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Journal de bord(eaux)

On tombe, au détour d’une pensée, sur un jeu de mots faiblard. On se dit qu’il est exclu de publier pareille horreur. On la publie malgré tout. Et en titre encore bien.

Pouf-pouf.

C’est ici que je me propose de partager mes impressions aquitaines durant toute la semaine.

05 août – 20h45

La splendide monotonie de 970 kilomètres d’autoroute, rythmés par l’une ou l’autre pause-pipi, par un accident (en sens contraire) qui fiche la trouille, par Eric Clapton, Bill Callahan, Peter Gabriel dans les oreilles.

Pour ce qui concerne les vignes, voici ce que je peux faire de mieux: d’abord le panneau routier Valenciennes-Le-Vignoble (c’est assez mignon, tout un quartier de la ville où les rues se nomment « Clos Pommard », « Allée des Cépages », « Rue des Pampres »), ensuite la traversée de la Loire à Tours et enfin le panneau « département de la Gironde » immédiatement suivi du panneau « Vignoble bordelais ». Je suis installé à Marmande, un peu (beaucoup) cassé malgré tout.

A demain pour le début des vraies aventures !

06 août – 19h45

1ère étape: Château Jonc-Blanc à Vélines

Franck Pascal m’accueille et m’emmène immédiatement dans les vignes. Facile, elles entourent la propriété. 19 hectares, dont 12 hectares de rouge.  Des cabernets, des merlots et 1,40 ha de malbec. Propriété acquise par Franck et Isabelle en 2000.

Un peu d’étymologie pour se mettre dans le rythme: « jonc » n’a rien à voir avec la plante (ouf, la vigne et les terrains marécageux, ça ne colle pas) mais peut être rapproché du terme homonyme utilisé en bijouterie pour désigner un anneau et par extension pour qualifier une zone plus ou moins circulaire et plus ou moins renflée.

Quant à « blanc », il s’agit de la couleur de l’affleurement calcaire sur lequel les vignes sont plantées. En la quasi-absence de sol, il n’y a rien pour stocker l’eau de pluie: en année sèche, le risque de « stress hydrique » est réel.

On s’installe dans la cuisine pour goûter. Attention, le premier vin est TOUT SAUF un petit vin d’été.

Pour finir, promenade rapide dans le chai: barriques, foudres et cuves inox. Un nouveau foudre (Stockinger) va bientôt faire son entrée. A terme, ce contenant devrait progressivement remplacer les barriques. A noter d’ailleurs que les barriques sont bourguignonnes et pas bordelaises…

A 14h15, je me sauve pour ne arriver trop en retard chez Nadia Lusseau. J’aurais bien voulu voir la « Vieille Demoiselle« , une vigne de sémillon d’un âge quasi-canonique, rescapée d’un long abandon, rachetée par Franck pour une bouchée de pain et, au prix d’un lourd travail, remise dans le « droit chemin »…ce sera pour une prochaine fois !

Merci GPS…A 14h35, je me gare devant le Château Haut Lavigne, 2ème étape. Nadia m’installe dans un sympathique petit caveau. La gamme se décline en trois approches: des vins de fruit, élevés en cuve et commercialisés sous l’étiquette « Nadia »; des vins plus puissants, élevés pour 80% en barriques et pour 20% en cuve (« La Miss ») et enfin des sélections parcellaires, élevées à 100% en barriques (« Miss Terre »). Barriques de 300 litres, lesquelles restent manipulables par une jeune femme. Les 400 litres feraient encore mieux l’affaire, mais, non, décidément, elles sont trop lourdes.

Sur le long terme, l’objectif est de conserver le même nombre de pieds de vigne, sur une superficie réduite; autrement dit, d’augmenter la densité de plantation.

Cette journée s’est achevée avec un bref passage par le Château de Duras (fête des vignerons le 11 août) et par la Maison des Vins. « Les Rebelles d’Aquitaine », le slogan me plaît !

07 août – 22h30

À 08h30, je quitte Marmande pour me rendre dans le Bordelais. 3ème étape, Château Tire-Pé: à 09h30, je surprends David Barrault qui s’attendait à ma visite…la semaine prochaine. Comme il n’avait pas prévu grand-chose pour ce matin, vu la fiesta d’hier soir, ça tombe bien. Quelle qualité de silence, quel lieu magnifique, y compris les palmiers. Le plus beau crachoir jamais vu…et pourtant aucune envie de cracher !

À 13 heures, sandwich en bord de Garonne. Puis, Romestaing, le village-fantôme et Lassolle, le lieu-dit que le GPS situe de travers.

4ème étape: au Château Lassolle, dégustation qui tient autant de l’aventure humaine que du cabernet franc.

À 16 heures, Tripel Karmeliet en compagnie de Stéphanie Roussel et de Jean-Christophe, avec vue sur le vignoble du Marmandais.

À 17h30, coincé dans les embouteillages de la rocade de Bordeaux. À 22 heures, arrivée à Saumur.

08 août – 22h45

5ème étape: La Chevalerie. Voilà, le premier vigneron chez qui je reviens, 11 mois après ma première visite. Pierre Caslot conclut une dégustation-marathon par un millésime 1982. Un « Peu Muleau » de 30 ans. En pleine forme, le papy ! La première cuvée 2012, étiquetée « Dernier Cri », est une quintessence de vin-plaisir. Entre ces extrêmes, nous sommes passés par 2011, 2010 (Bretèche est splendide), 2009, 2008, 2007, 1994, 1993, 1987…

J’espérais déjeuner mais c’est encore raté. En voiture et cap sur Puy-Notre-Dame, au sud de Saumur. 6ème étape: Domaine Mélaric.

Le chai se trouve dans l’annexe d’un vrai château XIXe, avec plein de tourelles partout. Aymeric m’emmène dans les vignes. Belle leçon en direct: à droite de la route, ses vignes; à gauche, une parcelle « tout chimique ». Deux mondes radicalement différents.

Verticale sur les deux cuvées du Domaine, en blanc comme en rouge. Très instructif. 2010 et 2012 plairont à ceux qui aiment la fraîcheur. 2009 et 2011 plairont aux amateurs de rondeur.

Ne pas oublier le très chouette Tandem, issu de raisins achetés, assemblage de cabernet franc (…quelle surprise) et de grolleau: ça coule tout seul ! Délicieux !

10 août – 21h30

Vendredi, je commence par une traversée de la Touraine, pour aller de mon hôtel à Saumur jusqu’à Amboise, où j’ai rendez-vous avec Clémence Weisskopf. 7ème étape: Le Rocher des Violettes. Doigté requis pour atteindre le Domaine, situé dans la (très étroite) rue du …Rocher aux Violettes. Très impressionnantes caves creusées dans la roche.  On converse autour du thème des restaurateurs qui payent les vins de plus en plus tard…La trésorerie du vigneron est parfois soumise à de fortes pressions.

Voilà, ici s’achève un voyage plein d’enseignements et plein de découvertes. Sept vignerons et pas une seule déception. De (très) bons moments et de (très) bons vins. Partage prévu dès le 24 août.

2480 kilomètres et quelques minutes consacrées à la visite de Meung-sur-Loire, château, église et place qui semble figée dans un passé lointain.

le château de Meung-sur-Loire, près d’Orléans

Ce dimanche soir, Catherine et moi recevons 8 convives pour un repas en 8 services, avec 8 vins « assortis ». Je pense qu’ils vont bien s’amuser !

