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3. Festival des vins d’Italie: « à la carte »

Le principe « à la carte » est simple: vous m’indiquez un nombre de bouteilles, un budget et ce que vous ne souhaitez pas. Un e-mail avec ces quelques infos et je me charge de la concrétisation. Cette commande peut être retirée le 14 novembre.

Quelques exemples d’éléments qui peuvent m’aider à vous concocter la meilleure proposition: « pas de blancs, ma cave en est pleine »; « pas de vins qui coûtent plus de €15″; « pas de toscans, je les connais bien »; « pas de vins à boire dans les deux ans, j’ai ce qu’il me faut dans cette catégorie-là »; « pas de vins avec une acidité marquée »; etc…

J’insiste: communiquez-moi surtout ce que vous ne souhaitez pas. C’est en général plus facile à exprimer de façon précise et cela ouvre le chemin vers la découverte, vers le vin auquel personne ne pense spontanément et qui se révèle à l’usage être un vrai coup dans le mille !

Les vins qui participent au Festival des vins d’Italie sont ici. Les commandes doivent me parvenir au plus tard le mardi 17 novembre.

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2. Festival des vins d’Italie: le colis-découverte

Une bouteille de chaque vin, une façon maline pour déguster chez soi, avant de choisir ce que l’on a préféré.

Voici 8 rouges et 4 blancs pour faire un large et beau tour de la Botte, sous la forme d’un colis-découverte. J’ai privilégié tant la diversité des régions que celle des cépages. Equilibre entre des vins que je connais plutôt bien (le même vin, le nouveau millésime) et des nouveautés, découvertes récemment.

Il s’agit de bouteilles dont le prix à l’unité varie entre € 11 et € 19. Ces bouteilles sont disponibles individuellement dans le magasin.

  • Sicile: Domaine Gurrieri, Frappato 2019 (cépage: frappato) Rg
  • Toscane: Domaine Istine, Chianti Classico 2018 (cépages: sangiovese 90%, canaiolo, colorino) Rg
  • Basilicate: Domaine Grifalco, Gricos 2018 (cépage: aglianico) Rg
  • Vénétie: Domaine Speri, Valpolicella Classico 2019 (cépages: corvina 60%, rondinella 30%, molinara) Rg
  • Piémont: Domaine Francesco Rinaldi, Barbera d’Alba 2018 (cépage: barbera) Rg
  • Lombardie: Domaine Mamete Prevostini, Botonero 2018 (cépage: nebbiolo) Rg
  • Pouilles: Domaine Rivera, Violante 2017 (cépage: Nero di Troia) Rg
  • Abruzzes: Domaine Valle Reale, Vigneto Sant’Eusanio 2017 (cépage: montepulciano) Rg
  • Abruzzes: Domaine Lunaria, Civitas 2019 (cépage: pecorino) Bl
  • Sardaigne: Domaine Argiolas, Meri 2019 (cépage: vermentino) Bl
  • Marches: Domaine Umani Ronchi, Casal di Serra 2019 (cépage: verdicchio) Bl
  • Vénétie: Domaine Suavia, Soave Classico 2019 (cépage: garganega) Bl

Colis de 12 bouteilles, disponible dans le magasin pour commande dès à présent et jusqu’au mardi 17 novembre inclus (sauf rupture de stock) au prix de € 169. Ce colis peut être livré gratuitement (Bruxelles et les deux Brabants). Il n’est bien sûr pas interdit de venir l’enlever chez moi si vous en avez la possibilité.

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1. Festival des vins d’Italie: dégustation en « take-away »

Je m’adapte aux circonstances, voici la dégustation en take-away: vous passez chez moi le samedi 14 novembre, entre 10 et 18 heures, vous vous garez devant la maison et je dépose une boîte avec 20 petits flacons numérotés dans le coffre de votre voiture. Sitôt arrivés, sitôt repartis !

Dans chaque petit flacon: 3 centilitres d’un très bon vin italien. Remplissage artisanal par mes soins ! Vous goûtez chez vous, vous me passez commande de ce qui vous a plu, au plus tard le mardi 17 novembre.

Je livre gratuitement votre commande (minimum 12 bouteilles panachées) à l’adresse de votre choix (Bruxelles et les deux Brabants). Vous pouvez bien entendu ajouter d’autres vins à cette commande: voir magasin.

Indispensable réservation de votre boîte avec 20 petits flacons, par e-mail: anthocyane@skynet.be Les réservations sont prises en compte dans l’ordre dans lequel elles me parviennent. Ne tardez pas, le nombre de boîtes est limité.

Mise à jour: toutes les boîtes ont été attribuées.

Vous pouvez ainsi déguster à votre rythme, au moment de la journée qui vous convient le mieux, avec le verre dont vous avez l’habitude, « à l’aveugle » ou en sachant ce que vous goûtez. Mes commentaires sont joints à la boîte et se trouvent également sur le site Internet d’Anthocyane. Goûter le jour même est fortement recommandé: le vin contenu dans le petit flacon a une durée de vie limitée.

Les vins participants font partie de la liste affichée ici. Le fantastique Barolo Castiglione de Vietti fait de toute façon partie de la sélection pour les 20 petits flacons.

En résumé: dégustation « take-away », samedi 14 novembre, entre 10 et 18 heures. Sur indispensable réservation préalable. 20 petits flacons dans une boîte. Chaque flacon contient 3 centilitres d’un très bon vin italien. Les commandes doivent me parvenir au plus tard le mardi 17 novembre.

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Denis Mortet: superbe Côte-Rôtie !?

Un anniversaire un peu particulier, fêté quelques heures après les nouvelles mesures annoncées par Rudi Vervoort. Cela faisait déjà un bon moment que nous avions compris que notre weekend du côté de Paliseul (où Maxime a installé sa Table) était une illusion, noyée dans le gel hydroalcoolique. Nous étions donc fins prêts pour un scénario alternatif et casanier.

