La perfection faite bouchon

J’avoue râler souvent sur la qualité pour le moins douteuse de beaucoup de bouchons en liège. Outre les inévitables bouteilles dites ‘bouchonnées’, il faut compter également avec les bouchons friables, les bouchons archi-imbibés, les bouchons trop courts, les bouchons mal imprimés, etc…

Heureusement, il y a aussi de beaux contre-exemples: 9 années passées dans un goulot et pourtant la forme, l’élasticité, l’impression, le toucher, l’absence d’odeur parasite…nickel !

Malartic-Lagravière (blanc) 2004: ce qui ne gâche rien, c’est que le vin était au niveau  du bouchon !

Le sauvignon à l’honneur !

Qu’est ce que la Nouvelle-Zélande partage avec la Styrie autrichienne ? Qu’ont en commun le Saint-Bris bourguignon et le Pessac-Léognan bordelais ? En effet, le cépage sauvignon.

C’est néanmoins dans les vignobles du Centre-Loire qu’il donne sans doute le meilleur de lui-même. Les appellations Sancerre et Pouilly-Fumé lui doivent beaucoup.

Sancerre sur la rive gauche de la Loire, Pouilly-Fumé sur la rive droite. Menetou-Salon à quelques kilomètres au sud-ouest de Sancerre. Enfin, Oisly, plein ouest, en Sologne. Voilà le programme pour la dégustation du samedi 23 août.

A l’occasion du festival du pinot noir, fin avril , j’avais eu l’occasion de vous présenter les rouges de pinot noir élaborés à Sancerre et à Menetou-Salon par trois domaines différents. Place cette fois aux blancs des Domaines du Carrou, Serge Laloue et Pellé.

J’y rajoute deux vins de Touraine du Domaine des Corbillières et un Pouilly-Fumé ‘très chic’ de la Maison Henri Bourgeois.

 

Nous goûtons d’abord les cuvées ‘simples’ (tout est relatif): le Sancerre 2012 du Carrou, le Sancerre 2013 de Serge Laloue et le Morogues 2012 de Pellé. Les prix de ces trois cuvées sont très similaires…ce sera selon le goût de chacun !

La Jouline (Domaine du Carrou – Dominique Roger)

Au XIXe siècle, les garçons du village de Bué se mariaient avec les filles du village. Mais un ancêtre de Dominique Roger fit preuve d’originalité en allant épouser une fille du hameau voisin, nommée Joulin. Elle fut affectueusement surnommée La Jouline et ce surnom fut transmis à leur fils, Baptiste Roger. Aujourd’hui, en hommage à cet arrière grand-père vigneron, Dominique Roger nomme sa cuvée de vieilles vignes …La Jouline.

Terroir calcaire, appelé localement caillottes en raison de son aspect pierreux -ce sont typiquement les sols que l’on trouve vers 250 mètres d’altitude-.

Deux parcelles de vignes de 50 ans, en légers coteaux, exposées ouest, sur le village de Bué.

Vendanges manuelles et levures indigènes. Elevage pour 70% en cuve et pour 30% en fûts de chêne.

Chêne Marchand (Domaine du Carrou – Dominique Roger)

Le nom de ce lieu-dit célèbre serait une déformation de choix du marchand, qui atteste ainsi de la valeur du vin issu de ce terroir de caillottes.

S’il y avait des premiers crus à Sancerre, Chêne Marchand en ferait assurément partie.

Très petite parcelle de 0,37 hectare, exposée au sud. Vignes de 30 ans. Vendanges manuelles et levures indigènes.

Cul de Beaujeu (Domaine Serge Laloue)

A propos de premiers crus, voici un autre excellent candidat. L’un des deux grands terroirs qui surplombent le village de Chavignol (l’autre étant la Côte des Monts Damnés).

On change de village et on change de terroir: voici des terres blanches, argilo-calcaires, proches de celles que l’on retrouve à Chablis. Typique des altitudes comprises entre 300 et 350 mètres d’altitude. Les vins ont, en règle générale, besoin d’un peu plus de temps pour s’épanouir.

Elevage en cuve.

1166 (Domaine Serge Laloue)

L’an de grâce 1166. En Irlande, Dermot MacMurrough, roi de Leinster est chassé par le roi de Breffni, O’Rourke dont il avait enlevé la femme. Dermot demande appui à Henri II d’Angleterre et lève une armée de Normands, conduite par Richard Strongbow, comte de Pembroke. Après deux échecs, ils débarquent victorieusement en Irlande et prennent Waterford et Dublin.

Avec mes remerciements sincères à Wikipedia. Mais, fausse piste (à quoi je m’amuse…), le nom de la cuvée n’a strictement rien à voir avec le Moyen-Âge.  De fait, il s’agit plus simplement d’une minuscule parcelle plantée de 1.166 ceps.

