Domaine de Bellivière, Coteaux du Loir, Vieilles Vignes Eparses 2004
Couleur cuivrée intense et lumineuse.
Nez: orange, purée d’abricot, rose, épices, miel, quelle complexité !
Bouche: acidité très intégrée, salinité en finale, maturité sans sucre résiduel, « douceur sèche », équilibré, pas de signaux de fin de vie si ce n’est une légère touche oxydative.
Irrésistiblement savoureux, plus sensuel que cérébral.
Plus de vingt ans et toutes ses dents …
Ce vin n’est pas commercialisé par Anthocyane. Cette bouteille a été achetée à la Cave des Oblats (Liège) en mai 2006 au prix de € 18. Le Domaine commercialise le millésime 2022 au prix de € 42.
Samedi 24 mai. De 10 à 18 heures. A l’adresse habituelle. Une quinzaine de vins sur le bar. Voici le programme.
Thème ? Quel thème ? You talkin’ to me ? You talkin’ to me ?
Plus concrètement, le thème sera la recherche obstinée et persévérante des vins les plus intéressants dans leur catégorie, au meilleur prix. Avec humilité parce que le processus qui mène au choix est profondément subjectif. Avec conviction parce que je peux choisir librement vu que je n’ai ni engagement vis-à-vis de mes fournisseurs ni stock à écouler.
Aujourd’hui, c’est le merlot qui domine à Bordeaux (Gironde). Nettement, puisqu’il représente à lui seul 58% de l’encépagement du vignoble bordelais. Les deux cabernets, le franc et le sauvignon, doivent se contenter ensemble de 27%. Ce qui laisse un peu de place pour le malbec, le sauvignon et le sémillon. Les autres cépages peinent à exister (petit verdot, muscadelle, etc…).
Mais il n’en a pas toujours été ainsi. En 1960, le tableau était très différent: les cépages blancs classiques représentaient tous ensemble … 42% du vignoble (16% pour le seul sémillon), les rouges classiques se contentaient de 32% . Ce qui reste (25%), c’étaient des cépages hybrides, blancs et rouges ! Ces hybrides (acides mais peu chargés en sucres) étaient assemblés à des vins d’Algérie pour approvisionner la France en vin courant. Très très courant …
A Bordeaux, le merlot est progressivement passé de 12.000 hectares à … 73.000 hectares, en une soixantaine d’années.
Quelques commentaires:
ce n’est sans doute pas à Bordeaux que l’on trouvera la plus forte proportion de (très) vieilles vignes
l’adéquation entre terroir éternel et cépage qui en extrait la quintessence est au moins sujette à débat
la demande pour le vin blanc est croissante alors que celle pour le vin rouge est décroissante: oups …
ces chiffres globaux ne disent pas grand-chose sur ce qui s’est passé à Pauillac ou à Pomerol: les évolutions locales peuvent être différentes, voire divergentes.
Sociando-Mallet (Haut-Médoc) constitue un exemple frappant: en 1996, l’encépagement se composait de 60% de cabernet sauvignon, de 30% de merlot et de 10% de cabernet franc. Aujourd’hui: 55% de merlot, 43% de cabernet sauvignon et 2% de cabernet franc. Pendant ce temps, la superficie plantée en vignes est passée de 58 hectares à 83 hectares, soit 17 hectares de merlot en 1996 contre … 45 hectares aujourd’hui ! Le vin a beaucoup changé, il est même méconnaissable.
Voyage d’étude: passer en douceur des paysages élégants du Mâconnais, sous le regard attentif des deux Roches, la Solutré et la Vergisson, à la campagne plus rude du nord du Beaujolais. C’est le calcaire qui s’achève, qui passe le témoin au granite et à la pierre bleue. Les chemins sont plus étroits, le décor plus rustique, la météo plus fraîche. Moins d’humains, plus d’animaux.
Goûter à Lantignié au Domaine Frédéric Berne avec Antoine Duplan, goûter à Leynes, au Clos Sauvage, ferme paysanne, chez Sophie & David Devynck: on s’immerge en France profonde, sans chichis ni formalités.
Entre les visites chez les vignerons, une pause déjeuner à Beaujeu, place de la Liberté, pour une mangeaille populaire et sympathique, arrosée comme il se doit.
Admiration pour ces vignerons qui luttent contre la grêle et le gel, contre les banques et les assurances, contre les bizarreries administratives et la SAFER, contre l’absence de notoriété. En 2024, on n’a pas pris de vacances parce que le vignoble nécessitait une attention de tous les instants. On s’installe et on commence par arracher 75% des vignes parce qu’elles ont trop souffert. Il faut détruire avant de reconstruire.
Comment fait-on pour élever en même temps trois petites filles, quelques vaches Highland et une dizaine de cuvées, en gamay et en chardonnay ? Comment combiner cela avec la création de quelques chambres B&B/œnotourisme ? Comment organiser le temps quand le tracteur doit circuler entre une dizaine de parcelles à Leynes, à Saint-Amour et jusqu’à Saint-Véran(d) ?
Comment fédérer les vignerons de Lantignié pour préparer le dossier à l’INAO: Lantignié, onzième cru du Beaujolais ? Les granites roses à l’est, la pierre bleue à l’ouest, une belle aventure géologique. Comment valoriser le travail lorsque l’appellation Beaujolais-Lantignié peine à trouver sa place, malgré une histoire de plus de mille ans ?
On fait décidément du très bon Beaujolais, à Lantignié comme à Leynes et on y est très bien accueilli ! A la vôtre !
PS: rien à voir, mais … je lis à l’instant que les Etats-Unis représentent 31% de la valeur exportée par la région (la Belgique en cinquième position avec 6%). Un souci de plus pour les vignerons du Beaujolais.
Je conserve en mémoire d’une époque préhistorique -lorsque je travaillais au sein du département marketing d’une multinationale active dans les « fast moving consumer goods« – un principe qui s’applique également à mon activité de caviste:
Nous adorons avoir le choix, mais détestons choisir
Autrement dit, il peut être très agréable de se balader dans une gamme large, de fouiner à gauche et à droite dans un magasin enligne, de se plonger dans la Galice espagnole, de poursuivre dans la Loire, de se rendre en Toscane puis en Allemagne, …
… Une demi-heure plus tard, la tête saturée d’informations, farcie d’anecdotes, de photos et de comparaisons, un peu hébété, le regard dans le vide, voici venu le moment tant redouté du choix. Et ça n’est donc pas forcément facile. Or, affirme le commerçant, si ça n’est pas facile, ça risque de ne pas se passer. Opportunité envolée. Problème…
…Solution ! Voici donc le colis de bienvenue à géométrie variable.
