Le gouvernement français s’est enfin rendu compte du caractère puissamment mortifère du vin.
Merci François, merci Jean-Marc pour m’avoir ouvert les yeux.
Moi qui naïvement m’imaginais que le bon vin était une source de joie, un lien fort entre l’Homme et la Nature, un inépuisable sujet de conversation, un cadeau que l’on aime offrir et recevoir, un condensé de poésie et la preuve ultime de la valeur de notre misérable existence terrestre.
J’ai tout faux. Ne riez pas. Si vous me lisez, c’est que vous avez tout aussi faux que moi. Le gouvernement français a raisin ! Pouf-pouf, raison.
Le gouvernement français, donc, cogite sur le financement de la Sécurité Sociale. Il planche également sur un plan de lutte contre la drogue et les conduites addictives.
C’est alors que s’ouvre la chasse aux sorcières et la quête du bouc émissaire.
Voici donc les mesures envisagées:
interdiction de parler du vin sur Internet
interdiction de parler positivement du vin dans les média
taxation du vin au nom de la Santé Publique
radicalisation du message sanitaire
durcissement des mentions sanitaires sur les étiquettes.
Le premier point paraît trop grotesque pour être vrai. La confusion règne d’ailleurs sur la signification à donner à cet alinéa.
Il s’agirait en quelque sorte d’une extension de la loi Evin, laquelle limite très fortement le droit de faire de la publicité pour le vin. Sauf que la distinction entre ce qui est de la publicité et ce qui est de l’information est tout sauf claire. Un article de presse risque d’être assimilé à de la publicité.
« J’avais commandé un Figeac 71, mon saint-émilion préféré. Introuvable. Sublime. Rouge et doré comme peu de couchers de soleil. Profond comme un la mineur de contrebasse. Eclatant en orgasme au soleil. Plus long en bouche qu’un final de Verdi. Un vin si grand que Dieu existe à sa seule vue. » (Pierre Desproges, Chroniques de la Haine Ordinaire).
Moins de chimie mais du génie: à Gruissan, l’Inra (Institut National de la Recherche Agronomique) invente les vins du futur, à base de nouveaux cépages résistants et d’une « œnologie de précision » qui fait appel à la technologie de pointe.
C’est un domaine avant d’être un labo: 47 ha de coteaux, propriété de l’Institut national de recherche agronomique sur le Massif de la Clape, en surplomb de la Méditerranée, aux grappes noires, lourdes et sucrées sous les feuilles rougies par les feux de septembre.
Divisées en parcelles, étiquetées et numérotées, les vignes d’ici produisent des jus nouveaux et parfois audacieux, issus d’hybrides conçus pour encaisser les maladies et le réchauffement climatique, qui fait prendre aux raisins un degré d’alcool par décennie, près de 3° en 30 ans.
« Sélectionner des cépages plus résistants aux maladies nous semble la seule solution pour diminuer l’usage de pesticide« , explique entre les vignes Hernan Ojeda, responsable de l’unité expérimentale de Pech Rouge rattachée à l’Inra de Montpellier. Car la vigne est, après la pomme, la deuxième culture la plus traitée en France, 6 à 20 fois par an selon les régions. Peu de traces dans les vins, mais beaucoup dans les sols et l’eau.
Par hybridation d’un cépage américain muscadinia et d’un vinifera européen recroisé depuis avec du grenache, du cabernet-sauvignon et du merlot, l’Inra obtient cette saison la 6ème vendange vierge de tout traitement, mais blindée contre le mildiou et l’oïdium, fléaux bien connus des vignobles.
Démonstration: en soulevant les feuilles lisses et les grappes gonflées de sa création, Hernan Ojeda découvre celles, flétries aux raisins racornis, du cépage traditionnel: sans protection chimique, il est rongé par l’oïdium. Le nouveau cépage – qui n’a pas encore de nom, juste un numéro – est d’ailleurs en train d’envahir l’ancêtre. « On traite encore moins qu’en bio« , relève le chercheur venu d’Argentine où, comme ailleurs dans le « Nouveau Monde » du vin, le Chili, l’Australie, on tourne sans pudeur le dos aux traditions pour s’adapter.
Ainsi, la « non-taille », ou taille minimale des ceps fait partie de ces nouvelles procédures testées ici – mais « adoptée depuis plus de 30 ans en Australie » -: la vigne, contrainte de s’adapter seule à son environnement, produit ce qu’elle peut gérer: moins de feuilles, mais plus de grappes.
« Même si les baies sont plus petites, la production peut augmenter de 20%« , note-t-il. Plus lente à mûrir, elle compense aussi les effets du changement climatique en freinant d’elle-même la production de sucre – donc d’alcool. Bémol: « La vigne faisant plus d’effort elle réclame 15 à 20% d’eau supplémentaire. Mais les coûts de main d’œuvre sont facilement divisés de moitié« .
Pech Rouge teste d’ailleurs les possibilités d’irrigation avec des eaux ménagères et agricoles recyclées. « En combinant cépages résistants, non-taille et eau recyclée, on réduirait les coûts de production et les émissions de CO2 de 50%« , assure le chercheur.
Simultanément la révolution « Nature » se poursuit dans les cuves où l’Inra a déjà mis au point des techniques inédites comme le foulage par éclatement (en cours de brevetage) et la « flash détente » (on chauffe le raisin à 90° avant de le plonger dans une cuve sous vide): « la phase de détente favorise la libération des composants recherchés, la couleur, les polyphénols, tout ce qui structure le vin et favorise son aptitude au vieillissement« , résume Jean-Michel Salomon, directeur de recherches.
Pour le vigneron, du temps gagné: « Cinq minutes d’éclatement et quelques heures de macération, contre une à trois semaines. On peut obtenir très rapidement des vins charpentés« , poursuit-il.
