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Le Muscadet se déguste le samedi 15 mars

Comme nous le savons tous, le Muscadet n’est qu’un vilain vin de comptoir, vaguement acide et plutôt dilué. Un p’tit blanc dispensable dont le seul mérite est de n’être pas cher. A la simple évocation de son nom, les sourcils se froncent et les nez se pincent…

STOP ! Je vous invite avec grand plaisir à tordre le cou à ce préjugé périmé, à venir goûter et à exercer votre jugement personnel, n’en déplaise aux snobs, au Chat (« Roger, un … ») et aux psychorigides engoncés dans leurs tristes certitudes anti-muscadetsques.

9 Muscadets en dégustation ce samedi 15 mars. Entre 10 et 18 heures. 

Le programme complet est ici.

PS: aucune excuse du type « oh, tu sais, moi, le Muscadet… » ne sera acceptée. Et, pour le plaisir de la comparaison, un vin de Savoie complète la dégustation.

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« On avance à partir d’une passion créatrice »

Carpe Diem, Marguerite, Taurus

Le titre est une citation du philosophe Edgar Morin. Elle figure sur la contre-étiquette de la cuvée Carpe Diem du Domaine de L’Ecu.

Le moins que l’on puisse dire est que Fred Niger Van Herck ne manque ni de passion, ni de créativité !

Voici donc les nouvelles cuvées du Domaine:

Taurus 2011 en est à son deuxième millésime. C’est un Muscadet Sèvre & Maine élevé comme un Bourgogne.

Agriculture Biologique depuis 1975; biodynamie certifiée Demeter depuis 1998.
Vendange manuelle.
Réception des vendanges par gravité, aucun usage de pompes.
Pressurage pneumatique.
Aucun débourbage.
Fermentation via les levures indigènes.
Elevage sur lies en cuve souterraine pendant 10 mois, ensuite élevage sur lies fines en fûts de chêne bourguignons de 4 vins pendant 6 mois.
Ni collage, ni filtration.

Production limitée à 3.000 bouteilles. 12% d’alcool.

Pour le goûter jeune, un carafage de plusieurs heures est indispensable. Garde de plus de 10 ans.

Marguerite est un vin de France non-millésimé. Il s’agit néanmoins d’une vendange 2012 (« cuvée MMXII »). Vin « nature », sans sulfites ajoutés. Production limitée à 1.600 bouteilles. 11% d’alcool.

Carpe Diem est un vin de France non-millésimé. Il s’agit néanmoins d’une vendange 2012 (« cuvée MMXII »). Elevage en amphores, pendant 14 mois. Production limitée à 2.300 bouteilles. 12% d’alcool.

Mes notes de dégustation en racontent plus.

Tarif & bon de commande. Attention, quantités très limitées ! 3 bouteilles max par commande.

Visite au Domaine Serge Laloue

Ce voyage dans le Sancerrois commence par une promenade à Chavignol, histoire de coller mon nez au Cul de Beaujeu (mais non…ce n’est pas grossier) et à la Côte des Monts Damnés. Ces deux lieux-dits célèbres (en Bourgogne, on parlerait de « cru », qu’il soit premier ou grand) sont impressionnants par leur pente et par leur masse qui écrasent carrément le village en contrebas. La météo est (très) ensoleillée, le village est pentu, Philippe se sent bien.

Tout en haut, l’église et le Domaine Henri Bourgeois. De là, vue magnifique sur Sancerre, perché au sommet d’une colline.

Il est bientôt 14h30, temps pour prendre la route vers Thauvenay, village situé au bord du canal latéral à la Loire.

Je suis accueilli par Christine Laloue, pendant que son frère Franck est aux vignes. Un passage par le caveau où sont élevés les vins « sous bois », exclusivement en tonneaux de 600 litres. Vaste cuverie inox, à la mesure d’un domaine de 22 hectares. Les vignes sont situées pour l’essentiel à Thauvenay, avec l’une ou l’autre exception.

On commence par goûter un Pouilly-Fumé 2012. Pardon ? Eh oui…une petite cuvée de négoce, élaborée au départ à la demande d’un agent parisien qui trouvait pratique de pouvoir proposer Sancerre et Pouilly-Fumé d’un seul jet ! Malgré cette naissance un peu particulière, le vin est sympathique, net, droit et « sauvignonne » joliment.

