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Haro Roda Sela

Je vous rassure, le titre de cet article n’est pas une incantation de magie noire. C’est juste pour faire de l’impact. Clarification suit.

La petite ville de Haro est un endroit assez étonnant, entre Castille et Pays Basque, nichée sur les rives de l’Ebre et traversée par une voie de chemin de fer. Le quartier où je vous emmène s’appelle d’ailleurs Barrio de la Estacion.

Trois Domaines de grand prestige sont installés l’un à côté de l’autre, comme s’ils souhaitaient faciliter les comparaisons entre eux: Lopez de Heredia, La Rioja Alta et Roda portent, chacun à sa façon, un large pan de l’histoire et de l’avenir des vins de la Rioja.

Plus fort, en marchant cinq bonnes minutes, on peut encore rejoindre CVNE, Muga, Gomez Crusado et Bilbainas, autres Domaines à forte notoriété. Imaginez le cruel dilemme que doit résoudre l’amateur qui sait qu’il ne pourra pas tout goûter…

Haro, Capital del Rioja …on ne peut mieux résumer !

Une telle concentration de Domaines est rare, pour ne pas dire unique. Il fût un temps phylloxérique (à partir de 1877) pendant lequel le chemin de fer a joué un rôle essentiel dans le transport des vins de la Rioja vers Bordeaux. Les vignes bordelaises ravagées par la bestiole, la solution a été d’importer des vins d’un type relativement comparable, d’une belle qualité et capables de voyager facilement: voilà comment la gare et le chemin de fer vers la France ont indéniablement contribué à la prospérité de Haro.

Une preuve ? Haro a été la première municipalité espagnole à se doter de l’éclairage public électrique, à la fin du XIXème siècle. Un luxe à cette époque. Transformer le vin en lumière, je trouve ça assez poétique !

Roda est, contrairement à ses confrères cités plus haut, un Domaine plutôt jeune, puisqu’il a été créé de toutes pièces en 1987. Il s’est rendu rapidement célèbre en secouant une certaine indolence, voire un sommeil certain: du sang neuf dans la région !

Roda a été un modernisateur de la Rioja, à l’instar des modernistes en Barolo (Elio Altare, Renato Ratti, …). Cette vision est complémentaire à celle des meilleurs traditionalistes, comme Lopez de Heredia et La Rioja Alta.

La cuvée Sela est récente: le premier millésime a été élaboré en 2008. Sela, c’est en quelque sorte le P’tit Roda, celui qui peut se boire dès sa sortie sur le marché et sans avoir dû plonger profondément dans son portefeuille.

Vignes plutôt jeunes (tout est relatif: de 15 à 30 ans), utilisation proportionnelle de la barrique. Moins d’élevage que ses grands frères Roda Reserva et Roda I Reserva. Cela dit, le millésime 2017 n’est sorti que récemment, le vin repose longuement en bouteilles dans les caves de Roda, après passage de 12 mois en barriques de différents âges.

Roda, Rioja, Sela 2017: magasin

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colis-découverte: 6* España

colis 6 bouteilles, disponible dans le magasin

Question: comment s’y retrouver entre toutes ces régions, appellations et cépages ?

Réponse: voici le colis-découverte, 3 blancs et 3 rouges:

  • Catalogne, Albet i Noya, Penedes, 3 Macabeus (cépage: macabeu)
  • Castille-et-Leon, José Pariente, Rueda (cépage: verdejo)
  • Valence, Mustiguillo, Mestizaje (cépages: merseguera 70% + …)
  • Rioja, Artevino, Salbide (cépage: tempranillo)
  • Castille-La Mancha, Envinate, Albahra (cépage: tintorera 70% + …)
  • Castille-et-Leon, Raul Perez, Bierzo, Ultreia Saint-Jacques (cépage: mencia)

Cela se commande dans le magasin ou par e-mail, avec la mention « colis Espagne ». Prix: € 73,40. Commande: au plus tard, le mardi 25 août. Mise à disposition: fin août 2020.

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La mencia de Bierzo

Bierzo à gauche, Bierzo à droite… tout est dans la nuance !

Voici un cépage fortement local et une appellation de plus en plus médiatisée. Nous sommes aux confins de la Castille Y Leon et de la Galice, côté castillan. Le nord-ouest de l’Espagne, loin des flux touristiques et des plages méditerranéennes. En zone verte du point de vue du SPF Affaires Etrangères, du moins à l’heure à laquelle j’ai vérifié…

Je me plonge à l’instant dans un ouvrage certes recommandable, mais publié lors d’un siècle révolu. Donc, en 1998, Hugh Johnson écrit: El Bierzo, région du nord de Leon, délimitée en 1990. Voilà, c’est tout. Quant au cépage mencia, entre malbec et merlot, il n’y a rien, nada. Un peu plus récemment (guide publié en 2005), José Peñin indique que Bierzo compte 45 Domaines, pour une production de 50.000 hectolitres de vin, destinée à 94% à une consommation locale, hispano-espagnole. Bref, pas de quoi fouetter un gato.

Le temps s’écoule. J’en reviens à des lectures contemporaines. En 2020, le même José Peñin compte 77 Domaines en Bierzo, plus de 80.000 hectolitres produits et surtout 37% de vins exportés. Les exportations ont donc été multipliées par 10 en quinze ans. Hugh Johnson écrit à présent: Bierzo, mencia grapes on slate soil make crunchy Pinot-like red. Best sites are high altitude, made without much oak. Styles/quality are uneven. Best advice: follow the producer. Look for DESCENDIENTES DE J. PALACIOS, RAUL PEREZ, plus Dominio de Tares, Losada (…).

Il s’est manifestement passé quelque chose. Retenez en particulier le nom de Raul Perez, j’y reviens un peu plus bas.

Quelques mots d’abord au sujet de la mencia (avec l’accent tonique sur le i), cépage de Castille, sans doute originaire de la région de Salamanque et que l’on retrouve également au Portugal, sous le nom de Jaen. A vrai dire, ce raisin méconnu et mystérieux a été associé au cabernet franc, au pinot noir, parfois même au grenache. Quod non. Les études ampélographiques les plus récentes excluent toutes ces possibles parentés, vu que les ADN respectifs n’ont rien à voir les uns avec les autres.

