Montpellier, jour 2: ‘Le Vin de mes Amis’

Deuxième étape, changement de style: autant de vignerons passionnants, mais beaucoup, beaucoup de monde, vu le caractère ‘semi-grand-public’ de ce salon. On quitte le bord de mer pour un hôtel 5* un peu snob à Castelnau-de-Lez. Mais, une fois la porte franchie, on s’y sent bien.

Juste là, à quelques mètres de l’entrée, Jean-Hervé Chiquet et son collaborateur Hervé Ledrole: nous sommes chez Jacquesson et ça va buller ! On goûte 738, sur une base de vendange 2010 et une majorité de chardonnay. Tendu et superbement apéritif.

Je ne résiste pas au plaisir de conter l’origine de cette cuvée chiffrée. Voici déjà plus de 10 ans, la Maison Jacquesson devait gérer un dilemme: comment faire un Champagne en utilisant une proportion de vins de réserve (ce qui empêche de le millésimer) et en mettant en évidence les caractéristiques de chaque vendange (ce qui rend impossible de le commercialiser comme un ‘brut sans année’ dont le goût se doit d’être éternellement identique).

La solution ? Une cuvée qui porte chaque année un nombre différent, sans que ce nombre ne soit un millésime. D’où 738…qui suit 737, avec un profil effectivement fort différent: autant 737 était une cuvée vineuse et puissante, autant 738 mise sur la tension et la précision.

Si les circonstances s’y prêtent, goûtez l’une et l’autre cuvée en parallèle. Bonne nouvelle, elles sont toutes deux disponibles chez Anthocyane.

Je rencontre Jean-Marc Grussaute (Camin Larredya – Jurançon). Superbe sec La Virada et splendide moelleux Au Capcèu (100% petit manseng). Je me réjouis de me rendre à la propriété fin mars !

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Chez Fabien Jouves (Mas del Périé – Cahors), je tombe au beau milieu d’une conversation un peu compliquée et très commerciale, un revendeur toulousain pas content. Pas idéal pour goûter, mais les vins parlent pour eux-mêmes. Ici c’est le Cahors du XXIème siècle qui parle. Et il est vachement polyglotte ! Vins de fruit, rosé, élevages en amphore, parcellaire de très grande garde, bulles…rien ne manque.

Les vins Du Mas del Périé seront disponibles chez Anthocyane à la fin du printemps. Y compris des blancs de chenin qui ne laisseront personne indifférent. Promis.

Me voici au Pas de l’Escalette (Terrasses du Larzac – Languedoc), chez Julien Zernott et Delphine Rousseau. On commence par Les Clapas blanc: aïe, ça me paraît étriqué, crispé, bloqué. Un coup d’œil vers les autres dégustateurs…bon, on se risque: ‘Julien, ne serait-ce pas…comment dire…comme qu’y dirait un peu bouchonné ?’

Yep. Pas un bouchonné qui empeste, mais un vicieux/pervers qui s’attaque à la fin de bouche en dénaturant le vin sans avoir l’air d’y toucher. Une autre bouteille ramène le sourire sur tous les visages.

Heureusement, parcours sans faute pour le rosé (dé-li-cieux) et les rouges, même si Les Petits Pas 2014 en ‘version ‘brut de cuve’ doivent encore se poser. Déguster du ‘brut de cuve’ (à savoir un assemblage ‘ad hoc’, manuel, sans protection sulfite ni dégazage) reste un exercice périlleux. Je me contente de vérifier l’absence de défauts. Quant à ce que sera l’assemblage en bouteilles…mystère.

En attendant Mathieu Lapierre, je me verse un petit verre de Raisins Gaulois 2014, l’archétype du super-glouglou. C’est aussi irrésistible en version 2014 qu’en version 2013. Techniquement, le vin est issu des jeunes vignes du Domaine. Mathieu les laisse s’amuser et produire autant qu’elles le veulent. D’où un rendement assez important qui ne permet pas de vendre cette cuvée sous le nom Beaujolais. C’est donc un simple ‘Vin de France’.

Le Morgon 2014 est ‘brut de cuve’ et passé en carafe pour arrondir légèrement son imposante structure. Bien sûr, c’est un infanticide de le goûter dès maintenant.

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