Ce mercredi, 650 kilomètres pour rejoindre Lons-le-Saunier où une première dégustation m’attend dans l’après-midi. Ce sera plus précisément dans le village de Gevingey, chez Fabrice et Valérie Closset, vignerons…belges, installés depuis début 2008 sur l’ancien Domaine Richard Delay. Le Domaine s’est appelé ‘Champ d’Etoiles’ et s’appelle aujourd’hui ‘Champ Divin’. Disons que le nom choisi initialement était sans doute un peu trop proche de celui d’une appellation voisine, à savoir L’Etoile.
Domaine en biodynamie certifiée Demeter depuis 2011, après les indispensables années de conversion. Chardonnay, pinot noir et savagnin. Le domaine produit également du miel.
Donc, le Jura. On y produit vraiment du vin ? De 10 à 15 millions de bouteilles par an. Cela peut paraître beaucoup, mais ce n’est que l’équivalent de Chinon et beaucoup, beaucoup moins qu’à St-Emilion. Petite région par la quantité. Pour ce qui est de la qualité, de la diversité, du dynamisme et de la gastronomie…très grande région !
Cépages communs avec la Bourgogne toute proche (il n’y a finalement que 100 kilomètres entre Beaune et Arbois, la petite capitale du vin jurassien): chardonnay et pinot noir. Au-delà de ces deux classiques, on y trouve les régionaux: en rouge, trousseau et poulsard; en blanc: le savagnin. Cépage exceptionnel à plus d’un titre. Très proche de la vigne sauvage originelle, il est l’ancêtre génétique du chenin, du sauvignon et sans doute du petit manseng. Le verdejo espagnol, le verdelho de Madère et le grüner veltliner autrichien font aussi partie de sa nombreuse descendance.
Ah oui, il paraît que le Jura, c’est le Vin Jaune. Produit que l’on adore ou que l’on abhorre. Indifférence impossible. Aujourd’hui, on élabore en Jura surtout des vins de facture plus classique: le Vin Jaune brille, mais il n’est vraiment pas seul.
On quitte la ville de Gaillac par le nord-ouest. Il ne faut pas rater la petite route à droite, à côté de l’église de Ste-Cécile d’Avès. Quelques centaines de mètres en chemin creux. M’y voici.
Ce qui ne l’empêche pas de partager avec moi l’histoire de sa famille et les difficultés que l’on peut rencontrer lorsque l’on n’est pas soi-même issu du monde du vin, ce qui était le cas de son père. La propriété est familiale du côté maternel, depuis le XIXe siècle.
Le caveau est un lieu étonnant, de pierre et de bois, un peu poussiéreux, touffu, hétéroclite, pas trop éclairé, plein de vieux flacons, d’objets patinés et de souvenirs. Surtout ne rien changer ! L’âme du lieu n’y résisterait pas.
Chaque vin est une aventure en soi, marqué par le sceau de la forte personnalité du vigneron: qui décide de réduire fortement la taille de son domaine pour pouvoir consacrer tout le temps nécessaires aux vignes les plus précieuses ?
Michel Issaly
Nous goûtons…
Le Cavaillès-Bas 2011 (80% mauzac, 20% loin de l’œil) ne ressemble qu’à lui-même. Rendements ridiculement faibles, vendanges manuelles en surmaturité, vin très peu soufré. Vin blanc sec avec beaucoup de personnalité. Une complexité qui se révèle progressivement. Caractère bien trempé, concentration des extraits secs dans le vin…et concentration requise chez le dégustateur. Le vin est déroutant, protéiforme et imprévisible.
Parenthèse relative à la symbolique des étiquettes: un serpentin dessinant le terroir vivant, la vie éternelle et l’empreinte de l’homme sur son environnement. En tous cas, le résultat est graphiquement très réussi !
Pech de la Tillette 2011, est un assemblage de cépages rouges (dont merlot et syrah). Il s’agit du vin le plus ‘direct’ de la gamme. Une porte vers un monde à part.
La Combe d’Avès 2008 est un magnifique rouge, très élégant, assemblage à parts égales de braucol et de duras. La texture est soyeuse, la bouche épicée. Pas l’ombre de l’ombre d’une trace de rusticité.
Dans la tradition de Gaillac, il y a le vin de voile. Tradition mise à mal en ce siècle où tout doit aller vite. Un vin de voile (le plus connu est sans doute le Vin Jaune du Jura) a besoin d’un élevage très long pour développer ses arômes surprenants et tellement intenses. Protégé par un voile de levures, le vin s’oxyde très lentement. Le temps passe, le vinificateur attend. A la longue, il peut même ‘oublier’ son vin dans un coin sombre de la cave.
D’où ce Vin de l’Oubli 2000 (100% mauzac), élevé une dizaine d’années sous bois. C’est très riche, très long et très sec. Subtil aussi, épicé, comparable en cela au Château Chalon.
