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Un weekend pas trop loin de Bruxelles et un vignoble réputé ? Vous me répondrez sans doute via quelques bulles champenoises, entre Reims et Epernay. Voici néanmoins une alternative plus originale, voire légèrement exotique pour nous les francophones: Trier, capitale de la Moselle allemande, terroir d’excellence pour le riesling. Trois heures de route pour se plonger dans une autre culture du grand vin.

Un peu de vocabulaire, à titre de trousse de premier secours: « alte Reben » = vieilles vignes; « feinherb » = demi-sec; « grosse Lage » = terroir grand cru; « edelsüß » = moelleux/liquoreux; « Sekt » = bulle élaborée en méthode traditionnelle; « Ortswein » = vin de village (sur le modèle bourguignon); « Ruwer » = affluent de la Moselle et sous-région particulièrement recommandable; « Spätburgunder » = pinot noir., …

Prévoir une pause pendant votre visite du centre (très) ancien de Trier: Das Weinhaus. Caviste très bien achalandé et wine bar typique, avec petite restauration.

Une idée de ce que vaudra le futur millésime 2025 ? Non, bien sûr que non. C’est déjà difficile quand les raisins ont été vendangés, alors faire des prévisions en juillet, décidément non. Malgré tout, sans aucune prétention scientifique, je surveille chaque été notre mûrier.

Les participants aux dégustations du samedi le connaissent bien, il se trouve juste à côté de la porte d’entrée. Exposition nord-est. Planté il y a plus de vingt ans. Ce murier bénéficie de la chaleur que lui rend le mur contre lequel il s’appuie. Il subit périodiquement une taille vigoureuse.

Bilan 2025: plusieurs récoltes en juillet de fruits bien mûrs, présentant un équilibre idéal entre sucrosité et acidité. Couleur violacée qui révèle la présence massive d’anthocyanes. Très peu de fruits pourris. Une excellente année précoce ! Le temps où il fallait attendre le mois d’août pour déguster les mûres semble révolu.

La Bourgogne est un mystère. La Bourgogne est insondable et impossible à résumer. Elle génère émerveillements et frustrations. Elle ne garantit jamais rien. Une réflexion qui mérite le partage: Achetez les vins des meilleurs vignobles et des meilleurs producteurs lors des pires millésimes. En grand millésime, achetez les simples bourgognes et les villages de presque n’importe qui …et économisez de l’argent.

Méfiez-vous du vigneron qui tente de transformer un petit millésime en grand millésime en faisant appel à des artifices (dont il ne vous dira rien). Un petit millésime peut être charmant et équilibré. Un petit millésime maquillé ne sera ni l’un ni l’autre.

Je vous invite à participer à la dégustation de ce samedi 26 juillet, entre 10 et 18 heures. Le programme est finalisé. Ce sera majoritairement franco-espagnol. 15 vins sur le bar. Un rosé corse et un rosé allemand. Deux cuvées du Domaine de la Madone dont l’étonnante Mi-Noir Mi-Bouze (tout un programme). Catalogne, Rioja, Galice et d’autres régions espagnoles. La cuvée Centenaire de Lafage, particulièrement réussie en 2024. Deux fois l’incontournable Nicolas Maillet en millésime 2023. Et le nouveau millésime de la cuvée Perbacco de Vietti (Piémont).

Je prends vos commandes dès à présent et jusqu’au mardi 29 juillet inclus. Mise à disposition des vins pendant la première quinzaine du mois d’août.

Il n’est pas rare d’entendre un dégustateur commenter un vin moelleux en affirmant qu’il a mangé ses sucres. C’est un phénomène moult fois observé: après un (long) vieillissement en cave, certains vins moelleux se goûtent presque secs. Comme si les sucres avaient fait leurs valises pour disparaître … en douce.

Or, analytiquement, il n’en est rien. Les sucres sont toujours présents. Je cite la Revue du Vin de France de juillet/août 2025: le Château d’Yquem cofinance une thèse visant à lever le voile du mystère qui entoure ce prodige sensoriel.

