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A. Bonhomme à Viré-Clessé

Compte-rendu de dégustation du 26 février: les vins d’André Bonhomme (Bourgogne, Mâconnais, Viré-Clessé ). 100% chardonnay, millésimes 2018 et 2019.

Viré et Clessé sont deux villages du nord du Mâconnais, réunis par une appellation commune depuis 1999.

Le Domaine André Bonhomme se signale par un style riche, savoureux et succulent sans que ce soit au détriment de la fraîcheur. Le boisé, quand il est présent, est utilisé avec mesure et précision. Le millésime 2019 a donné lieu à une petite récolte.

Cuvée Spéciale 2019: le vin emblématique du Domaine. Aromatique (fruits, pointe de truffe, pointe de miel), joyeux, facile à boire. Le prototype du blanc polyvalent qui ne déplaît à personne. Aussi vif que rond. Aussi mûr que parfaitement sec.

Les Forétilles 2018: cuvée « secrète » du Domaine, puisqu’elle n’apparaît même pas sur le site Internet, Les Forétilles sont un lieu-dit (il n’y a pas de premiers crus à Viré-Clessé). Elevage 100% inox. Profil plus tendu, citronné, chablisien, caillouteux. Je n’avais encore jamais eu l’occasion de goûter cette cuvée: très belle découverte !

Vieilles Vignes 2019: aromatique proche de celle de la Cuvée Spéciale, en plus réservée. Un peu d’ananas. Bouche concentrée et longue, combinant avec bonheur la richesse et la fraîcheur. Autant Les Forétilles peut évoquer Chablis, autant ce Vieilles Vignes penche du côté de Meursault ! Vignes de 70 à 95 ans. Elevage sous bois de 20 mois. Garde en cave jusque 2029, voire au-delà.

Trois valeurs sûres dans une Bourgogne où il est de plus en plus difficile de trouver du très bon à un tarif aimable. La notoriété du Domaine n’est pas encore au niveau de la qualité de ses vins, ce qui explique les prix encore abordables.

Les trois vins sont disponibles dès à présent dans le magasin.

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domaine rouge

Respect !

No comment. Ce vin se suffit à lui-même.
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La Chevalerie est en deuil

J’ai appris ce vendredi le décès de Stéphanie Caslot, à l’âge de 41 ans. Stéphanie, c’est le Domaine de La Chevalerie, à Bourgueil.

Lors de mon premier voyage en France pour le compte d’Anthocyane, en septembre 2012, j’avais fait étape à La Chevalerie. J’avais longuement dégusté avec le papa, Pierre Caslot, et il était temps de parler d’importation, de prix et de logistique. Je compris rapidement que c’était Stéphanie qui était en charge de ces aspects. Quelques instants plus tard, elle déboulait dans la cave, juchée sur son tracteur. Pierre: « Stéphanie, ce Monsieur vient de Belgique, il voudrait importer nos vins« . Stéphanie: « La Belgique ? Ah non, ils payent toujours en retard !« . Gloups.

La suite se révéla beaucoup plus cordiale: Stéphanie est directe, drôle, énergique, fiable. Les vins ont été importés par Anthocyane et ont toujours été payés selon notre accord.

Je l’ai revue ensuite au Domaine mais surtout lors de différents salons professionnels. C’étaient des bons moments, avec beaucoup d’humour et de gentillesse.

Je n’ai plus eu de contact avec Stéphanie après 2015 quand Anthocyane s’arrêta d’importer directement les vins. Cela ne m’empêche pas de me sentir très triste aujourd’hui.

Coïncidence bizarre: mercredi passé, j’étais à la recherche d’un bon rouge pour accompagner notre repas du soir. Une fois dans la cave, mon œil est tombé sur un Bretêche 2008, du Domaine de La Chevalerie. Le vin était excellent. Je ne jetterai pas la vidange.

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blanc dégustation

Lave

Un vin 100% volcan: les Açores, c’est d’abord l’Océan Atlantique et c’est surtout le Vulcão do Pico, 2351 mètres de basalte et de magma. Cela en fait le point culminant du Portugal.

Dernière éruption: décembre 1720. Le volcan est donc endormi. Où est-ce une longue sieste ?

Les sols d’origine volcanique ont la réputation de donner naissance à des vins de grande intensité et de grande complexité. Les vignes plantées au plus près de l’océan ont la réputation d’absorber les embruns et de traduire cette proximité par des notes salines, voire iodées. Ce Terras de Lava 2019 cumule donc le volcan et l’océan.

Les cépages sont locaux et donc peu connus dans nos contrées: arinto, fernão pires, verdejo. Celui qui se dit maintenant, « le verdejo, je connais, c’est le cépage de Rueda, en Espagne » a malheureusement perdu. Celui-ci est un synonyme, génétiquement différent de son faux-frère castillan. A rapprocher plutôt du verdelho de Madère. Et encore, ce n’est pas certain.

Voici un donc un vin blanc sec, avec peu d’alcool (12,5%), une pincée de sucre résiduel (un peu plus de 2 grammes) et une acidité analytiquement fort élevée (cela gomme totalement le sucre dans l’équilibre perçu).

En dégustation, c’est un OVNI: il commence dans la rondeur et finit « en pointe ». Aromatiquement, il pourrait évoquer le viognier, avec des notes de pêche et de fleurs. Sauf que la grande fraîcheur de ce vin est aux antipodes de bien des viogniers ! La salinité finale est majeure, comme dans une manzanilla de Jerez. Il me semble percevoir une légère note oxydative, qui confirmerait une parenté aromatique avec la manzanilla. Par contre, je n’ai pas repéré de note iodée.

Je souligne volontiers que le prix de ce vin le rend encore plus attractif: les vins des Açores sont généralement bien plus chers.

Ilha do Pico Terras de Lava 2019 est disponible dans le magasin.

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Granit

Vraiment l’extrême nord du Portugal: jetez ici un caillou de l’autre côté de la rivière Minho …et il retombe en Espagne !

Le Domaine Soalheiro est en quelque sorte l’inventeur du Vinho Verde moderne, puisque il a planté le premier vignoble d’alvarinho en 1974. Alvarinho & albariño, même combat, même cépage: l’extrême nord du Portugal, c’est presque la Galice.

Depuis, une deuxième génération a pris les rennes du Domaine et propose pas moins de 12 cuvées élaborées à partir d’alvarinho, y compris des versions sans soufre ajouté, avec élevage en bois de châtaignier, en assemblage avec du pinot noir et en version effervescente ! J’allais oublier la version distillée…

Beaucoup de respect pour cette créativité débridée, mais j’ai préféré me focaliser sur la cuvée Granit, issue de vignobles en altitude (+/- 300 mètres). Vinho Verde ne veut en effet pas dire « bord de mer »: comptez une heure de route avant de voir l’Atlantique. Le climat fait alterner journées chaudes et nuits froides, ce qui est bénéfique pour conserver une belle fraîcheur dans les vins.

