’est une autre façon de classer qui s’impose progressivement, basée sur le lieu dont le vin est issu et de la qualité associée à ce lieu : vin régional (Gutswein), vin communal (Ortswein), vin issu d’une parcelle premier cru (Erste Lage), vin issu d’une parcelle grand cru (Grosse Lage). C’est la pyramide de la qualité.

Une association privée est à l’origine de ce nouveau regard : VDP. On reconnait les vignerons membres de cette association à la présence d’un aigle stylisé sur la collerette des bouteilles.

VDP n’a, à ma connaissance, pas d’équivalent dans les autres pays européens. Les membres sont choisis par cooptation. Il y a +/- 200 membres. L’aigle VDP est un indicateur de qualité fiable.

Leur site Internet : https://www.vdp.de/en/

Comme souvent pendant une phase de transition, différents classements coexistent, suscitant sans doute une certaine confusion. Certains domaines traditionnalistes ne s’inscrivent pas dans la nouvelle démarche, certaines régions utilisent des systèmes légèrement différents, certains vignerons contestent le classement (ou l’absence de classement) de telle parcelle[3], certains éléments de la charte VDP sont repris dans la nouvelle loi allemande de 2021, d’autres ne s’appliquent qu’aux membres de l’association. Le consommateur peut légitimement se sentir un peu largué…

La région est l’entité géographique de base. Au sens strict, la notion d’appellation n’existe pas pour le vin en Allemagne.

La plupart des vignobles réputés se situent dans les parages du Rhin ou de l’un de ses affluents (Moselle, Main, Ahr, Neckar).

Il y a 13 régions, d’importance fort différente : Ahr, Baden, Franken (en français : Franconie), Hessische Bergstrasse, Mittelrhein, Mosel, Nahe, Pfalz (en français : Palatinat), Rheingau, Rheinhessen, Saale-Unstrut, Sachsen, Württemberg.

Les vins issus de parcelles spécifiques sont généralement décrits sur l’étiquette par <nom du village>< ‘er’ facultatif> <nom de la parcelle>.

Par exemple : un Westhofener Morstein est un vin issu de la parcelle Morstein, située sur le village de Westhofen. Par exemple : un Volkacher Karthäuser est un vin issu de la parcelle Karthäuser, située sur le village de Volkach.

Lorsque le nom de la parcelle possède une grande notoriété, certains vignerons omettent le nom du village. Exemple : au Domaine Knipser (région Pfalz), on mentionne simplement la parcelle Steinbuckel, en oubliant de lui accoler le village Laumersheim[4].

Les vins issus d’une parcelle Grosse Lage portent souvent[5] les lettres « GG », imprimées sur l’étiquette et gravées dans le verre de la bouteille : il s’agit alors d’un vin Grosses Gewächs, un vin grand cru issu d’une parcelle grand cru. Un vin Grosses Gewächs est toujours sec.

Le cépage est toujours mentionné sur l’étiquette. A noter que l’Allemagne produit presque uniquement des vins monocépages. L’assemblage est très peu pratiqué ; un vin d’assemblage s’appelle Cuvée.

Le pinot noir est en général appelé spätburgunder[6], ce qui se traduit littéralement par bourguignon tardif. Cela permet de mieux comprendre le rare cépage frühburgunder, le bourguignon précoce, qui est apparenté au pinot noir mais qui mûrit plus rapidement. Le cépage lemberger est parfois mieux connu sous son nom autrichien : blaufränkisch.

La région est toujours mentionnée sur l’étiquette, mais cela peut être discret.

Certaines régions sont prestigieuses mais très peu étendues (Ahr, Rheingau), deux parmi elles sont situées en ex-RDA et leurs vins ne sont presque pas exportés (Saale-Unstrut, Sachsen), d’autres n’ont pas vraiment de notoriété (Hessische Bergstrasse, Mittelrhein), une autre élabore essentiellement des blancs demi-secs, moelleux et liquoreux (Mosel).

Les définitions géographiques des régions sont parfois surprenantes. Par exemple, Baden regroupe des vins élaborés à la frontière suisse (Basel, Bodensee) et d’autres vins, élaborés dans le centre du pays, aux portes de la Franconie (Tauberfranken) : comptez +/- 400 kilomètres entre le sud et le nord de la région !

On a l’habitude de considérer l’Allemagne comme un pays de vins blancs. C’est vrai, dans la proportion des deux-tiers : 69.000 hectares de raisins blancs, 34.000 hectares de raisins noirs.

En termes de cépages, c’est le riesling[7] qui fait la course en tête (23%) devant le pinot noir (11%) et le müller-thurgau[8] (11%).

On trouve également des vignobles consacrés au pinot gris, pinot blanc, silvaner[9], chardonnay, sauvignon.

Et quelques spécialités, en rouge, à la réputation mitigée : dornfelder, portugieser, trollinger, schwarzriesling (en français : pinot meunier)…

Le terme Alte Reben correspond aux « vieilles vignes » en France. La définition de l’âge qui donnerait droit de mentionner « vieilles vignes » sur une étiquette est aussi inexistante en Allemagne qu’elle ne l’est en France.