L’intérêt est évident pour les caves industrielles. La plupart des grandes caves françaises sont désormais équipées mais la « flash détente » essaime aussi en Argentine et au Chili. De même, cette vinification high-tech sait contrôler la fermentation en « freinant » la température, corriger l’acidification ou le degré d’alcool sans aucun additif; ainsi avec « l’électrolyse membranaire », on cible les indésirables, même l’excès d’alcool.
« La technologie est plus chère que la chimie« , reconnait M.Salmon. Mais le gain est tel que ces innovations ont gagné les vignobles du monde entier, de l’Argentine à l’Australie, pour acidifier, désacidifier, désalcooliser , bref stabiliser les vins sans aucun ajout chimique.
Eurodia, partenaire industriel de l’Inra, exporte aujourd’hui cette technologie membranaire dans 25 pays, dont 300 caves rien qu’au Chili. (Belga)
Comment choisir parmi 35 vins de Loire ? La méthode la plus sûre consiste bien entendu à les goûter, en essayant de faire abstraction de l’étiquette.
Cela dit, je n’en fait goûter que 18 (sic). De plus, la plupart d’entre vous ne pourront me rendre visite ni ce vendredi, ni ce samedi.
« Je suis à la recherche d’un vin rouge, de préférence bio. Je ne souhaite pas dépenser plus de € 12 la bouteille et je n’aime pas trop les vins de gamay. Une recommandation ? »
Oui.
Parmi les 35 vins de la gamme, 4 vins correspondent parfaitement à cette demande. Deux Bourgueils du Domaine de La Chevalerie ; un Anjou et un St-Nicolas-de-Bourgueil du Domaine Frédéric Mabileau.
Le tableau Excel ci-dessous vous permet de « filtrer » la gamme via plusieurs caractéristiques : la couleur, le cépage, la période idéale de consommation, le prix, l’appellation, le degré d’alcool, etc…
Loire pour choix(Cliquez sur le lien et sauvez ensuite le fichier sur votre ordinateur)
Ça n’est certes pas LA solution, mais c’est une piste. Une façon de se faciliter le choix.
Voici quelques précisions relatives à certaines parmi ces caractéristiques :
Notes attribuées par les guides (en l’occurrence, le guide Bettane & Desseauve et le guide ‘vert’ édité par la Revue du Vin de France).
De mon point de vue, ces notes n’ont aucune valeur absolue. Elles peuvent constituer une indication intéressante, mais il me semble erroné de considérer qu’un vin noté 16/20 est forcément meilleur qu’un vin noté 14,5/20.
Preuve en est que ces deux guides ne sont pas toujours d’accord. Parfois, l’un met un vigneron sur un piédestal et lui attribue d’excellentes notes…alors que l’autre ignore ce même vigneron !
Bio ou pas bio ?
A moins de faire du bio une religion, il me semble clair qu’un vin bio n’est pas forcément supérieur à un vin non-bio. D’autant plus que ce n’est pas noir/blanc, chaque vigneron mettant en œuvre des méthodes qui lui sont peu ou prou personnelles. Certains vignerons se refusent à communiquer sur le thème du bio et/ou ne souhaitent pas se faire certifier.
Une chose est sûre : tous les vignerons de la gamme d’Anthocyane travaillent de façon propre, respectueuse de l’environnement et de la santé des consommateurs.
Période idéale de consommation
C’est à la fois une question classique (« garder ce vin en cave ou le consommer rapidement ? ») et une question impossible. Un bon vin est bon à chaque étape de sa vie. Mais il se peut qu’il soit particulièrement bon durant une certaine période : c’est son apogée.
Par ailleurs, certains d’entre nous apprécient les arômes de fruits frais et l’énergie un peu sauvage de la jeunesse. D’autres préfèrent les arômes d’évolution et les vins fondus, apaisés.
Degré d’alcool
En soi, le degré d’alcool ne signifie pas grand-chose pour le dégustateur. Un vin peut être excellent avec 11% d’alcool (voire moins) ou avec 14% d’alcool (voire plus).
Tout dépend de l’équilibre du vin et en particulier des éléments qui contrebalancent l’alcool : fraîcheur, acidité, amertume, salinité. Par contre, du strict point de vue de notre santé, quelques grammes d’alcool en moins ne font certainement pas de tort.
Appellation
Au risque de décevoir, une appellation sert avant tout à valoriser un vin et donc à protéger le vigneron. Une appellation n’est pas une garantie de qualité pour le consommateur, c’est au mieux une garantie de conformité.
Certains vignerons choisissent de déclasser un ou plusieurs vins vers le simple « Vin de France », parce qu’ils préfèrent mettre en avant leur vision personnelle que se soumettre aux contraintes plus ou moins pertinentes d’une appellation. Il est notoire que les gestionnaires d’appellations n’aiment pas trop les vignerons iconoclastes, ceux qui ont tendance à s’éloigner du classicisme politiquement correct.
Prix
Il me semble difficile de trouver un vin de qualité au-dessous de € 5 (prix consommateur en Belgique, toutes taxes comprises). Tenant compte de la TVA, des accises, du transport, de la marge du distributeur, il reste plus ou moins € 2 pour le vigneron. Avec ces deux euros, celui-ci doit payer la bouteille, le bouchon, l’étiquette…il ne reste quasi rien pour le vin lui-même.
Au-delà de ce seuil, prix et qualité croissent de conserve: il est très probable qu’une bouteille vendue € 15 par un commerçant honnête soit plus intéressante qu’une bouteille vendue par ce même commerçant à € 8.
A contrario, au-delà des € 30, prix et qualité perdent toute espèce de corrélation. On entre de plein pied dans l’irrationnel.
Millésime
Chaque millésime diffère du précédent, parce que les circonstances météorologiques ne sont jamais identiques. Dans une région donnée, telle année donnera généralement des vins plus mûrs, plus riches et plus chargés en alcool. Telle autre année donnera des vins plus fins, plus élégants et plus chargés en éléments acides.