Comme quoi, les sucres ont la faculté de se faire discrets, avec la complicité du temps qui passe…

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Allemagne, Mosel, Trittenheim, jours 13 & 14

Trittenheim n’est pas exactement le village qui incite l’automobiliste de passage à s’arrêter parce que les colombages et autres maisons peintes lui taperaient dans l’oeil. De loin, c’est assez banal. De près (c’est-à-dire en marchant), on y trouve pourtant un tas de petites curiosités que, selon son goût personnel, l’on qualifiera de charmantes ou de kitchissimes.

Apotheke se signale à tous et en toutes lettres, même sans zoom

Du côté de la Moselle et juste en face d’un mur de vignes connu sous le doux nom de Trittenheimer Apotheke, ce village cache surtout une maison étoilée dont il paraît que la carte des vins mérite un large détour.

au delà des vins allemands, une belle sélection autrichienne

Wein- & Tafelhaus figure depuis longtemps sur la liste des restaurants qui excitent mes papilles mentales. Petit menu le vendredi soir, grand menu le samedi soir pour clôturer en beauté ces deux semaines de vacances.

Deux menus, deux vins mosellans: d’abord le Piesporter (appellation village) de Julian Haart. Ce jeune homme est le neveu de Théo Haart (Domaine Reinhold Haart). Il élabore sur 5 hectares des vins exceptionnels: ce Piesporter est de mon point de vue une parfaite incarnation du riesling sec mosellan: une incroyable légèreté conjuguée avec de l’intensité et du fruit. On ressent ce qui s’apparente à de la fragilité d’autant mieux que le vin est servi dans un verre Zalto qui exprime cette même fragilité. Délicatesse implique concentration chez le dégustateur : si l’on fait l’effort pour l’écouter, sa musique est fantastique ! C’est de la musique de chambre, pas une symphonie.

Piesport est un village de la vallée de la Moselle

J’avais fort envie de découvrir les vins de Franz-Josef Eifel, vigneron basé à Trittenheim et disposant en particulier de quelques rangs de vignes dans la meilleure partie du Grand Cru Trittenheimer Apotheke: le Sonnenfels. Eh oui, un cru de 68 hectares n’est pas homogène: certaines parcelles sont mieux exposées que d’autres et la géologie est assez complexe. En Allemagne, ce vigneron obtient très régulièrement des notations stratosphériques. Le Domaine est minuscule (3 hectares) et il n’y a donc pas beaucoup de bouteilles à l’export.

Ce Sonnenfels est très étonnant: minéralité puissante, dominatrice; jus de caillou au point d’effacer la contribution du cépage: à l’aveugle, je pense que je n’aurais pas reconnu le cépage, le citron -jaune, vert- disparaît au bénéfice du schiste (ardoise). Un vin qui joue la carte de l’invulnérabilité et de l’éternité. Pas gratuit évidemment (€ 69 sur table), mais n’importe quel Chablis premier cru est vendu aussi cher, si pas plus cher.

étiquette difficile à photographier parce qu’elle répartit l’information sur une grande largeur…
… et donc voici le nom du vigneron (FJ Eifel) et le nom de la cuvée (Sonnenfels)
la promenade nous fait croiser quelques vignes du Domaine Eifel

Et pour clore ce périple, une anecdote qui nous a bien fait sourire. Nous sommes au restaurant et commandons une bouteille plutôt haut de gamme. Une demoiselle nous amène le flacon et constate soudain qu’il n’est pas capsulé, mais doté d’un bon vieux bouchon en liège. Panique, la demoiselle disparaît en emmenant la bouteille.

Quelques instants plus tard, une autre demoiselle, celle-ci munie d’un tire-bouchons, nous sauve de la soif. Euh …non, elle n’a manifestement jamais utilisé le tire-bouchons et s’obstine à vouloir arracher le bouchon d’un seul coup. Le spectacle vire à la tragi-comédie à tel point que je me décide à ouvrir le flacon moi-même en expliquant gentiment à la seconde demoiselle comment ça marche.

Moralité: la capsule est la norme, le bouchon, l’exception.

Prenez vos vacances là où il y a du vignoble: la météo y est plus agréable, les paysages plus jolis, les villages plus pimpants et les restaurants plus appétissants. Boire un vin en observant en même temps le vignoble dont il est issu est un plaisir d’une grande finesse.

Trittenheim, dans un méandre de la Moselle