Remarque: les vins de Michel Issaly sont très peu soufrés et embouteillés avec du gaz carbonique pour les protéger de l’oxydation. Conséquence: léger perlant quand on débouche le flacon et aromatique réduite. Ce n’est pas un défaut ! Ces vins doivent impérativement être aérés avant dégustation: donc, carafe, carafe et encore carafe.
Pour la bonne bouche, citation d’une contre-étiquette: « Vous avez le droit de ne pas aimer ce vin. Car il est à l’opposé des vins technologiques qui sont vinifiés pour plaire à tout le monde. » Ces vins sont en effet polarisants: on aime (beaucoup) ou on n’aime pas (du tout). Mais une chose est certaine, l’indifférence n’est pas de mise !
Le fléchage pour arriver au Domaine est impeccable. Heureusement, parce que le GPS ne connaît ni le lieu, ni les routes qui y mènent. Il faut dire qu’on se sent loin de tout. Pourtant, quelques minutes plus tôt, je parcourais la place du village voisin, Villeneuve-sur-Vère: un lieu esthétiquement magique. Nous nous trouvons à quelques kilomètres d’Albi, dans le Tarn, en plein Sud-Ouest.
Une fois n’est pas coutume, j’arrive avec quelques minutes d’avance. Je suis accueilli par la tante de Damien Bonnet…et par le chat de la maison. J’en profite pour me balader dans les vignes.
Damien Bonnet est jeune, terriblement jeune du haut de mes 49 ans. Et il parle. Disons qu’il m’arrose d’idées, de passion et de réflexions pointues. Quelle énergie ! Comme me dira Michel Issaly lors de ma visite du lendemain: « avec Damien, les anciens ont intérêt à rester bien réveillés ! »
Il est vrai que son premier millésime (2008) a décroché une Médaille d’Or au concours de Gaillac. C’était pour se tester, pas vraiment pour le macaron. Premier essai et premier essai transformé. Depuis, Damien ne participe plus au concours: ce n’est pas plus son ‘truc’ que le mien…
Nous commençons par goûter à la cuve une nouveauté: un gamay pétillant rosé en méthode gaillacoise. Ça commence fort: une délicieuse friandise !
Dans un coin d’une autre cave, un petit fût. Y fermente un blanc, élaboré avec le cépage local ‘Loin de l’Oeil’ (si, si, c’est le nom d’un cépage). Raisins récoltés à 31° potentiels. Pour le dire autrement, si, en fin de fermentation, on se retrouve avec un vin titrant 10% d’alcool, il restera plus de 300 grammes de sucre résiduel par litre !
Au caveau, Damien m’explique qu’il travaille seul, avec l’aide d’un ouvrier 6 mois par an. Levures indigènes et vendanges manuelles. Très peu de soufre. A la vigne, cuivre, ‘poudrage’ …et c’est tout. Rendements très maîtrisés: de 20 à 35 hectolitres/hectare.
Le rosé ‘La Vie en Rosé’ 2012 vient d’être mis en bouteille: ça fera des ravages au jardin cet été ! Je préviens les puristes du rosé sec que celui-ci est tendre. Donc, un peu de sucre mais parfaitement équilibré par le fruit et la fraîcheur. Vendu sous ‘Vin de France’ parce que décidément trop rock ‘n’ roll pour l’appellation Gaillac…Cépages ? Gamay, duras et merlot.
Le Mauzac 2012 est un blanc sec à l’équilibre typique de son cépage: une pointe d’amertume soutient la bouche. Je sais…amertume…un mot dangereux quand on vend du vin. Et pourtant, ce sont les quatre saveurs fondamentales qui font le vin: douceur de l’alcool, acidité fraîche, minéralité saline et amers nobles…voilà le grand cocktail !
La cuvée ‘Pierres Blanches’ était malheureusement épuisée.
Le vignoble de Damien est plutôt axé sur les cépages rouges. Première cuvée, Vendemia 2010, assemblage de braucol (40%), de duras (30%) et de cabernet sauvignon (30%). Pas de passage en bois, 18 mois d’élevage en cuves et mise en bouteilles début février 2013. Poivre et épices. Commence ‘facile’, mais finit plus sérieux.
Ensuite…Anthocyanes 2011…D’accord, avec un tel nom de cuvée, je suis condamné à la subjectivité. C’est donc très bon mais je n’oblige personne à me croire ! 70% braucol et 30% syrah. Elevage en barriques de plusieurs vins. Tannins fins, salinité salivante. Brin de temps 2010, assemblage à parts égales de duras et de braucol, vignes de 30 ans, rendements de 20 hectolitres/hectare, élevage de 22 mois en barriques de plusieurs vins. Cuvée de garde: pour la goûtez dès aujourd’hui, un passage par la carafe est plus que recommandé !