Généraliser à l’ensemble du vignoble est impossible. Affirmer que tel millésime est meilleur que tel autre est une simplification abusive. Le millésime réputé « petit » peut agréablement surprendre.
Accord mets et vins
Avec quel plat servir ce vin ? En Belgique, le vin se boit à table, donc question essentielle. Un accord majeur est une source de grand plaisir pour l’amateur : le vin améliore le plat et le plat améliore le vin. Le tout forme un ensemble harmonieux du type 1+1=3. Mais ces instants sont rares et imprévisibles.
Un bon accord est un dialogue. Tel élément du plat et tel élément du vin se répondent positivement. C’est déjà pas mal. Encore faut-il accepter que l’accord se fasse souvent via une épice, une sauce, une sucrosité ou une texture. Et que la pièce de bœuf ou le filet de sole ne jouent en fin de compte qu’un rôle accessoire dans l’accord.
Donc, je me suis bien gardé de faire des recommandations de plats. Désolé.
« Je voudrais trouver un vin blanc, sec, d’un faible degré d’alcool et qui puisse être dégusté endéans les quelques mois. Une recommandation ? »
Oui.
Parmi les 35 vins de la gamme, 4 vins correspondent parfaitement à cette demande. Deux Touraine des Bois Vaudons, une roussanne de Gilles Bonnefoy et un Muscadet du Domaine Pierre Luneau-Papin.
Bonne sélection !
PS: je propose également un carton-découverte en 6 bouteilles différentes et un carton-éblouissement en 6 bouteilles itou. Cela se commande ici.
Le sud-est de l’Angleterre regorge de jardins, de pubs pluriséculaires, de vieilles pierres, de haies touffues. On y cultive les céréales, le houblon, le pommier, le cerisier, le prunier et le mouton. Surtout le mouton, dont le bêlement si musical retentit pour un oui ou pour un non.
L’Eurostar y pullule et la plupart des automobilistes circulent à contre-sens.
Le Kent se considère comme ‘the Garden of England’. Il y pleut 740 millimètres par an (850 millimètres à Bruxelles) et il y soleille 1.650 heures par an (1.550 heures à Bruxelles). Vous me voyez venir ?
En effet, le Kent produit du vin. Une quinzaine de domaines sont aujourd’hui répertoriés. Parmi eux, Chapel Down à Tenterden (3 sur la carte ci-dessous).
Chapel Down ressemble plutôt à une ‘winery’ du Nouveau Monde, avec boutique, restaurant assez chic, jardin d’herbes aromatiques et parcours fléchés dans les vignes. Le promeneur y croisera du chardonnay et du pinot noir, mais aussi du rondo, du siergerrebe et du bacchus, tous cépages hybrides crées en Allemagne destinés à mûrir sous les climats septentrionaux. Quelques pommiers également.
Le bacchus compte parmi ses ancêtres le riesling et le silvaner. Il a été planté à Chapel Down dès 1987 et y produit aujourd’hui des vins aromatiques et dotés d’une belle fraîcheur. J’ai particulièrement apprécié le Tenterden Estate Bacchus Reserve 2011: on pourrait penser à certains blancs néo-zélandais. Intéressant Nectar Late Harvest 2012, demi-sec à 8,5% d’alcool: jolie dentelle délicate, bel apéritif (cépage siegerrebe).
Comme dans la plupart des domaines anglais, la production est très orientée vers les bulles (‘sparkling wines’), élaborées à base de cépages champenois. Les prix sont également assez champenois: comptez de £ 20 à £ 27 pour un flacon.
Le rouge Union Red 2011 (pinot noir & rondo) m’a paru plus anecdotique, avec peu de centre.
cliquer pour agrandir
A quelques kilomètres au nord-ouest, voici Biddenden Vineyards (2), propriété familiale où les premières vignes ont été plantées en 1969. Cela en fait le plus ancien Domaine du Kent. Un pionnier en somme. 9 hectares, majoritairement consacrés au cépage ortega. Encore un hybride teuton, qui compte le gewürztraminer parmi ses aïeuls. L’Ortega 2012 est un blanc tendre et parfumé, aromatique et léger (11%).
Au sud, à la frontière avec le East Sussex, Sandhurst Vineyards (12) paraît plus ‘paysan’. Le vignoble est très soigné. Ici, on est dans la polyculture: contigu au vignoble, un magnifique champ de houblon (est-ce qu’on dit ‘champ de houblon’ ?) et même un rang de pruniers haute-tige. Je n’ai pas le souvenir d’un paysage comme celui-là, moitié vignes, moitié perches-tuteurs de lianes de houblon. Je n’ai malheureusement pas eu la possibilité de goûter les vins.
Il n’existe pas de système d’appellations d’origine en Angleterre: les meilleurs vins portent la mention ‘English Quality Wine‘ ou ‘English Regional Wine‘.
Concrètement, y-a-t-il matière à vous proposer des vins anglais ? I’m afraid not, les prix me paraissant trop élevés.
PS: attention à tout ce qui porte une mention ‘British Wine’. Il s’agit de ‘vins’ élaborés en Grande-Bretagne à partir de moûts concentrés, importés de tous pays. On y rajoute de l’eau, des levures et hop ça fermente…Donc, ne pas confondre vin anglais et vin britannique !
Pourquoi si tôt ? Sans doute pour devancer la sortie du guide concurrent (Bettane & Desseauve), prévue pour le 29 août.
Quoi de neuf par rapport à l’édition précédente ?
39 domaines font leur apparition: 12 châteaux bordelais (sic), 18 domaines du sud de la France et 9 domaines « nordistes ».
A titre personnel, je suis content de retrouver parmi les petits nouveaux le Domaine de Brin à Gaillac. Bravo Damien !
Malheureusement pour le lecteur, aucune indication ne permet de repérer les domaines qui quittent le guide. Difficile également de vérifier si la cote d’un Domaine est à la hausse ou à la baisse par rapport à l’édition précédente du guide.
