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Compte-rendu

Samedi à 13 heures: 15 compétiteurs sur la ligne de départ pour décrocher la timbale. Ou décrocher la lune. Ou brandir un lourd pavé sur le podium dressé dans un célèbre vélodrome nordiste. Des émotions et quelques larmes de bonheur ? Oui et encore oui !

Mais cette compétition-ci est pacifique, on peut gagner sans défaire les autres participants. Le vainqueur pour l’un est différent du vainqueur pour l’autre. La dégustation du vin est un art qui combine éléments objectifs et subjectifs, le dosage entre eux étant chaque fois différent.

J’ai entendu moult commentaires positifs. C’est la récompense d’un long processus de sélection, pimenté par quelques secteurs pavés (la logistique, les quantités disponibles, la gestion de l’effet de séquence, …).

Voici l’heure de proposer la synthèse et de rappeler que vos commandes sont attendues au plus tard ce mardi soir avant minuit, le cachet de la poste faisant foi… Le mardi dont question est bien ce 14 avril.

Les vins sont commentés dans l’ordre de leur dégustation, les six blancs avant les neuf rouges. Je ne répète pas ce qui figure dans les fiches individuelles de chaque vin: celles-ci peuvent être facilement consultées via ce lien vers le magasin. Vous ferez le meilleur choix en combinant la lecture de cet article avec celle des fiches.

  1. Le sauvignon Morogues du Domaine Pellé se montre à la hauteur de sa réputation: un vin qui convainc par sa vivacité et son énergie. Ce n’est ni un sauvignon de Touraine, ni un Sancerre. Il se situe entre eux deux en combinant les arômes du cépage avec l’impact d’un terroir calcaire (le « kimméridgien » comme à Sancerre). Ce millésime 2024 renoue avec l’excellence et me semble supérieur au 2023 (que je n’avais pas retenu).
  2. Le rhodanien Cour de Récré du Domaine François Villard joue sur autre terrain, avec d’autres règles. Il y a du volume de bouche, avec de la complexité (bière blanche, amande, zeste d’orange, …) et une fraîcheur appréciable: ce Crozes-Hermitage maîtrise habilement son alcool (12,50%). Il trouvera facilement sa place à table.
  3. L’Alsace comme je l’aime avec ce riesling vraiment sec de chez Agathe Bursin. Le terroir Dirstelberg est un bon candidat pour le futur titre de premier cru. Le nez citronne progressivement, le vin se présente salin et droit, en demi-corps, plus précis qu’exubérant. Je parie que ceux et celles qui sont rebutés par des rieslings plus extrêmes trouveront ici chaussure à leur pied. Essayez-le avec des asperges !
  4. Un voyage en Sicile sur le flanc nord de l’Etna. Le Domaine Cottanera propose un vin floral, avec des nuances qui peuvent rappeler le sauvignon. La bouche met en évidence l’origine volcanique de ce vin: intensité vibrante, saveurs caillouteuses, profondeur, réel potentiel de garde. Ce vin mérite d’être débouché plusieurs heures avant dégustation ou d’être passé par la carafe.
  5. D’un volcan à l’autre, de l’Etna vers le Teide à Tenerife (Îles Canaries). Influences océaniques marquées: nez salin, voire salé. Epices et touche muscatée. Beaucoup de bon caillou, un léger perlant en bouche (ce n’est pas un défaut, juste un peu de CO² dissous qui s’enfuit par simple agitation du verre). Le Domaine Viñatigo propose un vin ouvert, original mais pas extrême, prêt pour tire-bouchonnage.
  6. On reste sur les côtes de l’Atlantique, mais on quitte le volcan pour rejoindre les Rias Baixas au nord-ouest de l’Espagne. Cies est à présent un classique chez Anthocyane, c’est la quatrième millésime que je propose, avec toujours la même satisfaction. Une comparaison ? Le « top » des Muscadets. La bouche est fraîche et racée. Un exemple d’élégance. Le profil est bien plus proche de celui d’un vin blanc de Loire que de l’image que l’on se fait parfois des vins blancs espagnol. Le Domaine Forjas del Salnes et le cépage albariño à la conquête des palais…
  7. Avec ce Rioja atypique commence la dégustation des rouges. Atypique parce que vinifié « comme en Beaujolais » (macération carbonique). Robe à reflets violacés, trahissant la jeunesse de l’animal (c’est un 2025). Style fruité accessible, sans la moindre trace d’élevage (pas de bois). Artuke est souple mais pas sans structure: quelques petits tannins lui donnent du punch ! Le prix sympathique le rend encore plus intéressant.
  8. Toujours l’Espagne, toujours un prix sympathique, mais cette fois dans la région de Valence, à peu de distance de la Méditerranée. Robe intense et lumineuse. Cépages locaux sauvés de la disparition (mando et arcos), élevage en amphores (plus précisément dans de très anciennes jarres en terre cuite), texture soyeuse, délicate et affable. très petits tannins, en arrière-plan. Encore un espagnol atypique qui évite avec justesse les élevages démonstratifs. Le Celler del Roure est en pleine forme !
  9. Tout pourrait faire penser au Bordelais: les cépages merlot, cabernet et malbec, la localisation géographique aux portes de la Gironde, l’histoire du Domaine. Mais non, le Château Tour des Gendres joue une carte plus moderne en renonçant à l’élevage sous bois pour mettre au premier plan un fruit classique. La bouche est équilibrée, avec quelques petits tannins civilisés. Je suggère un passage par la carafe pour lui fournir une lampée d’oxygène. Ah oui, cela s’appelle La Gloire de mon Père et c’est un Côtes de Bergerac.
  10. Robe légère (comme il sied au printemps…), nez appétissant, fleuri et épicé. Bouche pleine d’arômes, de jus et de fruits, ce Beaujolais-Lantignié a vraiment tout pour plaire. D’autant plus que, sous la couche fruitée, s’affirme une longueur salivante qui signe un terroir qualitatif. On comprend la démarche de Frédéric Berne qui oeuvre à faire de Lantignié le onzième cru du Beaujolais. Ici le gamay joue dans la cour des grands !
  11. Impossible de passer à côté de ce magnifique vin du Sud: couleur pâle, quintessence de grenache, parfum envoûtant, bouche suave et concentrée. Le Château du Donjon propose cette Pujade élaborée avec le fruit de vignes centenaires et sans doute préphylloxériques. Oui, c’est chaleureux, mais sans le moindre excès. Vous connaissez ma sévérité avec l’alcool excédentaire: ce 14,5% évite les pièges de la sucrosité (du vin) et de la fatigue (du dégustateur).
  12. Je suis Botonero du Domaine Mamete Prevostini depuis longtemps parce que ce vin combine toutes les qualités du cépage nebbiolo sans ses caractéristiques plus polarisantes, en particulier du côté des tannins. Couleur très pâle (un clairet dirait-on à Bordeaux), nez sur le zeste d’orange et les épices, attaque souple, fraîcheur salivante et petit retour tannique. Un vin de montagne: on est en Valtellina, dans le nord de la Lombardie, près de la frontière suisse.
  13. Oui, j’assume: je suis un fan du cépage mencia, en tous cas quand il est traité avec le talent requis. Nous sommes chez Raul Perez, vigneron et œnologue de grande réputation. Il propose ce vin de Bierzo, en Castille, élaboré avec les vignes de la propriété familiale, Castro Ventosa. Couleur dense, nez vigoureux. Beau volume de bouche, vin solide qui doit s’arrondir un peu ou faire un tour dans une carafe. Ce millésime 2023 se situe dans la lignée du 2022 (dégusté en 2025).
  14. Qu’il est loin le temps où Richeaume avait la main lourde sur l’élevage sous bois ! Les vins d’aujourd’hui incarnent le renouveau provençal, avec l’expression typique des vieilles vignes de carignan. Nez de fruits noirs, qui ne cache pas sa méridionalité. Bouche puissante avec des tannins énergiques. Démonstration probante que le cépage carignan n’est pas condamné à la rusticité.
  15. On conclut sur un Bourgogne issu du pinot noir. Nous sommes à Givry sur un terroir « premier cru« . Nous connaissons les prix dans la région: on ne peut évaluer le prix de celui-ci que par comparaison avec ses pairs issus de la même région. Le Domaine François Lumpp est un spécialiste des nez parfumés et aériens, des bouches fraîches et peu tanniques, des équilibres de haute volée. Ce « A Vigne Rouge » est un séducteur, charmant mais doté de solides épaules qui en font un bon candidat pour quelques années de garde. Mais il se goûte déjà très bien !

Voilà. J’ai fait ma part du travail ! A vous de jouer maintenant, via ce lien vers le magasin. Vous ferez le meilleur choix en combinant la lecture de cet article avec celle des fiches individuelles de chaque vin. Vos commandes sont attendues au plus tard ce mardi soir avant minuit.

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samedi 11 avril

…à partir de 13 heures.

La prochaine dégustation aura lieu le samedi 11 avril. Attention à l’horaire spécial, de 13 à 18 heures. Pas de dégustation en matinée.

France, Espagne et Italie. 15 vins sur le bar qui sont présentés ici.

Je suis déjà curieux de connaître l’issue de la bataille toute pacifique à laquelle se livreront deux vins …atlantiques !

NB: le parking est payant à Berchem-Ste-Agathe depuis février 2026 (zone verte). Lorsque vous vous garez dans ma rue, vous êtes invités à envoyer un SMS au 4411: PB03A30 suivi par un espace et la plaque de votre véhicule. Ne pas oublier d’envoyer le SMS Q lorsque vous repartez. Vous pouvez également payer via votre application préférée.

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Alors, et cette dégustation ?