Le bouleversement climatique pousse à présent certains vignerons à faire des essais avec des cépages plus sudistes, comme la syrah, le merlot et le tempranillo. Dans certaines parties de la région Baden, le climat est trop chaud pour y cultiver du riesling.

Il fût un temps où les blancs contenaient presque toujours une certaine quantité de sucre résiduel, peu d’alcool et beaucoup d’acidité. Le vin pouvait être excellent, mais le consommateur francophone/latin se demandait toujours ce qu’il allait faire de la bouteille.

Il fût un temps où les rouges étaient souvent défigurés par un élevage en barriques surdosé, exhibitionniste et asséchant.

Les choses ont radicalement changé ! Et voilà donc un excellent prétexte pour proposer la dégustation de 12 vins allemands contemporains.

Notes:

[1] Il faut 17 grammes de sucre par litre pour générer 1% d’alcool. Un vin tout-à-fait sec qui titre 13% provient de raisins qui contenaient 221 grammes de sucre.

[2] La règle exacte est plus complexe, elle prend en compte l’acidité du vin : plus le vin est riche en acidité, plus il peut contenir de sucre résiduel tout en étant considéré comme trocken. C’est plutôt logique puisque l’acidité masque le sucre.

[3] C’est le cas du Domaine Georg Breuer dans le Rheingau. Il fait incontestablement partie de l’élite des meilleurs domaines allemands mais a très mal pris l’absence de classement VDP de la parcelle du Nonnenberg, dont Breuer est le seul propriétaire (monopole). Breuer a donc claqué la porte de VDP derrière lui. Lorsque j’ai eu la chance de goûter Nonnenberg, j’ai compris la frustration du Domaine…

[4] Bon, en fait, en tous petits caractères, il est bien indiqué Laumersheimer Steinbuckel ». Ouf !

[5] Pas toujours. Mais cela nous entrainerait trop loin. Disons que certains vignerons ne déclarent pas en GG un vin issu de jeunes vignes de façon à ne pas dévaloriser le terme GG.

[6] Certains vignerons utilisent spätburgunder pour leurs vins d’entrée de gamme et pinot noir pour leurs vins les plus chers/prestigieux. L’inverse ne se fait, à ma connaissance, jamais.

[7] 44% du riesling dans le monde est planté en Allemagne. En France ? 6%. Eh oui…

[8] Rarement à l’origine de grands vins.

[9] Avec un ‘i’ et non un ‘y’. L’Allemagne est de loin le plus grand producteur au monde de silvaner (régions Rheinhessen et Franken). Les meilleurs silvaners sont allemands.

Une sélection de vins allemands a été dégustée le vendredi 25 février. Un article, intitulé à table ! a été consacré à cette dégustation. Les vins ont été regroupés dans un rayon du magasin.

Commandes jusqu’au mardi 08 mars inclus.

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La vallée de l’Ahr est détruite

L’Ahr est une rivière de 89 km de long, un affluent du Rhin. Vous me voyez venir ? Malheureusement, on peut aujourd’hui comparer Ahr et Vesdre. Des inondations catastrophiques. Une vallée ravagée, détruite. Un grand nombre de victimes et de disparus: officiellement 112 décès dans ce tout petit coin d’Allemagne.

L’Ahr est aussi un vignoble de grande réputation: on y élabore en particulier des pinots noirs remarquables, voire exceptionnels. Une série de Domaines se distinguent, avec une solide notoriété internationale: Meyer-Näkel, Jean Stodden, Deutzerhof, Kreuzberg, JJ Adeneuer, Bertram-Baltes, Nelles, …

Les vignobles se situent bien entendu sur les pentes, en hauteur. Ils ont souffert des pluies diluviennes, mais ce n’est pas irréparable.

Les maisons, les stocks, les installations techniques, les fûts, les véhicules, les locaux commerciaux, tout ça se situe dans la vallée. Il ne reste à peu près rien. Je vous fais grâce des photos.

Il n’y aura donc pas de pinots noirs 2020, ils ont disparu dans la boue. On peut se demander aussi comment les vignerons vont pouvoir rentrer la vendange 2021. La solidarité des autres vignobles allemands se met progressivement en place. Mais ce sera forcément difficile.

Il faudra de longues années et énormément de courage.

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Le vin en France: quelques chiffres

Parmi les raisins blancs, cette infographie mentionne l’ugni blanc dont les amateurs de vin peuvent ignorer l’existence: c’est en effet le raisin qui est utilisé pour l’élaboration du cognac. Pour le vin de qualité, son rôle est marginal.

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Ce livre est une Bible !

La Bible. Je ne vois pas de meilleure comparaison: Wijnland Duitsland est le nouveau livre de référence pour le vin allemand. 415 pages, richement illustrées, pour connaître et comprendre, pour se balader et pour bien manger/boire.

Les auteurs, Gerd Brabant et Marc Roovers, sont belges et connaissent leur sujet en profondeur. Ils se sont vraiment promenés dans les villages et les vignobles, ils ont vraiment rencontré les vignerons, ils ont vraiment testé restaurants et hébergements, ils ont vraiment goûté les vins.

