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Visite au Château Haut-Lavigne

Nadia

Le panneau qui marque le début du vignoble de Côtes de Duras est planté à hauteur de l’allée qui mène à la propriété de Nadia Lusseau: à quelques centaines de mètres près, nous aurions été en appellation Bordeaux, plus précisément Sainte-Foy-Bordeaux. Donc, Lot-et-Garonne et non Gironde.

Le chien de la maison est, comment dire, assez grand et direct dans sa façon d’accueillir le chaland. D’un regard de braise, je le ramène à la raison et lui montre qui est le maître. Version alternative: je m’extirpe de ma voiture, encaisse un bon coup de museau dans les lunettes et tente de faire bonne figure.

Château Haut-Lavigne est une propriété de 19 hectares, dont 8,5 hectares plantés en vignes, d’un seul tenant. Cela pourrait faire penser à un terroir homogène. Que nenni.

On y retrouve d’une part un plateau calcaire, surmonté d’une couche d’argiles, où se retrouvent tous les cépages présents sur le domaine. Les raisins sont ici avant tout destinés au haut de gamme (Miss-Terre), sauf les cabernets francs qui passent dans le rosé.

D’autre part, le domaine se compose d’une zone d’argiles profondes et de boulbènes (argile et sable). Les magnifiques cabernets francs de cette zone entrent dans Miss-Terre. Les merlots et les sauvignons sont essentiellement destinés à l’entrée de gamme.

Enfin, une zone hétérogène, avec du calcaire et du silex, avec des vignes de 12 ans et des vignes de 28 ans. Une étude géologique permettra d’y voir plus clair.

Nadia Lusseau organise sa gamme en trois niveaux:

  • Nadia (en blanc, en rosé et et en rouge) est destinée à une consommation immédiate, sur le fruit et la jeunesse. Elevage tout en cuve.
  • La Miss (en blanc et en rouge) est vinifiée à 80% en barriques et à 20% en cuve.
  • Miss-Terre (en blanc et en rouge) est vinifié et élevé 100% en barriques, à partir de sélections parcellaires. Ces deux derniers vins méritent une garde en cave.

Aucune envie de produire un ersatz de Bordeaux.

Dans les assemblages actuels, pas de trace du malbec. Cela changera sans doute, vu qu’un demi-hectare de ce cépage a été récemment planté.

Nadia rééquilibre progressivement la propriété vers une plus grande surface de cépages blancs, en arrachant les vignes rouges les moins intéressantes. Les replantations se font à 5.000 pieds par hectare. Installée depuis 10 ans, elle se fixe l’objectif pour les dix années  à venir de conserver le même nombre de pieds qu’aujourd’hui, sur une surface réduite. Densité de plantation plus importante, donc.

Une cuvée peut être une année majoritairement sémillon et majoritairement sauvignon dans le millésime suivant: pas de règle immuable, c’est le raisin qui décide. Par ailleurs, le sémillon est sensible à la pourriture: en année humide, il peut être judicieux de minimiser la part de sémillon dans un assemblage.

Agriculture biologique; levures indigènes, sauf exception.

Nadia blanc 2012, 80% sauvignon, 20% sémillon. 13,7% d’alcool: cette précision mathématique est un clin d’œil qui répond aux questions habituelles sur l’interprétation à donner à 13% ou à 14%. L’attaque est assez puissante, la finale est serrée, tonique. Cela commence rond, cela finit vertical. Les côtés variétaux du sauvignon (les thiols, responsables des arômes de buis, voire du terrible « pipi de chat ») sont absents. Les raisins sont cueillis mûrs et les sémillons (sur calcaire) sont très « traçants », malgré leur faible part dans l’assemblage.

La Miss blanc 2011: du sémillon très puissant. Du gras en attaque et la même verticalité en finale que Nadia. Un peu de barrique neuve et des barriques de plusieurs vins. Équilibré, dense.

L’évolution se fait vers des contenants de 300 litres au détriment des barriques classiques de 225 litres. Idéalement, Nadia souhaite des 400 litres… mais ceux-ci sont trop lourds à manipuler !

Miss-Terre blanc 2009: 12 mois de barriques, suivis par de 12 mois de cuve. Grosse matière, nécessitant un peu de garde. NB: il n’y aura pas de Miss-Terre blanc 2010: Nadia a préféré écarter les jus dans La Miss 2010, parce que la qualité lui semblait insuffisante pour sa cuvée « haut de gamme ».

Les blancs sont vendangés à la main. Les rouges à la machine. Une machine correctement réglée fournit des raisins entiers, non-abîmés. Paradoxalement, cela perturbe le démarrage des fermentations, par manque de jus, en particulier pour les cabernets. Il y a fermentation intracellulaire, comparable à la macération carbonique.

Nadia rouge 2011: le nez de ce 100% merlot est frais, la bouche tout en rondeur fruitée: à servir plutôt frais, pour éviter que la richesse ne domine l’élégance.

La Miss rouge 2010: de beaux merlots très mûrs, avec des arômes de figue cuite. Belle qualité de tannins.

Miss-Terre rouge 2008: changement radical, voici la fraîcheur mentholée du cabernet sauvignon. Cuvée assemblant cabernet franc et cabernet sauvignon, atypique dans la région. Beaucoup d’élégance. Demande un « peu d’élevage » (dixit Nadia): en ce moment c’est le 2008 qui est commercialisé !

Nadia rosé 2012: on l’avait oublié. Pressurage sur les 95% de cabernets, saignée sur les 5% de merlot, la même trame que les blancs. Finale fraîche et nette: pas de sucre résiduel. Le vin commence comme un rosé classique et finit original. Bonne surprise pour terminer !

Les vins sont en dégustation le 24 août. Ils peuvent être commandés via le tarif & bon de commande.

Une visite au Château Jonc-Blanc

Franck Pascal, vigneron-paysan

« Notre souhait le plus cher: exprimer le lieu. Le reste n’est qu’accessoire« .

Nous sommes à Vélines, village situé entre Bergerac et Saint-Emilion. La maison de Franck Pascal et d’Isabelle Carles donne directement dans les vignes. On se trouve au sommet de la colline. Très peu de sol par dessus la roche-mère, essentiellement composée de calcaire blanc « à astéries ».

La propriété s’étend sur 19 hectares plantés en haute densité. Merlot, malbec et cabernet sauvignon en rouge; sauvignon et sémillon en blanc. Agriculture biologique et biodynamique (certification Demeter à partir de 2012).

Acacia 2010 est un blanc étonnant, à des années-lumière d’un sauvignon variétal et boisé. Premier nez légèrement oxydatif qui fait rapidement place à un beau floral, avec du gingembre; progressivement du fruit légèrement exotique (ananas). Complexe.

Quelques similitudes avec un savagnin. Débat entre nous pour savoir si c’est plutôt du savagnin ouillé ou plutôt non-ouillé.

Le vin est long, sec, puissant, savoureux et relativement peu acide. Il est issu à 70% de sauvignon gris, complété par 30% de sémillon. Vendange de grains sur-mûris (passerillage).

Vin de gastronomie, destiné à la cuisine asiatique, à une volaille ou à une viande blanche. 2 heures de carafe pour en tirer la quintessence.

Franck souligne que chaque millésime d’Acacia a sa propre personnalité: 2009 a gardé du sucre résiduel; 2011 sera aussi sec mais moins puissant que 2010.

un blanc très étonnant

D’ailleurs, ce vin n’est plus présenté à l’agrément de l’appellation Bergerac. C’est un simple « Vin de France ».

