Alors, voilà. Samedi passé, j’ai bondi (c’est une image) dans ma voiture, direction la Savoie. Ensuite, cap sur les Côtes du Forez, entre Lyonnais et Auvergne. Puis, le Languedoc. Sur le chemin du retour, j’ai fait une halte en Touraine.
E-p-u-i-s-a-n-t !!
Tout cela pour vous ramener 4 nouveaux vins. Une Roussette de Savoie, un Côtes-du-Forez « gamay sur volcan », un Languedoc « bio » et un Sauvignon de Touraine.
Bruno Lupin, Roussette de Savoie cru Frangy, vin blanc sec, 100% altesse, 2011 (€ 9,89)
Donc, « Roussette de Savoie » c’est l’appellation; « Frangy » c’est à la fois le village de Bruno Lupin et une dénomination géographique qui vient compléter l’appellation; « altesse » c’est le cépage. Cépage très très local. Cela se comprend, vu qu’il est vachement sensible aux maladies. Bel équilibre entre fraîcheur et salinité. Ce n’est pas un boxeur poids lourd, plutôt un super-coq qui mise sur sa vivacité et sa légèreté.
Domaine de la Madone, G. Bonnefoy, Côtes du Forez, Mémoire de Madone, vin rouge, 100% gamay, 2012 (€ 12,08)
Un flacon du millésime 2005, ouvert il y a quelques mois, m’a avait laissé sur le Q. A l’époque, Gilles Bonnefoy travaillait déjà en « bio ». Depuis, il est passé à la biodynamie. A peine 11,5% et pourtant joliment concentré. Les vieilles vignes (> 60 ans) sont cultivées sur un sol d’origine volcanique. Levures indigènes et vendanges manuelles.
A noter la mention « vin biologique » qui peut remplacer, à partir du millésime 2012, la mention « vin produit à partir de raisins issus de l’agriculture biologique ». Deux avantages évidents: (a) la simplicité et la concision (b) la garantie que la vinification répond à des normes précises. Un inconvénient: la plupart des bons vignerons « bio » estiment que ces normes sont trop laxistes, permettant ainsi à un très grand nombre de vins de revendiquer la mention « vin biologique ». Bref, « vin biologique » n’est, en soi, pas une garantie de qualité.
Voir sur la contre-étiquette la juxtaposition temporaire des deux logos: le logo français AB et le logo européen en forme de feuille étoilée. Le premier est amené à disparaître. Pour approfondir le sujet, c’est ici.
Château de Lascaux, Languedoc, vin rouge, syrah-grenache-mourvèdre, 2011 (€ 8,95)
Je suis amateur des vins de ce Domaine depuis de très longues années. Moins médiatisé que beaucoup de ses confères languedociens, Jean-Benoît Cavalier suit sa propre route. Le vin provient du secteur du Pic-St-Loup, réputé pour son climat plus frais, avec d’assez fortes amplitudes thermiques, liées à l’altitude (150 mètres). Agriculture biologique depuis plusieurs années. 60% syrah, 35% grenache et 5% mourvèdre.
« Fabel Barbou » est le nom de la cuvée « vieilles vignes » (40 à 55 ans). C’est aussi le nom de l’arrière-grand-père du vigneron, Dominique Barbou. Cet aïeul a acheté les premières vignes en 1923. Aujourd’hui, près de 30 hectares de vignes, entre Blois, Chambord et Cheverny. C’est un sauvignon de Touraine qui offre des arômes miellés, une franche vivacité, une touche exotique et une structure digne d’un beau chenin. Supérieur à beaucoup de vins de Sancerre !
Ces 4 vins sont disponibles et vous sont proposés ici, au même prix que chez leur importateur, du moins si vous en achetez 6. A la bouteille, je suis 5% plus cher (de l’ordre de 50 centimes).
J’ai effectivement fait quelques kilomètres pour aller les chercher, mais, le Tour de Gaule en une journée, ça non…
Trois expressions du cépage gamay: simple/joyeux en rosé, pétillant/étonnant en ‘bulles’, dense/quasi-bourguignon en rouge.
Quatre expressions du cépage chardonnay: Beaujolais blanc (sol granitique) et 3 cuvées de Pouilly-Fuissé (sol plutôt calcaire), chacune développant sa propre personnalité.
Le hasard fait décidément bien les choses. Je croise une copine en quête de son sandwich méridional. On parle de tout et de rien. On évoque les progrès de bébé Anthocyane. Une oreille attentive nous entend. Je poursuis mon chemin et le propriétaire de l’oreille attentive me hèle. « Vous vendez du vin ? Moi aussi ! ». Le contact est direct, sympathique. Ma carte de visite trouve son chemin vers le portefeuille du propriétaire de la susmentionnée oreille. Je poursuis mon chemin, de bonne humeur.
Donc, Yves Gouttenègre vend du vin. Et comme il s’appelle « Rhône-Vins« , vous comprendrez qu’il s’est spécialisé dans une région qu’il connaît très bien, pour en être originaire. Il a des amis vignerons. Dans le coin de Cornas, par exemple. Il est installé à Feluy, entre Nivelles et La Louvière.
