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Marcel Lapierre, millésime 2020

Lyon est une ville arrosée par trois grands fleuves: le Rhône, la Saône et le Beaujolais.

D’abord, les Raisins Gaulois: que le temps passe vite: je me rends compte que je ne vous ai plus proposé cette cuvée de jeunes vignes depuis le millésime … 2015. Bon, on rattrape le temps perdu là, maintenant, tout de suite: voici 2020 et glou et glou et glou !

Il y a des vins pour analyser, converser, débattre. C’est très bien, je ne pourrais d’ailleurs pas m’en passer. Et il y a des vins pour faire la fête, rire et trouver que ce monde a, malgré tout, des côtés attachants. En fait, de novembre à Pâques, on picole le Beaujolais Nouveau (attention, le bon Beaujolais Nouveau !) et à partir de Pâques, on passe aux Raisins Gaulois. C’est croquant, fruité et tellement souriant.

Ne stockez pas en perspective de l’été 2022, c’est fait pour avoir été bu avant que 2021 ne nous quitte.

Moyenne d’âge des vignes: 15 ans. Géologie granitique, vendanges manuelles. Elevage bref, en cuves inox (pas de bois). Légèrement sulfité uniquement à la mise en bouteilles.

Ensuite, le Morgon: que de violettes, que de cerises ! Ce Morgon incarne une certaine idée du vin et cela depuis bien longtemps: ici, le bio est une évidence, au point de ne pas le mentionner sur l’étiquette. La vinification sans soufre a été testée par le Domaine dès 1981: 40 ans d’une précieuse expérience vous contemplent depuis les collines du Beaujolais !

Mais pas d’intégrisme: le Domaine donne le choix à ses clients entre une cuvée 100% sans soufre ajouté (en insistant que ces vins sont fragiles et qu’ils doivent être conservés dans des conditions idéales) et une cuvée « S », légèrement sulfitée à la mise en bouteilles, de façon à protéger le vin contre les variations de température. Pour savoir quelle cuvée vous dégustez, repérez la présence du « S » sur la contre-étiquette, en bas et à gauche. Ou son absence.

Dès 2004, Marcel est rejoint sur l’exploitation par son fils Mathieu. Sa fille Camille s’y met à son tour en 2013. Marcel s’est éteint il y a une dizaine d’années, mais il a eu le temps de la transmission.

Certaines années, le Domaine propose une cuvée haut-de-gamme, avec le millésime en chiffres romains. C’était par exemple le cas en 2019. Mais pas en 2020, ce qui signifie que la cuvée classique est enrichie par les raisins qui auraient été utilisés pour la cuvée haut-de-gamme.

En dégustation, le vin se révèle, comme d’habitude, d’un fruit considérable et d’une grande densité de matière. La finale est légèrement plus tannique qu’en 2018, mais pas au point de désorienter qui que ce soit. J’apprécie aussi beaucoup la finale de ce 2020 qui laisse apercevoir que, au-delà du grand fruit, il y a une vraie minéralité. C’est très bon maintenant, mais quelques années de cave peuvent s’avérer très sympathiques pour redécouvrir ce vin sous un autre angle. Cela dit, cachez bien les bouteilles destinées à la garde, parce que la tentation du tire-bouchon vous guettera en permanence ! Chacun ses goûts et ses couleurs, mais je ne connais PERSONNE qui n’aime pas ce vin.

Moyenne d’âge des vignes: 70 ans. Géologie granitique, vendanges manuelles (parfois en deux passages successifs, pour récolter à la maturité optimale de chaque grappe), macération semi-carbonique, sans levurage ni SO². Elevage bref, en pièces de 216 litres.

Marcel Lapierre, Raisins Gaulois, Vin de France 2020 et Morgon 2020 sont disponibles dans le magasin.

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Montpellier, jour 2: ‘Le Vin de mes Amis’

Deuxième étape, changement de style: autant de vignerons passionnants, mais beaucoup, beaucoup de monde, vu le caractère ‘semi-grand-public’ de ce salon. On quitte le bord de mer pour un hôtel 5* un peu snob à Castelnau-de-Lez. Mais, une fois la porte franchie, on s’y sent bien.

Juste là, à quelques mètres de l’entrée, Jean-Hervé Chiquet et son collaborateur Hervé Ledrole: nous sommes chez Jacquesson et ça va buller ! On goûte 738, sur une base de vendange 2010 et une majorité de chardonnay. Tendu et superbement apéritif.

Je ne résiste pas au plaisir de conter l’origine de cette cuvée chiffrée. Voici déjà plus de 10 ans, la Maison Jacquesson devait gérer un dilemme: comment faire un Champagne en utilisant une proportion de vins de réserve (ce qui empêche de le millésimer) et en mettant en évidence les caractéristiques de chaque vendange (ce qui rend impossible de le commercialiser comme un ‘brut sans année’ dont le goût se doit d’être éternellement identique).

