Le Domaine Sérol est une exploitation viticole familiale, certifiée en agriculture biologique et biodynamique, située en Côte Roannaise, dans le Massif Central, près des sources de la Loire. Carine et Stéphane Sérol mettent en évidence les coteaux de moyenne montagne plantés en gamay Saint-Romain, le cépage autochtone.
« Jamais le gamay Saint-Romain et la Côte Roannaise n’ont autant brillé que sous le patronage de Stéphane et Carine Sérol. Le cépage puise, sur les terroirs de sable et de granite en altitude (de 380 à 520 mètres), une expression délicatement fumée, florale et aérienne. Issus de vignes plantées à haute densité (de 8.000 à 10.000 pieds par hectare), les raisins sont partiellement, voire totalement égrappés avant d’être vinifiés en douceur. La progression de ces dix dernières années est fulgurante, les vins n’ont jamais aussi bien retranscrit l’identité de leurs terroirs. »
Guide la Revue du Vin de France, édition 2026.
Carine et Stéphane Sérol
« Carine et Stéphane Sérol continuent de mener ce domaine familial de 34 hectares sur la voie de l’excellence. Artisans du gamay sur les sols volcaniques de la Côte Roannaise, le duo a mis en place une viticulture de précision en biodynamie. Tous les vins de la gamme offrent raffinement et gourmandise, aussi bien les cuvées de plaisir (Eclat de Granite) que les cuvées parcellaires (Oudan, Les Millerands, Perdrizière) qui se bonifient avec la garde. »
Guide Bettane & Desseauve, édition 2026.
Je vous propose un colis de 6 bouteilles :
Eclat de Granite 2024 : la cuvée d’entrée de gamme, vinifiée et élevée en cuve béton : à déguster en 2026
Millerands 2022 : parcelle sur le plateau granitique. Altitude entre 480 et 530 mètres. Exposition plein est. Vignes de 50 à 95 ans. Elevage en cuve béton. A déguster d’ici à 2028.
Millerands 2023 : parcelle sur le plateau granitique. Altitude entre 480 et 530 mètres. Exposition plein est. Vignes de 50 à 95 ans. Elevage en cuve béton. A déguster d’ici à 2029.
Perdrizière 2022 : parcelle du lieu-dit Perdrizière plantée sur un sol d’altération granitique, riche en manganèse et oxyde de fer. 1,5 ha de vignes de 30 ans. Altitude de 400 mètres. Exposition Est. Elevage en cuve bois. A déguster d’ici à 2030.
Perdrizière 2023 : parcelle du lieu-dit Perdrizière plantée sur un sol d’altération granitique, riche en manganèse et oxyde de fer. 1,5 ha de vignes de 30 ans. Altitude de 400 mètres. Exposition Est. Elevage en cuve bois. A déguster d’ici à 2031.
Vin de France, Turbullent non-millésimé : pétillant rosé en méthode ancestrale (une seule fermentation), sous capsule couronne : à déguster cet été !
Tous les vins 100% gamay Saint-Romain. Le nombre de colis est limité. Un colis par client. Les vins ne sont pas disponibles à la bouteille. Prix par colis: € 129. Les colis sont disponibles immédiatement.
Le Domaine de La Madone (Gilles Bonnefoy) redessine ses cuvées à l’occasion de la parution de son nouveau millésime
Le nouvel habillage des vins de La Madone
C’est en juin 2013 qu’Anthocyane achète ses premières bouteilles du Domaine de la Madone. Je goûte -un peu par hasard- chez un importateur un … Côtes du Forez, issu du village de Champdieu. Je connais à peine le nom de cette appellation et ne sais pas vraiment où la placer sur la carte de France (quelque part au milieu??).
J’avais des excuses : le Domaine était relativement jeune (premières vignes plantées en 2001, sur les flancs du volcan de la Madone, le nom du Domaine était ainsi choisi) et je ne trouvais pas de traces de ce gamay ni dans les guides, ni dans les revues. A l’époque, le gamay n’avait pas vraiment bonne presse : ce n’était pour beaucoup d’amateurs qu’un petit raisin, signé par le controversé Beaujolais Nouveau.