Définition:
toujours six bouteilles différentes,
toujours mix entre rouge et blanc sec,
toujours proposé à moins de € 100, avec une réduction de € 5 par rapport au prix habituel des six bouteilles
toujours axé sur la diversité des styles, des origines et des cépages,
toujours disponible immédiatement.
Il suffit de commander le colis de bienvenue dans le magasin enligne et de venir le chercher à l’adresse habituelle. La facture est transmise en annexe d’un e-mail.
La composition du colis varie avec l’évolution du stock d’Anthocyane. Donc le colis disponible aujourd’hui est peut-être différent de celui qui sera proposé demain et est probablement différent de celui qui sera proposé dans un mois.
A titre d’exemple, voici un colis avec trois blancs secs et trois rouges:
• Fritsch, Wagram, Ried Steinberg 2023 (€ 14,00) • La Janasse, Côtes du Rhône 2023 (€ 14,00) • Guerrin, Mâcon-Vergisson 2023 (€ 15,50)
• Famille Chermette, Beaujolais, Origine vieilles vignes 2023 (€ 12,00) • Château de Villeneuve, Saumur-Champigny, Clos de la Bienboire 2023 (€ 17,00) • Cellers Joan d’Anguera, Les Maiols 2023 (€ 14,00)
Prix total: € 86,50 – réduction de € 5 = € 81,50
Ce colis est épuisé, un autre a pris sa place: découvrez-le en cliquant sur le bouton ci-dessous:
Le thème de la dégustation ? Petit prix, grand plaisir: très bons vins à € 15 et moins
Je me suis concentré cette fois sur des vins qui ne dépassent pas la barre des 15 euros. On pourrait s’imaginer qu’il s’agit alors de cuvées d’entrée de gamme, simples, légères et destinées à une consommation rapide.
Je détrompe: nous avons certes goûté des cuvées sympa qui fonctionnent particulièrement bien lorsque les circonstances l’exigent: nombreux convives, météo para-caniculaire, apéritif avant de passer aux choses sérieuses. Mais nous avons également goûté des vins plus ambitieux, complexes, structurés, jusqu’à, pour certains, mériter soit le passage en carafe, soit la patience sous la forme d’une garde en cave de deux ou trois ans.
Dans la première catégorie, un sauvignon classique et équilibré du Domaine des Corbillières qui évite tant le piège de la sous-maturité (verdeur) que celui de l’exubérance aromatique (fatigue). Fraîcheur aussi: alcool à 12,5%. A noter qu’il s’agit, pour partie, d’un vin de vieilles vignes, connues pour offrir des rendements plus bas, ce qui conduit à l’élaboration de vins plus concentrés (€ 11,00).
Autant de fraîcheur mais plus de rondeur dans le pinot blanc du Domaine Holger Koch. Les vignes sont plantées dans le volcan éteint qui domine la région, le Kaiserstuhl. Une aromatique intense, avec des notes fumées et une énergie éclatante, revigorante. Un vin allemand pour la table, sec sans le moindre sucre résiduel. A prix égal, je connais peu de pinots blancs alsaciens capables de rivaliser avec celui-ci (€ 14,00) !
La Janasse, réputée pour ses Châteauneuf-du-Pape riches et solaires, produit également un Côtes-du-Rhône blanc qui me convainc, millésime après millésime. Assemblage complexe qui combine la puissance du grenache blanc, la fraîcheur de la clairette et du bourboulenc et l’aromatique du viognier et de la roussanne. Alcool très bien maîtrisé. L’équilibre, comme souvent dans le sud, se nourrit d’une bonne vivacité et de quelques amers rafraîchissants: si vous êtes mal à l’aise avec les amers, ce n’est pas celui-ci qu’il faut retenir (€ 14,00).
La Pépière ou le Muscadet efficace ! Cette cuvée d’entrée de gamme met en bouteille la vivacité des embruns océaniques. Vin idéal pour accompagner mollusques et crustacés. Ou la cuisine asiatique y compris pimentée. Pureté, précision, éclat: à ce prix là, c’est imparable ! En cadeau gratuit: bio et biodynamie (€ 11,00).
Comparaison intéressante avec la Folle Blanche du Domaine Luneau-Papin: nous sommes toujours dans la région du Muscadet, mais nous changeons de cépage: la folle blanche est un cépage un peu oublié qui a tendance -quand le vigneron néglige ses vignes- à produire beaucoup, beaucoup et encore plus. Or quantité et qualité sont très peu compatibles. Ici, nous sommes sur le terrain de la meilleure folle blanche, citronnée et iodée, avec une jolie concentration (€ 14,00).
On change de couleur pour entamer la longue série des rouges. Le Valpolicella de Speri est une certitude dans mon assortiment … depuis 2015. Ce millésime 2023 se caractérise par une aromatique parfumée et par des tannins très discrets, pour ne pas dire inexistants. Vin léger comme une bulle fruitée (€ 13,00).
Aussi peu de couleur dans ce Frappato de Gurrieri que dans le vin précédent. Notre œil s’imagine alors que le vin sera léger. Ce Sicilien nous contredit avec délectation: après un démarrage sur le fraise, la tannicité arrive progressivement donnant du poids et de la structure à ce « faux-léger » (€ 15,00).
La cuvée Œillade du Mas des Chimères est un coup de cœur personnel: voici un cinsault qui donne irrésistiblement envie de mieux connaître ce cépage du sud. Floral et séducteur, juteux et assez long, je suis sous le charme ! Petits tannins qui portent une belle matière, déjà prête à être dégustée (€ 13,00).
Opposition des contraires avec le Chinon du Château de Coulaine: le millésime 2022 est solaire et puissant, ce qui se traduit dans ce vin de Loire par la présence de puissants tannins qui invitent à le carafer. Mais les tannins ne constituent qu’une partie de l’expérience: beau jus fruité, avec quelques nuances terreuses qui ajoutent de la complexité et de la typicité: c’est en effet très cabernet franc (€ 14,00) !
Bon, une p’tite pause grâce à un vin de Navarre du Domaine Quaderna Via élaboré avec 100% du cépage graciano. Direct, joyeux et festif. Fruit savoureux et vin succulent. Vinification très maîtrisée. Rien qui puisse empêcher le dégustateur-profane de s’y retrouver: l’ami de toute le monde en quelque sorte. Il faut des vins comme celui-ci dans toutes les caves. Les occasions ne manquent pas. L’étiquette est sympa. Prix plus que sympathique (€ 9,90).