Cette cuvée affiche clairement une volonté de mettre en évidence le terroir granitique, sans en rajouter via un élevage sophistiqué: pas de bois, 100% cuve inox. Le Domaine insiste sur la possibilité de garder ce vin en cave pendant de très longues années: jusqu’en 2035 pour ce millésime 2019 ! J’ai été un peu plus prudent en affichant une fenêtre de dégustation optimale entre 2021 et 2029. Je compte bien en enterrer quelques unes pour vérifier.

En dégustation, le nez est intense, ouvert et appétissant, sur l’ananas. La bouche est élégante, fruitée, fraîche mais pas vive: il y a une certaine richesse, avec de la concentration. Pour rester dans l’albariño, c’est plus proche du style Pazo de Señorans que du style Leirana. Le vin est éclatant et aromatique. Je perçois des similitudes avec un Jurançon sec. La finale est sèche, tranchante, citronnée et pierreuse, avec une belle longueur …granitique !

Soalheiro Vinho Verde Granit 2019 (100% alvarinho) est disponible dans le magasin.

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Schiste

« 9 mois d’hiver, 3 mois d’enfer » est un dicton qui résume la météo de la vallée du Douro, dans le nord du Portugal. C’est une terre extrême, bien connue pour être créatrice du Porto. Le style des rouges « non-Porto » de cette région est habituellement marqué par une certaine chaleur qui se mesure au travers de pourcentages alcooliques élevés, entre 14 et 15%, voire plus. Lorsque le vin est boisé et fortement extrait, le dégustateur peut se retrouver en face d’un véritable Porto sec, à l’équilibre fatigant. La première gorgée est énorme, impressionnante, mais la bouteille a bien du mal à se vider.

Lorsque l’objectif est d’élaborer un vin sec, le vinificateur est confronté à une équation simple: le degré alcoolique du vin est un équivalent du sucre contenu dans le raisin au moment de la vendange. Pour le dire autrement, chaque pourcent d’alcool est la résultante de +/- 17 grammes de sucre par litre de jus. Par exemple, un vin sec qui titre 13% est le fruit (sic) d’un jus de raisin contenant approximativement 221 grammes de sucre par litre.

La quantité de sucre présente dans un raisin lors de la vendange dépend de nombreux facteurs: l’ensoleillement, le cépage, la surface foliaire (plus il y a de feuilles, plus il y a de photosynthèse, plus il y a du sucre), etc…La date à laquelle une parcelle est vendangée dépend d’équilibres complexes: maturité du fruit, maturité des pépins et des peaux, niveau des acides, météo, etc… Cette date est fonction de décisions prises par le vigneron, sur base de mesures et d’une solide dose d’intuition. Au pire, on vendange parce qu’ici on a toujours vendangé vers le 20 septembre: c’est évidemment plus facile à organiser, mais le résultat peut se révéler insatisfaisant.

Luis Seabra est assurément un homme de décisions: il sait ce qu’il veut et surtout ce qu’il ne veut pas. Pour éviter les alcools élevés, il va choisir les parcelles, les dates de vendanges et les techniques de vinification à sa façon. Pour résumer l’affaire crûment, ce Xisto Illimitado titre 12%. C’est vraiment -très- peu dans le Douro.

Ce Xisto Ilimitado ne ressemble donc pas beaucoup à ses cousins: le fruit se soumet à la minéralité. Un tel vin peut surprendre, voire décontenancer. On est sur le terrain de la haute-couture, qui ne s’embarrasse pas d’études de marché, lesquelles sont bien utiles pour le prêt-à-porter.

En dégustation, le vin présente un profil assez sévère. Le nez combine habilement des notes pierreuses et torréfiées (pourtant il ne s’agit pas de bois neuf: l’élevage est réalisé partiellement en fûts de chêne usagés et partiellement en inox), la bouche fait preuve de beaucoup de finesse, dans un univers qui me fait penser au cabernet franc de Loire ou à la mencia espagnole. L’acidité est plutôt élevée. Il y a de la terre, de la pierre et de la fumée. Tannins élégants. Le végétal joue un rôle non négligeable, en particulier à cause d’une vinification en vendange entière, c’est-à-dire conservant tout ou partie des rafles du raisin. Ces rafles macèrent dans le jus, en compagnie des peaux et des pépins et contribuent ainsi à la structure et à l’aromatique du vin.

La longueur du vin, sa persistance aromatique, est absolument remarquable et signe la qualité des terroirs de schiste (xisto = schiste) traduits dans cette bouteille. Ce vin parle certes à voix basse, mais qui l’écoute avec attention vit un moment de grande intensité.

Je n’ai pas encore évoqué les cépages, mais la liste est longue: touriga franca, tinta roriz (tempranillo en Espagne) et tinta amarela jouent les premiers rôles: ensemble, ils représentent 70% de l’assemblage. Celui-ci est complété par rufete, tinta barroca, malvasia preta et donzelinho tinto. Les vignes sont relativement jeunes et proviennent essentiellement des communes de Covas do Douro, juste en aval du village de Pinhão et de Ervedosa do Douro, en amont de Pinhão.

Le vin est très peu sulfité, mais ne présente absolument aucune déviation aromatique: c’est du travail de précision.

Le schiste est partout…

Si vous êtes à la recherche d’un vin à forte personnalité, qui ne laissera personne indifférent, Ce Xisto Ilimitado est un très bon candidat. Je pense que le vin suscitera beaucoup de sympathie …et quelques détracteurs. En tous cas, la conversation sera animée ! Je recommande vivement un passage par la carafe. Ne pas servir trop frais, sans quoi le vin pourrait se durcir.

Ah oui, Luis Seabra ne vient pas de sortir de l’anonymat: il a créé son Domaine en 2012, après avoir été le vinificateur de Dirk Niepoort pendant une dizaine d’années: un sacré diplôme !

Luis Seabra, Douro, Xisto Ilimitado 2018 est disponible dans le magasin.

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dégustation domaine

Haut-Brissan: je me sens devenir lyrique !

Elisabeth et Marie-Laurence conduisent le Domaine Saladin, rive droite du Rhône, entre Montélimar et Orange. Ce Haut-Brissan est proposé en appellation Vin de France, parce que c’est un 100% grenache et que l’appellation Côtes-du-Rhône-Villages requiert au moins 20% de syrah et/ou de mourvèdre dans l’assemblage. De toutes façons, l’objectif des deux sœurs n’est pas de produire un Côtes-du-Rhône-Villages « classique », mais plutôt un vin à forte personnalité, qui ne se plie pas aux contraintes et aux habitudes de l’appellation.

Parcelle historique de la famille, le lieu-dit Haut Brissan est situé sur le plus haut plateau du village de Saint Marcel d’Ardèche. Ces terres caillouteuses ont été longtemps délaissées au profit des plaines en bord du Rhône, bien plus faciles à travailler.

La parcelle est abritée par des clapas (tas de pierres amassés par les paysans), des chênes et des châtaigniers. Au sol, des galets roulés qui captent la chaleur le jour et la restituent à la vigne la nuit.
Les vignes sont âgées de 50 ans. Le rendement est de +/- 30 hectolitres par hectare. Aucune utilisation de pesticide, herbicide ou insecticide depuis toujours. Certifié « Agriculture Biologique » par Ecocert.