Après, décollage pour la planète Mars. La cuvée liquoreuse ‘Loin de l’Oeil…encore plus doux’ 2011 porte ce nom étrange parce que Damien élabore une cuvée liquoreuse du même cépage, mais en plus ‘politiquement correct’. Attention, cet ‘encore plus doux‘ n’est disponible que sur prescription médicale et après rédaction d’un acte notarié me dégageant de toute responsabilité ! Trêve de plaisanterie, l’équilibre entre sucres ‘héneaurmes’ et acidité de très haut vol en fait une cuvée d’exception.
Reste un rosé liquoreux de cabernet sauvignon, intitulé, à très juste titre, Brin de Folie. J’ai failli vous le proposer, mais finalement j’ai préféré éviter l’internement psychiatrique…
Au cœur du joli village de Dahlenheim, je suis reçu par Marie-Anne Pfister, épouse d’André et maman de Mélanie. André est aux vignes, Mélanie…aux Etats-Unis.
André Pfister est incontestablement un pionnier et un précurseur: il a commencé à enherber ses vignes dès la fin des années ’70. A cette époque, il passait pour un farfelu. Il a introduit les cuves thermo-régulées dans le Bas-Rhin et a toujours géré les traitements à la vigne avec précision et rigueur. Une réflexion en profondeur a été menée sur les densités de plantations optimales.
Observer et travailler dans les vignes. Cela peut paraître évident, mais…
Mélanie est devenue chef d’exploitation en 2008, après un sacré parcours, de Bordeaux à Geisenheim, en passant par Dijon et la Nouvelle-Zélande. Le nouveau chai a été inauguré en 2011, de façon à offrir à Mélanie un outil de travail parfaitement adapté.
Les deux Crémants d’Alsace sont très agréables: j’opte finalement pour la version ‘blanc de blancs‘ (chardonnay et pinot blanc). Dégorgement après 24 à 36 mois sur lies. Cette longue période de maturation joue un rôle important dans la qualité de ce Crémant: bulle fin, nez délicat. Accouchement tout en douceur et en prenant le temps qu’il faut. Sucrosité totale de 4 grammes par litre, donc Extra-Brut.
Le premier pinot noir est fort sympathique. Puis le choc: le pinot noir ‘barriques’ 2010. Couleur éclatante. Nez prometteur et équilibre magnifique ! Je me souviens encore des frissons que j’ai ressenti en le goûtant. Récolte manuelle fin octobre, mise en bouteille en août 2012. Terroir exposé à l’est (comme en Bourgogne…). Mélanie a fait un stage chez Méo-Camuzet (Vosne-Romanée) et a décidé de vinifier cette cuvée à la mode bourguignonne. 2010 est à la vente aujourd’hui…en attendant que 2009 soit prêt.
Le riesling Tradition 2011 est très sec (c’est le sens du mot ‘Tradition’) et provient du Silberberg, un beau terroir argilo-calcaire. Analytiquement: 12,5% d’alcool, 4 grammes de sucre résiduel et 8 grammes d’acidité tartrique.
Le riesling grand cru Engelberg 2010 est un grand seigneur, à laisser reposer quelque temps. Ensuite, pendant au moins 15 ans, il va s’affiner et offrir progressivement minéralité et complexité. A traiter avec les égards dus à son rang, sans précipitation.
Au sein de la large gamme: beau muscat ‘Les 3 Demoiselles’, ainsi nommé en l’honneur des 3 filles d’André et de Marie-Anne (une sœur de Mélanie travaille et vit à Bruxelles) et originale ‘cuvée 8’, assemblage de riesling et de pinot gris, épicé d’une pointe de muscat et d’une pincée de gewürztraminer.
Gewürztraminer ? Allons-y pour le gewürztraminer Tradition 2010. Un ‘sec tendre’, floral, épicé et particulièrement gastronomique. Un peu sur la réserve, ce qui lui confère beaucoup d’élégance.
Enfin, un vrai demi-sec en la personne du pinot gris Sélection 2008 et de ses 26 grammes de sucre résiduel. Le millésime 2008, plus frais que 2009, me paraît très bien mettre en valeur cette cuvée, marquée par la poire mûre. Finale très nette.
Après un mini-rallye entre Wolxheim, Dahlenheim et Traenheim, j’arrive avec quelques minutes de retard au Domaine Mochel. Je suis reçu par Guillaume, 35 ans et chef de l’exploitation depuis une dizaine d’années. Frédéric, son papa, a pris sa retraite, mais il est toujours là pour donner un coup de main.
Le caveau est surprenant: une combinaison, très réussie, entre une partie traditionnelle et une partie au design hyper-contemporain et très épuré. Tout un symbole: une alliance entre passé et présent.
Nous goûtons deux Crémants, un ‘blanc de blancs’ puis un Crémant rosé de pinot noir: celui-là me plaît vraiment beaucoup, il est parfait pour un repas d’été, au jardin.
Le riesling 2010 est exactement ce que j’en attends: un vin sec, mûr, citronné, précis, à l’alcool modéré (12%). Un riesling consensuel, accessible et souriant. Jeunes vignes plantées sur l’Altenberg.
