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compte-rendu…

…de la dégustation du samedi 13 juin

Samedi matin tôt. Même très tôt si l’on considère qu’il s’agit de goûter 15 vins. Bref, 08h30 au cadran de l’horloge et le tire-bouchon attaque son labeur saturnien. Je ressens l’impatience avant d’entamer la dégustation, le questionnement sur la pertinence de ma sélection, la crainte du flacon bouchonné et/ou flingué et la curiosité pour l’impact de l’effet de séquence. Axiome: notre perception du vin précédent influence toujours notre perception du vin suivant. Exemple: vous goûtez un vin qui vous paraît très vif, avec une acidité marquée. Si le vin suivant est légèrement moins vif, il se pourrait qu’il vous semble plat, sans vivacité. Or non.

Première impression globale à 09h45 ? Les rouges se goûtent vraiment très bien, ils sont conformes à mes attentes, voire mieux que ça. Pour les blancs, c’est plus mitigé: les uns éclaboussent mon palais de leurs multiples qualités (…), d’autres se montrent renfrognés, assoupis, pas folichons. Cela arrive, cela fait partie de l’aventure: ces vins ont besoin d’un peu de temps, d’oxygène et de quelques degrés supplémentaires. La température du frigo, c’est vraiment trop froid: à 5°, les arômes sont cassés et la structure est déséquilibrée vers trop d’acidité.

Concrètement, vos commandes sont attendues au plus tard ce mardi soir (16 juin) avant minuit, le cachet de la poste faisant foi… Les commandes via le magasin en ligne sont plus faciles à gérer, mais si vous préférez me transmettre un e-mail, c’est très bien aussi !

Le résumé ci-dessous constitue la synthèse de mon ressenti et des commentaires émis par les dégustateurs. Les vins sont commentés dans l’ordre de leur dégustation, les sept blancs avant les huit rouges. Je ne répète pas ce qui figure dans les fiches individuelles de chaque vin: celles-ci peuvent être facilement consultées via ce lien vers le magasin. Vous ferez le meilleur choix en combinant la lecture de cet article avec celle des fiches.

