Nouveau: les jeudis du vin

logo jeudis du vinUn programme de dix soirées que d’aucuns qualifieraient sans doute de « cours d’œnologie ». Disons que j’anime à ma façon un moment de convivialité autour de quelques flacons choisis.

Avec l’ambition non dissimulée de partager ce que j’ai appris, sans jargon ni baratin pédant.

Concrètement:

  • dix soirées, de 19h30 à 22h30 et de septembre à juin
  • chaque soirée autour d’un thème et de 8 bouteilles
  • toujours le jeudi, à partir du 19 septembre; ensuite le 17 octobre; dates suivantes à convenir
  • pas de connaissances préalables requises
  • repas simple en fin de dégustation
  • documentation écrite fournie
  • un participant empêché peut se faire remplacer par un autre amateur
  • à l’adresse habituelle: rue des Chats 171 à 1082 Berchem-Ste-Agathe, à 1 minute du Ring Ouest (sortie 12)
  • prix (TVA comprise) par personne pour les 10 séances: € 300

Quelques thèmes qui pourraient être abordés :

  •  nature, bio, sans soufre, biodynamique, équitable…une mode ou une lame de fond ?
  • le prix d’un vin est-il proportionnel au plaisir qu’il donne ?
  • les vins septentrionaux et les vins méridionaux : sont-ils différents ?
  • les vins vendus en supermarché : déception garantie ou rapport qualité/prix imbattable ?
  • les vins belges : simple anecdote ou futur radieux ?
  • les bulles : Champagne ou non ?
  • évaluer un vin : COMPLEXITE, ORIGINALITE, MESSAGE, EQUILIBRE, PERSISTANCE, INTENSITE
  • la Loire : une réserve inépuisable de vins fascinants
  • raisin et chêne : mariage d’amour ou malentendu ?

Inscriptions dès à présent via le formulaire ci-dessous:

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les jeudis du vin, saison 2013-2014(obligatoire)

Accises

Il se confirme que l’augmentation des accises sur le vin entre en vigueur à partir du mois d’août 2013. L’augmentation sera cette fois-ci de 8%, après celle de 12% du mois de janvier 2013.

Est-ce une bonne nouvelle ? Non. Est-ce une mauvaise nouvelle ? Au niveau micro-économique, pas vraiment.

Je profite de l’opportunité qui m’est offerte par Elio et sa bande pour clarifier l’importance des accises dans le prix total d’une bouteille de vin.

Les accises vont passer de € 52,75 par hectolitre à € 56,97 par hectolitre. L’impact est donc de 3 centimes (hors TVA) par bouteille de 75cl, quel que soit le prix de vente de cette bouteille.

Si le commerçant vous refacture cette augmentation (ce qui -désolé- me semble vachement normal), une bouteille vendue € 9,00 (TVA comprise) en juillet vous coûtera en août …€ 9,04 (TVA comprise).

Voilà, il y a des problèmes plus sérieux que celui-ci, non ?

Attention malgré tout aux « bulles » qui sont grevées d’accises beaucoup plus lourdes: l’impact est de 13 centimes par bouteille (TVA comprise).

Fête du Vin !

Vendredi 12 juillet, de 14 à 22 heures et samedi 13 juillet, de 10 à 18 heures

Le moment idéal pour me rendre une (première) visite. Un ami intéressé ? Emmenez-le !

šDégustation de vins du Jura (Domaine de La BordeDomaine Badoz), du Rhône, de Bourgogne, de Loire…en fonction de l’inspiration du moment. Un vin belge et un vin portugais seront également en dégustation.

Plus de 50 vins différents à la vente, disponibles sur place : mes sympathiques bouteilles sont impatientes de bondir dans le coffre de votre voiture ! Ne les abandonnez pas chez moi !

Je vous accueille au 171, rue des Chats à 1082 Bruxelles (Ring sortie 12).

Les informations pratiques :

  • il y a deux emplacements de parking devant le garage du n° 173, c’est-à-dire devant chez mes voisins Bruno & Myriam: endroit idéal pour charger les bouteilles et/ou les cartons. Appelons ça un « parking express »: svp, ne s’y garer que pour charger !
  • les bouteilles et les cartons sont en général munis d’une pastille blanche indiquant la référence du vin; cette référence se retrouve sur le tarif que je vous remets à votre arrivée
  • svp, pas de paiements en cash: comme d’habitude, je vous transmets une facture et un numéro de compte bancaire
  • les stocks de certains vins sont très limités; tout mon stock est sur place: quand il n’y en a plus, il n’y en a plus !
  • la météo est du genre chaud et sec: donc, dégustation devant la maison, sous la tonnelle
  • le garage a été transformé en petit magasin: n’hésitez pas à vous y promener !
  • les commandes déjà facturées/payées peuvent évidemment être enlevées vendredi et samedi; elles se trouvent dans le hall d’entrée de la maison.

Le programme de dégustation (sous réserve):

Frédéric Mabileau Saumur Chenin du Puy blanc sec 2008
Château de Lavernette Pouilly-Fuissé JJ de Boissieu (100% chardonnay) blanc sec 2011
Badoz Côtes du Jura Arrogance (100% chardonnay) blanc sec 2011
Badoz Côtes du Jura Les Roussots (100% chardonnay) blanc sec 2011
Badoz Côtes du Jura Dédicace à Pierre (100% pinot noir) rouge 2009
Badoz Côtes du Jura Trousseau rouge 2011
La Borde Arbois-Pupillin Foudre à Canon (100% savagnin) blanc sec 2011
La Borde Arbois-Pupillin Tradition (savagnin & chardonnay) blanc typé 2009
La Borde Arbois-Pupillin Ploussard de Feule rouge 2012
Domaine La Fourmente CdR-Villages Visan Grains Sauvages (100% grenache) rouge 2010
Domaine des Espiers Gigondas Tradition (65% grenache, 35% syrah) rouge 2011
Château La Rolière Côtes du Rhône Brézème Maurice Marchal (100% syrah) rouge 2010
Domaine Amandine CdR-Villages Séguret (60% syrah, 40% grenache) rouge 2010
Casal Figueira Lisboa Antonio « vinhas velhas » (100% vital) blanc sec 2011
Pietershof Vlaamse Landwijn Cuvée du Bonheur (chardonnay & riesling) blanc sec 2011

ça y est: des vins non-français !

