Prochaine dégustation le samedi 29 août, de 12 à 18 heures.
Attention, Anthocyane on the road : la dégustation aura lieu cette fois à Forest, Avenue des Sept Bonniers 156, entre Parc Duden et Chaussée d’Alsemberg. Parking payant (zone verte), mais plutôt facile.
Les vins achetés par les participants à la dégustation seront, s’ils le souhaitent, livrés par la suite à la même adresse à Forest.
Le thème sera 100% italien, en une quinzaine de vins.
La Ca’ Növa di Rocca (Barbaresco), Speri (Valpolicella & Amarone), Suavia (Soave, volcans du Veneto), Convento San Lorenzo (Valtellina), etc…
Les vins qui participent à la dégustation apparaîtront progressivement sur cette page.
J’assume ma qualité de commerçant-vulcanologue. Il y a une intensité vibrante dans les vins issus de vignes plantées dans un sol volcanique qui me touche. C’est pour partie rationnel et pour partie …émotionnel. Conséquence: je les recherche avec une détermination certaine. Une catégorie spéciale leur est dévolue dans le magasin. Et un logo éruptif sur les fiches explicatives.
Et pourtant … ceci n’est que mon deuxième vin de l’Etna, après le rouge « Le Sabbie dell’Etna » (Firriato) il y a bien longtemps.
Entretemps, nous nous sommes baladés en Espagne (Îles Canaries: Viñatigo, Envinate),en Allemagne (Schäfer-Fröhlich: Vulkangestein, Knab: Steinhalde), en Italie (Suavia: Monte Carbonare), en France (La Madone, Thivin Côte de Brouilly, Clos Galerne Anjou Noir), en Grèce (Gaia Santorin), au Portugal via les Açores et Madère … et j’en oublie bien d’autres.
Pour moi, l’Etna, c’est LE volcan par excellence: actif -au point d’inquiéter régulièrement les habitants-, majestueux (3.300 mètres et des poussières) et terre d’accueil pour un vignoble dont la notoriété ne cesse d’augmenter. Hélas pour nous pauvres amateurs, cette forte notoriété pousse les prix à la hausse … comme ailleurs (Jura, Santorin, …). En 1999, le guide Gambero Rosso recensait 10 Domaines intéressants. Il y a aujourd’hui 200 Domaines sur les pentes du volcan. Cette inflation se traduit aussi par un agrandissement du vignoble, passé de 600 à 1.200 hectares plantés. Pour notre plus grand bonheur, la croissance du volume va de pair avec une progression de la qualité.
Les vignerons de l’Etna se sont lancés avec beaucoup d’énergie dans le découpage du vignoble en parcelles cohérentes. Ces parcelles s’appellent contrade (au singulier, contrada). J’en compte … 142 ! Spectaculaire, mais peut-être excessif du point de vue du consommateur qui risque de se noyer dans trop d’info. En pratique, ces contrade ne sont pas systématiquement revendiquées et bien des vins proviennent d’un assemblage de parcelles, ce qui leur fait logiquement perdre le droit d’afficher une contrada. Généralement, une contrada s’étend sur une terntaine d’hectares et est partagée entre plusieurs vignerons. On pourrait les comparer aux climats bourguignons.
Pour entretenir une conversation mondaine, quoi de mieux qu’un paradoxe italien, à savoir que certaines contrade n’ont pas droit à l’appellation Etna (ni Rosso ni Bianco) parce qu’elles se situent au-delà de la limite des 1.000 mètres d’altitude. A l’instar des Super-Toscans, ces Super-Siciliens se commercialisent en igp Terre Siciliane.
L’Etna, c’est grand. Très grand. 180 kilomètres pour en faire le tour. Le Parc Naturel, qui ne concerne en gros que ce qui se situe au-delà des 1.000 mètres d’altitude couvre 60.000 hectares.
Le vignoble de l’Etna est plutôt rouge (53%), avec pour cépage principal le nerello mascalese, un grand capricieux qui se positionne quelque part entre nebbiolo et pinot noir. Le blanc (34%), dont le potentiel est de plus en plus affirmé, c’est du carricante, parfois complété par du catarratto. 9% de rosés et quelques bulles complètent le tableau.
Le Domaine Cottanera est installé au nord du volcan, souvent considéré comme la zone la plus qualitative (il y a du vignoble tout autour du volcan, sauf à l’ouest). Cottanera fait partie des pionniers de l’Etna moderne.
Je vous propose un Etna Bianco 100% carricante, avec un degré alcoolique modéré (12,5%): c’est certes un vin du sud, mais c’est aussi un vin d’altitude (entre 680 et 750 mètres). Le vin assemble des raisins issus de trois contrade: Cottanera, Diciassettesalme et Feudo di Mezzo, contiguës et situées sur le territoire de la commune de Castiglione di Sicilia. Eh oui, le Domaine porte le nom d’une contrada. Les vignes sont âgées d’une trentaine d’années. L’élevage est assez court (6 mois) et s’effectue en cuve inox (pas de bois).
Vous avez l’impression de goûter un vin qui vous évoque plutôt le nord de l’Europe ? C’est normal !
Samedi, c’était dégustation. Voici quelques commentaires personnels sur ce qui a été goûté, à l’attention particulière de ceux et celles qui avaient piscine et/ou poney.
Voici quelques notes prises à l’issue de dégustation, en complément des commentaires qui figurent dans les fiches de chaque vin. D’abord les cinq vins blancs, ensuite la bulle et enfin les 9 vins rouges.
Le Vouvray des Aubuisières (€ 13,50) démontre que cette appellation est vaillamment représentée par d’autres que les célébrissimes Huet et Foreau. Les vins de ces derniers sont formidables; leurs prix sont tout aussi « formidables »… La cuvée de silex 2023 est un chenin très pur, bien sec que l’on ouvre sans hésitation: laissons à Foreau et Huet les occasions exceptionnelles, les Aubuisières se chargeront volontiers des repas au quotidien ! Belle alternative à un chardonnay non-boisé.
L’appellation Terre di Chieti et le cépage pecorino ont une notoriété limitée, j’en conviens. Mais le Domaine Fabulas, cuvée Fecerunt (€ 11,00) en tire un vin original, droit, caillouteux, fruité avec discrétion, élégant. Franchement, il vaut plus que son prix. C’est une découverte dont je heureux: il faut parfois goûter beaucoup de vins dans cette catégorie de prix pour en extraire une pépite !
Toujours dans le centre de l’Italie, le Domaine Santa Lucia, cuvée Albarara (€ 14,00) se distingue par un gras surprenant: c’est rond, riche et assez confortable. Alors que le pecorino ci-dessus évoque plutôt le nord, cet albana évoque le sud, sans mollesse ni alcool excessif.
On change de division via le somptueux Monte Carbonare du Domaine Suavia (€ 19,90): cette cuvée de Soave m’impressionne, millésime après millésime, par sa capacité à conjuguer délicatesse et intensité. Elegance et force. Le volcan veille, comme s’il transmettait une vibration au vin.
Voici un bel exemple de la capacité du Mâconnais à chatouiller la Côte d’Or à des prix nettement plus abordables: Le Saint-Véran du Domaine Guerrin (€ 19,90) est légèrement boisé, précis et en devenir. Je n’aime pas trop faire goûter un vin en insistant sur le fait qu’il sera bien plus intéressant dans quelques mois, voire quelques années. Voici donc une exception: attendez 2025 pour tire-bouchonner ce flacon, l’aromatique sera plus affirmée, dans des nuances de pêche.
Une bulle fraîche, citronnée, sans douceur doucereuse: le Domaine Andreola propose XXIII(€ 19,90). C’est du haut de gamme, sans tenter le moins du monde de copier le Champagne. Une bulle légère (11,5%), souriante et emballée dans un flacon design du meilleur effet.
Le premier rouge est un vin bilingue italien et allemand. Dans cette région du nord de l’Italie qui s’appelle Alto Adige et que les habitants préfèrent nommer Südtirol, on trouve des vins de couleur pâle, d’une belle fraîcheur, avec un p’tit côté montagnard. Même le cépage est bilingue: schiava ou vernatsch selon votre préférence. Et que dire alors de l’appellation ? Kalterersee Classico Superiore ! Kaltern (€ 12,50) est une jolie synthèse de ce qui précède. Ne vous laissez pas décontenancer par la légèreté de la robe, c’est inhérent au cépage.
Vietti Trevigne Barbera d’Alba(€ 21,00) combine la fraîcheur et la couleur du cépage barbera avec un profil qui peut rappeler le nebbiolo. Rien d’étonnant à cela, Vietti est une maison célèbre pour la qualité de ses Barolos (100% nebbiolo): elle n’hésite pas à planter de la barbera sur des parcelles traditionnellement réservées au nebbiolo. Sur un beau terroir, la barbera fait des étincelles !
Après avoir déjà proposé la cuvée Silice, voici le Cahors La Pierre du Château Les Croisille (€ 23,00): 100% malbec, avec beaucoup de couleur, beaucoup de fruit, beaucoup de jus. Une explosion de saveurs, une modernité qui tranche avec l’image de l’appellation (celle-ci a beaucoup souffert, mais la convalescence se passe de mieux en mieux !).