D’un tire-bouchon assuré, le Gevrey-Chambertin En Dérée vieille vigne 2002 de Denis Mortet fut libéré de son flacon, tel le génie qui jaillit de la lampe… Pouf-pouf. Je m’égare.

Je me souviens, avec une pointe de nostalgie, de mes achats chez Bénévins, caviste schaerbeekois de la rue de Jérusalem. C’était au début du présent siècle, le millésime dudit Gevrey se chargeant aimablement de confirmer mes dires. Denis Mortet était alors une star, le vigneron en qui s’incarnait une nouvelle Bourgogne, faite de vins plus colorés, plus extraits et plus marqués par le fût neuf. Une réaction face à une certaine tradition bourguignonne qui pouvait parfois confondre légèreté et maigreur, voire attribuer au sacro-saint terroir toute sortes d’imprécisions, à la vigne comme à la cave.

Du vin a coulé sous les ponts depuis lors. Paix à l’âme, réputée torturée, de Denis Mortet.

En Dérée est un climat d’un peu moins de trois hectares, situé à l’extrême nord de la commune de Gevrey, là où celle-ci est contigüe à la commune de Brochon. Quelques parcelles de Brochon ont d’ailleurs droit à l’appellation Gevrey-Chambertin, le reste passant, je crois, en Côte-de-Nuits-Villages.

Et donc ? C’est vraiment très bon: grand fruité, grande fraîcheur (la première gorgée est franchement acide), profondeur des saveurs. C’est jeune, comme si l’évolution avait à peine commencé. Le boisé est fondu, l’alcool (13%) ne déséquilibre pas le vin. Beaucoup de plaisir. L’accord fonctionne vraiment bien sur la biche. On finit la bouteille sans le moindre effort…

Mais il y a un « mais ». A l’aveugle, je suis persuadé que j’aurais confondu ce Bourgogne avec une Côte-Rôtie ou, en tous cas, avec une syrah du Rhône Nord. C’est exactement la même erreur que celle que j’ai commise en 2005 en goûtant un Marsannay Longeroies 1998 de ce même Denis Mortet. Est-ce grave, docteur ? Disons que cela permet d’alimenter la conversation et la réflexion. J’ai passé un excellent moment avec ce vin dont l’origine géographique et ampélographique m’échappe.

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Macédoine de fruits

Ô le joli titre ! A condition de se souvenir que l’appellation Naoussa se situe en Grèce septentrionale, plus précisément en …Macédoine.

Naoussa, c’est le terrain de prédilection du cépage xinomavro (littéralement acide-noir). Par goût assumé de la contradiction, je vous présente donc un 100% xinomavro qui ne distingue ni par sa couleur très sombre, ni par une acidité féroce. Le xinomavro est régulièrement comparé au nebbiolo (Barolo et Barbaresco en Piémont), même s’il n’y a aucune proximité génétique entre les deux cépages.

Couleur lumineuse, mais plutôt claire. Le nez est épicé, sur la cerise, avec beaucoup de précision. Quelques notes terreuses. La bouche est vraiment fruitée (…ça justifie mon titre…) et assez tannique. Facile à boire, comme il convient pour un vin issu de jeunes vignes. Très bon rapport QP ! Déguster légèrement rafraîchi. J’insiste « légèrement », sans quoi les petites tannins pourraient jouer les trouble-fête.

Le vin est élaboré avec des raisins en provenance de deux vignobles en altitude (200 à 500 mètres): Fytia et Trilofos. Géologie complexe: schiste, granite et calcaire. Climat continental chaud, rafraîchi par le vent en provenance du Mont Vermion (2.065 mètres). Vendanges manuelles, éraflage à 75%, macération et fermentation en acier inoxydable, élevage de 8 mois en cuve béton.

Thymiopoulos est un Domaine **** pour Hugh Johnson, avec une gamme entièrement dédiée au xinomavro: rosé (Rosé de Xinomavro, en français sur l’étiquette), vieilles vignes (γη και ουρανός Terre et Ciel), Aftorizo (vignes non-greffées), cuvées parcellaires (Vrana Petra, Kayafas), cuvée sans soufre ajouté, etc…

Le Domaine s’étend sur 38 hectares, mais il travaille en collaboration avec d’autres viticulteurs sur 60 hectares supplémentaires. C’est du bio, même si les étiquettes ne le mentionnent pas.

Apostolos Thymiopoulos, en version peu barbu

Decanter a consacré un long article au Domaine en juin 2020. Apostolos Thymiopoulos y est décrit comme l’un des vignerons qui tire les vins grecs vers un futur innovatif et une reconnaissance mondiale (ça sent la traduction automatique …et pourtant non). C’est un membre éminent de la nouvelle génération: Yiannis Economou (Crète), Kostis Dalamaras (Naoussa), Panagiotis Papagiannopoulos (Patras), Evriviadis Sclavos (Céphalonie), …voilà des noms intéressants pour l’amateur. A noter qu’Apostolos a appris le métier avec Haridimos Hatzidakis, le grand maître des vins de Santorin, décédé beaucoup trop tôt en 2017.

Tant qu’à faire grec, si vous passez par un Cora, essayez de trouver l’une ou l’autre bouteille du Domaine Lyrarakis (Crète): l’assyrtiko m’a enthousiasmé, en particulier par son prix inférieur à € 10.

Thymiopoulos, Xinomavro Young Vines 2018: disponible dans le magasin.

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Quel talent !

En passant, deux vins qui m’ont charmé, étonné, ébouriffé.

D’abord une Etoile jurassienne du Domaine de Montbourgeau, Savagnin, en millésime 2008. Bouteille achetée au Domaine en avril 2013 (€ 15). Enorme intensité, complexité de haut vol, équilibre parfait.

Il y a bien sûr un prérequis: apprécier le style oxydatif. Moi qui craignais que le vin puisse se révéler un peu brutal…Mazette, c’est tout le contraire: c’est un savagnin délicat et joliment apaisé. Décidément, un domaine remarquable avec lequel je ne partage que de très bons souvenirs: voir par exemple cet article.

