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Enquête


Je me pose des questions. Ceux et celles parmi vous qui me connaissent bien ne seront pas surpris, le doute étant consubstantiel à ma personnalité. Je veux donc mieux prendre en compte vos attentes et vos besoins. Je continuerai bien sûr à proposer des choix subjectifs assumés, mais en améliorant leur pertinence. Bref, agir comme un commerçant chez qui on a envie de venir et de revenir.
Ci-dessous quelques questions concrètes: merci déjà à ceux et celles qui prendront le temps d’y répondre. Il y a cinq questions fermées et une question ouverte. Aucune réponse n’est obligatoire.

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Château Thivin en Côte de Brouilly

Un grand bonjour en différé du Beaujolais ! Je vous parle d’une région que les oenophiles pourraient ne pas connaître. Ou à laquelle ils accolent tant de négativité qu’ils en oublient presque son existence.

Sans dévoiler la couronne, deux dégustations, récentes et à l’aveugle, m’ont gentiment secoué: le dégustateur en recherche d’origine ou de cépage pense à tout -mais alors vraiment à tout- avant d’évoquer, dans un murmure à peine perceptible, le Beaujolais et/ou le gamay.

Il me semble que les vins du Beaujolais sont lourdement sous-estimés. Bonne nouvelle: ce qui est sous-estimé est, à qualité égale, moins cher. Attention, ça ne dure pas: ceux et celles qui ont découvert l’excellent rapport qualité-prix des vins du Jura il y a 15 ou 20 ans savent très bien ce que je veux dire…

Venons-en à notre sujet.

Château Thivin, c’est la famille Geoffray … depuis 1877. Aujourd’hui Claude-Edouard et Sonja sont aux commandes.

Château Thivin, c’est 28 hectares de raisins rouges (gamay) et 2 hectares de raisins bancs (chardonnay).

Château Thivin, c’est une douzaine de cuvées différentes, la plupart en appellation Côte-de-Brouilly: plusieurs parcellaires comme Godefroy, La Chapelle, Les Griottes de Brulhié et Le Clos. La « top » cuvée Zacharie n’est pas parcellaire, c’est un assemblage issu des meilleurs parcelles (1ère sélection) et des meilleurs tonneaux (2ème sélection).

La cuvée Les Sept Vignes assemble les raisins de …sept vignobles (en l’occurrence, il s’agit de Clos Bertrand, La Chapelle, Les Griottes, Godefroy, L’Héronde, Henri et Les Fournelles). Tous en appellation Côte de Brouilly. Sous-sol magmatique, donc d’origine volcanique. Les raisins de chacune des sept parcelles sont vinifiés puis élevés séparément: l’assemblage se fait sur vins finis, après passage en foudres pendant sept à neuf mois.

Ce vin a participé fin novembre 2025 à une dégustation entièrement consacrée au Beaujolais en millésime 2023. Je l’ai décrit ce jour-là de la façon suivante: « nez sur la réserve, avec des fruits noirs; bouche jeune, tannique, concentrée et longue. Forte personnalité« . Je lui ai attribué un 17/20, soit ma médaille d’argent (12 vins dégustés ce soir-là).

On peut trouver l’étiquette laide. Elle est en tous cas spécifique, différente, traditionnelle, ancrée dans l’histoire du Domaine. Et tellement reconnaissable, même à plusieurs mètres de distance, par une nuit sans lune et sans lunettes…

Côtes de Brouilly est un terroir très particulier: c’est un « mont » d’origine volcanique qui culmine à 484 mètres d’altitude. Le vignoble s’étale sur un peu plus de 300 hectares de pentes fortement inclinées. Quatre communes se partagent ce cru: Saint-Lager, Odenas, Quincié-en-Beaujolais et Cercié. Du gamay et rien que du gamay. Curiosité: l’appellation est entièrement entourée, ceinturée par une autre appellation, beaucoup plus vaste: Brouilly.

La diversité géologique est très élevée:

Château Thivin Côte-de-Brouilly Les Sept Vignes 2023 est disponible pour commande. Il participe à la dégustation du samedi 07 février.
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Le Jura, c’est ça !

Le Jura, c’est d’abord un vignoble d’assez petite superficie: à peu près 2.100 hectares (à comparer par exemple aux 15.400 hectares de l’Alsace) et quelques appellations: Côtes du Jura bien sûr, mais aussi Arbois, Arbois-Pupillin et Château-Chalon. Et puis une appellation peu connue, toute petite (67 hectares), presque mystérieuse, sise entre Château-Chalon et la ville de Lons-le-Saunier: L’Etoile.

Pourquoi L’Etoile ? Selon les instances officielles, parce que le village est entouré de cinq collines formant les branches d’une étoile et parce que ses vignes recèlent d’innombrables pentacrines, ces étoiles fossiles que l’on peut trouver en se promenant dans les vignes.

Dans le temps (lointain) où j’importais les vins moi-même, j’avais rendu visite à Nicole Deriaux, la vigneronne du Domaine de Montbourgeau. J’en garde un fort et très bon souvenir. Un accueil très attentif. Une gamme de vins ancrée dans la tradition jurassienne: Vin Jaune, vins sous voile, rouges (poulsard et trousseau), Crémant, Vin de Paille et Macvin. Aujourd’hui c’est une nouvelle génération aux commandes: Baptiste et César, les fils de Nicole. Ce passage progressif de témoin correspond à quelques nouvelles cuvées, parcellaires et ouillées (c’est-à-dire vinifiées comme un vin blanc classique).

Oui, parce que le Jura ce sont d’abord les vins non-ouillés. Un petit mot d’explication: ouiller, c’est rajouter du vin dans les tonneaux pour compenser ce qui s’est évaporé, la fameuse « part des anges ». L’ouillage protège les vins de l’oxydation, parce que les tonneaux sont remplis « à ras bord ». C’est la méthode classique, utilisée pour 99+% des vins élevés en tonneaux. L’absence d’ouillage génère des vins …non-ouillés, marqués par le voile de levures qui se forme dans le tonneau au-dessus du vin. En simplifiant, on parle de vins typés ou de vins oxydatifs. Pour comparer on se situe dans l’univers des sherries secs. Dans le Roussillon, on parle de rancio sec. Ces vins non-ouillés ont fait la célébrité du vignoble jurassien, mais ils sont polarisants voire clivants: on adore ou on déteste, il n’y a de place ni pour l’indifférence ni pour le chèvre-choutisme.

A ce stade, vous aurez compris que je fais partie des enthousiastes, parce qu’à mon avis ces vins non-ouillés peuvent se révéler à la fois intenses, persistants, complexes, équilibrés et originaux/spécifiques. En résumé: le Graal !

Alors, le non-ouillé c’est toujours bon ? Euh…non. Je connais des vins non-ouillés déséquilibrés par un alcool excessif, martyrisés par un boisé violent, pénalisés par une maîtrise insuffisante d’un élevage complexe ou encore tellement puissants que toute nuance est gommée. Il faut choisir avec discernement !

Voilà, le décor est planté. Venons-en à cette Cuvée Spéciale 2019, vin non-ouillé, 100% chardonnay (peut-être un tout petit peu de savagnin, en complantation) que j’ai goûté hier soir à table. Techniquement, ce 2019 a été élevé pendant 56 mois, sous voile de levures, dans des fûts de 228 litres. 4.600 bouteilles produites. Assemblage de différentes parcelles calcaires.