Le vin suivant m’a surpris: composé de 80% de grenache et de 20% de carignan, il donne la parole au cépage minoritaire, ce qui confère à cette cuvée un caractère sérieux, profond, droit. Le Domaine Les Soulanes a réussi son coup avec cette cuvée parcellaire (Les Salines) à forte personnalité. Je recommande la carafe pour « ouvrir » ce vin dense, concentré, tannique et frais. Il pourrait évoquer le Priorat catalan (sauf par son prix). Un Roussillon sec très réussi (€ 14,00) !
Nous restons dans le Roussillon pour vivre une expérience diamétralement opposée: un pur grenache qui se caractérise par une très grande buvabilité: cela coule vraiment tout seul ! Pas de tannins, un fruit éclatant et une absence de … sulfites. Si, si, vous avez bien lu: Natural Grenache est un vin nature ! Quel régal lorsqu’un Domaine détient l’expertise nécessaire pour réaliser un vin sans sulfites et … sans défauts ni déviances. Le Mas Amiel est sans plus connu pour ses rouges moelleux, mais il démontre ici sa capacité à gérer les vins secs. Bouteille addictive (€ 15,00) !
NB: n’ayant pas de recul sur l’évolution dans le temps de cette cuvée, je recommande la prudence et donc de tire-bouchonner les bouteilles en 2025 ou 2026. Prolonger la garde n’a pas d’utilité.
Et voici venu le vin qui a remporté le plus de suffrages parmi ceux et celles qui m’ont déjà transmis leur commande: le Bourgueil « Noms d’Oiseaux » du Domaine de La Chevalerie en millésime 2019. Grâce à la politique du Domaine (conserver dans leurs caves les vins mis en bouteilles pendant plusieurs années avant de les commercialiser), nous goûtons un millésime qui a eu le temps de se fondre, de s’harmoniser, d’arrondir ses tannins. C’est prêt à boire ! Un cabernet franc traditionnel qui démontre le potentiel de ce cépage (€ 15,00).
Nous voici dans la vallée du Douro, dans le nord du Portugal. Ici, on crée le Porto, mais aussi des vins secs, concentrés, riches en alcool, souvent basés sur le cépage touriga nacional et systématiquement élevés en bois. Pas forcément ma tasse de thé… D’où mon intérêt pour une version sans passage par le bois (unoaked en anglais dans le texte), plutôt légère en alcool (13,50 %) et issue d’une vigne en complantation (différents cépages plantés dans la même parcelle, en proportions très variables). Ce Quinta Nova a tout pour plaire, en particulier grâce à du fruit noir en abondance, à un jus très dense, à des tannins plutôt discrets et à une richesse qui ne vire pas vers l’alcool excessif (€ 15,00).
Enfin, une douceur du Domaine Lafage: un Rivesaltes Ambré hors d’âge. Vin muté à l’alcool, à la fois doux et oxydatif, longuement élevé dans le bois (d’où sa couleur ambrée) et embouteillé dans un très joli flacon élancé de 50 cl. C’est délicieux avec bien des fromages et bien des desserts. Cela peut se substituer à un dessert absent. Grande complexité des arômes (orangette, fruits secs, abricot, etc…). La bouteille ouverte se conserve, bouchée et placée au réfrigérateur, sans perte de qualité, pendant plusieurs semaines. Mais je fais le pari que le vin se sera mystérieusement évaporé en quelques jours…(€ 14,00).
Pratiquement: je prends les commandes jusqu’à ce mardi soir inclus (18 mars). Donc, ne pas remettre à après-demain sous peine de passer à côté.
Impressions sur une dégustation de Bordeaux Grands Crus Classés issus du millésime 2022
Article rédigé par Bernard Arnould, client chez Anthocyane et journaliste-vin depuis 1992.
Vignes et vins nous surprendront décidemment toujours. Voyez par exemple ce millésime 2022 à Bordeaux : chaleur et sécheresse étaient au rendez-vous. On pouvait donc craindre des vins riches, alcooleux, parkériens après la lettre…que nenni !
Excessif dans sa climatologie, le millésime 2022 a cependant produit des vins étonnamment équilibrés et harmonieux, plus ou moins tanniques en fonction de la vinification, mais pulpeux, préservant une fraîcheur et un éclat que l’on a trop souvent cherché en vain dans les Grands Crus Classés de la période Parker. Comment expliquer ce paradoxe ? Un article du Figaro en date du 18 mai 2023 fournit d’importants éléments de réponse :
« Les vignes ont fait face à une sécheresse record, en plus des températures au-dessus des normales. En revanche, il n’y a pas eu de canicule extrême (comme celle de 2003), et les températures nocturnes sont restées relativement fraîches. Les vignes se sont habituées aux conditions chaudes et sèches dès le début de la période de croissance, ce qui a entraîné une adaptation de la consommation d’eau et de la croissance du couvert végétal pour pouvoir se contenter du peu d’eau disponible. Elles ont puisé dans les réserves accumulées au cours de l’année pluvieuse qu’aura été 2021, avant d’être gratifiées d’une rançon d’eau supplémentaire en juin, pour ensuite survivre à 50 jours sans pluie, jusqu’à la mi-août. »
L’alternance entre épisodes caniculaires et périodes plus fraîches voire pluvieuses ainsi que des températures nocturnes raisonnables ont donc soutenu la résilience des vignes jusqu’aux vendanges :
« la météorologie pendant les vendanges a permis de récolter les différents cépages au niveau de maturité souhaité par chaque domaine. Quelques épisodes pluvieux, sans conséquence sur l’état sanitaire, permettent au cours de la seconde décade d’août d’enclencher le processus de maturation, sans entraîner cependant une forte augmentation du volume des baies. Ce climat, sec et chaud se prolonge fin août et durant le mois de septembre. Les dates de récolte peuvent ainsi être déterminées avec sérénité, sans aucune pression …en fonction des seuls critères analytiques et gustatifs, sans devoir se préoccuper de l’état sanitaire. Les raisins de merlot, vendangés parfaitement sains, présentaient à la récolte des paramètres analytiques remarquables. Le mois de septembre très clément, a également permis, l’achèvement optimal de la maturation des cabernets sauvignons. » Extrait du rapport Millésime 2022 à Bordeaux de l’ Institut des Sciences de la Vigne et du Vin de l’Université de Bordeaux, Unité de Recherche Œnologie
Restait dès lors aux vinificateurs à décider :
de la date des vendanges parcelle par parcelle, voire selon l’âge des rangs, pour garder un pH garantissant la fraîcheur du vin
du type d’extraction souhaité, par infusion ou par remontages successifs, pour obtenir la structure tannique souhaitée.
