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Le voyage en Beaujolais: la pioche et le sabot

la gamme de Lilian (Les Bachelards)

Très sympa de revoir les vignerons à qui j’avais rendu une première visite à la fin du mois de janvier !

Nouveau millésime, nouvelles approches, nouvelle maison. 2012 est une petite année en volume, mais ce n’est pas un petit millésime.

Décidément, à Chénas, à Leynes, à Fleurie et en Moulin-à-Vent, il y a de quoi tordre le cou au « vin qui n’existe que le troisième jeudi de novembre ».

Entre des mains courageuses et talentueuses, le gamay fait des merveilles. A condition bien sûr de bichonner les vignes comme elles le méritent. A condition de prendre des risques et d’intervenir si peu que possible en cave.

Préparez déjà vos papilles et oubliez les (éventuels) préjugés !

Mon journal de voyage et de dégustation est ici. Les articles détaillés suivent au fur et à mesure…

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Crus et Beaujolais

Beaujolais carteLe Beaujolais, c’est environ 130 millions de bouteilles par an et un peu plus de 20.000 hectares de vignes, entre Mâcon et Lyon, plantées à 98% en cépage gamay. Les 2% restants, c’est du chardonnay qui sert à élaborer le rare Beaujolais blanc.

Officiellement rattaché à la Bourgogne viticole et administrativement à cheval entre les départements du Rhône (si, si) et de la Saône-et-Loire, le Beaujolais est célèbre jusqu’au Japon pour le ‘nouveau’, encore appelé ‘primeur’. Pour le meilleur et pour le pire. Surtout pour le pire.

Au sud, ce sont les paysages magnifiques des ‘pierres dorées‘. Au nord, les meilleurs terroirs qui produisent le Beaujolais-Villages.

Au coeur du Beaujolais-Villages, les dix crus. Pour les amateurs de jeux de société consacrés au vin et par ordre alphabétique: Brouilly, Chénas, Chiroubles, Côte de Brouilly, Fleurie, Juliénas, Morgon, Moulin-à-Vent, Régnié, Saint-Amour. L’élite du Beaujolais.

Il n’est pas autorisé de produire un cru sous la forme ‘nouveau’: déguster un cru du millésime 2012 n’est réglementairement possible qu’à partir de mars 2013. Les bons vignerons élèvent leurs cuvées bien plus longtemps que le minimum règlementaire.

Attention, exception pour le cru de la St-Valentin qui peut être commercialisé dès mi-janvier. Vous devinez pourquoi ?

Les crus les plus réputés, en particulier pour leur capacité à vieillir harmonieusement, sont le Moulin-à-Vent, le Morgon et le Côte-de-Brouilly. Les terroirs d’altitude de Chénas sont très proches, géographiquement et stylistiquement, des terroirs de Moulin-à-Vent. Fleurie est souvent présenté comme le plus féminin des crus du Beaujolais.

vignes à Chénas (lieu-dit Les Brureaux)
25 janvier 2013: vignes à Chénas (lieu-dit Les Brureaux)
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visite au Château des Bachelards

Le lieu-dit ‘Les Bachelards’ est à l’entrée du village de Fleurie, quand on arrive de Romanèche par la D32. Facile. Merci GPS, je ne peux pas me tromper. Quoique.

Point de trace d’un écriteau vineux. Demi-tour. Pas mieux. Je me gare sur une petite place. Balade. Putain de vent du nord. Mais que voici une voie au nom sympathique: rue de l’Abbaye d’Arpaye. Et un bâtiment qui aurait parfaitement le droit de revendiquer le titre de château.

J’y suis ! 14h30 tapantes. Décidément, je ne me refais pas…

Je suis accueilli par Lilian Bauchet, le nouveau ‘châtelain’. Alors qu’il dirigeait une entreprise d’informatique en région parisienne, il a dû faire quelques ‘mauvaises rencontres’. Et ne voilà-t-il pas qu’il revend sa société et qu’il rachète bâtiment et vignes en plein coeur du Beaujolais ! Depuis 2009, il y fait du vin. Comme il le sent et comme il en a envie. Vachement bio.

Comme le ‘châtelain’ est surtout à la vigne pour tailler, bichonner et vendanger, la population locale s’interroge: propriétaire ou exploitant ? Les deux ?!

Lilian me fait patienter quelques instants dans sa -superbe- cave. Lorsqu’il revient, c’est le bac, rouge, plastique et coca-colaïque à la main: est-ce bien raisonnable ? Bon, le bac, héritage du précédent propriétaire, fait office de transporte-Fleurie. Je n’ai pas pris de photo compromettante…051

On attaque avec le Fleurie Clos des Bachelards 2010, puis le même en 2011. Je proclame 2011 vainqueur aux points: l’effet du millésime, mais aussi un an d’expérience de plus dans le chef du vigneron. Puis la cuvée ‘dont-le-nom-varie’ autour d’un thème bovin. Autrement dit, la parcelle n’a pas toujours porté la vigne. Parfois, l’étiquette mentionne ‘Les Vaches’ (c’est clair et à ma portée), parfois elle mentionne ‘Jolie Fleur’ (c’est plus poétique, mais Lilian a dû rafraîchir mon Brassens pour que je comprenne…).

Nous goûtons ensuite un somptueux Moulin-à-Vent, puis une cuvée 2010, déclarée en vin de France sous le nom des ‘Chemins de Traverse’: entrée dans un monde sauvage, voire légèrement bestial; ça secoue, mais qu’est-ce que je m’amuse !

Après, c’est au tour des foudres et des cuves. Exercice périlleux pour le profane. La discussion bat son plein, sur le thème de l’acidité volatile et sur celui de la réduction. To sulphur or not to sulphur, that’s the question.

En tous cas, il y aura de beaux 2012. Mais pas beaucoup (rengaine connue), vu les aléas météo-illogiques…