La Quinta Nova de Nossa Senhora do Carmo se situe sur le fleuve Douro, très en amont de Porto et en direction de la frontière espagnole (à partir de laquelle le Douro se mue en Duero). Nous sommes donc en pleine région du Porto. Ce Porto (ruby ou tawny, vintage ou colheita) jouissait jusque vers 1990 d’un quasi monopole. Autrement dit, on ne produisait presque pas de vins non-mutés dans la région, tous les raisins servant à faire du Porto, pour le meilleur …et pour le pire.
Dirk Niepoort (encore lui …il est décidément dans tous les coups) a été l’un des premiers à percevoir que le marché du Porto était plutôt sur le déclin et qu’il était grand temps d’utiliser les magnifiques terroirs de schiste du Douro pour élaborer de grands vins rouges secs, non-mutés à l’alcool.
Le Douro, comme le Dão plus au sud, est un paradis pour les amateurs de cépages autochtones: touriga nacional, tinta roriz, tinto cão, touriga franca, tinta barroca, tinta francisca, tinta amarela, etc… Autochtones, quoique tinta roriz soit en fait un synonyme du tempranillo espagnol. Historiquement, les parcelles étaient plantées en foule, c’est-à-dire sans être alignées en rangs et en complantation, c’est-à-dire en mélangeant différents cépages sur la même parcelle.
La Quinta Nova fait partie du groupe Amorim, connu en particulier pour être le premier producteur mondial de liège. Le roi du bouchon a produit 5,5 milliards de pièces en 2019 !
Le Domaine produit bien entendu du vin, mais propose également une offre oenotouristique très complète: restaurant réputé (Conceitus), chambres « chic », promenades en bateau sur le fleuve, etc…
En dégustation, le vin présente une couleur plutôt sombre et jeune. Le nez confirme la jeunesse et l’absence de tout élevage en bois: du fruit et encore du fruit ! Cerise et prune. La bouche est équilibrée, succulente, juteuse et assez « punchy ». Quelques bons petits tannins, sans trace d’amertume.
Le point-clé pour un rouge sec du Douro: comment l’alcool est-il géré ? De nombreux vins issus de cette région particulièrement chaude sont en effet dévalorisés par une sensation brûlante et une excessive chaleur en bouche. Cette cuvée « unoaked » résout ce problème potentiel avec talent. Bien sûr, c’est un vin solaire qui ne peut cacher son origine: assez puissant, grâce à la matière mais aussi grâce aux 14% d’alcool. Cette solarité est néanmoins très bien cadrée, maîtrisée, intégrée dans le fruit, évitant ainsi toute lourdeur.
La bouteille est un bel objet. L’étiquette liste les quatre cépages présents dans cette bouteille. Mon seul regret concerne le nom donné à la cuvée: ce « unoaked » qui qualifie le vin, en anglais, par ce qu’il n’est pas, c’est un peu tristounet. Disons néanmoins que c’est clair, dans un pays où la plupart des vins rouges sont élevés sous bois.
Quinta Nova « unoaked » 2018 est arrivé dans le magasin.
Malgré un cépage puissamment local (agiorgitiko, parfois traduit en « Saint-Georges »), le style de ce vin grec n’est pas sans rappeler certaines contrées du Rhône sud, voire du Languedoc-Roussillon. Une sorte de parenté organoleptique avec un assemblage grenache-syrah qui emmène ce vin vers un profil chaleureux, heureusement équilibré par une fraîche acidité, évitant ainsi le piège de la lourdeur. Les petits tannins sont fondus et discrets.
Le vin est coloré, direct et assez puissant, avec des parfums fruités (mûre, myrtille) et épicés. C’est un rouge goûtu pour plats goûtus ! Nous l’avons associé à du poivron, des câpres et des anchois: il résiste bien, le bougre ! Avant de révéler, au grand bonheur du dégustateur, une longueur marquée par la minéralité. Ce St-Georges est décidément capable de donner du fil à retordre à bien des dragons ! Cela étant, la subtilité ne constitue pas son atout majeur.
Le passage par le bois est perceptible, mais très raisonnablement dosé.
L’appellation Nemea ne tolère que le cépage agiorgitiko, ce qui tend à faire croire qu’il s’agit de synonymes. Ce serait faire peu de cas des vignobles d’agiorgitiko hors de l’appellation Nemea: on en trouve par exemple plus de 5.000 hectares en Attique (région autour d’Athènes). Ce cépage a la réputation d’être plastique et flexible et de permettre en conséquence l’élaboration de vins très différents, du plus classique au plus exotique.
Le Domaine Gaia a la particularité de s’appuyer d’une part sur le vignoble de Nemea et d’autre part sur celui de l’île de Santorin, pourtant distant de plusieurs centaines de kilomètres.
Domaine Gaia, Nemea Agiorgitiko 2018: il y en a dès à présent dans le magasin.
Autriche. Prellenkirschen, village viticole de 1.500 habitants. A quelques kilomètres du Danube et de la frontière slovaque: d’ici, on se rend plus vite à Bratislava qu’à Vienne. Un parfum d’Europe Centrale, un avant-goût d’autre chose. La Hongrie est à peine plus loin.
Carnuntum. Cela ressemble à du latin, parce que c’est du latin. Carnuntum était du temps de sa splendeur la capitale de la province romaine de Pannonie. Sans doute 50.000 habitants au IVème siècle. Il n’en reste pas grand-chose aujourd’hui: les ruines d’un arc de triomphe, les traces de plusieurs amphithéâtres et autres thermes. Un quartier a été reconstruit à l’identique. Le musée est le plus grand musée romain d’Autriche. Une sorte de parc archéologique. Les vignerons du coin se sont dit qu’il était peut-être malin de capitaliser sur ce nom aussi antique que connu et de baptiser ainsi leur vignoble. Ainsi fût fait.