Dégustation du 23 novembre: le compte-rendu

Paires, duels et binômes, ce thème avait pour objectif de proposer une série de comparaisons: deux cuvées d’un même Domaine, deux cuvées d’une appellation identique, deux vins originaires de la même région, deux vins partageant le même cépage, etc…

15 vins sur le bar …et une surprise pour clore la fête (j’y reviens en fin d’article).

Je prends vos commandes jusqu’à ce mardi soir, 25 novembre. Accès direct aux vins de cette dégustation. Les bouteilles seront mises à votre disposition pendant la première quinzaine de décembre.

Ci-dessous ce qui m’a particulièrement frappé pendant la dégustation: les fiches individuelles consacrées à chaque vin fournissent encore beaucoup plus d’information.

On y va:

Vins blancs: domaine Barbadillo, Andalousie, deux vins du cépage palomino (mais ce ne sont pas des sherries !).

Sabalo est la version épurée, sans trace d’élevage, tout en délicatesse de ce cépage méconnu (c’est avec le palomino que l’on élabore la plupart des sherries, mais qui le sait ?). C’est original mais civilisé. Aucune trace oxydative (ce n’est vraiment pas un sherry !). Prix très sympathique.

On compare avec Patinegro, une version plus concentrée et plus profonde de ce cépage, avec cette fois un élevage en tonneaux ayant contenu précédemment un sherry de type manzanilla. Cela contribue à rendre ce vin plus complexe, très légèrement marqué par cet élevage spécial. Comme si on avait ajouté trois gouttes de sherry dans votre verre.

L’Andalousie connaît un renouveau de son offre grâce au dynamisme de ses vignerons qui continuent à élaborer de magnifiques sherries (Jerez en espagnol), mais qui proposent maintenait des vins rouges secs et des vins blancs secs comme les deux exemples ci-dessus.

Vins blancs: le sauvignon, la version autrichienne et la version sancerroise

Le sauvignon autrichien vient de Styrie, au sud du pays, tout près de la frontière slovène. Le Domaine, c’est Wohlmuth, ce qui se fait de mieux dans la région. On l’ignore allègrement, mais cette Styrie est le deuxième paradis du sauvignon: ici ce cépage est roi ! La cuvée s’appelle Phyllit (c’est un petit nom géologique). C’est un magnifique exemple des caractéristiques du cépage. C’est un archétype pour apprendre et comprendre ce cépage.

En face de lui, la cuvée Tradition du Domaine Gérard Boulay à Chavignol, un grand nom du Sancerre. Le vin est jeune, encore sur la réserve, moins marqué par le cépage, comme toujours chez Boulay. Néanmoins, ça se goûte déjà fort bien, avec de l’élégance et de la profondeur. Idéalement, donnez-lui deux ans avant tire-bouchonnage, votre patience sera récompensée !

Vins blancs: l’Espagne atlantique, albariño de Galice en deux versions

Comparaison très intéressante entre deux Domaines de haute réputation: Forjas del Salnès (Leirana) et Pazo Señorans. Il doit y avoir 5 ou 10 kilomètres entre les deux Domaines et les deux vins sont élaborés avec 100% d’albarino. Les sucres du jus de raisin se fermentent en alcool, mais une autre transformation peut influencer fortement le résultat: la conversion malolactique, autrement la dégradation de l’acide malique (c’est celui de la pomme) en acide lactique, plus faible. Cette conversion est réalisée (Pazo Señorans) ou pas (Leirana). Conséquence: Leirana propose un profil vertical, minéral et acidulé; Pazo Señorans propose par contre de la rondeur, du gras et une acidité plus discrète. A vous de choisir !

Vin blanc: du volcan en bouteille, première étape

Direction les Îles Canaries pour se frotter à un vin qui ne peut cacher son origine, océanique et profondément volcanique: Ce Benje créé par le quatuor Envinate est typique, il sent la mer, il goûte la mer. Une expérience ! C’est évidemment un vin hors sentiers battus, mais il conserve un côté relativement civilisé: je connais des vins canariens plus extrêmes…

Vins rouges: deux profils originaux à petit prix

Bon, d’accord, le duo est un peu tiré par les cheveux. Le Ermita de San Lorenzo est une curiosité en provenance de l’Aragon, province espagnole coincée entre Navarre, Catalogne, Castille et Pyrénées. Très long élevage en tonneaux (c’est un millésime 2020) qui adoucit les tannins jusqu’à leur donner une expression soyeuse. On se rapproche du style « à l’ancienne » pratiqué par exemple en appellation Rioja (Lopez de Heredia). Assemblage peu fréquent: grenache et cabernet sauvignon.

En face, c’est la Calabre, dans le sud de la botte italienne. L’appellation Ciro et le cépage gaglioppo sont emblématiques de la région. Ce Liber Pater du Domaine Ippolito affiche peu de couleur et un nez friand de cerise. Si vous craignez un alcool dominant, …c’est que vous ne me connaissez pas bien ! Ce vin est construit sur son fruit, sa fraîcheur et ses tannins.

Vins rouges: Raul Perez, le magicien de Bierzo (et de la mencia)

Nous avons goûté la cuvée d’entrée de gamme (El Castro de Valtuille) ainsi que la cuvée « village » (Valtuille) du même Domaine, chez Raul Perez, œnologue à forte notoriété (et à longue barbe). Nous avons négligé les cuvées parcellaires, certes célèbres mais facturées allègrement au-delà des € 100 par bouteille de 75 cl. Gloups. El Castro est un vin robuste, puissant, fruité que l’on pourrait résumer en le qualifiant de « deuxième vin » de Valtuille. Le tri se fait à la vendange entre ce qui va aller dans Valtuille et ce qui se retrouve dans ce El Castro, proposé à un prix qui défie toute concurrence !

On se dit peut-être que la cuvée « village » sera encore plus puissante, …mais pas du tout ! Cette cuvée se caractérise par son raffinement, son velouté et sa finesse. Valtuille est un très bel exemple de ce que le cépage mencia peut donner. La différence de prix avec El Castro me semble tout-à-fait justifiée.

Vins rouges: le Rhône Sud, de Cairanne jusqu’à Lirac

Deux nouveaux Domaines dans la gamme d’Anthocyane: Brusset à Gigondas et Marcoux à Châteauneuf-du-Pape. J’ai retenu le Cairanne Vieilles Vignes de Brusset pour sa capacité à conjuguer la volupté de la matière et l’absence d’un alcool excessif. C’est un vin souple, riche, avec une finale qui se tient très bien et des tannins fondus. On est en plein dans le Sud mais sans la fatigue qui peut caractériser les vins avec un alcool important.

Le Lirac de Marcoux propose un tout autre regard sur la même région: ici tout est élégance et concentration. Moins voluptueux et plus concentré. Moins riche et plus tannique. Je suggère soit l’usage de la carafe soit de faire preuve de deux ans de patience. A l’aveugle, m’aurait on annoncé qu’il s’agit d’un Châteauneuf du Pape, je l’aurais cru. Vin noble, sérieux, qui vole très haut.

Vin rouge: Le sourire de la barbera de chez Rinaldi

Tout qui suit les activités d’Anthocyane connait la Barbera d’Alba de Francesco Rinaldi (aujourd’hui remplacé par ses filles). Franchement, je ne connais personne qui n’aime pas ce vin, millésime après millésime. Beaucoup de fruit, une belle fraîcheur « à l’italienne », peu de tannins et un alcool très bien maîtrisé. Potion quasi magique qui garantit le sourire sur le visage du dégustateur, l’expert comme le profane.

Vin rouge: du volcan en bouteille, seconde étape

La paire enfin constituée: nous avons goûté le blanc, voici le rouge. Peu de couleur (c’est absolument normal), nez ouvert et affriolant, notes fumées et minérales. Avant de goûter, on se dit que la bouche sera riche et puissante. Or non: élégance, intensité, salinité salivante. Peu de tannins, ce vin passe en subtilité.

Comme annoncé, une surprise …

J’étais intéressé de connaître l’opinion des dégustateurs par rapport à un Porto de la Quinta Romaneira. Arômes de framboise, douceur joyeuse, pas de lourdeur alcoolique (malgré le mutage à 19,50%). C’est un Porto fruité, direct, destiné à une dégustation maintenant et dans l’année qui vient. Bien sûr, c’est un vin doux. La bouteille ouverte, si elle est refermée avec son bouchon et conservée au réfrigérateur, peut tenir pendant une ou deux semaines. Peut se servir à l’apéro (ce que je déconseille en général avec le Porto), très bien adapté aux desserts aux fruits rouges et noirs. Ou un dessert en soi. Prix très intéressant.

Vu l’enthousiasme du public présent, c’est décidé, ce vin rejoint la gamme ! Il est disponible ici.

Je prends vos commandes jusqu’à ce mardi soir, 25 novembre. Accès direct aux vins de cette dégustation. Les bouteilles seront mises à votre disposition pendant la première quinzaine de décembre.

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La dégustation du 26 juillet: que retenir

15 vins plus tard, voici ce que j’ai retenu de cette dégustation. J’ai marqué d’une étoile (*) les 6 vins qui m’ont fait la meilleure impression, dans leur catégories de prix respectives.
Vins mis à votre disposition pendant la première quinzaine du mois d’août.
Vous pouvez également consulter les fiches détaillées des vins sélectionnés via cette page. Je recommande chaudement de parcourir ces fiches, elles regorgent d’informations supplémentaires: pour faire un choix éclairé.

Les sept premiers vins sont blancs, les six derniers sont rouges. Et les deux rosé sont au milieu.

Ce ne fut pas un grand succès populaire, la date -choisie avec une témérité certaine- s’avérant peu porteuse. J’affirme néanmoins que les participants ne se sont pas ennuyés, ayant goûté des vins singuliers, étonnants, (a)typiques, charmants et charmeurs.

