Le sud-est de l’Angleterre regorge de jardins, de pubs pluriséculaires, de vieilles pierres, de haies touffues. On y cultive les céréales, le houblon, le pommier, le cerisier, le prunier et le mouton. Surtout le mouton, dont le bêlement si musical retentit pour un oui ou pour un non.
L’Eurostar y pullule et la plupart des automobilistes circulent à contre-sens.
Le Kent se considère comme ‘the Garden of England’. Il y pleut 740 millimètres par an (850 millimètres à Bruxelles) et il y soleille 1.650 heures par an (1.550 heures à Bruxelles). Vous me voyez venir ?
En effet, le Kent produit du vin. Une quinzaine de domaines sont aujourd’hui répertoriés. Parmi eux, Chapel Down à Tenterden (3 sur la carte ci-dessous).
Chapel Down ressemble plutôt à une ‘winery’ du Nouveau Monde, avec boutique, restaurant assez chic, jardin d’herbes aromatiques et parcours fléchés dans les vignes. Le promeneur y croisera du chardonnay et du pinot noir, mais aussi du rondo, du siergerrebe et du bacchus, tous cépages hybrides crées en Allemagne destinés à mûrir sous les climats septentrionaux. Quelques pommiers également.
Le bacchus compte parmi ses ancêtres le riesling et le silvaner. Il a été planté à Chapel Down dès 1987 et y produit aujourd’hui des vins aromatiques et dotés d’une belle fraîcheur. J’ai particulièrement apprécié le Tenterden Estate Bacchus Reserve 2011: on pourrait penser à certains blancs néo-zélandais. Intéressant Nectar Late Harvest 2012, demi-sec à 8,5% d’alcool: jolie dentelle délicate, bel apéritif (cépage siegerrebe).
Comme dans la plupart des domaines anglais, la production est très orientée vers les bulles (‘sparkling wines’), élaborées à base de cépages champenois. Les prix sont également assez champenois: comptez de £ 20 à £ 27 pour un flacon.
Le rouge Union Red 2011 (pinot noir & rondo) m’a paru plus anecdotique, avec peu de centre.
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A quelques kilomètres au nord-ouest, voici Biddenden Vineyards (2), propriété familiale où les premières vignes ont été plantées en 1969. Cela en fait le plus ancien Domaine du Kent. Un pionnier en somme. 9 hectares, majoritairement consacrés au cépage ortega. Encore un hybride teuton, qui compte le gewürztraminer parmi ses aïeuls. L’Ortega 2012 est un blanc tendre et parfumé, aromatique et léger (11%).
Au sud, à la frontière avec le East Sussex, Sandhurst Vineyards (12) paraît plus ‘paysan’. Le vignoble est très soigné. Ici, on est dans la polyculture: contigu au vignoble, un magnifique champ de houblon (est-ce qu’on dit ‘champ de houblon’ ?) et même un rang de pruniers haute-tige. Je n’ai pas le souvenir d’un paysage comme celui-là, moitié vignes, moitié perches-tuteurs de lianes de houblon. Je n’ai malheureusement pas eu la possibilité de goûter les vins.
Il n’existe pas de système d’appellations d’origine en Angleterre: les meilleurs vins portent la mention ‘English Quality Wine‘ ou ‘English Regional Wine‘.
Concrètement, y-a-t-il matière à vous proposer des vins anglais ? I’m afraid not, les prix me paraissant trop élevés.
PS: attention à tout ce qui porte une mention ‘British Wine’. Il s’agit de ‘vins’ élaborés en Grande-Bretagne à partir de moûts concentrés, importés de tous pays. On y rajoute de l’eau, des levures et hop ça fermente…Donc, ne pas confondre vin anglais et vin britannique !
Lorsqu’il m’a vu apparaître, David Barrault prenait le thé sur sa terrasse, avec un copain. La soirée précédente avait été « studieuse », vu le nombre de flacons posés sur la table. Flacons vides pour certains, un peu moins vides pour d’autres. Je commence donc la dégustation par quelques gouttes de La Moussière (Mellot) et d’un Pouilly-Fumé d’Alexandre Bain. Mas del Périé (Cahors) était vide, dommage, j’aurais goûté avec plaisir.
Le contact passe tout de suite. Le temps pour David de changer de chaussures et cap sur les vignes. Lieu magique, silence d’anthologie. Les épaules se détendent, la pression tombe, je respire.
Sols argilo-calcaires, avec épaisseur variable d’argile. Juillet a été chaud et très sec, la pluie de cette nuit était la bienvenue.
A coté de la maison, une très jeune vigne. Une sorte de jardin expérimental, avec du cabernet franc et du pineau d’Aunis. En septembre, David y plantera deux cépages locaux anciens, disparus depuis plusieurs dizaines d’années. J’avoue en avoir oublié les noms. Il se pourrait que l’un soit de la famille des mansengs, sans garantie.
Un tour dans le chai révèle des cuves béton, des cuves inox et des grosses barriques (300, 400, voire 600 litres). Quelques barriques vides, vu les faibles rendements de 2012 (le mildiou n’a pas épargné Tire-Pé).
Nous goûtons DieM 2012, 100% merlot joyeux, simple, croquant, fruité, précis et terriblement plaisant. Elevage 100% en cuve, mise en bouteilles en juillet.
Ce vin est élaboré à partir de raisins « Tire-Pé » et de raisins achetés à deux vignerons-voisins, de façon à pouvoir proposer un volume suffisant. Collaboration un peu particulière, à mi-chemin entre le fermage et le négoce: David vendange lui-même, mais les vignerons-voisins se chargent de tous les autres travaux de la vigne. Progressivement, ces vignerons-voisins évoluent vers le « bio »: une forme très concrète de prosélytisme.
Le Château Tire-Pé 2011 est tout autant 100% merlot. Pas de barriques. Tension dès l’attaque, beaucoup de fraîcheur jusqu’en finale. Un merlot avec une sacrée colonne vertébrale ! Du « peps ». Cela se goûte à la perfection, tout tombe juste, grand équilibre prêt à boire.
On en profite pour faire une pause architecturale: les étiquettes de Tire-Pé jouent avec des représentations d’un fer forgé de 1764, réalisée par un artisan réputé localement. Et voilà (la première partie de) la propriété datée !
La Côte 2010 est épuisée. Le millésime 2011 sera mis en bouteilles en septembre. Assemblage de 60% de merlot et de 40% de cabernet franc. Elevage d’un an en barriques de plusieurs vins, puis de 8 mois en cuve. Tous les cabernets francs de la propriété rentrent dans cette cuvée. Carafe ou quelques années de patience. Grosse matière, boisé discret. Un Bordeaux comme on en faisait il y a 25 ans.
Il y a un paquet d’années, Elian Da Ros (vigneron dans le Marmandais) était venu goûter les vins de Tire-Pé: « Faut que t’arrêtes avec tes charpentiers » avait été son commentaire. David estime qu’Elian lui a rendu ce jour-là un énorme service. Les charpentiers ont été virés, les barriques sont aujourd’hui sélectionnées avec minutie. Chaque barrique d’un même vin est régulièrement goûtée, à l’aveugle.