Le plat ? Poulet au Vin Jaune, crème, morilles et pâtes fraîches. Un accord parfait, classique, qui met le vin en valeur et lui permet d’exprimer toutes ses qualités. Nous avons donc « sacrifié » quelques centilitres de cette Cuvée Spéciale pour parfumer la sauce.

Et ? C’était magique ! Le nez est intense, direct et nuancé. Impossible de lui échapper, il est omniprésent sans tomber dans un éventuel excès d’arômes. La bouche évoque un excellent sherry amontillado. Très concentrée et pourtant légère, très élégante malgré 15%. La fraîcheur lui confère une grande « buvabilité ». Vin à très forte personnalité mais qui respecte néanmoins le plat. Une expérience gustative exceptionnelle. J’y ai retrouvé les arômes habituellement associés aux vins de voile, comme le curry et la noix, mais aussi des agrumes (zeste d’orange).

Cerise sur le gâteau: si la bouteille n’est pas vide, la conserver au réfrigérateur avec un bon bouchon (par exemple: bouchon en verre). Ce type de vin se conserve facilement pendant une semaine, voire plus. Il ne risque pas de s’oxyder !

Cette Cuvée Spéciale 2019, Domaine de Montbourgeau, est proposée pour clôturer la dégustation du 07 février.

D’autres cuvées du Domaine de Montbourgeau sont disponibles: Crémant du Jura (€ 23,50), L’Etoile Cuvée Spéciale 2016 et 2017 (€ 30,00), En Banode, Courbette, La Chaux, Macvin, etc… Dites-moi ce qui pourrait vous intéresser.

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Samedi 07 février: dégustation

Beaucoup de nouveaux Domaines au programme de la première dégustation de 2026: Montbourgeau (Jura), Labranche-Laffont (Sud-Ouest), Camin Larredya (Sud-Ouest), Château Thivin (Beaujolais), Le Bouchot (Loire). Il y aura au moins 13 vins sur le bar.

Ne pas rater le riesling sec (Moselle allemande) de Weingut Maximin Grünhaus en millésime 2020: après quelques années de bouteille, le vin est prêt, expressif et harmonieux.

Nous goûterons également le Clos des Grives 2023 du Domaine Combier (Rhône – Crozes-Hermitage – 100% syrah). Guide de la RVF: 95/100.

Voici le lien vers le programme.

Je prends vos commandes jusqu’au mardi 10 février inclus. Le stock disponible pour certaines cuvées est limité.

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La Taille aux Loups 2023

Montlouis-sur-Loire et Vouvray: paradis du chenin

Une horizontale du millésime 2023 en un colis de 6 bouteilles avec les plus belles cuvées du Domaine: Clos Michet, Clos de Mosny, Venise, Hauts de Husseau, Bretonnière et Triple Zéro (bulle).

Uniquement disponible sous forme d’un colis de six bouteilles à € 192.

Une anecdote administrative ? Le Domaine de La Taille aux Loups possède quelques belles parcelles à Vouvray, en face, sur l’autre rive de la Loire. Mais les vins issus de celles-ci sont commercialisés en Vin de France et non pas sous l’appellation Vouvray. Euh ? Pour avoir le droit de revendiquer l’appellation, Vouvray impose que le vin soit vinifié à …Vouvray et donc pas à Montlouis ! Absurde ! Imaginez ce que cela pourrait donner en Bourgogne dans un Domaine qui propose des vins de quatre ou cinq appellations différentes…

Ci-dessous les commentaires du guide Bettane et Desseauve, dans son édition 2026:

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Fume, c’est du Pouilly!

Pour un vin élaboré avec 100% de sauvignon, le nez évoque d’abord …le chardonnay ! On est (très) loin de l’exubérance aromatique de la plupart des Pouilly-Fumé qui « sauvignonnent » jusqu’à plus soif. C’est pour cette raison d’ailleurs que je propose volontiers Sancerre et que je voue Pouilly-Fumé aux oubliettes. MAIS: les préjugés n’existent que pour être combattus. Ce Pouilly-Fumé me réconcilie avec l’appellation parce que c’est un vrai vin de terroir. Ces « Terres Blanches » calcaires sont bien connues à Sancerre …comme à Chablis, en Bourgogne. D’où la possible confusion avec le chardonnay. Comme quoi, il y a une logique. Je suis enchanté par la texture élégante et soyeuse, par la finale légèrement saline, par la précision et par l’impeccable équilibre de ce blanc sec vachement réussi.

Revue du Vin de France, numéro 657, février 2022

Le vigneron, Antoine Gouffier, est installé à Pouilly depuis 2008. Il a racheté un domaine déjà cultivé en bio et est aujourd’hui propriétaire de 10 hectares en biodynamie, doublement certifiée (Demeter ET Biodyvin). Les vignes se situent sur le flanc sud-ouest de la butte de Saint-Andelain. Les vinifications se font sans soufre, mais une juste dose de soufre est ajoutée lors de la mise en bouteille.

Pouilly-Fumé, c’est la Loire, un peu au sud de Sancerre, sur l’autre rive. Sancerre, c’est toujours la rive gauche du fleuve; Pouilly-Fumé, c’est toujours la rive droite (dans le département …bourguignon de la Nièvre). Le village s’appelle Pouilly-sur-Loire (quel à-propos !) où le sauvignon est omniprésent. Sauf que, en cherchant bien, on trouve encore un peu de chasselas, sous l’appellation Pouilly-sur-Loire (à nouveau, quel à-propos !). Les vignerons du cru n’utilisent pas volontiers le terme « sauvignon », ils lui préfèrent le synonyme local « blanc fumé ». Les vins de Pouilly rencontrent un grand succès en Belgique, deuxième importateur mondial, juste derrière le Royaume-Uni, mais devant tous les autres.

Domaine du Bouchot, Pouilly-Fumé, Terres Blanches 2023: € 29,00

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Oscars 2025

Voici venir l’heure des bilans

Selon une habitude récente, puisque prise en fin d’année 2023, je me suis amusé à reprendre la liste des tous les vins qui ont été proposés à la dégustation pendant cette année qui finit de s’écouler. En 2025, six dégustations classiques et trois dégustations spéciales, sous la bannière du Cercle de la Fleur Bleue.

Au total, une bonne centaine de flacons goûtés avec vous, de l’Aragon à la Macédoine, des Îles Canaries à la Calabre. Les régions souvent dégustées ? La Loire en tête, poursuivie par le Rhône, puis par un petit peloton dans lequel on aperçoit le Roussillon, la Bourgogne (Mâconnais), le Languedoc et le Piémont.

Surprenant: beaucoup plus de rouges que de blancs. Quatre rosés et trois bulles pour compléter le tableau. Le millésime 2023 tient fermement la corde, il précède 2024 puis vient 2022. Une dizaine de vins de millésime antérieur à 2022: pensez à La Chevalerie (Bourgueil) et à Gérard Boulay (Sancerre).

Une petite moitié des vins au-delà de € 20 la bouteille. L’inflation certes mais aussi la volonté de faire goûter le meilleur. Cinq fournisseurs principaux. Une majorité franche de vins biologiques et/ou biodynamiques (Demeter et Biodyvin).

Les données ci-dessus ne tiennent pas compte de tous les vins qui ont fait partie de l’équipe en 2025, sans monter sur le terrain: ce n’est pas le talent qui leur manque, mais le simple fait qu’une dégustation se joue avec 15 joueurs et pas plus. L’entraîneur fait des choix, parfois cruels.