Et une surprise pour clore la dégustation: voir en fin d’article le vin en supplément.

Lafage, Côtes Catalanes, Centenaire 2024 (€ 13,00):

Aromatique et frais, Centenaire a fait honneur à ses vignes -qui l’eût cru-, centenaires: un vin souriant, exubérant, sur le fruit bien mûr. Vin de tous les jours qui ne déplaira à personne, grâce à un parfait équilibre entre rondeur et vivacité. Le vin sympathique par excellence.

(*) La Janasse, Côtes du Rhône 2024 (€ 14,00):

Domaine bénéficiant d’une grande réputation pour ses Châteauneufs-du-Pape. A noter le passage en bio (après trois années de conversion) et le degré alcoolique particulièrement léger (12,50%). Comparaison instructive avec le vin précédent: sud de la France, millésime 2024 et assemblage basé sur le grenache blanc/la roussanne. Celui-ci est moins exubérant, moins extraverti, plus en finesse et en élégance.

(*) Albet i Noya, Penedès, 3 Macabeus 2022 (€ 14,50):

Le Domaine est un -voire le- pionnier du bio et de la biodynamie en Espagne. Etonnant de déguster un vin citronné sous cette latitude ! C’est punchy en diable ! Une expression spécifique du cépage en macabeu de vieilles vignes. A l’aveugle, personne ne mentionnera ni la Catalogne, ni l’Espagne. Se goûte très bien maintenant (le millésime 2022 a eu le temps requis pour se fondre harmonieusement).

(*) Forjas del Salnes, Rias Baixas, Cies 2023 (€ 21,00):

Voici le premier membre d’une comparaison galicienne: un vin océanique (le vignoble est planté en face de l’île de Cies), 100% albariño. Et océanique, il l’est ! Verticalité saline, minéralité, demi-puissance mais précision diabolique. Il faut oublier l’ananas qui caractérise souvent le cépage: la structure domine l’aromatique. Cies m’évoque parfois le riesling, cette fois-ci, je l’ai trouvé chablisien.

Rafael Palacios, Valdeorras, Louro 2023 (€ 25,00):

Voici le deuxième membre de la comparaison galicienne: un vin montagnard (comptez 3 heures de route pour rejoindre l’océan), 100% godello. Style radicalement différent du précédent: ils n’ont vraiment que la région et le millésime en commun. Le nez commence sur un léger boisé fumé très élégant. Le vin est dense, crémeux et m’évoque plus l’automne que l’été. Chaque fois que je le déguste, ce vin m’épate: on croit l’avoir compris à la première gorgée, puis l’on se compte qu’il y a des couches de goût l’une par-dessous l’autre. A boire sans hâte ni frénésie.

Nicolas Maillet, Bourgogne Aligoté 2023 (€ 24,00):

Un peu comme le Muscadet, l’aligoté a été négligé pendant une longue période sous prétexte qu’il serait d’une acidité rédhibitoire et d’une maigreur déprimante. Aujourd’hui, chez les meilleurs vignerons, les choses ont radicalement changé. Pensons à l’appellation Bouzeron (toujours 100% aligoté), aux aligotés parcellaires de Sylvain Pataille et à la mise en avant du cépage en période de bouleversement climatique. Nicolas Maillet répète en 2023 le magnifique 2022: bien sûr le vin est vif, mais il présente aussi beaucoup de gras et une pureté d’anthologie. C’est absolument délicieux ! A l’aveugle, qui mentionnera le cépage ?

(*) Nicolas Maillet, Mâcon-Verzé, Le Chemin Blanc 2023 (€ 29,00):

Le 2022 constituait une réussite majeure, sans doute difficile à égaler. A ma modeste échelle, j’en ai vendu beaucoup. C’est un vin important pour Anthocyane. Il y a quelques semaines, en m’apprêtant à déguster le millésime 2023, Je ressentais un certain stress: serait-il à la hauteur de son prédécesseur ? Pourrais-je le recommander à ceux et celles qui ne l’auront pas goûté ? Ouf, la réponse est un oui majuscule. Samedi, il a été éblouissant. Le Chemin Blanc est décidément un grand vin, à la perfection technique impressionnante. Certains diront qu’il lui manque un grain de folie. M’ouais …: quelle pureté, quelle intensité, quelle persistance !

Shelter Winery, Baden, Rosé de Noir 2024 (€ 14,00):

Un rosé de pinot noir d’une grande délicatesse: le profil est presque celui d’un vin blanc. Ne pas servir au jardin en accompagnement de viandes grillées, il n’y résisterait pas. Son destin est de s’accorder avec des salades ou d’autres plats légers. Rosé aérien et subtil, ce qui me semble plutôt rare dans cette catégorie de prix.

Yves Leccia, Île de Beauté, YL (rosé) 2024 (€ 18,00):

Rien à voir avec le vin précédent, si ce n’est la couleur et le millésime. Voici un rosé gourmand, frais et assez puissant, prêt pour toutes les batailles, de l’apéro jusqu’au poisson grillé. Quelques petits tannins qui contribuent à l’énergie dégagée par ce niellucciu. S’il n’est pas bu en 2025, il sera tout aussi bon en 2026.

Gilles Bonnefoy (La Madone), Côtes du Forez, Diorite 2024 (€ 14,00):

Nouvelle cuvée de jeunes vignes, sur granit (ce n’est donc pas un terroir volcanique). Ne pas confondre avec Dacite. Rouge léger, à boire frais. Substitut intéressant pour celles et ceux qui fuient le rosé ou qui souhaitent se donner le choix des armes. Très léger en alcool, couleur assez pâle. Poivré et fruité. Pas de tannins. Certes gamay, mais pas Beaujolais.

Envinate, Albahra 2023 (€ 16,50):

L’étiquette ne permet pas de percer le mystère de ce vin d’altitude (800 mètres !), élaboré dans l’arrière-pays de Valence (en Espagne, pas en France). Je suis frappé par la matière voluptueuse et soyeuse, avant le retour de bons tannins. C’est fruité et épicé, avec passage par le bois pour le rare cépage moravia.

(*) Gilles Bonnefoy (La Madone), Urfé, Mi-Noir Mi-Bouze 2024 (€ 17,50):

Une curiosité, à savoir l’assemblage du gamay « classique » avec un gamay « pas classique du tout »: le gamay de Bouze (avec un « z », j’insiste). La signature est celle du millésime 2024 au Domaine (léger en alcool, pimpant), mais avec beaucoup de concentration. Fruits noire et intensité. Profil un peu sauvage, mais moins qu’en 2023. Terroir volcanique. Vin nature (0% de soufre), à boire de préférence en une unique journée. Et vous avez ma parole: ce vin est loyal et marchand. Pas de compromis !

Alegre Valgañon, Rioja, Tinto 2021 (€ 18,00):

Vin qui a bénéficié de quelques années de vieillissement en cave. Puisque l’importateur le propose encore, autant profiter de ce grand millésime en Rioja. Vinification classique, avec une volonté de reconnecter avec les méthodes ancestrales. On se situe beaucoup plus près du style « Lopez de Heredia » que du style « Roda ». Vin fondu, assez puissant, prêt à boire.

(*) Viticola Mentridana, Mentrida, El Mentridano 2022 (€ 19,50):

Sans doute le vin le plus surprenant proposé pendant cette dégustation. Un 100% grenache comme on n’en boit jamais. Provenance: Sierra de Gredos (au sud-ouest de Madrid), le nouvel Eldorado des « grenachophiles ». Couleur très pâle, nez parfumé, bouche pleine de jus et de matière. Certes 14,50% d’alcool, mais sans impact négatif sur la dégustation. Je suis plus que séduit. Selon l’adage, cela ne plaira pas à tout le monde mais j’assume ! Vin qui plonge ses racines (sic) dans un passé presqu’oublié.

Vietti, Langhe, Perbacco 2022 (€ 25,00):

Après un 2020 d’anthologie, ce Perbacco 2022 fait presqu’aussi bien, ce qui n’est pas peu dire. Assemblage de jeunes vignes, en partie à Barolo et en partie à Barbaresco. J’essaye d’éviter ce type de comparaison mais dans le cas qui nous occupe, je fais exception: petit Barolo me semble tout-à-fait pertinent ! Un nebbiolo jeune et pourtant accessible ? Perbacco est la réponse. Bien sûr, il y a du tannin, le cépage ne se prêtant pas à l’absence de tannins. Mais c’est équilibré, fruité, épicé et ne demande qu’à escorter une viande rouge. Maintenant ou dans cinq ans.

Et en supplément au programme : La Madre, Vermouth, White Dry (€ 16,00):

Donc un vermouth, à savoir des plantes et des herbes aromatiques macérées dans l’alcool qui extrait les arômes, puis filtration de ce liquide et mélange à un vin blanc, en l’occurrence catalan (grenache blanc et macabeu). On ajoute du sucre et on mute jusqu’à obtenir un degré d’alcool de +/- 17%. On termine par un élevage en tonneaux.

J’ai profité de la présence des participants à la dégustation pour tester ce produit étonnant. Cela a manifestement plu, certains dégustateurs souhaitant en acheter.

Le vermouth peut se boire nature, additionné de glaçons et de tonic ou comme base de nombreux cocktails. Il permet d’abaisser le titre d’alcool du mélange lorsqu’il est ajouté à un alcool à 40%. La présence de sucre dans le vermouth va adoucir le mélange tout en apportant des notes aromatiques, d’où un cocktail plus complexe. On le retrouve ainsi notamment dans le Negroni, l’Americano et le Manhattan.

Une fois la bouteille ouverte, peut se conserver au réfrigérateur pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Peut également être utilisé -en petite quantité- pour aromatiser une sauce.