Tiens, la pluie se remet à tomber. David me raconte la triste histoire d’un vigneron qui a décidé de s’arrêter: 48 hectares ont été grêlés à 100%. Un désastre, bois éclatés, plus de feuilles. 9 minutes de grêle et tout est fini. David, lui, est assuré.
Les Malbecs 2010 est en bouteilles depuis juin 2013. Vignes de 10 ans. Quelle aromatique ! Superbe jus floral et poivré. Au nez, on pourrait penser à une syrah. Aucune dureté, pas de rusticité. C’est fin et déjà prêt à boire.
Le panneau qui marque le début du vignoble de Côtes de Duras est planté à hauteur de l’allée qui mène à la propriété de Nadia Lusseau: à quelques centaines de mètres près, nous aurions été en appellation Bordeaux, plus précisément Sainte-Foy-Bordeaux. Donc, Lot-et-Garonne et non Gironde.
Le chien de la maison est, comment dire, assez grand et direct dans sa façon d’accueillir le chaland. D’un regard de braise, je le ramène à la raison et lui montre qui est le maître. Version alternative: je m’extirpe de ma voiture, encaisse un bon coup de museau dans les lunettes et tente de faire bonne figure.
Château Haut-Lavigne est une propriété de 19 hectares, dont 8,5 hectares plantés en vignes, d’un seul tenant. Cela pourrait faire penser à un terroir homogène. Que nenni.
On y retrouve d’une part un plateau calcaire, surmonté d’une couche d’argiles, où se retrouvent tous les cépages présents sur le domaine. Les raisins sont ici avant tout destinés au haut de gamme (Miss-Terre), sauf les cabernets francs qui passent dans le rosé.
D’autre part, le domaine se compose d’une zone d’argiles profondes et de boulbènes (argile et sable). Les magnifiques cabernets francs de cette zone entrent dans Miss-Terre. Les merlots et les sauvignons sont essentiellement destinés à l’entrée de gamme.
Enfin, une zone hétérogène, avec du calcaire et du silex, avec des vignes de 12 ans et des vignes de 28 ans. Une étude géologique permettra d’y voir plus clair.
Nadia Lusseau organise sa gamme en trois niveaux:
Nadia (en blanc, en rosé et et en rouge) est destinée à une consommation immédiate, sur le fruit et la jeunesse. Elevage tout en cuve.
La Miss (en blanc et en rouge) est vinifiée à 80% en barriques et à 20% en cuve.
Miss-Terre (en blanc et en rouge) est vinifié et élevé 100% en barriques, à partir de sélections parcellaires. Ces deux derniers vins méritent une garde en cave.
Aucune envie de produire un ersatz de Bordeaux.
Dans les assemblages actuels, pas de trace du malbec. Cela changera sans doute, vu qu’un demi-hectare de ce cépage a été récemment planté.
Nadia rééquilibre progressivement la propriété vers une plus grande surface de cépages blancs, en arrachant les vignes rouges les moins intéressantes. Les replantations se font à 5.000 pieds par hectare. Installée depuis 10 ans, elle se fixe l’objectif pour les dix années à venir de conserver le même nombre de pieds qu’aujourd’hui, sur une surface réduite. Densité de plantation plus importante, donc.
Une cuvée peut être une année majoritairement sémillon et majoritairement sauvignon dans le millésime suivant: pas de règle immuable, c’est le raisin qui décide. Par ailleurs, le sémillon est sensible à la pourriture: en année humide, il peut être judicieux de minimiser la part de sémillon dans un assemblage.
Nadia blanc 2012, 80% sauvignon, 20% sémillon. 13,7% d’alcool: cette précision mathématique est un clin d’œil qui répond aux questions habituelles sur l’interprétation à donner à 13% ou à 14%. L’attaque est assez puissante, la finale est serrée, tonique. Cela commence rond, cela finit vertical. Les côtés variétaux du sauvignon (les thiols, responsables des arômes de buis, voire du terrible « pipi de chat ») sont absents. Les raisins sont cueillis mûrs et les sémillons (sur calcaire) sont très « traçants », malgré leur faible part dans l’assemblage.
La Miss blanc 2011: du sémillon très puissant. Du gras en attaque et la même verticalité en finale que Nadia. Un peu de barrique neuve et des barriques de plusieurs vins. Équilibré, dense.
L’évolution se fait vers des contenants de 300 litres au détriment des barriques classiques de 225 litres. Idéalement, Nadia souhaite des 400 litres… mais ceux-ci sont trop lourds à manipuler !
Miss-Terre blanc 2009: 12 mois de barriques, suivis par de 12 mois de cuve. Grosse matière, nécessitant un peu de garde. NB: il n’y aura pas de Miss-Terre blanc 2010: Nadia a préféré écarter les jus dans La Miss 2010, parce que la qualité lui semblait insuffisante pour sa cuvée « haut de gamme ».
Les blancs sont vendangés à la main. Les rouges à la machine. Une machine correctement réglée fournit des raisins entiers, non-abîmés. Paradoxalement, cela perturbe le démarrage des fermentations, par manque de jus, en particulier pour les cabernets. Il y a fermentation intracellulaire, comparable à la macération carbonique.
Nadia rouge 2011: le nez de ce 100% merlot est frais, la bouche tout en rondeur fruitée: à servir plutôt frais, pour éviter que la richesse ne domine l’élégance.
La Miss rouge 2010: de beaux merlots très mûrs, avec des arômes de figue cuite. Belle qualité de tannins.
Miss-Terre rouge 2008: changement radical, voici la fraîcheur mentholée du cabernet sauvignon. Cuvée assemblant cabernet franc et cabernet sauvignon, atypique dans la région. Beaucoup d’élégance. Demande un « peu d’élevage » (dixit Nadia): en ce moment c’est le 2008 qui est commercialisé !
Nadia rosé 2012: on l’avait oublié. Pressurage sur les 95% de cabernets, saignée sur les 5% de merlot, la même trame que les blancs. Finale fraîche et nette: pas de sucre résiduel. Le vin commence comme un rosé classique et finit original. Bonne surprise pour terminer !
Pourquoi si tôt ? Sans doute pour devancer la sortie du guide concurrent (Bettane & Desseauve), prévue pour le 29 août.
Quoi de neuf par rapport à l’édition précédente ?
39 domaines font leur apparition: 12 châteaux bordelais (sic), 18 domaines du sud de la France et 9 domaines « nordistes ».
A titre personnel, je suis content de retrouver parmi les petits nouveaux le Domaine de Brin à Gaillac. Bravo Damien !
Malheureusement pour le lecteur, aucune indication ne permet de repérer les domaines qui quittent le guide. Difficile également de vérifier si la cote d’un Domaine est à la hausse ou à la baisse par rapport à l’édition précédente du guide.
Triple-étoile
Le Domaine Ponsot (Morey-St-Denis en Bourgogne), les Champagnes Louis Roederer (Reims) et les Juras de Jacques Puffeney (Montigny-les-Arsures) font à présent partie du club des 70 propriétés triple-étoilées qui, je cite « …représentent l’excellence du vignoble français. Les meilleurs terroirs exploités par les plus grands vignerons. Déguster leur vin est toujours un moment magique« . A bon entendeur…
Cheval Blanc (St-Emilion) retrouve une place au sein de ce club triple-étoilé, après quelques années de purgatoire. Par contre, Bonneau du Martray (Corton-Charlemagne) perd discrètement sa troisième étoile.