Et qui sont les champions d’Europe, c’est-à-dire les Domaines qui ont participé avec intensité au chiffre d’affaires d’Anthocyane en 2025 ? Eva Fricke (Rheingau), Lafage (Roussillon), Nicolas Maillet (Bourgogne), Thymiopoulos (Macédoine), Mas Amiel (Roussillon), La Chevalerie (Loire), Les Bosquets (Rhône), Gérard Boulay (Loire), Convento San Lorenzo (Lombardie), La Pépière (Loire). Ce classement constitue une petite injustice puisqu’il désavantage les Domaines qui sont arrivés chez Anthocyane dans le courant de l’année 2025. Parmi ces derniers, très belle perf’ de Marcoux (Rhône) et de La Croix Gratiot (Languedoc).

Et ces Oscars, ça vient, oui ?

Médaille de bronze, prix spécial du meilleur vin hors France: Kiedrich riesling 2024 d’Eva Fricke (Allemagne, Rheingau). A dire vrai, j’aurais pu tout aussi bien attribuer cette médaille à l’autre cuvée « village » d’Eva Fricke, Lorch riesling 2024. Deux sœurs jumelles ? Sœurs oui, jumelles …alors pas du tout: elles ne se ressemblent vraiment pas tout en partageant le même cépage, le même millésime, le même type de vinification, la même région et la même vigneronne. Quel fruit, quelle tension, quelle fraîcheur ! Il en reste quelques bouteilles chez l’importateur.

Médaille d’argent, prix spécial de l’élevage le plus réussi et du slogan le plus sympa « les oiseaux ne sont pas des cons« : Bourgueil cabernet franc Noms d’Oiseaux 2019 du Domaine de la Chevalerie (Loire). Voilà un vin qui a pu attendre au frais dans les caves en tuffeau du Domaine. Très belle harmonie parce que tous les composants de ce vin ont reçu du temps pour se fondre et donner le meilleur d’eux-mêmes. Quand il quitte la cave, il est prêt à boire. Archi-épuisé, mais le millésime 2020 ne devrait pas tarder à arriver…

Médaille d’Or, prix spécial de la surprise complète, tombée du ciel, on se demande d’où elle sort, qui c’est celle-là: Picpoul de Pinet piquepoul Bréchallune 2024 du Domaine de la Croix Gratiot (Languedoc). Est-ce que j’ai plein d’arguments rationnels incontestables pour justifier cette belle médaille ? Non, c’est le feeling du jour. En relisant chiffre de ventes, notes diverses et commentaires, en me souvenant des sourires chez ceux et celles qui l’ont goûté fin septembre, en tenant compte du prix de ce flacon et de la sensibilité artistique de la vigneronne, cela m’est apparu intuitivement évident. Bien joué Anaïs Ricôme ! Il me semble avoir vu que l’importateur en avait à nouveau un petite stock (sans garantie).

Je vous souhaite à tous et à toutes d’excellentes fêtes de fin d’année et une superbe année 2026 !

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Domaine Les Bosquets à Gigondas

La grande dégustation du millésime 2023

« A la manière d’un sportif de haut niveau qu’il a été, Julien Bréchet appréhende chaque millésime en mouvement, de la remise en question des procédés aux ajustements des élevages. Tous les vins gagnent en précision et en qualité. Dans son domaine installé sur plusieurs terrasses de Gigondas, il a défini plusieurs cuvées parcellaires qui chacune expriment avec une grande singularité les sols et les cépages des lieux : les vieux grenaches du Lieu-Dit ou de La Colline, les syrahs et serines des Roches et des Routes, les mourvèdres du Plateau, etc… Contrairement à l’idée reçue d’une appellation produisant des vins puissants et généreux, la finesse et le soyeux des tannins sont ici toujours remarquables

Source : le Guide Bettane & Desseauve édition 2026, ****

La troisième séance du Cercle de la Fleur Bleue s’est tenue en ce lundi 15 décembre; elle a été entièrement consacrée à la dégustation du millésime 2023 des vins du Domaine Les Bosquets à Gigondas.

J’ai la chance de connaître ces vins depuis le millésime 2019: je me souviens fort bien du choc ressenti pendant la première dégustation du Gigondas Les Roches. Une émotion, une perception immédiate d’être envahi par un vin qui se positionne au-delà des épithètes enthousiastes habituels, au-delà d’une analyse qui serait purement rationnelle.

Un moment précieux, comme suspendu. Une évidence immobile et silencieuse. L’impression sereine d’être arrivé.

Bon, après cette expérience paranormale, je me suis secoué pour revenir à la réalité et confirmer que l’on peut trouver ici des vins qui cochent toutes les cases: intensité, équilibre, persistance, complexité et spécificité. C’est de la haute couture.

Démonstration en huit vins. Le Petit Vin des Bosquets 2023 (assemblage de jeunes vignes), Hauts Lieux 2023 (assemblage de parcelles calcaires), Le Lieu-Dit 2023 (grenache sur sable), La Colline 2023 (grenache sur calcaire), le Châteauneuf-du-Pape Le Castellas 2023 (grenache sur grès), Les Roches 2023 (syrah sur calcaire), les Routes 2023 (syrah sur argile et sable) et Jasio (rosé) en millésime 2024.

Le Plateau 2023, 85% mourvèdre et très tannique à ce stade de son développement, n’a pas été goûté. Un 2021, goûté très récemment, est déjà plus abordable.

La gamme complète comporte une quinzaine de références: vins blancs, terroirs sur Séguret et sur Beaumes de Venise, etc…

La cuvée Hauts Lieux s’appelait auparavant Réserve, sauf que Hauts Lieux est à 100% issue de 14 parcelles calcaires en altitude, alors qu’il y avait aussi quelques parcelles sur sable dans la version Réserve.

Le Domaine est en bio depuis 2019. Il pratique la biodynamie depuis plusieurs années et se lance dans une conversion biodynamique certifiée avec Biodyvin.

Comment résumer une dégustation en quelques mots pertinents ?

D’abord: les avis étaient partagés. Il y aurait comme un « camp sensuel » qui préfère Le Lieu Dit et Les Routes et un « camp cérébral » qui est plus sensible à La Colline et à Les Roches. Si vous êtes touchés par le soyeux des textures, la finesse et la complexité des arômes, choisissez plutôt l’option Lieu Dit/Routes; si vous êtes plus sensibles à l’énergie du vin, à sa minéralité, optez pour Colline/Roches. Risquons une autre façon de décrire ces vins: Lieu Dit/Routes c’est cap au sud, Colline/Roches c’est cap au nord.

La comparaison a mis en évidence à quel point un lieu peut influencer le contenu d’une bouteille: même cépage, même vigneron, même millésime …et pourtant le sable d’un côté, le calcaire de l’autre, la différence est frappante, presqu’évidente.

Le Gigondas Hauts Lieux et le Châteauneuf du Pape Le Castellas constituent des points d’équilibre: une pincée de sud sensuel et une pincée de nord cérébral.

Alors que Gigondas -et d’autres appellations du Rhône sud- trainent une réputation alcooleuse et trop boisée, les vins des Bosquets, malgré des degrés élevés, ne sont en aucun cas déformés par la chaleur de l’alcool. La finesse des tannins est évidente, quel que soit le terroir. Le boisé souligne, il ne domine jamais.