Outre Bierzo, la mencia pointe le bout de son sarment en Galice toute proche (appellations Ribeira Sacra, Valdeorras, Monterrei) et en Dão, du côté lusitanien. Ce n’est pas un raisin facile: le vigneron a tout intérêt à être attentif pour vendanger au moment exact qui permettra d’équilibrer alcool et acidité, les vieilles vignes se chargeant quant à elles de limiter naturellement les rendements.

Qu’est ce qui est supérieur à une mencia de Bierzo ? Deux mencia de Bierzo. La comparaison est rendue aussi pertinente que possible: même millésime (2018) et même degré alcoolique (13,5%). Les similarités l’emportent sur les différences: tout est dans la nuance.

Pour commencer, voici la mencia du Domaine Maquina & Tabla. Autant le dire toute de suite: c’est un vin nature. Pour rappel, cette caractéristique n’est ni une raison pour le verser à l’égout en hurlant d’horreur, ni une raison pour lui ériger une statue, en entonnant un cantique. C’est juste une absence de sulfite ajouté.

Les lecteurs attentifs se souviendront que j’ai déjà fait goûter d’autres cuvées du même Domaine en février. Le fait est que les vins sont en général du type rock’n’roll en do majeur, ce qui constitue par la même occasion une mise en garde et une invitation à les goûter avant tout achat massif.

Oriol Illa et Susana Pastor sont toujours oenologues et toujours catalans. Ils se sont exilés à l’autre bout de l’Espagne dès 2012 pour y rechercher des vignobles particulièrement anciens, qu’ils louent à des dames âgées, parmi lesquelles une certaine Leonila. La cuvée s’appelle Laderas de Leonila, en français « Les coteaux de Leonila ». On pratique la biodynamie, mais les étiquettes -au demeurant très personnelles- n’en pipent mot.

Laderas: la dégustation

Couleur dense et jeune, reflets violacés. Nez sur la cerise et le cacao. Nuance d’encens. Bouche peu tannique, nordiste et atlantique, évoquant le cabernet franc. Vin sérieux et frais. Moins rock’n’roll que les autres cuvées du Domaine. Plus on goûte, plus l’élégance prend le dessus sur une légère rusticité initiale. Beaucoup d’énergie. La vinification « nature » me paraît indétectable.

Maquina & Tabla, Bierzo, Laderas de Leonila 2018 – magasin

Revenons-en à Raul Perez. Né en 1972, tout petit déjà, il batifole dans les vignobles familiaux, en en temps où les vins n’étaient même pas mis en bouteilles. Doté d’un cerveau de belle facture, il envisage de faire des études de médecine, mais, sous une légère pression familiale, il entame plutôt des études d’œnologie et les réussit. Revenu au Domaine, il met en oeuvre progressivement une série de changements puis bénéficie des conseils d’Alvaro Palacios, l’homme qui a fait sortir Bierzo de l’anonymat.

Raul Perez en version sauvage

Mais Raul ne copie pas le « style Palacios », il développe le sien, à base d’une dose magistrale d’intuition. Il travaille en biodynamie (sans mention sur les étiquettes). Ses vins sont remarqués, en Espagne, puis partout sur la planète. Il est invité à conseiller une belle série de Domaines, en Espagne et ailleurs. Ses cuvées haut-de-gamme accumulent les récompenses. En mars 2019, le magazine anglais Decanter pose la question qui tue: Is Raul Perez the world’s best winemaker ? Sacré parcours…

Bien sûr, les cuvées haut-de-gamme se négocient à des tarifs proportionnels à la rareté des flacons et à la notoriété de leur géniteur, néanmoins sans excès risible: comptez € 50 à € 60, tarif chez l’importateur en Belgique. Mais il y a une excellente nouvelle portant le joli nom de Ultreia Saint-Jacques. 100% mencia, 100% millésime 2018, 100% Raul Perez, proposée à un tarif particulièrement attractif.

Ultreia est une interjection moyenâgeuse qui exprime la joie, en particulier pendant le pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

Ultreia: la dégustation

Couleur dense et jeune, reflets violacés. Nez sur la cerise et le cacao. Ce qui précède n’est pas une coquille, mais l’expression d’un air de famille très marqué entre les deux cuvées. Néanmoins, autant j’évoque la fraîcheur et le caractère septentrional/atlantique de Laderas, autant je souligne chez Ultreia un tempérament légèrement plus sudiste, plus rond, plus fondu. Belle densité, texture policée. Quelque chose qui pourrait rappeler le pinot noir. Classicisme et équilibre. Le recours au bois est peu impactant (8 mois en grands foudres).

Raul Perez, Bierzo, Ultreia Saint-Jacques 2018: magasin

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Catalogne

Voici le premier chapitre de l’offre consacrée à l’Espagne. En ce radieux 28 juillet, le jour d’après CNS, nul ne peut prévoir où nous en serons le samedi 22 août, journée consacrée à l’espagnole gustation. Jusqu’à preuve du contraire, je maintiens cette opportunité de partager un bon moment autour du bar.

Catalogne, donc. Penedès (près de Barcelone) en blanc, Priorat (près de Tarragone) en rouge. Deux appellations emblématiques de la région, méditerranéennes par obligation géographique.

Le Domaine Albet i Noya se situe à Sant Pau d’Ordal, en plein cœur de la région où s’élabore le Cava. Notons au passage qu’Albet i Noya propose plusieurs bulles, mais aucune d’entre elles n’est commercialisée sous l’appellation Cava. Cava est aujourd’hui un mot magique (en particulier en Flandre) et un mot maudit (les meilleurs Domaines quittent l’appellation, les uns après les autres). Si vous vous intéressez aux meilleures bulles catalanes, jetez un œil sur: Classic Penedès et Corpinnat.

Albet i Noya se décrit lui-même comme pioners en vinyes i vins ecològics (le catalan, c’est facile, non ?). Ils ont vraiment le droit de revendiquer ce rôle de pionnier en vignobles et vins écologiques, dans la mesure où ils s’y sont mis dès …1978. On dira qu’ils ont engrangé une expérience certaine dans cette matière.

Je vous propose la cuvée 3 Macabeus en millésime 2018. Un blanc issu à 100% du cépage macabeu (la logique est décidément implacable). Trois parcelles de vieilles vignes, plantées entre 1960 et 1973, dont les raisins sont vinifiés séparément, avant assemblage des vins au moment de la mise en bouteilles.

