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La soie et le velours

Lopez de Heredia, Rioja Viña Tondonia Reserva 2007

Millésime 2007. Ce n’est pas une faute de frappe, c’est la conséquence d’un élevage « à l’ancienne » comme le pratiquent encore quelques rares Domaines, gardiens de la tradition en Rioja.

Le style peut dérouter l’amateur de vins très sombres, fortement extraits, issus à 100% du tempranillo et élevés brièvement en bois neuf: Lopez de Heredia fait exactement l’inverse !

Le vin est d’abord élevé pendant 6 ans en barriques très anciennes (bois américain), il est ensuite mis en bouteilles et repose encore pendant de longues années (5 ans au moins) dans les caves froides du Domaine. Lorsque le vin est enfin commercialisé, il est à parfaite maturité, maintenant et pendant les dix prochaines années. Le tempranillo est bien entendu le cépage principal, mais il est complété avec une part non-négligeable de grenache (15%) et une pincée de graciano y mazuelo.

Les vignes sont en majorité …centenaires: plantation en 1913 et 1914. Altitude du vignoble: entre 438 et 489 mètres. Le Domaine dispose de sa propre tonnellerie, qui fabrique et répare les barriques d’élevage, avec pour objectif de les utiliser pendant 25 ans.

Il est possible que ce vin ne plaise pas, parce qu’il est incontestablement différent. Il est possible aussi que le goûter vous fasse rejoindre le cercle des amateurs qui le considèrent comme une des incarnations de la perfection.

La robe est franchement rouge, sans nuances violacées ni tuilées. Le nez est ouvert, noble, épicé avec des arômes de boîte à cigares. Cela rappelle l’univers des Bordeaux tels que l’on a cessé de les produire (à l’exception peut-être de Château Le Puy). La bouche est intense, avec des tannins fondus. C’est harmonieux et salivant. Des épices et un peu de tomate. On navigue entre le velours et la soie. C’est profondément sensuel jusqu’à défier l’analyse. Ce Viña Tondonia Reserva est un tout, une synthèse, un univers.

Pour l’automne et pour l’hiver, à déguster lentement …

Quelques bouteilles sont disponibles dans le magasin: Espagne, Rioja, Lopez de Heredia Viña Tondonia Reserva 2007

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Le partage …autrement

Samedi 14 novembre. Levé fort tôt pour goûter les 20 bouteilles. Ouf, pas de vin à problème, juste un petit doute sur le n°6. En avant pour le remplissage des 460 petits flacons. Heureusement, il y a ce petit accessoire pour doser correctement 3 centilitres (voir photo ci-dessus).

Quelques images pour partager cette expérience improbable: la dégustation en « take-away », via petits flacons. Et ci-dessous un florilège de commentaires. Merci pour votre enthousiasme et pour les différentes suggestions: on ne peut exclure qu’il faille recommencer.

Comme je suis parti à la mer pas moyen de retrouver la liste des vins. Si tu pouvais me renvoyer ton e-mail ce serait super. Pas urgent, je déguste vers 17:00. PS: je suis très impatient de déguster 👍

Ma dégustation des 20 échantillons étant uniquement axée sur l’éventuel acte d’achat (oui/non), je n’ai pas cherché à commenter en détails les vins.
Je te dirai donc simplement que ta sélection m’a plu dans la mesure où elle était une belle promenade dans plusieurs régions de la botte et leurs cépages autochtones … agréable surprise que ce pecorino !
Cependant, aucun vin n’a constitué pour moi un grand coup de cœur et donc j’ai choisi d’étaler mes achats sur de petites quantités de 4 cuvées.

Tout d’abord merci pour cette belle dégustation et pour ta créativité grâce à laquelle elle a pu avoir lieu. Bart et moi avons passé un très beau moment et avons découvert de très beaux vins. Pourrais-tu nous envoyer la liste des prix des 20 vins avec le numérotage des flacons (pour éviter toute erreur dans la commande).

J’avais de sérieux doutes sur la formule et, en ce qui me concerne, cela a été une totale réussite. J’ai dégusté comme je voulais, quand je voulais, au rythme que je voulais. Avant de commander, mon épouse est venu trancher (tu ne l’auras pas à une dégustation chez toi un samedi pour goûter 20 vins😊). Aucun problème logistique. Quantité très bonne. Un seul manque: le partage des impressions… En conclusion: à refaire. Encore merci pour cette initiative et bonne fin de weekend.

Merci pour le colis, c’est très intéressant et je trouve que les vins n’ont pas pâti du transvasement, sauf peut-être le Soave que je trouvais éteint et le Nero di Troia que je trouvais amer et asséchant. Mes préférés: le Verdicchio Umani Ronchi en blanc et le Montepulciano (et je n’avais pas vu qu’il était Tre Bicchieri 😉) en rouge . Le Barolo est remarquable de finesse (j’ai craqué pour 1 bouteille…) . Il représente +/- le prix de 1/6 de ma commande 😊. Tu trouveras ci-joint ma commande et quelques photos. J’ai goûté les 12 premiers le samedi et les 8 derniers le dimanche. PS: j’ai nettoyé toutes tes petites fioles à la main, les étiquettes sont parties.

J’ai relu tes commentaires en regardant les miens et je nous trouve assez alignés sur l’ensemble sauf pour le Chianti Istine et le Botonero…
Tu es comme toujours impressionnant dans ta façon d’organiser les choses, tu penses au plus petit détail et tout est clair : tu devrais te lancer dans l’évènementiel quand la petite bête nous foutra la paix.

Encore merci pour cette dégustation originale mais qui fait très bien le job avec les fioles, la liste des noms et le site web pour la description. J’ai trouvé mon bonheur dans 2 vins ou plutôt 1 coup de cœur pour moi et 1 coup de cœur pour ma femme. Le mien : Rivera Violante (n°10). Celui de Madame : Mamete Prevostini Botonero. Je vais donc te prendre 2 caisses de Rivera Violante et 1 caisse de Mamete. Quand voudrais-tu que je passe chez toi ? Pas d’urgence de mon côté. J’ai nettoyé les fioles et tout remis en place dans le carton que je te ramènerai quand je prendrai ma commande.

Super soirée dégustation hier soir. Nous l’avons faite à 2. Notre erreur de débutants a sans doute été de faire la dégustation en mangeant un plateau repas avec beaucoup de goûts différents…Notre avis: logistique super, peut-être prévoir la possibilité (quantité) de faire la dégustation à 2. Eventuellement même avec 2 fois moins de vins différents ou en demandant une participation financière. Super sélection de vin aussi. En tout cas les flacons sont nettoyés et prêt pour la prochaine fois !

Et bien, j’ai trouvé l’expérience intéressante. Le format a sans doute desservi certains vins (je songe en particulier aux 2 Vietti, qui étaient assez décevants). Mais dans l’ensemble, les vins goûtaient pas mal, je trouve.
Rien à dire sur l’information sur le site : c’est très complet. J’ai tout dégusté à l’aveugle … il y a donc eu des surprises, tant négatives (Vietti comme je l’ai dit, mais aussi Bucci dont j’attendais plus) que positives … En revanche, certains vins dont j’attendais beaucoup n’ont pas déçu (Istine, Valle Reale, Grifalco).