J’ai marqué d’une étoile (*) les 6 vins qui m’ont fait la meilleure impression, dans leur catégories de prix respectives.
Vins mis à votre disposition pendant la première quinzaine du mois d’août.
Vous pouvez également consulter les fiches détaillées des vins sélectionnés via cette page. Je recommande chaudement de parcourir ces fiches, elles regorgent d’informations supplémentaires: pour faire un choix éclairé.

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Miscellanées

Un weekend pas trop loin de Bruxelles et un vignoble réputé ? Vous me répondrez sans doute via quelques bulles champenoises, entre Reims et Epernay. Voici néanmoins une alternative plus originale, voire légèrement exotique pour nous les francophones: Trier, capitale de la Moselle allemande, terroir d’excellence pour le riesling. Trois heures de route pour se plonger dans une autre culture du grand vin.

Un peu de vocabulaire, à titre de trousse de premier secours: « alte Reben » = vieilles vignes; « feinherb » = demi-sec; « grosse Lage » = terroir grand cru; « edelsüß » = moelleux/liquoreux; « Sekt » = bulle élaborée en méthode traditionnelle; « Ortswein » = vin de village (sur le modèle bourguignon); « Ruwer » = affluent de la Moselle et sous-région particulièrement recommandable; « Spätburgunder » = pinot noir., …

Prévoir une pause pendant votre visite du centre (très) ancien de Trier: Das Weinhaus. Caviste très bien achalandé et wine bar typique, avec petite restauration.

Une idée de ce que vaudra le futur millésime 2025 ? Non, bien sûr que non. C’est déjà difficile quand les raisins ont été vendangés, alors faire des prévisions en juillet, décidément non. Malgré tout, sans aucune prétention scientifique, je surveille chaque été notre mûrier.

Les participants aux dégustations du samedi le connaissent bien, il se trouve juste à côté de la porte d’entrée. Exposition nord-est. Planté il y a plus de vingt ans. Ce murier bénéficie de la chaleur que lui rend le mur contre lequel il s’appuie. Il subit périodiquement une taille vigoureuse.

Bilan 2025: plusieurs récoltes en juillet de fruits bien mûrs, présentant un équilibre idéal entre sucrosité et acidité. Couleur violacée qui révèle la présence massive d’anthocyanes. Très peu de fruits pourris. Une excellente année précoce ! Le temps où il fallait attendre le mois d’août pour déguster les mûres semble révolu.

La Bourgogne est un mystère. La Bourgogne est insondable et impossible à résumer. Elle génère émerveillements et frustrations. Elle ne garantit jamais rien. Une réflexion qui mérite le partage: Achetez les vins des meilleurs vignobles et des meilleurs producteurs lors des pires millésimes. En grand millésime, achetez les simples bourgognes et les villages de presque n’importe qui …et économisez de l’argent.

Méfiez-vous du vigneron qui tente de transformer un petit millésime en grand millésime en faisant appel à des artifices (dont il ne vous dira rien). Un petit millésime peut être charmant et équilibré. Un petit millésime maquillé ne sera ni l’un ni l’autre.

Je vous invite à participer à la dégustation de ce samedi 26 juillet, entre 10 et 18 heures. Le programme est finalisé. Ce sera majoritairement franco-espagnol. 15 vins sur le bar. Un rosé corse et un rosé allemand. Deux cuvées du Domaine de la Madone dont l’étonnante Mi-Noir Mi-Bouze (tout un programme). Catalogne, Rioja, Galice et d’autres régions espagnoles. La cuvée Centenaire de Lafage, particulièrement réussie en 2024. Deux fois l’incontournable Nicolas Maillet en millésime 2023. Et le nouveau millésime de la cuvée Perbacco de Vietti (Piémont).

Je prends vos commandes dès à présent et jusqu’au mardi 29 juillet inclus. Mise à disposition des vins pendant la première quinzaine du mois d’août.

Il n’est pas rare d’entendre un dégustateur commenter un vin moelleux en affirmant qu’il a mangé ses sucres. C’est un phénomène moult fois observé: après un (long) vieillissement en cave, certains vins moelleux se goûtent presque secs. Comme si les sucres avaient fait leurs valises pour disparaître … en douce.

Or, analytiquement, il n’en est rien. Les sucres sont toujours présents. Je cite la Revue du Vin de France de juillet/août 2025: le Château d’Yquem cofinance une thèse visant à lever le voile du mystère qui entoure ce prodige sensoriel.

Comme quoi, les sucres ont la faculté de se faire discrets, avec la complicité du temps qui passe…

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Artuke: une opinion éclairée

Intéressante contribution rédigée par Tim Atkin, un véritable connaisseur de la scène vineuse espagnole. Il publie régulièrement des rapports particulièrement bien informés. Lorsque je veux approfondir ma compréhension de ce qui se passe en Rioja ou en Galice, je commence par lire Tim Atkin. Sa connaissance du terrain, combinée à son titre de Master of Wine, est impressionnante, sa plume est bien tournée.

Au-delà de son expertise dans le vin, il est aussi un excellent photographe et un amateur de musique.

Dans sa newsletter de ce vendredi, il aborde la question de la cuvée d’entrée de gamme et du soin qui lui est apportée par le vigneron. En voici le texte:

Judge a winery by their cheapest bottle

Arturo de Miguel makes some of the best wines in Rioja. For what it’s worth, I’ve given his top wine, La Condenada, 100 points. Twice. The wine sells for around €80, (startlingly cheap for the quality). He also produces a much cheaper red called Artuke. It’s a Tempranillo made with the carbonic maceration technique that’s been used in this part of Spain for centuries. This wine sells for €8.
 
Someone asked Arturo why he still makes the latter wine, given his growing recognition as one of the world’s top winemakers. Is it good for his bodega’s image? His response was interesting. First, it’s a tribute to his parents, who started the business in 1991 with just that one wine. Second, it pays the bills and keeps the lights on. And, most important of all, he enjoys making something that everyone can afford to drink.
 
Is it as good as La Condenada? Of course not. But it’s arguably easier to make a few thousand bottles of a top wine than 80,000 bottles of a crowd-pleaser. That’s why I always tell people to judge wineries by their cheapest wine. If they do that well – and Arturo says he gives all his charges the same level of attention – then you can trust the fancy stuff. What’s more, you generally get to drink something delicious.

https://timatkin.com/
https://anthocyane.be/magasin/Artuke-c64258141

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Compte-rendu

Samedi, c’était dégustation. Voici quelques commentaires personnels sur ce qui a été goûté, à l’attention particulière de ceux et celles qui avaient piscine et/ou poney.

Programme de la dégustation

Deux duos d’exception :

Deux cabernets francs de Loire que tout oppose : le style traditionnel de La Chevalerie et le style moderne de l’Ecotard.

La Chevalerie (Bourgueil) a besoin de temps pour fondre ses tannins, c’est d’ailleurs pour cette raison que le Domaine commercialise ses belles cuvées après quelques années passées en bouteilles dans leurs gigantesques caves en tuffeau. Ce 2018 est un vin puissant, terrien, un vin paysan dans le plus noble sens du mot. Il prend toute sa valeur à table : un beau morceau de bœuf et la fête commence !

L’Ecotard (Saumur) incarne un autre regard sur le cépage : le vin est raffiné, élégant, précis. L’habituelle robustesse du cabernet franc disparaît pour faire place à des tannins d’un grain exceptionnel, à une fluidité harmonieuse. Ce vin peut se passer du bœuf, mais s’en accommode avec brio.

PS : les fonds de bouteilles ont été redégustés dimanche soir, … avec une belle viande.

Deux assemblages catalans :

Deux assemblages espagnols de grenache et de carignan qui racontent le sud de la Catalogne et l’évolution spectaculaire des vins de cette région pendant les 25 dernières années. Planella (Domaine Joan d’Anguera) assume pleinement sa robe de couleur claire. Le grenache infusé offre parfums et finesse, le vieux carignan se charge de donner de la structure et de l’énergie. Ah oui, cela titre 14,5% mais ce n’est pas ce que votre palais va vous conter : vin du sud, puissant, harmonieux, sans la chaleur fatigante qui démolit tant de vins méditerranéens. Si c’est pour être débouché pendant les prochains mois, c’est Planella qu’il faut s’offrir.

Coma Vella (Mas d’En Gil) est un grand Priorat qui conjugue le respect des anciennes traditions (c’est-à-dire l’absence dans l’assemblage du cabernet, de la syrah et du merlot) et l’expression de la modernité (c’est-à-dire la primauté donnée à la finesse et la précision). Il fut un temps pas si lointain où Priorat pouvait se traduire par « beaucoup (trop) de tout » : beaucoup de couleur, beaucoup de bois, beaucoup d’alcool. C’est impressionnant, cela peut séduire les œnophiles débutants. Mais, franchement, Coma Vella en donne tellement plus : beaucoup d’équilibre, beaucoup d’intensité, beaucoup de longueur. Se goûte fort bien aujourd’hui, mais sera à son apogée d’ici trois à cinq ans.

Les vins qui remettent en cause certains préjugés :

Ah les vins blancs du sud qui déçoivent par leur lourdeur (un relatif déficit de fraîcheur), par leur pointe d’amertume (ce n’est pas un défaut, mais il se fait que beaucoup d’œnophiles ont une relation difficile avec cette saveur), par la chaleur dégagée par les bouches à 15% et plus. Heureusement, il y a de belles alternatives. En Languedoc, pensez à des vignes plantées en altitude et en exposition nord, pensez à une vinification précise par un orfèvre en la matière et vous arrivez directement au Domaine d’Aupilhac, cuvée Cocalières. Alcool complètement maîtrisé (13%), texture soyeuse conférant une douceur émouvante à cet assemblage de cinq cépages (vermentino, roussanne, clairette, …).

