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Compte-rendu 100% italien

Je prends vos commandes jusqu’au mardi 01 septembre inclus, de préférence via le magasin.

Anthocyane on the road a rencontré ce 29 août un joli succès de foule. Enfin, « foule » est légèrement exagéré, mais il y avait du monde et j’ai vu beaucoup de sourires, un assemblage d’habitués et de « locaux », ceux-ci séduits par une proximité géographique. Notre hôte d’un jour a joué un rôle essentiel dans cette réussite et je l’en remercie vivement.

Nous avons donc exploré en profondeur l’Italie septentrionale (Piémont, Lombardie et Vénétie): 15 vins, 2 couleurs, 7 cépages et 8 domaines.

Les commentaires ci-dessous sont un condensé de ma dégustation « solo » à l’ouverture des bouteilles samedi matin et des conversations pendant la dégustation. Bien sûr, ils n’engagent que moi. Je tente d’objectiver, mais je suis conscient de la difficulté de cette tâche: ma subjectivité, mes goûts et mon histoire personnelle influencent forcément ce qui suit.

Les vins sont commentés ci-dessous dans l’ordre où ils ont été proposés à la dégustation.

Je pense que vous ferez de meilleurs achats si vous combinez les fiches individuelles de chaque vin dégusté avec les commentaires ci-dessous. Bonne lecture !

Les vins blancs
  • Suavia, Massifitti 2022: démarrage sur les chapeaux de roue, avec ce vin appétissant, ouvert, exubérant, fruité et floral. Le terroir volcanique s’exprime d’abord dans un registre souriant et direct. Progressivement la minéralité apparaît: un vin avec plusieurs couches, à découvrir successivement, sans hâte. Lui donner du temps dans le verre récompense le dégustateur.
  • Suavia, Monte Carbonare 2023: comparaison très instructive avec Massifitti, élaboré par le même Domaine. Quelques kilomètres séparent les parcelles. Ici, le nez est plus réservé, presque introverti. Mais la bouche exprime la minéralité du terroir volcanique avec intensité et détermination. Des agrumes type orange complètent le panorama. Pas de préférence nette exprimée par les participants entre les deux premiers vins.
  • Vietti, Derthona 2023: vin « extraterrestre » si on le compare aux autres blancs piémontais. Plein et dense. Elevage discret. Ensemble le cépage timorasso et le terroir calcaire du village de Monleale font des miracles. Forte minéralité caillouteuse. Légère tannicité en finale. Il prouve sa valeur en l’évaluant après plusieurs gorgées. Ne pas se précipiter, en garder l’une ou l’autre bouteille pour plus tard, dans 5 ans par exemple.
Les vins rouges, LA transition
  • Speri, Valpolicella Classico 2025: d’expérience, le passage du blanc au rouge mérite d’être organisé avec discernement pour éviter le choc de l’effet de séquence. Ce vin léger, aérien, charmant, pouvant se servir frais cumule les qualités du vin blanc et du vin rouge: désaltérant, polyvalent, sans tannins. Couleur peu dense, infusion délicate et pourtant … du goût ! Les rendements sont maîtrisés, la vinification est effectuée par l’équipe qui crée l’Amarone (voir ci-dessous).
Les vins rouges, cepage barbera
  • Accornero Giulin 2023: ma petite déception du jour. Peut-être une bouteille légèrement défectueuse. J’aurais dû en emmener une autre. Vin voluptueux, rond et confortable. Malheureusement la bouteille dégustée m’a semblé également un peu rustique et dominée par son alcool. A revoir.
  • La Cà Növa di Rocca 2024: champion du nebbiolo (voir ci-dessous), ce domaine brille également avec le cépage barbera. Beaucoup d’élégance, de finesse et de fraîcheur. C’est la version « cérébrale » du cépage combinée à la patte typique du domaine. Le plaisir offert par un équilibre de haute volée jusqu’à la finale nette et longue qui signe un vin digne d’éloges. Si vous préférez la version « sensuelle » du cépage, optez pour le suivant.
  • Francesco Rinaldi 2023: un grand classique dans la gamme d’Anthocyane, depuis de longues années. L’empire du fruit et de la rondeur succulente. Le plaisir qui génère instantanément le sourire et l’envie du verre suivant. Et cette vivacité qui protège le dégustateur de toute fatigue. Stock disponible presqu’épuisé !
Les vins rouges, cepage Nebbiolo
  • Mamete Prevostini Botonero 2024: comme une transition entre la barbera et le nebbiolo. Ce vin de couleur très pâle, présente un nez ouvert et fin, plus floral que fruité. Bouche en dentelle qui se clôt sur les premiers tannins rencontrés pendant cette dégustation. Tannins inhérents au cépage, mais extraits ici avec beaucoup de retenue. C’est délicieux et original.
  • La Cà Növa di Rocca, Langhe Nebbiolo 2024: on attaque « l’escalier de la qualité » via le vin de jeunes vignes. Couleur pâle (sans surprise), nez ouvert, appétissant et profond. Bouche savoureuse qui arrive en finale aux tannins qui demandent à se fondre. Ce vin est très bon, mais il subit de plein fouet la concurrence des deux suivants: c’est le principe de l’escalier !
  • La Cà Növa di Rocca, Barbaresco 2023: appellation prestigieuse, vin à la hauteur de son appellation. La marche suivante sur l’escalier. Nez d’anthologie, avec de la rose et du goudron. A la fois aérien et terrien. Jus intense et savoureux, avec des tannins déjà très bien intégrés. Barbaresco plus facile à goûter en vin jeune que Barolo, l’appellation-sœur. Excellent rapport Q/P.
  • La Cà Növa di Rocca, Montefico 2023: un cru célèbre au sein de l’appellation Barbaresco. La marche suivante sur l’escalier. Quintessence de nebbiolo. Extrême finesse et transparence: élevage imperceptible, le vin sonne comme s’il s’était fait tout seul. Salivant et salin. Tannins de grande qualité. Peut s’apprécier maintenant, demain, dans 10 ans et plus. Excellent rapport Q/P.
  • Convento San Lorenzo, De Le Mur 2022: toujours le cépage nebbiolo, mais très différent des trois vins précédents. Le style alpin ? Le style lombard ? Couleur assez pâle. Nez voluptueux, bouche riche avec de la chair, texture soyeuse, moins de tannins perçus, un peu plus d’alcool perçu. Les angles sont finement limés et arrondis. Plaira (beaucoup) à ceux qui craignent les tannins du nebbiolo piémontais.
  • Convento San Lorenzo, Le Clos 2021: la version ultimate du précédent. Très floral. Bouche salivante, intense et longue. Beaucoup de matière, puissant. Tannins parfaitement intégrés, faciles d’approche. Le luxe dans ce qu’il a de plus positif.
Les vins rouges, cepages Corvina & Rondinella
  • Speri, Sant’ Urbano 2022: couleur assez pâle (sans les nuances orangées du nebbiolo). Nez puissamment fruité, comme le raisin qui vous explose au visage. Bouche intense, sensuelle et équilibrée, en ligne avec le style habituel du Domaine qui se refuse à faire du « encore plus, encore plus ». Tout excès est banni, ce qui garantit la « buvabilité du vin », malgré le processus d’élaboration, à base de raisins séchés pendant un mois, avant fermentation.
  • Speri, Amarone della Valpolicella 2020: couleur plus soutenue, nez en délicatesse, réservé (rare et précieux pour un Amarone). Alcool maîtrisé à 15%, malgré la concentration offerte par les raisins séchés pendant plus de trois mois. Quelques tannins intégrés dans la chair de ce monument. Fraîcheur magistrale de la finale. Speri séduit encore une fois par sa capacité à exprimer pleinement l’Amarone sans les excès qui conduisent bien des domaines à proposer des vins à 16%, voire 16,5% (qui sait 17%). Cela fait une sacrée différence !
MA CONCLUSION

Montrer la grande diversité offerte par les vins du nord de l’Italie: pari gagné ! Un dégustateur a affirmé que « c’est la plus belle dégustation de vins italiens à laquelle j’ai participé »: très touché par ce commentaire très sympathique !

Regrouper les vins par cépage était judicieux pour mettre en évidence les nuances subtiles et les franches différences.

La température de service des vins aurait mérité deux degrés de moins, ce qui aurait conféré un surcroît d’énergie à tous les vins rouges, en particulier les barbera et les vins de Vénétie.

