Catégories
information offre

Nouveautés

J’ai fait le ménage dans la rubrique « nouveautés » du magasin. Cela dit, il y a de quoi aguicher, affrioler, émoustiller, allécher …

On commence par un nouveau domaine en Piémont: La Ca Növa di Rocca. J’ai sélectionné leur Langhe Nebbiolo, majoritairement élaboré avec les jeunes vignes du cru Ovello, en appellation Barbaresco. La Cà Növa di Rocca est un petit domaine historique qui se préoccupe peu de communication moderne: pas de site Internet.

Voici le nouveau millésime du Gentil de Meyer-Fonné. En Alsace, le terme « Gentil » désigne un assemblage de cépages nobles. Comme un edelzwicker en version haut de gamme. Ce 2024 est clairement dominé par la paire pinot blanc et riesling: c’est la rondeur du pinot blanc mariée à la vivacité du riesling. La présence du muscat dans cet assemblage est discrète.

Dans une autre vie, j’ai importé les vins du Domaine Frédéric Mabileau en direct. Via un importateur, j’ai pu mettre la main sur quelques bouteilles du délicieux Chenin des Rouillères 2024. Bio et biodynamique, peu de sulfites. Oups, je constate qu’il ne m’en reste déjà plus que 6 bouteilles…

Je suis de plus en plus enthousiaste lorsqu’il s’agit des vins du Domaine André Bonhomme en Mâconnais. J’ai été soufflé par le Viré-Clessé Les Brenillons 2023: profond, long et salin ! La RVF de juin 2025 lui accorde un 92/100 bien mérité.

Un vermouth ? Oui, un vermouth artisanal élaboré en Catalogne. Du vin blanc agrémenté d’une kyrielle de plantes aromatiques, macérées dans l’alcool pour en extraire tous les arômes. Domaine La Madre.

Et il y a beaucoup d’autres tentations, certaines d’entre elles en quantité très limitée. Il suffit de cliquer sur le bouton:

Catégories
domaine

Thymiopoulos

Certains vignerons ont la carrure pour incarner un cépage ou une région. Pour devenir la référence à laquelle les autres sont comparés. Pour être la locomotive à laquelle s’accrochent d’autres talents. Apostolos Thymiopoulos est Monsieur Xinomavro (= le cépage) et Monsieur Naoussa (= la région).

Selon Decanter, Thymiopoulos est l’un des vignerons qui tire les vins grecs vers un futur innovatif et une reconnaissance mondiale.

Selon Hugh Johnson, Thymiopoulos est un producteur superstar à Naoussa et à Rapsani. Des xinomavro accessibles et stimulants.

Les fiches individuelles des quatre vins ci-dessous sont disponibles ici.

Nous sommes dans le nord de la Grèce, entre Thessalonique à l’est et l’Albanie à l’ouest.

Je vous présente quatre vins, du blanc léger jusqu’au rouge haut de gamme. J’aurais voulu vous en proposer plus, mais je suis limité par ce qui est disponible chez l’importateur. Allons-y:

Atma est un blanc, assemblage du rare cépage local malagousia et du xinomavro, cépage rouge, vinifié comme un vin blanc, en évitant de laisser les peaux des raisins en contact avec le jus de ces mêmes raisins. Cela demande du doigté et de la maîtrise. Vin aromatique, frais et joyeux, idéal à l’apéro. Note citronnée dans le millésime 2024. Devrait plaire aux amateurs de Leirana (Galice). Léger en alcool (12%), original sans être exotique. Excellent rapport qualité/prix !​

Les vins orange sont à la mode: on en parle dans toutes les revues spécialisées, nombreux sont les vignerons qui en proposent au moins un dans leur gamme. Sans surprise, le pire côtoie le meilleur. L’opportunisme ouvre trop souvent le chemin à la caricature. L’imitation mal digérée de modèles couronnés de succès se termine en eau de boudin. Heureusement, lorsque le vigneron fait dans la nuance et la subtilité, des vins orange originaux et complexes secouent les préjugés et offrent de belles expérience de dégustation. Je vous présente le Blanc des Coteaux Cuvée Amphore 2023, un vin que je qualifie volontiers d’orange pâle. La macération des peaux est brève: l’impact en est limité, on a surtout affaire à un grand vin blanc sec qui puise un peu de complexité additionnelle dans son mode d’élaboration. Cépages: malagousia, aidani, vidiano, assyrtiko.

Naoussa, c’est le terrain de prédilection du cépage xinomavro (littéralement acide-noir). Par goût assumé de la contradiction, je vous présente donc Young Vines 2022, un 100% xinomavro qui ne distingue ni par sa couleur très sombre, ni par une acidité féroce.

Le xinomavro est régulièrement comparé au nebbiolo (Barolo et Barbaresco en Piémont), même s’il n’y a aucune proximité génétique entre les deux cépages.

Je suis presque au bout du stock en millésime 2022, mais le 2023 est déjà disponible chez l’importateur, au même prix. Je passe en toute confiance d’un millésime au suivant.

Enfin voici la grande cuvée Terre et Ciel 2023, l’incarnation du cépage xinomavro !

Vignes de 45+ ans. Les meilleures parcelles: 70% près du village de Trilofos, 30% près de Fytia. Les altitudes se répartissent entre 150 et 650 mètres. Calcaire et schiste avec de l’argile en surface.

Elevage de 18 mois en barriques de 500 litres (barriques de trois vins).

Ces quatre vins font partie de la gamme d’Anthocyane. Leurs fiches individuelles et l’outil pour passer commande sont disponibles ici.

Catégories
dégustation histoire

Bonnes surprises

Il m’arrive de plonger dans ma cave personnelle et d’y pêcher un flacon dont la date de péremption est largement dépassée. Enfin, du moins selon la théorie du vieillissement en cave qui affirme que point trop n’en faut, en particulier pour les « petites » appellations.

Voici deux contre-exemples qui m’ont enchanté. D’abord un Irancy 2006 du Domaine Colinot. Plus précisément la cuvée issue du lieu-dit Palotte. Irancy, vous voyez ? Une petite tache de vin rouge au milieu de l’océan des vins blancs du Chablisien. Village-rue entouré par des coteaux de vignes « en fer à cheval » (pas de vignes au sud-ouest). Le village se situe au sud-ouest de Chablis et au sud-est d’Auxerre. L’Yonne y coule. On est en Bourgogne.

A propos de l’Yonne, le lieu-dit Palotte est le seul dont les coteaux descendent vers la rivière, en exposition sud. Terroir de type calcaire kimméridgien, comme à Chablis. Assemblage de 95+% pinot noir et d’une pincée de césar, le cépage hyper-local, en complantation.

On recommande en général de boire les meilleurs Irancy avant qu’ils n’aient atteint l’âge vénérable de 10 ans. Et la plupart des Irancy sont en fait destinés à une consommation rapide, sur leur fruit.

Palotte 2006 devrait donc glisser sur la pente (vachement) descendante et ne réserver que tristesse et déception à l’amateur qui a « oublié » cette bouteille dans sa cave. Erreur ! Grossière Erreur !

Ce vin est en pleine forme: un pinot traditionnel avec un fruit succulent et un équilibre d’anthologie. Une robe légère, avec un peu d’évolution. Je craignais une possible amertume excessive, mais celle-ci brille par son absence. Il y a de l’énergie et de la précision. De la cerise et de la fumée. Un régal ! A noter que ce vin n’est PAS passé par le fût. Comme la plupart des pinots noirs, ce vin est meilleur endéans les 24 heures qui suivent l’ouverture du flacon. Après, cela se dégrade, avec un peu de rusticité et une petite crispation sur les tannins.

Bouteille achetée en 2008 au Domaine au prix de € 14.

Anthocyane a vendu les millésimes 2011 et 2012 du Domaine Colinot, en importation directe. Cuvées Palotte, Les Mazelots, Côte de Moutier, Très Vieilles Vignes, etc… Le Domaine vend aujourd’hui € 30 les millésimes récents.