  1. Ce chardonnay allemand fait le boulot, exactement ce que j’attends de lui: le vin est ouvert et joyeux, sans chichis. Le type de bouteille que l’on ouvre sans réfléchir juste pour le plaisir du partage. Typiquement le vin qui ne déplaira à personne, même pas à la tante Sidonie qui est pourtant très difficile… Pas de bois: le cépage, tout le cépage et rien que le cépage. Allemagne, Huff, Chardonnay 2024, € 11
  2. Autant le premier vin est immédiat et souriant, autant cette Folle Blanche requiert un peu plus d’attention: ni fruit, ni fleur, mais du caillou, souligné par une franche vivacité. Un vin de structure, pas d’arômes. Le compagnon idéal pour ce qui sort de la Grande Bleue. La tante Sidonie risque de ne pas s’en remettre. Par contre, si vous avez apprécié les millésimes précédents, vous ne serez pas déçus par celui-ci. France, Luneau-Papin, Folle Blanche 2025, € 14
  3. Voici le vin qui a le plus souffert de l’effet de séquence: moins vif que le précédent (et d’ailleurs également moins vif que le suivant), il a semblé manquer d’un chouïa d’énergie. Pourtant: de jolis agrumes (orange, ni citron, ni pamplemousse), de la minéralité et de la consistance, un élevage « transparent ». Un beau Bourgogne pour maintenant et les deux années à venir. France, Guerrin, Mâcon-Vergisson 2024, € 16
  4. Quel joli nez ! Précis et frais, quelque chose qui le rend irrésistible. La part de tressallier déclenche un petit choc électrique qui réveille tout qui serait tenté par la sieste ! Original et équilibré. Le peintre qui a dessiné ce vin voit clair et sait dans quelle direction il veut aller. Une belle démonstration du potentiel d’une région un peu oubliée. France, Les Bérioles, St-Pourçain, Aurence 2025, € 17
  5. Voilà une bouteille qui n’avait pas vraiment envie de converser avec moi en tout début de journée. C’est un bel exemple de vin réducteur (élaboré sans la moindre présence d’oxygène) qui doit être agité dans le verre et qui gagne beaucoup à passer en carafe. En l’absence de carafe, je conseille de l’ouvrir quelques heures avant dégustation. Il a commencé à donner le meilleur de lui-même pendant l’après-midi. Mais alors quelle classe ! Ces vieilles vignes (75 ans) de riesling ont une histoire à raconter, celle d’un terroir trop longtemps oublié. Vif, mais sans excès, ce n’est pas un citron de l’extrême. Allemagne, Geil, Nineteen Fifty 2025, € 21,50
  6. Ah ! Oh oui, encore ! Je rédige en la présence à mes côtés d’un (petit) verre de ce Chablis qui incarne à mes yeux ce qui fait la célébrité de cette appellation: vif, tendu, droit, salin, long, concentré et susceptible d’être gardé plusieurs années en cave. Encore une confirmation de la qualité des 2024 en Bourgogne blanche (à ce stade, je n’ai pas encore d’opinion pour ce qui concerne la Bourgogne rouge). France, Christian Moreau, Chablis 2024, € 23
  7. Et pour clôturer la dégustation des vins blancs, ce très grand vin du Mâconnais. Il a tout pour lui: la densité, le gras, la rondeur sans sacrifier en quoi que ce soit l’énergie. Un Bourgogne complet, à un tarif raisonnable (les Pouilly-Fuissé 1er cru du même Domaine sont magnifiques, mais ils franchissent allègrement la barre des 40 euros). France, Saumaize-Michelin, Pouilly-Fuissé Les Courtelongs 2024, € 33,50
  8. Premier rouge, cet assemblage de grenache et de syrah conjugue les qualités des deux cépages, avec un fruit très mûr mais sans que l’alcool ne vienne jouer au trouble-fête. C’est un vrai vin du sud, direct, assez puissant, gorgé de soleil. Je crois que la tante Sidonie (tiens, elle est de retour celle-là ?) … que la tante Sidonie disais-je, vous adressera son plus plus sourire. France, Les Halos de Jupiter, Costières de Nîmes 2023, € 11
  9. Voilà un vigneron qui m’épate de plus en plus: ce Beaujolais de Frédéric Berne commence comme un Morgon de chez Lapierre, avec beaucoup d’arômes floraux et fruités, puis évolue vers une franche minéralité qui rend le nez complexe et fascinant. La bouche coule tout seule jusqu’à quelques petits tannins qui la structurent. Vin délié, salivant. Je rajouterais même « naturel » si je ne craignais pas une confusion (sans objet) avec les fameux vins « nature ». France, F. Berne, Beaujolais, Pierre Bleue 2023, € 15
  10. Un Madiran moderne. Des tannins oui, mais civilisés, maîtrisés, sculptés. De la chair savoureuse, virile et tonique. Hier soir (= samedi soir), avec un filet pur (bœuf), absolument délicieux ! Pas évident de trouver aussi bien à ce prix-là à Bordeaux. France, Laougué, Madiran Camy 2022, € 14
  11. Le fruité de ce nez est …addictif. Et vient ensuite une bouche délicate qui commence aussi suave que fraîche (le gant de velours) et se conclut avec une fermeté élégante (la main de fer). On pourrait dire que le grenache cède progressivement sa place au mourvèdre. On pourrait dire que le grenache sur sable, c’est décidément magique (… Rayas à ChNdP…). France, Cébène, Faugères, Ex Arena 2024, € 17
  12. Les blancs de Nicolas Maillet sont exceptionnels, mais voici la preuve qu’il se débrouille très bien avec les rouges ! Le fruit est radieux: il n’y a aucune raison de ne pas se jeter dessus dès maintenant. L’assemblage en parts égales de pinot noir et de gamay génère de la complexité et de la singularité: le dégustateur se demande vraiment s’il a atterri en Bourgogne ou en Beaujolais. De fait, ce vin est à la fois bourguignon et beaujolais ! France, N. Maillet, Mâcon Rouge 2024, € 24
  13. Cette robe si pâle qu’elle paraît fragile, ce nez si parfumé et si charmeur, cette bouche, légèrement fumée, d’une extrême délicatesse: Rosumarinu 2025 est à la hauteur des millésimes précédents, ce qui n’est pas peu dire. Tout cela est tellement bon aujourd’hui qu’il ne faut sans doute pas parier sur une très longue garde: trois ans oui, au-delà un point d’interrogation. France, Sant Armettu, Corse Sartène, Rosumarinu 2025, € 24,50
  14. Le vainqueur à l’applaudimètre: je n’ai entendu que des commentaires élogieux qui soulignaient en particulier une rare combinaison de puissance et de buvabilité. Un vin méridional et septentrional. Une énergie et une intensité d’anthologie. Exceptionnel. Je m’arrête là avant de me noyer dans les superlatifs. France, Cébène, Faugères, Belle Lurette 2023, € 27
  15. Quel très beau Pinot noir de Bourgogne ! Comment ? Il n’est pas bourguignon, mais allemand ? Je ne peux le croire. C’est du Volnay 1er cru. Ou du Beaune 1er cru. Ce toucher de bouche, ce boisé élégant, ce fruit concentré, ces tannins précis et si bien dosés. Chapeau. Très très difficile de trouver un vin semblable en Bourgogne à ce prix-là. Allemagne, Jülg, Schweigen, pinot noir 2023, € 37,50

