Yes, je fais partie des 10.000 e-commerçants belges ! Dixit Le Soir du 04 mai.
Comprenons-nous: je n’ai aucune ambition amazoniaque. Pas de fibre zalandesque. Mais, en l’absence d’un véritable magasin physique (le couple salon+ garage faisant office), le magasin virtuel s’impose.
Ce magasin virtuel a été lancé en août 2014. Coût total inférieur à 1.000 euros, grâce à la complicité de WordPress et d’Ecwid.
Selon Damien Jacob, consultant en e-commerce interviewé par Le Soir: « Certains pensent encore que lancer un commerce en ligne est plus confortable qu’un commerce traditionnel et que c’est possible avec 10.000 euros. Il faut au minimum le triple. »
Dont acte. En résumé, vous, mes clients, avez économisé 29.000 euros. En bon indépendant, je ne compte évidemment pas les dizaines (centaines ?) d’heures passées en recherche du bon outil, customisations diverses et variées, accrochage des wagons les uns aux autres, traductions, tests et résolution de problèmes.
Il me semble que mon bébé est beau, qu’il est pratique, efficace et simple d’utilisation. Un réflexe de parent, sans doute. N’empêche: à ma relative surprise, jamais expérimenté de pépin technique.
Lecteurs et clients potentiels, à vous de vérifier si mon discours fait sens. Soit vous possédez déjà des identifiants personnels (l’adresse e-mail via laquelle je communique avec vous + un mot de passe composé de 3 ou 4 chiffres, suivis par 2 lettres): il suffit alors de vous identifier.
Soit vous créez votre compte. Il y en a, montre en main, pour moins de trois minutes. La preuve:
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Pour ce qui est du paiement, vous avez le choix entre le bon vieux virement bancaire et PayPal. Pour ce qui est de la livraison, jetez un œil ici.
La Valtellina (Valtolina in lombardo, Vuclina in romancio) è una regione alpina, corrispondente al bacino idrico del fiume Adda a monte del lago di Como. Si trova nella regione Lombardia.
Rouge goûté récemment chez un collègue-importateur, approuvé immédiatement et sans réserves.
Petit cours de géo transalpine : on atterrit à Milan et on prend la direction du nord, vers Côme et Bergame. On poursuit vers le frontière suisse. Stop. On vient d’arriver en Valtellina, l’autre pays du cépage nebbiolo.
Botonero: couleur pâle, grande finesse, vinification traditionnelle, petits tannins doux, prêt à boire.
Rarement goûté un 100% nebbiolo de cette qualité à ce prix ! Le nebbiolo est aussi le cépage du Barolo dont la notoriété mondiale pousse les prix à la hausse.
Commandes jusqu’au jeudi 07 mai inclus. Vins disponibles samedi 09 mai, jour de dégustation.
Viennent d’arriver, presqu’en même temps, les nouveaux millésimes de deux Domaines de grande réputation.
Côté cour: le Domaine Pierre Luneau-Papin, spécialiste des Muscadets de haut vol. Premier Domaine du Pays Nantais à avoir obtenu deux étoiles dans le guide des meilleurs Vins de France. La reconnaissance de longues années de travail qui ont mis en lumière la capacité des Muscadets à se hisser au diapason des plus grands vins.
La cuvée emblématique du Domaine
Granite sur la commune de Vallet (Le L d’Or), gneiss à La Chapelle-Heulin (Les Pierres Blanches), serpentinite sur la Butte de la Roche (Terre de Pierre) et schistes dans la vallée de la Goulaine (Excelsior). Quatre terroirs différents, quatre cuvées pour en révéler les spécificités. Sans oublier le clin d’œil à la réputation du Français outre-Manche…Froggy Wine.
Les vins se goûtent fort bien durant leur jeunesse, mais possèdent également une grande capacité de vieillissement harmonieux. Avec le temps, leur profil se rapproche de celui d’un très bon Chablis: vivacité enrobée, salinité, éclat, complexité. Vous demandez à être convaincus ? N’hésitez pas à piocher dans ma collection de vieux millésimes: le Domaine commercialise encore des 2005, des 2007 et des 2009 tout-à-fait somptueux. Quantités extrêmement limitées.
Cerise sur le gâteau: les flacons sont magnifiques, grâce à une réflexion très aboutie sur le design de la verrerie et de l’étiquette. Ce n’est sans doute pas essentiel, mais cela contribue au plaisir de déposer un Luneau-Papin sur la table d’un beau repas.