Enchantement, chapitre 2. Cette fois-ci, c’est l’Alsace qui s’y colle, avec un vin « hors piste » à savoir Trovium 2010 du Domaine F. Mochel. L’Alsace s’organise autour de mono-cépages, riesling, pinot gris, gewürztraminer, etc… Celui-ci fait exception. L’Alsace n’utilise en général pas de contenants en bois. Celui-ci fait exception.

Le Domaine Mochel se situe à Traenheim, pas bien loin de Strasbourg. Il est entre les mains de Guillaume depuis une quinzaine d’années. Trovium, c’est le nom latin du village.

J’ai goûté ce vin et ce millésime en décembre 2013. Voici ce que j’avais noté à l’époque: pinot blanc 50%, pinot gris 50%, fermentation et élevage en barriques. Nez boisé, presque bourguignon. Aromatique de pinot gris beurré, avec de l’orange. Bouche de chardonnay boisé, pas de sensation alcooleuse. Sec et gras.

Dans la foulée, Anthocyane a vendu cette cuvée avec un succès qui s’est limité à l’estime (€ 19,90). Sans doute trop déstabilisant par rapport à l’image que l’on se fait de l’Alsace.

Je craignais que, 15 ans plus tard, ce vin ait conservé l’impact du bois et perdu son fruit. Erreur ! Grossière Erreur ! Après avoir été subjugué par une robe dorée lumineuse et intense (qui pourrait annoncer un vin liquoreux ou un vin oxydé ou un vin fortement boisé), le nez m’affriole: beaucoup de fruit (zeste d’orange). Une évolution vers les parfums de la forêt en automne trahit son âge. Il y a de la joie dans cette bouteille ! La bouche est parfaitement sèche et elle a absorbé le boisé. Riche sans la moindre mollesse. Très belle finale, nette, ciselée. Et il y a de la fraîcheur ! Grand vin de gastronomie.

A ma connaissance, cette cuvée a cessé d’exister: pas de millésimes jeunes.

Comme quoi, ne pas attendre grand-chose d’une bouteille ancienne que l’on tire-bouchonne lorsqu’il est, soi-disant, trop tard offre une vraie carte blanche aux bonnes surprises. Le repas s’éclaire, la conversation gagne en esprit, le temps est remonté et on se souvient…

Catégories
dégustation

La dégustation du 26 juillet: que retenir

15 vins plus tard, voici ce que j’ai retenu de cette dégustation. J’ai marqué d’une étoile (*) les 6 vins qui m’ont fait la meilleure impression, dans leur catégories de prix respectives.
Vins mis à votre disposition pendant la première quinzaine du mois d’août.
Vous pouvez également consulter les fiches détaillées des vins sélectionnés via cette page. Je recommande chaudement de parcourir ces fiches, elles regorgent d’informations supplémentaires: pour faire un choix éclairé.

Les sept premiers vins sont blancs, les six derniers sont rouges. Et les deux rosé sont au milieu.

Ce ne fut pas un grand succès populaire, la date -choisie avec une témérité certaine- s’avérant peu porteuse. J’affirme néanmoins que les participants ne se sont pas ennuyés, ayant goûté des vins singuliers, étonnants, (a)typiques, charmants et charmeurs.

Et une surprise pour clore la dégustation: voir en fin d’article le vin en supplément.

Lafage, Côtes Catalanes, Centenaire 2024 (€ 13,00):

Aromatique et frais, Centenaire a fait honneur à ses vignes -qui l’eût cru-, centenaires: un vin souriant, exubérant, sur le fruit bien mûr. Vin de tous les jours qui ne déplaira à personne, grâce à un parfait équilibre entre rondeur et vivacité. Le vin sympathique par excellence.

(*) La Janasse, Côtes du Rhône 2024 (€ 14,00):

Domaine bénéficiant d’une grande réputation pour ses Châteauneufs-du-Pape. A noter le passage en bio (après trois années de conversion) et le degré alcoolique particulièrement léger (12,50%). Comparaison instructive avec le vin précédent: sud de la France, millésime 2024 et assemblage basé sur le grenache blanc/la roussanne. Celui-ci est moins exubérant, moins extraverti, plus en finesse et en élégance.

(*) Albet i Noya, Penedès, 3 Macabeus 2022 (€ 14,50):

Le Domaine est un -voire le- pionnier du bio et de la biodynamie en Espagne. Etonnant de déguster un vin citronné sous cette latitude ! C’est punchy en diable ! Une expression spécifique du cépage en macabeu de vieilles vignes. A l’aveugle, personne ne mentionnera ni la Catalogne, ni l’Espagne. Se goûte très bien maintenant (le millésime 2022 a eu le temps requis pour se fondre harmonieusement).

(*) Forjas del Salnes, Rias Baixas, Cies 2023 (€ 21,00):

Voici le premier membre d’une comparaison galicienne: un vin océanique (le vignoble est planté en face de l’île de Cies), 100% albariño. Et océanique, il l’est ! Verticalité saline, minéralité, demi-puissance mais précision diabolique. Il faut oublier l’ananas qui caractérise souvent le cépage: la structure domine l’aromatique. Cies m’évoque parfois le riesling, cette fois-ci, je l’ai trouvé chablisien.

Rafael Palacios, Valdeorras, Louro 2023 (€ 25,00):

Voici le deuxième membre de la comparaison galicienne: un vin montagnard (comptez 3 heures de route pour rejoindre l’océan), 100% godello. Style radicalement différent du précédent: ils n’ont vraiment que la région et le millésime en commun. Le nez commence sur un léger boisé fumé très élégant. Le vin est dense, crémeux et m’évoque plus l’automne que l’été. Chaque fois que je le déguste, ce vin m’épate: on croit l’avoir compris à la première gorgée, puis l’on se compte qu’il y a des couches de goût l’une par-dessous l’autre. A boire sans hâte ni frénésie.

Nicolas Maillet, Bourgogne Aligoté 2023 (€ 24,00):

Un peu comme le Muscadet, l’aligoté a été négligé pendant une longue période sous prétexte qu’il serait d’une acidité rédhibitoire et d’une maigreur déprimante. Aujourd’hui, chez les meilleurs vignerons, les choses ont radicalement changé. Pensons à l’appellation Bouzeron (toujours 100% aligoté), aux aligotés parcellaires de Sylvain Pataille et à la mise en avant du cépage en période de bouleversement climatique. Nicolas Maillet répète en 2023 le magnifique 2022: bien sûr le vin est vif, mais il présente aussi beaucoup de gras et une pureté d’anthologie. C’est absolument délicieux ! A l’aveugle, qui mentionnera le cépage ?

(*) Nicolas Maillet, Mâcon-Verzé, Le Chemin Blanc 2023 (€ 29,00):

Le 2022 constituait une réussite majeure, sans doute difficile à égaler. A ma modeste échelle, j’en ai vendu beaucoup. C’est un vin important pour Anthocyane. Il y a quelques semaines, en m’apprêtant à déguster le millésime 2023, Je ressentais un certain stress: serait-il à la hauteur de son prédécesseur ? Pourrais-je le recommander à ceux et celles qui ne l’auront pas goûté ? Ouf, la réponse est un oui majuscule. Samedi, il a été éblouissant. Le Chemin Blanc est décidément un grand vin, à la perfection technique impressionnante. Certains diront qu’il lui manque un grain de folie. M’ouais …: quelle pureté, quelle intensité, quelle persistance !

Shelter Winery, Baden, Rosé de Noir 2024 (€ 14,00):

Un rosé de pinot noir d’une grande délicatesse: le profil est presque celui d’un vin blanc. Ne pas servir au jardin en accompagnement de viandes grillées, il n’y résisterait pas. Son destin est de s’accorder avec des salades ou d’autres plats légers. Rosé aérien et subtil, ce qui me semble plutôt rare dans cette catégorie de prix.