Tout qui me connaît, sait à quel point je suis attaché aux vins du Domaine d’Aupilhac et en particulier des cuvées Cocalières(€ 24,00): quelle finesse, avec une aromatique au sein de laquelle la syrah domine: nuances de jambon fumé qui rappellent le Rhône nord. Pas courant en Languedoc ! Et la qualité des tannins: waouw !
Qui défend le Chianti Classico traditionnel, celui qui parie sur des élevages longs et des extractions mesurées ? Castell’in Villa (€ 25,00) pardi ! Vous aimez Lopez de Heredia et Le Puy ? A mon avis, vous aimerez ce Chianti Classico atypique, très profond, sans la moindre concession ni aux modes ni aux tendances. La couleur peu intense est typique.
Le suivant a énormément plu et je comprends très bien pourquoi: grande finesse, grande intensité, fondu harmonieux, élégance des tannins, vraiment difficile de résister à la cuvée De Le Mur du Domaine Convento San Lorenzo(€ 29,90). Même cépage que le Barolo, sans devoir attendre longtemps: beau potentiel de garde, mais absolument rien n’empêche de l’apprécier dès aujourd’hui !
Retour au Domaine d’Aupilhac: Ce pur Carignan(€ 25,00) est l’antithèse des Cocalières: beaucoup de couleur, solide structure tannique, arômes de cuir et de fruits noirs, un poil de sauvagerie et beaucoup de personnalité. Je me souviens avoir découvert le cépage carignan avec le millésime 1998 de ce vin: ça ne me rajeunit pas.
Enfin, nous avons comparé trois millésimes consécutifs du Chianti Classico Riserva du Domaine Riecine(€ 39,00): 2018 (épuisé), 2019 et 2020. Fascinant de découvrir les nuances qui différencient le cérébral 2020 du sensuel 2019. Que choisir ? Si c’est pour les semaines et les mois qui viennent, je suggère le 2019. Si c’est pour garder quelques années, le 2020.
Je note vos commandes jusqu’à ce mardi soir 26 novembre (les commandes globales sont transmises aux importateurs le mercredi matin) : Programme de la dégustation
Ce qui frappe en entrant, c’est le grondement, le bourdonnement, la foule.
La densité au mètre carré des êtres humains serait suffocante si le bâtiment avait été bas de plafond. Mais c’est une énorme centrale électrique, construite en 1924. Architecture industrielle en briques rouges, comme un vaisseau posé sur la plaine du Limbourg minier.
L’œil peine à se concentrer tant il est stimulé de toutes parts. Bref échange avec la jeune femme qui encaisse mon dû. Chercher la table où déposer mon sac à dos, en extraire la matériel requis. Se préparer mentalement pour ne pas dévier, ne pas être submergé, ne pas me perdre.
Faire selon le plan. Un jeune papa avec un bébé dans ses bras. Se diriger vers une première table. Une jeune femme en jupe léopard. Se frayer un chemin. Repérer le numéro de la table. Longchamp, Delvaux, Dior. Tendre le bras, capter le regard. Anglais, italien, flamand, français ? Des bribes de conversations. Une jeune femme en chemisier léopard. Le liquide coule enfin. Sourire et remercier. Reculer. Me retirer. M’extraire. Coup d’œil panoramique. Enfin une table à portée. Faire ce pourquoi je suis là. Prendre note. Chercher le mot qui fait sens. Me méfier de moi-même. Prendre le temps et aller le plus vite possible. Et gérer la contradiction. Une jeune femme en chaussures léopard.
Trouver le rythme, recommencer et recommencer encore. Connaître les limites de l’exercice. Confirmations et surprises. Soudain, une émotion, l’intuition d’être en face d’une perle, la sensation pour laquelle …
Le brouhaha, le vacarme. Faire selon le plan. Croiser un visage connu. Bref échange. Adapter le plan en fonction. Un enfant de 3 ans qui court entre les tables, sous les tables, autour des tables. La bouche pleine, chercher un crachoir, accessoire indispensable plus que tout autre. Sentir la première fatigue. La bouche pleine, ne pas trouver de crachoir à portée. Se résoudre à cracher dans un verre vide qui semble abandonné. Sentir le regard ébahi -aïe- de l’utilisateur du verre en question. Se confondre en excuses, les joues rougissantes. Reprendre le fil. Faire selon le plan.
J’ai goûté une trentaine de vins. Quelques déceptions, quelques bonnes surprises et quelques moments magiques entre Sicile et Piémont. Vernaccia, nerello, verdicchio, nebbiolo, carignano, sangiovese et beaucoup d’autres.
La centrale électrique a cessé ses activités quand les mines ont fermé. Aujourd’hui c’est un lieu événementiel, dans un style « Tour & Taxis« . Cela s’appelle Watt 17.
Reprendre le chemin du parking. Le soir tombe, faire 90 kilomètres. Tutti bene.
La dégustation de ce samedi 25 mai a permis aux participants de découvrir des vins étonnants et de faire quelques comparaisons pertinentes.
Nous avons en particulier comparé :
le Chablis « Croix-aux-Moines » 2022 de Denis Pommier (légèrement boisé) avec le Mâcon-Verzé « Le Chemin blanc » 2022 de Nicolas Maillet (100% cuve),
le rosé corse de Sant’Armettu « Mino » 2023 (en rondeur confortable) avec le rosé provençal du Clos de l’Ours « L’Accent » 2023 (tout en énergie)
Les fans du cépage nebbiolo ont manifestement apprécié les deux vins en provenance de la Valtellina (Lombardie, près de la frontière suisse): le classique Botonero 2023 et la nouveauté Convento San Lorenzo 2021 (intense, raffiné, élégant).
Le Domaine de La Madone a élaboré en 2023 un « Mi-Noir Mi-Bouze » de derrière les fagots : intensément coloré, fortement fruité, savoureux et « civilisé » (le millésime 2022 était « sauvage et rebelle »).
Le Priorat blanc “Coma Calcari” confirme son statut de vin d’une grande complexité : donnez-lui quelques minutes dans le verre, laissez-le légèrement réchauffer, revenez-y encore, le vin ne cesse de se transformer ! C’est un Priorat blanc atypique, qui conjugue le sud d’où il est originaire avec le nord (quelques réminiscences de riesling !).
Vous voulez changer d’avis au sujet du cépage aligoté ? Plongez sur le 2023 « pure cuve » de Nicolas Maillet : au-delà de la fraîcheur qui caractérise ce cépage, une belle matière mûre et fruitée.
Enfin, comment résister à la texture soyeuse d’Altaroses (Catalogne, 100% grenache) ? Une formidable interprétation d’un cépage trop souvent malmené par des alcools brûlants.
NB : le Gentil d’Alsace (riesling, muscat, pinot blanc) est décidément un bien joli vin, proposé à un tarif très attractif. Bon à savoir : il n’est pas parfaitement sec, une petite pointe de sucre résiduel lui donne du charme mais le destine en priorité à l’apéritif et aux cuisines exotiques/piquantes.
Tous ces vins peuvent être commandés en cliquant sur le bouton ci-dessous:
Sans grande surprise pour ceux et celles qui connaissent la gamme d’Anthocyane, me voici donc au Domaine Riecine à Gaiole in Chianti. Les deux derniers kilomètres avant d’arriver nécessitent un conducteur attentif. Une fois le portail franchi, nous sommes reçus par Lorenzo qui nous propose une visite très complète dans un anglais parfait.
La maison des propriétaires
En particulier, il nous montre le trésor, c’est-à-dire la bibliothèque des flacons historiques où sont conservés dans des conditions idéales les millésimes anciens: on remonte allègrement aux années ‘90, voire plus loin pour certains crus.
Le Domaine a été fondé en 1971 et n’a pas changé de philosophie depuis, malgré deux changements de propriétaires. On ne vise en aucun cas à en mettre plein les yeux, plein le nez et plein le palais. On veut faire mieux, plus équilibré, plus subtil. Pas question de tomber dans le piège d’un modernisme avide du toujours plus. Le bois fait partie de la panoplie de l’équipe qui vinifie, mais le bois neuf est proscrit (sauf pour La Gioia, j’y reviens plus loin) et les contenants sont des 300 litres, voire des 500 litres, qui marquent peu. Les fermentations ont lieu pour l’essentiel en cuves béton, matériau poreux qui permet une micro-oxydation des vins.
On remarque aussi plusieurs œufs en béton (Nomblot) utilisés pour la cuvée Riecine di Riecine (ma préférée).
Un coup d’œil sur le vignoble qui entoure la propriété permet d’observer des vignes cultivées en albarello, c’est-à-dire en bush vines: il n’y a pas de rangs, ce qui implique des vendanges manuelles. Pas de souci puisque tous les raisins sont récoltés à la main. Lorenzo nous indique que le nom du Domaine est d’origine étrusque et signifie entre deux rivières. Entre nous, les deux rivières dont question sont très peu visibles.
Pendant la conversation, le sujet du bouleversement climatique ne peut être évité. Le gel frappe peu le Domaine, mais la grêle peut être dangereuse: en 2024, Riecine n’en a pas souffert, mais des domaines voisins ont eu moins de chance. Les parcelles se situent essentiellement en altitude et l’humidité est maîtrisée grâce aux vents qui sèchent les grappes. On travaille en bio dans le vignoble depuis de longues années et depuis trois ans le travail en cave est également bio grâce à quoi la certification a été obtenue depuis le millésime 2021.
