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Montpellier, jour 3: Millésime Bio

???????????????????????????????Pour être franc, la 3ème journée a commencé dès la 2ème. Autrement dit, j’ai été faire un premier petit tour à Millésime Bio dès lundi en fin de journée, dans la foulée du ‘Vin de mes Amis’.

Première étape chez Xavier de Boissieu, château de Lavernette (Beaujolais et Pouilly-Fuissé). On commence par une très instructive comparaison entre le Beaujolais Blanc 2013 (élevage en cuve) et le Bourgogne blanc 2013 (élevage en fûts). Je parie que chacun ‘choisira son camp’, entre la vivacité du Beaujolais et le gras du Bourgogne.

En Pouilly-Fuissé, je suis particulièrement séduit par la cuvée ‘Vers Châne’ 2012 qui exprime avant tout un lieu et un moment, malgré un long élevage en fûts (22 mois). La cuvée ‘JJ de Boissieu’ 2012 présente -comme à l’habitude- un profil plus boisé.

La cuvée Granit refait son apparition et elle est meilleure que jamais: une bulle 100% gamay qui offre un profil vif, sec, fruité et net. Et la couleur ? C’est un blanc, marqué d’une très très très légère nuance rosée.

En rouge, difficile d’évaluer déjà le Beaujolais-Villages 2014 ‘brut de cuve’. Par contre la cuvée Jadis 2013 (échantillon tiré sur fût) se montre déjà d’une grande et belle intensité.

Xavier m’indique encore que la vendange 2014 a produit un volume normal, c’est-à-dire équivalent à la somme des volumes des vendanges 2012 et 2013. Difficile d’être plus clair, non ?

On reste en Bourgogne tout en remontant sérieusement vers le Nord. Voici Guilhem Goisot et les vins du Domaine éponyme. Entendons-nous, je n’importe pas ces vins et ce ne sera vraisemblablement pas pour 2015. Mais je ne veux rater aucune occasion de montrer mon intérêt !

Il faut à peine 2 minutes pour comprendre qu’une discussion avec Guilhem est une leçon de viticulture, combinant les aspects techniques les plus pointus avec une connaissance très approfondie des différents terroirs.

On goûte tous les vins élaborés sur le millésime 2013. C’est une symphonie en sols majeurs ! Dès l’aligoté, le décor est planté, avec une force peu commune. Après la cuvée Corps de Garde, on enchaîne avec les trois parcellaires, Biaumont (plutôt argileux), Gueule de Loup (plutôt calcaire) et Gondonne (plutôt marneux), ce dernier combinant avec grand talent le gras et la salinité. Chapeau !

Les trois cuvées de St-Bris (100% sauvignon) sont aussi remarquables que les chardonnays, avec une mention spéciale pour Moury, à même de pulvériser la plupart des (bons) Sancerre ! Si vous êtes à la recherche d’un petit sauvignon ‘variétal’, passez votre chemin.

En rouge, Corps de Garde (magnifique fruit) en Côtes d’Auxerre, Les Mazelots (tannique, de grande garde) en Irancy et la nouvelle cuvée La Ronce (grande finesse, velouté) en Côtes d’Auxerre sont au même niveau que les blancs.

???????????????????????????????J’ai importé pour la première fois les Chinon de Fabrice Gasnier à l’automne. On attaque immédiatement avec le Chinon blanc ‘Le Coteau de Sonnay’, une parcelle de 0,62 hectare, plantée de 3.000 pieds de chenin. Malgré le très jeune âge des vignes, c’est une cuvée ‘haute couture’: faibles rendements, vendanges en vert et 3 passages successifs sur la parcelle au moment de la récolte.

La gamme des rouges est large, depuis le croquant ‘Les Graves2013 jusqu’à la finesse d’anthologie de ‘La Queue de Poêlon2012. L’échantillon ‘brut de cuve’ des Graves 2014 révèle une grande densité, beaucoup de couleur et beaucoup de tannins. Un millésime au profil très différent de 2013.

???????????????????????????????Et z’également mes dégustations au Jonc Blanc (Vin de France/Bergerac), Nadia Lusseau (Côtes de Duras), Aupilhac (Languedoc/Montpeyroux), Cébène (Faugères), Paul-Henri Thillardon (Chénas), La Madone/Gilles Bonnefoy (Côtes du Forez) et La Cabotte (Côtes du Rhône).

Mais là, je suis cassé. D’où dodo.