Triple-étoile
Le Domaine Ponsot (Morey-St-Denis en Bourgogne), les Champagnes Louis Roederer (Reims) et les Juras de Jacques Puffeney (Montigny-les-Arsures) font à présent partie du club des 70 propriétés triple-étoilées qui, je cite « …représentent l’excellence du vignoble français. Les meilleurs terroirs exploités par les plus grands vignerons. Déguster leur vin est toujours un moment magique« . A bon entendeur…
Cheval Blanc (St-Emilion) retrouve une place au sein de ce club triple-étoilé, après quelques années de purgatoire. Par contre, Bonneau du Martray (Corton-Charlemagne) perd discrètement sa troisième étoile.
La majorité des membres de ce « club des 70 » sont bordelais ou bourguignons. Vu l’équilibre entre offre locale et demande mondiale, les prix de ces vins sont en général aussi stratosphériques que décourageants. Mes félicitations néanmoins aux heureux propriétaires (j’ai un certain mal à utiliser le mot « vigneron ») de ces châteaux/domaines de prestige. Je rappelle que « prestigieux » est un mot poli pour dire « très cher ».
Fin 1995, lors de la parution de la première édition de ce guide annuel, le club triple-étoilé ne comptait que 25 membres. Cette forte inflation de l’élite a néanmoins permis de donner leur place aux régions moins prestigieuses (Loire, Languedoc, Provence, Jura, Roussillon).
Peut mieux faire
On peut évidemment regretter que certaines descriptions de domaines aient une fâcheuse tendance à se faire réimprimer à l’identique, année après année.
Je reste aussi perplexe à la lecture du tableau des millésimes en page 33: le guide contribue à entretenir une illusion simpliste. Est-il possible de résumer la vendange 2011 dans le Languedoc par un simple 14/20 ? Comment vous et moi devons-nous comprendre que les Juras 2008 valent 17/20 et que les Juras 2010 valent plutôt 16,5/20 ? Comment justifier que (tous) les vins blancs de Loire 2011 doivent être bus endéans les trois ans ? Où sont passés la Savoie et le Beaujolais ? Pire, pas une phrase pour contextualiser ce tableau ni pour en rappeler les limites.
Le guide est peu disert sur sa méthode, le bref texte en page 4 ne précisant par exemple pas si les vins ont été goûtés à l’aveugle. J’en déduis malicieusement que la réponse est probablement non…
Statistiques
Pour les amateurs voici quelques anecdotes chiffrées:
Bordeaux pèse 279 points (par addition des étoiles); le Sud-Ouest pèse 35 points, le Beaujolais 19 et le Jura 14…pffff
Parmi d’autres, Louis Magnin (Savoie), Tour des Gendres (Bergerac), François Villard (Rhône-nord), les Marronniers (Alsace), Faiveley (Nuits-St-Georges) perdent des plumes
20% de progression par rapport à 2013 du nombre de Domaines en bio ou en biodynamie.
J’étais à la recherche d’une bonne carte géographique montrant la continuité entre le vignoble bordelais et celui du Sud-Ouest. Cela s’est avéré plus compliqué que prévu. Merci à l’office du tourisme de la Région Aquitaine pour celle-ci, approximation acceptable.
Administrativement, le vignoble est bordelais lorsqu’il se situe dans le département de la Gironde. Dès que l’on passe en Dordogne ou dans le Lot-et-Garonne, c’est le Sud-Ouest.
Comme si une muraille épousant très exactement les limites départementales séparait une bonne fois pour toutes le prestigieux Bordelais d’un Sud-Ouest destiné à rester dans son ombre.
Pourtant, la géologie et la climatologie ne sont guère différentes. L’encépagement est très semblable. La Garonne et la Dordogne arrosent l’un comme l’autre.
Amusant: l’enclave de Sainte-Foy-la-Grande, petite ville de Gironde et à ce titre parée de l’appellation « Sainte-Foy-Bordeaux« , mais littéralement entourée par les Bergerac, Haut-Montravel et Saussignac qui fleurent bon le Sud-Ouest.
Pour une raison qui m’échappe, j’ai toujours apprécié les régions frontalières. A cause de cet équilibre entre rupture et continuité. Tout change et rien ne change. Lorsque que l’on joint le Limbourg belge au Limbourg néerlandais, une toute autre géographie apparaît, sans respect rigide pour des limites administratives surannées. Ce n’est ni la Flandre, ni la Hollande. On fait du vin à Maaseik comme à Maastricht, à Genoels-Elderen comme à Thorn, à Teuven comme à Valkenburg.
Bref, je pars ce lundi matin vers l’Aquitaine, avec la ferme intention de mieux comprendre ce qui réunit et ce qui différencie Bordeaux de Bergerac et Côtes-de-Duras de Coteaux-du-Marmandais. En tous cas, c’est un voyage au pays du cabernet et du merlot, du sauvignon et du sémillon. Pas trop de cépages « exotiques » donc, quoique l’abouriou et la muscadelle se débrouillent bien pour ancrer les vins dans leur identité locale.
On annonce une météo torride, genre 37°2 le midi. J’espère que les caves sont fraîches…
17 juin: orage de grêle sur Vouvray. Presque tous les villages de l’appellation sont touchés. A Reugny, des vignes sont détruites à 100%.
Philippe Foreau, du Clos Naudin : « Je ne suis pas dans les plus touchés. Mais, chez certains confrères, les bois sont marqués d’une manière incroyable par l’impact de grêle. Je pense à eux, qui sont frappés à 100%.
Je n’ai jamais vu un tel cas de figure. Certains disent qu’il faut remonter à 1930 pour un épisode pareil. La difficulté, c’est que les bois qui restent ne seront pas forcément fructifères. On est en plus dans un métier où de nouvelles normes ont été demandées pour les bâtiments par exemple, sont coûteuses et imposent des emprunts lourds aux jeunes. Sans compter qu’avec le temps, les risques de mildiou sont énormes. Il faut donc nettoyer les ceps un à un. Vraiment, c’est incroyable : on a retrouvé un lièvre, un corbeau et un chevreuil morts…
Mais je ne suis pas le plus à plaindre. Un voisin m’a dit que des fils de fer neuf ont été rompus par la grêle. J’ai longtemps été insouciant en regard du ciel. Depuis quelques années, je dois dire que je m’en préoccupe de plus en plus. »
09 juillet: orages violents sur la Drôme. Les vignobles de Crozes-Hermitage sont lourdement affectés.