Un artiste s’est chargé de décorer les différents bâtiments
On produit ici à peu près 60.000 bouteilles dont une moitié de Chianti Classico. Le reste se partage entre le rosé, le Chianti Classico Riserva, les quatre cuvées de prestige et le blanc.
La dégustation commence avec le rosé Palmina 2022 (igt Toscana): c’est croquant, fruité et léger (12,50%) avec de la couleur. Un complément pertinent à la gamme des vins rouges, qui commence par le simple Chianti Classico 2021 (le 2022 est déjà disponible, mais le Domaine préfère faire goûter son aîné qui se goûte mieux en ce moment). Tout ici est question d’équilibre: surtout ne pas extraire trop pour garder une grande buvabilité et des arômes de cerise fort appétissants. Une note de poivre noir qui est une signature de la gamme de Riecine. On en boirait jusqu’au bout de la nuit !
Intéressant, nous goûtons ensuite le Chianti Classico Riserva dans le même millésime 2021. Lorenzo me confirme que les raisins sélectionnés pour ce Riserva ne proviennent pas systématiquement des mêmes parcelles: le choix se fait sur base d’une dégustation qui permet de faire le tri. Donc forcément plus de concentration, plus de corps (14,50%) et plus de tannins dans la version Riserva, laquelle est destinée à une garde en cave qui peut certainement franchir le cap des dix ans. Cela étant cela se goûte déjà fort bien, avec cette nuance poivrée très énergique.
Et voilà que nous est présentée une cuvée de prestige parcellaire: Vigna Gittori 2020. Cette parcelle qui se situe en altitude le long de la route qui mène au Domaine, a été acquise récemment: premier millésime en 2018. Secouons vigoureusement nos verres pour oxygéner l’animal ! C’est intense et concentré, mais je note surtout la qualité des tannins et la parfaite maîtrise de l’alcool (13,50%). Puis viennent la salinité et la finale longue et précise. Il y a une belle cohérence avec ses deux prédécesseurs.
La dégustation et un œuf en béton
Lorsque l’on passe à la cuvée La Gioia 2020, le cap change: il y a du merlot dans l’assemblage et cela donne rondeur et confort en bouche. C’est succulent et aromatique, mais cela correspond moins à mon goût personnel. Si ce n’était la barrière du prix, ce serait sans nul doute un grand succès commercial !
Restez attentifs, ce n’est pas fini ! Voici Tresette (littéralement trois sept) qui tire son nom des trois barriques de 700 litres qui l’élèvent. Il s’agit d’un 100% merlot: autant dire d’emblée que je me méfie. D’où la surprise de goûter un merlot d’altitude qui m’oblige à remettre en question mon opinion aussi préconçue qu’erronée au sujet de ce cépage qui a souvent tendance à faire preuve de lourdeur et d’une suavité excessive. Ravi de goûter un merlot énergique et bien équilibré malgré 15% d’alcool.
Avant de reprendre la route vers Gaiole, nous profitons de la terrasse du Domaine avec vues du type cliché toscan, moult oliviers, cyprès, bois de feuillus et de conifères, vignes et maisons au charme dévastateur.
Badia a Coltibuono, domaine bio au sein d’une très ancienne abbaye
Badia a Coltibuono est un exemple parmi tant d’autres en Toscane qu’il est possible de transformer un Domaine viticole en projet d’oenotourisme attractif: des chambres, des cours de cuisine, un restaurant, le tout dans le cadre assez idyllique d’une abbaye du 12ème siècle, perchée au sommet d’une colline avec vue imprenable.
Élément qui m’a fait craquer: le menu dégustation en cinq étapes, chacune accompagnée par un verre de la production du Domaine (€ 85). Ce n’est pas de la haute gastronomie mais c’est honnête et relativement original.
Après un vermentino techniquement irréprochable mais manquant de personnalité, le Chianti Classico Riserva 2019 est une déception: je le trouve terne, fatigué, douceâtre, peu concentré et dépourvu de structure tannique. C’est un vin gentil mais il ne me semble pas digne du statut Riserva. À € 30 (prix au Domaine), je ne suis pas preneur. Une bouteille qui aurait mal évolué ?
Heureusement, le vin suivant est d’un tout autre tonneau: Sangioveto 2020 (igt Toscana), 100% sangiovese, super-toscan élevé en barriques (10% neuves), d’un degré alcoolique élevé (15%) se montre énergique et précis. Le fruit est frais et croquant, l’élevage discret, l’alcool équilibré par la fraîcheur. Servi à bonne température (ce n’est malheureusement pas courant, les rouges étant régulièrement servis tièdes/chauds), ce vin est équilibré et doté de tannins de belle qualité. Seul bémol: à € 46 (prix au Domaine), je suis hésitant.
Ensuite vient Montebello 2018, un autre super-toscan (igt Toscana), assemblage de neuf (sic) cépages différents: sangiovese, colorino, mammolo, canaiolo, malvasia nera, etc… Degré alcoolique à 15,50%, style extraverti, boisé, typé pour le marché américain. C’est sans doute fort bon, mais cela ne correspond pas à mes goûts personnels. Ce vin me semble, malgré ses grands airs, manquer de substance et (allez, j’ose) de spiritualité. Bien sûr il est possible que je sois passé à côté. À € 52 (prix au Domaine), cela DOIT être bon. Un pas en arrière par rapport au vin précédent.
Pour finir, le vinsanto 2014, vin blanc doux de malvasia et de trebbiano. C’est une friandise qui tient la route: il y a de la fraîcheur pour contrebalancer 15% d’alcool et un sucre résiduel de type moelleux. Le prix est malheureusement dissuasif: € 44 pour une demi-bouteille.
Voici les détails du menu
Un Domaine intéressant ? Oui. Un Domaine qui me pousse à faire une folie en puisant profondément dans ma besace sonnante et trébuchante ? Non. Du moins sur base de mon impression de ce jour. Néanmoins si quelqu’un souhaitait m’offrir une bouteille de Sangiovete, j’accepterais ce présent avec le sourire et avec reconnaissance…
Après un intermède culturel à Ravenne (mosaïques paléo chrétiennes de toute beauté, vins blancs régionaux de Romagne qui m’ont bien plu, mais qui ne résisteraient sans doute pas à une nouvelle dégustation à Bruxelles), nous voici en Toscane, via Arezzo. Dans le village de Gaiole in Chianti, nous dînons à l’Osteria al Ponte.
Ce restaurant propose le chant des grenouilles dans la rivière, le blues le plus authentique dans les haut-parleurs (Albert King, Rory Gallagher, etc…) et la viande la plus florentine. Ici, on ne se bat pas pour une inaccessible étoile, mais pour un concept à la fois simple et exceptionnel: la meilleure viande de bœuf de la planète. Service en salle (en l’occurrence en terrasse) de haut niveau, c’est-à-dire qui maîtrise tant les aspects techniques (découpe et assaisonnement de la viande à table) que le contact avec le client. Cette équipe pluri linguistique sait comment interagir avec le client et donner une irrésistible envie de revenir.
Boisson: un vin du Chianti Classico, mais hors appellation puisque 100% colorino (IGT Toscane), un cépage qui est souvent présent en petite quantité aux côtés du sangiovese dans les vins en appellation Chianti Classico, mais qui doit ici se défendre tout seul. C’est raisonnable en alcool (13,5%), charnu et sensuel avec une finale assez précise. Peu tannique. Cela tient la route avec les plats carnassiers.
Domaine Rocca di Castagnoli, cuvée Pratola dans l’excellent millésime 2019. 100% colorino, vignes de 20 ans, parcelles exposées nord et sud, altitude 400 mètres, 18 mois en barriques usagées, 6 mois cuve inox et 12 mois en bouteilles.
Sur table € 58. Au domaine € 38: coefficient raisonnable.
Le Domaine Rocca di Castagnoli est bio
Ce Domaine se situe à exactement 5 kilomètres du restaurant: on suppose que le voyage n’a pas été trop fatiguant !
Ce mercredi 08 mai, c’est cap sur le Domaine Stefano Accordini à Cavalo. Stefano est le créateur du Domaine, en 1970. Il est décédé récemment. Aujourd’hui, c’est la troisième génération qui aux commandes de ce domaine …familial.: Giacomo, Paolo et Marco.
Trois générations d’Accordini
La gamme est large et commence par des vins de consommation courante sur lesquels il n’est pas nécessaire de disserter.
Le Valpolicella Superiore me semble marqué par un boisé excessif du moins par rapport à la matière du vin. Ce boisé lui donne un style un peu sec qui n’est pas représentatif du style de la maison.
On passe ensuite à une paire de vins « ripasso », c’est-à-dire qui ont subi une deuxième fermentation en « repassant » sur les peaux des raisins qui ont servi à élaborer l’Amarone. Cette repasse enrichit le vin en couleur, en tannins et en alcool. Le Ripasso 2021 est fort bon, avec une certaine suavité qui me semble caractériser la plupart des vins. Mais le lui préfère clairement le Ripasso 2019 dans sa version bio: fondu, harmonieux, savoureux et précis, il a tout pour plaire.