Le nez est citronné, joyeux, ouvert. Il pourrait évoquer l’Alsace, un pinot blanc allemand ou un grüner veltliner autrichien. En bouche, c’est savoureux, avec du citron, de la mandarine et de la pomme verte. Un peu de caillou. Une nuance florale (rose) en finale. Belle vivacité. Ni amertume, ni alcool dominant l’équilibre. C’est un vin sec, polymorphe, direct, consensuel, d’un profil appelant des accords très variés. Bel apéro.

Albet i Noya, Penedès, 3 Macabeus 2018: magasin

Priorat. Il y a 50 ans, l’appellation avait pratiquement disparu. Jusque à la décennie ’80, on y produisait du vin, très alcoolisé, souvent oxydatif, à usage essentiellement local. Peu de vins étaient mis en bouteilles.

Il a fallu la détermination, le flair et la patience d’un petit groupe de passionnés pour ressusciter ce vignoble de grande notoriété. Qui voudrait en effet s’installer dans ces paysages d’une douloureuse intensité, rudes, montagneux, soumis à des vents violents et éloignés de tout ?

Dès 1995, la communauté des amateurs de vin murmure à l’oreille de qui veut bien écouter qu’il se passe quelque chose dans ce coin perdu du sud de la Catalogne: on découvre alors Clos Mogador, Cims de Porreira/Mas Martinet, Alvaro Palacios, Clos de l’Obac. Des vins surpuissants, noirs, dominateurs, impossibles à ignorer tant ils bousculent les certitudes et les acquis. Les prix s’envolent bien vite. Au printemps 2001, j’organise une dégustation d’une dizaine de Priorat: pour les meilleurs vins, les notes dépassent les 17/20. Les vins sont fascinants …et ils plaisent !

Le Mas d’en Gil fait partie de la deuxième génération des Domaines installés en Priorat. Pere Rovira achète le Domaine en 1998 et change tout ce qui peut l’être. Il se retrouve en particulier à la tête d’une dizaine d’hectares de vieux carignans et de vieux grenaches (plantés vers 1958), un vrai trésor. En 2000, les premiers vins font leur apparition sur le marché: Coma Vella et Clos Fontà. Ces deux cuvées haut-de-gamme existent toujours.

Bellmunt del Priorat, 296 habitants

Aujourd’hui, les Priorat ont trouvé leur place au panthéon des meilleurs vins espagnols. Mais ils ont évolué aussi, donnant progressivement plus d’importance à la buvabilité et à la finesse. En 2000, c’était passage en force; en 2020, il y a comme une dose de subtilité, de diplomatie, de bonnes manières pour pimenter la puissance.

La cuvée Bellmunt est un vin issu essentiellement de jeunes vignes de grenache et de carignan (plantation en 1994 et 1998). Je vous le propose en millésime 2016, à savoir le millésime actuellement commercialisé par le Domaine. 2016 a engendré des vins plus frais que solaires, avec un alcool maîtrisé (14%). Le terroir est schisteux, les ardoises locales portant le nom de llicorella (avec deux « l » pour lettres initiales).

diverses llicorella

En dégustation, ce vin m’a semblé noble, serré et sérieux. Une élégance classique, une volonté de fuir les extravagances et les excès. Le vin est structuré par de fins tannins. Cerise et épices. Le boisé joue son rôle, avec mesure et réserve. Je me suis demandé si je pouvais être en Provence. En Provence, pas dans le Rhône.

L’équilibre est magistral, les saveurs douces et fraîches se répondent l’une l’autre et se fondent en un vin déjà harmonieux. On est loin des Priorat hénaurmes qui ont marqué la fin des années ’90 et le début du nouveau siècle. Ne pas servir trop frais, sous peine d’une pointe d’austérité.

Mas d’en Gil, Priorat, Bellmunt 2016: magasin

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Poids lourd

Je me suis récemment régalé des tentatives audacieuses de Frugalpac et de Garçon Wines pour mieux gérer le poids et la forme du contenant-du-vin. La bouteille en papier, la bouteille carrée, pourquoi pas ? Ce n’est pas gagné, mais le sujet est -et sera- de plus en plus incontournable.

Contre-exemple ahurissant: attendu que la dégustation est un art fort subjectif, attendu que la perception du contenant fait inconsciemment partie intégrante de l’évaluation du contenu, attendu que le poids du flacon lui confère un certain prestige, attendu que le prix dudit flacon est proportionnel à son prestige, attendu que le Champagne est prestigieux et qu’il est -pour des raisons techniques liées à la pression- conditionné dans une bouteille lourde…

…un sympathique domaine, sis en Roussillon, propose une nouvelle cuvée haut de gamme au poids de 1,9 kg, vin compris. Pour chaque centilitre de vin, 15 grammes de verre coloré offerts.

Franchement, j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un magnum. Mais non, juste un flacon monstrueux. Une tératobouteille. Un objet obèse qui affirme haut et fort qu’il contient forcément un excellent vin. Plus tu as du mal à soulever la bouteille, plus le vin est meilleur.

Je suppose que cela fait partie d’un plan marketing bien étudié pour parler à la clientèle qui en veut plein les yeux. Mon dos se refuse néanmoins à participer à cette farce.

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Espagne en dégustation

Je prépare donc une dégustation de vins espagnols pour le samedi 22 août. Bien sûr, les circonstances m’obligent à faire preuve de prudence. Nous verrons bien en temps opportun ce qui est possible et raisonnable.

La formule pourrait s’inspirer de ce que je vous avais proposé en juin, en tenant compte de ce qui doit être amélioré. Si la météo le permet, il serait également possible de déguster sur la terrasse, en respectant les règles de distanciation physique.

D’ici au 22 août, les cuvées sélectionnées apparaîtront progressivement dans le magasin: n’hésitez pas à y jeter un coup d’œil !

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Le Soir goûte le vin wallon

Raymond Leroy, Vignoble des Agaises à Haulchin (au sud-est de Mons)

Intéressante initiative du quotidien Le Soir: faire le point sur l’évolution du vignoble wallon. 5 pages, publiées consécutivement pendant la semaine qui commence le 06 juillet.

On y aborde les plus célèbres (en tous cas de ce côté-ci du Quiévrain) et quelques plus obscurs. Une bonne lecture pour percevoir à quel point le vin belge n’est plus une note en bas de page, mais un véritable chapitre. D’autant plus un jour de Fête Nationale !

Un jour, un deuxième volet, pour aborder le vignoble flamand ? Qui sait…

Ci-dessous, téléchargement des 5 articles en un seul fichier .pdf.