Troisième village (Sancerre himself en l’occurrence) et troisième terroir, à savoir les silex, encore appelés chailloux. Typique de la zone située au plus près de la Loire.

Un vin profondément original, incontestablement différent et difficile à placer à Sancerre. Grande concentration et taux d’alcool très mesuré (12,5%).

Elevage en tonnes de 600 litres.

Les Blanchais (Domaine Pellé)

Vignes plantées en 1966. Tiens, elles sont un peu plus jeunes que moi. Terroir qui associe les terres blanches au silex.

Lire également mon compte-rendu de visite.

 

 

Edition 2015

Eh oui, vous l’ignoriez mais 2015 est à nos portes. La preuve: la nouvelle édition du Guide des Meilleurs Vins de France vient de paraître.

Quelques observations:

Le sommet de la hiérarchie (les triple-étoilés) comporte toujours sa part écrasante de Bordeaux, Bourgogne et Champagne: 51 Domaines retenus pour ces trois régions ‘de prestige’ à comparer à 22 Domaines pour le reste de la France.

Pour l’anecdote, il faut d’ailleurs lire les précautions exceptionnelles prises pour dégrader le château Cos d’Estournel à 2 étoiles. On peut parier que la troisième étoile sera de retour d’ici 2017. Mouton-Rothschild avait subi en son temps la même punition, mais n’a pas tardé à réintégrer ‘l’élite de l’élite’.

Parmi les quelques dizaines de Domaines qui bénéficient d’une promotion, 7 sont (ou ont été) commercialisés par Anthocyane.

Je tire en particulier mon chapeau au Domaine Pierre Luneau-Papin (Muscadet), au Domaine des Huards (Cour-Cheverny), au Domaine du Rocher des Violettes (Montlouis) et au Château La Colombière (Fronton). Le talent et les efforts de ces Domaines, installés dans des appellations moins réputées, sont justement couronnés.

D’autres Domaines conservent leurs étoiles, comme La Chevalerie (Bourgueil), Eric Janin (Moulin-à-Vent), de Villaine (Bouzeron), Jonc Blanc (Bergerac), Aupilhac (Languedoc-Montpeyroux), L’Ecu (Muscadet) et Pellé (Menetou-Salon).

Enfin, cette édition se situe dans la parfaite continuité des précédentes: la forme paraît immuable, ce qui facilite sans doute les comparaisons mais peut finir par lasser. D’autant plus que certaines descriptions de Domaines, inlassablement répétées, gagneraient à un bon dépoussiérage.

Je peux avoir un rosé-pamplemousse à la place?

Très bien écrit et très bien observé !

facebook, me voici !

J’ai donc résisté longtemps à facebook. Puis, j’ai fait une première tentative, au printemps, d’une discrétion discrètement discrète.

Cette fois-ci, c’est du sérieux. D’autant plus que le magasin en-ligne est également accessible depuis la page d’Anthocyane.

Anthocyane souhaite se faire connaître. Ô révélation d’une incommensurable profondeur. Je me dis qu’une page facebook peut y contribuer, surtout si vous vous en faites l’écho.

Faites savoir, transmettez, informez, réseautez, diffusez…sans modération !

www.facebook.com/anthocyanevin

 

Miraflors 2013

J’ai goûté ce matin un chouette rosé, sec, aromatique, fruité, épicé et léger (12,5%).

70% mourvèdre et 30% grenache gris. Pressurage direct.

Un Côtes du Roussillon du Domaine Lafage.

Les vignes sont plantées sur la côte maritime de Perpignan. Les raisins sont récoltés assez tôt de façon à privilégier la fraîcheur: inutile d’attendre la maturité des tannins, on les extrait de toute façon pas.

La couleur est pâle, l’élevage en cuve, la bouteille élégante, le bouchon en verre et le prix sympathique.

A servir (10°) avec pâtes, pizza, ratatouille, paëlla, salades, …mais évitez le barbecue.

C’est déjà en vente dans le magasin en-ligne.

Le magasin est en ligne !

Aujourd’hui, je pends la crémaillère du magasin en-ligne.

L’objectif est de vous proposer les vins commercialisés par Anthocyane d’une façon plus claire, plus complète, plus esthétique et plus intuitive. Sacré programme.

Promenez-vous dans les rayons, déposez des vins dans votre petit panier, vérifiez votre addition …et commandez en quelques clics.

Je réponds ici à quelques questions pratiques. Si vous souhaitez me faire part d’une remarque ou d’une suggestion, utilisez de préférence ce formulaire.

