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Pourquoi deux appellations ?

BourgueilPourquoi deux appellations ? Convenons de nommer ‘Bg‘ l’appellation Bourgueil et ‘St‘ l’appellation St-Nicolas-de-Bourgueil.

Bg et St sont contiguës, St constituant une sorte d’enclave au sein de Bg. Les deux appellations partagent le même cépage (cabernet franc, encore nommé breton). Les appellations Bg et St ont toutes deux été créées en 1937 et leur cahier des charges mentionnent le même rendement maximum (55 hl/ha).

St est couverte de vignes (le tiers de la superficie de la commune homonyme), Bg s’étend sur sept communes, mais produit à peine plus de bouteilles que sa consœur: la vigne y est moins omniprésente.

Le rosé représente à peu près 5% du vin produit à Bg; idem à St.

Philippe, enfin, réfléchis un peu: c’est forcément le sol qui distingue les deux appellations et qui est donc responsable de la différence entre les vins.

Bon, lisons ce qu’en dit le syndicat des vignerons de St: « On rencontre donc deux types de sols à Saint Nicolas de Bourgueil : au plus haut de la pente, des sols argilo-siliceux plus ou moins calcaires et plus bas, des sols siliceux, profonds appelés graviers. »

Et voici la version du syndicat des vignerons de Bg: « Les sols sont constitués de tufs de nature argilo-calcaire ou de sable et de cailloux (appelés localement  graves). »

Je ne suis pas géologue, mais je pense comprendre que les deux appellations partagent donc la même dualité entre sols de coteaux d’une part et terrasses d’alluvions d’autre part.

Vins de garde, charpentés et plutôt tanniques sur les coteaux; vins de plaisir immédiat, fruités et ‘gouleyants’, sur les terrasses d’alluvions de la Loire. Autrement dit, un Bg de coteaux ressemblera à un St de coteaux, mais ne ressemblera pas à un Bg d’alluvions !

Conclusion: ce qui différencie ces vins les uns des autres, c’est d’abord leur origine (coteaux ou terrasses), pas leur appellation. Après, tout est entre les mains, plus ou moins expertes, du vigneron.

Fronton

vignoble de la Colombière

Les anciennes Côtes du Frontonnais sont devenues, plus simplement, Fronton en 2005. L’appellation produit annuellement +/- 90.000 hectolitres, ce qui correspond à l’équivalent de +/- 12 millions de bouteilles. Le vignoble se situe entre Tarn et Garonne, entre Toulouse et Montauban. Fort ensoleillement (2.100 heures par an) et faible pluviométrie (640 millimètres par an). Mélange d’influences climatiques méditerranéennes, continentales et océaniques. Le vent d’Autan, sec et chaud, souffle fréquemment.

Chaque Fronton, qu’il soit rouge ou rosé, doit être élaboré avec un minimum de 50% de négrette. Les cuvées d’assemblage peuvent comporter de la syrah (maximum 40%), du cabernet (maximum 25%), du gamay (maximum 15%) et quelques autres cépages locaux.

Les rares vins blancs sont généralement commercialisés en Vin de France.

Mon voyage à Fronton m’a mené au Château de la Colombière et au Domaine Le Roc

Géographie alsacienne

Voici une bonne carte géographique du vignoble alsacien, histoire de mieux situer les différents villages. En orange, l’emplacements des 51 grands crus: Vignoble d’Alsace.

Mon voyage de mars me permettra en particulier d’explorer en profondeur trois parmi ces grands crus: l’Altenberg de Bergbieten, l’Engelberg et l’Altenberg de Wolxheim.

Le samedi, je terminerai un peu plus au sud, du côté du Zotzenberg et du Wiebelsberg.

Les Muscadets et les Gros-Plants sont arrivés

Quand Fred, le vigneron du Domaine de l’Ecu, m’avait annoncé en novembre qu’il envisageait de ‘moderniser’ la cuvée de Gros-Plant, j’avais bien entendu …Gros Pet’.

Mais j’avoue ne pas y avoir cru. Tant pis pour moi…

Crus et Beaujolais

Le Beaujolais, c’est environ 130 millions de bouteilles par an et un peu plus de 20.000 hectares de vignes, entre Mâcon et Lyon, plantées à 98% en cépage gamay. Les 2% restants, c’est du chardonnay qui sert à élaborer le rare Beaujolais blanc.

Officiellement rattaché à la Bourgogne viticole et administrativement à cheval entre les départements du Rhône (si, si) et de la Saône-et-Loire, le Beaujolais est célèbre jusqu’au Japon pour le ‘nouveau’, encore appelé ‘primeur’. Pour le meilleur et pour le pire. Surtout pour le pire.

Au sud, ce sont les paysages magnifiques des ‘pierres dorées‘. Au nord, les meilleurs terroirs qui produisent le Beaujolais-Villages.

Au coeur du Beaujolais-Villages, les dix crus. Pour les amateurs de jeux de société consacrés au vin et par ordre alphabétique: Brouilly, Chénas, Chiroubles, Côte de Brouilly, Fleurie, Juliénas, Morgon, Moulin-à-Vent, Régnié, Saint-Amour. L’élite du Beaujolais.