Après 125 vins en provenance des 6 coins de l’hexagone, je me décide à vous proposer du lointain et du local.

D’abord le Portugal: nous voici à quelques dizaines de kilomètres au nord de Lisbonne, en altitude, dans la Serra de Montejunto, à portée de canon de l’océan.

Les cinq petites parcelles de vieilles vignes sont exposées au nord. Altitude et exposition contrebalancent les chaleurs torrides de l’été. Le cépage est localissime (vital). La géologie est calcaire.

Casal Figueira était le projet du couple Antonio Carvalho et Marta Soares.

Marta Soares

Je dis « était », parce qu’Antonio est décédé prématurément à l’été 2009. Il était un pionnier de la biodynamie au Portugal. Son épouse a repris le flambeau et a créé, en l’honneur de son mari, la cuvée Antonio, dont voici le millésime 2011.

Le vin est incontestablement plus atlantique que méditerranéen. C’est une évidence géographique et un constat organoleptique (pardon, je ne le ferais plus). 12% d’alcool (eh oui, c’est possible, même à la latitude de Lisbonne), beaucoup de fraîcheur, une très légère note boisée, une note citronnée. Ce n’est pas très puissant, mais la complexité aromatique et la finesse…oui !

Après le grand sud, cap sur le grand nord, du moins en termes viticoles. Je vous emmène dans les Fourons. Si, si, Happartland. En Belgique, donc. A 90 minutes de la rue des Chats.

Le vignoble du Crindael mérite un détour: pente magnifiquement exposée plein sud, le long de la route pittoresque qui relie les hameaux de Fourons-Saint-Martin et de Teuven. La Wallonie est à moins de 5 kilomètres, les Pays-Bas itou. Le vigneron, Pieter Akkermans, est d’ailleurs de nationalité néerlandaise.

Pieter Akkermans

Géologie calcaire. Si l’expression « calcaire coquillier » vous dit quelque chose, vous êtes au bon endroit. Le sol est truffé de coquilles fossiles, en particulier du genre bélemnite. Cette petite bébête antique figure d’ailleurs sur l’étiquette des vins de la propriété.

La propriété, c’est Pietershof. Je vous propose la Cuvée du Bonheur 2011, nommée ainsi en l’honneur du 40ème anniversaire de mariage du couple Akkermans-Janssen. Il s’agit d’un assemblage de chardonnay et de riesling que j’avais découvert avec le millésime 2006, à l’époque commercialisé sous le nom « Cuvée Rebelle ». La bouteille (vide !) se trouve toujours sur le bar, posée entre un Castello di Broglio 1997 et un Mâcon-Pierreclos de Jean-Marie Guffens.

C’est citronné, bien mûr, avec une certaine minéralité. Cela titre 12,5%. Elevage en cuve.

Un vin belge, le jour de l’abdication…quel à-propos, je m’étonne moi-même…

Le Portugais et le Belge proviennent du même millésime. Deux blancs secs qui se ressemblent par leur degré d’alcool modéré, par leur terroir calcaire, par leur originalité …et par leur prix: € 11,50. Pourquoi ne pas les comparer ?

Il sont disponibles dès maintenant et seront en dégustation pendant la Fête du Vin.

Tarif & bon de commande

Bois Vaudons …bis !

Je tiens à votre disposition quelques flacons des Vignobles des Bois Vaudons.

Bois Jacou 2011 (100% gamay) à € 8,50

L’Arpent des Vaudons 2011 (100% sauvignon) à € 8,50 et…

Cent Visages  2010 (100% côt, malbec, auxerrois …ou tout autre synonyme qui aurait votre préférence) à € 10,85.

Guide Bettane & Desseauve 2013: « Cent Visages 2010 est un splendide échantillon de malbec, l’un des plus originaux qui soient. Si la mise conserve ses qualités, on verra un grand vin. L’expression fleurie est éblouissante« .

Tarif & bon de commande

Relire le compte-rendu de ma visite ? Ici.

Fondrèche, La Rolière, Coulet et autres perles rhodaniennes

J’avais demandé dans mon enquête du mois d’avril quelle région avait la faveur de mes lecteurs/clients. « Le sud de la France » avait battu, à plates coutures, l’Espagne, l’Allemagne, Bordeaux et même l’Italie.

Les circonstances me permettent de répondre plus rapidement que prévu à cette demande. Avec la collaboration indispensable de Rhône-Vins.

Quelques précisions, du nord au sud:

Domaine du Coulet (Matthieu Barret) à Cornas

La cuvée No Wine’s Land provient d’une petite zone (le plateau des Arlettes) coincée entre les appellations St-Joseph et Cornas.

100% syrah, d’une vigne de 40 ans. Elevage de 13 mois, en cuve (pas de bois).

Très peu de soufre, agriculture bio depuis 2001, biodynamie depuis 2002.

Vin prêt à être tire-bouchonné, sur son fruit.

Matthieu Barret élabore par ailleurs plusieurs Cornas et un vin blanc original, d’un profil plutôt septentrional, tendu et frais.

Château La Rolière (famille Marchal & Pierre Pin) à Livron-sur-Drôme

Les vins de La Rolière font partie des meilleurs représentants d’une appellation un peu mystérieuse, le Côtes-du-Rhône Brézème.

Brézème est une petite enclave, traversée par la Drôme, à mi-chemin de Valence et de Montélimar.

Nous ne sommes ici ni tout-à-fait dans le Rhône-nord, ni dans le Rhône-sud. Bonne question pour un examen de sommellerie !

La cuvée Maurice Marchal est 100% syrah, d’une vigne de 30 ans, vendangée à la main. Une partie du volume est élevée sous bois, avant ré-assemblage.

Vin prêt à boire, sur les épices.

