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Visite au Domaine des Huards

Michel et Jocelyne Gendrier
Michel et Jocelyne Gendrier

18 septembre. Nous venons de terminer la dégustation et Jocelyne Gendrier me propose d’aller nous promener dans le vignoble. Le dalmatien de la maison en profite pour se dérouiller les pattes. A peine arrivés entre les rangs de vigne, pendant que Jocelyne me montre comment reconnaître le cépage ‘romorantin’ à la forme de ses feuilles, le dalmatien susmentionné fourre sa truffe entres les grappes et se met à croquer gaiement les raisins mûrs.

Je constate ainsi ‘de visu’ que le dalmatien est l’un des seuls chiens à apprécier les fruits, caractéristique que la famille Gendrier ignorait lorsqu’elle l’a adopté…Particulièrement en année de petite récolte, chaque grain est précieux !

A table !
A table !

 

 

Nous nous trouvons à Cour-Cheverny, village paisible entre Touraine et Sologne, situé à quelques encablures des châteaux de Cheverny, de Chambord et de Blois.

Le Domaine des Huards possède, entre autres, 8 hectares plantés en ‘romorantin’, ce qui fait du Domaine une capitale mondiale (officieuse…) de ce cépage très rare, originaire de Bourgogne.

Les parents et grands-parents ont toujours travaillé la vigne de façon naturelle, faisant en quelque sorte du ‘bio’ sans le savoir. Aujourd’hui, le domaine est certifié Agriculture Biologique. Outre le ‘romorantin’, on y cultive principalement pinot noir, gamay et sauvignon.

En dégustation, les deux Cheverny blancs (85% sauvignon, 15% chardonnay) m’ont paru sympathiques, techniquement maîtrisés et consensuels.

Les trois Cour-Cheverny sont particulièrement intéressants: la cuvée ‘vieilles vignes’ François Ier 2006 est la plus riche, sur des notes de miel, mais le ‘simple’ 2008 est déjà superbe ! Le Domaine préfère attendre et mettre ces vins en vente lorsqu’ils sont prêts à être dégustés. Une politique peu courante et tout à l’honneur de la famille Gendrier.

Le cépage romorantin confirme ici son grand potentiel. Le 2009 (pas encore  à la vente) me semble un peu plus marqué par la chaleur solaire de ce millésime.

Voici les rouges: Le Pressoir 2010 (80% pinot noir) est un vin tendu, un peu sauvage et bien défini.

La cuvée Le Vivier (50% pinot noir) est un fermage sur vignes plantées en 1994: vin charpenté, puissant mais, le jour de cette dégustation, un peu moins précis que Le Pressoir. Une autre bouteille, ouverte en octobre, était en grande forme !

La cuverie inox est impressionnante de propreté et d’une organisation particulièrement fonctionnelle.

Les gelées du 17 avril vont fortement réduire le volume de la récolte 2012. Il est prévu de commencer à vendanger à partir de fin septembre, le romorantin en dernier.

Michel Gendrier a coordonné récemment une grande dégustation de romorantin à l’attention de Jean-Emmanuel Simond, consultant auprès de la Revue des Vins de France: vu l’enthousiasme du journaliste, on peut s’attendre durant les prochains mois à un dossier présentant Cour-Cheverny aux lecteurs de la RVF !

La bouteille couchée est bien un 1993...
La bouteille couchée est bien un 1993…
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Le Château de Goulaine

GoulaineUn endroit magique, surtout par ce matin d’hiver: un peu de brouillard et un silence à peine troublé par une légère brise. A cinq minutes de Nantes et en plein coeur du vignoble.

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Visite au Domaine Bruno Cormerais

Bruno Cormerais
Bruno Cormerais, photographié en juillet 2012, par Fred Niger Van Herck

Oups. Mon appareil photo est resté dans la voiture. Donc, pour cette fois, je fais appel à l’équipe Internet.

Arrivée à 17h05 au lieu-dit La Chambaudière, sur la commune de St Lumine de Clisson. Merci, GPS.

Je débarque en pleine préparation des journées portes-ouvertes, qui commencent le lendemain matin. Il y a un peu d’électricité dans l’air. C’est Maxime qui m’accueille, mais c’est son papa Bruno, l’homme aux 42 vinifications, qui va s’occuper de moi. Accrochez-vous, ça va déménager !

On commence gentiment avec les premières cuvées, de millésimes récents. Après avoir goûté tant de vins tendus, « verticaux », je suis dérouté par la richesse de ceux-ci: nous sommes dans l’antre du spécialiste du bâtonnage. Un certain nombre de cuvées font leur malo-lactique. Le discours est différent de celui de ses collègues…et cela le rend particulièrement pertinent !