Parenthèse: le Domaine est 100% bio, mais ses voisins ne le sont pas. Lorsque ceux-ci aspergent leurs vignes avec des produits interdits en bio, le vent se charge de les transporter dans toutes les directions. Conclusion: Accordini ne labellise « bio » que les vins issus de parcelles « sans voisins ». Il ne reste qu’à convaincre les voisins conventionnels de changer leurs pratiques …
La dégustation, du premier au huitième vin
On passe à Paxxo, un vin hors appellation puisqu’il conjugue des cépages locaux ( corvina et rondinella) avec du cabernet sauvignon et du merlot. Pour l’anecdote, ce vin s’appelait initialement Passo. Mais les risques de confusion avec les vins de type « ripasso » ont poussé les vignerons à remplacer deux « s » par deux « x ».
C’est un grand charmeur, sensuel en diable, rempli de bons fruits, avec de gros de morceaux de plaisir dedans. Ce vin est le premier de la gamme goûtée à bénéficier de l’opération concentration par séchage des raisins. Cette méthode est en quelque sorte la signature de la région et est pratiquée depuis de longs siècles : une fois les raisins cueillis, on les dépose délicatement dans des paniers peu profonds et on empile ces paniers dans un local bien aéré et peu humide. Il s’agit d’empêcher l’apparition de champignons et moisissures qui peuvent détruire la récolte: les raisins en phase de séchage sont contrôlés deux fois par jour pendant les trois mois que dure le processus. Pour compenser les jours sans vent et les jours pluvieux, un système d’air conditionné est prêt à prendre le relais.
Mais quel est le but du jeu ? Simple, pendant le séchage, les raisins évaporent de l’eau, beaucoup d’eau. Les grappes se ratatinent et concentrent leurs sucres. À l’issue du processus, on passe à la macération, fermentation et élevage classiques. Bien sûr, le talent se reconnaît à l’équilibre du résultat. Paxxo est un bon exemple du potentiel de cette technique, parce que le degré alcoolique élevé (14,50%) est compensé par une acidité élevée.
Petit foudre en bois de Slavonie. Tonnelier Garnellotto, le choix des meilleurs Domaines du nord de l’Italie.
Et maintenant les choses vraiment sérieuses, à savoir deux parmi les trois Amarone produits par le Domaine: la version classique en millésime 2020 et le sommet absolu: Il Fornetto Riserva 2016. Passionnante comparaison entre un Amarone jeune et une bouteille ayant bénéficié d’un long élevage en bois neuf. Le 2016 se goûte en réalité plus jeune que le 2020 ! Mes craintes relative à la fameuse grande cuvée qui serait trop boisée, trop tannique, trop alcoolisée, trop tout sont dissipées par la dégustation de ce géant issu de raisins vendangés sur la parcelle Il Fornetto, là où tout a commencé en 1970: les vignes de 46 ans se montrent à la hauteur des attentes !
On termine par la dégustation de deux vins doux: le Recioto traditionnel 2019 (équilibre avec peu d’alcool et beaucoup de sucre: 13,50% et +/- 125 grammes) et Amandorlato 2015, une invention du Domaine Accordini, avec moins de sucre et plus d’alcool (70 grammes et 16%). Ce dernier vin n’a pas le droit à l’appellation Recioto et c’est très bien ainsi puisque cela lui permet d’affirmer sa différence. Élevage en bois de cerisier, raisins issus de Il Fornetto. On se rapproche du style Porto Vintage, mais sans le moindre mutage. Aujourd’hui ma préférence va au Recioto pour sa capacité à donner le sourire aux dégustateurs les plus blasés. Riche certes, mais sans lourdeur.
Vignes typiques de la région, taillées en « pergoletta »
Merci à Elena pour nous avoir guidés pendant cette longue et belle dégustation et pour nous avoir permis de goûter plusieurs cuvées Il Forletto (ce qui n’est prévu vu la rareté et le prix des bouteilles.
Imaginons. Vous partez en vacances et choisissez une formule Bed & Breakfast au sein d’une ferme spécialisée dans l’élevage de chèvres. Que recevez-vous pour le pic-nic ? Du lait de chèvre, pardi ! Alternative: la ferme est spécialisée dans la culture de la vigne. Que recevez-vous pour le pic-nic ? Des bulles rosées élaborées avec le cépage corvina ! Nous sommes au Domaine Stefano Accordini qui, outre la production d’une large gamme de Valpolicella, gère un agriturismo de cinq chambres tout-à-fait charmant. Nous avons prévu une visite au Domaine et la dégustation consécutive pour mercredi à midi.
Nous sommes sur les hauteurs de Vérone, pas bien loin du lac de Garde, dans un pays de collines et de terrasses, couvert de vignes, à 500 mètres d’altitude.
Speri, les traditions en Valpolicella
Aujourd’hui lundi 06 mai on commence chez ViticoltoriSperi, un Domaine très traditionnel qui se concentre sur une gamme de cinq vins rouges … e basta. Le rendez-vous est fixé dans la vallée (village de Pedemonte). Après la visite des caves, pleines à ras bord de tonneaux de toutes contenances (du foudre en bois de Slavonie de 4.000 litres jusqu’à la barrique bordelaise de 225 litres), on déguste dans l’ordre tel que conseillé par la jeune femme qui nous a guidés avec compétence et sympathie. Le Valpolicella Classico 2023 est très parfumé, aguicheur, facile à boire et assez différent du millésime précédent qui présentait un profil plus sérieux. Ce 2023 est très polyvalent: l’absence de tannins permet de le servir également frais et de le substituer alors à un vin blanc.
Le Valpolicella Ripasso 2021 est un vin plus concentré grâce à une deuxième fermentation, laquelle a lieu en faisant passer le vin sur les peaux des raisins ayant servi à élaborer Amarone. Ces peaux contiennent encore du jus sucré, de la couleur et de l’extrait sec. D’une certaine façon, on retire de l’Amarone ce qui serait top much pour le transmettre au Ripasso qui bénéficie ainsi d’un supplément d’âme. C’est assurément bon, mais ce n’est, à mes yeux, pas spectaculaire. À noter néanmoins une caractéristique qui traverse toute la gamme: le vin est construit sur la fraîcheur et la finesse. Le style Ripasso est maîtrisé avec élégance (j’en connais d’autres qui font dans l’ostentation démonstrative et qui finissent par incarner une certaine vulgarité).
Aucun bois neuf: les tonneaux sont achetés en deuxième main
Voici le Valpolicella Sant’Urbano 2020: ce vin peut revendiquer le titre de « petit Amarone » puisqu’il bénéficie pour partie de l’appassimento, technique qui consiste à sécher le raisin après vendange sur des claies et à attendre que l’eau contenue dans les grains s’évapore, en concentrant ainsi les sucres. Ce vin bénéficie aussi de son terroir d’altitude, vignetto Sant’Urbano: 280 jusque 350 mètres. Ce terroir est argilo-calcaire, sur un substrat d’origine volcanique. Cela me semble très supérieur au Ripasso : le gain en profondeur et en précision est clairement perceptible. Formidable rapport QP !
Nous y voici: nous goûtons l’Amarone della Valpolicella, au sommet de la gamme, en millésime 2019.
D’abord, un fun fact: si vous tombez sur une très très vieille bouteille, c’est un faux ! Le style Amarone n’a pris son envol qu’après la deuxième guerre mondiale. Comme quoi toutes les traditions ne sont pas séculaires.
Ce 2019 se goûte très bien dès maintenant: on peut le mettre en cave pour trente ou quarante années, mais rien n’empêche sa dégustation en vin jeune: la finesse et la qualité des tannins sont à couper le souffle, à mille lieues des Amarone « modernes » qui misent avant tout sur la puissance, le fruité exubérant et la densité des tannins. Chez Speri, on vise 15% d’alcool, alors que beaucoup de Domaines en sont à 16%, voire 16,50% !
quelques flacons très anciens
La définition même de l’Amarone implique l’utilisation de 100% de raisins séchés sur claies (le processus dure jusqu’en janvier) et un élevage d’au moins 24 mois. C’est un vin exceptionnel pour les moments exceptionnels. Le 2019 de Speri est une démonstration probante du style de la maison. De mon point de vue, supérieur à 2018 qui est pourtant remarquable.
Le moment venu -et en fonction des décisions prises par l’importateur-, je me dois de faire goûter ces perles !
La dégustation avant de passer au Recioto
On s’arrête ici ? Ah que non, car voici venir l’Amarone della Valpolicella en millésime 2012. Style fort différent du 2019: celui-ci est plus rond, plus confortable que le 2019. Ce style se traduit également par un léger déficit d’énergie, par une finale moins précise, par une moindre tension: avantage 2019 !
Et puis, le dessert: le Recioto della Valpolicella Classico 2021. C’est ce vin rouge doux qui est à l’origine de l’invention de l’Amarone (sec) vers 1950. Un tonneau de Recioto longtemps abandonné dans un coin sombre tout au fond d’une cave, un vigneron qui se dit que le vin a perdu tout intérêt et qu’il faudra s’en débarrasser. Pour en avoir le cœur net, il goûte …et tombe de sa chaise: le vin est devenu amer (le contraire de sucré). En italien, le vin est donc amaro et voilà que naît l’Amarone ! Il ne faudra que quelques années pour conquérir le monde entier.