La majorité des membres de ce « club des 70 » sont bordelais ou bourguignons. Vu l’équilibre entre offre locale et demande mondiale, les prix de ces vins sont en général aussi stratosphériques que décourageants. Mes félicitations néanmoins aux heureux propriétaires (j’ai un certain mal à utiliser le mot « vigneron ») de ces châteaux/domaines de prestige. Je rappelle que « prestigieux » est un mot poli pour dire « très cher ».
Fin 1995, lors de la parution de la première édition de ce guide annuel, le club triple-étoilé ne comptait que 25 membres. Cette forte inflation de l’élite a néanmoins permis de donner leur place aux régions moins prestigieuses (Loire, Languedoc, Provence, Jura, Roussillon).
Peut mieux faire
On peut évidemment regretter que certaines descriptions de domaines aient une fâcheuse tendance à se faire réimprimer à l’identique, année après année.
Je reste aussi perplexe à la lecture du tableau des millésimes en page 33: le guide contribue à entretenir une illusion simpliste. Est-il possible de résumer la vendange 2011 dans le Languedoc par un simple 14/20 ? Comment vous et moi devons-nous comprendre que les Juras 2008 valent 17/20 et que les Juras 2010 valent plutôt 16,5/20 ? Comment justifier que (tous) les vins blancs de Loire 2011 doivent être bus endéans les trois ans ? Où sont passés la Savoie et le Beaujolais ? Pire, pas une phrase pour contextualiser ce tableau ni pour en rappeler les limites.
Le guide est peu disert sur sa méthode, le bref texte en page 4 ne précisant par exemple pas si les vins ont été goûtés à l’aveugle. J’en déduis malicieusement que la réponse est probablement non…
Statistiques
Pour les amateurs voici quelques anecdotes chiffrées:
Bordeaux pèse 279 points (par addition des étoiles); le Sud-Ouest pèse 35 points, le Beaujolais 19 et le Jura 14…pffff
Parmi d’autres, Louis Magnin (Savoie), Tour des Gendres (Bergerac), François Villard (Rhône-nord), les Marronniers (Alsace), Faiveley (Nuits-St-Georges) perdent des plumes
20% de progression par rapport à 2013 du nombre de Domaines en bio ou en biodynamie.
« Notre souhait le plus cher: exprimer le lieu. Le reste n’est qu’accessoire« .
Nous sommes à Vélines, village situé entre Bergerac et Saint-Emilion. La maison de Franck Pascal et d’Isabelle Carles donne directement dans les vignes. On se trouve au sommet de la colline. Très peu de sol par dessus la roche-mère, essentiellement composée de calcaire blanc « à astéries ».
La propriété s’étend sur 19 hectares plantés en haute densité. Merlot, malbec et cabernet sauvignon en rouge; sauvignon et sémillon en blanc. Agriculture biologique et biodynamique (certification Demeter à partir de 2012).
Acacia 2010 est un blanc étonnant, à des années-lumière d’un sauvignon variétal et boisé. Premier nez légèrement oxydatif qui fait rapidement place à un beau floral, avec du gingembre; progressivement du fruit légèrement exotique (ananas). Complexe.
Quelques similitudes avec un savagnin. Débat entre nous pour savoir si c’est plutôt du savagnin ouillé ou plutôt non-ouillé.
Le vin est long, sec, puissant, savoureux et relativement peu acide. Il est issu à 70% de sauvignon gris, complété par 30% de sémillon. Vendange de grains sur-mûris (passerillage).
Vin de gastronomie, destiné à la cuisine asiatique, à une volaille ou à une viande blanche. 2 heures de carafe pour en tirer la quintessence.
Franck souligne que chaque millésime d’Acacia a sa propre personnalité: 2009 a gardé du sucre résiduel; 2011 sera aussi sec mais moins puissant que 2010.
un blanc très étonnant
D’ailleurs, ce vin n’est plus présenté à l’agrément de l’appellation Bergerac. C’est un simple « Vin de France ».
L’agrément récompense plutôt les vins moyens, proches d’un archétype. Le vin qui s’aventure sur les chemins de traverse peut être perçu comme dangereux, parce que différent. Faire la part des choses entre un vin indigne (qui mérite l’exclusion) et un vin original n’est pas forcément à la portée de chaque juge-dégustateur.
Alors, dans le doute, on recale, on met le vigneron sous surveillance. L’élite n’est pas la bienvenue parce qu’elle remet en cause trop de pratiques habituelles…
La professionnalisation des dégustations d’agrément conduit paradoxalement le juge-dégustateur à privilégier les certitudes médiocres au détriment des vins qu’il ne comprend pas. Imaginons que ce juge agrée un vin-piège (c’est-à-dire manifestement « bidouillé »), il risque d’être éjecté du panel, avec un impact négatif sur son image personnelle. « Tuez-les tous, Dieu y reconnaîtra les siens ».
On entame les rouges avec Les Sens du Fruit 2010. Long élevage en cuves ; 50% cabernet sauvignon, 40% merlot, 10% malbec.
les billes, pour rafraîchir les rouges
On le remet à bonne température de dégustation avec des billes qui sortent du surgélateur. Grand fruit, grand naturel, rondeur.
ClassIK 2010 (Isabelle et FrancK) est un assemblage gourmand, doté d’une grande buvabilité. Moitié-moitié cabernet sauvignon et merlot.
Cœur de Foudre 2010: 100% merlot et deux ans d’élevage en foudres centenaires, rachetés en Bourgogne (Maranges et Santenay). Beaucoup d’élégance et de tension. Comme une touche de fraîcheur à l’italienne. Le merlot comme j’aimerais le goûter plus souvent…
Pour l’anecdote, la cuvée s’appelait initialement Coup de Foudre, mais cette expression étant une marque déposée, en l’occurrence déposée par un vigneron de la Vallée du Rhône, il a fallu modifier. A dire vrai, je préfère Le nom actuel.
Franck Pascal est un interlocuteur passionnant, direct et fin connaisseur de son terroir. Après avoir exercé des fonctions officielles au sein du syndicat de l’appellation Bergerac, il a démissionné en 2006, voyant se mettre en place une politique peu favorable à la qualité. Aujourd’hui, ses blancs sont commercialisés en Vin de France, son rosé va suivre la même voie très bientôt.
Nous avons encore évoqué le sort de l’appellation Montravel, créée en 2001 pour valoriser les meilleurs Bergerac rouges. Le cahier des charges impose des rendements inférieurs à 50 hectolitres par hectare (contre 60 sous l’appellation Bergerac). On constate que le marché n’a pas suivi, condamnant cette jeune appellation à vivoter. Franck Pascal ne commercialise plus de vins en appellation Montravel.
A quelques kilomètres à l’ouest de Bruxelles, sur la place du village de Sint-Martens-Bodegem, se niche le Bistro Margaux. De l’extérieur, rien de bien spectaculaire, si ce n’est la proximité légèrement envahissante d’un autre restaurant de type « steaks, lasagnes et moules ».
En ce beau samedi soir, la salle est vide. Et pour cause, tout le monde est installé sur la très agréable terrasse. Accueil agréablement efficace.
Nous choisissons le menu en cinq services (€ 65). Carte des vins ‘in progress’, avec une bonne série de vins espagnols (La Buena Vida) et italiens (Best Caviar).