Il n’est pas autorisé de produire un cru sous la forme ‘nouveau’: déguster un cru du millésime 2012 n’est réglementairement possible qu’à partir de mars 2013. Les bons vignerons élèvent leurs cuvées bien plus longtemps que le minimum règlementaire.

Attention, exception pour le cru de la St-Valentin qui peut être commercialisé dès mi-janvier. Vous devinez pourquoi ?

Les crus les plus réputés, en particulier pour leur capacité à vieillir harmonieusement, sont le Moulin-à-Vent, le Morgon et le Côte-de-Brouilly. Les terroirs d’altitude de Chénas sont très proches, géographiquement et stylistiquement, des terroirs de Moulin-à-Vent. Fleurie est souvent présenté comme le plus féminin des crus du Beaujolais.

25 janvier 2013: vignes à Chénas (lieu-dit Les Brureaux)

Bio…logique !

En tous cas, évolution logique du vignoble vers un plus grand respect des sols, des végétaux, de la vie.

On estime que le vignoble français, qui ne représente pourtant que 3 % des surfaces agricoles du pays, consomme près de 20% des pesticides utilisés par l’agriculture.

Les solutions existent et elles ont fait leurs preuves. Sans surprise, la mise en œuvre de ces solutions requiert du temps, des moyens, des connaissances, une prise de risque et une ferme volonté de respecter l’environnement et la santé du consommateur.

L’agriculture biologique est en forte croissance. C’est particulièrement vrai pour la vigne. Excellente nouvelle.

Cela dit, comme souvent, lorsque l’on creuse un peu, la situation est complexe :

  • des raisins issus de l’agriculture biologique ne sont pas forcément vinifiés biologiquement
  • des raisins issus de l’agriculture biologique ne garantissent pas l’absence de traces de produits chimiques dans le vin, ne fût-ce que parce que la parcelle du voisin est en ‘full chimie’
  • un logo ne prouve qu’une seule chose (et encore) : la bouteille qui le porte répond aux conditions requises pour avoir le droit de l’arborer ; quelle est la valeur réelle de ces conditions ?
  • de nombreux intervenants n’ont aucun intérêt à ce que règne la transparence : imaginez le drame si l’étiquette du vin devait obligatoirement comporter des mentions précises, chiffrées, relatives aux substances chimiques qui se retrouvent dans la bouteille (vous savez, un peu comme sur n’importe quelle bouteille d’eau minérale…)
  • la multiplication des initiatives -positives- affecte la lisibilité du résultat : comment s’y retrouver entre biodynamie, agriculture biologique certifiée ou non, ‘vin nature’, Ecocert, ‘organic’, logos nationaux et européens, ‘en conversion’, coccinelles, Biodyvin, ‘sans soufre’, etc…
  • des substances considérées comme inoffensives au temps t sont considérées comme potentiellement nuisibles au temps t+1
  • aucun vigneron ne maîtrise la météo et les conséquences de celle-ci sur ses vignes : dans certaines régions, certaines années, l’absence de recours aux produits dits phytosanitaires peut impliquer des pertes de rendement très importantes, à un point tel que la survie de l’exploitation est menacée
  • un vigneron n’est d’aucune façon obligé de communiquer sur le sujet: certains vignerons, pourtant en agriculture biologique, font le choix de ne rien mentionner à ce sujet sur leurs étiquettes, préférant se concentrer sur les caractéristiques de leur terroir ou sur les accords mets/vins.

Cela dit, jetez un œil aux étiquettes et aux contre-étiquettes : il y a beaucoup à y apprendre, souvent d’ailleurs par l’absence de certaines mentions. Voici une première tentative de clarifier quelque peu la situation, en me focalisant essentiellement sur les vins français.

Ce logo, français, propriété exclusive du Ministère de l’Agriculture est souvent accompagné par le texte: ‘vin issu de raisins de l’agriculture biologique’. Depuis fin 2007, la gestion du logo AB a été confié à l’Agence BIO (agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique). Ce logo ne concerne que les raisins, pas la vinification. Le contrôle du respect du cahier des charges est confié par l’Etat à un organisme certificateur accrédité. A ma connaissance et en pratique, ils sont au nombre de quatre: CertipaqQualité France, Agrocert et Ecocert.

Les vignes doivent être conduites selon un cahier des charges précis : interdiction du désherbage chimique et de l’utilisation de produits de traitement de synthèse. La protection du vignoble se fait uniquement avec des produits chimiques ‘d’origine naturelle’ tels le dioxyde de soufre (contre l’oïdium) et le sulfate de cuivre (contre le mildiou).