Lire la suite: Montpellier, jour 4

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Visite au Château Haut-Lavigne

Nadia
Nadia

Le panneau qui marque le début du vignoble de Côtes de Duras est planté à hauteur de l’allée qui mène à la propriété de Nadia Lusseau: à quelques centaines de mètres près, nous aurions été en appellation Bordeaux, plus précisément Sainte-Foy-Bordeaux. Donc, Lot-et-Garonne et non Gironde.

Le chien de la maison est, comment dire, assez grand et direct dans sa façon d’accueillir le chaland. D’un regard de braise, je le ramène à la raison et lui montre qui est le maître. Version alternative: je m’extirpe de ma voiture, encaisse un bon coup de museau dans les lunettes et tente de faire bonne figure.

Château Haut-Lavigne est une propriété de 19 hectares, dont 8,5 hectares plantés en vignes, d’un seul tenant. Cela pourrait faire penser à un terroir homogène. Que nenni.

On y retrouve d’une part un plateau calcaire, surmonté d’une couche d’argiles, où se retrouvent tous les cépages présents sur le domaine. Les raisins sont ici avant tout destinés au haut de gamme (Miss-Terre), sauf les cabernets francs qui passent dans le rosé.

D’autre part, le domaine se compose d’une zone d’argiles profondes et de boulbènes (argile et sable). Les magnifiques cabernets francs de cette zone entrent dans Miss-Terre. Les merlots et les sauvignons sont essentiellement destinés à l’entrée de gamme.

Enfin, une zone hétérogène, avec du calcaire et du silex, avec des vignes de 12 ans et des vignes de 28 ans. Une étude géologique permettra d’y voir plus clair.

Nadia Lusseau organise sa gamme en trois niveaux:

  • Nadia (en blanc, en rosé et et en rouge) est destinée à une consommation immédiate, sur le fruit et la jeunesse. Elevage tout en cuve.
  • La Miss (en blanc et en rouge) est vinifiée à 80% en barriques et à 20% en cuve.
  • Miss-Terre (en blanc et en rouge) est vinifié et élevé 100% en barriques, à partir de sélections parcellaires. Ces deux derniers vins méritent une garde en cave.

Aucune envie de produire un ersatz de Bordeaux.

Dans les assemblages actuels, pas de trace du malbec. Cela changera sans doute, vu qu’un demi-hectare de ce cépage a été récemment planté.

Nadia rééquilibre progressivement la propriété vers une plus grande surface de cépages blancs, en arrachant les vignes rouges les moins intéressantes. Les replantations se font à 5.000 pieds par hectare. Installée depuis 10 ans, elle se fixe l’objectif pour les dix années  à venir de conserver le même nombre de pieds qu’aujourd’hui, sur une surface réduite. Densité de plantation plus importante, donc.

Une cuvée peut être une année majoritairement sémillon et majoritairement sauvignon dans le millésime suivant: pas de règle immuable, c’est le raisin qui décide. Par ailleurs, le sémillon est sensible à la pourriture: en année humide, il peut être judicieux de minimiser la part de sémillon dans un assemblage.

Agriculture biologique; levures indigènes, sauf exception.

Nadia blanc 2012, 80% sauvignon, 20% sémillon. 13,7% d’alcool: cette précision mathématique est un clin d’œil qui répond aux questions habituelles sur l’interprétation à donner à 13% ou à 14%. L’attaque est assez puissante, la finale est serrée, tonique. Cela commence rond, cela finit vertical. Les côtés variétaux du sauvignon (les thiols, responsables des arômes de buis, voire du terrible « pipi de chat ») sont absents. Les raisins sont cueillis mûrs et les sémillons (sur calcaire) sont très « traçants », malgré leur faible part dans l’assemblage.

La Miss blanc 2011: du sémillon très puissant. Du gras en attaque et la même verticalité en finale que Nadia. Un peu de barrique neuve et des barriques de plusieurs vins. Équilibré, dense.

L’évolution se fait vers des contenants de 300 litres au détriment des barriques classiques de 225 litres. Idéalement, Nadia souhaite des 400 litres… mais ceux-ci sont trop lourds à manipuler !

Miss-Terre blanc 2009: 12 mois de barriques, suivis par de 12 mois de cuve. Grosse matière, nécessitant un peu de garde. NB: il n’y aura pas de Miss-Terre blanc 2010: Nadia a préféré écarter les jus dans La Miss 2010, parce que la qualité lui semblait insuffisante pour sa cuvée « haut de gamme ».