L’agrément récompense plutôt les vins moyens, proches d’un archétype. Le vin qui s’aventure sur les chemins de traverse peut être perçu comme dangereux, parce que différent. Faire la part des choses entre un vin indigne (qui mérite l’exclusion) et un vin original n’est pas forcément à la portée de chaque juge-dégustateur.

Alors, dans le doute, on recale, on met le vigneron sous surveillance. L’élite n’est pas la bienvenue parce qu’elle remet en cause trop de pratiques habituelles…

La professionnalisation des dégustations d’agrément conduit paradoxalement le juge-dégustateur à privilégier les certitudes médiocres au détriment des vins qu’il ne comprend pas. Imaginons que ce juge agrée un vin-piège (c’est-à-dire manifestement « bidouillé »), il risque d’être éjecté du panel, avec un impact négatif sur son image personnelle. « Tuez-les tous, Dieu y reconnaîtra les siens ».

On entame les rouges avec Les Sens du Fruit 2010. Long élevage en cuves ; 50% cabernet sauvignon, 40% merlot, 10% malbec.

les billes, pour rafraîchir les rouges

On le remet à bonne température de dégustation avec des billes qui sortent du surgélateur. Grand fruit, grand naturel, rondeur.

ClassIK 2010 (Isabelle et FrancK) est un assemblage gourmand, doté d’une grande buvabilité. Moitié-moitié cabernet sauvignon et merlot.

Cœur de Foudre 2010: 100% merlot et deux ans d’élevage en foudres centenaires, rachetés en Bourgogne (Maranges et Santenay). Beaucoup d’élégance et de tension. Comme une touche de fraîcheur à l’italienne. Le merlot comme j’aimerais le goûter plus souvent…

Pour l’anecdote, la cuvée s’appelait initialement Coup de Foudre, mais cette expression étant une marque déposée, en l’occurrence déposée par un vigneron de la Vallée du Rhône, il a fallu modifier. A dire vrai, je préfère Le nom actuel.

Franck Pascal est un interlocuteur passionnant, direct et fin connaisseur de son terroir. Après avoir exercé des fonctions officielles au sein du syndicat de l’appellation Bergerac, il a démissionné en 2006, voyant se mettre en place une politique peu favorable à la qualité. Aujourd’hui, ses blancs sont commercialisés en Vin de France, son rosé va suivre la même voie très bientôt.

Nous avons encore évoqué le sort de l’appellation Montravel, créée en 2001 pour valoriser les meilleurs Bergerac rouges. Le cahier des charges impose des rendements inférieurs à 50 hectolitres par hectare (contre 60 sous l’appellation Bergerac). On constate que le marché n’a pas suivi, condamnant cette jeune appellation à vivoter. Franck Pascal ne commercialise plus de vins en appellation Montravel.

Les vins sont en dégustation le 24 août. Ils peuvent être commandés via ce tarif & bon de commande.

ça y est: des vins non-français !

Après 125 vins en provenance des 6 coins de l’hexagone, je me décide à vous proposer du lointain et du local.

D’abord le Portugal: nous voici à quelques dizaines de kilomètres au nord de Lisbonne, en altitude, dans la Serra de Montejunto, à portée de canon de l’océan.

Les cinq petites parcelles de vieilles vignes sont exposées au nord. Altitude et exposition contrebalancent les chaleurs torrides de l’été. Le cépage est localissime (vital). La géologie est calcaire.

Casal Figueira était le projet du couple Antonio Carvalho et Marta Soares.

Marta Soares

Je dis « était », parce qu’Antonio est décédé prématurément à l’été 2009. Il était un pionnier de la biodynamie au Portugal. Son épouse a repris le flambeau et a créé, en l’honneur de son mari, la cuvée Antonio, dont voici le millésime 2011.

Le vin est incontestablement plus atlantique que méditerranéen. C’est une évidence géographique et un constat organoleptique (pardon, je ne le ferais plus). 12% d’alcool (eh oui, c’est possible, même à la latitude de Lisbonne), beaucoup de fraîcheur, une très légère note boisée, une note citronnée. Ce n’est pas très puissant, mais la complexité aromatique et la finesse…oui !

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Après le grand sud, cap sur le grand nord, du moins en termes viticoles. Je vous emmène dans les Fourons. Si, si, Happartland. En Belgique, donc. A 90 minutes de la rue des Chats.

Le vignoble du Crindael mérite un détour: pente magnifiquement exposée plein sud, le long de la route pittoresque qui relie les hameaux de Fourons-Saint-Martin et de Teuven. La Wallonie est à moins de 5 kilomètres, les Pays-Bas itou. Le vigneron, Pieter Akkermans, est d’ailleurs de nationalité néerlandaise.

Pieter Akkermans

Géologie calcaire. Si l’expression « calcaire coquillier » vous dit quelque chose, vous êtes au bon endroit. Le sol est truffé de coquilles fossiles, en particulier du genre bélemnite. Cette petite bébête antique figure d’ailleurs sur l’étiquette des vins de la propriété.

La propriété, c’est Pietershof. Je vous propose la Cuvée du Bonheur 2011, nommée ainsi en l’honneur du 40ème anniversaire de mariage du couple Akkermans-Janssen. Il s’agit d’un assemblage de chardonnay et de riesling que j’avais découvert avec le millésime 2006, à l’époque commercialisé sous le nom « Cuvée Rebelle ». La bouteille (vide !) se trouve toujours sur le bar, posée entre un Castello di Broglio 1997 et un Mâcon-Pierreclos de Jean-Marie Guffens.

C’est citronné, bien mûr, avec une certaine minéralité. Cela titre 12,5%. Elevage en cuve.

Un vin belge, le jour de l’abdication…quel à-propos, je m’étonne moi-même…

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Le Portugais et le Belge proviennent du même millésime. Deux blancs secs qui se ressemblent par leur degré d’alcool modéré, par leur terroir calcaire, par leur originalité …et par leur prix: € 11,50. Pourquoi ne pas les comparer ?

Il sont disponibles dès maintenant et seront en dégustation pendant la Fête du Vin.

Tarif & bon de commande

Bois Vaudons …bis !

Je tiens à votre disposition quelques flacons des Vignobles des Bois Vaudons.

Bois Jacou 2011 (100% gamay) à € 8,50

L’Arpent des Vaudons 2011 (100% sauvignon) à € 8,50 et…

Cent Visages  2010 (100% côt, malbec, auxerrois …ou tout autre synonyme qui aurait votre préférence) à € 10,85.

Guide Bettane & Desseauve 2013: « Cent Visages 2010 est un splendide échantillon de malbec, l’un des plus originaux qui soient. Si la mise conserve ses qualités, on verra un grand vin. L’expression fleurie est éblouissante« .

Tarif & bon de commande

Relire le compte-rendu de ma visite ? Ici.

Fondrèche, La Rolière, Coulet et autres perles rhodaniennes

J’avais demandé dans mon enquête du mois d’avril quelle région avait la faveur de mes lecteurs/clients. « Le sud de la France » avait battu, à plates coutures, l’Espagne, l’Allemagne, Bordeaux et même l’Italie.

Les circonstances me permettent de répondre plus rapidement que prévu à cette demande. Avec la collaboration indispensable de Rhône-Vins.