Domaine La Fourmente (Rémi Pouizin) à Visan

Changement de paysage: voici le Rhône-sud. Grains Sauvages est une cuvée 100% grenache.

On est en bio et en nature (sans sulfites ajoutés).

Très vieilles vignes, certaines ayant atteint l’âge vénérable de 70 ans. Rendements très bas, de l’ordre de 25 hectolitres/hectare.

Elevage en cuve béton (pas de bois).

Vin minéral, très fin, avec des parfums de thym.

Domaine Amandine (famille Verdeau) à Séguret

Nous quittons Visan, pour rejoindre Séguret, via Vaison-La-Romaine. Ou via Rasteau…

Le Côtes-du-Rhône-Villages Séguret est un assemblage de 60% de syrah et de 40% de grenache.

Du plaisir en bouteille, ici et maintenant. Rien ne sert d’intellectualiser, il faut profiter !

Le Domaine des Espiers  (Philippe Cartoux) à  Vacqueyras

Le Domaine est situé au cœur du Vaucluse, entre les rives de l’Ouvèze et les Dentelles de Montmirail.

Agriculture biologique. Près de 10 hectares de vignes, dont 3 hectares de Gigondas.

Le Gigondas est élaboré avec 65% grenache et 35% syrah (en général, les Gigondas sont élaborés avec 80%, voire 85% de grenache). Vendanges manuelles. Elevage en barriques.

Vin de garde. Puissant et pourtant encore sur la réserve.

Lui donner un peu de temps pour se fondre.

Le Domaine de Fondrèche (Sébastien Vincenti) à Mazan

Nous finissons cette promenade dans le Rhône en appellation Ventoux, à l’est de Carpentras. Le Domaine de Fondrèche est un grand vignoble de 38 hectares, en agriculture biologique. L’objectif est de produire des vins « identi-terres« .

La cuvée Nadal est un assemblage de 50% grenache (élevage en cuve béton ovoïde), de 40% syrah (élevage en demi-muids & barriques) et d’une bonne pincée de mourvèdre.

Coup droit remarquable de puissance…(c’est pour rire !).

 

Tous ces vins peuvent être commandés dès à présent: tarif & bon de commande.

Ils sont disponibles dès maintenant et sont en dégustation pendant la Fête du Vin.

Domaine Badoz: l’esprit de Puligny à Poligny !

Benoît Badoz

C’est exact. J’ai volé le titre de cet article à la Revue du Vin de France. Faute avouée…

Poligny, le samedi matin: un bon moment pour faire quelques emplettes. En l’occurrence chez Epicurea, endroit qui combine irrésistiblement fromages et vins.

Quelques centaines de mètres plus loin, je gare la voiture au Domaine Badoz.

Jeune papa (pour la deuxième fois), Benoît Badoz m’accueille dans l’un des deux bâtiments principaux du Domaine. Des caves en ville complètent le « parc immobilier ». Poligny est d’ailleurs truffée de caves.

Benoît, c’est la dixième génération. On retrouve ses aïeuls dans le vin jurassien jusqu’en 1659. Son papa, Bernard, a créé la Percée du Vin Jaune, célèbre manifestation annuelle qui fête l’arrivée du nouveau millésime. Chaque année, une autre ville ou un autre village viticole l’organise à son tour, début février.

Après avoir mis la dégustation en route avec Grains de Poulsard 2011, d’une jolie couleur orangée, nous goûtons le Côtes du Jura Trousseau 2011, un jus peu coloré, très agréable. C’est consistant sans être puissant. Il finit très net. Elevage en cuve inox. Le vin est élaboré à partir du cépage trousseau « à la dame », une variété particulièrement qualitative.

Le Vermeil est un assemblage de 70% de trousseau et de 30% de pinot noir. Et voici Côtes du Jura Dédicace à Pierre 2009, un pur pinot noir, élevé en fûts de chêne neuf et titrant 13,9% d’alcool. Tout qui me connaît un peu doit se dire « aïe, ça ce n’est pas vraiment un vin pour Philippe« . J’avoue avoir respiré en entendant Benoît me dire que la proportion de chêne neuf avait été réduite à 50%. A la dégustation, c’est assurément d’inspiration bourguignonne. J’ai été séduit par la texture, la pulposité (si je peux risquer ce néologisme). Je pense que je ne serai pas le seul…

Le passage du rouge au blanc se fait via le rosé d’été Gustave Courbet. Sympathique et tendance, avec ses arômes de pamplemousse.

Le Côtes du Jura Les Roussots 2011 (élevage en cuve inox) est un délicieux chardonnay issu de vieilles vignes, minéral et plein de saveurs d’agrumes.

Quant à l’esprit de Puligny, il souffle avec force dans le Côtes du Jura Arrogance 2011. Le fût ne passe pas inaperçu, mais la matière est telle que ce boisé s’harmonise très bien avec la structure du breuvage. A l’aveugle, ce sera amusant d’entendre les convives se demander si c’est un Meursault ou un Chassagne…Ce qui ne gâche rien, c’est le flacon, très sobre et très élégant. Rassurez-vous, la cuvée porte un nom destiné à choquer, mais le vigneron est très sympa et tout sauf arrogant !

Ce n’est pas fini. Côtes du Jura Vin Jaune 2006. Le Domaine est un spécialiste du vin jaune. 450 fûts de Vin Jaune reposent dans ses caves sèches. Pur savagnin non-ouillé bien sûr. 6 ans d’élevage, dont au moins 5 ans sous voile. Flacon spécial, le clavelin, d’une contenance de 62cl. Longueur interminable et garde éternelle. Aromatique marquée par la noix. C’est un voyage en bouteille…Si vous le souhaitez, je vous servirai de guide.

Tarif et bon de commande.

Les vins sont disponibles à partir du 12 juillet. Ils sont en dégustation pendant la Fête du Vin.

Visite au Domaine de La Borde

Julien Mareschal

Jeudi 25 avril. Je me promène de grand matin dans le village de Pupillin, perché au-dessus de son vignoble. La chambre d’hôtes qui m’accueille durant ce voyage se situe à …200 mètres de mon rendez-vous: c’est la première fois que je rends à une dégustation à pied !