Ce livre concrétise une grande quantité d’informations de première main, patiemment collectées et organisées avec méthode. La passion des auteurs jaillit de chaque page. J’oserais même affirmer que ce livre est une première, tous pays confondus. Je ne vois en tous cas rien de comparable consacré à la France.

Toutes les régions sont minutieusement décrites, y compris la Saxe et la Saale-Unstrut dont même les amateurs de vin allemand n’ont sans doute pas entendu parler.

Une introduction historique et règlementaire précède les 13 chapitres régionaux: un processus de simplification des règlements et des étiquettes est en cours. Une nouvelle vision, « bourguignonne », basée sur une hiérarchie des parcelles (appellation régionale, village, premier cru, grand cru), se met progressivement en place. Mais cela semble conduire paradoxalement à la concomitance de différents systèmes -parfois contradictoires- et à une confusion grandissante.

Plus que jamais, un guide est précieux pour se lancer sur le terrain du vin allemand ! On attend pour la fin de cette année 2021 les textes légaux définitifs, en espérant qu’ils soient conçus pour (aussi) faciliter la vie du consommateur.

Chaque chapitre régional comporte des informations précises, récentes et détaillées: cépages plantés, meilleurs vignobles, vignerons à qui rendre visite, restaurants de qualité dans les différentes catégories de prix et hébergements les plus charmants. Une promenade pédestre complète joliment le descriptif de chaque région, la part consacrée aux hommes qui font le vin est importante et justifiée. Beaucoup de références, via l’adresse des sites Internet.

Est-ce un guide touristique ou un livre destiné aux amateurs de vin, avides de parfaire leurs connaissances ? Les deux, mais le tourisme est toujours regardé au travers de la lorgnette du dégustateur.

Bon à savoir: ce n’est pas un atlas. La part réservée aux cartes géographiques est limitée. Un livre complémentaire est le Wine Atlas of Germany (Dieter Braatz, Ulrich Sautter, Ingo Swoboda), dont la version en langue anglaise date de 2014.

Il me semble que l’éditeur aurait pu ajouter un index et une table des matières, pour faciliter la consultation d’un livre épais et dense.

Bon, cet ouvrage est rédigé en néerlandais. Une édition anglophone verra peut-être le jour, mais je crains qu’une édition francophone ne soit exclue: le marché pour un tel livre dans les pays francophones/latins est malheureusement (trop) limité. Essayez d’ailleurs de trouver une carte des vins dans un restaurant français qui présente une belle sélection de vins allemands. Bonne chance…

L’Allemagne du vin, c’est à côté de chez nous. 3 heures de route suffisent pour être en Moselle, 5 à 6 heures pour la Franconie et le Pays de Bade. Par comparaison, il faut 6 heures pour être à Beaune (Bourgogne) et autant pour arriver à Tours (Loire).

Wijnland Duitsland, Gerd Brabant et Marc Roovers, stichting kunstboek, ISBN 978-90-5856-662-1. Devrait à présent se trouver dans les bonnes librairies, en Flandre et à Bruxelles, au prix de € 45. Si vous ne le trouvez pas, prenez contact avec moi.

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Dégustation en petits flacons: FAQ

De quoi s’agit-il ? Troisième édition de la dégustation en « take-away » via petits flacons ce samedi 01 mai. Chaque participant vient chercher chez moi une boîte contenant 15 petits flacons. Les petits flacons contiennent chacun 3 cl d’un très bon vin.

Que faut-il faire pour participer ? Réserver en me transmettant un e-mail. Si le stock de boîtes disponibles est épuisé, je vous place sur une liste d’attente (au cas où il y aurait un désistement de dernière minute).

Qu’est ce que ça coûte ? Rien, la boîte des petits flacons est offerte. Par contre, je tiens ardemment à récupérer les petits flacons vides, rincés. Je soupçonne en effet que l’on ne peut exclure une quatrième édition.

Quand puis-je venir chercher ma boîte de petits flacons ? Uniquement ce samedi 01 mai, entre 10 et 18 heures. Si vous avez une idée approximative de l’heure à laquelle vous passerez, communiquez-la moi, ça me facilité beaucoup l’organisation du remplissage des petits flacons.

Comment commander les vins que j’ai appréciés ? Quelle bonne question … Soit directement dans le magasin, soit via e-mail. En tous cas, au plus tard le mardi 04 mai. Je passe les commandes chez les importateurs de façon à pouvoir mettre les vins commandés à disposition dès le samedi 08 mai.

Je déguste avec mon épouse, puis-je recevoir deux boîtes ? Non, désolé. Une boîte par client. Comme il y a 15 petits flacons dans la boîte, il y a facilement moyen de se partager le travail, par exemple moi les rouges, toi les blancs…

Où puis-je trouver l’information relative aux vins qui participent à la dégustation ? La plupart des vins participants ont fait l’objet d’un article sur ce site Internet. Les 15 vins participants sont également regroupés dans le magasin: les petits flacons portent un numéro qui figure également dans cette rubrique du site.

En alternative, on peut télécharger la liste des vins participants, avec les numéros:

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Offre de printemps

J’apprends à l’instant que le printemps commence le 20 et non le 21. Hop, on en profite !