Ce logo-ci, international, correspond à la mise en oeuvre de la biodynamie. La biodynamie est une ‘invention’ d’un philosophe et agronome autrichien, Rudolf Steiner. Celui-ci prononça en 1924 une série de conférences dont le texte constitue la base de l’agriculture biodynamique. Dans le domaine du vin, le rôle du pionnier est dévolu à Nicolas Joly, le propriétaire de la Coulée de Serrant (Savennières, Anjou). L’association Demeter voit le jour en 1978. Aujourd’hui, le débat est ouvert entre ceux qui affirment que les vins biodynamiques ont un surcroît de profondeur et de précision et ceux qui considèrent qu’il s’agit d’une pseudo-science, à la limite de l’ésotérisme. Les biodynamistes Demeter sont peu nombreux, mais comptent en leurs rangs des vignerons très respectés , tels Lalou Bize-Leroy (Bourgogne), Jean-Charles Abbatucci (Corse), Guy Bossard (Loire), Mark Angéli (Loire),  Stéphane Tissot (Jura), Anne-Claude Leflaive (Bourgogne), Jean-Michel Deiss (Alsace), etc…

La biodynamie n’est pas réglementée par l’Etat…et Demeter n’en a pas le monopole. Une autre association, le SIVCBD, Biodyvin, regroupe exclusivement des vignerons biodynamistes français. Ils sont aujourd’hui au nombre de 73, dont François Chidaine (Loire), Olivier (Zind-) Humbrecht (Alsace), château Climens (Bordeaux), Jo Landron (Loire), Franck Pascal (Champagne), château Pontet-Canet (Bordeaux), Marc Kreydenweiss (Alsace), Anne-Claude Leflaive (Bourgogne).

Les 73 domaines Biodyvin exploitent ensemble 1.700 hectares de vignes, soit 0,25% du vignoble français.

Non, ceci n’est à proprement parler un logo. Disons que c’est la mascotte de l’Association des Vins Naturels. L’engagement pris par les membres: élaborer des vins ‘nature’, c’est-à-dire sans aucun additif (intrant) ajouté. Pour devenir membre il faut d’abord être en agriculture biologique ou biodynamique. Paradoxalement, les vins ‘nature’ peuvent être sulfités, mais selon des dosages particulièrement réduits: maximum 30 mg/litre pour les vins rouges, maximum 40 mg/litre pour les vins blancs (doses de soufre total, après mise en bouteilles). La réglementation européenne tolère des doses de soufre cinq fois plus importantes.

Sont membres de l’AVN: Jean-Claude Lapalu (Beaujolais), Mathieu Lapierre (Beaujolais), Patrick Meyer (Alsace), Antoine Arena (Corse), Pierre Overnoy & Emmanuel Houillon (Jura), Le Casot des Mailloles (Roussillon), Pierre Breton (Loire), René Mosse (Loire), Marcel Richaud (Rhône), etc…

Une conclusion provisoire ?

La présence de l’un de ces logos sur une étiquette est un solide ‘plus’. Le vigneron a réfléchi, il a mis en oeuvre sa réflexion concrètement et il est dans l’obligation de rester ‘réveillé’ pour ne pas risquer de perdre sa certification. La démarche lui demande du courage et un amour sincère pour ses vignes.

Le logo ne constitue évidemment pas une garantie absolue de qualité ou d’adéquation au goût du dégustateur. Mais je préfère largement la présence d’un logo ‘bio’ à la médaille, plus ou moins dorée, plus ou moins farfelue, qu’arborent fièrement un tas de flacons…quelconques.

Mais : « début février 2012, le comité permanent européen de l’agriculture biologique a adopté des règles de production pour le vin biologique. La principale différence avec les vins traditionnels porte sur les teneurs en sulfites autorisées.

Pour les vins biologiques, la teneur maximale est fixée à 100 mg/l pour le vin rouge, contre 150 mg/l pour les vins traditionnels, et 150 mg/l pour les vins blancs et rosés (contre 200 mg/l pour les vins traditionnels), avec un différentiel de 30 mg/l lorsque la teneur en sucre résiduel est supérieure à 2 g/l.

Les vins biologiques n’auront le droit d’utiliser ni acide sorbique, ni désulfuration. Et bien sûr, ils devront être élaborés à partir de raisins issus de l’agriculture biologique. Ce règlement entrera en vigueur pour les vendanges 2012. Les producteurs respectant cette nouvelle législation pourront alors utiliser le terme ‘vin biologique’ sur leurs étiquettes, et devront apposer le logo biologique européen et le numéro de code de leur certificateur. »

Autrement dit, nous serons très rapidement confrontés à des vins dits biologiques, certes élaborés avec des raisins issus de l’agriculture biologique, mais potentiellement vinifiés avec des quantités importantes de dioxyde de soufre et avec la complicité d’une longue série de produits chimiques de synthèse.

Législation plutôt laxiste, de type ‘plus petit commun dénominateur’, manifestement destinée à faciliter l’accès au marché -croissant- du bio.

Je m’arrête ici pour aujourd’hui: à suivre !

Climats et Lieux-dits des Grands Vignobles de Bourgogne…

…Voilà le titre alléchant d’un ouvrage publié en septembre 2012.

230 pages de cartes (magnifiques) et 140 pages de toponymie, consacrées aux 1.463 climats et lieux-dits de la Côte de Nuits et de la Côte de Beaune.

Mise en page, qualité d’impression, précision des cartes, photographies, richesse de l’information toponymique… waouh !

Pour chaque climat et lieu-dit, des indications précises de superficies, de rendements et de degrés alcooliques MIN & MAX.

Mais…mon enthousiasme n’est malheureusement que partiel. D’abord et avant tout, il me semble que le titre de l’ouvrage ne correspond pas à son contenu. Pourquoi titrer ‘Bourgogne‘ quand il s’agit exclusivement de la Côte d’Or ? Qu’en pense-t-on à Chablis, à Irancy, à Bouzeron, à Givry, à Fuissé…?