Ce genre de dégustation n’a pas que des inconvénients. En comparant tes notes avec la dégustation, j’ai pu constater que certains vins étaient plus à leur avantage que la description. Je suppose que le reconditionnement en petit flacon leur a donné le petit coup d’oxygénation qu’il fallait.
Merci en tout cas pour tout le mal que tu t’es donné. Ça nous a permis de sortir de cette torpeur vivifiante.

J’ai apprécié la navigation sur le site avec une prise de commande très claire. Alors, le coffret était très bien présenté. J’ai mis les vins blancs au frigo pour pouvoir déguster l’après-midi. La taille des flacons est un peu juste : seulement 2 bonnes gorgées mais cela suffit ; j’aurais pu laisser un peu de vin dans quelques verres mais cela en faisait beaucoup. Autrement dit, 20 verres, c’est copieux ! Tout compris (avec recherches sur le site, prise de notes), la dégustation m’a pris 2 heures, alors que je m’attendais à 1 heure. Mais au total, 2 heures agréables dans cette formule originale même si un peu tristounette, mais c’est une autre histoire. En tout cas, bravo pour ton imagination et tes bons soins !

C’était sympa comme concept. 20 étaient peut-être un peu beaucoup pour moi, et ma capacité de concentration (j’ai néanmoins beaucoup craché), mais c’était très agréable de déguster et de jouer aux échecs en même temps. Bien que je manque de blanc dans la cave, je m’oriente vers quelques rouges. Les blancs italiens ne parviennent décidément pas à me convaincre… A part là-bas, au soleil, pour l’apéro ou quelques pasta alle vongole…Voici ma commande avec mes quelques commentaires de dégustateur non spécialiste. J’ai lavé les petits flacons (à l’eau chaude, sans détergent). Mais ai oublié de décoller les pastilles. Je m’en charge si tu préfères les récupérer sans.

Félicitations pour cette initiative ainsi que pour l’organisation. Parce que c’est pas tout d’avoir l’idée mais il faut que ça suive derrière … Et tout était au rendez-vous! Packaging impeccable, les détails des vins sur le site, avec la tablette à côté des fioles, très bien. On a fait la dégustation avec Arnaud, mon fils. Avec beaucoup d’impertinence, heureusement que tu n’était pas là parce que 20 vins + ton bagout, la demi-journée n’aurait pas suffit. Ceci dit tu nous a manqué tout de même. Alors la prochaine pourquoi pas une visioconférence ? Mais il faudra trouver le bon média. Très bon choix de vins en ce qui me concerne. Il y avait suffisamment de diversité que pour y trouver son goût. Donc bravo encore.

Tout d’abord , même si le charme de la dégustation est un peu égratigné , il n’en reste pas moins que c’est une initiative chaleureuse , imaginative et qui nous a bien plu. Acheter un « pool » de bouteilles n’était pas tentant dans le sens où si un vin ne te plait pas, c’est dommage et de plus, pour les comparer ..à nous deux , cela fait trop de vin !! Les flacons sont une bonne idée. Pour deux, c’est un peu « short » mais jouable. Je me suis demandée si le nez n’en souffrait pas un peu … pas certain non plus. Bref, j’ai fait la dégustation en deux étapes car 20, c’était trop. Samedi soir, les blancs et quelques rouges . Le dimanche midi, le reste des rouges. J’ai fait mon max pour me concentrer et finalement déguster la première partie sans indication du tout. Tant qu’à faire !! Chouette, j’ai aimé les vins que j’avais déjà acheté chez toi, ouf !!  Le blanc Umani Ronchi verdicchio et le rouge Rinaldi barbera. Tu nous a grandement manqué quand même !! Les commentaires, les anecdotes , le partage , c’est tellement mieux avec ….mais année 2020 oblige, on s’adapte. J’ai rédigé ma commande il y a quelques minutes. Si par bonheur tu passes dans le coin , je suis toujours dispo pour t’offrir un verre d’eau fraîche. Sinon, nous passerons. J’ai nettoyé les flacons qui sont prêts. J’espère que tu auras un bon retour de cette expérience hors du commun.

Nous avons bu…Voici quelques commentaires et une commande ! Je trouve que l’idée des fioles, tenant compte de la situation actuelle, est très créative et a un côté sympa. Je te remettrai les fioles mais la boîte a été jetée par inadvertance…En ce qui concerne la dégustation, je ne dirais pas que l’expérience a été concluante. Nous ne savions pas si nous avions le covid (absence/faible d’odeur et de goût) ou si les fioles avaient eu un effet négatif mais cela n’a pas été concluant pour nous. Le lien avec les infos sur ton site est très bien (c’est beaucoup mieux quand tu mets les chiffres du vin concerné 😊). Peut-être que pour certains vins, tu pourrais être plus étendu sur tes perceptions olfactives et gustatives.

La dégustation était vraiment intéressante, des cépages connus et d’autres pas du tout et certains très surprenants ! Dans les préférences, je suis restée dans les cépages et goûts plus classiques, tandis que Thierry a bien apprécié les saveurs nouvelles (pecorino, gropello & marzenino). Nous avons bien aimé la formule car cela permet de gouter à son aise, assis, tout en mangeant entre différentes dégustations. L’information sur le site est complète et bien faite. Un seul petit conseil pour faciliter les recherches: mettre le numéro qui est indiqué dans le tableau Excel à côté des vins ? Je te joins notre commande de 12 bouteilles (voir tableau Excel). En tous cas, bravo pour cette chouette formule ! Nous ramènerons les petits flacons quand nous viendrons chercher la commande.

Grand merci Philippe pour tous tes efforts. Certainement à refaire.
Il faut simplement raccourcir le délai entre l’enlèvement du colis et la dégustation, car dans mon cas la plupart des vins étaient éventés déjà le soir…Ceci dit j’ai bien aimé les numéros 3, 8 , 9 , 11, et 14.

La dégustation fut éminemment intéressante surtout que j’ai fait mon choix sans regarder les étiquettes et les prix . Comme tu le sais j’ai fait cela avec ma personne de contact et étonnamment nos préférences se rejoignaient.
Très bonne formule mais qui demande de se préparer un peu à l’avance pour la logistique. En tous cas, tu devais être le seul au monde à faire goûter tes vins à autant de personnes en même temps, bravo. Merci encore pour ce moment qui brise la morosité de la vie sous covid.

Chouette initiative en tout cas. Et j’espère qu’avec mes petites commandes, je t’aide un peu dans ses temps moins évidents. Je préfère dépenser chez toi que chez Rob. 