Yves Leccia, Île de Beauté, YL (rosé) 2024 (€ 18,00):

Rien à voir avec le vin précédent, si ce n’est la couleur et le millésime. Voici un rosé gourmand, frais et assez puissant, prêt pour toutes les batailles, de l’apéro jusqu’au poisson grillé. Quelques petits tannins qui contribuent à l’énergie dégagée par ce niellucciu. S’il n’est pas bu en 2025, il sera tout aussi bon en 2026.

Gilles Bonnefoy (La Madone), Côtes du Forez, Diorite 2024 (€ 14,00):

Nouvelle cuvée de jeunes vignes, sur granit (ce n’est donc pas un terroir volcanique). Ne pas confondre avec Dacite. Rouge léger, à boire frais. Substitut intéressant pour celles et ceux qui fuient le rosé ou qui souhaitent se donner le choix des armes. Très léger en alcool, couleur assez pâle. Poivré et fruité. Pas de tannins. Certes gamay, mais pas Beaujolais.

Envinate, Albahra 2023 (€ 16,50):

L’étiquette ne permet pas de percer le mystère de ce vin d’altitude (800 mètres !), élaboré dans l’arrière-pays de Valence (en Espagne, pas en France). Je suis frappé par la matière voluptueuse et soyeuse, avant le retour de bons tannins. C’est fruité et épicé, avec passage par le bois pour le rare cépage moravia.

(*) Gilles Bonnefoy (La Madone), Urfé, Mi-Noir Mi-Bouze 2024 (€ 17,50):

Une curiosité, à savoir l’assemblage du gamay « classique » avec un gamay « pas classique du tout »: le gamay de Bouze (avec un « z », j’insiste). La signature est celle du millésime 2024 au Domaine (léger en alcool, pimpant), mais avec beaucoup de concentration. Fruits noire et intensité. Profil un peu sauvage, mais moins qu’en 2023. Terroir volcanique. Vin nature (0% de soufre), à boire de préférence en une unique journée. Et vous avez ma parole: ce vin est loyal et marchand. Pas de compromis !

Alegre Valgañon, Rioja, Tinto 2021 (€ 18,00):

Vin qui a bénéficié de quelques années de vieillissement en cave. Puisque l’importateur le propose encore, autant profiter de ce grand millésime en Rioja. Vinification classique, avec une volonté de reconnecter avec les méthodes ancestrales. On se situe beaucoup plus près du style « Lopez de Heredia » que du style « Roda ». Vin fondu, assez puissant, prêt à boire.

(*) Viticola Mentridana, Mentrida, El Mentridano 2022 (€ 19,50):

Sans doute le vin le plus surprenant proposé pendant cette dégustation. Un 100% grenache comme on n’en boit jamais. Provenance: Sierra de Gredos (au sud-ouest de Madrid), le nouvel Eldorado des « grenachophiles ». Couleur très pâle, nez parfumé, bouche pleine de jus et de matière. Certes 14,50% d’alcool, mais sans impact négatif sur la dégustation. Je suis plus que séduit. Selon l’adage, cela ne plaira pas à tout le monde mais j’assume ! Vin qui plonge ses racines (sic) dans un passé presqu’oublié.

Vietti, Langhe, Perbacco 2022 (€ 25,00):

Après un 2020 d’anthologie, ce Perbacco 2022 fait presqu’aussi bien, ce qui n’est pas peu dire. Assemblage de jeunes vignes, en partie à Barolo et en partie à Barbaresco. J’essaye d’éviter ce type de comparaison mais dans le cas qui nous occupe, je fais exception: petit Barolo me semble tout-à-fait pertinent ! Un nebbiolo jeune et pourtant accessible ? Perbacco est la réponse. Bien sûr, il y a du tannin, le cépage ne se prêtant pas à l’absence de tannins. Mais c’est équilibré, fruité, épicé et ne demande qu’à escorter une viande rouge. Maintenant ou dans cinq ans.

Et en supplément au programme : La Madre, Vermouth, White Dry (€ 16,00):

Donc un vermouth, à savoir des plantes et des herbes aromatiques macérées dans l’alcool qui extrait les arômes, puis filtration de ce liquide et mélange à un vin blanc, en l’occurrence catalan (grenache blanc et macabeu). On ajoute du sucre et on mute jusqu’à obtenir un degré d’alcool de +/- 17%. On termine par un élevage en tonneaux.

J’ai profité de la présence des participants à la dégustation pour tester ce produit étonnant. Cela a manifestement plu, certains dégustateurs souhaitant en acheter.

Le vermouth peut se boire nature, additionné de glaçons et de tonic ou comme base de nombreux cocktails. Il permet d’abaisser le titre d’alcool du mélange lorsqu’il est ajouté à un alcool à 40%. La présence de sucre dans le vermouth va adoucir le mélange tout en apportant des notes aromatiques, d’où un cocktail plus complexe. On le retrouve ainsi notamment dans le Negroni, l’Americano et le Manhattan.

Une fois la bouteille ouverte, peut se conserver au réfrigérateur pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Peut également être utilisé -en petite quantité- pour aromatiser une sauce.

J’ai marqué d’une étoile (*) les 6 vins qui m’ont fait la meilleure impression, dans leur catégories de prix respectives.
Vins mis à votre disposition pendant la première quinzaine du mois d’août.
Vous pouvez également consulter les fiches détaillées des vins sélectionnés via cette page. Je recommande chaudement de parcourir ces fiches, elles regorgent d’informations supplémentaires: pour faire un choix éclairé.

Catégories
dégustation humeur information

Miscellanées

Un weekend pas trop loin de Bruxelles et un vignoble réputé ? Vous me répondrez sans doute via quelques bulles champenoises, entre Reims et Epernay. Voici néanmoins une alternative plus originale, voire légèrement exotique pour nous les francophones: Trier, capitale de la Moselle allemande, terroir d’excellence pour le riesling. Trois heures de route pour se plonger dans une autre culture du grand vin.

Un peu de vocabulaire, à titre de trousse de premier secours: « alte Reben » = vieilles vignes; « feinherb » = demi-sec; « grosse Lage » = terroir grand cru; « edelsüß » = moelleux/liquoreux; « Sekt » = bulle élaborée en méthode traditionnelle; « Ortswein » = vin de village (sur le modèle bourguignon); « Ruwer » = affluent de la Moselle et sous-région particulièrement recommandable; « Spätburgunder » = pinot noir., …

Prévoir une pause pendant votre visite du centre (très) ancien de Trier: Das Weinhaus. Caviste très bien achalandé et wine bar typique, avec petite restauration.

Une idée de ce que vaudra le futur millésime 2025 ? Non, bien sûr que non. C’est déjà difficile quand les raisins ont été vendangés, alors faire des prévisions en juillet, décidément non. Malgré tout, sans aucune prétention scientifique, je surveille chaque été notre mûrier.

Les participants aux dégustations du samedi le connaissent bien, il se trouve juste à côté de la porte d’entrée. Exposition nord-est. Planté il y a plus de vingt ans. Ce murier bénéficie de la chaleur que lui rend le mur contre lequel il s’appuie. Il subit périodiquement une taille vigoureuse.

Bilan 2025: plusieurs récoltes en juillet de fruits bien mûrs, présentant un équilibre idéal entre sucrosité et acidité. Couleur violacée qui révèle la présence massive d’anthocyanes. Très peu de fruits pourris. Une excellente année précoce ! Le temps où il fallait attendre le mois d’août pour déguster les mûres semble révolu.

La Bourgogne est un mystère. La Bourgogne est insondable et impossible à résumer. Elle génère émerveillements et frustrations. Elle ne garantit jamais rien. Une réflexion qui mérite le partage: Achetez les vins des meilleurs vignobles et des meilleurs producteurs lors des pires millésimes. En grand millésime, achetez les simples bourgognes et les villages de presque n’importe qui …et économisez de l’argent.

Méfiez-vous du vigneron qui tente de transformer un petit millésime en grand millésime en faisant appel à des artifices (dont il ne vous dira rien). Un petit millésime peut être charmant et équilibré. Un petit millésime maquillé ne sera ni l’un ni l’autre.