Quelques précisions, du nord au sud:

Domaine du Coulet (Matthieu Barret) à Cornas

La cuvée No Wine’s Land provient d’une petite zone (le plateau des Arlettes) coincée entre les appellations St-Joseph et Cornas.

100% syrah, d’une vigne de 40 ans. Elevage de 13 mois, en cuve (pas de bois).

Très peu de soufre, agriculture bio depuis 2001, biodynamie depuis 2002.

Vin prêt à être tire-bouchonné, sur son fruit.

Matthieu Barret élabore par ailleurs plusieurs Cornas et un vin blanc original, d’un profil plutôt septentrional, tendu et frais.

Château La Rolière (famille Marchal & Pierre Pin) à Livron-sur-Drôme

Les vins de La Rolière font partie des meilleurs représentants d’une appellation un peu mystérieuse, le Côtes-du-Rhône Brézème.

Brézème est une petite enclave, traversée par la Drôme, à mi-chemin de Valence et de Montélimar.

Nous ne sommes ici ni tout-à-fait dans le Rhône-nord, ni dans le Rhône-sud. Bonne question pour un examen de sommellerie !

La cuvée Maurice Marchal est 100% syrah, d’une vigne de 30 ans, vendangée à la main. Une partie du volume est élevée sous bois, avant ré-assemblage.

Vin prêt à boire, sur les épices.

Domaine La Fourmente (Rémi Pouizin) à Visan

Changement de paysage: voici le Rhône-sud. Grains Sauvages est une cuvée 100% grenache.

On est en bio et en nature (sans sulfites ajoutés).

Très vieilles vignes, certaines ayant atteint l’âge vénérable de 70 ans. Rendements très bas, de l’ordre de 25 hectolitres/hectare.

Elevage en cuve béton (pas de bois).

Vin minéral, très fin, avec des parfums de thym.

Domaine Amandine (famille Verdeau) à Séguret

Nous quittons Visan, pour rejoindre Séguret, via Vaison-La-Romaine. Ou via Rasteau…

Le Côtes-du-Rhône-Villages Séguret est un assemblage de 60% de syrah et de 40% de grenache.

Du plaisir en bouteille, ici et maintenant. Rien ne sert d’intellectualiser, il faut profiter !

Le Domaine des Espiers  (Philippe Cartoux) à  Vacqueyras

Le Domaine est situé au cœur du Vaucluse, entre les rives de l’Ouvèze et les Dentelles de Montmirail.

Agriculture biologique. Près de 10 hectares de vignes, dont 3 hectares de Gigondas.

Le Gigondas est élaboré avec 65% grenache et 35% syrah (en général, les Gigondas sont élaborés avec 80%, voire 85% de grenache). Vendanges manuelles. Elevage en barriques.

Vin de garde. Puissant et pourtant encore sur la réserve.

Lui donner un peu de temps pour se fondre.

Le Domaine de Fondrèche (Sébastien Vincenti) à Mazan

Nous finissons cette promenade dans le Rhône en appellation Ventoux, à l’est de Carpentras. Le Domaine de Fondrèche est un grand vignoble de 38 hectares, en agriculture biologique. L’objectif est de produire des vins « identi-terres« .

La cuvée Nadal est un assemblage de 50% grenache (élevage en cuve béton ovoïde), de 40% syrah (élevage en demi-muids & barriques) et d’une bonne pincée de mourvèdre.

Coup droit remarquable de puissance…(c’est pour rire !).

 

Tous ces vins peuvent être commandés dès à présent: tarif & bon de commande.

Ils sont disponibles dès maintenant et sont en dégustation pendant la Fête du Vin.

Domaine Badoz: l’esprit de Puligny à Poligny !

Benoît Badoz

C’est exact. J’ai volé le titre de cet article à la Revue du Vin de France. Faute avouée…

Poligny, le samedi matin: un bon moment pour faire quelques emplettes. En l’occurrence chez Epicurea, endroit qui combine irrésistiblement fromages et vins.

Quelques centaines de mètres plus loin, je gare la voiture au Domaine Badoz.

Jeune papa (pour la deuxième fois), Benoît Badoz m’accueille dans l’un des deux bâtiments principaux du Domaine. Des caves en ville complètent le « parc immobilier ». Poligny est d’ailleurs truffée de caves.

Benoît, c’est la dixième génération. On retrouve ses aïeuls dans le vin jurassien jusqu’en 1659. Son papa, Bernard, a créé la Percée du Vin Jaune, célèbre manifestation annuelle qui fête l’arrivée du nouveau millésime. Chaque année, une autre ville ou un autre village viticole l’organise à son tour, début février.

Après avoir mis la dégustation en route avec Grains de Poulsard 2011, d’une jolie couleur orangée, nous goûtons le Côtes du Jura Trousseau 2011, un jus peu coloré, très agréable. C’est consistant sans être puissant. Il finit très net. Elevage en cuve inox. Le vin est élaboré à partir du cépage trousseau « à la dame », une variété particulièrement qualitative.

Le Vermeil est un assemblage de 70% de trousseau et de 30% de pinot noir. Et voici Côtes du Jura Dédicace à Pierre 2009, un pur pinot noir, élevé en fûts de chêne neuf et titrant 13,9% d’alcool. Tout qui me connaît un peu doit se dire « aïe, ça ce n’est pas vraiment un vin pour Philippe« . J’avoue avoir respiré en entendant Benoît me dire que la proportion de chêne neuf avait été réduite à 50%. A la dégustation, c’est assurément d’inspiration bourguignonne. J’ai été séduit par la texture, la pulposité (si je peux risquer ce néologisme). Je pense que je ne serai pas le seul…

Le passage du rouge au blanc se fait via le rosé d’été Gustave Courbet. Sympathique et tendance, avec ses arômes de pamplemousse.

Le Côtes du Jura Les Roussots 2011 (élevage en cuve inox) est un délicieux chardonnay issu de vieilles vignes, minéral et plein de saveurs d’agrumes.

Quant à l’esprit de Puligny, il souffle avec force dans le Côtes du Jura Arrogance 2011. Le fût ne passe pas inaperçu, mais la matière est telle que ce boisé s’harmonise très bien avec la structure du breuvage. A l’aveugle, ce sera amusant d’entendre les convives se demander si c’est un Meursault ou un Chassagne…Ce qui ne gâche rien, c’est le flacon, très sobre et très élégant. Rassurez-vous, la cuvée porte un nom destiné à choquer, mais le vigneron est très sympa et tout sauf arrogant !

Ce n’est pas fini. Côtes du Jura Vin Jaune 2006. Le Domaine est un spécialiste du vin jaune. 450 fûts de Vin Jaune reposent dans ses caves sèches. Pur savagnin non-ouillé bien sûr. 6 ans d’élevage, dont au moins 5 ans sous voile. Flacon spécial, le clavelin, d’une contenance de 62cl. Longueur interminable et garde éternelle. Aromatique marquée par la noix. C’est un voyage en bouteille…Si vous le souhaitez, je vous servirai de guide.

Tarif et bon de commande.

Les vins sont disponibles à partir du 12 juillet. Ils sont en dégustation pendant la Fête du Vin.

Visite au Domaine de La Borde

Julien Mareschal

Jeudi 25 avril. Je me promène de grand matin dans le village de Pupillin, perché au-dessus de son vignoble. La chambre d’hôtes qui m’accueille durant ce voyage se situe à …200 mètres de mon rendez-vous: c’est la première fois que je rends à une dégustation à pied !