Un peu tard mais je viens de rentrer de l’hôpital….Merci pour le bon moment que tu nous as proposé !!!! Le concept est assez original et très adapté à la situation actuelle, il manque certes d’un peu de convivialité …. et de partage. Si tu comptes re-proposer une dégustation de ce type afin qu’il y ai plus de partage entre les convives tu pourrais imaginer une dégustation en virtuel: chacun bloque 2h de son temps (certes c’est contraignant, il faut être dispo aux heures indiquées, tu partages un lien soit via zoom, soit via teams ou autre plateforme d’échange chacun à sa box de dégustation et chacun se connecte). Autre solution c’est faire une sorte de podcast (vidéo de dégustation mais ici on ne bénéficie que de ton expérience et ton analyse, elle est toujours enrichissante et pertinente mais il n’y a qu’un avis ……Concernant les vins proposés, comme tu sais j’ai un grand faible pour les vins blancs : j’ai été très agréablement surpris par le vin 3 et le 5 j’en prendrai volontiers 6 bouteilles de chaque. Concernant les vins rouges j’ai beaucoup aimé le 16 et le 18, j’en prendrai donc 3 bouteilles de chaque. Et encore mille fois merci à toi et ton épouse pour avoir rendu tout cela possible.

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4. Festival des vins d’Italie: impressions, soleil levant

Maintenant que la sélection est (quasi) définitive, voici quelques éléments, au gré de mes souvenirs et de mes émotions. Pas la volonté d’objectiver, plutôt de partager quelques impressions, par petites touches de couleur sur la toile.

Je me souviens du temps où les vins blancs italiens manquaient d’intérêt, certainement observés par le prisme des chardonnays toscans, lourds, maladroitement boisés et manquant d’énergie. Je ne me suis pas réconcilié avec ces chardonnays toscans, mais le choix est devenu beaucoup plus vaste. Les vins issus du verdicchio (Bucci, Umani Ronchi) prouvent qu’il ne faut pas importer le chardonnay pour élaborer des vins qui ressemblent aux meilleurs blancs bourguignons, du moins comparés à prix similaires.

Le garganega vénitien (Suavia) et le cortese piémontais (Coppo) peuvent également procurer beaucoup de satisfactions, à la condition qu’ils soient plantés dans les terroirs qui les révèlent. Le pecorino d’Italie centrale (Lunaria) affiche un profil bien à lui, minéral, végétal, citronné. Enfin, le vermentino sarde (Argiolas), bien connu des amateurs de vins corses, met en évidence de fins amers de fin de bouche.

Sur ce même thème, j’ai ouvert très récemment une bouteille du millésime 2010 de la cuvée Hérzu du vigneron piémontais Ettore Germano: c’est un 100% riesling qui a vaillamment traversé le temps. Très sec, plus proche du profil allemand que du profil alsacien, plein de citron vert, savoureux, tendu et encore jeune: ça ne pétrole pas. Belle surprise !

Beaucoup de flacons sont bouchés par du liège technologique, comparable au DIAM ou par des matériaux synthétiques, imitant le liège. Le bouchon classique est passé de mode; ni la capsule (une exception: le Soave de Suavia), ni le bouchage sous verre n’ont trouvé leur place. Gurrieri a choisi un bouchon très particulier, le même modèle que celui utilisé par Matthieu Barret (Cornas etc…).

Ma sélection de vins rouges met en évidence de plus en plus de produits relativement peu colorés, vraiment rouges et non noirs-violacés. C’est en particulier le cas pour les siciliens (Gurrieri, Firriato) et pour les toscans (Riecine, Istine, Canalicchio di Sopra). Cela tient forcément à un goût personnel pour les extractions modérées, mais aussi à la progression de ces vins plus infusés qu’extraits. Less is more. Quel paradoxe malgré tout d’avoir nommé mon projet ANTHOCYANE, alors que j’apprécie tant les anthocyanes modérées…

J’ai privilégié des vins de haute buvabilité, terminologie certes dans l’air du temps, mais qui me semble également se référer à un principe éternel: la recherche de l’équilibre (les funambules savent que ce n’est pas si simple à gérer) avant la recherche du « maximum » (la poussée brutale sur l’accélérateur exige moins de talent que la maîtrise du fil). Botonero, Valpolicella Speri, Torrazzo, Gricos, Casal di Serra…ont, chacun à sa façon, le talent de se rendre faciles à boire. Attention, cet adjectif qui, lorsqu’il est accolé à une fille, peut éveiller le soupçon, souligne ici la qualité de vins dont sont absentes crispations et disharmonies diverses.

Même conditionné par la lecture de bien des commentaires dithyrambiques sur la qualité exceptionnelle du millésime 2016 à Barolo et dans les limites de ma modeste expérience de ce type de vins, je constate avoir été soufflé par le Castiglione du Domaine Vietti. C’est bien sûr destiné à la garde, mais c’est déjà irrésistible ! Les 30 euros de supplément par rapport à Perbacco sont-ils justifiés ? Je crains qu’il n’y ait pas de réponse à cette question. Perbacco est en tous cas un brillant second vin !

Très content d’avoir découvert ce montepulciano de Valle Reale, présentant les Abruzzes sous un jour nouveau. Vin très personnel, belle expression du lieu dont il est issu. Impact, pour une fois favorable, du bouleversement climatique. Et la fraîcheur des Pouilles (si, si…) via Fatalone et Rivera: les appellations Gioia del Colle et Castel del Monte contrebalancent avec brio le puissant soleil local.

Je me suis vraiment bien amusé à préparer cette large sélection. J’espère avoir maintenant le plaisir de la partager avec vous !

Tous les vins sont commentés directement dans le magasin: sélectionnez « les dégustations », puis « 14 novembre 2020 ». Ou cliquez ici. Commandes jusqu’au mardi 17 novembre inclus.

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3. Festival des vins d’Italie: « à la carte »

Le principe « à la carte » est simple: vous m’indiquez un nombre de bouteilles, un budget et ce que vous ne souhaitez pas. Un e-mail avec ces quelques infos et je me charge de la concrétisation. Cette commande peut être retirée le 14 novembre.

Quelques exemples d’éléments qui peuvent m’aider à vous concocter la meilleure proposition: « pas de blancs, ma cave en est pleine »; « pas de vins qui coûtent plus de €15″; « pas de toscans, je les connais bien »; « pas de vins à boire dans les deux ans, j’ai ce qu’il me faut dans cette catégorie-là »; « pas de vins avec une acidité marquée »; etc…

J’insiste: communiquez-moi surtout ce que vous ne souhaitez pas. C’est en général plus facile à exprimer de façon précise et cela ouvre le chemin vers la découverte, vers le vin auquel personne ne pense spontanément et qui se révèle à l’usage être un vrai coup dans le mille !

Les vins qui participent au Festival des vins d’Italie sont ici. Les commandes doivent me parvenir au plus tard le mardi 17 novembre.

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2. Festival des vins d’Italie: le colis-découverte

Une bouteille de chaque vin, une façon maline pour déguster chez soi, avant de choisir ce que l’on a préféré.