Voyage en Aquitaine

Bordeaux et Sud-Ouest: une lointaine proximité

Dégustation du samedi 24 août

ça y est: des vins non-français !

Après 125 vins en provenance des 6 coins de l’hexagone, je me décide à vous proposer du lointain et du local.

D’abord le Portugal: nous voici à quelques dizaines de kilomètres au nord de Lisbonne, en altitude, dans la Serra de Montejunto, à portée de canon de l’océan.

Les cinq petites parcelles de vieilles vignes sont exposées au nord. Altitude et exposition contrebalancent les chaleurs torrides de l’été. Le cépage est localissime (vital). La géologie est calcaire.

Casal Figueira était le projet du couple Antonio Carvalho et Marta Soares.

Marta Soares

Je dis « était », parce qu’Antonio est décédé prématurément à l’été 2009. Il était un pionnier de la biodynamie au Portugal. Son épouse a repris le flambeau et a créé, en l’honneur de son mari, la cuvée Antonio, dont voici le millésime 2011.

Le vin est incontestablement plus atlantique que méditerranéen. C’est une évidence géographique et un constat organoleptique (pardon, je ne le ferais plus). 12% d’alcool (eh oui, c’est possible, même à la latitude de Lisbonne), beaucoup de fraîcheur, une très légère note boisée, une note citronnée. Ce n’est pas très puissant, mais la complexité aromatique et la finesse…oui !

Après le grand sud, cap sur le grand nord, du moins en termes viticoles. Je vous emmène dans les Fourons. Si, si, Happartland. En Belgique, donc. A 90 minutes de la rue des Chats.

Le vignoble du Crindael mérite un détour: pente magnifiquement exposée plein sud, le long de la route pittoresque qui relie les hameaux de Fourons-Saint-Martin et de Teuven. La Wallonie est à moins de 5 kilomètres, les Pays-Bas itou. Le vigneron, Pieter Akkermans, est d’ailleurs de nationalité néerlandaise.

Pieter Akkermans

Géologie calcaire. Si l’expression « calcaire coquillier » vous dit quelque chose, vous êtes au bon endroit. Le sol est truffé de coquilles fossiles, en particulier du genre bélemnite. Cette petite bébête antique figure d’ailleurs sur l’étiquette des vins de la propriété.

La propriété, c’est Pietershof. Je vous propose la Cuvée du Bonheur 2011, nommée ainsi en l’honneur du 40ème anniversaire de mariage du couple Akkermans-Janssen. Il s’agit d’un assemblage de chardonnay et de riesling que j’avais découvert avec le millésime 2006, à l’époque commercialisé sous le nom « Cuvée Rebelle ». La bouteille (vide !) se trouve toujours sur le bar, posée entre un Castello di Broglio 1997 et un Mâcon-Pierreclos de Jean-Marie Guffens.

C’est citronné, bien mûr, avec une certaine minéralité. Cela titre 12,5%. Elevage en cuve.

Un vin belge, le jour de l’abdication…quel à-propos, je m’étonne moi-même…

Le Portugais et le Belge proviennent du même millésime. Deux blancs secs qui se ressemblent par leur degré d’alcool modéré, par leur terroir calcaire, par leur originalité …et par leur prix: € 11,50. Pourquoi ne pas les comparer ?

Il sont disponibles dès maintenant et seront en dégustation pendant la Fête du Vin.

Tarif & bon de commande

Et le Rhône dans tout ça ?

Le hasard fait décidément bien les choses. Je croise une copine en quête de son sandwich méridional. On parle de tout et de rien. On évoque les progrès de bébé Anthocyane. Une oreille attentive nous entend. Je poursuis mon chemin et le propriétaire de l’oreille attentive me hèle. « Vous vendez du vin ? Moi aussi ! ». Le contact est direct, sympathique. Ma carte de visite trouve son chemin vers le portefeuille du propriétaire de la susmentionnée oreille. Je poursuis mon chemin, de bonne humeur.

Donc, Yves Gouttenègre vend du vin. Et comme il s’appelle « Rhône-Vins« , vous comprendrez qu’il s’est spécialisé dans une région qu’il connaît très bien, pour en être originaire. Il a des amis vignerons. Dans le coin de Cornas, par exemple. Il est installé à Feluy, entre Nivelles et La Louvière. 

Bref, Yves et moi avons le plaisir de vous proposer quelques vins rhodaniens. Les six vins ci-dessous seront en dégustation lors de la Fête du Vin. Les voici, de 100% grenache jusqu’à 100% syrah, en passant par différents assemblages:

  • Domaine La Fourmente Côtes du Rhône-Villages Visan Grains Sauvages (100% grenache) 2010
  • Domaine des Espiers Gigondas Tradition (65% grenache, 35% syrah) 2011
  • Domaine de Fondrèche Ventoux Nadal (50% grenache, 40% syrah, 10% mourvèdre) 2011
  • Domaine Amandine Côtes du Rhône-Villages Séguret (60% syrah, 40% grenache) 2010
  • Domaine du Coulet Côtes du Rhône No Wine’s Land (100% syrah) 2011
  • Château La Rolière Côtes du Rhône Brézème Maurice Marchal (100% syrah) 2010.

Il y a de la lecture supplémentaire ici.

Ces vins peuvent être commandés dès à présent. Le prix ‘à la bouteille’ est identique à celui pratiqué par Rhône-Vins. 5% de réduction logistique pour achat par multiples de 6 bouteilles.

PS: le sandwich de ma copine est méridional parce qu’il se mange à midi. Capice ?

On se voit samedi ?

J’espère avoir l’occasion de vous faire découvrir samedi la diversité des vins de Gaillac.

Blanc sec, blanc doux et même blanc ‘sous voile’ (les Jurassiques apprécieront), rouges de cépages méconnus (braucol, duras), irrésistible rosé tendre…

Une promenade dans le sud, à la même latitude qu’Avignon, avec le vent d’Autan pour remplacer le Mistral rhodanien.

Prenez votre élan, bondissez par dessus les Cévennes…et vous êtes dans le Languedoc: Carcassonne, Cabardès et Minervois.

Programme de la dégustation

Compte-rendu de ma visite au Domaine de Brin: ici.

Compte-rendu de ma visite chez Michel Issaly: ici.

Domaine de la Ramaye (Michel Issaly)

Le caveau

On quitte la ville de Gaillac par le nord-ouest. Il ne faut pas rater la petite route à droite, à côté de l’église de Ste-Cécile d’Avès. Quelques centaines de mètres en chemin creux. M’y voici.

Michel Issaly, vigneron, philosophe, copropriétaire du restaurant La Vigne en Foule et président de l’association des Vignerons Indépendants me reçoit…vachement enrhumé.

Ce qui ne l’empêche pas de partager avec moi l’histoire de sa famille et les difficultés que l’on peut rencontrer lorsque l’on n’est pas soi-même issu du monde du vin, ce qui était le cas de son père. La propriété est familiale du côté maternel, depuis le XIXe siècle.

Le caveau est un lieu étonnant, de pierre et de bois, un peu poussiéreux, touffu, hétéroclite, pas trop éclairé, plein de vieux flacons, d’objets patinés et de souvenirs. Surtout ne rien changer ! L’âme du lieu n’y résisterait pas.

Chaque vin est une aventure en soi, marqué par le sceau de la forte personnalité du vigneron: qui décide de réduire fortement la taille de son domaine pour pouvoir consacrer tout le temps nécessaires aux vignes les plus précieuses ?

