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Bonnes surprises

Il m’arrive de plonger dans ma cave personnelle et d’y pêcher un flacon dont la date de péremption est largement dépassée. Enfin, du moins selon la théorie du vieillissement en cave qui affirme que point trop n’en faut, en particulier pour les « petites » appellations.

Voici deux contre-exemples qui m’ont enchanté. D’abord un Irancy 2006 du Domaine Colinot. Plus précisément la cuvée issue du lieu-dit Palotte. Irancy, vous voyez ? Une petite tache de vin rouge au milieu de l’océan des vins blancs du Chablisien. Village-rue entouré par des coteaux de vignes « en fer à cheval » (pas de vignes au sud-ouest). Le village se situe au sud-ouest de Chablis et au sud-est d’Auxerre. L’Yonne y coule. On est en Bourgogne.

A propos de l’Yonne, le lieu-dit Palotte est le seul dont les coteaux descendent vers la rivière, en exposition sud. Terroir de type calcaire kimméridgien, comme à Chablis. Assemblage de 95+% pinot noir et d’une pincée de césar, le cépage hyper-local, en complantation.

On recommande en général de boire les meilleurs Irancy avant qu’ils n’aient atteint l’âge vénérable de 10 ans. Et la plupart des Irancy sont en fait destinés à une consommation rapide, sur leur fruit.

Palotte 2006 devrait donc glisser sur la pente (vachement) descendante et ne réserver que tristesse et déception à l’amateur qui a « oublié » cette bouteille dans sa cave. Erreur ! Grossière Erreur !

Ce vin est en pleine forme: un pinot traditionnel avec un fruit succulent et un équilibre d’anthologie. Une robe légère, avec un peu d’évolution. Je craignais une possible amertume excessive, mais celle-ci brille par son absence. Il y a de l’énergie et de la précision. De la cerise et de la fumée. Un régal ! A noter que ce vin n’est PAS passé par le fût. Comme la plupart des pinots noirs, ce vin est meilleur endéans les 24 heures qui suivent l’ouverture du flacon. Après, cela se dégrade, avec un peu de rusticité et une petite crispation sur les tannins.

Bouteille achetée en 2008 au Domaine au prix de € 14.

Anthocyane a vendu les millésimes 2011 et 2012 du Domaine Colinot, en importation directe. Cuvées Palotte, Les Mazelots, Côte de Moutier, Très Vieilles Vignes, etc… Le Domaine vend aujourd’hui € 30 les millésimes récents.

Enchantement, chapitre 2. Cette fois-ci, c’est l’Alsace qui s’y colle, avec un vin « hors piste » à savoir Trovium 2010 du Domaine F. Mochel. L’Alsace s’organise autour de mono-cépages, riesling, pinot gris, gewürztraminer, etc… Celui-ci fait exception. L’Alsace n’utilise en général pas de contenants en bois. Celui-ci fait exception.

Le Domaine Mochel se situe à Traenheim, pas bien loin de Strasbourg. Il est entre les mains de Guillaume depuis une quinzaine d’années. Trovium, c’est le nom latin du village.

J’ai goûté ce vin et ce millésime en décembre 2013. Voici ce que j’avais noté à l’époque: pinot blanc 50%, pinot gris 50%, fermentation et élevage en barriques. Nez boisé, presque bourguignon. Aromatique de pinot gris beurré, avec de l’orange. Bouche de chardonnay boisé, pas de sensation alcooleuse. Sec et gras.

Dans la foulée, Anthocyane a vendu cette cuvée avec un succès qui s’est limité à l’estime (€ 19,90). Sans doute trop déstabilisant par rapport à l’image que l’on se fait de l’Alsace.

Je craignais que, 15 ans plus tard, ce vin ait conservé l’impact du bois et perdu son fruit. Erreur ! Grossière Erreur ! Après avoir été subjugué par une robe dorée lumineuse et intense (qui pourrait annoncer un vin liquoreux ou un vin oxydé ou un vin fortement boisé), le nez m’affriole: beaucoup de fruit (zeste d’orange). Une évolution vers les parfums de la forêt en automne trahit son âge. Il y a de la joie dans cette bouteille ! La bouche est parfaitement sèche et elle a absorbé le boisé. Riche sans la moindre mollesse. Très belle finale, nette, ciselée. Et il y a de la fraîcheur ! Grand vin de gastronomie.

A ma connaissance, cette cuvée a cessé d’exister: pas de millésimes jeunes.

Comme quoi, ne pas attendre grand-chose d’une bouteille ancienne que l’on tire-bouchonne lorsqu’il est, soi-disant, trop tard offre une vraie carte blanche aux bonnes surprises. Le repas s’éclaire, la conversation gagne en esprit, le temps est remonté et on se souvient…

La dégustation du 26 juillet: que retenir

15 vins plus tard, voici ce que j’ai retenu de cette dégustation. J’ai marqué d’une étoile (*) les 6 vins qui m’ont fait la meilleure impression, dans leur catégories de prix respectives.
Vins mis à votre disposition pendant la première quinzaine du mois d’août.
Vous pouvez également consulter les fiches détaillées des vins sélectionnés via cette page. Je recommande chaudement de parcourir ces fiches, elles regorgent d’informations supplémentaires: pour faire un choix éclairé.

Les sept premiers vins sont blancs, les six derniers sont rouges. Et les deux rosé sont au milieu.

Ce ne fut pas un grand succès populaire, la date -choisie avec une témérité certaine- s’avérant peu porteuse. J’affirme néanmoins que les participants ne se sont pas ennuyés, ayant goûté des vins singuliers, étonnants, (a)typiques, charmants et charmeurs.

Et une surprise pour clore la dégustation: voir en fin d’article le vin en supplément.

Lafage, Côtes Catalanes, Centenaire 2024 (€ 13,00):

Aromatique et frais, Centenaire a fait honneur à ses vignes -qui l’eût cru-, centenaires: un vin souriant, exubérant, sur le fruit bien mûr. Vin de tous les jours qui ne déplaira à personne, grâce à un parfait équilibre entre rondeur et vivacité. Le vin sympathique par excellence.

(*) La Janasse, Côtes du Rhône 2024 (€ 14,00):

Domaine bénéficiant d’une grande réputation pour ses Châteauneufs-du-Pape. A noter le passage en bio (après trois années de conversion) et le degré alcoolique particulièrement léger (12,50%). Comparaison instructive avec le vin précédent: sud de la France, millésime 2024 et assemblage basé sur le grenache blanc/la roussanne. Celui-ci est moins exubérant, moins extraverti, plus en finesse et en élégance.

(*) Albet i Noya, Penedès, 3 Macabeus 2022 (€ 14,50):

Le Domaine est un -voire le- pionnier du bio et de la biodynamie en Espagne. Etonnant de déguster un vin citronné sous cette latitude ! C’est punchy en diable ! Une expression spécifique du cépage en macabeu de vieilles vignes. A l’aveugle, personne ne mentionnera ni la Catalogne, ni l’Espagne. Se goûte très bien maintenant (le millésime 2022 a eu le temps requis pour se fondre harmonieusement).

(*) Forjas del Salnes, Rias Baixas, Cies 2023 (€ 21,00):

Voici le premier membre d’une comparaison galicienne: un vin océanique (le vignoble est planté en face de l’île de Cies), 100% albariño. Et océanique, il l’est ! Verticalité saline, minéralité, demi-puissance mais précision diabolique. Il faut oublier l’ananas qui caractérise souvent le cépage: la structure domine l’aromatique. Cies m’évoque parfois le riesling, cette fois-ci, je l’ai trouvé chablisien.

Rafael Palacios, Valdeorras, Louro 2023 (€ 25,00):

Voici le deuxième membre de la comparaison galicienne: un vin montagnard (comptez 3 heures de route pour rejoindre l’océan), 100% godello. Style radicalement différent du précédent: ils n’ont vraiment que la région et le millésime en commun. Le nez commence sur un léger boisé fumé très élégant. Le vin est dense, crémeux et m’évoque plus l’automne que l’été. Chaque fois que je le déguste, ce vin m’épate: on croit l’avoir compris à la première gorgée, puis l’on se compte qu’il y a des couches de goût l’une par-dessous l’autre. A boire sans hâte ni frénésie.

Nicolas Maillet, Bourgogne Aligoté 2023 (€ 24,00):

Un peu comme le Muscadet, l’aligoté a été négligé pendant une longue période sous prétexte qu’il serait d’une acidité rédhibitoire et d’une maigreur déprimante. Aujourd’hui, chez les meilleurs vignerons, les choses ont radicalement changé. Pensons à l’appellation Bouzeron (toujours 100% aligoté), aux aligotés parcellaires de Sylvain Pataille et à la mise en avant du cépage en période de bouleversement climatique. Nicolas Maillet répète en 2023 le magnifique 2022: bien sûr le vin est vif, mais il présente aussi beaucoup de gras et une pureté d’anthologie. C’est absolument délicieux ! A l’aveugle, qui mentionnera le cépage ?