Vu les circonstances défavorables, pas de dégustation dans l’immédiat, mais une date-butoir pour passer vos commandes « offre de printemps », à savoir le mardi 23 mars. Je transmets aux importateurs le lendemain et les bouteilles arrivent chez moi le vendredi, pour mise à votre disposition à partir du samedi 27 mars.

Tous les vins qui participent à cette offre de printemps sont rassemblés ici.

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La Chevalerie est en deuil

J’ai appris ce vendredi le décès de Stéphanie Caslot, à l’âge de 41 ans. Stéphanie, c’est le Domaine de La Chevalerie, à Bourgueil.

Lors de mon premier voyage en France pour le compte d’Anthocyane, en septembre 2012, j’avais fait étape à La Chevalerie. J’avais longuement dégusté avec le papa, Pierre Caslot, et il était temps de parler d’importation, de prix et de logistique. Je compris rapidement que c’était Stéphanie qui était en charge de ces aspects. Quelques instants plus tard, elle déboulait dans la cave, juchée sur son tracteur. Pierre: « Stéphanie, ce Monsieur vient de Belgique, il voudrait importer nos vins« . Stéphanie: « La Belgique ? Ah non, ils payent toujours en retard !« . Gloups.

La suite se révéla beaucoup plus cordiale: Stéphanie est directe, drôle, énergique, fiable. Les vins ont été importés par Anthocyane et ont toujours été payés selon notre accord.

Je l’ai revue ensuite au Domaine mais surtout lors de différents salons professionnels. C’étaient des bons moments, avec beaucoup d’humour et de gentillesse.

Je n’ai plus eu de contact avec Stéphanie après 2015 quand Anthocyane s’arrêta d’importer directement les vins. Cela ne m’empêche pas de me sentir très triste aujourd’hui.

Coïncidence bizarre: mercredi passé, j’étais à la recherche d’un bon rouge pour accompagner notre repas du soir. Une fois dans la cave, mon œil est tombé sur un Bretêche 2008, du Domaine de La Chevalerie. Le vin était excellent. Je ne jetterai pas la vidange.

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« Le meilleur de la terre et de la science »

Je ne recule décidément devant aucun sacrifice. Ayant été titillé par une page de publicité dans le numéro de février-mars du magazine du distributeur D., connu également sous le nom d’artiste Le Lion, je me suis rendu dans le susmentionné supermarché pour y faire l’acquisition d’un flacon de vin …sans alcool. Je reconnais humblement que c’est une attitude discutable, mais sollicite malgré tout d’être jugé avec mansuétude, ayant été soumis récemment à de fortes pressions des types « dry january » et « tournée minérale« .

La publicité, c’est merveilleux. Voici un florilège: « Sans alcool, riche en antioxydants et plein de saveur « , suivi par un appétissant « Savourez pleinement le goût d’un vin supérieur, mais sans l’alcool: trinquons à ça ! « 

Illustrons notre propos:

Au sein de cette large gamme, j’ai sélectionné le shiraz pour l’épreuve pratique. Etiquette sobre, à la limite du minimalisme, qu’illumine néanmoins le slogan « best of earth and science « . La contre-étiquette est très anglo-saxonne: beaucoup d’information …en caractères minuscules. Après bien des efforts, mes yeux fatigués distinguent en particulier une date best before 15/10/2022, une allusion à la présence éventuelle de traces de lait et la mention de 3,9 grammes de sucre par verre de 10 centilitres. Dans le texte en français, je lis « aromatisé à la cerise noire « ; le texte néerlandais affiche quant à lui « arômes de cerise noire « , ce qui n’est pas vraiment la même chose. Pas de millésime apparent.

Allez, je tords la capsule à vis et m’en sers une franche rasade. Premier constat: c’est d’une couleur peu dense, un rouge presque brique, plus orangé que violacé. Une odeur jaillit du verre, c’est violent: du bois pourri ? Un ersatz de vin de fruit, fabriqué en laboratoire ? En bouche, c’est pire: fort sucré et sans la moindre acidité, le liquide est terriblement plat. Il n’y a ni structure, ni tannins, ni matière. Par contre -et malheureusement- une vraie longueur sur la cerise chimique.

J’espérais tomber sur un produit d’une grande banalité, susceptible de se substituer à un petit vin lorsque les circonstances l’exigent. Eh bien non, c’est absolument répugnant. C’est du terrorisme en bouteille. N’importe quel jus de raisins est largement meilleur. La présence du mot « vin » dans la publicité et sur l’étiquette est incompréhensible. Cette mauvaise plaisanterie m’a coûté € 5,99. Quel pourrait bien être le public-cible ?

J’ai collé la bouteille au frigo, pour regoûter -si le cœur m’en dit- quand ce sera froid. Qui sait…

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Espagne: la réalité des chiffres est surprenante !

Intéressante infographie qui détaille quelles sont les régions espagnoles qui produisent le plus/le moins de vin. En me concentrant sur les chiffres relatifs, la Castille-La-Mancha représente presque 60% de la production. Le podium est complété -à grande distance- par l’Estrémadure (7%) et la Communauté de Valence (6%).

