Domaine de la Ramaye (Michel Issaly)

Le caveau

Le caveau

On quitte la ville de Gaillac par le nord-ouest. Il ne faut pas rater la petite route à droite, à côté de l’église de Ste-Cécile d’Avès. Quelques centaines de mètres en chemin creux. M’y voici.

Michel Issaly, vigneron, philosophe, copropriétaire du restaurant La Vigne en Foule et président de l’association des Vignerons Indépendants me reçoit…vachement enrhumé.

Ce qui ne l’empêche pas de partager avec moi l’histoire de sa famille et les difficultés que l’on peut rencontrer lorsque l’on n’est pas soi-même issu du monde du vin, ce qui était le cas de son père. La propriété est familiale du côté maternel, depuis le XIXe siècle.

Le caveau est un lieu étonnant, de pierre et de bois, un peu poussiéreux, touffu, hétéroclite, pas trop éclairé, plein de vieux flacons, d’objets patinés et de souvenirs. Surtout ne rien changer ! L’âme du lieu n’y résisterait pas.

Chaque vin est une aventure en soi, marqué par le sceau de la forte personnalité du vigneron: qui décide de réduire fortement la taille de son domaine pour pouvoir consacrer tout le temps nécessaires aux vignes les plus précieuses ?

Michel Issaly

Michel Issaly

Nous goûtons…

Le Cavaillès-Bas 2011 (80% mauzac, 20% loin de l’œil) ne ressemble qu’à lui-même. Rendements ridiculement faibles, vendanges manuelles en surmaturité, vin très peu soufré. Vin blanc sec avec beaucoup de personnalité. Une complexité qui se révèle progressivement. Caractère bien trempé, concentration des extraits secs dans le vin…et concentration requise chez le dégustateur. Le vin est déroutant, protéiforme et imprévisible.

Parenthèse relative à la symbolique des étiquettes: un serpentin dessinant le terroir vivant, la vie éternelle et l’empreinte de l’homme sur son environnement. En tous cas, le résultat est graphiquement très réussi !

Pech de la Tillette 2011, est un assemblage de cépages rouges (dont merlot et syrah). Il s’agit du vin le plus ‘direct’ de la gamme. Une porte vers un monde à part.

La Combe d’Avès 2008 est un magnifique rouge, très élégant, assemblage à parts égales de braucol et de duras. La texture est soyeuse, la bouche épicée. Pas l’ombre de l’ombre d’une trace de rusticité.

Dans la tradition de Gaillac, il y a le vin de voile. Tradition mise à mal en ce siècle où tout doit aller vite. Un vin de voile (le plus connu est sans doute le Vin Jaune du Jura) a besoin d’un élevage très long pour développer ses arômes surprenants et tellement intenses. Protégé par un voile de levures, le vin s’oxyde très lentement. Le temps passe, le vinificateur attend. A la longue, il peut même ‘oublier’ son vin dans un coin sombre de la cave.

D’où ce Vin de l’Oubli 2000 (100% mauzac), élevé une dizaine d’années sous bois. C’est très riche, très long et très sec. Subtil aussi, épicé, comparable en cela au Château Chalon.

Remarque: les vins de Michel Issaly sont très peu soufrés et embouteillés avec du gaz carbonique pour les protéger de l’oxydation. Conséquence: léger perlant quand on débouche le flacon et aromatique réduite. Ce n’est pas un défaut ! Ces vins doivent impérativement être aérés avant dégustation: donc, carafe, carafe et encore carafe.

Pour la bonne bouche, citation d’une contre-étiquette: « Vous avez le droit de ne pas aimer ce vin. Car il est à l’opposé des vins technologiques qui sont vinifiés pour plaire à tout le monde. » Ces vins sont en effet polarisants: on aime (beaucoup) ou on n’aime pas (du tout). Mais une chose est certaine, l’indifférence n’est pas de mise !

Les vins du Domaine sont en dégustation le samedi 01 juin. Ils peuvent être commandés jusqu’au 04 juin inclus.

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