(*) Nicolas Maillet, Mâcon-Verzé, Le Chemin Blanc 2023 (€ 29,00):

Le 2022 constituait une réussite majeure, sans doute difficile à égaler. A ma modeste échelle, j’en ai vendu beaucoup. C’est un vin important pour Anthocyane. Il y a quelques semaines, en m’apprêtant à déguster le millésime 2023, Je ressentais un certain stress: serait-il à la hauteur de son prédécesseur ? Pourrais-je le recommander à ceux et celles qui ne l’auront pas goûté ? Ouf, la réponse est un oui majuscule. Samedi, il a été éblouissant. Le Chemin Blanc est décidément un grand vin, à la perfection technique impressionnante. Certains diront qu’il lui manque un grain de folie. M’ouais …: quelle pureté, quelle intensité, quelle persistance !

Shelter Winery, Baden, Rosé de Noir 2024 (€ 14,00):

Un rosé de pinot noir d’une grande délicatesse: le profil est presque celui d’un vin blanc. Ne pas servir au jardin en accompagnement de viandes grillées, il n’y résisterait pas. Son destin est de s’accorder avec des salades ou d’autres plats légers. Rosé aérien et subtil, ce qui me semble plutôt rare dans cette catégorie de prix.

Yves Leccia, Île de Beauté, YL (rosé) 2024 (€ 18,00):

Rien à voir avec le vin précédent, si ce n’est la couleur et le millésime. Voici un rosé gourmand, frais et assez puissant, prêt pour toutes les batailles, de l’apéro jusqu’au poisson grillé. Quelques petits tannins qui contribuent à l’énergie dégagée par ce niellucciu. S’il n’est pas bu en 2025, il sera tout aussi bon en 2026.

Gilles Bonnefoy (La Madone), Côtes du Forez, Diorite 2024 (€ 14,00):

Nouvelle cuvée de jeunes vignes, sur granit (ce n’est donc pas un terroir volcanique). Ne pas confondre avec Dacite. Rouge léger, à boire frais. Substitut intéressant pour celles et ceux qui fuient le rosé ou qui souhaitent se donner le choix des armes. Très léger en alcool, couleur assez pâle. Poivré et fruité. Pas de tannins. Certes gamay, mais pas Beaujolais.

Envinate, Albahra 2023 (€ 16,50):

L’étiquette ne permet pas de percer le mystère de ce vin d’altitude (800 mètres !), élaboré dans l’arrière-pays de Valence (en Espagne, pas en France). Je suis frappé par la matière voluptueuse et soyeuse, avant le retour de bons tannins. C’est fruité et épicé, avec passage par le bois pour le rare cépage moravia.

(*) Gilles Bonnefoy (La Madone), Urfé, Mi-Noir Mi-Bouze 2024 (€ 17,50):

Une curiosité, à savoir l’assemblage du gamay « classique » avec un gamay « pas classique du tout »: le gamay de Bouze (avec un « z », j’insiste). La signature est celle du millésime 2024 au Domaine (léger en alcool, pimpant), mais avec beaucoup de concentration. Fruits noire et intensité. Profil un peu sauvage, mais moins qu’en 2023. Terroir volcanique. Vin nature (0% de soufre), à boire de préférence en une unique journée. Et vous avez ma parole: ce vin est loyal et marchand. Pas de compromis !

Alegre Valgañon, Rioja, Tinto 2021 (€ 18,00):

Vin qui a bénéficié de quelques années de vieillissement en cave. Puisque l’importateur le propose encore, autant profiter de ce grand millésime en Rioja. Vinification classique, avec une volonté de reconnecter avec les méthodes ancestrales. On se situe beaucoup plus près du style « Lopez de Heredia » que du style « Roda ». Vin fondu, assez puissant, prêt à boire.

(*) Viticola Mentridana, Mentrida, El Mentridano 2022 (€ 19,50):

Sans doute le vin le plus surprenant proposé pendant cette dégustation. Un 100% grenache comme on n’en boit jamais. Provenance: Sierra de Gredos (au sud-ouest de Madrid), le nouvel Eldorado des « grenachophiles ». Couleur très pâle, nez parfumé, bouche pleine de jus et de matière. Certes 14,50% d’alcool, mais sans impact négatif sur la dégustation. Je suis plus que séduit. Selon l’adage, cela ne plaira pas à tout le monde mais j’assume ! Vin qui plonge ses racines (sic) dans un passé presqu’oublié.

Vietti, Langhe, Perbacco 2022 (€ 25,00):

Après un 2020 d’anthologie, ce Perbacco 2022 fait presqu’aussi bien, ce qui n’est pas peu dire. Assemblage de jeunes vignes, en partie à Barolo et en partie à Barbaresco. J’essaye d’éviter ce type de comparaison mais dans le cas qui nous occupe, je fais exception: petit Barolo me semble tout-à-fait pertinent ! Un nebbiolo jeune et pourtant accessible ? Perbacco est la réponse. Bien sûr, il y a du tannin, le cépage ne se prêtant pas à l’absence de tannins. Mais c’est équilibré, fruité, épicé et ne demande qu’à escorter une viande rouge. Maintenant ou dans cinq ans.

Et en supplément au programme : La Madre, Vermouth, White Dry (€ 16,00):

Donc un vermouth, à savoir des plantes et des herbes aromatiques macérées dans l’alcool qui extrait les arômes, puis filtration de ce liquide et mélange à un vin blanc, en l’occurrence catalan (grenache blanc et macabeu). On ajoute du sucre et on mute jusqu’à obtenir un degré d’alcool de +/- 17%. On termine par un élevage en tonneaux.

J’ai profité de la présence des participants à la dégustation pour tester ce produit étonnant. Cela a manifestement plu, certains dégustateurs souhaitant en acheter.

Le vermouth peut se boire nature, additionné de glaçons et de tonic ou comme base de nombreux cocktails. Il permet d’abaisser le titre d’alcool du mélange lorsqu’il est ajouté à un alcool à 40%. La présence de sucre dans le vermouth va adoucir le mélange tout en apportant des notes aromatiques, d’où un cocktail plus complexe. On le retrouve ainsi notamment dans le Negroni, l’Americano et le Manhattan.

Une fois la bouteille ouverte, peut se conserver au réfrigérateur pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Peut également être utilisé -en petite quantité- pour aromatiser une sauce.

J’ai marqué d’une étoile (*) les 6 vins qui m’ont fait la meilleure impression, dans leur catégories de prix respectives.
Vins mis à votre disposition pendant la première quinzaine du mois d’août.
Vous pouvez également consulter les fiches détaillées des vins sélectionnés via cette page. Je recommande chaudement de parcourir ces fiches, elles regorgent d’informations supplémentaires: pour faire un choix éclairé.

Miscellanées

Un weekend pas trop loin de Bruxelles et un vignoble réputé ? Vous me répondrez sans doute via quelques bulles champenoises, entre Reims et Epernay. Voici néanmoins une alternative plus originale, voire légèrement exotique pour nous les francophones: Trier, capitale de la Moselle allemande, terroir d’excellence pour le riesling. Trois heures de route pour se plonger dans une autre culture du grand vin.

Un peu de vocabulaire, à titre de trousse de premier secours: « alte Reben » = vieilles vignes; « feinherb » = demi-sec; « grosse Lage » = terroir grand cru; « edelsüß » = moelleux/liquoreux; « Sekt » = bulle élaborée en méthode traditionnelle; « Ortswein » = vin de village (sur le modèle bourguignon); « Ruwer » = affluent de la Moselle et sous-région particulièrement recommandable; « Spätburgunder » = pinot noir., …

Prévoir une pause pendant votre visite du centre (très) ancien de Trier: Das Weinhaus. Caviste très bien achalandé et wine bar typique, avec petite restauration.

Une idée de ce que vaudra le futur millésime 2025 ? Non, bien sûr que non. C’est déjà difficile quand les raisins ont été vendangés, alors faire des prévisions en juillet, décidément non. Malgré tout, sans aucune prétention scientifique, je surveille chaque été notre mûrier.

Les participants aux dégustations du samedi le connaissent bien, il se trouve juste à côté de la porte d’entrée. Exposition nord-est. Planté il y a plus de vingt ans. Ce murier bénéficie de la chaleur que lui rend le mur contre lequel il s’appuie. Il subit périodiquement une taille vigoureuse.

Bilan 2025: plusieurs récoltes en juillet de fruits bien mûrs, présentant un équilibre idéal entre sucrosité et acidité. Couleur violacée qui révèle la présence massive d’anthocyanes. Très peu de fruits pourris. Une excellente année précoce ! Le temps où il fallait attendre le mois d’août pour déguster les mûres semble révolu.