A propos de repas, ne limitez surtout pas ces grands Muscadets à l’accompagnement des huîtres et autres fruits de mer: ils se marient à merveille avec volailles et viandes blanches. Et avec certains fromages.
Pour les huîtres, donnez la préférence à La Folle Blanche: prix angélique, accord paradisiaque.
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Côté jardin: Le Domaine d’Aupilhac, la qualité en Languedoc depuis plus de 20 ans. Je me souviens fort bien de ma fascination pour la cuvée de pur carignan, millésime 1998. C’était sauvage, violacé, tannique et hyper-expressif. Proposer un vin de carignan à cette époque était d’ailleurs une sorte d’hérésie, puisque l’œnologie triomphante avait décidé d’arracher ce cépage rustique et décidément trop local.
Depuis lors, les choses ont bien changé: les vieux ceps ont été bichonnés et les jus de carignan se retrouvent dans maints assemblages languedociens.
Lou Maset rouge n’a jamais été aussi bon qu’en 2013, profitant à fond des qualités du millésime: équilibre souverain entre fruité méridional, bons petits tannins et fraîcheur. Pas l’ombre du soupçon d’une trace de lourdeur alcolico-solaire.
Les Cocalières, en rouge comme en blanc, progressent d’année en année, dans un style très frais, aérien, délicat, à l’antithèse des ‘haltérophiles sévèrement musclés’ qui se répandent sans vergogne, entre Narbonne et Montpellier. Le vignoble d’altitude, recréé par Sylvain Fadat il y a une quinzaine d’années, est une splendeur, parfaite union entre la nature et la main du vigneron.
Et que dire des Servières, pur cinsault issu de vignes centenaires…un naturel confondant, intensité et légèreté.
Le Domaine est en pleine forme !
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Tous les vins sont disponibles dès à présent dans le magasin en-ligne. Ils sont proposés à la dégustation le samedi 09 mai (acte I) et le samedi 30 mai (acte II).
Le rosé, ce n’est pas du vin. C’est un compromis bancal quand Madame mange du poisson et Monsieur de la viande.
Le rosé est partout. Il s’immisce dans nos cuisines et sur nos tables. Il coule dans nos verres et dans nos gorges. Il est saumon, fuchsia, orangé, voire presque incolore. C’est un métis. Il est fourbe et dissimulateur.
Le rosé est au vin comme l’eau de rose à la littérature !
Quelle est la couleur préférée de Violetta (sic) et de Britney Spears ? de Pink ?
Ne dit-on pas couperosé (de frais), névrosé, nécrosé ? L’arthrose, c’est agréable ? Et la sclérose morose ? Et la tubercurose ?
J’entends dire que l’on tente de vous en vendre: osez dire non au rosé ! Rossez les infâmes vendeurs de rosé ! Niez leur prose ! Arrosez l’arroseur !
J’avais profité de mon retour de Montpellier pour faire une halte à Chablis et y goûter le nouveau millésime avec Eve Grossot.
2012 est très intéressant, mais ne se révélera pleinement que sur la durée. Il y a de de la délicatesse, du caillou et de la matière. Une vivacité plus enrobée qu’à l’accoutumée.
Je vous propose dès à présent la cuvée du Domaine et les premiers crus Fourchaume, Vaucoupin et Côte de Troëmes. Ce dernier n’est pas élaboré tous les ans et lorsqu’il l’est, il est en général réservé aux clients de passage au caveau. Une occasion de découvrir les vins issus de cette petite parcelle située en rive gauche du Serein.
Donnez-moi 15 euros et je vous sors toujours un lapin de mon chapeau. A ce prix, les pépites abondent. A condition bien entendu de piocher dans des appellations pas trop médiatisées. Cela dit, pour accompagner la bonne petite bouffe de demain soir, on cherche plutôt à se faire plaisir pour pas trop de sous.
Donnez-moi 5 euros et je vous transmets illico l’adresse des supermarchés les plus proches. Ou je vous recommande une bonne bière. Cela dit, pour accompagner la bonne petite bouffe de demain soir, on cherche plutôt à se faire plaisir pour pas trop de sous.
Avec 10 euros, je m’amuse. Et je partage mes trouvailles. Samedi 18 avril. De 10 à 18 heures.