Mais revenons-en à notre Recioto: le style est celui du Porto Vintage, mais sans l’alcool de celui-ci. Là où le Portugais titre 20%, le Recioto Speri se contente de 13,5%. Il n’y a évidemment pas de mutage à l’alcool. Beaucoup de sucre résiduel (+/- 120 grammes par litre) mais beaucoup moins que les Domaines qui choisissent le maximalisme: toujours plus de sucre (parfois plus de 200 grammes par litre) finit en pas assez d’acidité pour équilibrer la douceur. Le risque ? Des Recioto plutôt lourds et collants… Vivement le style Speri.
Anthocyane vend en ce moment le Valpolicella Classico 2022 et le Valpolicella Sant’Urbano 2020. L’Amarone Monte Sant’Urbano 2018 est disponible sur commande.
Je ne résiste pas au plaisir de mettre en évidence le nouveau nebbiolo. C’est vrai, c’est un cépage plutôt exigeant, pour lequel on a pris l’habitude de recommander une longue garde en cave avant tout retrait du bouchon.
Mais le temps n’attend pas, il court de plus en plus vite, il s’appelle janvier et un clin d’œil plus tard il s’appelle avril. Le temps s’amuse, il se rit de moi et me susurre qu’encaver le vin qui a besoin de vingt ans pour être à point, c’est prendre un pari risqué sur mon espérance de vie.
Et donc contre-attaque fulgurante de l’auteur de ces lignes: oui, il y a un nouveau nebbiolo qui se déguste aussi dans sa jeunesse. Je vous propose de le vérifier grâce au colis nebbiolo en 6 bouteilles (€ 145).
Composition du colis: deux bouteilles de Botonero 2023 (millésime très réussi), deux cuvées en Valtellina lombarde en provenance du nouveau Domaine Convento San Lorenzo, une bouteille de Perbacco 2020 (tant que l’importateur en a, je continuerai à me servir goulûment dans son stock … c’est trop bon !) et une bouteille d’un Barolo, vrai de vrai, dans l’excellent millésime 2016.
Commander le colis nebbiolo ? Un simple e-mail suffit.
Ce samedi 23 avril, dès 10 heures du matin, je vous attends pour partager une quinzaine d’aventures italo-espagnoles. Vous pouvez jeter un œil au programme, à présent définitif.
Lanzarote et la Vénétie, la Rioja et la Galice, le Piémont et la Catalogne, le Trentin et la Castille, …
Commandes à me transmettre au plus tard le mardi 26 avril, mise à disposition des vins pendant la première quinzaine du mois de mai.
…une première volée de rouges…
Quelques angles pour approcher cette dégustation
-découvrir un nouveau Domaine du Trentin-HautAdige:De Vigili, remarquable tant en blanc (chardonnay) qu’en rouge (teroldego).
-arbitrer le combat des volcans entre Monte Carbonare et Puro Rofe.
-faire son marché en Piémont en comparant nebbiolo et barbera, deux cépages passionnants mais radicalement différents
-faire connaissance avec Abel Mendoza, vigneron emblématique de la Rioja.
-fourrer son nez dans des cépages aussi rares qu’italiens: pecorino, gaglioppo, teroldego, garganega.
…et une deuxième volée de rouges.
Voici le duo des rosés 2021: Umathum Rosa (Autriche) et le classique Lafage Miraflors (Roussillon)
…et il y a encore des nouveautés à découvrir dans le magasin !
Lafage Cadireta 2021: vin particulièrement amusant et astucieux, c’est un chardonnay élevé sur des lies de viognier, ce qui lui confère fraîcheur et aromatique très fruitée. Chacun y retrouvera d’ailleurs son fruit préféré: qui la poire, qui la pêche/l’abricot, qui des fruits plus exotiques. C’est un très joli vin d’été, fait pour le jardin et pour l’apéritif. D’autant plus que le degré alcoolique est sous contrôle (13%).
La nouvelle organisation du Chianti Classico en 11 zones
C’est une tendance de fond. Les vignerons souhaitent préciser le lieu où naissent leurs vins. Une tentative pour se différencier et pour capitaliser sur la notoriété d’un quelque-part. Quand on prononce le mot Nuits-Saint-Georges, la magie opère. Ce n’est plus un pinot noir bourguignon, c’est un Nuits-Saint-Georges ! Pour le meilleur et pour le pire. Ajoutons-y la mention du premier cru Les Damodes, qui jouxte Vosne-Romanée, et c’est l’orgasme du là-et-pas-ailleurs. Les Damodes, ce sont 8 hectares de géographie sacrée.
A dire vrai, ce n’est qu’exemple parmi tant d’autres. Mais il faut reconnaître que le modèle bourguignon (vins régionaux, vins communaux, vins issus d’une parcelle premier cru, vins issus d’une parcelle grand cru) s’impose progressivement dans toute l’Europe. C’est assurément vrai en Allemagne où les étiquettes des vins secs de noble extraction mentionnent de plus en souvent un nom de commune suivi par un nom de parcelle. La notoriété de ces lieux germaniques n’est aujourd’hui pas bien grande, en tous cas dans nos contrées latino-francophones. Mais le train est lancé et viendra le moment où nous prononcerons avec délectation Bockenauer Felseneck pour désigner un riesling sec du village de Bockenau (en région Nahe) et de la parcelle grand cru Felseneck.
Venons-en à l’Italie et plus précisément à la Toscane puisque c’est le thème de cet article. Chianti Classico. Une zone créée par les dieux du terroir il y a bien longtemps déjà (un Grand-Duc Médicis est passé par là au XVIIIème siécle). Classico c’est le cœur historique du Chianti par opposition à tous les autres Chianti que je qualifierais volontiers de non-Classico. Ce n’est pas que ceux-là sont toujours moins intéressants, mais on y trouve de tout et en particuliers des tonnes d’ersatz qui n’ont de Chianti que le nom. Que voulez-vous, chère Madame, c’est dans la nature humaine de jouer la carte de l’opportunisme et, en quelque sorte, celle du plagiat.
Jusqu’il y a peu, les vins du Chianti Classico se racontaient en particulier par leur élevage: les meilleurs fruits cueillis sur les vignes les plus anciennes se destinaient naturellement, après un long passage en tonneaux à la durée règlementée, à la prestigieuse cuvée Riserva. Fort créatifs, nos vignerons toscans y ont ajouté en 2013 la notion de Gran Selezione. Mieux que Riserva, encore plus prestigieux, comprenez encore plus cher. Une segmentation par le prix, une hiérarchie, le vin dans le sens vertical.
Le sens vertical ? Mais ne pourrait-on pas réfléchir au sens …horizontal ? Alors oui, à l’été 2021, nos vignerons toscans se sont décidés à subdiviser le Chianti Classico en 11 zones de type communal. Elles sont illustrées sur une carte, plus haut, encore plus haut, ça y est vous êtes arrivés.
Pour être précis, la commune de Greve a subi l’ablation de Panzano, Lamole et Montefioralle, chacun de ces hameaux souhaitant sa propre dénomination. Idem pour Vagliagli dont le territoire appartient à la commune de Castelnuovo Berardenga. Dans le même ordre d’idées, San Donato in Poggio n’est pas une commune, mais une partie de la commune de Barberino Tavarnelle. Je m’arrête là avant de me noyer dans les subtilités de la géographie toscane.
Il me semble que la mention Gaiole ou Panzano sur une étiquette va toucher une corde sensible chez l’amateur, va déclencher une petite lueur d’envie. Pour Vagliagli ou San Casciano, les vignerons locaux vont devoir s’armer de patience et investir dans ce qui fait la spécificité et l’intérêt du lieu-de-chez-eux. Je suppose que certains vignerons préfèreront ne pas mentionner ces nouvelles dénominations complémentaires pour éviter d’égarer le consommateur.
Riecine, c’est 100% commune de Gaiole. Sur l’étiquette du millésime actuel, rien ne le revendique avec vigueur et fierté. Nous verrons bien comment se présenteront les étiquettes futures. Mettre l’accent exclusivement sur le nom du Domaine ou compléter le message en affirmant son origine communale ?
A propos, ce Riecine Chianti Classico 2020, en provenance de la commune de Gaiole, se goûte vraiment très bien. C’est un vin subtil, équilibré et expressif. Le fruit est pur et intense. Fine acidité salivante. Ce 100% sangiovese se contente d’un très pertinent 13% d’alcool (le millésime 2019 trouvait son équilibre à 14%). Vin d’altitude (450-500 mètres) issu de vignes qui peuvent commencer à se décrire comme vieilles (25 ans). 14 mois d’élevage en tonneaux usagés et en foudres. La mise en bouteilles est donc très récente.
Je vous invite à en acquérir quelques flacons dans le magasin. Le risque de déception me paraît négligeable, voire minusculissime.
Imaginons que vous, cher lecteur, chère lectrice, êtes passionné par le Chianti. Vous connaissez les meilleurs Domaines et les bons millésimes, vous avez déjà pris quelques vacances à l’ombre des cyprès toscans, vous faites partie du club des adorateurs du Coq Noir (…Il Gallo Nero…) et vous pouvez répéter très vite -et sans vous prendre la langue entre les dents- Gaiole, Radda, Castellina, Greve et quelques autres villages qui forment ensemble le cœur historique du Chianti, encore appelé Chianti Classico.