Ces vins méritent d’être évalués en plusieurs phases: le nez évolue, ce qui semblait simple se complexifie, ce qui semblait acquis s’avère …différent. La bouche évolue, rien n’est définitif, il suffit d’être patient pour que de nouvelles sensations pointent le bout de leur nez.

Ceci n’engage que moi: Les Bosquets proposent aujourd’hui des vins au sommet de leur appellation et au sommet des vins du sud de la France. Je les suis depuis 2019 et ils ne m’ont jamais déçus. Ils ont une histoire à raconter, ils ne suscitent jamais l’indifférence, ils alimentent la conversation.

N’oublions pas que ces 2023 sont des bébés et qu’un peu de temps en cave leur sera très profitable.

Quelques flacons ? On peut commander (y compris Le Plateau) jusqu’à ce vendredi 19 décembre inclus.

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Dégustation festive

Attention, horaires spéciaux !

La dégustation festive aura lieu le samedi 06 décembre de 14 à 18 heures ainsi que le lendemain dimanche 07 décembre également de 14 à 18 heures. Pas de dégustation en matinée.

Programme complet de la dégustation. Quinze vins sur le bar.

Outre les vins en dégustation, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil aux vins de fête et d’exception et aux formats spéciaux (magnum – 150 cl).

Je prends vos commandes jusqu’au mardi 09 décembre inclus. Les vins seront mis à votre disposition avant le 24 décembre.

Dégustation gratuite, ambiance informelle, entrée libre : un coup de sonnette suffit !

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Alors, et cette dégustation ?

Dégustation du 23 novembre: le compte-rendu

Paires, duels et binômes, ce thème avait pour objectif de proposer une série de comparaisons: deux cuvées d’un même Domaine, deux cuvées d’une appellation identique, deux vins originaires de la même région, deux vins partageant le même cépage, etc…

15 vins sur le bar …et une surprise pour clore la fête (j’y reviens en fin d’article).

Je prends vos commandes jusqu’à ce mardi soir, 25 novembre. Accès direct aux vins de cette dégustation. Les bouteilles seront mises à votre disposition pendant la première quinzaine de décembre.

Ci-dessous ce qui m’a particulièrement frappé pendant la dégustation: les fiches individuelles consacrées à chaque vin fournissent encore beaucoup plus d’information.

On y va:

Vins blancs: domaine Barbadillo, Andalousie, deux vins du cépage palomino (mais ce ne sont pas des sherries !).

Sabalo est la version épurée, sans trace d’élevage, tout en délicatesse de ce cépage méconnu (c’est avec le palomino que l’on élabore la plupart des sherries, mais qui le sait ?). C’est original mais civilisé. Aucune trace oxydative (ce n’est vraiment pas un sherry !). Prix très sympathique.

On compare avec Patinegro, une version plus concentrée et plus profonde de ce cépage, avec cette fois un élevage en tonneaux ayant contenu précédemment un sherry de type manzanilla. Cela contribue à rendre ce vin plus complexe, très légèrement marqué par cet élevage spécial. Comme si on avait ajouté trois gouttes de sherry dans votre verre.

L’Andalousie connaît un renouveau de son offre grâce au dynamisme de ses vignerons qui continuent à élaborer de magnifiques sherries (Jerez en espagnol), mais qui proposent maintenait des vins rouges secs et des vins blancs secs comme les deux exemples ci-dessus.

Vins blancs: le sauvignon, la version autrichienne et la version sancerroise

Le sauvignon autrichien vient de Styrie, au sud du pays, tout près de la frontière slovène. Le Domaine, c’est Wohlmuth, ce qui se fait de mieux dans la région. On l’ignore allègrement, mais cette Styrie est le deuxième paradis du sauvignon: ici ce cépage est roi ! La cuvée s’appelle Phyllit (c’est un petit nom géologique). C’est un magnifique exemple des caractéristiques du cépage. C’est un archétype pour apprendre et comprendre ce cépage.

En face de lui, la cuvée Tradition du Domaine Gérard Boulay à Chavignol, un grand nom du Sancerre. Le vin est jeune, encore sur la réserve, moins marqué par le cépage, comme toujours chez Boulay. Néanmoins, ça se goûte déjà fort bien, avec de l’élégance et de la profondeur. Idéalement, donnez-lui deux ans avant tire-bouchonnage, votre patience sera récompensée !

Vins blancs: l’Espagne atlantique, albariño de Galice en deux versions

Comparaison très intéressante entre deux Domaines de haute réputation: Forjas del Salnès (Leirana) et Pazo Señorans. Il doit y avoir 5 ou 10 kilomètres entre les deux Domaines et les deux vins sont élaborés avec 100% d’albarino. Les sucres du jus de raisin se fermentent en alcool, mais une autre transformation peut influencer fortement le résultat: la conversion malolactique, autrement la dégradation de l’acide malique (c’est celui de la pomme) en acide lactique, plus faible. Cette conversion est réalisée (Pazo Señorans) ou pas (Leirana). Conséquence: Leirana propose un profil vertical, minéral et acidulé; Pazo Señorans propose par contre de la rondeur, du gras et une acidité plus discrète. A vous de choisir !

Vin blanc: du volcan en bouteille, première étape

Direction les Îles Canaries pour se frotter à un vin qui ne peut cacher son origine, océanique et profondément volcanique: Ce Benje créé par le quatuor Envinate est typique, il sent la mer, il goûte la mer. Une expérience ! C’est évidemment un vin hors sentiers battus, mais il conserve un côté relativement civilisé: je connais des vins canariens plus extrêmes…

Vins rouges: deux profils originaux à petit prix

Bon, d’accord, le duo est un peu tiré par les cheveux. Le Ermita de San Lorenzo est une curiosité en provenance de l’Aragon, province espagnole coincée entre Navarre, Catalogne, Castille et Pyrénées. Très long élevage en tonneaux (c’est un millésime 2020) qui adoucit les tannins jusqu’à leur donner une expression soyeuse. On se rapproche du style « à l’ancienne » pratiqué par exemple en appellation Rioja (Lopez de Heredia). Assemblage peu fréquent: grenache et cabernet sauvignon.

En face, c’est la Calabre, dans le sud de la botte italienne. L’appellation Ciro et le cépage gaglioppo sont emblématiques de la région. Ce Liber Pater du Domaine Ippolito affiche peu de couleur et un nez friand de cerise. Si vous craignez un alcool dominant, …c’est que vous ne me connaissez pas bien ! Ce vin est construit sur son fruit, sa fraîcheur et ses tannins.

Vins rouges: Raul Perez, le magicien de Bierzo (et de la mencia)

Nous avons goûté la cuvée d’entrée de gamme (El Castro de Valtuille) ainsi que la cuvée « village » (Valtuille) du même Domaine, chez Raul Perez, œnologue à forte notoriété (et à longue barbe). Nous avons négligé les cuvées parcellaires, certes célèbres mais facturées allègrement au-delà des € 100 par bouteille de 75 cl. Gloups. El Castro est un vin robuste, puissant, fruité que l’on pourrait résumer en le qualifiant de « deuxième vin » de Valtuille. Le tri se fait à la vendange entre ce qui va aller dans Valtuille et ce qui se retrouve dans ce El Castro, proposé à un prix qui défie toute concurrence !