PS: si cela ne vous tente pas, vous pouvez toujours vous rendre au Botanique. Quoique:
Par ce Salon, nous souhaitons aussi rappeler que le vin est un élément central de notre culture et doit, grâce à une consommation responsable, rester avant tout un art de vivre. Celui-ci se retrouvera certes pendant ces deux journées chez les artisans de produits de bouche également présents, mais aussi dans des causeries passionnantes sur et autour du vin (…) ou encore à travers une série d’auteurs ou de personnalités des médias pour qui la gastronomie et le vin sont des éléments essentiels de notre harmonie émotionnelle.
Indigent et indigeste. Si cela ne vous convainc pas:
Amis lecteurs, il vous reste une semaine pour récolter vos bouchons de liège et les amener au Salon des Vins. Ils seront collectés sur le stand du Soir et remis (…) à une asbl qui met au travail des chômeurs de longue durée en difficulté de réinsertion. Vos bouchons deviendront bientôt des panneaux d’isolation thermique. Comme quoi boire éthique, c’est possible !
Déprimant et vulgaire.
Je suggère à ce grand quotidien vespéral de consacrer toute son énergie à fournir à ses lecteurs une information de qualité, indépendante et non-commerciale.
Choisir, c’est renoncer. Je n’ai pas renoncé, donc je n’ai pas choisi. Comprenne qui pourra.
Conclusion: il y a 28 vins à goûter ce samedi. Comme le proclame le grand poète Michelin: Nunc est bibendum.
Ce ‘Tour de Gaule‘ passe par la Loire (Bourgueil, Sancerre, Côtes du Forez), la Bourgogne (Irancy, Rully, Bouzeron), le Beaujolais (Morgon, Moulin-à-Vent), l’Alsace, le Jura, la Provence (Terre de Camargue, Coteaux d’Aix-en-Provence), le Languedoc, le Sud-Ouest (Fronton, Côtes de Duras) et le Rhône. Ouf.
Pas mal de nouveautés: une jolie syrah ‘jeunes vignes’ de François Villard, le délicieux Gamay sur Volcan 2014 de Gilles Bonnefoy, les Bouzeron 2013 et Rully 2013 de Stéphane Briday, le Bourgogne Côte Chalonnaise 2013 de Fabrice Masse, le riesling Tradition 2013 de Mélanie Pfister, les Raisins Gaulois 2014 de Mathieu Lapierre, les deux Coteaux d’Aix-en-Provence du Domaine Les Béates, les magnifiques chardonnays (ouillé et non-ouillé) du Domaine Pignier, …
Rendez-vous aux Brigittines ce samedi 14 mars à partir de 10 heures et, non-stop, jusqu’à 18 heures. Pas plus tard, parce que le restaurant accueille ses premiers clients dès 19 heures.
On déguste au bar ou on s’installe à une table. Je ne prévois pas à manger, mais rien n’interdit de réserver une table pour le soir. Du moins s’il reste de la place.
Parking rue des Brigittines et rue des Ursulines, de part et d’autre de la gare de Bruxelles-Chapelle. Météo fraîche avec un petit vent du nord-est qui donnera envie de se réfugier dans la douce chaleur du restaurant.
Il y aura quelques centaines de bouteilles à emmener tout de suite. Ce qui serait épuisé pourra être réservé pour mise à disposition ultérieure.
Ni cartes de débit, ni cartes de crédit, mais des distributeurs de billets tout près: rue Haute n° 30 et rue Joseph Stevens n°2. Si on se connaît, paiement comme d’hab.
Hier soir, séance du Cercle Œnologique de l’ULB (‘vino vincere tenebras’ – sic).
180 étudiant(e)s installés dans le Chavanne (je n’y avais plus mis les pieds depuis …1983) dans une ambiance studieuse, enfin estudiantine.
Il faut le voir pour le croire ! Et tout ça fonctionne comme sur des roulettes: présentation sur grand écran et dégustation de 6 vins du Languedoc. Pain, eau et crachoirs. Carte géographique pour tout le monde. Et même des verres pour ceux qui auraient oublié le leur. € 10 pour participer.
