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La Madone 2025

Le Domaine de La Madone (Gilles Bonnefoy) redessine ses cuvées à l’occasion de la parution de son nouveau millésime
Le nouvel habillage des vins de La Madone

C’est en juin 2013 qu’Anthocyane achète ses premières bouteilles du Domaine de la Madone. Je goûte -un peu par hasard- chez un importateur un … Côtes du Forez, issu du village de Champdieu. Je connais à peine le nom de cette appellation et ne sais pas vraiment où la placer sur la carte de France (quelque part au milieu ??).

J’avais des excuses : le Domaine était relativement jeune (premières vignes plantées en 2001, sur les flancs du volcan de la Madone, le nom du Domaine était ainsi choisi) et je ne trouvais pas de traces de ce gamay ni dans les guides, ni dans les revues. A l’époque, le gamay n’avait pas vraiment bonne presse : ce n’était pour beaucoup d’amateurs qu’un petit raisin, signé par le controversé Beaujolais Nouveau.

Quant au village de Champdieu, il se cache juste au nord de Montbrison, entre le Massif Central, Roanne et Saint-Etienne. Comme un petit goût de France très profonde ou de bout du monde. Le département, c’est la …Loire. Ah bon ? La géographie administrative adore ce genre de piège : la Loire (département 42) c’est fort loin de Tours, de Saumur, de Sancerre ou d’Angers, mais c’est bien la Loire vu que les sources du fleuve se nicheraient ici. En fait, patatras, la Loire prend sa source encore plus au sud, dans le Vivarais (Ardèche). Soit.

Le Côtes du Forez est donc un vin de Loire, un vin d’une autre Loire que celle dont nous avons l’habitude.

Revenons en juin 2013. Je goûte La Madone, c’est très bon, pas cher et l’étiquette s’orne tant du label bio que du label de la biodynamie certifiée par Demeter : vigneron manifestement déterminé et courageux. Oserais-je écrire visionnaire ?

Anthocyane commercialise donc le millésime 2012, avec un succès d’estime : ce n’est pas la ruée sur les bouteilles, mais j’aperçois dans quelques paires d’yeux une surprise positive, une appréciation non feinte et une lumière qui en dit plus que beaucoup de mots. Donc, je m’accroche, d’autant que les millésimes suivants ne déçoivent pas, que du contraire. Le succès commercial vient petit à petit et les ventes sont significatives depuis pas mal d’années.

Entretemps, la littérature spécialisée a découvert le Domaine au point que le Guide Vert de la Revue du Vin de France lui accorde une présence, puis une étoile. La reconnaissance du travail bien fait.
Après un millésime 2024 décrit comme plutôt difficile, voici donc les 2025, avec un peu de retard, la logistique imposant parfois ses contraintes au commerce.

Trois cuvées sur la table de dégustation: Gamay’s Teinturiers, La Madone et Diorite.

D’abord, Diorite : L’étiquette bénéficie d’une mise à jour, en cohérence avec celle reçue par tous les autres membres de la famille.Cuvée d’entrée de gamme (jeunes vignes exposées au sud, sur le lieu-dit Hauteroche). Diorite est un terroir granitique, donc pas volcanique. 100% gamay. Elevage en cuves inox (pas de bois). Mise en bouteilles en janvier. Faible apport de soufre. Biodynamie certifiée par Demeter.

En dégustation : nez pur sur la framboise et la groseille. Pas de tannins, grande fraîcheur, légèreté, à servir frais comme alternative au rosé, voire au vin blanc. Délicieux maintenant. Du plaisir en bouteille ! € 14

Puis La Madone : L’étiquette de ce nouveau millésime bénéficie d’une importante mise à jour, mais il s’agit bien de la nouvelle version de ce bon vieux Gamay sur Volcan !

Ce vin est issu de vignes plantées sur les flancs du volcan qui domine Champdieu. Ces vignes de +/- vingt ans d’âge poussent dans une géologie complexe, 40% volcanique (basalte), 60% argilo-granitique. Altitude moyenne: 500 mètres. Assemblage de plusieurs parcelles (Haute Roche, Pigeonnier, Pizet, Pinasse) pour une surface totale d’un peu moins de 5 hectares. Exposition sud pour 80% des ceps. Faible dosage en soufre. Mise en bouteilles à la mi-mars. 100% gamay, élevé en cuves inox (pas de bois). Biodynamie certifiée par Demeter. Léger en alcool (12%).