Quant au village de Champdieu, il se cache juste au nord de Montbrison, entre le Massif Central, Roanne et Saint-Etienne. Comme un petit goût de France très profonde ou de bout du monde. Le département, c’est la …Loire. Ah bon ? La géographie administrative adore ce genre de piège : la Loire (département 42) c’est fort loin de Tours, de Saumur, de Sancerre ou d’Angers, mais c’est bien la Loire vu que les sources du fleuve se nicheraient ici. En fait, patatras, la Loire prend sa source encore plus au sud, dans le Vivarais (Ardèche). Soit.
Le Côtes du Forez est donc un vin de Loire, un vin d’une autre Loire que celle dont nous avons l’habitude.
Revenons en juin 2013. Je goûte La Madone, c’est très bon, pas cher et l’étiquette s’orne tant du label bio que du label de la biodynamie certifiée par Demeter : vigneron manifestement déterminé et courageux. Oserais-je écrire visionnaire ?
Anthocyane commercialise donc le millésime 2012, avec un succès d’estime : ce n’est pas la ruée sur les bouteilles, mais j’aperçois dans quelques paires d’yeux une surprise positive, une appréciation non feinte et une lumière qui en dit plus que beaucoup de mots. Donc, je m’accroche, d’autant que les millésimes suivants ne déçoivent pas, que du contraire. Le succès commercial vient petit à petit et les ventes sont significatives depuis pas mal d’années.
Entretemps, la littérature spécialisée a découvert le Domaine au point que le Guide Vert de la Revue du Vin de France lui accorde une présence, puis une étoile. La reconnaissance du travail bien fait. Après un millésime 2024 décrit comme plutôt difficile, voici donc les 2025, avec un peu de retard, la logistique imposant parfois ses contraintes au commerce.
Trois cuvées sur la table de dégustation: Gamay’s Teinturiers, La Madone et Diorite.
D’abord, Diorite : L’étiquette bénéficie d’une mise à jour, en cohérence avec celle reçue par tous les autres membres de la famille.Cuvée d’entrée de gamme (jeunes vignes exposées au sud, sur le lieu-dit Hauteroche). Diorite est un terroir granitique, donc pas volcanique. 100% gamay. Elevage en cuves inox (pas de bois). Mise en bouteilles en janvier. Faible apport de soufre. Biodynamie certifiée par Demeter.
En dégustation : nez pur sur la framboise et la groseille. Pas de tannins, grande fraîcheur, légèreté, à servir frais comme alternative au rosé, voire au vin blanc. Délicieux maintenant. Du plaisir en bouteille ! € 14
Puis La Madone : L’étiquette de ce nouveau millésime bénéficie d’une importante mise à jour, mais il s’agit bien de la nouvelle version de ce bon vieux Gamay sur Volcan !
Ce vin est issu de vignes plantées sur les flancs du volcan qui domine Champdieu. Ces vignes de +/- vingt ans d’âge poussent dans une géologie complexe, 40% volcanique (basalte), 60% argilo-granitique. Altitude moyenne: 500 mètres. Assemblage de plusieurs parcelles (Haute Roche, Pigeonnier, Pizet, Pinasse) pour une surface totale d’un peu moins de 5 hectares. Exposition sud pour 80% des ceps. Faible dosage en soufre. Mise en bouteilles à la mi-mars. 100% gamay, élevé en cuves inox (pas de bois). Biodynamie certifiée par Demeter. Léger en alcool (12%).
En dégustation : nez sur la cerise, avec un peu de fumée. Une touche de menthe fraîche. Assez concentré, tous petits tannins, dense sans richesse alcoolique, stylé et persistant. Convainquant sur toute la ligne ! € 17
Enfin, Gamay’s teinturiers : Voici une singularité dans la famille La Madone, quatre frères gamay’s assemblés dans une seule bouteille !