Pas un chat dans la rue principale. Enfin, si justement, des chats et quelques oiseaux. Soleil radieux. D’un côté du village, c’est le Grapiot, restaurant où j’ai réservé pour le lendemain soir; de l’autre côté, après avoir dépassé la maison Désiré Petit, le belvédère, le sarcophage et la noiseraie.

Sarcophage ? « Pour marquer l’arrivée du nouveau millénaire les vignerons de Pupillin ont souhaité oublier 100 bouteilles du millésime 2000 du fameux cépage ploussard. Celles-ci reposent dans un sarcophage à 3 mètres sous vos pieds, dans leur terroir d’origine. »

Pour ce qui concerne la date à laquelle ces précieux flacons seront récupérés, il règne une certaine confusion…

Me voici Chemin des Vignes: c’est ici que Julien Mareschal s’est installé en 2003. Après ses études en oenologie à Dijon. C’est ici qu’il a construit sa maison et le bâtiment qu’occupe aujourd’hui le Domaine de La Borde. La propriété porte ce nom en souvenir de la ferme familiale céréalière, établie dans la plaine du Jura. Pas trop de vignerons parmi les aïeuls…

Acquérir des vignes n’est pas forcément facile. Disons que le vigneron qui a vendu 3,3 hectares à Julien début 2003 n’était pas trop bien intégré dans le village. Une opportunité en somme. Depuis, Julien a agrandi le domaine: 1,5 hectares en 2004 et encore 0,2 hectare récemment. Ô surprise mathématique, la propriété s’étend aujourd’hui sur 5 hectares et produit bon an mal an entre 15.000 et 25.000 bouteilles. 50% du vignoble est planté en savagnin, les autres 50% se répartissant entre chardonnay et cépages rouges.

Domaine de La Borde

Julien est en pleine conversion bio et utilise les préparâts biodynamiques, sans certification.

Nous goûtons.

Impasse sur le Crémant: ce n’est pas trop le truc de Julien. Le chardonnay Sous la Roche 2010 révèle un profil plutôt « Mâconnais ». En général, j’essaye d’évite ce type de comparaison qui sous-entend implicitement que le vin le moins connu doit ressembler à un frère plus médiatique pour exister. Exception pour cette fois car l’Arbois-Pupillin chardonnay Caillot 2010  fait quant à lui plutôt penser à un Chablis de bonne naissance: attaque tendue et fine acidité. Bingo ! Voilà un vin qui me plaît beaucoup.

Changement de cépage: voici le savagnin qui incarne la spécificité du vignoble jurassien. L’Arbois-Pupillin ‘naturé’ Foudre à Canon 2011 se goûte bien: il est peu élevé et offre de façon transparente l’aromatique légèrement exotique du cépage. En fait, « naturé » est un autre nom donné au cépage savagnin. On utilise ce terme lorsque le vin de savagnin est ouillé.

le vignoble, fin avril

Ouillé ? Jusque ici, c’était simple. J’invite à présent le lecteur à s’installer confortablement et à ingurgiter la parenthèse didactique du jour. Les experts de tout poil peuvent passer ce paragraphe.

Prêt ?

Durant son élevage en fûts, le vin s’évapore lentement. Une poche d’air se forme progressivement à la surface. Le vin évaporé doit être régulièrement remplacé par du vin identique de façon à chasser cette poche d’air et à éviter ainsi tout contact avec l’oxygène. Car qui dit oxygène dit possible oxydation et piqûre acétique.

Ce remplissage périodique s’appelle l’ouillage. Un vin qui a bénéficié de cette technique est un vin ouillé. Un vin en quelque sorte « normal ».

humour jurassien…

En Jura, cette « normalité » n’est pas la règle: on y trouve tant des vins ouillés que des vins non-ouillés. Cela grâce à Saccharomyces cerevisiae bayanus, une levure qui va s’accumuler sur la surface du vin en formant un voile de plus en plus épais. Ce voile de levures va réguler le contact entre le vin et l’oxygène. Les vins non-ouillés sont parfois appelés « oxydatifs » ou « sous voile » ou « typés ».

Important de savoir si le vin est ouillé ou non: les vins non-ouillés sont très particuliers et ne laissent personne indifférent: on adore ou on déteste. D’où l’intérêt d’aborder ces vins dans de bonnes conditions pour éviter un jugement négatif sur lequel on pourrait avoir du mal à revenir par la suite. Et ce serait dommage, vu les plaisirs majeurs que peuvent offrir les non-ouillés aux « initiés » (morilles, comté et autres poulardes…).

Fin de la parenthèse didactique. Nous goûtons l’Arbois-Pupillin Tradition 2009, un assemblage de chardonnay ouillé et de savagnin non-ouillé. Une parfaite introduction au monde merveilleux des vins sous voile. On perçoit les arômes typiques de fruits secs, de curry et d’épices, mais avec mesure. Le pur savagnin Les Ecrins 2008 a été élevé 4 ans sous voile; il est puissant, iodé et très typé.

Que diriez-vous d’un peu de douceur ? Le Jura, c’est quand même le vin de paille, non ? Comme son nom l’indique, il est élaboré avec des raisins récoltés tard puis desséchés sur de la paille (à notre époque, plutôt en cagettes mais toujours au grenier, soumis au vent et à la chaleur). Surprise, ce que nous goûtons maintenant n’est pas un vin de paille, mais un vin issu de raisins passerillés sur souche: Gelées de Novembre 2011. Curiosité très intéressante: pur savagnin, à l’équilibre délicat et demi-sec. Que de beaux accords gastronomiques en perspective !

Flash-back: retour au début de la dégustation, nous goûtons le Ploussard 2011 et surtout l’Arbois-Pupillin Ploussard 2012, échantillon tiré de la cuve: quel fruit !!! Julien m’annonce que le vin est à présent en bouteilles. Donc, je vous le propose illico presto.

Les vins sont disponibles à partir du 12 juillet. Ils sont en dégustation pendant la Fête du Vin.

Tarif et bon de commande

Tour de Gaule

Alors, voilà. Samedi passé, j’ai bondi (c’est une image) dans ma voiture, direction la Savoie. Ensuite, cap sur les Côtes du Forez, entre Lyonnais et Auvergne. Puis, le Languedoc. Sur le chemin du retour, j’ai fait une halte en Touraine.

E-p-u-i-s-a-n-t !!

Tout cela pour vous ramener 4 nouveaux vins. Une Roussette de Savoie, un Côtes-du-Forez « gamay sur volcan », un Languedoc « bio » et un Sauvignon de Touraine.

Bruno Lupin, Roussette de Savoie cru Frangy, vin blanc sec, 100% altesse, 2011 (€ 9,89)

Donc, « Roussette de Savoie » c’est l’appellation; « Frangy » c’est à la fois le village de Bruno Lupin et une dénomination géographique qui vient compléter l’appellation; « altesse » c’est le cépage. Cépage très très local. Cela se comprend, vu qu’il est vachement sensible aux maladies. Bel équilibre entre fraîcheur et salinité. Ce n’est pas un boxeur poids lourd, plutôt un super-coq qui mise sur sa vivacité et sa légèreté.