Bref, Yves et moi avons le plaisir de vous proposer quelques vins rhodaniens. Les six vins ci-dessous seront en dégustation lors de la Fête du Vin. Les voici, de 100% grenache jusqu’à 100% syrah, en passant par différents assemblages:
Domaine La Fourmente Côtes du Rhône-Villages Visan Grains Sauvages (100% grenache) 2010
Domaine des Espiers Gigondas Tradition (65% grenache, 35% syrah) 2011
Domaine de Fondrèche Ventoux Nadal (50% grenache, 40% syrah, 10% mourvèdre) 2011
Ces vins peuvent être commandés dès à présent. Le prix ‘à la bouteille’ est identique à celui pratiqué par Rhône-Vins. 5% de réduction logistique pour achat par multiples de 6 bouteilles.
PS: le sandwich de ma copine est méridional parce qu’il se mange à midi. Capice ?
Suite aux ventes du mois d’avril et à vos nombreux commentaires sympathiques, les vins du Domaine Le Roc sont à nouveau disponibles pour enlèvement à partir du 22 juin. Ils peuvent être commandés dès aujourd’hui via le bon de commande.
Le Classique 2010 – € 6,77: assemblage de négrette, de syrah et de cabernet; poivre et épices (dernières bouteilles)
La Folle Noire d’Ambat 2011 – € 7,63: une bombe fruitée, 100% négrette (épuisé)
Nouveau: La Saignée (rosé) 2012 – € 6,75: un rosé idéal pour accompagner les repas d’été.
Sous le titre général « Révélation », la Revue du Vin de France de juin 2013 consacre un papier à la lecture efficace des étiquettes des vins ‘non-français’.
L’intention est louable et le sujet intéressant. Vous avez choisi de mettre quatre pays en exergue, tout en limitant l’espace disponible à une page par pays. Vous vous obligez ainsi à faire preuve de concision et à sélectionner l’information la plus pertinente. C’est un exercice particulièrement difficile.
En tant qu’amateur de vins allemands et autrichiens, je voudrais vous faire part de quelques réflexions.
Allemagne
Le vignoble allemand semble être assimilé au seul riesling. Or, ce cépage ne représente que 20 à 25% du vignoble.
Soit, concentrons-nous donc sur l’étiquette des vins élaborés à partir du riesling.
L’article se focalise sur la classification des vins en fonction de la richesse en sucres du moût. Il est vrai que cette classification constitue un aspect historiquement essentiel, certainement depuis la promulgation de la loi de 1971. Mais…
les qualités ‘beerenauslese’, ‘trockenbeerenauslese’ et ‘eiswein’ ne représentent qu’une infime proportion des vins allemands : est-il judicieux d’y consacrer du texte lorsque l’espace disponible est si mesuré ?
je me demande si la comparaison entre TBA et vin de paille jurassien est correcte, le premier étant toujours séché sur pied…et le second ne l’étant jamais !
la définition de ‘Kabinett süß’ est une coquille : ce terme s’applique pour les vins présentant une richesse en sucres résiduels supérieure à 45 grammes/litre. Entre 18 grammes et 45 grammes, le terme utilisé est ‘lieblich’.
sur les étiquettes, il est usuel de n’indiquer que le mot ‘trocken’ (si ‘trocken’ n’est pas mentionné, c’est que le vin n’est pas sec) ; peut-être aurait-il fallu mentionner qu’un vin sec contient normalement moins de 4 grammes de sucre résiduel…alors qu’en Allemagne, beaucoup de vins ‘trocken’ s’approchent de la limite légale des 9 grammes.
à ma connaissance, la qualité ‘spätlese’ ne peut être accordée à un riesling que si le moût titre au moins 76 °Oe (Moselle), voire 85 °Oe (Rheingau), c’est-à-dire un minimum de +/- 180 grammes de sucre dans le moût (Moselle) et de +/- 205 grammes (Rheingau).
les BA et TBA sont décrits comme « riches », alors que leur degré d’alcool est en général compris entre 5,5% et 9%.
Affirmer, pour un vin titrant 7,5%, que « la fermentation n’est pas allée tout-à-fait au bout » est un euphémisme, puisque le degré potentiel est très souvent supérieur à 12%.
Il me semble que la « double classification » historique (richesse du moût en sucres et richesse du vin en sucres résiduels) n’est pas vraiment mise en lumière. En particulier, le titre de ce paragraphe (« Chaque vin est défini par sa richesse en sucre ») me semble constituer une simplification abusive.
Par ailleurs, le choix a été effectué d’illustrer l’article par une étiquette de Willi Schaefer. Très bon choix, mais sous-utilisation du potentiel de ce document.
En effet, cette étiquette ne porte aucune mention d’une appellation, en tous cas au sens franco-italien de la chose. Elle porte par contre le nom d’une région (Moselle), d’un village (Graach) et d’un lieu-dit (Himmelreich). Le lieu-dit est un indicateur de qualité au moins aussi important que la richesse en sucres.