La Bourgogne est un mystère. La Bourgogne est insondable et impossible à résumer. Elle génère émerveillements et frustrations. Elle ne garantit jamais rien. Une réflexion qui mérite le partage: Achetez les vins des meilleurs vignobles et des meilleurs producteurs lors des pires millésimes. En grand millésime, achetez les simples bourgognes et les villages de presque n’importe qui …et économisez de l’argent.

Méfiez-vous du vigneron qui tente de transformer un petit millésime en grand millésime en faisant appel à des artifices (dont il ne vous dira rien). Un petit millésime peut être charmant et équilibré. Un petit millésime maquillé ne sera ni l’un ni l’autre.

Je vous invite à participer à la dégustation de ce samedi 26 juillet, entre 10 et 18 heures. Le programme est finalisé. Ce sera majoritairement franco-espagnol. 15 vins sur le bar. Un rosé corse et un rosé allemand. Deux cuvées du Domaine de la Madone dont l’étonnante Mi-Noir Mi-Bouze (tout un programme). Catalogne, Rioja, Galice et d’autres régions espagnoles. La cuvée Centenaire de Lafage, particulièrement réussie en 2024. Deux fois l’incontournable Nicolas Maillet en millésime 2023. Et le nouveau millésime de la cuvée Perbacco de Vietti (Piémont).

Je prends vos commandes dès à présent et jusqu’au mardi 29 juillet inclus. Mise à disposition des vins pendant la première quinzaine du mois d’août.

Il n’est pas rare d’entendre un dégustateur commenter un vin moelleux en affirmant qu’il a mangé ses sucres. C’est un phénomène moult fois observé: après un (long) vieillissement en cave, certains vins moelleux se goûtent presque secs. Comme si les sucres avaient fait leurs valises pour disparaître … en douce.

Or, analytiquement, il n’en est rien. Les sucres sont toujours présents. Je cite la Revue du Vin de France de juillet/août 2025: le Château d’Yquem cofinance une thèse visant à lever le voile du mystère qui entoure ce prodige sensoriel.

Comme quoi, les sucres ont la faculté de se faire discrets, avec la complicité du temps qui passe…

Compte-rendu de la dégustation

15 vins plus tard, voici ce que j’ai retenu de cette dégustation. J’ai marqué d’une étoile (*) les 6 vins qui m’ont fait la meilleure impression, dans leur catégories de prix respectives.
Vins mis à votre disposition pendant la première quinzaine de juin.
Vous pouvez également consulter les fiches détaillées des vins sélectionnés via cette page.

Les six premiers vins sont blancs, les huit derniers sont rouges. Et le rosé est au milieu.

Sous une météo pluvieuse et venteuse qui condamnait la terrasse et le jardin à n’être que des éléments du décor, nous avons dégusté avec vaillance et détermination les vins que voici, que voilà:

Les Bosquets, Le Petit Vin 2024 (€ 11,50):

Aromatique et frais, un Rhône méridional surprenant qui combine la vivacité du vermentino et la rondeur d’un chardonnay bien mûr. C’est le sud, sans les pépins méridionaux.

Carl Loewen, Varidor 2024 (€ 13,00):

Seul vin non-français de la sélection, ce riesling de la Moselle réussit à combiner trois éléments essentiels: un degré très raisonnable (12%), une pleine maturité du fruit et une absence de sucres résiduels perceptibles (vin sec). Excellent rapport qualité-prix, difficile de trouver un équivalent en Alsace.

(*) La Pépière, Briords 2023 (€ 14,50):

Un vrai Muscadet avec la vivacité et la salinité qui en font le vin idéal pour accompagner tout ce qui nage et circule sous les flots bleus; la parcelle offre un supplément de gras et de rondeur qui contribue à l’équilibre: les vieilles vignes ont encore frappé !

Les Corbillières, Fabel Barbou 2023 (€ 16,00):

Un sauvignon qui s’exprime pleinement sur des notes de fruits exotiques: fruit de la passion, litchi, mangue…Mais tomber dans une exubérance de mauvais aloi: c’est élégant et salivant.

Goûté à nouveau ce dimanche soir: l’élégance et la pureté prennent le pas sur l’aromatique. C’est meilleur aujourd’hui qu’hier. Mériterait une étoile.

Les Gandines, Climat Les Gandines 2022 (€ 24,50):

Bourgogne blanc de facture classique: élevage sous bois dosé avec maestria, belle longueur. Peut remplacer bien des chardonnays prestigieux de la Côte de Beaune, mais à un prix très différent de ce qui se pratique aujourd’hui du côté de Puligny et autres Meursaults.

Goûté à nouveau ce dimanche soir: 36 heures après avoir été ouverte, la bouteille affiche une grande harmonie, comme si tous les éléments avaient reçu le temps requis pour se fondre les uns dans les autres. Ma comparaison avec la Côte de Beaune est absolument valide. Mériterait une étoile.

PS: je reçois aujourd’hui le numéro de juin de La Revue du Vin de France. En page 89, je lis: « Fruit gourmand et mûr, plein de fraîcheur un peu acidulée en finale: un vin friand, délié et accessible, nuancé et joyeux, lumineux en finale. 93/100« 

Le Clos Galerne, Savennières 2023 (€ 29,90):

Très pur à l’ouverture, vers 09h30, le vin a ensuite divergé, présentant progressivement des arômes légèrement oxydatifs et/ou marqués par l’amertume de la bière. En l’état, je ne peux pas vous recommander un achat. Je suppose que ce problème ne concerne que la bouteille dégustée samedi, mais il faut que je vérifie. Dommage.

Pour en avoir le cœur net, je goûte à nouveau ce dimanche soir ce qui restait dans le flacon. Cela a encore évolué ! La touche oxydative est imperceptible, l’amertume très légère. Bref, c’est nettement mieux qu’hier sans être tout-à-fait au niveau souhaité. Cela reste un vin atypique pour son appellation, construit sur une « maturité précoce » (11,5%). Une forme de fragilité touchante, intéressante, créatrice de débats, mais aussi un point d’interrogation. Pour amateurs audacieux.

(*) Pellé, Morogues rosé 2023 (€ 14,50):

La recherche d’un rosé qui échappe à la banalité m’occupe dès que le printemps montre le bout de son nez. Après avoir entendu les commentaires des participants à la dégustation, je suis encore plus content d’avoir découvert ce rosé de pinot noir qui fera merveille à l’apéro et qui passera à table avec bonheur. La finale est digne de celle d’un grand vin blanc.

La Pépière, La Pépie 2023 (€ 11,50):

Au-delà d’un prix fort sympathique, ce côt (ou malbec) ligérien montre le potentiel de la région du Muscadet pour élaborer des rouges friands et directs. Peut se servir légèrement rafraîchi.

Valensac, Entre nous 2023 (€ 11,50):

Un rare 100% petit verdot. Ce cépage historique dans le Bordelais a trouvé refuge en Languedoc où il atteint sa pleine maturité. C’est tonique, fruité et original. Etiquette esthétique, peu de soufre et superbe rapport qualité/prix: qu’est-ce qu’on attend ?

Sant’Armettu, Mino 2024 (€ 15,50):

Ce domaine du sud-ouest de la Corse ne cesse de m’impressionner, y compris avec ce Mino, assemblage issu des deux cépages rouges emblématiques de l’île de Beauté: niellucio (synonyme du sangiovese toscan) et sciaccarellu. Epicé, concentré et juteux. Elevage en cuve inox (pas de bois).

(*) La Madone, Gamay sur volcan 2024 (€ 17,00):

Quel plaisir de retrouver ce gamay volcanique dans le millésime 2024 -après un 2023 atypique par sa richesse en alcool (14%)- qui en revient aux 12% habituels, ce qui garantit son côté pimpant, primesautier, gouleyant, glouglou-esque à souhait, …

(*) La Cabotte, Gabriel 2023 (€ 17,50):

Autour du bar, j’ai entendu plusieurs fois « Châteauneuf-du-Pape ». Oui, il y a bien de ça, avec deux nuances importantes: la parfaite maîtrise du degré (14,5%) qui ne génère aucune chaleur alcooleuse et le prix qui n’a rien de castelpapal. Elevage en jarres de terre cuite (« amphores »). Un assemblage syrah-grenache puissant comme j’aimerais en goûter plus souvent !

(*) Sant’Armettu, Rosumarinu 2024 (€ 23,50):

Quelle finesse, quelle abondance de parfums, quelle légèreté combinée avec beaucoup de matière ! J’avais été conquis par 2022, ce millésime 2024 se hisse au moins au niveau de son prédécesseur. La couleur est pâle comme il sied à un 100% sciaccarellu.