Je vous invite à participer à la dégustation de ce samedi 26 juillet, entre 10 et 18 heures. Le programme est finalisé. Ce sera majoritairement franco-espagnol. 15 vins sur le bar. Un rosé corse et un rosé allemand. Deux cuvées du Domaine de la Madone dont l’étonnante Mi-Noir Mi-Bouze (tout un programme). Catalogne, Rioja, Galice et d’autres régions espagnoles. La cuvée Centenaire de Lafage, particulièrement réussie en 2024. Deux fois l’incontournable Nicolas Maillet en millésime 2023. Et le nouveau millésime de la cuvée Perbacco de Vietti (Piémont).

Je prends vos commandes dès à présent et jusqu’au mardi 29 juillet inclus. Mise à disposition des vins pendant la première quinzaine du mois d’août.

Il n’est pas rare d’entendre un dégustateur commenter un vin moelleux en affirmant qu’il a mangé ses sucres. C’est un phénomène moult fois observé: après un (long) vieillissement en cave, certains vins moelleux se goûtent presque secs. Comme si les sucres avaient fait leurs valises pour disparaître … en douce.

Or, analytiquement, il n’en est rien. Les sucres sont toujours présents. Je cite la Revue du Vin de France de juillet/août 2025: le Château d’Yquem cofinance une thèse visant à lever le voile du mystère qui entoure ce prodige sensoriel.

Comme quoi, les sucres ont la faculté de se faire discrets, avec la complicité du temps qui passe…

Catégories
blanc information

Et voici les Gigondas BLANCS !

Article rédigé par Bernard Arnould, client chez Anthocyane et journaliste-vin depuis 1992.

Tout amateur de vins du Rhône est familier avec l’appellation Gigondas et ses rouges historiquement riches et denses. Le grenache noir occupe une place de choix sur les quelques 1.200 hectares en plantation. Alors qu’elle fête en 2025 les 55 ans de son accession au statut de cru, l’appellation du nord du Vaucluse, se déguste désormais aussi en blanc depuis le millésime 2023.

Le terroir à blancs de Gigondas

Des terrasses alluviales au sol sablo-argileux s’étendent sur un vaste plateau jusqu’aux contreforts des Dentelles de Montmirail. Leur grande perméabilité permet un assèchement aisé du sol en cas de pluie, évènement devenu plutôt rare il est vrai… Au-dessus, sur les pentes et les coteaux grimpant jusqu’à 400 m, les vignobles en terrasses s’étendent sur des sols marno-calcaires. Georges Truc, renommé géologue rhodanien, explique que là-haut, des sols avec éboulis et colluvions calcaires posés sur des marnes conviennent particulièrement bien pour faire du blanc. En particulier grâce à …

La clairette blanche

… un cépage typiquement méridional, probablement originaire de l’Hérault, mentionné dès 1575. C’est une variété rustique très bien adaptée à la sécheresse et aux conditions climatiques méditerranéennes. Elle s’adapte aux sols calcaires, secs et peu fertiles. Ce cépage donne un vin frais salin et acidulé, aux arômes d’amande grillée, de fleurs, de fenouil, de tilleul, d’abricot et de pêche, avec une légère amertume en finale. Le terroir détermine largement le style de la clairette, plus ample et charnue ou plus saline et élancée, sans oublier néanmoins la patte du vigneron. La clairette (je risque le rapprochement !) est le riesling du sud avec sa capacité à exprimer de façon transparente l’identité de son lieu de naissance. Si le cahier de charge de l’AOP autorise d’autres cépages tels les bourboulenc, clairette rose, grenache blanc et gris, marsanne, roussanne et piquepoul blanc à raison de 30% maximum, les cuvées les plus marquées terroirs oscillent entre 100 et 70% de clairette blanche.

Une belle illustration de Gigondas blanc

La Bouïssière est le domaine de Gilles et Thierry Faravel, 2 frères qui ont été rejoints en 2023 par Maéva leur nièce, l’avenir du domaine. 20 ha de superficie produisent 95% de rouges en Gigondas, Vacqueyras et Beaume de Venise. Leur unique hectare de clairette, jeunes et vieilles vignes plantées sur safres, délivre un vin élancé, tout en fraîcheur saline, avec un grain minéral venant chatouiller une matière à la texture onctueuse et aux arômes de fenouil, de fleurs et d’agrumes discrets. Voilà un vin qui associe délicatesse et présence en bouche jusqu’à une finale au noble amer d’amande. Réjouissez-vous, Maéva a l’intention de planter plus de clairette sur « la montagne », comme elle nomme les magnifiques coteaux de 350 à 400 m au sol calcaire sur les contreforts des dentelles de Montmirail. L’adéquation cépage-sol/sous-sol devrait donner à ce futur blanc une énergie peu commune. A suivre donc…

Catégories
dégustation

Compte-rendu de la dégustation

15 vins plus tard, voici ce que j’ai retenu de cette dégustation. J’ai marqué d’une étoile (*) les 6 vins qui m’ont fait la meilleure impression, dans leur catégories de prix respectives.
Vins mis à votre disposition pendant la première quinzaine de juin.
Vous pouvez également consulter les fiches détaillées des vins sélectionnés via cette page.

Les six premiers vins sont blancs, les huit derniers sont rouges. Et le rosé est au milieu.

Sous une météo pluvieuse et venteuse qui condamnait la terrasse et le jardin à n’être que des éléments du décor, nous avons dégusté avec vaillance et détermination les vins que voici, que voilà:

Les Bosquets, Le Petit Vin 2024 (€ 11,50):

Aromatique et frais, un Rhône méridional surprenant qui combine la vivacité du vermentino et la rondeur d’un chardonnay bien mûr. C’est le sud, sans les pépins méridionaux.

Carl Loewen, Varidor 2024 (€ 13,00):

Seul vin non-français de la sélection, ce riesling de la Moselle réussit à combiner trois éléments essentiels: un degré très raisonnable (12%), une pleine maturité du fruit et une absence de sucres résiduels perceptibles (vin sec). Excellent rapport qualité-prix, difficile de trouver un équivalent en Alsace.

(*) La Pépière, Briords 2023 (€ 14,50):

Un vrai Muscadet avec la vivacité et la salinité qui en font le vin idéal pour accompagner tout ce qui nage et circule sous les flots bleus; la parcelle offre un supplément de gras et de rondeur qui contribue à l’équilibre: les vieilles vignes ont encore frappé !

Les Corbillières, Fabel Barbou 2023 (€ 16,00):

Un sauvignon qui s’exprime pleinement sur des notes de fruits exotiques: fruit de la passion, litchi, mangue…Mais tomber dans une exubérance de mauvais aloi: c’est élégant et salivant.

Goûté à nouveau ce dimanche soir: l’élégance et la pureté prennent le pas sur l’aromatique. C’est meilleur aujourd’hui qu’hier. Mériterait une étoile.

Les Gandines, Climat Les Gandines 2022 (€ 24,50):

Bourgogne blanc de facture classique: élevage sous bois dosé avec maestria, belle longueur. Peut remplacer bien des chardonnays prestigieux de la Côte de Beaune, mais à un prix très différent de ce qui se pratique aujourd’hui du côté de Puligny et autres Meursaults.

Goûté à nouveau ce dimanche soir: 36 heures après avoir été ouverte, la bouteille affiche une grande harmonie, comme si tous les éléments avaient reçu le temps requis pour se fondre les uns dans les autres. Ma comparaison avec la Côte de Beaune est absolument valide. Mériterait une étoile.

PS: je reçois aujourd’hui le numéro de juin de La Revue du Vin de France. En page 89, je lis: « Fruit gourmand et mûr, plein de fraîcheur un peu acidulée en finale: un vin friand, délié et accessible, nuancé et joyeux, lumineux en finale. 93/100« 

Le Clos Galerne, Savennières 2023 (€ 29,90):

Très pur à l’ouverture, vers 09h30, le vin a ensuite divergé, présentant progressivement des arômes légèrement oxydatifs et/ou marqués par l’amertume de la bière. En l’état, je ne peux pas vous recommander un achat. Je suppose que ce problème ne concerne que la bouteille dégustée samedi, mais il faut que je vérifie. Dommage.

