‘A sa sortie en primeur, le millésime 2005 avait impressionné. Dix ans plus tard, l’émotion est intacte et la réussite est incontestable tant tous les crus, même les plus modestes, éblouissent’.
Voilà comment la Revue du Vin de France (novembre 2014) introduit son article consacré aux Bordeaux 2005.
Une rubrique de ce long article est consacré aux vins à boire durant les dix prochaines années : on y retrouve entre autres Léoville-Barton (18/20 et € 96), Lynch-Bages (18/20 et € 108), Pichon-Comtesse (17/20 et € 104), Sociando-Mallet (17/20 et € 41), Beau-Séjour Bécot (16/20 et € 66), La Chapelle d’Ausone (16/20 et …€ 177).
Dans cette même rubrique, un ‘petit’ Bordeaux, 60% merlot pour 40% cabernet franc. 16/20 et …€ 12.
Tiens, il s’agit du Château Tire-Pé, dont j’ai le plaisir d’importer les vins. Tiens, David Barrault, le vigneron, m’informe qu’il en a encore en cave. Voici son message:
‘Tout vient à point à qui sait attendre…..’ Dans le dernier numéro de la Revue du Vin de France, un dossier s’intitule ‘les Bordeaux 2005, la légende au rendez-vous’, …vaste programme ! Eh bien figurez-vous que j’y ai trouvé notre « Côte de Tire-Pé 2005 », noté 16/20, au milieu de crus bien plus prestigieux – et quelque peu plus onéreux … Ça fait toujours plaisir, l’égo (de la bouteille !) est regonflé à bloc, on peut narguer nos voisins, etc… Mais ce qui me semble aujourd’hui bien plus réjouissant, c’est d’en avoir mis de côté en me disant ‘un jour ça devrait être bon’ Grâce à la RVF, nous nous sommes ouvert une bouteille de ce 2005 ‘oublié’ et effectivement, ce vin (qui a encore du potentiel) s’est bien ouvert et nous a régalés ! Une très belle bouteille pour ces fêtes de fin d’année, d’un rapport/qualité prix détonnant !! Nous sommes sincèrement très heureux d ‘être en mesure de vous proposer ce très beau millésime , patiemment attendu.. Nous restons à votre disposition.
Je suis heureux de vous inviter par la présente à buller avec moi en ce samedi 15 novembre et en ma modeste demeure.
Il vous est loisible de participer au ‘Grand Pschiiittttt‘, lequel aura lieu précisément à 10h30. Cette brève cérémonie rigolote se déroulera sous le très haut patronage conjoint de Saint-Yorre de Bru, inventeur (légèrement contesté) de la bulle dissoute dans un liquide et de son Altesse le Prince de Liège-Muselet, inventeur (sérieusement contesté) de la bouteille trouée par le dessus.
Lorsque les dix coups de bouchon auront été tirés, il sera temps de goûter au Grand Liquide Festif.
Soyez les bienvenus !
Philippe
PS: Le Crémant du Jura du Domaine Pignier, grand succès de fin 2013, fait son retour. Les vins de Champagne de Francis Boulard itou, avec Les Murgiers à dominante de pinot meunier et le Blanc de Blancs 100% chardonnay (non-dosé). Le Crémant de Bourgogne de Céline & Laurent Tripoz est également de la fête.
Ils sont cette année rejoints par la Blanquette de Limoux d’Alain Cavaillès, une bulle languedocienne et par le Champagnecuvée 737 de Jacquesson. Oserais-je ajouter que la 737 me semble très aérienne…
Enfin, voici les vins de Champagne de Gatinois à Aÿ, le village renommé pour ses grands vins de pinot noir: Brut Tradition, Rosé et Millésimé 2008.
Il y avait le Trivial Pursuit ‘édition des vins’, avec son lot de questions variant entre ‘niveau 3e gardienne’ et ‘niveau Master of Wine’.
Voici venir à présent le quiz Champagne, celui qui fait pschiiiiiitttt dès qu’on y joue en bonne compagnie.