PS: pas un seul bout de phrase de ce compte-rendu n’a été rédigé via l’IA. Chaque mot a été pondu par moi-même ce dimanche matin. Les éventuelles omissions, erreurs et bêtises sont donc de mon cru.

Je prends vos commandes jusqu’au mardi 01 septembre inclus, de préférence via le magasin.

Si vous préférez me transmettre un e-mail avec votre commande, c’est bon ôssi. Soyez précis dans la description des vins qui vous intéressent.

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dégustation information

Anthocyane on the road !

Dégustation à Forest, le samedi 29 août, à partir de 12 heures

Dégustation ce samedi 29 août, entre 12 à 18 heures.

Attention, Anthocyane on the road : la dégustation a lieu cette fois à Forest, Avenue des Sept Bonniers 156, entre Parc Duden et Chaussée d’Alsemberg. Parking payant (zone verte), mais plutôt facile.

Les vins achetés par les participants à la dégustation seront, s’ils le souhaitent, livrés par la suite à la même adresse à Forest.

Le thème sera 100% italien, en une quinzaine de vins.

La Ca’ Növa di Rocca (Barbera d’Alba & Barbaresco), Speri (Valpolicella & Amarone), Suavia (Soave, volcans du Veneto), Convento San Lorenzo (Valtellina, au cœur des Alpes), Vietti, etc…

Les vins qui participent à la dégustation peuvent être consultés sur cette page.

Si vous comptez venir et goûter, annoncez-vous par e-mail : cela facilite mon organisation.

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domaine offre

Sérol, le colis-découverte

Le Domaine Sérol est une exploitation viticole familiale, certifiée en agriculture biologique et biodynamique, située en Côte Roannaise, dans le Massif Central, près des sources de la Loire. Carine et Stéphane Sérol mettent en évidence les coteaux de moyenne montagne plantés en gamay Saint-Romain, le cépage autochtone.

« Jamais le gamay Saint-Romain et la Côte Roannaise n’ont autant brillé que sous le patronage de Stéphane et Carine Sérol. Le cépage puise, sur les terroirs de sable et de granite en altitude (de 380 à 520 mètres), une expression délicatement fumée, florale et aérienne. Issus de vignes plantées à haute densité (de 8.000 à 10.000 pieds par hectare), les raisins sont partiellement, voire totalement égrappés avant d’être vinifiés en douceur. La progression de ces dix dernières années est fulgurante, les vins n’ont jamais aussi bien retranscrit l’identité de leurs terroirs. »

Guide la Revue du Vin de France, édition 2026.

Carine et Stéphane Sérol

« Carine et Stéphane Sérol continuent de mener ce domaine familial de 34 hectares sur la voie de l’excellence. Artisans du gamay sur les sols volcaniques de la Côte Roannaise, le duo a mis en place une viticulture de précision en biodynamie. Tous les vins de la gamme offrent raffinement et gourmandise, aussi bien les cuvées de plaisir (Eclat de Granite) que les cuvées parcellaires (Oudan, Les Millerands, Perdrizière) qui se bonifient avec la garde. »

Guide Bettane & Desseauve, édition 2026.

Je vous propose un colis de 6 bouteilles :

  • Eclat de Granite 2024 : la cuvée d’entrée de gamme, vinifiée et élevée en cuve béton : à déguster en 2026
  • Millerands 2022 : parcelle sur le plateau granitique. Altitude entre 480 et 530 mètres. Exposition plein est. Vignes de 50 à 95 ans. Elevage en cuve béton. A déguster d’ici à 2028.
  • Millerands 2023 : parcelle sur le plateau granitique. Altitude entre 480 et 530 mètres. Exposition plein est. Vignes de 50 à 95 ans. Elevage en cuve béton. A déguster d’ici à 2029.
  • Perdrizière 2022 : parcelle du lieu-dit Perdrizière plantée sur un sol d’altération granitique, riche en manganèse et oxyde de fer. 1,5 ha de vignes de 30 ans. Altitude de 400 mètres. Exposition Est. Elevage en cuve bois. A déguster d’ici à 2030.
  • Perdrizière 2023 : parcelle du lieu-dit Perdrizière plantée sur un sol d’altération granitique, riche en manganèse et oxyde de fer. 1,5 ha de vignes de 30 ans. Altitude de 400 mètres. Exposition Est. Elevage en cuve bois. A déguster d’ici à 2031.
  • Vin de France, Turbullent non-millésimé : pétillant rosé en méthode ancestrale (une seule fermentation), sous capsule couronne : à déguster cet été !

Tous les vins 100% gamay Saint-Romain. Le nombre de colis est limité. Un colis par client. Les vins ne sont pas disponibles à la bouteille. Prix par colis: € 129. Les colis sont disponibles immédiatement.

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dégustation domaine

La Madone 2025

Le Domaine de La Madone (Gilles Bonnefoy) redessine ses cuvées à l’occasion de la parution de son nouveau millésime
Le nouvel habillage des vins de La Madone

C’est en juin 2013 qu’Anthocyane achète ses premières bouteilles du Domaine de la Madone. Je goûte -un peu par hasard- chez un importateur un … Côtes du Forez, issu du village de Champdieu. Je connais à peine le nom de cette appellation et ne sais pas vraiment où la placer sur la carte de France (quelque part au milieu ??).

J’avais des excuses : le Domaine était relativement jeune (premières vignes plantées en 2001, sur les flancs du volcan de la Madone, le nom du Domaine était ainsi choisi) et je ne trouvais pas de traces de ce gamay ni dans les guides, ni dans les revues. A l’époque, le gamay n’avait pas vraiment bonne presse : ce n’était pour beaucoup d’amateurs qu’un petit raisin, signé par le controversé Beaujolais Nouveau.

Quant au village de Champdieu, il se cache juste au nord de Montbrison, entre le Massif Central, Roanne et Saint-Etienne. Comme un petit goût de France très profonde ou de bout du monde. Le département, c’est la …Loire. Ah bon ? La géographie administrative adore ce genre de piège : la Loire (département 42) c’est fort loin de Tours, de Saumur, de Sancerre ou d’Angers, mais c’est bien la Loire vu que les sources du fleuve se nicheraient ici. En fait, patatras, la Loire prend sa source encore plus au sud, dans le Vivarais (Ardèche). Soit.

Le Côtes du Forez est donc un vin de Loire, un vin d’une autre Loire que celle dont nous avons l’habitude.

Revenons en juin 2013. Je goûte La Madone, c’est très bon, pas cher et l’étiquette s’orne tant du label bio que du label de la biodynamie certifiée par Demeter : vigneron manifestement déterminé et courageux. Oserais-je écrire visionnaire ?

Anthocyane commercialise donc le millésime 2012, avec un succès d’estime : ce n’est pas la ruée sur les bouteilles, mais j’aperçois dans quelques paires d’yeux une surprise positive, une appréciation non feinte et une lumière qui en dit plus que beaucoup de mots. Donc, je m’accroche, d’autant que les millésimes suivants ne déçoivent pas, que du contraire. Le succès commercial vient petit à petit et les ventes sont significatives depuis pas mal d’années.

Entretemps, la littérature spécialisée a découvert le Domaine au point que le Guide Vert de la Revue du Vin de France lui accorde une présence, puis une étoile. La reconnaissance du travail bien fait.
Après un millésime 2024 décrit comme plutôt difficile, voici donc les 2025, avec un peu de retard, la logistique imposant parfois ses contraintes au commerce.

Trois cuvées sur la table de dégustation: Gamay’s Teinturiers, La Madone et Diorite.

D’abord, Diorite : L’étiquette bénéficie d’une mise à jour, en cohérence avec celle reçue par tous les autres membres de la famille.Cuvée d’entrée de gamme (jeunes vignes exposées au sud, sur le lieu-dit Hauteroche). Diorite est un terroir granitique, donc pas volcanique. 100% gamay. Elevage en cuves inox (pas de bois). Mise en bouteilles en janvier. Faible apport de soufre. Biodynamie certifiée par Demeter.

En dégustation : nez pur sur la framboise et la groseille. Pas de tannins, grande fraîcheur, légèreté, à servir frais comme alternative au rosé, voire au vin blanc. Délicieux maintenant. Du plaisir en bouteille ! € 14

Puis La Madone : L’étiquette de ce nouveau millésime bénéficie d’une importante mise à jour, mais il s’agit bien de la nouvelle version de ce bon vieux Gamay sur Volcan !