Les blancs sont vendangés à la main. Les rouges à la machine. Une machine correctement réglée fournit des raisins entiers, non-abîmés. Paradoxalement, cela perturbe le démarrage des fermentations, par manque de jus, en particulier pour les cabernets. Il y a fermentation intracellulaire, comparable à la macération carbonique.

Nadia rouge 2011: le nez de ce 100% merlot est frais, la bouche tout en rondeur fruitée: à servir plutôt frais, pour éviter que la richesse ne domine l’élégance.

La Miss rouge 2010: de beaux merlots très mûrs, avec des arômes de figue cuite. Belle qualité de tannins.

Miss-Terre rouge 2008: changement radical, voici la fraîcheur mentholée du cabernet sauvignon. Cuvée assemblant cabernet franc et cabernet sauvignon, atypique dans la région. Beaucoup d’élégance. Demande un « peu d’élevage » (dixit Nadia): en ce moment c’est le 2008 qui est commercialisé !

Nadia rosé 2012: on l’avait oublié. Pressurage sur les 95% de cabernets, saignée sur les 5% de merlot, la même trame que les blancs. Finale fraîche et nette: pas de sucre résiduel. Le vin commence comme un rosé classique et finit original. Bonne surprise pour terminer !

Les vins sont en dégustation le 24 août. Ils peuvent être commandés via le tarif & bon de commande.

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Journal de bord(eaux)

On tombe, au détour d’une pensée, sur un jeu de mots faiblard. On se dit qu’il est exclu de publier pareille horreur. On la publie malgré tout. Et en titre encore bien.

Pouf-pouf.

C’est ici que je me propose de partager mes impressions aquitaines durant toute la semaine.

05 août – 20h45

La splendide monotonie de 970 kilomètres d’autoroute, rythmés par l’une ou l’autre pause-pipi, par un accident (en sens contraire) qui fiche la trouille, par Eric Clapton, Bill Callahan, Peter Gabriel dans les oreilles.

Pour ce qui concerne les vignes, voici ce que je peux faire de mieux: d’abord le panneau routier Valenciennes-Le-Vignoble (c’est assez mignon, tout un quartier de la ville où les rues se nomment « Clos Pommard », « Allée des Cépages », « Rue des Pampres »), ensuite la traversée de la Loire à Tours et enfin le panneau « département de la Gironde » immédiatement suivi du panneau « Vignoble bordelais ». Je suis installé à Marmande, un peu (beaucoup) cassé malgré tout.

A demain pour le début des vraies aventures !

06 août – 19h45

1ère étape: Château Jonc-Blanc à Vélines

Franck Pascal m’accueille et m’emmène immédiatement dans les vignes. Facile, elles entourent la propriété. 19 hectares, dont 12 hectares de rouge.  Des cabernets, des merlots et 1,40 ha de malbec. Propriété acquise par Franck et Isabelle en 2000.

Un peu d’étymologie pour se mettre dans le rythme: « jonc » n’a rien à voir avec la plante (ouf, la vigne et les terrains marécageux, ça ne colle pas) mais peut être rapproché du terme homonyme utilisé en bijouterie pour désigner un anneau et par extension pour qualifier une zone plus ou moins circulaire et plus ou moins renflée.

Quant à « blanc », il s’agit de la couleur de l’affleurement calcaire sur lequel les vignes sont plantées. En la quasi-absence de sol, il n’y a rien pour stocker l’eau de pluie: en année sèche, le risque de « stress hydrique » est réel.

On s’installe dans la cuisine pour goûter. Attention, le premier vin est TOUT SAUF un petit vin d’été.

Pour finir, promenade rapide dans le chai: barriques, foudres et cuves inox. Un nouveau foudre (Stockinger) va bientôt faire son entrée. A terme, ce contenant devrait progressivement remplacer les barriques. A noter d’ailleurs que les barriques sont bourguignonnes et pas bordelaises…

A 14h15, je me sauve pour ne arriver trop en retard chez Nadia Lusseau. J’aurais bien voulu voir la « Vieille Demoiselle« , une vigne de sémillon d’un âge quasi-canonique, rescapée d’un long abandon, rachetée par Franck pour une bouchée de pain et, au prix d’un lourd travail, remise dans le « droit chemin »…ce sera pour une prochaine fois !