1. Qu’est ce qu’un Grand Cru en Champagne ?
En vertu des usages locaux, loyaux et constants, le nom de l’appellation peut être complété par la mention » grand cru » pour les vins issus de raisins récoltés sur le territoire des communes suivantes du département de la Marne : Ambonnay, Avize, Ay, Beaumont-sur-Vesle, Bouzy, Chouilly, Cramant, Louvois, Mailly-Champagne, Le Mesnil-sur-Oger, Oger, Oiry, Puisieulx, Sillery, Tours-sur-Marne, Verzenay et Verzy.
Autrement dit, « grand cru » ne correspond pas à un lieu-dit spécifique mais à une commune parmi les 17 mentionnées ci-dessus. J’ai indiqué en gras les communes les plus réputées. En rouge, celles qui sont voisines d’Épernay (les autres étant situées au sud-est de Reims).
2. Le Champagne est souvent élaboré avec du pinot noir et/ou du chardonnay. Une série d’autres cépages sont autorisés: lesquels ?
arbane, (pinot) meunier, petit meslier, pinot blanc , pinot gris.
Le pinot noir occupe plus ou moins 38% de la surface plantée, le pinot meunier 32% et le chardonnay 30%. Ce qui ne laisse aux quatre autres cépages autorisés que les miettes. Si vous entendez quelqu’un vous affirmer qu’un cépage a été oublié, à savoir le fromenteau, répondez-lui (avec le sourire) que fromenteau est un synonyme de pinot gris.
3. Comment est élaboré le Champagne rosé ?
Les vins rosés sont élaborés soit à partir de vins de base issus soit de pressurage direct, soit d’une macération ou d’une saignée, soit par assemblage, avant tirage, de vins blancs et rouges.
Traduction en un langage compris par tous: le choix est entièrement laissé à l’appréciation du vinificateur. Ce qui est particulier c’est l’autorisation de procéder à un ‘mélange’ de vins blancs et de vins rouges, ce qui est à ma connaissance unique en France.
4. Quels sont les vins tranquilles (‘sans bulles’) élaborés en Champagne ?
Coteaux champenois et Rosé des Riceys.
Les Coteaux Champenois peuvent être élaborés en rouge, en blanc et en rosé. En pratique, ils sont plutôt rares, rouges et portent le nom de la commune dont ils sont issus: Bouzy, Aÿ, …
Le Rosé des Riceys est élaboré uniquement avec les raisins de la commune des Riceys, située à l’extrême sud de la zone du Champagne, près de Bar-sur-Seine. Uniquement en 100% pinot noir. On en produit de l’ordre de 50.000 bouteilles par an…presque rien. Les vins peuvent être magnifiques, mais leur prix est proportionnel à leur grande rareté.
5. Quels sont les pays qui importent le plus grand nombre de bouteilles de Champagne ?
Royaume-Uni (31 millions de bouteilles), Etats-Unis (18 millions), Allemagne (12 millions), Japon (10 millions), Belgique (10 millions), Australie (6 millions).
Une chose est certaine: parmi les grands importateurs, la Belgique occupe le premier rang par tête d’habitant.
Et voici la cerise sur notre gâteau: ces chiffres ne tiennent pas compte des importations réalisées par les particuliers flamands, wallons et bruxellois…importations ‘sauvages’ estimées à plus ou moins 4 millions de bouteilles par an !
Conclusion: la Belgique est sans doute le troisième plus grand importateur de Champagne !
Il y a des jours tristes. J’ai eu la chance de rencontrer plusieurs fois Pierre Caslot. Sa faconde, sa joie dans le partage des vins et des souvenirs, sa gentillesse m’ont touché.
Nous, les amateurs des vins de La Chevalerie, pouvons heureusement encore boire les vins qu’il a marqué de son empreinte. Chaque bouteille ouverte me rappellera les bons moments passés au Domaine.
Les premiers vins importés par Anthocyane, fin 2012, étaient les vins du Domaine de La Chevalerie. Pas plus tard qu’hier, je préparais ma nouvelle commande.
le rectangle jaune représente la localisation du vignoble de Château Jean Faure (18 hectares d’un seul tenant)
Ô miracle: j’ai pu remettre la main sur quelques bouteilles de Château Jean Faure de l’excellent millésime 2010.