Sur 2009, j’ai un certain mal à  suivre. Voici une bouteille de la cuvée Prestige, millésime 2008: choc gustatif ! Bruno Cormerais affirme que, jeune, ce vin se goûtait mal. Aujourd’hui par contre, le vin conjugue gras bourguignon et tension ‘salivante’. On enchaîne avec les cuvées de Clisson, les cuvées spéciales ‘Maxime’ et ‘Bruno’ (je préfère ‘Bruno’), on voyage dans l’espace (du caveau à la cuverie en passant par le chai à barriques) et puis dans le temps: Bruno Cormerais disparaît un instant et il revient, triomphant, avec des flacons un peu poussiéreux: on goûte de beaux 1997, 1996 et 1991. Une bouteille de 1981 fait son apparition: malheureusement, il ne reste que le squelette acide du vin. Clisson

Tiens, et pourquoi ne pas goûter sur cuve ? Nous repartons pour un tour…

J’ai l’impression que Bruno Cormerais est heureux de faire partager ce moment. Je suis aux anges. Son épouse et son fils continuent à s’affairer: on attend beaucoup de monde dès demain matin.

Je rejoins la voiture dans la nuit noire. Fin de mon périple en Pays Nantais. Enfin, encore une bonne nuit de sommeil et demain matin, un peu de tourisme au château de Goulaine avant de rentrer sur Bruxelles.

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Visite au Domaine de Belle-Vue

Bretaudeau bouteilleVendredi 30 novembre. Après une ‘focaccia’ avalée en vitesse dans un café de Clisson, cap sur le village de Gétigné, au sud-est de la ville. Gétigné fait office de frontière entre la Loire-Atlantique et la Vendée.

J’arrive au Domaine de Belle-Vue et fais la connaissance du papa de Jérôme Bretaudeau. Quelques minutes de confusion plus tard, me voici face au nouveau chai de Jérôme: un bâtiment rationnel et très vaste, construit à quelques centaines de mètres de l’ancienne cave. Le déménagement des cuves n’est pas encore terminé. Après avoir travaillé chez d’autres vignerons, Jérôme a repris les vignes de ses parents (qui vendaient leurs raisins au négoce), obtenu l’aide de la Mairie (il est le seul vigneron de Gétigné) et quelques subsides européens. On sent ici une ambition de se donner les moyens pour réussir. La meilleure preuve étant qu’il y a très peu de vins à vendre.

Le nouveau chai
Le nouveau chai

Jérôme vient d’engager un premier collaborateur, un ex-vigneron de confiance qui sera en charge des vignes. Le Domaine s’étend actuellement sur à peu près 8 hectares de vignes. Reconversion en ‘bio’ depuis 2009. Du Melon de Bourgogne, bien entendu mais aussi du Sauvignon (gris), du Pinot Gris, du Merlot, du Cabernet, du Chardonnay et j’en passe…

Nous goûtons sur cuve: exercice intéressant, mais périlleux quand on manque d’habitude. Cela me permet en tous cas de me faire une idée du potentiel du millésime 2012. Les vins sont nets, précis et les fonds de verre complexes.

Expérience encore plus intéressante: les échantillons tirés de cuves ovoïdes provisoires. Provisoires parce que plus petites que celles commandées par le Domaine. Malheureusement le fabricant (Nomblot) a cassé le moule des cuves de 16 hectolitres…

Cuves ovoïdes
Cuves ovoïdes

Ces cuves sont utilisées pour permettre aux lies en suspension de circuler efficacement dans toute la cuve et ainsi de ‘nourrir’ les vins. Techniquement, cela s’appelle l’effet de vortex. En quelque sorte, une alternative au bâtonnage. Avec pour résultante des vins plus aromatiques et plus gras.