23 juillet: orage de grêle en Côte de Beaune: Pommard, Aloxe-Corton, Volnay, Meursault, Beaune, Savigny-lès-Beaune et Pernand-Vergelesses particulièrement touchés. 1.350 hectares concernés, soit 5% du vignoble bourguignon.
« Il est tombé plus de 60 mm d’eau. Le vent a projeté les grêlons contre la végétation. Et ça a tourbillonné pendant 45 minutes », rapporte Jean-Pierre Guillemot, du domaine Pierre Guillemot, à Savigny-lès-Beaune.
26 juillet: violents orages sur la Gironde. Le clocher de l’église de Pauillac est tombé, à cause de rafales de vent mesurées à 165 kms/heure.
26 juillet: le vignoble champenois est touché par des orages de grêle à Saint-Thierry et à Hermonville (là où se situent les vignes de Francis Boulard).
Simplement quelques mots de soutien à tous les vignerons qui voient des mois et des années de travail réduits en bouillie en quelques minutes.
En Touraine, 2012 n’avait déjà pas été facile (gelées printanières). Je me souviens d’un vigneron m’expliquant qu’un millésime avec une (très) petite récolte, ça fait mal mais ça passe. Il me disait aussi que 2013 ne pourrait en aucun cas ressembler à 2012…
Une vigne blessée, détrempée est fragile. Elle va nécessiter beaucoup de soins. Et donc beaucoup de travail supplémentaire. Bon courage !
Un programme de dix soirées que d’aucuns qualifieraient sans doute de « cours d’œnologie ». Disons que j’anime à ma façon un moment de convivialité autour de quelques flacons choisis.
Avec l’ambition non dissimulée de partager ce que j’ai appris, sans jargon ni baratin pédant.
Concrètement:
dix soirées, de 19h30 à 22h30 et de septembre à juin
chaque soirée autour d’un thème et de 8 bouteilles
toujours le jeudi, à partir du 19 septembre; ensuite le 17 octobre; dates suivantes à convenir
pas de connaissances préalables requises
repas simple en fin de dégustation
documentation écrite fournie
un participant empêché peut se faire remplacer par un autre amateur
à l’adresse habituelle: rue des Chats 171 à 1082 Berchem-Ste-Agathe, à 1 minute du Ring Ouest (sortie 12)
prix (TVA comprise) par personne pour les 10 séances: € 300
Quelques thèmes qui pourraient être abordés :
nature, bio, sans soufre, biodynamique, équitable…une mode ou une lame de fond ?
le prix d’un vin est-il proportionnel au plaisir qu’il donne ?
les vins septentrionaux et les vins méridionaux : sont-ils différents ?
les vins vendus en supermarché : déception garantie ou rapport qualité/prix imbattable ?
les vins belges : simple anecdote ou futur radieux ?
les bulles : Champagne ou non ?
évaluer un vin : COMPLEXITE, ORIGINALITE, MESSAGE, EQUILIBRE, PERSISTANCE, INTENSITE
la Loire : une réserve inépuisable de vins fascinants
raisin et chêne : mariage d’amour ou malentendu ?
Inscriptions dès à présent via le formulaire ci-dessous:
Il se confirme que l’augmentation des accises sur le vin entre en vigueur à partir du mois d’août 2013. L’augmentation sera cette fois-ci de 8%, après celle de 12% du mois de janvier 2013.
Est-ce une bonne nouvelle ? Non. Est-ce une mauvaise nouvelle ? Au niveau micro-économique, pas vraiment.
Je profite de l’opportunité qui m’est offerte par Elio et sa bande pour clarifier l’importance des accises dans le prix total d’une bouteille de vin.
Les accises vont passer de € 52,75 par hectolitre à € 56,97 par hectolitre. L’impact est donc de 3 centimes (hors TVA) par bouteille de 75cl, quel que soit le prix de vente de cette bouteille.
Si le commerçant vous refacture cette augmentation (ce qui -désolé- me semble vachement normal), une bouteille vendue € 9,00 (TVA comprise) en juillet vous coûtera en août …€ 9,04 (TVA comprise).
Voilà, il y a des problèmes plus sérieux que celui-ci, non ?
Attention malgré tout aux « bulles » qui sont grevées d’accises beaucoup plus lourdes: l’impact est de 13 centimes par bouteille (TVA comprise).
Plus de 50 vins différents à la vente, disponibles sur place : mes sympathiques bouteilles sont impatientes de bondir dans le coffre de votre voiture ! Ne les abandonnez pas chez moi !
il y a deux emplacements de parking devant le garage du n° 173, c’est-à-dire devant chez mes voisins Bruno & Myriam: endroit idéal pour charger les bouteilles et/ou les cartons. Appelons ça un « parking express »: svp, ne s’y garer que pour charger !
les bouteilles et les cartons sont en général munis d’une pastille blanche indiquant la référence du vin; cette référence se retrouve sur le tarif que je vous remets à votre arrivée
svp, pas de paiements en cash: comme d’habitude, je vous transmets une facture et un numéro de compte bancaire
les stocks de certains vins sont très limités; tout mon stock est sur place: quand il n’y en a plus, il n’y en a plus !
la météo est du genre chaud et sec: donc, dégustation devant la maison, sous la tonnelle
le garage a été transformé en petit magasin: n’hésitez pas à vous y promener !
les commandes déjà facturées/payées peuvent évidemment être enlevées vendredi et samedi; elles se trouvent dans le hall d’entrée de la maison.