Histoire étonnante de ce St-Emilion, voisin direct de Château Cheval-Blanc, de Château Figeac et de Château La Dominique, Grand Cru Classé historique, rétrogradé en 1986, pour cause de gestion négligente et pour tout dire, de vins dispensables.
Racheté par Olivier Decelle en 2004, remis progressivement sur les rails au chai comme à la vigne, Château Jean Faure retrouve son rang de Grand Cru Classé le 06 septembre 2012, en particulier grâce à l’exceptionnelle qualité des millésimes 2009 et 2010.
La proximité avec Cheval Blanc n’est pas que géographique: on y retrouve également une majorité de vieux ceps de cabernet franc (54%), complétés par du merlot (40%) et un peu de malbec (6%).
Un vrai classique bordelais qui peut se goûter dès à présent (je conseille 2 heures de carafe) ou pendant les 10 prochaines années. Un magnifique cadeau, qui plaira à tout amateur de très bons vins. Le prix est une agréable surprise, si l’on considère le contexte ‘explosif’ des grands vins de Bordeaux.
Le magazine bimestriel In Vino Veritas a retenu deux vins importés par Anthocyane parmi ses coups de cœur. Encore quelques flacons disponibles dans le magasin en-ligne.
Mise à jour: la cuvée Les Carrières est épuisée.
Doublé de Chénas pour Paul Henri
PHT, traduisez Paul Henri Thillardon, originaire du sud du Beaujolais, a toujours rêvé de posséder quelques arpents de Chénas. Ce fût chose faite, il y a une poignée d’années. Et en si peu de temps, à peine six ans, le voilà devenu incontournable…
. Les Carrières 2012 Chénas Paul Henri Thillardon La robe se déploie comme un velours rubis violacé. Le nez ressemble à ces anciennes gourmandises, mélange de parfums floraux et d’épices, de cacao et de bonbon à la violette, avec une note de poivre bien distincte. Très fruits noirs à la réglisse en bouche qui se tisse de tanins fins déliés. La fraîcheur des agrumes rappelle l’écorce de citron, certes confit pour donner autant d’onctuosité à la texture ample et fruitée. Il croque comme une friandise et nous fait craquer. Les Gamay dépassent les 40 ans et poussent dans une ancienne carrière au sol d’alluvions aux argiles siliceuses déposées sur des schistes et exposés plein sud. Éraflés à 100%, ils macèrent 22 jours. Élevage en cuve béton.
. Chassignol 2012 Chénas Paul Henri Thillardon Chassignol rime avec très peu de sol et pauvreté du garde-manger pour ces 3 ha repris en 2011. Les sables granitiques génèrent toutefois rapidement de l’élégance et lancent dans cette atmosphère aérienne un chapelet de notes fruitées et poivrées. Les tanins offrent un grain très fin, ce qui renforce encore le charme de cette récente cuvée. Le potentiel y est et déjà se fait remarquer par la franchise de ses fruits.
Je me souviens de l’époque -déjà un peu lointaine- où un caviste installé à Termonde, rue de Ganshoren (où était-ce l’inverse ?) faisait découvrir à toute une génération d’amateurs bruxellois les vertus de l’Hortus, des Estanilles, de Peyre-Rose, d’Aupilhac et du Mas Jullien. Dans un petit coin de ma cave, se cachent encore une Syrah Leone et un Clos des Cistes…
L’eldorado des années ’90. Une région traditionnellement ‘pinardière’ qui prend du galon. St-Emilion, Chablis et Sancerre rejoints par l’exotisme de Faugères, du Pic-St-Loup et de Montpeyroux.
Puis vinrent les années ’00. Celles d’une remise en question face aux couleurs de plus en plus denses, aux élevages de plus en plus sophistiqués et aux alcools de plus en plus …alcooleux. Alors, la passion faiblit, les yeux, le nez et les papilles se tournent vers la Loire, le Jura, la Moselle…
Mais…la roue ne cesse de tourner…de nouveaux Domaines apparaissent. Les élevages se font plus ‘transparents’. On n’arrache plus les vieux carignans. On recherche les vieilles vignes plantées en altitude, les expositions Nord. Moins d’esbroufe et plus de ‘feeling’. Sylvain Fadat replante les Cocalières.