Ensuite un Vin de France Le Grand Tertre (Domaine de la Ramaye), en millésime 2011. Origine: Gaillac (Sud-Ouest). Cépages: prunelard et braucol. Bouteille offerte par le Domaine en février 2013. Je me souviens très bien de ma visite au Domaine (j’y avais consacré cet article).

Le floral d’une belle syrah (ou, pour la couleur locale, d’une belle négrette), tannins joliment fondus sans le moindre soupçon de sécheresse, alcool certes présent mais se contentant d’apporter de la douceur à l’équilibre du vin. Intensité des saveurs fruitées.

Merci à Madame Nicole Deriaux et à Monsieur Michel Issaly ! Deux vins qui ne bénéficient pas de la notoriété d’une appellation prestigieuse et qui offrent pourtant des plaisirs d’un grand raffinement !

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Espagne: les yeux plus grands que le ventre ?

J’ai manifestement eu du mal à choisir. Docteur, est-ce pathologique ?

J’aurais pu me contenter de la dizaine de vins qui participent à la dégustation du samedi 22 août. Mais non.

Comment résister à ce que proposent les meilleurs vignerons de Galice, de Catalogne, de Castille et d’ailleurs ? La diversité des styles est fascinante ! Il y a du franchement « sud » et du franchement « nord »: le nord-ouest de l’Espagne ressemble d’ailleurs bien plus à l’Irlande qu’à une costa méditerranéenne !

Il y a bien sûr du rouge, mais les vins blancs sont aujourd’hui du même niveau: en Catalogne, en Galice, en Andalousie, du côté de Valence les vins blancs de grande qualité pullulent. A vrai dire, je ne sais pas si un vin est susceptible de pulluler, mais vous voyez ce que je veux dire…

Vous recherchez un rouge qui puisse se comparer positivement avec bien des Châteauneuf-du-Pape ? Tentez Bellmunt, un Priorat abordable et diantrement réussi. Un blanc de la nouvelle génération, élevage en amphores et macération ? Essayez Cullerot: ce n’est pas un vin orange, mais on s’en rapproche. Des blancs dont la fraîcheur septentrionale vous esbaudirait ? Sans hésitation, Leirana (cépage albariño) et Louro (cépage godello), belle comparaison sur le millésime 2019.

Un rosé ? Oh oui, même si c’est plutôt un clarete, entre rosé et rouge: Paramos de Nicosia.

Vous aimez le sauvignon et découvrir de nouveaux cépages ? Je suggère le verdejo de José Pariente. Un Rioja moderne ? Jetez-vous sur Sela !

Des prix bien serrés, sans concession sur la qualité ? Salbide et l’andalou Dos Claveles sont proposés à € 10. Ou encore Vermell, un « rouge de rouge », puisque élaboré avec l’alicante bouschet, l’un des seuls raisins à jus rouge.

Un cépage rouge local qui ferait l’unanimité (du moins quand il est confié à des vignerons de talent) ? La mencia de Maquina & Tabla Laderas de Leonila, celle de Raul Perez: Ultreia Saint-Jacques et celle de la Vizcaina (autre projet du serial vigneron Raul Perez): El Rapolao.

Un grenache comme on en fait peu en France ? Vieilles vignes, haute altitude, bas rendements, maturité et finesse de El Terroir, chez Lupier en Navarre. Vin multi-récompensé par la presse spécialisée.

Des vins bio de la région de Valence, zone naguère peu portée sur la qualité: les choses changent grâce au Celler del Roure mais aussi grâce au Domaine Mustiguillo qui propose Mestizaje rouge et Mestizaje blanc.

Un blanc catalan, issu de vignes quinqua- et sexagénaires, d’excellent rapport Q/P ? Jetez un œil sur 3 Macabeus, du Domaine Albet i Noya, un des pionniers du bio en Europe.

Une originalité castillane, pas loin de chez Don Quichotte, élaboré par un quatuor d’œnologues volants, dans l’esprit du vin nature ? Albahra ne porte pas la moindre appellation, pas vraiment un millésime, mais cela ne le rend pas moins bon !

Enfin, un liquide élaboré dans le même esprit que le vin de qualité, mais où le raisin fait place à …l’olive. Le Domaine Roda produit dans les Îles Baléares une huile d’olive d’exception, 100% « cépage » arbequina, issue de la récolte 2019. Acidité très faible. C’est Aubocassa.

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Haro Roda Sela

Je vous rassure, le titre de cet article n’est pas une incantation de magie noire. C’est juste pour faire de l’impact. Clarification suit.

La petite ville de Haro est un endroit assez étonnant, entre Castille et Pays Basque, nichée sur les rives de l’Ebre et traversée par une voie de chemin de fer. Le quartier où je vous emmène s’appelle d’ailleurs Barrio de la Estacion.

Trois Domaines de grand prestige sont installés l’un à côté de l’autre, comme s’ils souhaitaient faciliter les comparaisons entre eux: Lopez de Heredia, La Rioja Alta et Roda portent, chacun à sa façon, un large pan de l’histoire et de l’avenir des vins de la Rioja.

Plus fort, en marchant cinq bonnes minutes, on peut encore rejoindre CVNE, Muga, Gomez Crusado et Bilbainas, autres Domaines à forte notoriété. Imaginez le cruel dilemme que doit résoudre l’amateur qui sait qu’il ne pourra pas tout goûter…

Haro, Capital del Rioja …on ne peut mieux résumer !

Une telle concentration de Domaines est rare, pour ne pas dire unique. Il fût un temps phylloxérique (à partir de 1877) pendant lequel le chemin de fer a joué un rôle essentiel dans le transport des vins de la Rioja vers Bordeaux. Les vignes bordelaises ravagées par la bestiole, la solution a été d’importer des vins d’un type relativement comparable, d’une belle qualité et capables de voyager facilement: voilà comment la gare et le chemin de fer vers la France ont indéniablement contribué à la prospérité de Haro.