Une définition claire du ‘terrain de jeu’, en première ou en quatrième de couverture, s’impose ! De fait, je me sens un peu floué.

Ensuite, mais c’est ici ma subjectivité personnelle qui s’exprime, le ton est assez conservateur et ‘pro domo’.

Conservateur parce qu’il n’y a aucun recul par rapport à la pertinence de cette multiplicité de crus, lieux-dits, climats, appellations: le livre est une hagiographie de ce qui est, pas une réflexion sur ce qui pourrait être.

‘Pro domo’ parce que d’autres régions en prennent implicitement pour leur grade (est-ce malin ?), parce que la Côte d’Or est présentée comme indiscutablement LE vignoble le plus prestigieux du monde.

Pour l’anecdote, le poème de Pierre Poupon en page 7 se termine par « je suis un bourguignon de saine et rude souche, qui ne boit d’autres vins que ceux de son terroir ». Mouais…il a écrit beaucoup mieux que cela. Non ?

Au final, un très bel ouvrage, érudit et remarquablement réalisé, à la condition de se satisfaire d’une information géographique et toponymique (ni géologie, ni climatologie, ni méthodes culturales), exclusivement consacrée à la Côte de Nuits et à la Côte de Beaune. Autant savoir.

Prix officiel: € 69. Acheté sur Amazon.fr à € 61, livraison comprise.

Aubert de Villaine

Ce qui suit est le texte d’une conférence prononcée récemment par Aubert de Villaine, co-propriétaire et co-gérant du prestigieux Domaine de la Romanée-Conti. La source est le blog BON VIVANT (Nicolas de Rouyn). Bonne lecture.

 

« Au Domaine de la Romanée-Conti, des archives permettent de suivre l’histoire depuis 1000 ans. Comme, d’ailleurs, dans les autres crus du domaine et une grande partie des autres climats de la Bourgogne viticole où on trouve cette unité dans la diversité, propre des climats de la côte. Je vais planter le décor avec trois tableaux qui cadrent la petite histoire du domaine.

Tableau 1, où l’Église rend au monde une pièce de terre 
Au milieu du XVe siècle, un monastère imposant sur les collines de Vergy. Dans l’air cristallin d’un matin d’octobre de 1651, une cloche sonne, quelques moines de Saint Vivant se rassemblent dans la salle capitulaire et, après les préambules d’usage, décident de vendre aux ducs de Bourgogne le Cros des Cloux (littéralement Creux des Clos), une vigne plantée depuis trois siècles. Moment historique, l’Église rend au monde la pièce de terre qui sera connue sous le nom de la Romanée-Conti. L’acte en rapporte tous les détails, y compris le carillon de la cloche, Le Prieuré de Saint-Vivant est un des plus importants de l’ordre clunisien, un des deux grands ordres monastiques du Moyen Âge. Pour que le visiteur puisse faire retour dans ces temps très anciens de la Bourgogne, nous essayons depuis quinze ans de sauvegarder via une association son abbaye, une belle ruine pleine de sérénité. Au moment de cette vente, Saint Vivant avait déjà une cuverie et c’est dans ces caves qu’est aujourd’hui la récolte 2011 (toujours en fûts) exactement comme l’était le Cros des Cloux élevé par les moines il y a cinq siècles. Dès après les grandes invasions qui ont suivi la chute de l’empire romain, moines et seigneurs locaux avaient déjà la notion de climat : pinot, un cépage unique. Et produisaient, comme le voulaient les ducs qui proclamaient produire les meilleurs vins de la chrétienté, les vins vermeil.

Tableau 2, où le prince l’emporte sur la favorite 
1760. Dans la salle à à manger palatiale du château de l’Isle-Adam, chez le prince de Conti qui vient d’être exilé par le roi son cousin, une assemblée de courtisans dîne joyeusement. Sur le tableau exposé à Versailles, on reconnaît Beaumarchais et Jean-Jacques Rousseau parmi les convives qui, debout, lèvent leur verre à un homme de haute taille. On célèbre l’achat par le prince de la Romanée. La légende dit que la Pompadour la voulait aussi, mais que la maîtresse du roi, ennemie acharnée du prince – elle le trouvait trop proche du roi – a dû se rabattre sur le champagne. Le prince, heureux, fête son achat. À ce moment où Conti ajoute son nom à la Romanée, tout ce que les AOC graveront dans le marbre deux cents ans plus tard est déjà établi : la référence au lieu, à la parcelle, au cépage, caractéristique première des vins de bourgogne. Ainsi dès le XIVe siècle, Philippe le Hardi, qui parlait des « très chétifs lieux » opposés aux « bonnes côtes », avait interdit le gamay là où on pouvait produire du pinot.