On goûte un vin issu du cépage hybride chenanson (une curiosité qui gagne à rester peu connue), une syrah d’Ardèche vachement boisée (ah, l’Ardèche…banlieue -très- éloignée du Languedoc…), deux vins réussis du Clos du Serres (domaine intéressant de St-Jean-de-la-Blaquière), un St-Chinian 2013 riche et extrait (dirais-je alcooleux ?) et, pour conclure, le Minervois La Ciaude 2010 d’Anne Gros & Jean-Paul Tollot.
Ce dernier vin, malgré son prix (€ 20) et un degré alcoolique élevé (14,5% sur l’étiquette) convainc grâce au soyeux et au velouté de sa bouche d’inspiration bourguignonne. Beaucoup de fruit (cassis), un boisé ‘chic’ pas trop envahissant et une belle longueur.
Conclusion: bonne soirée, rafraîchissante pour un dégustateur de 50 balais. Une autre ambiance, d’autres codes. Par contre, le Chavanne n’a pas beaucoup changé. Le bâtiment U non plus d’ailleurs…
Samedi, on rend hommage au cabernet franc, en diverses versions tourangelles !
Des vins à servir relativement frais (14°) et jeunes, sur viandes blanches et poissons: Les Graves à Chinon, Les Rouillères à St-Nicolas-de-Bourgueil, Incroyable à Bourgueil.
Des vins de moyenne garde à servir à 16° sur viandes rouges: Coutures à St-Nicolas-de-Bourgueil, Bretèche à Bourgueil et Vieilles Vignes à Chinon.
Des vins de grand potentiel à carafer ou à laisser en cave pendant quelques années: Busardières à Bourgueil, La Queue de Poêlon à Chinon.
Aujourd’hui Nathalie Mabileau à St-Nicolas-de-Bourgueil, Philippe Mur (Clos Basté à Madiran), Sylvain Pataille à Marsannay et Stéphanie Caslot (La Chevalerie à Bourgueil). Et une découverte dont on reparlera au printemps…
Après cela, le petit Philippe a constaté qu’il était au bout de son rouleau, que le Palais des Expositions de Montpellier lui sortait par les trous de nez, que sa capacité à évaluer sereinement quelques dizaines de vins supplémentaires était inexistante, que ça sentait l’écurie, qu’il était vachement déshydraté et dorsalement défoncé, qu’il lui fallait garder un soupçon d’énergie pour ses différentes haltes bourguignonnes sur le chemin du retour, que ‘qui trop embrasse, mal étreint’ (ou l’inverse) et, raisin sur le gâteau, qu’il n’était décidément pas payé aux pièces…
Pour être franc, la 3ème journée a commencé dès la 2ème. Autrement dit, j’ai été faire un premier petit tour à Millésime Bio dès lundi en fin de journée, dans la foulée du ‘Vin de mes Amis’.
Première étape chez Xavier de Boissieu, château de Lavernette (Beaujolais et Pouilly-Fuissé). On commence par une très instructive comparaison entre le Beaujolais Blanc 2013 (élevage en cuve) et le Bourgogne blanc 2013 (élevage en fûts). Je parie que chacun ‘choisira son camp’, entre la vivacité du Beaujolais et le gras du Bourgogne.
En Pouilly-Fuissé, je suis particulièrement séduit par la cuvée ‘Vers Châne’ 2012 qui exprime avant tout un lieu et un moment, malgré un long élevage en fûts (22 mois). La cuvée ‘JJ de Boissieu’ 2012 présente -comme à l’habitude- un profil plus boisé.
La cuvée Granit refait son apparition et elle est meilleure que jamais: une bulle 100% gamay qui offre un profil vif, sec, fruité et net. Et la couleur ? C’est un blanc, marqué d’une très très très légère nuance rosée.
En rouge, difficile d’évaluer déjà le Beaujolais-Villages 2014 ‘brut de cuve’. Par contre la cuvée Jadis 2013 (échantillon tiré sur fût) se montre déjà d’une grande et belle intensité.
Xavier m’indique encore que la vendange 2014 a produit un volume normal, c’est-à-dire équivalent à la somme des volumes des vendanges 2012 et 2013. Difficile d’être plus clair, non ?
On reste en Bourgogne tout en remontant sérieusement vers le Nord. Voici Guilhem Goisot et les vins du Domaine éponyme. Entendons-nous, je n’importe pas ces vins et ce ne sera vraisemblablement pas pour 2015. Mais je ne veux rater aucune occasion de montrer mon intérêt !