Le programme de dégustation (sous réserve):
Frédéric Mabileau Saumur Chenin du Puy blanc sec 2008
Château de Lavernette Pouilly-Fuissé JJ de Boissieu (100% chardonnay) blanc sec 2011
Badoz Côtes du Jura Arrogance (100% chardonnay) blanc sec 2011
Badoz Côtes du Jura Les Roussots (100% chardonnay) blanc sec 2011
Badoz Côtes du Jura Dédicace à Pierre (100% pinot noir) rouge 2009
Badoz Côtes du Jura Trousseau rouge 2011
La Borde Arbois-Pupillin Foudre à Canon (100% savagnin) blanc sec 2011
La Borde Arbois-Pupillin Tradition (savagnin & chardonnay) blanc typé 2009
La Borde Arbois-Pupillin Ploussard de Feule rouge 2012
Le hasard fait décidément bien les choses. Je croise une copine en quête de son sandwich méridional. On parle de tout et de rien. On évoque les progrès de bébé Anthocyane. Une oreille attentive nous entend. Je poursuis mon chemin et le propriétaire de l’oreille attentive me hèle. « Vous vendez du vin ? Moi aussi ! ». Le contact est direct, sympathique. Ma carte de visite trouve son chemin vers le portefeuille du propriétaire de la susmentionnée oreille. Je poursuis mon chemin, de bonne humeur.
Donc, Yves Gouttenègre vend du vin. Et comme il s’appelle « Rhône-Vins« , vous comprendrez qu’il s’est spécialisé dans une région qu’il connaît très bien, pour en être originaire. Il a des amis vignerons. Dans le coin de Cornas, par exemple. Il est installé à Feluy, entre Nivelles et La Louvière.
Bref, Yves et moi avons le plaisir de vous proposer quelques vins rhodaniens. Les six vins ci-dessous seront en dégustation lors de la Fête du Vin. Les voici, de 100% grenache jusqu’à 100% syrah, en passant par différents assemblages:
Domaine La Fourmente Côtes du Rhône-Villages Visan Grains Sauvages (100% grenache) 2010
Domaine des Espiers Gigondas Tradition (65% grenache, 35% syrah) 2011
Domaine de Fondrèche Ventoux Nadal (50% grenache, 40% syrah, 10% mourvèdre) 2011
Ces vins peuvent être commandés dès à présent. Le prix ‘à la bouteille’ est identique à celui pratiqué par Rhône-Vins. 5% de réduction logistique pour achat par multiples de 6 bouteilles.
PS: le sandwich de ma copine est méridional parce qu’il se mange à midi. Capice ?
Sous le titre général « Révélation », la Revue du Vin de France de juin 2013 consacre un papier à la lecture efficace des étiquettes des vins ‘non-français’.
L’intention est louable et le sujet intéressant. Vous avez choisi de mettre quatre pays en exergue, tout en limitant l’espace disponible à une page par pays. Vous vous obligez ainsi à faire preuve de concision et à sélectionner l’information la plus pertinente. C’est un exercice particulièrement difficile.
En tant qu’amateur de vins allemands et autrichiens, je voudrais vous faire part de quelques réflexions.
Allemagne
Le vignoble allemand semble être assimilé au seul riesling. Or, ce cépage ne représente que 20 à 25% du vignoble.
Soit, concentrons-nous donc sur l’étiquette des vins élaborés à partir du riesling.
L’article se focalise sur la classification des vins en fonction de la richesse en sucres du moût. Il est vrai que cette classification constitue un aspect historiquement essentiel, certainement depuis la promulgation de la loi de 1971. Mais…
les qualités ‘beerenauslese’, ‘trockenbeerenauslese’ et ‘eiswein’ ne représentent qu’une infime proportion des vins allemands : est-il judicieux d’y consacrer du texte lorsque l’espace disponible est si mesuré ?
je me demande si la comparaison entre TBA et vin de paille jurassien est correcte, le premier étant toujours séché sur pied…et le second ne l’étant jamais !
la définition de ‘Kabinett süß’ est une coquille : ce terme s’applique pour les vins présentant une richesse en sucres résiduels supérieure à 45 grammes/litre. Entre 18 grammes et 45 grammes, le terme utilisé est ‘lieblich’.
sur les étiquettes, il est usuel de n’indiquer que le mot ‘trocken’ (si ‘trocken’ n’est pas mentionné, c’est que le vin n’est pas sec) ; peut-être aurait-il fallu mentionner qu’un vin sec contient normalement moins de 4 grammes de sucre résiduel…alors qu’en Allemagne, beaucoup de vins ‘trocken’ s’approchent de la limite légale des 9 grammes.
à ma connaissance, la qualité ‘spätlese’ ne peut être accordée à un riesling que si le moût titre au moins 76 °Oe (Moselle), voire 85 °Oe (Rheingau), c’est-à-dire un minimum de +/- 180 grammes de sucre dans le moût (Moselle) et de +/- 205 grammes (Rheingau).
les BA et TBA sont décrits comme « riches », alors que leur degré d’alcool est en général compris entre 5,5% et 9%.
Affirmer, pour un vin titrant 7,5%, que « la fermentation n’est pas allée tout-à-fait au bout » est un euphémisme, puisque le degré potentiel est très souvent supérieur à 12%.
Il me semble que la « double classification » historique (richesse du moût en sucres et richesse du vin en sucres résiduels) n’est pas vraiment mise en lumière. En particulier, le titre de ce paragraphe (« Chaque vin est défini par sa richesse en sucre ») me semble constituer une simplification abusive.
Par ailleurs, le choix a été effectué d’illustrer l’article par une étiquette de Willi Schaefer. Très bon choix, mais sous-utilisation du potentiel de ce document.
En effet, cette étiquette ne porte aucune mention d’une appellation, en tous cas au sens franco-italien de la chose. Elle porte par contre le nom d’une région (Moselle), d’un village (Graach) et d’un lieu-dit (Himmelreich). Le lieu-dit est un indicateur de qualité au moins aussi important que la richesse en sucres.