Le Sancerre blanc 2013 (mis en bouteilles fin février) est très sauvignon à l’attaque et déjà Sancerre en finale. A ce stade, le cépage prend néanmoins le dessus sur l’appellation. Mais je suis prêt à parier que ce sera l’inverse dans quelques mois. Equilibre sur l’élégance, pas sur la puissance de l’alcool. Pas de bois et assemblage des trois types de terroirs de Sancerre: des caillottes, des terres blanches et des silex. Je reviendrai sur ce sujet, mais pas ce soir !

A propos de silex, voici la cuvée Silex 2012 (malheureusement déjà épuisée). Profil sérieux et énergique. L’alcool est parfaitement dompté. Le cépage s’efface devant le caillou. Pas de bois. Le 2013 sera probablement mis en bouteilles en juin prochain.

Cul de Beaujeu 2011 a tout d’un grand. On est à Chavignol. C’est concentré et très long. Puissance de l’extrait sec, avec beaucoup d’élégance. Et toujours pas de bois – quelle bonne idée ! Production fort limitée, parcelle en métayage.

1166 2012 n’est pas le code secret de ma carte VISA, mais une cuvée produite sur une micro-parcelle du village de Sancerre, plantée de …1166 ceps. Terroir de silex et de calcaire. Elevage sous bois pendant 11 mois. Le vin est ample, gras mais conserve une belle fraîcheur. Quantités infimes.

Le Sancerre rouge 2012 commence sur une note de réduction qui s’évacue heureusement très vite. Bonjour pinot noir ! Elevage pour moitié en cuve et pour moitié sous bois. Il y a de la densité et de bons tannins.

Enfin, une nouveauté (le vin n’est pas encore commercialisé), à savoir un rouge « Les Rôties » 2012, une sélection de ce que le Domaine peut faire de mieux avec ses pinots noirs. Un bel équilibre entre suavité et tension.

Le fil conducteur est à chercher dans l’élégance et la légèreté des vins. Entendons-nous, « léger » ne signifie en aucune façon « creux » ou « faible ». La légèreté, c’est le contraire de la pesanteur. C’est une jolie dentelle, un souffle aérien. 

Il me reste beaucoup à partager au sujet de cette visite, mais je ressens comme une irrésistible envie d’aller me coucher. Demain (mardi, quoi), beaucoup de travail (sic) et un trajet vers Chablis en toute fin de journée.

Schiavenza – Barolo Prapo 2007

Waouw ! Magnifique Barolo qui combine la suavité de l’attaque avec la tenue de la finale. Nez floral, intense et aérien. Excellents tannins. 14,5% équilibrés par une acidité importante. Un bel exemple de main de fer dans un gant de velours.

Bouteille achetée au Domaine il y a 2 ans. Elevage de 3 ans en ‘botti grande‘, des foudres de 2000 à 4000 litres.

Aupilhac: dynamite et biodynamie en Languedoc

Les Cocalières

Dans le 4*4 de Sylvain Fadat, une cage. Et dans la cage, ça jappe et ça gémit.

On quitte Montpeyroux en direction du Larzac. Arrivés au bas du chemin qui mène aux Cocalières, Sylvain lâche …les chiens. Ils galopent (euh…ça galope, un chien ?), ils nous guident, ils ouvrent la route. On laisse la nouvelle bergerie sur notre gauche. Nous voici tout en haut.

Se promener sur le terroir des Cocalières avec son « créateur » est une expérience difficile à oublier.

Le paysage est grandiose et sauvage, l’amphithéâtre de vignes impressionnant. Pour recréer ce vignoble historique en 1998, Sylvain a utilisé les grands moyens, à savoir la dynamite. Des tonnes de rocher à déplacer. Aujourd’hui, 8 hectares de vignes à 350 mètres d’altitude.

Reprenons la promenade dans l’ordre chronologique: il est 10 heures en ce beau vendredi 31 janvier. Millésime Bio s’est achevé avant-hier et je profite de cette occasion pour rendre visite à l’un des domaines les plus réputés du Languedoc. Je pousse d’ailleurs l’abnégation jusqu’à dormir dans l’un des deux gîtes du Domaine.

Un rapide tour de cave en la compagnie de Jenny, la toute nouvelle secrétaire du Domaine. Puis Sylvain arrive, verres et pipette à la main. On goûte à la cuve. Et au foudre. Des 2012 et des 2013. Les mourvèdres d’Aupilhac (« en bas ») sont denses, tanniques et puissants; les mourvèdres vendangés aux Cocalières (« en haut ») sont surprenants d’élégance, de précision et de finesse.