Pour en avoir le cœur net, je goûte à nouveau ce dimanche soir ce qui restait dans le flacon. Cela a encore évolué ! La touche oxydative est imperceptible, l’amertume très légère. Bref, c’est nettement mieux qu’hier sans être tout-à-fait au niveau souhaité. Cela reste un vin atypique pour son appellation, construit sur une « maturité précoce » (11,5%). Une forme de fragilité touchante, intéressante, créatrice de débats, mais aussi un point d’interrogation. Pour amateurs audacieux.

(*) Pellé, Morogues rosé 2023 (€ 14,50):

La recherche d’un rosé qui échappe à la banalité m’occupe dès que le printemps montre le bout de son nez. Après avoir entendu les commentaires des participants à la dégustation, je suis encore plus content d’avoir découvert ce rosé de pinot noir qui fera merveille à l’apéro et qui passera à table avec bonheur. La finale est digne de celle d’un grand vin blanc.

La Pépière, La Pépie 2023 (€ 11,50):

Au-delà d’un prix fort sympathique, ce côt (ou malbec) ligérien montre le potentiel de la région du Muscadet pour élaborer des rouges friands et directs. Peut se servir légèrement rafraîchi.

Valensac, Entre nous 2023 (€ 11,50):

Un rare 100% petit verdot. Ce cépage historique dans le Bordelais a trouvé refuge en Languedoc où il atteint sa pleine maturité. C’est tonique, fruité et original. Etiquette esthétique, peu de soufre et superbe rapport qualité/prix: qu’est-ce qu’on attend ?

Sant’Armettu, Mino 2024 (€ 15,50):

Ce domaine du sud-ouest de la Corse ne cesse de m’impressionner, y compris avec ce Mino, assemblage issu des deux cépages rouges emblématiques de l’île de Beauté: niellucio (synonyme du sangiovese toscan) et sciaccarellu. Epicé, concentré et juteux. Elevage en cuve inox (pas de bois).

(*) La Madone, Gamay sur volcan 2024 (€ 17,00):

Quel plaisir de retrouver ce gamay volcanique dans le millésime 2024 -après un 2023 atypique par sa richesse en alcool (14%)- qui en revient aux 12% habituels, ce qui garantit son côté pimpant, primesautier, gouleyant, glouglou-esque à souhait, …

(*) La Cabotte, Gabriel 2023 (€ 17,50):

Autour du bar, j’ai entendu plusieurs fois « Châteauneuf-du-Pape ». Oui, il y a bien de ça, avec deux nuances importantes: la parfaite maîtrise du degré (14,5%) qui ne génère aucune chaleur alcooleuse et le prix qui n’a rien de castelpapal. Elevage en jarres de terre cuite (« amphores »). Un assemblage syrah-grenache puissant comme j’aimerais en goûter plus souvent !

(*) Sant’Armettu, Rosumarinu 2024 (€ 23,50):

Quelle finesse, quelle abondance de parfums, quelle légèreté combinée avec beaucoup de matière ! J’avais été conquis par 2022, ce millésime 2024 se hisse au moins au niveau de son prédécesseur. La couleur est pâle comme il sied à un 100% sciaccarellu.

François Villard, Poivre et Sol 2023 (€ 25,00):

L’incarnation de la syrah « Rhône nord » en mode viril et sauvage. Arômes puissants de lard, de jambon fumé, de caoutchouc brûlé (ne fuyez pas, c’est beaucoup plus intéressant dans le nez que dans cet article). Vin très expressif que je recommande de faire passer par la carafe.

(*) Bernard Baudry, Le Clos Guillot 2022 (€ 27,00):

Ce vin -qui peut se bonifier en cave pendant de longues années- a le grand mérite de très bien se goûter dès son enfance: l’équilibre entre la matière et les tanins de ce millésime 2022 donne déjà beaucoup de plaisir. La maturité de ce cabernet franc est parfaite, en évitant avec talent les pièges d’une année aussi solaire.

J’ai marqué d’une étoile (*) les 6 vins qui m’ont fait la meilleure impression, dans leur catégories de prix respectives.
Vins mis à votre disposition pendant la première quinzaine de juin.
Vous pouvez également consulter les fiches détaillées des vins sélectionnés via cette page.

Catégories
blanc

Viognier: cap au nord !

Parcelle de 1,9 hectare, située tout au sud du Beaujolais, près du village de Saint-Vérand (à ne pas confondre avec le village du même nom, plus au nord, en Mâconnais). Ce Saint-Vérand-ci est situé dans le département du …Rhône. C’est l’origine de la Famille Chermette et le Domaine y est toujours installé.

Donc je récapitule: voici un vin blanc en appellation Vin de France, élaboré avec des raisins qui proviennent d’un terroir situé dans le département du Rhône et dans la région viticole du Beaujolais. Ah …la géographie administrative …

C’est du 100% viognier, cépage dont l’aire de prédilection se situe au sud de Lyon. Mais le bouleversement climatique étant ce qu’il est, les vignerons malins préparent l’avenir. Un vigneron alsacien bien connu a planté de la syrah en Alsace, un vigneron allemand a planté du tempranillo et il y a plein d’autre exemples. Se contenter de faire « comme les parents » n’est plus une option. Celui qui ne s’adapte pas est condamné à disparaître, tôt ou tard.

Ce viognier est forcément un vin de jeunes vignes (10 ans), personne n’ayant eu l’idée saugrenue d’en planter avant 2012. Terroir de granite.

L’élevage se fait en cuve inox pendant 6 mois pour 85% du volume. les 15% restants sont élevés dans le bois neuf …d’acacia (le chêne n’est pas en position de monopole). Peu d’alcool (12%), ce qui nous change des viogniers lourdingues du grand sud. Ici, ni mollesse, ni lourdeur. Au contraire: de la vivacité et beaucoup de fruit: pêche, abricot, poire …

Disponible dans le magasin au prix de € 14,00. Commandes jusqu’au mardi 27 mai 2025 inclus.

Catégories
dégustation

Apogée d’un chenin

Domaine de Bellivière, Coteaux du Loir, Vieilles Vignes Eparses 2004

Couleur cuivrée intense et lumineuse.

Nez: orange, purée d’abricot, rose, épices, miel, quelle complexité !

Bouche: acidité très intégrée, salinité en finale, maturité sans sucre résiduel, « douceur sèche », équilibré, pas de signaux de fin de vie si ce n’est une légère touche oxydative.

Irrésistiblement savoureux, plus sensuel que cérébral.

Plus de vingt ans et toutes ses dents …

Ce vin n’est pas commercialisé par Anthocyane. Cette bouteille a été achetée à la Cave des Oblats (Liège) en mai 2006 au prix de € 18. Le Domaine commercialise le millésime 2022 au prix de € 42.

Catégories
dégustation

Dégustation

Samedi 24 mai. De 10 à 18 heures. A l’adresse habituelle. Une quinzaine de vins sur le bar. Voici le programme.

Thème ? Quel thème ? You talkin’ to me ? You talkin’ to me ?

Plus concrètement, le thème sera la recherche obstinée et persévérante des vins les plus intéressants dans leur catégorie, au meilleur prix. Avec humilité parce que le processus qui mène au choix est profondément subjectif. Avec conviction parce que je peux choisir librement vu que je n’ai ni engagement vis-à-vis de mes fournisseurs ni stock à écouler.

Catégories
information

L’encépagement de Bordeaux

Bref coup d’œil sur le temps long

Aujourd’hui, c’est le merlot qui domine à Bordeaux (Gironde). Nettement, puisqu’il représente à lui seul 58% de l’encépagement du vignoble bordelais. Les deux cabernets, le franc et le sauvignon, doivent se contenter ensemble de 27%. Ce qui laisse un peu de place pour le malbec, le sauvignon et le sémillon. Les autres cépages peinent à exister (petit verdot, muscadelle, etc…).