Une preuve ? Haro a été la première municipalité espagnole à se doter de l’éclairage public électrique, à la fin du XIXème siècle. Un luxe à cette époque. Transformer le vin en lumière, je trouve ça assez poétique !

Roda est, contrairement à ses confrères cités plus haut, un Domaine plutôt jeune, puisqu’il a été créé de toutes pièces en 1987. Il s’est rendu rapidement célèbre en secouant une certaine indolence, voire un sommeil certain: du sang neuf dans la région !

Roda a été un modernisateur de la Rioja, à l’instar des modernistes en Barolo (Elio Altare, Renato Ratti, …). Cette vision est complémentaire à celle des meilleurs traditionalistes, comme Lopez de Heredia et La Rioja Alta.

La cuvée Sela est récente: le premier millésime a été élaboré en 2008. Sela, c’est en quelque sorte le P’tit Roda, celui qui peut se boire dès sa sortie sur le marché et sans avoir dû plonger profondément dans son portefeuille.

Vignes plutôt jeunes (tout est relatif: de 15 à 30 ans), utilisation proportionnelle de la barrique. Moins d’élevage que ses grands frères Roda Reserva et Roda I Reserva. Cela dit, le millésime 2017 n’est sorti que récemment, le vin repose longuement en bouteilles dans les caves de Roda, après passage de 12 mois en barriques de différents âges.

Roda, Rioja, Sela 2017: magasin

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colis-découverte: 6* España

colis 6 bouteilles, disponible dans le magasin

Question: comment s’y retrouver entre toutes ces régions, appellations et cépages ?

Réponse: voici le colis-découverte, 3 blancs et 3 rouges:

  • Catalogne, Albet i Noya, Penedes, 3 Macabeus (cépage: macabeu)
  • Castille-et-Leon, José Pariente, Rueda (cépage: verdejo)
  • Valence, Mustiguillo, Mestizaje (cépages: merseguera 70% + …)
  • Rioja, Artevino, Salbide (cépage: tempranillo)
  • Castille-La Mancha, Envinate, Albahra (cépage: tintorera 70% + …)
  • Castille-et-Leon, Raul Perez, Bierzo, Ultreia Saint-Jacques (cépage: mencia)

Cela se commande dans le magasin ou par e-mail, avec la mention « colis Espagne ». Prix: € 73,40. Commande: au plus tard, le mardi 25 août. Mise à disposition: fin août 2020.

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La mencia de Bierzo

Bierzo à gauche, Bierzo à droite… tout est dans la nuance !

Voici un cépage fortement local et une appellation de plus en plus médiatisée. Nous sommes aux confins de la Castille Y Leon et de la Galice, côté castillan. Le nord-ouest de l’Espagne, loin des flux touristiques et des plages méditerranéennes. En zone verte du point de vue du SPF Affaires Etrangères, du moins à l’heure à laquelle j’ai vérifié…

Je me plonge à l’instant dans un ouvrage certes recommandable, mais publié lors d’un siècle révolu. Donc, en 1998, Hugh Johnson écrit: El Bierzo, région du nord de Leon, délimitée en 1990. Voilà, c’est tout. Quant au cépage mencia, entre malbec et merlot, il n’y a rien, nada. Un peu plus récemment (guide publié en 2005), José Peñin indique que Bierzo compte 45 Domaines, pour une production de 50.000 hectolitres de vin, destinée à 94% à une consommation locale, hispano-espagnole. Bref, pas de quoi fouetter un gato.

Le temps s’écoule. J’en reviens à des lectures contemporaines. En 2020, le même José Peñin compte 77 Domaines en Bierzo, plus de 80.000 hectolitres produits et surtout 37% de vins exportés. Les exportations ont donc été multipliées par 10 en quinze ans. Hugh Johnson écrit à présent: Bierzo, mencia grapes on slate soil make crunchy Pinot-like red. Best sites are high altitude, made without much oak. Styles/quality are uneven. Best advice: follow the producer. Look for DESCENDIENTES DE J. PALACIOS, RAUL PEREZ, plus Dominio de Tares, Losada (…).

Il s’est manifestement passé quelque chose. Retenez en particulier le nom de Raul Perez, j’y reviens un peu plus bas.

Quelques mots d’abord au sujet de la mencia (avec l’accent tonique sur le i), cépage de Castille, sans doute originaire de la région de Salamanque et que l’on retrouve également au Portugal, sous le nom de Jaen. A vrai dire, ce raisin méconnu et mystérieux a été associé au cabernet franc, au pinot noir, parfois même au grenache. Quod non. Les études ampélographiques les plus récentes excluent toutes ces possibles parentés, vu que les ADN respectifs n’ont rien à voir les uns avec les autres.

Outre Bierzo, la mencia pointe le bout de son sarment en Galice toute proche (appellations Ribeira Sacra, Valdeorras, Monterrei) et en Dão, du côté lusitanien. Ce n’est pas un raisin facile: le vigneron a tout intérêt à être attentif pour vendanger au moment exact qui permettra d’équilibrer alcool et acidité, les vieilles vignes se chargeant quant à elles de limiter naturellement les rendements.

Qu’est ce qui est supérieur à une mencia de Bierzo ? Deux mencia de Bierzo. La comparaison est rendue aussi pertinente que possible: même millésime (2018) et même degré alcoolique (13,5%). Les similarités l’emportent sur les différences: tout est dans la nuance.

Pour commencer, voici la mencia du Domaine Maquina & Tabla. Autant le dire toute de suite: c’est un vin nature. Pour rappel, cette caractéristique n’est ni une raison pour le verser à l’égout en hurlant d’horreur, ni une raison pour lui ériger une statue, en entonnant un cantique. C’est juste une absence de sulfite ajouté.

Les lecteurs attentifs se souviendront que j’ai déjà fait goûter d’autres cuvées du même Domaine en février. Le fait est que les vins sont en général du type rock’n’roll en do majeur, ce qui constitue par la même occasion une mise en garde et une invitation à les goûter avant tout achat massif.