Voilà. J’ai fait ma part du travail ! A vous de jouer maintenant, via ce lien vers le magasin. Vous ferez le meilleur choix en combinant la lecture de l’article ci-dessus avec celle des fiches individuelles de chaque vin. Vos commandes sont attendues au plus tard ce mardi 16 juin avant minuit. Les vins commandés seront mis à votre disposition fin juin.

Avant que je n’oublie: c’est un bon moment pour commander vos rosés ! Les voici.

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Le Coq se rebiffe (2)

Compte-rendu de dégustation

Exceptionnellement et parce qu’un importateur prend congé à partir du mercredi 29, je demande de me transmettre les commandes au plus tard ce lundi 27.

Voici ce que j’ai retenu des commentaires entendus pendant la dégustation de ce samedi. Vous pouvez vous faire une image plus complète de chaque vin en cliquant sur le programme de la dégustation.

Les six vins blancs

Nous avons commencé par le Corbières Blanc de l’Œuf du Mas des Caprices. € 17,00

2% de muscat dans l’assemblage suffisent à lui donner du « peps »: un nez parfumé et appétissant. La bouche est dense, sans aucune mollesse alcooleuse (dans la région, ce n’est pas si courant), avec un équilibre construit sur la vivacité (idem, dans la région, ce n’est pas si courant).

Voici ensuite le Jurançon sec Quatre Temps du Domaine Cauhapé. € 19,00

Content ! Enfin trouvé un Jurançon qui combine le caractère sec et l’aromatique du vin moelleux. Avant de faire tourner le vin dans le verre, on pourrait penser à un sauvignon. Cet arôme disparait rapidement pour faire au fruit de la passion et à l’ananas. Sans surprise, la bouche est vive, avec un fin boisé bien intégré. Ce millésime 2020 est prêt à boire.

Nous passons au Mâcon-Igé du Domaine Nicolas Maillet. € 23,00

Voilà une belle démonstration d’un point de vue que je défends avec obstination: les bons vins blancs gagnent toujours à reposer deux ou trois ans avant « tire-bouchonnage ». Ce vin a pris de l’ampleur et de la rondeur depuis ma première dégustation en 2022. Un beau chardonnay sans passage par la barrique (une caractéristique de tous les blancs du Domaine Maillet).

Voici ensuite le Pouilly-Fuissé Les Deux Versants du Domaine Guerrin. € 23,00

Comparaison amusante avec le vin précédent: deux chardonnays du Mâconnais mais des profils plutôt différents: le Mâcon-Igé construit sur la vivacité et l’éclat, le Pouilly-Fuissé sur la densité et la rondeur, avec un boisé discret.

Enfin, pour conclure le chapitre des blancs, une passionnante comparaison entre le Muscadet Sèvre-et-Maine du Domaine de la Pépière (Cru Clisson) et le Muscadet Sèvre-et-Maine du Domaine Luneau Papin (L d’Or Granite). La Pépière: € 19,90; Luneau-Papin: € 22,00.

Les participants à la dégustation se sont manifestement bien amusés: nous avons parfois dégusté en parallèle, nous avons parfois goûté le Clisson avant le Granite …avant d’en revenir au Clisson, nous avons parfois goûté à l’aveugle pour éviter d’être influencé par un éventuel préjugé.

Lequel est le meilleur ? Franchement, difficile de répondre vu l’abondance de commentaires en sens divers. J’ai tenté de résumer en affirmant que le Clisson de La Pépière est le meilleur Muscadet et que le Granite de Luneau-Papin est le meilleur vin blanc.

Je m’explique: le Clisson est plus proche de l’image classique d’un Muscadet « haut de gamme »: vertical, caillouteux, iodé, avec un poil d’austérité et un grand potentiel de garde. Le Granite s’ouvre sur des arômes d’agrumes, avec de la puissance et de la rondeur. Très équilibré, il s’éloigne du type Muscadet pour se rapprocher avec talent d’un (très) beau Bourgogne.