Mais il n’en a pas toujours été ainsi. En 1960, le tableau était très différent: les cépages blancs classiques représentaient tous ensemble … 42% du vignoble (16% pour le seul sémillon), les rouges classiques se contentaient de 32% . Ce qui reste (25%), c’étaient des cépages hybrides, blancs et rouges ! Ces hybrides (acides mais peu chargés en sucres) étaient assemblés à des vins d’Algérie pour approvisionner la France en vin courant. Très très courant …

A Bordeaux, le merlot est progressivement passé de 12.000 hectares à … 73.000 hectares, en une soixantaine d’années.

Quelques commentaires:

  • ce n’est sans doute pas à Bordeaux que l’on trouvera la plus forte proportion de (très) vieilles vignes
  • l’adéquation entre terroir éternel et cépage qui en extrait la quintessence est au moins sujette à débat
  • la demande pour le vin blanc est croissante alors que celle pour le vin rouge est décroissante: oups …
  • ces chiffres globaux ne disent pas grand-chose sur ce qui s’est passé à Pauillac ou à Pomerol: les évolutions locales peuvent être différentes, voire divergentes.
  • Sociando-Mallet (Haut-Médoc) constitue un exemple frappant: en 1996, l’encépagement se composait de 60% de cabernet sauvignon, de 30% de merlot et de 10% de cabernet franc. Aujourd’hui: 55% de merlot, 43% de cabernet sauvignon et 2% de cabernet franc. Pendant ce temps, la superficie plantée en vignes est passée de 58 hectares à 83 hectares, soit 17 hectares de merlot en 1996 contre … 45 hectares aujourd’hui ! Le vin a beaucoup changé, il est même méconnaissable.

Catégories
voyage

Beaujolais

Voyage d’étude: passer en douceur des paysages élégants du Mâconnais, sous le regard attentif des deux Roches, la Solutré et la Vergisson, à la campagne plus rude du nord du Beaujolais.
C’est le calcaire qui s’achève, qui passe le témoin au granite et à la pierre bleue. Les chemins sont plus étroits, le décor plus rustique, la météo plus fraîche. Moins d’humains, plus d’animaux.

Goûter à Lantignié au Domaine Frédéric Berne avec Antoine Duplan, goûter à Leynes, au Clos Sauvage, ferme paysanne, chez Sophie & David Devynck: on s’immerge en France profonde, sans chichis ni formalités. 

Entre les visites chez les vignerons, une pause déjeuner à Beaujeu, place de la Liberté, pour une mangeaille populaire et sympathique, arrosée comme il se doit.

Admiration pour ces vignerons qui luttent contre la grêle et le gel, contre les banques et les assurances, contre les bizarreries administratives et la SAFER, contre l’absence de notoriété. En 2024, on n’a pas pris de vacances parce que le vignoble nécessitait une attention de tous les instants. On s’installe et on commence par arracher 75% des vignes parce qu’elles ont trop souffert. Il faut détruire avant de reconstruire.

Comment fait-on pour élever en même temps trois petites filles, quelques vaches Highland et une dizaine de cuvées, en gamay et en chardonnay ? Comment combiner cela avec la création de quelques chambres B&B/œnotourisme ? Comment organiser le temps quand le tracteur doit circuler entre une dizaine de parcelles à Leynes, à Saint-Amour et jusqu’à Saint-Véran(d) ?

Comment fédérer les vignerons de Lantignié pour préparer le dossier à l’INAO: Lantignié, onzième cru du Beaujolais ? Les granites roses à l’est, la pierre bleue à l’ouest, une belle aventure géologique. Comment valoriser le travail lorsque l’appellation Beaujolais-Lantignié peine à trouver sa place, malgré une histoire de plus de mille ans ?

On fait décidément du très bon Beaujolais, à Lantignié comme à Leynes et on y est très bien accueilli ! A la vôtre !

PS: rien à voir, mais … je lis à l’instant que les Etats-Unis représentent 31% de la valeur exportée par la région (la Belgique en cinquième position avec 6%). Un souci de plus pour les vignerons du Beaujolais.

Catégories
dégustation promotion

colis de bienvenue

Je conserve en mémoire d’une époque préhistorique -lorsque je travaillais au sein du département marketing d’une multinationale active dans les « fast moving consumer goods« – un principe qui s’applique également à mon activité de caviste:

Nous adorons avoir le choix, mais détestons choisir

Autrement dit, il peut être très agréable de se balader dans une gamme large, de fouiner à gauche et à droite dans un magasin enligne, de se plonger dans la Galice espagnole, de poursuivre dans la Loire, de se rendre en Toscane puis en Allemagne, …

… Une demi-heure plus tard, la tête saturée d’informations, farcie d’anecdotes, de photos et de comparaisons, un peu hébété, le regard dans le vide, voici venu le moment tant redouté du choix. Et ça n’est donc pas forcément facile. Or, affirme le commerçant, si ça n’est pas facile, ça risque de ne pas se passer. Opportunité envolée. Problème…

…Solution ! Voici donc le colis de bienvenue à géométrie variable.

Définition:

  • toujours six bouteilles différentes,
  • toujours mix entre rouge et blanc sec,
  • toujours proposé à moins de € 100, avec une réduction de € 5 par rapport au prix habituel des six bouteilles
  • toujours axé sur la diversité des styles, des origines et des cépages,
  • toujours disponible immédiatement.

Il suffit de commander le colis de bienvenue dans le magasin enligne et de venir le chercher à l’adresse habituelle. La facture est transmise en annexe d’un e-mail.

La composition du colis varie avec l’évolution du stock d’Anthocyane. Donc le colis disponible aujourd’hui est peut-être différent de celui qui sera proposé demain et est probablement différent de celui qui sera proposé dans un mois.

A titre d’exemple, voici un colis avec trois blancs secs et trois rouges:

• Fritsch, Wagram, Ried Steinberg 2023 (€ 14,00)
• La Janasse, Côtes du Rhône 2023 (€ 14,00)
• Guerrin, Mâcon-Vergisson 2023 (€ 15,50)

• Famille Chermette, Beaujolais, Origine vieilles vignes 2023 (€ 12,00)
• Château de Villeneuve, Saumur-Champigny, Clos de la Bienboire 2023 (€ 17,00)
• Cellers Joan d’Anguera, Les Maiols 2023 (€ 14,00)

Prix total: € 86,50 – réduction de € 5 = € 81,50

Ce colis est épuisé, un autre a pris sa place: découvrez-le en cliquant sur le bouton ci-dessous:

Catégories
dégustation offre

Compte-rendu

Le thème de la dégustation ? Petit prix, grand plaisir: très bons vins à € 15 et moins

Je me suis concentré cette fois sur des vins qui ne dépassent pas la barre des 15 euros. On pourrait s’imaginer qu’il s’agit alors de cuvées d’entrée de gamme, simples, légères et destinées à une consommation rapide.

Je détrompe: nous avons certes goûté des cuvées sympa qui fonctionnent particulièrement bien lorsque les circonstances l’exigent: nombreux convives, météo para-caniculaire, apéritif avant de passer aux choses sérieuses. Mais nous avons également goûté des vins plus ambitieux, complexes, structurés, jusqu’à, pour certains, mériter soit le passage en carafe, soit la patience sous la forme d’une garde en cave de deux ou trois ans.

Dans la première catégorie, un sauvignon classique et équilibré du Domaine des Corbillières qui évite tant le piège de la sous-maturité (verdeur) que celui de l’exubérance aromatique (fatigue). Fraîcheur aussi: alcool à 12,5%. A noter qu’il s’agit, pour partie, d’un vin de vieilles vignes, connues pour offrir des rendements plus bas, ce qui conduit à l’élaboration de vins plus concentrés (€ 11,00).