Dorli Muhr et sa gamme de vins
Dorli Muhr. Dorli est le prénom de la vigneronne, Muhr est son nom. Le Domaine a longtemps porté le nom Muhr-van der Niepoort, en cohérence avec le fait que Dorli Muhr et Dirk Niepoort (oui, LE Dirk Niepoort, serial vigneron portugais) ont formé un couple, aujourd’hui séparé.
Spitzerberg: plutôt qu’une « montagne pointue », une colline inspirée…
Le grand vin du Domaine, le Spitzerberg (100% blaufränkisch), se vend allègrement au-delà des € 60. Il est souvent considéré comme l’un des plus grands rouges autrichiens. La cuvée évoquée ici est une entrée de gamme qui associe le grand cépage local, le blaufränkisch, à une bonne dose de syrah.
En dégustation, c’est avant tout l’élégance qui frappe l’imagination. Ce 2017 fait preuve de beaucoup de fraîcheur, les tannins sont totalement fondus, l’alcool est à l’arrière-plan (12,5%). C’est fruité (cerise un peu kirschée), poivré et fumé. Quelques herbes aromatiques. Bel équilibre, du charme et du raffinement. C’est facile à boire, ce qui ne constitue en aucun cas une remarque perfide, que du contraire ! Ce n’est ni sauvage, ni exubérant. Je recommande de le servir un peu frais et de profiter pleinement, au réchauffement progressif dans le verre, d’une fine nuance saline et salivante. L’élevage, en foudres, ne marque pas le vin: merci !
Hier soir, une bouteille peu commune: Gorvia 2006 rouge, Quinta da Muradella (Galice = Espagne du nord-ouest). Flacon très (trop) lourd. Bouchon impeccable. Acheté en 2010 (€ 27).
Nez très parfumé: floral, fraise et framboise. Dans le fond, quelques notes terreuses. Bouche majeure: acidité marquée, tannins fondus, alcool peu perceptible (malgré 14%), beaucoup de profondeur et de distinction. Typiquement le rouge ‘océanique’, même si l’Atlantique, à vol de mouette, se situe à plus de 100 kilomètres. J’ai servi le vin un peu frais: il prend de la puissance dans le verre, en se réchauffant lentement. Profil encore jeune, peu en rapport avec un confinement de 10 ans+ dans la bouteille. M’évoque les meilleurs rouges de Loire, via la proximité avec le cabernet franc. Et autant avec le pinot noir !
L’appellation, c’est Monterrei, sise là où Espagne et Portugal s’enlacent. La frontière portugaise n’est distante que de 17 kilomètres. On ferait du vin ici depuis l’époque romaine.
Le château de Monterrei veille sur les vignes.
Cépages: mencia, bastardo, caiño redondo en proportions inconnues. La mencia (avec l’accent tonique sur le ‘i’) est LE cépage rouge emblématique de la Galice et de l’extrême nord-ouest de la Castille (appellation Bierzo). Le bastardo est le nom local du …trousseau jurassien ! Autre synonyme: merenzao. Quant au caiño redondo, c’est un cépage obscur, possiblement apparenté à un vieux cépage du Sud-Ouest, le camaraou noir. Bien étudier ceci par cœur, c’est une possible question d’examen…
Information au sujet du Domaine: je lis que tout est certifié bio depuis 2005. Projet initié en 1991 par José Luis Mateo, avec la volonté de remettre à l’honneur les cépages locaux. Rencontre avec Raul Perez en 2000 (Raul Perez est vraiment partout …y compris dans le magasin d’Anthocyane, avec la cuvée Ultreia Saint-Jacques). Domaine de 24 hectares, sur 34 parcelles différentes. Géologie entre schistes et granit, sables et argile (rien que ça). Altitude des vignobles: entre 360 et 900 mètres.
Une année 2020 bizarre, imprévisible et vraiment peu favorable à la dégustation: ni avec mes fournisseurs, ni avec mes clients.
Malgré tout, dégustation « classique » le 08 février (in tempore non suspecto), offre « Résistance » fin mars/début avril (sans dégustation, bien entendu), puis deux dégustations « pas plus de deux bulles autour du bar », sur inscription préalable (le 13 juin et le 22 août: entre les vagues), enfin le coup des petits flacons (« la dégustation en take-away ») le 14 novembre.
La réapparition du site Internet en février: 105 articles et 45.000 mots; la réouverture du magasin-en-ligne début juin et le retour de la newsletter « state of the art » en juin.
Palmarès en nombre de bouteilles vendues: le rosé Miraflors 2019 du Domaine Lafage (Roussillon), le rouge Sorcières 2019 du Domaine du Clos des Fées (Roussillon), le blanc Les Rochers 2019 du Domaine Guerrin (Bourgogne/Mâconnais).
Podium des régions: Loire, Roussillon, Rhône.
52% de rouges, 40% de blancs, 7% de rosés, quelques bulles et bouteilles d’huile d’olive. Le cépage chardonnay est le plus prisé. 35% des vins vendus sont issus du millésime 2019, 39% de 2018 et 16% de 2017.
Conclusion: vu les circonstances, avoir proposé plus de vins qu’en 2019 et avoir vendu plus de bouteilles qu’en 2019, ça constitue un bon résultat. Merci à mes fournisseurs et à mes clients d’avoir rendu cela possible ! Merci à Catherine pour avoir écouté et réagi, pour avoir subi mes moments de doute, pour avoir contribué au bon fonctionnement des dégustations et pour tant d’autres choses encore.
La Rioja Alta, Viña Ardanza Reserva Seleccion Especial 2010
On oppose parfois les modernistes de la Rioja aux traditionnalistes en insistant sur le fait que les premiers, adeptes d’un élevage bref en barriques neuves, chercheraient à mettre en avant un intense fruité et donc le raisin. Sachant que les seconds misent au contraire sur un (très) long élevage en barriques anciennes, il est tentant d’en faire des spécialistes du bois.