Pas un chat dans la rue principale. Enfin, si justement, des chats et quelques oiseaux. Soleil radieux. D’un côté du village, c’est le Grapiot, restaurant où j’ai réservé pour le lendemain soir; de l’autre côté, après avoir dépassé la maison Désiré Petit, le belvédère, le sarcophage et la noiseraie.

Sarcophage ? « Pour marquer l’arrivée du nouveau millénaire les vignerons de Pupillin ont souhaité oublier 100 bouteilles du millésime 2000 du fameux cépage ploussard. Celles-ci reposent dans un sarcophage à 3 mètres sous vos pieds, dans leur terroir d’origine. »

Pour ce qui concerne la date à laquelle ces précieux flacons seront récupérés, il règne une certaine confusion…

Me voici Chemin des Vignes: c’est ici que Julien Mareschal s’est installé en 2003. Après ses études en oenologie à Dijon. C’est ici qu’il a construit sa maison et le bâtiment qu’occupe aujourd’hui le Domaine de La Borde. La propriété porte ce nom en souvenir de la ferme familiale céréalière, établie dans la plaine du Jura. Pas trop de vignerons parmi les aïeuls…

Acquérir des vignes n’est pas forcément facile. Disons que le vigneron qui a vendu 3,3 hectares à Julien début 2003 n’était pas trop bien intégré dans le village. Une opportunité en somme. Depuis, Julien a agrandi le domaine: 1,5 hectares en 2004 et encore 0,2 hectare récemment. Ô surprise mathématique, la propriété s’étend aujourd’hui sur 5 hectares et produit bon an mal an entre 15.000 et 25.000 bouteilles. 50% du vignoble est planté en savagnin, les autres 50% se répartissant entre chardonnay et cépages rouges.

Domaine de La Borde

Julien est en pleine conversion bio et utilise les préparâts biodynamiques, sans certification.

Nous goûtons.

Impasse sur le Crémant: ce n’est pas trop le truc de Julien. Le chardonnay Sous la Roche 2010 révèle un profil plutôt « Mâconnais ». En général, j’essaye d’évite ce type de comparaison qui sous-entend implicitement que le vin le moins connu doit ressembler à un frère plus médiatique pour exister. Exception pour cette fois car l’Arbois-Pupillin chardonnay Caillot 2010  fait quant à lui plutôt penser à un Chablis de bonne naissance: attaque tendue et fine acidité. Bingo ! Voilà un vin qui me plaît beaucoup.

Changement de cépage: voici le savagnin qui incarne la spécificité du vignoble jurassien. L’Arbois-Pupillin ‘naturé’ Foudre à Canon 2011 se goûte bien: il est peu élevé et offre de façon transparente l’aromatique légèrement exotique du cépage. En fait, « naturé » est un autre nom donné au cépage savagnin. On utilise ce terme lorsque le vin de savagnin est ouillé.

le vignoble, fin avril

Ouillé ? Jusque ici, c’était simple. J’invite à présent le lecteur à s’installer confortablement et à ingurgiter la parenthèse didactique du jour. Les experts de tout poil peuvent passer ce paragraphe.

Prêt ?

Durant son élevage en fûts, le vin s’évapore lentement. Une poche d’air se forme progressivement à la surface. Le vin évaporé doit être régulièrement remplacé par du vin identique de façon à chasser cette poche d’air et à éviter ainsi tout contact avec l’oxygène. Car qui dit oxygène dit possible oxydation et piqûre acétique.

Ce remplissage périodique s’appelle l’ouillage. Un vin qui a bénéficié de cette technique est un vin ouillé. Un vin en quelque sorte « normal ».

humour jurassien…

En Jura, cette « normalité » n’est pas la règle: on y trouve tant des vins ouillés que des vins non-ouillés. Cela grâce à Saccharomyces cerevisiae bayanus, une levure qui va s’accumuler sur la surface du vin en formant un voile de plus en plus épais. Ce voile de levures va réguler le contact entre le vin et l’oxygène. Les vins non-ouillés sont parfois appelés « oxydatifs » ou « sous voile » ou « typés ».

Important de savoir si le vin est ouillé ou non: les vins non-ouillés sont très particuliers et ne laissent personne indifférent: on adore ou on déteste. D’où l’intérêt d’aborder ces vins dans de bonnes conditions pour éviter un jugement négatif sur lequel on pourrait avoir du mal à revenir par la suite. Et ce serait dommage, vu les plaisirs majeurs que peuvent offrir les non-ouillés aux « initiés » (morilles, comté et autres poulardes…).

Fin de la parenthèse didactique. Nous goûtons l’Arbois-Pupillin Tradition 2009, un assemblage de chardonnay ouillé et de savagnin non-ouillé. Une parfaite introduction au monde merveilleux des vins sous voile. On perçoit les arômes typiques de fruits secs, de curry et d’épices, mais avec mesure. Le pur savagnin Les Ecrins 2008 a été élevé 4 ans sous voile; il est puissant, iodé et très typé.

Que diriez-vous d’un peu de douceur ? Le Jura, c’est quand même le vin de paille, non ? Comme son nom l’indique, il est élaboré avec des raisins récoltés tard puis desséchés sur de la paille (à notre époque, plutôt en cagettes mais toujours au grenier, soumis au vent et à la chaleur). Surprise, ce que nous goûtons maintenant n’est pas un vin de paille, mais un vin issu de raisins passerillés sur souche: Gelées de Novembre 2011. Curiosité très intéressante: pur savagnin, à l’équilibre délicat et demi-sec. Que de beaux accords gastronomiques en perspective !

Flash-back: retour au début de la dégustation, nous goûtons le Ploussard 2011 et surtout l’Arbois-Pupillin Ploussard 2012, échantillon tiré de la cuve: quel fruit !!! Julien m’annonce que le vin est à présent en bouteilles. Donc, je vous le propose illico presto.

Les vins sont disponibles à partir du 12 juillet. Ils sont en dégustation pendant la Fête du Vin.