Vient ensuite l’aigle stylisé, porteur d’une grappe, qui figure en bas et à droite de l’étiquette. La présence de ce logotype indique que le vigneron fait partie d’une association : VDP (Verband Deutscher Prädikatsweingüter e. V.). Quoique privée, cette association joue un rôle essentiel dans l’évolution de l’étiquetage des vins allemands de qualité. Elle regroupe un peu plus de 200 vignerons, de haut niveau.
Depuis les décisions prises en janvier 2012, VDP finalise un long processus, à savoir la mise en place d’un système bourguignon à quatre niveaux pour classer les terroirs.
Cette classification se retrouve sur les étiquettes, dès le millésime 2012. Gutswein (appellation régionale), Ortswein (appellation village), Erste Lage (terroir Premier Cru) et Große Lage (terroir Grand Cru). Le mot ‘Lage’ peut se traduire par lieu ou emplacement. Il ne dit rien sur le vin en tant que tel, il qualifie de façon précise l’origine géographique des raisins.
On pourrait mentionner le terme ‘Großes Gewächs’, qui désigne exclusivement des vins secs issus d’un grand terroir. Großes Gewächs est matérialisé sur l’étiquette par une double lettre majuscule (GG). Une sorte d’élite parmi les vins secs.
Autriche
L’étiquette méga-baroque des vins d’Emmerich Knoll (Wachau, Autriche)
C’est subjectif, mais je regrette que l’article s’ouvre sur les événements de 1985. La valeur informative de la chose en 2013 me paraît négligeable.
Je ne comprends pas bien pourquoi le Burgenland est qualifié de « région septentrionale », d’autant que le style des vins rouges de la région est plus influencé par l’Italie que par l’Allemagne. Géographiquement, on est aux frontières de la Hongrie et de la Slovénie.
La Wachau serait « au sud-est »…alors qu’elle se situe en réalité un peu au nord de la latitude de Vienne.
On produit quelques liquoreux en Basse-Autriche, mais la plupart de ces vins proviennent du Burgenland (Kracher, Opitz, Feiler-Artinger, Velich…).
« 30.000 hectares le long du Danube »…C’est une image, dans la mesure où une moitié de ces vignes n’entr’aperçoivent le Danube que de fort loin (Weinviertel).
Les meilleurs sauvignons autrichiens proviennent plutôt de Styrie, c’est-à-dire d’Autriche méridionale.
Quant au Zweigelt, pourquoi ne pas indiquer qu’il est un croisement entre Blaufränkisch et St.-Laurent ? Il porte d’ailleurs le nom de son créateur, Friedrich Zweigelt.
« L’exception Wachau » est en fait la création d’une association privée, la ‘Vinea Wachau Nobilis Districtus’. Les termes ‘Steinfeder’, ‘Federspiel’ et ‘Smaragd’ sont des marques commerciales. Les vignerons non-membres de l’association ne peuvent pas les utiliser.
Comme en Allemagne, l’étiquette autrichienne peut porter le nom d’un village et d’un lieu-dit, indicateur de qualité. A titre d’exemple, l’étiquette d’Emmerich Knoll choisie pour illustrer l’article mentionne ‘Ried Schütt’ et ‘Dürnsteiner riesling’. Le lieu-dit, le village et le cépage.
Le vignoble du Stein (Würzburg, Franconie, Allemagne, en bord de Main)
Voilà. Il y a évidemment beaucoup d’autres choses à écrire sur le sujet et encore beaucoup plus de choses que j’ignore.
Il me semble que votre article est à la fois courageux et le témoin d’une certaine méconnaissance du sujet par le monde latin. Sans surprise, les vins allemands sont exportés avant tout vers les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, la Scandinavie et l’Extrême-Orient. Leur présence en France, en Espagne et en Italie est anecdotique.
Si l’on peut comprendre une difficulté à aborder les équilibres mosellans avec peu d’alcool, beaucoup de sucre et énormément d’acidité, d’autres régions (Franconie, Bade…et Autriche) proposent des vins dont les équilibres sont plus proches de ceux des vins français, tout en ayant une personnalité marquée.
Merci pour votre courrier très argumenté, parfaitement clair, qui a retenu toute mon attention.
Nous sommes très sensibles aux précisions que vous apportez et en rendrons compte dans une très prochaine édition de La RVF.
Il est certain que la place réduite dont nous disposions nous a contraints à effectuer des choix parfois cornéliens (par exemple le focus sur le riesling dans les vins allemands, que vous soulignez à juste titre).
Ce manque de place a également favorisé des simplifications de présentation qui ont altéré la restitution de la complexité des étiquetages des vins dans les pays concernés.
Votre courrier nous donne toutefois l’envie d’approfondir la question. Nous serions d’ailleurs très heureux de vous solliciter, si vous en êtes d’accord et si vous aviez un peu de temps à nous consacrer, afin que nos lecteurs puissent profiter de votre expertise.
D’ici là, je vous adresse mes plus cordiales salutations et vous remercie pour votre fidélité.
Aujourd’hui, Le Soir encarte un supplément ‘Le Soir Plus’ spécial vins. En soi, une initiative qui pourrait séduire: 12 pages de lecture potentiellement intéressante.
Patatras, je tombe de ma chaise à la lecture de ce machin trois quarts figue, un quart raisin.
Le thème: les vins d’été. C’est le moment. Malgré nos 11° C et la drache qui n’arrête pas. Passons en Une sur la photo en pied de la star Eric et entrons dans le vif de notre sujet.