Domaine de la Madone, G. Bonnefoy, Côtes du Forez, Mémoire de Madone, vin rouge, 100% gamay, 2012 (€ 12,08)

Un flacon du millésime 2005, ouvert il y a quelques mois, m’a avait laissé sur le Q. A l’époque, Gilles Bonnefoy travaillait déjà en « bio ». Depuis, il est passé à la biodynamie. A peine 11,5% et pourtant joliment concentré. Les vieilles vignes (> 60 ans) sont cultivées sur un sol d’origine volcanique. Levures indigènes et vendanges manuelles.

A noter la mention « vin biologique » qui peut remplacer, à partir du millésime 2012, la mention « vin produit à partir de raisins issus de l’agriculture biologique ». Deux avantages évidents: (a) la simplicité et la concision (b) la garantie que la vinification répond à des normes précises. Un inconvénient: la plupart des bons vignerons « bio » estiment que ces normes sont trop laxistes, permettant ainsi à un très grand nombre de vins de revendiquer la mention « vin biologique ». Bref, « vin biologique » n’est, en soi, pas une garantie de qualité.

Voir sur la contre-étiquette la juxtaposition temporaire des deux logos: le logo français AB et le logo européen en forme de feuille étoilée. Le premier est amené à disparaître. Pour approfondir le sujet, c’est ici.

Château de Lascaux, Languedoc, vin rouge, syrah-grenache-mourvèdre, 2011 (€ 8,95)

Je suis amateur des vins de ce Domaine depuis de très longues années. Moins médiatisé que beaucoup de ses confères languedociens, Jean-Benoît Cavalier suit sa propre route. Le vin provient du secteur du Pic-St-Loup, réputé pour son climat plus frais, avec d’assez fortes amplitudes thermiques, liées à l’altitude (150 mètres). Agriculture biologique depuis plusieurs années. 60% syrah, 35% grenache et 5% mourvèdre.

Domaine des Corbillières, Touraine-Oisly, Fabel Barbou, vin blanc sec, 100% sauvignon, 2011 (€ 9,89)

« Fabel Barbou » est le nom de la cuvée « vieilles vignes » (40 à 55 ans). C’est aussi le nom de l’arrière-grand-père du vigneron, Dominique Barbou. Cet aïeul a acheté les premières vignes en 1923. Aujourd’hui, près de 30 hectares de vignes, entre Blois, Chambord et Cheverny. C’est un sauvignon de Touraine qui offre des arômes miellés, une franche vivacité, une touche exotique et une structure digne d’un beau chenin. Supérieur à beaucoup de vins de Sancerre !

Ces 4 vins sont disponibles et vous sont proposés ici, au même prix que chez leur importateur, du moins si vous en achetez 6. A la bouteille, je suis 5% plus cher (de l’ordre de 50 centimes).

J’ai effectivement fait quelques kilomètres pour aller les chercher, mais, le Tour de Gaule en une journée, ça non…

Lavernette en dégustation ce samedi 22

Dégustation de 10 à 18 heures.

Trois expressions du cépage gamay: simple/joyeux en rosé, pétillant/étonnant en ‘bulles’, dense/quasi-bourguignon en rouge.

Quatre expressions du cépage chardonnay: Beaujolais blanc (sol granitique) et 3 cuvées de Pouilly-Fuissé (sol plutôt calcaire), chacune développant sa propre personnalité.

Voici mon compte-rendu de visite au château de Lavernette.

Voici le lien vers le bon de commande.

Le Roc se rebiffe !

Suite aux ventes du mois d’avril et à vos nombreux commentaires sympathiques, les vins du Domaine Le Roc sont à nouveau disponibles pour enlèvement à partir du 22 juin. Ils peuvent être commandés dès aujourd’hui via le bon de commande.

Le Classique 2010  – € 6,77: assemblage de négrette, de syrah et de cabernet; poivre et épices (dernières bouteilles)

La Folle Noire d’Ambat  2011 – € 7,63: une bombe fruitée, 100% négrette (épuisé)

Nouveau: La Saignée (rosé) 2012 – € 6,75: un rosé idéal pour accompagner les repas d’été.

Domaine de la Ramaye (Michel Issaly)

Le caveau

On quitte la ville de Gaillac par le nord-ouest. Il ne faut pas rater la petite route à droite, à côté de l’église de Ste-Cécile d’Avès. Quelques centaines de mètres en chemin creux. M’y voici.

Michel Issaly, vigneron, philosophe, copropriétaire du restaurant La Vigne en Foule et président de l’association des Vignerons Indépendants me reçoit…vachement enrhumé.

Ce qui ne l’empêche pas de partager avec moi l’histoire de sa famille et les difficultés que l’on peut rencontrer lorsque l’on n’est pas soi-même issu du monde du vin, ce qui était le cas de son père. La propriété est familiale du côté maternel, depuis le XIXe siècle.

Le caveau est un lieu étonnant, de pierre et de bois, un peu poussiéreux, touffu, hétéroclite, pas trop éclairé, plein de vieux flacons, d’objets patinés et de souvenirs. Surtout ne rien changer ! L’âme du lieu n’y résisterait pas.

Chaque vin est une aventure en soi, marqué par le sceau de la forte personnalité du vigneron: qui décide de réduire fortement la taille de son domaine pour pouvoir consacrer tout le temps nécessaires aux vignes les plus précieuses ?

Michel Issaly

Nous goûtons…

Le Cavaillès-Bas 2011 (80% mauzac, 20% loin de l’œil) ne ressemble qu’à lui-même. Rendements ridiculement faibles, vendanges manuelles en surmaturité, vin très peu soufré. Vin blanc sec avec beaucoup de personnalité. Une complexité qui se révèle progressivement. Caractère bien trempé, concentration des extraits secs dans le vin…et concentration requise chez le dégustateur. Le vin est déroutant, protéiforme et imprévisible.

Parenthèse relative à la symbolique des étiquettes: un serpentin dessinant le terroir vivant, la vie éternelle et l’empreinte de l’homme sur son environnement. En tous cas, le résultat est graphiquement très réussi !

Pech de la Tillette 2011, est un assemblage de cépages rouges (dont merlot et syrah). Il s’agit du vin le plus ‘direct’ de la gamme. Une porte vers un monde à part.

La Combe d’Avès 2008 est un magnifique rouge, très élégant, assemblage à parts égales de braucol et de duras. La texture est soyeuse, la bouche épicée. Pas l’ombre de l’ombre d’une trace de rusticité.

Dans la tradition de Gaillac, il y a le vin de voile. Tradition mise à mal en ce siècle où tout doit aller vite. Un vin de voile (le plus connu est sans doute le Vin Jaune du Jura) a besoin d’un élevage très long pour développer ses arômes surprenants et tellement intenses. Protégé par un voile de levures, le vin s’oxyde très lentement. Le temps passe, le vinificateur attend. A la longue, il peut même ‘oublier’ son vin dans un coin sombre de la cave.

D’où ce Vin de l’Oubli 2000 (100% mauzac), élevé une dizaine d’années sous bois. C’est très riche, très long et très sec. Subtil aussi, épicé, comparable en cela au Château Chalon.

Remarque: les vins de Michel Issaly sont très peu soufrés et embouteillés avec du gaz carbonique pour les protéger de l’oxydation. Conséquence: léger perlant quand on débouche le flacon et aromatique réduite. Ce n’est pas un défaut ! Ces vins doivent impérativement être aérés avant dégustation: donc, carafe, carafe et encore carafe.