Sommelier comme on souhaiterait en rencontrer tous les jours: écoute attentive, suggestions pertinentes, flair, sourire naturel, discours précis et personnalisé.
Je m’oriente vers le Rueda « Jose Pariente » 100% verdejo, un vin blanc sec du nord de l’Espagne, aromatique et joyeux. On pourrait penser à un sauvignon. Un peu ‘technologique’, mais parfaitement adapté aux circonstances (€ 32). Coefficient OK (2,75).
Pour le rouge, je me laisse guider par le sommelier qui me suggère un vin ‘hors carte’, à savoir le Monferrato Sostegno des Marchesi Alfieri . Gagné, nous sommes en Italie, plus précisément dans le Piémont, entre Alba et Asti.
Sostegno est un assemblage de barbera (70%) et de pinot noir (30%). Malgré un degré alcoolique élevé (14,5%), le vin est équilibré, aromatique (le pinot noir domine la barbera) et frais (€ 45). Vin de grand plaisir. Coefficient un peu élevé (3,75).
Les vins sont servis à parfaite température, dans des verres de qualité.
Je garde un excellent souvenir du loup de mer: magnifique produit, assaisonnement précis et cuisson parfaite: bravo ! Le filet de porc Duroc ‘solomillo’ est du même niveau. Duroc, c’est la race de la bête; solomillo le morceau.
Toutes les présentations sont très esthétiques, y compris les quatre (sic) amuse-bouches. Beaucoup de fraîcheur et de lumière dans les assiettes !
Seul bémol: un certain manque de sobriété, par accumulation d’éléments. Cela témoigne incontestablement d’une maîtrise technique de haut niveau, mais on risque de perdre le fil du plat. Il me semble qu’en simplifiant légèrement, le message du Chef serait encore mieux mis en valeur.
Service professionnel, précis, sympathique et détendu, malgré la ‘full house’.
Quatre menus, deux bouteilles de vin, apéritifs, eaux, cafés: une addition de € 392.
Bistro Margaux, Dorpsplein 3, 1700 Sint-Martens-Bodegem. Michelin: 1 étoile. Gault & Millau: 16/20 et « grand de demain 2012 ».
On tombe, au détour d’une pensée, sur un jeu de mots faiblard. On se dit qu’il est exclu de publier pareille horreur. On la publie malgré tout. Et en titre encore bien.
Pouf-pouf.
C’est ici que je me propose de partager mes impressions aquitaines durant toute la semaine.
05 août – 20h45
La splendide monotonie de 970 kilomètres d’autoroute, rythmés par l’une ou l’autre pause-pipi, par un accident (en sens contraire) qui fiche la trouille, par Eric Clapton, Bill Callahan, Peter Gabriel dans les oreilles.
Pour ce qui concerne les vignes, voici ce que je peux faire de mieux: d’abord le panneau routier Valenciennes-Le-Vignoble (c’est assez mignon, tout un quartier de la ville où les rues se nomment « Clos Pommard », « Allée des Cépages », « Rue des Pampres »), ensuite la traversée de la Loire à Tours et enfin le panneau « département de la Gironde » immédiatement suivi du panneau « Vignoble bordelais ». Je suis installé à Marmande, un peu (beaucoup) cassé malgré tout.
Franck Pascal m’accueille et m’emmène immédiatement dans les vignes. Facile, elles entourent la propriété. 19 hectares, dont 12 hectares de rouge. Des cabernets, des merlots et 1,40 ha de malbec. Propriété acquise par Franck et Isabelle en 2000.
Un peu d’étymologie pour se mettre dans le rythme: « jonc » n’a rien à voir avec la plante (ouf, la vigne et les terrains marécageux, ça ne colle pas) mais peut être rapproché du terme homonyme utilisé en bijouterie pour désigner un anneau et par extension pour qualifier une zone plus ou moins circulaire et plus ou moins renflée.
Quant à « blanc », il s’agit de la couleur de l’affleurement calcaire sur lequel les vignes sont plantées. En la quasi-absence de sol, il n’y a rien pour stocker l’eau de pluie: en année sèche, le risque de « stress hydrique » est réel.
On s’installe dans la cuisine pour goûter. Attention, le premier vin est TOUT SAUF un petit vin d’été.
Pour finir, promenade rapide dans le chai: barriques, foudres et cuves inox. Un nouveau foudre (Stockinger) va bientôt faire son entrée. A terme, ce contenant devrait progressivement remplacer les barriques. A noter d’ailleurs que les barriques sont bourguignonnes et pas bordelaises…
A 14h15, je me sauve pour ne arriver trop en retard chez Nadia Lusseau. J’aurais bien voulu voir la « Vieille Demoiselle« , une vigne de sémillon d’un âge quasi-canonique, rescapée d’un long abandon, rachetée par Franck pour une bouchée de pain et, au prix d’un lourd travail, remise dans le « droit chemin »…ce sera pour une prochaine fois !
Merci GPS…A 14h35, je me gare devant le Château Haut Lavigne, 2ème étape. Nadia m’installe dans un sympathique petit caveau. La gamme se décline en trois approches: des vins de fruit, élevés en cuve et commercialisés sous l’étiquette « Nadia »; des vins plus puissants, élevés pour 80% en barriques et pour 20% en cuve (« La Miss ») et enfin des sélections parcellaires, élevées à 100% en barriques (« Miss Terre »). Barriques de 300 litres, lesquelles restent manipulables par une jeune femme. Les 400 litres feraient encore mieux l’affaire, mais, non, décidément, elles sont trop lourdes.
Sur le long terme, l’objectif est de conserver le même nombre de pieds de vigne, sur une superficie réduite; autrement dit, d’augmenter la densité de plantation.
Cette journée s’est achevée avec un bref passage par le Château de Duras (fête des vignerons le 11 août) et par la Maison des Vins. « Les Rebelles d’Aquitaine », le slogan me plaît !
07 août – 22h30
À 08h30, je quitte Marmande pour me rendre dans le Bordelais. 3ème étape, Château Tire-Pé: à 09h30, je surprends David Barrault qui s’attendait à ma visite…la semaine prochaine. Comme il n’avait pas prévu grand-chose pour ce matin, vu la fiesta d’hier soir, ça tombe bien. Quelle qualité de silence, quel lieu magnifique, y compris les palmiers. Le plus beau crachoir jamais vu…et pourtant aucune envie de cracher !
À 13 heures, sandwich en bord de Garonne. Puis, Romestaing, le village-fantôme et Lassolle, le lieu-dit que le GPS situe de travers.
4ème étape: au Château Lassolle, dégustation qui tient autant de l’aventure humaine que du cabernet franc.
À 16 heures, Tripel Karmeliet en compagnie de Stéphanie Roussel et de Jean-Christophe, avec vue sur le vignoble du Marmandais.
À 17h30, coincé dans les embouteillages de la rocade de Bordeaux. À 22 heures, arrivée à Saumur.