Page 2: pas de chance pour ceux qui attendent une information, ils reçoivent un ‘publi-reportage’ manifestement payé par un outil de promotion du rosé de Provence. Je note que le sommelier considère que : « l’ensemble [des vins dégustés] est homogène et d’un très bon niveau« . Ben tiens. Une dizaine de cuvées ont été dégustées. Lesquelles ? Ce n’est pas indiqué…
Page 3: voici l’éditorial. Au moins, il est signé par son auteur. C’est le seul article dans ce cas, tout le reste étant camouflé derrière un anonymat que je trouve déplaisant. Il est annoncé que les clichés ne seront pas évités: je confirme, un bon point pour la lucidité de l’éditorialiste. Quant à sa volonté de « penser autrement, juste un peu à côté des habitudes« , j’avoue ne pas avoir bien compris.
La page 6 est titrée: « Le rosé sera la tendance de cet été !« . Ne nous plaignons pas, nous avions été prévenus…les clichés ne seront pas évités…Je laisse aux experts-vinificateurs le soin d’analyser les explications techniques consacrées à la vinification des rosés; de mon point de vue, on mélange le vrai et le très approximatif.
Colruyt finance la page 7. Et la page 11. Merci.
Ah cette page 10, j’adore…On nous invite à découvrir les vins de montagne. Outre un bête vin suisse (le fendant du Lion noir dans un carré rouge), sont présentés 4 vins du …Jura ! Le Jura viticole, j’en reviens et j’ai bien regardé. A ma connaissance, son point culminant se situe à +/- 600 mètres, dans le village de Pupillin. Et toutes les vignes sont plantées (nettement) plus bas.
En fait, l’essentiel du vignoble jurassien est planté entre 250 et 400 mètres d’altitude. Comme en Bourgogne, comme en Alsace, comme en Beaujolais.
C’est la montagne, ça ? Non, Arbois, ce n’est décidément pas Chamonix…
Je reviens sur ces 4 vins jurassiens, au demeurant représentatifs du meilleur de la région: Stéphane Tissot, Laurent Mâcle, le Domaine Pignier, très bien !
Par contre, les prix pratiqués chez leur distributeur sis au 28 du Boulevard de la Woluwe: gloups ! Le Côtes du Jura 2007 de Mâcle s’est vendu € 12 à la propriété. Le proposer à € 21,75 à Bruxelles me pose question. Enfin, je ne suis certainement pas objectif.
Un seul vin est présenté sans la mention de son prix: le PMG (Pour Ma Gueule) de Stéphane Tissot. Pour l’avoir goûté il y a quelques années, je confirme que c’est exceptionnel. C’est vendu en Belgique à € 96. Pour 37,5 cl. Autant savoir.
Delhaize finance la page 12. Merci.
Conclusion: est-ce de l’information ou du Canada Dry ? Le Soir déconne-t-il ? Suis-je un irréductible puriste, pisse-vinaigre, râleur, idéaliste, type Don Quichotte du XXIe siècle ?
Je connais Dirk Rodriguez, Directeur de Rédaction du magazine VINO!, depuis l’époque où il animait le site Internet kurkdroog, essentiellement consacré aux meilleurs vins disponibles dans la grande distribution.
Dirk collabore également à De Morgen. Je me souviens aussi avoir été invité par lui à une dégustation de vins grecs du côté d’Alsemberg, par une froide soirée d’hiver.
Il m’a rendu visite le 27 février: son papier figure ci-dessous (deux liens vers fichiers .pdf, versions FR & NL).
Je vous invite en particulier à noter les points suivants:
le goût esthétique très sûr de votre serviteur qui combine le T-shirt orange avec l’étiquette rouge ‘bordeaux’ d’une bouteille du Domaine de Brin (en vente en ce moment – quel timing !)
le titre de l’article me qualifiant de ‘missionnaire’, ce qui ne manque pas de piquant pour ceux qui se souviendraient de certains aspects de mon passé ULBiste
la stupidité de mon point de vue commercial ligérien, ce qui m’invite à faire preuve d’une humilité de bon aloi. Cela dit, je vends en ce moment des vins de Loire (…quel timing !).
Bonne lecture et bonne chance au Jeu des Sept Erreurs. Il y a une belle bouteille à gagner pour celui ou celle qui postera ci-dessous le commentaire le plus drôle, le plus sympathique, le plus…enfin…le plus ‘quelque chose’.
Le jury se compose bien entendu de moi, moi et moi. Ce jury est parfaitement subjectif et ses décisions sont sans appel. Tentez votre chance ! Go !
Voici les liens vers les versions FR & NL de l’article:
Pupillin. Mon camp de base durant ce séjour dans le Jura. Le village surplombe son vignoble. Des maisons vigneronnes tout le long de la rue principale, opportunément nommée rue du Ploussard.
La mairie, l’église et le restaurant: c’est le Grapiot et j’y reviendrai.
Fruitiers en fleurs, météo radieuse (du moins le mercredi et le jeudi) et accueil très sympathique chez Dominique et Valérie, à la maison d’hôtes ‘La Part des Anges‘.
Des rencontres avec Valérie Closset, Julien Mareschal, Nicole Deriaux, Chantal Berthet-Bondet, Damien & Anne-Laure Petit et Benoît Badoz.
Six domaines qui expriment la grande diversité du vin jurassien.
Histoire (Badoz à Poligny, dixième génération depuis 1659) et création (La Borde existe depuis 2003).
Surprenante belgitude (les vignes de ce qui s’appelle aujourd’hui ‘Champ Divin’ ont été reprises par un couple namuro-libramontois) et racines profondément franc-comtoises.
Propriétés à la taille d’un homme et grands vignobles (la Maison Désiré Petit exploite 25 hectares de vignes).
Avec le temps, j’ai accumulé pas mal de livres. Des guides, des ouvrages techniques, des ‘beaux livres’, des pamphlets, des bouquins consacrés à l’oenotourisme, à la gastronomie; en français, en néerlandais, en anglais.
Autant en faire profiter tous les amateurs: quelques dizaines de livres peuvent dès à présent être consultés sur place (que mes fauteuils servent enfin à quelque chose !) ou empruntés.
Voici la liste détaillée de ce qui est actuellement disponible: vino-biblio-thèque