Les vins les plus harmonieux que j’ai dégustés la semaine passée résultaient certainement de choix judicieux en ces matières. Ils brillaient par l’harmonie entre maturité du fruit, alcool (de 13,50% à 14,50%), fraîcheur et chair des tannins pour atteindre un sommet de classe à la Bordelaise. D’autre châteaux par contre n’avaient pas atteint cet équilibre par excès d’acidité : vendanges précoces ? vinification en grappes entières ? tartriquage excessif ?
Voici dès lors mes coups de cœur parmi la petite centaine de domaines présents :
Rive gauche
un grandiose Léoville Barton, racé, raffiné suivi de peu par un Brane-Cantenac à la fois soyeux et profond
Giscours, étonnant de fraîcheur
Cantenac Brown, précision de la matière
Léoville Poyferré, plus ample, plus structuré
Talbot, équilibré, soyeux
Langoa Barton, séduisante harmonie
Domaine de Chevalier, charnu et chaleureux
Haut Bailly, force et énergie
Rive droite
Pavie Macquin, la vigueur du calcaire
Larcis Ducasse, dense, serré
Clos Fourtet, entre soie et salinité
Sauternais
Quatre domaines présents seulement, Doisy Daëne domine de loin ses voisins.
Un mot pour conclure: la qualité reste hors d’un prix raisonnable, eu égard au coût de production. A chacun de juger.
Importé par Anthocyane en 2013 et commercialisé à ce moment-là au prix de € 17, voici Bellouguet 2010 du Domaine de la Colombière à Fronton (Sud-Ouest).
Assemblage de négrette et de cabernet sauvignon, ce vin a vieilli avec majesté. En fait, il n’a que très peu vieilli, sa robe est sombre et dense comme celle d’un vin bien plus jeune. En bouche, la concentration est importante, les tannins sont fondus comme de la soie. Le vin est énergique, bien réveillé et très appétissant. Nous avons bien profité de cette dernière bouteille !
NB: il me semble que cette cuvée n’existe plus: je trouve trace d’un 2014 et d’un 2015 mais pas d’un millésime plus récent.
Connaissez-vous FLANQ* ? Cette entreprise allemande, active également aux Pays-Bas, promet de vous livrer vos courses alimentaires endéans les quelques …minutes.
Est-ce crédible ? Est-ce pertinent ? Je peux en tous cas confirmer que les cyclistes livreurs ne respectent rien ni personne. Manifestement, le code de la route ne s’applique pas à eux, au grand dam de leurs victimes.
Par ailleurs, je suppose que, de temps à autre, l’un d’entre eux finit sur l’asphalte et sous les roues de la voiture qui le suivait. J’imagine le client, chronomètre à la main et la bave aux lèvres, guettant l’éventuelle arrivée tardive de ses courses de façon à bénéficier de la réduction offerte par l’entreprise lorsque sa promesse n’est pas tenue.
Donc: un jeune cycliste, mal rémunéré et hors d’haleine, terrorise le quartier pour satisfaire un client pervers, tout en jouant avec sa propre vie, trajet après trajet, pour le profit d’une entreprise dont la contribution à l’espace public se limite à construire ce que l’on qualifie de « dark stores« , à savoir des entrepôts aveugles où des robots et quelques humains robotisés préparent les commandes, 24/7.
Cela s’appelle un « business model », mais ce n’est pas le mien.
Connaissez-vous le « slow food » ? Eh bien, Anthocyane vous propose la « slow delivery« …
Je ne plaisante qu’à moitié. Si vous avez besoin de deux bouteilles d’un rouge bien précis pour le dîner avec belle-maman qui commence dans trois heures, je ne suis sans doute pas votre caviste idéal. J’ai peu de stock sur place et mes heures d’ouverture sont aléatoires. Si la rapidité est essentielle à vos yeux, tant pis pour moi. Je ne livre pas endéans les quelques minutes et pour tout dire, je ne m’engage jamais à livrer au plus vite.
Le principe de base s’énonce ainsi: Anthocyane achète les vins chez leurs importateurs sur la base des commandes passées par les clients.
Comme je tiens à effectuer les livraisons moi-même, je suis tenu, pour ne pas sombrer dans la folie vu les embouteillages dans et autour de Bruxelles, d’optimiser ma logistique, ce qui me conduit à organiser des tournées de livraisons, souvent le samedi matin. Je livre volontiers même les petites commandes à condition que l’adresse de livraison soit située sur le parcours d’une tournée. En toute transparence: c’est plus confortable pour moi de livrer à Woluwé, à Wemmel ou à Uccle qu’à Gembloux. Néanmoins, je trouve (presque) toujours une solution, si l’on m’accorde du temps pour la proposer.
Tant qu’à faire, je propose également la « slow invoicing« : la facture ne vous parvient qu’au moment où votre commande est prête pour enlèvement/livraison. Ne craignez rien, je n’ai jamais oublié de facturer. Corollaire: ne versez rien sur le compte bancaire d’Anthocyane avant d’avoir reçu votre facture.
Et pour clore sur une note moins ennuyeuse, je pratique également le « slow tasting« qui consiste à ne pas évaluer trop rapidement le vin qui vient de couler dans mon verre. La complexité du vin se révèle lentement, autant ne pas passer à côté par … excès de vitesse.
Exceptionnellement et parce qu’un importateur prend congé à partir du mercredi 29, je demande de me transmettre les commandes au plus tard ce lundi 27.
Voici ce que j’ai retenu des commentaires entendus pendant la dégustation de ce samedi. Vous pouvez vous faire une image plus complète de chaque vin en cliquant sur le programme de la dégustation.
Les six vins blancs
Nous avons commencé par le CorbièresBlanc de l’Œuf du Mas des Caprices. € 17,00
2% de muscat dans l’assemblage suffisent à lui donner du « peps »: un nez parfumé et appétissant. La bouche est dense, sans aucune mollesse alcooleuse (dans la région, ce n’est pas si courant), avec un équilibre construit sur la vivacité (idem, dans la région, ce n’est pas si courant).
Voici ensuite le Jurançon sec Quatre Temps du Domaine Cauhapé. € 19,00
Content ! Enfin trouvé un Jurançon qui combine le caractère sec et l’aromatique du vin moelleux. Avant de faire tourner le vin dans le verre, on pourrait penser à un sauvignon. Cet arôme disparait rapidement pour faire au fruit de la passion et à l’ananas. Sans surprise, la bouche est vive, avec un fin boisé bien intégré. Ce millésime 2020 est prêt à boire.