Vendanges entièrement manuelles. Macération semi-carbonique en grappes entières et levures indigènes. Le soufre est ajouté en dose minimale. Elevage et vinification en cuve béton (pas de bois).

Concours de circonstances, j’ai dégusté ce millésime 2019 à deux reprises, en moins d’un mois, avec les notes suivantes: « fraise et fraise des bois, floral, subtil et puissant, très bonne surprise » puis « nez appétissant, parfumé, floral; bons tannins sans sécheresse; quelle longueur, quel charme !« . Aucune perception d’un éventuel alcool excessif, malgré 14,5% affiché.

On me rétorquera que c’est cher pour un Côtes-du-Rhône. Certes, mais cette comparaison est, à mon avis, sans objet. Cherchez plutôt à le situer entre des Châteauneuf-du-Pape, du type construit sur la finesse. Outre qu’il faut bien chercher pour les trouver, ceux-là sont commercialisés à un tarif largement supérieur à celui pratiqué pour Haut-Brissan.

Saladin Vin de France Haut-Brissan 2019 (100% grenache noir) est disponible dans le magasin.

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dégustation information

« Le meilleur de la terre et de la science »

Je ne recule décidément devant aucun sacrifice. Ayant été titillé par une page de publicité dans le numéro de février-mars du magazine du distributeur D., connu également sous le nom d’artiste Le Lion, je me suis rendu dans le susmentionné supermarché pour y faire l’acquisition d’un flacon de vin …sans alcool. Je reconnais humblement que c’est une attitude discutable, mais sollicite malgré tout d’être jugé avec mansuétude, ayant été soumis récemment à de fortes pressions des types « dry january » et « tournée minérale« .

La publicité, c’est merveilleux. Voici un florilège: « Sans alcool, riche en antioxydants et plein de saveur « , suivi par un appétissant « Savourez pleinement le goût d’un vin supérieur, mais sans l’alcool: trinquons à ça ! « 

Illustrons notre propos:

Au sein de cette large gamme, j’ai sélectionné le shiraz pour l’épreuve pratique. Etiquette sobre, à la limite du minimalisme, qu’illumine néanmoins le slogan « best of earth and science « . La contre-étiquette est très anglo-saxonne: beaucoup d’information …en caractères minuscules. Après bien des efforts, mes yeux fatigués distinguent en particulier une date best before 15/10/2022, une allusion à la présence éventuelle de traces de lait et la mention de 3,9 grammes de sucre par verre de 10 centilitres. Dans le texte en français, je lis « aromatisé à la cerise noire « ; le texte néerlandais affiche quant à lui « arômes de cerise noire « , ce qui n’est pas vraiment la même chose. Pas de millésime apparent.

Allez, je tords la capsule à vis et m’en sers une franche rasade. Premier constat: c’est d’une couleur peu dense, un rouge presque brique, plus orangé que violacé. Une odeur jaillit du verre, c’est violent: du bois pourri ? Un ersatz de vin de fruit, fabriqué en laboratoire ? En bouche, c’est pire: fort sucré et sans la moindre acidité, le liquide est terriblement plat. Il n’y a ni structure, ni tannins, ni matière. Par contre -et malheureusement- une vraie longueur sur la cerise chimique.

J’espérais tomber sur un produit d’une grande banalité, susceptible de se substituer à un petit vin lorsque les circonstances l’exigent. Eh bien non, c’est absolument répugnant. C’est du terrorisme en bouteille. N’importe quel jus de raisins est largement meilleur. La présence du mot « vin » dans la publicité et sur l’étiquette est incompréhensible. Cette mauvaise plaisanterie m’a coûté € 5,99. Quel pourrait bien être le public-cible ?

J’ai collé la bouteille au frigo, pour regoûter -si le cœur m’en dit- quand ce sera froid. Qui sait…

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domaine jeu

X

Un titre en forme de concision. La réponse à un jeu-concours et la désignation du vainqueur. Une brève réflexion sur les périls de la dégustation à l’aveugle. Tout ça dans l’article qui suit.

Une bonne vingtaine de participants à la dégustation « take-away » de ce samedi ont reçu 13 petits flacons numérotés et 1 petit flacon supplémentaire marqué, sournoisement, d’un simple « X ».

Le jeu consistait à découvrir qui se cachait derrière ce « X »: une région ? Un cépage ? Qui sait…une appellation ? Un millésime ? Le Graal: le Domaine, avec l’indication du nom de la cuvée et de l’âge du chien du vigneron.

Bon. La dégustation à l’aveugle est décidément un art difficile. Certaines nuances sont subtiles, l’effet de séquence peut perturber l’analyse, un vin spécifique peut être atypique par rapport aux caractéristiques habituelles des vins de la région dont il est issu. Inconsciemment, on intellectualise aussi: « sachant que c’est Philippe qui propose ce jeu, il se pourrait bien que ce soit…« .

Je revendique de ne pas avoir de talent particulier pour reconnaître les vins qui me sont soumis à l’aveugle. Parfois, rarement, un souvenir récent et une bonne dose de chance peuvent me rapprocher du but. Il m’est arrivé, goûtant deux vins en parallèle, de reconnaître l’un de ceux-ci. Dans le verre A, c’est un vin hongrois, issu du cépage furmint. Mon triomphe fût de très courte durée, puisque ce furmint avait été versé dans le verre B…

Je me suis fait une raison. Se tromper très souvent n’empêche en rien d’avoir envie de jouer, encore et encore.

Ce vin « X » était donc italien et toscan. Un Chianti Classico 100% cépage sangiovese, en millésime 2019: Riecine. Anthocyane a déjà vendu ce vin dans différents millésimes, parmi lesquels 2014 et 2017.

J’ai reçu des réponses audacieuses, futées et originales. J’en copie quelques unes ci-dessous, en version anonymisée:

Pour le vin mystère, je vais dire: un Teroldego du Trentin, Foradori, 2017 (Italie).

On peut dire que les 3 cl nous auront bien fait voyager, ma femme et moi. Premier constat, une robe framboise léger; cela a éliminé un grand nombre de cépages et mis en route plusieurs possibles: pinot noir, mencia, nebbiolo, nerello mascalese, frappato, voire grenache de sable plus une kyrielle de cépages autochtones inconnus type listan negro. Ensuite une acidité assez tranchante  qui peut évoquer un lieu d’origine en altitude et/ ou de type maritime, insulaire ou pas. Des fruits rouges bien mûrs évoquent le soleil du sud…ou alors un millésime chaud plus septentrional. La bouche en 1/2 corps avec malgré tout une perception tannique, une certaine salinité et une énorme vivacité. ENFER ET DAMNATION, d’où vient ce vin ? Nous passons en revue, l’Etna, les Iles Canaries, la Galice, la Castille, l’altitude de la Navarre, le Piémont, le pinot de Savoie, le pinot autrichien, j’en passe et des moins bonnes…!!! Sans aucune évidence. MAIS BON, IL FAUT DONNER UNE SEULE REPONSE, donc « in at the deep end’: cela ne me dérangerait  pas que ce soit une cuvée-sœur de  7 Fuentes, SUERTES DEL MARQUES à Tenerife. Amen….