Tarif et bon de commande

Lundi: jour de livraison

Tour de Gaule

Alors, voilà. Samedi passé, j’ai bondi (c’est une image) dans ma voiture, direction la Savoie. Ensuite, cap sur les Côtes du Forez, entre Lyonnais et Auvergne. Puis, le Languedoc. Sur le chemin du retour, j’ai fait une halte en Touraine.

E-p-u-i-s-a-n-t !!

Tout cela pour vous ramener 4 nouveaux vins. Une Roussette de Savoie, un Côtes-du-Forez « gamay sur volcan », un Languedoc « bio » et un Sauvignon de Touraine.

Bruno Lupin, Roussette de Savoie cru Frangy, vin blanc sec, 100% altesse, 2011 (€ 9,89)

Donc, « Roussette de Savoie » c’est l’appellation; « Frangy » c’est à la fois le village de Bruno Lupin et une dénomination géographique qui vient compléter l’appellation; « altesse » c’est le cépage. Cépage très très local. Cela se comprend, vu qu’il est vachement sensible aux maladies. Bel équilibre entre fraîcheur et salinité. Ce n’est pas un boxeur poids lourd, plutôt un super-coq qui mise sur sa vivacité et sa légèreté.

Domaine de la Madone, G. Bonnefoy, Côtes du Forez, Mémoire de Madone, vin rouge, 100% gamay, 2012 (€ 12,08)

Un flacon du millésime 2005, ouvert il y a quelques mois, m’a avait laissé sur le Q. A l’époque, Gilles Bonnefoy travaillait déjà en « bio ». Depuis, il est passé à la biodynamie. A peine 11,5% et pourtant joliment concentré. Les vieilles vignes (> 60 ans) sont cultivées sur un sol d’origine volcanique. Levures indigènes et vendanges manuelles.

A noter la mention « vin biologique » qui peut remplacer, à partir du millésime 2012, la mention « vin produit à partir de raisins issus de l’agriculture biologique ». Deux avantages évidents: (a) la simplicité et la concision (b) la garantie que la vinification répond à des normes précises. Un inconvénient: la plupart des bons vignerons « bio » estiment que ces normes sont trop laxistes, permettant ainsi à un très grand nombre de vins de revendiquer la mention « vin biologique ». Bref, « vin biologique » n’est, en soi, pas une garantie de qualité.

Voir sur la contre-étiquette la juxtaposition temporaire des deux logos: le logo français AB et le logo européen en forme de feuille étoilée. Le premier est amené à disparaître. Pour approfondir le sujet, c’est ici.

Château de Lascaux, Languedoc, vin rouge, syrah-grenache-mourvèdre, 2011 (€ 8,95)

Je suis amateur des vins de ce Domaine depuis de très longues années. Moins médiatisé que beaucoup de ses confères languedociens, Jean-Benoît Cavalier suit sa propre route. Le vin provient du secteur du Pic-St-Loup, réputé pour son climat plus frais, avec d’assez fortes amplitudes thermiques, liées à l’altitude (150 mètres). Agriculture biologique depuis plusieurs années. 60% syrah, 35% grenache et 5% mourvèdre.

Domaine des Corbillières, Touraine-Oisly, Fabel Barbou, vin blanc sec, 100% sauvignon, 2011 (€ 9,89)

« Fabel Barbou » est le nom de la cuvée « vieilles vignes » (40 à 55 ans). C’est aussi le nom de l’arrière-grand-père du vigneron, Dominique Barbou. Cet aïeul a acheté les premières vignes en 1923. Aujourd’hui, près de 30 hectares de vignes, entre Blois, Chambord et Cheverny. C’est un sauvignon de Touraine qui offre des arômes miellés, une franche vivacité, une touche exotique et une structure digne d’un beau chenin. Supérieur à beaucoup de vins de Sancerre !

Ces 4 vins sont disponibles et vous sont proposés ici, au même prix que chez leur importateur, du moins si vous en achetez 6. A la bouteille, je suis 5% plus cher (de l’ordre de 50 centimes).

J’ai effectivement fait quelques kilomètres pour aller les chercher, mais, le Tour de Gaule en une journée, ça non…

Lavernette en dégustation ce samedi 22

Dégustation de 10 à 18 heures.

Trois expressions du cépage gamay: simple/joyeux en rosé, pétillant/étonnant en ‘bulles’, dense/quasi-bourguignon en rouge.

Quatre expressions du cépage chardonnay: Beaujolais blanc (sol granitique) et 3 cuvées de Pouilly-Fuissé (sol plutôt calcaire), chacune développant sa propre personnalité.

Voici mon compte-rendu de visite au château de Lavernette.

Voici le lien vers le bon de commande.

Et le Rhône dans tout ça ?

Le hasard fait décidément bien les choses. Je croise une copine en quête de son sandwich méridional. On parle de tout et de rien. On évoque les progrès de bébé Anthocyane. Une oreille attentive nous entend. Je poursuis mon chemin et le propriétaire de l’oreille attentive me hèle. « Vous vendez du vin ? Moi aussi ! ». Le contact est direct, sympathique. Ma carte de visite trouve son chemin vers le portefeuille du propriétaire de la susmentionnée oreille. Je poursuis mon chemin, de bonne humeur.

Donc, Yves Gouttenègre vend du vin. Et comme il s’appelle « Rhône-Vins« , vous comprendrez qu’il s’est spécialisé dans une région qu’il connaît très bien, pour en être originaire. Il a des amis vignerons. Dans le coin de Cornas, par exemple. Il est installé à Feluy, entre Nivelles et La Louvière. 

Bref, Yves et moi avons le plaisir de vous proposer quelques vins rhodaniens. Les six vins ci-dessous seront en dégustation lors de la Fête du Vin. Les voici, de 100% grenache jusqu’à 100% syrah, en passant par différents assemblages:

  • Domaine La Fourmente Côtes du Rhône-Villages Visan Grains Sauvages (100% grenache) 2010
  • Domaine des Espiers Gigondas Tradition (65% grenache, 35% syrah) 2011
  • Domaine de Fondrèche Ventoux Nadal (50% grenache, 40% syrah, 10% mourvèdre) 2011
  • Domaine Amandine Côtes du Rhône-Villages Séguret (60% syrah, 40% grenache) 2010
  • Domaine du Coulet Côtes du Rhône No Wine’s Land (100% syrah) 2011
  • Château La Rolière Côtes du Rhône Brézème Maurice Marchal (100% syrah) 2010.