08 août – 22h45
5ème étape: La Chevalerie. Voilà, le premier vigneron chez qui je reviens, 11 mois après ma première visite. Pierre Caslot conclut une dégustation-marathon par un millésime 1982. Un « Peu Muleau » de 30 ans. En pleine forme, le papy ! La première cuvée 2012, étiquetée « Dernier Cri », est une quintessence de vin-plaisir. Entre ces extrêmes, nous sommes passés par 2011, 2010 (Bretèche est splendide), 2009, 2008, 2007, 1994, 1993, 1987…
J’espérais déjeuner mais c’est encore raté. En voiture et cap sur Puy-Notre-Dame, au sud de Saumur. 6ème étape: Domaine Mélaric.
Le chai se trouve dans l’annexe d’un vrai château XIXe, avec plein de tourelles partout. Aymeric m’emmène dans les vignes. Belle leçon en direct: à droite de la route, ses vignes; à gauche, une parcelle « tout chimique ». Deux mondes radicalement différents.
Verticale sur les deux cuvées du Domaine, en blanc comme en rouge. Très instructif. 2010 et 2012 plairont à ceux qui aiment la fraîcheur. 2009 et 2011 plairont aux amateurs de rondeur.
Ne pas oublier le très chouette Tandem, issu de raisins achetés, assemblage de cabernet franc (…quelle surprise) et de grolleau: ça coule tout seul ! Délicieux !
10 août – 21h30
Vendredi, je commence par une traversée de la Touraine, pour aller de mon hôtel à Saumur jusqu’à Amboise, où j’ai rendez-vous avec Clémence Weisskopf. 7ème étape: Le Rocher des Violettes. Doigté requis pour atteindre le Domaine, situé dans la (très étroite) rue du …Rocher aux Violettes. Très impressionnantes caves creusées dans la roche. On converse autour du thème des restaurateurs qui payent les vins de plus en plus tard…La trésorerie du vigneron est parfois soumise à de fortes pressions.
Voilà, ici s’achève un voyage plein d’enseignements et plein de découvertes. Sept vignerons et pas une seule déception. De (très) bons moments et de (très) bons vins. Partage prévu dès le 24 août.
2480 kilomètres et quelques minutes consacrées à la visite de Meung-sur-Loire, château, église et place qui semble figée dans un passé lointain.
le château de Meung-sur-Loire, près d’Orléans
Ce dimanche soir, Catherine et moi recevons 8 convives pour un repas en 8 services, avec 8 vins « assortis ». Je pense qu’ils vont bien s’amuser !
J’étais à la recherche d’une bonne carte géographique montrant la continuité entre le vignoble bordelais et celui du Sud-Ouest. Cela s’est avéré plus compliqué que prévu. Merci à l’office du tourisme de la Région Aquitaine pour celle-ci, approximation acceptable.
Administrativement, le vignoble est bordelais lorsqu’il se situe dans le département de la Gironde. Dès que l’on passe en Dordogne ou dans le Lot-et-Garonne, c’est le Sud-Ouest.
Comme si une muraille épousant très exactement les limites départementales séparait une bonne fois pour toutes le prestigieux Bordelais d’un Sud-Ouest destiné à rester dans son ombre.
Pourtant, la géologie et la climatologie ne sont guère différentes. L’encépagement est très semblable. La Garonne et la Dordogne arrosent l’un comme l’autre.
Amusant: l’enclave de Sainte-Foy-la-Grande, petite ville de Gironde et à ce titre parée de l’appellation « Sainte-Foy-Bordeaux« , mais littéralement entourée par les Bergerac, Haut-Montravel et Saussignac qui fleurent bon le Sud-Ouest.
Pour une raison qui m’échappe, j’ai toujours apprécié les régions frontalières. A cause de cet équilibre entre rupture et continuité. Tout change et rien ne change. Lorsque que l’on joint le Limbourg belge au Limbourg néerlandais, une toute autre géographie apparaît, sans respect rigide pour des limites administratives surannées. Ce n’est ni la Flandre, ni la Hollande. On fait du vin à Maaseik comme à Maastricht, à Genoels-Elderen comme à Thorn, à Teuven comme à Valkenburg.
Bref, je pars ce lundi matin vers l’Aquitaine, avec la ferme intention de mieux comprendre ce qui réunit et ce qui différencie Bordeaux de Bergerac et Côtes-de-Duras de Coteaux-du-Marmandais. En tous cas, c’est un voyage au pays du cabernet et du merlot, du sauvignon et du sémillon. Pas trop de cépages « exotiques » donc, quoique l’abouriou et la muscadelle se débrouillent bien pour ancrer les vins dans leur identité locale.
On annonce une météo torride, genre 37°2 le midi. J’espère que les caves sont fraîches…
17 juin: orage de grêle sur Vouvray. Presque tous les villages de l’appellation sont touchés. A Reugny, des vignes sont détruites à 100%.
Philippe Foreau, du Clos Naudin : « Je ne suis pas dans les plus touchés. Mais, chez certains confrères, les bois sont marqués d’une manière incroyable par l’impact de grêle. Je pense à eux, qui sont frappés à 100%.
Je n’ai jamais vu un tel cas de figure. Certains disent qu’il faut remonter à 1930 pour un épisode pareil. La difficulté, c’est que les bois qui restent ne seront pas forcément fructifères. On est en plus dans un métier où de nouvelles normes ont été demandées pour les bâtiments par exemple, sont coûteuses et imposent des emprunts lourds aux jeunes. Sans compter qu’avec le temps, les risques de mildiou sont énormes. Il faut donc nettoyer les ceps un à un. Vraiment, c’est incroyable : on a retrouvé un lièvre, un corbeau et un chevreuil morts…
Mais je ne suis pas le plus à plaindre. Un voisin m’a dit que des fils de fer neuf ont été rompus par la grêle. J’ai longtemps été insouciant en regard du ciel. Depuis quelques années, je dois dire que je m’en préoccupe de plus en plus. »
09 juillet: orages violents sur la Drôme. Les vignobles de Crozes-Hermitage sont lourdement affectés.
23 juillet: orage de grêle en Côte de Beaune: Pommard, Aloxe-Corton, Volnay, Meursault, Beaune, Savigny-lès-Beaune et Pernand-Vergelesses particulièrement touchés. 1.350 hectares concernés, soit 5% du vignoble bourguignon.
« Il est tombé plus de 60 mm d’eau. Le vent a projeté les grêlons contre la végétation. Et ça a tourbillonné pendant 45 minutes », rapporte Jean-Pierre Guillemot, du domaine Pierre Guillemot, à Savigny-lès-Beaune.
26 juillet: violents orages sur la Gironde. Le clocher de l’église de Pauillac est tombé, à cause de rafales de vent mesurées à 165 kms/heure.
26 juillet: le vignoble champenois est touché par des orages de grêle à Saint-Thierry et à Hermonville (là où se situent les vignes de Francis Boulard).
Simplement quelques mots de soutien à tous les vignerons qui voient des mois et des années de travail réduits en bouillie en quelques minutes.
En Touraine, 2012 n’avait déjà pas été facile (gelées printanières). Je me souviens d’un vigneron m’expliquant qu’un millésime avec une (très) petite récolte, ça fait mal mais ça passe. Il me disait aussi que 2013 ne pourrait en aucun cas ressembler à 2012…
Une vigne blessée, détrempée est fragile. Elle va nécessiter beaucoup de soins. Et donc beaucoup de travail supplémentaire. Bon courage !
Un programme de dix soirées que d’aucuns qualifieraient sans doute de « cours d’œnologie ». Disons que j’anime à ma façon un moment de convivialité autour de quelques flacons choisis.