Voici 8 rouges et 4 blancs pour faire un large et beau tour de la Botte, sous la forme d’un colis-découverte. J’ai privilégié tant la diversité des régions que celle des cépages. Equilibre entre des vins que je connais plutôt bien (le même vin, le nouveau millésime) et des nouveautés, découvertes récemment.

Il s’agit de bouteilles dont le prix à l’unité varie entre € 11 et € 19. Ces bouteilles sont disponibles individuellement dans le magasin.

  • Sicile: Domaine Gurrieri, Frappato 2019 (cépage: frappato) Rg
  • Toscane: Domaine Istine, Chianti Classico 2018 (cépages: sangiovese 90%, canaiolo, colorino) Rg
  • Basilicate: Domaine Grifalco, Gricos 2018 (cépage: aglianico) Rg
  • Vénétie: Domaine Speri, Valpolicella Classico 2019 (cépages: corvina 60%, rondinella 30%, molinara) Rg
  • Piémont: Domaine Francesco Rinaldi, Barbera d’Alba 2018 (cépage: barbera) Rg
  • Lombardie: Domaine Mamete Prevostini, Botonero 2018 (cépage: nebbiolo) Rg
  • Pouilles: Domaine Rivera, Violante 2017 (cépage: Nero di Troia) Rg
  • Abruzzes: Domaine Valle Reale, Vigneto Sant’Eusanio 2017 (cépage: montepulciano) Rg
  • Abruzzes: Domaine Lunaria, Civitas 2019 (cépage: pecorino) Bl
  • Sardaigne: Domaine Argiolas, Meri 2019 (cépage: vermentino) Bl
  • Marches: Domaine Umani Ronchi, Casal di Serra 2019 (cépage: verdicchio) Bl
  • Vénétie: Domaine Suavia, Soave Classico 2019 (cépage: garganega) Bl

Colis de 12 bouteilles, disponible dans le magasin pour commande dès à présent et jusqu’au mardi 17 novembre inclus (sauf rupture de stock) au prix de € 169. Ce colis peut être livré gratuitement (Bruxelles et les deux Brabants). Il n’est bien sûr pas interdit de venir l’enlever chez moi si vous en avez la possibilité.

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1. Festival des vins d’Italie: dégustation en « take-away »

Je m’adapte aux circonstances, voici la dégustation en take-away: vous passez chez moi le samedi 14 novembre, entre 10 et 18 heures, vous vous garez devant la maison et je dépose une boîte avec 20 petits flacons numérotés dans le coffre de votre voiture. Sitôt arrivés, sitôt repartis !

Dans chaque petit flacon: 3 centilitres d’un très bon vin italien. Remplissage artisanal par mes soins ! Vous goûtez chez vous, vous me passez commande de ce qui vous a plu, au plus tard le mardi 17 novembre.

Je livre gratuitement votre commande (minimum 12 bouteilles panachées) à l’adresse de votre choix (Bruxelles et les deux Brabants). Vous pouvez bien entendu ajouter d’autres vins à cette commande: voir magasin.

Indispensable réservation de votre boîte avec 20 petits flacons, par e-mail: anthocyane@skynet.be Les réservations sont prises en compte dans l’ordre dans lequel elles me parviennent. Ne tardez pas, le nombre de boîtes est limité.

Mise à jour: toutes les boîtes ont été attribuées.

Vous pouvez ainsi déguster à votre rythme, au moment de la journée qui vous convient le mieux, avec le verre dont vous avez l’habitude, « à l’aveugle » ou en sachant ce que vous goûtez. Mes commentaires sont joints à la boîte et se trouvent également sur le site Internet d’Anthocyane. Goûter le jour même est fortement recommandé: le vin contenu dans le petit flacon a une durée de vie limitée.

Les vins participants font partie de la liste affichée ici. Le fantastique Barolo Castiglione de Vietti fait de toute façon partie de la sélection pour les 20 petits flacons.

En résumé: dégustation « take-away », samedi 14 novembre, entre 10 et 18 heures. Sur indispensable réservation préalable. 20 petits flacons dans une boîte. Chaque flacon contient 3 centilitres d’un très bon vin italien. Les commandes doivent me parvenir au plus tard le mardi 17 novembre.

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Denis Mortet: superbe Côte-Rôtie !?

Un anniversaire un peu particulier, fêté quelques heures après les nouvelles mesures annoncées par Rudi Vervoort. Cela faisait déjà un bon moment que nous avions compris que notre weekend du côté de Paliseul (où Maxime a installé sa Table) était une illusion, noyée dans le gel hydroalcoolique. Nous étions donc fins prêts pour un scénario alternatif et casanier.

D’un tire-bouchon assuré, le Gevrey-Chambertin En Dérée vieille vigne 2002 de Denis Mortet fut libéré de son flacon, tel le génie qui jaillit de la lampe… Pouf-pouf. Je m’égare.

Je me souviens, avec une pointe de nostalgie, de mes achats chez Bénévins, caviste schaerbeekois de la rue de Jérusalem. C’était au début du présent siècle, le millésime dudit Gevrey se chargeant aimablement de confirmer mes dires. Denis Mortet était alors une star, le vigneron en qui s’incarnait une nouvelle Bourgogne, faite de vins plus colorés, plus extraits et plus marqués par le fût neuf. Une réaction face à une certaine tradition bourguignonne qui pouvait parfois confondre légèreté et maigreur, voire attribuer au sacro-saint terroir toute sortes d’imprécisions, à la vigne comme à la cave.

Du vin a coulé sous les ponts depuis lors. Paix à l’âme, réputée torturée, de Denis Mortet.

En Dérée est un climat d’un peu moins de trois hectares, situé à l’extrême nord de la commune de Gevrey, là où celle-ci est contigüe à la commune de Brochon. Quelques parcelles de Brochon ont d’ailleurs droit à l’appellation Gevrey-Chambertin, le reste passant, je crois, en Côte-de-Nuits-Villages.

Et donc ? C’est vraiment très bon: grand fruité, grande fraîcheur (la première gorgée est franchement acide), profondeur des saveurs. C’est jeune, comme si l’évolution avait à peine commencé. Le boisé est fondu, l’alcool (13%) ne déséquilibre pas le vin. Beaucoup de plaisir. L’accord fonctionne vraiment bien sur la biche. On finit la bouteille sans le moindre effort…

Mais il y a un « mais ». A l’aveugle, je suis persuadé que j’aurais confondu ce Bourgogne avec une Côte-Rôtie ou, en tous cas, avec une syrah du Rhône Nord. C’est exactement la même erreur que celle que j’ai commise en 2005 en goûtant un Marsannay Longeroies 1998 de ce même Denis Mortet. Est-ce grave, docteur ? Disons que cela permet d’alimenter la conversation et la réflexion. J’ai passé un excellent moment avec ce vin dont l’origine géographique et ampélographique m’échappe.