Je m’explique: il y du gamay de Bouze (cépage teinturier, à jus rouge), du gamaret (un hybride suisse résistant aux maladies de la vigne, obtenu par croisement entre le gamay noir et le reichensteiner), du gamay de Chaudenay (autre cépage teinturier à jus rouge) et du gamay noir (c’est-à-dire le gamay « classique », à jus blanc). Cette cuvée s’appelait auparavant Les Rougeots du Clos, mais l’assemblage n’est plus exactement le même. Je suppose que ce nouveau vin remplace également la cuvée Mi-Noir Mi-Bouze.
Cet assemblage original n’a pas droit à l’appellation Côtes du Forez (est-ce très grave ? Non): le vin est commercialisé en indication géographique protégée (IGP) Urfé.
Terroirs volcanique et granitique. Parcelles Le Clos du Pizet (600 mètres d’altitude) et Les Bourrus (420 mètres d’altitude). Superficie totale légèrement supérieure à 1 hectare. Vignes de 8 ans. Faible apport en soufre. Elevage en cuves inox (pas de bois). Mise en bouteilles précoce (décembre 2025). Léger en alcool. Biodynamie certifiée.
En dégustation : couleur profonde et intense. Nez sur la mûre: ce n’est pas trop ‘sauvage’ (en comparaison avec des millésimes précédents). Bouche construite sur la fraîcheur, tous petits tannins, vin dense et pulpeux. Laisse une trace dans la mémoire. Précaution oratoire: ce vin ne plaira sans doute pas à ceux et celles qui craignent l’acidité marquée dans le vin rouge. L’équilibre présente des similarités avec les vins rouges atlantiques de Galice. A titre personnel, j’adore ça ! € 18
Vins disponibles à partir du 18 juillet pour les commandes passées jusqu’au jeudi 16 juillet inclus.
Un grand bonjour en différé du Beaujolais ! Je vous parle d’une région que les oenophiles pourraient ne pas connaître. Ou à laquelle ils accolent tant de négativité qu’ils en oublient presque son existence.
Sans dévoiler la couronne, deux dégustations, récentes et à l’aveugle, m’ont gentiment secoué: le dégustateur en recherche d’origine ou de cépage pense à tout -mais alors vraiment à tout- avant d’évoquer, dans un murmure à peine perceptible, le Beaujolais et/ou le gamay.
Il me semble que les vins du Beaujolais sont lourdement sous-estimés. Bonne nouvelle: ce qui est sous-estimé est, à qualité égale, moins cher. Attention, ça ne dure pas: ceux et celles qui ont découvert l’excellent rapport qualité-prix des vins du Jura il y a 15 ou 20 ans savent très bien ce que je veux dire…
Venons-en à notre sujet.
Château Thivin, c’est la famille Geoffray … depuis 1877. Aujourd’hui Claude-Edouard et Sonja sont aux commandes.
Château Thivin, c’est 28 hectares de raisins rouges (gamay) et 2 hectares de raisins bancs (chardonnay).
Château Thivin, c’est une douzaine de cuvées différentes, la plupart en appellation Côte-de-Brouilly: plusieurs parcellaires comme Godefroy, La Chapelle, Les Griottes de Brulhié et Le Clos. La « top » cuvée Zacharie n’est pas parcellaire, c’est un assemblage issu des meilleurs parcelles (1ère sélection) et des meilleurs tonneaux (2ème sélection).
La cuvée Les Sept Vignes assemble les raisins de …sept vignobles (en l’occurrence, il s’agit de Clos Bertrand, La Chapelle, Les Griottes, Godefroy, L’Héronde, Henri et Les Fournelles). Tous en appellation Côte de Brouilly. Sous-sol magmatique, donc d’origine volcanique. Les raisins de chacune des sept parcelles sont vinifiés puis élevés séparément: l’assemblage se fait sur vins finis, après passage en foudres pendant sept à neuf mois.