Avec l’ambition non dissimulée de partager ce que j’ai appris, sans jargon ni baratin pédant.
Concrètement:
dix soirées, de 19h30 à 22h30 et de septembre à juin
chaque soirée autour d’un thème et de 8 bouteilles
toujours le jeudi, à partir du 19 septembre; ensuite le 17 octobre; dates suivantes à convenir
pas de connaissances préalables requises
repas simple en fin de dégustation
documentation écrite fournie
un participant empêché peut se faire remplacer par un autre amateur
à l’adresse habituelle: rue des Chats 171 à 1082 Berchem-Ste-Agathe, à 1 minute du Ring Ouest (sortie 12)
prix (TVA comprise) par personne pour les 10 séances: € 300
Quelques thèmes qui pourraient être abordés :
nature, bio, sans soufre, biodynamique, équitable…une mode ou une lame de fond ?
le prix d’un vin est-il proportionnel au plaisir qu’il donne ?
les vins septentrionaux et les vins méridionaux : sont-ils différents ?
les vins vendus en supermarché : déception garantie ou rapport qualité/prix imbattable ?
les vins belges : simple anecdote ou futur radieux ?
les bulles : Champagne ou non ?
évaluer un vin : COMPLEXITE, ORIGINALITE, MESSAGE, EQUILIBRE, PERSISTANCE, INTENSITE
la Loire : une réserve inépuisable de vins fascinants
raisin et chêne : mariage d’amour ou malentendu ?
Inscriptions dès à présent via le formulaire ci-dessous:
Il se confirme que l’augmentation des accises sur le vin entre en vigueur à partir du mois d’août 2013. L’augmentation sera cette fois-ci de 8%, après celle de 12% du mois de janvier 2013.
Est-ce une bonne nouvelle ? Non. Est-ce une mauvaise nouvelle ? Au niveau micro-économique, pas vraiment.
Je profite de l’opportunité qui m’est offerte par Elio et sa bande pour clarifier l’importance des accises dans le prix total d’une bouteille de vin.
Les accises vont passer de € 52,75 par hectolitre à € 56,97 par hectolitre. L’impact est donc de 3 centimes (hors TVA) par bouteille de 75cl, quel que soit le prix de vente de cette bouteille.
Si le commerçant vous refacture cette augmentation (ce qui -désolé- me semble vachement normal), une bouteille vendue € 9,00 (TVA comprise) en juillet vous coûtera en août …€ 9,04 (TVA comprise).
Voilà, il y a des problèmes plus sérieux que celui-ci, non ?
Attention malgré tout aux « bulles » qui sont grevées d’accises beaucoup plus lourdes: l’impact est de 13 centimes par bouteille (TVA comprise).
Plus de 50 vins différents à la vente, disponibles sur place : mes sympathiques bouteilles sont impatientes de bondir dans le coffre de votre voiture ! Ne les abandonnez pas chez moi !
il y a deux emplacements de parking devant le garage du n° 173, c’est-à-dire devant chez mes voisins Bruno & Myriam: endroit idéal pour charger les bouteilles et/ou les cartons. Appelons ça un « parking express »: svp, ne s’y garer que pour charger !
les bouteilles et les cartons sont en général munis d’une pastille blanche indiquant la référence du vin; cette référence se retrouve sur le tarif que je vous remets à votre arrivée
svp, pas de paiements en cash: comme d’habitude, je vous transmets une facture et un numéro de compte bancaire
les stocks de certains vins sont très limités; tout mon stock est sur place: quand il n’y en a plus, il n’y en a plus !
la météo est du genre chaud et sec: donc, dégustation devant la maison, sous la tonnelle
le garage a été transformé en petit magasin: n’hésitez pas à vous y promener !
les commandes déjà facturées/payées peuvent évidemment être enlevées vendredi et samedi; elles se trouvent dans le hall d’entrée de la maison.
Le programme de dégustation (sous réserve):
Frédéric Mabileau Saumur Chenin du Puy blanc sec 2008
Château de Lavernette Pouilly-Fuissé JJ de Boissieu (100% chardonnay) blanc sec 2011
Badoz Côtes du Jura Arrogance (100% chardonnay) blanc sec 2011
Badoz Côtes du Jura Les Roussots (100% chardonnay) blanc sec 2011
Badoz Côtes du Jura Dédicace à Pierre (100% pinot noir) rouge 2009
Badoz Côtes du Jura Trousseau rouge 2011
La Borde Arbois-Pupillin Foudre à Canon (100% savagnin) blanc sec 2011
La Borde Arbois-Pupillin Tradition (savagnin & chardonnay) blanc typé 2009
La Borde Arbois-Pupillin Ploussard de Feule rouge 2012
Après 125 vins en provenance des 6 coins de l’hexagone, je me décide à vous proposer du lointain et du local.
D’abord le Portugal: nous voici à quelques dizaines de kilomètres au nord de Lisbonne, en altitude, dans la Serra de Montejunto, à portée de canon de l’océan.
Les cinq petites parcelles de vieilles vignes sont exposées au nord. Altitude et exposition contrebalancent les chaleurs torrides de l’été. Le cépage est localissime (vital). La géologie est calcaire.
Casal Figueira était le projet du couple Antonio Carvalho et Marta Soares.
Marta Soares
Je dis « était », parce qu’Antonio est décédé prématurément à l’été 2009. Il était un pionnier de la biodynamie au Portugal. Son épouse a repris le flambeau et a créé, en l’honneur de son mari, la cuvée Antonio, dont voici le millésime 2011.
Le vin est incontestablement plus atlantique que méditerranéen. C’est une évidence géographique et un constat organoleptique (pardon, je ne le ferais plus). 12% d’alcool (eh oui, c’est possible, même à la latitude de Lisbonne), beaucoup de fraîcheur, une très légère note boisée, une note citronnée. Ce n’est pas très puissant, mais la complexité aromatique et la finesse…oui !
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Après le grand sud, cap sur le grand nord, du moins en termes viticoles. Je vous emmène dans les Fourons. Si, si, Happartland. En Belgique, donc. A 90 minutes de la rue des Chats.
Le vignoble du Crindael mérite un détour: pente magnifiquement exposée plein sud, le long de la route pittoresque qui relie les hameaux de Fourons-Saint-Martin et de Teuven. La Wallonie est à moins de 5 kilomètres, les Pays-Bas itou. Le vigneron, Pieter Akkermans, est d’ailleurs de nationalité néerlandaise.
Pieter Akkermans
Géologie calcaire. Si l’expression « calcaire coquillier » vous dit quelque chose, vous êtes au bon endroit. Le sol est truffé de coquilles fossiles, en particulier du genre bélemnite. Cette petite bébête antique figure d’ailleurs sur l’étiquette des vins de la propriété.
La propriété, c’est Pietershof. Je vous propose la Cuvée du Bonheur 2011, nommée ainsi en l’honneur du 40ème anniversaire de mariage du couple Akkermans-Janssen. Il s’agit d’un assemblage de chardonnay et de riesling que j’avais découvert avec le millésime 2006, à l’époque commercialisé sous le nom « Cuvée Rebelle ». La bouteille (vide !) se trouve toujours sur le bar, posée entre un Castello di Broglio 1997 et un Mâcon-Pierreclos de Jean-Marie Guffens.