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Mes doutes, ma décision

Le désarroi, l’absence de perspectives, l’imprévisibilité. Le déni ou le catastrophisme, faites vos jeux, faites votre choix. Les média qui hésitent entre rapporter les faits et s’ériger en donneurs de leçons. Les nombres qui perdent toute signification: 1.000, 10.000 et alors ? Les témoignages qui interpellent. La monopolisation de nos conversations par un et un seul sujet. Le vocabulaire pour dire sans avoir dit. Les comparaisons incessantes avec ailleurs ou avec avant. Les émotions légitimes qui finissent par obscurcir la perception du réel. Les classements de pays et de régions, comme un palmarès sportif. Les règlements de compte entre spécialistes. La tentation du repli sur soi, pour oublier. Les soignants fragilisés et stressés: la même chose en pire. Les systèmes, procédures, méthodes, baromètres, thermomètres en état de chaos. L’embrouillamini. Le doute, mes doutes.

Mes doutes. Dois-je mettre Anthocyane en hibernation précoce, considérant que mes petites tentatives pour vendre quelques bouteilles sont à la fois désespérées et pathétiques ? Dois-je renoncer parce que certains importateurs baissent pavillon et qu’ils postposent leurs dégustations ?

Comment savoir si vous êtes en recherche d’un commerçant en vins (qui se croit) un peu plus malin que le virus ou si vous estimez que, franchement, ce n’est pas l’heure d’acheter du jus de raisin, d’autant plus que cave, grenier et placards sont bourrés jusqu’à la gueule de bouteilles ?

Décision: je ne me résigne pas. A suivre. Molto presto.
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Macédoine de fruits

Ô le joli titre ! A condition de se souvenir que l’appellation Naoussa se situe en Grèce septentrionale, plus précisément en …Macédoine.

Naoussa, c’est le terrain de prédilection du cépage xinomavro (littéralement acide-noir). Par goût assumé de la contradiction, je vous présente donc un 100% xinomavro qui ne distingue ni par sa couleur très sombre, ni par une acidité féroce. Le xinomavro est régulièrement comparé au nebbiolo (Barolo et Barbaresco en Piémont), même s’il n’y a aucune proximité génétique entre les deux cépages.

Couleur lumineuse, mais plutôt claire. Le nez est épicé, sur la cerise, avec beaucoup de précision. Quelques notes terreuses. La bouche est vraiment fruitée (…ça justifie mon titre…) et assez tannique. Facile à boire, comme il convient pour un vin issu de jeunes vignes. Très bon rapport QP ! Déguster légèrement rafraîchi. J’insiste « légèrement », sans quoi les petites tannins pourraient jouer les trouble-fête.

Le vin est élaboré avec des raisins en provenance de deux vignobles en altitude (200 à 500 mètres): Fytia et Trilofos. Géologie complexe: schiste, granite et calcaire. Climat continental chaud, rafraîchi par le vent en provenance du Mont Vermion (2.065 mètres). Vendanges manuelles, éraflage à 75%, macération et fermentation en acier inoxydable, élevage de 8 mois en cuve béton.

Thymiopoulos est un Domaine **** pour Hugh Johnson, avec une gamme entièrement dédiée au xinomavro: rosé (Rosé de Xinomavro, en français sur l’étiquette), vieilles vignes (γη και ουρανός Terre et Ciel), Aftorizo (vignes non-greffées), cuvées parcellaires (Vrana Petra, Kayafas), cuvée sans soufre ajouté, etc…

Le Domaine s’étend sur 38 hectares, mais il travaille en collaboration avec d’autres viticulteurs sur 60 hectares supplémentaires. C’est du bio, même si les étiquettes ne le mentionnent pas.

Apostolos Thymiopoulos, en version peu barbu

Decanter a consacré un long article au Domaine en juin 2020. Apostolos Thymiopoulos y est décrit comme l’un des vignerons qui tire les vins grecs vers un futur innovatif et une reconnaissance mondiale (ça sent la traduction automatique …et pourtant non). C’est un membre éminent de la nouvelle génération: Yiannis Economou (Crète), Kostis Dalamaras (Naoussa), Panagiotis Papagiannopoulos (Patras), Evriviadis Sclavos (Céphalonie), …voilà des noms intéressants pour l’amateur. A noter qu’Apostolos a appris le métier avec Haridimos Hatzidakis, le grand maître des vins de Santorin, décédé beaucoup trop tôt en 2017.

Tant qu’à faire grec, si vous passez par un Cora, essayez de trouver l’une ou l’autre bouteille du Domaine Lyrarakis (Crète): l’assyrtiko m’a enthousiasmé, en particulier par son prix inférieur à € 10.

Thymiopoulos, Xinomavro Young Vines 2018: disponible dans le magasin.

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L’enfer

Puis-je, pour une fois, vous emmener dans l’enfer des vins que je ne sélectionne pas ? Vous indiquer ce qui condamne un vin à ne pas apparaître dans le magasin ? Vous expliquer les invariants qui forment ma grille de lecture ?

Je suis un terroir. C’est-à-dire que je suis unique, typique, spécifique, subjectif, défini par mes gènes et mes croyances, par les limites de mes papilles, par mon goût immodéré pour le fromage qui pue et le chocolat noir et, enfin, par ma relation distante avec la salade: quand elle et moi nous croisons, on ne s’engueule pas, mais on n’a rien à se raconter; et ce n’est pas ce salaud de vinaigre qui va arranger les bidons.

L’alcool ne me plait guère. Il y en a beaucoup dans le cointreau et cela ne m’a pas toujours réussi. J’ai renoncé à comprendre quoi que ce soit au whisky. Le gin me donne la nausée. L’alcool me fatigue et il insiste systématiquement pour me refiler ses nombreuses calories, alors que je suis déjà si bien servi. Bien sûr, sans alcool, le vin n’est plus vin. Une part du subtil équilibre est retirée et tout le mikado s’effondre. Le meilleur alcool est celui qui ne se perçoit pas comme tel. J’aime la rondeur qui adoucit, l’onctuosité qui ensorcelle, la chaleur qui réconforte, le gras qui enrobe. J’aime également l’eau ferrugineuse.

Ce n’est d’ailleurs pas forcément une question de degré. J’avoue être favorablement disposé lorsqu’une étiquette annonce 12,5% et dubitatif lorsque c’est 15%. Une manzanilla andalouse titre à tous les coups 15% et fait pourtant preuve d’une insoutenable légèreté. Comme quoi.

Le boisé ne me plait guère. Je n’arrive toujours pas à comprendre l’intérêt qu’il y aurait à ingurgiter de la tisane de chêne. Celui qui a inventé les copeaux à faire macérer dans le jus doit être écartelé.

Le pire crime est d’élever les cuvées d’entrée de gamme sans passage par la barrique et de matraquer les plus beaux raisins, ceux qui sont vendangés sur les plus belles parcelles, avec un emballage en forme de tonneau plus ou moins brûlé.

Serait-ce en fait le goût supposé du luxe ? Comme une obligation pour justifier un prix élevé ? Si le vigneron utilise une barrique de 225 litres pour élever 3 millésimes successifs, l’impact sur ses coûts est de l’ordre de 90 centimes par bouteille. Pas de quoi justifier grand-chose. On me dira que c’est une tradition séculaire et que cela se fond au vieillissement. Ouais. Parfois.