Pour le vin mystère, je mets mes commentaires de dégustation pour étayer mon, très certainement, plantage sur l’AOC et autres précisions. Robe pâle, nez très fermé mais d’obédience nordiste…La bouche est fraîche, belle acidité, léger côté poivré, tanins fins mais présents peut attendre 3-4 ans. Ma conclusion…j’hésite entre 2: je penche pour un Pineau d’Aunis et puisqu’il faut donner un nom, Bellivière, Rouge Gorge 2018 en Coteaux du Loir…Ou un pinot noir allemand frais. Donc dans ton magasin, je trouve Holger Koch Kaiserstuhl Spätburgunder 2019 qui n’en est pas loin. J’opte pour le Pineau puisqu’il faut choisir.

Ha oui, le vin mystère. Belle attaque, petits fruits noirs, légère tension, un bel équilibre, pas de chaleur, évolue sur un côté terreux, cela me fait penser à un pinot noir de chez Colinot (Irancy), 2018.

Voici la réponse de B. pour le flacon X. Robe: fuchsia foncée, automnale. Nez: cerise, terreux, poivré, légèrement boisé. A. y a même senti de l’ananas et de la cardamome. Bouche: agréablement long en bouche, on retrouve les arômes légèrement boisés/fumés. Pas le fruit au premier plan, pas trop de soleil. On se lance: alcool > 12°, année < 2018, cépages: merlot, syrah, …lieu: dans le coin Autriche, Slovénie, Croatie. En tous cas, on lui a accordé 2 étoiles (sur un maximum de 3) dans notre rating personnel.

En ce qui concerne le vin mystère : J‘ai été frappé  par une aromatique volatile aigre qui disparaît dans sa grande majorité. La robe et le côté frais piquant me font penser un à un Italien à base de nebbiolo. Mais je suis incapable d’être plus précis.

Choisir un vainqueur consiste à décevoir les autres participants: dans quel piège me suis-je encore fourré ? J’ai cherché si « Toscane » ou « sangiovese » avaient été cités. C’eût été trop facile. Je rappelle que les décisions du jury sont sans appel et que le jury, c’est moi. Je n’ai jamais affirmé que la décision serait d’une objectivité foudroyante. Roulement de tambours. Je récompense la contribution la plus brève, la plus rapide (samedi à 19 heures) qui a le mérite d’évoquer l’Italie et un cépage intéressant, dont le nom méritait bien une mise en valeur.

Donc, bravo François ! Je joins une bouteille de Riecine à ta commande.

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dégustation

« take-away »: c’est prêt !

Bouteilles CHECK, petits flacons et capsules CHECK, tire-bouchons CHECK, mesure 3 cl CHECK…c’est prêt !

Bienvenue ce samedi 06 février à tous les participants et participantes qui viennent chercher leur boîte !

Pas de désistements, donc pas de possibilité de faire appel à la liste d’attente.

Toutes les informations sont dans le magasin.

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Espagne: la réalité des chiffres est surprenante !

Intéressante infographie qui détaille quelles sont les régions espagnoles qui produisent le plus/le moins de vin. En me concentrant sur les chiffres relatifs, la Castille-La-Mancha représente presque 60% de la production. Le podium est complété -à grande distance- par l’Estrémadure (7%) et la Communauté de Valence (6%).

Les régions qui parlent particulièrement aux amateurs, comme la Rioja, la Catalogne, la Castille-Y-Leon, la Galice et l’Andalousie (Jerez/sherry) représentent ensemble à peine 19% de la production en volume. Les îles (Baléares et Canaries) ne représentent quasi rien.

58% de raisins blancs (sans doute expliqués par l’airen, planté massivement en Castille-La-Mancha) pour 42% de raisins rouges. Je ne m’y attendais pas. Comme quoi, il y a un sacré écart entre ce que nous buvons et ce qui est produit !

PS: merci à Hervé Lalau qui vient de publier cette infographie sur le blog « Les 5 du Vin ».

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La dégustation est clandestine

On se croirait revenu au temps de la prohibition: déguster chez l’importateur est soit impossible, soit contraint les participants à se réfugier dans des arrière-cuisines sans fenêtres, loin des clients qui pourraient apercevoir des humains qui goûtent ensemble, sans masque (forcément) et donnant l’impression de passer un moment agréable. Une délation est si vite arrivée…

Les circonstances difficiles ont le chic pour donner encore plus de valeur aux moments fugaces pendant lesquels la pandémie nous fout la paix. La dégustation est clandestine et, d’une certaine façon, cela contribue à la rendre précieuse. Voici quelques traces.

Marc Hébrart (Mareuil-sur-Ay), Coteaux Champenois, raisins principalement issus du millésime 2016, chardonnay 100%: le nez évoque clairement le Champagne. En bouche, la malolactique non-effectuée a sans doute pour objectif de faire oublier l’absence de bulles. C’est un vin délicat, introverti, doté d’une jolie persistance. Néanmoins, cela me semble manquer un peu de fraîcheur et de minéralité. Comme c’est vendu à un prix supérieur à celui d’un bon Chablis 1er cru, je préfère réserver mes sous à ce dernier.

André Bonhomme, Bourgogne, Viré-Clessé Les Brenillons 2019, chardonnay 100%: issu d’une petite récolte, le vin est conforme au style de l’appellation et du producteur, combinant de la rondeur et du gras (13,5%) avec une tension de bon aloi. Le boisé est très bien intégré (foudres). C’est un vin joyeux, avec une salinité appétissante. Bon candidat, le jour venu, pour se trouver une belle petite place sur le tarif d’Anthocyane. € 18.

André Bonhomme, Bourgogne, Viré-Clessé Hommage à Gisèle Bonhomme 2018, chardonnay 100%: la cuvée « haut de gamme du Domaine, produite grâce à des vignes quasi centenaires, sur les meilleurs terroirs de Viré-Clessé. Le boisé est ici sensiblement plus présent, le vin est gras, structuré …et fermé à double tour. Aujourd’hui, c’est un infanticide dans toute sa splendeur. Attendre 2 ou 3 ans me semble fort opportun. Difficile à vendre en l’état, parce que beaucoup dépend de la confiance que l’on fait au potentiel de la bête. € 45.

Jürgen Leiner, Allemagne (Pfalz), Chardonnay 2014: très bel exemple d’un vin qui, sur papier, n’a rien pour me plaire: 100% fûts neufs (600 litres) et alcool à 14,5%. Et pourtant, le résultat est bluffant: un nez complexe sur le beurre, les agrumes et le cognac; une bouche, confortable et sensuelle, qui « truffe » avec classe. C’est aromatiquement extraverti, sans verser dans l’exhibitionnisme. Je ne conseille pas ceci aux amateurs de Chablis cisterciens, les amateurs de chardonnays baroques seront quant à eux comblés. Biodynamie certifiée par DEMETER. C’est prêt à boire et le prix est intéressant: € 23. Je le place sur le tarif d’Anthocyane dès à présent. Attention, quantités vraiment très limitées.