Il faut à peine 2 minutes pour comprendre qu’une discussion avec Guilhem est une leçon de viticulture, combinant les aspects techniques les plus pointus avec une connaissance très approfondie des différents terroirs.
On goûte tous les vins élaborés sur le millésime 2013. C’est une symphonie en sols majeurs ! Dès l’aligoté, le décor est planté, avec une force peu commune. Après la cuvée Corps de Garde, on enchaîne avec les trois parcellaires, Biaumont (plutôt argileux), Gueule de Loup (plutôt calcaire) et Gondonne (plutôt marneux), ce dernier combinant avec grand talent le gras et la salinité. Chapeau !
Les trois cuvées de St-Bris (100% sauvignon) sont aussi remarquables que les chardonnays, avec une mention spéciale pour Moury, à même de pulvériser la plupart des (bons) Sancerre ! Si vous êtes à la recherche d’un petit sauvignon ‘variétal’, passez votre chemin.
En rouge, Corps de Garde (magnifique fruit) en Côtes d’Auxerre, Les Mazelots (tannique, de grande garde) en Irancy et la nouvelle cuvée La Ronce (grande finesse, velouté) en Côtes d’Auxerre sont au même niveau que les blancs.
J’ai importé pour la première fois les Chinon de Fabrice Gasnier à l’automne. On attaque immédiatement avec le Chinon blanc ‘Le Coteau de Sonnay’, une parcelle de 0,62 hectare, plantée de 3.000 pieds de chenin. Malgré le très jeune âge des vignes, c’est une cuvée ‘haute couture’: faibles rendements, vendanges en vert et 3 passages successifs sur la parcelle au moment de la récolte.
La gamme des rouges est large, depuis le croquant ‘Les Graves‘ 2013 jusqu’à la finesse d’anthologie de ‘La Queue de Poêlon‘ 2012. L’échantillon ‘brut de cuve’ des Graves 2014 révèle une grande densité, beaucoup de couleur et beaucoup de tannins. Un millésime au profil très différent de 2013.
Et z’également mes dégustations au Jonc Blanc (Vin de France/Bergerac), Nadia Lusseau (Côtes de Duras), Aupilhac (Languedoc/Montpeyroux), Cébène (Faugères), Paul-Henri Thillardon (Chénas), La Madone/Gilles Bonnefoy (Côtes du Forez) et La Cabotte (Côtes du Rhône).
Deuxième étape, changement de style: autant de vignerons passionnants, mais beaucoup, beaucoup de monde, vu le caractère ‘semi-grand-public’ de ce salon. On quitte le bord de mer pour un hôtel 5* un peu snob à Castelnau-de-Lez. Mais, une fois la porte franchie, on s’y sent bien.
Juste là, à quelques mètres de l’entrée, Jean-Hervé Chiquet et son collaborateur Hervé Ledrole: nous sommes chez Jacquesson et ça va buller ! On goûte 738, sur une base de vendange 2010 et une majorité de chardonnay. Tendu et superbement apéritif.
Je ne résiste pas au plaisir de conter l’origine de cette cuvée chiffrée. Voici déjà plus de 10 ans, la Maison Jacquesson devait gérer un dilemme: comment faire un Champagne en utilisant une proportion de vins de réserve (ce qui empêche de le millésimer) et en mettant en évidence les caractéristiques de chaque vendange (ce qui rend impossible de le commercialiser comme un ‘brut sans année’ dont le goût se doit d’être éternellement identique).
La solution ? Une cuvée qui porte chaque année un nombre différent, sans que ce nombre ne soit un millésime. D’où 738…qui suit 737, avec un profil effectivement fort différent: autant 737 était une cuvée vineuse et puissante, autant 738 mise sur la tension et la précision.
Si les circonstances s’y prêtent, goûtez l’une et l’autre cuvée en parallèle. Bonne nouvelle, elles sont toutes deux disponibles chez Anthocyane.
Je rencontre Jean-Marc Grussaute (Camin Larredya – Jurançon). Superbe sec La Virada et splendide moelleux Au Capcèu (100% petit manseng). Je me réjouis de me rendre à la propriété fin mars !
Chez Fabien Jouves (Mas del Périé – Cahors), je tombe au beau milieu d’une conversation un peu compliquée et très commerciale, un revendeur toulousain pas content. Pas idéal pour goûter, mais les vins parlent pour eux-mêmes. Ici c’est le Cahors du XXIème siècle qui parle. Et il est vachement polyglotte ! Vins de fruit, rosé, élevages en amphore, parcellaire de très grande garde, bulles…rien ne manque.