L’objet est étonnant et assez sympathique, presque zoomorphe. Je me verrais bien installer une tête d’éléphant par-dessus, juste pour rigoler…

Nous voici à présent dans le ‘chai à barriques’: des 400 litres, usagées. On commence par un Muscadet et puis c’est l’heure du test: je goûte quelque chose qui n’est manifestement pas un Muscadet. Allez, je me lance: Pinot Gris ? Gagné ! Rebelote avec la barrique suivante: Sauvignon ? Encore gagné ! Même si je n’avais pas reconnu la variante ‘grise’ du Sauvignon…Bon, 30 secondes pour profiter de mon petit ego, caressé dans le sens du poil. Ce n’est pas tous les jours fête…

Jérôme Bretaudeau
Jérôme Bretaudeau

Jérôme est le premier vigneron qui insiste pour que je goûte ses vins rouges. Je reste un peu perplexe devant un ‘Champ des Cailloux’ (cabernet et merlot): des arômes orientaux entêtants. Mais la bouteille était ouverte depuis quelques jours, ceci expliquant peut-être cela. Ensuite, un pur merlot, 24 mois en barriques. Impossible à placer en Loire. Un vin puissant, tannique et sudiste. Mais pas d’excès d’alcool.

Je continuerais très volontiers la conversation, mais mon agenda me rappelle que Bruno Cormerais m’attend à 17 heures. Et ce n’est pas exactement à côté de la porte. J’implore le GPS de faire son boulot.

Un flacon de 'Champ des Cailloux...pour me forger une opinion plus précise !
En cadeau, un flacon de ‘Champ des Cailloux…pour me forger une opinion plus précise !
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Visite au Domaine Brégeon

Vendredi 30 novembre. La journée commence avec une bonne frayeur: ma voiture fait un bruit de vieux moulin à café désarticulé. Après quelques centaines de mètres à 30 kms/heure, je me décide à m’arrêter et à faire le tour du susmentionné véhicule. Mouais, les pneus m’ont l’air ‘nickel’. Est ce-que je me déciderais à ouvrir le capot ? Ou alors…couché au bord de la route entre Mouzillon et Gorges, je tâtonne sous le châssis. Soudain, quelque chose résiste, je tire, ça lâche: deux beaux spécimens de sarments qui, coincés je ne sais exactement où, étaient manifestement responsables de mes angoisses mécanico-matinales. J’interprète l’incident comme un signe de Bacchus: ma mission en terres nantaises consiste à libérer la vigne de la mécanisation…Pouf-pouf.

Fred Lallier
Fred Lailler

J’arrive au mythique Domaine Brégeon à 10 heures où je suis reçu par le nouveau propriétaire, Fred Lailler. Il est papa de deux petites filles depuis hier ! FELICITATIONS !

Changement de décor par rapport aux visites d’hier: Fred travaille seul sur un peu moins de 8 hectares de vignes. Pas de site Internet, pas de temps à consacrer au marketing. Le domaine n’est pas en bio, mais la réflexion est entamée. Nous sommes installés dans la cuverie, au milieu d’un sympathique capharnaüm. Mieux vaut être chaudement habillé.

Fred a racheté le Domaine à son propriétaire historique, André-Michel Brégeon qui lui donne encore un solide coup de main pour gérer la ‘paperasse’ et recevoir les clients.

Le Gros-Plant qui ouvre la dégustation est un concentré de saveurs océanes, salines et iodées: de la coquille d’huître plein les narines. Un vin d’amateurs, à réserver à l’accompagnement des meilleurs coquillages.

Place aux Muscadets 2011, 2010 et 2004. Ce dernier a bénéficié d’un élevage sur lies de 89 mois: il paraît que cela constitue une sorte de record, mais Fred et André-Michel (qui nous a rejoints) s’en fichent un peu. Les circonstances ont voulu que le vin passe un long moment en cuves, ainsi-soit-il. Tous les vins sont tendus, sans concessions. Celui qui recherche l’opulence et le gras devrait passer son chemin.

Nous goûtons encore un 1995. La bouteille est couleuse (bouchon trop petit), mais le vin est toujours en forme. Oui, les bons Muscadets vieillissent très bien !

Place aux cuves de 2012, dont l’une a fait sa malo-lactique: cela assouplit considérablement le vin, trop peut-être. A revoir lorsque l’assemblage avec les autres cuves aura été réalisé.

Cuves enterrées, une tradition nantaise.
Cuves enterrées, une tradition nantaise.

Ici comme chez les collègues, la vendange 2012 promet beaucoup. Mais la météo a fait des siennes et les rendements ont été terriblement bas. Bref, il y aura peu de bouteilles à vendre. Disons que pour respecter un équilibre économique raisonnable, il serait plus que bienvenu que 2013 soit un millésime ‘normal’…

Il fait à peine moins froid lorsque je quitte Fred pour aller me balader quelques minutes à Clisson. Je repars avec l’impression d’avoir partagé un moment vrai, intense, sans fioritures. A l’image des vins. Brégeon

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Visite au Domaine Bonnet-Huteau

Jean-Jacques Bonnet
Jean-Jacques Bonnet

Quelques minutes suffisent pour faire le trajet entre La Grange et La Levraudière. Il est 17h15 et le soleil s’est couché. Pour ne pas risquer de me perdre, j’ai fait une ‘reconnaissance’ en tout début de journée.