Le succès grandissant des vins belges

Dans une Belgique réputée pour ses bières, le vin est en train de trouver sa place. Le boom viticole est palpable : les surfaces et la production ont quintuplé ces dix dernières années. Mais ça reste pour l’heure un produit de niche.
Disciples de Bacchus et du roi Gambrinus, les Belges cultivent aujourd’hui davantage la vigne que le houblon. Sans pouvoir parler de tradition, l’histoire viticole belge s’est surtout écrite ces dernières années.
Elle ne date pourtant pas d’hier. Au Moyen Age, chaque grande ville ou quasi possédait son vignoble. Le petit âge glaciaire à partir du XVème siècle mais aussi la succession de guerres et de conquêtes de notre territoire ont petit à petit mis fin à l’aventure viticole. Publié en 1850, le premier recensement agricole faisait état de 166 hectares de vignes. Aujourd’hui, la Belgique en compte près de trois fois plus. Certains évoquent à terme une capacité de 10.000 hectares.
Si des petits vignobles amateurs ont refait surface du côté de Huy dans les années 1970, le renouveau s’est amorcé au tournant du siècle, réchauffement climatique aidant. Parmi les pionniers, l’homme d’affaires Pierre Rion (…)

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la véraison des mûres

Le moment particulier où le fruit synthétise les anthocyanes et commence à accumuler les sucres.

D’accord, ce ne sont que de simples mûres, devant la maison. Cela n’enlève rien à la valeur de l’instant.

Bonnes vacances à tous ceux et toutes celles qui en prennent. Quant à moi, ce sera Bruxelles en juillet et en août. Pas une folle envie de voyager maintenant.

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compagnon du vin

Il compare sans sourciller tel millésime de tel cru bordelais à tel autre millésime de tel autre cru bordelais. Il dispose d’un vocabulaire étendu pour décrire et nuancer (« plus griotte que bigarreau »). Il se souvient de la texture et de la finesse des tannins du Chianti Colli Senesi dégusté le premier soir d’italiennes vacances, en juin 1997. Il connaît le nom -et le surnom- du chien de ce vigneron tourangeau à qui il rend visite dès que le nouveau millésime pointe le bout du nez.

Il existe. Rarement certes, mais il existe. Hommage lui soit rendu, chapeau lui soit tiré, statue lui soit érigée.

Cher lecteur, chère lectrice, misère et déconfiture, nous ne faisons pas partie de ce brillant groupuscule. Pour ce qui me concerne, j’en suis absolument certain; pour ce qui te concerne, c’est un pari statistique que j’accepte de perdre, si tel est ton talent.

L’art de la dégustation à l’aveugle m’a appris l’humilité et l’auto-dérision. Je sais que je ne sais pas. Je continuerai, le plus longtemps possible, à prendre un Sancerre pour un Chablis et vice-versa. Oui, j’ai confondu, je confonds et je confondrai.

Heureusement, cela n’empêche ni d’aimer, ni de partager, ni de s’esbaudir, ni de faire preuve d’esprit critique, ni de lire, ni de gratter la couche de vernis du dessus, ni de changer d’opinion.

A ce titre, je revendique, cher lecteur, chère lectrice, le titre de compagnon du vin, celui qui t’accompagne dans ta quête du flacon suprême et des flacons un peu moins suprêmes mais -quand même- vachement délicieux.

Le compagnon n’existe que dans l’accompagnement. Le magasin n’existe que par les emplettes. J’ai dit.

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Frugalpac

Me coltinant plus que régulièrement des cartons de 12 bouteilles et étant équipé de série d’un dos fragile (cela me rappelle d’ailleurs mon rendez-vous chez le kiné), je suis sensible à tout ce qui pourrait réduire le poids du vin. Les idées fusent, l’une encore plus créative que l’autre.

Mon œil n’en croit pas ses yeux, voici un fabricant britannique qui met sur le marché la bouteille en …papier. Poids annoncé: 83 grammes. Bien sûr, le papier est doublé à l’intérieur par une couche de matériau plastique de qualité alimentaire.

Au-delà d’une longue série d’arguments de type écologique, le site Internet de Frugalpac souligne également que la bouteille se transforme ainsi en étiquette géante, ce qui permet d’envisager la création de bouteilles au design audacieux: la photo ci-dessus l’illustre.

On ne peut s’empêcher de se poser quelques questions sur le transport, sur la résistance au temps qui passe et sur la méthode de bouchage. On me dira que cela ressemble furieusement au bag-in-box et que le supermarché est le canal de distribution naturel pour un tel objet.

N’empêche. J’applaudis l’initiative.

La Cantina Goccia (Ombrie) met un premier vin sur le marché.

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brocart

Comme de la soie, brodée de fils d’argent. Nez intense, floral et épicé. Bouche d’une texture extrêmement raffinée, sensuelle et voluptueuse.

Majoritairement grenache (70%), subtilement complexifié par quelques raisins de cinsault (20%) et de carignan (10%), ce vin au degré élevé (14,5%) porte sa richesse avec beaucoup d’élégance. Fine structure tannique, déjà fondue. Concentration et longueur.

Si vos goûts personnels vous portent exclusivement vers l’austérité des monastères les plus cisterciens, celui-ci pourrait ne pas vous convaincre. Dans le cas contraire, laissez vous séduire par ce somptueux Grand Pas de velours. Luxuriance plateresque, voire manuéline.

Attention, c’est addictif.

Domaine du Pas de l’Escalette, Terrasses du Larzac (Languedoc), Le Grand Pas 2018. Sur commande chez Anthocyane au prix de € 29.

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Julien Bréchet à Gigondas

J’ai pris l’habitude d’écrire. En essayant, avec plus ou moins de bonheur, de raconter ce qui est vrai, sans tomber dans l’explication technique, froide, austère et, pour tout dire, chiante sachant que mon lecteur n’a pas la vocation de devenir un professionnel du vin.

A moi de débroussailler, de ramener le discours à son essence, de repérer l’anecdote pertinente, de faire jaillir l’humain derrière la grappe. A moi de faire la part des choses entre la mode insignifiante et la nouveauté qui mérite d’être connue, voire promue.

Il m’arrive bien souvent de pester face aux sites Internet de vignerons français, manifestement peu concernés par leur image et peu soucieux de partager une information récente qui éclairererait l’amateur curieux.