Le carignan 2012 se goûte déjà très bien: il se pourrait bien que la mise en bouteilles ait lieu cette année plus tôt que d’habitude.

J’avais déjà goûté les vins en bouteilles pendant Millésime Bio. J’y reviens très bientôt !

Le retour du fils de la revanche de Lavernette

Xavier et Kerrie de Boissieu

A nouveau disponibles: le Beaujolais-Blanc « vignes de la roche », le Beaujolais-Leynes « jadis » et le Pouilly-Fuissé « vers Chane » du Château de Lavernette.

Le millésime 2010 du Pouilly-Fuissé « vers Chane » rejoint ses petits camarades en certification Demeter (biodynamie).

Si vous avez oublié (ça arrive…), la cuvée « jadis » est un Beaujolais d’un type très particulier: vinification et élevage comme au XIXème siècle. Long passage en fûts usagés. Grande garde pour ce 2011, millésime exceptionnel en Beaujolais. A mon avis, plaira beaucoup aux amateurs de pinot noir bourguignon. A l’aveugle, on s’y croit…

Sans oublier « vignes de la roche » 2011, archétype du chardonnay d’un superbe rapport prix/plaisir !

Tarif & bon de commande

Terroirs boulardiens

Février 2012. Il gèle à pierre fendre. Mon ami Th***** et moi explorons la Champagne. Non, pas de descente en cave, plutôt promenades, restaurants et une visite chez un caviste à Epernay. Cela s’appelle le 520 (cinq cents vins) et c’est l’île aux trésors ! Si vous êtes de passage par là, à ne pas manquer. Tous vos rêves champenois rassemblés en un seul lieu. Et une belle série de vins non-champenois, particulièrement bien sélectionnés.

Bon, revenons-en à ce voyage qui se termine. L’air de rien, j’évoque les vins de Francis Boulard. Th*****: « et il est installé où , ton M’sieur Boulard? »  Euh, à Cauroy-les-Hermonville, c’est un peu excentré par rapport à la Montagne de Reims et (tiens, tiens) c’est sur notre chemin de retour. « OK, on y va ! » Parfois, les choses sont simples. Enfin, quand je ne les complique pas…

Francis Boulard nous reçoit. Il rentre à l’instant d’Angers où il participait au salon « Renaissance des Appellations ». Angers-Reims, 430 kilomètres, il un est peu groggy. Mais très vite sa passion pour ses produits reprend le dessus.

…Quelques cartons baladeurs se réfugient dans le coffre de la voiture. A l’insu, de notre plein gré…

Le sourire est bien dessiné sur nos visages. Une bouffée de chaleur bienfaisante pour narguer le gel et la bise. Un peu de béatitude.

Je vous propose deux cuvées issues de ce micro-vignoble de 3 hectares. D’abord Les Murgiers, un assemblage de 70% de pinot meunier et de 30% de pinot noir. Un « blanc de noirs » donc. Terroirs argileux et calcaire de la Vallée de la Marne. Dosage de type extra-brut à 5 g/l. Un Champagne idéal pour accompagner le repas: poissons, fruits de mer, volailles et viandes blanches.

Citation extraite du guide Bettane & Desseauve: « 70 % de meunier et 30 % de pinot noir constituent l’assemblage de ce vin qui évolue parfaitement dans le verre, il est taillé pour le repas avec des crustacés et des viandes blanches car sa conversation se révèle très mélodieuse entre la tension subtile et des rondeurs de grand style. On retend volontiers le verre ! »

Plutôt à la recherche d’un Champagne pour l’apéritif ou pour les huîtres ? Optez pour la cuvée Blanc de blancs vieilles vignes. 100% chardonnay. Terroir siliceux-calcaire du Massif de Saint-Thierry. Dosage nature à 0 g/l. Agriculture biologique certifiée.

Contrairement à une légende tenace, les (bons) Champagne non-millésimés peuvent être conservés plusieurs années après leur dégorgement. Dans le cas des vins de Francis Boulard, issus de la vendange 2009, ils sont à leur apogée au moins jusqu’en 2017.

Je vous invite à jeter un œil aux contre-étiquettes des vins de Francis Boulard: c’est une mine d’informations précises et pertinentes. Très loin des banalités d’usage !

Ces deux vins de Champagne sont en dégustation ce samedi 07 décembre et peuvent être commandés dès à présent via ce lien.