Pour la bonne bouche, citation d’une contre-étiquette: « Vous avez le droit de ne pas aimer ce vin. Car il est à l’opposé des vins technologiques qui sont vinifiés pour plaire à tout le monde. » Ces vins sont en effet polarisants: on aime (beaucoup) ou on n’aime pas (du tout). Mais une chose est certaine, l’indifférence n’est pas de mise !

Les vins du Domaine sont en dégustation le samedi 01 juin. Ils peuvent être commandés jusqu’au 04 juin inclus.

Plus d’information sur cette page.

Domaine de Brin (Damien Bonnet)

Le fléchage pour arriver au Domaine est impeccable. Heureusement, parce que le GPS ne connaît ni le lieu, ni les routes qui y mènent. Il faut dire qu’on se sent loin de tout. Pourtant, quelques minutes plus tôt, je parcourais la place du village voisin, Villeneuve-sur-Vère: un lieu esthétiquement magique. Nous nous trouvons à quelques kilomètres d’Albi, dans le Tarn, en plein Sud-Ouest.

Une fois n’est pas coutume, j’arrive avec quelques minutes d’avance. Je suis accueilli par la tante de Damien Bonnet…et par le chat de la maison. J’en profite pour me balader dans les vignes.

Damien Bonnet est jeune, terriblement jeune du haut de mes 49 ans. Et il parle. Disons qu’il m’arrose d’idées, de passion et de réflexions pointues. Quelle énergie ! Comme me dira Michel Issaly lors de ma visite du lendemain: « avec Damien, les anciens ont intérêt à rester bien réveillés ! »

Il est vrai que son premier millésime (2008) a décroché une Médaille d’Or au concours de Gaillac. C’était pour se tester, pas vraiment pour le macaron. Premier essai et premier essai transformé. Depuis, Damien ne participe plus au concours: ce n’est pas plus son ‘truc’ que le mien…

Nous commençons par goûter à la cuve une nouveauté: un gamay pétillant rosé en méthode gaillacoise. Ça commence fort: une délicieuse friandise !

Dans un coin d’une autre cave, un petit fût. Y fermente un blanc, élaboré avec le cépage local ‘Loin de l’Oeil’ (si, si, c’est le nom d’un cépage). Raisins récoltés à 31° potentiels. Pour le dire autrement, si, en fin de fermentation, on se retrouve avec un vin titrant 10% d’alcool, il restera plus de 300 grammes de sucre résiduel par litre !

Au caveau, Damien m’explique qu’il travaille seul, avec l’aide d’un ouvrier 6 mois par an. Levures indigènes et vendanges manuelles. Très peu de soufre. A la vigne, cuivre, ‘poudrage’ …et c’est tout. Rendements très maîtrisés: de 20 à 35 hectolitres/hectare.

Le rosé ‘La Vie en Rosé’ 2012 vient d’être mis en bouteille: ça fera des ravages au jardin cet été ! Je préviens les puristes du rosé sec que celui-ci est tendre. Donc, un peu de sucre mais parfaitement équilibré par le fruit et la fraîcheur. Vendu sous ‘Vin de France’ parce que décidément trop rock ‘n’ roll pour l’appellation Gaillac…Cépages ? Gamay, duras et merlot.

Le Mauzac 2012 est un blanc sec à l’équilibre typique de son cépage: une pointe d’amertume soutient la bouche. Je sais…amertume…un mot dangereux quand on vend du vin. Et pourtant, ce sont les quatre saveurs fondamentales qui font le vin: douceur de l’alcool, acidité fraîche, minéralité saline et amers nobles…voilà le grand cocktail !

La cuvée ‘Pierres Blanches’ était malheureusement épuisée.

Le vignoble de Damien est plutôt axé sur les cépages rouges. Première cuvée, Vendemia 2010, assemblage de braucol (40%), de duras (30%) et de cabernet sauvignon (30%). Pas de passage en bois, 18 mois d’élevage en cuves et mise en bouteilles début février 2013. Poivre et épices. Commence ‘facile’, mais finit plus sérieux.

Ensuite…Anthocyanes 2011…D’accord, avec un tel nom de cuvée, je suis condamné à la subjectivité. C’est donc très bon mais  je n’oblige personne à me croire !  70% braucol et 30% syrah. Elevage en barriques de plusieurs vins. Tannins fins, salinité salivante. Brin de temps 2010, assemblage à parts égales de duras et de braucol, vignes de 30 ans, rendements de 20 hectolitres/hectare, élevage de 22 mois en barriques de plusieurs vins. Cuvée de garde: pour la goûtez dès aujourd’hui, un passage par la carafe est plus que recommandé !

Après, décollage pour la planète Mars. La cuvée liquoreuse ‘Loin de l’Oeil…encore plus doux’ 2011 porte ce nom étrange parce que Damien élabore une cuvée liquoreuse du même cépage, mais en plus ‘politiquement correct’. Attention, cet ‘encore plus doux‘ n’est disponible que sur prescription médicale et après rédaction d’un acte notarié me dégageant de toute responsabilité ! Trêve de plaisanterie, l’équilibre entre sucres ‘héneaurmes’ et acidité de très haut vol en fait une cuvée d’exception.

Reste un rosé liquoreux de cabernet sauvignon, intitulé, à très juste titre, Brin de Folie. J’ai failli vous le proposer, mais finalement j’ai préféré éviter l’internement psychiatrique…

Les vins du Domaine sont en dégustation le samedi 01 juin. Ils peuvent être commandés jusqu’au 04 juin inclus.

Plus d’information sur cette page.

Domaine André & Mélanie Pfister

Mélanie Pfister

Au cœur du joli village de Dahlenheim, je suis reçu par Marie-Anne Pfister, épouse d’André et maman de Mélanie. André est aux vignes, Mélanie…aux Etats-Unis.

André Pfister est incontestablement un pionnier et un précurseur: il a commencé à enherber ses vignes dès la fin des années ’70. A cette époque, il passait pour un farfelu. Il a introduit les cuves thermo-régulées dans le Bas-Rhin et a toujours géré les traitements à la vigne avec précision et rigueur. Une réflexion en profondeur a été menée sur les densités de plantations optimales.

Observer et travailler dans les vignes. Cela peut paraître évident, mais…

Mélanie est devenue chef d’exploitation en 2008, après un sacré parcours, de Bordeaux à Geisenheim, en passant par Dijon et la Nouvelle-Zélande. Le nouveau chai a été inauguré en 2011, de façon à offrir à Mélanie un outil de travail parfaitement adapté.

Les deux Crémants d’Alsace sont très agréables: j’opte finalement pour la version ‘blanc de blancs‘ (chardonnay et pinot blanc). Dégorgement après 24 à 36 mois sur lies. Cette longue période de maturation joue un rôle important dans la qualité de ce Crémant: bulle fin, nez délicat. Accouchement tout en douceur et en prenant le temps qu’il faut. Sucrosité totale de 4 grammes par litre, donc Extra-Brut.

Le premier pinot noir est fort sympathique. Puis le choc: le pinot noir ‘barriques’ 2010. Couleur éclatante. Nez prometteur et équilibre magnifique ! Je me souviens encore des frissons que j’ai ressenti en le goûtant. Récolte manuelle fin octobre, mise en bouteille en août 2012. Terroir exposé à l’est (comme en Bourgogne…). Mélanie a fait un stage chez Méo-Camuzet (Vosne-Romanée) et a décidé de vinifier cette cuvée à la mode bourguignonne. 2010 est à la vente aujourd’hui…en attendant que 2009 soit prêt.