En dégustation : nez sur la cerise, avec un peu de fumée. Une touche de menthe fraîche. Assez concentré, tous petits tannins, dense sans richesse alcoolique, stylé et persistant. Convainquant sur toute la ligne ! € 17

Enfin, Gamay’s teinturiers : Voici une singularité dans la famille La Madone, quatre frères gamay’s assemblés dans une seule bouteille !

Je m’explique: il y du gamay de Bouze (cépage teinturier, à jus rouge), du gamaret (un hybride suisse résistant aux maladies de la vigne, obtenu par croisement entre le gamay noir et le reichensteiner), du gamay de Chaudenay (autre cépage teinturier à jus rouge) et du gamay noir (c’est-à-dire le gamay « classique », à jus blanc). Cette cuvée s’appelait auparavant Les Rougeots du Clos, mais l’assemblage n’est plus exactement le même. Je suppose que ce nouveau vin remplace également la cuvée Mi-Noir Mi-Bouze.

Cet assemblage original n’a pas droit à l’appellation Côtes du Forez (est-ce très grave ? Non): le vin est commercialisé en indication géographique protégée (IGP) Urfé.

Terroirs volcanique et granitique. Parcelles Le Clos du Pizet (600 mètres d’altitude) et Les Bourrus (420 mètres d’altitude). Superficie totale légèrement supérieure à 1 hectare. Vignes de 8 ans. Faible apport en soufre. Elevage en cuves inox (pas de bois). Mise en bouteilles précoce (décembre 2025). Léger en alcool. Biodynamie certifiée.

En dégustation : couleur profonde et intense. Nez sur la mûre: ce n’est pas trop ‘sauvage’ (en comparaison avec des millésimes précédents). Bouche construite sur la fraîcheur, tous petits tannins, vin dense et pulpeux. Laisse une trace dans la mémoire. Précaution oratoire: ce vin ne plaira sans doute pas à ceux et celles qui craignent l’acidité marquée dans le vin rouge. L’équilibre présente des similarités avec les vins rouges atlantiques de Galice. A titre personnel, j’adore ça ! € 18

Vins disponibles à partir du 18 juillet pour les commandes passées jusqu’au jeudi 16 juillet inclus.

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La Madone: volcan !

Le Domaine de La Madone se situe dans l’aire d’appellation Côtes du Forez. D’un point de vue viticole, cette appellation appartient à la Loire. Les sources de la Loire jaillissent à proximité et nous sommes dans le département de la Loire (préfecture: St-Etienne). Cela dit, on a souvent pris le raccourci de limiter la Loire du vin à ce qui se passe entre Muscadet et Sancerre/Pouilly-Fumé, via Anjou, Saumurois et Touraine.

Une fois parvenus à Sancerre, pour rejoindre le Domaine de La Madone, il faut reprendre la route plein sud et rouler pendant …250 kilomètres avant de rejoindre le village de Champdieu, là où est installé Gilles Bonnefoy, le vigneron. Disons qu’il s’agit d’une autre Loire, géographiquement proche du Massif Central. Un autre rapprochement fait du sens: le Beaujolais avec lequel les Côtes du Forez partagent l’usage du cépage gamay.

des pentes vertigineuses…

Poursuivons encore dans notre approfondissement du folklore local: l’appellation Côtes du Forez ne s’applique qu’aux vins rouges et rosés. Pour les blancs, c’est Urfé qui prend le relais. Je ne suis pas sûr que cela facilite la tâche du consommateur.

C’est avec le millésime 2012 qu’Anthocyane a entamé la vente des vins du Domaine de la Madone. Depuis, je n’ai fait l’impasse que sur le seul millésime 2016, non parce qu’il aurait été décevant, mais parce que je n’avais pas trop la tête dans le vin lorsque ce millésime a été commercialisé.