François Villard, Poivre et Sol 2023 (€ 25,00):

L’incarnation de la syrah « Rhône nord » en mode viril et sauvage. Arômes puissants de lard, de jambon fumé, de caoutchouc brûlé (ne fuyez pas, c’est beaucoup plus intéressant dans le nez que dans cet article). Vin très expressif que je recommande de faire passer par la carafe.

(*) Bernard Baudry, Le Clos Guillot 2022 (€ 27,00):

Ce vin -qui peut se bonifier en cave pendant de longues années- a le grand mérite de très bien se goûter dès son enfance: l’équilibre entre la matière et les tanins de ce millésime 2022 donne déjà beaucoup de plaisir. La maturité de ce cabernet franc est parfaite, en évitant avec talent les pièges d’une année aussi solaire.

J’ai marqué d’une étoile (*) les 6 vins qui m’ont fait la meilleure impression, dans leur catégories de prix respectives.
Vins mis à votre disposition pendant la première quinzaine de juin.
Vous pouvez également consulter les fiches détaillées des vins sélectionnés via cette page.

Apogée d’un chenin

Domaine de Bellivière, Coteaux du Loir, Vieilles Vignes Eparses 2004

Couleur cuivrée intense et lumineuse.

Nez: orange, purée d’abricot, rose, épices, miel, quelle complexité !

Bouche: acidité très intégrée, salinité en finale, maturité sans sucre résiduel, « douceur sèche », équilibré, pas de signaux de fin de vie si ce n’est une légère touche oxydative.

Irrésistiblement savoureux, plus sensuel que cérébral.

Plus de vingt ans et toutes ses dents …

Ce vin n’est pas commercialisé par Anthocyane. Cette bouteille a été achetée à la Cave des Oblats (Liège) en mai 2006 au prix de € 18. Le Domaine commercialise le millésime 2022 au prix de € 42.

Dégustation

Samedi 24 mai. De 10 à 18 heures. A l’adresse habituelle. Une quinzaine de vins sur le bar. Voici le programme.

Thème ? Quel thème ? You talkin’ to me ? You talkin’ to me ?

Plus concrètement, le thème sera la recherche obstinée et persévérante des vins les plus intéressants dans leur catégorie, au meilleur prix. Avec humilité parce que le processus qui mène au choix est profondément subjectif. Avec conviction parce que je peux choisir librement vu que je n’ai ni engagement vis-à-vis de mes fournisseurs ni stock à écouler.

colis de bienvenue

Je conserve en mémoire d’une époque préhistorique -lorsque je travaillais au sein du département marketing d’une multinationale active dans les « fast moving consumer goods« – un principe qui s’applique également à mon activité de caviste:

Nous adorons avoir le choix, mais détestons choisir

Autrement dit, il peut être très agréable de se balader dans une gamme large, de fouiner à gauche et à droite dans un magasin enligne, de se plonger dans la Galice espagnole, de poursuivre dans la Loire, de se rendre en Toscane puis en Allemagne, …

… Une demi-heure plus tard, la tête saturée d’informations, farcie d’anecdotes, de photos et de comparaisons, un peu hébété, le regard dans le vide, voici venu le moment tant redouté du choix. Et ça n’est donc pas forcément facile. Or, affirme le commerçant, si ça n’est pas facile, ça risque de ne pas se passer. Opportunité envolée. Problème…

…Solution ! Voici donc le colis de bienvenue à géométrie variable.

Définition:

  • toujours six bouteilles différentes,
  • toujours mix entre rouge et blanc sec,
  • toujours proposé à moins de € 100, avec une réduction de € 5 par rapport au prix habituel des six bouteilles
  • toujours axé sur la diversité des styles, des origines et des cépages,
  • toujours disponible immédiatement.

Il suffit de commander le colis de bienvenue dans le magasin enligne et de venir le chercher à l’adresse habituelle. La facture est transmise en annexe d’un e-mail.

La composition du colis varie avec l’évolution du stock d’Anthocyane. Donc le colis disponible aujourd’hui est peut-être différent de celui qui sera proposé demain et est probablement différent de celui qui sera proposé dans un mois.

A titre d’exemple, voici un colis avec trois blancs secs et trois rouges:

• Fritsch, Wagram, Ried Steinberg 2023 (€ 14,00)
• La Janasse, Côtes du Rhône 2023 (€ 14,00)
• Guerrin, Mâcon-Vergisson 2023 (€ 15,50)

• Famille Chermette, Beaujolais, Origine vieilles vignes 2023 (€ 12,00)
• Château de Villeneuve, Saumur-Champigny, Clos de la Bienboire 2023 (€ 17,00)
• Cellers Joan d’Anguera, Les Maiols 2023 (€ 14,00)

Prix total: € 86,50 – réduction de € 5 = € 81,50

Ce colis est épuisé, un autre a pris sa place: découvrez-le en cliquant sur le bouton ci-dessous:

Compte-rendu

Le thème de la dégustation ? Petit prix, grand plaisir: très bons vins à € 15 et moins

Je me suis concentré cette fois sur des vins qui ne dépassent pas la barre des 15 euros. On pourrait s’imaginer qu’il s’agit alors de cuvées d’entrée de gamme, simples, légères et destinées à une consommation rapide.

Je détrompe: nous avons certes goûté des cuvées sympa qui fonctionnent particulièrement bien lorsque les circonstances l’exigent: nombreux convives, météo para-caniculaire, apéritif avant de passer aux choses sérieuses. Mais nous avons également goûté des vins plus ambitieux, complexes, structurés, jusqu’à, pour certains, mériter soit le passage en carafe, soit la patience sous la forme d’une garde en cave de deux ou trois ans.

Dans la première catégorie, un sauvignon classique et équilibré du Domaine des Corbillières qui évite tant le piège de la sous-maturité (verdeur) que celui de l’exubérance aromatique (fatigue). Fraîcheur aussi: alcool à 12,5%. A noter qu’il s’agit, pour partie, d’un vin de vieilles vignes, connues pour offrir des rendements plus bas, ce qui conduit à l’élaboration de vins plus concentrés (€ 11,00).

Autant de fraîcheur mais plus de rondeur dans le pinot blanc du Domaine Holger Koch. Les vignes sont plantées dans le volcan éteint qui domine la région, le Kaiserstuhl. Une aromatique intense, avec des notes fumées et une énergie éclatante, revigorante. Un vin allemand pour la table, sec sans le moindre sucre résiduel. A prix égal, je connais peu de pinots blancs alsaciens capables de rivaliser avec celui-ci (€ 14,00) !

La Janasse, réputée pour ses Châteauneuf-du-Pape riches et solaires, produit également un Côtes-du-Rhône blanc qui me convainc, millésime après millésime. Assemblage complexe qui combine la puissance du grenache blanc, la fraîcheur de la clairette et du bourboulenc et l’aromatique du viognier et de la roussanne. Alcool très bien maîtrisé. L’équilibre, comme souvent dans le sud, se nourrit d’une bonne vivacité et de quelques amers rafraîchissants: si vous êtes mal à l’aise avec les amers, ce n’est pas celui-ci qu’il faut retenir (€ 14,00).

La Pépière ou le Muscadet efficace ! Cette cuvée d’entrée de gamme met en bouteille la vivacité des embruns océaniques. Vin idéal pour accompagner mollusques et crustacés. Ou la cuisine asiatique y compris pimentée. Pureté, précision, éclat: à ce prix là, c’est imparable ! En cadeau gratuit: bio et biodynamie (€ 11,00).

Comparaison intéressante avec la Folle Blanche du Domaine Luneau-Papin: nous sommes toujours dans la région du Muscadet, mais nous changeons de cépage: la folle blanche est un cépage un peu oublié qui a tendance -quand le vigneron néglige ses vignes- à produire beaucoup, beaucoup et encore plus. Or quantité et qualité sont très peu compatibles. Ici, nous sommes sur le terrain de la meilleure folle blanche, citronnée et iodée, avec une jolie concentration (€ 14,00).

On change de couleur pour entamer la longue série des rouges. Le Valpolicella de Speri est une certitude dans mon assortiment … depuis 2015. Ce millésime 2023 se caractérise par une aromatique parfumée et par des tannins très discrets, pour ne pas dire inexistants. Vin léger comme une bulle fruitée (€ 13,00).

Aussi peu de couleur dans ce Frappato de Gurrieri que dans le vin précédent. Notre œil s’imagine alors que le vin sera léger. Ce Sicilien nous contredit avec délectation: après un démarrage sur le fraise, la tannicité arrive progressivement donnant du poids et de la structure à ce « faux-léger » (€ 15,00).

La cuvée Œillade du Mas des Chimères est un coup de cœur personnel: voici un cinsault qui donne irrésistiblement envie de mieux connaître ce cépage du sud. Floral et séducteur, juteux et assez long, je suis sous le charme ! Petits tannins qui portent une belle matière, déjà prête à être dégustée (€ 13,00).