Ce samedi 25 octobre, de 10 à 18 heures, ce sera le moment ou jamais de vérifier ‘de visu’, ‘de sentu’ et ‘de goûtu’.
Six Domaines se partagent la scène: Aupilhac bien sûr, rejoint cette fois par Le Pas de l’Escalette (Larzac), Bertrand-Bergé (Fitou), Pech-Redon (La Clape), Cébène (Faugères) et Valensac.
Je ne l’ai pas vraiment fait exprès…mais ce sera la fête au carignan, puisque pas moins de 8 vins en dégustation en contiennent peu, prou, voire beaucoup. Y compris dans sa rare mutation blanche, astucieusement nommée carignan blanc.
Et, si les circonstances s’y prêtent, une vieille bouteille pourrait se mêler à l’assemblée…
Retournez la bouteille. Rien à lire ? Alors le nom du Domaine, l’appellation et le millésime doivent vous suffire. D’une certaine façon, l’on rend ainsi hommage à votre culture du vin, à votre mémoire …et/ou à votre imagination.
De mauvais esprits diront que, plus prosaïquement, il s’agit de faire l’économie d’un peu de papier et que le consommateur n’a de toute façon pas de temps à perdre en lecture plus ou moins pertinente.
A propos, quand elle existe, la contre-étiquette est-elle pertinente, utile ou au moins sympathique ?
Chers amis vignerons, épargnez-nous les contre-étiquettes ‘attrape-nigaud’ qui se contentent d’énumérer une très longue série de plats qui mettent votre vin en valeur, ne nous infligez pas une copie purement administrative des informations qui figurent déjà sur l’étiquette et méfiez-vous des envolées poético-cryptiques.
Faites de la contre-étiquette un condensé de qui vous êtes et de ce que vous souhaitez nous transmettre. Offrez-nous un contenu.
La Calera Wine Company (Californie) a en tous cas résolu l’équation à sa façon. On apprécie ou pas. Mais c’est du lourd, du quasi jamais vu, une encyclopédie œnologique sur 80 cm² de papier. Allons-y:
2010 de Villiers Vineyard Mt. Harlan Pinot Noir
The wine in this bottle is exclusively from Pinot Noir grapes sustainably grown in Calera’s 15,6 acre de Villiers Vineyard in 2010.
Produced and bottled by Calera Wine Company, Hollister, California, TEL: (831)637-9170, http://www.calerawine.com
American Viticultural Area (AVA): Mt. Harlan
Mountain Range: Gavilan Mountains
County: San Benito
Region: California’s Central Coast
Predominant geology: Limestone
Average Elevation: 2.200 feet about sea level
Vineyard location: 9 miles south of Hollister, 90 miles south of San Francisco, 25 miles east (inland) of Monterey/Carmel
Owned by: Calera Wine Company
Number of vines: 18.030 (100% Pinot Noir)
Vine spacing: 7.5′ * 4.5′
Vines per acre: 1.329
Exposure of slope; East
Year planted: 1997
Rootstock: 5C, 110R, 140R, 1103P
10-year average crop yield (2001 through 2010): 0.96 ton per acre (14,5 hectoliters of wine per hectare of vineyard)
2010 de Villiers Vineyard Harvest Data:
Dates of Harvest: September 27 – October 20
Tons harvested: 31,02
Tons per acre: 1,99
2010 de Villiers Vineyard Winemaking Data:
Fermentation: native yeasts
Barrel Aging: 16 months in 60-gallon French oak barrels (30% new)
Government Warning: (1) According to the Surgeon General, women should not drink alcoholic beverages during pregnancy because of the risk of birth defects. (2) Consumption of alcoholic beverages impairs your ability to drive a car or operarte machinery, and may cause health problems.
Contains sulfites.
Cher lecteur, bravo pour la persévérance ! Une petite carte géographique complète (sic) l’information.