Gilles Bonnefoy, vigneron sur volcan

Gilles Bonnefoy est un type sérieux et très déterminé: il savait que convaincre la presse spécialisée serait une entreprise de longue haleine. Le Forez c’est un Far-West au-delà duquel il n’y a plus rien si ce n’est un gros paquet de volcans éteints. Il a fallu être patient, mais, dans son édition 2020, le guide vert de la Revue du Vin de France présente enfin le Domaine, avec des commentaires très positifs. Un an plus tard (édition 2021), c’est la consécration, via une première étoile.

Le choix du bio a été effectué dès 2001 et la biodynamie est d’application depuis 2008.

Les mises en bouteilles se font de manière précoce, avec un très léger sulfitage, l’élevage des rouges s’effectue exclusivement en cuve inox, les vins du millésime 2020 sont déjà disponibles et c’est donc le moment de les présenter.

En blanc, la Roussanne de Madone 2020. On associe généralement le cépage roussanne à la vallée du Rhône (où elle est souvent assemblée avec la marsanne) ou à la vallée de l’Isère (en appellation Savoie Chignin-Bergeron). Voici la version forézienne: vignes plantées en 2001 dans 100% de roches volcaniques sur le flanc du volcan de Purchon, exposition sud, pente de 45%. Au sommet, la statue de la madone veille sur le village de Champdieu depuis 1875.

En dégustation, le vin ne peut cacher une mise en bouteilles récente: la fougue de la jeunesse l’emporte sur l’harmonie de la maturité. Il me semble qu’il faut lui donner un peu de temps pour se mettre en place. Mais c’est déjà délicieux ! Nez complexe, floral et légèrement miellé, puis fumé comme un pinot gris (agrumes). La bouche commence sur un beau volume en rondeur joyeuse avec de la pêche; progressivement, le vin s’étire vers une finale minérale assez stricte. Quelques amers. contribuent à la tension. Forte personnalité. Pour dompter cet animal, une certaine expérience des vins hors normes sera précieuse.

En rouge, la Mémoire de Madone vieilles vignes 2020. Vignes de 50 ans, 100% gamay, plantées dans 100% de sol volcanique. Rendements limités à 25 hectolitres par hectare. Vendanges manuelles, mise en bouteilles fin janvier 2021.

En dégustation, le vin se montre d’abord réservé puis de plus en plus intense sur des notes fumées et de la cendre. L’équilibre est parfait, la qualité des tannins magistrale, la longueur …persistante. Alcool limité à 12,5%: ce n’est pas de la puissance, c’est de la concentration ! En relisant mes notes, je constate avoir conclu: « C’est un grand vin. Point. » Je me souviens aussi avoir échangé un clin d’œil avec l’importateur. Les mêmes mots, au même moment, nous sont venus aux lèvres: ce 2020 est la meilleure Mémoire de Madone jamais produite. Pratiquement, il n’est pas exclu que ce vin se referme un peu: je recommande soit la carafe, soit deux ans de patience.

Pour l’anecdote, j’ai découvert une autre cuvée élaborée par le Domaine: Les Rougeots du Clos « GamayS sur Granite » 2020. Ce sont de très jeunes vignes (plantées en 2015) de trois cépages différents, tous apparentés au gamay: le gamay de Bouze, le gamay de Chaudenay et le gamaret. Deux cépages semi-teinturiers et un cousin suisse, lui-même obtenu par croisement entre le gamay et le reichensteiner.

En dégustation, c’est du pas banal. La couleur est noire, intense, ourlée d’une écume rouge-violacée. Le nez évoque certains vins du Sud-Ouest: métal, sang et orange amère. Je pense à Madiran. En bouche, c’est dense, mûr et cela goûte puissamment le jus de …mûres ! Charnu, rond avec la fraîcheur qui se dépose sur un fruit puissant. Touche d’animalité. A ce stade, c’est très original (…je me suis demandé si c’était bien du vin…), mais possiblement fatiguant. Suis-je fou de ça ? Non. Néanmoins, ravi d’avoir goûté et touché par la démarche du vigneron. L’intention me charme plus que le résultat dans le verre. Qui sait quand les vignes auront pris un peu de bouteille. NB: ce vin n’est pas importé.