Opposition des contraires avec le Chinon du Château de Coulaine: le millésime 2022 est solaire et puissant, ce qui se traduit dans ce vin de Loire par la présence de puissants tannins qui invitent à le carafer. Mais les tannins ne constituent qu’une partie de l’expérience: beau jus fruité, avec quelques nuances terreuses qui ajoutent de la complexité et de la typicité: c’est en effet très cabernet franc (€ 14,00) !

Bon, une p’tite pause grâce à un vin de Navarre du Domaine Quaderna Via élaboré avec 100% du cépage graciano. Direct, joyeux et festif. Fruit savoureux et vin succulent. Vinification très maîtrisée. Rien qui puisse empêcher le dégustateur-profane de s’y retrouver: l’ami de toute le monde en quelque sorte. Il faut des vins comme celui-ci dans toutes les caves. Les occasions ne manquent pas. L’étiquette est sympa. Prix plus que sympathique (€ 9,90).

Le vin suivant m’a surpris: composé de 80% de grenache et de 20% de carignan, il donne la parole au cépage minoritaire, ce qui confère à cette cuvée un caractère sérieux, profond, droit. Le Domaine Les Soulanes a réussi son coup avec cette cuvée parcellaire (Les Salines) à forte personnalité. Je recommande la carafe pour « ouvrir » ce vin dense, concentré, tannique et frais. Il pourrait évoquer le Priorat catalan (sauf par son prix). Un Roussillon sec très réussi (€ 14,00) !

Nous restons dans le Roussillon pour vivre une expérience diamétralement opposée: un pur grenache qui se caractérise par une très grande buvabilité: cela coule vraiment tout seul ! Pas de tannins, un fruit éclatant et une absence de … sulfites. Si, si, vous avez bien lu: Natural Grenache est un vin nature ! Quel régal lorsqu’un Domaine détient l’expertise nécessaire pour réaliser un vin sans sulfites et … sans défauts ni déviances. Le Mas Amiel est sans plus connu pour ses rouges moelleux, mais il démontre ici sa capacité à gérer les vins secs. Bouteille addictive (€ 15,00) !

NB: n’ayant pas de recul sur l’évolution dans le temps de cette cuvée, je recommande la prudence et donc de tire-bouchonner les bouteilles en 2025 ou 2026. Prolonger la garde n’a pas d’utilité.

Et voici venu le vin qui a remporté le plus de suffrages parmi ceux et celles qui m’ont déjà transmis leur commande: le Bourgueil « Noms d’Oiseaux » du Domaine de La Chevalerie en millésime 2019. Grâce à la politique du Domaine (conserver dans leurs caves les vins mis en bouteilles pendant plusieurs années avant de les commercialiser), nous goûtons un millésime qui a eu le temps de se fondre, de s’harmoniser, d’arrondir ses tannins. C’est prêt à boire ! Un cabernet franc traditionnel qui démontre le potentiel de ce cépage (€ 15,00).

Nous voici dans la vallée du Douro, dans le nord du Portugal. Ici, on crée le Porto, mais aussi des vins secs, concentrés, riches en alcool, souvent basés sur le cépage touriga nacional et systématiquement élevés en bois. Pas forcément ma tasse de thé… D’où mon intérêt pour une version sans passage par le bois (unoaked en anglais dans le texte), plutôt légère en alcool (13,50 %) et issue d’une vigne en complantation (différents cépages plantés dans la même parcelle, en proportions très variables). Ce Quinta Nova a tout pour plaire, en particulier grâce à du fruit noir en abondance, à un jus très dense, à des tannins plutôt discrets et à une richesse qui ne vire pas vers l’alcool excessif (€ 15,00).

Enfin, une douceur du Domaine Lafage: un Rivesaltes Ambré hors d’âge. Vin muté à l’alcool, à la fois doux et oxydatif, longuement élevé dans le bois (d’où sa couleur ambrée) et embouteillé dans un très joli flacon élancé de 50 cl. C’est délicieux avec bien des fromages et bien des desserts. Cela peut se substituer à un dessert absent. Grande complexité des arômes (orangette, fruits secs, abricot, etc…). La bouteille ouverte se conserve, bouchée et placée au réfrigérateur, sans perte de qualité, pendant plusieurs semaines. Mais je fais le pari que le vin se sera mystérieusement évaporé en quelques jours…(€ 14,00).

Pratiquement: je prends les commandes jusqu’à ce mardi soir inclus (18 mars). Donc, ne pas remettre à après-demain sous peine de passer à côté.
Tous ces vins sont affichés dans le magasin.

Bordeaux 2022

Impressions sur une dégustation de Bordeaux Grands Crus Classés issus du millésime 2022

Article rédigé par Bernard Arnould, client chez Anthocyane et journaliste-vin depuis 1992.

Vignes et vins nous surprendront décidemment toujours. Voyez par exemple ce millésime 2022 à Bordeaux : chaleur et sécheresse étaient au rendez-vous. On pouvait donc craindre des vins riches, alcooleux, parkériens après la lettre…que nenni !

Excessif dans sa climatologie, le millésime 2022 a cependant produit des vins étonnamment équilibrés et harmonieux, plus ou moins tanniques en fonction de la vinification, mais pulpeux, préservant une fraîcheur et un éclat que l’on a trop souvent cherché en vain dans les Grands Crus Classés de la période Parker. Comment expliquer ce paradoxe ? Un article du Figaro en date du 18 mai 2023 fournit d’importants éléments de réponse :

« Les vignes ont fait face à une sécheresse record, en plus des températures au-dessus des normales. En revanche, il n’y a pas eu de canicule extrême (comme celle de 2003), et les températures nocturnes sont restées relativement fraîches. Les vignes se sont habituées aux conditions chaudes et sèches dès le début de la période de croissance, ce qui a entraîné une adaptation de la consommation d’eau et de la croissance du couvert végétal pour pouvoir se contenter du peu d’eau disponible. Elles ont puisé dans les réserves accumulées au cours de l’année pluvieuse qu’aura été 2021, avant d’être gratifiées d’une rançon d’eau supplémentaire en juin, pour ensuite survivre à 50 jours sans pluie, jusqu’à la mi-août. »

L’alternance entre épisodes caniculaires et périodes plus fraîches voire pluvieuses ainsi que des températures nocturnes raisonnables ont donc soutenu la résilience des vignes jusqu’aux vendanges :

« la météorologie pendant les vendanges a permis de récolter les différents cépages au niveau de maturité souhaité par chaque domaine. Quelques épisodes pluvieux, sans conséquence sur l’état sanitaire, permettent au cours de la seconde décade d’août d’enclencher le processus de maturation, sans entraîner cependant une forte augmentation du volume des baies. Ce climat, sec et chaud se prolonge fin août et durant le mois de septembre. Les dates de récolte peuvent ainsi être déterminées avec sérénité, sans aucune pression …en fonction des seuls critères analytiques et gustatifs, sans devoir se préoccuper de l’état sanitaire. Les raisins de merlot, vendangés parfaitement sains, présentaient à la récolte des paramètres analytiques remarquables. Le mois de septembre très clément, a également permis, l’achèvement optimal de la maturation des cabernets sauvignons. » Extrait du rapport Millésime 2022 à Bordeaux de l’ Institut des Sciences de la Vigne et du Vin de l’Université de Bordeaux, Unité de Recherche Œnologie

Restait dès lors aux vinificateurs à décider :

  • de la date des vendanges parcelle par parcelle, voire selon l’âge des rangs, pour garder un pH garantissant la fraîcheur du vin
  • du type d’extraction souhaité, par infusion ou par remontages successifs, pour obtenir la structure tannique souhaitée.

Les vins les plus harmonieux que j’ai dégustés la semaine passée résultaient certainement de choix judicieux en ces matières. Ils brillaient par l’harmonie entre maturité du fruit, alcool (de 13,50% à 14,50%), fraîcheur et chair des tannins pour atteindre un sommet de classe à la Bordelaise. D’autre châteaux par contre n’avaient pas atteint cet équilibre par excès d’acidité : vendanges précoces ? vinification en grappes entières ? tartriquage excessif ?

Voici dès lors mes coups de cœur parmi la petite centaine de domaines présents :
Rive gauche
  • un grandiose Léoville Barton, racé, raffiné suivi de peu par un Brane-Cantenac à la fois soyeux et profond
  • Giscours, étonnant de fraîcheur
  • Cantenac Brown, précision de la matière
  • Léoville Poyferré, plus ample, plus structuré
  • Talbot, équilibré, soyeux
  • Langoa Barton, séduisante harmonie
  • Domaine de Chevalier, charnu et chaleureux
  • Haut Bailly, force et énergie
Rive droite
  • Pavie Macquin, la vigueur du calcaire
  • Larcis Ducasse, dense, serré
  • Clos Fourtet, entre soie et salinité
Sauternais

Quatre domaines présents seulement, Doisy Daëne domine de loin ses voisins.