Les huit vins rouges

Nous avons commencé par le Côtes du Roussillon-Villages Jean Pull du Domaine des Soulanes. € 10,50

Le meilleur résumé: ce vin boxe au-dessus de sa catégorie. Il pourrait facilement être proposé à € 14, c’est un très beau rapport qualité/prix. Nez complexe, avec de la mûre, du chocolat et une pointe de menthol. Bouche suave sans excès d’alcool, petits tannins bienvenus. A boire maintenant et pendant les deux années à venir, pour le plaisir.

Voici ensuite le Beaujolais Cœur de Vendanges de la Famille Chermette. € 14,50

Attention à ne pas tomber dans le piège tendu par ce vin déconcertant: portant la simple appellation Beaujolais, on s’attend à un vin plutôt léger, sur le fruit et la fleur, un p’tit gamay sympa. Bardaf, c’est l’embardée ! Ce vin est le produit de deux vignes centenaires qui se caractérisent par de très faibles rendements et génèrent un vin de grande concentration, susceptible d’être gardé plusieurs années.

Si vous avez des copains qui considèrent que le Beaujolais est forcément un vin de comptoir et/ou de terrasse, aidez-les à remettre en cause leurs préjugés avec un verre de celui-ci.

Idéalement, lui donner un peu d’oxygène en le carafant.

Nous passons au Chinon Le Domaine du Domaine Bernard Baudry. € 15,50

Cabernet franc civilisé, d’une belle harmonie. Nez d’une belle pureté sans arômes terreux ni poivron vert de mauvais aloi. Bouche fraîche, soulignée par de bons petits tannins. Une cuvée d’entrée de gamme qui honore le vigneron ! Bien sûr, Baudry, c’est ce qui se fait de mieux à Chinon.

Voici ensuite le Cahors Calcaire du Château Les Croisilles. € 18,00

Ne vous laissez pas décontenancer par un premier nez légèrement réduit (cela se traduit par un arôme qui évoque le chou). Cela signifie que le vin a besoin de respirer, de prendre un grand bol d’air. Secouer le verre et le chou s’enfuit ! Ensuite, bel arôme entre frais et fraise des bois. Bouche typiquement calcaire, dense, tannique, concentrée et précise. Un beau jus qui s’exprime à ce stade à table, en la compagnie d’une belle pièce de bœuf. Un passage par la carafe est une bonne idée.

En fait, ce Cahors ressemble à un Bordeaux classique, sans la chaleur molle du merlot. Et c’est un compliment ! Vive le malbec !

Nous continuons avec le Côtes du Rhône No Wine’s Land de Matthieu Barret (Domaine du Coulet). € 23,00

Mamma mia, ce nez, ce nez, ce nez ! Trouvez moi quelqu’un qui ne serait pas séduit. Le vin, c’est subjectif, mais dans ce cas-ci, si un ami vous annonce, de façon péremptoire, que ce vin n’est pas terrible, …changez d’ami !

Bouche aérienne, de grande finesse, sans tannins notables. Grand vin, prêt à boire dès maintenant. Un monument érigé à la gloire de la syrah.

Et voici le Fleurie Les Garants de la Famille Chermette. € 19,50

Deuxième vin de Chermette dans cette dégustation, après Cœur de Vendanges. Cette fois, nous sommes dans le nord du Beaujolais, la région des crus. Ce Fleurie confirme être un digne représentant de la famille des vins de garde, typé comme un Moulin-à-Vent: tannique, juteux, puissant. De mon point de vue, l’harmonie entre les différents composants n’est pas encore au top. Pas grave, donnez-lui deux ans de cave.

Nous passons au Côtes du Roussillon-Villages Tautavel Caune d’En Joffre du Domaine des Schistes. € 19,90

Quel vin ! Nez magistral dominé par une intense minéralité. Le fruit ? Euh, non, ce n’est pas vraiment son rayon. Progressivement, des notes qui m’évoquent le pamplemousse (pas courant dans un vin rouge). Bouche majestueuse, très concentrée, tannique. Beaucoup de tout …sauf que l’alcool ne marque absolument pas la dégustation. Plus je le goûte, plus il m’évoque le Priorat catalan. Ce n’est pas surprenant, vu que Caune d’en Joffre = vieux carignan sur schistes et Priorat = vieux carignan (et grenache) sur schistes ! Grosse différence avec les meilleurs Priorat: le prix très doux de ce Tautavel.