La réalité est heureusement plus subtile: pour La Rioja Alta, Domaine traditionnaliste réputé, le bois est un moyen pour polir les tannins, pour civiliser le vin et jamais une fin en soi ! Il s’agit de micro-oxygéner le vin pendant de longs mois de façon à ce qu’il soit à pleine maturité dès sa mise sur le marché. L’élevage apporte une belle patine, une texture soyeuse, une aromatique complexe. La mise en bouteilles de ce Viña Ardanza a eu lieu en mai 2015. Vu la durée de l’élevage en barriques, le vin pourrait légalement être commercialisé comme un Gran Reserva.
Le Domaine accorde bien entendu une grande importance au travail à la vigne: petits rendements, vendanges manuelles, sélection des meilleurs raisins. Le transport des raisins vers la cave de vinification se fait en camion frigorifique, la cave elle-même est moderne: La Rioja Alta n’est pas un musée ! La tradition fait son entrée lorsque commence l’élevage. Le vin va passer de barrique en barrique, tous les six mois. Il est ainsi progressivement habitué au contact avec l’air.
Ce contact régulier avec l’air n’use pas le vin mais semble paradoxalement le rendre plus résistant: « ce qui ne tue pas rend plus fort ». Les meilleurs Riojas traditionnels vieillissent magnifiquement en bouteille, souvent mieux que les bombes fruitées modernes.
Ce Viña Ardanza est composé de 80% de tempranillo, issu d’un vignoble situé en Rioja Alta mais aussi de 20% de grenache, issu d’un vignoble situé en Rioja Oriental (cette sous-région s’appelait encore récemment Rioja Baja, mais les spécialistes de la communication ont estimé que « baja » pouvait être interprété négativement, comme le Bas-Rhin qui serait donc moins qualitatif que le Haut-Rhin).
Ce vignoble de grenache s’appelle La Pedriza: comme à Châteauneuf-du-Pape, on y croise une multitude de galets roulés, mais à une toute autre altitude: 550 mètres. Est-ce ce grenache qui confère à Viña Ardanza un petit supplément de douceur ?
Un mot encore sur un millésime exceptionnel : 2010 a été labellisé Seleccion Especial. Ce n’est arrivé que quatre fois pendant l’histoire de cette cuvée: en 1964, 1973, 2001 et donc, maintenant, en 2010. Viña Ardanza n’a pas été élaboré en 2011; le millésime 2012 vient d’arriver sur le marché, sans label Seleccion Especial.
En dégustation, un vin épicé, balsamique, avec de la cerise, du poivre et de la muscade. Un peu de réglisse et de café. Tannins élégants. Finale soyeuse et longue.
Comme chaque année, Château Mouton-Rothschild a confié son étiquette à un artiste contemporain. C’est une tradition depuis 1945.
A été retenu pour le millésime 2018, le chinois Xu Bing, spécialiste de la calligraphie.
Et alors ? Eh bien, ce Xu Bing ne manque pas d’humour: ce qui peut passer au premier coup d’œil pour la simple juxtaposition esthétique de deux caractères chinois se révèle être un jeu graphique basé sur notre alphabet latin. Regardez de plus près et souvenez-vous du nom du château…
Comment est définie une vieille vigne ? L’Afrique du Sud n’autorise cette mention que si les vignes ont atteint l’âge de 35 ans. En Europe, la mention n’est pas définie: le vigneron fait ce qui lui plaît. D’aucuns n’hésitent pas à afficher « vieilles vignes » sur l’étiquette alors que celles-ci sont …adolescentes.
Que signifie « Alte Reben » ? Littéralement, vieux ceps. C’est la terminologie utilisée habituellement en Allemagne pour désigner les vieilles vignes.
Je mélange ce qui précède, je secoue un petit coup et …voici un « Alte Reben » issu en partie de vignes âgées de 120 ans.
Mathusalem en bouteilles !
Les raisins sont issus de parcelles réputées (Wiltinger Klosterberg, Wawerner Ritterpfad, Kanzemer Sonnenberg, le premier mot indiquant le village, le second mot la parcelle), mais trop petites pour permettre l’élaboration de cuvées spécifiques, sous le nom de chaque parcelle. D’où cet assemblage.
Nous sommes au Domaine Van Volxem, en Sarre, à quelques kilomètres de la frontière belge (il suffit de traverser le Grand-Duché, d’est en ouest, pour se retrouver à Arlon): le paradis pour les amateurs de riesling !
A la dégustation, le premier nez est dominé par l’ananas et un peu de fruit de la passion. Après quelques minutes, apparaissent citron et citron vert. La bouche est sèche (malgré 8 grammes de sucre résiduel: magie de l’acidité qui rend sec ce qui ne l’est pas tout-à-fait), avec de la pêche, beaucoup de minéralité saline et puis du pamplemousse. Un degré d’alcool peu élevé (12%) n’empêche pas l’expression d’une certaine puissance: ceci n’est pas un riesling mosellan de style ultra délicat, il y a du fer sous le velours.
De mon point de vue, le vin mérite la carafe pour fondre et harmoniser les différents éléments. Un peu d’oxygène peut faire des miracles pour révéler la complexité ! Alternative hautement recommandable: laisser la bouteille se reposer en cave jusqu’en 2023, la récompense sera proportionnelle à la patience !
Le Domaine Van Volxem (c’est bien « Van », comme pour Ludwig Van Beethoven, origine belge dans les deux cas) fait partie des très grands noms de la Moselle. Il possède entre autres des vignes sur le Scharzhofberg, considéré comme le meilleur vignoble au monde pour le riesling. Le Domaine s’est doté récemment d’un bâtiment spectaculaire, en bord de Sarre. La capacité permet d’élever les vins en cuve …pendant cinq ans !