Ce vin est issu de vignes plantées sur les flancs du volcan qui domine Champdieu. Ces vignes de +/- vingt ans d’âge poussent dans une géologie complexe, 40% volcanique (basalte), 60% argilo-granitique. Altitude moyenne: 500 mètres. Assemblage de plusieurs parcelles (Haute Roche, Pigeonnier, Pizet, Pinasse) pour une surface totale d’un peu moins de 5 hectares. Exposition sud pour 80% des ceps. Faible dosage en soufre. Mise en bouteilles à la mi-mars. 100% gamay, élevé en cuves inox (pas de bois). Biodynamie certifiée par Demeter. Léger en alcool (12%).

En dégustation : nez sur la cerise, avec un peu de fumée. Une touche de menthe fraîche. Assez concentré, tous petits tannins, dense sans richesse alcoolique, stylé et persistant. Convainquant sur toute la ligne ! € 17

Enfin, Gamay’s teinturiers : Voici une singularité dans la famille La Madone, quatre frères gamay’s assemblés dans une seule bouteille !

Je m’explique: il y du gamay de Bouze (cépage teinturier, à jus rouge), du gamaret (un hybride suisse résistant aux maladies de la vigne, obtenu par croisement entre le gamay noir et le reichensteiner), du gamay de Chaudenay (autre cépage teinturier à jus rouge) et du gamay noir (c’est-à-dire le gamay « classique », à jus blanc). Cette cuvée s’appelait auparavant Les Rougeots du Clos, mais l’assemblage n’est plus exactement le même. Je suppose que ce nouveau vin remplace également la cuvée Mi-Noir Mi-Bouze.

Cet assemblage original n’a pas droit à l’appellation Côtes du Forez (est-ce très grave ? Non): le vin est commercialisé en indication géographique protégée (IGP) Urfé.

Terroirs volcanique et granitique. Parcelles Le Clos du Pizet (600 mètres d’altitude) et Les Bourrus (420 mètres d’altitude). Superficie totale légèrement supérieure à 1 hectare. Vignes de 8 ans. Faible apport en soufre. Elevage en cuves inox (pas de bois). Mise en bouteilles précoce (décembre 2025). Léger en alcool. Biodynamie certifiée.

En dégustation : couleur profonde et intense. Nez sur la mûre: ce n’est pas trop ‘sauvage’ (en comparaison avec des millésimes précédents). Bouche construite sur la fraîcheur, tous petits tannins, vin dense et pulpeux. Laisse une trace dans la mémoire. Précaution oratoire: ce vin ne plaira sans doute pas à ceux et celles qui craignent l’acidité marquée dans le vin rouge. L’équilibre présente des similarités avec les vins rouges atlantiques de Galice. A titre personnel, j’adore ça ! € 18

Vins disponibles à partir du 18 juillet pour les commandes passées jusqu’au jeudi 16 juillet inclus.

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compte-rendu…

…de la dégustation du samedi 13 juin

Samedi matin tôt. Même très tôt si l’on considère qu’il s’agit de goûter 15 vins. Bref, 08h30 au cadran de l’horloge et le tire-bouchon attaque son labeur saturnien. Je ressens l’impatience avant d’entamer la dégustation, le questionnement sur la pertinence de ma sélection, la crainte du flacon bouchonné et/ou flingué et la curiosité pour l’impact de l’effet de séquence. Axiome: notre perception du vin précédent influence toujours notre perception du vin suivant. Exemple: vous goûtez un vin qui vous paraît très vif, avec une acidité marquée. Si le vin suivant est légèrement moins vif, il se pourrait qu’il vous semble plat, sans vivacité. Or non.

Première impression globale à 09h45 ? Les rouges se goûtent vraiment très bien, ils sont conformes à mes attentes, voire mieux que ça. Pour les blancs, c’est plus mitigé: les uns éclaboussent mon palais de leurs multiples qualités (…), d’autres se montrent renfrognés, assoupis, pas folichons. Cela arrive, cela fait partie de l’aventure: ces vins ont besoin d’un peu de temps, d’oxygène et de quelques degrés supplémentaires. La température du frigo, c’est vraiment trop froid: à 5°, les arômes sont cassés et la structure est déséquilibrée vers trop d’acidité.

Concrètement, vos commandes sont attendues au plus tard ce mardi soir (16 juin) avant minuit, le cachet de la poste faisant foi… Les commandes via le magasin en ligne sont plus faciles à gérer, mais si vous préférez me transmettre un e-mail, c’est très bien aussi !

Le résumé ci-dessous constitue la synthèse de mon ressenti et des commentaires émis par les dégustateurs. Les vins sont commentés dans l’ordre de leur dégustation, les sept blancs avant les huit rouges. Je ne répète pas ce qui figure dans les fiches individuelles de chaque vin: celles-ci peuvent être facilement consultées via ce lien vers le magasin. Vous ferez le meilleur choix en combinant la lecture de cet article avec celle des fiches.