Il y a de la lecture supplémentaire ici.

Ces vins peuvent être commandés dès à présent. Le prix ‘à la bouteille’ est identique à celui pratiqué par Rhône-Vins. 5% de réduction logistique pour achat par multiples de 6 bouteilles.

PS: le sandwich de ma copine est méridional parce qu’il se mange à midi. Capice ?

Le Roc se rebiffe !

Suite aux ventes du mois d’avril et à vos nombreux commentaires sympathiques, les vins du Domaine Le Roc sont à nouveau disponibles pour enlèvement à partir du 22 juin. Ils peuvent être commandés dès aujourd’hui via le bon de commande.

Le Classique 2010  – € 6,77: assemblage de négrette, de syrah et de cabernet; poivre et épices (dernières bouteilles)

La Folle Noire d’Ambat  2011 – € 7,63: une bombe fruitée, 100% négrette (épuisé)

Nouveau: La Saignée (rosé) 2012 – € 6,75: un rosé idéal pour accompagner les repas d’été.

On se voit samedi ?

J’espère avoir l’occasion de vous faire découvrir samedi la diversité des vins de Gaillac.

Blanc sec, blanc doux et même blanc ‘sous voile’ (les Jurassiques apprécieront), rouges de cépages méconnus (braucol, duras), irrésistible rosé tendre…

Une promenade dans le sud, à la même latitude qu’Avignon, avec le vent d’Autan pour remplacer le Mistral rhodanien.

Prenez votre élan, bondissez par dessus les Cévennes…et vous êtes dans le Languedoc: Carcassonne, Cabardès et Minervois.

Programme de la dégustation

Compte-rendu de ma visite au Domaine de Brin: ici.

Compte-rendu de ma visite chez Michel Issaly: ici.

A l’attention de la Rédaction de la Revue du Vin de France

A l’attention de la Rédaction de la Revue du Vin de France

L’église de Dürnstein (Wachau, Autriche, sur les bords du Danube)

Bonjour Monsieur Saverot, Monsieur Poels, Madame Furstoss,

Sous le titre général « Révélation », la Revue du Vin de France de juin 2013 consacre un papier à la lecture efficace des étiquettes des vins ‘non-français’.

L’intention est louable et le sujet intéressant. Vous avez choisi de mettre quatre pays en exergue, tout en limitant l’espace disponible à une page par pays. Vous vous obligez ainsi à faire preuve de concision et à sélectionner l’information la plus pertinente. C’est un exercice particulièrement difficile.

En tant qu’amateur de vins allemands et autrichiens, je voudrais vous faire part de quelques réflexions.

Allemagne

Le vignoble allemand semble être assimilé au seul riesling. Or, ce cépage ne représente que 20 à 25% du vignoble.

Soit, concentrons-nous donc sur l’étiquette des vins élaborés à partir du riesling.

L’article se focalise sur la classification des vins en fonction de la richesse en sucres du moût. Il est vrai que cette classification constitue un aspect historiquement essentiel, certainement depuis la promulgation de la loi de 1971. Mais…

  • les qualités ‘beerenauslese’, ‘trockenbeerenauslese’ et ‘eiswein’ ne représentent qu’une infime proportion des vins allemands : est-il judicieux d’y consacrer du texte lorsque l’espace disponible est si mesuré ?
  • je me demande si la comparaison entre TBA et vin de paille jurassien est correcte, le premier étant toujours séché sur pied…et le second ne l’étant jamais !
  • la définition de ‘Kabinett süß’  est une coquille : ce terme s’applique pour les vins présentant une richesse en sucres résiduels supérieure à 45 grammes/litre. Entre 18 grammes et 45 grammes, le terme utilisé est ‘lieblich’.
  • sur les étiquettes, il est usuel de n’indiquer que le mot ‘trocken’ (si ‘trocken’ n’est pas mentionné, c’est que le vin n’est pas sec) ; peut-être aurait-il fallu mentionner qu’un vin sec contient normalement moins de 4 grammes de sucre résiduel…alors qu’en Allemagne, beaucoup de vins ‘trocken’ s’approchent de la limite légale des 9 grammes.
  • à ma connaissance, la qualité ‘spätlese’ ne peut être accordée à un riesling que si le moût titre au moins 76 °Oe (Moselle), voire 85 °Oe (Rheingau), c’est-à-dire un minimum de +/- 180 grammes de sucre dans le moût (Moselle) et de +/- 205 grammes (Rheingau).
  • les BA et TBA sont décrits comme « riches », alors que leur degré d’alcool est en général compris entre 5,5% et 9%.
  • Affirmer, pour un vin titrant 7,5%, que « la fermentation n’est pas allée tout-à-fait au bout » est un euphémisme, puisque le degré potentiel est très souvent supérieur à 12%.

Il me semble que la « double classification » historique (richesse du moût en sucres et richesse du vin en sucres résiduels) n’est pas vraiment mise en lumière. En particulier, le titre de ce paragraphe (« Chaque vin est défini par sa richesse en sucre ») me semble constituer une simplification abusive.

Par ailleurs, le choix a été effectué d’illustrer l’article par une étiquette de Willi Schaefer. Très bon choix, mais sous-utilisation du potentiel de ce document.

En effet, cette étiquette ne porte aucune mention d’une appellation, en tous cas au sens franco-italien de la chose. Elle porte par contre le nom d’une région (Moselle), d’un village (Graach) et d’un lieu-dit (Himmelreich). Le lieu-dit est un indicateur de qualité au moins aussi important que la richesse en sucres.

Vient ensuite l’aigle stylisé, porteur d’une grappe, qui figure en bas et à droite de l’étiquette. La présence de ce logotype indique que le vigneron fait partie d’une association : VDP (Verband Deutscher Prädikatsweingüter e. V.). Quoique privée, cette association joue un rôle essentiel dans l’évolution de l’étiquetage des vins allemands de qualité. Elle regroupe un peu plus de 200 vignerons, de haut niveau.