Cahors. Si on dessine un portrait chinois de cette appellation parmi les amateurs, on entendra : poussiéreux, noir, vieux jeu, boisé sec, absence de fruit. Evidemment une telle liste de caractéristiques constitue un enterrement de première classe, la Mort de Cahors. Eh bien, oubliez tout cela, Cahors est alive and kicking grâce à une série de Domaines qui remettent le fruit au cœur du vin. Mas del Périé, Clos Troteligotte, Les Croisille. Château Les Croisille est un domaine dynamique, en bio et en biodynamie. Le malbec est juteux, éclatant, punchy, les tannins de cette cuvée Silice sont fins et fondus dans la matière. En vocabulaire contemporain, c’est d’une grande buvabilité.

Les classiques polyvalents :

Vous recherchez des vins qui ne déplaisent à personne, qui ne puisent pas profondément dans votre portefeuille, qui peuvent être débouchés sans prise de tête, qui offrent un fruit savoureux et direct, qui s’accommodent de toutes les circonstances ? En blanc, Mâcon-Vergisson du Domaine Guerrin ; en rouge, Les Sorcières du Domaine Le Clos des Fées.

L’Espagne moderne :

La Rioja déborde d’énergie, l’Andalousie se réinvente, la région de Madrid montre le bout de son nez, partout l’Espagne vibre, renouvelle, expérimente.

Le Domaine Maquina & Tabla (Castille y Leon) propose un verdejo profond, qui dépasse de loin les expressions superficielles et acidulées que l’on trouve régulièrement en appellation Rueda. On se rapproche fortement du vin nature : la petite dose de sulfites, ajoutée uniquement à la mise en bouteilles est suffisante pour protéger ce vin de toutes les déviations malvenues. Vin tonique, qui se révèle progressivement dans le verre (complexité).

En Galice, on élabore aussi des rouges. Et quels rouges ! Leur équilibre est typique de cette région verte, atlantique et moins torride que la plupart des autres. Envinate propose une cuvée Lousas à 12,5% (sic), marquée par la fraîcheur et la finesse. Attention si vous avez quelques difficultés avec les vins rouges d’acidité plus élevée que la moyenne : c’est délicieux, verre après verre, mais la première gorgée peut décontenancer. Le cépage mencia est vinifié sur l’élégance (qualité des petits tannins) ce qui lui confère comme un p’tit air de pinot noir…

Je note vos commandes jusqu’à ce mardi soir 15 octobre (les commandes globales sont transmises aux importateurs le mercredi matin) : Magasin.

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Planella

Première étape: bouteille sur la table: Planella 2017, Domaine Joan d’Anguera, appellation Montsant (Catalogne), village de Darmos (juste au sud du Priorat), 90% carignan + 10% syrah. Bio et biodynamie (Demeter). Hop tire-bouchon et dégustation de la première gorgée une ou deux minutes plus tard. Impression globale: vin massif, plus cubique que sphérique. Il y a quelques angles un peu durs. Une petite crispation. Densité, absence de déséquilibre alcooleux (14,5%).

Deuxième étape: J+1. Restent 40 cl dans la bouteille qui a été conservée, avec un bouchon, au réfrigérateur. Dégustation du lendemain: les aspérités ont disparu, la matière est superbement fluide, la densité s’exprime à présent sous la forme de l’intensité des saveurs. Zéro crispation. Equilibre certes sudiste mais équilibre malgré tout. Grand vin dans sa catégorie de prix (+/- € 17).

Morale: se précipiter pour goûter et finir le flacon dans la foulée n’est pas forcément une bonne idée. Le vin a besoin d’air. Il se livre progressivement. La complexité ne peut s’évaluer que dans la durée. La première gorgée ne raconte pas toute l’histoire, la première gorgée est susceptible de vous mentir. Evaluer un vin (à l’ouverture de la bouteille) en quelques secondes est un non-sens. Alternative positive: évaluer un vin en quelques secondes est un compromis, ni plus ni moins.

Info: les frères d’Anguera considèrent que ce Planella est un vin en transition: progressivement, il s’agit de renoncer à la syrah, de la remplacer par du grenache et de maintenir la part du carignan. La syrah jouait le premier rôle dans les années 2000: voir la cuvée El Bugader (95% syrah + 5% grenache). En son temps, celle-ci était très bien notée; aujourd’hui elle a disparu et elle a fait place à un processus de retour à la tradition: le millésime 2020 de Planella est 50% carignan + 50% grenache. Il m’en reste deux bouteilles à la date d’aujourd’hui.

Le millésime 2022 est en dégustation le samedi 12 octobre 2024.

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Et …cette dégustation ?

La dégustation de ce samedi 25 mai a permis aux participants de découvrir des vins étonnants et de faire quelques comparaisons pertinentes.

Nous avons en particulier comparé :

  • le Chablis « Croix-aux-Moines » 2022 de Denis Pommier (légèrement boisé) avec le Mâcon-Verzé « Le Chemin blanc » 2022 de Nicolas Maillet (100% cuve),
  • le rosé corse de Sant’Armettu « Mino » 2023 (en rondeur confortable) avec le rosé provençal du Clos de l’Ours « L’Accent » 2023 (tout en énergie)

Les fans du cépage nebbiolo ont manifestement apprécié les deux vins en provenance de la Valtellina (Lombardie, près de la frontière suisse): le classique Botonero 2023 et la nouveauté Convento San Lorenzo 2021 (intense, raffiné, élégant).

Le Domaine de La Madone a élaboré en 2023 un « Mi-Noir Mi-Bouze » de derrière les fagots : intensément coloré, fortement fruité, savoureux et « civilisé » (le millésime 2022 était « sauvage et rebelle »).

Le Priorat blanc “Coma Calcari” confirme son statut de vin d’une grande complexité : donnez-lui quelques minutes dans le verre, laissez-le légèrement réchauffer, revenez-y encore, le vin ne cesse de se transformer ! C’est un Priorat blanc atypique, qui conjugue le sud d’où il est originaire avec le nord (quelques réminiscences de riesling !).

Vous voulez changer d’avis au sujet du cépage aligoté ? Plongez sur le 2023 « pure cuve » de Nicolas Maillet : au-delà de la fraîcheur qui caractérise ce cépage, une belle matière mûre et fruitée.

Enfin, comment résister à la texture soyeuse d’Altaroses (Catalogne, 100% grenache) ? Une formidable interprétation d’un cépage trop souvent malmené par des alcools brûlants.

NB : le Gentil d’Alsace (riesling, muscat, pinot blanc) est décidément un bien joli vin, proposé à un tarif très attractif. Bon à savoir : il n’est pas parfaitement sec, une petite pointe de sucre résiduel lui donne du charme mais le destine en priorité à l’apéritif et aux cuisines exotiques/piquantes.

Tous ces vins peuvent être commandés en cliquant sur le bouton ci-dessous:

Sont également disponibles les deux classiques suivants:

Ah oui, il y a de nouveau du stock en Richeaume Carignan 2021.

Commandes au plus tard ce mardi 28 mai. Les vins seront mis à disposition pendant la première quinzaine de juin.

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Islas Canarias

Le volcan, le vent et l’océan, découverte en 6 bouteilles

Les Canaries ? Sept îles principales, aussi volcaniques les unes que les autres, d’une superficie totale de 7.500 km², en plein océan Atlantique, à la latitude du sud marocain.

Le tourisme de masse a un talent certain pour produire des vins de masse en quantité suffisante pour arroser les palais peu exigeants. Donc prudence et discernement ! Heureusement, ces îles sont aussi le berceau de vins à fort tempérament, de vins à la personnalité marquée par le lieu où ils naissent. Comptez également sur la présence de cépages archi-locaux et sur une volonté des meilleurs vignerons de traduire avec précision la spécificité d’un climat et d’un (sous)-sol: en somme, l’expression d’un terroir particulier.

Il y a 9 appellations d’origine contrôlée (dont 5 pour la seule île de Tenerife), mais leur notoriété est inversement proportionnelle à la complexité de leur petit nom: par exemple, que pensez-vous de Ycoden-Daute-Isora ? ou de Tacoronte-Acentejo ? Bon, inutile de s’appesantir sur ces termes peu usités, retenons plutôt le nom de quelques Domaines qui font du bon, du très bon et du meilleur: Suertes del Marqués, Envinate, Puro Rofe, El Grifo, Bimbache, Borja Pérez et Viñatigo.

Allons droit au but: cet article a l’ambition de vous proposer un colis de 6 blancs secs des Canaries, tous issus du millésime 2022. Le colis est proposé à € 190. Chaque colis se compose de:

  • Viñatigo, Tenerife, Gual 2022
  • Viñatigo, Tenerife, Vijariego Blanco 2022
  • Viñatigo, Tenerife, Ensamblaje 2022
  • Viñatigo, Tenerife, Ancestrales 2022
  • Puro Rofe, Lanzarote, Rofe 2022
  • Bimbache, El Hierro, Bimbache Blanco 2022

L’honnêteté m’oblige à reconnaître que ces vins ne plairont sans doute pas à tout le monde. Mais les amateurs d’expériences fortes et originales vont s’en donner à cœur joie ! Et quel thème amusant pour organiser avec quelques amis curieux une dégustation mémorable ! Vous voyagerez entre salinité et notes oxydatives, entre coquille d’huître et notes fumées, avec toute la gamme des sensations caillouteuses.

Les ceps sont francs de pied, vu l’absence du phylloxéra: la bestiole n’a jamais atteint l’archipel. La peur du volcan ?