Tableau 3, terre ruinée bien vivante 
1945, époque sombre dans un pays ruiné. Animés de la volonté de reconstruire, deux hommes observent la Romanée-Conti. La terre ressemble à un champ de bataille, vieilles racines mêlées à la terre et aux pieds de vigne en décomposition. Depuis quatre à cinq cents ans, la Romanée n’avait été rajeunie que par provignage, de sorte qu’aucun cep ne mourrait jamais vraiment. La Romanée-Conti a été la dernière à essayer de conserver ses très anciens ceps. Alors quand on replante après la guerre en 1947, c’est avec des plantes dont les greffons ont été pris sur l’ancienne vigne de la Romanée-Conti, au type extrêmement fin. Le premier millésime est mis en bouteille en 1952 et cette jeune vigne produit en 1954 des vins toujours bien vivants qu’on déguste aujourd’hui avec autant de plaisir que les derniers millésimes extraordinaires. C’était très intrigant pour nous. Comment une vigne aussi jeune a-t-elle pu produire des vins pareils ? André Noblet, le directeur du domaine, avait là-dessus une idée non scientifique, mais intéressante. Il s’est souvenu du tableau, de cette image de terre ravagée et l’a vue comme une sorte de mush où les racines de la jeune vigne ont puisé leur nourriture, certes, mais aussi les caractères de l’ancienne vigne qui s’y était décomposée. Et se trouve ainsi continuée.

Un hectare huit inviolable 
Depuis l’époque où elle était propriété des moines de Saint Vivant, la vigne a changé de nom : Cros des Cloux, Romanée, Romanée-Conti, et de mains : Conti, Kronenbourg, les bourguignons flamands propriétaires pendant plusieurs siècles, Ouvrard, le banquier controversé de Napoléon. Mais ce terrain de 1ha 8 a toujours été respecté dans son intégrité comme un lieu sacré, jamais partagé, indivisible. Coteau magique, elle concentre les caractères propres aux grands crus et tous ses propriétaires en ont fait la réputation. Tous ont compris, respecté, défendu et essayé de mettre en lumière ce caractère de cru unique et exceptionnel de la Romanée Conti. Même les visiteurs croient au pouvoir mythique de la Romanée-Conti. 
Ainsi nous avons reçu un jour une enveloppe contenant de la terre et quelques cailloux calcaires, accompagnés d’une lettre où le monsieur, un Américain, racontait que lors d’un passage au domaine il avait prélevé un peu de terre et cailloux en passant à la vigne. Et les ennuis avaient aussitôt commencé. D’abord une panne de voiture, puis son avion avait failli s’écraser, son épouse avait eu je ne sais quel ennui et son fils aussi. Il renvoyait l’objet de son sacrilège, persuadé du pouvoir mythique de la Romanée-Conti : « s’il vous plaît, remettez tout ça où c’était ». 

Contraintes bénies 
Pour le vigneron, la recherche de l’expression du cru pousse à une philosophie contraignante : il faut faire des grands vins en se soumettant à une météo capricieuse s’il en est, sur une parcelle dont les limites sont inscrites, en se faisant le traducteur d’un cépage fin unique. 
2 000 ans d’entêtement sur ces parcelles et ces contraintes se sont transformés en atouts incontournables. C’est la loi des grands cépages qui veulent le lieu le plus septentrional pour produire les meilleurs vins. C’est la volonté de faire parler le climat, celle d’entretenir les équilibres entre le sol et le matériau végétal, secret de grande qualité. C’est la connivence, la complicité entre le vigneron et le paysage dont il a la responsabilité. C’est surtout le respect et l’humilité, qualités premières du vigneron. Toute la philosophie est dans ce décor.

Quelques remarques avant d’aller plus loin. 
C’est vrai que la Bourgogne fait l’objet d’une demande forte et que les prix sont assez élevés, que la prospérité est fondée sur le prestige, la réputation et l’image de grands crus et domaines. Je le constate pour souligner les devoirs et exigences que cela induit. 
Devoir d’être en recherche, toujours, de la plus haute qualité possible. Je dis bien recherche. La tradition ne doit pas être le maintien de méthodes rigides, mais plutôt fidélité à une philosophie qui réclame un engagement total sur les contraintes. Le moteur central, c’est le terroir qui fait la qualité exceptionnelle du climat. Le terroir, clos où on est chargé de traduire un cépage unique, est au cœur de la démarche. Peu à peu, dans la difficulté et la douleur, l’expérience devenue savoir et tradition a délimité ces crus et inventé le cépage fin capable d’en traduire la personnalité dans les vins. Elle a établi une hiérarchie. Un ordre qui n’est pas inféodé à un goût, une mode ou des prix de ventes. 
Toute la qualité d’expression des crus est contrainte à un lieu, un climat, un cépage. Le vigneron y devient philosophe, s’interroge. Et c’est de ce doute, de cette incertitude quant au succès des décisions qu’il doit prendre face aux méandres obscurs d’un climat, que naît ce vin parfait qui n’existe pas mais dont on rêve toute sa vie. 