Les changements ne s’arrêtent pas là:

  • newsletter hebdomadaire: Anthocyane-Info fait peau neuve, si vous ne la recevez pas ce jeudi 06 août, …c’est le moment de s’inscrire !
  • facebook: consultez ma page et n’hésitez pas à l’aimer…
  • horaires: à partir du samedi 30 août, Anthocyane est ouvert tous les samedis, entre 10 et 18 heures, qu’une dégustation soit organisée ou non.

Prochaine dégustation: le samedi 23 août.

Bonne journée !

 

Avec quel plat boit-on ce vin ?

C’est à la fois LA question pertinente et celle à laquelle je n’ai pas de réponse toute faite.

Dans notre culture belgo-romane, le vin se boit à table. C’est moins le cas en Allemagne, où le vin est un apéritif, un dessert, voire une boisson dégustée pour elle-même. Avec le repas, c’est plutôt la bière.

Donc, accord mets & vins. Allons-y.

Il existe quelques aliments incompatibles avec le vin, n’importe quel vin. L’acidité du vinaigre tue le vin. Les œufs et le vin n’ont rien à se raconter. Les potages, ça ne marche pas. Les glaces et les sorbets, idem. Le caviar se sent beaucoup mieux en la compagne d’une vodka glacée. Le cresson a beaucoup de qualités, mais pas celle de se marier avec le vin.

L’accord est souvent déterminé par l’accompagnement, la sauce, les épices ou les herbes. Affirmer que tel vin accompagne idéalement le poulet, c’est oublier qu’entre une volaille de Bresse, préparée au Vin Jaune, et un poulet Hawaï (ananas)…c’est le grand écart !

Ma définition du grand accord est assez simple : 1+1 = 3. Autrement dit, le vin rend le plat meilleur ET le plat rend le vin meilleur. Le tout est supérieur à la somme des parties. C’est un moment magnifique mais rare. Dommage, mais cela permet au moins de déstresser : quand le vin et le plat dialoguent, c’est déjà très bien.

L’accord classique du camembert avec un bon p’tit Bordeaux rouge est une catastrophe. Je ne vais pas me faire que des amis, mais je persiste et signe. Aucun plaisir à boire un vin rendu métallique par le fromage. Et la finesse des arômes du fromage se perd dans les tannins du vin.

Néanmoins, vin et fromage s’entendent bien, quoique le traditionnel plateau, que l’on souhaite aussi divers que possible, condamne à la bouteille consensuelle, ‘passe-partout’. Celle qui propose un accord passable avec la plupart des fromages et le grand accord avec aucun.

Quand on se décide à repeindre la maison, il y a en gros deux méthodes : le ‘ton sur ton’ et les couleurs qui tranchent. Même chose en matière d’accord mets & vins. Soit on cherche à marier des semblables (même gras, même sucrosité, mêmes arômes), soit on apporte via le vin ce que le plat n’offre pas et vice-versa. Les deux façons peuvent fonctionner aussi bien l’une que l’autre. Mais je trouve qu’il est plus difficile de réussir le ‘ton sur ton’.

Si vous aimez les huîtres accompagnées par du Porto Vintage, allez-y, personne ne va en mourir. Et si vous arrivez à m’expliquer un jour comment cet accord crée du plaisir, je vous paie le resto (je choisis le resto…).

Ce n’est pas vraiment scientifique, mais les accords régionaux sont souvent fort satisfaisants : produit de la Méditerranée et vin méditerranéen. Chèvre de Chavignol avec Sancerre (de Chavignol). Cassoulet et vin du Sud-Ouest. Comté et Vin Jaune.

Un accord peut se construire sur les arômes, mais il ne faudrait surtout pas oublier les accords de texture : le ‘toucher de bouche’ du vin et les nuances fondantes, croquantes, salivantes du plat.

L’accord existe (ou n’existe pas) dans le palais du convive. Les circonstances, la compagnie, l’humeur, la mémoire influencent énormément les perceptions.

Essayer et se tromper; essayer encore. Apprécier l’expérience pour elle-même, qu’elle soit enthousiasmante ou décevante. Modifier un assaisonnement et goûter à nouveau. Se souvenir et partager ses souvenirs. Servir deux vins sur un même plat et comparer.

L’important, c’est le chemin que l’on parcourt. On connaît tous la destination finale.

Il n’est rien de plus subjectif, de plus insaisissable, de plus éphémère qu’un accord ‘parfait’. Le mariage idéal des mets et des vins est très difficile à codifier, de la même façon qu’il est malaisé de définir ce qui fait l’harmonie d’un couple. Une combinaison qui a bien fonctionné une fois, à un moment donné, avec une recette et des amis donnés, peut ne jamais se reproduire tant la sensation d’accord échappe au rationnel. Il n’existe pas de vérité absolue en la matière.

Philippe Bourguignon, Meilleur Sommelier de France en 1978.

Cet article a été rédigé en 2014. Cela ne le rend pas obsolète pour autant.