Domaine La Falize, Belgique (Namurois) 2018, chardonnay 100%: vin élaboré par Peter Colemont, le vinificateur du Clos d’Opleeuw. On est clairement au sommet de la qualité telle qu’élaborée en Belgique. Seul bémol: ce sont de très jeunes vignes (plantées en 2012 et 2015). Grande finesse, aérienne et/ou évanescente. Le boisé marque la finale en durcissant celle-ci, ce qui conduit le vin à paraître légèrement tannique. On dira qu’il faut lui accorder un peu de temps pour s’harmoniser. Le prix est élevé et la production confidentielle.

Brendan Stater-West, Saumur Blanc, Les Chapaudaises 2017, chenin 100%: un Américain qui a travaillé (travaille encore ?) avec Romain Guiberteau, un chef de file pour les blancs à Saumur. Le nez est boisé, beurré, avec de fines nuances végétales (fougère, romarin, …). Bouche marquée par le bois, beaucoup de fraîcheur et d’élégance. Vin sérieux, chic, avec beaucoup d’extrait sec. On n’est pas ici pour rigoler. Je me demande si ce vin pourrait « sécher » au vieillissement. Compter € 36,50 en Belgique.

Huet, Vouvray, Le Mont demi-sec 2019, chenin 100%: commençons par dédramatiser le qualificatif qui tue: « demi-sec« . Non, ce n’est pas une insulte et non, cela ne condamne pas le vin à rester éternellement dans nos caves parce que l’on ignore avec quoi le servir. Analytiquement, ce vin est construit sur un alcool à 13,5% avec 16 grammes de sucre résiduel (par litre). Les acidités étant très élevées, ce sucre est peu, vraiment peu, perceptible. Il anime et complexifie la bouche, avec une finale nette, précise et sèche. Dans 10 ans, ce vin sera sans doute perçu comme totalement sec. Cette cuvée est particulièrement ouverte et accessible, ce qui nous change de millésimes antérieurs du Mont. Cela n’engage évidemment que moi, mais cela me semble assez supérieur au Saumur décrit ci-dessus. C’est un joyau, un chef d’œuvre de pureté et de délicatesse. Pas moins. Je constate a posteriori que La Revue du Vin de France le note à 96 (équivalent à 18/20). Vignoble conduit en agriculture biodynamique. Je le mets au tarif d’Anthocyane dès que possible. Prix à confirmer, comptez +/- € 40.

Laurent Combier, Crozes-Hermitage, cuvée « Laurent Combier » (a.k.a. la cuvée L, avec l’étiquette violette) 2019, syrah 100%: cette cuvée de jeunes vignes (avec quelques achats de raisins, vu la forte demande) a l’ambition affichée d’être dans le plaisir, l’accessibilité, le fruité et la gourmandise. Elevage 70% œuf béton et 30% bois ancien. Je suis perplexe. La bouche est généreuse, voire chaleureuse (14%), avec pas mal de tannins, comme si on avait rajouté du carignan ou du mourvèdre dans les cuves. A mon palais, ce n’est pas très « syrah ». Une touche de chocolat pour compléter mon désarroi. Est-ce vraiment l’entrée de gamme de Combier ? L’ai-je mal dégusté ? Un effet de séquence ? A revoir.

Le Pas de l’Escalette, Languedoc, Les Petits Pas 2019, assemblage de grenache, de syrah et de carignan: ce vin figure sur le tarif d’Anthocyane depuis un bon moment. Le regoûter me rappelle pourquoi je l’ai sélectionné: frais, précis, nuancé, délicieux. Si vous cherchez un bon rouge, capable de se sortir de situations très diverses et qui ne décevra personne, vous avez trouvé ! Pour aujourd’hui et aussi pour demain. Au tarif d’Anthocyane au prix de € 14.

Riecine, Italie (Toscane), Chianti Classico 2019, sangiovese 100%: le style est plus proche de celui de 2017 que de celui de 2018 et c’est une bonne nouvelle. Pas que 2018 fût décevant, mais il était atypique et aurait sans doute dérouté les amateurs des vins du domaine. Ce 2019 a beaucoup de tout (richesse, maturité, arômes, sensualité, fraîcheur) et arrive avec maestria à équilibrer et harmoniser tous ces éléments. Se goûte comme une évidence. On repose le verre et on sait instantanément que tout est OK. Bravo ! Sera au tarif d’Anthocyane dès que possible, au prix de € 19,50.

Riecine, Italie (Toscane), La Gioia, Rosso Toscana 2017, sangiovese 100%: changement de catégorie, pour ce « supertoscan » élevé 30 mois en fûts. Vignes de 40 ans, sur parcelles à 450/500 mètres d’altitude. La bouche est soyeuse, luxueuse, irrésistible, avec de la fraîcheur et un faible impact du bois. C’est incontestablement très bien réalisé. On ressent les 14% d’alcool. Prix aux alentours des € 50.

Riecine, Italie (Toscane), Riecine di Riecine, Rosso Toscana 2017, sangiovese 100%: comparaison extrêmement intéressante avec le précédent. LA différence entre eux ? Elevage de 3 ans en œuf béton. Donc, pas de bois. Vignes de 45 ans, sur parcelles à 450/500 mètres d’altitude. Le nez est subtil, intense et délicat, avec une pointe de tomate. La bouche est concentrée, assez tannique, juteuse et ne laisse pas ses 14% d’alcool jouer les trouble-fêtes. C’est incontestablement très bien réalisé, avec une âme supplémentaire par rapport au précédent. Il y a un public pour l’un et pour l’autre vin, mais je pense que rares seront ceux et celles qui les trouveront d’intérêt égal: je me range sans le moindre doute dans le camp « Riecine di Riecine ». Prix légèrement supérieur à € 50.

Canalicchio di Sopra, Brunello di Montalcino, La Casaccia 2015, sangiovese 100%: en simplifiant un peu, le monde anglo-saxon considère que l’appellation Brunello di Montalcino se situe un cran au-dessus du Chianti Classico. Ce qui me paraît à peu près certain, c’est que les Brunello sont, toutes choses étant égales, plus riches, plus puissants, plus énormes, plus tanniques. Mais ni plus subtils, ni plus équilibrés, ni plus spirituels. On peut bien entendu adorer ça. A condition d’avoir le portefeuille bien accroché. Cette cuvée parcellaire, élevée 3 ans en botti (foudres) est un digne représentant de ce que Brunello produit de meilleur. Le nez donne envie, l’énorme bouche n’est heureusement ni alcooleuse, ni trop élevée. Cela dit, cela coûte la bagatelle de € 115. J’échange volontiers une bouteille de La Casaccia contre deux bouteilles de Riecine di Riecine.

L’Inconnu de Saint-Emilion Grand Cru 2014: inutile de citer le nom du Domaine: ce vin n’est pas -et ne sera pas- sur le tarif d’Anthocyane. C’est dur, sec, rachitique, probablement à l’agonie. Le fruit s’est sauvé, l’aromatique résiduelle me paraît un peu impure. Aïe.