Un mot pour conclure: la qualité reste hors d’un prix raisonnable, eu égard au coût de production. A chacun de juger.

Bernard Arnould

Bellouguet

Importé par Anthocyane en 2013 et commercialisé à ce moment-là au prix de € 17, voici Bellouguet 2010 du Domaine de la Colombière à Fronton (Sud-Ouest).

Assemblage de négrette et de cabernet sauvignon, ce vin a vieilli avec majesté. En fait, il n’a que très peu vieilli, sa robe est sombre et dense comme celle d’un vin bien plus jeune. En bouche, la concentration est importante, les tannins sont fondus comme de la soie. Le vin est énergique, bien réveillé et très appétissant. Nous avons bien profité de cette dernière bouteille !

NB: il me semble que cette cuvée n’existe plus: je trouve trace d’un 2014 et d’un 2015 mais pas d’un millésime plus récent.

Petit prix, grand plaisir

De très bons vins à moins de 15 euros en dégustation le samedi 15 mars 2025

15 vins sur le bar, choisis avec passion et discernement.

Voici le programme.

Le Coq se rebiffe (2)

Compte-rendu de dégustation

Exceptionnellement et parce qu’un importateur prend congé à partir du mercredi 29, je demande de me transmettre les commandes au plus tard ce lundi 27.

Voici ce que j’ai retenu des commentaires entendus pendant la dégustation de ce samedi. Vous pouvez vous faire une image plus complète de chaque vin en cliquant sur le programme de la dégustation.

Les six vins blancs

Nous avons commencé par le Corbières Blanc de l’Œuf du Mas des Caprices. € 17,00

2% de muscat dans l’assemblage suffisent à lui donner du « peps »: un nez parfumé et appétissant. La bouche est dense, sans aucune mollesse alcooleuse (dans la région, ce n’est pas si courant), avec un équilibre construit sur la vivacité (idem, dans la région, ce n’est pas si courant).

Voici ensuite le Jurançon sec Quatre Temps du Domaine Cauhapé. € 19,00

Content ! Enfin trouvé un Jurançon qui combine le caractère sec et l’aromatique du vin moelleux. Avant de faire tourner le vin dans le verre, on pourrait penser à un sauvignon. Cet arôme disparait rapidement pour faire au fruit de la passion et à l’ananas. Sans surprise, la bouche est vive, avec un fin boisé bien intégré. Ce millésime 2020 est prêt à boire.

Nous passons au Mâcon-Igé du Domaine Nicolas Maillet. € 23,00

Voilà une belle démonstration d’un point de vue que je défends avec obstination: les bons vins blancs gagnent toujours à reposer deux ou trois ans avant « tire-bouchonnage ». Ce vin a pris de l’ampleur et de la rondeur depuis ma première dégustation en 2022. Un beau chardonnay sans passage par la barrique (une caractéristique de tous les blancs du Domaine Maillet).

Voici ensuite le Pouilly-Fuissé Les Deux Versants du Domaine Guerrin. € 23,00

Comparaison amusante avec le vin précédent: deux chardonnays du Mâconnais mais des profils plutôt différents: le Mâcon-Igé construit sur la vivacité et l’éclat, le Pouilly-Fuissé sur la densité et la rondeur, avec un boisé discret.

Enfin, pour conclure le chapitre des blancs, une passionnante comparaison entre le Muscadet Sèvre-et-Maine du Domaine de la Pépière (Cru Clisson) et le Muscadet Sèvre-et-Maine du Domaine Luneau Papin (L d’Or Granite). La Pépière: € 19,90; Luneau-Papin: € 22,00.

Les participants à la dégustation se sont manifestement bien amusés: nous avons parfois dégusté en parallèle, nous avons parfois goûté le Clisson avant le Granite …avant d’en revenir au Clisson, nous avons parfois goûté à l’aveugle pour éviter d’être influencé par un éventuel préjugé.

Lequel est le meilleur ? Franchement, difficile de répondre vu l’abondance de commentaires en sens divers. J’ai tenté de résumer en affirmant que le Clisson de La Pépière est le meilleur Muscadet et que le Granite de Luneau-Papin est le meilleur vin blanc.

Je m’explique: le Clisson est plus proche de l’image classique d’un Muscadet « haut de gamme »: vertical, caillouteux, iodé, avec un poil d’austérité et un grand potentiel de garde. Le Granite s’ouvre sur des arômes d’agrumes, avec de la puissance et de la rondeur. Très équilibré, il s’éloigne du type Muscadet pour se rapprocher avec talent d’un (très) beau Bourgogne.

Les huit vins rouges

Nous avons commencé par le Côtes du Roussillon-Villages Jean Pull du Domaine des Soulanes. € 10,50

Le meilleur résumé: ce vin boxe au-dessus de sa catégorie. Il pourrait facilement être proposé à € 14, c’est un très beau rapport qualité/prix. Nez complexe, avec de la mûre, du chocolat et une pointe de menthol. Bouche suave sans excès d’alcool, petits tannins bienvenus. A boire maintenant et pendant les deux années à venir, pour le plaisir.

Voici ensuite le Beaujolais Cœur de Vendanges de la Famille Chermette. € 14,50

Attention à ne pas tomber dans le piège tendu par ce vin déconcertant: portant la simple appellation Beaujolais, on s’attend à un vin plutôt léger, sur le fruit et la fleur, un p’tit gamay sympa. Bardaf, c’est l’embardée ! Ce vin est le produit de deux vignes centenaires qui se caractérisent par de très faibles rendements et génèrent un vin de grande concentration, susceptible d’être gardé plusieurs années.

Si vous avez des copains qui considèrent que le Beaujolais est forcément un vin de comptoir et/ou de terrasse, aidez-les à remettre en cause leurs préjugés avec un verre de celui-ci.

Idéalement, lui donner un peu d’oxygène en le carafant.

Nous passons au Chinon Le Domaine du Domaine Bernard Baudry. € 15,50

Cabernet franc civilisé, d’une belle harmonie. Nez d’une belle pureté sans arômes terreux ni poivron vert de mauvais aloi. Bouche fraîche, soulignée par de bons petits tannins. Une cuvée d’entrée de gamme qui honore le vigneron ! Bien sûr, Baudry, c’est ce qui se fait de mieux à Chinon.

Voici ensuite le Cahors Calcaire du Château Les Croisilles. € 18,00

Ne vous laissez pas décontenancer par un premier nez légèrement réduit (cela se traduit par un arôme qui évoque le chou). Cela signifie que le vin a besoin de respirer, de prendre un grand bol d’air. Secouer le verre et le chou s’enfuit ! Ensuite, bel arôme entre frais et fraise des bois. Bouche typiquement calcaire, dense, tannique, concentrée et précise. Un beau jus qui s’exprime à ce stade à table, en la compagnie d’une belle pièce de bœuf. Un passage par la carafe est une bonne idée.

En fait, ce Cahors ressemble à un Bordeaux classique, sans la chaleur molle du merlot. Et c’est un compliment ! Vive le malbec !

Nous continuons avec le Côtes du Rhône No Wine’s Land de Matthieu Barret (Domaine du Coulet). € 23,00

Mamma mia, ce nez, ce nez, ce nez ! Trouvez moi quelqu’un qui ne serait pas séduit. Le vin, c’est subjectif, mais dans ce cas-ci, si un ami vous annonce, de façon péremptoire, que ce vin n’est pas terrible, …changez d’ami !

Bouche aérienne, de grande finesse, sans tannins notables. Grand vin, prêt à boire dès maintenant. Un monument érigé à la gloire de la syrah.

Et voici le Fleurie Les Garants de la Famille Chermette. € 19,50

Deuxième vin de Chermette dans cette dégustation, après Cœur de Vendanges. Cette fois, nous sommes dans le nord du Beaujolais, la région des crus. Ce Fleurie confirme être un digne représentant de la famille des vins de garde, typé comme un Moulin-à-Vent: tannique, juteux, puissant. De mon point de vue, l’harmonie entre les différents composants n’est pas encore au top. Pas grave, donnez-lui deux ans de cave.

Nous passons au Côtes du Roussillon-Villages Tautavel Caune d’En Joffre du Domaine des Schistes. € 19,90

Quel vin ! Nez magistral dominé par une intense minéralité. Le fruit ? Euh, non, ce n’est pas vraiment son rayon. Progressivement, des notes qui m’évoquent le pamplemousse (pas courant dans un vin rouge). Bouche majestueuse, très concentrée, tannique. Beaucoup de tout …sauf que l’alcool ne marque absolument pas la dégustation. Plus je le goûte, plus il m’évoque le Priorat catalan. Ce n’est pas surprenant, vu que Caune d’en Joffre = vieux carignan sur schistes et Priorat = vieux carignan (et grenache) sur schistes ! Grosse différence avec les meilleurs Priorat: le prix très doux de ce Tautavel.