Je suis reçu par Jean-Jacques Bonnet. Le Domaine Bonnet-Huteau est entre les mains de deux frères, Rémi à la vigne et Jean-Jacques à la cave. ‘Huteau’ est le nom de leur maman.

Ici on mène le combat en faveur de la reconnaissance des qualités du Muscadet. Pour ce qui concerne le Gros-Plant, cépage capricieux, sensible aux maladies et ayant tendance à laisser exploser les rendements, mon interlocuteur préfère passer son tour.

Jean-Jacques est attaché au développement des crus communaux et cherche à concilier les vignerons les plus radicaux avec ceux qui ont un certain mal à adopter des pratiques qualitatives (levures indigènes, vendanges manuelles, rendements limités, etc…). C’est la politique des petits pas, par préférence à l’affrontement direct.

Le Domaine s’étend sur une quarantaine d’hectares, en ‘bio’ depuis 2005.

Fascinante horizontale 2011 des trois cuvées ‘de terroir’: Les Dabinières, Les Gautronnières (une fraîcheur citronnée,  tranchante comme une lame…comment ne pas penser à un grand Riesling ?) et Les Laures, qui conjuguent tension, gras et volume.

Une horizontale fascinante
Une horizontale fascinante

La parcelle des Laures a été achetée récemment: nous goûtons 2010 qui me semble, hic et nunc, un peu moins bien en place que 2011.

Discussion sur les avantages de la vendange entière (vendange non éraflée, raisins et ‘tiges’ donc) qui permet de récolter (manuellement bien sûr) des raisins intacts. Et raisin intact dit minimisation des risques d’oxydation, donc moindre usage de soufre. Des rafles mûres contribuent à donner une légère tannicité au vin, ce qui lui donne un équilibre plus intéressant. Attention à des rafles ‘vertes’ qui peuvent transmettre un goût herbacé désagréable.

Le vignoble nantais qui s’étendait sur plus de 13.000 hectares il y a vingt ans a considérablement rétréci, remplacé soit par des plantations maraîchères, soir par du bâti. Jean-Jacques souligne avec conviction que le vrai problème n’est pas à chercher dans la vigne qui disparaît, mais dans les vignerons qui abandonnent, lassés par la difficulté de valoriser leur travail.

Nous goûtons le cru communal Goulaine, de grande expression et si éloigné de tous les clichés associés au Muscadet !

Tiens, puisque je compare Les Gautronnières à un Riesling…apparaît sur la table un Riesling alsacien, récemment échangé durant un salon. Bon, j’ai oublié le nom du producteur. Disons que c’était très 2009 et pas très Riesling. Beaucoup d’alcool et une sucrosité pataude. Vive Les Gautronnières !

En partant, un Pinot Gris ‘primeur’, puisqu’il s’agit du millésime 2012, vinifié avec une bonne vingtaine de grammes de sucre résiduel: une agréable friandise ! Et une conclusion sympathique à une discussion passionnante !

Voilà, il est 20h30 et j’avoue ne pas trouver la force pour aller dîner au restaurant. Alors, retour à La Maison des Landes où m’attendent un bon pain, du fromage …et un grand verre d’eau ! Extinction des feux avant 22 heures…épuisé !

Tôt le matin, durant ma 'reconnaissance'
Tôt le matin, durant ma ‘reconnaissance’
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La joyeuse bande des ‘Vignes de Nantes’ !

Au premier rang, Vincent Caillé et Jérôme Bretaudeau. Fred Niger Van Herck et Jean-Jacques Bonnet sont un peu cachés...
Au premier rang, Vincent Caillé et Jérôme Bretaudeau. Fred Niger Van Herck et Jean-Jacques Bonnet sont un peu cachés…

Les membres (juin 2012):

Domaine de l’AUJARDIÈRE, Eric Chevalier
Domaine BELLE-VUE , Jérôme Bretaudeau
Domaine BONNET-HUTEAU, Jean-Jacques & Rémi Bonnet
Domaine Michel BREGEON, Frédéric Lailler
Château de la CASSEMICHERE, Philippe Ganichaud
Domaine des COGNETTES, Vincent Perraud
Domaine Bruno CORMERAIS
Domaine de l’ECU, Fred Niger Van Herck & Guy Bossard
Domaine du FAY d’HOMME, Vincent Caillé

Domaine GUNTHER – CHEREAU, Aurore Günther
Domaine des HAUTES-NOELLES, Jean-Pierre Guédon
Domaine Pierre LUNEAU-PAPIN, Famille Luneau
Domaine de la LOUVETRIE, Jo Landron
Domaine POIRON-DABIN, Jean-Michel Poiron & Laurent Dabin
Domaine de la TOURLAUDIÈRE, Famille Petiteau

Marie Chartier entourée par quelques collègues.
Marie Chartier entourée par quelques collègues.