Alors, soyons beau joueur: il y a des exceptions à ce constat. Des sites Internet qui sentent le réel, le vécu, le ressenti. Des vignerons qui expliquent si bien qu’il serait vain de vouloir les paraphraser.

Je laisse donc très volontiers la parole à Julien Bréchet, vigneron à Gigondas, au Domaine des Bosquets.

J’avais envie d’un site assez personnel, digeste, qui ait du sens. Un site qu’on lit en entier, comme un bouquin.

Ce site est donc pensé comme un propos autour de ce qui fait l’ADN du domaine. Le ton est volontairement intimiste, et sans langue de bois. Il est agrémenté d’anecdotes, de points de vue, de moments marquants, qui ont jalonné notre parcours. Je n’ai pas cherché à rendre les choses différentes de ce qu’elles sont.

J’ai misé sur le fond, pas forcément sur la forme. L’important, ce n’est pas le contenant, c’est ce qu’il y a dedans…

Dans ce bastion rhodanien de l’assemblage, on s’est très vite mis à travailler à la bourguignonne, ce qui peut paraître paradoxal. Le parcellaire est devenu notre vision, l’expression du terroir notre religion. Je n’aime pas l’idée d’une cuvée spéciale. Mélanger les meilleures parcelles pour faire bon n’a aucun intérêt si cela n’a aucun marqueur de terroir, mais ce n’est que mon avis. Faire un vin non reproductible, et unique, là ça m’intéresse…

Mais au début l’idée n’était pas de faire différemment des autres, mais simplement de notre mieux. Et faire de notre mieux, ça nous a conduit à faire différemment. La pierre angulaire des Bosquets, c’est la diversité. Alors on a commencé à tout décortiquer pour comprendre…

On a donc refondu les processus de vinification, avec l’instauration de la vinification parcellaire, la rénovation du chai souterrain pour les élevages, et enfin, en 2016, l’aboutissement de cette pensée avec la création d’un atelier de micro-vinification en plus du chai originel. 7 ans plus tard, on est passé de 1 vin à 6… On explore.

Je reste persuadé que sur une appellation comme Gigondas, on peut faire 1000 vins différents. La diversité est partout. Altitude, orientation, sols, sous-sols, exposition au vent, au soleil, à l’influence des bois, bref… Tout demande d’aborder les choses dans le détail.

On va donc continuer à explorer. Et qui sait, peut être qu’un jour, comme me l’a prédit un immense vigneron des terroirs frais et sablonneux de Châteauneuf-du-pape, quand j’aurai maîtrisé suffisamment tous mes terroirs, je passerai à l’étape de composition, et ne ferai plus qu’un vin…

Au début, mes vins étaient probablement un peu trop extraits, un peu trop mûrs, un peu trop boisés. Un peu trop tout, en fait, mais ils tenaient debout quand même. Ils plaisaient énormément, mais pas pour les bonnes raisons. Ils plaisaient parce qu’ils étaient impressionnants. Ce n’était pas ce que je voulais. Mais à cette époque de mon histoire, ça m’a permis de faire connaitre un peu mieux le domaine, grâce à la presse.

Et puis après 2 ou 3 millésimes, ce qui en ressort, c’est qu’un tout petit geste fait au bon moment peut être extrêmement efficace. Il faut être mesuré et juste. Aux Etats-unis, ils ont un dicton: « Less is more… ». C’est Phil Cotturi, le pape de la viticulture en Sonoma et Napa, qui m’a expliqué ça. Je trouve ça très juste.

C’est un peu comme la musique. Si on l’écoute trop fort, on passe à coté d’énormément de détails. Et quand on baisse un peu le volume, parfois, tout devient plus audible, et on ressent des choses jusque là imperceptibles.

J’espère que ces quelques paragraphes vous donnent envie d’en lire plus. Bonne nouvelle, c’est facile et gratuit. Allez jusque ici et laissez-vous porter par la plume agile et acérée du vigneron. J’ai l’intuition que nous n’avons pas fini d’entendre parler de Julien Bréchet.

Anthocyane vend deux vins élaborés par le Domaine des Bosquets: voir le magasin. De vrais vins du sud (on n’essaye pas de faire passer Gigondas pour la banlieue de Beaune), avec du flair et un équilibre qui ne laisse pas l’alcool jouer au chef d’orchestre. Dans ce coin de France, ce n’est pas si courant.

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Styrie: l’Autriche versant sud

les 15 régions DAC

L’Autriche du vin, c’est incontestablement l’Autriche orientale, aux frontières de la République Tchèque, de la Slovaquie, de la Hongrie et de la Slovénie. Non, pas de vin dans le Tyrol, à moins de s’être perdu en Italie, dans le Südtirol a.k.a. Alto Adige.

L’austro-vignoble est organisé en 17 régions, dont 15 ont le droit d’adjoindre à leur nom l’acronyme DAC (Districtus Austriae Controllatus). Il n’est pas exclu que les deux régions restantes (Thermenregion au centre, Wagram au nord) finissent par rejoindre ce système.

Dans le contexte d’une dégustation privée, je m’intéresse aujourd’hui à deux régions austro-méridionales: Südsteirmark DAC et Vulkanland Steirmark DAC. Pour la commodité, je me permets (…non peut-être…) de résumer ces deux régions en Styrie.

le klapotetz, une spécialité locale pour effrayer les oiseaux, amateurs de raisin mûr: le bruit est audible de loin !

La Styrie, c’est +/- 4.300 hectares de vignes, soit +/- 10% du vignoble autrichien. Elle est connue essentiellement pour ses vins blancs secs, en particulier ceux élaborés avec le cépage sauvignon. Ce cépage est présent en Styrie depuis plusieurs siècles.

Le riesling et le grüner veltliner, qui incarnent la notoriété des DAC danubiennes (Wachau, Kremstal, Kamptal) sont quasi inexistants ici et cèdent leur place au chardonnay, au pinot blanc (weissburgunder), au welschriesling (sans lien de parenté avec le « vrai » riesling) et au gelber muskateller (sec). On lira souvent morillon sur les étiquettes: il s’agit d’un simple synonyme local du chardonnay.

le vignoble Zieregg, depuis la terrasse du Domaine Tement (fin août 2018)

Une douzaine de vignerons de talent ont créé l’association STK (Steirische Terroir & Klassik Weingüter) pour promouvoir ensemble leur région et ses vins. Leurs bouteilles portent l’acronyme STK sur la collerette. Les membres sont internationalement reconnus et joliment couverts d’éloges par la presse du vin.