Coravin: pourquoi tirer le bouchon pour boire ?

Rien à voir avec un Grand Distributeur bien connu pour faire la foire à l’automne.

Aujourd’hui, c’est magie: on boit le vin sans tirer le bouchon.

Coravin est donc un outil technologico-barbare composé d’une fine aiguille creuse, d’un injecteur de gaz inerte et de l’emballage requis pour que cela tienne ensemble.

Envie de boire un (seul) verre d’une bouteille chic et chère ? Percez la capsule et le bouchon avec l’aiguille, pressurisez la cabine…pouf-pouf…la bouteille.

Et hop voici le vin qui coule à travers l’aiguille jusque dans le verre. Retirez l’aiguille et le bouchon -en liège- reprend sa forme et son étanchéité initiales. Dans la bouteille, moins de vin et plus de gaz inerte. Pas d’air et donc pas d’oxydation.

On n’arrête pas le progrès. La chose coûte $ 300. C’est américain, bien entendu. Je ressens de l’admiration pour la créativité de l’inventeur, mais beaucoup d’incompréhension pour le but poursuivi.

Une alternative ? Dégustez à plusieurs, c’est plus amusant et moins cher…

Par ailleurs, à force d’ouvrir des bouteilles, je constate qu’une bouteille à moitié vide, correctement rebouchée et placée au frais se goûte très bien le lendemain et le surlendemain.

Exceptions: les vinasses mal vinifiées et les vins « nature/sans soufre ».

Le sous-traitant et l’intention

Le journaliste Antoine Gerbelle écrit en dernière page du numéro de juillet de la Revue du Vin de France un éditorial « inspirant » et interpellant.

Mise en pleine lumière d’un sujet que l’on préfère en général taire, à savoir la disparition progressive des vignerons dans les châteaux bordelais. La tendance est similaire dans les deux autres régions viticoles riches, Champagne et Bourgogne.

Comme indiqué par l’Insee dès 2007, de nombreuses propriétés ont en effet été rachetées par des financiers, dont beaucoup choisissent de déléguer tous les travaux de l’exploitation à des entreprises de travaux à façon (entretien de la vigne et vendanges).

Relisez la phrase ci-dessus. Merci. Ce n’est pas un détail.

Autrement dit, le vigneron-propriétaire est remplacé par un actionnaire et par un directeur (sans doute porteur d’un diplôme comparable au mien…) dont la mission première est de faire des sous et qui se concentre donc sur les aspects commerciaux et financiers.

Le travail à la vigne est perçu comme un coût, comme un mal nécessaire. Et en plus, c’est salissant…Le directeur compare les offres de sociétés spécialisées qui s’occupent déjà du vignoble X et du château Y …et il sous-traite en faveur du moins-disant.

Dites-moi, qui fait le vin ? Qui incarne le vin ? En quoi ce vin-là est-il une histoire ?

J’ai un besoin viscéral de parler avec le vigneron. A défaut, avec son épouse, son père ou son collaborateur direct.

Je veux percevoir l’intention de la personne qui taille, qui observe, qui vendange, qui vinifie, qui met en bouteilles et qui, quand les circonstances le permettent, me reçoit chez lui. Le vigneron qui choisit, qui hésite, qui subit la météo, qui élabore ce qu’il a envie de partager.

Entendons-nous. Il est parfaitement possible de faire du bon vin, techniquement parfait, via la sous-traitance. Mais l’intention est remplacée par le cahier de charges. C’est une entropie, une destruction de valeur. C’est l’oeno-diversité qui fout le camp. Non merci.

 

 

 

 

 

1903 & Clos Venturi

Deux dégustations récentes qui m’ont particulièrement plu. D’abord, Clos Venturi 2010, un Vin de Corse blanc, acheté € 18 chez Alivu à Corte. Et ramené dans la soute de l’avion au retour des vacances.

Bouteille lourde, très lourde et étiquette « chic »…pointe de méfiance. Et pourtant, ce 100% vermentinu est aérien, délicat, floral, non-boisé, intense et d’une très belle texture. Belle fraîcheur soutenue par des amers agréables.

Le lendemain, voici venu le tour de la cuvée 1903 du Roc des Anges en millésime 2008. Nous sommes dans le Roussillon, en catégorie vin de pays des Pyrénées Orientales. 100% carignan, vignes plantées en …1903, d’où le nom de la cuvée.

Bouche d’un velouté magnifique, vin apaisé. 14,5% d’alcool certes (je mentirais en affirmant que cela ne se sent pas), mais l’équilibre est là ! Densité et noblesse des arômes. Bravo Marjorie et Stéphane !

???

Non, je ne les vends pas. Les vins du Roc des Anges sont disponibles chez mon excellent confrère ixellois, Pascal Courel (Wine-not). Le Clos Venturi…aucune idée.