Vient ensuite l’aigle stylisé, porteur d’une grappe, qui figure en bas et à droite de l’étiquette. La présence de ce logotype indique que le vigneron fait partie d’une association : VDP (Verband Deutscher Prädikatsweingüter e. V.). Quoique privée, cette association joue un rôle essentiel dans l’évolution de l’étiquetage des vins allemands de qualité. Elle regroupe un peu plus de 200 vignerons, de haut niveau.
Depuis les décisions prises en janvier 2012, VDP finalise un long processus, à savoir la mise en place d’un système bourguignon à quatre niveaux pour classer les terroirs.
Cette classification se retrouve sur les étiquettes, dès le millésime 2012. Gutswein (appellation régionale), Ortswein (appellation village), Erste Lage (terroir Premier Cru) et Große Lage (terroir Grand Cru). Le mot ‘Lage’ peut se traduire par lieu ou emplacement. Il ne dit rien sur le vin en tant que tel, il qualifie de façon précise l’origine géographique des raisins.
On pourrait mentionner le terme ‘Großes Gewächs’, qui désigne exclusivement des vins secs issus d’un grand terroir. Großes Gewächs est matérialisé sur l’étiquette par une double lettre majuscule (GG). Une sorte d’élite parmi les vins secs.
Autriche
L’étiquette méga-baroque des vins d’Emmerich Knoll (Wachau, Autriche)
C’est subjectif, mais je regrette que l’article s’ouvre sur les événements de 1985. La valeur informative de la chose en 2013 me paraît négligeable.
Je ne comprends pas bien pourquoi le Burgenland est qualifié de « région septentrionale », d’autant que le style des vins rouges de la région est plus influencé par l’Italie que par l’Allemagne. Géographiquement, on est aux frontières de la Hongrie et de la Slovénie.
La Wachau serait « au sud-est »…alors qu’elle se situe en réalité un peu au nord de la latitude de Vienne.
On produit quelques liquoreux en Basse-Autriche, mais la plupart de ces vins proviennent du Burgenland (Kracher, Opitz, Feiler-Artinger, Velich…).
« 30.000 hectares le long du Danube »…C’est une image, dans la mesure où une moitié de ces vignes n’entr’aperçoivent le Danube que de fort loin (Weinviertel).
Les meilleurs sauvignons autrichiens proviennent plutôt de Styrie, c’est-à-dire d’Autriche méridionale.
Quant au Zweigelt, pourquoi ne pas indiquer qu’il est un croisement entre Blaufränkisch et St.-Laurent ? Il porte d’ailleurs le nom de son créateur, Friedrich Zweigelt.
« L’exception Wachau » est en fait la création d’une association privée, la ‘Vinea Wachau Nobilis Districtus’. Les termes ‘Steinfeder’, ‘Federspiel’ et ‘Smaragd’ sont des marques commerciales. Les vignerons non-membres de l’association ne peuvent pas les utiliser.
Comme en Allemagne, l’étiquette autrichienne peut porter le nom d’un village et d’un lieu-dit, indicateur de qualité. A titre d’exemple, l’étiquette d’Emmerich Knoll choisie pour illustrer l’article mentionne ‘Ried Schütt’ et ‘Dürnsteiner riesling’. Le lieu-dit, le village et le cépage.
Le vignoble du Stein (Würzburg, Franconie, Allemagne, en bord de Main)
Voilà. Il y a évidemment beaucoup d’autres choses à écrire sur le sujet et encore beaucoup plus de choses que j’ignore.
Il me semble que votre article est à la fois courageux et le témoin d’une certaine méconnaissance du sujet par le monde latin. Sans surprise, les vins allemands sont exportés avant tout vers les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, la Scandinavie et l’Extrême-Orient. Leur présence en France, en Espagne et en Italie est anecdotique.
Si l’on peut comprendre une difficulté à aborder les équilibres mosellans avec peu d’alcool, beaucoup de sucre et énormément d’acidité, d’autres régions (Franconie, Bade…et Autriche) proposent des vins dont les équilibres sont plus proches de ceux des vins français, tout en ayant une personnalité marquée.
Merci pour votre courrier très argumenté, parfaitement clair, qui a retenu toute mon attention.
Nous sommes très sensibles aux précisions que vous apportez et en rendrons compte dans une très prochaine édition de La RVF.
Il est certain que la place réduite dont nous disposions nous a contraints à effectuer des choix parfois cornéliens (par exemple le focus sur le riesling dans les vins allemands, que vous soulignez à juste titre).
Ce manque de place a également favorisé des simplifications de présentation qui ont altéré la restitution de la complexité des étiquetages des vins dans les pays concernés.
Votre courrier nous donne toutefois l’envie d’approfondir la question. Nous serions d’ailleurs très heureux de vous solliciter, si vous en êtes d’accord et si vous aviez un peu de temps à nous consacrer, afin que nos lecteurs puissent profiter de votre expertise.
D’ici là, je vous adresse mes plus cordiales salutations et vous remercie pour votre fidélité.
Aujourd’hui, Le Soir encarte un supplément ‘Le Soir Plus’ spécial vins. En soi, une initiative qui pourrait séduire: 12 pages de lecture potentiellement intéressante.
Patatras, je tombe de ma chaise à la lecture de ce machin trois quarts figue, un quart raisin.