Depuis les décisions prises en janvier 2012, VDP finalise un long processus, à savoir la mise en place d’un système bourguignon à quatre niveaux pour classer les terroirs.

Cette classification se retrouve sur les étiquettes, dès le millésime 2012. Gutswein (appellation régionale), Ortswein (appellation village), Erste Lage (terroir Premier Cru) et Große Lage (terroir Grand Cru). Le mot ‘Lage’ peut se traduire par lieu ou emplacement. Il ne dit rien sur le vin en tant que tel, il qualifie de façon précise l’origine géographique des raisins.

On pourrait mentionner le terme ‘Großes Gewächs’, qui désigne exclusivement des vins secs issus d’un grand terroir. Großes Gewächs est matérialisé sur l’étiquette par une double lettre majuscule (GG). Une sorte d’élite parmi les vins secs.

Autriche

L’étiquette méga-baroque des vins d’Emmerich Knoll (Wachau, Autriche)

C’est subjectif, mais je regrette que l’article s’ouvre sur les événements de 1985. La valeur informative de la chose en 2013 me paraît négligeable.

Je ne comprends pas bien pourquoi le Burgenland est qualifié de « région septentrionale », d’autant que le style des vins rouges de la région est plus influencé par l’Italie que par l’Allemagne. Géographiquement, on est aux frontières de la Hongrie et de la Slovénie.

La Wachau serait « au sud-est »…alors qu’elle se situe en réalité un peu au nord de la latitude de Vienne.

On produit quelques liquoreux en Basse-Autriche, mais la plupart de ces vins proviennent du Burgenland (Kracher, Opitz, Feiler-Artinger, Velich…).

« 30.000 hectares le long du Danube »…C’est une image, dans la mesure où une moitié de ces vignes n’entr’aperçoivent le Danube que de fort loin (Weinviertel).

Les meilleurs sauvignons autrichiens proviennent plutôt de Styrie, c’est-à-dire d’Autriche méridionale.

Quant au Zweigelt, pourquoi ne pas indiquer qu’il est un croisement entre Blaufränkisch et St.-Laurent ? Il porte d’ailleurs le nom de son créateur, Friedrich Zweigelt.

« L’exception Wachau » est en fait la création d’une association privée, la ‘Vinea Wachau Nobilis Districtus’. Les termes ‘Steinfeder’, ‘Federspiel’ et ‘Smaragd’ sont des marques commerciales. Les vignerons non-membres de l’association ne peuvent pas les utiliser.

Comme en Allemagne, l’étiquette autrichienne peut porter le nom d’un village et d’un lieu-dit, indicateur de qualité. A titre d’exemple, l’étiquette d’Emmerich Knoll choisie pour illustrer l’article mentionne ‘Ried Schütt’ et ‘Dürnsteiner riesling’. Le lieu-dit, le village et le cépage.

Le vignoble du Stein (Würzburg, Franconie, Allemagne, en bord de Main)

Voilà. Il y a évidemment beaucoup d’autres choses à écrire sur le sujet et encore beaucoup plus de choses que j’ignore.

Il me semble que votre article est à la fois courageux et le témoin d’une certaine méconnaissance du sujet par le monde latin. Sans surprise, les vins allemands sont exportés avant tout vers les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, la Scandinavie et l’Extrême-Orient. Leur présence en France, en Espagne et en Italie est anecdotique.

Si l’on peut comprendre une difficulté à aborder les équilibres mosellans avec peu d’alcool, beaucoup de sucre et énormément d’acidité, d’autres régions (Franconie, Bade…et Autriche) proposent des vins dont les équilibres sont plus proches de ceux des vins français, tout en ayant une personnalité marquée.

Meilleures Salutations

Philippe De Pooter

Allemagne RVF juin 2013

Autriche RVF juin 2013

 

Cher Monsieur,

Merci pour votre courrier très argumenté, parfaitement clair, qui a retenu toute mon attention.

Nous sommes très sensibles aux précisions que vous apportez et en rendrons compte dans une très prochaine édition de La RVF.

Il est certain que la place réduite dont nous disposions nous a contraints à effectuer des choix parfois cornéliens (par exemple le focus sur le riesling dans les vins allemands, que vous soulignez à juste titre).

Ce manque de place a également favorisé des simplifications de présentation qui ont altéré la restitution de la complexité des étiquetages des vins dans les pays concernés.

Votre courrier nous donne toutefois l’envie d’approfondir la question. Nous serions d’ailleurs très heureux de vous solliciter, si vous en êtes d’accord et si vous aviez un peu de temps à nous consacrer, afin que nos lecteurs puissent profiter de votre expertise.

D’ici là, je vous adresse mes plus cordiales salutations et vous remercie pour votre fidélité.

Denis Saverot

 

Denis Saverot

Directeur de la rédaction

La Revue du vin de France

Tél. : 01 41 46 84 97 

43/47 rue du Gouverneur Général F. Eboué

92137 Issy-les-Moulineaux Cedex

 

Le Soir déconne-t-il ?

Aujourd’hui, Le Soir encarte un supplément ‘Le Soir Plus’ spécial vins. En soi, une initiative qui pourrait séduire: 12 pages de lecture potentiellement intéressante.

Patatras, je tombe de ma chaise à la lecture de ce machin trois quarts figue, un quart raisin.

Le thème: les vins d’été. C’est le moment. Malgré nos 11° C et la drache qui n’arrête pas. Passons en Une sur la photo en pied de la star Eric et entrons dans le vif de notre sujet.