Michel Issaly

Nous goûtons…

Le Cavaillès-Bas 2011 (80% mauzac, 20% loin de l’œil) ne ressemble qu’à lui-même. Rendements ridiculement faibles, vendanges manuelles en surmaturité, vin très peu soufré. Vin blanc sec avec beaucoup de personnalité. Une complexité qui se révèle progressivement. Caractère bien trempé, concentration des extraits secs dans le vin…et concentration requise chez le dégustateur. Le vin est déroutant, protéiforme et imprévisible.

Parenthèse relative à la symbolique des étiquettes: un serpentin dessinant le terroir vivant, la vie éternelle et l’empreinte de l’homme sur son environnement. En tous cas, le résultat est graphiquement très réussi !

Pech de la Tillette 2011, est un assemblage de cépages rouges (dont merlot et syrah). Il s’agit du vin le plus ‘direct’ de la gamme. Une porte vers un monde à part.

La Combe d’Avès 2008 est un magnifique rouge, très élégant, assemblage à parts égales de braucol et de duras. La texture est soyeuse, la bouche épicée. Pas l’ombre de l’ombre d’une trace de rusticité.

Dans la tradition de Gaillac, il y a le vin de voile. Tradition mise à mal en ce siècle où tout doit aller vite. Un vin de voile (le plus connu est sans doute le Vin Jaune du Jura) a besoin d’un élevage très long pour développer ses arômes surprenants et tellement intenses. Protégé par un voile de levures, le vin s’oxyde très lentement. Le temps passe, le vinificateur attend. A la longue, il peut même ‘oublier’ son vin dans un coin sombre de la cave.

D’où ce Vin de l’Oubli 2000 (100% mauzac), élevé une dizaine d’années sous bois. C’est très riche, très long et très sec. Subtil aussi, épicé, comparable en cela au Château Chalon.

Remarque: les vins de Michel Issaly sont très peu soufrés et embouteillés avec du gaz carbonique pour les protéger de l’oxydation. Conséquence: léger perlant quand on débouche le flacon et aromatique réduite. Ce n’est pas un défaut ! Ces vins doivent impérativement être aérés avant dégustation: donc, carafe, carafe et encore carafe.

Pour la bonne bouche, citation d’une contre-étiquette: « Vous avez le droit de ne pas aimer ce vin. Car il est à l’opposé des vins technologiques qui sont vinifiés pour plaire à tout le monde. » Ces vins sont en effet polarisants: on aime (beaucoup) ou on n’aime pas (du tout). Mais une chose est certaine, l’indifférence n’est pas de mise !

Les vins du Domaine sont en dégustation le samedi 01 juin. Ils peuvent être commandés jusqu’au 04 juin inclus.

Plus d’information sur cette page.

Domaine de Brin (Damien Bonnet)

Le fléchage pour arriver au Domaine est impeccable. Heureusement, parce que le GPS ne connaît ni le lieu, ni les routes qui y mènent. Il faut dire qu’on se sent loin de tout. Pourtant, quelques minutes plus tôt, je parcourais la place du village voisin, Villeneuve-sur-Vère: un lieu esthétiquement magique. Nous nous trouvons à quelques kilomètres d’Albi, dans le Tarn, en plein Sud-Ouest.

Une fois n’est pas coutume, j’arrive avec quelques minutes d’avance. Je suis accueilli par la tante de Damien Bonnet…et par le chat de la maison. J’en profite pour me balader dans les vignes.

Damien Bonnet est jeune, terriblement jeune du haut de mes 49 ans. Et il parle. Disons qu’il m’arrose d’idées, de passion et de réflexions pointues. Quelle énergie ! Comme me dira Michel Issaly lors de ma visite du lendemain: « avec Damien, les anciens ont intérêt à rester bien réveillés ! »

Il est vrai que son premier millésime (2008) a décroché une Médaille d’Or au concours de Gaillac. C’était pour se tester, pas vraiment pour le macaron. Premier essai et premier essai transformé. Depuis, Damien ne participe plus au concours: ce n’est pas plus son ‘truc’ que le mien…

Nous commençons par goûter à la cuve une nouveauté: un gamay pétillant rosé en méthode gaillacoise. Ça commence fort: une délicieuse friandise !

Dans un coin d’une autre cave, un petit fût. Y fermente un blanc, élaboré avec le cépage local ‘Loin de l’Oeil’ (si, si, c’est le nom d’un cépage). Raisins récoltés à 31° potentiels. Pour le dire autrement, si, en fin de fermentation, on se retrouve avec un vin titrant 10% d’alcool, il restera plus de 300 grammes de sucre résiduel par litre !

Au caveau, Damien m’explique qu’il travaille seul, avec l’aide d’un ouvrier 6 mois par an. Levures indigènes et vendanges manuelles. Très peu de soufre. A la vigne, cuivre, ‘poudrage’ …et c’est tout. Rendements très maîtrisés: de 20 à 35 hectolitres/hectare.

Le rosé ‘La Vie en Rosé’ 2012 vient d’être mis en bouteille: ça fera des ravages au jardin cet été ! Je préviens les puristes du rosé sec que celui-ci est tendre. Donc, un peu de sucre mais parfaitement équilibré par le fruit et la fraîcheur. Vendu sous ‘Vin de France’ parce que décidément trop rock ‘n’ roll pour l’appellation Gaillac…Cépages ? Gamay, duras et merlot.

Le Mauzac 2012 est un blanc sec à l’équilibre typique de son cépage: une pointe d’amertume soutient la bouche. Je sais…amertume…un mot dangereux quand on vend du vin. Et pourtant, ce sont les quatre saveurs fondamentales qui font le vin: douceur de l’alcool, acidité fraîche, minéralité saline et amers nobles…voilà le grand cocktail !

La cuvée ‘Pierres Blanches’ était malheureusement épuisée.

Le vignoble de Damien est plutôt axé sur les cépages rouges. Première cuvée, Vendemia 2010, assemblage de braucol (40%), de duras (30%) et de cabernet sauvignon (30%). Pas de passage en bois, 18 mois d’élevage en cuves et mise en bouteilles début février 2013. Poivre et épices. Commence ‘facile’, mais finit plus sérieux.

Ensuite…Anthocyanes 2011…D’accord, avec un tel nom de cuvée, je suis condamné à la subjectivité. C’est donc très bon mais  je n’oblige personne à me croire !  70% braucol et 30% syrah. Elevage en barriques de plusieurs vins. Tannins fins, salinité salivante. Brin de temps 2010, assemblage à parts égales de duras et de braucol, vignes de 30 ans, rendements de 20 hectolitres/hectare, élevage de 22 mois en barriques de plusieurs vins. Cuvée de garde: pour la goûtez dès aujourd’hui, un passage par la carafe est plus que recommandé !

Après, décollage pour la planète Mars. La cuvée liquoreuse ‘Loin de l’Oeil…encore plus doux’ 2011 porte ce nom étrange parce que Damien élabore une cuvée liquoreuse du même cépage, mais en plus ‘politiquement correct’. Attention, cet ‘encore plus doux‘ n’est disponible que sur prescription médicale et après rédaction d’un acte notarié me dégageant de toute responsabilité ! Trêve de plaisanterie, l’équilibre entre sucres ‘héneaurmes’ et acidité de très haut vol en fait une cuvée d’exception.