Le thème: les vins d’été. C’est le moment. Malgré nos 11° C et la drache qui n’arrête pas. Passons en Une sur la photo en pied de la star Eric et entrons dans le vif de notre sujet.
Page 2: pas de chance pour ceux qui attendent une information, ils reçoivent un ‘publi-reportage’ manifestement payé par un outil de promotion du rosé de Provence. Je note que le sommelier considère que : « l’ensemble [des vins dégustés] est homogène et d’un très bon niveau« . Ben tiens. Une dizaine de cuvées ont été dégustées. Lesquelles ? Ce n’est pas indiqué…
Page 3: voici l’éditorial. Au moins, il est signé par son auteur. C’est le seul article dans ce cas, tout le reste étant camouflé derrière un anonymat que je trouve déplaisant. Il est annoncé que les clichés ne seront pas évités: je confirme, un bon point pour la lucidité de l’éditorialiste. Quant à sa volonté de « penser autrement, juste un peu à côté des habitudes« , j’avoue ne pas avoir bien compris.
La page 6 est titrée: « Le rosé sera la tendance de cet été !« . Ne nous plaignons pas, nous avions été prévenus…les clichés ne seront pas évités…Je laisse aux experts-vinificateurs le soin d’analyser les explications techniques consacrées à la vinification des rosés; de mon point de vue, on mélange le vrai et le très approximatif.
Colruyt finance la page 7. Et la page 11. Merci.
Ah cette page 10, j’adore…On nous invite à découvrir les vins de montagne. Outre un bête vin suisse (le fendant du Lion noir dans un carré rouge), sont présentés 4 vins du …Jura ! Le Jura viticole, j’en reviens et j’ai bien regardé. A ma connaissance, son point culminant se situe à +/- 600 mètres, dans le village de Pupillin. Et toutes les vignes sont plantées (nettement) plus bas.
En fait, l’essentiel du vignoble jurassien est planté entre 250 et 400 mètres d’altitude. Comme en Bourgogne, comme en Alsace, comme en Beaujolais.
C’est la montagne, ça ? Non, Arbois, ce n’est décidément pas Chamonix…
Je reviens sur ces 4 vins jurassiens, au demeurant représentatifs du meilleur de la région: Stéphane Tissot, Laurent Mâcle, le Domaine Pignier, très bien !
Par contre, les prix pratiqués chez leur distributeur sis au 28 du Boulevard de la Woluwe: gloups ! Le Côtes du Jura 2007 de Mâcle s’est vendu € 12 à la propriété. Le proposer à € 21,75 à Bruxelles me pose question. Enfin, je ne suis certainement pas objectif.
Un seul vin est présenté sans la mention de son prix: le PMG (Pour Ma Gueule) de Stéphane Tissot. Pour l’avoir goûté il y a quelques années, je confirme que c’est exceptionnel. C’est vendu en Belgique à € 96. Pour 37,5 cl. Autant savoir.
Delhaize finance la page 12. Merci.
Conclusion: est-ce de l’information ou du Canada Dry ? Le Soir déconne-t-il ? Suis-je un irréductible puriste, pisse-vinaigre, râleur, idéaliste, type Don Quichotte du XXIe siècle ?
Je connais Dirk Rodriguez, Directeur de Rédaction du magazine VINO!, depuis l’époque où il animait le site Internet kurkdroog, essentiellement consacré aux meilleurs vins disponibles dans la grande distribution.
Dirk collabore également à De Morgen. Je me souviens aussi avoir été invité par lui à une dégustation de vins grecs du côté d’Alsemberg, par une froide soirée d’hiver.
Il m’a rendu visite le 27 février: son papier figure ci-dessous (deux liens vers fichiers .pdf, versions FR & NL).
Je vous invite en particulier à noter les points suivants:
le goût esthétique très sûr de votre serviteur qui combine le T-shirt orange avec l’étiquette rouge ‘bordeaux’ d’une bouteille du Domaine de Brin (en vente en ce moment – quel timing !)
le titre de l’article me qualifiant de ‘missionnaire’, ce qui ne manque pas de piquant pour ceux qui se souviendraient de certains aspects de mon passé ULBiste
la stupidité de mon point de vue commercial ligérien, ce qui m’invite à faire preuve d’une humilité de bon aloi. Cela dit, je vends en ce moment des vins de Loire (…quel timing !).
Bonne lecture et bonne chance au Jeu des Sept Erreurs. Il y a une belle bouteille à gagner pour celui ou celle qui postera ci-dessous le commentaire le plus drôle, le plus sympathique, le plus…enfin…le plus ‘quelque chose’.
Le jury se compose bien entendu de moi, moi et moi. Ce jury est parfaitement subjectif et ses décisions sont sans appel. Tentez votre chance ! Go !
Voici les liens vers les versions FR & NL de l’article:
Pupillin. Mon camp de base durant ce séjour dans le Jura. Le village surplombe son vignoble. Des maisons vigneronnes tout le long de la rue principale, opportunément nommée rue du Ploussard.
La mairie, l’église et le restaurant: c’est le Grapiot et j’y reviendrai.