On se dit peut-être que la cuvée « village » sera encore plus puissante, …mais pas du tout ! Cette cuvée se caractérise par son raffinement, son velouté et sa finesse. Valtuille est un très bel exemple de ce que le cépage mencia peut donner. La différence de prix avec El Castro me semble tout-à-fait justifiée.

Vins rouges: le Rhône Sud, de Cairanne jusqu’à Lirac

Deux nouveaux Domaines dans la gamme d’Anthocyane: Brusset à Gigondas et Marcoux à Châteauneuf-du-Pape. J’ai retenu le Cairanne Vieilles Vignes de Brusset pour sa capacité à conjuguer la volupté de la matière et l’absence d’un alcool excessif. C’est un vin souple, riche, avec une finale qui se tient très bien et des tannins fondus. On est en plein dans le Sud mais sans la fatigue qui peut caractériser les vins avec un alcool important.

Le Lirac de Marcoux propose un tout autre regard sur la même région: ici tout est élégance et concentration. Moins voluptueux et plus concentré. Moins riche et plus tannique. Je suggère soit l’usage de la carafe soit de faire preuve de deux ans de patience. A l’aveugle, m’aurait on annoncé qu’il s’agit d’un Châteauneuf du Pape, je l’aurais cru. Vin noble, sérieux, qui vole très haut.

Vin rouge: Le sourire de la barbera de chez Rinaldi

Tout qui suit les activités d’Anthocyane connait la Barbera d’Alba de Francesco Rinaldi (aujourd’hui remplacé par ses filles). Franchement, je ne connais personne qui n’aime pas ce vin, millésime après millésime. Beaucoup de fruit, une belle fraîcheur « à l’italienne », peu de tannins et un alcool très bien maîtrisé. Potion quasi magique qui garantit le sourire sur le visage du dégustateur, l’expert comme le profane.

Vin rouge: du volcan en bouteille, seconde étape

La paire enfin constituée: nous avons goûté le blanc, voici le rouge. Peu de couleur (c’est absolument normal), nez ouvert et affriolant, notes fumées et minérales. Avant de goûter, on se dit que la bouche sera riche et puissante. Or non: élégance, intensité, salinité salivante. Peu de tannins, ce vin passe en subtilité.

Comme annoncé, une surprise …

J’étais intéressé de connaître l’opinion des dégustateurs par rapport à un Porto de la Quinta Romaneira. Arômes de framboise, douceur joyeuse, pas de lourdeur alcoolique (malgré le mutage à 19,50%). C’est un Porto fruité, direct, destiné à une dégustation maintenant et dans l’année qui vient. Bien sûr, c’est un vin doux. La bouteille ouverte, si elle est refermée avec son bouchon et conservée au réfrigérateur, peut tenir pendant une ou deux semaines. Peut se servir à l’apéro (ce que je déconseille en général avec le Porto), très bien adapté aux desserts aux fruits rouges et noirs. Ou un dessert en soi. Prix très intéressant.

Vu l’enthousiasme du public présent, c’est décidé, ce vin rejoint la gamme ! Il est disponible ici.

Je prends vos commandes jusqu’à ce mardi soir, 25 novembre. Accès direct aux vins de cette dégustation. Les bouteilles seront mises à votre disposition pendant la première quinzaine de décembre.

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Semaine 43: bu et approuvé

  • 9 mois après 2023, Clos Sauvage, Beaujolais-Leynes, acheté au Domaine au printemps 2025
  • Lou Maset 2023, Domaine d’Aupilhac, Languedoc, disponible depuis peu dans le magasin (€ 15,00)
  • Vieilles Vignes 2023, Domaine Brusset, Cairanne, bientôt dans le magasin (€ 18,50)

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Nouvelles fraîches

Beaucoup de nouveautés: Sancerre, Bordeaux, format « magnum » et le grand retour de Lou Maset (Aupilhac)

Allons-y, tambours et trompettes: arrivée imminente de quatre (vier, quattro, four) Sancerre du Domaine Gérard Boulay.

  • la cuvée Tradition en millésime 2024, délicat, subtil, plus Sancerre que sauvignon,
  • le rosé Sibylle 2024, ce n’est pas un rosé pour l’été, c’est un très beau pinot noir saumoné, intense et concentré ; comme il n’y aura pas d’Oriane en 2024, les raisins pour Oriane ont été utilisés pour élaborer ce rosé),
  • le rouge Oriane 2022, pinot noir très peu coloré, nez affriolant ; concentration, buvabilité, très peu de tannins, grande longueur,
  • …et enfin le Clos de Beaujeu 2023, blanc salin et salivant, déjà grand, sera plus grand encore dans cinq ans, floral, tendu ; je l’ai préféré à son cousin des Monts Damnés.

« Les vins sont entiers, puissants, racés, d’une concentration exemplaire. Mieux vaut les garder quelques années en cave pour en profiter pleinement. Patience donc ! »

Je partage ce point de vue du guide vert de la Revue du Vin de France à 100%. Néanmoins, la dégustation très récente des cuvées ci-dessus montre qu’elles sont très appétissantes, leur charme opère déjà !

Mais si, il m’arrive de vendre du Bordeaux. Voici Le Puy Emilien en millésime 2022. 85% de merlot sans la moindre mollesse, ni la moindre imprécision. Un merlot avec de la race et de l’énergie. Un vin plus classique que le millésime 2020. Plus de couleur qu’à l’habitude. Concentré et assez tannique. 2022 est un grand millésime dans la lignée du 2016. Abordable dès aujourd’hui, mais susceptible de se bonifier en cave.

Le Puy est vendu en Vin de France depuis plusieurs millésimes. Le terme « château » est légalement réservé aux vins d’appellation d’origine contrôlée. Donc Château Le Puy est devenu Le Puy. Cela ne change rien à la qualité du contenu. Disponible dès à présent.

Big bottle

« Le magnum est le format idéal, surtout quand on est deux et que l’autre ne boit pas ». Citation attribuée à Winston Churchill (j’ai l’impression qu’on lui attribue au moins 50% de toutes les citations rigolotes).

Le contenu du magnum évolue plus lentement (longue garde possible), l’objet est esthétique, éminemment festif et il peut se transformer en un cadeau apprécié même par l’amateur légèrement blasé. Argument suprême et d’une subtilité qui m’étonne moi-même : ouvrir un magnum prend moins de temps et moins d’énergie qu’ouvrir deux bouteilles…

Bref, je propose déjà quelques magnums, comme Le Carignan d’Aupilhac 2022, Château les Croisille Divin Cahors 2020 et Grand Clos Yannick Amirault Bourgueil 2021. Ne pas hésiter à me suggérer d’autres références en magnum, l’offre est vaste !

Aupilhac, Lou Maset, do you remember ? Anthocyane a importé en direct les millésimes 2012 et 2013. Lou Maset était un de mes champions, un vin qui plaisait à beaucoup de palais pourtant exigeants. Et puis, le temps est passé par là. Jusqu’à aujourd’hui…

Voici donc le retour très attendu de Lou Maset, en millésime 2023 ! Assemblage de cinsault, mourvèdre, carignan et syrah (il n’y a pas de grenache : les informations sur le site Internet du Domaine n’ont pas été mises à jour). Ce sont certes des jeunes vignes, mais le résultat est bluffant. Un vin puissant, complet, dense qui conserve de la fraîcheur et affiche un grand fruit. Alcool modéré à 13,50%. Origine : terrasses argilo-calcaires à Montpeyroux. Elevage : cuve béton. Disponible dès à présent.