On change de division avec la cuvée Henriette 2011, grand cru Altenberg: toujours riesling, toujours sec, mais plus tranchant et plus complexe. Grand vin, avec beaucoup de potentiel.
Le gewürztraminer 2010, malgré quelques grammes de sucre résiduel et un alcool important (14%), ne fait ni dans l’exubérance aromatique, ni dans la superficialité: c’est un vin élégant et fin qui peut réconcilier les réfractaires avec ce cépage original.
Le muscat grand cru Altenberg 2011 est étonnant: épicé, salin et d’une grande longueur. Plus Altenberg que muscat. Le meilleur muscat d’Alsace ?
Il s’agit de muscat ottonel, variété délicate qui requiert un grand savoir-faire, et non du plus classique muscat d’Alsace.
Voici venir une bouteille masquée. Guillaume me teste. Je reconnais un riesling (est-ce si difficile à deviner ?) et je parie sur un Altenberg: juste ! Reste à découvrir le millésime. Le vin est tendu, légèrement évolué, pierreux. Dans un grand élan, je déclare que le vin a sans doute une dizaine d’années de vie, mais qu’il ne s’agit certainement pas d’un 2003, millésime de canicule qui a produit beaucoup de vins lourds et excessifs. Le sourire en coin de Guillaume m’en dit long: il s’agit bien entendu d’un …2003 !
Analytiquement, le vin est d’acidité plutôt basse et il y a quelques grammes de sucre résiduel. En bouche par contre, le millésime semble s’être dissous dans le terroir. Des fruits secs, de la précision. Comme quoi, la patience est récompensée. Et, bonne nouvelle, ce vin est disponible à la vente.
Pendant que Guillaume prépare mes cartons, il me fait encore goûter une Sélection de Grains Nobles 2007…
Avec le temps, j’ai accumulé pas mal de livres. Des guides, des ouvrages techniques, des ‘beaux livres’, des pamphlets, des bouquins consacrés à l’oenotourisme, à la gastronomie; en français, en néerlandais, en anglais.
Autant en faire profiter tous les amateurs: quelques dizaines de livres peuvent dès à présent être consultés sur place (que mes fauteuils servent enfin à quelque chose !) ou empruntés.
Voici la liste détaillée de ce qui est actuellement disponible: vino-biblio-thèque
Toute commande peut à présent être livrée chez vous, aux conditions suivantes:
livraison pour un montant en vins inférieur à € 250: les frais de livraison se montent à € 12,10 (TVA comprise).
livraison pour un montant en vins supérieur à € 250: les frais de livraison sont offerts.
La livraison est effectuée par la société Winegistics, spécialiste en transport et entreposage de vin. Le chauffeur vous envoie un SMS pour convenir du moment et du lieu de livraison.
Pourquoi deux appellations ? Convenons de nommer ‘Bg‘ l’appellation Bourgueil et ‘St‘ l’appellation St-Nicolas-de-Bourgueil.
Bg et St sont contiguës, St constituant une sorte d’enclave au sein de Bg. Les deux appellations partagent le même cépage (cabernet franc, encore nommé breton). Les appellations Bg et St ont toutes deux été créées en 1937 et leur cahier des charges mentionnent le même rendement maximum (55 hl/ha).
St est couverte de vignes (le tiers de la superficie de la commune homonyme), Bg s’étend sur sept communes, mais produit à peine plus de bouteilles que sa consœur: la vigne y est moins omniprésente.
Le rosé représente à peu près 5% du vin produit à Bg; idem à St.
Philippe, enfin, réfléchis un peu: c’est forcément le sol qui distingue les deux appellations et qui est donc responsable de la différence entre les vins.
Bon, lisons ce qu’en dit le syndicat des vignerons de St: « On rencontre donc deux types de sols à Saint Nicolas de Bourgueil : au plus haut de la pente, des sols argilo-siliceux plus ou moins calcaires et plus bas, des sols siliceux, profonds appelés graviers. »
Et voici la version du syndicat des vignerons de Bg: « Les sols sont constitués de tufs de nature argilo-calcaire ou de sable et de cailloux (appelés localement graves). »
Je ne suis pas géologue, mais je pense comprendre que les deux appellations partagent donc la même dualité entre sols de coteaux d’une part et terrasses d’alluvions d’autre part.
Vins de garde, charpentés et plutôt tanniques sur les coteaux; vins de plaisir immédiat, fruités et ‘gouleyants’, sur les terrasses d’alluvions de la Loire. Autrement dit, un Bg de coteaux ressemblera à un St de coteaux, mais ne ressemblera pas à un Bg d’alluvions !
Conclusion: ce qui différencie ces vins les uns des autres, c’est d’abord leur origine (coteaux ou terrasses), pas leur appellation. Après, tout est entre les mains, plus ou moins expertes, du vigneron.