 

Anthocyane est sur Yelp

YELP est un site Internet consacrés aux commerces locaux.

Cela fonctionne sur base des avis et des évaluations publiés par les clients de ces commerces.

N’hésitez pas à prendre connaissance des premières opinions …et, le cas échéant, à y indiquer la vôtre !

 

Les avis actuellement postés au sujet d’Anthocyane ne sont pas recommandés par le logiciel automatique de YELP. Je peux néanmoins assurer le lecteur qu’il s’agit bien d’avis de vrais clients !

Publier une opinion implique de se connecter (si l’on est déjà inscrit sur YELP) ou de s’inscrire sur ce site.

 

Le Domaine de Brin, chez Damien et Cathy Bonnet

En route pour Gaillac et plus précisément pour le village de Castanet, à quelques kilomètres d’Albi.

Des nouveautés plein les cartons au Domaine de Brin: la cuvée Petit Brin 2012, merlot, braucol et duras.

La cuvée BRauCOL 2012…à savoir une sélection des meilleurs raisins de ce cépage local.

En blanc, les Pierres Blanches 2013, assemblage de mauzac et de len de l’el (si, si, c’est un cépage…dont le nom en occitan toulousain signifie « loin de l’œil »; ce n’est pas l’œil du vigneron, c’est celui de la botanique: le raisin est « loin » du bourgeon). Sol argilo-calcaire très caillouteux. Rendements de 30 hl/ha. Vendanges manuelles. Conversion à l’agriculture biologique en cours. Mis en bouteilles à la fin du mois de mai.

Et voici également les nouveaux millésimes des cuvées déjà proposées en 2013: les rouges Anthocyanes 2012 (braucol et 20% de syrah) et Brin de Temps 2012 (duras et braucol). Autant Anthocyanes plaira à tous les amateurs de vins intensément fruités, autant Brin de Temps est un animal sauvage, oserais-je risquer un lion indomptable.

Le rosé La Vie en Rosé 2013 (gamay, duras, merlot) et le délicieux mais déroutant Brin de Folie 2012: un rosé doux à 10% d’alcool, pur cabernet sauvignon. Rendements de 15 hl/ha. Une gourmandise hors de commun, destinée par exemple à un dessert aux fruits rouges, voire au chocolat.

J’ai eu la chance de rencontrer Damien Bonnet d’abord chez lui à Castanet et puis, plus récemment, à Paris pendant le salon organisé par le magazine Le Rouge & Le Blanc. J’ai été frappé par son énergie communicative, sa saine ambition et son sens de l’humour. je parie qu’on entendra beaucoup parler de lui dans un futur proche !

Plusieurs vins sont en dégustation pendant la Fête du Vin. Les sept cuvées peuvent être commandées via le magasin en-ligne.

Vivino: une bonne idée, mais…

Vivino est une application pour smartphones et tablettes, disponible tant sous iOS Apple que sous Androïd-Google.

L’objectif de cette application est le partage d’informations, via une photographie de l’étiquette de la bouteille. C’est gratuit et fort simple à utiliser. L’interface est également disponible en français.

Vivino affirme disposer d’une base de données de plus de trois millions de vins et plus de quatre millions d’utilisateurs.

Je me pose trois questions: l’information est-elle pertinente ? L’information est-elle fiable ? Quelle est l’intention de celui qui créé l’information ?

Info pertinente = info utile, susceptible d’améliorer une dégustation, un achat ou de permettre d’approfondir une connaissance.

Info fiable = info exacte, cohérente et raisonnablement complète.

Disons que je viens de m’installer au restaurant et que je consulte la carte des vins. Mon œil s’arrête sur le Bouzeron 2011 du Domaine de Villaine.

Qu’affiche Vivino lorsque Bouzeron de Villaine est introduit dans la zone prévue à cet effet ? 20 réponses dont les perles suivantes: le Bouzeron de Stéphane Briday considéré comme un vin rouge. Un Bouzeron Aligoté de Bouzerone (avec « e » final), un Romanée-Conti (dont de Villaine est effectivement co-gérant), le Santenay 1er cru rouge du Domaine, etc…

Bref, le moteur de recherche ne se concentre pas sur Bouzeron ET de Villaine mais étend la requête à Bouzeron OU de Villaine. Bof.

Lorsque je clique sur A. et P. de Villaine, Bouzeron Aligoté puis sur 2011, apparaît une photo de ce vin en millésime …1998 affublé d’un prix de € 38. Un prix-caviste ? C’est une escroquerie ! Un prix au restaurant ? Pas moyen de le savoir. En moyenne, le vin est noté 3/5, mais c’est la moyenne d’une seule note !