Petit pied de nez 
Le siècle que nous venons de quitter a commencé sous le drame du phylloxéra, dont nous sortons à peine, puis nous avons connu la mécanisation et les produits de synthèse potassiques très efficaces contre les maladies. À partir d’une ouvrée de vigne, nous avons pu obtenir de beaucoup plus gros rendements tandis que le marché, de plus en plus porteur, n’a cessé de se développer depuis la deuxième guerre mondiale. Il était inévitable qu’on s’engage dans la voie d’une plus importante production qui a culminé dans les années 1970. Nous n’y avons pas échappé, à part 1971, 1978 et 1979 où la grêle a réduit naturellement les volumes. 
L’acquisition par le domaine d’une table de tri avec tapis roulant qui permet de trier la vendange a été le signe d’un état d’esprit qui changeait, autant qu’un petit pied de nez à la technologie. Nous nous sommes aperçus que la table n’a d’intérêt que si le tri est déjà effectué à la vigne par les vendangeurs.
À partir des années 80 est apparue certaine recherche scientifique avec des options biologiques qui ont approfondi notre connaissance de l’alimentation de la vigne par le sol et nous ont permis de sortir des raisonnements simplistes de l’époque. 
Nous avons mieux compris le lien délicat entre les apports au sol et une bonne alimentation de la vigne. Nous sommes devenus de plus en plus conscients que le sol est un patrimoine précieux et fragile que nous devons respecter. Cette perspective historique fait ressortir l’importance de l’environnement culturel : la marque du travail de l’homme sur le sol le paysage, le bâti, est très important à prendre en compte dans cette démarche. 
On s’entête depuis des siècles à faire des grands vins sur ces coteaux, modifiés par la crise phylloxérique, mais inventer une nouvelle viticulture à visée d’excellence est aujourd’hui en Bourgogne un élan ancré dans la tradition culturelle et historique du climat. 

Le terroir, un courant qui ne s’arrête jamais 
En abordant l’aspect pratique que cela implique, notons que les crus bourguignons ont gagné leur réputation à une époque sans technologie et où tout était manuel. Ce n’est pas étonnant, s’agissant d’un sol qui est moins une terre qu’un climat, que cette supériorité du travail manuel soit évidente. D’autant plus qu’il faut marier ce sol avec un cépage fin qui doit être unique. 
Les deux axes principaux du vigneron sont le sol et le matériel végétal. Il s’agit que tout soit fait dans une globalité, celle d’une philosophie. Il faut mettre le sol en situation de fonctionner en tant que terroir. Un terroir dans un climat n’est pas un état, une entité stable mais un ensemble de mouvements où nous sommes balbutiants. Il y règne règne la fragilité et l’aléatoire. C’est un milieu réactionnel qui ne fonctionne pas toujours en tant que terroir, peut être gêné par des conditions météorologiques contraires ou des pratiques contrariantes. 
Il faut le regarder comme un courant qui ne s’arrête de jamais, va du sol et passe par tout ce qui va sculpter le vin, englobe toute la culture constituée au cours des siècles et jusqu’au vigneron qui va accoucher et voit se vérifier échec ou succès de ce qu’il a fait 

J’ai bien dit recherche 
Sans une véritable activité biologique, qu’asphyxie le compactage du passage du tracteur, il n’y a pas de bonne structure du sol. Le cheval a été pour nous une innovation intéressante, pas seulement pour le travail qu’il fait mais aussi parce qu’il a nécessité des tracteurs légers. Nous sommes arrivés à fabriquer un tracteur léger qui a été étendu au travail sur toutes les autres vignes. 
Pour la gestion organique, la pierre angulaire c’est le compost. Nous avons beaucoup évolué là-dessus depuis 20 ans : les sarments, puis d’autres végétaux, puis des fumiers compostés mais vieux, maintenant des fumiers compostés très frais, on ne peut encore rien dire de définitif. 
Tout ce travail sur les sols montre qu’il n’y a pas de réponse unique même sur un petit village comme Vosne-Romanée. Les Grands Échézeaux sont séparés des Échézeaux par un simple chemin, et pourtant il est impossible, d’évidence, de travailler de la même façon. 
On travaille aussi sur ce que peut être le rôle des oligo-éléments sur le fonctionnement des sols. La priorité est de préserver le pinot fin dont nous avons hérité par l’ancienne Romanée-Conti et qui est utilisé dans la plupart de nos vignes. Nous travaillons à conserver ce patrimoine génétique et compris combien il est difficile de le faire seuls, dans un seul domaine. Sur 200 à 300 pieds sélectionnés visuellement une année, nous avons de la chance si un ou deux est exempt de virose. Nous nous sommes donc associés avec une quarantaine de domaines qui font la sélection chez eux de façon identique pour sélectionner des plants typiques de pinot fin de Bourgogne pour le multiplier. C’est beaucoup plus rapide que si nous sommes seuls et nous espérons avoir d’ici une vingtaine d’année du matériel très fin pour nos plantations. C’est certain que les viroses ne sont pas contraires à la production de grand vin parce qu’elles affaiblissent la vigueur de la vigne, mais parce qu’elles raccourcissent la durée de vie du cep. 
Nous avons aussi essayé de changer la densité à 14 000 pieds. Est-ce une formule d’avenir ? Je ne crois pas, mais il faut attendre des années pour le savoir de façon définitive. L’idée, c’est qu’avec plus de ceps, il y a plus d’exploration du sol, donc moins de raisins par cep. 
Nous travaillons sur le démontage, c’est un axe pour progresser sur les maladies du bois. Mais ce que je crois, c’est que le moment de la taille et la façon de tailler sont plus importants que des produits. 