Merci GPS…A 14h35, je me gare devant le Château Haut Lavigne, 2ème étape. Nadia m’installe dans un sympathique petit caveau. La gamme se décline en trois approches: des vins de fruit, élevés en cuve et commercialisés sous l’étiquette « Nadia »; des vins plus puissants, élevés pour 80% en barriques et pour 20% en cuve (« La Miss ») et enfin des sélections parcellaires, élevées à 100% en barriques (« Miss Terre »). Barriques de 300 litres, lesquelles restent manipulables par une jeune femme. Les 400 litres feraient encore mieux l’affaire, mais, non, décidément, elles sont trop lourdes.

Sur le long terme, l’objectif est de conserver le même nombre de pieds de vigne, sur une superficie réduite; autrement dit, d’augmenter la densité de plantation.

Cette journée s’est achevée avec un bref passage par le Château de Duras (fête des vignerons le 11 août) et par la Maison des Vins. « Les Rebelles d’Aquitaine », le slogan me plaît !

07 août – 22h30

À 08h30, je quitte Marmande pour me rendre dans le Bordelais. 3ème étape, Château Tire-Pé: à 09h30, je surprends David Barrault qui s’attendait à ma visite…la semaine prochaine. Comme il n’avait pas prévu grand-chose pour ce matin, vu la fiesta d’hier soir, ça tombe bien. Quelle qualité de silence, quel lieu magnifique, y compris les palmiers. Le plus beau crachoir jamais vu…et pourtant aucune envie de cracher !

À 13 heures, sandwich en bord de Garonne. Puis, Romestaing, le village-fantôme et Lassolle, le lieu-dit que le GPS situe de travers.

4ème étape: au Château Lassolle, dégustation qui tient autant de l’aventure humaine que du cabernet franc.

À 16 heures, Tripel Karmeliet en compagnie de Stéphanie Roussel et de Jean-Christophe, avec vue sur le vignoble du Marmandais.

À 17h30, coincé dans les embouteillages de la rocade de Bordeaux. À 22 heures, arrivée à Saumur.

08 août – 22h45

5ème étape: La Chevalerie. Voilà, le premier vigneron chez qui je reviens, 11 mois après ma première visite. Pierre Caslot conclut une dégustation-marathon par un millésime 1982. Un « Peu Muleau » de 30 ans. En pleine forme, le papy ! La première cuvée 2012, étiquetée « Dernier Cri », est une quintessence de vin-plaisir. Entre ces extrêmes, nous sommes passés par 2011, 2010 (Bretèche est splendide), 2009, 2008, 2007, 1994, 1993, 1987…

J’espérais déjeuner mais c’est encore raté. En voiture et cap sur Puy-Notre-Dame, au sud de Saumur. 6ème étape: Domaine Mélaric.

Le chai se trouve dans l’annexe d’un vrai château XIXe, avec plein de tourelles partout. Aymeric m’emmène dans les vignes. Belle leçon en direct: à droite de la route, ses vignes; à gauche, une parcelle « tout chimique ». Deux mondes radicalement différents.

Verticale sur les deux cuvées du Domaine, en blanc comme en rouge. Très instructif. 2010 et 2012 plairont à ceux qui aiment la fraîcheur. 2009 et 2011 plairont aux amateurs de rondeur.

Ne pas oublier le très chouette Tandem, issu de raisins achetés, assemblage de cabernet franc (…quelle surprise) et de grolleau: ça coule tout seul ! Délicieux !

10 août – 21h30

Vendredi, je commence par une traversée de la Touraine, pour aller de mon hôtel à Saumur jusqu’à Amboise, où j’ai rendez-vous avec Clémence Weisskopf. 7ème étape: Le Rocher des Violettes. Doigté requis pour atteindre le Domaine, situé dans la (très étroite) rue du …Rocher aux Violettes. Très impressionnantes caves creusées dans la roche.  On converse autour du thème des restaurateurs qui payent les vins de plus en plus tard…La trésorerie du vigneron est parfois soumise à de fortes pressions.

Voilà, ici s’achève un voyage plein d’enseignements et plein de découvertes. Sept vignerons et pas une seule déception. De (très) bons moments et de (très) bons vins. Partage prévu dès le 24 août.

2480 kilomètres et quelques minutes consacrées à la visite de Meung-sur-Loire, château, église et place qui semble figée dans un passé lointain.

le château de Meung-sur-Loire, près d'Orléans
le château de Meung-sur-Loire, près d’Orléans

Ce dimanche soir, Catherine et moi recevons 8 convives pour un repas en 8 services, avec 8 vins « assortis ». Je pense qu’ils vont bien s’amuser !

Voyage en Aquitaine

Bordeaux et Sud-Ouest: une lointaine proximité

Dégustation du samedi 24 août