Reste un rosé liquoreux de cabernet sauvignon, intitulé, à très juste titre, Brin de Folie. J’ai failli vous le proposer, mais finalement j’ai préféré éviter l’internement psychiatrique…

Les vins du Domaine sont en dégustation le samedi 01 juin. Ils peuvent être commandés jusqu’au 04 juin inclus.

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Domaine André & Mélanie Pfister

Mélanie Pfister

Au cœur du joli village de Dahlenheim, je suis reçu par Marie-Anne Pfister, épouse d’André et maman de Mélanie. André est aux vignes, Mélanie…aux Etats-Unis.

André Pfister est incontestablement un pionnier et un précurseur: il a commencé à enherber ses vignes dès la fin des années ’70. A cette époque, il passait pour un farfelu. Il a introduit les cuves thermo-régulées dans le Bas-Rhin et a toujours géré les traitements à la vigne avec précision et rigueur. Une réflexion en profondeur a été menée sur les densités de plantations optimales.

Observer et travailler dans les vignes. Cela peut paraître évident, mais…

Mélanie est devenue chef d’exploitation en 2008, après un sacré parcours, de Bordeaux à Geisenheim, en passant par Dijon et la Nouvelle-Zélande. Le nouveau chai a été inauguré en 2011, de façon à offrir à Mélanie un outil de travail parfaitement adapté.

Les deux Crémants d’Alsace sont très agréables: j’opte finalement pour la version ‘blanc de blancs‘ (chardonnay et pinot blanc). Dégorgement après 24 à 36 mois sur lies. Cette longue période de maturation joue un rôle important dans la qualité de ce Crémant: bulle fin, nez délicat. Accouchement tout en douceur et en prenant le temps qu’il faut. Sucrosité totale de 4 grammes par litre, donc Extra-Brut.

Le premier pinot noir est fort sympathique. Puis le choc: le pinot noir ‘barriques’ 2010. Couleur éclatante. Nez prometteur et équilibre magnifique ! Je me souviens encore des frissons que j’ai ressenti en le goûtant. Récolte manuelle fin octobre, mise en bouteille en août 2012. Terroir exposé à l’est (comme en Bourgogne…). Mélanie a fait un stage chez Méo-Camuzet (Vosne-Romanée) et a décidé de vinifier cette cuvée à la mode bourguignonne. 2010 est à la vente aujourd’hui…en attendant que 2009 soit prêt.

Le riesling Tradition 2011 est très sec (c’est le sens du mot ‘Tradition’) et provient du Silberberg, un beau terroir argilo-calcaire. Analytiquement: 12,5% d’alcool, 4 grammes de sucre résiduel et 8 grammes d’acidité tartrique.

Le riesling grand cru Engelberg 2010 est un grand seigneur, à laisser reposer quelque temps. Ensuite, pendant au moins 15 ans, il va s’affiner et offrir progressivement minéralité et complexité. A traiter avec les égards dus à son rang, sans précipitation.

Au sein de la large gamme: beau muscat ‘Les 3 Demoiselles’, ainsi nommé en l’honneur des 3 filles d’André et de Marie-Anne (une sœur de Mélanie travaille et vit à Bruxelles) et originale ‘cuvée 8’, assemblage de riesling et de pinot gris, épicé d’une pointe de muscat et d’une pincée de gewürztraminer.

Gewürztraminer ? Allons-y pour le gewürztraminer Tradition 2010. Un ‘sec tendre’, floral, épicé et particulièrement gastronomique. Un peu sur la réserve, ce qui lui confère beaucoup d’élégance.

Enfin, un vrai demi-sec en la personne du pinot gris Sélection 2008 et de ses 26 grammes de sucre résiduel. Le millésime 2008, plus frais que 2009, me paraît très bien mettre en valeur cette cuvée, marquée par la poire mûre. Finale très nette.

Les vins du Domaine sont en dégustation le samedi 04 mai. Ils peuvent être commandés jusqu’au 07 mai inclus.

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Domaine Frédéric & Guillaume Mochel

Après un mini-rallye entre Wolxheim, Dahlenheim et Traenheim, j’arrive avec quelques minutes de retard au Domaine Mochel. Je suis reçu par Guillaume, 35 ans et chef de l’exploitation depuis une dizaine d’années. Frédéric, son papa, a pris sa retraite, mais il est toujours là pour donner un coup de main.

Le caveau est surprenant: une combinaison, très réussie, entre une partie traditionnelle et une partie au design hyper-contemporain et très épuré. Tout un symbole: une alliance entre passé et présent.

Nous goûtons deux Crémants, un ‘blanc de blancs’ puis un Crémant rosé de pinot noir: celui-là me plaît vraiment beaucoup, il est parfait pour un repas d’été, au jardin.

Le riesling 2010 est exactement ce que j’en attends: un vin sec, mûr, citronné, précis, à l’alcool modéré (12%). Un riesling consensuel, accessible et souriant. Jeunes vignes plantées sur l’Altenberg.

On change de division avec la cuvée Henriette 2011, grand cru Altenberg: toujours riesling, toujours sec, mais plus tranchant et plus complexe. Grand vin, avec beaucoup de potentiel.

Le gewürztraminer 2010, malgré quelques grammes de sucre résiduel et un alcool important (14%), ne fait ni dans l’exubérance aromatique, ni dans la superficialité: c’est un vin élégant et fin qui peut réconcilier les réfractaires avec ce cépage original.

Le muscat grand cru Altenberg 2011 est étonnant: épicé, salin et d’une grande longueur. Plus Altenberg que muscat. Le meilleur muscat d’Alsace ?

Il s’agit de muscat ottonel, variété délicate qui requiert un grand savoir-faire, et non du plus classique muscat d’Alsace.

Voici venir une bouteille masquée. Guillaume me teste. Je reconnais un riesling (est-ce si difficile à deviner ?) et je parie sur un Altenberg: juste ! Reste à découvrir le millésime. Le vin est tendu, légèrement évolué, pierreux. Dans un grand élan, je déclare que le vin a sans doute une dizaine d’années de vie, mais qu’il ne s’agit certainement pas d’un 2003, millésime de canicule qui a produit beaucoup de vins lourds et excessifs. Le sourire en coin de Guillaume m’en dit long: il s’agit bien entendu d’un …2003 !

Analytiquement, le vin est d’acidité plutôt basse et il y a quelques grammes de sucre résiduel. En bouche par contre, le millésime semble s’être dissous dans le terroir. Des fruits secs, de la précision. Comme quoi, la patience est récompensée. Et, bonne nouvelle, ce vin est  disponible à la vente.

Pendant que Guillaume prépare mes cartons, il me fait encore goûter une Sélection de Grains Nobles 2007…

Les vins du Domaine sont en dégustation le samedi 04 mai. Ils peuvent être commandés jusqu’au 07 mai inclus.

Plus d’information sur cette page.

ô grand Saint-Nicolas…

Frédéric Mabileau

J’ai rendu visite au Domaine Mabileau en septembre, durant mon voyage tourangeau. Quelques mois ont passé, les nouveaux millésimes sont à présent disponibles.

Nous sommes donc à Saint-Nicolas de Bourgueil et même en plein coeur du village, à quelques mètres de la mairie, de l’église et du monument aux morts.

La dégustation commence par un Rosé de Loire. J’insiste sur les majuscules, puisqu’il s’agit d’une appellation à part entière.