  1. Ce chardonnay allemand fait le boulot, exactement ce que j’attends de lui: le vin est ouvert et joyeux, sans chichis. Le type de bouteille que l’on ouvre sans réfléchir juste pour le plaisir du partage. Typiquement le vin qui ne déplaira à personne, même pas à la tante Sidonie qui est pourtant très difficile… Pas de bois: le cépage, tout le cépage et rien que le cépage. Allemagne, Huff, Chardonnay 2024, € 11
  2. Autant le premier vin est immédiat et souriant, autant cette Folle Blanche requiert un peu plus d’attention: ni fruit, ni fleur, mais du caillou, souligné par une franche vivacité. Un vin de structure, pas d’arômes. Le compagnon idéal pour ce qui sort de la Grande Bleue. La tante Sidonie risque de ne pas s’en remettre. Par contre, si vous avez apprécié les millésimes précédents, vous ne serez pas déçus par celui-ci. France, Luneau-Papin, Folle Blanche 2025, € 14
  3. Voici le vin qui a le plus souffert de l’effet de séquence: moins vif que le précédent (et d’ailleurs également moins vif que le suivant), il a semblé manquer d’un chouïa d’énergie. Pourtant: de jolis agrumes (orange, ni citron, ni pamplemousse), de la minéralité et de la consistance, un élevage « transparent ». Un beau Bourgogne pour maintenant et les deux années à venir. France, Guerrin, Mâcon-Vergisson 2024, € 16
  4. Quel joli nez ! Précis et frais, quelque chose qui le rend irrésistible. La part de tressallier déclenche un petit choc électrique qui réveille tout qui serait tenté par la sieste ! Original et équilibré. Le peintre qui a dessiné ce vin voit clair et sait dans quelle direction il veut aller. Une belle démonstration du potentiel d’une région un peu oubliée. France, Les Bérioles, St-Pourçain, Aurence 2025, € 17
  5. Voilà une bouteille qui n’avait pas vraiment envie de converser avec moi en tout début de journée. C’est un bel exemple de vin réducteur (élaboré sans la moindre présence d’oxygène) qui doit être agité dans le verre et qui gagne beaucoup à passer en carafe. En l’absence de carafe, je conseille de l’ouvrir quelques heures avant dégustation. Il a commencé à donner le meilleur de lui-même pendant l’après-midi. Mais alors quelle classe ! Ces vieilles vignes (75 ans) de riesling ont une histoire à raconter, celle d’un terroir trop longtemps oublié. Vif, mais sans excès, ce n’est pas un citron de l’extrême. Allemagne, Geil, Nineteen Fifty 2025, € 21,50
  6. Ah ! Oh oui, encore ! Je rédige en la présence à mes côtés d’un (petit) verre de ce Chablis qui incarne à mes yeux ce qui fait la célébrité de cette appellation: vif, tendu, droit, salin, long, concentré et susceptible d’être gardé plusieurs années en cave. Encore une confirmation de la qualité des 2024 en Bourgogne blanche (à ce stade, je n’ai pas encore d’opinion pour ce qui concerne la Bourgogne rouge). France, Christian Moreau, Chablis 2024, € 23
  7. Et pour clôturer la dégustation des vins blancs, ce très grand vin du Mâconnais. Il a tout pour lui: la densité, le gras, la rondeur sans sacrifier en quoi que ce soit l’énergie. Un Bourgogne complet, à un tarif raisonnable (les Pouilly-Fuissé 1er cru du même Domaine sont magnifiques, mais ils franchissent allègrement la barre des 40 euros). France, Saumaize-Michelin, Pouilly-Fuissé Les Courtelongs 2024, € 33,50
  8. Premier rouge, cet assemblage de grenache et de syrah conjugue les qualités des deux cépages, avec un fruit très mûr mais sans que l’alcool ne vienne jouer au trouble-fête. C’est un vrai vin du sud, direct, assez puissant, gorgé de soleil. Je crois que la tante Sidonie (tiens, elle est de retour celle-là ?) … que la tante Sidonie disais-je, vous adressera son plus plus sourire. France, Les Halos de Jupiter, Costières de Nîmes 2023, € 11
  9. Voilà un vigneron qui m’épate de plus en plus: ce Beaujolais de Frédéric Berne commence comme un Morgon de chez Lapierre, avec beaucoup d’arômes floraux et fruités, puis évolue vers une franche minéralité qui rend le nez complexe et fascinant. La bouche coule tout seule jusqu’à quelques petits tannins qui la structurent. Vin délié, salivant. Je rajouterais même « naturel » si je ne craignais pas une confusion (sans objet) avec les fameux vins « nature ». France, F. Berne, Beaujolais, Pierre Bleue 2023, € 15
  10. Un Madiran moderne. Des tannins oui, mais civilisés, maîtrisés, sculptés. De la chair savoureuse, virile et tonique. Hier soir (= samedi soir), avec un filet pur (bœuf), absolument délicieux ! Pas évident de trouver aussi bien à ce prix-là à Bordeaux. France, Laougué, Madiran Camy 2022, € 14
  11. Le fruité de ce nez est …addictif. Et vient ensuite une bouche délicate qui commence aussi suave que fraîche (le gant de velours) et se conclut avec une fermeté élégante (la main de fer). On pourrait dire que le grenache cède progressivement sa place au mourvèdre. On pourrait dire que le grenache sur sable, c’est décidément magique (… Rayas à ChNdP…). France, Cébène, Faugères, Ex Arena 2024, € 17
  12. Les blancs de Nicolas Maillet sont exceptionnels, mais voici la preuve qu’il se débrouille très bien avec les rouges ! Le fruit est radieux: il n’y a aucune raison de ne pas se jeter dessus dès maintenant. L’assemblage en parts égales de pinot noir et de gamay génère de la complexité et de la singularité: le dégustateur se demande vraiment s’il a atterri en Bourgogne ou en Beaujolais. De fait, ce vin est à la fois bourguignon et beaujolais ! France, N. Maillet, Mâcon Rouge 2024, € 24
  13. Cette robe si pâle qu’elle paraît fragile, ce nez si parfumé et si charmeur, cette bouche, légèrement fumée, d’une extrême délicatesse: Rosumarinu 2025 est à la hauteur des millésimes précédents, ce qui n’est pas peu dire. Tout cela est tellement bon aujourd’hui qu’il ne faut sans doute pas parier sur une très longue garde: trois ans oui, au-delà un point d’interrogation. France, Sant Armettu, Corse Sartène, Rosumarinu 2025, € 24,50
  14. Le vainqueur à l’applaudimètre: je n’ai entendu que des commentaires élogieux qui soulignaient en particulier une rare combinaison de puissance et de buvabilité. Un vin méridional et septentrional. Une énergie et une intensité d’anthologie. Exceptionnel. Je m’arrête là avant de me noyer dans les superlatifs. France, Cébène, Faugères, Belle Lurette 2023, € 27
  15. Quel très beau Pinot noir de Bourgogne ! Comment ? Il n’est pas bourguignon, mais allemand ? Je ne peux le croire. C’est du Volnay 1er cru. Ou du Beaune 1er cru. Ce toucher de bouche, ce boisé élégant, ce fruit concentré, ces tannins précis et si bien dosés. Chapeau. Très très difficile de trouver un vin semblable en Bourgogne à ce prix-là. Allemagne, Jülg, Schweigen, pinot noir 2023, € 37,50

Voilà. J’ai fait ma part du travail ! A vous de jouer maintenant, via ce lien vers le magasin. Vous ferez le meilleur choix en combinant la lecture de l’article ci-dessus avec celle des fiches individuelles de chaque vin. Vos commandes sont attendues au plus tard ce mardi 16 juin avant minuit. Les vins commandés seront mis à votre disposition fin juin.

Avant que je n’oublie: c’est un bon moment pour commander vos rosés ! Les voici.

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dégustation

Dégustation = 13 juin

La prochaine dégustation est fixée au samedi 13 juin. Il y aura 15 très bons vins sur le bar. Le programme est finalisé. Beaucoup de vins français (Bourgogne, Corse, Loire, Languedoc, Beaujolais, Rhône, …) et quelques vins allemands.

On commence dès 10 heures pour les plus courageux, on continue jusqu’à 18 heures (c’est-à-dire jusqu’à l’extrême limite de ma voix, de mes pieds et de mon dos…). Entrée libre, inscription inutile. Parking facile mais payant (zone verte): info.

Les vins participants peuvent être commandés dès maintenant et jusqu’au mardi 16 juin inclus, de préférence via le magasin.

Mise à disposition des vins commandés: fin juin.

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dégustation

2000 & 2001

Les dix bouteilles dans l’ordre de dégustation.

J’ai participé -il y a un peu plus de 25 ans- à la création d’un groupe de dégustation. Cela s’appelle « groupe du mercredi« , ce qui prend tout son sens lorsque l’on sait que nous nous réunissons le vendredi. Ou le jeudi.

Cette fois, j’avais le plaisir d’être aux manettes: en l’honneur de ce 25ème anniversaire, j’ai proposé dix vins issus des millésimes 2000 et 2001. Avec une petite angoisse: imaginons que ces vins soient passés, qu’ils ne soient plus que l’ombre de ce qu’ils étaient pendant leur jeunesse

Eh bien, non. Ce qui était frappant, c’était justement leur jeunesse ! Des vins à pleine maturité et au moins une bouteille qui mérite … un peu de garde supplémentaire: Léoville Barton 2000.

Bien entendu, ces bouteilles n’ont pas été choisies par hasard: les cépages chenin et riesling ont très bonne réputation au vieillissement et c’est la même chose tant pour le Bandol et que pour les Crus de la Rive Gauche. Le millésime 2001 à Sauternes sera encore aussi bon dans 10 ans, si pas meilleur (Sigalas Rabaud).

Le podium ? Doisy-Védrines 2001, Viña Tondonia 2001 (Rioja) et Pontet Canet 2001. Etonnant, non ? Les trois meilleures notes vont à des représentants du millésime 2001 ! Le premier 2000 est cinquième (Château Pradeaux). Mais, à vrai dire, les écarts sont faibles: de 17,1 pour Doisy-Védrines à 15,5 pour Brézé du Clos Rougeard qui clôt le classement.

Dégustation à l’aveugle, en connaissant le thème général.

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Nouveautés en pagaille !

J’ai rendu visite en avril à tous les importateurs avec qui je travaille régulièrement, en particulier pour faire le point au sujet des nouveaux millésimes, 2025 ou 2024 en fonction de la durée de l’élevage.

Vicissitudes…

Une surprise m’attendait chez l’un d’eux: pour faire bref, cela s’appelle liquidation totale. Pourquoi donc cette décision radicale ? Même si cela n’a pas été explicitement dit, il s’agit avant tout de lassitude et de découragement. Un magasin en centre ville avec fort peu de possibilités pour se garer, les clients qui achètent les nouveautés mais qui ne rachètent pas ce qu’ils ont aimé, les difficultés logistiques causées par un bâtiment pas vraiment adapté aux déplacements fréquents des cartons, la santé qui chancelle, les marges si limitées qu’il est difficile de proposer des promotions attractives, les contraintes administratives.

Rajoutez à cela des éléments qui sont valables pour tout qui commercialise du vin: des caves-clients pleines à ras bord, des portefeuilles un peu hésitants face à l’inflation, l’acharnement d’une partie des professionnels de la santé, le désintérêt des jeunes générations, l’incertitude qui pousse à reporter à plus tard, etc…

Pour Anthocyane, cette disparition d’un fournisseur implique la disparition de la gamme d’une série de Domaines: La Chevalerie (Loire, Bourgueil), Aupilhac (Languedoc, Montpeyroux), Marcoux (Rhône, Châteauneuf-du-Pape), Château Les Croisille (Sud-Ouest, Cahors), etc… Il m’en reste quelques bouteilles, accessibles via le magasin. Ce sont les dernières. Il me faudra du temps pour trouver un fournisseur « de remplacement », … s’il existe.

Appétissant, audacieux, surprenant, jouissif

Cela dit, mes autres fournisseurs se décarcassent pour proposer des nouveautés appétissantes, audacieuses, surprenantes, jouissives !