Nous passons au Mâcon-Igé du Domaine Nicolas Maillet. € 23,00
Voilà une belle démonstration d’un point de vue que je défends avec obstination: les bons vins blancs gagnent toujours à reposer deux ou trois ans avant « tire-bouchonnage ». Ce vin a pris de l’ampleur et de la rondeur depuis ma première dégustation en 2022. Un beau chardonnay sans passage par la barrique (une caractéristique de tous les blancs du Domaine Maillet).
Voici ensuite le Pouilly-Fuissé Les Deux Versants du Domaine Guerrin. € 23,00
Comparaison amusante avec le vin précédent: deux chardonnays du Mâconnais mais des profils plutôt différents: le Mâcon-Igé construit sur la vivacité et l’éclat, le Pouilly-Fuissé sur la densité et la rondeur, avec un boisé discret.
Enfin, pour conclure le chapitre des blancs, une passionnante comparaison entre le Muscadet Sèvre-et-Maine du Domaine de la Pépière (Cru Clisson) et le Muscadet Sèvre-et-Maine du Domaine Luneau Papin (L d’Or Granite). La Pépière: € 19,90; Luneau-Papin: € 22,00.
Les participants à la dégustation se sont manifestement bien amusés: nous avons parfois dégusté en parallèle, nous avons parfois goûté le Clisson avant le Granite …avant d’en revenir au Clisson, nous avons parfois goûté à l’aveugle pour éviter d’être influencé par un éventuel préjugé.
Lequel est le meilleur ? Franchement, difficile de répondre vu l’abondance de commentaires en sens divers. J’ai tenté de résumer en affirmant que le Clisson de La Pépière est le meilleur Muscadet et que le Granite de Luneau-Papin est le meilleur vin blanc.
Je m’explique: le Clisson est plus proche de l’image classique d’un Muscadet « haut de gamme »: vertical, caillouteux, iodé, avec un poil d’austérité et un grand potentiel de garde. Le Granite s’ouvre sur des arômes d’agrumes, avec de la puissance et de la rondeur. Très équilibré, il s’éloigne du type Muscadet pour se rapprocher avec talent d’un (très) beau Bourgogne.
Les huit vins rouges
Nous avons commencé par le Côtes du Roussillon-Villages Jean Pull du Domaine des Soulanes. € 10,50
Le meilleur résumé: ce vin boxe au-dessus de sa catégorie. Il pourrait facilement être proposé à € 14, c’est un très beau rapport qualité/prix. Nez complexe, avec de la mûre, du chocolat et une pointe de menthol. Bouche suave sans excès d’alcool, petits tannins bienvenus. A boire maintenant et pendant les deux années à venir, pour le plaisir.
Voici ensuite le Beaujolais Cœur de Vendanges de la Famille Chermette. € 14,50
Attention à ne pas tomber dans le piège tendu par ce vin déconcertant: portant la simple appellation Beaujolais, on s’attend à un vin plutôt léger, sur le fruit et la fleur, un p’tit gamay sympa. Bardaf, c’est l’embardée ! Ce vin est le produit de deux vignes centenaires qui se caractérisent par de très faibles rendements et génèrent un vin de grande concentration, susceptible d’être gardé plusieurs années.
Si vous avez des copains qui considèrent que le Beaujolais est forcément un vin de comptoir et/ou de terrasse, aidez-les à remettre en cause leurs préjugés avec un verre de celui-ci.
Idéalement, lui donner un peu d’oxygène en le carafant.
Nous passons au Chinon Le Domaine du Domaine Bernard Baudry. € 15,50
Cabernet franc civilisé, d’une belle harmonie. Nez d’une belle pureté sans arômes terreux ni poivron vert de mauvais aloi. Bouche fraîche, soulignée par de bons petits tannins. Une cuvée d’entrée de gamme qui honore le vigneron ! Bien sûr, Baudry, c’est ce qui se fait de mieux à Chinon.
Voici ensuite le Cahors Calcaire du Château Les Croisilles. € 18,00
Ne vous laissez pas décontenancer par un premier nez légèrement réduit (cela se traduit par un arôme qui évoque le chou). Cela signifie que le vin a besoin de respirer, de prendre un grand bol d’air. Secouer le verre et le chou s’enfuit ! Ensuite, bel arôme entre frais et fraise des bois. Bouche typiquement calcaire, dense, tannique, concentrée et précise. Un beau jus qui s’exprime à ce stade à table, en la compagnie d’une belle pièce de bœuf. Un passage par la carafe est une bonne idée.
En fait, ce Cahors ressemble à un Bordeaux classique, sans la chaleur molle du merlot. Et c’est un compliment ! Vive le malbec !
Nous continuons avec le Côtes du Rhône No Wine’s Land de Matthieu Barret (Domaine du Coulet). € 23,00
Mamma mia, ce nez, ce nez, ce nez ! Trouvez moi quelqu’un qui ne serait pas séduit. Le vin, c’est subjectif, mais dans ce cas-ci, si un ami vous annonce, de façon péremptoire, que ce vin n’est pas terrible, …changez d’ami !
Bouche aérienne, de grande finesse, sans tannins notables. Grand vin, prêt à boire dès maintenant. Un monument érigé à la gloire de la syrah.
Et voici le Fleurie Les Garants de la Famille Chermette. € 19,50
Deuxième vin de Chermette dans cette dégustation, après Cœur de Vendanges. Cette fois, nous sommes dans le nord du Beaujolais, la région des crus. Ce Fleurie confirme être un digne représentant de la famille des vins de garde, typé comme un Moulin-à-Vent: tannique, juteux, puissant. De mon point de vue, l’harmonie entre les différents composants n’est pas encore au top. Pas grave, donnez-lui deux ans de cave.
Nous passons au Côtes du Roussillon-Villages Tautavel Caune d’En Joffre du Domaine des Schistes. € 19,90
Quel vin ! Nez magistral dominé par une intense minéralité. Le fruit ? Euh, non, ce n’est pas vraiment son rayon. Progressivement, des notes qui m’évoquent le pamplemousse (pas courant dans un vin rouge). Bouche majestueuse, très concentrée, tannique. Beaucoup de tout …sauf que l’alcool ne marque absolument pas la dégustation. Plus je le goûte, plus il m’évoque le Priorat catalan. Ce n’est pas surprenant, vu que Caune d’en Joffre = vieux carignan sur schistes et Priorat = vieux carignan (et grenache) sur schistes ! Grosse différence avec les meilleurs Priorat: le prix très doux de ce Tautavel.