Ne pas confondre avec le Rosé d’Anjou, qui se signale souvent par un goût douceâtre et un manque de ‘peps’. Le Rosé de Loire de Frédéric Mabileau provient de rendements inférieurs à 30 hectolitres/hectare, alors que l’appellation tolère 60 hl/ha. Les vignes de cabernet franc ont été plantées il y a plus de 15 ans. La parcelle est petite (1 hectare) et bénéficie d’une agriculture biologique. Terroir de graviers. Le vin est sec et désaltérant. Alcool: 12,5%. Un excellent compagnon pour les après-midi au jardin. Du moins si la météo y met un peu du sien…

Voici « Petits Grains« , un Saint-Nicolas élaboré à partir de raisins (en conversion bio) achetés à un collègue. Ce sont les équipes de Frédéric qui vendangent, à la main, cette petite parcelle. Pur fruit, pur plaisir, alcool: 12,5%. Un cabernet franc joyeux !

Le Saint-Nicolas Les Rouillères constituent la cuvée emblématique du Domaine: plus de 100.000 bouteilles produites, avec des vieilles vignes (âge moyen: 35 ans). Agriculture biologique. Nous goûterons 2011, mais c’est le millésime 2012 qui est aujourd’hui à la vente.

On passe aux choses très sérieuses avec la cuvée Les Coutures: élevage en demi-muids de plusieurs vins.

En français: après fermentation, le vin passe 11 mois dans de grands tonneaux de chêne, appelés demi-muids, d’une contenance de 600 litres. Ces demi-muids sont réutilisés pendant un certain nombre d’années. Ils sont dits ‘neufs’ lors de leur première utilisation, ils sont dits ‘d’un vin’ à leur deuxième utilisation, ‘de deux vins’ à la troisième, etc…

Les Coutures, c’est de la soie ! Vignes de 43 ans. Alcool: 13%.

Dernière cuvée de Saint-Nicolas: Eclipse. 5.400 bouteilles issues de très vieilles vignes (52 ans) sur coteaux argilo-calcaires, de rendements modérés (37 hl/ha), en agriculture biologique. Nous sommes aux antipodes du vin de fruit: vinification et élevage (un an) en demi-muids neufs. Cette cuvée n’est proposée à la vente que lorsque le millésime s’y prête. Nous nous situons dans l’univers des grands Bordeaux classiques, avec des possibilités de longue garde. La Revue du Vin de France a goûté plus de 500 vins rouges de Loire du millésime 2010 pour en sélectionner une centaine. Parmi cette centaine de vins sélectionnés, Eclipse 2010 se voit attribuer la 21ème place.

Voilà. Snif. C’est fini.

Fini ? Non, pas du tout. Chttt, voici les surprises. Après Saint-Nicolas, il y a l’Anjou. Un rouge, 100% cabernet sauvignon, d’autant plus sympathique qu’il n’a jamais vu le tonneau: pure cuve inox. Un jus de cabernet, élaboré avec des rendements de 25 hl/ha ! Vendanges manuelles et agriculture biologique. Si ce vin avait le droit de porter une appellation plus prestigieuse, il se vendrait à un tout autre prix.

Frédéric Mabileau a toujours eu envie de vinifier un vin blanc. Mais à St-Nicolas, c’est peine perdue. L’appellation ne le permet pas et les sols ne sont pas vraiment adaptés au chenin. Chenin , j’ai écrit chenin ? Il fallait donc mettre le cap à l’ouest, explorer le Saumurois, trouver une belle parcelle argilo-calcaire de vieilles vignes à Puy-Notre-Dame…et se lancer ! Résultat: la cuvée Chenin du Puy. Vendanges manuelles en deux tris, le 11 octobre et le 22 octobre 2008. D’où vous déduirez sans peine qu’il s’agit d’un millésime 2008, à point aujourd’hui, après avoir avoir digéré son élevage en demi-muids.

A Huit en Moselle

dans la salle de dégustation de Karthäuserhof

A peine revenu d’Alsace, me voilà sur les bords de la Moselle, l’autre pays du riesling.

Cette fois, le voyage n’est ni professionnel, ni en ‘solo’: nous sommes huit amateurs à consacrer quelques jours à l’exploration d’un vignoble exceptionnel, relativement méconnu en Belgique francophone (dans les pays latins en général) et pourtant situé à moins de 3 heures de route de Bruxelles.

Ce qui ne gâche rien, c’est Trèves, ville principale de la Moselle allemande, riche en monuments romains (Porta Nigra, basilique de Constantin, thermes, etc…) et habilement gastronomisée, via le restaurant double-étoilé Becker’s.

Malgré une saloperie de contracture musculaire dans le dos et une météo hivernale, je garde un souvenir ébloui de notre voyage. En particulier, formidables visites chez Abi Duhr, vigneron luxembourgeois, propriétaire du Château Pauqué à Grevenmacher et chez Tobias Busch, adjoint du maître de chai de Karthäuserhof, propriété historico-mythique de Moselle allemande, sise dans le village d’Eitelsbach.

Vendredi saint, férié dans cette région de l’Allemagne, et donc pas un chat lorsque nous arrivons à Karthäuserhof peu avant 10 heures du matin. Un grandiose mur de vignes de 20 hectares domine la propriété et la protège des vents du nord. Impressionnant ! A se demander comment il est possible de planter, de tailler et de vendanger sur une pente aussi vertigineuse, aussi caillouteuse (schistes). Nous sommes donc en face du Karthäuserhofberg, vignoble exposé plein sud, capable d’amener à maturité des raisins de très grande qualité, du moins lorsque la météo se montre raisonnablement clémente.

Tobias Busch arrive et, dans un anglais impeccable, nous montre immédiatement qu’il est un fin connaisseur de l’histoire tumultueuse du Domaine. Nous nous rendons en sa compagnie dans la salle de dégustation: construite en 1895, celle-ci est un condensé de boiseries, de faïences, de vitraux et de trophées cynégétiques.

Nous entamons le périple par un Pinot blanc, frais, précis et cristallin. Ce sera notre seule infidélité au roi-Riesling. Nous dégustons un à un les secs, les fruités et les moelleux. Pour finir par quelques gouttes de nectar, sous la forme d’un Beerenauslese 2010 (183 g/l de sucre résiduel).

Millésimes 2012 (à peine mis en bouteilles et pas encore tout-à-fait en place), 2011, quelques 2010 et des vins plus anciens: 2009, 2007 et 2004. Notre hôte met en valeur les différentes cuvées, combinant connaissances pointues, sens de l’humour et talent pédagogique. Chaque vin est, à son niveau, un modèle de précision et d’équilibre entre saveurs douces, saveurs fraîches et saveurs salines. Même les cuvées élaborées avec plus de 60 grammes/litre de sucre résiduel, font preuve d’un équilibre net, léger et aérien. Les alcools sont modestes, autour des 10%. Les acidités sont énormes et pourtant sapides. La quintessence…

Il y avait de la magie à Karthäuserhof ce vendredi 29 mars.

PS: je sais, les vins allemands traînent la réputation d’être difficiles à comprendre, difficiles à apprécier et difficiles à trouver. Je me propose de vous accompagner dans cet autre monde du vin: rendez-vous sur ce site durant les prochains mois.

D’ici là, n’hésitez pas à jeter un oeil ici.