Un très bon vin rouge à moins de € 7 pour une fête ? La cuvée Classique du Domaine Le Roc ne décevra personne ! Cépages négrette, syrah et cabernet sauvignon.
Le Guide des meilleurs vins de France 2013: « Le Classique est un grand séducteur au fruit croquant et mûr, délicieusement poivré ».
J’ai rendu visite au Domaine Mabileau en septembre, durant mon voyage tourangeau. Quelques mois ont passé, les nouveaux millésimes sont à présent disponibles.
Nous sommes donc à Saint-Nicolas de Bourgueil et même en plein coeur du village, à quelques mètres de la mairie, de l’église et du monument aux morts.
La dégustation commence par un Rosé de Loire. J’insiste sur les majuscules, puisqu’il s’agit d’une appellation à part entière.
Ne pas confondre avec le Rosé d’Anjou, qui se signale souvent par un goût douceâtre et un manque de ‘peps’. Le Rosé de Loire de Frédéric Mabileau provient de rendements inférieurs à 30 hectolitres/hectare, alors que l’appellation tolère 60 hl/ha. Les vignes de cabernet franc ont été plantées il y a plus de 15 ans. La parcelle est petite (1 hectare) et bénéficie d’une agriculture biologique. Terroir de graviers. Le vin est sec et désaltérant. Alcool: 12,5%. Un excellent compagnon pour les après-midi au jardin. Du moins si la météo y met un peu du sien…
Voici « Petits Grains« , un Saint-Nicolas élaboré à partir de raisins (en conversion bio) achetés à un collègue. Ce sont les équipes de Frédéric qui vendangent, à la main, cette petite parcelle. Pur fruit, pur plaisir, alcool: 12,5%. Un cabernet franc joyeux !
Le Saint-Nicolas Les Rouillères constituent la cuvée emblématique du Domaine: plus de 100.000 bouteilles produites, avec des vieilles vignes (âge moyen: 35 ans). Agriculture biologique. Nous goûterons 2011, mais c’est le millésime 2012 qui est aujourd’hui à la vente.
On passe aux choses très sérieuses avec la cuvée Les Coutures: élevage en demi-muids de plusieurs vins.
En français: après fermentation, le vin passe 11 mois dans de grands tonneaux de chêne, appelés demi-muids, d’une contenance de 600 litres. Ces demi-muids sont réutilisés pendant un certain nombre d’années. Ils sont dits ‘neufs’ lors de leur première utilisation, ils sont dits ‘d’un vin’ à leur deuxième utilisation, ‘de deux vins’ à la troisième, etc…
Les Coutures, c’est de la soie ! Vignes de 43 ans. Alcool: 13%.
Dernière cuvée de Saint-Nicolas: Eclipse. 5.400 bouteilles issues de très vieilles vignes (52 ans) sur coteaux argilo-calcaires, de rendements modérés (37 hl/ha), en agriculture biologique. Nous sommes aux antipodes du vin de fruit: vinification et élevage (un an) en demi-muids neufs. Cette cuvée n’est proposée à la vente que lorsque le millésime s’y prête. Nous nous situons dans l’univers des grands Bordeaux classiques, avec des possibilités de longue garde. La Revue du Vin de France a goûté plus de 500 vins rouges de Loire du millésime 2010 pour en sélectionner une centaine. Parmi cette centaine de vins sélectionnés, Eclipse 2010 se voit attribuer la 21ème place.
Voilà. Snif. C’est fini.
Fini ? Non, pas du tout. Chttt, voici les surprises. Après Saint-Nicolas, il y a l’Anjou. Un rouge, 100% cabernet sauvignon, d’autant plus sympathique qu’il n’a jamais vu le tonneau: pure cuve inox. Un jus de cabernet, élaboré avec des rendements de 25 hl/ha ! Vendanges manuelles et agriculture biologique. Si ce vin avait le droit de porter une appellation plus prestigieuse, il se vendrait à un tout autre prix.
Frédéric Mabileau a toujours eu envie de vinifier un vin blanc. Mais à St-Nicolas, c’est peine perdue. L’appellation ne le permet pas et les sols ne sont pas vraiment adaptés au chenin. Chenin , j’ai écrit chenin ? Il fallait donc mettre le cap à l’ouest, explorer le Saumurois, trouver une belle parcelle argilo-calcaire de vieilles vignes à Puy-Notre-Dame…et se lancer ! Résultat: la cuvée Chenin du Puy. Vendanges manuelles en deux tris, le 11 octobre et le 22 octobre 2008. D’où vous déduirez sans peine qu’il s’agit d’un millésime 2008, à point aujourd’hui, après avoir avoir digéré son élevage en demi-muids.
A peine revenu d’Alsace, me voilà sur les bords de la Moselle, l’autre pays du riesling.