Autant de fraîcheur mais plus de rondeur dans le pinot blanc du Domaine Holger Koch. Les vignes sont plantées dans le volcan éteint qui domine la région, le Kaiserstuhl. Une aromatique intense, avec des notes fumées et une énergie éclatante, revigorante. Un vin allemand pour la table, sec sans le moindre sucre résiduel. A prix égal, je connais peu de pinots blancs alsaciens capables de rivaliser avec celui-ci (€ 14,00) !

La Janasse, réputée pour ses Châteauneuf-du-Pape riches et solaires, produit également un Côtes-du-Rhône blanc qui me convainc, millésime après millésime. Assemblage complexe qui combine la puissance du grenache blanc, la fraîcheur de la clairette et du bourboulenc et l’aromatique du viognier et de la roussanne. Alcool très bien maîtrisé. L’équilibre, comme souvent dans le sud, se nourrit d’une bonne vivacité et de quelques amers rafraîchissants: si vous êtes mal à l’aise avec les amers, ce n’est pas celui-ci qu’il faut retenir (€ 14,00).

La Pépière ou le Muscadet efficace ! Cette cuvée d’entrée de gamme met en bouteille la vivacité des embruns océaniques. Vin idéal pour accompagner mollusques et crustacés. Ou la cuisine asiatique y compris pimentée. Pureté, précision, éclat: à ce prix là, c’est imparable ! En cadeau gratuit: bio et biodynamie (€ 11,00).

Comparaison intéressante avec la Folle Blanche du Domaine Luneau-Papin: nous sommes toujours dans la région du Muscadet, mais nous changeons de cépage: la folle blanche est un cépage un peu oublié qui a tendance -quand le vigneron néglige ses vignes- à produire beaucoup, beaucoup et encore plus. Or quantité et qualité sont très peu compatibles. Ici, nous sommes sur le terrain de la meilleure folle blanche, citronnée et iodée, avec une jolie concentration (€ 14,00).

On change de couleur pour entamer la longue série des rouges. Le Valpolicella de Speri est une certitude dans mon assortiment … depuis 2015. Ce millésime 2023 se caractérise par une aromatique parfumée et par des tannins très discrets, pour ne pas dire inexistants. Vin léger comme une bulle fruitée (€ 13,00).

Aussi peu de couleur dans ce Frappato de Gurrieri que dans le vin précédent. Notre œil s’imagine alors que le vin sera léger. Ce Sicilien nous contredit avec délectation: après un démarrage sur le fraise, la tannicité arrive progressivement donnant du poids et de la structure à ce « faux-léger » (€ 15,00).

La cuvée Œillade du Mas des Chimères est un coup de cœur personnel: voici un cinsault qui donne irrésistiblement envie de mieux connaître ce cépage du sud. Floral et séducteur, juteux et assez long, je suis sous le charme ! Petits tannins qui portent une belle matière, déjà prête à être dégustée (€ 13,00).

Opposition des contraires avec le Chinon du Château de Coulaine: le millésime 2022 est solaire et puissant, ce qui se traduit dans ce vin de Loire par la présence de puissants tannins qui invitent à le carafer. Mais les tannins ne constituent qu’une partie de l’expérience: beau jus fruité, avec quelques nuances terreuses qui ajoutent de la complexité et de la typicité: c’est en effet très cabernet franc (€ 14,00) !

Bon, une p’tite pause grâce à un vin de Navarre du Domaine Quaderna Via élaboré avec 100% du cépage graciano. Direct, joyeux et festif. Fruit savoureux et vin succulent. Vinification très maîtrisée. Rien qui puisse empêcher le dégustateur-profane de s’y retrouver: l’ami de toute le monde en quelque sorte. Il faut des vins comme celui-ci dans toutes les caves. Les occasions ne manquent pas. L’étiquette est sympa. Prix plus que sympathique (€ 9,90).

Le vin suivant m’a surpris: composé de 80% de grenache et de 20% de carignan, il donne la parole au cépage minoritaire, ce qui confère à cette cuvée un caractère sérieux, profond, droit. Le Domaine Les Soulanes a réussi son coup avec cette cuvée parcellaire (Les Salines) à forte personnalité. Je recommande la carafe pour « ouvrir » ce vin dense, concentré, tannique et frais. Il pourrait évoquer le Priorat catalan (sauf par son prix). Un Roussillon sec très réussi (€ 14,00) !

Nous restons dans le Roussillon pour vivre une expérience diamétralement opposée: un pur grenache qui se caractérise par une très grande buvabilité: cela coule vraiment tout seul ! Pas de tannins, un fruit éclatant et une absence de … sulfites. Si, si, vous avez bien lu: Natural Grenache est un vin nature ! Quel régal lorsqu’un Domaine détient l’expertise nécessaire pour réaliser un vin sans sulfites et … sans défauts ni déviances. Le Mas Amiel est sans plus connu pour ses rouges moelleux, mais il démontre ici sa capacité à gérer les vins secs. Bouteille addictive (€ 15,00) !

NB: n’ayant pas de recul sur l’évolution dans le temps de cette cuvée, je recommande la prudence et donc de tire-bouchonner les bouteilles en 2025 ou 2026. Prolonger la garde n’a pas d’utilité.

Et voici venu le vin qui a remporté le plus de suffrages parmi ceux et celles qui m’ont déjà transmis leur commande: le Bourgueil « Noms d’Oiseaux » du Domaine de La Chevalerie en millésime 2019. Grâce à la politique du Domaine (conserver dans leurs caves les vins mis en bouteilles pendant plusieurs années avant de les commercialiser), nous goûtons un millésime qui a eu le temps de se fondre, de s’harmoniser, d’arrondir ses tannins. C’est prêt à boire ! Un cabernet franc traditionnel qui démontre le potentiel de ce cépage (€ 15,00).

Nous voici dans la vallée du Douro, dans le nord du Portugal. Ici, on crée le Porto, mais aussi des vins secs, concentrés, riches en alcool, souvent basés sur le cépage touriga nacional et systématiquement élevés en bois. Pas forcément ma tasse de thé… D’où mon intérêt pour une version sans passage par le bois (unoaked en anglais dans le texte), plutôt légère en alcool (13,50 %) et issue d’une vigne en complantation (différents cépages plantés dans la même parcelle, en proportions très variables). Ce Quinta Nova a tout pour plaire, en particulier grâce à du fruit noir en abondance, à un jus très dense, à des tannins plutôt discrets et à une richesse qui ne vire pas vers l’alcool excessif (€ 15,00).

Enfin, une douceur du Domaine Lafage: un Rivesaltes Ambré hors d’âge. Vin muté à l’alcool, à la fois doux et oxydatif, longuement élevé dans le bois (d’où sa couleur ambrée) et embouteillé dans un très joli flacon élancé de 50 cl. C’est délicieux avec bien des fromages et bien des desserts. Cela peut se substituer à un dessert absent. Grande complexité des arômes (orangette, fruits secs, abricot, etc…). La bouteille ouverte se conserve, bouchée et placée au réfrigérateur, sans perte de qualité, pendant plusieurs semaines. Mais je fais le pari que le vin se sera mystérieusement évaporé en quelques jours…(€ 14,00).

Pratiquement: je prends les commandes jusqu’à ce mardi soir inclus (18 mars). Donc, ne pas remettre à après-demain sous peine de passer à côté.
Tous ces vins sont affichés dans le magasin.

Catégories
dégustation information

Bordeaux 2022

Impressions sur une dégustation de Bordeaux Grands Crus Classés issus du millésime 2022

Article rédigé par Bernard Arnould, client chez Anthocyane et journaliste-vin depuis 1992.

Vignes et vins nous surprendront décidemment toujours. Voyez par exemple ce millésime 2022 à Bordeaux : chaleur et sécheresse étaient au rendez-vous. On pouvait donc craindre des vins riches, alcooleux, parkériens après la lettre…que nenni !