Dirk Niepoort est un homme de multiples projets. Au Portugal bien sûr, mais également en Espagne, en Autriche, en Allemagne, en Afrique du Sud, …Un vigneron vraiment « larger-than-life ». Il est loin le temps où la marque Niepoort était uniquement associée au Porto.
Rotulo incarne un projet dans la région du Dão: l’étiquette met d’ailleurs un énorme accent sur le nom de cette région, au point que le nom de la cuvée est relégué au verso. On ne voit que Dão !
Paradoxalement, je pense que le prix de ce vin pourrait le desservir: ses qualités gagneraient à être associées à un prix supérieur. La cohérence serait meilleure. Autrement dit, excellent rapport qualité-prix.
En dégustation, je suis frappé par l’équilibre classique de ce vin: finesse des tannins, fraîcheur sans forte « atlantité », parfaite intégration de l’alcool, transparence de l’élevage. Cela se boit très facilement et chaque gorgée génère un plaisir nouveau.
Si vous êtes à la recherche de quelque chose d’original, de très différent …non… pas ce Dão. Par contre, si vous cherchez le bon vin qui ne déplaira à personne tout en s’accommodant de bien des cuisines, c’est un billet gagnant !
On a affaire à de vieilles vignes (30 à 80 ans), plantées en altitude (600 mètres) dans une géologie granitique, typique de la région du Dão. Les vendanges sont manuelles, la fermentation et l’élevage s’effectuent en cuve-ciment (pas de bois).
Lopez de Heredia, Rioja Viña Tondonia Reserva 2007
Millésime 2007. Ce n’est pas une faute de frappe, c’est la conséquence d’un élevage « à l’ancienne » comme le pratiquent encore quelques rares Domaines, gardiens de la tradition en Rioja.
Le style peut dérouter l’amateur de vins très sombres, fortement extraits, issus à 100% du tempranillo et élevés brièvement en bois neuf: Lopez de Heredia fait exactement l’inverse !
Le vin est d’abord élevé pendant 6 ans en barriques très anciennes (bois américain), il est ensuite mis en bouteilles et repose encore pendant de longues années (5 ans au moins) dans les caves froides du Domaine. Lorsque le vin est enfin commercialisé, il est à parfaite maturité, maintenant et pendant les dix prochaines années. Le tempranillo est bien entendu le cépage principal, mais il est complété avec une part non-négligeable de grenache (15%) et une pincée de graciano y mazuelo.
Les vignes sont en majorité …centenaires: plantation en 1913 et 1914. Altitude du vignoble: entre 438 et 489 mètres. Le Domaine dispose de sa propre tonnellerie, qui fabrique et répare les barriques d’élevage, avec pour objectif de les utiliser pendant 25 ans.
Il est possible que ce vin ne plaise pas, parce qu’il est incontestablement différent. Il est possible aussi que le goûter vous fasse rejoindre le cercle des amateurs qui le considèrent comme une des incarnations de la perfection.
La robe est franchement rouge, sans nuances violacées ni tuilées. Le nez est ouvert, noble, épicé avec des arômes de boîte à cigares. Cela rappelle l’univers des Bordeaux tels que l’on a cessé de les produire (à l’exception peut-être de Château Le Puy). La bouche est intense, avec des tannins fondus. C’est harmonieux et salivant. Des épices et un peu de tomate. On navigue entre le velours et la soie. C’est profondément sensuel jusqu’à défier l’analyse. Ce Viña Tondonia Reserva est un tout, une synthèse, un univers.
Pour l’automne et pour l’hiver, à déguster lentement …
Samedi 14 novembre. Levé fort tôt pour goûter les 20 bouteilles. Ouf, pas de vin à problème, juste un petit doute sur le n°6. En avant pour le remplissage des 460 petits flacons. Heureusement, il y a ce petit accessoire pour doser correctement 3 centilitres (voir photo ci-dessus).
Quelques images pour partager cette expérience improbable: la dégustation en « take-away », via petits flacons. Et ci-dessous un florilège de commentaires. Merci pour votre enthousiasme et pour les différentes suggestions: on ne peut exclure qu’il faille recommencer.
Comme je suis parti à la mer pas moyen de retrouver la liste des vins. Si tu pouvais me renvoyer ton e-mail ce serait super. Pas urgent, je déguste vers 17:00. PS: je suis très impatient de déguster 👍
Ma dégustation des 20 échantillons étant uniquement axée sur l’éventuel acte d’achat (oui/non), je n’ai pas cherché à commenter en détails les vins. Je te dirai donc simplement que ta sélection m’a plu dans la mesure où elle était une belle promenade dans plusieurs régions de la botte et leurs cépages autochtones … agréable surprise que ce pecorino ! Cependant, aucun vin n’a constitué pour moi un grand coup de cœur et donc j’ai choisi d’étaler mes achats sur de petites quantités de 4 cuvées.
Tout d’abord merci pour cette belle dégustation et pour ta créativité grâce à laquelle elle a pu avoir lieu. Bart et moi avons passé un très beau moment et avons découvert de très beaux vins. Pourrais-tu nous envoyer la liste des prix des 20 vins avec le numérotage des flacons (pour éviter toute erreur dans la commande).
J’avais de sérieux doutes sur la formule et, en ce qui me concerne, cela a été une totale réussite. J’ai dégusté comme je voulais, quand je voulais, au rythme que je voulais. Avant de commander, mon épouse est venu trancher (tu ne l’auras pas à une dégustation chez toi un samedi pour goûter 20 vins😊). Aucun problème logistique. Quantité très bonne. Un seul manque: le partage des impressions… En conclusion: à refaire. Encore merci pour cette initiative et bonne fin de weekend.