Domaines Lupier, Espagne (Navarra), El Terroir 2014, grenache 100%: ce vin est adulé par la presse spécialisée dans son pays d’origine. Il ne bénéficie malheureusement pas de la même notoriété sous nos latitudes. C’est bien dommage, parce que ce vin pyrénéen est un produit d’exception, élaboré avec de très vieilles vignes (les plus anciennes ont été plantées en 1903), en altitude (700 mètres !). Malgré l’absence de label sur l’étiquette, c’est de la biodynamie. Anthocyane a vendu le millésime 2015 avec un certain succès, mais je me demande si je ne préfère pas encore ce 2014. La pureté du fruit est magnifique, le fondu est magistral, la fraîcheur évidente et la longueur convaincante. L’esprit du pinot noir en arrière-plan. Servez ce pur grenache au milieu d’une cohorte de Châteauneuf-du-Pape -tous bien plus chers- et on verra le résultat. Je suggère de le servir légèrement rafraîchi, pour placer le curseur de l’alcool (14,5%) au bon endroit. 94 pour le Wine Advocate ex-Robert Parker. 94 également pour le Guia Peñin. Sera rapidement au tarif d’Anthocyane, au prix de € 19,50. Attention, quantités limitées.

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Tour d’Europe: colis à prix promotionnel

Pas de dégustation classique, pour les raisons que nous connaissons tous. Donc, une nouvelle dégustation en « take-away » le samedi 06 février. Toutes les boîtes de petits flacons ont trouvé leur destinataire, plus vite que je ne l’avais imaginé. La demande ayant été supérieure à l’offre, j’ai fait quelques déçus, ce qui me désole. Il est néanmoins encore possible de s’inscrire pour figurer sur la liste d’attente. On ne peut exclure un désistement de dernière minute.

Pour me faire pardonner, voici une jolie alternative pour ceux et celles qui se voudraient se faire une idée claire des vins qui participent à ce Tour d’Europe: le colis 12 bouteilles, proposé à prix promotionnel. Pour bénéficier automatiquement de la promotion, il suffit de passer commande via le magasin. Tous ces vins peuvent bien entendu être commandés « à la bouteille » dans le même magasin. Les commandes doivent me parvenir au plus tard le 09 février.

Voici la composition du colis (1 bouteille de chaque vin):

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Wohlmuth: face à face, dos à dos

Une comparaison honnête entre deux vins que tout rapproche, si ce n’est le cépage. Ces deux vins sont élaborés par le même vigneron (Wohlmuth), dans la même commune (Kitzeck-Sausal, dans le sud de l’Autriche, près de la frontière slovène), dans la même géologie (schiste), dans le même millésime (2019) et avec le même degré d’alcool (12,5%).

Le prix est comparable également, ce sont deux cuvées de type « village ».

Un sauvignon (classique dans cette région) et un riesling (paradoxalement, moins répandu ici qu’on pourrait le penser). Un air de famille. Pas des jumeaux, non, mais des frères (ou des sœurs, l’une option vaut l’autre).

Nous sommes dans une région que j’ai évoquée longuement l’été passé lors d’une dégustation entièrement consacrée à la Styrie: voir cet article

Ces deux vins ont une vraie personnalité, qui les différencie des stéréotypes simplificateurs: on n’est ni en Alsace, ni dans le Rheingau, ni à Sancerre, ni en Marlborough (Nouvelle-Zélande). J’ajouterais que le riesling est très différent de ses cousins des rives du Danube (Wachau et consorts).

Les goûter face à face -ou dos à dos- est une intéressante expérience qui permet de percevoir tant ce qui les rassemble que ce qui les différencie. Le sauvignon est certes plus extraverti que le riesling, il est aujourd’hui plus complexe et plus aromatique. Les deux vins partagent une structure en élégance, finesse et précision. Une absence de marquage par un élevage trop « mêle-tout » les rapproche. Tout est évoqué, rien n’est imposé. Le riesling sera sans doute meilleur demain, le sauvignon est sans doute déjà à son apogée.

Gerhard Josef Wohlmuth

Je vous invite à entrer dans le magasin pour plus d’information. Vous y trouverez le sauvignon et le riesling.

Weingut Wohlmuth, Südsteiermark, Kitzeck-Sausal, sauvignon et Kitzeck-Sausal riesling, 2019.

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Petits flacons – 2ème acte

La dégustation en mode pandémie. Parce que, non, je ne me résigne toujours pas à attendre que ça passe…

chaque petit flacon contient 3 cl de vin

Impossible de se rassembler autour du bar. Circonstances obligent, les petits flacons reprennent donc du service. Cela se passera le samedi 06 février.

Formule similaire à celle proposée lors de la dégustation de novembre 2020:
inscription par e-mail envoyé à anthocyane@skynet.be (le nombre de boîtes contenant les petits flacons est limité)
• enlèvement de la boîte contenant les petits flacons chez moi, le 06 février, entre 10 et 18 heures (m’indiquer si possible une heure approximative de passage)
• lors de la livraison ou de l’enlèvement de votre commande, je récupère les petits flacons rincés.

Le programme de la dégustation n’est pas encore défini, mais ce sera conforme à ce que vous connaissez: des vins européens, d’un prix compris entre € 8 et € 25. Ni bulles, ni rosés. Les vins apparaissent progressivement dans le magasin sur le site Internet. Je prévois une bonne douzaine de vins et donc autant de petits flacons par boîte.

A toutes fins utiles:

  • depuis leur première utilisation, tous les petits flacons ont été soigneusement nettoyés à 60°
  • vos petits flacons seront remplis le plus tard possible, en fonction de votre heure de passage, de façon à minimiser les risques d’altération du vin
  • je suggère de déguster au plus tard 24 heures après votre passage chez moi; dégustez de préférence samedi
  • lors de votre passage, je peux déposer la boîte directement dans le coffre de votre voiture; distanciation physique ? OK !
  • les petits flacons sont numérotés, les commentaires sont disponibles sur ce site Internet
  • chaque petit flacon contient 3 centilitres de vin: c’est largement assez pour goûter « en solo », mais c’est peu pour goûter à deux
  • n’oubliez pas qu’une température de service inadéquate et/ou un mauvais verre peuvent ruiner le meilleur vin
  • méfiez-vous d’une dégustation accompagnée de petits cubes de fromage, de noix et autres perturbateurs du goût
  • l’ordre dans lequel les vins sont dégustés peut influencer votre perception (« effet de séquence »)
  • la formule « petits flacons » n’est pas top-conviviale, mais elle présente néanmoins quelques avantages: vous dégustez au moment qui vous convient, au rythme qui vous convient, dans l’ordre qui vous convient; et vous n’êtes pas obligés de subir mon baratin…
  • autre avantage de la formule: vous pouvez choisir de déguster « à l’aveugle », sans être perturbé par une appellation, un prix, un millésime…
  • enfin, il y a un côté ludique à ne pas sous-estimer !
  • si un contre-temps vous empêche de participer, faites-moi signe rapidement de façon à ce que je puisse contacter quelqu’un sur liste d’attente
  • la boîte de petits flacons est gratuite: elle contient l’équivalent d’une demi-bouteille de (très) bon vin
  • les commandes doivent me parvenir au plus tard le mardi 09 février, directement dans le magasin (c’est le plus commode pour moi) ou par e-mail
  • pour se replonger dans l’ambiance de la dégustation « petits flacons » du mois de novembre, rien ne vaut la lecture des commentaires émis par les participants
  • questions et suggestions toujours bienvenues !
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Les 7 fontaines de Tenerife