Le hameau de Castell’in Villa: le Domaine est également un « agriturismo«
Et pourtant, je suis prêt à parier que le Domaine Castell’in Villa ne vous dit pas grand-chose. Autant ce Domaine est connu des amateurs italiens et anglo-saxons, autant il semble que sa notoriété soit faible en Francophonie. Je ne pose aucune hypothèse explicative pour ce qui concerne la France, mais, pour la Belgique francophone, je pense qu’il s’agit d’un simple problème de distribution: pas de caviste pour le mettre à disposition des amateurs d’ici. Loin des yeux, loin du cœur …et le Domaine disparaît dans l’oubli éternel.
…Eternel, non. Anthocyane veille au grain. J’ai goûté, regoûté et approuvé. Mon mérite est limité, puisque plusieurs oeno-célébrités m’ont précédé: en particulier, pour Hugh Johnson, le Domaine est ***.
Le Domaine se situe à Castelnuovo Berardenga, à l’extrême sud de l’appellation, pas bien loin de Sienne. Les généralisations sont souvent sujettes à caution, mais les vignobles de cette commune sont réputés pour permettre l’élaboration de vins élégants, tanniques, intenses et susceptibles de se bonifier considérablement au vieillissement. La propriétaire, principessa Coralia Ghertsos in Pignatelli della Leonessa, est d’origine grecque, autodidacte et particulièrement attachée aux vinification et élevage traditionnels: ici, c’est la principauté du style « à l’ancienne« . Ni forte extraction, ni couleur violacée, ni taux d’alcool très élevé. C’est aussi la primauté donnée au cépage sangiovese.
En dégustation, le Chianti 2017 incarne le style de la maison: 100% sangiovese, couleur rouge brique, style oxygéné lié à l’élevage en « botti » (petits foudres) usagés pendant 12 mois, bons tannins, notes terreuses et épicées, jambon fumé. Aucune sensation chaude/alcooleuse. Pourrait évoquer certains Rioja traditionnels.
Le Riserva 2015 est un feu d’artifice ! Couleur rouge brique, nez sur la rose fanée et l’encens avec des nuances de zeste d’orange. En bouche, énormément de finesse, posée sur un lit de tannins assez fondus. Très savoureux. Le verre vide s’exprime avec noblesse: cigare, bois noble, cerise. Elevage de 2 à 3 ans en « botti » (petits foudres). Grand vin. Le prix me semble justifié.
***
Le Chianti Classico Castell’in Villa 2017 et le Chianti Classico Castell’in Villa Riserva 2015 sont disponibles dans le magasin. Le millésime 2017 est en dégustation ce samedi 23 octobre.
En l’honneur de Milan-San Remo qui se déroule en ce moment et parce que j’ai encore dans ma besace deux vins italiens qui méritent assurément de vous être narrés.
D’abord un pinot grigio originaire des Abruzzes. Le Domaine s’appelle Fabulas et la cuvée Foeminae.
Tout commence avec la couleur du vin. En italien, c’est ramato qu’il me semble pouvoir traduire par cuivré (Google est d’accord). Dans le verre cela oscille gentiment entre le rosé et l’orange pâle. Ah ! Vin orange, donc ? Des raisins qui macèrent avec les peaux du raisin, comme pour élaborer un vin rouge ? Oui, mais cette macération est fort courte (quelques heures). Juste assez pour dissoudre un peu de couleur mais pas assez pour extraire des tannins. Foeminae est un premier petit pas vers le monde étrange des vins orange.
C’est fleuri et fruité (mandarine), facile à boire, léger comme une plume et doté d’une jolie salinité qui contribue à rendre ce vin digne d’intérêt. Ne soyez pas heurtés par un léger caractère oxydatif, il est absolument volontaire et contribue à rapprocher ce vin d’une manzanilla de Jerez. C’est un compliment ! Cela ne ressemble, par contre, pas du tout à un pinot gris alsacien.
Vous l’aurez compris, Foeminae n’est pas exactement le substitut à un classique Chablis ou à un tout aussi classique Sancerre. Il faut un peu aimer l’aventure. Mais c’est une aventure « tous publics », sur des chemins bien balisés. Excellent rapport Q/P. Vin biodynamique.
Ensuite, un Chianti Classico. C’est Riecine et c’est Riserva2018. En toute transparence, cela titre 15%. Je défie pourtant quiconque de lui trouver le moindre déséquilibre alcooleux. Le vin est d’un superbe équilibre, dans un style qui rappelle le 2018 en version non-Riserva, c’est-à-dire plus strict que 2017 et que 2019.
Ce vin est passé en bois (fûts de grande contenance) pendant 24 mois. Ce passage contribue intelligemment à ouvrir le bouquet sans marquer aromatiquement le vin. C’est grand tant en intensité qu’en longueur. Si on analyse point par point, il est franchement difficile de lui trouver le moindre défaut. Une magnifique incarnation du vin à l’italienne !
100% sangiovese. Vignes de 25 à 45 ans. Vignoble en altitude (450 à 500 mètres). Terroir argilo-calcaire. Mise en bouteilles en janvier 2021. Production limitée à 4.000 bouteilles (dont quelques unes pour ma cave personnelle).
Fabulas Foeminae 2019 (Abruzzo, Terre di Chieti) est disponible dans le magasin.
Riecine Chianti Classico Riserva 2018 (Toscana) est disponible dans le magasin.
Un titre en forme de concision. La réponse à un jeu-concours et la désignation du vainqueur. Une brève réflexion sur les périls de la dégustation à l’aveugle. Tout ça dans l’article qui suit.
Une bonne vingtaine de participants à la dégustation « take-away » de ce samedi ont reçu 13 petits flacons numérotés et 1 petit flacon supplémentaire marqué, sournoisement, d’un simple « X ».
Le jeu consistait à découvrir qui se cachait derrière ce « X »: une région ? Un cépage ? Qui sait…une appellation ? Un millésime ? Le Graal: le Domaine, avec l’indication du nom de la cuvée et de l’âge du chien du vigneron.
Bon. La dégustation à l’aveugle est décidément un art difficile. Certaines nuances sont subtiles, l’effet de séquence peut perturber l’analyse, un vin spécifique peut être atypique par rapport aux caractéristiques habituelles des vins de la région dont il est issu. Inconsciemment, on intellectualise aussi: « sachant que c’est Philippe qui propose ce jeu, il se pourrait bien que ce soit…« .
Je revendique de ne pas avoir de talent particulier pour reconnaître les vins qui me sont soumis à l’aveugle. Parfois, rarement, un souvenir récent et une bonne dose de chance peuvent me rapprocher du but. Il m’est arrivé, goûtant deux vins en parallèle, de reconnaître l’un de ceux-ci. Dans le verre A, c’est un vin hongrois, issu du cépage furmint. Mon triomphe fût de très courte durée, puisque ce furmint avait été versé dans le verre B…
Je me suis fait une raison. Se tromper très souvent n’empêche en rien d’avoir envie de jouer, encore et encore.
Ce vin « X » était donc italien et toscan. Un Chianti Classico 100% cépage sangiovese, en millésime 2019: Riecine. Anthocyane a déjà vendu ce vin dans différents millésimes, parmi lesquels 2014 et 2017.
J’ai reçu des réponses audacieuses, futées et originales. J’en copie quelques unes ci-dessous, en version anonymisée:
Pour le vin mystère, je vais dire: un Teroldego du Trentin, Foradori, 2017 (Italie).
On peut dire que les 3 cl nous auront bien fait voyager, ma femme et moi. Premier constat, une robe framboise léger; cela a éliminé un grand nombre de cépages et mis en route plusieurs possibles: pinot noir, mencia, nebbiolo, nerello mascalese, frappato, voire grenache de sable plus une kyrielle de cépages autochtones inconnus type listan negro. Ensuite une acidité assez tranchante qui peut évoquer un lieu d’origine en altitude et/ ou de type maritime, insulaire ou pas. Des fruits rouges bien mûrs évoquent le soleil du sud…ou alors un millésime chaud plus septentrional. La bouche en 1/2 corps avec malgré tout une perception tannique, une certaine salinité et une énorme vivacité. ENFER ET DAMNATION, d’où vient ce vin ? Nous passons en revue, l’Etna, les Iles Canaries, la Galice, la Castille, l’altitude de la Navarre, le Piémont, le pinot de Savoie, le pinot autrichien, j’en passe et des moins bonnes…!!! Sans aucune évidence. MAIS BON, IL FAUT DONNER UNE SEULE REPONSE, donc « in at the deep end’: cela ne me dérangerait pas que ce soit une cuvée-sœur de 7 Fuentes, SUERTES DEL MARQUES à Tenerife. Amen….
Pour le vin mystère, je mets mes commentaires de dégustation pour étayer mon, très certainement, plantage sur l’AOC et autres précisions. Robe pâle, nez très fermé mais d’obédience nordiste…La bouche est fraîche, belle acidité, léger côté poivré, tanins fins mais présents peut attendre 3-4 ans. Ma conclusion…j’hésite entre 2: je penche pour un Pineau d’Aunis et puisqu’il faut donner un nom, Bellivière, Rouge Gorge 2018 en Coteaux du Loir…Ou un pinot noir allemand frais. Donc dans ton magasin, je trouve Holger Koch Kaiserstuhl Spätburgunder 2019 qui n’en est pas loin. J’opte pour le Pineau puisqu’il faut choisir.