Par exemple, le Domaine des Bérioles à Saint-Pourçain, avec Aurence en millésime 2025 (chardonnay 70%, tressallier) et Trésaille en millésime 2024 (tressallier 100%). Appellation entre sources de la Loire et Massif Central, certes peu connue par le grand public, mais capable de proposer des vins qui peuvent se comparer au Mâconnais.

Ou le Domaine de Cébène à Faugères (Languedoc), avec Ex Arena 2024 (grenache majoritaire) et Belle Lurette 2023 (carignan majoritaire). Des vins du sud, mais des parcelles orientées vers le nord, pour le meilleur équilibre entre maturité du fruit et fraîcheur.

Et encore: le millésime 2025 de la cuvée Rosumarinu (Domaine Sant Armettu, Corse), le Mâcon Rouge de Nicolas Maillet, la Folle Blanche 2025 de Luneau-Papin, etc…

Et un nouveau riesling allemand (sec): Nineteen Fifty (1950, parce que les vignes ont été plantées cette année-là) du Domaine Geil, dont je propose régulièrement le Grüner Silvaner.

Tous ces vins -et d’autres- sont commentés en détails dans la rubrique Nouveautés du magasin.

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dégustation

Compte-rendu

Samedi à 13 heures: 15 compétiteurs sur la ligne de départ pour décrocher la timbale. Ou décrocher la lune. Ou brandir un lourd pavé sur le podium dressé dans un célèbre vélodrome nordiste. Des émotions et quelques larmes de bonheur ? Oui et encore oui !

Mais cette compétition-ci est pacifique, on peut gagner sans défaire les autres participants. Le vainqueur pour l’un est différent du vainqueur pour l’autre. La dégustation du vin est un art qui combine éléments objectifs et subjectifs, le dosage entre eux étant chaque fois différent.

J’ai entendu moult commentaires positifs. C’est la récompense d’un long processus de sélection, pimenté par quelques secteurs pavés (la logistique, les quantités disponibles, la gestion de l’effet de séquence, …).

Voici l’heure de proposer la synthèse et de rappeler que vos commandes sont attendues au plus tard ce mardi soir avant minuit, le cachet de la poste faisant foi… Le mardi dont question est bien ce 14 avril.

Les vins sont commentés dans l’ordre de leur dégustation, les six blancs avant les neuf rouges. Je ne répète pas ce qui figure dans les fiches individuelles de chaque vin: celles-ci peuvent être facilement consultées via ce lien vers le magasin. Vous ferez le meilleur choix en combinant la lecture de cet article avec celle des fiches.

  1. Le sauvignon Morogues du Domaine Pellé se montre à la hauteur de sa réputation: un vin qui convainc par sa vivacité et son énergie. Ce n’est ni un sauvignon de Touraine, ni un Sancerre. Il se situe entre eux deux en combinant les arômes du cépage avec l’impact d’un terroir calcaire (le « kimméridgien » comme à Sancerre). Ce millésime 2024 renoue avec l’excellence et me semble supérieur au 2023 (que je n’avais pas retenu).
  2. Le rhodanien Cour de Récré du Domaine François Villard joue sur autre terrain, avec d’autres règles. Il y a du volume de bouche, avec de la complexité (bière blanche, amande, zeste d’orange, …) et une fraîcheur appréciable: ce Crozes-Hermitage maîtrise habilement son alcool (12,50%). Il trouvera facilement sa place à table.
  3. L’Alsace comme je l’aime avec ce riesling vraiment sec de chez Agathe Bursin. Le terroir Dirstelberg est un bon candidat pour le futur titre de premier cru. Le nez citronne progressivement, le vin se présente salin et droit, en demi-corps, plus précis qu’exubérant. Je parie que ceux et celles qui sont rebutés par des rieslings plus extrêmes trouveront ici chaussure à leur pied. Essayez-le avec des asperges !
  4. Un voyage en Sicile sur le flanc nord de l’Etna. Le Domaine Cottanera propose un vin floral, avec des nuances qui peuvent rappeler le sauvignon. La bouche met en évidence l’origine volcanique de ce vin: intensité vibrante, saveurs caillouteuses, profondeur, réel potentiel de garde. Ce vin mérite d’être débouché plusieurs heures avant dégustation ou d’être passé par la carafe.
  5. D’un volcan à l’autre, de l’Etna vers le Teide à Tenerife (Îles Canaries). Influences océaniques marquées: nez salin, voire salé. Epices et touche muscatée. Beaucoup de bon caillou, un léger perlant en bouche (ce n’est pas un défaut, juste un peu de CO² dissous qui s’enfuit par simple agitation du verre). Le Domaine Viñatigo propose un vin ouvert, original mais pas extrême, prêt pour tire-bouchonnage.
  6. On reste sur les côtes de l’Atlantique, mais on quitte le volcan pour rejoindre les Rias Baixas au nord-ouest de l’Espagne. Cies est à présent un classique chez Anthocyane, c’est la quatrième millésime que je propose, avec toujours la même satisfaction. Une comparaison ? Le « top » des Muscadets. La bouche est fraîche et racée. Un exemple d’élégance. Le profil est bien plus proche de celui d’un vin blanc de Loire que de l’image que l’on se fait parfois des vins blancs espagnol. Le Domaine Forjas del Salnes et le cépage albariño à la conquête des palais…
  7. Avec ce Rioja atypique commence la dégustation des rouges. Atypique parce que vinifié « comme en Beaujolais » (macération carbonique). Robe à reflets violacés, trahissant la jeunesse de l’animal (c’est un 2025). Style fruité accessible, sans la moindre trace d’élevage (pas de bois). Artuke est souple mais pas sans structure: quelques petits tannins lui donnent du punch ! Le prix sympathique le rend encore plus intéressant.
  8. Toujours l’Espagne, toujours un prix sympathique, mais cette fois dans la région de Valence, à peu de distance de la Méditerranée. Robe intense et lumineuse. Cépages locaux sauvés de la disparition (mando et arcos), élevage en amphores (plus précisément dans de très anciennes jarres en terre cuite), texture soyeuse, délicate et affable. très petits tannins, en arrière-plan. Encore un espagnol atypique qui évite avec justesse les élevages démonstratifs. Le Celler del Roure est en pleine forme !
  9. Tout pourrait faire penser au Bordelais: les cépages merlot, cabernet et malbec, la localisation géographique aux portes de la Gironde, l’histoire du Domaine. Mais non, le Château Tour des Gendres joue une carte plus moderne en renonçant à l’élevage sous bois pour mettre au premier plan un fruit classique. La bouche est équilibrée, avec quelques petits tannins civilisés. Je suggère un passage par la carafe pour lui fournir une lampée d’oxygène. Ah oui, cela s’appelle La Gloire de mon Père et c’est un Côtes de Bergerac.
  10. Robe légère (comme il sied au printemps…), nez appétissant, fleuri et épicé. Bouche pleine d’arômes, de jus et de fruits, ce Beaujolais-Lantignié a vraiment tout pour plaire. D’autant plus que, sous la couche fruitée, s’affirme une longueur salivante qui signe un terroir qualitatif. On comprend la démarche de Frédéric Berne qui oeuvre à faire de Lantignié le onzième cru du Beaujolais. Ici le gamay joue dans la cour des grands !
  11. Impossible de passer à côté de ce magnifique vin du Sud: couleur pâle, quintessence de grenache, parfum envoûtant, bouche suave et concentrée. Le Château du Donjon propose cette Pujade élaborée avec le fruit de vignes centenaires et sans doute préphylloxériques. Oui, c’est chaleureux, mais sans le moindre excès. Vous connaissez ma sévérité avec l’alcool excédentaire: ce 14,5% évite les pièges de la sucrosité (du vin) et de la fatigue (du dégustateur).
  12. Je suis Botonero du Domaine Mamete Prevostini depuis longtemps parce que ce vin combine toutes les qualités du cépage nebbiolo sans ses caractéristiques plus polarisantes, en particulier du côté des tannins. Couleur très pâle (un clairet dirait-on à Bordeaux), nez sur le zeste d’orange et les épices, attaque souple, fraîcheur salivante et petit retour tannique. Un vin de montagne: on est en Valtellina, dans le nord de la Lombardie, près de la frontière suisse.
  13. Oui, j’assume: je suis un fan du cépage mencia, en tous cas quand il est traité avec le talent requis. Nous sommes chez Raul Perez, vigneron et œnologue de grande réputation. Il propose ce vin de Bierzo, en Castille, élaboré avec les vignes de la propriété familiale, Castro Ventosa. Couleur dense, nez vigoureux. Beau volume de bouche, vin solide qui doit s’arrondir un peu ou faire un tour dans une carafe. Ce millésime 2023 se situe dans la lignée du 2022 (dégusté en 2025).
  14. Qu’il est loin le temps où Richeaume avait la main lourde sur l’élevage sous bois ! Les vins d’aujourd’hui incarnent le renouveau provençal, avec l’expression typique des vieilles vignes de carignan. Nez de fruits noirs, qui ne cache pas sa méridionalité. Bouche puissante avec des tannins énergiques. Démonstration probante que le cépage carignan n’est pas condamné à la rusticité.
  15. On conclut sur un Bourgogne issu du pinot noir. Nous sommes à Givry sur un terroir « premier cru« . Nous connaissons les prix dans la région: on ne peut évaluer le prix de celui-ci que par comparaison avec ses pairs issus de la même région. Le Domaine François Lumpp est un spécialiste des nez parfumés et aériens, des bouches fraîches et peu tanniques, des équilibres de haute volée. Ce « A Vigne Rouge » est un séducteur, charmant mais doté de solides épaules qui en font un bon candidat pour quelques années de garde. Mais il se goûte déjà très bien !