Le meilleur boisé est celui qui ne se perçoit pas comme tel. J’aime les aromatiques complexes qui ont bénéficié de la micro-oxygénation au travers des douelles du susmentionné tonneau. J’aime les élevages longs qui créent des vins qui n’existeraient pas sans eux.

La banalité ne me plait guère. Qu’ai-je fait de mal pour mériter un triste jus de fruit vaguement fermenté, prévisible, ennuyeux et incapable de susciter la moindre conversation ? Ce vin, anonyme et silencieux, dont on ne saura jamais rien. Donnez-moi plutôt un chouette petit défaut. Une imperfection, une différence, une audace, une intention.

L’exubérance ne me plait guère. A la cour de récréation, des gamins couraient dans tous les sens, hurlaient à faire trembler les vitres de l’école et avaient manifestement un besoin viscéral d’attirer l’attention de tous. On fabrique des vins qui leur ressemblent, des vins si parfumés qu’ils ont forcément quelque chose à cacher, si extravertis qu’ils en deviennent envahissants, si chimico-superficiels qu’ils ne passent pas le test du deuxième verre. Je préfère découvrir petit à petit, en prenant le temps qu’il faut, en cherchant. Je suis un dégustateur lent.

Il m’arrive régulièrement de déguster des vins issus d’appellations prestigieuses, bien notés par la presse spécialisée, rendus accessibles par des importateurs compétents et mis en valeur par des flacons au design impeccable. Et, patatras, pour l’une ou l’autre des raisons citées ci-dessus, ils finissent vite fait au crachoir et se voient affublés d’un NON majuscule sur ce qui me tient lieu de fiche de dégustation.

Ai-je raison d’agir ainsi ? Eh bien, je suis un terroir. Voir ci-dessus.

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Quel talent !

En passant, deux vins qui m’ont charmé, étonné, ébouriffé.

D’abord une Etoile jurassienne du Domaine de Montbourgeau, Savagnin, en millésime 2008. Bouteille achetée au Domaine en avril 2013 (€ 15). Enorme intensité, complexité de haut vol, équilibre parfait.

Il y a bien sûr un prérequis: apprécier le style oxydatif. Moi qui craignais que le vin puisse se révéler un peu brutal…Mazette, c’est tout le contraire: c’est un savagnin délicat et joliment apaisé. Décidément, un domaine remarquable avec lequel je ne partage que de très bons souvenirs: voir par exemple cet article.

Ensuite un Vin de France Le Grand Tertre (Domaine de la Ramaye), en millésime 2011. Origine: Gaillac (Sud-Ouest). Cépages: prunelard et braucol. Bouteille offerte par le Domaine en février 2013. Je me souviens très bien de ma visite au Domaine (j’y avais consacré cet article).

Le floral d’une belle syrah (ou, pour la couleur locale, d’une belle négrette), tannins joliment fondus sans le moindre soupçon de sécheresse, alcool certes présent mais se contentant d’apporter de la douceur à l’équilibre du vin. Intensité des saveurs fruitées.

Merci à Madame Nicole Deriaux et à Monsieur Michel Issaly ! Deux vins qui ne bénéficient pas de la notoriété d’une appellation prestigieuse et qui offrent pourtant des plaisirs d’un grand raffinement !

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Plaidoyer pour l’assemblage

Voici un article « in extenso » publié ce jour par David Cobbold sur le blog « Les 5 du vin« . L’illustration ci-dessus provient également de cet article. Le titre de l’article a été modifié par mes soins.

Une opinion rafraîchissante et qui pose de bonnes questions !

Je constate depuis quelques temps une tendance assez sensible, particulièrement chez certains producteurs de vins hauts-de-gamme, à la multiplication de petites cuvées souvent dites « parcellaires » qui fragmentent leur production en produisant une série qui s’étend de plus en plus. J’ai aussi parfois l’impression que cette quête de l’individualité singulière de chaque parcelle, cuve ou barrique relève d’une recherche d’une certaine idée de « pureté » qui serait quasi-métaphysique. L’idée qui guide les producteurs dans cette démarche est que chaque parcelle, voire chaque cépage, produirait un vin au caractère différent et qui mérite d’être présenté à part. Si le constat est, dans le fond, indiscutable (et on pourrait probablement aller plus loin et faire des micro-cuvées avec chaque pied de vigne car chaque individu est différent), je me demande si une telle approche est une si bonne idée. 

Deux raisons motivent ma perplexité et doute devant cette approche : l’une est commerciale, l’autre est organoleptique.

Sur le plan des ventes et de la communication, plus une gamme est large, plus cela devient compliqué de l’expliquer à sa clientèle. Les documents, les discours et les dégustations s’allongent, et les ruptures de stock deviennent plus difficiles à gérer, sans parler de toute la logistique de la production. Il est vrai aussi qu’une gamme large avec plein de noms permet de donner certaines exclusivités par type de clientèle, mais alors on perd aussi l’essentiel du message qui est, pour le consommateur, de pouvoir comparer les nuances entre ces cuvées censées être si intéressantes et différentes.

Mais ma principale objection est gustative. Les vins ainsi fragmentés en de multiples petites cuvées ne sont pas meilleurs, bien au contraire ! Cela relève du syndrome du « déshabiller Pierre pour habiller Paul ». Plusieurs expériences, plus ou moins récentes, nourrissent mon opinion. Une des plus récentes s’est produite cet été, lors de deux journées passées dans le vignoble de Cahors avec Marie-Louise Banyols et Florent Leclercq. La plupart des producteurs visités (ils étaient 6) ont multiplié le nombre de leurs cuvées, généralement avec un accent parcellaire. Même si certaines de ces cuvées nous semblaient réussies, dans beaucoup de cas nous leur avons préféré les vins d’assemblage.

Autre région : la Bourgogne. Il y a quelques années, je dégustais des vins de Chablis dans le chai de Michel Laroche, avec celui qui était alors le propriétaire de la maison éponyme. Après avoir essayé une série issue de parcelles des grands crus, il me disait être convaincu de pouvoir faire un meilleur vin en les assemblant, mais que le marché aurait du mal à accepter cela. Avec une pipette, nous avons donc opéré un essai qui fut, pour nous deux, concluant. Le caractère « crayeux » de Blanchots a allégé la force un peu brute du Clos, puis les autres parcelles apportaient leur lot de fruit, de rondeur, etc.

Il y a deux semaines, j’ai conduit une dégustation « découverte » pour un client avec des vins de différents pays et cépages. La série des vins rouges, tous très bons, comportait un Chianti Classico, un Zinfandel de Sonoma, un Cabernet Sauvignon de Napa et un SGM (Syrah, Grenache, Mourvèdre) de Barossa. Comme il restait un verre ou deux dans chaque bouteille après la dégustation, j’ai tout assemblé pour avoir moins de flacons à emporter et j’ai dégusté le résultat le soir-même. Ce vin, issu de trois continents et de six cépages était un des meilleurs vins rouges que j’ai dégustés cette année ! L’acidité du Sangiovese a apporté son allégresse à la densité fruité du Zinfandel, comme aux tannins serrés du Cabernet, puis le fruité souple et raffiné du vin de Barossa à rajouté une patine soyeuse à l’ensemble.