Sous une loupe européenne, étonnant que la mention du degré alcoolique n’apparaisse qu’en caractères minuscules, peu lisibles. La géologie, composante majeure du terroir à la française, est décrite en un seul mot. Vin biologique ? Aucune idée, si ce n’est via le terme sustainably (le site Internet est plus explicite: All of our Mt Harlan vineyards are farmed organically & certified). Pas le moindre pictogramme. Bref, une autre communication.
NB: le vin est absolument délicieux, d’une grande finesse, d’une extraction très bien maîtrisée. Tannins soyeux. De la haute couture. Hugh Johnson attribue 4 * à ce Domaine, le sommet de la hiérarchie. 2010 était une année fraîche en Californie…thanks God !
Vous n’avez pas l’occasion de participer aux dégustations ? Voici le moment de commander, aux meilleures conditions.
Pour toute commande passée dans le magasin en-ligne au plus tard le dimanche 12 octobre, les frais de livraison sont offerts, partout en Belgique et quel que soit le nombre de bouteilles.
La livraison des vins commandés aura lieu durant la semaine qui commence le lundi 20 octobre.
Les amateurs d’humour anglais, de John Cleese, des ’70s et en particulier de la série-TV Fawlty Towers se souviendront de cet épisode hilarant durant lequel Basil et Sybil reçoivent dans leur hôtel un groupe de touristes allemands.
Pour ne blesser personne, il ne faut faire, pendant le service à table, aucune allusion à la guerre. Bien entendu, c’est tout le contraire qui se passe, chaque phrase prononcée par John Cleese s’avère pire que la précédente. Il ne parle QUE de la guerre ! Rendez-vous sur You Tube…
Donc, aucune allusion au Beaujolais Nouveau lorsqu’il s’agit de faire goûter ce que la région offre de meilleur. Et surtout pas dans le titre de l’article !
Samedi 04 octobre, de 10 à 18 heures: venez partager quelques gorgées du millésime 2013 d’Eric Janin (Beaujolais-Villages et Moulin-à-Vent) et de Jean-Claude Lapalu (Beaujolais-Villages et Brouilly). Comparez-les avec les Morgon 2012 & 2013 de Mathieu Lapierre et avec les Chénas 2012 de Paul-Henri Thillardon.
Faites une infidélité beaujolaise avec le Côtes-du-Forez ‘gamay sur volcan’ 2013 de Gilles Bonnefoy et avec le Val de Loire ‘merlot-gamay’ de Pierre-Marie Luneau.
Le petit Philippe a reçu un joli appareil photo. Il s’est empressé de mitrailler un flacon qui se trouvait là par hasard. Découvrez ci-dessous toute l’étendue de son talent et aidez-nous à reconnaître ce vin.
Autrement dit, au-delà des 13 bouteilles officielles au programme de la dégustation italienne de samedi, il y en a une quatorzième, toscane et un peu (beaucoup) hors du commun.
En tous cas, pas trop le style de bouteille que l’on ouvre sur le spaghetti all’arrabiata un soir d’été sur la terrasse.
Les indices vont certainement s’avérer très utiles…
Finalement, une treizaine de candidats ont passé avec succès la présélection. A vous de finaliser le boulot en venant goûter samedi !
Corvina, barbera, primitivo, nero d’avola, lagrein, nerello mascalese, …j’ai choisi cette fois de me concentrer sur les vins rouges: deux Siciliens (dont un volcanique), deux Piémontais, deux germanophones en provenance du Südtirol, trois Pouilleux (pardon…trois vins des Pouilles) et toute une famille de Vénitiens, de la fratrie Valpolicella.
Comment, pas de vin toscan ? Si, mais c’est une surprise qui ne sera dévoilée que sur place. Disons qu’il faut chercher du côté de Gaiole in Chianti…
Revenons-en à Valpolicella, petit coin de Vénétie occidentale, entre Vérone (remember Roméo et sa copine Juliette) et le lac de Garde. On y élabore, majoritairement à partir du cépage corvina, un éventail de vins aux profils très différents, du plus simple jusqu’au prestigieux Amarone (je rappelle que prestigieux est un mot poli pour désigner ce qui se vend très cher), élaboré avec des raisins longuement desséchés. Cette technique permet d’élaborer des vins exceptionnellement concentrés, à l’instar du Vin de Paille jurassien.