Je souligne la qualité des tannins, lesquels implorent le dégustateur pressé de prévoir un passage par la carafe.

Enfin, pour conclure le chapitre des rouges, le Crozes-Hermitage de Laurent Combier. € 25,00

Comment mieux conclure ? Un classique parmi les classiques, toujours très bon quelles que soient les caractéristiques du millésime. Ce 2023 ne fait pas exception. Arômes puissants de jambon fumé, un marqueur de la syrah, en particulier à Côte Rôtie. Suavité et fraîcheur, tannins discrets (vous pouvez ranger la carafe). Déjà prêt à boire. Sera tout aussi délicieux dans trois ou cinq ans. Laurent Combier est un grand vinificateur, même sur un terroir sans génie particulier.

Voilà. Je pense pouvoir affirmer que les nombreux participants à cette dégustation franco-française ont passé un bon moment. Il y avait de l’ambiance, des rires et des sourires, de bonnes surprises et d’agréables confirmations. J’ai raconté quelques histoires et me suis de temps à autre pris les pieds dans le tapis.

Et, oui, je continue obstinément à verser du vin à côté des verres. Le bar s’en fout, il en a déjà vu d’autres !

Le Coq s’est rebiffé !!!

Cela me permet d’aller chercher les vins dès le mardi 28. Merci !

Le Coq se rebiffe !

Samedi 25 janvier, entre 10 et 18 heures, une dégustation de vins français, de la Loire jusqu’au Rhône, de la Bourgogne jusqu’au Roussillon. 

Nouveaux millésimes: Matthieu Barret à Cornas, Pierre Luneau-Papin en Muscadet, Bernard Baudry à Chinon, Nicolas Maillet en Mâconnais.

Nouveaux Domaines: Le Mas des Caprices en Languedoc, Cauhapé en Jurançon, Les Schistes en Roussillon, Famille Chermette en Beaujolais.

Programme : vous pouvez compter sur un tétradécagone à 14 sommets, une variante turbocompressée de l’hexagone français. Bref, 14 vins cocorico sur le bar. Vous pouvez amener votre béret, votre baguette et votre fromage. Et le soleil, merci.

La dégustation est gratuite et il n’est pas nécessaire de s’inscrire. En général, il y a moins de monde en matinée.

Commandes jusqu’au mardi 28 janvier inclus. Mise à disposition des vins: février.

Compte-rendu

Samedi, c’était dégustation. Voici quelques commentaires personnels sur ce qui a été goûté, à l’attention particulière de ceux et celles qui avaient piscine et/ou poney.

Programme de la dégustation

Voici quelques notes prises à l’issue de dégustation, en complément des commentaires qui figurent dans les fiches de chaque vin. D’abord les cinq vins blancs, ensuite la bulle et enfin les 9 vins rouges.

Le Vouvray des Aubuisières (€ 13,50) démontre que cette appellation est vaillamment représentée par d’autres que les célébrissimes Huet et Foreau. Les vins de ces derniers sont formidables; leurs prix sont tout aussi « formidables »… La cuvée de silex 2023 est un chenin très pur, bien sec que l’on ouvre sans hésitation: laissons à Foreau et Huet les occasions exceptionnelles, les Aubuisières se chargeront volontiers des repas au quotidien ! Belle alternative à un chardonnay non-boisé.

L’appellation Terre di Chieti et le cépage pecorino ont une notoriété limitée, j’en conviens. Mais le Domaine Fabulas, cuvée Fecerunt (€ 11,00) en tire un vin original, droit, caillouteux, fruité avec discrétion, élégant. Franchement, il vaut plus que son prix. C’est une découverte dont je heureux: il faut parfois goûter beaucoup de vins dans cette catégorie de prix pour en extraire une pépite !

Toujours dans le centre de l’Italie, le Domaine Santa Lucia, cuvée Albarara (€ 14,00) se distingue par un gras surprenant: c’est rond, riche et assez confortable. Alors que le pecorino ci-dessus évoque plutôt le nord, cet albana évoque le sud, sans mollesse ni alcool excessif.

On change de division via le somptueux Monte Carbonare du Domaine Suavia (€ 19,90): cette cuvée de Soave m’impressionne, millésime après millésime, par sa capacité à conjuguer délicatesse et intensité. Elegance et force. Le volcan veille, comme s’il transmettait une vibration au vin.

Voici un bel exemple de la capacité du Mâconnais à chatouiller la Côte d’Or à des prix nettement plus abordables: Le Saint-Véran du Domaine Guerrin (€ 19,90) est légèrement boisé, précis et en devenir. Je n’aime pas trop faire goûter un vin en insistant sur le fait qu’il sera bien plus intéressant dans quelques mois, voire quelques années. Voici donc une exception: attendez 2025 pour tire-bouchonner ce flacon, l’aromatique sera plus affirmée, dans des nuances de pêche.

Une bulle fraîche, citronnée, sans douceur doucereuse: le Domaine Andreola propose XXIII (€ 19,90). C’est du haut de gamme, sans tenter le moins du monde de copier le Champagne. Une bulle légère (11,5%), souriante et emballée dans un flacon design du meilleur effet.

Le premier rouge est un vin bilingue italien et allemand. Dans cette région du nord de l’Italie qui s’appelle Alto Adige et que les habitants préfèrent nommer Südtirol, on trouve des vins de couleur pâle, d’une belle fraîcheur, avec un p’tit côté montagnard. Même le cépage est bilingue: schiava ou vernatsch selon votre préférence. Et que dire alors de l’appellation ? Kalterersee Classico Superiore ! Kaltern (€ 12,50) est une jolie synthèse de ce qui précède. Ne vous laissez pas décontenancer par la légèreté de la robe, c’est inhérent au cépage.

Vietti Trevigne Barbera d’Alba (€ 21,00) combine la fraîcheur et la couleur du cépage barbera avec un profil qui peut rappeler le nebbiolo. Rien d’étonnant à cela, Vietti est une maison célèbre pour la qualité de ses Barolos (100% nebbiolo): elle n’hésite pas à planter de la barbera sur des parcelles traditionnellement réservées au nebbiolo. Sur un beau terroir, la barbera fait des étincelles !

Après avoir déjà proposé la cuvée Silice, voici le Cahors La Pierre du Château Les Croisille (€ 23,00): 100% malbec, avec beaucoup de couleur, beaucoup de fruit, beaucoup de jus. Une explosion de saveurs, une modernité qui tranche avec l’image de l’appellation (celle-ci a beaucoup souffert, mais la convalescence se passe de mieux en mieux !).

Tout qui me connaît, sait à quel point je suis attaché aux vins du Domaine d’Aupilhac et en particulier des cuvées Cocalières (€ 24,00): quelle finesse, avec une aromatique au sein de laquelle la syrah domine: nuances de jambon fumé qui rappellent le Rhône nord. Pas courant en Languedoc ! Et la qualité des tannins: waouw !

Qui défend le Chianti Classico traditionnel, celui qui parie sur des élevages longs et des extractions mesurées ? Castell’in Villa (€ 25,00) pardi ! Vous aimez Lopez de Heredia et Le Puy ? A mon avis, vous aimerez ce Chianti Classico atypique, très profond, sans la moindre concession ni aux modes ni aux tendances. La couleur peu intense est typique.

Le suivant a énormément plu et je comprends très bien pourquoi: grande finesse, grande intensité, fondu harmonieux, élégance des tannins, vraiment difficile de résister à la cuvée De Le Mur du Domaine Convento San Lorenzo (€ 29,90). Même cépage que le Barolo, sans devoir attendre longtemps: beau potentiel de garde, mais absolument rien n’empêche de l’apprécier dès aujourd’hui !

Retour au Domaine d’Aupilhac: Ce pur Carignan (€ 25,00) est l’antithèse des Cocalières: beaucoup de couleur, solide structure tannique, arômes de cuir et de fruits noirs, un poil de sauvagerie et beaucoup de personnalité. Je me souviens avoir découvert le cépage carignan avec le millésime 1998 de ce vin: ça ne me rajeunit pas.

Enfin, nous avons comparé trois millésimes consécutifs du Chianti Classico Riserva du Domaine Riecine (€ 39,00): 2018 (épuisé), 2019 et 2020. Fascinant de découvrir les nuances qui différencient le cérébral 2020 du sensuel 2019. Que choisir ? Si c’est pour les semaines et les mois qui viennent, je suggère le 2019. Si c’est pour garder quelques années, le 2020.

