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L’encépagement de Bordeaux

Bref coup d’œil sur le temps long

Aujourd’hui, c’est le merlot qui domine à Bordeaux (Gironde). Nettement, puisqu’il représente à lui seul 58% de l’encépagement du vignoble bordelais. Les deux cabernets, le franc et le sauvignon, doivent se contenter ensemble de 27%. Ce qui laisse un peu de place pour le malbec, le sauvignon et le sémillon. Les autres cépages peinent à exister (petit verdot, muscadelle, etc…).

Mais il n’en a pas toujours été ainsi. En 1960, le tableau était très différent: les cépages blancs classiques représentaient tous ensemble … 42% du vignoble (16% pour le seul sémillon), les rouges classiques se contentaient de 32% . Ce qui reste (25%), c’étaient des cépages hybrides, blancs et rouges ! Ces hybrides (acides mais peu chargés en sucres) étaient assemblés à des vins d’Algérie pour approvisionner la France en vin courant. Très très courant …

A Bordeaux, le merlot est progressivement passé de 12.000 hectares à … 73.000 hectares, en une soixantaine d’années.

Quelques commentaires:

  • ce n’est sans doute pas à Bordeaux que l’on trouvera la plus forte proportion de (très) vieilles vignes
  • l’adéquation entre terroir éternel et cépage qui en extrait la quintessence est au moins sujette à débat
  • la demande pour le vin blanc est croissante alors que celle pour le vin rouge est décroissante: oups …
  • ces chiffres globaux ne disent pas grand-chose sur ce qui s’est passé à Pauillac ou à Pomerol: les évolutions locales peuvent être différentes, voire divergentes.
  • Sociando-Mallet (Haut-Médoc) constitue un exemple frappant: en 1996, l’encépagement se composait de 60% de cabernet sauvignon, de 30% de merlot et de 10% de cabernet franc. Aujourd’hui: 55% de merlot, 43% de cabernet sauvignon et 2% de cabernet franc. Pendant ce temps, la superficie plantée en vignes est passée de 58 hectares à 83 hectares, soit 17 hectares de merlot en 1996 contre … 45 hectares aujourd’hui ! Le vin a beaucoup changé, il est même méconnaissable.