La Couronne d’Or et autres pépites du Bas-Rhin

Me voici donc de retour d’un périple alsacien particulièrement fructueux. Le coffre de ma voiture en sait quelque chose…

Bruno, Julien et Anne-Marie Schmitt, Marie-Anne Pfister, Etienne Loew, Bruno Schloegel, Guillaume Mochel et Jean-Pierre Rietsch…merci pour votre accueil plus que sympathique !

Merci en particulier pour ce partage de vins secs, fins et précis. Des vins qui expriment le lieu, le moment et l’homme qui les ont engendrés. Des vins qui conjuguent expressions enracinées et sensations aériennes.

Des vins certes aromatiques mais avant tout dotés d’une texture, d’une structure, d’un bel équilibre en bouche. Les cépages sont transcendés et offrent une palette de nuances qui se révèlent progressivement à l’amateur attentif.

Des vins destinés à la table et à la fête !

Je dis non à l’exubérance racoleuse. Je dis non aux vins lourdauds qui fatiguent nos estomacs et nos cervelles. Je dis non aux vins sans âme, interchangeables et insipides. Rejoignez ce juste combat !

Visite au Domaine Mochel

Visite au Domaine Pfister

Au royaume de la Folle Noire

Vendredi 22 février. Soleil gelé. Départ de Sénouillac vers 09h00. Je traverse Gaillac et monte sur l’A68 en direction de Toulouse. Puis quelques villages assoupis, avant d’apercevoir le panneau « Château de la Colombière« . Me voici donc sur les terres de l’appellation Fronton.

Je me gare (mal) à l’entrée de l’allée pour prendre une première photo des lieux. A peine sorti de ma voiture, voilà qu’un véhicule se pointe, avec deux messieurs à bord. Tiens, d’autres visiteurs-oenophiles ?

Reprenons, je photographie…et voilà qu’arrive un gros 4X4. Cette fois-ci, je prends les devants et précède le 4X4 jusqu’à la propriété. En sort Diane Cauvin, vigneronne de son état et mon interlocutrice du jour.

Les deux messieurs l’attendent, mallette à la main. Ils ont un air bien sérieux…visite inopinée de la Répression des Fraudes. Bardaf, c’est l’embardée. On ne rigole pas. Diane m’invite à me promener dans les vignes, le temps qu’elle s’occupe de ces messieurs, forcément prioritaires.

Ils vont s’incruster, questionner et encore questionner. Jusqu’à ce qu’ils mettent le doigt sur une sombre histoire de ‘BiB’ de 5 litres dont le poids a été vérifié au moyen d’un simple pèse-personnes, alors qu’il est obligatoire d’utiliser une balance ‘ad hoc’, homologuée, certifiée, étalonnée, métrologiquement correcte. Ce petit gadget technique coûte quelques centaines d’euros. Bien sûr, le vigneron est un escroc idiot qui remplit ses BiB aux trois-quarts, en espérant qu’aucun consommateur ne s’en rende compte.

Entre-temps, on mange du cheval, jusque dans l’IKEA du coin. Passons. Après une heure et demie d’administration para-kafkaïenne, les deux croque-morts saluent et repartent torturer leur victime suivante.

Il est déjà midi et mon prochain rendez-vous est à 14 heures. Malgré son gros rhume, Diane m’emmène dans le chai. Ancienne cuverie en béton, cuves inox; un magnifique foudre autrichien acquis en 2010 et un dynamiseur en cuivre, outil indispensable au travail en biodynamie. Nous goûtons à la cuve du rosé Vin Gris 2012, obtenu par pressurage: vin frais, léger, pour l’apéritif.

foudre Stockinger

Philippe Cauvin nous rejoint et nous décidons de goûter les bouteilles en apéro.

Vinum, Réserve, Coste Rouge (très élégant, sans l’ombre de la rusticité si souvent attribuée aux vins du Sud-Ouest) et la nouvelle cuvée Bellouguet (à parts égales: vieille négrette et vieux cabernets; élevage de 18 mois dans le foudre autrichien mentionné ci-dessus). La négrette doit représenter au moins 50% de toute cuvée sollicitant l’appellation Fronton. ‘Folle noire‘ est un synonyme de négrette, cépage en effet réputé pour n’en faire qu’à sa tête, ce qui explique sans doute sa disparition progressive du paysage viticole. Sauf à Fronton où la négrette est tombée sur des vignerons aussi têtus qu’elle.

Je partage le déjeuner de mes hôtes, avant de filer au Domaine Le Roc.

Heureusement, 5 minutes suffisent pour quitter Villaudric et rejoindre l’avenue de Toulouse à Fronton. Néanmoins, il est presque 15 heures quand j’aperçois Cathy Ribes. Nous commençons par un échantillon de La Saignée 2012, dont la mise en bouteille est imminente. Un rosé fortement coloré, puissant, fait pour la table. Nous commençons la série des rouges par La Folle Noire d’Ambat, une bombe fruitée 100% négrette, en provenance directe -surprise- du terroir d’Ambat. Le Classique nous donne l’occasion de goûter deux millésimes très différents: 2009 (solaire et puissant) et 2010 (élégant et précis): je préfère le second. Don Quichotte est et reste une cuvée formidable, à l’exceptionnel rapport plaisir/prix. Entre-temps Frédéric Ribes nous a rejoints.

Naïvement, je demande si le Domaine n’a jamais envisagé d’élaborer un vin blanc. Sourire mystérieux chez Frédéric et Cathy s’éclipse un instant…pour revenir avec une bouteille de la cuvée Le Roc Blanc. Eh oui, Frédéric a planté une large gamme de cépages blancs, ‘juste pour voir’. Au final le choix s’est porté sur un assemblage de chardonnay et de sémillon, avec une touche de muscadelle et une pincée de viognier). C’est très bon, mais c’est épuisé, l’un expliquant l’autre. Je ne résiste pas au plaisir de citer l’étiquette: ‘véritable vin de table de France pour la table’.

Et maintenant ? Retour à La Colombière, vu que je suis parti en courant sans emmener les bouteilles que je destine aux prochaines dégustations. Ici aussi, un vin blanc est apparu dans la gamme, le Prunelard Blanc, du nom d’un vieux cépage local: une curiosité, née récemment par surgreffage de vieux pieds de négrette. Millésime MMXI.

Et encore une bulle rosée (joliment nommée Colombulle)…que je goûte d’un nez un peu distrait, à force de ne vouloir n’être en retard nulle part. Je quitte une deuxième fois les ‘vignerons amoureux’, leur souhaite une bonne semaine de vacances au ski et m’en vais reprendre la route de Gaillac et de Sénouillac, le coffre et l’âme remplis d’excellents vins.

Les vins sont en dégustation ce samedi 16 mars 2013. Ils peuvent être commandés jusqu’au mardi 19 mars, via ce lien.

Les Muscadets et les Gros-Plants sont arrivés

Quand Fred, le vigneron du Domaine de l’Ecu, m’avait annoncé en novembre qu’il envisageait de ‘moderniser’ la cuvée de Gros-Plant, j’avais bien entendu …Gros Pet’.

Mais j’avoue ne pas y avoir cru. Tant pis pour moi…

Excelsior

Je reçois ce jour la Revue du Vin de France de mars 2013. A chacun d’évaluer la pertinence de la couverture.

Un bref dossier y est consacré aux crus du Muscadet.

Parmi les six exemples cités, Excelsior schistes de Goulaine 2007 du Domaine Pierre Luneau-Papin.

Pour les nostalgiques, ce vin était en dégustation le 19 janvier dernier.