Merci pour le colis, c’est très intéressant et je trouve que les vins n’ont pas pâti du transvasement, sauf peut-être le Soave que je trouvais éteint et le Nero di Troia que je trouvais amer et asséchant. Mes préférés: le Verdicchio Umani Ronchi en blanc et le Montepulciano (et je n’avais pas vu qu’il était Tre Bicchieri 😉) en rouge . Le Barolo est remarquable de finesse (j’ai craqué pour 1 bouteille…) . Il représente +/- le prix de 1/6 de ma commande 😊. Tu trouveras ci-joint ma commande et quelques photos. J’ai goûté les 12 premiers le samedi et les 8 derniers le dimanche. PS: j’ai nettoyé toutes tes petites fioles à la main, les étiquettes sont parties.
J’ai relu tes commentaires en regardant les miens et je nous trouve assez alignés sur l’ensemble sauf pour le Chianti Istine et le Botonero… Tu es comme toujours impressionnant dans ta façon d’organiser les choses, tu penses au plus petit détail et tout est clair : tu devrais te lancer dans l’évènementiel quand la petite bête nous foutra la paix.
Encore merci pour cette dégustation originale mais qui fait très bien le job avec les fioles, la liste des noms et le site web pour la description. J’ai trouvé mon bonheur dans 2 vins ou plutôt 1 coup de cœur pour moi et 1 coup de cœur pour ma femme. Le mien : Rivera Violante (n°10). Celui de Madame : Mamete Prevostini Botonero. Je vais donc te prendre 2 caisses de Rivera Violante et 1 caisse de Mamete. Quand voudrais-tu que je passe chez toi ? Pas d’urgence de mon côté. J’ai nettoyé les fioles et tout remis en place dans le carton que je te ramènerai quand je prendrai ma commande.
Super soirée dégustation hier soir. Nous l’avons faite à 2. Notre erreur de débutants a sans doute été de faire la dégustation en mangeant un plateau repas avec beaucoup de goûts différents…Notre avis: logistique super, peut-être prévoir la possibilité (quantité) de faire la dégustation à 2. Eventuellement même avec 2 fois moins de vins différents ou en demandant une participation financière. Super sélection de vin aussi. En tout cas les flacons sont nettoyés et prêt pour la prochaine fois !
Et bien, j’ai trouvé l’expérience intéressante. Le format a sans doute desservi certains vins (je songe en particulier aux 2 Vietti, qui étaient assez décevants). Mais dans l’ensemble, les vins goûtaient pas mal, je trouve. Rien à dire sur l’information sur le site : c’est très complet. J’ai tout dégusté à l’aveugle … il y a donc eu des surprises, tant négatives (Vietti comme je l’ai dit, mais aussi Bucci dont j’attendais plus) que positives … En revanche, certains vins dont j’attendais beaucoup n’ont pas déçu (Istine, Valle Reale, Grifalco).
Ce genre de dégustation n’a pas que des inconvénients. En comparant tes notes avec la dégustation, j’ai pu constater que certains vins étaient plus à leur avantage que la description. Je suppose que le reconditionnement en petit flacon leur a donné le petit coup d’oxygénation qu’il fallait. Merci en tout cas pour tout le mal que tu t’es donné. Ça nous a permis de sortir de cette torpeur vivifiante.
J’ai apprécié la navigation sur le site avec une prise de commande très claire. Alors, le coffret était très bien présenté. J’ai mis les vins blancs au frigo pour pouvoir déguster l’après-midi. La taille des flacons est un peu juste : seulement 2 bonnes gorgées mais cela suffit ; j’aurais pu laisser un peu de vin dans quelques verres mais cela en faisait beaucoup. Autrement dit, 20 verres, c’est copieux ! Tout compris (avec recherches sur le site, prise de notes), la dégustation m’a pris 2 heures, alors que je m’attendais à 1 heure. Mais au total, 2 heures agréables dans cette formule originale même si un peu tristounette, mais c’est une autre histoire. En tout cas, bravo pour ton imagination et tes bons soins !
C’était sympa comme concept. 20 étaient peut-être un peu beaucoup pour moi, et ma capacité de concentration (j’ai néanmoins beaucoup craché), mais c’était très agréable de déguster et de jouer aux échecs en même temps. Bien que je manque de blanc dans la cave, je m’oriente vers quelques rouges. Les blancs italiens ne parviennent décidément pas à me convaincre… A part là-bas, au soleil, pour l’apéro ou quelques pasta alle vongole…Voici ma commande avec mes quelques commentaires de dégustateur non spécialiste. J’ai lavé les petits flacons (à l’eau chaude, sans détergent). Mais ai oublié de décoller les pastilles. Je m’en charge si tu préfères les récupérer sans.
Félicitations pour cette initiative ainsi que pour l’organisation. Parce que c’est pas tout d’avoir l’idée mais il faut que ça suive derrière … Et tout était au rendez-vous! Packaging impeccable, les détails des vins sur le site, avec la tablette à côté des fioles, très bien. On a fait la dégustation avec Arnaud, mon fils. Avec beaucoup d’impertinence, heureusement que tu n’était pas là parce que 20 vins + ton bagout, la demi-journée n’aurait pas suffit. Ceci dit tu nous a manqué tout de même. Alors la prochaine pourquoi pas une visioconférence ? Mais il faudra trouver le bon média. Très bon choix de vins en ce qui me concerne. Il y avait suffisamment de diversité que pour y trouver son goût. Donc bravo encore.