Le riesling Tradition 2011 est très sec (c’est le sens du mot ‘Tradition’) et provient du Silberberg, un beau terroir argilo-calcaire. Analytiquement: 12,5% d’alcool, 4 grammes de sucre résiduel et 8 grammes d’acidité tartrique.

Le riesling grand cru Engelberg 2010 est un grand seigneur, à laisser reposer quelque temps. Ensuite, pendant au moins 15 ans, il va s’affiner et offrir progressivement minéralité et complexité. A traiter avec les égards dus à son rang, sans précipitation.

Au sein de la large gamme: beau muscat ‘Les 3 Demoiselles’, ainsi nommé en l’honneur des 3 filles d’André et de Marie-Anne (une sœur de Mélanie travaille et vit à Bruxelles) et originale ‘cuvée 8’, assemblage de riesling et de pinot gris, épicé d’une pointe de muscat et d’une pincée de gewürztraminer.

Gewürztraminer ? Allons-y pour le gewürztraminer Tradition 2010. Un ‘sec tendre’, floral, épicé et particulièrement gastronomique. Un peu sur la réserve, ce qui lui confère beaucoup d’élégance.

Enfin, un vrai demi-sec en la personne du pinot gris Sélection 2008 et de ses 26 grammes de sucre résiduel. Le millésime 2008, plus frais que 2009, me paraît très bien mettre en valeur cette cuvée, marquée par la poire mûre. Finale très nette.

Les vins du Domaine sont en dégustation le samedi 04 mai. Ils peuvent être commandés jusqu’au 07 mai inclus.

Plus d’information sur cette page.

Domaine Frédéric & Guillaume Mochel

Après un mini-rallye entre Wolxheim, Dahlenheim et Traenheim, j’arrive avec quelques minutes de retard au Domaine Mochel. Je suis reçu par Guillaume, 35 ans et chef de l’exploitation depuis une dizaine d’années. Frédéric, son papa, a pris sa retraite, mais il est toujours là pour donner un coup de main.

Le caveau est surprenant: une combinaison, très réussie, entre une partie traditionnelle et une partie au design hyper-contemporain et très épuré. Tout un symbole: une alliance entre passé et présent.

Nous goûtons deux Crémants, un ‘blanc de blancs’ puis un Crémant rosé de pinot noir: celui-là me plaît vraiment beaucoup, il est parfait pour un repas d’été, au jardin.

Le riesling 2010 est exactement ce que j’en attends: un vin sec, mûr, citronné, précis, à l’alcool modéré (12%). Un riesling consensuel, accessible et souriant. Jeunes vignes plantées sur l’Altenberg.

On change de division avec la cuvée Henriette 2011, grand cru Altenberg: toujours riesling, toujours sec, mais plus tranchant et plus complexe. Grand vin, avec beaucoup de potentiel.

Le gewürztraminer 2010, malgré quelques grammes de sucre résiduel et un alcool important (14%), ne fait ni dans l’exubérance aromatique, ni dans la superficialité: c’est un vin élégant et fin qui peut réconcilier les réfractaires avec ce cépage original.

Le muscat grand cru Altenberg 2011 est étonnant: épicé, salin et d’une grande longueur. Plus Altenberg que muscat. Le meilleur muscat d’Alsace ?

Il s’agit de muscat ottonel, variété délicate qui requiert un grand savoir-faire, et non du plus classique muscat d’Alsace.

Voici venir une bouteille masquée. Guillaume me teste. Je reconnais un riesling (est-ce si difficile à deviner ?) et je parie sur un Altenberg: juste ! Reste à découvrir le millésime. Le vin est tendu, légèrement évolué, pierreux. Dans un grand élan, je déclare que le vin a sans doute une dizaine d’années de vie, mais qu’il ne s’agit certainement pas d’un 2003, millésime de canicule qui a produit beaucoup de vins lourds et excessifs. Le sourire en coin de Guillaume m’en dit long: il s’agit bien entendu d’un …2003 !

Analytiquement, le vin est d’acidité plutôt basse et il y a quelques grammes de sucre résiduel. En bouche par contre, le millésime semble s’être dissous dans le terroir. Des fruits secs, de la précision. Comme quoi, la patience est récompensée. Et, bonne nouvelle, ce vin est  disponible à la vente.

Pendant que Guillaume prépare mes cartons, il me fait encore goûter une Sélection de Grains Nobles 2007…

Les vins du Domaine sont en dégustation le samedi 04 mai. Ils peuvent être commandés jusqu’au 07 mai inclus.

Plus d’information sur cette page.

ô grand Saint-Nicolas…

Frédéric Mabileau

J’ai rendu visite au Domaine Mabileau en septembre, durant mon voyage tourangeau. Quelques mois ont passé, les nouveaux millésimes sont à présent disponibles.

Nous sommes donc à Saint-Nicolas de Bourgueil et même en plein coeur du village, à quelques mètres de la mairie, de l’église et du monument aux morts.

La dégustation commence par un Rosé de Loire. J’insiste sur les majuscules, puisqu’il s’agit d’une appellation à part entière.

Ne pas confondre avec le Rosé d’Anjou, qui se signale souvent par un goût douceâtre et un manque de ‘peps’. Le Rosé de Loire de Frédéric Mabileau provient de rendements inférieurs à 30 hectolitres/hectare, alors que l’appellation tolère 60 hl/ha. Les vignes de cabernet franc ont été plantées il y a plus de 15 ans. La parcelle est petite (1 hectare) et bénéficie d’une agriculture biologique. Terroir de graviers. Le vin est sec et désaltérant. Alcool: 12,5%. Un excellent compagnon pour les après-midi au jardin. Du moins si la météo y met un peu du sien…

Voici « Petits Grains« , un Saint-Nicolas élaboré à partir de raisins (en conversion bio) achetés à un collègue. Ce sont les équipes de Frédéric qui vendangent, à la main, cette petite parcelle. Pur fruit, pur plaisir, alcool: 12,5%. Un cabernet franc joyeux !

Le Saint-Nicolas Les Rouillères constituent la cuvée emblématique du Domaine: plus de 100.000 bouteilles produites, avec des vieilles vignes (âge moyen: 35 ans). Agriculture biologique. Nous goûterons 2011, mais c’est le millésime 2012 qui est aujourd’hui à la vente.

On passe aux choses très sérieuses avec la cuvée Les Coutures: élevage en demi-muids de plusieurs vins.

En français: après fermentation, le vin passe 11 mois dans de grands tonneaux de chêne, appelés demi-muids, d’une contenance de 600 litres. Ces demi-muids sont réutilisés pendant un certain nombre d’années. Ils sont dits ‘neufs’ lors de leur première utilisation, ils sont dits ‘d’un vin’ à leur deuxième utilisation, ‘de deux vins’ à la troisième, etc…

Les Coutures, c’est de la soie ! Vignes de 43 ans. Alcool: 13%.