Je clique à présent sur GFA A. et P. de Villaine Bouzeron puis sur 2011 : 78 notes pour une moyenne de 3,7/5 et un prix moyen de € 23. En creusant, je trouve en fait 25 notes, dont 8 avec un contenu.

Un peu perplexe, je me résous à commander autre chose…mettons un Aupilhac Lou Maset rouge 2012. J’en photographie l’étiquette, Vivino la reconnaît et me montre les infos relatives au Lou Maset… rosé. Pas de bol.

Garbage in, garbage out.

La qualité de l’information disponible est fonction de ce qui a été encodé par les gentils membres. Le formulaire d’encodage est très ouvert et les résultats, sans surprise, partent dans tous les sens.

Et comme le logiciel de reconnaissance optique se mélange régulièrement les pinceaux, ma conclusion est mitigée: bonne idée, mais mise en oeuvre très perfectible.

Je reviens un instant sur l’intention de celui qui créé l’information. Pour ce qui me concerne, c’est très simple: j’encode petit à petit les vins que je commercialise, avec leur prix chez moi. Me faire connaître est indispensable et Vivino pourrait y contribuer.

 

 

 

 

 

 

Visite au Domaine Pellé (Menetou-Salon)

Vignes de Ratier, Morogues & Les Blanchais

Imaginons. Vous êtes à Sancerre, par exemple à l’esplanade Porte César. Le paysage de vignes qui vous envahit les yeux est à la fois impressionnant et apaisant. Prenez un quart d’heure pour vous asseoir et laisser vos idées vagabonder. Reposez-vous. Posez-vous. Respirez.

C’est en tous cas ce que j’ai fait le 11 mars, juste avant de reprendre la Tiguan pour franchir les quelques kilomètres qui me séparent de Menetou-Salon. Manitou-quoi ? OK, pas l’appellation la plus célèbre de France et pas aussi simple à mémoriser que Sancerre, Chablis ou Cahors.

Bon, petit précis de géographie (que les plus informés peuvent allègrement lire en diagonale). Menetou-Salon est une appellation ligérienne qui rassemble deux villages voisins, à savoir Menetou et Salon. Pouf-pouf. C’est faux. L’appellation regroupe dix villages, dont Menetou-Salon et Morogues. En quittant Sancerre, c’est cap vers le sud-ouest, en direction de Bourges. Le paysage évolue vers le céréalier, avant qu’un panneau discret en bord de D955 ne vous invite à entrer dans le vif du sujet.

A dire vrai, l’appellation aurait mérité de s’appeler Morogues. D’abord, cela se retient mieux et ensuite c’est dans ce village que l’on élabore les vins les plus intéressants: coteaux pentus, sols caillouteux pour des vins complexes et aptes à la garde: les arômes d’agrumes évoluent progressivement vers des notes de truffe.

En pratique, les étiquettes peuvent mentionner « Menetou-Salon Morogues ». Tout le monde est content.

Les blancs sont toujours issus de sauvignon et les rouges toujours de pinot noir. Un air de ressemblance avec Sancerre.

J’ai rendez-vous au Domaine Pellé, dans la cave semi-enterrée qui se situe sous la parcelle « Les Cris », au cœur du petit village. Ce bâtiment a été construit en 1970, complété par une annexe en 1998.

Henry Pellé, fils d’Ernest, est le véritable fondateur du Domaine. Né en 1930, il vit toujours à Morogues. Son fils Eric reprend le Domaine, mais décède accidentellement en 1995. L’épouse d’Eric, Anne, reprend le Domaine, avec la complicité efficace de Julien Zernott, œnologue.

Aujourd’hui, Julien est vigneron en Languedoc, propriétaire de l’excellent Domaine du Pas de l’Escalette.

Anne & Paul-Henry Pellé (NB: la photo date de 2008 et provient de l’excellent blog Jim’s Loire)

Depuis 2007, Paul-Henry Pellé, le fils d’Eric et de Anne, arrivé à l’âge adulte, poursuit la tradition familiale.

Je suis reçu par Anne. Nous commençons par une visite de la cuverie. Un peu rapide, parce que j’ai un autre rendez-vous en fin d’après-midi et que je préfère prendre le temps pour déguster.

Parenthèse. Certains vins blancs du Domaine sont disponibles sous capsule à vis. De mon point de vue, un bouchage absolument efficace sans aucun impact négatif sur le vin. Du moins pour des gardes courtes. Pour les gardes plus longues, je n’ai pas d’avis, par manque d’expérience.

J’aime la petite musique du tire-bouchons qui se fraye un chemin dans le liège. J’aime le pop bien sonore poussé par le bouchon extrait. Mais…la capsule s’ouvre plus vite (et se referme plus facilement), elle ne nécessite pas d’outil en queue de cochon et elle supprime la mauvaise surprise du vin bouchonné. Et tant de bouchons en liège sont malheureusement d’une qualité lamentable…trop courts, trop laids, trop friables. Fin de la parenthèse.