Bulles de Meuse

Karel & Tine, vignerons limbourgeois

Au printemps 2009, dans un salon consacré aux vins belges, je m’ennuyais un peu, à force de goûter des vins sans énergie, ni personnalité. Soudain, un pinot blanc me cloue sur place. Je goûte et je regoûte. Je passe au pinot gris du même vigneron.

Mamma mia…c’est vraiment très bon !

Notre Belgique, donc. L’extrême nord-est. Le Limbourg. Là où la Meuse, après avoir arrosé Liège, dessine la frontière avec les Pays-Bas. Maastricht, Maasmechelen, puis Maaseik. Toujours la Meuse.

Tout près de Maaseik, un joli hameau: Aldeneik. Et le vignoble de pinot le plus septentrional d’Europe. 7 hectares de pinot blanc, de pinot gris et de pinot noir. Exposition sud-sud-est, coteau qui descend doucement vers le fleuve.

Quelque chose d’irréel dans les paysages. Micro-climat plutôt sec et plutôt chaud. Terroir très caillouteux (graviers charriés par la Meuse), recouvert d’une couche d’argile.

Karel Henckens et son épouse ont créé ce vignoble en 2002. Une intuition, une passion. Leur Domaine porte le nom du hameau où ils sont installés, sous une graphie ancienne: Aldeneyck.

Le Domaine propose une jolie bulle: 1/3 pinot noir, 1/3 pinot blanc, 1/3 pinot gris. Méthode traditionnelle, comme en Champagne. Vendanges manuelles fin septembre 2011. 12,5% d’alcool et dosage à 6 g/l. Mise en bouteille en juillet 2012. Dégorgé en juillet 2013, après 12 mois sur lattes (cliquez ici pour en savoir plus sur le dosage et le dégorgement d’une bulle).

Avant d’être une belle bulle belge, c’est une belle bulle. Et avant d’être une belle bulle, c’est un beau vin. Cela se commande ici et c’est en dégustation ce samedi 07 décembre.

€ 35, c’est cher ? Bis repetita placent…

€ 35 pour une bouteille de vin, est-ce que c’est cher ? Ma réponse est clairement oui. On atteint les limites de la rationalité.

Ce bref propos liminaire pour introduire Jean-Marie Guffens (pas de plaisanteries graveleuses, merci), vigneron de son état, trudonnaire de naissance, bourguignon de cœur et ci-devant pape du chardonnay.

1976: un jeune couple originaire de Sint-Truiden prend la route du Mâconnais. Jean-Marie et Maine veulent apprendre le français et découvrir le vin. Trois ans plus tard, ils acquièrent leurs premières vignes à Pierreclos. Le Domaine Guffens-Heynen est né.

En 1990, Jean-Marie Guffens crée une maison de négoce: Verget. L’objectif est de pouvoir vinifier des raisins en provenance de toute la Bourgogne, sans devoir y acquérir des vignes, les plus intéressantes étant hors de prix.

Un de mes grands souvenirs de dégustation est la découverte du millésime 1991 de Verget chez un négociant schaerbeekois . Mon intérêt pour le vin était à l’époque fort récent …et pourtant quel choc !  Depuis, j’ai toujours eu un faible pour ces vins.

Fin 1995, Michel Bettane et Thierry Desseauve publient la première édition du guide vert, sobrement titré: « Vins et Domaines, le classement de 1996 ». C’est la consécration: le Domaine Guffens-Heynen récolte 3 étoiles et la maison de négoce Verget deux étoiles.

Le temps passe, mais les vins restent au sommet: dans l’édition 2014 du même guide, les mêmes étoiles sont attribuées. Dans son propre guide, Michel Bettane qualifie Jean-Marie Guffens de « référence mondiale du chardonnay« .

Le Meursault Les Clous provient des lieux-dits contigus « Les Clous-dessous » et « les Clous-dessus », situées sur les collines à l’ouest du village de Meursault.

€ 35 pour une bouteille de vin, est-ce que c’est cher ? Ma réponse est encore oui. Mais dans le contexte murisaltien tel qu’il est aujourd’hui, il me semble qu’il s’agit d’une très bonne affaire.  A bon entendeur…

Cela peut se boire dès maintenant et se conserver au moins 8 ans. Disponible à partir du 06 décembre.