El Teide, le volcan de Tenerife

A quoi pensez-vous lorsque l’on prononce « Tenerife » ? Laissez-moi deviner: soleil, vacances, charter, île, hôtel, touriste, Canaries, mer ? Je rajouterais volontiers la présence du plus sommet d’Espagne, El Teide, qui culmine joliment à 3.718 mètres. Cette montagne est un volcan. Les spécialistes estiment que sa dernière éruption significative remonte au IXème siècle. Vu d’ici, cela semble bien loin. Néanmoins, les mêmes spécialistes n’excluent pas une nouvelle éruption: le Teide n’est pas éteint, il est juste assoupi…

Une géologie volcanique et un climat favorable ? Il fallait bien que des amateurs de raisins se décident à planter …ce qui fût fait dès la fin du XVème siècle. Un œil contemporain remarquera aisément que la quantité prime sur la qualité: plenty of dull wines for tourists, écrit Hugh Johnson. Autrement dit, tout se vend localement à des hordes de touristes assoiffés, l’offre s’adaptant à la demande. Mais il y a d’excellents vins en Provence, malgré le gigantesque gosier, pentu et insatiable, de la Côte d’Azur. Mutatis mutandis, il y a d’excellents vins à Tenerife ! Et des cépages autochtones ! Et des vignerons ambitieux ! Et des façons de conduire la vigne que l’on ne trouve nulle part ailleurs !

Dans le nord de l’île, dans une vallée peu accessible, sur les premières pentes du volcan, se cachent les Bodegas Suertes del Marqués. Ce Domaine a une longue histoire, mais il n’a commencé à mettre en bouteilles sous son nom qu’en 2006. Un vignoble de 11 hectares, répartis en une longue série de parcelles fort différentes les unes des autres: à chacune son altitude, sa pente, ses cépages, son exposition, sa géologie et l’âge de ses vignes.

Pas de phylloxera à Tenerife, donc des vignes franches de pied, c’est-à-dire non greffées sur pied de vigne américain.

Exemples: Las Mercedes est une parcelle plantée en 2005, franche de pied, en cépage listan negro, à une altitude comprise entre 620 mètres et 720 mètres, avec une pente moyenne de 37%, en exposition nord. La Solana est une parcelle plantée il y a plus de cent ans, franche de pied, en cépages listan negro, listan blanco & pedro ximenes, à une altitude comprise entre 350 et 450 mètres, avec une pente moyenne de 25%, en exposition est.

C’était bien sûr tentant de vinifier séparément les différentes parcelles, en dépit du travail supplémentaire que cette décision requiert: La Solana est à la fois le nom d’une parcelle de 1,5 hectare et celui du vin qu’on y élabore.

En supplément à ces vins « parcellaires », le Domaine propose également une cuvée « de village », qui porte le joli nom de 7 Fuentes, les sept fontaines. Il s’agit de l’assemblage de 35 (sic) toutes petites parcelles, réparties sur l’ensemble du Domaine. Chaque petite parcelle est vinifiée séparément (mazette). Ce n’est pas une entrée de gamme, la meilleure preuve en étant que ce vin est issu de vignes d’un âge compris entre 10 et 180 ans. Le site Internet du Domaine confirme: cent-quatre-vingt (gloups). Cépages: 90% de listan negro et 10% de castellana, encore nommé tintilla. Vendanges manuelles, levures indigènes. Elevage de 9 mois partiellement en cuves béton ​(60%) et partiellement en fûts de 500 litres (40%).

Je vous propose le millésime 2018 de ce 7 Fuentes, en appellation Valle de la Orotava.

En dégustation, ce vin rouge présente une couleur légère et peu soutenue. Le nez est floral et minéral, intriguant. La bouche est aérienne, très fraîche, avec une finale agréablement peu tannique. J’ai l’impression de déguster un proche parent du pinot noir, dans sa variante allemande. 90% élégance, 10% rusticité. Cela coule de façon très naturelle. Plus infusé qu’extrait. Le boisé est imperceptible aromatiquement, mais il a poli la matière. En finale, des notes de viande fumée et de cendre (je sais …la cendre pour un vin de volcan …et pourtant…)

Bodegas Suertes del Marqués, 7 Fuentes 2018 est disponible dans le magasin.

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Allemagne-Espagne: 3-3

Un match n’est intéressant que s’il est équilibré. Cela tombe bien, les deux bouteilles d’aujourd’hui ont la même forme et mesurent toutes les deux exactement 35 cm de haut. Plus sérieusement, les deux vins sont vendus au même prix et sont tous deux issus de millésimes récents. En dépit de la distance entre les deux vignobles (plus de 2.000 kilomètres), quelque chose me dit que leurs profils pourraient présenter plus de similarités que de différences. Voyons la composition des équipes.

L’Allemagne aligne un riesling du Rheingau. Le maillot de la bouteille est floqué Künstler 2018. En face, l’Espagne aligne un albariño de Galice, maillot floqué Fefiñanes 2019.

Le Rheingau est le royaume du riesling: 80% du vignoble est planté avec ce cépage. 7% du riesling mondial provient d’ailleurs du Rheingau. Comme le nom de la région l’indique, les vignes sont plantées sur la rive droite du Rhin (celle dont l’exposition est sud), sur des collines plutôt vertigineuses. Bien sûr mon mauvais esprit va immédiatement rendre compliqué ce qui paraissait simple: on peut faire faire partie du Rheingau, alors que les vignes se mirent dans le Main. Circonstance atténuante: ce Main est un affluent du Rhin, bien connu pour être la rivière qui baigne, en amont, maints vignobles de Franconie.

Gunter Künstler

Nous sommes plus précisément à Hochheim, village qui porte, avec une impitoyable logique, le nom complet de Hochheim-am-Main. Le vignoble le plus célèbre s’appelle ici Hochheimer Hölle. A côté de ce vignoble « grand cru », nous découvrons le Hochheimer Herrnberg, classé lui erste Lage, ce qui correspond à la notion de « premier cru » en mode Bourgogne.

Ce cru Herrnberg possède la particularité étonnante d’un substrat géologique partiellement calcaire, très inhabituel dans ces contrées. Attention, la phrase qui précède, utilisée par exemple dans les tribunes d’un stade, est susceptible de vous attirer quelques solides froncements de sourcils…

Weingut Künstler cumule les distinctions dans les guides allemands et anglo-saxons: 4 étoiles dans Eichelmann, 5 étoiles dans Falstaff, 4 grappes dans Gault&Millau, 3 étoiles pour Hugh Johnson. Hélas, le Domaine est moins connu dans le monde francophone, vu l’habituelle absence d’attention portée par les médias parisiens pour ce qui se passe outre-Rhin.

