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La Belgique existe !

Pourquoi une si laide jaquette ?

Publication aujourd’hui de l’édition 2021 du Hugh Johnson’s Pocket Wine Book. Un rendez-vous annuel avec ce qui bouge, ce qui frétille, ce qui explose dans le monde du vin. Il faut comprendre « monde du vin » de façon littérale puisque, au-delà des pays classiques, y sont abordés la Slovaquie, le Kosovo, le Mexique, l’Uruguay et tant d’autres. Une vision certes anglo-saxonne mais assez universelle: Hugh Johnson est anglais, pas américain, ce qui me semble faciliter la lecture de ce côté de l’Atlantique. Bien sûr, c’est le travail d’une équipe comptant une trentaine de membres.

Il se disait depuis un certain temps que la Belgique finirait bien par figurer dans ce guide. C’est fait. Hallelujah. Sonnez trompettes et hautbois. Faites péter les bouchons de Crémant de Wallonie. L’entrée se fait néanmoins par la petite porte, en simple et brève annexe au chapitre consacré au Grand-Duché.

Le texte commence par rappeler que notre petit royaume est avant tout réputé pour ses bières et son chocolat, mais que de plus en plus de vins intéressants sont produits par nos 500 hectares de vignes. On indique que 80% des vins sont blancs ou effervescents. On chiffre à une douzaine les Domaines qui cultivent plus de 10 hectares. On fait savoir que chardonnay et pinots (blanc, gris, noir, auxerrois) dominent la scène des cépages, accompagnés par quelques « résistants » (johanniter, regent, solaris).

Pour conclure (…déjà…), une liste des meilleurs producteurs que je vous livre « in extenso »: Aldeneyck, Bon Baron, Chant d’Eole, Clos d’Opleeuw, Crutzberg, Entre-Deux-Monts, Genoels-Elderen, Gloire de Duras, Hoenshof, Kitsberg, Kluisberg, Meerdael, Pietershof, Schorpion, Vandeurzen, Vignoble des Agaises, Vin de Liège, Waes.

18 fois bravo à ces Domaines dont le travail, le courage et les vins sont ainsi récompensés. Il se trouvera bientôt un groupe d’amateurs brésiliens ou finlandais qui voudront absolument goûter le jus de la treille, façon Belgique. Evidemment, cela rendra les meilleures cuvées plus rares et plus chères. A chaque médaille son revers…

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Le Soir goûte le vin wallon

Raymond Leroy, Vignoble des Agaises à Haulchin (au sud-est de Mons)

Intéressante initiative du quotidien Le Soir: faire le point sur l’évolution du vignoble wallon. 5 pages, publiées consécutivement pendant la semaine qui commence le 06 juillet.

On y aborde les plus célèbres (en tous cas de ce côté-ci du Quiévrain) et quelques plus obscurs. Une bonne lecture pour percevoir à quel point le vin belge n’est plus une note en bas de page, mais un véritable chapitre. D’autant plus un jour de Fête Nationale !

Un jour, un deuxième volet, pour aborder le vignoble flamand ? Qui sait…

Ci-dessous, téléchargement des 5 articles en un seul fichier .pdf.

Le succès grandissant des vins belges

Dans une Belgique réputée pour ses bières, le vin est en train de trouver sa place. Le boom viticole est palpable : les surfaces et la production ont quintuplé ces dix dernières années. Mais ça reste pour l’heure un produit de niche.
Disciples de Bacchus et du roi Gambrinus, les Belges cultivent aujourd’hui davantage la vigne que le houblon. Sans pouvoir parler de tradition, l’histoire viticole belge s’est surtout écrite ces dernières années.
Elle ne date pourtant pas d’hier. Au Moyen Age, chaque grande ville ou quasi possédait son vignoble. Le petit âge glaciaire à partir du XVème siècle mais aussi la succession de guerres et de conquêtes de notre territoire ont petit à petit mis fin à l’aventure viticole. Publié en 1850, le premier recensement agricole faisait état de 166 hectares de vignes. Aujourd’hui, la Belgique en compte près de trois fois plus. Certains évoquent à terme une capacité de 10.000 hectares.
Si des petits vignobles amateurs ont refait surface du côté de Huy dans les années 1970, le renouveau s’est amorcé au tournant du siècle, réchauffement climatique aidant. Parmi les pionniers, l’homme d’affaires Pierre Rion (…)

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Vin belge

En 2005 (ce n’est pas la préhistoire), le vin belge prenait encore la forme d’une note en bas de page avec une production estimée à 215.000 litres, produits à partir d’un vignoble de 65 hectares.

En moins de 15 ans, le nombre d’hectares a été multiplié par 6, le volume a été multiplié par 9. Notons néanmoins que le volume généré par le millésime 2018 est exceptionnel, grâce à une météo presque parfaite. Il y a nettement moins de volume en 2019.

Pour fixer les idées, le vignoble du Grand-Duché de Luxembourg, en 2018, c’est 1.250 hectares et 13.500.000 litres.

Par simple division des chiffres du tableau ci-dessus, on constate que, en moyenne, chaque vigneron belge dispose d’une parcelle de 3 hectares, ce qui est horriblement peu. Bien sûr cette moyenne recouvre des réalités très diverses: le wijnkasteel Genoels-Elderen (Limbourg) dispose d’un vignoble de 22 hectares et le vignoble des Agaisses (Hainaut), producteur de la cuvée Ruffus, s’étend sur 28 hectares.

La Belgique reste un pays de bulles et de vins blancs, les rouges et rosés ne représentant ensemble qu’un cinquième de la production totale.

En termes de cépages, le chardonnay se taille la part du lion (35%), les pinots (noir, gris, blanc et meunier) suivent (23%). A noter la part importante des cépages dits ‘résistants’ (johanniter, régent, solaris, pinotin, etc…).

Le vignoble du Chant d’Éole (et le pourquoi du nom choisi par le Domaine)

En mai 2019, la cuvée Prestige du Domaine du Chant d’Éole (près de Mons) a remporté la grande médaille d’Or du Concours Mondial de Bruxelles. C’est évidemment surprenant, encore plus lorsque l’on sait que les vignes ont été plantées en 2010 et que la première commercialisation date de 2015.

Oui, un effervescent belge a fait la nique à une longue série de Champagnes. Cela étant, cette médaille n’a de sens que par rapport aux participants, les meilleurs Champagnes ne participant jamais à ce type de compétition. Titrer « la meilleure bulle du monde est montoise » est un peu excessif…