Ce vin a participé fin novembre 2025 à une dégustation entièrement consacrée au Beaujolais en millésime 2023. Je l’ai décrit ce jour-là de la façon suivante: « nez sur la réserve, avec des fruits noirs; bouche jeune, tannique, concentrée et longue. Forte personnalité« . Je lui ai attribué un 17/20, soit ma médaille d’argent (12 vins dégustés ce soir-là).
On peut trouver l’étiquette laide. Elle est en tous cas spécifique, différente, traditionnelle, ancrée dans l’histoire du Domaine. Et tellement reconnaissable, même à plusieurs mètres de distance, par une nuit sans lune et sans lunettes…
Côtes de Brouilly est un terroir très particulier: c’est un « mont » d’origine volcanique qui culmine à 484 mètres d’altitude. Le vignoble s’étale sur un peu plus de 300 hectares de pentes fortement inclinées. Quatre communes se partagent ce cru: Saint-Lager, Odenas, Quincié-en-Beaujolais et Cercié. Du gamay et rien que du gamay. Curiosité: l’appellation est entièrement entourée, ceinturée par une autre appellation, beaucoup plus vaste: Brouilly.
La diversité géologique est très élevée:
Château Thivin Côte-de-Brouilly Les Sept Vignes 2023 est disponible pour commande. Il participe à la dégustation du samedi 07 février.
Les nouveaux millésimes de chez Pellé (Menetou-Salon) sont arrivés. J’ai apprécié Morogues 2021 (sauvignon 100%, alcool: 13%, bio), un blanc sec au nez plaisant et aromatique, à la bouche équilibrée et directe, à la finale nette et sèche. Ce vin tire le meilleur d’un millésime un peu compliqué. Un cran au-dessus, c’est Vignes de Ratier 2020 (sauvignon 100%, alcool: 14%, bio), une sélection parcellaire qui conjugue la richesse solaire du millésime avec des notes fumées et minérales. Attention, l’importateur me fait savoir que le stock disponible est limité. Et il n’y aura pas beaucoup de 2021 non plus.
foudre dans la cave du Domaine Pellé
En mars, j’ai proposé à la dégustation Le Clos Galerne, cuvée L’Anjou Noir (cabernet franc 100%, alcool: 13,5%), avec un tel succès que le stock de l’importateur n’a pas pu suivre. Bonne nouvelle, cet Anjou-Villages rouge est à nouveau disponible. Il s’agit toujours bien du vin proposé au printemps: officiellement non-millésimé mais issu à 100% de la vendange 2019. De ce même Domaine, voici une Balade en chenin en millésime 2020, nouveau dans l’assortiment. C’est une excellente introduction à la gamme du vigneron, sans la profondeur du Savennières: oublions un instant que ce Savennières existe …et régalons-nous de la Balade, avec un excellent rapport QP !
dans la Revue du Vin de France (avril 2021)
Clos de la Roilette 2021: retour dans la gamme après une impasse sur deux millésimes consécutifs de ce très intense Beaujolais, en appellation Fleurie, là où Fleurie rejoint Moulin-à-Vent (NB: les Fleurie de l’ouest, ceux qui regardent vers Chiroubles, sont en général plus fruités et moins concentrés). Nez affable qui invite avec le sourire pour une première gorgée. Bouche sérieuse, riche, marquée par les fruits noirs, avec de très bons tannins. Le terme « gouleyant » n’a pas été inventé pour cette Roilette, qui a de l’ambition et un réel potentiel de garde.
les crus du Beaujolais: Fleurie = 7; Moulin-à-Vent = 10; Chiroubles = 5.