Par exemple, le Falstaff, guide faisant référence en Autriche, accorde 5 étoiles (c’est-à-dire le maximum) à Weingut Tement (à Berghausen-Ehrenhausen) et à Weingut Sattlerhof (à Gamlitz).

Ce même guide accorde 4 étoiles (…ça fait encore un très beau général…) à Weingut Wohlmuth (à Kitzeck-Sausal), à Weingut Polz (à Spielfeld-Ehrenhausen), à Weingut Erwin Sabathi (à Leutschach), à Weingut Lackner-Tinnacher (à Gamlitz), à Weingut Gross (à Ehrenhausen) et à Weingut Neumeister (à Straden, dans le Vulkanland Steiermark).

Parmi une vingtaine d’autres domaines, Weingut Hannes Sabathi (Gamlitz) et Weingut Maitz (Ehrenhausen) sont crédités de 3 étoiles.

Les domaines ci-dessus sont pour la plupart situés à un jet de javelot de Nafi (quand son coude est de bonne humeur) de la Slovénie, au point que certains domaines possèdent des vignes de l’autre côté de la frontière. C’est par exemple le cas pour Tement et Gross.

Les paysages sont absolument magnifiques, rappelant parfois la Toscane. Les promenades ne sont pas de tout repos, elles stimulent vigoureusement le muscle cardiaque et les mollets.

Méfiance du côté de votre GPS, lequel pourrait bien ignorer totalement l’existence de routes en Slovénie: selon l’animal installé dans ma Tiguan, au-delà de la frontière, il n’y aurait …rien.

à gauche de la ligne noire, c’est la Slovénie…le néant !

La latitude du vignoble est similaire à celle du Mâconnais et du Sancerrois. Pour des spécialistes du chardonnay et du sauvignon, c’est bien joué !

Sur les étiquettes, le terme ried peut se traduire par cru ou parcelle spéciale: c’est le sommet de la gamme. Un vin qui provient d’un ried est un riedenwein.

Ortswein désigne le vin élaboré avec des parcelles situées dans un même village (par exemple: Gamlitz, Ehrenhausen, Eichberg, …). Enfin, gebietswein désigne les vins de type régional.

Pour plus d’information au sujet du sauvignon en Styrie, rendez-vous sur le blog « Les 5 du Vin« , pour une série de 3 articles publiés en 2015, sous la plume avisée de David Cobbold. La plupart de l’information est encore pertinente aujourd’hui.

Voir aussi le site Internet officiel du vin autrichien, remarquablement bien fait, ainsi que le site Wein/Steiermark.

Nous goûtons 11 vins, entre cépages et vignerons, sur les millésimes 2015, 2016 et 2017. Tous les vins ont été achetés sur place, lors d’un voyage effectué fin août 2018. Ils sont goûtés dans l’ordre suivant:

Hannes Sabathi Gamlitz (sauvignon) 2017 19,00 €
Tement « Morillon Muschelkalk » (chardonnay) 2016 13,00 €
Maitz Ehrenhausen (sauvignon) 2017 21,00 €
Lackner-Tinnacher « Franz Lackner » (welschriesling) 2016 24,00 €
Tement Ciringa Fosilni Breg Reserve (sauvignon) 2015 (SLO) 15,00 €
Sattlerhof Gamlitz (weissburgunder) 2017 17,00 €
Gross Ried Perz (gelber muskateller) 2017 29,00 €
Wohlmuth Ried Sausaler Schlössl (chardonnay) 2016 25,00 €
Neumeister Ried Klausen (sauvignon) 2016 25,00 €
Polz Ried Graßnitzberg (chardonnay) 2015 22,00 €
Tement Ried Graßnitzberg (sauvignon) 2016 21,00 €

les 11 de Styrie

Tous les vignerons dont nous dégustons les vins font partie de l’association STK. Wohlmuth n’a rejoint l’association que récemment, ce qui explique l’absence du logo STK sur la collerette de sa bouteille, issue du millésime 2016.

Le liège n’a plus vraiment la cote en Styrie: 5 bouchons en verre, 3 capsules à vis et seulement 3 bouchons en liège parmi ces 11 bouteilles.

Commentaires de dégustation

Globalement, une dégustation, à l’aveugle jusqu’au cinquième vin, surprenante, avec une belle série de vins à forte personnalité. Aucun vin décevant. Beaucoup de salinité et de fraîcheur.

Mes compagnons, malgré leur incontestable talent, n’ont pas découvert la région. Ce qui tendrait à prouver que la Styrie manque d’une image forte: STK a encore du boulot !

Chaque vin a été noté sur 20 par les huit participants. Je reprends pour chaque vin ma note, puis la note moyenne du groupe.

Hannes Sabathi Gamlitz (sauvignon) 2017: ortswein du village de Gamlitz. Alcool: 13%. Robe très claire. Nez de sauvignon « musqué », vin très aromatique, pamplemousse, soufre/allumette. Bouche aromatique et vive. Finale sur quelques amers, belle longueur saline. 15/20 & 15,1/20

Tement « Muschelkalk » (chardonnay) 2016: gebietswein issu de plusieurs parcelles sur calcaire coquillier. Alcool: 12,5%. Nez plutôt discret. La bouche commence assez aimable, mais voici que pointe un citron, joliment vif, au point d’évoquer un riesling 15/20 & 15,1/20

Maitz Ehrenhausen (sauvignon) 2017: ortswein du village d’Ehrenhausen. Sous-sol calcaire. Fort potentiel de vieillissement. Alcool: 12,5%. Ce vin m’avait un peu laissé sur ma faim lors d’une pré-dégustation à l’ouverture du flacon. Nez minéral, difficile de penser au sauvignon. Bouche dense, salinité, une vraie personnalité, pourrait faire penser à un albariño de Galice. 15,5/20 & 15,9/20

Lackner-Tinnacher « Franz Lackner » (welschriesling) 2016. Alcool: 13%. Nez de chardonnay, des fruits blancs, de la pêche. Bouche « chablisienne », assez extrême, longueur sur le caillou. 15/20 & 15,1/20