Cette fois, le voyage n’est ni professionnel, ni en ‘solo’: nous sommes huit amateurs à consacrer quelques jours à l’exploration d’un vignoble exceptionnel, relativement méconnu en Belgique francophone (dans les pays latins en général) et pourtant situé à moins de 3 heures de route de Bruxelles.
Ce qui ne gâche rien, c’est Trèves, ville principale de la Moselle allemande, riche en monuments romains (Porta Nigra, basilique de Constantin, thermes, etc…) et habilement gastronomisée, via le restaurant double-étoilé Becker’s.
Malgré une saloperie de contracture musculaire dans le dos et une météo hivernale, je garde un souvenir ébloui de notre voyage. En particulier, formidables visites chez Abi Duhr, vigneron luxembourgeois, propriétaire du Château Pauqué à Grevenmacher et chez Tobias Busch, adjoint du maître de chai de Karthäuserhof, propriété historico-mythique de Moselle allemande, sise dans le village d’Eitelsbach.
Vendredi saint, férié dans cette région de l’Allemagne, et donc pas un chat lorsque nous arrivons à Karthäuserhof peu avant 10 heures du matin. Un grandiose mur de vignes de 20 hectares domine la propriété et la protège des vents du nord. Impressionnant ! A se demander comment il est possible de planter, de tailler et de vendanger sur une pente aussi vertigineuse, aussi caillouteuse (schistes). Nous sommes donc en face du Karthäuserhofberg, vignoble exposé plein sud, capable d’amener à maturité des raisins de très grande qualité, du moins lorsque la météo se montre raisonnablement clémente.
Tobias Busch arrive et, dans un anglais impeccable, nous montre immédiatement qu’il est un fin connaisseur de l’histoire tumultueuse du Domaine. Nous nous rendons en sa compagnie dans la salle de dégustation: construite en 1895, celle-ci est un condensé de boiseries, de faïences, de vitraux et de trophées cynégétiques.
Nous entamons le périple par un Pinot blanc, frais, précis et cristallin. Ce sera notre seule infidélité au roi-Riesling. Nous dégustons un à un les secs, les fruités et les moelleux. Pour finir par quelques gouttes de nectar, sous la forme d’un Beerenauslese 2010 (183 g/l de sucre résiduel).
Millésimes 2012 (à peine mis en bouteilles et pas encore tout-à-fait en place), 2011, quelques 2010 et des vins plus anciens: 2009, 2007 et 2004. Notre hôte met en valeur les différentes cuvées, combinant connaissances pointues, sens de l’humour et talent pédagogique. Chaque vin est, à son niveau, un modèle de précision et d’équilibre entre saveurs douces, saveurs fraîches et saveurs salines. Même les cuvées élaborées avec plus de 60 grammes/litre de sucre résiduel, font preuve d’un équilibre net, léger et aérien. Les alcools sont modestes, autour des 10%. Les acidités sont énormes et pourtant sapides. La quintessence…
Il y avait de la magie à Karthäuserhof ce vendredi 29 mars.
PS: je sais, les vins allemands traînent la réputation d’être difficiles à comprendre, difficiles à apprécier et difficiles à trouver. Je me propose de vous accompagner dans cet autre monde du vin: rendez-vous sur ce site durant les prochains mois.
Me voici donc de retour d’un périple alsacien particulièrement fructueux. Le coffre de ma voiture en sait quelque chose…
Bruno, Julien et Anne-Marie Schmitt, Marie-Anne Pfister, Etienne Loew, Bruno Schloegel, Guillaume Mochel et Jean-Pierre Rietsch…merci pour votre accueil plus que sympathique !
Merci en particulier pour ce partage de vins secs, fins et précis. Des vins qui expriment le lieu, le moment et l’homme qui les ont engendrés. Des vins qui conjuguent expressions enracinées et sensations aériennes.
Des vins certes aromatiques mais avant tout dotés d’une texture, d’une structure, d’un bel équilibre en bouche. Les cépages sont transcendés et offrent une palette de nuances qui se révèlent progressivement à l’amateur attentif.
Des vins destinés à la table et à la fête !
Je dis non à l’exubérance racoleuse. Je dis non aux vins lourdauds qui fatiguent nos estomacs et nos cervelles. Je dis non aux vins sans âme, interchangeables et insipides. Rejoignez ce juste combat !
Coste Rouge 2010, Château La Colombière, Fronton, négrette 100%.
€ 13,11 la bouteille.
Disponible pour commande jusqu’à ce mardi 19 mars inclus.
La Revue du Vin de France (juin 2011): « de style floral, ce Fronton délié, parfumé et digeste dévoile un rare soyeux de texture et une superbe délicatesse de saveurs. Réussite exceptionnelle ».
En salle, c’est Charlotte, la fille de Guillaume Salvan, chef étoilé à La Falaise (j’y reviendrai un de ces jours); en cuisine, c’est Julien Bourdariès.