Je souligne la qualité des tannins, lesquels implorent le dégustateur pressé de prévoir un passage par la carafe.
Enfin, pour conclure le chapitre des rouges, le Crozes-Hermitage de Laurent Combier. € 25,00
Comment mieux conclure ? Un classique parmi les classiques, toujours très bon quelles que soient les caractéristiques du millésime. Ce 2023 ne fait pas exception. Arômes puissants de jambon fumé, un marqueur de la syrah, en particulier à Côte Rôtie. Suavité et fraîcheur, tannins discrets (vous pouvez ranger la carafe). Déjà prêt à boire. Sera tout aussi délicieux dans trois ou cinq ans. Laurent Combier est un grand vinificateur, même sur un terroir sans génie particulier.
Voilà. Je pense pouvoir affirmer que les nombreux participants à cette dégustation franco-française ont passé un bon moment. Il y avait de l’ambiance, des rires et des sourires, de bonnes surprises et d’agréables confirmations. J’ai raconté quelques histoires et me suis de temps à autre pris les pieds dans le tapis.
Et, oui, je continue obstinément à verser du vin à côté des verres. Le bar s’en fout, il en a déjà vu d’autres !
Exceptionnellement et parce qu’un importateur prend congé à partir du mercredi 29, je demande de me transmettre les commandes au plus tard ce lundi 27.
Cela me permet d’aller chercher les vins dès le mardi 28. Merci !
Samedi 25 janvier, entre 10 et 18 heures, une dégustation de vins français, de la Loire jusqu’au Rhône, de la Bourgogne jusqu’au Roussillon.
Nouveaux millésimes: Matthieu Barret à Cornas, Pierre Luneau-Papin en Muscadet, Bernard Baudry à Chinon, Nicolas Maillet en Mâconnais.
Nouveaux Domaines: Le Mas des Caprices en Languedoc, Cauhapé en Jurançon, Les Schistes en Roussillon, Famille Chermette en Beaujolais.
Programme : vous pouvez compter sur un tétradécagone à 14 sommets, une variante turbocompressée de l’hexagone français. Bref, 14 vins cocorico sur le bar. Vous pouvez amener votre béret, votre baguette et votre fromage. Et le soleil, merci.
La dégustation est gratuite et il n’est pas nécessaire de s’inscrire. En général, il y a moins de monde en matinée.
Commandes jusqu’au mardi 28 janvier inclus. Mise à disposition des vins: février.
Il y a quelque chose de sympathique à constater que la vigne envahit le nord de l’Europe. La Belgique, les Pays-Bas et l’Angleterre sont présents depuis bien longtemps. La Scandinavie apparaît et l’Irlande se mêle à la partie.
Et voilà que je reçois un e-mail à finalité commerciale qui me propose de distribuer les vins du Domaine Fairy Trees en Belgique. Sont disponibles dès maintenant: deux bulles, un chardonnay et une …syrah. Sept (sic) vins supplémentaires sont prévus pour les années qui viennent. Tout cela sur huit hectares, sur la côte est, entre Dublin et l’Irlande du Nord, près du village de Willistown.
Je note que la syrah est élevée en fût de Whiskey irlandais pendant 3 mois, donnant une bouche soyeuse et une chaleur subtile. Un vin puissant et profond, qui présente de vrais arômes de Whiskey irlandais.
Le whisky-coca, je vois à peu près à quoi cela ressemble. Le whiskey-syrah, ça m’en bouche un coin.
En tous cas, bravo pour le responsable marketing qui a bien préparé son affaire en sélectionnant une bouteille qui rappelle furieusement la forme d’une bouteille de whiskey.
En reniflant à gauche et à droite dans le site Internet de Fairy Trees, je me rends compte que cette syrah-whiskey en millésime 2022 est vendue, exclusivement par 6 bouteilles, au prix de € 240 le carton. Gloups. Le responsable marketing a de l’ambition !
Quant à l’œnologue, il a sans doute un peu forcé sur le whiskey, puisque le vin titre 15,5% d’alcool: euh …c’est muté au whiskey ?!? Mon coin se bouche de plus en plus.
Philippe, arrête de te faire du mal !
Le monde change. Il tourne plus vite que toi. Oui, il y aura bientôt un chardonnay-kimchi vinifié en Corée du Nord. Oui, mes voisins finiront par faire du vin à Berchem-Ste-Agathe, profitant d’un superbe terroir limoneux et ils décideront de l’aromatiser à la frite (pommes de terre locales, de saison et issues du circuit court).
Et, oui, quand tout sera perdu, vous me retrouverez errant entre les rayons de mon supermarché préféré, en hyperalcoolisation rapide, un entonnoir sur la tête, une cannette alu de merlot-myrtilles dans la main gauche et la main droite tendue vers l’infini et au-delà.
Spätburgunder: synonyme de pinot noir, dès que l’on franchit le Rhin.
Les faits :
Hors France, c’est en Allemagne que l’on trouve les pinots noirs les plus intéressants : styles variés, maîtrise de l’élevage dans le bois, précision des vinifications, recherche de l’élégance
A qualité égale, les pinots noirs allemands sont moins chers que les pinots noirs bourguignons
Les millésimes récents bénéficient paradoxalement du bouleversement climatique : meilleure maturité des raisins
Les meilleurs vignerons allemands proposent un pinot noir d’entrée de gamme au rapport qualité/prix très intéressant, qui met en lumière leurs styles respectifs sans casser sa tirelire
Comparer fait plus de sens lorsque l’on compare des pommes et des pommes ou, dans le cas qui nous occupe, lorsque l’on compare des vins issus d’un même millésime.
La proposition :
Voici donc un colis de six pinots noirs allemands, tous issus du millésime 2022. Six domaines différents, cinq régions différentes. Prix du colis : € 87. Six belles bouteilles pour le prix d’une unique bouteille d’un premier cru de la Côte de Nuits…J’exagère à peine.
Une opportunité de découvrir (ou d’approfondir) le pinot noir allemand à d’excellentes conditions. A noter le taux d’alcool de ces cuvées : en moyenne pas plus de 12,90%.
La plupart des Domaines travaillent selon des protocoles « bio », mais n’ont font pas mention dans leurs communications.
Les vins sélectionnés: Adeneuer Purist 2022 (Ahr), Martin Wassmer Markgräferland 2022 (Baden), Shelter Winery 2022 (Baden), Gutzler 2022 (Rheinhessen), Giegerich Buntsandstein 2022 (Franken), Bernhard Koch S 2022 (Pfalz).