Les Vignes de Nantes

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Visite au Domaine Pierre Luneau-Papin

Pierre-Marie Luneau
Pierre-Marie Luneau

Jeudi 29 novembre. 13h45. Je me balade autour du domaine et en profite pour faire quelques photos. 14h tapantes (on ne se refait pas…), je suis reçu par Pierre-Marie Luneau et son épouse, Marie Chartier.

La discussion nous emmène vers la solidarité entre vignerons et donc vers le rôle de Marie, en tant que coordinatrice de la nouvelle association ‘Les Vignes de Nantes‘. Cette association regroupe l’élite des producteurs du Pays Nantais et a pour objectif de promouvoir leurs vins en France et à l’étranger. J’y consacre un article ici.

En voiture et direction les vignes de la Butte de la Roche, histoire de vérifier ‘de visu’ que le pays du Muscadet n’est pas uniformément plat. Nous sommes à une quarantaine de mètres d’altitude (c’est la Butte de la Roche, pas la colline de la Roche !), sur un terroir très particulier (serpentinite, une roche d’origine magmatique). La vue est magnifique, en particulier depuis l’endroit où a été installée une table d’orientation. Le domaine Pierre Luneau-Papin a récemment acheté des vignes, plantées ici en 1974. Une parcelle au levant, une parcelle au couchant. Le vin s’appelle ‘Terre de Pierre’.

La Butte de la Roche (Une Nouvelle Nantaise, mars 2012): vue sur le Marais de Goulaine et la ville de Nantes
La Butte de la Roche (Une nouvelle Nantaise, mars 2012): vue sur le Marais de Goulaine et la ville de Nantes

Le trajet de retour vers La Grange nous donne l’occasion de discuter ‘biodynamie’. Il nous semble clair que la démarche, le cheminement vers la biodynamie est très riche et que l’attention portée aux vignes ne peut qu’influencer favorablement la qualité du vin produit. Au-delà, restent un débat ouvert sur l’influence des préparâts et une commune méfiance vis-à-vis des pratiques ésotériques.

Dégustation chez Pierre Luneau-Papin

En dégustation, le Brut, la cuvée Folle Blanche 2011 (une façon habile de réinventer le Gros Plant) et les cuvées de Muscadet: Pierre de la Grange vieilles vignes 2011, L d’Or 2010 & 2011, Terre de Pierre 2010 (magnifique !), avant de goûter le cru Goulaine ‘Excelsior’ 2007 (36 mois d’élevage sur lies) et la cuvée très particulière Pueri Solis qui n’a été produite qu’en 2005. Surprise…cette cuvée a également été produite sur le millésime 2009.

On ne voit pas le temps passer: soudain, il est presque 17 heures, l’heure à laquelle on m’attend au Domaine Bonnet-Huteau. Je quitte à regret Pierre-Marie, salue Marie et m’en vais vers de nouvelles aventures…

Les vins du Domaine seront en dégustation ce samedi 19 janvier. Ils seront en vente du mardi 15 janvier au mardi 22 janvier inclus: l’offre est ici. Plus d’information sur les vins .

Cuvée Terre de Pierre et serpentinite de la Butte de la Roche
Cuvée Terre de Pierre et serpentinite de la Butte de la Roche
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Visite au Domaine de L’Ecu

Frédéric Niger Van Herck
Frédéric Niger Van Herck

Arrivée au Landreau à 10 heures ce jeudi 29 novembre, sous un beau soleil d’hiver. Je croise d’abord Guy Bossard, au téléphone avec son notaire. Nous rejoignons Frédéric Niger Van Herck dans le caveau de dégustation.

Le village du Landreau, en mode kitsch
Le village du Landreau, en mode kitsch

Fred est un grand passionné de vin et un blogueur inspiré: il a racheté le domaine à Guy Bossard en 2010, après fait carrière dans la communication. Son épouse est bretonne par sa maman et anversoise par son papa, d’où un patronyme qui sonne ‘bien de chez nous’ !