Le Domaine est à la tête de 50 hectares de vigne, dont 79% de riesling et de 15% de pinot noir. Un peu de chardonnay et -amusant dans le contexte de ce match- 1% d’albariño ! Bon, le Domaine vend ce « vin de cépage » sous la graphie portugaise (alvarinho), mais il s’agit bien du cépage galicien. Le bouleversement climatique pousse de nombreux vignerons prudents à anticiper le moment où les cépages nordistes, comme le riesling, ne feront plus l’affaire. Planter des cépages plus sudistes -comme l’albariño- et vinifier les raisins récoltés est une façon de se préparer à un avenir incertain mais sans doute caniculaire.

2018 est un millésime chaud, comme l’Allemagne en connait de plus en plus souvent. Conséquence: le degré alcoolique peut augmenter et l’équilibre se modifier. Cela peut plaire comme cela peut décontenancer. Ce Hochheimer Herrnberg a parfaitement géré le millésime, avec un degré alcoolique de 12,5% et 5 grammes de sucre résiduel par litre de vin. L’équilibre perçu est néanmoins sec, à cause de l’intensité des éléments acides.

L’Espagne aligne donc un albariño de Galice, maillot floqué Fefiñanes 2019. La Galice (nord-ouest de l’Espagne: certains paysages côtiers sont plus irlandais que nature) est un peu the place to be pour l’amateur attentif à ce qui se passe dans le microcosme du vin. Des vins originaux, combinant habilement des caractéristiques sudistes et nordistes, des cépages autochtones, une météo compliquée (cf. les paysages irlandais) sous forte influence océanique et …quelques vignerons particulièrement inspirés.

Il y a la Galice de la montagne, à l’intérieur des terres, avec pas mal de vins rouges et il y a la Galice de la mer, en appellation Rias Baixas, avec le vin blanc d’albariño à peu près partout. Cette appellation Rias Baixas est à son tour organisée en cinq zones non-contiguës ! Ô les vilaines, comment osent-elles ? Deux zones à la frontière portugaise (O Rosal et Condado do Tea), une zone minuscule (Soutomaior), une zone au nord pas très porteuse (Ribeira do Ulla) et enfin la zone-clé, Val do Salnés, où se concentrent la plupart des Domaines intéressants.

Dans ce coin d’Ibérie, Anthocyane vous a déjà proposé avec succès la cuvée Leirana du Domaine Forjas del Salnés. Voici un autre domaine à suivre de très près: Palacio de Fefiñanes (ou Fefiñans en langue gallego). Le Domaine occupe de magnifiques bâtiments anciens, au centre du village de Cambados. Il élabore trois cuvées 100% albariño: III Año (très long élevage sur lies), 1583 (passage en bois) et la bien nommée Albariño de Fefiñanes, depuis le millésime 1928, étant ainsi le premier vin de la région à être mis en bouteilles. L’ancêtre de tous les albariño modernes, le pionnier.

L’étiquette ne doit d’ailleurs pas avoir beaucoup évolué depuis lors…

En dégustation comparative, side by side, je suis frappé par les similitudes et par la subtilité des différences: le nez allemand est citronné, pierreux et légèrement abricoté. Le nez espagnol est légèrement exotique, avec des nuances de pêche et d’abricot.

La bouche allemande est vive, élégante, avec une finale citronnée et caillouteuse. C’est un Rheingau en finesse, sans la puissance souvent de mise dans la région. C’est bien sec, malgré la présence de quelques grammes de sucre résiduel. Belle finale minérale. Vin qui mérite d’être un peu attendu pour bénéficier d’une plus grande complexité.

La bouche espagnole est aromatique, avec de la pêche, de l’ananas et des notes fumées. Un peu d’amande. C’est tout-à-fait sec, frais et pur. Du gras et de la longueur. Il y a un peu plus de puissance et un peu moins de vivacité que dans le vin allemand.

Je n’ai pas de préférence. It’s a draw. Un match équilibré pendant lequel on s’amuse parce que chaque équipe marque des buts…

Le magasin propose le riesling allemand de Künstler et l’albariño espagnol de Palacio de Fefiñanes.

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Quinta Nova: ce n’est pas toujours du Porto

La Quinta Nova de Nossa Senhora do Carmo se situe sur le fleuve Douro, très en amont de Porto et en direction de la frontière espagnole (à partir de laquelle le Douro se mue en Duero). Nous sommes donc en pleine région du Porto. Ce Porto (ruby ou tawny, vintage ou colheita) jouissait jusque vers 1990 d’un quasi monopole. Autrement dit, on ne produisait presque pas de vins non-mutés dans la région, tous les raisins servant à faire du Porto, pour le meilleur …et pour le pire.

Dirk Niepoort (encore lui …il est décidément dans tous les coups) a été l’un des premiers à percevoir que le marché du Porto était plutôt sur le déclin et qu’il était grand temps d’utiliser les magnifiques terroirs de schiste du Douro pour élaborer de grands vins rouges secs, non-mutés à l’alcool.

Le Douro, comme le Dão plus au sud, est un paradis pour les amateurs de cépages autochtones: touriga nacional, tinta roriz, tinto cão, touriga franca, tinta barroca, tinta francisca, tinta amarela, etc… Autochtones, quoique tinta roriz soit en fait un synonyme du tempranillo espagnol. Historiquement, les parcelles étaient plantées en foule, c’est-à-dire sans être alignées en rangs et en complantation, c’est-à-dire en mélangeant différents cépages sur la même parcelle.

La Quinta Nova fait partie du groupe Amorim, connu en particulier pour être le premier producteur mondial de liège. Le roi du bouchon a produit 5,5 milliards de pièces en 2019 !

Le Domaine produit bien entendu du vin, mais propose également une offre oenotouristique très complète: restaurant réputé (Conceitus), chambres « chic », promenades en bateau sur le fleuve, etc…

En dégustation, le vin présente une couleur plutôt sombre et jeune. Le nez confirme la jeunesse et l’absence de tout élevage en bois: du fruit et encore du fruit ! Cerise et prune. La bouche est équilibrée, succulente, juteuse et assez « punchy ». Quelques bons petits tannins, sans trace d’amertume.

Le point-clé pour un rouge sec du Douro: comment l’alcool est-il géré ? De nombreux vins issus de cette région particulièrement chaude sont en effet dévalorisés par une sensation brûlante et une excessive chaleur en bouche. Cette cuvée « unoaked » résout ce problème potentiel avec talent. Bien sûr, c’est un vin solaire qui ne peut cacher son origine: assez puissant, grâce à la matière mais aussi grâce aux 14% d’alcool. Cette solarité est néanmoins très bien cadrée, maîtrisée, intégrée dans le fruit, évitant ainsi toute lourdeur.

La bouteille est un bel objet. L’étiquette liste les quatre cépages présents dans cette bouteille. Mon seul regret concerne le nom donné à la cuvée: ce « unoaked » qui qualifie le vin, en anglais, par ce qu’il n’est pas, c’est un peu tristounet. Disons néanmoins que c’est clair, dans un pays où la plupart des vins rouges sont élevés sous bois.

Quinta Nova « unoaked » 2018 est arrivé dans le magasin.