Les vins qui font partie de ce colis ne sont pas disponibles à la pièce. Le nombre de colis est limité.
Commande de préférence via le magasin ou via e-mail. Les colis sont prêts pour enlèvement dès maintenant.
Adeneuer: 13 hectares de vignes, dont 85% en pinot noir. La vallée de l’Ahr est la seule région d’Allemagne où l’on élabore plus de vins rouges que de vins blancs. Cette vallée a été terriblement éprouvée par les inondations de l’été 2021, mais le bâtiment principal du Domaine a été épargné.
Martin Wassmer : historiquement, ce Domaine était réputé pour ses asperges et ses fraises. La viticulture a été rajoutée pendant les années ’90. Le succès a été impressionnant au point que les guides spécialisés notent le Domaine avec un nombre maximal d’étoiles.
Shelter Winery : ce petit Domaine ne produit que des vins à base de cépages bourguignons, pinot noir et chardonnay. Les vins sont élaborés par un couple d’œnologues qui se sont installés en 2003. Les premières vinifications ont été réalisées dans un bunker abandonné, d’où le nom du Domaine.
Gutzler : Ce Domaine élabore plus de vins rouges que de vins blancs : c’est avant tout un spécialiste du pinot noir. La génération actuellement aux commandes a affiné et affûté tout le travail des parents, ce qui permet au Domaine de rejoindre l’élite des vignerons allemands.
Giegerich : Domaine géré par deux frères encore fort jeunes, mais manifestement talentueux. Les vignes sont plantées dans un sol/sous-sol sableux de couleur rougeâtre, typique de l’ouest de la Franconie. Les vins proviennent des coteaux du Main, le même rivière que celle qui arrose Francfort.
Bernhard Koch : ne pas confondre avec le Domaine Holger Koch (Baden). Ce Domaine ci se situe dans le Palatinat. La famille est active dans le vin depuis …1610. La spécialité ici : les pinots noirs plutôt puissants, avec un excellent rapport qualité/prix. Les frères Koch ont également une belle réputation pour leurs bulles.
C’est le moment pour jeter un coup d’œil dans le rétroviseur et procéder dans la foulée à la nomination des Oscars 2024: 71 vins ont été dégustés, en 5 dégustations (mars, mai, août, octobre et novembre). 38 vins en bio et biodynamie, soit 54% du total, pourcentage en forte croissance par rapport à 2023.
Au-delà des 71 vins en dégustation, 136 vins ont trouvé leur place dans la gamme, soit un total de 207 vins dont 75 vins français (36%), 50 vins espagnols (24%), 34 vins allemands (16%), 28 vins italiens (14%). Quelques vins autrichiens, grecs et portugais complètent ce tableau. Et même un vin américain, plus précisément un zinfandel californien.
Ont eu beaucoup de succès: le Mâcon-Verzé Le Chemin Blanc 2022 de Nicolas Maillet, le Valpolicella Classico 2022 de Speri, le Chablis Croix-aux-Moines 2022 de Denis Pommier, le Rias Baixas Cies 2022 de Forjas del Salnès, le Rosso di Valtellina Vesper 2021 du Convento San Lorenzo et le Côtes-du-Rhône rouge 2022 du Domaine des Bosquets.
NB: le succès est mesuré par le nombre de bouteilles vendues, mais aussi par le nombre de clients qui en ont acheté au moins une bouteille.
Et donc les Oscars 2024. Comme pour les Oscars 2023, j’ai relu mes notes, j’ai interrogé mes souvenirs, j’ai comparé, j’ai douté. Bien entendu, d’autres vins auraient pu décrocher une médaille. Comme aux Jeux Olympiques, cela tient parfois à un centimètre ou à une minuscule fraction de seconde. Bien entendu, c’est subjectif et plein d’émotions toutes personnelles.
Monte sur la troisième marche du podium, médaille de bronze, avec les félicitations du Jury (c’est-à-dire moi), prix spécial pour le meilleur vin blanc, représentant la Bourgogne: Le Chemin Blanc 2022, Mâcon-Verzé, Domaine Nicolas Maillet (100% chardonnay). Vous l’avez plébiscité, je partage votre enthousiasme ! La précision, l’éclat, la profondeur, la longueur, tout y est ! A mon avis, certains Puligny-Montrachet seraient bien ennuyés d’affronter ce vin du Mâconnais lors d’une dégustation à l’aveugle. Du même Domaine, du même millésime, le Bourgogne Aligoté vaut également son pesant de noisettes !
Grimpe sur la deuxième marche, médaille d’argent, avec les félicitations emplumées du même Jury, représentant la Loire: Saumur 2022 du Clos de l’Ecotard (100% cabernet franc). Raffiné, élégant, précis. L’habituelle robustesse du cabernet franc disparaît pour faire place à des tannins d’un grain exceptionnel, à une fluidité harmonieuse. Ce vin peut se passer du bœuf, mais s’en accommode avec brio.
Bondit sur la première marche, médaille d’or, avec les félicitations du Jury, la couronne de laurier, les tambours trompettes et vuvuzela, représentant la Lombardie: De Le Mur 2020 du Convento San Lorenzo en appellation Valtellina Superiore Sassella (100% nebbiolo). Cet italien qui se cache tout près de la frontière suisse est un vin de garde, mais la qualité de ses tannins permet de le goûter dès à présent, à l’aide de la carafe idoine. C’est parfumé, subtil, comme la bouteille de fer dans la chaussette de velours. Longueur salivante, fruit d’une grande noblesse, sérénité du sourire de celui qui déguste…
Voilà. Je vous souhaite à tous et à toutes d’excellentes fêtes de fin d’année et un millésime 2025 en tous points conforme à vos désirs et souhaits les plus fous.
Samedi, c’était dégustation. Voici quelques commentaires personnels sur ce qui a été goûté, à l’attention particulière de ceux et celles qui avaient piscine et/ou poney.
Voici quelques notes prises à l’issue de dégustation, en complément des commentaires qui figurent dans les fiches de chaque vin. D’abord les cinq vins blancs, ensuite la bulle et enfin les 9 vins rouges.
Le Vouvray des Aubuisières (€ 13,50) démontre que cette appellation est vaillamment représentée par d’autres que les célébrissimes Huet et Foreau. Les vins de ces derniers sont formidables; leurs prix sont tout aussi « formidables »… La cuvée de silex 2023 est un chenin très pur, bien sec que l’on ouvre sans hésitation: laissons à Foreau et Huet les occasions exceptionnelles, les Aubuisières se chargeront volontiers des repas au quotidien ! Belle alternative à un chardonnay non-boisé.