Voilà un vin que j’attendais avec impatience, vu le succès rencontré par les millésimes 2019 et 2020: le Mâcon-Vergisson 2021 du Domaine Guerrin. Il s’agit bien de la cuvée qui s’intitulait « Les Rochers »: cette mention disparaît pour le nouveau millésime. On peut supposer que quelqu’un a dû se plaindre du mots « rochers », trop proche du mot « roche »: or, ici, à Solutré et à Vergisson, la Roche est sacrée ! Le vin est toujours délicieux, avec un profil plus frais que celui du millésime précédent, météo oblige. Un vin dont je me demande vraiment à qui il pourrait déplaire. Une bouteille que l’on tire-bouchonne sans prise de tête et que l’on partage avec l’amateur et avec le profane !
la Roche de Vergisson
Un détour par l’Autriche et plus précisément par le Kamptal, un affluent du Danube qui s’y jette en amont de Vienne. Chaque dégustation semble le confirmer: 2021 est un excellent millésime en Autriche. Ce riesling Urgestein le démontre avec force ! Je vous ai régulièrement proposé l’un ou l’autre vin du Domaine Hiedler, mais ce vin-ci m’a littéralement soufflé ! Intense fraîcheur, juste maturité du fruit, style énergique, moins opulent que par le passé (peut-être l’influence de Dietmar et Ludwig III, qui prennent progressivement la succession de leur papa).
le vignoble du Kamptal (Autriche)
Ces vins -et bien d’autres- sont à présent disponibles dans les nouveautés du magasin.
Lyon est une ville arrosée par trois grands fleuves: le Rhône, la Saône et le Beaujolais.
D’abord, les Raisins Gaulois: que le temps passe vite: je me rends compte que je ne vous ai plus proposé cette cuvée de jeunes vignes depuis le millésime … 2015. Bon, on rattrape le temps perdu là, maintenant, tout de suite: voici 2020 et glou et glou et glou !
Il y a des vins pour analyser, converser, débattre. C’est très bien, je ne pourrais d’ailleurs pas m’en passer. Et il y a des vins pour faire la fête, rire et trouver que ce monde a, malgré tout, des côtés attachants. En fait, de novembre à Pâques, on picole le Beaujolais Nouveau (attention, le bon Beaujolais Nouveau !) et à partir de Pâques, on passe aux Raisins Gaulois. C’est croquant, fruité et tellement souriant.
Ne stockez pas en perspective de l’été 2022, c’est fait pour avoir été bu avant que 2021 ne nous quitte.
Moyenne d’âge des vignes: 15 ans. Géologie granitique, vendanges manuelles. Elevage bref, en cuves inox (pas de bois). Légèrement sulfité uniquement à la mise en bouteilles.
Ensuite, le Morgon: que de violettes, que de cerises ! Ce Morgon incarne une certaine idée du vin et cela depuis bien longtemps: ici, le bio est une évidence, au point de ne pas le mentionner sur l’étiquette. La vinification sans soufre a été testée par le Domaine dès 1981: 40 ans d’une précieuse expérience vous contemplent depuis les collines du Beaujolais !
Mais pas d’intégrisme: le Domaine donne le choix à ses clients entre une cuvée 100% sans soufre ajouté (en insistant que ces vins sont fragiles et qu’ils doivent être conservés dans des conditions idéales) et une cuvée « S », légèrement sulfitée à la mise en bouteilles, de façon à protéger le vin contre les variations de température. Pour savoir quelle cuvée vous dégustez, repérez la présence du « S » sur la contre-étiquette, en bas et à gauche. Ou son absence.
Dès 2004, Marcel est rejoint sur l’exploitation par son fils Mathieu. Sa fille Camille s’y met à son tour en 2013. Marcel s’est éteint il y a une dizaine d’années, mais il a eu le temps de la transmission.
Certaines années, le Domaine propose une cuvée haut-de-gamme, avec le millésime en chiffres romains. C’était par exemple le cas en 2019. Mais pas en 2020, ce qui signifie que la cuvée classique est enrichie par les raisins qui auraient été utilisés pour la cuvée haut-de-gamme.