Tement Ciringa Fosilni Breg Reserve (sauvignon) 2015: vin slovène issu de parcelles dans le prolongement du Zieregg. En langue slovène, fosilni breg signifie approximativement « fossile marin ». Alcool: 13%. Nez volcanique, bouche très dense, serrée, précise, en devenir, concentrée et longue. Un premier coup de cœur. 16/20 & 16,1/20

Sattlerhof Gamlitz (weissburgunder) 2017: ortswein du village de Gamlitz. Le Domaine est en bio. Vignoble situé à 350/450 mètres d’altitude. Alcool: 12,5%. Ce vin est assez dense, mais un peu simple, moins vif et plus consensuel que les précédents. C’est néanmoins équilibré et agréable. Beau pinot blanc, net et bien sec. On en profite pour évoquer les difficultés du pinot blanc en Alsace. 15/20 & 14,7/20

Gross Ried Perz (gelber muskateller) 2017. Altitude: 470 mètres. Alcool: 12%. Nez nettement sur le basilic. Bouche parfaitement sèche, une certaine rondeur, une amertume végétale typique du cépage. Grande maîtrise d’un cépage compliqué. Une vraie bonne surprise ! 15,5/20 & 15,7/20

Wohlmuth Ried Sausaler Schlössl (chardonnay) 2016. Coteaux de schiste/ardoise à forte pente, jusqu’à une altitude de 600 mètres. Alcool: 13%. Serait-on à Chablis ? Acidité majeure, vin de garde, précision, aucune perception d’élevage, plein d’agrumes, impressionnant jusqu’à faire un peu peur. Infanticide. 16,5/20 & 15,6/20

Neumeister Ried Klausen (sauvignon) 2016. Le seul vin originaire de Vulkanland Steirmark DAC. Alcool: 13%. Franchement difficile de reconnaître le cépage, vin très dense, avec des notes lactiques/beurrées. Comparable au type Mellot, civilisé, chic et plutôt accessible. 16,5/20 & 16/20

Polz Ried Graßnitzberg (chardonnay) 2015. 12 mois sous bois. Alcool: 13%. Le premier vin dans la série à assumer un élevage (bien dosé). Nez boisé, vanillé. Bouche assez large, mais précise. Un peu luxueux, mais vraiment énergique 16/20 & 16,4/20

Tement Ried Graßnitzberg (sauvignon) 2016. Alcool: 12,5%. Nez complexe, étonnant, plutôt introverti. Grande élégance, léger variétal, équilibre parfait, l’élevage est imperceptible en tant que tel, longueur phénoménale/exceptionnelle sur le caillou, infanticide. 17,5/20 & 16,5/20

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jeu

Qui suis-je ?

La première bonne réponse, donnée via la zone commentaire au bas de cet article, gagne une bouteille du Petit Vin des Bosquets, à venir chercher chez moi.

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dégustation information

compte-rendu de dégustation

Ce fût une belle dégustation…

Il faisait beau, les vins se goûtaient bien. Nous avons tenté de respecter au mieux les recommandations C-19, mais n’y sommes pas toujours parvenus. Merci en tous cas à chaque valeureux participant, pour sa ponctualité, sa patience et son enthousiasme. 45 minutes ne suffisaient manifestement pas pour faire le tour complet de la douzaine de vins présentés.

Ne m’étant pas interrompu une seule minute entre 10h30 et 18h30, mon dos, mes pieds et ma gorge se sont chargés de me faire passer une soirée très tranquille et globalement horizontale. Ne me demandez pas de commenter ce que j’ai regardé à la télévision samedi soir …je somnolais déjà.

Les Rochers 2019, Mâcon-Vergisson, Guerrin: Très beau succès commercial. Excellent rapport plaisir/prix. Nez floral, délicat mais pas introverti. Attaque très nette, sur la fraîcheur. En milieu de bouche, du gras et de l’intensité. Jolie persistance, les sensations fraîches et rondes se répondent l’une l’autre.

Vignes de Ratier 2017, Menetou-Salon, Pellé: Nez fin et discret: le sauvignon ne saute pas à la figure du dégustateur. Plus proche d’un Sancerre sur marnes kimméridgiennes que d’un Sauvignon de Touraine, si bon soit-il. Progressivement, arômes d’orange. Bouche souriante, arrondie. Finale sur la caillou chaud. Une dégustation du millésime 2014 montre tout le potentiel de ce vin !

Kallstadt 2017, riesling, Rings: Nez franchement minéral, au sens d’une promenade sur le gravier, en été, juste après l’orage. Pamplemousse, un peu de citron, tension marquée. Parfaitement sec, mérite un peu de garde. Quelques participants ont évoqué des notes de pétrole, classiques sur les rieslings évolués.

GPS 2018, Côtes du Jura, Pignier: A pleinement confirmé son statut d’OVNI. Très forte personnalité, en puissance. Arômes de fraise, du fumé, un peu de rose. Beaucoup de matière, encore sauvage. Mérite un repos en cave pour harmoniser et fondre toutes ses composantes. 0% de soufre parfaitement maîtrisé, sans la moindre déviance aromatique.

Valpolicella 2019, Speri: Toutes les qualités que l’on souhaite trouver dans un vin de ce prix: beau fruit, équilibre impeccable, alcool modéré (12.5%), capacité à s’associer avec une multitude de plats, capacité à ne déplaire à personne. NB: ce vin est en recommande chez le fournisseur et ne sera disponible qu’en juillet.

Les Grézeaux 2018, Chinon, Bernard Baudry. Couleur violacée, nez complexe avec du fruit noir (mûre), de l’encre, de l’encens. Attaque solaire, mais milieu de bouche rigoureux. Superbe jus, plein de pulpe et d’énergie. Très bons tannins. Pas l’ombre de l’ombre d’un arôme de type poivron vert: ce cabernet franc est MÛR !

Emilien 2015, Bordeaux Côtes de Francs, Château Le Puy: confirme sa réputation de « différence ». Malgré la proximité géographique avec St-Emilion et 85% de merlot, ce vin n’évoque en rien les Bordeaux Rive Droite contemporains. Couleur évoluée, épices, tabac, comme un Rioja « à l’ancienne ». Vin apaisé, prêt à boire et susceptible d’une longue, voire très longue, garde. Tannins fondus, beaucoup d’élégance. Pour dégustateurs aventureux.