J’ai eu le plaisir de goûter en deux fois, d’abord en mars 2023, puis en mars 2024. En 2023, j’avais conclu pour synthétiser mes notes: quelle série extraordinaire ! En 2024, j’ai noté: en route pour l’extrême ! Donc, oui, je suis enthousiaste !

Si vous souhaitez compléter la dégustation avec un septième voire un huitième vin volcanique, je peux vous proposer d’autres vins de chez Viñatigo, en millésime 2020 ou 2021. Ou pourquoi ne rajouteriez-vous pas un pirate dans la dégustation, en provenance des Açores (Portugal) ou de Santorin (Grèce) ?

Voyons en détail ce que je propose:

Viñatigo, Tenerife, Gual 2022

Il commence fruité et finit rocailleux. En 2023, il m’avait semblé gras, fumé, légèrement oxydatif, comme un pinot gris très sec, avec une finale nette et une longueur saline. En 2024, j’ai également noté la profondeur du nez, la verticalité du profil.

Il s’écrit que le cépage gual serait un synonyme du boal que l’on connaît à Madère. Mais je refuse de mettre ma main au feu ! 13,0%

Viñatigo, Tenerife, Vijariego Blanco 2022

Nez dont la minéralité se développe progressivement dans le verre. Grande délicatesse, salinité, précision et longueur; à l’aveugle, on peut penser à un riesling ou à un assyrtiko de Santorin.

Le cépage vijariego est originaire d’Andalousie mais est présent aux Canaries depuis le 16ième siècle. A Lanzarote, on le nomme diego. 13,0%

Juan Jesus Mendez, Viñatigo

Viñatigo, Tenerife, Ensamblaje 2022

Fruité de pêche et d’abricot, beaucoup de gras et de la fumée. Très concentré, avec une finale d’une exceptionnelle qualité. Combinaison réussie de rondeur et de fraîcheur. Cet assemblage se compose des cépages gual, listán blanco, malvasia, marmajuelo, vijariego. Certaines parcelles sont au niveau de la mer, d’autres à une altitude de +/- 1.000 mètres. 13,0%

Viñatigo, Tenerife, Ancestrales 2022

Vu que l’on retire l’échelle, il est impératif de se tenir au pinceau ! Autrement dit, un vin qui ne peut laisser personne indifférent. Tannicité et grande longueur, macération des peaux pendant 5 mois (couleur légèrement vin orange), des notes végétales. Finale en forme de rocher, avec de la cendre. Ce vin élaboré à l’ancienne est un 100% gual. 12,5%

Puro Rofe, Lanzarote, Rofe 2022

Nous changeons de producteur et d’île. Et cela nous entraîne vers un profil encore plus extrême: le volcanissime ! Caillou et citron. Bouche intense et dominatrice, finale très sèche, grande persistance. Assemblage de diégo, listán blanco et malvasia volcànica. Levures indigènes. Ni collé, ni filtré. 12,5%. Parker: 92/100.

Bimbache, El Hierro, Bimbache Blanco 2022

Hop, on passe du nord-est de l’archipel au sud-ouest de celui-ci. C’est du caillou mouillé (NB: quand je me laisse aller j’écris plutôt caillou pourri, mais ça n’est pas politiquement correct). Bouche explosive, avec une forte acidité. On se rapproche du territoire du vin nature, faiblement sulfité, terriblement salin, à cheval sur la frontière entre génie et bizarrerie: que chacun se fasse son opinion ! Pour Parker, c’est 93+.

Assemblage de baboso blanco, gual, listán blanco, pedro ximenez, verijadiego. 13,0%

vigne à Lanzarote
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dégustation ce samedi 09 mars

Programme complet: les vins en dégustation. Pignier, Vietti et autres pépites.

Commandes à me transmettre au plus tard le mardi 12 mars.

Jetez aussi un coup d’œil à la sélection andalouse.

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fêtes !

Dégustation de 13 vins ce samedi 09 décembre, de 10 à 18 heures. Le programme met l’accent sur les très belles bouteilles, proximité des fêtes oblige: Bordeaux, Bourgogne, Loire, Beaujolais, Espagne, etc…

Face-à-face au sommet entre riesling allemand et riesling autrichien. Tête-à-tête entre Fleurie et Côte de Brouilly. Un Bordeaux du millésime 2016 en format 50 cl. Une bulle espagnole …non, ce n’est pas du cava. Un terroir volcanique du nord de l’Italie. Un nouveau Domaine en Rioja. Un passage par les îles grecques puis par les îles baléares.

Et une apothéose oxydative …non, c’est pas du sherry.

La bulle et l’oxydative

Hors dégustation: du Champagne (Drappier, Bedel, JM Sélèque, Robert Moncuit, Fleury), du Madère (Boal), des vins légèrement doux (Vouvray Huet) et franchement doux (un Tokaji hongrois, un vieil Auslese en provenance du Rheinhessen, un Quarts-de-Chaume Grand Cru). Une bulle allemande 100% riesling Brut Nature dont la maman est Eva Clüsserath et le papa Philip Wittmann.

Egalement les grandes cuvées des Domaines Riecine, Sant’ Armettu, Castro Candaz, Forjas del Salnès, Pazo Señorans, Les Ardoisières, Pignier, Gérard Boulay, La Rioja Alta, Mas d’en Gil.

Commandes jusqu’au mardi 12 décembre inclus, de préférence via le magasin.

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Le voyage en Rioja (jour 5): le retour

C’est simple: nous avons pris le petit déjeuner, fait nos bagages et pris la direction de l’aéroport de Bilbao.

Je retiens de ce voyage l’accueil, aussi professionnel que sympathique. Partout. Malgré une relation parfois difficile avec l’anglais.

Je retiens la découverte de la grande diversité des vins blancs: rien en commun entre Viña Tondonia Reserva (Lopez de Heredia), Olagar (Remirez de Ganuza), 5V (Abel Mendoza) et Miguel Merino Blanco si ce n’est la qualité !

Je retiens que les vins rouges modernes ont changé de cap vers plus de fraîcheur et un usage plus intelligent de la barrique française: en un mot ces rouges modernes sont aussi intéressants que les vins rouges traditionnels.

Je retiens le bouillonnement d’idées et la multiplicité des approches: la région est vivante (même si les villages paraissent parfois dépeuplés) et elle n’a pas peur d’essayer, de changer, de se remettre en question. Bien sûr, Lopez de Heredia ne change RIEN, JAMAIS. Et c’est très bien comme ça !

Je retiens que les prix des bouteilles, certes élevés, sont cohérents par rapport à la qualité. Trouvera-t-on facilement un grand Bourgogne, un grand Bordeaux, un grand Barolo pour moins de € 50 ? C’est bien avec ces régions-là qu’il convient de comparer ! Nous avons rendu visite aux meilleurs Domaines, ceux que Tim Atkin considère comme l’équivalent des 1ers et 2ièmes crus classés à Bordeaux. Cela se paye, vu l’importance de la demande mondiale.

Je retiens que la météo s’est montrée clémente: il n’a vraiment plu que sur la route du retour, vers l’aéroport.

Je retiens que notre logement était fantastique: Palacio Condes de Cirac.

Je retiens que les Domaines que nous avons visité proposent leurs vins en Belgique. Parfois les millésimes goûtés en Espagne ne sont pas ceux qui sont disponibles en Belgique aujourd’hui. Parfois une cuvée spécifique est épuisée ou n’est pas importée.

Anthocyane vous propose:

3 cuvées du Domaine Lopez de Heredia: Viña Cubillo Crianza 2015 (€ 18), Viña Bosconia Reserva 2011 (€ 29) et Viña Tondonia Reserva 2010 (€ 40).

3 cuvées du Domaine de la Rioja Alta: Viña Ardanza Reserva 2015 (€ 35), Viña Arana Gran Reserva 2014 (€ 40) et « 904 » Gran Reserva 2011 (€ 60).

5 cuvées du Domaine Artuke: Artuke 2021 (€ 11), Pies Negros 2021 (€ 17,50), Finca de Los Locos 2020 (€ 26), Paso Las Mañas 2020 (€ 31,50) et Trascuevas 2020 (€ 35).

2 cuvées du Domaine Abel Mendoza: Las Sepulturas 2018 (€ 18) et Seleccion Personal 2019 (€ 40,50).

3 cuvées du Domaine Roda: Sela 2020 (€ 22), Roda Reserva 2019 (€ 36), Roda I Reserva 2018 (€ 57,50).

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Le voyage en Rioja (jour 4): Roda

Si vous êtes allés à la Rioja Alta et/ou chez Lopez de Heredia, trouver le Domaine Roda est extrêmement simple: c’est juste à côté, dans le quartier de la gare. Paradoxe: Roda est un domaine de style moderne, créé dans les années ’80 du siècle dernier. Le premier millésime est 1992.

L’architecture impressionne: une véritable cathédrale contemporaine, dédiée au vin. Tout a été minutieusement réfléchi. Le lieu est la traduction d’une vision, d’une volonté de faire plus que très bien.

Difficile d’ignorer où nous sommes…

Nous sommes reçus par Edurne Ereña Aparicio: elle nous guidera avec grande compétence entre les foudres et les barriques, dans les caves souterraines et jusqu’aux rives de l’Ebre. Elle passe de l’anglais au français avec une confondante facilité. Elle a un vrai talent de narratrice et sait capter l’attention, tout en gardant un œil sur la montre. Bravo !

Monumental, immaculé, esthétique…
Edurne, notre hôtesse et les 6 vins dégustés chez Roda. La petite bouteille au centre, c’est l’huile d’olive…

Nous goûtons toute la gamme des vins rouges, ceux de la Rioja mais aussi ceux en provenance de la Ribera del Duero.