En dégustation, le vin se révèle, comme d’habitude, d’un fruit considérable et d’une grande densité de matière. La finale est légèrement plus tannique qu’en 2018, mais pas au point de désorienter qui que ce soit. J’apprécie aussi beaucoup la finale de ce 2020 qui laisse apercevoir que, au-delà du grand fruit, il y a une vraie minéralité. C’est très bon maintenant, mais quelques années de cave peuvent s’avérer très sympathiques pour redécouvrir ce vin sous un autre angle. Cela dit, cachez bien les bouteilles destinées à la garde, parce que la tentation du tire-bouchon vous guettera en permanence ! Chacun ses goûts et ses couleurs, mais je ne connais PERSONNE qui n’aime pas ce vin.
Moyenne d’âge des vignes: 70 ans. Géologie granitique, vendanges manuelles (parfois en deux passages successifs, pour récolter à la maturité optimale de chaque grappe), macération semi-carbonique, sans levurage ni SO². Elevage bref, en pièces de 216 litres.
Marcel Lapierre, Raisins Gaulois, Vin de France 2020 et Morgon 2020 sont disponibles dans le magasin.
Le Domaine de La Madone se situe dans l’aire d’appellation Côtes du Forez. D’un point de vue viticole, cette appellation appartient à la Loire. Les sources de la Loire jaillissent à proximité et nous sommes dans le département de la Loire (préfecture: St-Etienne). Cela dit, on a souvent pris le raccourci de limiter la Loire du vin à ce qui se passe entre Muscadet et Sancerre/Pouilly-Fumé, via Anjou, Saumurois et Touraine.
Une fois parvenus à Sancerre, pour rejoindre le Domaine de La Madone, il faut reprendre la route plein sud et rouler pendant …250 kilomètres avant de rejoindre le village de Champdieu, là où est installé Gilles Bonnefoy, le vigneron. Disons qu’il s’agit d’une autre Loire, géographiquement proche du Massif Central. Un autre rapprochement fait du sens: le Beaujolais avec lequel les Côtes du Forez partagent l’usage du cépage gamay.
des pentes vertigineuses…
Poursuivons encore dans notre approfondissement du folklore local: l’appellation Côtes du Forez ne s’applique qu’aux vins rouges et rosés. Pour les blancs, c’est Urfé qui prend le relais. Je ne suis pas sûr que cela facilite la tâche du consommateur.
C’est avec le millésime 2012 qu’Anthocyane a entamé la vente des vins du Domaine de la Madone. Depuis, je n’ai fait l’impasse que sur le seul millésime 2016, non parce qu’il aurait été décevant, mais parce que je n’avais pas trop la tête dans le vin lorsque ce millésime a été commercialisé.
Gilles Bonnefoy, vigneron sur volcan
Gilles Bonnefoy est un type sérieux et très déterminé: il savait que convaincre la presse spécialisée serait une entreprise de longue haleine. Le Forez c’est un Far-West au-delà duquel il n’y a plus rien si ce n’est un gros paquet de volcans éteints. Il a fallu être patient, mais, dans son édition 2020, le guide vert de la Revue du Vin de France présente enfin le Domaine, avec des commentaires très positifs. Un an plus tard (édition 2021), c’est la consécration, via une première étoile.
Le choix du bio a été effectué dès 2001 et la biodynamie est d’application depuis 2008.
Les mises en bouteilles se font de manière précoce, avec un très léger sulfitage, l’élevage des rouges s’effectue exclusivement en cuve inox, les vins du millésime 2020 sont déjà disponibles et c’est donc le moment de les présenter.
En blanc, la Roussanne de Madone 2020. On associe généralement le cépage roussanne à la vallée du Rhône (où elle est souvent assemblée avec la marsanne) ou à la vallée de l’Isère (en appellation Savoie Chignin-Bergeron). Voici la version forézienne: vignes plantées en 2001 dans 100% de roches volcaniques sur le flanc du volcan de Purchon, exposition sud, pente de 45%. Au sommet, la statue de la madone veille sur le village de Champdieu depuis 1875.