L’appellation Terre di Chieti et le cépage pecorino ont une notoriété limitée, j’en conviens. Mais le Domaine Fabulas, cuvée Fecerunt (€ 11,00) en tire un vin original, droit, caillouteux, fruité avec discrétion, élégant. Franchement, il vaut plus que son prix. C’est une découverte dont je heureux: il faut parfois goûter beaucoup de vins dans cette catégorie de prix pour en extraire une pépite !
Toujours dans le centre de l’Italie, le Domaine Santa Lucia, cuvée Albarara (€ 14,00) se distingue par un gras surprenant: c’est rond, riche et assez confortable. Alors que le pecorino ci-dessus évoque plutôt le nord, cet albana évoque le sud, sans mollesse ni alcool excessif.
On change de division via le somptueux Monte Carbonare du Domaine Suavia (€ 19,90): cette cuvée de Soave m’impressionne, millésime après millésime, par sa capacité à conjuguer délicatesse et intensité. Elegance et force. Le volcan veille, comme s’il transmettait une vibration au vin.
Voici un bel exemple de la capacité du Mâconnais à chatouiller la Côte d’Or à des prix nettement plus abordables: Le Saint-Véran du Domaine Guerrin (€ 19,90) est légèrement boisé, précis et en devenir. Je n’aime pas trop faire goûter un vin en insistant sur le fait qu’il sera bien plus intéressant dans quelques mois, voire quelques années. Voici donc une exception: attendez 2025 pour tire-bouchonner ce flacon, l’aromatique sera plus affirmée, dans des nuances de pêche.
Une bulle fraîche, citronnée, sans douceur doucereuse: le Domaine Andreola propose XXIII(€ 19,90). C’est du haut de gamme, sans tenter le moins du monde de copier le Champagne. Une bulle légère (11,5%), souriante et emballée dans un flacon design du meilleur effet.
Le premier rouge est un vin bilingue italien et allemand. Dans cette région du nord de l’Italie qui s’appelle Alto Adige et que les habitants préfèrent nommer Südtirol, on trouve des vins de couleur pâle, d’une belle fraîcheur, avec un p’tit côté montagnard. Même le cépage est bilingue: schiava ou vernatsch selon votre préférence. Et que dire alors de l’appellation ? Kalterersee Classico Superiore ! Kaltern (€ 12,50) est une jolie synthèse de ce qui précède. Ne vous laissez pas décontenancer par la légèreté de la robe, c’est inhérent au cépage.
Vietti Trevigne Barbera d’Alba(€ 21,00) combine la fraîcheur et la couleur du cépage barbera avec un profil qui peut rappeler le nebbiolo. Rien d’étonnant à cela, Vietti est une maison célèbre pour la qualité de ses Barolos (100% nebbiolo): elle n’hésite pas à planter de la barbera sur des parcelles traditionnellement réservées au nebbiolo. Sur un beau terroir, la barbera fait des étincelles !
Après avoir déjà proposé la cuvée Silice, voici le Cahors La Pierre du Château Les Croisille (€ 23,00): 100% malbec, avec beaucoup de couleur, beaucoup de fruit, beaucoup de jus. Une explosion de saveurs, une modernité qui tranche avec l’image de l’appellation (celle-ci a beaucoup souffert, mais la convalescence se passe de mieux en mieux !).
Tout qui me connaît, sait à quel point je suis attaché aux vins du Domaine d’Aupilhac et en particulier des cuvées Cocalières(€ 24,00): quelle finesse, avec une aromatique au sein de laquelle la syrah domine: nuances de jambon fumé qui rappellent le Rhône nord. Pas courant en Languedoc ! Et la qualité des tannins: waouw !
Qui défend le Chianti Classico traditionnel, celui qui parie sur des élevages longs et des extractions mesurées ? Castell’in Villa (€ 25,00) pardi ! Vous aimez Lopez de Heredia et Le Puy ? A mon avis, vous aimerez ce Chianti Classico atypique, très profond, sans la moindre concession ni aux modes ni aux tendances. La couleur peu intense est typique.
Le suivant a énormément plu et je comprends très bien pourquoi: grande finesse, grande intensité, fondu harmonieux, élégance des tannins, vraiment difficile de résister à la cuvée De Le Mur du Domaine Convento San Lorenzo(€ 29,90). Même cépage que le Barolo, sans devoir attendre longtemps: beau potentiel de garde, mais absolument rien n’empêche de l’apprécier dès aujourd’hui !
Retour au Domaine d’Aupilhac: Ce pur Carignan(€ 25,00) est l’antithèse des Cocalières: beaucoup de couleur, solide structure tannique, arômes de cuir et de fruits noirs, un poil de sauvagerie et beaucoup de personnalité. Je me souviens avoir découvert le cépage carignan avec le millésime 1998 de ce vin: ça ne me rajeunit pas.
Enfin, nous avons comparé trois millésimes consécutifs du Chianti Classico Riserva du Domaine Riecine(€ 39,00): 2018 (épuisé), 2019 et 2020. Fascinant de découvrir les nuances qui différencient le cérébral 2020 du sensuel 2019. Que choisir ? Si c’est pour les semaines et les mois qui viennent, je suggère le 2019. Si c’est pour garder quelques années, le 2020.
Je note vos commandes jusqu’à ce mardi soir 26 novembre (les commandes globales sont transmises aux importateurs le mercredi matin) : Programme de la dégustation
Dégustation d’une quinzaine de vins le 23 novembre, entre 10 et 18 heures. Notez ça dans l’agenda. Le programme est complet: vins italiens et français. Tous les vins sont disponibles dans le magasin.
En particulier, nous ferons une comparaison entre plusieurs millésimes du Chianti Classico Riserva du Domaine Riecine.
Commandes jusqu’au mardi 26 novembre inclus. Les vins commandés seront mis à disposition pendant la première quinzaine de décembre.
Rue des Chats, 171 à 1082 Berchem-Ste-Agathe. GoogleMap
C’est le moment, non ? Jamais Anthocyane n’aura proposé autant de bulles différentes. Champagnes et Crémants, bulles de Loire, de Catalogne, d’Allemagne et d’Italie. On commence dès € 17,50. Attention, il y a des disponibilités limitées, comme une prime accordée aux décideurs rapides !
Tout ça est rassemblé en un seul endroit, une sorte de « cave à bulles » virtuelle: c’est ici.