Fruitiers en fleurs, météo radieuse (du moins le mercredi et le jeudi) et accueil très sympathique chez Dominique et Valérie, à la maison d’hôtes ‘La Part des Anges‘.
Des rencontres avec Valérie Closset, Julien Mareschal, Nicole Deriaux, Chantal Berthet-Bondet, Damien & Anne-Laure Petit et Benoît Badoz.
Six domaines qui expriment la grande diversité du vin jurassien.
Histoire (Badoz à Poligny, dixième génération depuis 1659) et création (La Borde existe depuis 2003).
Surprenante belgitude (les vignes de ce qui s’appelle aujourd’hui ‘Champ Divin’ ont été reprises par un couple namuro-libramontois) et racines profondément franc-comtoises.
Propriétés à la taille d’un homme et grands vignobles (la Maison Désiré Petit exploite 25 hectares de vignes).
Ce mercredi, 650 kilomètres pour rejoindre Lons-le-Saunier où une première dégustation m’attend dans l’après-midi. Ce sera plus précisément dans le village de Gevingey, chez Fabrice et Valérie Closset, vignerons…belges, installés depuis début 2008 sur l’ancien Domaine Richard Delay. Le Domaine s’est appelé ‘Champ d’Etoiles’ et s’appelle aujourd’hui ‘Champ Divin’. Disons que le nom choisi initialement était sans doute un peu trop proche de celui d’une appellation voisine, à savoir L’Etoile.
Domaine en biodynamie certifiée Demeter depuis 2011, après les indispensables années de conversion. Chardonnay, pinot noir et savagnin. Le domaine produit également du miel.
Donc, le Jura. On y produit vraiment du vin ? De 10 à 15 millions de bouteilles par an. Cela peut paraître beaucoup, mais ce n’est que l’équivalent de Chinon et beaucoup, beaucoup moins qu’à St-Emilion. Petite région par la quantité. Pour ce qui est de la qualité, de la diversité, du dynamisme et de la gastronomie…très grande région !
Cépages communs avec la Bourgogne toute proche (il n’y a finalement que 100 kilomètres entre Beaune et Arbois, la petite capitale du vin jurassien): chardonnay et pinot noir. Au-delà de ces deux classiques, on y trouve les régionaux: en rouge, trousseau et poulsard; en blanc: le savagnin. Cépage exceptionnel à plus d’un titre. Très proche de la vigne sauvage originelle, il est l’ancêtre génétique du chenin, du sauvignon et sans doute du petit manseng. Le verdejo espagnol, le verdelho de Madère et le grüner veltliner autrichien font aussi partie de sa nombreuse descendance.
Ah oui, il paraît que le Jura, c’est le Vin Jaune. Produit que l’on adore ou que l’on abhorre. Indifférence impossible. Aujourd’hui, on élabore en Jura surtout des vins de facture plus classique: le Vin Jaune brille, mais il n’est vraiment pas seul.
On quitte la ville de Gaillac par le nord-ouest. Il ne faut pas rater la petite route à droite, à côté de l’église de Ste-Cécile d’Avès. Quelques centaines de mètres en chemin creux. M’y voici.
Ce qui ne l’empêche pas de partager avec moi l’histoire de sa famille et les difficultés que l’on peut rencontrer lorsque l’on n’est pas soi-même issu du monde du vin, ce qui était le cas de son père. La propriété est familiale du côté maternel, depuis le XIXe siècle.
Le caveau est un lieu étonnant, de pierre et de bois, un peu poussiéreux, touffu, hétéroclite, pas trop éclairé, plein de vieux flacons, d’objets patinés et de souvenirs. Surtout ne rien changer ! L’âme du lieu n’y résisterait pas.
Chaque vin est une aventure en soi, marqué par le sceau de la forte personnalité du vigneron: qui décide de réduire fortement la taille de son domaine pour pouvoir consacrer tout le temps nécessaires aux vignes les plus précieuses ?
Michel Issaly
Nous goûtons…
Le Cavaillès-Bas 2011 (80% mauzac, 20% loin de l’œil) ne ressemble qu’à lui-même. Rendements ridiculement faibles, vendanges manuelles en surmaturité, vin très peu soufré. Vin blanc sec avec beaucoup de personnalité. Une complexité qui se révèle progressivement. Caractère bien trempé, concentration des extraits secs dans le vin…et concentration requise chez le dégustateur. Le vin est déroutant, protéiforme et imprévisible.
Parenthèse relative à la symbolique des étiquettes: un serpentin dessinant le terroir vivant, la vie éternelle et l’empreinte de l’homme sur son environnement. En tous cas, le résultat est graphiquement très réussi !
Pech de la Tillette 2011, est un assemblage de cépages rouges (dont merlot et syrah). Il s’agit du vin le plus ‘direct’ de la gamme. Une porte vers un monde à part.
La Combe d’Avès 2008 est un magnifique rouge, très élégant, assemblage à parts égales de braucol et de duras. La texture est soyeuse, la bouche épicée. Pas l’ombre de l’ombre d’une trace de rusticité.