Un autre souvenir concerne le vin rosé. Au moment où les Provençaux faisaient tout un battage protectionniste pour imposer l’interdiction d’assembler vins rouges et vins blancs pour faire du rosé (alors que les deux couleurs de raisins peuvent très bien se côtoyer dans le pressoir), j’ai tenu une classe sur les vins rosés pour un des mes groupes d’étudiants. A côté de bons rosés de différentes régions, dont un Bandol de Pibarnon, j’ai inséré un joker, servi à l’aveugle. J’avais assemblé ce vin dans ma cuisine le jour-même, à partir de différents vins, rouges et blancs, mais en faisant attention à l’équilibre de l’assemblage. Les élèves l’ont élu meilleur rosé de la soirée !

Je sais que cela va choquer les puristes, mais je pratique souvent des assemblages « sauvages » entre des flacons d’échantillons que je reçois, après les avoir dégustés et afin de réduire le gaspillage, et parfois aussi d’obtenir des vins agréables à boire dans des bouteilles pleines en limitant l’oxydation. Comme pour faire une bonne sauce, je réserve évidemment ce traitement aux sujets sans défauts et, si possible, ayant des caractères complémentaires. Très souvent le vin qui en résulte est meilleur que les ingrédients y ayant contribué. 

Je ne suis pas en train de dire qu’il faut tout assembler et faire un vin unique pour tout le monde. Cela serait contre plein de principes fondamentaux : l’individualité du goût, la variabilité du goût dans le temps et l’espace, et la joie de la diversité. Mais simplement qu’il faut bien réfléchir avant de subdiviser à l’infini sa production dans de multiples cuvées. La somme est parfois bien plus intéressante que le simple cumul mathématique des ingrédients.

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Bien utiliser le magasin

De plus en plus souvent -et en particulier pour les nouveaux vins- le magasin est le lieu privilégié pour retrouver facilement toute l’information relative à un vin précis. C’est de type « entrée libre »: entrer dans le magasin ne vous oblige pas à y acheter !

Voici par exemple la fiche d’un nouveau Châteauneuf-du-Pape:

La fiche du vin comporte toujours les informations de base (le millésime, les cépages, l’appellation, le degré, etc..) mais aussi des informations complémentaires, certes subjectives, mais qui ont l’ambition d’intéresser le lecteur et de faciliter le choix fatidique: achat ou pas achat ?

Pour la facilité, je reprends ci-dessous le texte qui illustre la fiche de ce Châteauneuf-du-Pape:

Voici un vin aussi peu connu que mystérieux.

Le terroir ? Surtout …du sable. La localisation ? Lieux-dits Pignan et La Guigasse. Cépages ? 100% grenache. Le type de vinification ? En vendanges entières.

Si quelque chose vous évoque le mythique Château Rayas, vous avez gagné, nous sommes chez ses voisins.

Il y a deux cuvées parcellaires: La Guigasse et Le Grand Pin. C’est cher: respectivement € 65 et € 85.

Il y a aussi une cuvée de jeunes vignes, essentiellement des vignes replantées en 2011 dans la parcelle du Grand Pin (0,24 hectare, soit un rectangle de 100 mètres sur 24). Ce n’est pas donné, mais c’est d’une très très grande finesse.

Le nez des Sablons évoque le pinot noir, c’est léger et aérien. Bouche en dentelles, très délicate, fraîche et florale. La présence de l’alcool est diffuse, en arrière-plan, sans pesanteur. C’est bien du Châteauneuf-du-Pape, mais d’une catégorie que l’on a vraiment peu d’occasions de goûter. L’antithèse absolue des vins en puissance que l’on associe souvent au goût parkérien.

Chapelle Saint-Théodoric est un projet mené par un vigneron (Baptiste Grangeon) et par un importateur américain (Peter Weygandt). La quasi-totalité des bouteilles prend le chemin des Etats-Unis. D’où un déficit de notoriété de ce côté de l’Atlantique et l’absence de mention dans la presse française du vin.

A Châteauneuf-du-Pape, le millésime 2016 est considéré comme étant d’une qualité exceptionnelle.

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ARTE: Des vignes et des hommes

vignoble Stettener Stein

Une intéressante série de documentaires consacrés au vin et ceux qui le font, partout sur la planète. Les images sont belles, la qualité de l’information plutôt élevée. Parfois une bourde sans doute causée par une traduction imprécise, mais cela ne gâche pas le plaisir.

Accès via Arte.tv, puis rechercher « Des vignes et des hommes ».

Je viens de regarder le documentaire consacré à la Franconie (Franken, en allemand), région que j’apprécie beaucoup. De très beaux souvenirs de vacances ! C’est à 5 heures en voiture, depuis Bruxelles. En somme, un peu moins loin que Beaune…

Les personnages principaux de cet épisode sont Ludwig et Sandra Knoll, propriétaires du Domaine Am Stein, à Würzburg. Anthocyane peut vous proposer différentes cuvées de ce Domaine réputé, parmi lesquelles le silvaner Stettener Stein dont il est question ici.

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Pouilly-Fuissé tient ses premiers crus

Est-ce la fin de la saga ? Cela fait bien longtemps que les vignerons de Pouilly-Fuissé se demandent pourquoi leur appellation n’aurait pas droit à ses premiers crus, comme en Côtes de Nuits et en Côtes de Beaune, comme à Chablis et en Côte chalonnaise. Ces vignerons ont donc rempli le dossier, persévéré, participé à moult réunions, persévéré encore pour que le Prestige descende enfin sur le Mâconnais.

En jargon administratif, cela donne: Le comité national des appellations d’origine relatives aux vins et aux boissons alcoolisées, et des boissons spiritueuses, réuni en séance le 3 septembre 2020, a approuvé la reconnaissance de 22 climats accompagnés de la mention « premier cru » qui pourront être adjoints à l’AOP « Pouilly-Fuissé ».

Normalement, ce sera d’application à partir du millésime 2020 sauf si un nouvel obstacle se dresse sur la route qui mène à la Valorisation (c’est le terme pudique utilisé pour indiquer que les prix-consommateur vont augmenter: c’est du moins le but de la manœuvre).
24% du vignoble passent en appellation premier cru: cela représente une superficie totale de 194 hectares.