Voilà. J’ai fait ma part du travail ! A vous de jouer maintenant, via ce lien vers le magasin. Vous ferez le meilleur choix en combinant la lecture de cet article avec celle des fiches individuelles de chaque vin. Vos commandes sont attendues au plus tard ce mardi soir avant minuit.

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Volcan ? Etna !

J’assume ma qualité de commerçant-vulcanologue. Il y a une intensité vibrante dans les vins issus de vignes plantées dans un sol volcanique qui me touche. C’est pour partie rationnel et pour partie …émotionnel. Conséquence: je les recherche avec une détermination certaine. Une catégorie spéciale leur est dévolue dans le magasin. Et un logo éruptif sur les fiches explicatives.

Et pourtant … ceci n’est que mon deuxième vin de l’Etna, après le rouge « Le Sabbie dell’Etna » (Firriato) il y a bien longtemps.

Entretemps, nous nous sommes baladés en Espagne (Îles Canaries: Viñatigo, Envinate),en Allemagne (Schäfer-Fröhlich: Vulkangestein, Knab: Steinhalde), en Italie (Suavia: Monte Carbonare), en France (La Madone, Thivin Côte de Brouilly, Clos Galerne Anjou Noir), en Grèce (Gaia Santorin), au Portugal via les Açores et Madère … et j’en oublie bien d’autres.

Pour moi, l’Etna, c’est LE volcan par excellence: actif -au point d’inquiéter régulièrement les habitants-, majestueux (3.300 mètres et des poussières) et terre d’accueil pour un vignoble dont la notoriété ne cesse d’augmenter. Hélas pour nous pauvres amateurs, cette forte notoriété pousse les prix à la hausse … comme ailleurs (Jura, Santorin, …). En 1999, le guide Gambero Rosso recensait 10 Domaines intéressants. Il y a aujourd’hui 200 Domaines sur les pentes du volcan. Cette inflation se traduit aussi par un agrandissement du vignoble, passé de 600 à 1.200 hectares plantés. Pour notre plus grand bonheur, la croissance du volume va de pair avec une progression de la qualité.

Les vignerons de l’Etna se sont lancés avec beaucoup d’énergie dans le découpage du vignoble en parcelles cohérentes. Ces parcelles s’appellent contrade (au singulier, contrada). J’en compte … 142 ! Spectaculaire, mais peut-être excessif du point de vue du consommateur qui risque de se noyer dans trop d’info. En pratique, ces contrade ne sont pas systématiquement revendiquées et bien des vins proviennent d’un assemblage de parcelles, ce qui leur fait logiquement perdre le droit d’afficher une contrada. Généralement, une contrada s’étend sur une terntaine d’hectares et est partagée entre plusieurs vignerons. On pourrait les comparer aux climats bourguignons.

Pour entretenir une conversation mondaine, quoi de mieux qu’un paradoxe italien, à savoir que certaines contrade n’ont pas droit à l’appellation Etna (ni Rosso ni Bianco) parce qu’elles se situent au-delà de la limite des 1.000 mètres d’altitude. A l’instar des Super-Toscans, ces Super-Siciliens se commercialisent en igp Terre Siciliane.

L’Etna, c’est grand. Très grand. 180 kilomètres pour en faire le tour. Le Parc Naturel, qui ne concerne en gros que ce qui se situe au-delà des 1.000 mètres d’altitude couvre 60.000 hectares.

Le vignoble de l’Etna est plutôt rouge (53%), avec pour cépage principal le nerello mascalese, un grand capricieux qui se positionne quelque part entre nebbiolo et pinot noir. Le blanc (34%), dont le potentiel est de plus en plus affirmé, c’est du carricante, parfois complété par du catarratto. 9% de rosés et quelques bulles complètent le tableau.

Le Domaine Cottanera est installé au nord du volcan, souvent considéré comme la zone la plus qualitative (il y a du vignoble tout autour du volcan, sauf à l’ouest). Cottanera fait partie des pionniers de l’Etna moderne.

Je vous propose un Etna Bianco 100% carricante, avec un degré alcoolique modéré (12,5%): c’est certes un vin du sud, mais c’est aussi un vin d’altitude (entre 680 et 750 mètres). Le vin assemble des raisins issus de trois contradeCottaneraDiciassettesalme et Feudo di Mezzo, contiguës et situées sur le territoire de la commune de Castiglione di Sicilia. Eh oui, le Domaine porte le nom d’une contrada. Les vignes sont âgées d’une trentaine d’années. L’élevage est assez court (6 mois) et s’effectue en cuve inox (pas de bois).

Vous avez l’impression de goûter un vin qui vous évoque plutôt le nord de l’Europe ? C’est normal !

Sicile, Etna Bianco, Cottanera 2024: € 22,50.

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dégustation

samedi 11 avril

…à partir de 13 heures.

La prochaine dégustation aura lieu le samedi 11 avril. Attention à l’horaire spécial, de 13 à 18 heures. Pas de dégustation en matinée.

France, Espagne et Italie. 15 vins sur le bar qui sont présentés ici.

Je suis déjà curieux de connaître l’issue de la bataille toute pacifique à laquelle se livreront deux vins …atlantiques !

NB: le parking est payant à Berchem-Ste-Agathe depuis février 2026 (zone verte). Lorsque vous vous garez dans ma rue, vous êtes invités à envoyer un SMS au 4411: PB03A30 suivi par un espace et la plaque de votre véhicule. Ne pas oublier d’envoyer le SMS Q lorsque vous repartez. Vous pouvez également payer via votre application préférée.

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Le vin belge, millésime 2025 … youpie !

Après un millésime 2024 catastrophique -en tous cas pour ce qui concerne la quantité de raisins récoltés- voici un millésime presque parfait, grâce à une météo clémente, avec tout le soleil requis, pas de gelées printanières et la pluie quand il faut. L’impact de la météo sur la production est énorme: 4,3 millions de litres de vin en 2025 contre …1,2 million de litres en 2024. Je tire mon chapeau aux vignerons qui sont obligés de composer avec de tels écarts d’une année sur l’autre: n’importe quelle entreprise devrait faire preuve d’une flexibilité exceptionnelle pour s’adapter à des variations annuelles aussi importantes !

Le vignoble belge s’étend à présent sur plus de mille hectares, 1.041 hectares pour être précis. C’est cinq fois la superficie en 2015: progression presqu’exponentielle. Une comparaison ? L’Alsace, c’est approximativement 15.500 hectares.

350 vignerons en Belgique, mais cela recouvre des réalités très diverses, depuis celui qui jardine sur quelques dizaines d’ares jusqu’à quelques « géants » (…tout est relatif…) comme Chant d’Eole dans le Hainaut qui s’étend sur une cinquantaine d’hectares.

La Belgique est avant tout une terre de bulles: la moitié du vin belge (49%) pétille ! Le vin blanc tranquille représente un tiers du total, ce qui ne laisse pas grand-chose pour le rouge et le rosé.

Le Hainaut est en tête des quantités produites et affiche une forte spécialisation dans les bulles. C’est le fameux terroir calcaire -comme en Champagne- qui traverse la province et continue ensuite vers l’Angleterre, autre pays producteur se concentrant sur les bulles.