Dans la tradition de Gaillac, il y a le vin de voile. Tradition mise à mal en ce siècle où tout doit aller vite. Un vin de voile (le plus connu est sans doute le Vin Jaune du Jura) a besoin d’un élevage très long pour développer ses arômes surprenants et tellement intenses. Protégé par un voile de levures, le vin s’oxyde très lentement. Le temps passe, le vinificateur attend. A la longue, il peut même ‘oublier’ son vin dans un coin sombre de la cave.
D’où ce Vin de l’Oubli 2000 (100% mauzac), élevé une dizaine d’années sous bois. C’est très riche, très long et très sec. Subtil aussi, épicé, comparable en cela au Château Chalon.
Remarque: les vins de Michel Issaly sont très peu soufrés et embouteillés avec du gaz carbonique pour les protéger de l’oxydation. Conséquence: léger perlant quand on débouche le flacon et aromatique réduite. Ce n’est pas un défaut ! Ces vins doivent impérativement être aérés avant dégustation: donc, carafe, carafe et encore carafe.
Pour la bonne bouche, citation d’une contre-étiquette: « Vous avez le droit de ne pas aimer ce vin. Car il est à l’opposé des vins technologiques qui sont vinifiés pour plaire à tout le monde. » Ces vins sont en effet polarisants: on aime (beaucoup) ou on n’aime pas (du tout). Mais une chose est certaine, l’indifférence n’est pas de mise !
Le fléchage pour arriver au Domaine est impeccable. Heureusement, parce que le GPS ne connaît ni le lieu, ni les routes qui y mènent. Il faut dire qu’on se sent loin de tout. Pourtant, quelques minutes plus tôt, je parcourais la place du village voisin, Villeneuve-sur-Vère: un lieu esthétiquement magique. Nous nous trouvons à quelques kilomètres d’Albi, dans le Tarn, en plein Sud-Ouest.
Une fois n’est pas coutume, j’arrive avec quelques minutes d’avance. Je suis accueilli par la tante de Damien Bonnet…et par le chat de la maison. J’en profite pour me balader dans les vignes.
Damien Bonnet est jeune, terriblement jeune du haut de mes 49 ans. Et il parle. Disons qu’il m’arrose d’idées, de passion et de réflexions pointues. Quelle énergie ! Comme me dira Michel Issaly lors de ma visite du lendemain: « avec Damien, les anciens ont intérêt à rester bien réveillés ! »
Il est vrai que son premier millésime (2008) a décroché une Médaille d’Or au concours de Gaillac. C’était pour se tester, pas vraiment pour le macaron. Premier essai et premier essai transformé. Depuis, Damien ne participe plus au concours: ce n’est pas plus son ‘truc’ que le mien…
Nous commençons par goûter à la cuve une nouveauté: un gamay pétillant rosé en méthode gaillacoise. Ça commence fort: une délicieuse friandise !
Dans un coin d’une autre cave, un petit fût. Y fermente un blanc, élaboré avec le cépage local ‘Loin de l’Oeil’ (si, si, c’est le nom d’un cépage). Raisins récoltés à 31° potentiels. Pour le dire autrement, si, en fin de fermentation, on se retrouve avec un vin titrant 10% d’alcool, il restera plus de 300 grammes de sucre résiduel par litre !
Au caveau, Damien m’explique qu’il travaille seul, avec l’aide d’un ouvrier 6 mois par an. Levures indigènes et vendanges manuelles. Très peu de soufre. A la vigne, cuivre, ‘poudrage’ …et c’est tout. Rendements très maîtrisés: de 20 à 35 hectolitres/hectare.
Le rosé ‘La Vie en Rosé’ 2012 vient d’être mis en bouteille: ça fera des ravages au jardin cet été ! Je préviens les puristes du rosé sec que celui-ci est tendre. Donc, un peu de sucre mais parfaitement équilibré par le fruit et la fraîcheur. Vendu sous ‘Vin de France’ parce que décidément trop rock ‘n’ roll pour l’appellation Gaillac…Cépages ? Gamay, duras et merlot.
Le Mauzac 2012 est un blanc sec à l’équilibre typique de son cépage: une pointe d’amertume soutient la bouche. Je sais…amertume…un mot dangereux quand on vend du vin. Et pourtant, ce sont les quatre saveurs fondamentales qui font le vin: douceur de l’alcool, acidité fraîche, minéralité saline et amers nobles…voilà le grand cocktail !
La cuvée ‘Pierres Blanches’ était malheureusement épuisée.
Le vignoble de Damien est plutôt axé sur les cépages rouges. Première cuvée, Vendemia 2010, assemblage de braucol (40%), de duras (30%) et de cabernet sauvignon (30%). Pas de passage en bois, 18 mois d’élevage en cuves et mise en bouteilles début février 2013. Poivre et épices. Commence ‘facile’, mais finit plus sérieux.
Ensuite…Anthocyanes 2011…D’accord, avec un tel nom de cuvée, je suis condamné à la subjectivité. C’est donc très bon mais je n’oblige personne à me croire ! 70% braucol et 30% syrah. Elevage en barriques de plusieurs vins. Tannins fins, salinité salivante. Brin de temps 2010, assemblage à parts égales de duras et de braucol, vignes de 30 ans, rendements de 20 hectolitres/hectare, élevage de 22 mois en barriques de plusieurs vins. Cuvée de garde: pour la goûtez dès aujourd’hui, un passage par la carafe est plus que recommandé !