Nous goûtons les millésimes actuellement à la vente: 2010 et 2011. Cuvées classique, Gneiss, Orthogneiss et Granite. Les vinifications étant identiques, les différences à la dégustation tiennent essentiellement à la géologie. Granite 2011 m’impressionne !

Le moment pour ouvrir la discussion sur le processus d’agrément: des vignerons locaux goûtent les vins à l’aveugle, les évaluent sur leur ‘typicité’ et rendent leur verdict. Un verdict négatif  et le vin ne peut pas être commercialisé en AOC. Divers noms d’oiseau ont été accolés à une cuvée du domaine de L’Ecu et privent donc celle-ci de son droit à porter l’appellation ‘Muscadet de Sèvre-et-Maine’. Le jury a considéré que cette cuvée était réduite et oxydée. Disons que c’est à peu près comparable à traiter quelqu’un en même temps de nain et de géant…Comprenne qui pourra.

En d’autres lieux et en d’autres temps, des vignerons ont commercialisé leurs vins sous ‘vini da tavola’ …en envoyant les appellations ‘al diavolo’ ! Personne n’en sort vraiment gagnant.

Nous goûtons ensuite la nouvelle cuvée ‘haut de gamme’: Taurus (production limitée à 3.000 bouteilles).

Taurus (le flou se veut artistique)
Taurus (le flou se veut artistique)

Après ce Muscadet de style bourguignon et évidemment destiné soit à la garde, soit à la carafe, nous tranchons avec la fraîcheur du Gros-Plant 2010.

Voici la pétillance de la cuvée ‘Ludwig Hahn’: délicieuse, en particulier quand la bulle s’apaise: un carafage contribue à la vinosité de ce multi-cépages (Melon de Bourgogne, Folle Blanche, Chardonnay, etc…).

Enfin, un cabernet en vin de pays, un peu perdu au milieu de tous ces vins blancs.

Fred et Guy sont tous deux passionnés d’opéra, d’où la grande photo qui orne le caveau: Guy en Faust et Fred en Méphisto…ça vaut son pesant de cacahuètes !

Je ne peux pas m’empêcher de jeter un oeil au ‘cimetière’: les amateurs reconnaîtront des flacons trépassés de Trapet, Gouges, Ganevat, Roc des Anges, Vincent Pinard, Selosse, Clos Rougeard. On ne s’ennuie manifestement pas !

Le 'cimetière'
Le ‘cimetière’

Revenons-en au domaine: 2012 sera sans doute un grand millésime pour l’amateur…à condition de pouvoir en obtenir, puisque les rendements ont été catastrophiques: -70% par rapport à une année normale. Gloups. Le prix à payer pour un printemps raté et un début d’été du même tonneau.

Le Domaine s’étend sur une vingtaine d’hectares et emploie 7 personnes à temps plein: tout est ‘bio’ depuis une éternité et en ‘biodynamie’ depuis de longues années: Guy Bossard est l’un des pionniers de cette approche, avec ses collègues ligériens Nicolas Joly et Mark Angéli. Une réflexion est à présent menée sur l’utilisation de soufre volcanique en lieu et place de soufre ‘commercial’, résidu du pétrole. Le soufre volcanique se combine moins avec le vin: il faut en utiliser moins pour une protection anti-oxydante équivalente.

Peu de bois dans les parages: pour Taurus, quelques fûts anciens ont été acquis en Bourgogne.

La Divina
La Divina, bulles en ‘méthode traditionnelle’.

Les étiquettes évoluent progressivement vers une modernité de bon aloi, tout en conservant la référence graphique à la roche sur laquelle poussent les vignes. Les dorures disparaissent au profit d’une sobriété élégante et argentée.

Idem pour la cuvée de bulles, qui change aussi de nom: Ludwig Hahn devient ‘La Divina’, un nom qui conjugue vin et musique. Si vous voulez mieux comprendre le pourquoi de ce changement de nom, tapez ‘Ludwig Hahn’ dans Google. Le plus célèbre Ludwig Hahn n’est malheureusement pas le violoniste allemand, ami de Guy Bossard, marié à une native du village du Landreau…

J’ai passé un excellent moment, en excellente compagnie. Il est temps de déjeuner: je suis la voiture -et la recommandation- de Fred en me rendant chez Jean d’la Queue (sic).

Les vins du Domaine seront en dégustation ce samedi 19 janvier. Ils seront en vente du mardi 15 janvier au mardi 22 janvier inclus: l’offre est ici. Plus d’information sur les vins .