C’est citronné, bien mûr, avec une certaine minéralité. Cela titre 12,5%. Elevage en cuve.
Un vin belge, le jour de l’abdication…quel à-propos, je m’étonne moi-même…
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Le Portugais et le Belge proviennent du même millésime. Deux blancs secs qui se ressemblent par leur degré d’alcool modéré, par leur terroir calcaire, par leur originalité …et par leur prix: € 11,50. Pourquoi ne pas les comparer ?
Il sont disponibles dès maintenant et seront en dégustation pendant la Fête du Vin.
Je tiens à votre disposition quelques flacons des Vignobles des Bois Vaudons.
Bois Jacou 2011 (100% gamay) à € 8,50
L’Arpent des Vaudons 2011 (100% sauvignon) à € 8,50 et…
Cent Visages 2010 (100% côt, malbec, auxerrois …ou tout autre synonyme qui aurait votre préférence) à € 10,85.
Guide Bettane & Desseauve 2013: « Cent Visages 2010 est un splendide échantillon de malbec, l’un des plus originaux qui soient. Si la mise conserve ses qualités, on verra un grand vin. L’expression fleurie est éblouissante« .
J’avais demandé dans mon enquête du mois d’avril quelle région avait la faveur de mes lecteurs/clients. « Le sud de la France » avait battu, à plates coutures, l’Espagne, l’Allemagne, Bordeaux et même l’Italie.
Les circonstances me permettent de répondre plus rapidement que prévu à cette demande. Avec la collaboration indispensable de Rhône-Vins.
Quelques précisions, du nord au sud:
Domaine du Coulet (Matthieu Barret) à Cornas
La cuvée No Wine’s Land provient d’une petite zone (le plateau des Arlettes) coincée entre les appellations St-Joseph et Cornas.
100% syrah, d’une vigne de 40 ans. Elevage de 13 mois, en cuve (pas de bois).
Très peu de soufre, agriculture bio depuis 2001, biodynamie depuis 2002.
Vin prêt à être tire-bouchonné, sur son fruit.
Matthieu Barret élabore par ailleurs plusieurs Cornas et un vin blanc original, d’un profil plutôt septentrional, tendu et frais.
Château La Rolière (famille Marchal & Pierre Pin) à Livron-sur-Drôme
Les vins de La Rolière font partie des meilleurs représentants d’une appellation un peu mystérieuse, le Côtes-du-Rhône Brézème.
Brézème est une petite enclave, traversée par la Drôme, à mi-chemin de Valence et de Montélimar.
Nous ne sommes ici ni tout-à-fait dans le Rhône-nord, ni dans le Rhône-sud. Bonne question pour un examen de sommellerie !
La cuvée Maurice Marchal est 100% syrah, d’une vigne de 30 ans, vendangée à la main. Une partie du volume est élevée sous bois, avant ré-assemblage.
Vin prêt à boire, sur les épices.
Domaine La Fourmente (Rémi Pouizin) à Visan
Changement de paysage: voici le Rhône-sud. Grains Sauvages est une cuvée 100% grenache.
On est en bio et en nature (sans sulfites ajoutés).
Très vieilles vignes, certaines ayant atteint l’âge vénérable de 70 ans. Rendements très bas, de l’ordre de 25 hectolitres/hectare.
Elevage en cuve béton (pas de bois).
Vin minéral, très fin, avec des parfums de thym.
Domaine Amandine (famille Verdeau) à Séguret
Nous quittons Visan, pour rejoindre Séguret, via Vaison-La-Romaine. Ou via Rasteau…
Le Côtes-du-Rhône-Villages Séguret est un assemblage de 60% de syrah et de 40% de grenache.
Du plaisir en bouteille, ici et maintenant. Rien ne sert d’intellectualiser, il faut profiter !
Le Domaine des Espiers (Philippe Cartoux) à Vacqueyras
Le Domaine est situé au cœur du Vaucluse, entre les rives de l’Ouvèze et les Dentelles de Montmirail.
Agriculture biologique. Près de 10 hectares de vignes, dont 3 hectares de Gigondas.
Le Gigondas est élaboré avec 65% grenache et 35% syrah (en général, les Gigondas sont élaborés avec 80%, voire 85% de grenache). Vendanges manuelles. Elevage en barriques.
Vin de garde. Puissant et pourtant encore sur la réserve.
Lui donner un peu de temps pour se fondre.
Le Domaine de Fondrèche (Sébastien Vincenti) à Mazan
Nous finissons cette promenade dans le Rhône en appellation Ventoux, à l’est de Carpentras. Le Domaine de Fondrèche est un grand vignoble de 38 hectares, en agriculture biologique. L’objectif est de produire des vins « identi-terres« .
La cuvée Nadal est un assemblage de 50% grenache (élevage en cuve béton ovoïde), de 40% syrah (élevage en demi-muids & barriques) et d’une bonne pincée de mourvèdre.
Coup droit remarquable de puissance…(c’est pour rire !).
C’est exact. J’ai volé le titre de cet article à la Revue du Vin de France. Faute avouée…
Poligny, le samedi matin: un bon moment pour faire quelques emplettes. En l’occurrence chez Epicurea, endroit qui combine irrésistiblement fromages et vins.
Quelques centaines de mètres plus loin, je gare la voiture au Domaine Badoz.
Jeune papa (pour la deuxième fois), Benoît Badoz m’accueille dans l’un des deux bâtiments principaux du Domaine. Des caves en ville complètent le « parc immobilier ». Poligny est d’ailleurs truffée de caves.
Benoît, c’est la dixième génération. On retrouve ses aïeuls dans le vin jurassien jusqu’en 1659. Son papa, Bernard, a créé la Percée du Vin Jaune, célèbre manifestation annuelle qui fête l’arrivée du nouveau millésime. Chaque année, une autre ville ou un autre village viticole l’organise à son tour, début février.
Après avoir mis la dégustation en route avec Grains de Poulsard 2011, d’une jolie couleur orangée, nous goûtons le Côtes du Jura Trousseau 2011, un jus peu coloré, très agréable. C’est consistant sans être puissant. Il finit très net. Elevage en cuve inox. Le vin est élaboré à partir du cépage trousseau « à la dame », une variété particulièrement qualitative.
Le Vermeil est un assemblage de 70% de trousseau et de 30% de pinot noir. Et voici Côtes du Jura Dédicace à Pierre 2009, un pur pinot noir, élevé en fûts de chêne neuf et titrant 13,9% d’alcool. Tout qui me connaît un peu doit se dire « aïe, ça ce n’est pas vraiment un vin pour Philippe« . J’avoue avoir respiré en entendant Benoît me dire que la proportion de chêne neuf avait été réduite à 50%. A la dégustation, c’est assurément d’inspiration bourguignonne. J’ai été séduit par la texture, la pulposité (si je peux risquer ce néologisme). Je pense que je ne serai pas le seul…
Le passage du rouge au blanc se fait via le rosé d’été Gustave Courbet. Sympathique et tendance, avec ses arômes de pamplemousse.
Le Côtes du Jura Les Roussots 2011 (élevage en cuve inox) est un délicieux chardonnay issu de vieilles vignes, minéral et plein de saveurs d’agrumes.