Oriol Illa et Susana Pastor sont toujours oenologues et toujours catalans. Ils se sont exilés à l’autre bout de l’Espagne dès 2012 pour y rechercher des vignobles particulièrement anciens, qu’ils louent à des dames âgées, parmi lesquelles une certaine Leonila. La cuvée s’appelle Laderas de Leonila, en français « Les coteaux de Leonila ». On pratique la biodynamie, mais les étiquettes -au demeurant très personnelles- n’en pipent mot.

Laderas: la dégustation

Couleur dense et jeune, reflets violacés. Nez sur la cerise et le cacao. Nuance d’encens. Bouche peu tannique, nordiste et atlantique, évoquant le cabernet franc. Vin sérieux et frais. Moins rock’n’roll que les autres cuvées du Domaine. Plus on goûte, plus l’élégance prend le dessus sur une légère rusticité initiale. Beaucoup d’énergie. La vinification « nature » me paraît indétectable.

Maquina & Tabla, Bierzo, Laderas de Leonila 2018 – magasin

Revenons-en à Raul Perez. Né en 1972, tout petit déjà, il batifole dans les vignobles familiaux, en en temps où les vins n’étaient même pas mis en bouteilles. Doté d’un cerveau de belle facture, il envisage de faire des études de médecine, mais, sous une légère pression familiale, il entame plutôt des études d’œnologie et les réussit. Revenu au Domaine, il met en oeuvre progressivement une série de changements puis bénéficie des conseils d’Alvaro Palacios, l’homme qui a fait sortir Bierzo de l’anonymat.

Raul Perez en version sauvage

Mais Raul ne copie pas le « style Palacios », il développe le sien, à base d’une dose magistrale d’intuition. Il travaille en biodynamie (sans mention sur les étiquettes). Ses vins sont remarqués, en Espagne, puis partout sur la planète. Il est invité à conseiller une belle série de Domaines, en Espagne et ailleurs. Ses cuvées haut-de-gamme accumulent les récompenses. En mars 2019, le magazine anglais Decanter pose la question qui tue: Is Raul Perez the world’s best winemaker ? Sacré parcours…

Bien sûr, les cuvées haut-de-gamme se négocient à des tarifs proportionnels à la rareté des flacons et à la notoriété de leur géniteur, néanmoins sans excès risible: comptez € 50 à € 60, tarif chez l’importateur en Belgique. Mais il y a une excellente nouvelle portant le joli nom de Ultreia Saint-Jacques. 100% mencia, 100% millésime 2018, 100% Raul Perez, proposée à un tarif particulièrement attractif.

Ultreia est une interjection moyenâgeuse qui exprime la joie, en particulier pendant le pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

Ultreia: la dégustation

Couleur dense et jeune, reflets violacés. Nez sur la cerise et le cacao. Ce qui précède n’est pas une coquille, mais l’expression d’un air de famille très marqué entre les deux cuvées. Néanmoins, autant j’évoque la fraîcheur et le caractère septentrional/atlantique de Laderas, autant je souligne chez Ultreia un tempérament légèrement plus sudiste, plus rond, plus fondu. Belle densité, texture policée. Quelque chose qui pourrait rappeler le pinot noir. Classicisme et équilibre. Le recours au bois est peu impactant (8 mois en grands foudres).

Raul Perez, Bierzo, Ultreia Saint-Jacques 2018: magasin

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Catalogne

Voici le premier chapitre de l’offre consacrée à l’Espagne. En ce radieux 28 juillet, le jour d’après CNS, nul ne peut prévoir où nous en serons le samedi 22 août, journée consacrée à l’espagnole gustation. Jusqu’à preuve du contraire, je maintiens cette opportunité de partager un bon moment autour du bar.

Catalogne, donc. Penedès (près de Barcelone) en blanc, Priorat (près de Tarragone) en rouge. Deux appellations emblématiques de la région, méditerranéennes par obligation géographique.

Le Domaine Albet i Noya se situe à Sant Pau d’Ordal, en plein cœur de la région où s’élabore le Cava. Notons au passage qu’Albet i Noya propose plusieurs bulles, mais aucune d’entre elles n’est commercialisée sous l’appellation Cava. Cava est aujourd’hui un mot magique (en particulier en Flandre) et un mot maudit (les meilleurs Domaines quittent l’appellation, les uns après les autres). Si vous vous intéressez aux meilleures bulles catalanes, jetez un œil sur: Classic Penedès et Corpinnat.

Albet i Noya se décrit lui-même comme pioners en vinyes i vins ecològics (le catalan, c’est facile, non ?). Ils ont vraiment le droit de revendiquer ce rôle de pionnier en vignobles et vins écologiques, dans la mesure où ils s’y sont mis dès …1978. On dira qu’ils ont engrangé une expérience certaine dans cette matière.

Je vous propose la cuvée 3 Macabeus en millésime 2018. Un blanc issu à 100% du cépage macabeu (la logique est décidément implacable). Trois parcelles de vieilles vignes, plantées entre 1960 et 1973, dont les raisins sont vinifiés séparément, avant assemblage des vins au moment de la mise en bouteilles.

Le nez est citronné, joyeux, ouvert. Il pourrait évoquer l’Alsace, un pinot blanc allemand ou un grüner veltliner autrichien. En bouche, c’est savoureux, avec du citron, de la mandarine et de la pomme verte. Un peu de caillou. Une nuance florale (rose) en finale. Belle vivacité. Ni amertume, ni alcool dominant l’équilibre. C’est un vin sec, polymorphe, direct, consensuel, d’un profil appelant des accords très variés. Bel apéro.

Albet i Noya, Penedès, 3 Macabeus 2018: magasin

Priorat. Il y a 50 ans, l’appellation avait pratiquement disparu. Jusque à la décennie ’80, on y produisait du vin, très alcoolisé, souvent oxydatif, à usage essentiellement local. Peu de vins étaient mis en bouteilles.