Ha oui, le vin mystère. Belle attaque, petits fruits noirs, légère tension, un bel équilibre, pas de chaleur, évolue sur un côté terreux, cela me fait penser à un pinot noir de chez Colinot (Irancy), 2018.
Voici la réponse de B. pour le flacon X. Robe: fuchsia foncée, automnale. Nez: cerise, terreux, poivré, légèrement boisé. A. y a même senti de l’ananas et de la cardamome. Bouche: agréablement long en bouche, on retrouve les arômes légèrement boisés/fumés. Pas le fruit au premier plan, pas trop de soleil. On se lance: alcool > 12°, année < 2018, cépages: merlot, syrah, …lieu: dans le coin Autriche, Slovénie, Croatie. En tous cas, on lui a accordé 2 étoiles (sur un maximum de 3) dans notre rating personnel.
En ce qui concerne le vin mystère : J‘ai été frappé par une aromatique volatile aigre qui disparaît dans sa grande majorité. La robe et le côté frais piquant me font penser un à un Italien à base de nebbiolo. Mais je suis incapable d’être plus précis.
Choisir un vainqueur consiste à décevoir les autres participants: dans quel piège me suis-je encore fourré ? J’ai cherché si « Toscane » ou « sangiovese » avaient été cités. C’eût été trop facile. Je rappelle que les décisions du jury sont sans appel et que le jury, c’est moi. Je n’ai jamais affirmé que la décision serait d’une objectivité foudroyante. Roulement de tambours. Je récompense la contribution la plus brève, la plus rapide (samedi à 19 heures) qui a le mérite d’évoquer l’Italie et un cépage intéressant, dont le nom méritait bien une mise en valeur.
Donc, bravo François ! Je joins une bouteille de Riecine à ta commande.
Samedi 14 novembre. Levé fort tôt pour goûter les 20 bouteilles. Ouf, pas de vin à problème, juste un petit doute sur le n°6. En avant pour le remplissage des 460 petits flacons. Heureusement, il y a ce petit accessoire pour doser correctement 3 centilitres (voir photo ci-dessus).
Quelques images pour partager cette expérience improbable: la dégustation en « take-away », via petits flacons. Et ci-dessous un florilège de commentaires. Merci pour votre enthousiasme et pour les différentes suggestions: on ne peut exclure qu’il faille recommencer.
Comme je suis parti à la mer pas moyen de retrouver la liste des vins. Si tu pouvais me renvoyer ton e-mail ce serait super. Pas urgent, je déguste vers 17:00. PS: je suis très impatient de déguster 👍
Ma dégustation des 20 échantillons étant uniquement axée sur l’éventuel acte d’achat (oui/non), je n’ai pas cherché à commenter en détails les vins. Je te dirai donc simplement que ta sélection m’a plu dans la mesure où elle était une belle promenade dans plusieurs régions de la botte et leurs cépages autochtones … agréable surprise que ce pecorino ! Cependant, aucun vin n’a constitué pour moi un grand coup de cœur et donc j’ai choisi d’étaler mes achats sur de petites quantités de 4 cuvées.
Tout d’abord merci pour cette belle dégustation et pour ta créativité grâce à laquelle elle a pu avoir lieu. Bart et moi avons passé un très beau moment et avons découvert de très beaux vins. Pourrais-tu nous envoyer la liste des prix des 20 vins avec le numérotage des flacons (pour éviter toute erreur dans la commande).
J’avais de sérieux doutes sur la formule et, en ce qui me concerne, cela a été une totale réussite. J’ai dégusté comme je voulais, quand je voulais, au rythme que je voulais. Avant de commander, mon épouse est venu trancher (tu ne l’auras pas à une dégustation chez toi un samedi pour goûter 20 vins😊). Aucun problème logistique. Quantité très bonne. Un seul manque: le partage des impressions… En conclusion: à refaire. Encore merci pour cette initiative et bonne fin de weekend.
Merci pour le colis, c’est très intéressant et je trouve que les vins n’ont pas pâti du transvasement, sauf peut-être le Soave que je trouvais éteint et le Nero di Troia que je trouvais amer et asséchant. Mes préférés: le Verdicchio Umani Ronchi en blanc et le Montepulciano (et je n’avais pas vu qu’il était Tre Bicchieri 😉) en rouge . Le Barolo est remarquable de finesse (j’ai craqué pour 1 bouteille…) . Il représente +/- le prix de 1/6 de ma commande 😊. Tu trouveras ci-joint ma commande et quelques photos. J’ai goûté les 12 premiers le samedi et les 8 derniers le dimanche. PS: j’ai nettoyé toutes tes petites fioles à la main, les étiquettes sont parties.
J’ai relu tes commentaires en regardant les miens et je nous trouve assez alignés sur l’ensemble sauf pour le Chianti Istine et le Botonero… Tu es comme toujours impressionnant dans ta façon d’organiser les choses, tu penses au plus petit détail et tout est clair : tu devrais te lancer dans l’évènementiel quand la petite bête nous foutra la paix.
Encore merci pour cette dégustation originale mais qui fait très bien le job avec les fioles, la liste des noms et le site web pour la description. J’ai trouvé mon bonheur dans 2 vins ou plutôt 1 coup de cœur pour moi et 1 coup de cœur pour ma femme. Le mien : Rivera Violante (n°10). Celui de Madame : Mamete Prevostini Botonero. Je vais donc te prendre 2 caisses de Rivera Violante et 1 caisse de Mamete. Quand voudrais-tu que je passe chez toi ? Pas d’urgence de mon côté. J’ai nettoyé les fioles et tout remis en place dans le carton que je te ramènerai quand je prendrai ma commande.
Super soirée dégustation hier soir. Nous l’avons faite à 2. Notre erreur de débutants a sans doute été de faire la dégustation en mangeant un plateau repas avec beaucoup de goûts différents…Notre avis: logistique super, peut-être prévoir la possibilité (quantité) de faire la dégustation à 2. Eventuellement même avec 2 fois moins de vins différents ou en demandant une participation financière. Super sélection de vin aussi. En tout cas les flacons sont nettoyés et prêt pour la prochaine fois !
Et bien, j’ai trouvé l’expérience intéressante. Le format a sans doute desservi certains vins (je songe en particulier aux 2 Vietti, qui étaient assez décevants). Mais dans l’ensemble, les vins goûtaient pas mal, je trouve. Rien à dire sur l’information sur le site : c’est très complet. J’ai tout dégusté à l’aveugle … il y a donc eu des surprises, tant négatives (Vietti comme je l’ai dit, mais aussi Bucci dont j’attendais plus) que positives … En revanche, certains vins dont j’attendais beaucoup n’ont pas déçu (Istine, Valle Reale, Grifalco).
Ce genre de dégustation n’a pas que des inconvénients. En comparant tes notes avec la dégustation, j’ai pu constater que certains vins étaient plus à leur avantage que la description. Je suppose que le reconditionnement en petit flacon leur a donné le petit coup d’oxygénation qu’il fallait. Merci en tout cas pour tout le mal que tu t’es donné. Ça nous a permis de sortir de cette torpeur vivifiante.
J’ai apprécié la navigation sur le site avec une prise de commande très claire. Alors, le coffret était très bien présenté. J’ai mis les vins blancs au frigo pour pouvoir déguster l’après-midi. La taille des flacons est un peu juste : seulement 2 bonnes gorgées mais cela suffit ; j’aurais pu laisser un peu de vin dans quelques verres mais cela en faisait beaucoup. Autrement dit, 20 verres, c’est copieux ! Tout compris (avec recherches sur le site, prise de notes), la dégustation m’a pris 2 heures, alors que je m’attendais à 1 heure. Mais au total, 2 heures agréables dans cette formule originale même si un peu tristounette, mais c’est une autre histoire. En tout cas, bravo pour ton imagination et tes bons soins !
C’était sympa comme concept. 20 étaient peut-être un peu beaucoup pour moi, et ma capacité de concentration (j’ai néanmoins beaucoup craché), mais c’était très agréable de déguster et de jouer aux échecs en même temps. Bien que je manque de blanc dans la cave, je m’oriente vers quelques rouges. Les blancs italiens ne parviennent décidément pas à me convaincre… A part là-bas, au soleil, pour l’apéro ou quelques pasta alle vongole…Voici ma commande avec mes quelques commentaires de dégustateur non spécialiste. J’ai lavé les petits flacons (à l’eau chaude, sans détergent). Mais ai oublié de décoller les pastilles. Je m’en charge si tu préfères les récupérer sans.
Félicitations pour cette initiative ainsi que pour l’organisation. Parce que c’est pas tout d’avoir l’idée mais il faut que ça suive derrière … Et tout était au rendez-vous! Packaging impeccable, les détails des vins sur le site, avec la tablette à côté des fioles, très bien. On a fait la dégustation avec Arnaud, mon fils. Avec beaucoup d’impertinence, heureusement que tu n’était pas là parce que 20 vins + ton bagout, la demi-journée n’aurait pas suffit. Ceci dit tu nous a manqué tout de même. Alors la prochaine pourquoi pas une visioconférence ? Mais il faudra trouver le bon média. Très bon choix de vins en ce qui me concerne. Il y avait suffisamment de diversité que pour y trouver son goût. Donc bravo encore.
