visite au Château des Bachelards

Le lieu-dit ‘Les Bachelards’ est à l’entrée du village de Fleurie, quand on arrive de Romanèche par la D32. Facile. Merci GPS, je ne peux pas me tromper. Quoique.

Point de trace d’un écriteau vineux. Demi-tour. Pas mieux. Je me gare sur une petite place. Balade. Putain de vent du nord. Mais que voici une voie au nom sympathique: rue de l’Abbaye d’Arpaye. Et un bâtiment qui aurait parfaitement le droit de revendiquer le titre de château.

J’y suis ! 14h30 tapantes. Décidément, je ne me refais pas…

Je suis accueilli par Lilian Bauchet, le nouveau ‘châtelain’. Alors qu’il dirigeait une entreprise d’informatique en région parisienne, il a dû faire quelques ‘mauvaises rencontres’. Et ne voilà-t-il pas qu’il revend sa société et qu’il rachète bâtiment et vignes en plein coeur du Beaujolais ! Depuis 2009, il y fait du vin. Comme il le sent et comme il en a envie. Vachement bio.

Comme le ‘châtelain’ est surtout à la vigne pour tailler, bichonner et vendanger, la population locale s’interroge: propriétaire ou exploitant ? Les deux ?!

Lilian me fait patienter quelques instants dans sa -superbe- cave. Lorsqu’il revient, c’est le bac, rouge, plastique et coca-colaïque à la main: est-ce bien raisonnable ? Bon, le bac, héritage du précédent propriétaire, fait office de transporte-Fleurie. Je n’ai pas pris de photo compromettante…051

On attaque avec le Fleurie Clos des Bachelards 2010, puis le même en 2011. Je proclame 2011 vainqueur aux points: l’effet du millésime, mais aussi un an d’expérience de plus dans le chef du vigneron. Puis la cuvée ‘dont-le-nom-varie’ autour d’un thème bovin. Autrement dit, la parcelle n’a pas toujours porté la vigne. Parfois, l’étiquette mentionne ‘Les Vaches’ (c’est clair et à ma portée), parfois elle mentionne ‘Jolie Fleur’ (c’est plus poétique, mais Lilian a dû rafraîchir mon Brassens pour que je comprenne…).

Nous goûtons ensuite un somptueux Moulin-à-Vent, puis une cuvée 2010, déclarée en vin de France sous le nom des ‘Chemins de Traverse’: entrée dans un monde sauvage, voire légèrement bestial; ça secoue, mais qu’est-ce que je m’amuse !

Après, c’est au tour des foudres et des cuves. Exercice périlleux pour le profane. La discussion bat son plein, sur le thème de l’acidité volatile et sur celui de la réduction. To sulphur or not to sulphur, that’s the question.

En tous cas, il y aura de beaux 2012. Mais pas beaucoup (rengaine connue), vu les aléas météo-illogiques…