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Samedi 27 septembre: on goûte !

-Deux matchs pacifiques :

°pinot noir bourguignon 2023 contre pinot noir allemand 2023

°cabernet franc du Saumurois 2021 contre cabernet franc de Touraine 2021

-Trois nouveaux domaines en Piémont, Loire et Languedoc
-Trois vins élaborés par un grand vigneron grec
-Quatre vins à € 13 ou moins
-Dix régions dans quatre pays
-Seize vins sur le bar

Le programme est complet et il regorge de propositions alléchantes ! Il y en a pour tous les palais. Seize occasions de se faire surprendre ou de confirmer une évaluation antérieure. Nouveaux domaines et nouveaux millésimes. Toujours de 10 à 18 heures, selon la formule habituelle. On échange et/ou on se concentre. On goûte tous les vins ou on fait sa sélection personnelle. On consulte les explications détaillées dans le magasin en ligne ou on se laisse guider par l’humeur du moment. Bref, on passe un bon moment. C’est en tous cas l’objectif de l’auteur de ces lignes.

Parking: n’oubliez pas de placer votre disque de stationnement. Il me revient que les sbires de la commune peuvent faire preuve d’un zèle excessif, même le samedi.

En cerises sur le gâteau, quelques nouveautés qui ne font certes pas partie du programme de la dégustation, mais qui méritent toute votre attention:

Domaine d’Aupilhac, Montpeyroux 2020: cette cuvée-phare est élaborée en majorité avec du mourvèdre et du carignan, cépages qui ont besoin de temps pour donner le meilleur d’eux-mêmes: d’où l’intérêt de ce millésime plus ancien, à point.

Domaine La Croix Gratiot, Picpoul de Pinet 2024: on goûte la cuvée Bréchallune du même Domaine, mais cette entrée de gamme est plus que sympathique et présente un excellent rapport qualité/prix. Un Languedoc blanc qui rime avec fraîcheur citronnée.

Mas des Chimères, Œillade 2024: le millésime 2023 a rencontré un large succès et ce 2024 est au moins aussi réussi: un cinsault charmeur, construit sur la finesse et le fruit. Avis personnel: ce 2024 est même meilleur que le 2023 !

La Madre, Vermouth, White Dry: un vermouth ? Un vin blanc muté et macéré avec des herbes amères ? Et alors ? Goûtez cette nouveauté catalane et on en reparle après. Produit artisanal n’ayant rien à voir avec les produits industriels, vendus en grande distribution.

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Spicilège

Spicilège: nom masculin. Recueil de morceaux choisis, de documents variés, d’observations.

Spicilège: mot compliqué et désuet dont j’ignorais l’existence jusqu’à ce matin. Utilisation en titre de cet article pour faire mon intéressant et promouvoir ainsi le taux de lecture du susnommé article.

Le phylloxéra s’attaque aux Îles Canaries

Vous connaissez le phylloxéra, ce puceron d’origine américaine qui s’attaque avec férocité aux vignes européennes et les tue ? Il a ravagé le vignoble pendant la deuxième moitié du XIXème siècle. On a fini par le contrer en greffant les vignes européennes sur des vignes américaines, résistantes. Le porte-greffe constitue la partie racinaire de la vigne, tandis que le greffon est le cépage européen souhaité qui conserve les qualités organoleptiques du vin.

Quelques rares lieux ont échappé à l’animal, en particulier les terroirs sableux (exemple: Camargue, Listel gris) parce qu’il n’arrive pas à s’y mouvoir. Des lieux isolés également, comme Chypre: La majorité des vignes chypriotes sont donc « franches de pieds » (pas de greffe sur vigne américaine). Idem pour Madère et pour Santorin.

Idem pour les Îles Canaries. Sauf que … le phylloxéra vient d’y être observé pour la première fois, sur Tenerife (en particulier à Valle de Guerra et La Matanza de Acentejo). Toute l’île est en effervescence, les vignerons se préparent au combat, des mesures drastiques ont été prises pour contrôler la propagation.

Les Îles Canaries sont un précieux conservatoire de cépages qui n’existent qu’ici. Si le phylloxéra s’installe, le vignoble canarien en sortira profondément modifié. Et les conséquences économiques seront très importantes. Chef d’oeuvre en péril ?

Madère Bual 1966: la perfection

En conclusion d’une dégustation qui avait très bien commencé, j’ai vu apparaître avec stupéfaction un flacon de Madère Bual 1966 élaboré par la Maison Blandy’s. Pour être précis il s’agissait de la bouteille n°616, sur un total produit de 708 bouteilles. La mise en bouteilles a eu lieu en 2015, ce qui signifie que ce 1966 a d’abord passé 49 ans en fûts (chêne américain). Ce très long élevage commence dans le Sotão de Amendoa (le Grenier aux Amandiers, le lieu le plus chaud de la propriété) où les fûts restent pendant dix ans. Puis vingt ans au deuxième étage et enfin dix-neuf ans au premier étage (plus frais). C’est la responsabilité du chef de cave de déterminer à quel moment exact les fûts déménagent.

Analytiquement: alcool 20%, acidité: 8,8 grammes/litre, sucre résiduel: 115 grammes/litre.

Gustativement: un chef d’oeuvre qui coche toutes les cases: complexité, persistance, intensité, équilibre, spécificité. Extraordinaire. 19/20 ou 98/100 comme vous préférez. Et franchement, je me demande pourquoi j’hésite à le noter 20/20. Un moment rare, en lévitation, pendant lequel les émotions sont très intenses.

NB: si vous souhaitez en savoir plus sur ma méthode d’évaluation, rendez-vous ici: Evaluer un vin (au bas de l’article).

Condrieu DePoncins 2023 (François Villard): 97/100

Tant qu’on en est aux très grands vins, en voici un que je suis en mesure de vous proposer. Ce Condrieu (100% viognier, forcément) m’a fait une très forte impression parce qu’il outrepasse tout ce que l’on peut en attendre. Densité et finesse, vibration intense, minéralité dominatrice. Un concentré de la parcelle Poncins.

Rendement: 13 hectolitres/hectare (sic), sol: granite, âge des vignes: 25 ans, élevage de 18 mois: 12 mois en fûtes et 6 mois en cuve inox. Mise en bouteilles: mars 2025. Potentiel de garde: 15 ans. Je parie qu’il sera assez rapidement à son apogée, dès 2027.

Disponible chez Anthocyane au prix de € 55. Commande par e-mail (le vin n’est pas disponible dans le magasin).

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Vieux vin toi-même !

Je continue vaillamment à explorer les profondeurs de ma cave personnelle, laquelle a été -sans grande surprise- alimentée en vins importés par Anthocyane entre 2012 et 2015. Il m’arrive bien entendu de tomber sur une bouteille dont les caractéristiques sont celles du vin mourant (dixit Frank Zappa: « jazz is not dead, it just smells funny« ). Mais …

… en règle générale, cela penche bien plus vers la bonne surprise, vers le vin qui se révèle autrement, dans une phase avancée de son existence. Voici ce que cela donne en cette rentrée des classes: un Gaillac 2012 et un Moulin-à-Vent 2011.

Je vous l’assure, celle-là … je n’y croyais pas du tout ! Importé pendant le printemps 2013, ce Vin de France issu du vignoble de Gaillac (Sud-Ouest) s’était vendu avec beaucoup de modestie. Bref, un flop magistral, malgré un prix très légèrement inférieur à € 10. Par contre, le rouge Anthocyanes (sic) avait fait un triomphe, sur deux millésimes consécutifs.