Les régions qui parlent particulièrement aux amateurs, comme la Rioja, la Catalogne, la Castille-Y-Leon, la Galice et l’Andalousie (Jerez/sherry) représentent ensemble à peine 19% de la production en volume. Les îles (Baléares et Canaries) ne représentent quasi rien.

58% de raisins blancs (sans doute expliqués par l’airen, planté massivement en Castille-La-Mancha) pour 42% de raisins rouges. Je ne m’y attendais pas. Comme quoi, il y a un sacré écart entre ce que nous buvons et ce qui est produit !

PS: merci à Hervé Lalau qui vient de publier cette infographie sur le blog « Les 5 du Vin ».

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Et ce « millésime » 2020 ?

Une année 2020 bizarre, imprévisible et vraiment peu favorable à la dégustation: ni avec mes fournisseurs, ni avec mes clients.

Malgré tout, dégustation « classique » le 08 février (in tempore non suspecto), offre « Résistance » fin mars/début avril (sans dégustation, bien entendu), puis deux dégustations « pas plus de deux bulles autour du bar », sur inscription préalable (le 13 juin et le 22 août: entre les vagues), enfin le coup des petits flacons (« la dégustation en take-away ») le 14 novembre.

La réapparition du site Internet en février: 105 articles et 45.000 mots; la réouverture du magasin-en-ligne début juin et le retour de la newsletter « state of the art » en juin.

175 vins proposés à votre attention (95 vins français, 38 vins espagnols, 28 italiens, 9 allemands, 3 autrichiens, 1 portugais et 1 grec). Degré alcoolique moyen: 13,2%.

Palmarès en nombre de bouteilles vendues: le rosé Miraflors 2019 du Domaine Lafage (Roussillon), le rouge Sorcières 2019 du Domaine du Clos des Fées (Roussillon), le blanc Les Rochers 2019 du Domaine Guerrin (Bourgogne/Mâconnais).

Podium des régions: Loire, Roussillon, Rhône.

52% de rouges, 40% de blancs, 7% de rosés, quelques bulles et bouteilles d’huile d’olive. Le cépage chardonnay est le plus prisé. 35% des vins vendus sont issus du millésime 2019, 39% de 2018 et 16% de 2017.

Conclusion: vu les circonstances, avoir proposé plus de vins qu’en 2019 et avoir vendu plus de bouteilles qu’en 2019, ça constitue un bon résultat. Merci à mes fournisseurs et à mes clients d’avoir rendu cela possible ! Merci à Catherine pour avoir écouté et réagi, pour avoir subi mes moments de doute, pour avoir contribué au bon fonctionnement des dégustations et pour tant d’autres choses encore.

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Mouton-Rothschild 2018 est ludique !

Comme chaque année, Château Mouton-Rothschild a confié son étiquette à un artiste contemporain. C’est une tradition depuis 1945.

A été retenu pour le millésime 2018, le chinois Xu Bing, spécialiste de la calligraphie.

Et alors ? Eh bien, ce Xu Bing ne manque pas d’humour: ce qui peut passer au premier coup d’œil pour la simple juxtaposition esthétique de deux caractères chinois se révèle être un jeu graphique basé sur notre alphabet latin. Regardez de plus près et souvenez-vous du nom du château…

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4. Festival des vins d’Italie: impressions, soleil levant

Maintenant que la sélection est (quasi) définitive, voici quelques éléments, au gré de mes souvenirs et de mes émotions. Pas la volonté d’objectiver, plutôt de partager quelques impressions, par petites touches de couleur sur la toile.

Je me souviens du temps où les vins blancs italiens manquaient d’intérêt, certainement observés par le prisme des chardonnays toscans, lourds, maladroitement boisés et manquant d’énergie. Je ne me suis pas réconcilié avec ces chardonnays toscans, mais le choix est devenu beaucoup plus vaste. Les vins issus du verdicchio (Bucci, Umani Ronchi) prouvent qu’il ne faut pas importer le chardonnay pour élaborer des vins qui ressemblent aux meilleurs blancs bourguignons, du moins comparés à prix similaires.

Le garganega vénitien (Suavia) et le cortese piémontais (Coppo) peuvent également procurer beaucoup de satisfactions, à la condition qu’ils soient plantés dans les terroirs qui les révèlent. Le pecorino d’Italie centrale (Lunaria) affiche un profil bien à lui, minéral, végétal, citronné. Enfin, le vermentino sarde (Argiolas), bien connu des amateurs de vins corses, met en évidence de fins amers de fin de bouche.

Sur ce même thème, j’ai ouvert très récemment une bouteille du millésime 2010 de la cuvée Hérzu du vigneron piémontais Ettore Germano: c’est un 100% riesling qui a vaillamment traversé le temps. Très sec, plus proche du profil allemand que du profil alsacien, plein de citron vert, savoureux, tendu et encore jeune: ça ne pétrole pas. Belle surprise !

Beaucoup de flacons sont bouchés par du liège technologique, comparable au DIAM ou par des matériaux synthétiques, imitant le liège. Le bouchon classique est passé de mode; ni la capsule (une exception: le Soave de Suavia), ni le bouchage sous verre n’ont trouvé leur place. Gurrieri a choisi un bouchon très particulier, le même modèle que celui utilisé par Matthieu Barret (Cornas etc…).