Le Domaine s’étend sur 40 hectares de vignes, dont quelques-unes sur le territoire de la commune de Menetou-Salon: ce sont les cuvées « Les Bornés », en blanc comme en rouge. L’essentiel des parcelles se situe à Morogues, dans un rayon de 3 kilomètres autour de la cave. Un petit peu de Sancerre, sous le nom « La Croix au Garde » est également proposé.

La dégustation commence par les rouges: on goûte Les Bornés 2012, un vin élaboré avec une partie de raisins achetés (activité de négoce). Belle couleur assez dense, témoignage visuel de rendements bien maîtrisés. L’appellation autorise 59 hectolitres/hectare, le Domaine vise sur cette cuvée d’entrée de gamme les 45 à 48 hectolitres/hectare. Moins encore sur les cuvées produites à Morogues. Anne considère qu’au-delà de 50 hectolitres/hectare, il est très difficile de proposer un pinot noir de qualité. Le vin est servi un peu frais, ce qui renforce la perception des tannins.

Puis Morogues 2012, vin issu d’une grande parcelle de 8 hectares, plantée en 1970. Vendanges manuelles, parce que les rangs de pinot noir ne sont pas mûrs au même moment, vu la complexité géologique du lieu. Ce vin est commercialisé sur allocation.

Enfin, les Cris 2011 a de la mâche, de la structure et de la puissance. Excellent. Mérite un peu de repos avant tire-bouchonnage. Les Cris, c’est LA parcelle idéale pour le pinot noir.

La nouvelle cuvée Le Carroir 2012 est épuisée…c’est une production de 800 bouteilles…

Pour les blancs, on se met en bouche avec le Sancerre…eh oui, ici le Sancerre fait plutôt office d’entrée de gamme. Puis, la cuvée grâce laquelle j’ai appris à connaître le Domaine Pellé, le Morogues. En millésime 2012. Délicieux sauvignon, élevage en cuves, finale nette, tranchante et énergique.

Voici les Vignes de Ratier 2012. Vignes plantées au début des années ’90, exposition très solaire, de la lumière du matin au soir. Un vin puissant et assez sauvage, avec des notes fumées.

Les Blanchais 2012 est vif, caillouteux et précis. Moins de puissance, mais une superbe colonne vertébrale. Sols calcaires, avec du silex. Il y a une certaine austérité. Vin qui s’adresse à l’intellect. Une sorte de « super-Morogues ». L’antithèse parfaite du style des Vignes de Ratier, plus sensuel.

On enchaîne avec Les Blanchais 2008. Ce n’est évidemment plus commercialisé. Délicieux, joli fondu, apprivoisé, une belle preuve de la capacité à vieillir de ces vins. A l’aveugle, on pourrait penser à Chablis, voire à un chenin.

Cette cuvée parcellaire a été pionnière dans l’appellation, puisqu’elle a été créée dès 1981, à une époque où les vignerons du coin proposaient un rouge, un blanc, point-barre. Les nouvelles étiquettes incluent une représentation du périmètre cadastral.

Trois vins blancs du Domaine sont en dégustation pendant la Fête du Vin. Ils peuvent être commandés via le magasin en-ligne.

PS: coïncidence, j’ouvre ma boîte aux lettres et y trouve le numéro de juillet de la Revue du Vin de France, avec un article consacré à Menetou-Salon. Parmi les vins sélectionnés, 3 cuvées du Domaine Pellé !

L’église de Morogues

La Fête du Vin, c’est vendredi 27 et samedi 28 juin

Pourquoi une Fête du Vin ?

  1. Parce que cela me donne l’occasion d’installer la tonnelle devant la maison (St-Soleil, priez pour nous)
  2. Parce que cela m’évite de chercher un thème pour cette dégustation
  3. Parce que mes bouteilles sont vachement impatientes à l’idée de bondir dans le coffre de votre voiture
  4. Parce que, bande de petits canaillous, il vous faut un prétexte festif pour faire le déplacement jusqu’à la ô combien lointaine cité d’Agathe
  5. Parce que j’en ai envie.

Comment ça se passe ?

Très bien, merci. En fait, c’est simple: je m’occupe de vous accueillir et vous venez déguster. Un vin, cinq vins, dix vins. C’est gratuit. En self-service, si vous êtes nombreux. Le vendredi après le boulot. Ou le samedi, à la place des « grosses courses ». Quelque chose vous plaît ? C’est en vente !

Où ça se passe ?

Dans les salons prestigieux du rez-de-chaussée de chez moi. Autrement dit, devant le garage, dans le garage et dans le salon. Il y a des bouteilles à gauche, à droite, au-dessus et ailleurs. Je trône au milieu des flacons, je commente, j’explique, j’anecdote, je radote…j’écoute aussi…

Et quand ?