Revenons-en à ce blanc sec en millésime 2012, élaboré avec le cépage mauzac. Lequel mauzac traîne une réputation, comment dire, de platitude ou, du moins, d’un manque chronique de vivacité. Cette absente vivacité susceptible d’être corrigée par la présence d’une amertume qui peut plaire ou déplaire en fonction de vos papilles.

Première gorgée: on retrouve des arômes nets de pomme cuite plutôt agréables, la finale étant par contre dominée par une amertume IPA (bière fortement houblonnée et par conséquent solidement amère). Oups, cela ne se présente pas bien. Or, comme si souvent, il suffit de faire preuve d’un peu de patience. On laisse une bouteille sans la cajoler, pendant plus de dix ans, couchée entre des consœurs avec lesquelles elle n’a pas forcément des affinités et on voudrait qu’elle soit réveillée, en pleine forme dans les cinq minutes qui suivent son ouverture (« plop » dit l’onomatopée). Franchement, c’est déraisonnable.

Après quelques minutes dans le verre, se réchauffant légèrement et aspirant l’air à pleins poumons, ce mauzac se met en place, harmonise ses composantes et intègre une toute petite amertume qui contribue à son équilibre. Est-ce plat ? Non, que non. Ce n’est évidemment pas un monstre de vivacité, mais cela n’empêche aucunement ce vin de donner du plaisir, sensuel en diable. Une gourmandise ! Il aurait été fort sot de le passer dans l’évier de la cuisine sous prétexte de son amertume initiale.

Le Domaine de Brin fait aujourd’hui partie des valeurs sûres à Gaillac. Damien Bonnet est toujours à la tête de ce Domaine. Le guide 2026 de la Revue du Vin de France lui attribue une étoile et note son Mauzac 2023 à 91/100.

Ah celle-ci m’interpellait parce que vinifiée (quasi) sans soufre. Du vin nature 13 ans après vendanges ? Philippe, fais attention, tu commences à perdre la tête ! Oui, mais c’est du Moulin-à-Vent (Beaujolais, 100% gamay) qui a la réputation de bien vieillir, surtout en millésime 2011.

Château des Bachelards, chez Lilian et Sophie Bauchet. Le Domaine a changé plusieurs fois de propriétaire. J’ai fini par perdre la trace de Lilian, à mon avis toujours actif dans le vin (nature) quelque part en Beaujolais.

« Replop » dit l’onomatopée. Cela embaume la cerise nordique, avec une petite acidité volatile. Je pense que l’œnologue orthodoxe fusille déjà ce vin, parce que l’acidité volatile est un vilain défaut: pour mon humble nez, c’est une simple touche de complexité supplémentaire. En bouche, c’est toujours fruité, très peu tannique, avec quelque chose du Pajottenland, tendance bière bruxelloise acide. En toute franchise, cette bouteille cumule quelques défauts, mais ces défauts -peu marqués- lui donnent de la personnalité et en révèlent le charme. Nous avons fini le flacon le sourire aux lèvres et c’était 24 heures après son ouverture. Donc même le deuxième soir, ça passe !

Anthocyane a vendu ce vin en 2013, au prix de € 14,00.

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C’est du vin, oui ou non ?

La presse nationale bouillonne à nouveau autour du vin « light » (???), pauvre en alcool, à teneur réduite en alcool, désalcoolisé, etc…et du vocabulaire à imprimer sur l’étiquette.

Après une période « plus c’est riche et puissant, plus il y a de l’alcool, meilleur c’est », le balancier est reparti dans le sens inverse, l’alcool étant perçu comme un mal nécessaire. De nombreux spécialistes de la santé affirment aujourd’hui que ce n’est pas l’abus d’alcool qui nuit à la santé, mais qu’il n’existe pas de seuil de consommation sans risque: le premier verre serait déjà nocif. A noter malgré tout qu’il n’y a pas de consensus à ce sujet.

Je n’ai jamais caché que, toutes choses étant égales, je préfère un vin à 12,50% qu’un vin à 15,00%. Mais je ne rejette pas les vins riches en alcool lorsque cet alcool participe à l’équilibre et à la typicité du vin. J’aime beaucoup les vins doux naturels (vins mutés à l’alcool) qui titrent plus de 15,00% et je ne compte pas m’en priver.

Evidemment, le débat actuel est lié à un tout autre phénomène: l’apparition de boissons élaborées avec du raisin ayant subi une fermentation, mais qui ne contiennent (presque) pas d’alcool ou qui en contiennent en tous cas beaucoup moins que ce à quoi nous sommes habitués.

On peut se demander si c’est l’offre qui a créé la demande ou si c’est la demande qui a suscité l’offre, mais il est indéniable que ces boissons désalcoolisées ont le vent en poupe, malgré des caractéristiques organoleptiques (très) décevantes. Autrement dit, c’est (très) mauvais, mais cela semble répondre à un besoin. Pour rappel, de (très) mauvais vins se vendent, s’achètent et se boivent, à la satisfaction manifeste des buveurs (très) peu exigeants qui s’en contentent et en redemandent.

Vous aurez remarqué que j’utilise le terme « boisson » pour ces produits et non le terme « vin », dans le respect de la législation européenne qui stipule que la teneur minimale en alcool du vin doit être de 8,50%. Les spécialistes me rétorqueront qu’ils ont goûté des vins à 8,00% voire à 7,50% et qu’il y a donc une couille dans le potage (j’utilise cette expression triviale dans le but de prouver que cet article n’a PAS été écrit par une intelligence artificielle).

Oui, mais non. La législation européenne autorise, pour certains zones septentrionales, une teneur minimale de 7,00%. Cela permet en particulier aux vins allemands de type beerenauslese et trockenbeereauslese de faire partie de la famille. Il existe même quelques dérogations spécifiques comme celle accordée au Tokaji Eszencia hongrois qui titre parfois …3,00%. Ce vin, excessivement rare et cher, extraordinairement doux, est issu d’une tradition multiséculaire et mérite bien de ne pas être exclu !

Donc, voilà. Pour faire simple, est vin le produit obtenu exclusivement par la fermentation alcoolique du raisin frais (le raisin sec, type Corinthe, est prié d’aller voir ailleurs si j’y suis – deuxième expression triviale dans le but de prouver …blabla … voir plus haut) et sa teneur minimale en alcool doit être de 8,50%. Certains vignerons (par exemple dans la Loire) renoncent parfois au terme « vin », remplaçant celui-ci par la périphrase « moût de raisins partiellement fermenté, issu de raisins passerillés » lorsque la teneur minimale en alcool n’est pas atteinte.

Philippe, vas-tu enfin te décider à aborder le véritable sujet de cet article ?

OK, je m’égare. Voici ma question: puisque les boissons désalcoolisées ne répondent pas à la définition du vin, pourquoi s’obstine-t-on à trouver des périphrases biscornues pour les intégrer, par la fenêtre, à la famille des vins ?

La réponse est simple: parce que certains lobbies y ont intérêt. « Vin », c’est commercial, c’est clair pour 99% des consommateurs alors que tout autre terme serait forcément moins bien compris. Réponse certes simple, mais à mon sens très mauvaise.