Le chardonnay domine de la tête et des épaules (30+%), soit en monocépage, soit via les assemblages de type champenois (chardonnay + pinots). Les cépages interspécifiques -qui sont plus résistants aux maladies et aux champignons- progressent, en particulier le johanniter.

Conclusion ? Les vignerons, après avoir été obligés de gérer l’absence de vin à vendre (à cause du tout petit millésime 2024), vont devoir sortir leur casquette commerciale pour « placer » un volume plus important que jamais. Encore une fois, la flexibilité est indispensable ! Pour le consommateur curieux, il y aura beaucoup de (très) bonnes bulles belges à goûter, comparer, partager, …

Source: SPF Economie, https://news.economie.fgov.be/263748-2025-annee-petillante-pour-le-vin-belge/

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La bulle au quotidien

Pendant une conversation avec un client, celui-ci m’évoque le fait qu’il recherche une bonne bulle, pas trop compliquée et pas chère, pour toutes les occasions festives qui ne sont pas adaptées au service d’un (grand) Champagne.

En quelque sorte, un accompagnement judicieux pour tous ces petits moments qui donnent envie de célébrer sans se prendre ni la tête ni le portefeuille. Ce client renchérit en me faisant comprendre qu’il ne doit pas être le seul client à rechercher une bulle avec ces caractéristiques.

J’ai commencé par chercher un argument pour ne pas faire. C’est idiot. La question fait sens, incontestablement. Donc, je me mets en chasse. La bulle doit-elle être française ? Non. Mais ce serait un « plus » sympathique si le style du vin pouvait se rapprocher du modèle champenois. Faut-il viser le dosage zéro et/ou la biodynamie avec danses rituelles autour d’une corne de vache remplie de b… ? Non, au contraire: un bon petit dosage est le bienvenu et le goût prime sur la sorcellerie, fût-elle très inspirée. Et pas trop d’alcool, s’il vous plaît. Et une capacité à ne déplaire à personne.

Alors dégustons !

..et voici le fruit de mes recherches. Bulle catalane qui coche beaucoup de cases. Alcool: 11,5%, dosage: 5 grammes, prix: € 12,50, flacon: pas vilain. Les cépages sont ceux du cava, puisqu’il s’agit bien d’un cava: xarel.lo, macabeu et parellada.

En bouche, c’est bien sec, avec la petite rondeur apportée par le dosage. C’est charmant, avec de la vinosité et une note fermentaire de bon aloi. Pour ceux et celles qui souhaitent en savoir plus, la contre-étiquette est informative, avec cépages, parcelles, récolte (2024) et date de dégorgement (janvier 2026).

Le Domaine Oriol Rossell n’est pas né de la dernière pluie, puisque son chai, moderniste et de toute beauté, a été construit en 1908.

Oriel Rossell, Cava, OR brut cuvée Especial NM – € 12,50

Je passe une commande chez le fournisseur le mercredi 15 avril. A bon entendeur…

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Le nord de la Grèce

Voici le nouveau millésime de cuvée « Young Vines » que je propose avec enthousiasme depuis le millésime 2018. Apostolos Thymiopoulos est un grand nom en Grèce: LE spécialiste du cépage xinomavro sous toutes ses formes: jeunes vignes, rosé, vinifié en blanc, franc de pied et cuvées parcellaires, en haut de la gamme. Les experts-ampélographes comparent régulièrement le xinomavro au nebbiolo italien. L’ampélographie est la science qui décrit finement les caractéristiques de tous les cépages.

En période de bouleversement climatique, je me demande si ce cépage n’a pas le potentiel pour migrer vers des contrées plus nordiques.

En dégustation: couleur lumineuse, mais plutôt claire. Le nez est épicé, sur la cerise, avec beaucoup de précision. Quelques notes terreuses. La bouche est joliment fruitée et légèrement tannique. Facile à boire, comme il convient pour un vin issu de jeunes vignes. Très bon rapport QP ! Déguster légèrement rafraîchi. Peut évoquer un vin de Loire (cabernet franc).

Le vin est élaboré avec des raisins en provenance de deux vignobles en altitude (200 à 500 mètres): Fytia et Trilofos. Géologie complexe: schiste, granite et calcaire. Climat continental chaud, rafraîchi par le vent en provenance du Mont Vermion (2.065 mètres). Vendanges manuelles, éraflage à 75%, macération et fermentation en acier inoxydable, élevage de 8 mois en cuve béton (pas de bois).

Le Domaine est en bio certifié, mais n’en fait pas mention sur l’étiquette.

PS: si vous voulez faire l’expérience d’un grand xinomavro, tentez une bouteille de la cuvée Terre et Ciel: ça vaut le coup de casser (un petit morceau de) sa tirelire.

Thymiopoulos Xinomavro Young Vines 2024: € 13,00

Je prends vos commandes jusqu’au mardi 24 mars inclus. Disponibilité des vins commandés: avril.

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A la frontière franco-allemande…

Curiosité peu courante: les vignes du Domaine Jülg se situent de part et d’autre de la frontière franco-allemande, entre Wissembourg (extrême nord de l’Alsace) et Schweigen (extrême sud du Palatinat/Pfalz).

Il s’agit donc de vins vinifiés en Allemagne, par une famille allemande, mais élaborés en majorité avec des raisins vendangés en France. La carte ci-dessous le visualise assez bien: la frontière est indiquée par la ligne rouge. Au nord de cette ligne, c’est l’Allemagne; au sud, la France.

Le Domaine s’étend sur 25 hectares: 60% pinots (blanc, gris et noir), 20% riesling, 10% chardonnay, 10% autres cépages. Il y a quelques années, Jülg a rejoint VDP, l’association privée qui regroupe une bonne partie de l’élite des vignerons allemands, ce qui a fait évoluer la gamme du Domaine: le modèle promu par VDP passe entre autres par une hiérarchie à trois niveaux, inspirée par la Bourgogne: les vins régionaux (Gutswein), les vins de village (Ortswein) et les crus (erstes Gewächs et grosses Gewächs). Astuce: on reconnait les Domaines membres de VDP à la présence sur la collerette de l’aigle-grappe ci-dessous. Toutes choses égales, c’est un label crédible qui peut faciliter le choix de l’amateur au sein d’une offre touffue.

Je raconte aujourd’hui un Ortswein, puisque tous les raisins proviennent du même village, à savoir Schweigen, ce qui est mis en avant par l’étiquette. Conséquence de cette origine précise: toutes les parcelles sont calcaires, ce qui est tout aussi mis en avant sur l’étiquette. Le vin allemand serait compliqué ? Eh bien non, pas forcément !

Clin d’œil à la géographie: le Domaine choisit de nomer ce vin « Calcaire Blanc » et non pas weißer Kalkstein.

La même étiquette se montre plutôt discrète quand il s’agit de cépages. Oui, cépages au pluriel, puisque ce Calcaire Blanc est un assemblage de chardonnay, de pinot blanc et de pinot gris. J’ignore les proportions respectives.

Le modèle pour penser et créer ce vin se situe clairement en Bourgogne. Le dégustateur aveugle peut facilement se faire rouler dans la farine et situer son origine quelque part entre Côte de Beaune et Mâconnais. L’élevage est long: d’abord 12 mois en barriques, ensuite 18 mois en cuve inox, enfin quelques mois en bouteilles avant commercialisation.

En dégustation, le boisé apparaît, mais c’est en finesse, une présence plus suggérée qu’affirmée. Bouche cristalline avec une acidité traçante, élevage précis, du volume en bouche, avec -à ce stade de sa vie- une forte présence du chardonnay. Si la présence du pinot gris vous fait immanquablement penser à certains mollassons alsaciens et/ou à certains insipides pinot grigio du nord de l’Italie, celui-ci va vous faire changer d’avis. Je prends les paris !

Tant qu’à faire, la région est très accueillante avec des villages d’autant plus beaux qu’il n’y a quasi pas de monde et en conséquence pas de boutiques à l’assortiment douteux, y compris les terribles cartons de trois flûtes alsaciennes qui terrorisent les touristes naïfs. Je recommande en particulier le village de Hunspach. Et Wissembourg sous le soleil, c’est pas mal non plus !

Du côté allemand, suivez la Route des Vins du Sud-Palatinat à partie de la spectaculaire porte du vignoble, au centre du village de Schweigen. Le Domaine Jülg, c’est aussi un restaurant de belle réputation: Die Weinstube. What else ?