La solution ? Une cuvée qui porte chaque année un nombre différent, sans que ce nombre ne soit un millésime. D’où 738…qui suit 737, avec un profil effectivement fort différent: autant 737 était une cuvée vineuse et puissante, autant 738 mise sur la tension et la précision.

Si les circonstances s’y prêtent, goûtez l’une et l’autre cuvée en parallèle. Bonne nouvelle, elles sont toutes deux disponibles chez Anthocyane.

Je rencontre Jean-Marc Grussaute (Camin Larredya – Jurançon). Superbe sec La Virada et splendide moelleux Au Capcèu (100% petit manseng). Je me réjouis de me rendre à la propriété fin mars !

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Chez Fabien Jouves (Mas del Périé – Cahors), je tombe au beau milieu d’une conversation un peu compliquée et très commerciale, un revendeur toulousain pas content. Pas idéal pour goûter, mais les vins parlent pour eux-mêmes. Ici c’est le Cahors du XXIème siècle qui parle. Et il est vachement polyglotte ! Vins de fruit, rosé, élevages en amphore, parcellaire de très grande garde, bulles…rien ne manque.

Les vins Du Mas del Périé seront disponibles chez Anthocyane à la fin du printemps. Y compris des blancs de chenin qui ne laisseront personne indifférent. Promis.

Me voici au Pas de l’Escalette (Terrasses du Larzac – Languedoc), chez Julien Zernott et Delphine Rousseau. On commence par Les Clapas blanc: aïe, ça me paraît étriqué, crispé, bloqué. Un coup d’œil vers les autres dégustateurs…bon, on se risque: ‘Julien, ne serait-ce pas…comment dire…comme qu’y dirait un peu bouchonné ?’

Yep. Pas un bouchonné qui empeste, mais un vicieux/pervers qui s’attaque à la fin de bouche en dénaturant le vin sans avoir l’air d’y toucher. Une autre bouteille ramène le sourire sur tous les visages.

Heureusement, parcours sans faute pour le rosé (dé-li-cieux) et les rouges, même si Les Petits Pas 2014 en ‘version ‘brut de cuve’ doivent encore se poser. Déguster du ‘brut de cuve’ (à savoir un assemblage ‘ad hoc’, manuel, sans protection sulfite ni dégazage) reste un exercice périlleux. Je me contente de vérifier l’absence de défauts. Quant à ce que sera l’assemblage en bouteilles…mystère.

En attendant Mathieu Lapierre, je me verse un petit verre de Raisins Gaulois 2014, l’archétype du super-glouglou. C’est aussi irrésistible en version 2014 qu’en version 2013. Techniquement, le vin est issu des jeunes vignes du Domaine. Mathieu les laisse s’amuser et produire autant qu’elles le veulent. D’où un rendement assez important qui ne permet pas de vendre cette cuvée sous le nom Beaujolais. C’est donc un simple ‘Vin de France’.

Le Morgon 2014 est ‘brut de cuve’ et passé en carafe pour arrondir légèrement son imposante structure. Bien sûr, c’est un infanticide de le goûter dès maintenant.

Lire la suite: Montpellier, jour 3

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Le Beaujolais … est arrivé !

Fawlty Towers don't mention the warDon’t mention the war !

Les amateurs d’humour anglais, de John Cleese, des ’70s et en particulier de la série-TV Fawlty Towers se souviendront de cet épisode hilarant durant lequel Basil et Sybil reçoivent dans leur hôtel un groupe de touristes allemands.

Pour ne blesser personne, il ne faut faire, pendant le service à table, aucune allusion à la guerre. Bien entendu, c’est tout le contraire qui se passe, chaque phrase prononcée par John Cleese s’avère pire que la précédente. Il ne parle QUE de la guerre ! Rendez-vous sur You Tube…

Donc, aucune allusion au Beaujolais Nouveau lorsqu’il s’agit de faire goûter ce que la région offre de meilleur. Et surtout pas dans le titre de l’article !

Samedi 04 octobre, de 10 à 18 heures: venez partager quelques gorgées du millésime 2013 d’Eric Janin (Beaujolais-Villages et Moulin-à-Vent) et de Jean-Claude Lapalu (Beaujolais-Villages et Brouilly). Comparez-les avec les Morgon 2012 & 2013 de Mathieu Lapierre et avec les Chénas 2012 de Paul-Henri Thillardon.

Faites une infidélité beaujolaise avec le Côtes-du-Forez ‘gamay sur volcan’ 2013 de Gilles Bonnefoy et avec le Val de Loire ‘merlot-gamay’ de Pierre-Marie Luneau.

Tous les vins en dégustation peuvent être commandés dans le magasin en-ligne. Vous y trouverez également quelques autres jolis vins de gamay.