Tout d’abord , même si le charme de la dégustation est un peu égratigné , il n’en reste pas moins que c’est une initiative chaleureuse , imaginative et qui nous a bien plu. Acheter un « pool » de bouteilles n’était pas tentant dans le sens où si un vin ne te plait pas, c’est dommage et de plus, pour les comparer ..à nous deux , cela fait trop de vin !! Les flacons sont une bonne idée. Pour deux, c’est un peu « short » mais jouable. Je me suis demandée si le nez n’en souffrait pas un peu … pas certain non plus. Bref, j’ai fait la dégustation en deux étapes car 20, c’était trop. Samedi soir, les blancs et quelques rouges . Le dimanche midi, le reste des rouges. J’ai fait mon max pour me concentrer et finalement déguster la première partie sans indication du tout. Tant qu’à faire !! Chouette, j’ai aimé les vins que j’avais déjà acheté chez toi, ouf !! Le blanc Umani Ronchi verdicchio et le rouge Rinaldi barbera. Tu nous a grandement manqué quand même !! Les commentaires, les anecdotes , le partage , c’est tellement mieux avec ….mais année 2020 oblige, on s’adapte. J’ai rédigé ma commande il y a quelques minutes. Si par bonheur tu passes dans le coin , je suis toujours dispo pour t’offrir un verre d’eau fraîche. Sinon, nous passerons. J’ai nettoyé les flacons qui sont prêts. J’espère que tu auras un bon retour de cette expérience hors du commun.
Nous avons bu…Voici quelques commentaires et une commande ! Je trouve que l’idée des fioles, tenant compte de la situation actuelle, est très créative et a un côté sympa. Je te remettrai les fioles mais la boîte a été jetée par inadvertance…En ce qui concerne la dégustation, je ne dirais pas que l’expérience a été concluante. Nous ne savions pas si nous avions le covid (absence/faible d’odeur et de goût) ou si les fioles avaient eu un effet négatif mais cela n’a pas été concluant pour nous. Le lien avec les infos sur ton site est très bien (c’est beaucoup mieux quand tu mets les chiffres du vin concerné 😊). Peut-être que pour certains vins, tu pourrais être plus étendu sur tes perceptions olfactives et gustatives.
La dégustation était vraiment intéressante, des cépages connus et d’autres pas du tout et certains très surprenants ! Dans les préférences, je suis restée dans les cépages et goûts plus classiques, tandis que Thierry a bien apprécié les saveurs nouvelles (pecorino, gropello & marzenino). Nous avons bien aimé la formule car cela permet de gouter à son aise, assis, tout en mangeant entre différentes dégustations. L’information sur le site est complète et bien faite. Un seul petit conseil pour faciliter les recherches: mettre le numéro qui est indiqué dans le tableau Excel à côté des vins ? Je te joins notre commande de 12 bouteilles (voir tableau Excel). En tous cas, bravo pour cette chouette formule ! Nous ramènerons les petits flacons quand nous viendrons chercher la commande.
Grand merci Philippe pour tous tes efforts. Certainement à refaire. Il faut simplement raccourcir le délai entre l’enlèvement du colis et la dégustation, car dans mon cas la plupart des vins étaient éventés déjà le soir…Ceci dit j’ai bien aimé les numéros 3, 8 , 9 , 11, et 14.
La dégustation fut éminemment intéressante surtout que j’ai fait mon choix sans regarder les étiquettes et les prix . Comme tu le sais j’ai fait cela avec ma personne de contact et étonnamment nos préférences se rejoignaient. Très bonne formule mais qui demande de se préparer un peu à l’avance pour la logistique. En tous cas, tu devais être le seul au monde à faire goûter tes vins à autant de personnes en même temps, bravo. Merci encore pour ce moment qui brise la morosité de la vie sous covid.
Chouette initiative en tout cas. Et j’espère qu’avec mes petites commandes, je t’aide un peu dans ses temps moins évidents. Je préfère dépenser chez toi que chez Rob.
Un peu tard mais je viens de rentrer de l’hôpital….Merci pour le bon moment que tu nous as proposé !!!! Le concept est assez original et très adapté à la situation actuelle, il manque certes d’un peu de convivialité …. et de partage. Si tu comptes re-proposer une dégustation de ce type afin qu’il y ai plus de partage entre les convives tu pourrais imaginer une dégustation en virtuel: chacun bloque 2h de son temps (certes c’est contraignant, il faut être dispo aux heures indiquées, tu partages un lien soit via zoom, soit via teams ou autre plateforme d’échange chacun à sa box de dégustation et chacun se connecte). Autre solution c’est faire une sorte de podcast (vidéo de dégustation mais ici on ne bénéficie que de ton expérience et ton analyse, elle est toujours enrichissante et pertinente mais il n’y a qu’un avis ……Concernant les vins proposés, comme tu sais j’ai un grand faible pour les vins blancs : j’ai été très agréablement surpris par le vin 3 et le 5 j’en prendrai volontiers 6 bouteilles de chaque. Concernant les vins rouges j’ai beaucoup aimé le 16 et le 18, j’en prendrai donc 3 bouteilles de chaque. Et encore mille fois merci à toi et ton épouse pour avoir rendu tout cela possible.
Maintenant que la sélection est (quasi) définitive, voici quelques éléments, au gré de mes souvenirs et de mes émotions. Pas la volonté d’objectiver, plutôt de partager quelques impressions, par petites touches de couleur sur la toile.
Je me souviens du temps où les vins blancs italiens manquaient d’intérêt, certainement observés par le prisme des chardonnays toscans, lourds, maladroitement boisés et manquant d’énergie. Je ne me suis pas réconcilié avec ces chardonnays toscans, mais le choix est devenu beaucoup plus vaste. Les vins issus du verdicchio (Bucci, Umani Ronchi) prouvent qu’il ne faut pas importer le chardonnay pour élaborer des vins qui ressemblent aux meilleurs blancs bourguignons, du moins comparés à prix similaires.
Le garganega vénitien (Suavia) et le cortese piémontais (Coppo) peuvent également procurer beaucoup de satisfactions, à la condition qu’ils soient plantés dans les terroirs qui les révèlent. Le pecorino d’Italie centrale (Lunaria) affiche un profil bien à lui, minéral, végétal, citronné. Enfin, le vermentino sarde (Argiolas), bien connu des amateurs de vins corses, met en évidence de fins amers de fin de bouche.