Je souligne la qualité des tannins, lesquels implorent le dégustateur pressé de prévoir un passage par la carafe.

Enfin, pour conclure le chapitre des rouges, le Crozes-Hermitage de Laurent Combier. € 25,00

Comment mieux conclure ? Un classique parmi les classiques, toujours très bon quelles que soient les caractéristiques du millésime. Ce 2023 ne fait pas exception. Arômes puissants de jambon fumé, un marqueur de la syrah, en particulier à Côte Rôtie. Suavité et fraîcheur, tannins discrets (vous pouvez ranger la carafe). Déjà prêt à boire. Sera tout aussi délicieux dans trois ou cinq ans. Laurent Combier est un grand vinificateur, même sur un terroir sans génie particulier.

Voilà. Je pense pouvoir affirmer que les nombreux participants à cette dégustation franco-française ont passé un bon moment. Il y avait de l’ambiance, des rires et des sourires, de bonnes surprises et d’agréables confirmations. J’ai raconté quelques histoires et me suis de temps à autre pris les pieds dans le tapis.

Et, oui, je continue obstinément à verser du vin à côté des verres. Le bar s’en fout, il en a déjà vu d’autres !

Le Coq s’est rebiffé !!!

Cela me permet d’aller chercher les vins dès le mardi 28. Merci !

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Le Coq se rebiffe !

Samedi 25 janvier, entre 10 et 18 heures, une dégustation de vins français, de la Loire jusqu’au Rhône, de la Bourgogne jusqu’au Roussillon. 

Nouveaux millésimes: Matthieu Barret à Cornas, Pierre Luneau-Papin en Muscadet, Bernard Baudry à Chinon, Nicolas Maillet en Mâconnais.

Nouveaux Domaines: Le Mas des Caprices en Languedoc, Cauhapé en Jurançon, Les Schistes en Roussillon, Famille Chermette en Beaujolais.

Programme : vous pouvez compter sur un tétradécagone à 14 sommets, une variante turbocompressée de l’hexagone français. Bref, 14 vins cocorico sur le bar. Vous pouvez amener votre béret, votre baguette et votre fromage. Et le soleil, merci.

La dégustation est gratuite et il n’est pas nécessaire de s’inscrire. En général, il y a moins de monde en matinée.

Commandes jusqu’au mardi 28 janvier inclus. Mise à disposition des vins: février.

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Compte-rendu

Samedi, c’était dégustation. Voici quelques commentaires personnels sur ce qui a été goûté, à l’attention particulière de ceux et celles qui avaient piscine et/ou poney.

Programme de la dégustation

Voici quelques notes prises à l’issue de dégustation, en complément des commentaires qui figurent dans les fiches de chaque vin. D’abord les cinq vins blancs, ensuite la bulle et enfin les 9 vins rouges.

Le Vouvray des Aubuisières (€ 13,50) démontre que cette appellation est vaillamment représentée par d’autres que les célébrissimes Huet et Foreau. Les vins de ces derniers sont formidables; leurs prix sont tout aussi « formidables »… La cuvée de silex 2023 est un chenin très pur, bien sec que l’on ouvre sans hésitation: laissons à Foreau et Huet les occasions exceptionnelles, les Aubuisières se chargeront volontiers des repas au quotidien ! Belle alternative à un chardonnay non-boisé.

L’appellation Terre di Chieti et le cépage pecorino ont une notoriété limitée, j’en conviens. Mais le Domaine Fabulas, cuvée Fecerunt (€ 11,00) en tire un vin original, droit, caillouteux, fruité avec discrétion, élégant. Franchement, il vaut plus que son prix. C’est une découverte dont je heureux: il faut parfois goûter beaucoup de vins dans cette catégorie de prix pour en extraire une pépite !

Toujours dans le centre de l’Italie, le Domaine Santa Lucia, cuvée Albarara (€ 14,00) se distingue par un gras surprenant: c’est rond, riche et assez confortable. Alors que le pecorino ci-dessus évoque plutôt le nord, cet albana évoque le sud, sans mollesse ni alcool excessif.

On change de division via le somptueux Monte Carbonare du Domaine Suavia (€ 19,90): cette cuvée de Soave m’impressionne, millésime après millésime, par sa capacité à conjuguer délicatesse et intensité. Elegance et force. Le volcan veille, comme s’il transmettait une vibration au vin.