Quant à l’esprit de Puligny, il souffle avec force dans le Côtes du Jura Arrogance 2011. Le fût ne passe pas inaperçu, mais la matière est telle que ce boisé s’harmonise très bien avec la structure du breuvage. A l’aveugle, ce sera amusant d’entendre les convives se demander si c’est un Meursault ou un Chassagne…Ce qui ne gâche rien, c’est le flacon, très sobre et très élégant. Rassurez-vous, la cuvée porte un nom destiné à choquer, mais le vigneron est très sympa et tout sauf arrogant !
Ce n’est pas fini. Côtes du Jura Vin Jaune 2006. Le Domaine est un spécialiste du vin jaune. 450 fûts de Vin Jaune reposent dans ses caves sèches. Pur savagnin non-ouillé bien sûr. 6 ans d’élevage, dont au moins 5 ans sous voile. Flacon spécial, le clavelin, d’une contenance de 62cl. Longueur interminable et garde éternelle. Aromatique marquée par la noix. C’est un voyage en bouteille…Si vous le souhaitez, je vous servirai de guide.
Jeudi 25 avril. Je me promène de grand matin dans le village de Pupillin, perché au-dessus de son vignoble. La chambre d’hôtes qui m’accueille durant ce voyage se situe à …200 mètres de mon rendez-vous: c’est la première fois que je rends à une dégustation à pied !
Pas un chat dans la rue principale. Enfin, si justement, des chats et quelques oiseaux. Soleil radieux. D’un côté du village, c’est le Grapiot, restaurant où j’ai réservé pour le lendemain soir; de l’autre côté, après avoir dépassé la maison Désiré Petit, le belvédère, le sarcophage et la noiseraie.
Sarcophage ? « Pour marquer l’arrivée du nouveau millénaire les vignerons de Pupillin ont souhaité oublier 100 bouteilles du millésime 2000 du fameux cépage ploussard. Celles-ci reposent dans un sarcophage à 3 mètres sous vos pieds, dans leur terroir d’origine. »
Pour ce qui concerne la date à laquelle ces précieux flacons seront récupérés, il règne une certaine confusion…
Me voici Chemin des Vignes: c’est ici que Julien Mareschal s’est installé en 2003. Après ses études en oenologie à Dijon. C’est ici qu’il a construit sa maison et le bâtiment qu’occupe aujourd’hui le Domaine de La Borde. La propriété porte ce nom en souvenir de la ferme familiale céréalière, établie dans la plaine du Jura. Pas trop de vignerons parmi les aïeuls…
Acquérir des vignes n’est pas forcément facile. Disons que le vigneron qui a vendu 3,3 hectares à Julien début 2003 n’était pas trop bien intégré dans le village. Une opportunité en somme. Depuis, Julien a agrandi le domaine: 1,5 hectares en 2004 et encore 0,2 hectare récemment. Ô surprise mathématique, la propriété s’étend aujourd’hui sur 5 hectares et produit bon an mal an entre 15.000 et 25.000 bouteilles. 50% du vignoble est planté en savagnin, les autres 50% se répartissant entre chardonnay et cépages rouges.
Domaine de La Borde
Julien est en pleine conversion bio et utilise les préparâts biodynamiques, sans certification.
Nous goûtons.
Impasse sur le Crémant: ce n’est pas trop le truc de Julien. Le chardonnay Sous la Roche 2010 révèle un profil plutôt « Mâconnais ». En général, j’essaye d’évite ce type de comparaison qui sous-entend implicitement que le vin le moins connu doit ressembler à un frère plus médiatique pour exister. Exception pour cette fois car l’Arbois-Pupillin chardonnay Caillot 2010 fait quant à lui plutôt penser à un Chablis de bonne naissance: attaque tendue et fine acidité. Bingo ! Voilà un vin qui me plaît beaucoup.
Changement de cépage: voici le savagnin qui incarne la spécificité du vignoble jurassien. L’Arbois-Pupillin ‘naturé’ Foudre à Canon 2011 se goûte bien: il est peu élevé et offre de façon transparente l’aromatique légèrement exotique du cépage. En fait, « naturé » est un autre nom donné au cépage savagnin. On utilise ce terme lorsque le vin de savagnin est ouillé.
le vignoble, fin avril
Ouillé ? Jusque ici, c’était simple. J’invite à présent le lecteur à s’installer confortablement et à ingurgiter la parenthèse didactique du jour. Les experts de tout poil peuvent passer ce paragraphe.
Prêt ?
Durant son élevage en fûts, le vin s’évapore lentement. Une poche d’air se forme progressivement à la surface. Le vin évaporé doit être régulièrement remplacé par du vin identique de façon à chasser cette poche d’air et à éviter ainsi tout contact avec l’oxygène. Car qui dit oxygène dit possible oxydation et piqûre acétique.
Ce remplissage périodique s’appelle l’ouillage. Un vin qui a bénéficié de cette technique est un vin ouillé. Un vin en quelque sorte « normal ».
humour jurassien…
En Jura, cette « normalité » n’est pas la règle: on y trouve tant des vins ouillés que des vins non-ouillés. Cela grâce à Saccharomyces cerevisiae bayanus, une levure qui va s’accumuler sur la surface du vin en formant un voile de plus en plus épais. Ce voile de levures va réguler le contact entre le vin et l’oxygène. Les vins non-ouillés sont parfois appelés « oxydatifs » ou « sous voile » ou « typés ».
Important de savoir si le vin est ouillé ou non: les vins non-ouillés sont très particuliers et ne laissent personne indifférent: on adore ou on déteste. D’où l’intérêt d’aborder ces vins dans de bonnes conditions pour éviter un jugement négatif sur lequel on pourrait avoir du mal à revenir par la suite. Et ce serait dommage, vu les plaisirs majeurs que peuvent offrir les non-ouillés aux « initiés » (morilles, comté et autres poulardes…).
Fin de la parenthèse didactique. Nous goûtons l’Arbois-PupillinTradition 2009, un assemblage de chardonnay ouillé et de savagnin non-ouillé. Une parfaite introduction au monde merveilleux des vins sous voile. On perçoit les arômes typiques de fruits secs, de curry et d’épices, mais avec mesure. Le pur savagnin Les Ecrins 2008 a été élevé 4 ans sous voile; il est puissant, iodé et très typé.
Que diriez-vous d’un peu de douceur ? Le Jura, c’est quand même le vin de paille, non ? Comme son nom l’indique, il est élaboré avec des raisins récoltés tard puis desséchés sur de la paille (à notre époque, plutôt en cagettes mais toujours au grenier, soumis au vent et à la chaleur). Surprise, ce que nous goûtons maintenant n’est pas un vin de paille, mais un vin issu de raisins passerillés sur souche: Gelées de Novembre 2011. Curiosité très intéressante: pur savagnin, à l’équilibre délicat et demi-sec. Que de beaux accords gastronomiques en perspective !
Flash-back: retour au début de la dégustation, nous goûtons le Ploussard 2011 et surtout l’Arbois-PupillinPloussard 2012, échantillon tiré de la cuve: quel fruit !!! Julien m’annonce que le vin est à présent en bouteilles. Donc, je vous le propose illico presto.
Les vins sont disponibles à partir du 12 juillet. Ils sont en dégustation pendant la Fête du Vin.