J’espère que le boulot de délimitation a été effectué en prenant en compte le potentiel réel des parcelles et que la part dévolue aux inévitables compromis politico-économiques a été réduite à la portion congrue. Pour les éventuels sceptiques, je dois bien concéder que la surface initialement prévue a été récemment augmentée d’une douzaine d’hectares: on est passé subrepticement de 182 à 194 hectares…

Le nord se situe à droite: Vergisson est au nord, Chaintré au sud

Voici donc les 22 premiers crus de l’appellation Pouilly-Fuissé, classés par village :

CHAINTRÉ
Aux Quarts
Le Clos de Monsieur Noly
Le Clos Reyssier
Les Chevrières

FUISSÉ
Le Clos
Les Brulés
Les Ménétrières
Les Perrières
Les Reisses
Les Vignes Blanches
Vers Cras

SOLUTRÉ-POUILLY
Au Vignerais
Aux Chailloux
En Servy
La Frérie
Le Clos de Solutré
Pouilly
Vers Cras
Aux Bouthières

VERGISSON
En France
La Maréchaude
Les Crays
Sur La Roche

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Pierre Citerne, dégustateur

Pour qui ambitionne d’aimer le vin, la dégustation à l’aveugle offre la possibilité d’un dialogue intime avec lui, mais aussi avec soi-même, une introspection. C’est une indispensable école d’humilité, un antidote précieux au magistère pédant de certains « professionnels » de l’hôtellerie ou de la critique, qui dispensent leur science d’en haut, sans jamais se prêter à ce difficile jeu de l’aveugle où ils auraient tant à perdre et si peu à gagner.

Cette phrase forme la conclusion d’un article signé par Pierre Citerne (PC) dans La Revue du Vin de France de ce mois de septembre 2020. Cet article relate de façon très ouverte comment PC a vécu sa participation au concours « Cata por Parejas » organisé à Barcelone au début du mois de mars (juste avant le moment fatidique après lequel plus rien ne fût possible).

Dégustation par paires, donc. PC fait la paire avec Brunnhilde Claux, vigneronne en Minervois. Une phase éliminatoire en 7 vins. Une phase finale, accessible aux dix meilleures paires, en 7 vins.

14 obstacles à franchir entre l’importance de participer au concours et le triomphe pour la paire victorieuse.

PC et Brunnhilde vont se qualifier brillamment pour la finale en se frayant un chemin entre Champagne et Jerez, Condrieu du Domaine Vernay et riesling spätlese de la Moselle, Priorat catalan et Ribera del Duero castillan pour finir par un Montilla-Moriles andalou (millésime 1929). Six fois sur sept, ils goûtent juste ! Du moins pour reconnaître l’appellation. Chapeau !

Autant les vins sélectionnés pour la phase éliminatoire sont susceptibles d’être reconnus, autant ceux proposés en finale condamnent même les meilleurs à se fracasser sur les limites de leur talent et de leur mémoire.

Jugez-en par vous-même: Franciacorta de style champenois, mais malgré tout lombard. Puis s’enchaînent un Cava, un muscat espagnol de la région d’Alicante, un vin de cépage listan en provenance des Îles Canaries, un Corton-Bressandes, un Rioja en macération carbonique et un vin …chinois (produit par LVMH).

On regrettera que les vins proposés avantagent manifestement les dégustateurs espagnols, dont on peut supposer qu’ils connaissent bien les vins élaborés dans leur propre pays. 8 vins espagnols sur un total de 14, ça fait désordre. Autant savoir que l’organisateur est un acteur commercial de premier plan, basé à Barcelone. Le concours est un outil de marketing comme un autre.

La paire victorieuse est -qui l’eût cru- de nationalité espagnole.

les Açores: la pierre volcanique, l’océan et la vigne

Tout cela me replonge en hier soir, lorsque nous dégustâmes à l’aveugle 12 vins dont il finit par s’avérer qu’ils étaient tous originaires …des Açores. Une très belle sélection, en particulier les blancs secs: toniques, digestes et concentrés. Un Portugal de l’extrême ouest, encore très peu connu.

Je conserve en particulier le souvenir d’un 2018 issu du cépage terrantez do pico, salin, précis, caillouteux, très long et m’évoquant irrésistiblement le Chablis (Grand Cru).

1.667 bouteilles produites. Alcool: 12,5%. Grand vin. Anthocyane ne le vend pas.

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La Belgique existe !

Pourquoi une si laide jaquette ?

Publication aujourd’hui de l’édition 2021 du Hugh Johnson’s Pocket Wine Book. Un rendez-vous annuel avec ce qui bouge, ce qui frétille, ce qui explose dans le monde du vin. Il faut comprendre « monde du vin » de façon littérale puisque, au-delà des pays classiques, y sont abordés la Slovaquie, le Kosovo, le Mexique, l’Uruguay et tant d’autres. Une vision certes anglo-saxonne mais assez universelle: Hugh Johnson est anglais, pas américain, ce qui me semble faciliter la lecture de ce côté de l’Atlantique. Bien sûr, c’est le travail d’une équipe comptant une trentaine de membres.

Il se disait depuis un certain temps que la Belgique finirait bien par figurer dans ce guide. C’est fait. Hallelujah. Sonnez trompettes et hautbois. Faites péter les bouchons de Crémant de Wallonie. L’entrée se fait néanmoins par la petite porte, en simple et brève annexe au chapitre consacré au Grand-Duché.

Le texte commence par rappeler que notre petit royaume est avant tout réputé pour ses bières et son chocolat, mais que de plus en plus de vins intéressants sont produits par nos 500 hectares de vignes. On indique que 80% des vins sont blancs ou effervescents. On chiffre à une douzaine les Domaines qui cultivent plus de 10 hectares. On fait savoir que chardonnay et pinots (blanc, gris, noir, auxerrois) dominent la scène des cépages, accompagnés par quelques « résistants » (johanniter, regent, solaris).

Pour conclure (…déjà…), une liste des meilleurs producteurs que je vous livre « in extenso »: Aldeneyck, Bon Baron, Chant d’Eole, Clos d’Opleeuw, Crutzberg, Entre-Deux-Monts, Genoels-Elderen, Gloire de Duras, Hoenshof, Kitsberg, Kluisberg, Meerdael, Pietershof, Schorpion, Vandeurzen, Vignoble des Agaises, Vin de Liège, Waes.

18 fois bravo à ces Domaines dont le travail, le courage et les vins sont ainsi récompensés. Il se trouvera bientôt un groupe d’amateurs brésiliens ou finlandais qui voudront absolument goûter le jus de la treille, façon Belgique. Evidemment, cela rendra les meilleures cuvées plus rares et plus chères. A chaque médaille son revers…

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Frédéric Mabileau

Bourgueil Racines 2013, ouvert hier soir, en modeste hommage

Frédéric Mabileau, viticulteur de Saint-Nicolas-de-Bourgueil, est décédé lundi 31 août, suite à un accident d’ULM sur le site de l’aérodrome de Saumur. Il avait 53 ans.

Anthocyane a eu le plaisir d’importer ses vins entre 2013 et début 2015: Bourgueil Racines, St-Nicolas-de-Bourgueil Coutures, St-Nicolas-de-Bourgueil Les Rouillères, St-Nicolas-de-Bourgueil Petits Grains, Saumur Le Chenin du Puy, …

Les Rouillères 2011

Ô grand Saint-Nicolas

Site Internet du vigneron