Voici un bel exemple de la capacité du Mâconnais à chatouiller la Côte d’Or à des prix nettement plus abordables: Le Saint-Véran du Domaine Guerrin (€ 19,90) est légèrement boisé, précis et en devenir. Je n’aime pas trop faire goûter un vin en insistant sur le fait qu’il sera bien plus intéressant dans quelques mois, voire quelques années. Voici donc une exception: attendez 2025 pour tire-bouchonner ce flacon, l’aromatique sera plus affirmée, dans des nuances de pêche.

Une bulle fraîche, citronnée, sans douceur doucereuse: le Domaine Andreola propose XXIII (€ 19,90). C’est du haut de gamme, sans tenter le moins du monde de copier le Champagne. Une bulle légère (11,5%), souriante et emballée dans un flacon design du meilleur effet.

Le premier rouge est un vin bilingue italien et allemand. Dans cette région du nord de l’Italie qui s’appelle Alto Adige et que les habitants préfèrent nommer Südtirol, on trouve des vins de couleur pâle, d’une belle fraîcheur, avec un p’tit côté montagnard. Même le cépage est bilingue: schiava ou vernatsch selon votre préférence. Et que dire alors de l’appellation ? Kalterersee Classico Superiore ! Kaltern (€ 12,50) est une jolie synthèse de ce qui précède. Ne vous laissez pas décontenancer par la légèreté de la robe, c’est inhérent au cépage.

Vietti Trevigne Barbera d’Alba (€ 21,00) combine la fraîcheur et la couleur du cépage barbera avec un profil qui peut rappeler le nebbiolo. Rien d’étonnant à cela, Vietti est une maison célèbre pour la qualité de ses Barolos (100% nebbiolo): elle n’hésite pas à planter de la barbera sur des parcelles traditionnellement réservées au nebbiolo. Sur un beau terroir, la barbera fait des étincelles !

Après avoir déjà proposé la cuvée Silice, voici le Cahors La Pierre du Château Les Croisille (€ 23,00): 100% malbec, avec beaucoup de couleur, beaucoup de fruit, beaucoup de jus. Une explosion de saveurs, une modernité qui tranche avec l’image de l’appellation (celle-ci a beaucoup souffert, mais la convalescence se passe de mieux en mieux !).

Tout qui me connaît, sait à quel point je suis attaché aux vins du Domaine d’Aupilhac et en particulier des cuvées Cocalières (€ 24,00): quelle finesse, avec une aromatique au sein de laquelle la syrah domine: nuances de jambon fumé qui rappellent le Rhône nord. Pas courant en Languedoc ! Et la qualité des tannins: waouw !

Qui défend le Chianti Classico traditionnel, celui qui parie sur des élevages longs et des extractions mesurées ? Castell’in Villa (€ 25,00) pardi ! Vous aimez Lopez de Heredia et Le Puy ? A mon avis, vous aimerez ce Chianti Classico atypique, très profond, sans la moindre concession ni aux modes ni aux tendances. La couleur peu intense est typique.

Le suivant a énormément plu et je comprends très bien pourquoi: grande finesse, grande intensité, fondu harmonieux, élégance des tannins, vraiment difficile de résister à la cuvée De Le Mur du Domaine Convento San Lorenzo (€ 29,90). Même cépage que le Barolo, sans devoir attendre longtemps: beau potentiel de garde, mais absolument rien n’empêche de l’apprécier dès aujourd’hui !

Retour au Domaine d’Aupilhac: Ce pur Carignan (€ 25,00) est l’antithèse des Cocalières: beaucoup de couleur, solide structure tannique, arômes de cuir et de fruits noirs, un poil de sauvagerie et beaucoup de personnalité. Je me souviens avoir découvert le cépage carignan avec le millésime 1998 de ce vin: ça ne me rajeunit pas.

Enfin, nous avons comparé trois millésimes consécutifs du Chianti Classico Riserva du Domaine Riecine (€ 39,00): 2018 (épuisé), 2019 et 2020. Fascinant de découvrir les nuances qui différencient le cérébral 2020 du sensuel 2019. Que choisir ? Si c’est pour les semaines et les mois qui viennent, je suggère le 2019. Si c’est pour garder quelques années, le 2020.

Je note vos commandes jusqu’à ce mardi soir 26 novembre (les commandes globales sont transmises aux importateurs le mercredi matin) : Programme de la dégustation
Vous pouvez compléter votre commande avec des bulles ou avec des vins de fête et d’exception