Pour les amateurs férus de précisions techniques: âge des vignes: 70 ans, sélection massale, exposition de la parcelle au sud-est, en coteaux et sur micaschistes. 36 mois d’élevage en cuves (pas de passage en bois), levures indigènes du terroir, vendanges manuelles, rendements de 40 hectolitres/hectare. Alcool: 12% (aucune chaptalisation).

Pour les amateurs de très bons vins originaux, trois bouteilles sont disponibles au prix de € 16,91 la bouteille. A bon entendeur…

visite au Domaine de Villaine

J’arrive au village de Bouzeron avec quelques minutes d’avance. Le temps de m’imprégner de l’atmosphère et de faire quelques photos. Pierre de Benoist est au téléphone avec un journaliste et la conversation est animée. Il revient de la présélection des vins participants au Concours Général Agricole de Paris 2013.

Nous passons dans le caveau et voici que Stéphane Aladame, un vigneron de Montagny, vient apporter quelques bouteilles. En attendant, je converse avec le vieux chien de la maison.

Nous goûtons d’abord Bouzeron 2011. L’une des deux appellations bourguignonnes à n’être ni pinot noir, ni chardonnay. Je laisse au lecteur le soin de découvrir la seconde…

Donc, Bouzeron et cépage aligoté. En voilà un qui n’a pas toujours eu bonne presse: outre le fait d’être plus capricieux et plus difficile à vinifier que le chardonnay, il doit sa réputation au kir, encore appelé ‘blanc-cassis’. Au milieu du XXe siècle, il y avait crise à la fois pour l’aligoté et pour la crème de cassis. Le mélange des deux s’avère une grande réussite commerciale. Evidemment, le goût du vin ne joue qu’un rôle accessoire et cela n’a pas vraiment favoriser la qualité.

Oubliez le paragraphe précédent: sur les coteaux de Bouzeron, l’aligoté (la variante dorée, pour être précis) se révèle comme un cépage capable de grandes choses: classé dans la catégorie des cépages aromatiques (comme le sauvignon et le gewürztraminer), il se délecte ici de sols maigres, à forte teneur en calcaire, en altitude (300 mètres).

Ce Bouzeron 2011 est superbe de tension. Le Bourgogne blanc côte chalonnaise ‘Les Clous’ 2011 plus classique. Le Rully ‘Les Saint-Jacques’ 2011 très beau, sur des arômes de pêche.

Mon hôte attend un autre visiteur vers 16 heures, le temps passe et nous goûtons rapidement les rouges: Bourgogne côte chalonnaise ‘La Digoine’ et Mercurey ‘Les Montots’; un peu trop rapidement pour que je puisse me faire une opinion pertinente.

Le discours de Pierre de Benoist est poétique, philosophique et très maîtrisé: il évoque le vigneron en tant qu’explorateur du temps passé et futur. Il explique l’absence de table de tri par la responsabilisation des vendangeurs qui en découle. Il réfléchit à la possibilité de produire à l’avenir deux cuvées de Bouzeron, en isolant une parcelle de haut de coteau, entourée d’arbres.

Les principes de l’agriculture biologique sont appliqués au Domaine depuis 1986.

2011, millésime compliqué en raison d’une météo très instable, a néanmoins donné ici d’excellents vins: des vignes saines et fortes sont manifestement mieux à même de résister aux aléas climatiques. De quoi renforcer les convictions ‘bio’ du Domaine.

Ah oui, la seconde appellation, c’est St-Bris, en Chablisien: 100% sauvignon.

Visite et dégustation au Château de Lavernette

Xavier de Boissieu et la preuve qu’il vient de recevoir un Belge.

Quel lieu magnifique ! Et quels vins magnifiques !  Dès le Beaujolais blanc qui ouvre la dégustation, je suis sous le charme. Intensité, précision, fraîcheur !

Bon, revenons à la chronologie de ma visite: je suis accueilli par Xavier de Boissieu, en pleins préparatifs pour les fêtes de la St-Vincent locale. Nous commençons par nous promener autour du château, pour mieux cerner les différents terroirs. Nous sommes administrativement à Leynes, en Saône-et-Loire et donc en Bourgogne. Les vignes du Domaine sont sur Leynes, Chaintré et Fuissé. La frontière entre Mâconnais et Beaujolais.

A Chaintré, nous sommes dans l’appellation Pouilly-Fuissé. Leynes appartient à la zone de production du Beaujolais. Mais, à Chaintré, on élabore également du Mâcon et à Leynes, on fait aussi…du St-Véran !

La dégustation commence donc par un très beau Beaujolais blanc ‘les vignes de la roche’ 2011. Je ne suis pas seul à apprécier: RVF n°563

La gamme des Pouilly-Fuissé s’ouvre par le lieu-dit ‘Maison du Villard’ 2010. Nous discutons biodynamie, Xavier ayant fait ce choix dès 2007. Pas de foi aveugle en les préceptes de la biodynamie, mais une observation méticuleuse des résultats: à cette fin, une très petite parcelle, non-biodynamique, sert de témoin. Xavier m’indique qu’une dégustation comparative ne laisse que très peu de doutes sur l’impact positif de la biodynamie.

Nous abordons le Pouilly-Fuissé ‘Jean-Jacques de Boissieu2010, vinifié en fût: la matière est ample, riche et onctueuse. Un style nettement différent de la Maison du Villard.

Puis, voici la cuvée de Pouilly-Fuissé ‘vers Châne’ 2008. Ce vin, issu d’un millésime plus ancien, n’a pas le droit de revendiquer la biodynamie, puisque le processus de reconversion d’un vignoble prend plusieurs années. Et pourtant…quel grand vin ! Pur, précis, ‘vertical’.

Je ne suis pas au bout de mes -bonnes- surprises: nous goûtons à présent une ‘bulle’, à la couleur légèrement rosée: c’est la cuvée Granit, élaborée à partir de gamay, en brut nature. C’est à la fois très sec et très fruité. Original et délicieux. Par comparaison, le Crémant de Bourgogne (100% chardonnay) paraît moins aérien, à cause d’une légère sucrosité. Cela dit, si les deux bulles avaient été servies dans l’ordre inverse, je n’aurais sans doute pas eu la même impression.

Le ‘Vermorel’, publié en 1894: un condensé d’informations éternelles

Les rouges sont épuisés à la vente et les nouveaux millésimes ne seront disponibles qu’au printemps prochain. Nous goûtons donc des échantillons, tirés en mini-bouteilles. Le ‘simple’ Beaujolais-Villages 2012 est superbe de fruit et d’épices. Le plaisir à l’état pur ! Nous concluons sur un moment intense, à savoir la dégustation du Beaujolais-Leynes ‘Jadis’ 2011. Vignes de 50 ans, rendements modestes, exposition sud et sud-est. Elevage en fûts anciens pendant plus d’un an. La remise au goût du jour d’un type de Beaujolais à l’honneur au XIXe siècle. Une expérience vraiment étonnante !

Mise à jour (09 mai): un contact avec Xavier de Boissieu m’apprend que les fermentations malolactiques ne sont pas encore terminées sur les Beaujolais 2012. Le risque étant que les vins ne soient pas en bouteilles mi-juin. Nous verrons bien ce que Dame Nature décide…

Mise à jour (04 juin): Dame Nature a tranché, ce sera pour plus tard…

Les vins des Huards et des Bois Vaudons sont arrivés…

…et vos commandes sont prêtes.