Page 2: pas de chance pour ceux qui attendent une information, ils reçoivent un ‘publi-reportage’ manifestement payé par un outil de promotion du rosé de Provence. Je note que le sommelier considère que : « l’ensemble [des vins dégustés] est homogène et d’un très bon niveau« . Ben tiens. Une dizaine de cuvées ont été dégustées. Lesquelles ? Ce n’est pas indiqué…

Page 3: voici l’éditorial. Au moins, il est signé par son auteur. C’est le seul article dans ce cas, tout le reste étant camouflé derrière un anonymat que je trouve déplaisant. Il est annoncé que les clichés ne seront pas évités: je confirme, un bon point pour la lucidité de l’éditorialiste. Quant à sa volonté de « penser autrement, juste un peu à côté des habitudes« , j’avoue ne pas avoir bien compris.

La page 6 est titrée: « Le rosé sera la tendance de cet été !« . Ne nous plaignons pas, nous avions été prévenus…les clichés ne seront pas évités…Je laisse aux experts-vinificateurs le soin d’analyser les explications techniques consacrées à la vinification des rosés; de mon point de vue, on mélange le vrai et le très approximatif.

Colruyt finance la page 7. Et la page 11. Merci.

Ah cette page 10, j’adore…On nous invite à découvrir les vins de montagne. Outre un bête vin suisse (le fendant du Lion noir dans un carré rouge), sont présentés 4 vins du …Jura ! Le Jura viticole, j’en reviens et j’ai bien regardé. A ma connaissance, son point culminant se situe à +/- 600 mètres, dans le village de Pupillin. Et toutes les vignes sont plantées (nettement) plus bas.

En fait, l’essentiel du vignoble jurassien est planté entre 250 et 400 mètres d’altitude. Comme en Bourgogne, comme en Alsace, comme en Beaujolais.

C’est la montagne, ça ? Non, Arbois, ce n’est décidément pas Chamonix…

Je reviens sur ces 4 vins jurassiens, au demeurant représentatifs du meilleur de la région: Stéphane Tissot, Laurent Mâcle, le Domaine Pignier, très bien !

Par contre, les prix pratiqués chez leur distributeur sis au 28 du Boulevard de la Woluwe: gloups ! Le Côtes du Jura 2007 de Mâcle s’est vendu € 12 à la propriété. Le proposer à € 21,75 à Bruxelles me pose question. Enfin, je ne suis certainement pas objectif.

Un seul vin est présenté sans la mention de son prix: le PMG (Pour Ma Gueule) de Stéphane Tissot. Pour l’avoir goûté il y a quelques années, je confirme que c’est exceptionnel. C’est vendu en Belgique à € 96. Pour 37,5 cl. Autant savoir.

Delhaize finance la page 12. Merci.

Conclusion: est-ce de l’information ou du Canada Dry ? Le Soir déconne-t-il ? Suis-je un irréductible puriste, pisse-vinaigre, râleur, idéaliste, type Don Quichotte du XXIe siècle ?

La presse du vin parle de moi: une bouteille à gagner !

Je connais Dirk Rodriguez, Directeur de Rédaction du magazine VINO!, depuis l’époque où il animait le site Internet kurkdroog, essentiellement consacré aux meilleurs vins disponibles dans la grande distribution.

Dirk collabore également à De Morgen. Je me souviens aussi avoir été invité par lui à une dégustation de vins grecs du côté d’Alsemberg, par une froide soirée d’hiver.

Il m’a rendu visite le 27 février: son papier figure ci-dessous (deux liens vers fichiers .pdf, versions FR & NL).

Je vous invite en particulier à noter les points suivants:

  • le goût esthétique très sûr de votre serviteur qui combine le T-shirt orange avec l’étiquette rouge ‘bordeaux’ d’une bouteille du Domaine de Brin (en vente en ce moment – quel timing !)
  • le titre de l’article me qualifiant de ‘missionnaire’, ce qui ne manque pas de piquant pour ceux qui se souviendraient de certains aspects de mon passé ULBiste
  • la stupidité de mon point de vue commercial ligérien, ce qui m’invite à faire preuve d’une humilité de bon aloi. Cela dit, je vends en ce moment des vins de Loire (…quel timing !).

Bonne lecture et bonne chance au Jeu des Sept Erreurs. Il y a une belle bouteille à gagner pour celui ou celle qui postera ci-dessous le commentaire le plus drôle, le plus sympathique, le plus…enfin…le plus ‘quelque chose’.

Le jury se compose bien entendu de moi, moi et moi. Ce jury est parfaitement subjectif et ses décisions sont sans appel. Tentez votre chance ! Go !

Voici les liens vers les versions FR & NL de l’article:

Vino!FR

Vino!NL

L’Etoile plein les yeux…

Pupillin. Mon camp de base durant ce séjour dans le Jura. Le village surplombe son vignoble. Des maisons vigneronnes tout le long de la rue principale, opportunément nommée rue du Ploussard.

La mairie, l’église et le restaurant: c’est le Grapiot et j’y reviendrai.

Fruitiers en fleurs, météo radieuse (du moins le mercredi et le jeudi) et accueil très sympathique chez Dominique et Valérie, à la maison d’hôtes ‘La Part des Anges‘.

Des rencontres avec Valérie Closset, Julien Mareschal, Nicole Deriaux, Chantal Berthet-Bondet, Damien & Anne-Laure Petit et Benoît Badoz.

Six domaines qui expriment la grande diversité du vin jurassien.

Histoire (Badoz à Poligny, dixième génération depuis 1659) et création (La Borde existe depuis 2003).

Surprenante belgitude (les vignes de ce qui s’appelle aujourd’hui ‘Champ Divin’ ont été reprises par un couple namuro-libramontois) et racines profondément franc-comtoises.

Propriétés à la taille d’un homme et grands vignobles (la Maison Désiré Petit exploite 25 hectares de vignes).

Biodynamie (Champ Divin) et conversions bio.

Rouges, blancs secs, blancs liquoreux, blancs ‘typés’ (typé = caractère oxydatif), bulles, rosés et mistelles (le Macvin).

Château-Chalon, Côtes du Jura, Arbois-Pupillin et L’Etoile.

Pentacrines, ouillage, clavelins et naturé.

Il ne faudra pas longtemps avant de retrouver des vins du Jura dans les propositions d’Anthocyane !

Compte-rendu de ma visite au Domaine de La Borde

Compte-rendu de ma visite au Domaine Badoz