Verget, Meursault Les Clous 2011: € 35

PS: Jean-Marie Guffens n’a pas que des amis. C’est sans le doute le prix qu’il paie pour sa forte personnalité et son incapacité à se taire. Pour découvrir l’homme et les attaques absurdes dont il a été victime, la vidéo ci-dessous est un « must ».

Les aventures de Grand Mont & de La Négrette

Pour comprendre et évaluer le millésime 2011 en Loire, la Revue du Vin de France a goûté 1.430 vins.

25 bouteilles ont été promues au titre de « réussite exceptionnelle« .

Vous me voyez venir…tant le Bourgueil Grand Mont du Domaine de La Chevalerie que le Montlouis La Négrette du Rocher des Violettes font partie de ces réussites exceptionnelles.

Entendons-nous, ce sont des vins destinés à la garde: plutôt un repas de fin d’année en 2020 qu’un gueuleton en 2013 !

Je dispose d’un stock de La Négrette et de 5 bouteilles de Grand Mont: tarif & bon de commande.

Chassignol

aujourd’hui Thillardon, auparavant domaine de Chassignol

La Revue du Vin de France « Réussite exceptionnelle: sous un rubis profond, traîne un parfum authentique de vétiver, de musc, avec une touche de poivre vert. L’attaque commence saline, puis se voit épaulée par un muscle boisé avant de relâcher un fruit salivant de mûre. La nouvelle création d’un jeune et authentique talent. Un très beau vin. 

Prix au Domaine: € 17. »

La contre-étiquette de la bouteille: « Terroir de granit, quartz et roches lardés, vieilles vignes plantées sur un des plus beaux terroirs de Chénas. Les vignes sont travaillées au cheval de trait de la façon la plus naturelle possible. Ce vin est non-filtré et peut présenter un léger dépôt qui ne nuit en aucun cas à la qualité. »

Mon avis: c’est du gamay, certes, mais je défie quiconque de s’en rendre compte en dégustation « à l’aveugle ». Amateurs de gentils Beaujolais fruités, vous êtes prévenus, ce n’est pas vraiment ce qui se cache dans cette bouteille. Autant Paul-Henri Thillardon est sympa et ouvert, autant ce vin est sérieux, voire légèrement austère. Les pieds dans la terre et la tête dans les nuages. 2012, millésime difficile ? A nuancer en goûtant ce Chénas d’enfer !

à l’avant-plan, granit lardé de Chassignol

Le magnifique coteau de Chassignol se situe juste derrière la maison et le chai de Paul-Henri Thillardon. Se promener ici transmet très bien la force du rocher. Cette parcelle (5,5 hectares de vignes, dont 2 hectares ont été arrachés) a été rachetée récemment: 2012 est le premier millésime élaboré par le nouveau propriétaire, avec des rendements de l’ordre 20 hectolitres/hectare.

Mazette, ce sera encore meilleur dans le futur !

Magasin en-ligne

Découvrir

Pas l’occasion de passer à la dégustation de ce weekend ? dommage, mais tout n’est pas perdu. Pas trop d’idées pour commander ? ça peut arriver.

Une solution, le colis-découverte Beaujolais: 6 bouteilles différentes pour se faire une (bonne) idée de ce que propose la région. 2 blancs de chardonnay (eh oui, le Beaujolais blanc, ça existe), 1 Beaujolais-Villages et 3 crus: Fleurie, Chénas et Moulin-à-Vent.

Cela se commande ici. Attention: disponible pour commande jusque ce mardi 22 octobre inclus.

Envie de vous faire une idée plus générale de ce que je propose ? Alors le colis-découverte Anthocyane « 1er anniversaire » est fait pour vous. Un « Tour de France » en 6 bouteilles différentes, de la Touraine jusqu’à Bordeaux, du Sud-Ouest jusqu’au Beaujolais, du Saumurois jusqu’en Touraine, la boucle est bouclée. Prix sympathique.

Cela se commande ici.

la composition du colis-Beaujolais

Ils sont frais mes vins de Loire !

Les palettes m’ont été livrées ce matin. Ne reste plus qu’à préparer vos commandes…Tout sera prêt d’ici à samedi matin, avec la bénédiction de ma ceinture abdominale. Enfin, j’espère.

Visite chez Eric Janin

la maison familiale, à Romanèche-Thorins

11 septembre. J’arrive à 10 heures. Eric finit de donner un coup de balai dans le chai. Je suis très flatté ! « Vous seriez arrivé avec cinq minutes de retard, vous aviez droit au tapis rouge !« , plaisante Eric.