Ma sélection de vins rouges met en évidence de plus en plus de produits relativement peu colorés, vraiment rouges et non noirs-violacés. C’est en particulier le cas pour les siciliens (Gurrieri, Firriato) et pour les toscans (Riecine, Istine, Canalicchio di Sopra). Cela tient forcément à un goût personnel pour les extractions modérées, mais aussi à la progression de ces vins plus infusés qu’extraits. Less is more. Quel paradoxe malgré tout d’avoir nommé mon projet ANTHOCYANE, alors que j’apprécie tant les anthocyanes modérées…

J’ai privilégié des vins de haute buvabilité, terminologie certes dans l’air du temps, mais qui me semble également se référer à un principe éternel: la recherche de l’équilibre (les funambules savent que ce n’est pas si simple à gérer) avant la recherche du « maximum » (la poussée brutale sur l’accélérateur exige moins de talent que la maîtrise du fil). Botonero, Valpolicella Speri, Torrazzo, Gricos, Casal di Serra…ont, chacun à sa façon, le talent de se rendre faciles à boire. Attention, cet adjectif qui, lorsqu’il est accolé à une fille, peut éveiller le soupçon, souligne ici la qualité de vins dont sont absentes crispations et disharmonies diverses.

Même conditionné par la lecture de bien des commentaires dithyrambiques sur la qualité exceptionnelle du millésime 2016 à Barolo et dans les limites de ma modeste expérience de ce type de vins, je constate avoir été soufflé par le Castiglione du Domaine Vietti. C’est bien sûr destiné à la garde, mais c’est déjà irrésistible ! Les 30 euros de supplément par rapport à Perbacco sont-ils justifiés ? Je crains qu’il n’y ait pas de réponse à cette question. Perbacco est en tous cas un brillant second vin !

Très content d’avoir découvert ce montepulciano de Valle Reale, présentant les Abruzzes sous un jour nouveau. Vin très personnel, belle expression du lieu dont il est issu. Impact, pour une fois favorable, du bouleversement climatique. Et la fraîcheur des Pouilles (si, si…) via Fatalone et Rivera: les appellations Gioia del Colle et Castel del Monte contrebalancent avec brio le puissant soleil local.

Je me suis vraiment bien amusé à préparer cette large sélection. J’espère avoir maintenant le plaisir de la partager avec vous !

Tous les vins sont commentés directement dans le magasin: sélectionnez « les dégustations », puis « 14 novembre 2020 ». Ou cliquez ici. Commandes jusqu’au mardi 17 novembre inclus.

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Mes doutes, ma décision

Le désarroi, l’absence de perspectives, l’imprévisibilité. Le déni ou le catastrophisme, faites vos jeux, faites votre choix. Les média qui hésitent entre rapporter les faits et s’ériger en donneurs de leçons. Les nombres qui perdent toute signification: 1.000, 10.000 et alors ? Les témoignages qui interpellent. La monopolisation de nos conversations par un et un seul sujet. Le vocabulaire pour dire sans avoir dit. Les comparaisons incessantes avec ailleurs ou avec avant. Les émotions légitimes qui finissent par obscurcir la perception du réel. Les classements de pays et de régions, comme un palmarès sportif. Les règlements de compte entre spécialistes. La tentation du repli sur soi, pour oublier. Les soignants fragilisés et stressés: la même chose en pire. Les systèmes, procédures, méthodes, baromètres, thermomètres en état de chaos. L’embrouillamini. Le doute, mes doutes.

Mes doutes. Dois-je mettre Anthocyane en hibernation précoce, considérant que mes petites tentatives pour vendre quelques bouteilles sont à la fois désespérées et pathétiques ? Dois-je renoncer parce que certains importateurs baissent pavillon et qu’ils postposent leurs dégustations ?

Comment savoir si vous êtes en recherche d’un commerçant en vins (qui se croit) un peu plus malin que le virus ou si vous estimez que, franchement, ce n’est pas l’heure d’acheter du jus de raisin, d’autant plus que cave, grenier et placards sont bourrés jusqu’à la gueule de bouteilles ?

Décision: je ne me résigne pas. A suivre. Molto presto.
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Plaidoyer pour l’assemblage

Voici un article « in extenso » publié ce jour par David Cobbold sur le blog « Les 5 du vin« . L’illustration ci-dessus provient également de cet article. Le titre de l’article a été modifié par mes soins.

Une opinion rafraîchissante et qui pose de bonnes questions !

Je constate depuis quelques temps une tendance assez sensible, particulièrement chez certains producteurs de vins hauts-de-gamme, à la multiplication de petites cuvées souvent dites « parcellaires » qui fragmentent leur production en produisant une série qui s’étend de plus en plus. J’ai aussi parfois l’impression que cette quête de l’individualité singulière de chaque parcelle, cuve ou barrique relève d’une recherche d’une certaine idée de « pureté » qui serait quasi-métaphysique. L’idée qui guide les producteurs dans cette démarche est que chaque parcelle, voire chaque cépage, produirait un vin au caractère différent et qui mérite d’être présenté à part. Si le constat est, dans le fond, indiscutable (et on pourrait probablement aller plus loin et faire des micro-cuvées avec chaque pied de vigne car chaque individu est différent), je me demande si une telle approche est une si bonne idée. 