Les vins Du Mas del Périé seront disponibles chez Anthocyane à la fin du printemps. Y compris des blancs de chenin qui ne laisseront personne indifférent. Promis.
Me voici au Pas de l’Escalette (Terrasses du Larzac – Languedoc), chez Julien Zernott et Delphine Rousseau. On commence par Les Clapas blanc: aïe, ça me paraît étriqué, crispé, bloqué. Un coup d’œil vers les autres dégustateurs…bon, on se risque: ‘Julien, ne serait-ce pas…comment dire…comme qu’y dirait un peu bouchonné ?’
Yep. Pas un bouchonné qui empeste, mais un vicieux/pervers qui s’attaque à la fin de bouche en dénaturant le vin sans avoir l’air d’y toucher. Une autre bouteille ramène le sourire sur tous les visages.
Heureusement, parcours sans faute pour le rosé (dé-li-cieux) et les rouges, même si Les Petits Pas 2014 en ‘version ‘brut de cuve’ doivent encore se poser. Déguster du ‘brut de cuve’ (à savoir un assemblage ‘ad hoc’, manuel, sans protection sulfite ni dégazage) reste un exercice périlleux. Je me contente de vérifier l’absence de défauts. Quant à ce que sera l’assemblage en bouteilles…mystère.
En attendant Mathieu Lapierre, je me verse un petit verre de Raisins Gaulois 2014, l’archétype du super-glouglou. C’est aussi irrésistible en version 2014 qu’en version 2013. Techniquement, le vin est issu des jeunes vignes du Domaine. Mathieu les laisse s’amuser et produire autant qu’elles le veulent. D’où un rendement assez important qui ne permet pas de vendre cette cuvée sous le nom Beaujolais. C’est donc un simple ‘Vin de France’.
Le Morgon 2014 est ‘brut de cuve’ et passé en carafe pour arrondir légèrement son imposante structure. Bien sûr, c’est un infanticide de le goûter dès maintenant.
Vue sur mer. Une quarantaine de Domaines, sous tente et sous tramontane violente. Leur point commun ? Tous membre de Biodyvin, à la fois organe certificateur de vins en biodynamie et association de promotion. N’est pas présent qui veut.
Diane Cauvin
J’entame mon parcours chez Diane Cauvin (château La Colombière – Fronton/Sud-Ouest).
Pour cause de météorologie difficile et donc de volume de raisin plus que limité, les rouges 2013 se limitent à la cuvée Vinum.
Sur ce millésime, ni Coste Rouge, ni Réserve, ni Bellouguet. A quelque chose malheur serait-il bon, les raisins qui auraient dû constituer ces cuvées ‘haut de gamme’ se retrouvent donc dans Vinum !
Cela dit, le Domaine commercialise en ce moment de très beaux 2012: Coste Rouge (100% négrette) très élégant et délicat, Réserve (assemblage négrette, syrah, cabernet) plus en puissance et en intensité de saveurs. Le nouvel habit (qui fait le moine) de la cuvée Réserve installe ce vin au cœur de la gamme du Domaine.
Une nouveauté 2014 en blanc, assemblage de mauzac, de loin de l’œil et de bouysselet. C’est ‘brut de cuve’ (mise en bouteilles prévue pour février ou un peu plus tard), encore fermentaire, mais déjà très apéritif. Pas encore de nom pour ce bébé.
Quant au ‘Grand B‘ 2013, il se présente nettement plus sec que 2010 et 2011. C’est un blanc oxygéné et intense. 100% bouysselet. Original, hautement gastronomique et savoureux.
Les rouges seront disponibles chez Anthocyane dans le courant du mois de février.
Cap sur la Corse, mais pas sur le Cap corse. Opportunité peu courante de rencontrer Jean-Charles Abbatucci et de goûter les vins du Domaine éponyme. Nous sommes dans la région d’Ajaccio, terre en général dévolue au cépage sciaccarellu. Mais ici, c’est le conservatoire des vieux cépages corses: brustiano, riminese, rossola, morescono, montanaccia et bien d’autres encore !
On goûte les cuvées Faustine 2014 ‘brut de cuve’: le blanc (100% vermentino) est joliment aromatique, le rosé (majoritairement sciaccarellu) très intense. Faustine rouge 2012 est plutôt tannique et énergique (assemblage de sciaccarellu et de nielluciu).