Après, décollage pour la planète Mars. La cuvée liquoreuse ‘Loin de l’Oeil…encore plus doux’ 2011 porte ce nom étrange parce que Damien élabore une cuvée liquoreuse du même cépage, mais en plus ‘politiquement correct’. Attention, cet ‘encore plus doux‘ n’est disponible que sur prescription médicale et après rédaction d’un acte notarié me dégageant de toute responsabilité ! Trêve de plaisanterie, l’équilibre entre sucres ‘héneaurmes’ et acidité de très haut vol en fait une cuvée d’exception.
Reste un rosé liquoreux de cabernet sauvignon, intitulé, à très juste titre, Brin de Folie. J’ai failli vous le proposer, mais finalement j’ai préféré éviter l’internement psychiatrique…
Au cœur du joli village de Dahlenheim, je suis reçu par Marie-Anne Pfister, épouse d’André et maman de Mélanie. André est aux vignes, Mélanie…aux Etats-Unis.
André Pfister est incontestablement un pionnier et un précurseur: il a commencé à enherber ses vignes dès la fin des années ’70. A cette époque, il passait pour un farfelu. Il a introduit les cuves thermo-régulées dans le Bas-Rhin et a toujours géré les traitements à la vigne avec précision et rigueur. Une réflexion en profondeur a été menée sur les densités de plantations optimales.
Observer et travailler dans les vignes. Cela peut paraître évident, mais…
Mélanie est devenue chef d’exploitation en 2008, après un sacré parcours, de Bordeaux à Geisenheim, en passant par Dijon et la Nouvelle-Zélande. Le nouveau chai a été inauguré en 2011, de façon à offrir à Mélanie un outil de travail parfaitement adapté.
Les deux Crémants d’Alsace sont très agréables: j’opte finalement pour la version ‘blanc de blancs‘ (chardonnay et pinot blanc). Dégorgement après 24 à 36 mois sur lies. Cette longue période de maturation joue un rôle important dans la qualité de ce Crémant: bulle fin, nez délicat. Accouchement tout en douceur et en prenant le temps qu’il faut. Sucrosité totale de 4 grammes par litre, donc Extra-Brut.
Le premier pinot noir est fort sympathique. Puis le choc: le pinot noir ‘barriques’ 2010. Couleur éclatante. Nez prometteur et équilibre magnifique ! Je me souviens encore des frissons que j’ai ressenti en le goûtant. Récolte manuelle fin octobre, mise en bouteille en août 2012. Terroir exposé à l’est (comme en Bourgogne…). Mélanie a fait un stage chez Méo-Camuzet (Vosne-Romanée) et a décidé de vinifier cette cuvée à la mode bourguignonne. 2010 est à la vente aujourd’hui…en attendant que 2009 soit prêt.
Le riesling Tradition 2011 est très sec (c’est le sens du mot ‘Tradition’) et provient du Silberberg, un beau terroir argilo-calcaire. Analytiquement: 12,5% d’alcool, 4 grammes de sucre résiduel et 8 grammes d’acidité tartrique.
Le riesling grand cru Engelberg 2010 est un grand seigneur, à laisser reposer quelque temps. Ensuite, pendant au moins 15 ans, il va s’affiner et offrir progressivement minéralité et complexité. A traiter avec les égards dus à son rang, sans précipitation.
Au sein de la large gamme: beau muscat ‘Les 3 Demoiselles’, ainsi nommé en l’honneur des 3 filles d’André et de Marie-Anne (une sœur de Mélanie travaille et vit à Bruxelles) et originale ‘cuvée 8’, assemblage de riesling et de pinot gris, épicé d’une pointe de muscat et d’une pincée de gewürztraminer.
Gewürztraminer ? Allons-y pour le gewürztraminer Tradition 2010. Un ‘sec tendre’, floral, épicé et particulièrement gastronomique. Un peu sur la réserve, ce qui lui confère beaucoup d’élégance.
Enfin, un vrai demi-sec en la personne du pinot gris Sélection 2008 et de ses 26 grammes de sucre résiduel. Le millésime 2008, plus frais que 2009, me paraît très bien mettre en valeur cette cuvée, marquée par la poire mûre. Finale très nette.
Après un mini-rallye entre Wolxheim, Dahlenheim et Traenheim, j’arrive avec quelques minutes de retard au Domaine Mochel. Je suis reçu par Guillaume, 35 ans et chef de l’exploitation depuis une dizaine d’années. Frédéric, son papa, a pris sa retraite, mais il est toujours là pour donner un coup de main.
Le caveau est surprenant: une combinaison, très réussie, entre une partie traditionnelle et une partie au design hyper-contemporain et très épuré. Tout un symbole: une alliance entre passé et présent.
Nous goûtons deux Crémants, un ‘blanc de blancs’ puis un Crémant rosé de pinot noir: celui-là me plaît vraiment beaucoup, il est parfait pour un repas d’été, au jardin.