Dernière cuvée de Saint-Nicolas: Eclipse. 5.400 bouteilles issues de très vieilles vignes (52 ans) sur coteaux argilo-calcaires, de rendements modérés (37 hl/ha), en agriculture biologique. Nous sommes aux antipodes du vin de fruit: vinification et élevage (un an) en demi-muids neufs. Cette cuvée n’est proposée à la vente que lorsque le millésime s’y prête. Nous nous situons dans l’univers des grands Bordeaux classiques, avec des possibilités de longue garde. La Revue du Vin de France a goûté plus de 500 vins rouges de Loire du millésime 2010 pour en sélectionner une centaine. Parmi cette centaine de vins sélectionnés, Eclipse 2010 se voit attribuer la 21ème place.

Voilà. Snif. C’est fini.

Fini ? Non, pas du tout. Chttt, voici les surprises. Après Saint-Nicolas, il y a l’Anjou. Un rouge, 100% cabernet sauvignon, d’autant plus sympathique qu’il n’a jamais vu le tonneau: pure cuve inox. Un jus de cabernet, élaboré avec des rendements de 25 hl/ha ! Vendanges manuelles et agriculture biologique. Si ce vin avait le droit de porter une appellation plus prestigieuse, il se vendrait à un tout autre prix.

Frédéric Mabileau a toujours eu envie de vinifier un vin blanc. Mais à St-Nicolas, c’est peine perdue. L’appellation ne le permet pas et les sols ne sont pas vraiment adaptés au chenin. Chenin , j’ai écrit chenin ? Il fallait donc mettre le cap à l’ouest, explorer le Saumurois, trouver une belle parcelle argilo-calcaire de vieilles vignes à Puy-Notre-Dame…et se lancer ! Résultat: la cuvée Chenin du Puy. Vendanges manuelles en deux tris, le 11 octobre et le 22 octobre 2008. D’où vous déduirez sans peine qu’il s’agit d’un millésime 2008, à point aujourd’hui, après avoir avoir digéré son élevage en demi-muids.

A Huit en Moselle

dans la salle de dégustation de Karthäuserhof

A peine revenu d’Alsace, me voilà sur les bords de la Moselle, l’autre pays du riesling.

Cette fois, le voyage n’est ni professionnel, ni en ‘solo’: nous sommes huit amateurs à consacrer quelques jours à l’exploration d’un vignoble exceptionnel, relativement méconnu en Belgique francophone (dans les pays latins en général) et pourtant situé à moins de 3 heures de route de Bruxelles.

Ce qui ne gâche rien, c’est Trèves, ville principale de la Moselle allemande, riche en monuments romains (Porta Nigra, basilique de Constantin, thermes, etc…) et habilement gastronomisée, via le restaurant double-étoilé Becker’s.

Malgré une saloperie de contracture musculaire dans le dos et une météo hivernale, je garde un souvenir ébloui de notre voyage. En particulier, formidables visites chez Abi Duhr, vigneron luxembourgeois, propriétaire du Château Pauqué à Grevenmacher et chez Tobias Busch, adjoint du maître de chai de Karthäuserhof, propriété historico-mythique de Moselle allemande, sise dans le village d’Eitelsbach.

Vendredi saint, férié dans cette région de l’Allemagne, et donc pas un chat lorsque nous arrivons à Karthäuserhof peu avant 10 heures du matin. Un grandiose mur de vignes de 20 hectares domine la propriété et la protège des vents du nord. Impressionnant ! A se demander comment il est possible de planter, de tailler et de vendanger sur une pente aussi vertigineuse, aussi caillouteuse (schistes). Nous sommes donc en face du Karthäuserhofberg, vignoble exposé plein sud, capable d’amener à maturité des raisins de très grande qualité, du moins lorsque la météo se montre raisonnablement clémente.

Tobias Busch arrive et, dans un anglais impeccable, nous montre immédiatement qu’il est un fin connaisseur de l’histoire tumultueuse du Domaine. Nous nous rendons en sa compagnie dans la salle de dégustation: construite en 1895, celle-ci est un condensé de boiseries, de faïences, de vitraux et de trophées cynégétiques.

Nous entamons le périple par un Pinot blanc, frais, précis et cristallin. Ce sera notre seule infidélité au roi-Riesling. Nous dégustons un à un les secs, les fruités et les moelleux. Pour finir par quelques gouttes de nectar, sous la forme d’un Beerenauslese 2010 (183 g/l de sucre résiduel).

Millésimes 2012 (à peine mis en bouteilles et pas encore tout-à-fait en place), 2011, quelques 2010 et des vins plus anciens: 2009, 2007 et 2004. Notre hôte met en valeur les différentes cuvées, combinant connaissances pointues, sens de l’humour et talent pédagogique. Chaque vin est, à son niveau, un modèle de précision et d’équilibre entre saveurs douces, saveurs fraîches et saveurs salines. Même les cuvées élaborées avec plus de 60 grammes/litre de sucre résiduel, font preuve d’un équilibre net, léger et aérien. Les alcools sont modestes, autour des 10%. Les acidités sont énormes et pourtant sapides. La quintessence…

Il y avait de la magie à Karthäuserhof ce vendredi 29 mars.

PS: je sais, les vins allemands traînent la réputation d’être difficiles à comprendre, difficiles à apprécier et difficiles à trouver. Je me propose de vous accompagner dans cet autre monde du vin: rendez-vous sur ce site durant les prochains mois.

D’ici là, n’hésitez pas à jeter un oeil ici.

La Couronne d’Or et autres pépites du Bas-Rhin

Me voici donc de retour d’un périple alsacien particulièrement fructueux. Le coffre de ma voiture en sait quelque chose…

Bruno, Julien et Anne-Marie Schmitt, Marie-Anne Pfister, Etienne Loew, Bruno Schloegel, Guillaume Mochel et Jean-Pierre Rietsch…merci pour votre accueil plus que sympathique !

Merci en particulier pour ce partage de vins secs, fins et précis. Des vins qui expriment le lieu, le moment et l’homme qui les ont engendrés. Des vins qui conjuguent expressions enracinées et sensations aériennes.

Des vins certes aromatiques mais avant tout dotés d’une texture, d’une structure, d’un bel équilibre en bouche. Les cépages sont transcendés et offrent une palette de nuances qui se révèlent progressivement à l’amateur attentif.

Des vins destinés à la table et à la fête !

Je dis non à l’exubérance racoleuse. Je dis non aux vins lourdauds qui fatiguent nos estomacs et nos cervelles. Je dis non aux vins sans âme, interchangeables et insipides. Rejoignez ce juste combat !

Visite au Domaine Mochel

Visite au Domaine Pfister

Dégusté et approuvé: Les Cocalières 2008

Waouw ! Un Languedoc structuré et frais. Une pointe d’austérité, une dominante ‘mourvèdre’, une très belle finale fruitée. Aucune sensation alcooleuse. De la noblesse. Excellent au point de regretter qu’il ne s’agisse que d’une ‘petite’ bouteille de 75cl.

Contre-étiquette réellement informative: ‘vignoble d’altitude dans le sud de la France, exposé au nord-ouest. La syrah (40%), le mourvèdre (30%) et le Grenache (30%) sont assemblés (…) terroir composé de poussières volcaniques et de calcaire’.

Je souligne aussi l’exceptionnelle qualité du bouchon en liège: autant ne pas gâcher une si belle matière première par une piètre touche finale.

Coteaux du Languedoc Montpeyroux, Domaine d’Aupilhac, Sylvain Fadat, Les Cocalières, 2008 (en conversion à l’agriculture biologique).