D’abord donc le ‘simple’ Valpolicella: je vous ai déjà proposé la Vigna San Zeno (Domaine Corte Alta) en millésime 2012…cette fois, nous goûtons 2013. Et c’est tout aussi italianissime ! Une bouteille pour laquelle les occasions de tire-bouchonnage sont multi-multiples ! Vignoble en altitude, dans la zone dite classico, c’est-à-dire le cœur historique de l’appellation. Là où les pentes rendent la viticulture plus ardue et les vins bien meilleurs que ceux qui proviennent de la plaine de l’Adige.
Ce même Domaine Corte Alta propose également deux spécialités: le ripasso et le recioto. Et une cuvée d’Amarone qui-ne-peut-pas-écrire-son-nom.
Ripasso est une technique de cave qui consiste à mettre le vin en contact prolongé avec les peaux des raisins qui ont été pressés pour élaborer l’Amarone. L’objectif est d’apporter ainsi plus de couleur, plus de corps et plus de tannins pour créer, en somme, un petit Amarone. Nous goûtons la Vigna Tornidora ripasso 2010: ce vin est longuement élevé en botti, grands tonneaux d’une capacité de +/- 1.000 litres.
Recioto est un Amarone dont la fermentation est interrompue avant que l’ensemble des sucres ne soient transformés en alcool: c’est donc un vin doux. Contrairement au Porto, au Maury et au Banyuls, le recioto n’est pas muté: en général, le taux d’alcool ne dépasse pas les 14%, alors que l’Amarone (quasi sec) ‘monte’ allègrement au-delà de 16%. Nous goûtons la Vigna Corona recioto 2010.
Enfin, le Domaine élabore Feritas, un assemblage de corvina (55%), rondinella, cabernet sauvignon (20%) et merlot. Comme pour l’Amarone, les raisins dessèchent jusque fin novembre, avant vinification. L’ajout de cépages français ôte néanmoins le droit à revendiquer l’appellation Amarone della Valpolicella, d’où Rosso del Veneto (2011). Et le pourcentage d’alcool est mieux maîtrisé à 14,5%.
Ce matin, en retirant Le Soir de ma boîte à lettres, en tombe un dépliant intitulé ‘Vins de prestige français’, signé par …Lidl.
Tiens, ça m’intéresse.
Les vins sont sélectionnés par Jennifer Silvius qui s’annonce comme sommelier maison de Lidl et Meilleur Sommelier de Belgique 2012.
De plus en plus intéressant. Je pensais jusqu’à ce matin que le Meilleur Sommelier de Belgique 2012 était Steven Wullaert (restaurant Nuance à Duffel). Je connais aussi le Premier Sommelier de Belgique 2012: Yanick Dehandschutter (restaurant Sir Kwinten à Lennik).
Pour le fun, voici encore le nom du Meilleur Sommelier Amateur 2012: Carl Verheyden, un informaticien originaire de Lubbeek.
Après moult recherches, j’ai trouvé un titre de Sommelier de l’année 2012 attribué par le GaultMillau Antwerp Wine Event, en collaboration avec Wine World, un caviste basé à Kontich, en banlieue anversoise. C’est le titre obtenu par Jennifer.
Pour le dire simplement, je considère que Jennifer s’attribue indûment un titre qu’elle n’a jamais obtenu. Cela ne rend service à personne et cela contribue à semer confusion et discrédit.
En soi, cela ne suffit pas à remettre en question les compétences professionnelles de la sommelière maison. Alors permettez-moi de citer quelques délicieux extraits de la brochure de Lidl, signés Jennifer:
Les vins blancs, surtout les variétés douces, prennent toute leur valeur lorsqu’ils sont servis frais dans de petits verres.
Le vin ne se termine pas en finale amère et reste donc particulièrement agréable.
En bouche, le vin est doux mais pas trop collant.