Sur ce même thème, j’ai ouvert très récemment une bouteille du millésime 2010 de la cuvée Hérzu du vigneron piémontais Ettore Germano: c’est un 100% riesling qui a vaillamment traversé le temps. Très sec, plus proche du profil allemand que du profil alsacien, plein de citron vert, savoureux, tendu et encore jeune: ça ne pétrole pas. Belle surprise !
Beaucoup de flacons sont bouchés par du liège technologique, comparable au DIAM ou par des matériaux synthétiques, imitant le liège. Le bouchon classique est passé de mode; ni la capsule (une exception: le Soave de Suavia), ni le bouchage sous verre n’ont trouvé leur place. Gurrieri a choisi un bouchon très particulier, le même modèle que celui utilisé par Matthieu Barret (Cornas etc…).
Ma sélection de vins rouges met en évidence de plus en plus de produits relativement peu colorés, vraiment rouges et non noirs-violacés. C’est en particulier le cas pour les siciliens (Gurrieri, Firriato) et pour les toscans (Riecine, Istine, Canalicchio di Sopra). Cela tient forcément à un goût personnel pour les extractions modérées, mais aussi à la progression de ces vins plus infusés qu’extraits. Less is more. Quel paradoxe malgré tout d’avoir nommé mon projet ANTHOCYANE, alors que j’apprécie tant les anthocyanes modérées…
J’ai privilégié des vins de haute buvabilité, terminologie certes dans l’air du temps, mais qui me semble également se référer à un principe éternel: la recherche de l’équilibre (les funambules savent que ce n’est pas si simple à gérer) avant la recherche du « maximum » (la poussée brutale sur l’accélérateur exige moins de talent que la maîtrise du fil). Botonero, Valpolicella Speri, Torrazzo, Gricos, Casal di Serra…ont, chacun à sa façon, le talent de se rendre faciles à boire. Attention, cet adjectif qui, lorsqu’il est accolé à une fille, peut éveiller le soupçon, souligne ici la qualité de vins dont sont absentes crispations et disharmonies diverses.
Même conditionné par la lecture de bien des commentaires dithyrambiques sur la qualité exceptionnelle du millésime 2016 à Barolo et dans les limites de ma modeste expérience de ce type de vins, je constate avoir été soufflé par le Castiglione du Domaine Vietti. C’est bien sûr destiné à la garde, mais c’est déjà irrésistible ! Les 30 euros de supplément par rapport à Perbacco sont-ils justifiés ? Je crains qu’il n’y ait pas de réponse à cette question. Perbacco est en tous cas un brillant second vin !
Très content d’avoir découvert ce montepulciano de Valle Reale, présentant les Abruzzes sous un jour nouveau. Vin très personnel, belle expression du lieu dont il est issu. Impact, pour une fois favorable, du bouleversement climatique. Et la fraîcheur des Pouilles (si, si…) via Fatalone et Rivera: les appellations Gioia del Colle et Castel del Monte contrebalancent avec brio le puissant soleil local.
Je me suis vraiment bien amusé à préparer cette large sélection. J’espère avoir maintenant le plaisir de la partager avec vous !
Tous les vins sont commentés directement dans le magasin: sélectionnez « les dégustations », puis « 14 novembre 2020 ». Ou cliquez ici. Commandes jusqu’au mardi 17 novembre inclus.
Le principe « à la carte » est simple: vous m’indiquez un nombre de bouteilles, un budget et ce que vous ne souhaitez pas. Un e-mail avec ces quelques infos et je me charge de la concrétisation. Cette commande peut être retirée le 14 novembre.
Quelques exemples d’éléments qui peuvent m’aider à vous concocter la meilleure proposition: « pas de blancs, ma cave en est pleine »; « pas de vins qui coûtent plus de €15″; « pas de toscans, je les connais bien »; « pas de vins à boire dans les deux ans, j’ai ce qu’il me faut dans cette catégorie-là »; « pas de vins avec une acidité marquée »; etc…
J’insiste: communiquez-moi surtout ce que vous ne souhaitez pas. C’est en général plus facile à exprimer de façon précise et cela ouvre le chemin vers la découverte, vers le vin auquel personne ne pense spontanément et qui se révèle à l’usage être un vrai coup dans le mille !
Les vins qui participent au Festival des vins d’Italie sont ici. Les commandes doivent me parvenir au plus tard le mardi 17 novembre.
Une bouteille de chaque vin, une façon maline pour déguster chez soi, avant de choisir ce que l’on a préféré.
Voici 8 rouges et 4 blancs pour faire un large et beau tour de la Botte, sous la forme d’un colis-découverte. J’ai privilégié tant la diversité des régions que celle des cépages. Equilibre entre des vins que je connais plutôt bien (le même vin, le nouveau millésime) et des nouveautés, découvertes récemment.
Il s’agit de bouteilles dont le prix à l’unité varie entre € 11 et € 19. Ces bouteilles sont disponibles individuellement dans le magasin.
Colis de 12 bouteilles, disponible dans le magasin pour commande dès à présent et jusqu’au mardi 17 novembre inclus (sauf rupture de stock) au prix de € 169. Ce colis peut être livré gratuitement (Bruxelles et les deux Brabants). Il n’est bien sûr pas interdit de venir l’enlever chez moi si vous en avez la possibilité.
Je m’adapte aux circonstances, voici la dégustation en take-away: vous passez chez moi le samedi 14 novembre, entre 10 et 18 heures, vous vous garez devant la maison et je dépose une boîte avec20 petits flacons numérotés dans le coffre de votre voiture. Sitôt arrivés, sitôt repartis !
