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Julie et Jean-Marie

Un de nos restaurants préférés, la Brasserie Julie à Dilbeek, propose à présent une formule à emporter, intitulée le Buffet Juliette.

Samedi, c’était Bouchée à la Reine et son cortège de champignons, ris de veau, volaille, pâte feuilletée et pommes Duchesse. Nous n’avons donc pas résisté. Portion royale et beaux produits. Explication détaillée (en néerlandais) pour bien gérer les temps de réchauffement au four des différents ingrédients.

Un jour, nous retournerons à la Brasserie Julie. Le plus tôt sera le mieux. De toute façon, les tables étaient déjà assez éloignées les unes des autres AVANT. Je me réjouis de revoir l’excellent sommelier, Jori Van Ginderdeuren: il combine compétence, sens de l’accueil et sens de l’humour. What else ?

Le plat appelle le Bourgogne blanc avec conséquentes heures de vol. Je jette mon dévolu sur un flacon mâconnais, à savoir Le Mâcon-Pierreclos Le Chavigne 2002 du Domaine Guffens-Heynen.

A l’attention de ceux et celles qui ne connaitraient pas Jean-Marie Guffens, c’est un Limbourgeois qui s’est installé il y a une quarantaine d’années à Vergisson, au pied de la Roche éponyme. Il parle limbourgeois et bourguignon. Pour ce qui est du néerlandais et du français, c’est moins clair. Il y a quelque chose en lui d’Arno. Humour féroce, humeur imprévisible. Franc-parler qui ne se fait pas que des amis.

Le personnage ne suscite pas forcément la sympathie, mais les vins qu’il élabore sur son petit domaine ne m’ont jamais laissé indifférent. C’est un grand-maître du chardonnay. Il est aussi négociant sous le nom de Verget, ce qui lui permet de proposer des vins de la Côte d’Or et du Chablisien en supplément aux vins locaux.

La robe de ce Mâcon-Pierreclos est franchement dorée. Le nez confesse son âge: le champignon et la forêt humide dominent l’aromatique. La bouche ne peut cacher une légère oxydation. Mais celle-ci accompagne avec élégance un vin riche, intense et savoureux. Les deux premiers verres bus, je me pose néanmoins quelques questions sur la relative absence de complexité du breuvage. Le doute s’installerait-il ?

Indispensable: faire preuve d’un peu de patience, le temps requis pour que ce vin respire après 17 ans de réclusion, pour qu’il se fasse au verre, pour qu’il tiédisse légèrement. C’est magique. Le dernier verre est magistral, avec une tension chablisienne, une touche de coquille d’huître. Quelle persistance ! Un vin vieux, certes mais pas décati.

Respect pour les Anciens !

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2004

Ce mercredi soir, nous fîmes un sort à douze flacons, tous nés en 2004.

Joli podium avec la Côte-Rôtie de Stéphane Ogier, le Sancerre Génération XIX d’Alphonse Mellot et le Sancerre Les Monts Damnés de Pascal Cotat.

Déception du côté de St-Emilion, puisque Beauséjour-Bécot finit bon dernier.

Mention pour le 100% chenin du Domaine Viguier, appellation Entraygues-Le-Fel (Aveyron), acheté € 4,95 chez un caviste local.

Mention également pour la cuvée Schiste de JF. Ganevat en Côtes du Jura qui finit à un souffle de la médaille de bronze.

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€ 35, c’est cher ? Bis repetita placent…

jean-marie guffens€ 35 pour une bouteille de vin, est-ce que c’est cher ? Ma réponse est clairement oui. On atteint les limites de la rationalité.

Ce bref propos liminaire pour introduire Jean-Marie Guffens (pas de plaisanteries graveleuses, merci), vigneron de son état, trudonnaire de naissance, bourguignon de cœur et ci-devant pape du chardonnay.

1976: un jeune couple originaire de Sint-Truiden prend la route du Mâconnais. Jean-Marie et Maine veulent apprendre le français et découvrir le vin. Trois ans plus tard, ils acquièrent leurs premières vignes à Pierreclos. Le Domaine Guffens-Heynen est né.

En 1990, Jean-Marie Guffens crée une maison de négoce: Verget. L’objectif est de pouvoir vinifier des raisins en provenance de toute la Bourgogne, sans devoir y acquérir des vignes, les plus intéressantes étant hors de prix.

Un de mes grands souvenirs de dégustation est la découverte du millésime 1991 de Verget chez un négociant schaerbeekois . Mon intérêt pour le vin était à l’époque fort récent …et pourtant quel choc !  Depuis, j’ai toujours eu un faible pour ces vins.

Fin 1995, Michel Bettane et Thierry Desseauve publient la première édition du guide vert, sobrement titré: « Vins et Domaines, le classement de 1996 ». C’est la consécration: le Domaine Guffens-Heynen récolte 3 étoiles et la maison de négoce Verget deux étoiles.

Le temps passe, mais les vins restent au sommet: dans l’édition 2014 du même guide, les mêmes étoiles sont attribuées. Dans son propre guide, Michel Bettane qualifie Jean-Marie Guffens de « référence mondiale du chardonnay« .

Le Meursault Les Clous provient des lieux-dits contigus « Les Clous-dessous » et « les Clous-dessus », situées sur les collines à l’ouest du village de Meursault.meursault-clous

€ 35 pour une bouteille de vin, est-ce que c’est cher ? Ma réponse est encore oui. Mais dans le contexte murisaltien tel qu’il est aujourd’hui, il me semble qu’il s’agit d’une très bonne affaire.  A bon entendeur…

Cela peut se boire dès maintenant et se conserver au moins 8 ans. Disponible à partir du 06 décembre.

Verget, Meursault Les Clous 2011: € 35

PS: Jean-Marie Guffens n’a pas que des amis. C’est sans le doute le prix qu’il paie pour sa forte personnalité et son incapacité à se taire. Pour découvrir l’homme et les attaques absurdes dont il a été victime, la vidéo ci-dessous est un « must ».