Tout d’abord , même si le charme de la dégustation est un peu égratigné , il n’en reste pas moins que c’est une initiative chaleureuse , imaginative et qui nous a bien plu. Acheter un « pool » de bouteilles n’était pas tentant dans le sens où si un vin ne te plait pas, c’est dommage et de plus, pour les comparer ..à nous deux , cela fait trop de vin !! Les flacons sont une bonne idée. Pour deux, c’est un peu « short » mais jouable. Je me suis demandée si le nez n’en souffrait pas un peu … pas certain non plus. Bref, j’ai fait la dégustation en deux étapes car 20, c’était trop. Samedi soir, les blancs et quelques rouges . Le dimanche midi, le reste des rouges. J’ai fait mon max pour me concentrer et finalement déguster la première partie sans indication du tout. Tant qu’à faire !! Chouette, j’ai aimé les vins que j’avais déjà acheté chez toi, ouf !! Le blanc Umani Ronchi verdicchio et le rouge Rinaldi barbera. Tu nous a grandement manqué quand même !! Les commentaires, les anecdotes , le partage , c’est tellement mieux avec ….mais année 2020 oblige, on s’adapte. J’ai rédigé ma commande il y a quelques minutes. Si par bonheur tu passes dans le coin , je suis toujours dispo pour t’offrir un verre d’eau fraîche. Sinon, nous passerons. J’ai nettoyé les flacons qui sont prêts. J’espère que tu auras un bon retour de cette expérience hors du commun.
Nous avons bu…Voici quelques commentaires et une commande ! Je trouve que l’idée des fioles, tenant compte de la situation actuelle, est très créative et a un côté sympa. Je te remettrai les fioles mais la boîte a été jetée par inadvertance…En ce qui concerne la dégustation, je ne dirais pas que l’expérience a été concluante. Nous ne savions pas si nous avions le covid (absence/faible d’odeur et de goût) ou si les fioles avaient eu un effet négatif mais cela n’a pas été concluant pour nous. Le lien avec les infos sur ton site est très bien (c’est beaucoup mieux quand tu mets les chiffres du vin concerné 😊). Peut-être que pour certains vins, tu pourrais être plus étendu sur tes perceptions olfactives et gustatives.
La dégustation était vraiment intéressante, des cépages connus et d’autres pas du tout et certains très surprenants ! Dans les préférences, je suis restée dans les cépages et goûts plus classiques, tandis que Thierry a bien apprécié les saveurs nouvelles (pecorino, gropello & marzenino). Nous avons bien aimé la formule car cela permet de gouter à son aise, assis, tout en mangeant entre différentes dégustations. L’information sur le site est complète et bien faite. Un seul petit conseil pour faciliter les recherches: mettre le numéro qui est indiqué dans le tableau Excel à côté des vins ? Je te joins notre commande de 12 bouteilles (voir tableau Excel). En tous cas, bravo pour cette chouette formule ! Nous ramènerons les petits flacons quand nous viendrons chercher la commande.
Grand merci Philippe pour tous tes efforts. Certainement à refaire. Il faut simplement raccourcir le délai entre l’enlèvement du colis et la dégustation, car dans mon cas la plupart des vins étaient éventés déjà le soir…Ceci dit j’ai bien aimé les numéros 3, 8 , 9 , 11, et 14.
La dégustation fut éminemment intéressante surtout que j’ai fait mon choix sans regarder les étiquettes et les prix . Comme tu le sais j’ai fait cela avec ma personne de contact et étonnamment nos préférences se rejoignaient. Très bonne formule mais qui demande de se préparer un peu à l’avance pour la logistique. En tous cas, tu devais être le seul au monde à faire goûter tes vins à autant de personnes en même temps, bravo. Merci encore pour ce moment qui brise la morosité de la vie sous covid.
Chouette initiative en tout cas. Et j’espère qu’avec mes petites commandes, je t’aide un peu dans ses temps moins évidents. Je préfère dépenser chez toi que chez Rob.
Un peu tard mais je viens de rentrer de l’hôpital….Merci pour le bon moment que tu nous as proposé !!!! Le concept est assez original et très adapté à la situation actuelle, il manque certes d’un peu de convivialité …. et de partage. Si tu comptes re-proposer une dégustation de ce type afin qu’il y ai plus de partage entre les convives tu pourrais imaginer une dégustation en virtuel: chacun bloque 2h de son temps (certes c’est contraignant, il faut être dispo aux heures indiquées, tu partages un lien soit via zoom, soit via teams ou autre plateforme d’échange chacun à sa box de dégustation et chacun se connecte). Autre solution c’est faire une sorte de podcast (vidéo de dégustation mais ici on ne bénéficie que de ton expérience et ton analyse, elle est toujours enrichissante et pertinente mais il n’y a qu’un avis ……Concernant les vins proposés, comme tu sais j’ai un grand faible pour les vins blancs : j’ai été très agréablement surpris par le vin 3 et le 5 j’en prendrai volontiers 6 bouteilles de chaque. Concernant les vins rouges j’ai beaucoup aimé le 16 et le 18, j’en prendrai donc 3 bouteilles de chaque. Et encore mille fois merci à toi et ton épouse pour avoir rendu tout cela possible.
Maintenant que la sélection est (quasi) définitive, voici quelques éléments, au gré de mes souvenirs et de mes émotions. Pas la volonté d’objectiver, plutôt de partager quelques impressions, par petites touches de couleur sur la toile.
Je me souviens du temps où les vins blancs italiens manquaient d’intérêt, certainement observés par le prisme des chardonnays toscans, lourds, maladroitement boisés et manquant d’énergie. Je ne me suis pas réconcilié avec ces chardonnays toscans, mais le choix est devenu beaucoup plus vaste. Les vins issus du verdicchio (Bucci, Umani Ronchi) prouvent qu’il ne faut pas importer le chardonnay pour élaborer des vins qui ressemblent aux meilleurs blancs bourguignons, du moins comparés à prix similaires.
Le garganega vénitien (Suavia) et le cortese piémontais (Coppo) peuvent également procurer beaucoup de satisfactions, à la condition qu’ils soient plantés dans les terroirs qui les révèlent. Le pecorino d’Italie centrale (Lunaria) affiche un profil bien à lui, minéral, végétal, citronné. Enfin, le vermentino sarde (Argiolas), bien connu des amateurs de vins corses, met en évidence de fins amers de fin de bouche.
Sur ce même thème, j’ai ouvert très récemment une bouteille du millésime 2010 de la cuvée Hérzu du vigneron piémontais Ettore Germano: c’est un 100% riesling qui a vaillamment traversé le temps. Très sec, plus proche du profil allemand que du profil alsacien, plein de citron vert, savoureux, tendu et encore jeune: ça ne pétrole pas. Belle surprise !
Beaucoup de flacons sont bouchés par du liège technologique, comparable au DIAM ou par des matériaux synthétiques, imitant le liège. Le bouchon classique est passé de mode; ni la capsule (une exception: le Soave de Suavia), ni le bouchage sous verre n’ont trouvé leur place. Gurrieri a choisi un bouchon très particulier, le même modèle que celui utilisé par Matthieu Barret (Cornas etc…).
Ma sélection de vins rouges met en évidence de plus en plus de produits relativement peu colorés, vraiment rouges et non noirs-violacés. C’est en particulier le cas pour les siciliens (Gurrieri, Firriato) et pour les toscans (Riecine, Istine, Canalicchio di Sopra). Cela tient forcément à un goût personnel pour les extractions modérées, mais aussi à la progression de ces vins plus infusés qu’extraits. Less is more. Quel paradoxe malgré tout d’avoir nommé mon projet ANTHOCYANE, alors que j’apprécie tant les anthocyanes modérées…
J’ai privilégié des vins de haute buvabilité, terminologie certes dans l’air du temps, mais qui me semble également se référer à un principe éternel: la recherche de l’équilibre (les funambules savent que ce n’est pas si simple à gérer) avant la recherche du « maximum » (la poussée brutale sur l’accélérateur exige moins de talent que la maîtrise du fil). Botonero, Valpolicella Speri, Torrazzo, Gricos, Casal di Serra…ont, chacun à sa façon, le talent de se rendre faciles à boire. Attention, cet adjectif qui, lorsqu’il est accolé à une fille, peut éveiller le soupçon, souligne ici la qualité de vins dont sont absentes crispations et disharmonies diverses.
Même conditionné par la lecture de bien des commentaires dithyrambiques sur la qualité exceptionnelle du millésime 2016 à Barolo et dans les limites de ma modeste expérience de ce type de vins, je constate avoir été soufflé par le Castiglione du Domaine Vietti. C’est bien sûr destiné à la garde, mais c’est déjà irrésistible ! Les 30 euros de supplément par rapport à Perbacco sont-ils justifiés ? Je crains qu’il n’y ait pas de réponse à cette question. Perbacco est en tous cas un brillant second vin !
Très content d’avoir découvert ce montepulciano de Valle Reale, présentant les Abruzzes sous un jour nouveau. Vin très personnel, belle expression du lieu dont il est issu. Impact, pour une fois favorable, du bouleversement climatique. Et la fraîcheur des Pouilles (si, si…) via Fatalone et Rivera: les appellations Gioia del Colle et Castel del Monte contrebalancent avec brio le puissant soleil local.
Je me suis vraiment bien amusé à préparer cette large sélection. J’espère avoir maintenant le plaisir de la partager avec vous !
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