La plupart des gens aiment d’abord les saveurs douces, après quoi ils franchissent le pas vers des vins plus secs et fruités. Enfin, ils passent généralement au vin rouge et apprennent à apprécier des saveurs plus intenses.
No comment.
Pour le reste, vous apprendrez que les vins produits par Michel Rolland ont pour caractéristique de répondre parfaitement au goût du consommateur et vous serez invités à découvrir la diversité du Bordeaux, la région vinicole la plus célèbre au monde. Il n’y a en effet pas moyen de passer à côté puisque 75% des vins présentés sont issus du Bordelais.
Vous serez charmés en lisant qu’un riesling grand cru alsacien (vendu € 7) s’accorde tant avec le poisson qu’avec le bœuf. Vous vous pâmerez à la vue du logo Vin Supérieur Couronné.
J’arrête ici, c’est mauvais pour ma santé.
PS: pas de photo pour illustrer mon propos, je risquerais de tomber dans la vulgarité…
A ma gauche: Gorgonzola, Fourme d’Ambert et Stilton. A ma droite: ondenc et auslese.
Bon, en moins elliptique: un accord mets & vins consacré aux fromages bleus et vins moelleux, à savoir un Gaillac Doux 2007 du Domaine Plageoles (cépage: ondenc) et un vin de Moselle allemande, le Piesporter Goldtröpfchen 2005 Vendange Tardive (auslese) de Reinhold Haart (cépage: riesling).
La perception de sucrosité est plus importante dans le vin mosellan: du miel, de la cassonade, quelque chose de plutôt décadent. Couleur assez pâle. 8% d’alcool seulement.La qualité auslese implique la présence d’au moins 200 grammes de sucre par litre dans le moût avant fermentation. 8% d’alcool consomment +/- 135 grammes de sucre. Donc, sucre résiduel de 65 grammes par litre…ou plus.
Le vin du Sud-Ouest est plus strict, soutenu par une jolie vivacité. Couleur dorée. 11% d’alcool. L’appellation Gaillac Doux implique la présence d’au moins 45 grammes de sucre résiduel dans le vin. Plus proche d’un Jurançon que d’un Sauternes. Très bel équilibre entre fraîcheur et onctuosité.
Deux fort belles bouteilles…mais comment vont-elles s’accommoder des fromages ?
La Fourme d’Ambert est un fromage auvergnat (Puy-de-Dôme), à base de lait de vache. La délicatesse de la fourme sort un peu écrasée par l’intensité des vins. C’est un accord sans vice ni vertu.
Le Gorgonzola est un fromage lombard (Milan), à base de lait de vache. Plus piquant et plus onctueux que la Fourme. Il rentre en dialogue avec les vins, mais le résultat est un peu confus. Bien sans plus. Avec une légère préférence pour le mariage germano-italien.
Le Stilton est un fromage élaboré dans le centre de l’Angleterre (Nottingham), à base de lait de vache. L’exemplaire goûté était très puissant, avec des arômes marqués par l’étable. Fromage moins consensuel que les deux précédents. Bel accord avec le Gaillac Doux, sans enthousiasme délirant. Avec le riesling, c’est plus difficile.
Conclusion: on ne gagne pas à tous les coups. Repas très agréable, mais accords du type ‘bof’. Le grand accord entre Porto et Stilton n’est pas détrôné. La Fourme est souvent associée avec un vin rouge sec, par exemple un gamay des Côtes du Forez….je comprends mieux pourquoi. Quant au Gorgonzola, j’essayerais bien des vins secs, rouges ou blancs.
J’avoue râler souvent sur la qualité pour le moins douteuse de beaucoup de bouchons en liège. Outre les inévitables bouteilles dites ‘bouchonnées’, il faut compter également avec les bouchons friables, les bouchons archi-imbibés, les bouchons trop courts, les bouchons mal imprimés, etc…
Heureusement, il y a aussi de beaux contre-exemples: 9 années passées dans un goulot et pourtant la forme, l’élasticité, l’impression, le toucher, l’absence d’odeur parasite…nickel !
Malartic-Lagravière (blanc) 2004: ce qui ne gâche rien, c’est que le vin était au niveau du bouchon !