Il a fallu la détermination, le flair et la patience d’un petit groupe de passionnés pour ressusciter ce vignoble de grande notoriété. Qui voudrait en effet s’installer dans ces paysages d’une douloureuse intensité, rudes, montagneux, soumis à des vents violents et éloignés de tout ?

Dès 1995, la communauté des amateurs de vin murmure à l’oreille de qui veut bien écouter qu’il se passe quelque chose dans ce coin perdu du sud de la Catalogne: on découvre alors Clos Mogador, Cims de Porreira/Mas Martinet, Alvaro Palacios, Clos de l’Obac. Des vins surpuissants, noirs, dominateurs, impossibles à ignorer tant ils bousculent les certitudes et les acquis. Les prix s’envolent bien vite. Au printemps 2001, j’organise une dégustation d’une dizaine de Priorat: pour les meilleurs vins, les notes dépassent les 17/20. Les vins sont fascinants …et ils plaisent !

Le Mas d’en Gil fait partie de la deuxième génération des Domaines installés en Priorat. Pere Rovira achète le Domaine en 1998 et change tout ce qui peut l’être. Il se retrouve en particulier à la tête d’une dizaine d’hectares de vieux carignans et de vieux grenaches (plantés vers 1958), un vrai trésor. En 2000, les premiers vins font leur apparition sur le marché: Coma Vella et Clos Fontà. Ces deux cuvées haut-de-gamme existent toujours.

Bellmunt del Priorat, 296 habitants

Aujourd’hui, les Priorat ont trouvé leur place au panthéon des meilleurs vins espagnols. Mais ils ont évolué aussi, donnant progressivement plus d’importance à la buvabilité et à la finesse. En 2000, c’était passage en force; en 2020, il y a comme une dose de subtilité, de diplomatie, de bonnes manières pour pimenter la puissance.

La cuvée Bellmunt est un vin issu essentiellement de jeunes vignes de grenache et de carignan (plantation en 1994 et 1998). Je vous le propose en millésime 2016, à savoir le millésime actuellement commercialisé par le Domaine. 2016 a engendré des vins plus frais que solaires, avec un alcool maîtrisé (14%). Le terroir est schisteux, les ardoises locales portant le nom de llicorella (avec deux « l » pour lettres initiales).

diverses llicorella

En dégustation, ce vin m’a semblé noble, serré et sérieux. Une élégance classique, une volonté de fuir les extravagances et les excès. Le vin est structuré par de fins tannins. Cerise et épices. Le boisé joue son rôle, avec mesure et réserve. Je me suis demandé si je pouvais être en Provence. En Provence, pas dans le Rhône.

L’équilibre est magistral, les saveurs douces et fraîches se répondent l’une l’autre et se fondent en un vin déjà harmonieux. On est loin des Priorat hénaurmes qui ont marqué la fin des années ’90 et le début du nouveau siècle. Ne pas servir trop frais, sous peine d’une pointe d’austérité.

Mas d’en Gil, Priorat, Bellmunt 2016: magasin

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Espagne en dégustation

Je prépare donc une dégustation de vins espagnols pour le samedi 22 août. Bien sûr, les circonstances m’obligent à faire preuve de prudence. Nous verrons bien en temps opportun ce qui est possible et raisonnable.

La formule pourrait s’inspirer de ce que je vous avais proposé en juin, en tenant compte de ce qui doit être amélioré. Si la météo le permet, il serait également possible de déguster sur la terrasse, en respectant les règles de distanciation physique.

D’ici au 22 août, les cuvées sélectionnées apparaîtront progressivement dans le magasin: n’hésitez pas à y jeter un coup d’œil !

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brocart

Comme de la soie, brodée de fils d’argent. Nez intense, floral et épicé. Bouche d’une texture extrêmement raffinée, sensuelle et voluptueuse.

Majoritairement grenache (70%), subtilement complexifié par quelques raisins de cinsault (20%) et de carignan (10%), ce vin au degré élevé (14,5%) porte sa richesse avec beaucoup d’élégance. Fine structure tannique, déjà fondue. Concentration et longueur.

Si vos goûts personnels vous portent exclusivement vers l’austérité des monastères les plus cisterciens, celui-ci pourrait ne pas vous convaincre. Dans le cas contraire, laissez vous séduire par ce somptueux Grand Pas de velours. Luxuriance plateresque, voire manuéline.

Attention, c’est addictif.

Domaine du Pas de l’Escalette, Terrasses du Larzac (Languedoc), Le Grand Pas 2018. Sur commande chez Anthocyane au prix de € 29.

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Julien Bréchet à Gigondas

J’ai pris l’habitude d’écrire. En essayant, avec plus ou moins de bonheur, de raconter ce qui est vrai, sans tomber dans l’explication technique, froide, austère et, pour tout dire, chiante sachant que mon lecteur n’a pas la vocation de devenir un professionnel du vin.

A moi de débroussailler, de ramener le discours à son essence, de repérer l’anecdote pertinente, de faire jaillir l’humain derrière la grappe. A moi de faire la part des choses entre la mode insignifiante et la nouveauté qui mérite d’être connue, voire promue.

Il m’arrive bien souvent de pester face aux sites Internet de vignerons français, manifestement peu concernés par leur image et peu soucieux de partager une information récente qui éclairererait l’amateur curieux.

Alors, soyons beau joueur: il y a des exceptions à ce constat. Des sites Internet qui sentent le réel, le vécu, le ressenti. Des vignerons qui expliquent si bien qu’il serait vain de vouloir les paraphraser.

Je laisse donc très volontiers la parole à Julien Bréchet, vigneron à Gigondas, au Domaine des Bosquets.

J’avais envie d’un site assez personnel, digeste, qui ait du sens. Un site qu’on lit en entier, comme un bouquin.

Ce site est donc pensé comme un propos autour de ce qui fait l’ADN du domaine. Le ton est volontairement intimiste, et sans langue de bois. Il est agrémenté d’anecdotes, de points de vue, de moments marquants, qui ont jalonné notre parcours. Je n’ai pas cherché à rendre les choses différentes de ce qu’elles sont.