Je note vos commandes jusqu’à ce mardi soir 26 novembre (les commandes globales sont transmises aux importateurs le mercredi matin) : Programme de la dégustation
Vous pouvez compléter votre commande avec des bulles ou avec des vins de fête et d’exception

Samedi 23 novembre

Dégustation d’une quinzaine de vins le 23 novembre, entre 10 et 18 heures. Notez ça dans l’agenda. Le programme est complet: vins italiens et français. Tous les vins sont disponibles dans le magasin.

En particulier, nous ferons une comparaison entre plusieurs millésimes du Chianti Classico Riserva du Domaine Riecine.

Commandes jusqu’au mardi 26 novembre inclus. Les vins commandés seront mis à disposition pendant la première quinzaine de décembre.

Rue des Chats, 171 à 1082 Berchem-Ste-Agathe. GoogleMap

Chaupin

Epais dossier Châteauneuf-du-Pape dans l’édition de novembre de la Revue du Vin de France: que disent les experts au sujet du Domaine de La Janasse, en particulier de la cuvée Chaupin, en millésime 2022 ?

« Ce pur grenache ne semble pas avoir souffert de la chaleur car il donne la perception d’un fruit délicat évoquant l’écorce d’orange. Avec sa texture gainée par des tannins fins et un fruit tout en nuances, il parait presque suspendu tel un souffle délicat mais persistant avec son architecture élégante. Un grand vin en devenir » RVF n°685, page 129

Le meilleur est pour la fin: ce vin est noté 97/100.

Cette évaluation plus que très positive me pousse à m’interroger sur mes propres perceptions lorsque j’ai goûté ce vin début octobre. Je soulignais l’attractivité du nez, mais restait perplexe face à la bouche, que j’avais trouvée fort tannique et fort chargée en alcool.

Alors il est possible que je me sois trompé. Ou que ma subjectivité m’éloigne des vins dotés d’un tel profil.

Le site Internet du Domaine précise que : Cette cuvée provient des terroirs froids et tardifs de Chapouin (sable), de La Janasse et du plateau de La Crau (sable).Vignes plantées en 1912 pour les plus âgées.

Le vin est vendu € 58 au Domaine. Anthocyane vous le propose au prix de € 59,90. Attention, le vin n’est pas disponible dans le magasin: un e-mail suffit pour le commander.

Compte-rendu

Samedi, c’était dégustation. Voici quelques commentaires personnels sur ce qui a été goûté, à l’attention particulière de ceux et celles qui avaient piscine et/ou poney.

Programme de la dégustation

Deux duos d’exception :

Deux cabernets francs de Loire que tout oppose : le style traditionnel de La Chevalerie et le style moderne de l’Ecotard.

La Chevalerie (Bourgueil) a besoin de temps pour fondre ses tannins, c’est d’ailleurs pour cette raison que le Domaine commercialise ses belles cuvées après quelques années passées en bouteilles dans leurs gigantesques caves en tuffeau. Ce 2018 est un vin puissant, terrien, un vin paysan dans le plus noble sens du mot. Il prend toute sa valeur à table : un beau morceau de bœuf et la fête commence !

L’Ecotard (Saumur) incarne un autre regard sur le cépage : le vin est raffiné, élégant, précis. L’habituelle robustesse du cabernet franc disparaît pour faire place à des tannins d’un grain exceptionnel, à une fluidité harmonieuse. Ce vin peut se passer du bœuf, mais s’en accommode avec brio.

PS : les fonds de bouteilles ont été redégustés dimanche soir, … avec une belle viande.

Deux assemblages catalans :

Deux assemblages espagnols de grenache et de carignan qui racontent le sud de la Catalogne et l’évolution spectaculaire des vins de cette région pendant les 25 dernières années. Planella (Domaine Joan d’Anguera) assume pleinement sa robe de couleur claire. Le grenache infusé offre parfums et finesse, le vieux carignan se charge de donner de la structure et de l’énergie. Ah oui, cela titre 14,5% mais ce n’est pas ce que votre palais va vous conter : vin du sud, puissant, harmonieux, sans la chaleur fatigante qui démolit tant de vins méditerranéens. Si c’est pour être débouché pendant les prochains mois, c’est Planella qu’il faut s’offrir.

Coma Vella (Mas d’En Gil) est un grand Priorat qui conjugue le respect des anciennes traditions (c’est-à-dire l’absence dans l’assemblage du cabernet, de la syrah et du merlot) et l’expression de la modernité (c’est-à-dire la primauté donnée à la finesse et la précision). Il fut un temps pas si lointain où Priorat pouvait se traduire par « beaucoup (trop) de tout » : beaucoup de couleur, beaucoup de bois, beaucoup d’alcool. C’est impressionnant, cela peut séduire les œnophiles débutants. Mais, franchement, Coma Vella en donne tellement plus : beaucoup d’équilibre, beaucoup d’intensité, beaucoup de longueur. Se goûte fort bien aujourd’hui, mais sera à son apogée d’ici trois à cinq ans.

Les vins qui remettent en cause certains préjugés :

Ah les vins blancs du sud qui déçoivent par leur lourdeur (un relatif déficit de fraîcheur), par leur pointe d’amertume (ce n’est pas un défaut, mais il se fait que beaucoup d’œnophiles ont une relation difficile avec cette saveur), par la chaleur dégagée par les bouches à 15% et plus. Heureusement, il y a de belles alternatives. En Languedoc, pensez à des vignes plantées en altitude et en exposition nord, pensez à une vinification précise par un orfèvre en la matière et vous arrivez directement au Domaine d’Aupilhac, cuvée Cocalières. Alcool complètement maîtrisé (13%), texture soyeuse conférant une douceur émouvante à cet assemblage de cinq cépages (vermentino, roussanne, clairette, …).

Cahors. Si on dessine un portrait chinois de cette appellation parmi les amateurs, on entendra : poussiéreux, noir, vieux jeu, boisé sec, absence de fruit. Evidemment une telle liste de caractéristiques constitue un enterrement de première classe, la Mort de Cahors. Eh bien, oubliez tout cela, Cahors est alive and kicking grâce à une série de Domaines qui remettent le fruit au cœur du vin. Mas del Périé, Clos Troteligotte, Les Croisille. Château Les Croisille est un domaine dynamique, en bio et en biodynamie. Le malbec est juteux, éclatant, punchy, les tannins de cette cuvée Silice sont fins et fondus dans la matière. En vocabulaire contemporain, c’est d’une grande buvabilité.

Les classiques polyvalents :

Vous recherchez des vins qui ne déplaisent à personne, qui ne puisent pas profondément dans votre portefeuille, qui peuvent être débouchés sans prise de tête, qui offrent un fruit savoureux et direct, qui s’accommodent de toutes les circonstances ? En blanc, Mâcon-Vergisson du Domaine Guerrin ; en rouge, Les Sorcières du Domaine Le Clos des Fées.

L’Espagne moderne :

La Rioja déborde d’énergie, l’Andalousie se réinvente, la région de Madrid montre le bout de son nez, partout l’Espagne vibre, renouvelle, expérimente.

Le Domaine Maquina & Tabla (Castille y Leon) propose un verdejo profond, qui dépasse de loin les expressions superficielles et acidulées que l’on trouve régulièrement en appellation Rueda. On se rapproche fortement du vin nature : la petite dose de sulfites, ajoutée uniquement à la mise en bouteilles est suffisante pour protéger ce vin de toutes les déviations malvenues. Vin tonique, qui se révèle progressivement dans le verre (complexité).

En Galice, on élabore aussi des rouges. Et quels rouges ! Leur équilibre est typique de cette région verte, atlantique et moins torride que la plupart des autres. Envinate propose une cuvée Lousas à 12,5% (sic), marquée par la fraîcheur et la finesse. Attention si vous avez quelques difficultés avec les vins rouges d’acidité plus élevée que la moyenne : c’est délicieux, verre après verre, mais la première gorgée peut décontenancer. Le cépage mencia est vinifié sur l’élégance (qualité des petits tannins) ce qui lui confère comme un p’tit air de pinot noir…

Je note vos commandes jusqu’à ce mardi soir 15 octobre (les commandes globales sont transmises aux importateurs le mercredi matin) : Magasin.

Dégustation du 12 octobre

C’est franco-espagnol !

Samedi 12 octobre, de 10 à 18 heures, quinze vins français et espagnols sur le bar. Le programme complet est visible dans le magasin. Bourgueil, Cahors, Saumur, Roussillon, Provence, Mâconnais, Catalogne, Languedoc, Castille …

Dégustation gratuite et sans inscription préalable.

Je prends les commandes jusqu’au mardi 15 octobre inclus.

Mise à disposition des vins commandés pendant la première quinzaine de novembre.