La carte des vins est à pleurer de joie. L’assiette est haute en couleurs, vachement goûtue, terroiresque en diable, originale de l’entrée au dessert (ah le baba…).
C’est bien simple, nous y avons dîné un jeudi et nous sommes retourné le samedi ! Qu’est ce que vous attendez ?
…un détail, La Vigne en Foule, c’est en plein centre de Gaillac (Tarn). Juste un millier de petits kilomètres à partir de l’Atomium.
L’idée mériterait d’être réinterprétée partout dans le vignoble: cinq associés, trois vignerons, un distillateur et un chef. Bien sûr, tous les vins de Bernard Plageoles, de Michel Issaly et de Patrice Lescaret (Causse Marines) sont donc disponibles. Bien sûr les alcools exceptionnels de Laurent Cazottes sont donc disponibles (ah, le baba à la goutte de mauzac rose…). Mais pas que. Plein d’autres vins très bien choisis, du Sud-Ouest, de France, d’Italie, d’Espagne et d’ailleurs. Une vraie cave d’Ali-Baba à la goutte de mauzac rose…pouf-pouf.
Je scribouillais donc, avant d’être grossièrement interrompu par moi-même (*), au sujet d’un restaurant qui fait aussi caviste et où chaque assiette respire l’intérêt des associés pour les beaux accords. Service au diapason.
Le site Internet semble malheureusement HS.
La Vigne en Foule – 80 Place de la Libération – 81600 Gaillac – Tél +33 5 63 41 79 08.
(*) Pierre Desproges (1939-1988): étonnant, non ?
hop, un flacon de chez Michel Issaly !
magnifique andouillette, entre croquant et moelleux
une infidélité à Gaillac, avec ce superbe Cahors 2002
est-ce que cela ne donne pas envie ?
daube de boeuf, carottes et gnocchis: mmmh !
assiette ‘tout canard’
quelques alcools de chez Laurent Cazottes
donc, baba à la goutte de mauzac rose
même le café est excellent !
je vous propose de faire votre choix…
OK, le sourire est un peu forcé…et pourtant, quelle belle soirée !
Les anciennes Côtes du Frontonnais sont devenues, plus simplement, Fronton en 2005. L’appellation produit annuellement +/- 90.000 hectolitres, ce qui correspond à l’équivalent de +/- 12 millions de bouteilles. Le vignoble se situe entre Tarn et Garonne, entre Toulouse et Montauban. Fort ensoleillement (2.100 heures par an) et faible pluviométrie (640 millimètres par an). Mélange d’influences climatiques méditerranéennes, continentales et océaniques. Le vent d’Autan, sec et chaud, souffle fréquemment.
Chaque Fronton, qu’il soit rouge ou rosé, doit être élaboré avec un minimum de 50% de négrette. Les cuvées d’assemblage peuvent comporter de la syrah (maximum 40%), du cabernet (maximum 25%), du gamay (maximum 15%) et quelques autres cépages locaux.
Les rares vins blancs sont généralement commercialisés en Vin de France.
Waouw ! Un Languedoc structuré et frais. Une pointe d’austérité, une dominante ‘mourvèdre’, une très belle finale fruitée. Aucune sensation alcooleuse. De la noblesse. Excellent au point de regretter qu’il ne s’agisse que d’une ‘petite’ bouteille de 75cl.
Contre-étiquette réellement informative: ‘vignoble d’altitude dans le sud de la France, exposé au nord-ouest. La syrah (40%), le mourvèdre (30%) et le Grenache (30%) sont assemblés (…) terroir composé de poussières volcaniques et de calcaire’.
Je souligne aussi l’exceptionnelle qualité du bouchon en liège: autant ne pas gâcher une si belle matière première par une piètre touche finale.
Coteaux du Languedoc Montpeyroux, Domaine d’Aupilhac, Sylvain Fadat, Les Cocalières, 2008 (en conversion à l’agriculture biologique).
Vendredi 22 février. Soleil gelé. Départ de Sénouillac vers 09h00. Je traverse Gaillac et monte sur l’A68 en direction de Toulouse. Puis quelques villages assoupis, avant d’apercevoir le panneau « Château de la Colombière« . Me voici donc sur les terres de l’appellation Fronton.
Je me gare (mal) à l’entrée de l’allée pour prendre une première photo des lieux. A peine sorti de ma voiture, voilà qu’un véhicule se pointe, avec deux messieurs à bord. Tiens, d’autres visiteurs-oenophiles ?
Reprenons, je photographie…et voilà qu’arrive un gros 4X4. Cette fois-ci, je prends les devants et précède le 4X4 jusqu’à la propriété. En sort Diane Cauvin, vigneronne de son état et mon interlocutrice du jour.
Les deux messieurs l’attendent, mallette à la main. Ils ont un air bien sérieux…visite inopinée de la Répression des Fraudes. Bardaf, c’est l’embardée. On ne rigole pas. Diane m’invite à me promener dans les vignes, le temps qu’elle s’occupe de ces messieurs, forcément prioritaires.
