Le Soir déconne-t-il ?

Aujourd’hui, Le Soir encarte un supplément ‘Le Soir Plus’ spécial vins. En soi, une initiative qui pourrait séduire: 12 pages de lecture potentiellement intéressante.

Patatras, je tombe de ma chaise à la lecture de ce machin trois quarts figue, un quart raisin.

Le thème: les vins d’été. C’est le moment. Malgré nos 11° C et la drache qui n’arrête pas. Passons en Une sur la photo en pied de la star Eric et entrons dans le vif de notre sujet.

Page 2: pas de chance pour ceux qui attendent une information, ils reçoivent un ‘publi-reportage’ manifestement payé par un outil de promotion du rosé de Provence. Je note que le sommelier considère que : « l’ensemble [des vins dégustés] est homogène et d’un très bon niveau« . Ben tiens. Une dizaine de cuvées ont été dégustées. Lesquelles ? Ce n’est pas indiqué…

Page 3: voici l’éditorial. Au moins, il est signé par son auteur. C’est le seul article dans ce cas, tout le reste étant camouflé derrière un anonymat que je trouve déplaisant. Il est annoncé que les clichés ne seront pas évités: je confirme, un bon point pour la lucidité de l’éditorialiste. Quant à sa volonté de « penser autrement, juste un peu à côté des habitudes« , j’avoue ne pas avoir bien compris.

La page 6 est titrée: « Le rosé sera la tendance de cet été !« . Ne nous plaignons pas, nous avions été prévenus…les clichés ne seront pas évités…Je laisse aux experts-vinificateurs le soin d’analyser les explications techniques consacrées à la vinification des rosés; de mon point de vue, on mélange le vrai et le très approximatif.

Colruyt finance la page 7. Et la page 11. Merci.

Ah cette page 10, j’adore…On nous invite à découvrir les vins de montagne. Outre un bête vin suisse (le fendant du Lion noir dans un carré rouge), sont présentés 4 vins du …Jura ! Le Jura viticole, j’en reviens et j’ai bien regardé. A ma connaissance, son point culminant se situe à +/- 600 mètres, dans le village de Pupillin. Et toutes les vignes sont plantées (nettement) plus bas.

En fait, l’essentiel du vignoble jurassien est planté entre 250 et 400 mètres d’altitude. Comme en Bourgogne, comme en Alsace, comme en Beaujolais.

C’est la montagne, ça ? Non, Arbois, ce n’est décidément pas Chamonix…

Je reviens sur ces 4 vins jurassiens, au demeurant représentatifs du meilleur de la région: Stéphane Tissot, Laurent Mâcle, le Domaine Pignier, très bien !

Par contre, les prix pratiqués chez leur distributeur sis au 28 du Boulevard de la Woluwe: gloups ! Le Côtes du Jura 2007 de Mâcle s’est vendu € 12 à la propriété. Le proposer à € 21,75 à Bruxelles me pose question. Enfin, je ne suis certainement pas objectif.

Un seul vin est présenté sans la mention de son prix: le PMG (Pour Ma Gueule) de Stéphane Tissot. Pour l’avoir goûté il y a quelques années, je confirme que c’est exceptionnel. C’est vendu en Belgique à € 96. Pour 37,5 cl. Autant savoir.

Delhaize finance la page 12. Merci.

Conclusion: est-ce de l’information ou du Canada Dry ? Le Soir déconne-t-il ? Suis-je un irréductible puriste, pisse-vinaigre, râleur, idéaliste, type Don Quichotte du XXIe siècle ?