Excessif dans sa climatologie, le millésime 2022 a cependant produit des vins étonnamment équilibrés et harmonieux, plus ou moins tanniques en fonction de la vinification, mais pulpeux, préservant une fraîcheur et un éclat que l’on a trop souvent cherché en vain dans les Grands Crus Classés de la période Parker. Comment expliquer ce paradoxe ? Un article du Figaro en date du 18 mai 2023 fournit d’importants éléments de réponse :

« Les vignes ont fait face à une sécheresse record, en plus des températures au-dessus des normales. En revanche, il n’y a pas eu de canicule extrême (comme celle de 2003), et les températures nocturnes sont restées relativement fraîches. Les vignes se sont habituées aux conditions chaudes et sèches dès le début de la période de croissance, ce qui a entraîné une adaptation de la consommation d’eau et de la croissance du couvert végétal pour pouvoir se contenter du peu d’eau disponible. Elles ont puisé dans les réserves accumulées au cours de l’année pluvieuse qu’aura été 2021, avant d’être gratifiées d’une rançon d’eau supplémentaire en juin, pour ensuite survivre à 50 jours sans pluie, jusqu’à la mi-août. »

L’alternance entre épisodes caniculaires et périodes plus fraîches voire pluvieuses ainsi que des températures nocturnes raisonnables ont donc soutenu la résilience des vignes jusqu’aux vendanges :

« la météorologie pendant les vendanges a permis de récolter les différents cépages au niveau de maturité souhaité par chaque domaine. Quelques épisodes pluvieux, sans conséquence sur l’état sanitaire, permettent au cours de la seconde décade d’août d’enclencher le processus de maturation, sans entraîner cependant une forte augmentation du volume des baies. Ce climat, sec et chaud se prolonge fin août et durant le mois de septembre. Les dates de récolte peuvent ainsi être déterminées avec sérénité, sans aucune pression …en fonction des seuls critères analytiques et gustatifs, sans devoir se préoccuper de l’état sanitaire. Les raisins de merlot, vendangés parfaitement sains, présentaient à la récolte des paramètres analytiques remarquables. Le mois de septembre très clément, a également permis, l’achèvement optimal de la maturation des cabernets sauvignons. » Extrait du rapport Millésime 2022 à Bordeaux de l’ Institut des Sciences de la Vigne et du Vin de l’Université de Bordeaux, Unité de Recherche Œnologie

Restait dès lors aux vinificateurs à décider :

  • de la date des vendanges parcelle par parcelle, voire selon l’âge des rangs, pour garder un pH garantissant la fraîcheur du vin
  • du type d’extraction souhaité, par infusion ou par remontages successifs, pour obtenir la structure tannique souhaitée.

Les vins les plus harmonieux que j’ai dégustés la semaine passée résultaient certainement de choix judicieux en ces matières. Ils brillaient par l’harmonie entre maturité du fruit, alcool (de 13,50% à 14,50%), fraîcheur et chair des tannins pour atteindre un sommet de classe à la Bordelaise. D’autre châteaux par contre n’avaient pas atteint cet équilibre par excès d’acidité : vendanges précoces ? vinification en grappes entières ? tartriquage excessif ?

Voici dès lors mes coups de cœur parmi la petite centaine de domaines présents :
Rive gauche
  • un grandiose Léoville Barton, racé, raffiné suivi de peu par un Brane-Cantenac à la fois soyeux et profond
  • Giscours, étonnant de fraîcheur
  • Cantenac Brown, précision de la matière
  • Léoville Poyferré, plus ample, plus structuré
  • Talbot, équilibré, soyeux
  • Langoa Barton, séduisante harmonie
  • Domaine de Chevalier, charnu et chaleureux
  • Haut Bailly, force et énergie
Rive droite
  • Pavie Macquin, la vigueur du calcaire
  • Larcis Ducasse, dense, serré
  • Clos Fourtet, entre soie et salinité
Sauternais

Quatre domaines présents seulement, Doisy Daëne domine de loin ses voisins.

Un mot pour conclure: la qualité reste hors d’un prix raisonnable, eu égard au coût de production. A chacun de juger.

Bernard Arnould

Catégories
dégustation domaine

Bellouguet

Importé par Anthocyane en 2013 et commercialisé à ce moment-là au prix de € 17, voici Bellouguet 2010 du Domaine de la Colombière à Fronton (Sud-Ouest).

Assemblage de négrette et de cabernet sauvignon, ce vin a vieilli avec majesté. En fait, il n’a que très peu vieilli, sa robe est sombre et dense comme celle d’un vin bien plus jeune. En bouche, la concentration est importante, les tannins sont fondus comme de la soie. Le vin est énergique, bien réveillé et très appétissant. Nous avons bien profité de cette dernière bouteille !

NB: il me semble que cette cuvée n’existe plus: je trouve trace d’un 2014 et d’un 2015 mais pas d’un millésime plus récent.

Catégories
histoire information

Slow Delivery

Est-ce crédible ? Est-ce pertinent ? Je peux en tous cas confirmer que les cyclistes livreurs ne respectent rien ni personne. Manifestement, le code de la route ne s’applique pas à eux, au grand dam de leurs victimes.

Par ailleurs, je suppose que, de temps à autre, l’un d’entre eux finit sur l’asphalte et sous les roues de la voiture qui le suivait. J’imagine le client, chronomètre à la main et la bave aux lèvres, guettant l’éventuelle arrivée tardive de ses courses de façon à bénéficier de la réduction offerte par l’entreprise lorsque sa promesse n’est pas tenue.

Donc: un jeune cycliste, mal rémunéré et hors d’haleine, terrorise le quartier pour satisfaire un client pervers, tout en jouant avec sa propre vie, trajet après trajet, pour le profit d’une entreprise dont la contribution à l’espace public se limite à construire ce que l’on qualifie de « dark stores« , à savoir des entrepôts aveugles où des robots et quelques humains robotisés préparent les commandes, 24/7.

Cela s’appelle un « business model », mais ce n’est pas le mien.

Connaissez-vous le « slow food » ? Eh bien, Anthocyane vous propose la « slow delivery« …

Je ne plaisante qu’à moitié. Si vous avez besoin de deux bouteilles d’un rouge bien précis pour le dîner avec belle-maman qui commence dans trois heures, je ne suis sans doute pas votre caviste idéal. J’ai peu de stock sur place et mes heures d’ouverture sont aléatoires. Si la rapidité est essentielle à vos yeux, tant pis pour moi. Je ne livre pas endéans les quelques minutes et pour tout dire, je ne m’engage jamais à livrer au plus vite.

Le principe de base s’énonce ainsi: Anthocyane achète les vins chez leurs importateurs sur la base des commandes passées par les clients.

Comme je tiens à effectuer les livraisons moi-même, je suis tenu, pour ne pas sombrer dans la folie vu les embouteillages dans et autour de Bruxelles, d’optimiser ma logistique, ce qui me conduit à organiser des tournées de livraisons, souvent le samedi matin. Je livre volontiers même les petites commandes à condition que l’adresse de livraison soit située sur le parcours d’une tournée. En toute transparence: c’est plus confortable pour moi de livrer à Woluwé, à Wemmel ou à Uccle qu’à Gembloux. Néanmoins, je trouve (presque) toujours une solution, si l’on m’accorde du temps pour la proposer.

Tant qu’à faire, je propose également la « slow invoicing« : la facture ne vous parvient qu’au moment où votre commande est prête pour enlèvement/livraison. Ne craignez rien, je n’ai jamais oublié de facturer. Corollaire: ne versez rien sur le compte bancaire d’Anthocyane avant d’avoir reçu votre facture.

Et pour clore sur une note moins ennuyeuse, je pratique également le « slow tasting«  qui consiste à ne pas évaluer trop rapidement le vin qui vient de couler dans mon verre. La complexité du vin se révèle lentement, autant ne pas passer à côté par … excès de vitesse.

* Le nom de l’entreprise a été modifié.

Catégories
dégustation

Petit prix, grand plaisir

De très bons vins à moins de 15 euros en dégustation le samedi 15 mars 2025

15 vins sur le bar, choisis avec passion et discernement.

Voici le programme.