Plus sérieusement, Eric m’explique qu’il est en pleine préparation de la mise en bouteilles du Moulin-à-Vent 2012. L’assemblage a été réalisé hier, les bouteilles (vides) arrivent aujourd’hui. On nettoie les cuves, les tuyaux, la pompe et demain, l’embouteilleuse tournera à plein régime.

Bientôt les vendanges, une excellente raison pour faire de la place dans les cuves. A propos, déjà une idée de la date des vendanges 2013 ? « Vers le 01 octobre, une dizaine de jours plus tard qu’en 2012. Le soleil n’a vraiment commencé à briller qu’au 15 juillet. On a rattrapé un peu du retard accumulé pendant le printemps, mais certainement pas tout. Et puis, depuis une semaine, le temps est à nouveau variable et assez frais« , explique Eric.

En ce moment, il faut beaucoup de lumière (indispensable pour la photosynthèse) et de la chaleur (25°). Cette chaleur s’emmagasine dans le sol pendant la journée et est restituée à la plante la nuit.

Et les rendements en 2013 ? « Normaux sur les les Villages, autour des 50 hectolitres/hectare. Ce sera plus compliqué pour les Moulin, certaines parcelles de vieilles vignes ayant souffert de millerandage« . Il y aura en tous cas bien plus de raisins qu’en 2012 et c’est une excellente nouvelle.

[parenthèse technique, le millerandage est un phénomène lié à des conditions climatiques défavorables au moment de la floraison. Plus tard dans la saison, cela conduit les grappes à porter à la fois des grains bien formés et d’autres particulièrement petits, sans pépins. Baisse de la quantité, d’autant plus forte que la proportion de petits grains est importante. Par contre, la qualité est affectée positivement, en particulier parce que la proportion entre pellicule et pulpe est en faveur de la pellicule, laquelle contient la plupart des éléments essentiels à l’élaboration d’un vin de garde.]

Nous goûtons le Beaujolais-Villages 2012 (Vignes des Jumeaux), mis en bouteilles fin mai. La couleur est moins soutenue que sur 2011. Le vignoble a été partiellement touché par la grêle, les maturités n’ont pas été optimales. Je souligne l’honnêteté du discours d’Eric, qui présente son bébé sans affirmer que, puisque c’est le sien, c’est forcément le plus beau bébé du monde.

Autant 2009 était un millésime où le gamay s’accoquinait avec le Rhône Nord, autant 2011 était concentré, autant ce 2012 serait plutôt un millésime de type bourguignon. Bel équilibre, fraîcheur, matière soyeuse. Evidemment, ne pas escompter la puissance. Cela se goûte en tous cas très bien maintenant et pendant les 3 ans qui viennent. Elevage en cuves (pas de bois).

la gamme 2012

Nous passons au Moulin-à-Vent 2012, goûté à la cuve. A ce stade, le vin contient pas mal de gaz carbonique, ce qui se perçoit par un perlant sur la langue. Juste avant la mise en bouteilles, de l’azote alimentaire (gaz inerte) est injecté pour chasser le gaz carbonique excédentaire.

[parenthèse technique: lorsque le vin est longuement élevé en fûts, petits contenants de 228 litres, le dégazage s’effectue progressivement, grâce à la porosité du bois. Par contre, le dégazage naturel est limité lorsque le vin est élevé, comme chez Eric Janin, en foudres, grands contenants de 3.500 litres ou plus.]

Un seul Moulin-à-Vent en 2012. Ni Clos du Tremblay, ni Greneriers cette année, en raison des faibles quantités récoltées (145 hectolitres, alors que 2011 en avait produit 290 !). Les raisins issus du Clos et ceux provenant de la parcelle des Greneriers ont été vinifiés ensemble. Ensuite, Eric a estimé que le potentiel pour élaborer une cuvée de prestige (Clos+Greneriers) n’était pas au rendez-vous. Tous les vins d’appellation Moulin-à-Vent ont été assemblés dans la cuvée classique Domaine des Vignes du Tremblay.

Décision courageuse, parce que les conséquences économiques à court terme sont importantes. Sur le long terme, je pense qu’Eric a raison de suivre son jugement et son intuition.

Est-ce bon ? Ah oui !! Le vin est intense, précis et donne beaucoup de plaisir dès aujourd’hui. La finale est néanmoins serrée, presque sérieuse. C’est un vin qui traduit avec beaucoup d’intégrité les caractéristiques du millésime. « Aujourd’hui, je suis très satisfait » dixit Eric. Et ceux qui le connaissent savent qu’il se laisse rarement aller à ce type de confidence.