Ils vont s’incruster, questionner et encore questionner. Jusqu’à ce qu’ils mettent le doigt sur une sombre histoire de ‘BiB’ de 5 litres dont le poids a été vérifié au moyen d’un simple pèse-personnes, alors qu’il est obligatoire d’utiliser une balance ‘ad hoc’, homologuée, certifiée, étalonnée, métrologiquement correcte. Ce petit gadget technique coûte quelques centaines d’euros. Bien sûr, le vigneron est un escroc idiot qui remplit ses BiB aux trois-quarts, en espérant qu’aucun consommateur ne s’en rende compte.
Entre-temps, on mange du cheval, jusque dans l’IKEA du coin. Passons. Après une heure et demie d’administration para-kafkaïenne, les deux croque-morts saluent et repartent torturer leur victime suivante.
Il est déjà midi et mon prochain rendez-vous est à 14 heures. Malgré son gros rhume, Diane m’emmène dans le chai. Ancienne cuverie en béton, cuves inox; un magnifique foudre autrichien acquis en 2010 et un dynamiseur en cuivre, outil indispensable au travail en biodynamie. Nous goûtons à la cuve du rosé Vin Gris 2012, obtenu par pressurage: vin frais, léger, pour l’apéritif.
foudre Stockinger
Philippe Cauvin nous rejoint et nous décidons de goûter les bouteilles en apéro.
Vinum, Réserve, Coste Rouge (très élégant, sans l’ombre de la rusticité si souvent attribuée aux vins du Sud-Ouest) et la nouvelle cuvée Bellouguet (à parts égales: vieille négrette et vieux cabernets; élevage de 18 mois dans le foudre autrichien mentionné ci-dessus). La négrette doit représenter au moins 50% de toute cuvée sollicitant l’appellation Fronton. ‘Folle noire‘ est un synonyme de négrette, cépage en effet réputé pour n’en faire qu’à sa tête, ce qui explique sans doute sa disparition progressive du paysage viticole. Sauf à Fronton où la négrette est tombée sur des vignerons aussi têtus qu’elle.
Je partage le déjeuner de mes hôtes, avant de filer au Domaine Le Roc.
Heureusement, 5 minutes suffisent pour quitter Villaudric et rejoindre l’avenue de Toulouse à Fronton. Néanmoins, il est presque 15 heures quand j’aperçois Cathy Ribes. Nous commençons par un échantillon de La Saignée 2012, dont la mise en bouteille est imminente. Un rosé fortement coloré, puissant, fait pour la table. Nous commençons la série des rouges par La Folle Noired’Ambat, une bombe fruitée 100% négrette, en provenance directe -surprise- du terroir d’Ambat. Le Classique nous donne l’occasion de goûter deux millésimes très différents: 2009 (solaire et puissant) et 2010 (élégant et précis): je préfère le second. Don Quichotte est et reste une cuvée formidable, à l’exceptionnel rapport plaisir/prix. Entre-temps Frédéric Ribes nous a rejoints.
Naïvement, je demande si le Domaine n’a jamais envisagé d’élaborer un vin blanc. Sourire mystérieux chez Frédéric et Cathy s’éclipse un instant…pour revenir avec une bouteille de la cuvée Le Roc Blanc. Eh oui, Frédéric a planté une large gamme de cépages blancs, ‘juste pour voir’. Au final le choix s’est porté sur un assemblage de chardonnay et de sémillon, avec une touche de muscadelle et une pincée de viognier). C’est très bon, mais c’est épuisé, l’un expliquant l’autre. Je ne résiste pas au plaisir de citer l’étiquette: ‘véritable vin de table de France pour la table’.
Et maintenant ? Retour à La Colombière, vu que je suis parti en courant sans emmener les bouteilles que je destine aux prochaines dégustations. Ici aussi, un vin blanc est apparu dans la gamme, le Prunelard Blanc, du nom d’un vieux cépage local: une curiosité, née récemment par surgreffage de vieux pieds de négrette. Millésime MMXI.
Et encore une bulle rosée (joliment nommée Colombulle)…que je goûte d’un nez un peu distrait, à force de ne vouloir n’être en retard nulle part. Je quitte une deuxième fois les ‘vignerons amoureux’, leur souhaite une bonne semaine de vacances au ski et m’en vais reprendre la route de Gaillac et de Sénouillac, le coffre et l’âme remplis d’excellents vins.
Voici une bonne carte géographique du vignoble alsacien, histoire de mieux situer les différents villages. En orange, l’emplacements des 51 grands crus: Vignoble d’Alsace.
Mon voyage de mars me permettra en particulier d’explorer en profondeur trois parmi ces grands crus: l’Altenberg de Bergbieten, l’Engelberg et l’Altenberg de Wolxheim.
Le samedi, je terminerai un peu plus au sud, du côté du Zotzenberg et du Wiebelsberg.