Sela est une entrée de gamme très réussie: un vin certes facile à boire, mais capable de bien se tenir lorsqu’on le goûte à nouveau, après les grandes cuvées. Roda est la cuvée « fruits rouges », Roda I est la cuvée « fruits noirs ». Il n’y a pas de parcelles dédiées à l’un ou l’autre vin, tout dépend des conditions climatiques du millésime.

Nous avons l’opportunité de goûter Cirsion, cuvée super-luxueuse dont le prix est totalement dissuasif. C’est très bon (…heureusement…), mais, à ce stade, je ne perçois pas la valeur ajoutée par rapport à Roda et Roda I qui m’enchantent par la précision et la délicatesse de leur matière. Oh bien sûr ce sont des vins puissants, bardés de tannins et construits pour la garde, mais je suis très agréablement surpris par l’équilibre plutôt frais de ces deux vins. On a l’impression que Roda évolue vers « toujours mieux » en remplacement bienvenu de l’ancien « toujours plus ».

source: site Internet du Domaine

Roda, c’est aussi le Domaine La Horra en Ribera del Duero. Je m’attendais à des vins marqués par l’extraction, par un boisé généreux et par un alcool chaleureux. Surprise à nouveau: Corimbo et Corimbo I sont des vins plus classiques et plus abordables que je ne me l’imaginais. L’écart qualitatif entre ces deux cuvées me paraît plus important que pour les cuvées Roda. Autrement dit, Corimbo I est magnifique !

Anthocyane propose 4 cuvées du Domaine Roda: Sela 2020 (€ 22), Roda Reserva 2019 (€ 36), Roda I Reserva 2018 (€ 57,50), Corimbo I Reserva 2016 (€ 54)

Difficile de ne pas rajouter un paragraphe relatif au restaurant où nous avons dîné samedi soir: La Vieja Bodega à Casalarreina. Le lieu est très grand, dans un style rustique de bon aloi. On y mange une cuisine régionale goûteuse et copieuse. Même les desserts sont réussis ! Le sommelier est un vrai passionné: nous nous comprenons, même si son anglais est à peu près aussi mauvais que notre espagnol.

Evidemment, il faut se plonger dans la carte des vins, collection de diamants facturés au prix du charbon. On n’en croit pas ses yeux ! Et nous avons fini la soirée dans les anciennes caves qui se situent en dessous du restaurant, à grande profondeur.

Nous y avons (entre autres…) goûté ces deux vins-ci:

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Le voyage en Rioja (jour 2): la tradition

En route pour le fameux quartier de la gare (barrio de la estacion) à Haro. Les uns presque à côté des autres, sept domaines de haut niveau. Il fut un temps où les vins quittaient la Rioja via le chemin de fer et il y avait donc un bénéfice logistique à installer les bâtiments de vinification et d’élevage au plus près de la gare.

Les bâtiments de Lopez de Heredia construits fin 19ième et début 20ième siècle. Toute l’activité du Domaine est concentrée ici.

Nous avons choisi de rendre visite d’abord à Lopez de Heredia, domaine historique, également connu sous le nom de sa cuvée emblématique Viña Tondonia. Nous sommes ici dans le temple de la tradition. Les vins sont élaborés à l’ancienne, sans concession à la modernité, ni usage d’une quelconque technologie sophistiquée. Longs longs longs élevages en barriques de chêne américain, suivis par de longues années en bouteilles avant commercialisation.

Notre hôte, Luis Taboada, nous a guidés avec brio entre les chais de vinification (foudres anciens toujours en activité) et d’élevage: hallucinant empilement sur quatre ou cinq niveaux de barriques bordelaises dans des caves souterraines creusées directement dans la colline; barriques exclusivement fabriquées par les tonneliers du Domaine, qui se chargent également d’entretenir et de réparer les foudres.

Coup d’œil également sur les gigantesques foudres d’assemblage dans lesquels passent les vins avant embouteillage (il s’agit d’homogénéiser le contenu des barriques).

Il y a des toiles d’araignée partout et il ne viendrait à personne la mauvaise idée de les éliminer: les araignées sont les alliées du vinificateur puisqu’elles se nourrissent de toutes sortes de petites bestioles qui pourraient influencer négativement les vins en gestation.

Empilement de barriques bordelaises.

Une précision intéressante: le Domaine n’utilise pas de bois neuf. Lorsque les barriques sont fabriquées, elles sont d’abord remplies pendant un an avec une partie de vin de presse. Celui-ci est ensuite distillé. Les barriques sont alors prêtes à accueillir les vins qui, longtemps après, donneront naissance aux différentes cuvées du Domaine.

En Espagne, la commercialisation se fait comme ci-dessus: 5 bouteilles de Tondonia rouge et 1 bouteille de Gravonia (blanc); les blancs sont aussi rares que demandés.

Le Domaine détient 170 hectares de vignes, toutes situées à faible distance des bâtiments de vinification. Il n’y a aucun achat de raisins. Le nom des différentes cuvées correspond au nom des vignobles (en espagnol « viña »). La famille Lopez de Heredia (deux sœurs et un frère) est toujours aux commandes. Nous avons d’ailleurs eu le plaisir de rencontrer Mercedes Lopez de Heredia pour un intermède philosophique. La génération suivante sera exclusivement féminine.

Voici le lieu où l’on goûte.
Luis ouvrant une bouteille de Viña Tondonia dans les règles: il s’agit de retirer le filet métallique avec élégance…
Côte à côte, les vins dégustés. 2011. C’est bien le millésimes actuellement vendu par le Domaine, après un très long élevage.

Viña Bosconia est un vin fondu, à la structure tannique très douce. Il est embouteillé dans une bourguignonne et ce n’est pas par hasard. Selon Luis, il se pourrait même que le nom du vignoble s’inspire du mot Borgoña. Il y a longtemps, bien avant le temps des appellations d’origine, il était courant de décrire un vin en le comparant à celui élaboré dans une région célèbre: Bosconia = Rioja dans le style bourguignon…

Pour poursuivre la comparaison, Viña Tondonia présente un profil plus strict, très harmonieux et très long, comme un Bordeaux classique. Si vous aimez Château Le Puy, les Bordeaux pré-Parker ou Château Musar (Liban), Tondonia est pour vous ! La dégustation de ce vin est une fascinante plongée dans le 19ième siècle.

Les différents vignobles qui composent le Domaine, avec Viña Tondonia à droite, dans un méandre de l’Ebre.
Zoom sur les parcelles de Viña Tondonia (rouge, blanc, rosé).
Vue sur le Domaine Lopez de Heredia depuis le Domaine de La Rioja Alta !

Anthocyane vous propose 3 cuvées du Domaine Lopez de Heredia: Viña Cubillo Crianza 2015 (€ 18), Viña Bosconia Reserva 2011 (€ 29) et Viña Tondonia Reserva 2010 (€ 40).

On enchaîne immédiatement avec notre deuxième visite. Même une tortue grabataire est capable de franchir la distance entre Lopez de Heredia et La Rioja Alta en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire. On traverse l’avenue de Vizcaya et nous y voilà !

Vue sur le Domaine de La Rioja Alta depuis Lopez de Heredia !

Lorena Alves nous attend. Après un apéro en provenance de Galice (La Rioja Alta y possède deux domaines), nous entamons une visite qui mettra en évidence des objectifs très similaires à ceux poursuivis par Lopez de Heredia, mais des méthodes fort différentes. Ici on accueille volontiers les technologies contemporaines, mais on élabore également des vins traditionnels, avec de longs élevages en bois américain.

C’est par ici !
On voit mieux comme ceci.
Après être passé sous l’arche végétalisée, on découvre des bâtiments et jardins d’une grande élégance.
Cave à barriques d’une propreté immaculée: pas la moindre araignée !

Pour varier les plaisirs, les vins seront dégustés à table, pendant un déjeuner dans un salon du Domaine. Viña Ardanza ne peut cacher un fort tempérament méditerranéen (78% tempranillo et 22% de grenache) qui m’évoque Châteauneuf-du-Pape. Le vin est puissant, riche et confortable.

Puissance méditerranéenne

Changement de style avec Viña Arana: on se retrouve de l’autre côté de la route, un vin qui pourrait être un cousin de Viña Tondonia ! Grande intensité aromatique, précision et concentration. Si vous préférez un millésime plus frais et un vin tout en verticalité, laissez vous tenter par le millésime précédent, 2014.

2015, le nouveau millésime de la cuvée Arana. À mon avis ? Fabuleux !

Nous n’avons pas goûté la cuvée « 904 » au Domaine, mais y avons acheté une bouteille pour un repas à prendre dans notre logement. Mais d’abord: pourquoi « 904 » ? Simple, la cuvée a été produite pour la première fois avec le millésime 1904. De la même façon, la cuvée très haut de gamme s’appelle « 890 ». Quand pensez-vous qu’elle a été produite pour la première fois ? Eh oui, le Domaine a été fondé à la fin du 19ième siècle, quelques années après Lopez de Heredia.

Quelle surprise, des barriques empilées…
C’est ainsi que l’on goûte à La Rioja Alta lorsque l’on souhaite ne pas être influencé par les mimiques et les éventuels commentaires des autres dégustateurs.

Et la dégustation ultérieure de « 904 » ? Vin d’une grande profondeur et d’une grande densité. Malgré un élevage long, ce vin a encore besoin de temps en cave. Pour le goûter aujourd’hui, la carafe me semble impérative. Autre conseil: ne le jugez pas après une première gorgée. Laissez le vin s’oxygéner dans le verre: la complexité apparaît progressivement…

Si vous préférez un vin prêt à boire, privilégiez le millésime 2011 (NB: « 904 » n’a pas été produit en 2012, ni en 2013, ni en 2014).