Deux raisons motivent ma perplexité et doute devant cette approche : l’une est commerciale, l’autre est organoleptique.

Sur le plan des ventes et de la communication, plus une gamme est large, plus cela devient compliqué de l’expliquer à sa clientèle. Les documents, les discours et les dégustations s’allongent, et les ruptures de stock deviennent plus difficiles à gérer, sans parler de toute la logistique de la production. Il est vrai aussi qu’une gamme large avec plein de noms permet de donner certaines exclusivités par type de clientèle, mais alors on perd aussi l’essentiel du message qui est, pour le consommateur, de pouvoir comparer les nuances entre ces cuvées censées être si intéressantes et différentes.

Mais ma principale objection est gustative. Les vins ainsi fragmentés en de multiples petites cuvées ne sont pas meilleurs, bien au contraire ! Cela relève du syndrome du « déshabiller Pierre pour habiller Paul ». Plusieurs expériences, plus ou moins récentes, nourrissent mon opinion. Une des plus récentes s’est produite cet été, lors de deux journées passées dans le vignoble de Cahors avec Marie-Louise Banyols et Florent Leclercq. La plupart des producteurs visités (ils étaient 6) ont multiplié le nombre de leurs cuvées, généralement avec un accent parcellaire. Même si certaines de ces cuvées nous semblaient réussies, dans beaucoup de cas nous leur avons préféré les vins d’assemblage.

Autre région : la Bourgogne. Il y a quelques années, je dégustais des vins de Chablis dans le chai de Michel Laroche, avec celui qui était alors le propriétaire de la maison éponyme. Après avoir essayé une série issue de parcelles des grands crus, il me disait être convaincu de pouvoir faire un meilleur vin en les assemblant, mais que le marché aurait du mal à accepter cela. Avec une pipette, nous avons donc opéré un essai qui fut, pour nous deux, concluant. Le caractère « crayeux » de Blanchots a allégé la force un peu brute du Clos, puis les autres parcelles apportaient leur lot de fruit, de rondeur, etc.

Il y a deux semaines, j’ai conduit une dégustation « découverte » pour un client avec des vins de différents pays et cépages. La série des vins rouges, tous très bons, comportait un Chianti Classico, un Zinfandel de Sonoma, un Cabernet Sauvignon de Napa et un SGM (Syrah, Grenache, Mourvèdre) de Barossa. Comme il restait un verre ou deux dans chaque bouteille après la dégustation, j’ai tout assemblé pour avoir moins de flacons à emporter et j’ai dégusté le résultat le soir-même. Ce vin, issu de trois continents et de six cépages était un des meilleurs vins rouges que j’ai dégustés cette année ! L’acidité du Sangiovese a apporté son allégresse à la densité fruité du Zinfandel, comme aux tannins serrés du Cabernet, puis le fruité souple et raffiné du vin de Barossa à rajouté une patine soyeuse à l’ensemble.

Un autre souvenir concerne le vin rosé. Au moment où les Provençaux faisaient tout un battage protectionniste pour imposer l’interdiction d’assembler vins rouges et vins blancs pour faire du rosé (alors que les deux couleurs de raisins peuvent très bien se côtoyer dans le pressoir), j’ai tenu une classe sur les vins rosés pour un des mes groupes d’étudiants. A côté de bons rosés de différentes régions, dont un Bandol de Pibarnon, j’ai inséré un joker, servi à l’aveugle. J’avais assemblé ce vin dans ma cuisine le jour-même, à partir de différents vins, rouges et blancs, mais en faisant attention à l’équilibre de l’assemblage. Les élèves l’ont élu meilleur rosé de la soirée !

Je sais que cela va choquer les puristes, mais je pratique souvent des assemblages « sauvages » entre des flacons d’échantillons que je reçois, après les avoir dégustés et afin de réduire le gaspillage, et parfois aussi d’obtenir des vins agréables à boire dans des bouteilles pleines en limitant l’oxydation. Comme pour faire une bonne sauce, je réserve évidemment ce traitement aux sujets sans défauts et, si possible, ayant des caractères complémentaires. Très souvent le vin qui en résulte est meilleur que les ingrédients y ayant contribué. 

Je ne suis pas en train de dire qu’il faut tout assembler et faire un vin unique pour tout le monde. Cela serait contre plein de principes fondamentaux : l’individualité du goût, la variabilité du goût dans le temps et l’espace, et la joie de la diversité. Mais simplement qu’il faut bien réfléchir avant de subdiviser à l’infini sa production dans de multiples cuvées. La somme est parfois bien plus intéressante que le simple cumul mathématique des ingrédients.

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Bien utiliser le magasin

De plus en plus souvent -et en particulier pour les nouveaux vins- le magasin est le lieu privilégié pour retrouver facilement toute l’information relative à un vin précis. C’est de type « entrée libre »: entrer dans le magasin ne vous oblige pas à y acheter !

Voici par exemple la fiche d’un nouveau Châteauneuf-du-Pape:

La fiche du vin comporte toujours les informations de base (le millésime, les cépages, l’appellation, le degré, etc..) mais aussi des informations complémentaires, certes subjectives, mais qui ont l’ambition d’intéresser le lecteur et de faciliter le choix fatidique: achat ou pas achat ?