Dans chaque petit flacon: 3 centilitres d’un très bon vin italien. Remplissage artisanal par mes soins ! Vous goûtez chez vous, vous me passez commande de ce qui vous a plu, au plus tard le mardi 17 novembre.
Je livre gratuitement votre commande (minimum 12 bouteilles panachées) à l’adresse de votre choix (Bruxelles et les deux Brabants). Vous pouvez bien entendu ajouter d’autres vins à cette commande: voir magasin.
Indispensable réservation de votre boîte avec 20 petits flacons, par e-mail: anthocyane@skynet.be Les réservations sont prises en compte dans l’ordre dans lequel elles me parviennent. Ne tardez pas, le nombre de boîtes est limité.
Mise à jour: toutes les boîtes ont été attribuées.
Vous pouvez ainsi déguster à votre rythme, au moment de la journée qui vous convient le mieux, avec le verre dont vous avez l’habitude, « à l’aveugle » ou en sachant ce que vous goûtez. Mes commentaires sont joints à la boîte et se trouvent également sur le site Internet d’Anthocyane. Goûter le jour même est fortement recommandé: le vin contenu dans le petit flacon a une durée de vie limitée.
Les vins participants font partie de la liste affichée ici. Le fantastique Barolo Castiglione de Vietti fait de toute façon partie de la sélection pour les 20 petits flacons.
En résumé: dégustation « take-away », samedi 14 novembre, entre 10 et 18 heures.Sur indispensable réservation préalable.20 petits flacons dans une boîte.Chaque flacon contient 3 centilitres d’un très bon vin italien.Les commandes doivent me parvenir au plus tard le mardi 17 novembre.
Un anniversaire un peu particulier, fêté quelques heures après les nouvelles mesures annoncées par Rudi Vervoort. Cela faisait déjà un bon moment que nous avions compris que notre weekend du côté de Paliseul (où Maxime a installé sa Table) était une illusion, noyée dans le gel hydroalcoolique. Nous étions donc fins prêts pour un scénario alternatif et casanier.
D’un tire-bouchon assuré, le Gevrey-Chambertin En Dérée vieille vigne 2002 de Denis Mortet fut libéré de son flacon, tel le génie qui jaillit de la lampe… Pouf-pouf. Je m’égare.
Je me souviens, avec une pointe de nostalgie, de mes achats chez Bénévins, caviste schaerbeekois de la rue de Jérusalem. C’était au début du présent siècle, le millésime dudit Gevrey se chargeant aimablement de confirmer mes dires. Denis Mortet était alors une star, le vigneron en qui s’incarnait une nouvelle Bourgogne, faite de vins plus colorés, plus extraits et plus marqués par le fût neuf. Une réaction face à une certaine tradition bourguignonne qui pouvait parfois confondre légèreté et maigreur, voire attribuer au sacro-saint terroir toute sortes d’imprécisions, à la vigne comme à la cave.
Du vin a coulé sous les ponts depuis lors. Paix à l’âme, réputée torturée, de Denis Mortet.
En Dérée est un climat d’un peu moins de trois hectares, situé à l’extrême nord de la commune de Gevrey, là où celle-ci est contigüe à la commune de Brochon. Quelques parcelles de Brochon ont d’ailleurs droit à l’appellation Gevrey-Chambertin, le reste passant, je crois, en Côte-de-Nuits-Villages.
Et donc ? C’est vraiment très bon: grand fruité, grande fraîcheur (la première gorgée est franchement acide), profondeur des saveurs. C’est jeune, comme si l’évolution avait à peine commencé. Le boisé est fondu, l’alcool (13%) ne déséquilibre pas le vin. Beaucoup de plaisir. L’accord fonctionne vraiment bien sur la biche. On finit la bouteille sans le moindre effort…
Mais il y a un « mais ». A l’aveugle, je suis persuadé que j’aurais confondu ce Bourgogne avec une Côte-Rôtie ou, en tous cas, avec une syrah du Rhône Nord. C’est exactement la même erreur que celle que j’ai commise en 2005 en goûtant un Marsannay Longeroies 1998 de ce même Denis Mortet. Est-ce grave, docteur ? Disons que cela permet d’alimenter la conversation et la réflexion. J’ai passé un excellent moment avec ce vin dont l’origine géographique et ampélographique m’échappe.
Le désarroi, l’absence de perspectives, l’imprévisibilité. Le déni ou le catastrophisme, faites vos jeux, faites votre choix. Les média qui hésitent entre rapporter les faits et s’ériger en donneurs de leçons. Les nombres qui perdent toute signification: 1.000, 10.000 et alors ? Les témoignages qui interpellent. La monopolisation de nos conversations par un et un seul sujet. Le vocabulaire pour dire sans avoir dit. Les comparaisons incessantes avec ailleurs ou avec avant. Les émotions légitimes qui finissent par obscurcir la perception du réel. Les classements de pays et de régions, comme un palmarès sportif. Les règlements de compte entre spécialistes. La tentation du repli sur soi, pour oublier. Les soignants fragilisés et stressés: la même chose en pire. Les systèmes, procédures, méthodes, baromètres, thermomètres en état de chaos. L’embrouillamini. Le doute, mes doutes.
Mes doutes. Dois-je mettre Anthocyane en hibernation précoce, considérant que mes petites tentatives pour vendre quelques bouteilles sont à la fois désespérées et pathétiques ? Dois-je renoncer parce que certains importateurs baissent pavillon et qu’ils postposent leurs dégustations ?
Comment savoir si vous êtes en recherche d’un commerçant en vins (qui se croit) un peu plus malin que le virus ou si vous estimez que, franchement, ce n’est pas l’heure d’acheter du jus de raisin, d’autant plus que cave, grenier et placards sont bourrés jusqu’à la gueule de bouteilles ?
Décision: je ne me résigne pas. A suivre. Molto presto.