J’ai misé sur le fond, pas forcément sur la forme. L’important, ce n’est pas le contenant, c’est ce qu’il y a dedans…

Dans ce bastion rhodanien de l’assemblage, on s’est très vite mis à travailler à la bourguignonne, ce qui peut paraître paradoxal. Le parcellaire est devenu notre vision, l’expression du terroir notre religion. Je n’aime pas l’idée d’une cuvée spéciale. Mélanger les meilleures parcelles pour faire bon n’a aucun intérêt si cela n’a aucun marqueur de terroir, mais ce n’est que mon avis. Faire un vin non reproductible, et unique, là ça m’intéresse…

Mais au début l’idée n’était pas de faire différemment des autres, mais simplement de notre mieux. Et faire de notre mieux, ça nous a conduit à faire différemment. La pierre angulaire des Bosquets, c’est la diversité. Alors on a commencé à tout décortiquer pour comprendre…

On a donc refondu les processus de vinification, avec l’instauration de la vinification parcellaire, la rénovation du chai souterrain pour les élevages, et enfin, en 2016, l’aboutissement de cette pensée avec la création d’un atelier de micro-vinification en plus du chai originel. 7 ans plus tard, on est passé de 1 vin à 6… On explore.

Je reste persuadé que sur une appellation comme Gigondas, on peut faire 1000 vins différents. La diversité est partout. Altitude, orientation, sols, sous-sols, exposition au vent, au soleil, à l’influence des bois, bref… Tout demande d’aborder les choses dans le détail.

On va donc continuer à explorer. Et qui sait, peut être qu’un jour, comme me l’a prédit un immense vigneron des terroirs frais et sablonneux de Châteauneuf-du-pape, quand j’aurai maîtrisé suffisamment tous mes terroirs, je passerai à l’étape de composition, et ne ferai plus qu’un vin…

Au début, mes vins étaient probablement un peu trop extraits, un peu trop mûrs, un peu trop boisés. Un peu trop tout, en fait, mais ils tenaient debout quand même. Ils plaisaient énormément, mais pas pour les bonnes raisons. Ils plaisaient parce qu’ils étaient impressionnants. Ce n’était pas ce que je voulais. Mais à cette époque de mon histoire, ça m’a permis de faire connaitre un peu mieux le domaine, grâce à la presse.

Et puis après 2 ou 3 millésimes, ce qui en ressort, c’est qu’un tout petit geste fait au bon moment peut être extrêmement efficace. Il faut être mesuré et juste. Aux Etats-unis, ils ont un dicton: « Less is more… ». C’est Phil Cotturi, le pape de la viticulture en Sonoma et Napa, qui m’a expliqué ça. Je trouve ça très juste.

C’est un peu comme la musique. Si on l’écoute trop fort, on passe à coté d’énormément de détails. Et quand on baisse un peu le volume, parfois, tout devient plus audible, et on ressent des choses jusque là imperceptibles.

J’espère que ces quelques paragraphes vous donnent envie d’en lire plus. Bonne nouvelle, c’est facile et gratuit. Allez jusque ici et laissez-vous porter par la plume agile et acérée du vigneron. J’ai l’intuition que nous n’avons pas fini d’entendre parler de Julien Bréchet.

Anthocyane vend deux vins élaborés par le Domaine des Bosquets: voir le magasin. De vrais vins du sud (on n’essaye pas de faire passer Gigondas pour la banlieue de Beaune), avec du flair et un équilibre qui ne laisse pas l’alcool jouer au chef d’orchestre. Dans ce coin de France, ce n’est pas si courant.

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Château Le Puy: Bordeaux …or not Bordeaux ?

La réponse à cette question est évidente: c’est un Bordeaux, en appellation Francs Côtes de Bordeaux, à quelques encablures au nord-est de Saint-Emilion. L’assemblage se compose de 85% de merlot, complété par les frères cabernets et épicé par le malbec, ce qui est en tous points conforme à ce que l’on attend d’un Bordeaux de la Rive Droite.

Seulement voilà. Ce n’est pas aussi simple. Des rebelles, il y en a partout, même à Bordeaux, réputée bourgeoise et bien-pensante. Des vignerons qui décident de faire leurs vins, en dépit des modes, des habitudes, des oukases œnologiques, des regards en coin et des moues dubitatives.

Je vous aurai prévenu. Si vous aimez le Bordeaux tel qu’on le fait généralement aujourd’hui, avec beaucoup de tout (couleur, alcool, boisé, euros, …), je vais vous perturber en vous initiant à l’antithèse de ce qui précède.

Le Bordeaux infusé en opposition avec le classique Bordeaux (sur)extrait. C’est une simplification, certes, mais elle est parlante. Malgré le très chaud millésime 2015, Émilien est frais, élégant et floral. Le degré d’alcool ? 13%. Le même bouleversement climatique affecte Le Puy que les châteaux des collègues qui affirment pourtant qu’il leur est aujourd’hui impossible de vinifier à moins de 14,50% voire 15%. Comme quoi.

La famille Amoreau, propriétaire de père en fils depuis 1610, fait le vin non pas comme il y a 30 ans, mais comme il y a un ou deux siècles. C’est-à-dire sans utiliser la moindre poudre de perlimpinpin. Juste une petite goutte de sulfite lors de la mise en bouteilles.

L’élevage ne fait appel à aucune barrique neuve, le choix se portant sur le foudre et la barrique de plusieurs vins. Pour la cuvée Émilien, c’est uniquement le foudre.

Ce style permet-il la garde en cave ? Le Domaine vend encore des bouteilles des années ’70 et ’80 du siècle passé. Est-ce une réponse satisfaisante à la question ?

On affirme parfois que les vins de Le Puy sont les meilleurs Bourgognes élaborés à Bordeaux. Ou encore que Le Puy est un domaine bio …depuis 1610.

Le Domaine a, enfin, fait son entrée dans le Guide Vert de la RVF qui lui a immédiatement attribué une étoile. Comme chez Michelin, c’est une pratique rare. Une façon de reconnaître qu’on aurait pu être plus attentif plus tôt ? Je me souviens très bien d’Émilien 2010 qui méritait déjà plein d’éloges !