Pour la facilité, je reprends ci-dessous le texte qui illustre la fiche de ce Châteauneuf-du-Pape:

Voici un vin aussi peu connu que mystérieux.

Le terroir ? Surtout …du sable. La localisation ? Lieux-dits Pignan et La Guigasse. Cépages ? 100% grenache. Le type de vinification ? En vendanges entières.

Si quelque chose vous évoque le mythique Château Rayas, vous avez gagné, nous sommes chez ses voisins.

Il y a deux cuvées parcellaires: La Guigasse et Le Grand Pin. C’est cher: respectivement € 65 et € 85.

Il y a aussi une cuvée de jeunes vignes, essentiellement des vignes replantées en 2011 dans la parcelle du Grand Pin (0,24 hectare, soit un rectangle de 100 mètres sur 24). Ce n’est pas donné, mais c’est d’une très très grande finesse.

Le nez des Sablons évoque le pinot noir, c’est léger et aérien. Bouche en dentelles, très délicate, fraîche et florale. La présence de l’alcool est diffuse, en arrière-plan, sans pesanteur. C’est bien du Châteauneuf-du-Pape, mais d’une catégorie que l’on a vraiment peu d’occasions de goûter. L’antithèse absolue des vins en puissance que l’on associe souvent au goût parkérien.

Chapelle Saint-Théodoric est un projet mené par un vigneron (Baptiste Grangeon) et par un importateur américain (Peter Weygandt). La quasi-totalité des bouteilles prend le chemin des Etats-Unis. D’où un déficit de notoriété de ce côté de l’Atlantique et l’absence de mention dans la presse française du vin.

A Châteauneuf-du-Pape, le millésime 2016 est considéré comme étant d’une qualité exceptionnelle.

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ARTE: Des vignes et des hommes

vignoble Stettener Stein

Une intéressante série de documentaires consacrés au vin et ceux qui le font, partout sur la planète. Les images sont belles, la qualité de l’information plutôt élevée. Parfois une bourde sans doute causée par une traduction imprécise, mais cela ne gâche pas le plaisir.

Accès via Arte.tv, puis rechercher « Des vignes et des hommes ».

Je viens de regarder le documentaire consacré à la Franconie (Franken, en allemand), région que j’apprécie beaucoup. De très beaux souvenirs de vacances ! C’est à 5 heures en voiture, depuis Bruxelles. En somme, un peu moins loin que Beaune…

Les personnages principaux de cet épisode sont Ludwig et Sandra Knoll, propriétaires du Domaine Am Stein, à Würzburg. Anthocyane peut vous proposer différentes cuvées de ce Domaine réputé, parmi lesquelles le silvaner Stettener Stein dont il est question ici.

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Pouilly-Fuissé tient ses premiers crus

Est-ce la fin de la saga ? Cela fait bien longtemps que les vignerons de Pouilly-Fuissé se demandent pourquoi leur appellation n’aurait pas droit à ses premiers crus, comme en Côtes de Nuits et en Côtes de Beaune, comme à Chablis et en Côte chalonnaise. Ces vignerons ont donc rempli le dossier, persévéré, participé à moult réunions, persévéré encore pour que le Prestige descende enfin sur le Mâconnais.

En jargon administratif, cela donne: Le comité national des appellations d’origine relatives aux vins et aux boissons alcoolisées, et des boissons spiritueuses, réuni en séance le 3 septembre 2020, a approuvé la reconnaissance de 22 climats accompagnés de la mention « premier cru » qui pourront être adjoints à l’AOP « Pouilly-Fuissé ».

Normalement, ce sera d’application à partir du millésime 2020 sauf si un nouvel obstacle se dresse sur la route qui mène à la Valorisation (c’est le terme pudique utilisé pour indiquer que les prix-consommateur vont augmenter: c’est du moins le but de la manœuvre).
24% du vignoble passent en appellation premier cru: cela représente une superficie totale de 194 hectares.

J’espère que le boulot de délimitation a été effectué en prenant en compte le potentiel réel des parcelles et que la part dévolue aux inévitables compromis politico-économiques a été réduite à la portion congrue. Pour les éventuels sceptiques, je dois bien concéder que la surface initialement prévue a été récemment augmentée d’une douzaine d’hectares: on est passé subrepticement de 182 à 194 hectares…

Le nord se situe à droite: Vergisson est au nord, Chaintré au sud

Voici donc les 22 premiers crus de l’appellation Pouilly-Fuissé, classés par village :

CHAINTRÉ
Aux Quarts
Le Clos de Monsieur Noly
Le Clos Reyssier
Les Chevrières

FUISSÉ
Le Clos
Les Brulés
Les Ménétrières
Les Perrières
Les Reisses
Les Vignes Blanches
Vers Cras

SOLUTRÉ-POUILLY
Au Vignerais
Aux Chailloux
En Servy
La Frérie
Le Clos de Solutré
Pouilly
Vers Cras
Aux Bouthières

VERGISSON
En France
La Maréchaude
Les Crays
Sur La Roche