Ce Moulin permettra d’attendre que les Greneriers 2011 soient prêts. A boire dans les 5 ou 6 ans.

On conclut avec le Beaujolais-Villages (Vignes des Jumeaux) en blanc. Blanc signifie chardonnay. J’avais dégusté le millésime 2011 lors de ma précédente visite fin janvier et il m’avait laissé quelque peu sur ma faim, en raison d’un boisé qui m’avait semblé assez présent. Changement de décor avec ce 2012, mis en bouteilles vers le 15 août: arômes d’abricot, boisé très délicat, notes de fumée et d’encaustique. Vignes plantées en 2006 et 2009. Un vin plus que sympathique, sans la tension acide qu’engendrerait un terroir argilo-calcaire.

Eric Janin (photo prise en janvier)

Passer un moment avec Eric a quelque chose d’apaisant et de profond. Même les silences sont chargés de sens. Aucune esbroufe, juste le témoignage d’un vigneron expérimenté (nous avons brièvement évoqué les vendanges 1991), profondément attaché à ses vignes et respectueux de sa clientèle.

…

Je suis revenu le lendemain. Pour assister à la mise en bouteilles du Moulin-à-Vent 2012 et pour emmener les toutes les premières bouteilles qui ont quitté la cave. L’une de ces bouteilles sera sur le bar, ce samedi 19 et dimanche 20 octobre.

Tarif & bon de commande

compte-rendu de ma visite de janvier 2013

Gilles Bonnefoy à l’honneur

Gilles Bonnefoy

L’excellente revue Le Rouge & Le Blanc (…libre de toute publicité) consacre un article aux appellations Côte-Roannaise et Côtes-du-Forez. Petit rafraîchissement géographique: on se situe entre Saint-Etienne et Roanne, entre Lyon et le Massif Central, aux sources de la Loire.

Les vins de Gilles Bonnefoy sont particulièrement appréciés et deux d’entre eux reçoivent une « grappe », symbole qui signale les réussites les plus intéressantes.

Voici la conclusion de l’article du Rouge & Le Blanc : « Le domaine qui s’est vraiment distingué parmi les Côtes-du-Forez est celui de Gilles Bonnefoy qui, avec une viticulture de pointe et une vraie patte de vinification, donne beaucoup d’intelligence à ses vins. Des gamays très bien maîtrisés, dotés de fortes personnalités, qui indiquent incontestablement une voie à suivre« .

Vous allez finir par croire que je suis vraiment commerçant en vins …j’en ai au tarif !

Tarif & bon de commande

Cour-Cheverny François Ier 2007 du Domaine des Huards

Je ne peux pas m’empêcher de partager un article paru dans le numéro d’octobre de la Revue du Vin de France:

« Sur le petit vignoble de Cour-Cheverny (54 ha), seuls les blancs à base de romorantin voient le jour. Au domaine des Huards, la famille Gendrier produit une cuvée François Ier extraordinaire. Issue de vieilles vignes de romorantin (70 ans en moyenne), elle déroule un nez profond nourri par l’élevage de six mois sur lies, une bouche savoureuse et longue.

Après quelques années de garde en cave par les vignerons, ce 2007 est le millésime aujourd’hui à la vente. Il commence à se dévoiler cet automne et vieillira plusieurs années à merveille. Un blanc bien typé qui surprendra les amateurs par son originalité et on potentiel de garde. Digne d’un roi ! ».

Que rajouter ? Cela se vend € 11,40 chez votre serviteur. Voir aussi la page consacrée au Domaine.

Tarif & bon de commande

Le voyage en Beaujolais: la pioche et le sabot

la gamme de Lilian (Les Bachelards)

Très sympa de revoir les vignerons à qui j’avais rendu une première visite à la fin du mois de janvier !

Nouveau millésime, nouvelles approches, nouvelle maison. 2012 est une petite année en volume, mais ce n’est pas un petit millésime.

Décidément, à Chénas, à Leynes, à Fleurie et en Moulin-à-Vent, il y a de quoi tordre le cou au « vin qui n’existe que le troisième jeudi de novembre ».

Entre des mains courageuses et talentueuses, le gamay fait des merveilles. A condition bien sûr de bichonner les vignes comme elles le méritent. A condition de prendre des risques et d’intervenir si peu que possible en cave.