Anthocyane vous propose 3 cuvées du Domaine de la Rioja Alta: Viña Ardanza Reserva 2015 (€ 35), Viña Arana Gran Reserva 2014 (€ 40) et « 904 » Gran Reserva 2011 (€ 60).

En soirée, nous nous offrons un restaurant réputé: Nublo à Haro. Ici, tout est cuit à la braise (avec du bois de vigne, récolté au moment de la taille). Michelin consacre ce lieu en lui prêtant une étoile (Michelin ne donne pas d’étoiles, puisqu’il lui arrive de les reprendre…).

Derrière cette porte, une aventure gastronomique particulièrement audacieuse.

Nubio ne fait rien de façon classique: l’audace et la prise de risques font partie de l’ADN de la maison. Dès notre arrivée, nous rendons une brève visite à la cuisine pour y apercevoir les modes de cuisson qui seront utilisés pour l’ensemble des plats: four à bois, poêle à bois, flamme. Conséquence: la fumée joue un rôle majeur dans les préparations. La salle est une cour intérieure couverte, avec un très haut plafond, le tout dans un palais du 16ième siècle qui a servi pendant sa longue histoire de bureau de police et de prison. Il ne manque que le bordel et le monastère…

Le menu se compose de 15 services. Nous choisissons de l’accompagner exclusivement par des vins de la Rioja. Je ne me risque pas à détailler tout ce qui est apparu devant nos yeux ébahis, il y en aurait pour plus de temps que celui dont je dispose.

Plusieurs vins m’ont semblé d’une qualité exceptionnelle: en blanc, la cuvée Olagar Gran Reserva du Domaine Remirez de Ganuza 2014 (100% viura), d’une précision diabolique. Le rosé Gran Reserva Classica du millésime 2009 (sic) produit par le Domaine Lopez de Haro: waouw ! Seule étape hors Rioja: une très bonne Manzanilla de Jerez.

Le sixième plat d’une série de quinze…
Les petits fours qui clôturent un repas étonnant.
Un blanc d’une finesse et d’une élégance rares. Amusant: nous rendons visite au Domaine Remirez de Ganuza le lendemain.
Un -grand- rosé 2009: ils ne font décidément rien comme les autres !

Evaluation du restaurant ? De mon point de vue, une expérience qui mérite incontestablement le détour. Mais je n’en ferais pas ma cantine.

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Dégustation: samedi 04 mars

Première dégustation « autour du bar » en 2023 ce samedi 04 mars, entre 10 et 18 heures. D’expérience, il y a moins de monde avant 14 heures et plus de monde après 14 heures.

C’est gratuit et on ne doit pas s’inscrire. Je suis ravi d’accueillir mes habitués et tout autant de recevoir de nouveaux amateurs ainsi que ceux/celles qui ne sont plus venus depuis longtemps.

Pas de problème de parking dans ma rue (ne pas oublier de placer son disque de stationnement). Privilégiez la sortie 11 du Ring, évitez la sortie 12 qui mène à un sens interdit.

Cela se passe rue des Chats 171 à 1082 Berchem-Ste-Agathe. C’est une maison discrète. Il suffit de sonner.

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Pour découvrir le programme de cette dégustation: c’est ici

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A la vida s’han de tenir somnis, i s’hi ha de creure

Traduction depuis le catalan: Dans la vie, il faut avoir des rêves et y croire. C’est la devise du Mas d’En Gil, Domaine-phare en Priorat.

Allez, on commence avec un peu de nostalgie. Il y a 20 ans, voire un peu plus, je découvrais avec stupéfaction les vins issus du Priorat, petite région catalane isolée, battue par les vents et dominée géologiquement par un schiste local appelé llicorella. Une dégustation en mars 2001 me donnait l’occasion de partager les millésimes 1996, 1997 et 1998 de Cims de Porrera. Des vins extrêmement puissants, concentrés, portés par le souffle du Priorat mais aussi par un boisé qui ne se cachait pas. Les notes attribuées à ces trois vins furent dithyrambiques, respectivement 17,9 17,3 et 17,8.

Les choses ont bien changé depuis. Enfin, le Priorat a changé et mon goût a changé. Les vins qui tentent de s’imposer en jouant des coudes à coup d’extraction, de boisé, d’alcool, non merci. Cette performance me paraît vaine. C’est une course vers toujours plus qui ne débouche sur pas grand-chose parce que demain, un autre vin sera encore plus extrait, encore plus boisé et encore plus en riche en alcool.

Vall del Bellmunt

L’équilibre parfait. Voilà qui est plus difficile à atteindre, plus subtil et sans doute plus subjectif. L’équilibre parfait est par nature très fragile: le funambule en sait quelque chose. C’est le reflet d’un instant magique. Les mots ne suffisent pas. Parfois, une petite larme s’invite et le temps s’arrête. L’agitation et le vacarme s’estompent, on perd légèrement le nord. Cela n’arrive pas souvent.

Mais cela m’est incontestablement arrivé pendant une dégustation des vins du Mas d’En Gil début octobre. A commencer par deux blancs atypiques: Bellmunt 2021 et Coma Alta 2017: les deux vins sont construits sur la verticalité et un usage anecdotique de la puissance alcoolique. Bellmunt pousse sur du buntsandstein et Coma Alta sur du calcaire. Non, pas de schiste ici. Le style des vins pourrait évoquer Le Roc des Anges de Marjorie Gallet (je connais la polémique, mais c’est une autre histoire). Cela commence donc fort avec deux blancs qui rompent complètement avec la tradition locale. La minéralité de Coma Alta est magnifique et rare dans un vin élaboré avec 100% de grenache blanc.

Voici venu le temps de la gamme des vins rouges. Bellmunt 2018 (grenache 65%, carignan 30%, cabernet sauvignon), vignes de 25 ans sur llicorella est irrésistible. Oui, cela pèse 14,5% d’alcool; oui, c’est élevé sous bois pendant 10 mois (contenants de 1.500 litres et de 3.000 litres). Et pourtant, c’est frais et très peu marqué par l’élevage. Succulent, structuré, superbe.

Marta Rovira

On passe ensuite à Coma Vella 2016, qui pourrait être le premier cru du Domaine: grenache 70%, carignan 20%, syrah, sur llicorella. Elevage sous bois (1.500 litres et 225 litres), avec 20% de neuf. Deux ans d’élevage en bouteilles. Vignes d’âge variable entre 25 et 60 ans. Il est probable que la syrah finisse par disparaître de l’assemblage, le processus est en cours pour se concentrer exclusivement sur le duo grenache/carignan. Ce vin m’a ébouriffé, ému, étonné. Fruit et minéralité. Passionnant de le déguster en compagnie de Marta Rovira (la vigneronne) et d’Olivier Fonteyne, sommelier belge, mari de Marta. La conversation se déroule dans un mélange inédit de langues, entre néerlandais et catalan, entre français et anglais.

On finit par Clos Fontà 2016, qui pourrait être le grand cru du Domaine. Grenache et carignan. Vignes d’âge variable entre 45 et 85 ans, sur llicorella. Elevage en barriques de 225 litres (30% bois neuf). On pourrait craindre la grande cuvée qui cumule toutes les ambitions de faire encore et encore plus. Remember Cims de Porrera. Eh bien non. Le boisé ne joue aromatiquement aucun rôle. Le liquide est d’une grande fluidité, d’un naturel confondant. C’est très concentré et pourtant très élégant. Quelle qualité de tannins ! Ô toi lecteur qui connaît un peu mes goûts, on arrive au paradis, le paradis où l’intensité rejoint la délicatesse. le paradis où le lieu transcende les cépages. L’équilibre parfait, le funambule.

PS: 15% d’alcool pour Coma Vella comme pour Clos Fontà. Je ne retire rien à mes commentaires mettant en exergue élégance et délicatesse.

Coma Vella 2016 est en dégustation le samedi 03 décembre.

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Italie et Espagne, c’est… maintenant !

les vins blancs qui participent…

Ce samedi 23 avril, dès 10 heures du matin, je vous attends pour partager une quinzaine d’aventures italo-espagnoles. Vous pouvez jeter un œil au programme, à présent définitif.

Lanzarote et la Vénétie, la Rioja et la Galice, le Piémont et la Catalogne, le Trentin et la Castille, …

Commandes à me transmettre au plus tard le mardi 26 avril, mise à disposition des vins pendant la première quinzaine du mois de mai.

…une première volée de rouges…

Quelques angles pour approcher cette dégustation

-découvrir un nouveau Domaine du Trentin-HautAdige: De Vigili, remarquable tant en blanc (chardonnay) qu’en rouge (teroldego).

-arbitrer le combat des volcans entre Monte Carbonare et Puro Rofe.

-faire son marché en Piémont en comparant nebbiolo et barbera, deux cépages passionnants mais radicalement différents

-faire connaissance avec Abel Mendoza, vigneron emblématique de la Rioja.

-fourrer son nez dans des cépages aussi rares qu’italiens: pecorino, gaglioppo, teroldego, garganega.

…et une deuxième volée de rouges.

Voici le duo des rosés 2021: Umathum Rosa (Autriche) et le classique Lafage Miraflors (Roussillon)

…et il y a encore des nouveautés à découvrir dans le magasin !

Lafage Cadireta 2021: vin particulièrement amusant et astucieux, c’est un chardonnay élevé sur des lies de viognier, ce qui lui confère fraîcheur et aromatique très fruitée. Chacun y retrouvera d’ailleurs son fruit préféré: qui la poire, qui la pêche/l’abricot, qui des fruits plus exotiques. C’est un très joli vin d’été, fait pour le jardin et pour l’apéritif. D’autant plus que le degré alcoolique est sous contrôle (13%).