Tout ça vise à obtenir un rendement à partir de plants fins qu’on n’a pas besoin d’éclaircir. 
L’éclaircissage est nécessaire pour les jeunes vignes qui ne vont pas dans les meilleures bouteilles, mais pas dans les vignes adultes, sauf pour quelques pieds qui n’entrent pas dans le vin mis en bouteille. C’est très important. Toute pratique de vendange en vert cause des phénomènes de compensation déséquilibrants pour le cep et sont à éviter si possible. Tout l’enjeu est d’obtenir un rendement équilibré dans l’année considérée. Et nous constatons que les rendements des décrets de 36 sont assez normaux pour sortir de grandes bouteilles dans le cadre de pratiques loyales et constantes. 
Nous sommes en biodynamie depuis quelques années après avoir expérimenté pendant une dizaine d’années. La biodynamie n’est pas supérieure à la biologie, mais oblige à plus d’observation et à utiliser moins de cuivre. Les recherches biodynamiques sont très intéressantes dans ce domaine. La biologie est très importante pour les grands vins en Bourgogne. Quand on lutte de cette manière-là contre les maladies de la vigne, on est forcément un peu vaincu, on a de la perte, mais c’est un facteur de qualité important. L’éclaircissage par ces maladies apporte aux raisins qui restent une maturité complémentaire, c’est comme ça qu’on arrive à une finesse de maturité supérieure. 

Plutôt que défendre telle philosophie, bâtir la sienne 
Le vendangeur fait la dernière opération manuelle sur la récolte, nous attachons beaucoup d’importance à leur qualité. Ainsi qu’à tout ce travail des hommes nécessaire dans l’élaboration d’un grand cru. 
Il est normal que dans le manuel pratique que nous avons, les méthodes de culture bio et biodynamiques apparaissent. Il ne s’agit pas de défendre telle philosophie, mais de bâtir sa propre philosophie. Nous faisons partie d’un système où le sol et la vigne sont un, tout en harmonie avec le reste du monde. C’est rejoindre ce système qui permet le bon fonctionnement du terroir. 
Le précieux apport de la biologie oblige à des contraintes et permet un affinement. En cuverie, nous considérons que le raisin a une dernière sélection sur la table de tri et qu’on n’aura aucune autre qualité. Donc le raisin doit jouir du plus grand respect jusqu’à son arrivée dans la cuve après un léger éraflage ou/et un léger foulage, décidé au dernier moment, ça varie selon les années. 

Rien n’est plus difficile que la simplicité 
Nous faisons la vinification la plus simple possible. Le vigneron ne doit y apporter aucune autre marque que celles de sa méticulosité et de son respect. Mais rien n’est plus difficile que la simplicité, elle suppose que les raisins soient parfaits au départ, et aussi une longue expérience. 
Nous n’utilisons pas de levure du commerce, le climat produit ses propres levures différentes chaque année. Les nouvelles technologies de concentration sont à bannir dans ce travail d’expression d’un climat. La qualité du travail des hommes et leur adhésion à une exécution attentive sont d’une importance capitale, et là est toute la noblesse de ce travail. 
Ce qui sous-tend cette philosophie de production de vins qui est une véritable pureté d’expression, c’est d’abord l’exigence et la rigueur dans la tradition. Aucune dérogation à cette règle dont les mots clé sont sélection, contrainte, compréhension et maîtrise des méthodes, minutie, patience et surtout humilité. 
Nous avons la connaissance, une certaine aisance financière et l’attente des amateurs. J’espère que nous pourrons nous entêter encore longtemps à faire des bons vins. »

God Save the Cream

Rue de Stassart 131 à 1050 Ixelles.

Quelque part entre la Place Stéphanie et la maison natale d’Audrey Hepburn, vient de s’ouvrir un nouveau lieu que je vous invite à découvrir sans tarder.

Emmanuel Gaspart, passionné de vin et de cinéma, propose une large gamme de produits alimentaires britanniques de haut niveau. Mais il ne s’arrête pas en si bon chemin: il prépare lui-même, sur place et avec sa petite équipe, des pâtisseries, des compositions de légumes, des ‘scones’ …et un café irrésistible, onctueux et aromatique. Méfiez-vous, vous pourriez être tentés de vous séparer définitivement de votre S…eo.

Ambiance ‘comme à la maison’ et goût très sûr pour la décoration. On peut s’asseoir sans échouer sur les genoux de ses voisins de table. Vous serez reçus avec gentillesse et compétence, Manu étant incapable de faire autrement.

Manu en action

Ouvert du mardi au samedi, du matin à la fin de l’après-midi.

Les vins du Domaine de la Chevalerie sont arrivés !

Vous pouvez venir chercher vos commandes soit samedi 15 décembre, entre 10 et 18 heures, soit mardi 18 décembre, à partir de 17 heures et jusqu’en fin de soirée.

Si ni l’un ni l’autre moment ne vous convient, faites-moi un petit signe et nous conviendrons d’une autre solution.

Samedi, les vins du Domaine des Huards et les vins des Vignobles des Bois Vaudons sont en dégustation : vous avez ainsi l’occasion d’inaugurer ‘notre-salon-en-voie-de-transformation-en-lieu-dédié-au-vin’.

Vos amis-amateurs sont les bienvenus !

La joyeuse bande des ‘Vignes de Nantes’ !