En dégustation le samedi 13 juin. Attention, dégustation sur inscription préalable. Émilien peut être commandé dès aujourd’hui, au prix de € 27, pour mise à disposition le samedi 27 juin.

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Le Petit Vin des Bosquets

Carte en provenance de l’Atlas des Vins de France de Laure Gasparotto

En préparant la dégustation du 13 juin, je tombe -c’est indolore- sur le vin d’entrée de gamme du Domaine des Bosquets à Gigondas. Cela s’appelle Le Petit Vin des Bosquets, en appellation Vin de France. C’est un GSM équilibré (un tiers grenache, un tiers syrah,un tiers mourvèdre), issu de parcelles sur Gigondas (jeunes vignes) et sur Séguret.

On m’annonce des rendements faibles (25 hectolitres/hectare), une petite production (4.000 bouteilles), une vendange manuelle et 1 an d’élevage en cuve béton.

Mon pouce sert à camoufler le vin qui a coulé sur l’étiquette…

Le vin est direct, charnu, aguichant et juteux. C’est punchy avec de bons petits tannins. Fruit très extraverti, en veux-tu, en voilà !

Bien entendu, les 14% d’alcool sont perceptibles, ce qui pourrait peut-être lui nuire dans un exercice de dégustation à l’aveugle. Mais une fois le palais calibré pour apprivoiser la bête, on profite pleinement de la garrigue et du soleil. C’est de la joie en bouteille. Les soucis s’évanouissent comme par enchantement.

Avez-vous descendu un jour -il y a longtemps- l’escalier qui menait à la cave des « Vins du Rhône », succursale de Chaumont-Gistoux ? Vous souvenez-vous, par exemple, des vins de La Réméjeanne et de l’Oratoire-Saint-Martin ? C’est dans cette atmosphère un peu nostalgique que le Petit Vin des Bosquets m’a plongé…

On peut finir la bouteille, c’est dimanche !

Il se mettra volontiers au diapason de nos tables déconfinées. « Petit Vin » si l’on se réfère au prix (€ 9.90), bien plus grand vin si on se réfère au plaisir procuré ! On peut le garder quelques années, mais je suggère plutôt de lui faire un sort dès cet été !

Sur commande.

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rosé rouge

Au jardin, Fatalone ou La Janasse ?

Voici deux vins rouges que je suggère de servir rafraîchis (pas frigorifiés) lorsque retentit l’appel du jardin ou de la terrasse. Pour différencier ces appels l’un de l’autre, sachez que le premier est plus floral et le second plus minéral.

La cuvée Teres 2019 du Domaine Fatalone est une originalité, une curiosité italienne qui ne sait pas très bien si elle est plutôt rouge ou plutôt rosée. A Bordeaux, cela s’appelle un clairet. En tous cas, il y a de la belle couleur, ce n’est pas un je-ne-sais-quantième rejeton de la famille des transparents-provençaux (NB: « transparent » ne signifie pas que papa soit devenu maman …soyez attentifs, merci).

On classera donc ce vin en rouge clair ou en rosé foncé, en fonction de l’humeur du dégustateur, de l’incidence de la lumière et de l’âge du vigneron.

En dégustation, c’est plein d’esprit, festif, bien sec et sans tannins. L’alcool est là (14,5%), mais -c’est une caractéristique de tous les vins du Domaine- parfaitement équilibré par une bonne acidité. Attention quand même, cela se boit sans soif…

Vignes de 30 ans, plantées à 350 mètres d’altitude, là où commence le talon de la botte. 100% primitivo. Rendements très faibles (10 hl/ha). Vin bio. J’en ai en stock en ce moment à € 12 les 75 cl.

Le Domaine de La Janasse est un grand nom du Rhône Sud, solidement campé sur ses deux étoiles en le Guide des Meilleurs Vins de France, édition 2020, page 658. Le Domaine se compose de parcelles en appellation Châteauneuf-du-Pape et de parcelles contiguës à Châteauneuf-du-Pape, en appellation Côtes-du-Rhône.

Je partage l’opinion du Guide ci-devant cité lorsque celui-ci indique que:

les vins sont d’un style opulent, parfois un peu trop chaleureux lors des millésimes solaires.

De plus, les cuvées haut-de-gamme sont tarifées à la hauteur de leur prestige et de l’appétit vorace d’une clientèle internationale à la recherche des notes P..ker les plus maximalissimes.

Quelle n’est donc pas ma joie -et ma surprise- lorsque je goûte le « petit » Côtes-du-Rhône en millésime 2018: celui-ci, goûtu et intense comme prévu, se révèle aussi frais, énergique, précis et agréablement poivré. Chouettes petits tannins. C’est un vrai compagnon méditerranéen (il n’essaye pas de se faire passer pour un espion venu du froid), mais sans les excès du cagnard.

S’apprécie tant sur la viande blanche que sur la viande rouge. Et la ratatouille, très bien ! Servir un peu frais, de façon à ce qu’il monte progressivement en température au cours du repas.

Multi-assemblage (grenache, syrah, carignan, mourvèdre, cinsault) dans lequel la syrah apporte vraiment un plus. Ce n’est pas certifié bio, mais il n’est fait usage ni de pesticide, ni d’insecticide, ni de désherbant. Jeunes vignes, sauf le carignan (60 ans). 20% de la vendange n’est pas éraflée. Élevage en foudres.

J’en ai en stock en ce moment à € 10 les 75 cl. Cela vaut largement son prix.

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blanc rouge

Les colis de dégustation…

…sont toujours disponibles !

En deux mots, je vous propose un colis de 6 vins blancs secs différents, tous issus du millésime 2018 (€ 77,50) ainsi qu’un colis de 6 vins rouges différents, tous issus du millésime 2019 (€ 75,50).

Une bonne façon de découvrir mon offre, de comparer différents styles et de vous forger des préférences.