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Le vin belge, millésime 2025 … youpie !

Après un millésime 2024 catastrophique -en tous cas pour ce qui concerne la quantité de raisins récoltés- voici un millésime presque parfait, grâce à une météo clémente, avec tout le soleil requis, pas de gelées printanières et la pluie quand il faut. L’impact de la météo sur la production est énorme: 4,3 millions de litres de vin en 2025 contre …1,2 million de litres en 2024. Je tire mon chapeau aux vignerons qui sont obligés de composer avec de tels écarts d’une année sur l’autre: n’importe quelle entreprise devrait faire preuve d’une flexibilité exceptionnelle pour s’adapter à des variations annuelles aussi importantes !

Le vignoble belge s’étend à présent sur plus de mille hectares, 1.041 hectares pour être précis. C’est cinq fois la superficie en 2015: progression presqu’exponentielle. Une comparaison ? L’Alsace, c’est approximativement 15.500 hectares.

350 vignerons en Belgique, mais cela recouvre des réalités très diverses, depuis celui qui jardine sur quelques dizaines d’ares jusqu’à quelques « géants » (…tout est relatif…) comme Chant d’Eole dans le Hainaut qui s’étend sur une cinquantaine d’hectares.

La Belgique est avant tout une terre de bulles: la moitié du vin belge (49%) pétille ! Le vin blanc tranquille représente un tiers du total, ce qui ne laisse pas grand-chose pour le rouge et le rosé.

Le Hainaut est en tête des quantités produites et affiche une forte spécialisation dans les bulles. C’est le fameux terroir calcaire -comme en Champagne- qui traverse la province et continue ensuite vers l’Angleterre, autre pays producteur se concentrant sur les bulles.

Le chardonnay domine de la tête et des épaules (30+%), soit en monocépage, soit via les assemblages de type champenois (chardonnay + pinots). Les cépages interspécifiques -qui sont plus résistants aux maladies et aux champignons- progressent, en particulier le johanniter.

Conclusion ? Les vignerons, après avoir été obligés de gérer l’absence de vin à vendre (à cause du tout petit millésime 2024), vont devoir sortir leur casquette commerciale pour « placer » un volume plus important que jamais. Encore une fois, la flexibilité est indispensable ! Pour le consommateur curieux, il y aura beaucoup de (très) bonnes bulles belges à goûter, comparer, partager, …

Source: SPF Economie, https://news.economie.fgov.be/263748-2025-annee-petillante-pour-le-vin-belge/

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Oscars 2025

Voici venir l’heure des bilans

Selon une habitude récente, puisque prise en fin d’année 2023, je me suis amusé à reprendre la liste des tous les vins qui ont été proposés à la dégustation pendant cette année qui finit de s’écouler. En 2025, six dégustations classiques et trois dégustations spéciales, sous la bannière du Cercle de la Fleur Bleue.

Au total, une bonne centaine de flacons goûtés avec vous, de l’Aragon à la Macédoine, des Îles Canaries à la Calabre. Les régions souvent dégustées ? La Loire en tête, poursuivie par le Rhône, puis par un petit peloton dans lequel on aperçoit le Roussillon, la Bourgogne (Mâconnais), le Languedoc et le Piémont.

Surprenant: beaucoup plus de rouges que de blancs. Quatre rosés et trois bulles pour compléter le tableau. Le millésime 2023 tient fermement la corde, il précède 2024 puis vient 2022. Une dizaine de vins de millésime antérieur à 2022: pensez à La Chevalerie (Bourgueil) et à Gérard Boulay (Sancerre).

Une petite moitié des vins au-delà de € 20 la bouteille. L’inflation certes mais aussi la volonté de faire goûter le meilleur. Cinq fournisseurs principaux. Une majorité franche de vins biologiques et/ou biodynamiques (Demeter et Biodyvin).

Les données ci-dessus ne tiennent pas compte de tous les vins qui ont fait partie de l’équipe en 2025, sans monter sur le terrain: ce n’est pas le talent qui leur manque, mais le simple fait qu’une dégustation se joue avec 15 joueurs et pas plus. L’entraîneur fait des choix, parfois cruels.

Et qui sont les champions d’Europe, c’est-à-dire les Domaines qui ont participé avec intensité au chiffre d’affaires d’Anthocyane en 2025 ? Eva Fricke (Rheingau), Lafage (Roussillon), Nicolas Maillet (Bourgogne), Thymiopoulos (Macédoine), Mas Amiel (Roussillon), La Chevalerie (Loire), Les Bosquets (Rhône), Gérard Boulay (Loire), Convento San Lorenzo (Lombardie), La Pépière (Loire). Ce classement constitue une petite injustice puisqu’il désavantage les Domaines qui sont arrivés chez Anthocyane dans le courant de l’année 2025. Parmi ces derniers, très belle perf’ de Marcoux (Rhône) et de La Croix Gratiot (Languedoc).

Et ces Oscars, ça vient, oui ?

Médaille de bronze, prix spécial du meilleur vin hors France: Kiedrich riesling 2024 d’Eva Fricke (Allemagne, Rheingau). A dire vrai, j’aurais pu tout aussi bien attribuer cette médaille à l’autre cuvée « village » d’Eva Fricke, Lorch riesling 2024. Deux sœurs jumelles ? Sœurs oui, jumelles …alors pas du tout: elles ne se ressemblent vraiment pas tout en partageant le même cépage, le même millésime, le même type de vinification, la même région et la même vigneronne. Quel fruit, quelle tension, quelle fraîcheur ! Il en reste quelques bouteilles chez l’importateur.

Médaille d’argent, prix spécial de l’élevage le plus réussi et du slogan le plus sympa « les oiseaux ne sont pas des cons« : Bourgueil cabernet franc Noms d’Oiseaux 2019 du Domaine de la Chevalerie (Loire). Voilà un vin qui a pu attendre au frais dans les caves en tuffeau du Domaine. Très belle harmonie parce que tous les composants de ce vin ont reçu du temps pour se fondre et donner le meilleur d’eux-mêmes. Quand il quitte la cave, il est prêt à boire. Archi-épuisé, mais le millésime 2020 ne devrait pas tarder à arriver…

Médaille d’Or, prix spécial de la surprise complète, tombée du ciel, on se demande d’où elle sort, qui c’est celle-là: Picpoul de Pinet piquepoul Bréchallune 2024 du Domaine de la Croix Gratiot (Languedoc). Est-ce que j’ai plein d’arguments rationnels incontestables pour justifier cette belle médaille ? Non, c’est le feeling du jour. En relisant chiffre de ventes, notes diverses et commentaires, en me souvenant des sourires chez ceux et celles qui l’ont goûté fin septembre, en tenant compte du prix de ce flacon et de la sensibilité artistique de la vigneronne, cela m’est apparu intuitivement évident. Bien joué Anaïs Ricôme ! Il me semble avoir vu que l’importateur en avait à nouveau un petite stock (sans garantie).

Je vous souhaite à tous et à toutes d’excellentes fêtes de fin d’année et une superbe année 2026 !