Au premier rang, Vincent Caillé et Jérôme Bretaudeau. Fred Niger Van Herck et Jean-Jacques Bonnet sont un peu cachés…

Les membres (juin 2012):

Domaine de l’AUJARDIÈRE, Eric Chevalier
Domaine BELLE-VUE , Jérôme Bretaudeau
Domaine BONNET-HUTEAU, Jean-Jacques & Rémi Bonnet
Domaine Michel BREGEON, Frédéric Lailler
Château de la CASSEMICHERE, Philippe Ganichaud
Domaine des COGNETTES, Vincent Perraud
Domaine Bruno CORMERAIS
Domaine de l’ECU, Fred Niger Van Herck & Guy Bossard
Domaine du FAY d’HOMME, Vincent Caillé

Domaine GUNTHER – CHEREAU, Aurore Günther
Domaine des HAUTES-NOELLES, Jean-Pierre Guédon
Domaine Pierre LUNEAU-PAPIN, Famille Luneau
Domaine de la LOUVETRIE, Jo Landron
Domaine POIRON-DABIN, Jean-Michel Poiron & Laurent Dabin
Domaine de la TOURLAUDIÈRE, Famille Petiteau

Marie Chartier entourée par quelques collègues.

Muscadet !

La Bretonnière

Trois dégustations et autant de grands moments.

Merci à Frédéric Niger Van Herck, à Pierre-Marie Luneau et à Jean-Jacques Bonnet pour leur temps, la qualité de leur accueil et le partage de leur passion !

Des souvenirs pleins les yeux. Un palais qui vibre encore. Et un profond respect pour ces vignerons qui créent de grands vins, appréciés à leur juste valeur en Grande-Bretagne, au Japon et aux Etats-Unis, mais plutôt mésestimés en France et en Belgique.

Chacun est bien entendu libre de ne pas apprécier ces vins. A une condition: oublier ‘Roger’ et goûter avant de se forger une opinion.

Chapeau au ‘melon’, cépage qui a le bon goût de s’effacer derrière les terroirs sur lesquels il est planté. Tiens, comme le riesling…

Bon, j’avoue être un peu en bout de course. Digne, mais cassé.

D’où sans doute les jeux de mots du genre ‘chapeau au melon…et bottes de cuir’. Pardon. J’ai besoin de sommeil. Rideau.

Le coeur du pays du Muscadet

Nous allons chercher notre meuble-bar le 03 décembre !

le voici !

Catherine et moi venons de mettre la main sur un ancien meuble-bar qui se trouvait dans un café de Turnhout. Il porte fièrement les traces d’une longue existence au service des buveurs de bière. Nous lui offrons une seconde vie dans notre salon.

Je compte bien trôner derrière ce ‘zinc’ dès le 15 décembre (dégustation).

Merci !

Voilà, je viens de clôturer les commandes: vous êtes plus de 20 à m’avoir fait confiance pour cette première offre. Merci beaucoup !

Merci également à tous ceux qui ont réagi, par e-mail ou de vive voix. Vos conseils et remarques me sont très précieux.

Aïe: le Beaujolais nouveau est de retour dans votre supermarché

Troisième jeudi de novembre, arrivée du Beaujolais nouveau. Ce midi, pub radio d’un grand distributeur : la bouteille est à € 3,49.

Question : combien de vin dans cette bouteille ?

  • Transport et dédouanement : € 0,30
  • TVA : € 0,60
  • Accises et écotaxe : € 0,43
  • Marge du distributeur : € 0,36 (aucun distributeur ne peut vivre avec une marge aussi faible, mais considérons qu’il s’agit d’un ‘produit d’appel’)

Donc, le vigneron reçoit  +/- € 1,80. Ou moins si le distributeur prend une marge sensée.

Soustrayez maintenant le coût de la bouteille, du bouchon, de l’étiquette, du carton d’emballage et de la couverture des frais indirects.

Faites-vous une opinion.

Je suis mal à l’aise avec les vins dits ‘de prestige’ (cela  sonne mieux que ‘vins chers’), mais je le suis tout autant avec ce type d’opération.

« Oui, mais c’est une exception ».

Non. Désolé. Le prix moyen d’une bouteille de vin vendue en Belgique est de +/- € 4,00.

PS: j’aime beaucoup le Beaujolais !! Y compris le Primeur. Par exemple, la délicieuse ‘cuvée vieilles vignes’ de Pierre-Marie Chermette (Domaine du Vissoux).

Très heureux de vous annoncer la naissance d’Anthocyane !

Le bébé a probablement été conçu le 16 mars, à la fin du petit déjeuner. C’était à Barolo, Piémont, dans le jardin de l’agriturismo « Il Gioco dell’Oca ». Il faisait radieux et nous nous apprêtions à aller déguster chez Giovanni Manzone.

La gestation est passée par toutes les phases classiques, dont nausées et questionnements philosophiques variés.

La dernière échographie, réalisée à Cuesmes ce 09 novembre, est heureusement nickel !

Philippe

PS: n’hésitez pas à laisser un commentaire ↓

Vendange tardive

Voici la modeste récolte de ce début novembre. Exposition sud-ouest…dans notre jardin. Remarquez les grains desséchés par notre été indien.

Vendange tardive à Berchem-Ste-Agathe