Pour l’instant, les parties prenantes au débat discutent pour savoir si « vin à teneur réduite en alcool » est une bonne façon de communiquer. Le SPF Santé Publique bloque parce que « qualifier ainsi un vin à 6,00% revient à tromper les consommateurs et à fragiliser les politique de santé publique. » (Le Soir, Anne-Sophie Leurquin, 03 09 2025). Argument: dans le monde de la bière, 6,00% ce n’est pas du tout une teneur réduite en alcool. Les lobbies du vin affirment au contraire que tout consommateur sait que le vin titre en général entre 11,00% et 15,00% et que, en conséquence, un produit à 6,00% serait reconnu sans aucun doute comme ayant une teneur réduite en alcool.

Le débat est bien entendu beaucoup plus complexe que ce qui est mentionné ici. Par exemple, si on se met d’accord sur une terminologie dans une langue, comment s’assurer que la traduction soit « parfaite » dans toutes les langues de l’Union ? Que pensez-vous de alcoholarme wijn en néerlandais ? De low-alcohol wine en anglais ?

Bonne chance aux négociateurs. Quant à moi, je maintiens et persévère: ces boissons ne sont pas des vins, donnez leur donc un autre nom: par exemple, jus de raisin fermenté et désalcoolisé. Moins sexy que « vin », mais bien plus proche de la réalité.

NB: Sur un terrain connexe de ce qui précède et pour vous payer une bonne tranche de franche rigolade, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil au site Internet de Pure The Winery, une entreprise qui vend des vins à 10,50% dont toute la communication est basée sur … »chez nous, zéro sucre ».

Voici un exemple croquignolet. Question: quelle quantité de sucre y a-t-il normalement dans un verre de vin ? Réponse: selon le centre néerlandais de nutrition, il y a en moyenne 8,9 grammes de sucre dans un verre de vin de 150g/ml. Cela représente plus de deux morceaux de sucre par verre. Hallucinant…

Vous trouverez sur ce même site d’autres affirmations farfelues -voire mensongères- qui ne peuvent que susciter le rire. N’empêche, pauvre consommateur …

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Nouveautés

J’ai fait le ménage dans la rubrique « nouveautés » du magasin. Cela dit, il y a de quoi aguicher, affrioler, émoustiller, allécher …

On commence par un nouveau domaine en Piémont: La Ca Növa di Rocca. J’ai sélectionné leur Langhe Nebbiolo, majoritairement élaboré avec les jeunes vignes du cru Ovello, en appellation Barbaresco. La Cà Növa di Rocca est un petit domaine historique qui se préoccupe peu de communication moderne: pas de site Internet.

Voici le nouveau millésime du Gentil de Meyer-Fonné. En Alsace, le terme « Gentil » désigne un assemblage de cépages nobles. Comme un edelzwicker en version haut de gamme. Ce 2024 est clairement dominé par la paire pinot blanc et riesling: c’est la rondeur du pinot blanc mariée à la vivacité du riesling. La présence du muscat dans cet assemblage est discrète.

Dans une autre vie, j’ai importé les vins du Domaine Frédéric Mabileau en direct. Via un importateur, j’ai pu mettre la main sur quelques bouteilles du délicieux Chenin des Rouillères 2024. Bio et biodynamique, peu de sulfites. Oups, je constate qu’il ne m’en reste déjà plus que 6 bouteilles…

Je suis de plus en plus enthousiaste lorsqu’il s’agit des vins du Domaine André Bonhomme en Mâconnais. J’ai été soufflé par le Viré-Clessé Les Brenillons 2023: profond, long et salin ! La RVF de juin 2025 lui accorde un 92/100 bien mérité.

Un vermouth ? Oui, un vermouth artisanal élaboré en Catalogne. Du vin blanc agrémenté d’une kyrielle de plantes aromatiques, macérées dans l’alcool pour en extraire tous les arômes. Domaine La Madre.

Et il y a beaucoup d’autres tentations, certaines d’entre elles en quantité très limitée. Il suffit de cliquer sur le bouton:

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Thymiopoulos

Certains vignerons ont la carrure pour incarner un cépage ou une région. Pour devenir la référence à laquelle les autres sont comparés. Pour être la locomotive à laquelle s’accrochent d’autres talents. Apostolos Thymiopoulos est Monsieur Xinomavro (= le cépage) et Monsieur Naoussa (= la région).

Selon Decanter, Thymiopoulos est l’un des vignerons qui tire les vins grecs vers un futur innovatif et une reconnaissance mondiale.

Selon Hugh Johnson, Thymiopoulos est un producteur superstar à Naoussa et à Rapsani. Des xinomavro accessibles et stimulants.

Les fiches individuelles des quatre vins ci-dessous sont disponibles ici.

Nous sommes dans le nord de la Grèce, entre Thessalonique à l’est et l’Albanie à l’ouest.

Je vous présente quatre vins, du blanc léger jusqu’au rouge haut de gamme. J’aurais voulu vous en proposer plus, mais je suis limité par ce qui est disponible chez l’importateur. Allons-y:

Atma est un blanc, assemblage du rare cépage local malagousia et du xinomavro, cépage rouge, vinifié comme un vin blanc, en évitant de laisser les peaux des raisins en contact avec le jus de ces mêmes raisins. Cela demande du doigté et de la maîtrise. Vin aromatique, frais et joyeux, idéal à l’apéro. Note citronnée dans le millésime 2024. Devrait plaire aux amateurs de Leirana (Galice). Léger en alcool (12%), original sans être exotique. Excellent rapport qualité/prix !​

Les vins orange sont à la mode: on en parle dans toutes les revues spécialisées, nombreux sont les vignerons qui en proposent au moins un dans leur gamme. Sans surprise, le pire côtoie le meilleur. L’opportunisme ouvre trop souvent le chemin à la caricature. L’imitation mal digérée de modèles couronnés de succès se termine en eau de boudin. Heureusement, lorsque le vigneron fait dans la nuance et la subtilité, des vins orange originaux et complexes secouent les préjugés et offrent de belles expérience de dégustation. Je vous présente le Blanc des Coteaux Cuvée Amphore 2023, un vin que je qualifie volontiers d’orange pâle. La macération des peaux est brève: l’impact en est limité, on a surtout affaire à un grand vin blanc sec qui puise un peu de complexité additionnelle dans son mode d’élaboration. Cépages: malagousia, aidani, vidiano, assyrtiko.

Naoussa, c’est le terrain de prédilection du cépage xinomavro (littéralement acide-noir). Par goût assumé de la contradiction, je vous présente donc Young Vines 2022, un 100% xinomavro qui ne distingue ni par sa couleur très sombre, ni par une acidité féroce.

Le xinomavro est régulièrement comparé au nebbiolo (Barolo et Barbaresco en Piémont), même s’il n’y a aucune proximité génétique entre les deux cépages.

Je suis presque au bout du stock en millésime 2022, mais le 2023 est déjà disponible chez l’importateur, au même prix. Je passe en toute confiance d’un millésime au suivant.

Enfin voici la grande cuvée Terre et Ciel 2023, l’incarnation du cépage xinomavro !

Vignes de 45+ ans. Les meilleures parcelles: 70% près du village de Trilofos, 30% près de Fytia. Les altitudes se répartissent entre 150 et 650 mètres. Calcaire et schiste avec de l’argile en surface.

Elevage de 18 mois en barriques de 500 litres (barriques de trois vins).

Ces quatre vins font partie de la gamme d’Anthocyane. Leurs fiches individuelles et l’outil pour passer commande sont disponibles ici.