Reliefs 2015, Côtes Catalanes, Le Roc des Anges: Nez sur la cerise, le cassis. Une pointe de viande fumée. Ouvert et intense. Bouche d’une texture soyeuse, comme un doux jus de cerise. 100% carignan, cépage qui confirme sa capacité à enfanter de grands vins, du moins quand les vignes sont âgées (entre 60 ans et un siècle dans ce cas-ci). Vin extraverti et prêt à boire.

Le Pas de D. 2018, Languedoc Terrasses du Larzac, Le Pas de l’Escalette: Couleur plutôt légère (grenache 30%). Premier nez raffiné, avec du laurier et de la garrigue, très pur. Waouw ! Bouche encore fort jeune qui a besoin de temps pour s’harmoniser. A ce stade, plus puissant que fin. Très belle qualité des tannins, longueur fruitée et épicée.

Réserve 2018, Gigondas, Les Bosquets: Nez fascinant qui évoque plutôt le Rhône Nord (syrah 35%), fruits noirs, fumé, violette. Bouche évoquant Châteauneuf-du-Pape, pleine de feu et d’arômes. Assume pleinement sa condition de vin du Sud. Plus destiné à l’hiver et au gibier qu’à l’été au jardin.

Pommard Les Noizons 2018, Domaine Lafouge: Nez d’un fruit magnifique, très pur. Cette délicatesse est si intense qu’elle « passe au-dessus » des trois vins puissants qui l’ont précédée ! Bouche en finesse et en précision.

Nous sommes dans le secteur de l’appellation Pommard qui déroge complètement à l’image classique: Pommard = vin puissant, tannique, boisé, nécessitant une très longue garde. Le style est comparable à ce qui se fait de mieux en 1er cru Pézerolles et en Beaune Clos des Mouches, tous deux proches voisins.

Les vins sont disponibles dans le magasin en-ligne, sous la catégorie « les dégustations ». Commande via le magasin ou via e-mail, selon votre bon plaisir.

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dégustation information

il reste 1 place…

Ce samedi 13 juin, dégustation sur inscription préalable. En ce moment précis, il reste une place, à 15h30 précises.

Vu les circonstances actuelles, il y a une série de règles à respecter. Me contacter si intérêt.

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information

« not over 14% alcohol »

Pour alimenter le nécessaire débat du bouleversement climatique et de son influence sur le degré d’alcool de nos chères bouteilles, je vous propose aujourd’hui une information collatérale sur les conséquences du bouleversement …fiscal en cours depuis fin 2019, c’est-à-dire depuis les mesures prises par l’Administration Trump pour taxer les importations de vins en provenance d’Europe.

Notons d’abord que ces nouvelles taxes concernent les vins tranquilles et pas les bulles. Notons ensuite que seuls 4 pays européens sont concernés: la France, mais aussi l’Espagne, l’Allemagne et …le Royaume-Uni. L’Italie y échappe donc.

Le plus amusant, si l’on peut dire, est à venir: cette taxe de 25% frappe les vins tranquilles à la condition que leur degré d’alcool ne soit pas supérieur à 14%. Vous avez bien lu, ce n’est pas une coquille. Un vin à 13.4% est taxé, sans pitié. Par contre, un vin à 14.7% ne l’est donc pas.

Pour les pervers-masochistes que cela intéresserait, selon la classification officielle en vigueur aux Etats-Unis, le vin concerné par la taxe est le suivant:

HTS 2204.21.50, wine other than Tokay (not carbonated), not over 14% alcohol, in containers not over 2 liters.

Imaginons …je dirige un négociant français qui exporte beaucoup de vin aux Etats-Unis. Mes équipes techniques m’annoncent que la future vendange devrait permettre d’élaborer des vins d’un degré approximatif de 13.5%. Qu’est ce que je fais ? J’implore la météo de faire grimper les taux de sucre dans le raisin ? Je chaptalise ? Je mute ?

C’est une taxe inique et idiote. Si ça continue, on va tous chercher des degrés alcooliques supérieurs à 14° pour éviter les 25%  lâche Florence Cathiard, Conseillère au Commerce Extérieur et copropriétaire du château Smith Haut-Lafitte (Pessac-Léognan).

Je vous passe les taxes sur les olives, les fromages et le whisky single-malt…

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Kallstadt, Rings und riesling

photo prise dans le vignoble Saumagen en mai 2017, pendant une promenade

Kallstadt est un village du Palatinat qui peut se targuer d’avoir abrité la naissance de Frederick Trump, le grand-père de qui vous savez.

Plus sérieusement, ce village est réputé pour ses terroirs calcaires, où le riesling se sent particulièrement bien, en particulier le vignoble Saumagen (littéralement: estomac de cochon) qui est à l’origine de vins de très grande garde, d’ailleurs assez difficiles à déguster jeunes. Logiquement les vins issus du Saumagen sont commercialisés à des tarifs proportionnels à leur notoriété.

Cela pousse l’amateur à rechercher des vins issus de terroirs calcaires à Kallstadt, proches du Saumagen. Le Domaine Rings propose un tel vin, qui permet de se faire une première impression, en étant ni obligé d’attendre 10 ans, ni de puiser dans son épargne.

Un riesling sec, à forte personnalité, offrant intensité et finesse.

Steffen Rings

Le Domaine Rings est entre les mains de deux frères, Steffen et Andreas. Ils possèdent des vignes sur une superficie de 31 hectares. Tout a été vite: le domaine a été créé en 2001 sur la base de la ferme familiale qui produisait différents fruits et raisins destinés à la coopérative. Maintenant, Rings est membre de VDP, une association privée qui regroupe les meilleurs vignerons d’Allemagne, est passé en bio, reçoit 4 étoiles dans le guide Gault&Millau, se voit attribuer 3,5 étoiles par Hugh Johnson, etc…

Malheureusement, la presse francophone continue à ignorer les vins allemands. Soi-disant trop compliqués. Et pourtant, l’étiquette indique le nom du Domaine, le nom du village, le cépage, le millésime et c’est tout.

La contre-étiquette est certes rédigée en allemand, mais elle est informative: précisions géologiques, mention des rendements, mise en évidence des vendanges manuelles, accès au site Internet. Quelqu’un peut-il m’aider à percevoir la complexité ?

En dégustation le samedi 13 juin. Attention, dégustation sur inscription préalable. Le riesling Kallstadt 2017 du Domaine Rings peut être commandé dès aujourd’hui, au prix de € 19,50 pour mise à disposition le samedi 27 juin.

Le riesling Saumagen 2015 du Domaine Rings est disponible sur commande, au prix de € 45.