En dégustation, le vin ne peut cacher une mise en bouteilles récente: la fougue de la jeunesse l’emporte sur l’harmonie de la maturité. Il me semble qu’il faut lui donner un peu de temps pour se mettre en place. Mais c’est déjà délicieux ! Nez complexe, floral et légèrement miellé, puis fumé comme un pinot gris (agrumes). La bouche commence sur un beau volume en rondeur joyeuse avec de la pêche; progressivement, le vin s’étire vers une finale minérale assez stricte. Quelques amers. contribuent à la tension. Forte personnalité. Pour dompter cet animal, une certaine expérience des vins hors normes sera précieuse.
En rouge, la Mémoire de Madone vieilles vignes 2020. Vignes de 50 ans, 100% gamay, plantées dans 100% de sol volcanique. Rendements limités à 25 hectolitres par hectare. Vendanges manuelles, mise en bouteilles fin janvier 2021.
En dégustation, le vin se montre d’abord réservé puis de plus en plus intense sur des notes fumées et de la cendre. L’équilibre est parfait, la qualité des tannins magistrale, la longueur …persistante. Alcool limité à 12,5%: ce n’est pas de la puissance, c’est de la concentration ! En relisant mes notes, je constate avoir conclu: « C’est un grand vin. Point. » Je me souviens aussi avoir échangé un clin d’œil avec l’importateur. Les mêmes mots, au même moment, nous sont venus aux lèvres: ce 2020 est la meilleure Mémoire de Madone jamais produite. Pratiquement, il n’est pas exclu que ce vin se referme un peu: je recommande soit la carafe, soit deux ans de patience.
Pour l’anecdote, j’ai découvert une autre cuvée élaborée par le Domaine: Les Rougeots du Clos « GamayS sur Granite » 2020. Ce sont de très jeunes vignes (plantées en 2015) de trois cépages différents, tous apparentés au gamay: le gamay de Bouze, le gamay de Chaudenay et le gamaret. Deux cépages semi-teinturiers et un cousin suisse, lui-même obtenu par croisement entre le gamay et le reichensteiner.
En dégustation, c’est du pas banal. La couleur est noire, intense, ourlée d’une écume rouge-violacée. Le nez évoque certains vins du Sud-Ouest: métal, sang et orange amère. Je pense à Madiran. En bouche, c’est dense, mûr et cela goûte puissamment le jus de …mûres ! Charnu, rond avec la fraîcheur qui se dépose sur un fruit puissant. Touche d’animalité. A ce stade, c’est très original (…je me suis demandé si c’était bien du vin…), mais possiblement fatiguant. Suis-je fou de ça ? Non. Néanmoins, ravi d’avoir goûté et touché par la démarche du vigneron. L’intention me charme plus que le résultat dans le verre. Qui sait quand les vignes auront pris un peu de bouteille. NB: ce vin n’est pas importé.
Les vins du Domaine de La Madone sont disponibles dans le magasin.
« Issu de deux très vieilles vignes ( plus de 60 ans ), cette cuvée est égrappée en totalité, vinifiée grâce aux levures indigènes du raisin, avec une deuxième fermentation réalisée en fûts de chêne de plus de trois vins. La durée de l’élevage sera d’environ 10 mois, avant une mise en bouteilles réalisée sans collage ni filtration. Le vin de nos ancêtres, rustique à souhait. Rendement à l’hectare : environ 20 hectolitres. »
Dégusté hier soir: sombre, serré, tannique, austère, concentré, digeste. Et jeune ! Léger en alcool (12,5%). Aromatiquement réservé, avec des notes de cendre et quelques épices. Bon, ça ‘colle’ mieux avec un monastère cistercien qu’avec la plage de Copacabana: le bikini s’efface devant la bure…
Vin d’anthologie. Bravo, Monsieur Bonnefoy !
Il s’agit d’un ‘Côtes du Forez’. Cette appellation de taille modeste est située entre Lyon et Clermont-Ferrand, au sud de Roanne et en altitude (de 400 à 600 mètres). Le cépage est toujours le gamay.
Pour cette cuvée, le sous-sol est basaltique, d’où la mention ‘gamay sur volcan’. Millésime 2005, agriculture biologique.
Très envie de faire un détour par là, dès que possible…