Mise à jour: les vins sont à présent disponibles dans le magasin en-ligne.

Les vignes de L'Ecu (thanks to the Wine Doctor)
Les vignes de L’Ecu (thanks to the Wine Doctor)
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-4°C, le matin

Vignes à Mouzillon
Vignes à Mouzillon
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Muscadet !

La Bretonnière

Trois dégustations et autant de grands moments.

Merci à Frédéric Niger Van Herck, à Pierre-Marie Luneau et à Jean-Jacques Bonnet pour leur temps, la qualité de leur accueil et le partage de leur passion !

Des souvenirs pleins les yeux. Un palais qui vibre encore. Et un profond respect pour ces vignerons qui créent de grands vins, appréciés à leur juste valeur en Grande-Bretagne, au Japon et aux Etats-Unis, mais plutôt mésestimés en France et en Belgique.

Chacun est bien entendu libre de ne pas apprécier ces vins. A une condition: oublier ‘Roger’ et goûter avant de se forger une opinion.

Chapeau au ‘melon’, cépage qui a le bon goût de s’effacer derrière les terroirs sur lesquels il est planté. Tiens, comme le riesling…

Bon, j’avoue être un peu en bout de course. Digne, mais cassé.

D’où sans doute les jeux de mots du genre ‘chapeau au melon…et bottes de cuir’. Pardon. J’ai besoin de sommeil. Rideau.

Le coeur du pays du Muscadet
Le coeur du pays du Muscadet
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Roger, un…

700 kilomètres d’autoroute et me voici à Mouzillon, en plein coeur de l’appellation ‘Muscadet de Sèvre et Maine’. Dans ma chambrette et devant mon clavier. Premier rendez-vous demain matin.

En attendant, un cliché auquel j’aimerais tordre le cou:

« Le Muscadet, c’est le p’tit vin blanc de comptoir, vite bu et vite pissé »

Merci, Docteur G. Comme partout, il y a du (très) moyen, du bon et de l’exceptionnel: des bouteilles qui révèlent des qualités insoupçonnées après 5, 10, voire 20 ans de cave. Des bouteilles qui se montrent ‘bonne fille’ à table, offrant de nombreuses possibilités d’accord mets/vin. Des styles très différents, marqués par la géologie locale. Des vignerons qui cherchent et qui trouvent !

Et, en plus, cher consommateur, le rapport qualité/prix est …attrayant ! Les meilleurs vignerons ont du mal à valoriser correctement leurs produits, parce que de très grands volumes de Muscadet banal sont vendus à prix cassés, en particulier par la grande distribution.

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Nous allons chercher notre meuble-bar le 03 décembre !

le voici !

Catherine et moi venons de mettre la main sur un ancien meuble-bar qui se trouvait dans un café de Turnhout. Il porte fièrement les traces d’une longue existence au service des buveurs de bière. Nous lui offrons une seconde vie dans notre salon.

Je compte bien trôner derrière ce ‘zinc’ dès le 15 décembre (dégustation).

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Merci !

Voilà, je viens de clôturer les commandes: vous êtes plus de 20 à m’avoir fait confiance pour cette première offre. Merci beaucoup !

Merci également à tous ceux qui ont réagi, par e-mail ou de vive voix. Vos conseils et remarques me sont très précieux.

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Aïe: le Beaujolais nouveau est de retour dans votre supermarché

Troisième jeudi de novembre, arrivée du Beaujolais nouveau. Ce midi, pub radio d’un grand distributeur : la bouteille est à € 3,49.

Question : combien de vin dans cette bouteille ?

  • Transport et dédouanement : € 0,30
  • TVA : € 0,60
  • Accises et écotaxe : € 0,43
  • Marge du distributeur : € 0,36 (aucun distributeur ne peut vivre avec une marge aussi faible, mais considérons qu’il s’agit d’un ‘produit d’appel’)

Donc, le vigneron reçoit  +/- € 1,80. Ou moins si le distributeur prend une marge sensée.

Soustrayez maintenant le coût de la bouteille, du bouchon, de l’étiquette, du carton d’emballage et de la couverture des frais indirects.

Faites-vous une opinion.

Je suis mal à l’aise avec les vins dits ‘de prestige’ (cela  sonne mieux que ‘vins chers’), mais je le suis tout autant avec ce type d’opération.

« Oui, mais c’est une exception ».

Non. Désolé. Le prix moyen d’une bouteille de vin vendue en Belgique est de +/- € 4,00.