Deux cuvées ‘mono-cépage’ très originales: en blanc, le BR 2013 (cépage barbarossa, quasi-disparu), gras, tourbé et presque tannique. Et tout cela avec un alcool maîtrisé à 12,5% ! En rouge CN 2013 (cépage carcajolo nera), dense, serré, sans la moindre sensation ‘chaleureuse’.
On passe aux grandes cuvées du Domaine, assemblages archi-multi-cépages: Général et Diplomate en blanc (quelle tension) et Ministre Impérial en rouge (profond et très fin). Rien de folklorique dans le nom des cuvées, les vins sont dédiés aux ancêtres de Jean-Charles Abbatucci qui ont porté ces titres au XIXème siècle.
On est ici au sommet de ce que peuvent offrir les vins de la Méditerrannée. Mémorable.
Je rencontre Xavier Cailleau, vigneron angevin du Château de Bois-Brinçon. Je ne connais pas les vins, appelons ça l’intuition que cela vaut la peine de les découvrir.
Et je ne suis pas déçu ! Je note en particulier la nouvelle cuvée Les Saules de Mont-Benault 2013, un blanc sec doté d’une colonne vertébrale d’anthologie. Vignes plantées sur schistes d’origine volcanique. Beaucoup d’agrumes pour adoucir une superbe vivacité saline. En rouge, une cuvée 100% pineau d’aunis, nommée Garance, portée par un magnifique toucher de bouche. Un 100% grolleau, nommé 80 (c’est un 2010 et les vignes ont été plantées en 1930; une idée de comment s’appellera le millésime suivant ?).
Le Clos des Cosses démontre que le cabernet sauvignon, lorsqu’on le débarrasse de sa gangue de bois plus ou moins neuf, se révèle affable et sympathique. 50% cabernet franc et 50% cabernet sauvignon pour un très joli velouté. Et dire que c’est planté en exposition nord-ouest…
Et puis ya Frida qui est belle comme un soleil…sous la forme du Coteaux du Layon Le Clos des Savarières 2010, botrytisé, issu de rendements risibles (11 hectolitres/hectare), portant allègrement ses 165 grammes de sucre résiduel. C’est irrésistible.
Chez Manuela Chidaine, je commence par une bulle, Montlouis méthode traditionnelle: zéro dosage, aucun sucre résiduel, vendange 2013…et une impression de très forte maturité. Désarçonnant. Impressionnant. Ahurissant. Quant on sait ce que le vignoble a subi en 2013, le tri a dû être plus que drastique !
On continue sur ce satané maudit millésime 2013 avec, entre autres, les magnifiques secs Les Choisilles et Les Bournais. Le premier construit sur une acidité citronnée, parfaite pour ressusciter un zombie. Le deuxième caillouteux au nez et très ample en bouche, avec une signature saline du meilleur aloi.
Si quelqu’un ose m’affirmer qu’il n’y a rien de bon en Loire 2013, qu’il s’apprête à finir noyé dans l’un ou l’autre Montlouis de Chidaine.
Bordeaux ? Bordeaux !
Évidemment pas la confiture molle de chêne et merlot pour laquelle je n’éprouve décidément nulle attirance.
Château Falfas (le ‘s’ final ne se prononce pas) est une propriété historique des Côtes de Bourg. Traversez la Gironde et vous êtes à Margaux.
Véronique Cochran me fait goûter les Demoiselles de Falfas 2013, jeunes vignes, élevage en cuve, 12.5 d’alcool et un joli floral. C’est du merlot certes, mais celui-ci sait se tenir. Château Falfas 2011 est frais et classique. Merlot, cabernets franc & sauvignon et une touche de malbec. Le millésime 2010 est -sans surprise- un peu supérieur grâce à un supplément de chair.
La sélection parcellaire Le Chevalier 2010 impressionne par sa verticalité épurée: le boisé est subtil, la tannicité bien dosée. C’est fin et -oserais-je l’écrire- délicat. Barriques neuves et 75% de cabernet sauvignon.
Bien d’autres très bons vins. Quelques déceptions aussi. Et l’éternelle rengaine du ‘choisir, c’est renoncer’. J’ai donc renoncé à Zind-Humbrecht, à Josmeyer, au Roc des Anges…