Chaque carton porte votre nom, votre code personnel et votre numéro de facture.

A samedi !

Profitez-en pour déguster les Muscadets du Domaine de L’Ecu et du Domaine Pierre Luneau-Papin.

 

Muscadet: grand vin de France

Titre provocateur ? Oui et non. Disons qu’il faut faire un tri entre les -très nombreux- vins destinés à désaltérer les habitués du comptoir et les vins -plus rares- destinés à donner du plaisir, à rythmer une conversation, à faire ressentir la spécificité d’un terroir et d’un cépage.

Ces vins-ci sont un peu plus chers ? Oui. Et c’est bien normal ! Il y a des ‘trucs’ pour produire du vin pas cher, par exemple assommer la vigne à coups redoublés de produits phytosanitaires (bel adjectif, inoffensif, auquel je préfère néanmoins la transparence du mot juste: pesticides). Après le choc chimique, le viticulteur peut aller à la pêche en attendant les vendanges…

Il y a d’autres ‘trucs’, mais, stop, je déraille: mon voyage en Pays Nantais m’a permis de goûter, entre autres, les vins de Fred Niger Van Herck et de Pierre-Marie Luneau.

Guy et Fred (source: passionvin)

Fred Niger Van Herck a racheté en 2010 le Domaine de L’Ecu à son propriétaire historique, Guy Bossard. Ici, la viticulture ‘bio’ est une évidence, pratiquée depuis …1975. Et le passage à la biodynamie date de 1998. Un vrai travail de pionnier ! Le sol est VIVANT ! Le raisin est VIVANT ! Guy et Fred sont VIVANTS ! Et, ô surprise, les vins sont VIVANTS !

Prenons Orthogneiss 2010. OK, je concède que le nom de cette cuvée sonne ‘compliqué’ (et c’est Monsieur Anthocyane qui l’affirme), mais il indique avec précision la nature du sous-sol sur lequel poussent les vignes. En l’occurrence, 3 hectares de vieilles vignes (+/- 50 ans). Dans le verre, pamplemousse, notes salines, finesse, subtilité. A déboucher dès maintenant, mais peut être gardé plusieurs années.

Gneiss 2010, pour une comparaison instructive avec le précédent: même lieu géographique (à quelques centaines de mètres près), même cépage (le fameux ‘melon de Bourgogne’), même élevage, même vigneron, même millésime. Et pourtant un autre vin, aux notes florales et salines. Des nuances d’agrumes et d’amande. A déboucher dès maintenant, mais peut être gardé plusieurs années.

On change encore de rocher avec Granite 2011 pour monter en puissance, en amplitude. Grand vin, dans un millésime habituellement plus difficile que 2010. Comme quoi, des vignes heureuses s’accommodent mieux d’une météo mitigée. Des notes  fumées et beaucoup de persistance en bouche.

La Divina

Après trois gorgées de pur melon, voici quelques millions de bulles dans La Divina, un assemblage de chardonnay (30%), folle blanche (30%), melon, cabernet et pinot noir. Jeunes vignes sur sous-sols de gneiss et d’orthogneiss. De mon point de vue, mieux vaut mettre quelques minutes en carafe pour domestiquer la bulle, un peu enthousiaste à ma première gorgée. Dès que la bulle se fond dans la matière du vin …un vrai délice !

Taurus 2010 ? Je laisse la parole à Guy et Fred: « Nous avons apporté un soin particulier à sublimer le melon de Bourgogne au travers de cette cuvée rare. Faites-lui les honneurs d’un homard ou d’une poularde crémée. Carafez et dégustez, la surprise est au bout des lèvres ». Et la Revue du vin de France affirme en septembre 2012: « Notre plus grande émotion est réservée à la cuvée Taurus. Un blanc profond, d’un potentiel de garde d’une dizaine d’années, tout en retenue, avec une énergie canalisée par une tension minérale et une finale racée et saline. Une grande bouteille ! ».

Taurus…au frais !

A dire vrai, certains pourraient considérer que ce Taurus n’est pas vraiment un Muscadet ‘typique’ parce qu’il joue dans la même cour qu’un Puligny-Montrachet…

Avant de franchir le kilomètre qui sépare le Domaine de L’Ecu du Domaine Pierre Luneau-Papin, voici un lien pour ceux qui auraient l’envie d’approfondir leurs connaissances, en particulier géologiques: attention, c’est du lourd !

…Pendant que les plus courageux d’entre nous s’instruisent, reprenons la promenade, en compagnie cette fois de Pierre-Marie Luneau: l’enthousiasme, le dynamisme et la joie coulent à flots et la cuvée vieilles vignes Pierre de la Grange 2011 traduit parfaitement l’état d’esprit du vigneron. Vendanges manuelles, vignes de plus de 35 ans, parcelle en exposition sud pour un vin légèrement perlant, au profil frais, guilleret et énergique. A déboucher séance tenante, ici et maintenant, en accompagnement de poissons ou d’une cuisine asiatique.

Pierre-Marie Luneau

Ah, voici la cuvée Le L d’Or de Pierre Luneau 2010, celle qui a fait la réputation du Domaine, un archétype du bon Muscadet équilibré. A boire dès maintenant ou à cacher quelques années, au frais et au silence, pour découvrir dans 5 ou 10 ans un autre vin, marqué par la roche sur laquelle ont poussé les vignes. Je fais le pari qu’à l’aveugle, le mot ‘riesling’ sera prononcé…

Terre de Pierre et serpentinite de la Butte de la Roche

Nous voici au Loroux-Bottereau. Mais pas dans le village: nous grimpons vers le sommet de la Butte de la Roche. De là-haut, la vue est splendide: Nantes à l’ouest, le marais de Goulaine et tous les clochers de la région. A nos pieds, la ‘serpentinite’. Heureusement, elle n’est pas venimeuse, elle est rocheuse.

Une roche très particulière, magmatique, qui permet à la famille Luneau-Papin de nous proposer Terre de Pierre 2010, un grand Muscadet, un grand vin, tranchant, fin, un ‘pur jus de caillou’. A ne pas mettre entre toutes les mains. En tous cas à déguster en prenant son temps et en respectant quelques instants de silence. Merci.

« C’est bien connu, le Muscadet, ça n’est pas destiné à être gardé »Chacun peut choisir soit d’y croire, soit de goûter Excelsior ‘schistes de Goulaine’ 2007. Très vieilles vignes, plantées avant 1940. Exposition plein sud, vendanges manuelles, levures indigènes, élevage du vin en cuves pendant 36 mois, bâtonnage. Le vin est ample, d’une couleur intense, parfaitement sec et pourtant onctueux, épicé. D’ici quelques mois, ce terroir sera officiellement promu au rang de ‘cru communal’. Une consécration pour les efforts déployés.

Pour conclure, échangeons le melon contre la Folle Blanche 2011. Changement de cépage, changement radical de style. La folle blanche, c’est le cépage avec lequel on produit tant l’Armagnac que le mésestimé Gros Plant du Pays Nantais. Le registre est acide, salin, iodé: LE vin pour accompagner huîtres et coquillages.

Tous ces vins sont en dégustation ce samedi 19 janvier. Ils sont en vente du mardi 15 janvier au samedi 26 janvier inclus. L’offre peut être consultée ici.

Les fiches techniques peuvent être consultées ici.

Le compte-rendu de ma visite au Domaine de L’Ecu est ici et celui de ma visite au Domaine Pierre Luneau-Papin est .