PS: j’aime beaucoup le Beaujolais !! Y compris le Primeur. Par exemple, la délicieuse ‘cuvée vieilles vignes’ de Pierre-Marie Chermette (Domaine du Vissoux).

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Très heureux de vous annoncer la naissance d’Anthocyane !

Le bébé a probablement été conçu le 16 mars, à la fin du petit déjeuner. C’était à Barolo, Piémont, dans le jardin de l’agriturismo « Il Gioco dell’Oca ». Il faisait radieux et nous nous apprêtions à aller déguster chez Giovanni Manzone.

La gestation est passée par toutes les phases classiques, dont nausées et questionnements philosophiques variés.

La dernière échographie, réalisée à Cuesmes ce 09 novembre, est heureusement nickel !

Philippe

PS: n’hésitez pas à laisser un commentaire ↓

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Visite au Domaine de la Chevalerie

Emmanuel, Stéphanie et Pierre Caslot (photographie fournie par le Domaine)
Emmanuel, Stéphanie et Pierre Caslot (photographie fournie par le Domaine)

Septembre 2012. Je loge à l’autre bout de la Touraine, du côté de Montrichard : Bourgueil est à une heure de route. Soleil magnifique et pas un chat sur l’A85. Sortie. Départementale le long de la Loire, château de Langeais, villages de St-Patrice et d’Ingrandes : des vignes partout. Je m’approche de Restigné. Un bon coup de volant vers la droite avant le village. Route du Peu Muleau. ‘Route’ me paraît un peu surfait, vu la largeur de l’asphalte. 10h30, voici le Domaine de la Chevalerie. Je traverse la cour pavée et jette un œil au beau jardin : surprenants, les palmiers.

Pierre Caslot attend ses visiteurs au bas d’une longue volée de marches. On a beau être prévenu, c’est vachement impressionnant: la cave est creusée dans la roche calcaire. Une cathédrale souterraine. Un labyrinthe de zones éclairées et de zones sombres. Une ardoise avec les vins proposés à la dégustation : il y en a quatorze. Au travail…

…une trentaine de vins plus tard, après une promenade qui s’est prolongée, au détour de notre conversation, jusqu’au millésime 1987, le style du Domaine paraît clair : plutôt léger en alcool (merci !), des tannins fins, beaucoup de fraîcheur et une grande élégance. Le potentiel de garde est évident, mais les vins sont délicieux dès leur mise en bouteilles.

Un seul cépage, le cabernet franc. Et pourtant des cuvées très différentes, fonction du millésime et de la parcelle. 2009, millésime ensoleillé et donc vin plus rond. Tous les 2010 sont magnifiques, la cuvée Bretêche se dégustant particulièrement bien ce matin-là. La cuvée Chevalerie 2006 est vigoureuse et bâtie pour une longue garde. 2007, millésime pourtant difficile et humide, est réussi : à boire dès maintenant.

Une cuvée Busardières 2007, ouverte ce 2 novembre, mise en carafe pendant une bonne heure, confirme mes impressions de septembre au Domaine : un vin net, digeste et accessible. Ni exubérance, ni chichis. Un classique.

Si vous associez le cépage cabernet franc aux arômes entêtants du poivron vert -donc à des vins produits avec des raisins de maturité ‘perfectible’-, faites-vous plaisir et goûtez une cuvée Peu Muleau, débordante de fruits mûrs.

J’ai gardé pour la bonne bouche le compte-rendu de la fin de ma visite: nous avons encore goûté le vin blanc de la propriété: 15 ares de chenin, juste pour le plaisir. En sec et en moelleux. Aucune commercialisation: à Bourgueil, c’est du rouge et rien que du rouge !

Du nouveau: le Domaine a racheté récemment une parcelle située sur le lieu-dit Grand Mont. Grand-Mont est un endroit privilégié, qui permet de créer des vins concentrés, de grande garde. J’ai goûté 2009, le premier millésime vinifié par la Chevalerie et puis le magnifique 2010. Il n’y a pas beaucoup de bouteilles disponibles…

Il est 13 heures, j’emmène quelques flacons et je me dis qu’on n’en restera pas là…

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Bon, je n’étais pas là pour faire du tourisme. Mais résister au charme de la Touraine et de la vallée du Cher, vous faites comment ? Alors le samedi matin, avant de remonter sur Bruxelles, je suis passé par St-Aignan et par Selles-sur-Cher. Selles-sur-Cher, pays du fromage de chèvre et donc passage par la fromagerie Jacquin: un Valençay, un Sainte-Maure et un …Selles.