Weingut Jülg, Pfalz, Calcaire Blanc 2022: € 24,00

Je prends vos commandes jusqu’au mardi 24 mars inclus. Disponibilité des vins commandés: avril.

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Vignes plus que centenaires, en Languedoc

Où sommes-nous ? Village de Bagnoles tout à l’ouest du Minervois, près de Carcassonne et donc près de l’appellation Cabardès. Le Languedoc mais loin de la Méditerranée.

La gamme du Château du Donjon est sympathique et propose quelques bons rapports qualité/prix. Mais rien de vraiment essentiel … sauf une cuvée spéciale très grenache, pimentée par un peu de syrah (15 à 20% de syrah, selon les sources).

Ce grenache est issu de vignes centenaires. Mais à quel point sont-elles centenaires ? Goûtons ! La robe ? Plutôt claire, comme attendu pour un vin à forte dominante de grenache. Le nez ? Silence et concentration, il se passe quelque chose d’inattendu. Ce nez est envoûtant, marqué par l’encre et les épices. En bouche, beaucoup d’intensité. Malgré 14,5%, c’est plus droit que chaleureux, avec une grande concentration et du fruit bien mûr. Peu de tannins et une magnifique finale « en queue de paon ». Toutes les caractéristiques d’un vin « prestigieux », donc sans doute un prix « prestigieux » …

Mais à quel point les vignes sont-elles centenaires ? Si j’ai correctement compris l’information « entre les lignes », elles seraient centenaires au point d’être pré-phylloxériques et donc franches de pied. La vilaine bestiole nommée phylloxéra n’a pas sévi ici, pour des raisons ignorées de tous. Rare, très rare. Très petits rendements. Un bond dans le temps vers un passé révolu. Un voyage vers le vin du 19ème siècle ?

Maintenant, jetez un coup d’œil au prix. Je confirme que ce sont des bouteilles de 75 centilitres. Il n’y a pas de piège. A vous de jouer !

Château du Donjon, Minervois, La Pujade 2023: € 17,00. Je prends vos commandes jusqu’au mardi 17 mars inclus. Disponibilité des vins commandés: fin mars.

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Voyage en Alentejo, à prix serré

Le Portugal offre avec régularité de petites perles au rapport qualité prix exceptionnel. En voici une qui mérite quelques phrases en forme d’hommage à son équilibre: ce vin n’a trop de rien et assez de tout, il combine habilement fruit, très gentils tannins et fraîcheur. C’est léger mais pas trop. Quelques épices et un alcool modéré à 13,50%. Un modèle pour accompagner la cuisine de tous les jours quand il ne s’agit pas de décortiquer la boisson sous tous ses angles. Elevage en cuve inox (pas de bois).

Origine géographique en Alentejo, cette province du sud d’une superficie à peu près égale à celle de la Belgique. On est à l’est de Lisbonne, tant vers le nord que vers le sud. Il s’agit d’une indication géographique (et non d’une AOP), ce qui offre beaucoup de liberté au vigneron pour faire exactement ce qu’il a en tête, sans contraintes plus ou moins judicieuses. Voir carte géo jointe. Cocktail de cépages classiques (syrah et aragonez – le nom local du tempranillo) et locaux (trincadeira et alicante bouschet). Ce quatuor de cépages -aussi curieux que cela puisse sembler- est très représentatif des vins élaborés dans la région: ce sont les quatre cépages rouges les plus plantés.

EA fait référence à Eugenio de Almeida et plus précisément à la Eugenio de Almeida Foundation, association active dans la sauvegarde du patrimoine, dans la culture, dans le social et, bien entendu dans le vin, via Adega Cartuxa. Cette « adega » (en portugais, synonyme de « bodega » et de « cantina ») élabore une large gamme avec un dynamisme certain: on peut y trouver ce EA, mais aussi une gamme plus ambitieuse sous le nom Cartuxa (j’y reviendrai dans peu de temps), y compris des vins élevés en jarres de terre cuite appelées ici « talha » et des crus prestigieux tels le Pêra Manca Tinto, commercialisé à un prix très largement supérieur à la barre des 100 euros.

Cerise sur le gâteau: une offre oenotouristique complète (restaurant, jardins, bâtiments anciens, etc…). Que l’on peut combiner avec une visite de la célèbre ville blanche d’Evora, à 10 minutes en voiture.

Adega de Cartuxa, Alentejano, EA 2022: € 9,50. Je prends vos commandes jusqu’au mardi 17 mars inclus. Disponibilité des vins commandés: fin mars.

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…de la sérendipité

On cherche quelque chose, on trouve autre chose. Comme disait Lao-Tseu (ou Pierre Desproges): l’important c’est le chemin.

Merci aux 28 participants à l’enquête: c’est rafraîchissant de lire vos commentaires. Je suis conscient du biais: ce sont sans doute plutôt des « fans » d’Anthocyane qui ont participé. Petit échantillon …donc faible représentativité statistique. Questions susceptibles d’être interprétées de diverses façons … et donc réponses susceptibles d’être interprétées de diverses façons . La plupart des réponses me sont parvenues anonymes (je n’ai pas cherché à savoir qui a écrit quoi). Embryon d’un dialogue … peut-être devrais-je proposer régulièrement une courte enquête pour affiner, pour creuser d’autres sujets, pour m’adresser à d’autres types de répondants.

L’enquête peut être consultée via ce bouton:

...et voici ma synthèse des réponses:

1ère question: localisation. Pour presque 35% des répondants, c’est soit « pas idéal », soit « un vrai problème ». Pour 65% des répondants c’est soit « sans importance » ou « positif ».

2ème question: dégustation. Pour un peu plus de 80% des répondants, c’est positif sans être indispensable.

3ème question: assortiment. 81% des répondants indiquent « qu’il ne faut rien changer ».

4ème question: communication. Plus de 80% des répondants apprécient « les petites touchent humoristiques et le style informel »; plus de 70% apprécient « la fréquence et les méthodes ».

5ème question: fournisseurs. Près de 70% des répondants achètent (entre autres) chez le producteur, sur place ou via son site Internet; près de 25% font savoir que « leur cave déborde » au point de ne plus acheter.

J’ai noté quelques questions spécifiques: je répondrai directement lorsque l’auteur de telle question est connu.

♪ Et maintenant ? ♫ Que vais-je faire ?

Envisager d’organiser une dégustation non pas à Berchem-Ste-Agathe mais là où habitent la majorité de mes clients: pour Anthocyane, Uccle est le centre du monde. L’est, le sud-est et le sud de la Région de Bruxelles Capitale. Une idée d’un lieu qui pourrait m’accueillir ?

Continuer à organiser des dégustations pour partager mes trouvailles et mes convictions. Parfois, il y a du monde et parfois …pas. Qu’est ce qui pourrait expliquer cette grande variance ?

Faire vivre l’assortiment, mais en douceur. Inutile de proposer des vins uruguayens. Le « nature » restera très minoritaire (vu que je veux zéro défaut). Le « bio » et la biodynamie: oui et oui, chaque fois que possible; mais ce n’est pas obligatoire.

Investir du temps dans ma prose. La qualité restera variable (l’inspiration peut disparaître je ne sais où) mais l’intention est là !

Ma clientèle et moi partageons un même âge approximatif. Simplification certes légèrement abusive, puisque même quelques trentenaires me font confiance. Néanmoins cet âge approximatif n’est pas sans conséquences: nous avons un peu mal aux genoux, nos enfants sont adultes (et souvent peu intéressés par le vin), nos médecins nous abreuvent de conseils en tempérance, la tournée minérale se faufile jusque dans notre cortex, notre portefeuille fait des choix rationnels lorsque l’inflation s’attaque à lui, nos déménagements préfèrent les caves à vin peu fournies (c’est toujours ça qui ne doit pas être transporté). Et près de 25% des répondants font savoir que « leur cave déborde » au point de ne plus acheter. Gloups.

Tout ce qui précède n’est pas vraiment favorable à la pérennité de mes activités de marchand alcoolique (merci Philippe: tu m’as fourni le matériau de base pour ce surnom rigolo-baroque).

Anthocyane existe grâce à ses clients. Sans clients, Anthocyane meurt. N’hésitez donc pas à faire du prosélytisme !

PS: un répondant anonyme m’a demandé un conseil pour une application de gestion de cave: j’utilise Cellar Tracker depuis …21 ans. Les fonctionnalités de base sont gratuites (je m’en contente).