Préparez déjà vos papilles et oubliez les (éventuels) préjugés !

Mon journal de voyage et de dégustation est ici. Les articles détaillés suivent au fur et à mesure…

Lorsqu’il m’a vu apparaître, David Barrault prenait le thé sur sa terrasse, avec un copain. La soirée précédente avait été « studieuse », vu le nombre de flacons posés sur la table. Flacons vides pour certains, un peu moins vides pour d’autres. Je commence donc la dégustation par quelques gouttes de La Moussière (Mellot) et d’un Pouilly-Fumé d’Alexandre Bain. Mas del Périé (Cahors) était vide, dommage, j’aurais goûté avec plaisir.

Le contact passe tout de suite. Le temps pour David de changer de chaussures et cap sur les vignes. Lieu magique, silence d’anthologie. Les épaules se détendent, la pression tombe, je respire.

Sols argilo-calcaires, avec épaisseur variable d’argile. Juillet a été chaud et très sec, la pluie de cette nuit était la bienvenue.

A coté de la maison, une très jeune vigne. Une sorte de jardin expérimental, avec du cabernet franc et du pineau d’Aunis. En septembre, David y plantera deux cépages locaux anciens, disparus depuis plusieurs dizaines d’années. J’avoue en avoir oublié les noms. Il se pourrait que l’un soit de la famille des mansengs, sans garantie.

Un tour dans le chai révèle des cuves béton, des cuves inox et des grosses barriques (300, 400, voire 600 litres). Quelques barriques vides, vu les faibles rendements de 2012 (le mildiou n’a pas épargné Tire-Pé).

Nous goûtons DieM 2012, 100% merlot joyeux, simple, croquant, fruité, précis et terriblement plaisant. Elevage 100% en cuve, mise en bouteilles en juillet.

Ce vin est élaboré à partir de raisins « Tire-Pé » et de raisins achetés à deux vignerons-voisins, de façon à pouvoir proposer un volume suffisant. Collaboration un peu particulière, à mi-chemin entre le fermage et le négoce: David vendange lui-même, mais les vignerons-voisins se chargent de tous les autres travaux de la vigne. Progressivement, ces vignerons-voisins évoluent vers le « bio »: une forme très concrète de prosélytisme.

Le Château Tire-Pé 2011 est tout autant 100% merlot. Pas de barriques. Tension dès l’attaque, beaucoup de fraîcheur jusqu’en finale. Un merlot avec une sacrée colonne vertébrale ! Du « peps ». Cela se goûte à la perfection, tout tombe juste, grand équilibre prêt à boire.

On en profite pour faire une pause architecturale: les étiquettes de Tire-Pé jouent avec des représentations d’un fer forgé de 1764, réalisée par un artisan réputé localement. Et voilà (la première partie de) la propriété datée !

La Côte 2010 est épuisée. Le millésime 2011 sera mis en bouteilles en septembre. Assemblage de 60% de merlot et de 40% de cabernet franc. Elevage d’un an en barriques de plusieurs vins, puis de 8 mois en cuve. Tous les cabernets francs de la propriété rentrent dans cette cuvée. Carafe ou quelques années de patience. Grosse matière, boisé discret. Un Bordeaux comme on en faisait il y a 25 ans.

Il y a un paquet d’années, Elian Da Ros (vigneron dans le Marmandais) était venu goûter les vins de Tire-Pé: « Faut que t’arrêtes avec tes charpentiers » avait été son commentaire. David estime qu’Elian lui a rendu ce jour-là un énorme service. Les charpentiers ont été virés, les barriques sont aujourd’hui sélectionnées avec minutie. Chaque barrique d’un même vin est régulièrement goûtée, à l’aveugle.

Tiens, la pluie se remet à tomber. David me raconte la triste histoire d’un vigneron qui a décidé de s’arrêter: 48 hectares ont été grêlés à 100%. Un désastre, bois éclatés, plus de feuilles. 9 minutes de grêle et tout est fini. David, lui, est assuré.

Les Malbecs 2010 est en bouteilles depuis juin 2013. Vignes de 10 ans. Quelle aromatique ! Superbe jus floral et poivré. Au nez, on pourrait penser à une syrah. Aucune dureté, pas de rusticité. C’est fin et déjà prêt à boire.

Ces vins sont en dégustation le 24 août. Ils peuvent être commandés via ce tarif & bon de commande.