Le riesling 2010 est exactement ce que j’en attends: un vin sec, mûr, citronné, précis, à l’alcool modéré (12%). Un riesling consensuel, accessible et souriant. Jeunes vignes plantées sur l’Altenberg.
On change de division avec la cuvée Henriette 2011, grand cru Altenberg: toujours riesling, toujours sec, mais plus tranchant et plus complexe. Grand vin, avec beaucoup de potentiel.
Le gewürztraminer 2010, malgré quelques grammes de sucre résiduel et un alcool important (14%), ne fait ni dans l’exubérance aromatique, ni dans la superficialité: c’est un vin élégant et fin qui peut réconcilier les réfractaires avec ce cépage original.
Le muscat grand cru Altenberg 2011 est étonnant: épicé, salin et d’une grande longueur. Plus Altenberg que muscat. Le meilleur muscat d’Alsace ?
Il s’agit de muscat ottonel, variété délicate qui requiert un grand savoir-faire, et non du plus classique muscat d’Alsace.
Voici venir une bouteille masquée. Guillaume me teste. Je reconnais un riesling (est-ce si difficile à deviner ?) et je parie sur un Altenberg: juste ! Reste à découvrir le millésime. Le vin est tendu, légèrement évolué, pierreux. Dans un grand élan, je déclare que le vin a sans doute une dizaine d’années de vie, mais qu’il ne s’agit certainement pas d’un 2003, millésime de canicule qui a produit beaucoup de vins lourds et excessifs. Le sourire en coin de Guillaume m’en dit long: il s’agit bien entendu d’un …2003 !
Analytiquement, le vin est d’acidité plutôt basse et il y a quelques grammes de sucre résiduel. En bouche par contre, le millésime semble s’être dissous dans le terroir. Des fruits secs, de la précision. Comme quoi, la patience est récompensée. Et, bonne nouvelle, ce vin est disponible à la vente.
Pendant que Guillaume prépare mes cartons, il me fait encore goûter une Sélection de Grains Nobles 2007…
Avec le temps, j’ai accumulé pas mal de livres. Des guides, des ouvrages techniques, des ‘beaux livres’, des pamphlets, des bouquins consacrés à l’oenotourisme, à la gastronomie; en français, en néerlandais, en anglais.
Autant en faire profiter tous les amateurs: quelques dizaines de livres peuvent dès à présent être consultés sur place (que mes fauteuils servent enfin à quelque chose !) ou empruntés.
Voici la liste détaillée de ce qui est actuellement disponible: vino-biblio-thèque
Toute commande peut à présent être livrée chez vous, aux conditions suivantes:
livraison pour un montant en vins inférieur à € 250: les frais de livraison se montent à € 12,10 (TVA comprise).
livraison pour un montant en vins supérieur à € 250: les frais de livraison sont offerts.
La livraison est effectuée par la société Winegistics, spécialiste en transport et entreposage de vin. Le chauffeur vous envoie un SMS pour convenir du moment et du lieu de livraison.
Pourquoi deux appellations ? Convenons de nommer ‘Bg‘ l’appellation Bourgueil et ‘St‘ l’appellation St-Nicolas-de-Bourgueil.
Bg et St sont contiguës, St constituant une sorte d’enclave au sein de Bg. Les deux appellations partagent le même cépage (cabernet franc, encore nommé breton). Les appellations Bg et St ont toutes deux été créées en 1937 et leur cahier des charges mentionnent le même rendement maximum (55 hl/ha).
St est couverte de vignes (le tiers de la superficie de la commune homonyme), Bg s’étend sur sept communes, mais produit à peine plus de bouteilles que sa consœur: la vigne y est moins omniprésente.
Le rosé représente à peu près 5% du vin produit à Bg; idem à St.
Philippe, enfin, réfléchis un peu: c’est forcément le sol qui distingue les deux appellations et qui est donc responsable de la différence entre les vins.
Bon, lisons ce qu’en dit le syndicat des vignerons de St: « On rencontre donc deux types de sols à Saint Nicolas de Bourgueil : au plus haut de la pente, des sols argilo-siliceux plus ou moins calcaires et plus bas, des sols siliceux, profonds appelés graviers. »
Et voici la version du syndicat des vignerons de Bg: « Les sols sont constitués de tufs de nature argilo-calcaire ou de sable et de cailloux (appelés localement graves). »
Je ne suis pas géologue, mais je pense comprendre que les deux appellations partagent donc la même dualité entre sols de coteaux d’une part et terrasses d’alluvions d’autre part.
Vins de garde, charpentés et plutôt tanniques sur les coteaux; vins de plaisir immédiat, fruités et ‘gouleyants’, sur les terrasses d’alluvions de la Loire. Autrement dit, un Bg de coteaux ressemblera à un St de coteaux, mais ne ressemblera pas à un Bg d’alluvions !
Conclusion: ce qui différencie ces vins les uns des autres, c’est d’abord leur origine (coteaux ou terrasses), pas leur appellation. Après, tout est entre les mains, plus ou moins expertes, du vigneron.