Fin juin. Après les poules et avant les 1/8e de finale. Après les examens et avant les départs en vacances. Après la semaine de travail et avant le dimanche en famille. Bref, c’est vendredi 27 juin, de 16 à 22 heures et samedi 28 juin, de 10 à 18 heures.

Est-ce qu’on peut venir en bande, boire un verre ?

Amis, parents, voisins, collègues…sont les bienvenus. Personne n’est obligé d’acheter. Un bémol malgré tout, pour éviter un éventuel malentendu: Anthocyane n’est ni un wine-bar gratuit, ni une association œno-philanthropique. Je souhaite faire connaître et vendre les vins que j’importe. Fin du bémol.

On peut se garer ?

Il y a toujours de la place à moins de 200 mètres de chez moi. Et souvent beaucoup plus près. De l’avantage d’habiter à la lisière de la ville. C’est facile à trouver: Ring sortie 12 et direction Berchem-Ste-Agathe, pendant 900 mètres. Bien sûr, cela se situe outre-canal

Il y a moyen de payer avec du plastique ?

Non. Ni carte de débit, ni carte de crédit. Même l’argent liquide n’est pas vraiment de mise: je vous transmets une facture et un numéro de compte bancaire.

Et qu’est ce qu’on goûte ?

Les vins du Domaine de Brin (Sud-Ouest/Gaillac), du Domaine P. Luneau-Papin (Loire/Muscadet), du Domaine Pellé (Loire/Sancerrois), deux blancs autrichiens, deux St-Nicolas-de-Bourgueil, un aligoté de la Côte chalonnaise, des négrettes du Frontonnais, un Côtes du Rhône rouge, etc…

 

 

Aupilhac et Fondrèche: compte-rendu de dégustation

Des Terrasses du Larzac jusqu’au Mont Ventoux, des rives du Rhône jusqu’à celles de l’Hérault…promenade ensoleillée et tricolore ce samedi 14 juin.

Le rosé d’Aupilhac « Lou Maset » est un rosé pour le repas au jardin, avec de la couleur, du corps et de la fraîcheur. C’est une saignée des cuves de mourvèdre (50%), de cinsault et de syrah.

Le blanc d’Aupilhac « Lou Maset » est fruité, concentré et gras. Grâce à l’abandon du chardonnay dans l’assemblage et à l’inclusion de la clairette, le vin est à présent en appellation Languedoc (précédemment vin de pays du Mont Baudile). Le Domaine d’Aupilhac élabore également un vin blanc d’exception, sur le terroir d’altitude des Cocalières, en exposition nord-ouest. Fraîcheur, élégance et complexité. Elevage en foudres. Alcool très mesuré : 12,5%.

La cuvée Persia du Domaine de Fondrèche est un blanc de roussanne. Ce cépage de grande qualité est malheureusement assez sensible aux maladies de la vigne, ce qui en limite la popularité chez beaucoup de vignerons rhodaniens. Magnifique persistance en bouche.

Passons aux vins rouges, avec le rouge d’Aupilhac « Lou Maset » (essentiellement grenache et cinsault) : vin « de tous les jours », fruité, consistant et rafraîchissant. Idéal sur les plats de pâtes, les pizza’s, etc…

La cuvée Nature de Fondrèche doit son nom à l’absence de sulfites ajoutés. Voici un vin nature qui ne tombe ni dans la caricature, ni dans l’approximation. Absolument délicieux ! Vu la faible protection de ce vin contre l’oxygène, mieux vaut finir la bouteille le jour même…ce qui ne devrait poser aucun problème !

Fayard de Fondrèche est un splendide rapport plaisir/prix : tous les composants du vin sont fondus en un tout harmonieux, frais et intense. C’est plein de vie, de joie et de soleil !

Retour en Languedoc pour goûter les Cocalières d’Aupilhac, version rouge : toujours cette grande fraîcheur, due à l’altitude et à l’exposition. A l’aveugle, on évoque le pinot noir : c’est pourtant un assemblage de syrah, mourvèdre et grenache…Un vin précis, rempli des saveurs de la garrigue.

Le Domaine de Fondrèche élabore deux cuvées d’exception : Persia (90% syrah) d’une structure magnifique et Il Était Une Fois (80% grenache) qui flirte avec l’univers des meilleurs Châteauneuf-du-Pape.

Ces vins peuvent être commandés via le magasin en-ligne.

 

L’abeille aime le merlot de Tire-Pé !

David Barrault me transmet cette photo…que je m’empresse de partager !

Les abeilles ont l’air d’apprécier le merlot du Château Tire-Pé !

Entre temps, l’essaim a rejoint les ruches d’un apiculteur du coin.