Les vins du Domaine de La Madone sont disponibles dans le magasin.

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Gilles Bonnefoy: volcanique !

2020, année du volcan dans le calendrier forézien. C’est surtout l’année de la consécration pour Gilles Bonnefoy, vigneron biodynamique et propriétaire du Domaine de la Madone, en appellation Côtes du Forez, aux sources de la Loire.

Il a fallu un temps certain pour que la presse professionnelle fasse le voyage jusqu’aux confins du Massif Central et y découvre les grands mérites des vignes sur volcan, tant en rouge (gamay) qu’en blanc (roussanne). Accrochez-vous, les fleurs vont gicler !

Guide vert de la RVF, édition 2020 : « Nous sommes éblouis par l’éclat que dégage chacune des cuvées » … « Ce domaine devrait rapidement accéder à la première étoile » … « Mémoire de Madone … après une aération de quelques minutes, le vin prend une envergure digne des plus grands gamays. 16,5/20 ».

La Revue du Vin de France, février 2020 : « Peu de roussannes dans le monde offrent une telle fraîcheur éclatante, un bouquet si nuancé et cet élan vivifiant, presque salin en bouche »… « La roussanne biodynamique de Gilles Bonnefoy impressionne par son identité volcanique élégante. 16,5/20».

Le rouge Mémoire de Madone 2018 est un pur gamay, issu de vignes largement quadragénaires, plantées dans le basalte roche -ô combien- volcanique. Vendanges manuelles, levures indigènes et très peu de soufre.

Je suis cette cuvée haut de gamme depuis pas mal d’années et elle ne me déçoit jamais. 2018, millésime chaud, conduit à un équilibre plein, avec une belle matière mûre. Alcool : 13%.

Le blanc Roussanne de Madone 2018 est une pure …roussanne, issue de vignes plantées en 2001, plantées elles aussi dans le susmentionné basalte. Vendanges manuelles, levures indigènes et très peu de soufre. Alcool : 13,5%.

Le vin est commercialisé en indication géographique protégée (igp) Urfé, parce que l’appellation d’origine protégée (aop) Côtes du Forez n’accepte que les vins rouges.

La roussanne est un cépage très intéressant (gras et finesse), planté en particulier en Savoie et dans la vallée du Rhône. Elle est fort sensible aux maladies et mûrit tard, ce qui explique que bien des vignerons s’en détournent au bénéfice de cépages plus faciles.

Attention, quantités disponibles fort limitées, tant pour le rouge que pour le blanc. Je suggère de réserver pour éviter une éventuelle déception.

Mémoire de Madone est en dégustation le samedi 08 février 2020.

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Mémoire de Madone

Splendide !
Splendide !

« Issu de deux très vieilles vignes ( plus de 60 ans ), cette cuvée est égrappée en totalité, vinifiée grâce aux levures indigènes du raisin, avec une deuxième fermentation réalisée en fûts de chêne de plus de trois vins. La durée de l’élevage sera d’environ 10 mois, avant une mise en bouteilles réalisée sans collage ni filtration. Le vin de nos ancêtres, rustique à souhait. Rendement à l’hectare : environ 20 hectolitres. »

Dégusté hier soir: sombre, serré, tannique, austère, concentré, digeste. Et jeune ! Léger en alcool (12,5%). Aromatiquement réservé, avec des notes de cendre et quelques épices. Bon, ça ‘colle’ mieux avec un monastère cistercien qu’avec la plage de Copacabana: le bikini s’efface devant la bure…

Vin d’anthologie. Bravo, Monsieur Bonnefoy !

Il s’agit d’un ‘Côtes du Forez’. Cette appellation de taille modeste est située entre Lyon et Clermont-Ferrand, au sud de Roanne et en altitude (de 400 à 600 mètres). Le cépage est toujours le gamay.

Pour cette cuvée, le sous-sol est basaltique, d’où la mention  ‘gamay sur volcan’. Millésime 2005, agriculture biologique.

Très envie de faire un détour par là, dès que possible…

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